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Mbeki s’Explique

(Destin de l’Afrique)--Le président sud-africain, Thabo Mbeki, devrait fournir à ses pairs, hier jeudi à Arusha, en Tanzanie, où s’est ouverte la première réunion du Comité des 12 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, des explications sur les violences ciblant ces derniers jours plusieurs ressortissants de pays d’Afrique, faisant une quarantaine de morts.

Les violences dans les townships d’Afrique du Sud auraient déjà fait plus de 40 morts et près de 10.000 déplacés parmi les ressortissants africains, notamment ceux des pays voisins comme le Lesotho, le Zimbabwe, le Malawi et le Mozambique. Les dirigeants de ces pays dont les citoyens ont été les principales cibles de ces attaques xénophobes devraient interpeller la délégation sud-africaine qui quitte Arusha ce vendredi.

Le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Ronnie Mamoepa, avait auparavant fait savoir que Thabo Mbeki participerait à la réunion des 12, dans le cadre des discussions en cours à l’Union africaine (UA) concernant l’intégration politique et économique en Afrique. En outre, les chefs d’Etat devraient examiner le rapport du Conseil exécutif des ministres des Affaires étrangères de l’UA qui s’étaient réunis au début du mois à Arusha.

Par ailleurs, l’armée était mobilisée hier dans la région de Johannesburg, en renfort de la police, pour enrayer les violences xénophobes qui ont fait plus de 40 morts et 16.000 déplacés depuis une dizaine de jours, rappelant aux Sud-Africains les jours sombres de l’apartheid. Environ 200 militaires ont été déployés aux côtés de policiers pour contrôler des quartiers pauvres de Johannesburg, où au total plus de 500 personnes ont été arrêtées.

L’armée et la police ont annoncé qu’elles « travailleront en coordination jusqu’à ce que le calme soit restauré » dans les townships, ravagés par des bandes munies de machettes et d’armes à feu, qui ont attaqué des immigrés et incendié leurs masures. Le gouvernement a créé hier une commission d’enquête, composée de ministres nationaux et provinciaux, « pour découvrir la source de certains des problèmes », selon le ministre de la Présidence, Essop Pahad.

Les violences se sont étendues depuis mardi au delà de la capitale économique sud-africaine, faisant craindre qu’elles ne se propagent à tout le pays. Si la situation semblait plus calme dans les bidonvilles de la province du Gauteng, où se trouve Johannesburg, la police a pour la première fois fait état d’attaques dans celle limitrophe du North West. Dans le township d’Oukasie, à Brits, « les boutiques de trois étrangers ont été attaquées et pillées » la nuit dernière, a indiqué le commissaire Peter du Plessis, de la police provincale, précisant que 49 personnes avaient été interpellées.

Dans le Free State (centre), 22 personnes ont été arrêtées après le pillage de boutiques, dont les propriétaires pakistanais ont été attaqués à jets de pierres. De nouveaux troubles ont eu lieu dans le Mpumalanga (est) mercredi soir, avec deux autobus incendiés et un Mozambicain blessé par balles. Les violences, qui ont éclaté le 11 mai dans le bidonville d’Alexandra à Johannesburg, ont fait au moins 42 morts, selon la police qui a procédé depuis à 517 interpellations. Plus de 16.000 personnes ont déserté les townships.

Des centaines se sont réfugiées dans des commissariats et des centres paroissiaux, où des associations se mobilisent pour les aider. Face à 40% de chômage et autant de pauvreté, de nombreux Sud-Africains accusent les étrangers, dont quelque trois millions de Zimbabwéens exilés par la crise dans leur pays, de prendre des emplois et d’être responsables de la forte criminalité. Le chef de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, s’est rendu jeudi à Alexandra, où il a été accueilli en héros par des compatriotes. « Si tout allait bien chez nous, nous n’aurions pas besoin d’être ici. J’espère que nous allons pouvoir résoudre la crise chez nous », a-t-il dit.

Posted by on 05/23 at 05:24 PM

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