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Dialogue Magnifique, Confus et Positif sur l’Aide

Miriam Mannak et Francis Kokutse (IPS)--Des ministres et des hauts fonctionnaires de gouvernements venus de par le monde seraient tombés d’accord sur un plan d’action pour rendre le système d’aide plus efficace après des jours de dures négociations qui ont opposé certains des pays les plus pauvres du monde aux géants donateurs.

Mais un négociateur pour les pays en développement, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré à IPS que le texte convenu a été entièrement dépourvu de tout objectif mesurable lié au temps, à cause des objections des Etats-Unis et du Japon.

‘’Quel que soit ce que nous avons dit, ils ont en général dit ‘non’ à cela’’, a-t-il affirmé au sujet du texte final du Programme d’action d’Accra—un document qui est passé par au moins cinq avant-projets et doit être adopté ce 4 septembre par les ministres présents à ce troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide. ‘’Ce que nous avons est un langage beau, légèrement confus et positif, mais il n’y a pas d’engagement vérifiable lié à un calendrier’’.

Des pays en développement ont voulu que des pays donateurs acceptent de réduire les conditionnalités et d’éliminer progressivement l’aide qui est liée à l’achat de biens et de services d’ici 2010. Ils ont également voulu que les pays donateurs rendent le processus d’aide beaucoup plus transparent qu’il ne l’est actuellement—pour que tous les chiffres relatifs à l’aide soient librement disponibles.

Mais un paragraphe clé qui a été effacé du texte final est le suivant : ‘’...dans ce Programme d’action d’Accra (nous) nous mettons d’accord sur un ensemble d’actions accélérées pour atteindre ces objectifs d’ici à 2010’’.

Quelque 1.200 délégués de 120 pays—représentant des gouvernements, des agences non gouvernementales et donatrices—se sont réunis dans la capitale ghanéenne, Accra, pour la rencontre de trois jours, destinée à réviser la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.

L’aide totale en provenance des gouvernements riches et de leurs agences s’élève à environ 120 milliards de dollars par an, avec des contributions privées ajoutant d’autres 20 à 25 milliards de dollars. Mais ni les donateurs ni les récipiendaires ne sont contents de l’aide. Les donateurs disent que beaucoup d’aide disparaît du fait de la corruption, tandis que les pays bénéficiaires affirment qu’ils détestent les conditionnalités liées à cet argent.

A sa sortie de la rencontre de mardi, qui a pris fin avec un tonnerre d’applaudissements des négociateurs, Levi Oguike, le vice-président de la Commission nationale du Plan du Nigeria, a déclaré que le programme suivait les voies attendues. ‘’Nous les pays en développement n’avons rien dit lorsque nous étions à la réunion préparatoire à Paris en juillet. Dans un sens, c’était une réunion sans objection’’. Il a indiqué que les pays en développement n’étaient pas totalement contents de cela : ‘’Un pays bénéficiaire ne peut jamais être à l’aise avec l’aide. Vous voulez toujours être un donateur’’. Certains acteurs des pays développés n’étaient pas satisfaits non plus.

Stefano Manservisi, directeur général de la Commission européenne, a déclaré à IPS/TerraViva : ‘’C’est un bon texte équilibré, mais il ne fait pas assez de pression. La situation demande plus qu’un équilibre correctif’’. Manservisi a ajouté qu’il aurait aimé voir des pays s’engager à uniformiser des systèmes de gestion financière tels que l’audit—une exigence clé des pays donateurs.

Le ministre des Finances du Malawi, Goodal Gondwe, a affirmé : ‘’La question d’appropriation était très importante pour le groupe africain qu’il n’y aurait aucun compromis’’. ‘’La fournée actuelle de dirigeants africains est instruite et sait quelles politiques suivre pour apporter le développement dans leurs pays respectifs. Nous sommes également conscients de la corruption et faisons tout notre possible pour la restreindre’’, a ajouté Gondwe.

Il y avait également certaines objections importantes à tout le processus ayant conduit au Programme d’action d’Accra avec le professeur Yash Tandon du ‘South Centre’ basé à Genève, qui souligne que ce programme était hors du système des Nations Unies et, par conséquent, manque de légitimité.

Posted by on 09/05 at 09:19 AM

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