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La Politique Genre de l’UA

(PANA)--Sans le dynamisme et l’acharnement de la Société civile africaine, l’intégration du Genre et le renforcement de l’autonomie des femmes seraient restées une chimère, a souligné le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, dans une déclaration à l’ouverture d’une conférence des ministres africains en charge du Genre.

Bien que l’engagement de l’UA en faveur de l’égalité des sexes et le renforcement de l’autonomie des femmes ait été clairement démontré dans le texte de l’Acte constitutif et autres protocoles de l’organisation, M. Ping a déclaré jeudi à Addis-Abeba que les contraintes de la Commission de l’UA en matière de capacités avaient retardé l’élaboration d’une politique de Genre spécifique.

Dans une déclaration lue en son nom par le vice-président de la Commission, Erastus Mwencha, à l’ouverture de la conférence de deux jours des ministres africains en charge de la question du Genre et de la femme, M. Ping a dit que la version définitive de la politique de Genre de l’UA avait été finalisée au terme de larges consultations avec les spécialistes et organsiations de la Société civile.

Conjointement organisée par l’UA et la Comission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la conférence devrait entériner la version définitive avant que le Conseil exécutif ne le présente au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement pour adoption en janvier 2009.

"L’un des principaux défis du continent est d’aborder les questions-clé d’une manière systématique et bien organisée, coordonnée et harmonisée".

"Qu’il s’agisse du défi de la pauvreté, des maladies, d’illétrisme, de la guerre, des troubles civiles ou d’inégalité entre les hommes et les femmes, il est important d’aborder ces défis avec une vision claire et des stratégies et des plans biens conçus sur la manière de les affronter", a observé M. Ping.

L’élaboration d’une politique de Genre de l’UA a démarré en début 2006 et le document devait être prêt et présenté au sommet de janvier 2007.

M. Ping a expliqué que l’échéance ne pouvait être respecté du fait des problèmes de moyens qu’a rencontré la Direction Genre. c’est ainsi que le processus de formulation de la politique a été bloqué jusqu’en décembre 2007.

"La présentation et l’adoption de la politique de Genre par l’Assemblée sera la réalsiation d’un des rêves de la Commission", a dit M. Ping, ajoutant que son adoption préparerait le terrain à la célébration de la Décennie des femmes 2010-2020 proposée par l’UA, tandis que le Plan d’action Genre de 10 ans offrira une base solice pour passer à la création du Fonds spécial dédié aux femmes africaines".

Par ailleurs, le secrétaire exécutif-adjoint de la CEA, Lalla Ben Barka, a déclaré à la conférence que le Fonds spécial devrait faciliter l’accès aux ressources financières, ce qui a toujours été la principale barrière à l’autonomisation économique des femmes.

Bien que des améliorations notables aient été constatées au niveau régional (Afrique) dans les cadres institutionnel, juridique et politique, Mme Ben Barka a dit que l’inégalité entre les sexes est un défi de développement persistant en Afrique.

"Les statistiques continuent de montrer que l’accès aux ressources n’est pas équitable entre les hommes et les femmes à travers le continent. La violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles dans les conflits et les situations d’insécurité sont en passe d’atteindre un seuil alarmant", a-t-elle noté, tout en invitant les ministres à passer des paroles aux actes ce, pour le bien-être des femmes en Afrique.

A travers ses programmes, la CEA a oeuvré en faveur du renforcement des capacités des responsables politiques et autres partenaires au sein des Etats membres et encouragé l’utilisation de méthodologies et d’instruments pour la formulation de politqiues sensibles au Genre.

Une de ses réalisations les plus remarquables est la mise au point d’un Indice africain du développement et du Genre (AGDI), un instrument utilisé pour mesurer l’ampleur des inégalités Genre en Afrique et pour aider les gouvernements à évaluer leurs propres performances en matière de réduction du fossé entre les sexes afin de parvenir à la promotion de la femme.

En marge de la conférence des ministres, le Centre africain pour le développement et le Genre, basé à la CEA et le Programme régional du Bureau Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont lancé jeudi l’African Women’s Human Rights Observatory (AWRO).

L’UA et la CEA toutes les deux considèrent cet observatoire comme un instrument important pour suivre l’amélioration des droits des femmes en Afrique.

Posted by on 08/29 at 01:16 PM

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