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La Société Civile Devient plus Forte à l’UA

Sarah McGregor (IPS)--Le lancement du conseil officiel de la société civile de l’Union africaine (UA) peut renforcer la capacité du continent à aborder les violations des droits de l’Homme et à s’attaquer à la pauvreté, estiment des activistes.

La première Assemblée générale permanente du Conseil économique, social et culturel (ECOSOCC) de l’Union africaine a pris fin le 9 septembre dans la plus grande ville tanzanienne de Dar es Salaam. Le ECOSOCC nouvellement installé est destiné à être l’organe ‘’populaire puissant’’ de l’organisation continentale. Et celui qui est relativement à l’abri de la manipulation politique.

Toutefois, certains pays ne seront pas totalement représentés puisque seule environ la moitié des pays membres de l’Union africaine, 25, ont accepté de prendre part au conseil.

La participation de certaines organisations non gouvernementales (ONG) peut être interdite par une règle selon laquelle elles ne peuvent accepter plus de 50 pour cent de financement extérieur. La motivation est d’empêcher des donateurs d’avoir une influence excessive sur le travail du conseil. Pourtant, plusieurs ONG en Afrique comptent sur des sources extérieures pour leurs budgets.

La rencontre inaugurale de trois jours du ECOSOCC, cette semaine, s’est principalement enlisée dans des minuties bureaucratiques; informant les participants sur les mécanismes du nouvel organe de l’UA pour les aider à se confronter à leurs nouvelles responsabilités.

Le travail réel commence maintenant, a déclaré le président entrant Akere Muna, président de l’Union panafricaine des avocats et vice-président du groupe de surveillance de la corruption, Transparency International.

‘’La société civile pourra directement s’adresser aux chefs d’Etat africains, sans les entraves ou formalités diplomatiques que nous observons souvent dans des organes régionaux’’, a affirmé Muna, un Camerounais, dans un entretien. ‘’Nous avons la capacité de parler à contre-courant, diplomatiquement parlant, et avec une conscience’’.

Le conseil comptera sur le pouvoir de l’activisme à la base pour aider à construire un meilleur avenir pour le continent le plus pauvre du monde, a indiqué le lauréat du Prix Nobel, Wangari Maathai, président sortant du ECOSOCC intérimaire. Parmi les membres du conseil, figurent des syndicats, des ONG, la diaspora, des groupes de femmes, des militants des droits de l’Homme, des activistes luttant contre la pauvreté, des handicapés ainsi que des hommes et femmes d’affaires.

Le conseil permanent remplace un organe consultatif intérimaire choisi en 2005 pour tracer le chemin à suivre, débloquer des fonds et organiser des élections pour son successeur. Avec ceci en place maintenant, le ECOSOCC est supposé avoir un apport direct dans les politiques et la programmation de l’UA et l’opportunité de s’engager auprès des chefs d’Etat pour prendre part à leurs sommets annuels, selon le site Internet.

En général, l’organe essayera de mettre en avant ses propres questions en tête de l’ordre du jour de l’UA, des questions telles que des investigations pour savoir comment l’argent extérieur peut financer le commerce des armes et la guerre du carburant sur le continent, a souligné Muna.

Maathai a dit qu’elle espérait que le conseil examinerait l’expansion des activités minières et pétrolières en Afrique, en travaillant pour obtenir plus de bénéfices pour les citoyens locaux et pour protéger le continent contre la destruction environnementale.

‘’Sur ce continent, il y a une forte concurrence pour un nombre limité de ressources. Nous en tant qu’Africains devons exiger que celles-ci soient équitablement distribuées et que ces activités n’entraînent pas la dégradation environnementale’’, a affirmé Maathai, une Kenyane, aux journalistes.

Au même moment, le conseil braquera également un feu de projecteur sur les situations humanitaires désastreuses du continent, y compris l’effondrement économique au Zimbabwe et la guerre civile au Soudan, a noté Maathai.

L’UA a demandé un accord de partage du pouvoir entre la ZANU-PF du président zimbabwéen, Robert Mugabe, et le Mouvement pour le changement démocratique, principal parti de l’opposition, pour mettre fin à une crise post-électorale qui détruit davantage l’économie.

Au Soudan, l’UA a déployé des troupes en vue d’aider à résoudre une guerre civile de cinq ans dans la région ouest du Darfour, dans laquelle 300.000 personnes sont mortes et plus de 2,2 millions chassés de leurs maisons.

‘’La société civile doit montrer les causes lointaines de ces problèmes—notamment au Zimbabwe et au Soudan. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour être efficaces à travers ce nouveau canal vers nos dirigeants politiques’’, a indiqué Maathai.

Jakaya Kikwete, chef de l’Etat tanzanien et président en exercice de l’Union africaine, a déclaré que les activistes de la société civile étaient maintenant des partenaires égaux pour influencer la prise de décisions quotidienne à l’UA.

‘’L’Union africaine est allée au-delà du simple processus de consultation à laquelle d’autres institutions adhèrent’’, a affirmé Kikwete dans son discours au lancement du ECOSOCC, à Dar es Salaam. ‘’L’Afrique a donné à la valeur de la démocratisation et de l’inclusion, un sens plus holistique et plus durable’’.

Des actions et non des mots tièdes sont nécessaires pour faire face aux nombreux défis auxquels l’Afrique est confrontée, a souligné Béatrice Nyamoya, présidente de l’Association des femmes avocates du Burundi, basée dans la capitale, Bujumbura.

‘’Tout ceci est très diplomatique et beau aujourd’hui, mais nos membres sont très consciencieux du fait que nous notre combat nous attend’’, a déclaré Nyamoya, qui représente ce pays d’Afrique centrale au conseil. ‘’Notre défi sera de demeurer indépendant, ce que je pense est possible’’, a-t-elle ajouté.

Lee Habasonda, de la section de Transparency International à Lusaka, en Zambie et membre du ECOSOCC, a dit que la création de ce conseil a été déjà une petite victoire pour la jeune société civile en Afrique.

‘’D’une certaine manière, vous pouviez dire que nous faisons déjà de petits progrès parce que nous avons ouvert cet espace pour être des partenaires’’, a déclaré Habasonda. ‘’Je vais l’utiliser comme plate-forme pour parler de corruption, de pauvreté et d’élections libres et équitables’’

Posted by on 09/17 at 08:30 AM

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