Les dossiers Chauds de Yaoundé 2008
Augustin Fogang (AllAfrica)--Yaoundé abrite à partir d’aujourd’hui la 9e Conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.
Excepté le chef de l’Etat tchadien représenté par son Premier ministre, tous le autres pairs du Président Paul Biya ont répondu présent au rendez-vous de la capitale camerounaise. Ces importantes assises font suite au 8e sommet tenu les 24 et 25 avril 2007 à N’Djamena, et qui est apparu à bien des égards comme un tournant majeur dans la vie de la CEMAC. C’est en effet lors de la rencontre de la capitale tchadienne qu’un bon nombre de réformes engagées en 2005 ont pris corps, tandis qu’une feuille de route était arrêtée pour la poursuite de la réflexion en vue de la mise en oeuvre des autres changements envisagés.
Au sortir de ce qu’il est convenu d’appeler le tournant de N’Djamena, les chefs d’Etat s’étaient donné rendez-vous à Yaoundé 2008, pour un sommet qui devait être le point culminant des réformes engagées en vue du renforcement de l’intégration sous-régionale. Les assises de N’Djamena ont été l’occasion de poser un premier jalon de la réforme des institutions. Une Commission de la CEMAC, à l’image de celle de l’Union africaine, a été instituée en lieu et place du Secrétariat exécutif, avec à sa tête le Camerounais Antoine Louis Ntsimi. Mais le Secrétariat exécutif devait continuer de fonctionner, en attendant la mise en place complète de la nouvelle structure qui prévoyait un commissaire par Etat membre.
La présidence camerounaise de la CEMAC commencée à la clôture du sommet de N’Djamena 2007 avait une feuille de route particulièrement fournie. Jusqu’à l’actuel rendez-vous de Yaoundé, les Etats membres devaient avoir accompli des avancées significatives par rapport aux réformes engagées, de manière à assurer une plus grande cohésion dans l’optique d’un renforcement de l’intégration sous-régionale.
De N’Djamena 2007 à Yaoundé 2008, les fruits ont-ils tenu la promesse des fleurs ? Rien n’est moins sûr. Certes, durant la présidence camerounaise les négociations des accords de partenariat entre l’Afrique centrale et l’Union européenne ont fait l’objet d’un suivi remarquable. Mais il est apparu clairement que la réforme des institutions pour prendre en compte les préoccupations de répartition des postes de responsabilité tend à prendre le pas sur les autres défis communautaires. Le problème de fond que constitue la libre circulation des personnes et des biens reste posé. Le passeport CEMAC qui devait entrer en vigueur au 1er juillet 2007 reste à l’état de projet ; la compagnie aérienne sous régionale Air CEMAC n’a pas décollé en mars 2008 comme prévu.
Force est donc de noter, qu’au moment où les dirigeants de la CEMAC se réunissent à Yaoundé pour leur 9e conférence au sommet, ils vont retrouver sur leur table de travail les dossiers relatifs aux maux endémiques qui plombent l’intégration sous régionale. Commerce intra-communautaire insignifiant ; difficile réalisation de projets communautaires d’envergure ; et - encore et toujours - cette libre circulation des personnes et des biens qui tarde à passer du rêve à la réalité. A ces maux sont venu se greffer de nouveaux défis : l’envolée des prix des produits pétroliers ainsi que ceux des denrées de premières nécessité et de grande consommation avec à la clé la multiplication des mouvements d’humeur au sein des populations contre la vie chère ; la montée de l’insécurité avec notamment la recrudescence de la criminalité transfrontalière.
Pour autant, il n’y a pas lieu de jeter le bébé avec l’eau du bain. Les chefs d’Etat de la CEMAC ont engagé avec méthode des réformes qui, en dépit des freins de tous ordres, devraient à terme favoriser le renforcement de l’intégration sous régionale. Cameroon Tribune propose dans le dossier qui suit un regard sur les enjeux et défis que recèlent les dossiers chauds à l’ordre du jour du 9e sommet de la CEMAC, avec des éclairages et des témoignages sur les raisons d’envisager avec optimisme le devenir de notre sous région.
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