Quarante-Huit Heures de Panafricanisme
(Destin de l’Afrique)--La Coalition des Associations Panafricanistes de l’Université de Saint-Louis, a organisé le week-end dernier au sein de l’institution, deux jours de manifestations dénommées « 48h de panafricanisme ».
Les membres ont manifesté un volonté commune de s’engager dans le combat pour la construction des Etats-Unis d’Afrique. Conférences, débats, spectacles et poèmes, ont rythmé cet évènement parrainé par « Alliance Panafricaniste » cette internationale qui fédère des clubs crées au Sénégal en Afrique et dans la Diaspora et dont le siège se trouve Dakar sur la VDN.
C’était avant tout des rencontres d’information et d’échanges sur le panafricaniste. La Coalition des Associations Panafricanistes de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (CAPUGB), a réussi à réunir pour la circonstance plus de 300 étudiants venus de l’UGB, de L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), des enseignants et élèves des lycées et collèges de la région de Saint-Louis, des représentants des clubs panafricanistes extrascolaires de Thiès, de Louga et de Dakar… La Presse sénégalaise a également tenu à couvrir ce grand évènement qui fut une première dans cette université.
Le tempo des manifestations été donné dès la cérémonie d’ouverture samedi, avec « Africains levez-vous », l’hymne de l’Afrique, composé par le Chef de l’Etat du Sénégal S.E. Me Abdoulaye WADE. L’hymne a été chantée ici par la chorale Saint-Augustin de l’UGB. Un chant qui aura certainement persuadé les esprits réticents et encouragé ceux qui avaient déjà pris l’engagement de lutter pour l’unité africain
Dans son discours d’ouverture, la Présidente de la Coalition, Seynabou NDIAYE, a appelé ses camarades à « transcender leurs appartenances ethniques ou tribales, sous-régionales et régionales, pour réussir dans la lutte pour les Etats-Unis d’Afrique. Elle a ajouté que la lutte ne pourra être menée à bon port que si les africains prenaient eux-mêmes les armes, car déclare-t-elle, « on ne se développe jamais avec la sueur des autres ».
Seynabou NDIAYE a également invité ses camarades, à s’inspirer de la lutte des pères fondateurs panafricanisme que sont: Marcus Garvey, Henry Sylvestre-Williams, W.E.B. Dubois, Kwame Nkrumah, Cheikh Anta Diop et autres, qui ont payé de leur vie pour l’intérêt des autres, de leurs frères et sœurs noirs. Elle a poursuivi en réitérant son désir de voir inscrits dans les universités et grandes écoles africaines, les écrivains africains qui ont écrit pour l’Afrique, tels que W.E.B Dubois, qui milita pour la cause afro-américaine à travers ses ouvrages, entre le XIXe et le XXe siècle.
« Nous ne voulons plus étudier les écrivains blancs dans nos universités, qui nous apprennent ce qu’il veulent qu’on sache, c’est-à-dire Une partie de la vérité », a-t-elle lancé. Pour elle, l’Afrique a les moyens de se développer : « nous voulons prouver aux peuples noirs, que les africains sont réveillés, qu’ils sont en train de réfléchir », pour la construction des Etats-Unis d’Afrique. Elle a enfin demandé à ses camarades, encore incrédules, de prendre conscience, et a appelé ses frères et sœurs, à prendre leurs responsabilités devant l’histoire.
Le deuxième discours qui aura marqué les esprits dans cet amphithéâtre Madickè Diop, a été celui du Coordonnateur de l’ Alliance Panafricaniste », Amadou Lamine FAYE, par ailleurs Ministre conseiller chargé des Questions Panafricaines et de la Diaspora.
Avec lui, les participants ont eu droit à un véritable cours d’histoire sur les peuples du continent noir. Il a demandé aux uns et aux autres, de se poser cette question : « Pourquoi l’Afrique est-elle aujourd’hui le continent le plus pauvre et le moins avancé du monde, alors que c’est en Afrique qu’est née la Science, sous l’Egypte Antique ?»
Les Africains n’ont par conséquent aucune raison de se tourner vers l’Occident pour trouver les solutions à leurs problèmes, en fustigeant le dernier évènement en date, les assises nationales de Dakar, qui se déroulent sous l’égide des puissances néocoloniales. Et les APE, qui sont selon lui, une forme détournée, pour freiner le processus de création du rêve africain, les Etats-Unis d’Afrique. Un retour aux racines, aux sources, s’avère donc indispensable pour guider la lutte.
Des paroles qui n’ont pas laissé indifférent, le représentant des clubs panafricanistes de l’UCAD, qui à son tour, a remercié l’initiative du Président Abdoulaye WADE, d’avoir créé l’Alliance Panafricaniste, qui leur ouvre les portes de l’avenir du continent.
Lors de la conférence qui s’en est suivi, M. Mamadou Mbaye, vice-président du club de l’Alliance Panafricaniste de Thiès et président du Cercle des intellectuels de l’alternance de la même ville, ainsi que Alioune Seck, l’AP de Thiès et du Comité Scientifique de l’alternance, ont interpellé les participants, sur la nécessité de sortir de la carcasse d’éternels assistés : « Vous avez toutes les armes en main, à vous la jeunesse, et nous vous donnerons notre sagesse pour réaliser le rêve africain », ont-ils tour à tour martelé.
« Panafricanisme d’hier et d’aujourd’hui : rupture ou continuité » était le thème de cette conférence. Et Amadou Lamine Faye, qui présidait la séance, a répondu, que le premier était un panafricanisme « idéologique », et qu’il est temps aujourd’hui, de passer à l’« action ».
Les rideaux de ces manifestations tomberont le dimanche, par des messages de remerciements des organisateurs aux participants, vice et versa, et de réengagement des uns et des autres pour promouvoir la construction des Etats-Unis d’Afrique, au cours du débat intitulé : « Jeunesse et panafricanisme. »
Pour joindre l’utile à l’agréable, les participants se sépareront sur un poème pour les Etats-Unis d’Afrique, écrit par un étudiant de l’UGB, qui a soulevé des émotions, et sur des notes de Mbalax, et de reggae, des musiques panafricanistes, également.

