Résolutions de la FAO
Fériel Berraies Guigny(Destin de l’Afrique)--La flambée des prix alimentaires sur les gouvernements du monde entier, a permis la concertation des 151 pays invités à participer à la conférence de la FAO sur la sécurité alimentaire mondiale, à Rome.
L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, qui dépend des Nations unies, a voulu au travers de cet événement, trouver des alternatives et des solutions à court terme en vue de faire face aux pénuries qui frappent les régions les plus pauvres du monde. Il faut rappeler que cette conférence qui avait été programmée dès l’année dernière par le président de la FAO, Jacques Diouf, vient à point nommé, face à la crise actuelle. Par ailleurs, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a annoncé l’allocation de 1,2 milliard de dollars en prêts et subventions pour les pays en proie à la flambée des prix de l’alimentation et du pétrole.
On attribuerait la flambée des prix des matières premières alimentaires aux mauvaises récoltes, à une baisse des réserves et une demande de plus en plus en hausse des consommateurs. Selon les prévisions de la FAO, les prix resteront élevés pour au moins dix ans.
"Les crises mondiales ne se résument pas à dire que telle chose est négative et telle autre positive", a déclaré Diouf à la question de savoir si la hausse de production des biocarburants serait critiquée lors de la conférence. Les biocarburants, produits à partir de récoltes, sont souvent pointées du doigt pour leur rôle dans la flambée des prix. Toujours selon Diouf, "Ce qui est certain, c’est que le fait d’avoir détourné 100 millions de tonnes de céréales vers les biocarburants a eu un impact sur les prix alimentaires", a t-il déclaré.
Il a en ce sens, souligné l’importance d’attribuer une aide aux populations les plus touchées, évoquant notamment des semences et des engrais pour les agriculteurs ainsi que des investissements dans le domaine agricole afin de garantir l’autosuffisance alimentaire des pays les plus pauvres. A l’issue de cette réunion, il a été décidé de la nécessité de stimuler de manière significative la production alimentaire dans des régions considérées comme les « greniers à blé » de l’Afrique. Pour se faire, il s’agirait aussi de relier la production alimentaire locale aux besoins et de travailler dans les principales zones de cultures agricoles en Afrique - ou dans des zones agro écologiques dans le souci de créer des opportunités pour les petits paysans.
l’ accord qui en ce sens a été signé, reste une initiative qui augure d’un changement de stratégie des principales agences mondiales.
Le protocole d’accord a été passé entre l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (connue sous son acronyme anglais AGRA), la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM)
La Conférence de haut niveau de la FAO sur la Sécurité alimentaire mondiale (3-5 juin 2008) a donc permis cette avancée tout en mettant en lumière les défis qui continuent de tarauder l’Afrique et les pays pauvres dont le faible développement des marchés, le manque d’investissement et les infrastructures défaillantes dans les zones rurales ayant des problèmes alimentaires.
Ce nouveau partenariat travaillera en étroite collaboration avec d’autres acteurs dans ces "greniers à blé" pour améliorer rapidement la production alimentaire, la sécurité alimentaire et les revenus ruraux.
La priorité sera aussi donnée à la surveillance attentive de l’environnement et à la conservation de la biodiversité, de l’eau et de la terre.
Au niveau des pays, le partenariat soutiendra les efforts des gouvernements et travaillera avec les paysans et d’autres partenaires pour stimuler rapidement la productivité et les revenus agricoles.
Chaque agence fournira une expertise unique pour la réalisation d’une révolution verte durable d’un point de vue économique et environnemental qui devrait mettre fin à l’éternelle crise alimentaire du continent.

