La Communauté Internationale Prête à Aider
Pierre Emangongo et Bienvenu Ipan (Le Potentiel)--Le pouvoir et l’opposition au Zimbabwe ont signé, depuis hier lundi 15 septembre à Harare, la capitale, un accord pour former un gouvernement d’union nationale ouvrant la voie à une aide internationale massive dont le pays a désespérément besoin. La Communauté internationale attend la restauration d’un Etat de droit au Zimbabwe pour y apporter son aide.
Le chef de l’Etat zimbabwéen, Robert Mugabe a paraphé, hier lundi 15 septembre, le pacte avec Morgan Tsvangirai, chef de file du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et Arthur Mutambara, dirigeant d’une faction dissidente du MDC, à l’hôtel Rainbow Towers dans la capitale Harare, ont rapporté plusieurs organes de presse dont AFP et Reuters.
Les trois hommes, souriants, ont échangé une poignée de mains sous les applaudissements lors de la cérémonie à laquelle assistaient le président en exercice de l’Union africaine (UA), le Tanzanien Jakaya Kikwete, ainsi que le président sud-africain Thabo Mbeki, qui a joué la médiation.
Selon la presse d’Etat, les deux dirigeants se sont mis d’accord, le samedi 13 septembre 2008, sur un gouvernement de 31 ministres, placés sous double contrôle.
Le chef de l’Etat, M. Mugabe dirigera le gouvernement, tandis que M. Tsvangirai, Premier ministre, prendra la tête d’un Conseil des ministres restreint qui participera à l’élaboration des politiques et en surveillera la mise en œuvre.
Si le Centre de commandement conjoint (JOC), regroupant les chefs d’état-major de l’armée, la police et les services secrets, passe sous contrôle du Premier ministre, le président continuerait de diriger les forces armées, selon des sources concordantes.
Mais l’accord prévoit la suppression du puissant ministère de la Sécurité d’Etat, sans qu’on sache encore qui sera responsable de la police secrète.
Le ministère de la Justice doit être scindé en deux avec la création d’un secrétariat aux Prisons.
Le MDC a réclamé le contrôle des portefeuilles de l’Intérieur, de l’Administration locale, de l’Information, de l’un des portefeuilles de la Justice, et le ministère des Finances, prenant ainsi en charge le rôle délicat de redresser une économie en ruines.
En échange, le MDC s’est dit prêt à céder au parti présidentiel, l’Union nationale africaine au Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), d’autres ministères clés comme celui de la Défense. La Zanu-PF aura 15 portefeuilles, le MDC 13, et la faction de Mutambara trois. Les noms des ministres devraient être annoncés dans les jours à venir, a indiqué un responsable.
L’un des objectifs du nouveau gouvernement sera d’attirer de nouveau les investisseurs dans un pays où l’inflation dépasse 11 millions de pour cent.
L’Union européenne (UE) s’est déclarée prête à venir en aide au pays si le nouveau gouvernement prend des mesures pour restaurer la démocratie et l’Etat de droit, «en organisant en particulier des élections pluralistes et transparentes».
Pour sa part, la Grande-Bretagne est prête «sur le principe» à soutenir le nouveau gouvernement d’union nationale au Zimbabwe, mais l’étendue de ce soutien dépendra de ses actions concrètes, a déclaré hier lundi 15 septembre 2008 le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown, cité par Romandie News.
Reste que le président Mugabe et les leaders de deux fractions du MDC fassent preuve de bonne volonté politique afin d’insuffler un nouveau dynamisme dans ce pays secoué actuellement par une crise aux conséquences multiformes.

