L’Union Africaine à l’Epreuve
Ludi Cardoso et Pierre Emangongo (Le Potentiel)--C’est depuis hier lundi 6 octobre à minuit qu’a expiré l’ultimatum de l’Union africaine (UA) à la Mauritanie pour le retour au pouvoir du président élu , sous peine des sanctions contre la junte militaire déterminée à faire fi des pressions diplomatiques. Dans tous les cas, l’issue de ce bras de fer pourra oui ou non améliorer l’image de l’UA qui est une fois de plus mise à l’épreuve, dans le règlement des conflits sur le continent.
Le Conseil de Sécurité et de Paix (CSP) de l’Union africaine(UA) avait donné ultimatum jusqu’à hier lundi 6 octobre, pour un retour à l’ordre constitutionnel à Nouakchott, par le rétablissement de Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions de président de la République de Mauritanie, sous peine des sanctions à l’égard de la junte militaire et de son entourage.
Cependant, ces menaces n’ont pas réussi à faire plier la junte dirigée par le général Ould Abdel Aziz qui a, non seulement rejeté les sanctions de l’UA mais aussi et surtout, fait fi des pressions diplomatiques par la répression le dimanche 5 octobre 2008 de la manifestation à Nouakchott des opposants au putsch.
Selon des sources crédibles, des sanctions qui sont encore en préparation, viseraient les membres de la junte, les ministres, des parlementaires, mais aussi des personnalités influentes auprès des militaires mauritaniens.
Les premières mesures envisagées sont des interdictions de voyager à l’étranger. Unilatéralement, la France a, selon RFI, d’ailleurs déjà refusé le visa à un ministre et son conseiller. Pourraient suivre, plus tard, des sanctions financières, telles que le gel des avoirs à l’étranger que possèdent les personnes visées.
Entre-temps, en coulisse, la junte militaire est en train de négocier avec l’Union africaine et l’Union européenne (UE).
En effet, la Communauté internationale est plus que jamais déterminée à faire échouer le putsch du 6 août dernier. Car, elle n’a toujours pas cautionné le renversement de Sidi ould Cheikh Abdalahi un an et demi après son élection, au terme d’une précédente transition militaire.
Pour les pays partenaires de la Mauritanie, le rétablissement au pouvoir du chef d’Etat Sidi ould Cheikh Abdalahi est un principe, mais aussi le début de la solution à la crise mauritanienne.
Deux grands scénarios de sortie de crise sont évoqués, l’un privilégié par l’Union africaine, l’autre par l’Europe mais tous deux passent par le retour au pouvoir de Sidi ould Cheikh Abdalahi. Une condition dont la junte ne veut toujours pas entendre parler, au risque d’être de plus en plus isolée sur l’échiquier international.
Dans tous les cas, plusieurs observateurs se demandent si les sanctions « les plus redoutées » de l’UA et l’UE réussiront à faire fléchir la junte militaire. Sinon, ils estiment que seulement un scénario à la comorienne pourrait rétablir le président déchu dans ses fonctions. En définitive, l’issue de ce bras de fer pourra oui ou non améliorer l’image de l’UA dans le règlement des conflits sur le continent africain.

