UA et G8 Prônent le Renforcement de la Paix
(PANA)-- Malgré les progrès réalisés jusqu’ici dans la mise en place de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), la Commission de l’Union africaine (UA) pourrait encore faire mieux si son département de la Paix et la Sécurité avaient plus de capacités et de personnel, ont estimé les participants à la consultation annuelle entre l’UA et les pays membres du G8.
Selon un communiqué de la Commission publié vendredi à Addis-Abeba, certains partenaires de l’UA éprouvent des difficultés à procurer des financements au département de Paix et de Sécurité, comme conséquence de leur manque de capacités adéquates.
La consultation, qui vient de se terminer au siège de l’UA, a souligné que des progrès ont été faits dans la résolution des conflits sur le continent et a convenu de la nécessité d’efforts constants et soutenus pour consolider la paix là où elle doit être rétablie, ainsi que de la prévention et de la résolutions des conflits naissants.
"A cet égard, la consultation a reconnu le rôle essentiel joué par le Conseil de paix et de sécurité (CPS de l’UA) et l’interaction grandissante entre cet organe et le Conseil de sécurité de l’ONU, comme l’indique les réunions désormais annuelles entre ces deux organes", souligne le communiqué.
La réunion a insisté sur la nécessité de renforcer toutes les capacités de la Commission afin de renforcer les capacités financières et de gestion de l’UA.
Les participants à la consultation étaient les membres du CPS, des mécanismes régionaux africains pour la prévention, la gestion et la résolution des conflits, les représentants des pays membres du G8, de l’Union européenne (UE), des Nations unies (ONU) et d’autres partenaires.
"Tout en reconnaissant les progrès réalisés jusqu’ici dans l’établissement de l’Architecture africaine de paix et de sécurité qui comprend plusieurs composantes, dont le système d’alerte précoce, le Panel des sages et les brigades permanentes, nous ne pouvons nous complaire dans la situation actuelle", a déclaré l’ambassadeur du Japon en Ethiopie et représentant permanent de son pays auprès de l’UA, Kinichi Komano.
M. Komana, qui co-présidait la réunion en tant que président du G8, a déclaré à la PANA que l’APSA n’était pas encore achevée en termes de fonctionnement adéquat.
"Ainsi, les défis à relever sont encore énormes. Nous devons nous concentrer sur le renforcement des capacités du département Paix et Sécurité de l’UA, la coordination des actions des donateurs pour éviter qu’elles soient reproduites et la création d’une synergie entre les si nombreux donateurs dont le nombre ne cesse d’augmenter", a-t-il ajouté.
Bien que l’UA ait mis en place plusieurs programmes de renforcement des capacités et de prévention des conflits en Afrique, l’obstacle numéro un qu’elle rencontre est le financement de ces initiatives.
Sa stratégie consistant à réunir des financements est basée sur la sensibilisation de la communauté internationale.
"Une fois que vous présentez ce que vous faites, que vous sensibilisez les autres parties sur les programmes et les défis à venir, vous commercialisez plus ou moins vos activités et vos programmes, poussent ceux qui sont conscients de la nécessité de promouvoir la paix dans le monde à vous accorder les financements nécessaires", a déclaré l’ambassadeur du Nigeria, Obioma Philip Oparah.
M. Oparah, qui co-présidait la consultation en tant que président du CPS pour le mois de juin 2008, a déclaré à la PANA qu’une fois convaincus que les Africains sont sur la bonne voie et qu’il y encore plus de grands défis qui pourraient menacer la paix et la sécurité internationales, les donateurs vont accroître leurs financements.
"Sans perdre de vue le fait qu’ils (les donateurs) font des efforts certains. Il faut reconnaître que ces efforts ne sont vraiment pas suffisants. La Commission de l’UA et les chefs d’Etat africains exercent également des pressions sur les donateurs pour qu’ils augmentent leurs financements des opérations africaines de maintien de la paix", a-t-il expliqué.
Selon l’ambassadeur, ces dispositions financières exigent que les donateurs soient informés régulièrement sur la manière dont l’argent qu’ils donnent est utilisé.
"Nous les tenons au courant des activités du CPS. Nous avons trop de crises en Afrique. Si nous laissons aux seuls pays africains le soin de les résoudre, nous n’arriverons pas à maintenir la paix. C’est la raison pour laquelle il a été estimé nécessaire par nos dirigeants d’appeler nos partenaires à leur prêter assistance", a ajouté M. Oparah.
Par ailleurs, les partenaires de l’UA ont promis leur soutien à l’opérationnalisation de la Force permanente africaine et au renforcement des capacités requises, y compris les composantes policières et civiles, d’ici à 2010.
Les participants à la consultation se sont félicité de la décision de l’Allemagne de financer, à hauteur de 20 millions d’euros, la construction d’un nouveau siège pour le département Paix et Sécurité afin d’accueillir plus de personnel et de fournir les infrastructures nécessaires pour l’accomplissement de sa mission.
Plusieurs partenaires de l’UA ont accordé un soutien financier, technique et logistique aux opérations de paix et au renforcement des capacités.
Il s’agit de la Belgique, du Canada, du Danemark, de la Finlande, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas, de l’Espagne, de la Suède, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de l’UE ainsi que de l’ONU et ses agences.

