Soulagement et Optimisme au Zimbabwe
(APA)--Les Zimbabwéens, partagés entre soulagement et optimisme, ont amorcé vendredi la perspective d’un nouvel ordre politique à la suite de la conclusion historique d’un accord de partage du pouvoir, considéré comme une panacée après huit années de crise économique.
Avec un taux d’inflation record de plus de 2,2 millions pour cent, un taux de chômage élevé et une grave pénurie de vivres et de carburant, la plupart des Zimbabwéens se sont sentis soulagés dans la perspective d’un redressement de l’économie du pays.
Bien que des détails plus précis sur l’accord de partage du pouvoir entre le Président Robert Mugabe et les dirigeants des deux factions de l’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique, Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara, n’ont pas été rendus publics, les Zimbabwéens ordinaires ont tous bien accueilli la nouvelle et voient en cela comme un signal positif vers des lendemains meilleurs.
«Nous attendons avec impatience de pouvoir revivre les bon moments, après tant d’années de récessions économiques constamment à la recherche de produits de base dans les pays voisins », a déclaré un enseignant, Samuel Sibanda. On estime que trois millions de Zimbabwéens auraient quitté le pays depuis le début de la crise économique en 2000, dont la plupart vivent en Afrique du Sud, au Botswana, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Quelque 2 000 Zimbabwéens traversent chaque jour les pays voisins à la recherche de denrées alimentaires qui ne sont plus disponibles et qui, jadis, abondaient dans leur pays.
«Toutefois, il faut que les nouveaux dirigeants aient une force de caractère pour s’assurer qu’il y ait un vrai changement au sein du gouvernement d’unité», a ajouté Ignace Chiweshe, qui gère une entreprise de vente de consommables d’ordinateurs dans la capitale, Harare.
Il a par ailleurs mis en garde les prochains ministres de l’opposition, estimant qu’ils courent le risque d’être transformés en fantoches qui ne peuvent remettre en cause les décisions de Mugabe, y compris Tsvangirai, pressenti à la tête du nouvel exécutif, s’ils n’ont un caractère fort.
Dans l’ensemble, les Zimbabwéens considèrent l’accord comme une première étape vers la reconstruction de l’économie de leur pays.

