AU Monitor

Conférence Internationale des Grands Lacs

FreddyMonsa Iyaka Duku (Le Potentiel)--Après les Etats-Unis, l’Union européenne, la Belgique, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs exprime toute sa préoccupation devant la détérioration de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Elle renouvelle sa confiance au Programme Amani, seul cadre de dialogue et de solution avant de condamner les dernières déclarations de Nkunda visant à renverser le gouvernement de Kinshasa.

Dans une déclaration rendue publique à Bujumbura, le 6 octobre 2008, l’Ambassadeur, Mme Liberata Mulamula, secrétaire exécutive de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL, exprime toute la préoccupation de cette organisation devant la détérioration de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Plus particulièrement au Kivu avec la reprise des combats entre les FARDC et le CNDP de Laurent Nkunda. Elle saisit cette opportunité pour souligner l’engagement de la CIRGL aux côtés d’autres partenaires en vue de trouver une solution durable vers un retour de paix en RDC et dans toute la région des Grands Lacs.

Aussi, se dit-elle préoccupée par les déclarations de Nkunda invitant la population à renverser le régime de Kinshasa. Elle estime que le Programme Amani qui a reçu le soutien de la communauté internationale demeure le seul cadre propice pour un dialogue constructif vers une paix durable.

On ne peut que saluer cette condamnation de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Cependant, les choses ne doivent pas s’arrêter à de simples condamnations verbales. Mais s’appuyer manifestement sur le mécanisme mis en place par cette conférence afin de ramener la paix dans cette région. Mieux, de rapprocher Kigali de Kinshasa dans le but d’éviter toute escalade verbale qui empoisonnerait le climat dans la région. C’est dans cette optique que cette conférence internationale de la région des Grands Lacs a été créée. C’est dans cette même logique qu’ont été adoptés la Déclaration de Dar es Salaam et le Pacte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs.

Dans ce dernier document qui est entré en vigueur le 21 juin 2008 et signé par le Rwanda et la République démocratique du Congo, il est question du « Protocole de non agression et de défense mutuelle ». Aussi, a-t-il été relevé que les Etats membres de la CIRGL se doivent assistance mutuelle de défense, s’abstenir de tous propos malveillants de nature à attiser la haine, la méfiance au risque d’affecter les rapports inter-Etats et la situation sécuritaire dans la région. La dernière interview du président Kagame accordée au Journal Le Soir, lequel chef d’Etat a pratiquement tourné le dos à la CIRGL ne viole-t-elle pas ce principe ?

En outre, le mécanisme de suivi mis en place suggère la convocation d’une réunion extraordinaire lorsque se pointe à l’horizon une situation de conflit susceptible de perturber la sécurité, la paix et la stabilité dans la région. A ce sujet, cette réunion devrait réunir le « triumvirat de la CIRGL », à savoir le président sortant, le président en exercice et le président entrant. Dans le cas d’espèce, il s’agit de Jakawa Kikwete de la Tanzanie, actuellement président de l’Union africaine (belle coïncidence) ; Moi Kibaki du Kenya et Joseph Kabila de la RDC.

L’on pense que la secrétaire exécutive de la CIRGL, Madame Liberata Mulamula devrait s’appuyer sur ce mécanisme pour la convocation de cette réunion extraordinaire afin de sauver la paix et réconforter le processus de stabilité et de développement dans la région des Grands Lacs. S’en tenir tout simplement à de simples condamnations verbales, serait consacré à l’apathie et l’inefficacité de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CIRGL

Le Secrétariat exécutif de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs(CIRGL) voudrait exprimer sa profonde préoccupation quant à la situation sécuritaire qui se détériore en République Démocratique du Congo depuis le renouvellement des combats le 28 août 2008 dans la province du Nord Kivu entre le groupe rebelle CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Le renouvellement des hostilités a aggravé la situation sécuritaire précaire à I’Est de la RDC et a miné les diverses initiatives régionales et internationales visant à trouver une solution durable aux problèmes d’instabilité posés par la présence continue des groupes armés à l’Est du pays.

La CIRGL condamne fermement le renouvellement des violences qui sont à l’origine des déplacements massifs des populations civiles innocentes et créent une nouvelle crise humanitaire. I1 voudrait également exprimer sa grande préoccupation sur le recrutement continue des enfants soldats ainsi que les nombreux cas de viols perpétrés contre les femmes et les jeunes filles par les groupes armés à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). La CIRGL voudrait réitérer I’importance du plan de désengagement et lance un appel à tous les signataires de l’Acte d’Engagement de respecter I’engagement qu’ils ont pris lors de la Conférence de Paix tenue à Goma en janvier 2008.

La Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs est convaincue que le Programme Amani issu de la Conférence de Goma reste le meilleur cadre viable pour la résolution pacifique du conflit. La Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs voudrait exprimer son grand étonnement sur la déclaration attribuée au chef du CNDP, Laurent Nkunda qui pourrait miner tout effort visant à faire avancer le processus de paix. Elle voudrait également condamner les attaques en Province Orientale perpétrées par le groupe rebelle de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de l’Ouganda, au cours desquelles 19 enfants ont été kidnappés et provoqué des déplacements de plusieurs milliers de gens quittaient leurs maisons,

La CIRGL voudrait réaffirmer sa détermination à vouloir travailler étroitement avec tous les acteurs nationaux, régionaux et internationaux pour la recherche d’une solution durable au problème d’instabilité à 1’Est de la RDC.

Fait à Bujumbura, le 6 octobre 2008

Ambassadeur. Liberata Mulamula,

Secrétaire exécutive

Posted by on 10/09 at 08:37 AM

<< Back to main