Mugabe Met en Péril le Processus de Paix
Ludi Cardoso & Pierre Emangongo (Le Potentiel)--Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a attribué unilatéralement la plupart des portefeuilles clés du gouvernement d’union à son parti, la ZANU-PF, au détriment de l’opposition.
A cet effet, l’apport de l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, le médiateur de la Communauté de Développement de l’Afrique australe(SADC) est très attendu pour résoudre cette impasse politique au Zimbabwe.
Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a attribué unilatéralement la plupart des portefeuilles clés du gouvernement d’union à son parti, la ZANU-PF, a rapporté, le samedi 11 octobre dernier, le journal d’Etat The Herald relayé par Le Monde. Comme il fallait s’y attendre, l’opposition a aussitôt manifesté sa colère, estimant que cette décision mettait « en péril » l’accord sur un gouvernement d’union nationale.
Selon la liste publiée par The Herald, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) obtiendrait 14 ministères, dont les plus disputés de l’intérieur et de la défense. Elle aurait également les affaires étrangères, la justice et la communication.
Quant au parti de l’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai, il obtiendrait 13 portefeuilles dont ceux des affaires constitutionnelles et parlementaires, de la planification économique et du travail.
La faction dissidente du MDC, menée par Arthur Mutambara, aurait, d’après la même liste, en charge trois ministères : l’éducation, la coopération internationale et l’intégration régionale ainsi que l’industrie et le commerce.
Le président Mugabe n’a pas alloué le ministère très disputé des finances, a souligné The Herald, assurant que le médiateur sud-africain Thabo Mbeki était attendu à Harare la semaine prochaine pour régler cette question.
Pour Nelson Chamisa, le porte-parole du MDC, cette décision traduit sans conteste « l’arrogance »du parti du président Mugabe. «Cette liste n’est pas et ne sera pas approuvée par le MDC. Elle est unilatérale, méprisante et scandaleuse. Ils sont en train de rouler le peuple du Zimbabwe », a assuré ce porte-parole. Et ce, avant de souligner qu’il revient seulement à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui a mandaté M. Mbeki comme médiateur, de résoudre l’«impasse» dans les négociations.
L’apport de l’ancien président sud-africain est, à cet effet, trop attendu. Car, il devra doubler d’efforts pour ramener Robert Mugabe, à la raison afin que l’accord de paix signé avec les deux tendances du MDC soit appliqué à la lettre.
En définitive, plusieurs observateurs estiment que la décision du chef d’Etat zimbabwéen Robert Mugabe est de nature à mettre en péril le processus engagé en vue d’un partage du pouvoir entre le parti au pouvoir et l’opposition.

