Soutien de la CEDEAO à l’Agriculture
(Afrique en ligne)--La Banque de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour l’Investissement et le Développement (EBID) va débloquer 100 millions de dollars par an pour soutenir la productivité agricole en Afrique de l’Ouest dans le cadre de la contribution de la région à la résolution de la crise alimentaire actuelle.
C’est une des conclusions de la réunion extraordinaire d’une journée des ministres de l’Agriculture, du Commerce et des Finances de la CEDEAO qui s’est tenue lundi au siège de la Commission de la CEDEAO.
Selon un communiqué de la Commission de la CEDEAO dans la capitale fédérale nigériane, transmis à la PANA mardi à Lagos, les ministres se sont également inquiétés de l’escalade du coût des denrées alimentaires de base dans la région.
Ce soutien de la banque entre dans le cadre des mesures à court terme décidées par les ministres qui ont également chargé la Commission de la CEDEAO d’organiser la mobilisation du soutien international pour réunir les deux milliards de dollars nécessaires pour un soutien alimentaire d’urgence au groupe le plus vulnérable, les 44,4 millions de personnes vivant dans la misère dans la région.
Les autres mesures à court terme décidées par les ministres ont été la nécessité d’investir 4 milliards de dollars entre 2008 et 2010 pour stimuler la productivité agricole, principalement d’un soutien sous formes d’intrants aux petites ménages agricoles qui constituent l’ossature de l’agriculture régionale.
Les ministres ont indiqué que l’élimination des obstacles existants à la circulation intra-régionale des personnes et des biens contribuerait également à juguler la flambée des prix des produits alimentaires, en garantissant un accès facilité des citoyens de la communauté aux denrées produites dans la région.
A long terme, les Etats membres ont convenu d’augemter leurs allocations budgétaires à l’agriculture, d’investir dans la production d’engrais et la multiplication des semences au niveau local, de subventionner la production agricole, d’encourager l’octroi de crédits à des taux préférentiels à ce secteur ainsi que de mettre en place des infrastructures pouvant soutenir la productivité agricole.
Les ministres ont suggéré que la CEDEAO participe à la coordination des achats en gros des produits alimentaires de base pour un groupe d’Etats membres à court terme, ce qui permettra à la région d’avoir des réductions sur ces achats.
Les ministres ont insisté sur la nécessité d’appliquer les dispositions de la Politique agricole commune de la CEDEAO (ECOWAP) qui prévoit l’établissement d’un système d’information régional sur les marchés, la création de chaînes de transformation, de stockage et de commercialisation efficaces ainsi que le renforcement des stocls de sécurité alimentaire.
En outre, ils ont préconisé un programme de réorientation pour les citoyens de l’espace communautaire afin qu’ils abandonnent les produits alimentaires importés en faveur de la consommation des produits locaux, tandis que les Etats membres producteurs de pétrole ont été encouragés à soutenir les Etats non producteurs dans l’esprit d’une solidarité régionale.
Les ministres ont invité les donateurs à soutenir un fonds pour les initiatives régionales et nationales afin de réduire la faim et la malnutrition à court terme, tandis qu’à long terme, ils ont suggéré que les produits sensibles soient inclus dans les négociations sur l’Accord de partenariat économique (APE) et celles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de soutenir la sécurité alimentaire régionale.
Ces mesures, selon les ministres, vont finalement permettre d’instaurer une auto-suffisance alimentaire et permettre à la région de manger ce qu’elle produit et de produire ce qu’elle mange.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la CEDEAO, le Dr Mohamed Obn Chambas, a déclaré que cette réunion était une réponse au besoin pressant de compléter les efforts nationaux par une réaction globale régionale.
"Tandis que nous prenons des mesures pour faire face rapidement à la situation d’urgence qui se pose, nous avons également l’opportunité de redoubler d’efforts pour mettre en oeuvre la Politique agricole commune de la CEDEAO, a-t-il ajouté.

