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Rejet des Sanctions à l’ONU

Pierre Emangongo (AllAfrica)--Le rejet au Conseil de sécurité de l’Onu d’un projet des sanctions contre les barons du régime d’Harare consacre la victoire diplomatique du président Robert Mugabe sur le tandem USA/Grande-Bretagne. Cependant, Londres a assuré vouloir retourner devant le Conseil de sécurité en l’absence de progrès réels sur la médiation, l’accès humanitaire et la fin des violences».

Les membres de la Zanu-PF, parti au pouvoir au Zimbabwe et plusieurs autorités gouvernementales étaient en liesse samedi dernier au lendemain du rejet à l’ONU d’un projet de sanctions contre les barons du régime d’Harare. Ce qui consacre la victoire diplomatique du président Robert Mugabe sur le tandem Etats-unis d’Amérique-Grande-Bretagne.

« Le veto aux Nations unies est une victoire diplomatique historique, pas seulement pour le Zimbabwe, mais aussi pour le reste de l’Afrique », a commenté emphatique le ministre de l’Information Sikhoanyiso Ndlovu, joint par l’AFP.

« Nous voulons remercier les pays qui nous ont soutenus à l’ONU et leur dire que nous ne les décevrons pas et que nous allons régler nos problèmes nous-mêmes », a ajouté M. Ndlovu.

La Chine et la Russie ont émis leur veto vendredi à un projet de résolutions rédigés l’Occident après la réélection le 27 juin de Robert Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis 1980, à l’issue d’un scrutin controversé.

De son côté, l’opposition zimbabwéenne s’est contentée de noter, dans un communiqué très pesé, «que le Conseil de sécurité avait reconnu la magnitude des problèmes rencontrés par le Zimbabwe». Cette prudence intervient après la reprise, cette semaine, de discussions entre pouvoir et opposition et permet à l’opposition de ne pas alimenter la rhétorique du régime d’Harare, qui l’accuse régulièrement d’être à la solde de l’Occident.

RETOUR AU CONSEIL DE SECURITE

Le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a toutefois demandé à l’Union africaine (UA) d’intervenir dans le processus de médiation avec le régime, actuellement mené par Pretoria au nom de l’Afrique australe.

Le président sud-africain Thabo Mbeki, qui a toujours prôné une «diplomatie discrète» envers son voisin, a plusieurs fois été accusé de complaisance par le MDC qui a tout de même accepté de reprendre contact avec le parti de M. Mugabe.

C’est au nom de cette amorce de dialogue, que l’Afrique du Sud, membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a justifié samedi avoir voté contre le projet de résolution. «Imposer des sanctions aurait eu des conséquences négatives sur le processus actuel de dialogue», selon le ministère des Affaires étrangères.

Londres et Washington «se sont permis de déclarer que notre vote trahissait les accords sur le Zimbabwe trouvés au sommet du G8 à Toyako et que cela posait des questions sur la fiabilité de la Russie», a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe, Andreï Nesterenko.

Londres a réfuté que le projet de sanctions ait été «mal avisé» et a assuré vouloir «retourner devant le Conseil de sécurité en l’absence de progrès réels sur la médiation, l’accès humanitaire et la fin des violences».

En définitive, plus d’une personne estiment que l’époque de la colonisation est bien révolue et la Grande-Bretagne devra comprendre que le règlement de la crise zimbabwéenne dépendra beaucoup plus de la volonté des Zimbabwéens et non de celle des puissances occidentales.

Posted by on 07/15 at 09:24 AM

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