Sommet Extraordinaire de la SADC
Pierre Emangongo et Bienvenu Ipan (Le Potentiel)--Le pouvoir et l’opposition au Zimbabwe n’ont pas pu obtenir un accord de partage du pouvoir hier mardi 9 septembre à la deuxième réunion de la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki. Et, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tient un sommet extraordinaire ce mercredi à Harare sur la crise zimbabwéenne afin de tenter de trouver une solution de sortie de crise, qui dépendra essentiellement de la bonne volonté politique des protagonistes.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe va être soumis à la pression de nombre de ses homologues africains mercredi lors d’un sommet extraordinaire consacré à la crise qui l’oppose au chef de l’opposition, Morgan Tsvangirai, a fait savoir l’AP. Ce dernier n’a pas été invité à la réunion, réservée aux chefs d’Etat.
Le gouvernement du Swaziland, qui dirige actuellement la commission de sécurité de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a fait savoir mardi que M. Mugabe et son homologue sud-africain Thabo Mbeki assisteraient au sommet.
Le président sud-africain Thabo Mbeki, critiqué par le chef de l’opposition, a entamé lundi à Harare de nouveaux pourparlers pour tenter de résoudre la crise politique au Zimbabwe.
Les discussions achoppent sur un élément-clef: qui de Robert Mugabe ou Morgan Tsvangirai occupera la tête du gouvernement d’union. M. Tsvangirai considère que c’est à lui d’occuper les fonctions de Premier ministre, tandis que son rival serait nommé à la tête de l’Etat, une position surtout honorifique. Robert Mugabe semble toutefois peu enclin à abandonner la plupart des pouvoirs qu’il exerce depuis l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1980.
Il est probable que les chefs d’Etat africains fassent pression ce mercredi 10 septembre 2008 sur le président zimbabwéen pour qu’il accepte des concessions.
Sam Mkhombe, un collaborateur du roi du Swaziland Mswati III, a précisé que le président du Mozambique Armando Guebuza et son homologue angolais Eduardo dos Santos seraient également présents mercredi.
La SADC a, pour l’instant, adopté une approche plus modérée à l’encontre de Robert Mugabe dans ses déclarations officielles. Mais les critiques virulentes de certains de ses membres, comme la Zambie et le Botswana, indiquent que les tractations vont bon train en coulisses.
Qu’à cela ne tienne, l’intransigeance du président Robert Mugabe et de l’opposant Morgan Tsvangirai nécessite une bonne volonté politique afin de parvenir à la signature d’un accord de partage du pouvoir susceptible de sortir le Zimbabwe de cette grave crise politique. Raison pour laquelle un pacifiste exhorte les protagonistes de la crise zimbabwéenne à surmonter leurs divergences pour privilégier les intérêts supérieurs du Zimbabwe au détriment des motivations égoïstes.

