L’Unification de l’Afrique Ici et Maintenant
La mise sur pied prochaine ou non du Gouvernement de l’Union Africaine a été au centre des débats lors du forum organisé 19 au 21 juin 2007 à Accra par Africa Governance Monitoring and Advocacy Project (AfriMAP) et l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IDEG) et la coalition de la société civile ghanéenne sur le sommet de l’Union Africaine en prélude au sommet de l’Union Africaine du 1er au 3 juillet prochain à Accra.
S’appuyant sur le projet de document de l’Union Africaine intitulé « Etude sur un Gouvernement de l’Union Africaine : vers les Etats-Unis d’Afrique », Doudou Sarr, Consultant de l’Union Africaine sur le Gouvernement de l’Union a expliqué que le présent carnet de route trace la marche vers la mise sur pied complète de l’unification complète en trois étapes dont le point culminant en 2015 sera l’édification d’une union qui sera pleinement opérationnelle.
Certaines voix se sont inquiétées du fait que la plupart des états ne semblent pas prêts à renoncer à certaines prérogatives, que les notions de souveraineté et de sécurité étatique ont presque spolié toute tentative d’intégration régionale. Par ailleurs, il semble manifeste que le principal obstacle qui jalonne le chemin de l’intégration est celui du manque de volonté politique de la part des Etats et de nos leaders. Les bilans en demi-teinte du NEPAD et du MARP sont assez illustrateurs.
Des thèmes aussi cruciaux que ceux des modalités de financement du futur gouvernement de l’Union et de ses structures ainsi que l’effectivité et l’efficacité réelles de ces derniers ont été évoqués.
Fondamentalement, si on en est toujours à ce stade, c’est parce que jusqu’à présent ce projet d’intégration et les débats y afférant ont été mené sous la coupole des Etats et du politique, d’où la forte récente mobilisation des organisations de la société civile africaine qui estiment qu’une implication des populations à la base est plus que jamais nécessaire.
Impliquer les populations africaines à tous les stades par le biais de larges consultations est le seul garant de la réunification de l’Afrique qui doit être avant tout une intégration sociale, et après seulement politique et économique.
Les trois jours d’intenses discussions ont permis de faire le constat suivant : si une quasi unanimité s’est dégagée quant à la question centrale qui est ‘l’impérative nécessité d’aller vers un gouvernement central africain’, il reste que les avis des experts divergent largement quant au timing et aux contours que revêtirait ce gouvernement. En effet, deux écoles de pensées s’opposent : les partisans du ‘slow track’ et ceux du ‘fast track’.
Pour les premiers qui prônent le gradualisme, oui pour l’unification de l’Afrique, mai il faut y aller étape par étape. Il s’agit en l’occurrence de renforcer les mécanismes existants de l’Union Africaine ainsi que les commissions économiques régionales.
Quant aux seconds, l’unification de l’Afrique doit se faire ici et maintenant : autrement, au sortir du sommet d’Accra, les chefs d’Etat Africains doivent rentrer avec la décision historique de mettre sur pied les Etats-Unis d’Afrique ou l’Union des Gouvernements d’Afrique. L’appellation la plus appropriée reste à être trouvée.
Cette dernière tendance est de loin la plus populaire parmi les organisations de la société civile africaine.
Une déclaration que sera soumise aux Chefs d’Etats et de Gouvernements a été adoptée à la fin de la rencontre.
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