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La Protéction des Déplacés Internes

(PANA)--L’Organisation des Nations unies (ONU)a salué l’initiative de l’Union africaine (UA) d’élaborer un projet de Convention visant la protection et l’aide des personnes déplacées dans leur propre pays en raison d’un conflit armé.

"Une telle Convention, qui sera le premier instrument de ce genre à avoir des effets contraignants, servira d’exemple aux autres régions touchées par le phénomène du déplacement interne de leurs populations", a affirmé Walter Kaelin, représentant du Secrétaire général des Nations unies sur les droits de l’Homme des personnes déplacées dans leur propre pays.

M. Kaelin s’exprimant à Addis-Abeba, à l’occasion d’un séminaire d’une journée organisée à l’intention des diplomates africains et des organismes internationaux à vocation humanitaire sur les déplacements causés par les conflits qui déchirent le continent africain.

Il a affirmé qu’il était essentiel de prendre en charge les défis provoqués par les déplacements internes et de renforcer l’action des autorités pour faire face aux problèmes que vivent les personnes concernées.

"La question des déplacements dans les conflits armés est particulièrement importante pour notre continent", a déclaré M. Kaelin, tout en notant que, rien qu’à cause des conflits, près de 13 millions de personnes sont présentement considérées comme déplacées dans 19 pays africains.

"Cela signifie que la moitié environ des personnes déplacées dans le monde vit sur le continent africain", a-t-il encore noté, tout en ajoutant que ce chiffre ne tient pas compte des personnes déplacées par suite de catastrophes naturelles.

Se fondant sur sa propre expérience des trois dernières années, M. Kaelin a encore indiqué: "J’ai pu voir par moi-même les considérables défis auxquels les gouvernements sont confrontés dans leurs efforts visant à trouver des solutions efficaces au calvaire et aux souffrances des personnes déplacées, plus particulièrement des groupes vulnérables au sein de leurs populations".

Une rencontre est prévue du 2 au 6 juin 2008, entre experts juridiques des Etats membres de l’UA, en vue de la finalisation du projet de Convention pour la protection et l’assistance aux personnes déplacées.

Les ministres de l’UA chargés de la question des déplacements forcés se rencontreront en juillet 2008, afin de peaufiner le projet soumis à son examen, avant sa soumission au Conseil exécutif et au tout premier Sommet spécial des chefs d’Etat et de gouvernement sur les réfugiés, les personnes de retour et les déplacés internes, prévu au mois de novembre de cette année.

"Ce projet de convention constituera, avec le protocole sur les déplacés internes adopté par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, un formidable pas en avant, car ce sera la première fois que la législation internationale contiendra des dispositions contraignantes visant de manière explicite la question des déplacements internes, ainsi que celle des individus touchés par ce phénomène", a mentionné M. Kaelin.

Le responsable onusien a ensuite exhorté les pays africains à faire de telle sorte que cet instrument juridique soit mis en oeuvre.

"La réunion des experts juridiques prévue ici, la semaine prochaine, devra faire de telle sorte que le texte ne finisse pas comme les autres documents inexploités qui accumulent de la poussière sur les étagères de bibliothèques, mais de s’assurer qu’il s’agira d’un instrument pratique pour s’attaquer à de réels problèmes.

"Les gouvernements devront veiller à ce que le nouvel instrument ne remette pas en cause les normes et garanties en vigueur qui protègent les déplacés internes, étant donné qu’elles ont déjà été définies et qu’elles sont implicites dans la législation internationale humanitaire et des droits humains", a encore souligné M. Kaelin.

Le séminaire a été conjointement organisé par l’UA et le Comité international de la Croix-rouge (CICR).

Par ailleurs, la vice-présidente du CICR, Christine Beerli a déclaré aux participants présents au séminaire que les déplacements forcés de personnes dans leur propre pays est un problème récurrent depuis plusieurs années et constitue une source de préoccupation de plus en plus vive au sein de la communauté internationale.

"Les déplacements ont de nombreuses causes, certaines sont naturelles, d’autres sont provoquées par l’action humaine. Les conséquences de ces mouvements sont tragiques pour les victimes", a- t-elle relevé.

S’agissant du sommet de l’UA envisagé pour prendre cette question en charge, Mme Beerli a noté que cet événement permettra de mettre en exergue la détermination des chefs d’Etat africains de trouver une solution à ce problème.

En 2007, a-t-elle encore fait valoir, le CICR a fourni une aide humanitaire à plus de quatre millions des personnes déplacées dans 27 pays, dont la moitié se trouve en Afrique.

Mme Beerli a également conseillé que la Convention de l’UA dont l’adoption est envisagée pour traiter des déplacés internes "réaffirme sans ambages que les opérations strictement humanitaires et neutres ne doivent pas être considérées comme des actes hostiles et que les parties à un conflit ne doivent pas refuser arbitrairement d’autoriser ces activités".

Posted by on 05/29 at 06:41 PM

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