L’Ultimatum de l’UA à la Junte
Pierre Emangongo (Le Potentiel)--Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a donné aux auteurs du putsch en Mauritanie un délai allant jusqu’au 6 octobre 2008 pour rétablir l’ordre constitutionnel dans le pays, notamment en réintégrant dans ses fonctions et sans conditions, le président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a rapporté Pana.
Ces pressions de l’UA sur la junte au pouvoir à Nouakchott sont, selon un analyste, indispensables pour améliorer l’image du continent longtemps ternie par des coups d’Etat militaires et des simulacres d’élections. D’après un communiqué rendu public le mardi 23 septembre 2008 par la Commission de l’UA à Addis-Abeba, cette décision a été prise lundi lors d’une réunion au niveau ministériel à New York, en marge de la 63ème Assemblée générale de l’ONU, qui s’est penchée sur la situation actuelle en République islamique de Mauritanie.
Le CPS a également déclaré nulles les mesures de nature constitutionnelle, institutionnelle et législative prises par les autorités militaires en Mauritanie au lendemain du coup d’Etat du 6 août 2008. Le Conseil a mis en garde les auteurs de ce putsch et leurs partisans contre le risque de sanctions et d’isolement, s’ils ne répondent pas positivement à cette requête.
En dépit des efforts déployés à ce jour, le Conseil a noté qu’aucun progrès n’a été réalisé en faveur d’un retour rapide à la légalité constitutionnelle dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Il a rappelé les dispositions pertinentes de l’Acte constitutif de l’UA, les décisions d’Alger AHG (XXXV) de juillet 1999, la Déclaration de Lomé de juillet 2000 et le Protocole relatif à la création du CPS se rapportant aux changements du gouvernement inconstitutionnel, mais aussi la Charte africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance que la Mauritanie a ratifiées le 7 juillet 2008.
Réitérant sa condamnation du coup d’Etat en Mauritanie et de toutes les autres mesures prises par ses auteurs pour consolider la situation actuelle, le Conseil a réaffirmé la légitimité de l’ordre constitutionnel représenté par les institutions qui ont été démocratiquement élues durant les élections législatives et présidentielle organisées respectivement en novembre 2006 et mars 2007.
Par ailleurs, le CPS a exhorté tous les Etats membres de l’UA à considérer comme illégitimes toutes les actions et initiatives de la junte au pouvoir en Mauritanie, dirigée par le général Abdel Aziz, destinées à bloquer le retour à l’ordre constitutionnel.
Par ailleurs, un analyste estime que ces pressions de l’Union africaine sur la junte au pouvoir à Nouakchott sont indispensables pour améliorer l’image de l’Afrique longtemps ternie par des coups d’Etat militaires et des simulacres des élections. Il estime en définitive que l’organisation continentale devra contraindre les différents régimes à promouvoir les vertus démocratiques et à respecter des droits fondamentaux des citoyens.

