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Intégration Economique de l’Afrique Centrale

Pierre Emangongo (Le Potentiel)--Le projet de construire un pont routerail sur le fleuve Congo reliant Kinshasa à Brazzaville continue à alimenter le débat en République démocratique du Congo (RDC) et à Libreville (Gabon), au siège de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).

Le secrétaire général de ce regroupement régional, Sylvain Ngoma, a présenté tout récemment à Kinshasa, au Premier ministre de la RDC, Adolphe Muzito, l’offre de la Banque africaine de développement (BAD) pour la construction d’un tel pont, a constaté Chine nouvelle. «La BAD est disposée à débloquer 230 millions de dollars pour les études de préfaisabilité et de faisabilité pour la construction rapide du pont sur le fleuve Congo» qui devrait relier les deux capitales les plus rapprochées du monde, a déclaré Sylvain Ngoma, ancien Premier ministre de la République du Congo.

Ce projet, initialement conçu en 1991, n’a pas été mis en œuvre faute de financement et de solutions aux différents problèmes internes des deux Congo. Il a été, ensuite, inscrit dans le cadre de l’intégration régionale prônée par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), adopté en 2001 à Lusaka (Zambie) pour promouvoir le développement et les investissements sur le continent africain. Selon les experts du NEPAD, l’insuffisance des échanges commerciaux interafricains est une des causes majeures de la paupérisation de l’Afrique. Et ils préconisent que les Etats africains se doivent d’échanger plus avec leurs voisins au niveau régional sous l’égide de l’Union africaine (UA).

Pour la CEEAC, la construction du pont routerail reliant Kinshasa à Brazzaville sur le fleuve Congo est une opportunité «non négligeable» pour la RDC. Mais à Kinshasa, on ne juge pas prioritaire ce projet qui date de près d’une dizaine d’années. La construction de ce pont routerail «ne peut être possible qu’après des études de son impact sur les ports congolais de Matadi et Boma», a indiqué le ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu Etsou.

Cependant, d’après certaines indiscrétions, plusieurs personnalités de la RDC seraient hostiles à ce grand projet intégrateur au motif qu’il priverait la province du Bas-Congo de ses principales ressources financières générées par les deux ports susmentionnés. Elles redoutent que les opérateurs économiques ne désertent les ports congolais au profit de celui de Pointe Noire au Congo Brazzaville car, ce dernier coûte moins cher et jouit d’une autonomie de gestion contrairement aux ports congolais de Matadi et Boma.

Et, considérant les impératifs de la mondialisation, un analyste estime que les Congolais de Kinshasa devront déployer des efforts considérables pour moderniser les infrastructures portuaires, les rendre compétitives sur le plan international tout en diversifiant l’économie de la province du Bas-Congo. Il recommande également au gouvernement congolais de s’évertuer à la construction de ce pont qui va, non seulement augmenter les flux commerciaux dans les deux rives du fleuve Congo mais aussi et surtout, favoriser la réussite de l’intégration économique en Afrique centrale.

Posted by on 04/29 at 08:42 AM

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