SOAWR: Dossier de Politique pour le Grand Debat
La 9e Assemblée de l’Union Africaine des Chefs d’Etats et des gouvernements, se tiendra du 1 au 3 juin 2007 à Accra au Ghana, sous le thème ‘Le Grand débat sur le gouvernement de l’Union”. Il est significatif que le débat aura lieu presque deux ans après l’entrée en vigueur du Protocole à la Charte Africaine sur les droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, et trois ans après l’adoption de la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique, ce qui réaffirme l’engagement des Etats africains pour faire avancer l’égalité de genre. Les deux instruments fournissent un cadre critique pour adresser les droits des femmes et des filles en Afrique. Jusqu’ici, 21 pays ont ratifié le Protocole relatif aux droits des femmes, laissant 32 qui n’ont pas encore ratifié. Ce retard dans la ratification du Protocole par des Etats membres de l’Union mine l’accomplissement universel des principes des droits des femmes dans le continent.
Dans la proposition du gouvernement de l’Union, il existe la vision de longue date de consolider l’unité africaine, ainsi que l’affirmation de la quête d’unir les peuples de l’Afrique à travers des valeurs et des droits communs. Malheureusement, à travers le continent, la situation des femmes continue a détériorer en situation de guerre et de conflit, de l’inégalité économique profondément enracinée, des régimes antidémocratiques répressifs , de la violence et le trauma domestique, des pratiques culturelles néfastes et de la pauvreté. Malgré les instruments continentaux pour le changement, les droits des femmes demeurent évasifs.
Au cœur du débat sur l’union, il doit avoir un engagement pour unir les peuples africains à travers le genre, de maintenir le respect des droits des femmes et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.
Explicitement, les chefs d’Etats et de gouvernements africains, se réunissant à Accra, doivent montrer un engagement à l’unité continentale en tenant compte des points suivants :-
• L’inclusion de l’égalité de genre dans les valeurs soutenant la proposition des Etats Unis de l’Afrique ;
• Instituer, et faire public pendant le prochain sommet, une vérification de résultats des Directorats de la Commission de l’Union Africaine en termes d’inclusion des questions de genre (2004-2007) ;
• Donner la priorité aux droits des réfugies et des populations déplacées, en particulier les femmes et les filles ;
• Donner la priorité à la question du plein statut de citoyenneté pour les femmes en ce qui concerne leurs droits, en particulier pour les femmes qui épousent quelqu’un de différente nationalité et qui perdent ainsi leurs droits.
• Garantir aux femmes la liberté de faire le commerce et de travailler à travers les frontières des états. Les petites commerçantes dirigent un degré élevé de commerce frontalier non formel.
• Entreprendre des analyses sur l’implication d’un perspectif genre, de la politique macro économique par rapport au critère de convergence.
• Permettre la pleine mobilité des facteurs – c’est a dire le mouvement libre de tous les facteurs de production (main-d’œuvre ainsi que capital) —en traitant les questions de la citoyenneté africaine y compris les droits égaux de la citoyenneté pour les femmes africaines et la liberté de mouvement au niveau continental.
• Inclure de manière importante le principe de la parité de genre dans l’élection et la nomination des personnes aux établissements continentaux.
• Assurer que le principe de nommer des femmes pour 50% des positions de commissaires à la Commission de l’Union Africaine continue à être honorée.
• Augmenter le seuil minimum pour le nombre de femmes parlementaires élues au parlement africain a au moins deux pour chaque pays.
• Passer en revue toutes les recommandations (dans la proposition du gouvernement continental) en vue des insuffisances déjà remarquées par le mouvement des femmes, en ce qui concerne la représentation égale des femmes africaines aux niveaux les plus élevés des organes de prise de décision. Par exemple, le président de la Commission pourrait avoir également un adjoint responsable de l’intégration du genre a travers son ‘conseil’, et tout Commissaires ayant la responsabilité de programmes stratégiques devraient assurer que les implications de genre soit considérés dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs projets.
• Censurer publiquement les pays n’ayant toujours pas ratifié le Protocole relatif aux droits des femmes africaines.
• Honorer leur engagement de livrer à la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique
• Démontrer un engagement plus important au cadre normatif déjà établi par l’Union Africaine- en particulier en ce qui concerne la promotion et la protection des droits humains (y compris les droits des femmes), la paix et la sécurité.
Ce débat sur le gouvernement de l’Union est opportun, mais ne sera pertinent que dans le cas ou il reconnaîtra que la majorité du peuple africain sont des femmes et des filles; et que les dirigeants africains doivent sérieusement adresser leurs inquiétudes afin de pouvoir gagner leur confiance.
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