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Course au Leadership en Afrique Centrale

Charles B. (Le Potentiel)--La mort du président gabonais, Albert-Bernard Bongo Ondimba, replace l’Afrique centrale au cœur de l’actualité africaine. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, la disparition de ce grand homme d’Etat africain, après celle de Mobutu Sese Seko, laisse l’Afrique centrale orpheline en quelque sorte. Car l’on doit la création de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, CEEAC, à ces deux illustres personnalités.

Frappante coïncidence, les travaux préparatoires de la 14ème session ordinaire du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement se sont tenus au moment où l’Afrique centrale déplore la disparition de El Hadj Omar Bongo, président du Gabon. Cette session avait pour ambition de jeter les bases solides d’un espace de paix, de prospérité, de solidarité et d’économie solide dans cette sous-région. Question de répondre aux préoccupations des chefs d’Etat et de gouvernement exprimées lors de la tenue de la 13è session de Brazzaville, du 30 au 31 novembre 2007.

Créée en 1983, la CEEAC qui comptait au départ 11 Etats, n’en a plus que 10, le Rwanda s’étant retiré. Il s’agit de l’Angola, du Cameroun, du Burundi, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la RCA, de Sao Tome et Principe et du Tchad. A sa création, la CEEAC se voulait un espace de paix et de sécurité. Mais aussi de progrès en mettant en valeur les immenses ressources régionales. Partant, elle s’inscrivait dans le cadre de l’intégration régionale en vue de répondre aux recommandations du Plan d’Action de Lagos d’avril 1980. Ce plan d’action vise le développement économique, social et culturel de l’Afrique en vue de la création des structures régionales pouvant progressivement aboutir à un Marché commun africain projeté pour 2015. Donc, la mission principale de la CEEAC est de conduire à bon port le processus de coopération et d’intégration politique et économique d’Afrique centrale.

Malheureusement, l’Afrique centrale demeure l’unique partie du continent où même l’intégration économique a du mal à décoller par rapport aux autres organisations africaines. Notamment la CEDEAO, de l’Afrique de l’Ouest, la SADC de l’Afrique australe. Dans ces deux organisations sous-régionales, la libre circulation des biens et des personnes est une réalité. Mieux, devant cette crise financière internationale, les pays de l’Afrique de l’Ouest, réunies au sein de l’UEMOA, envisagent de mettre en place une « Banque centrale », avec une monnaie unique.

L’Afrique centrale est à plusieurs lieux de la réalisation d’un tel grand projet. La CEEAC est butée à la création d’un espace monétaire. Cette région compte, en effet, quatre monnaies nationales : le Franc congolais, le CFA, le Franc burundais et le Kwanza. Il faut commencer par assainir l’espace monétaire de l’Afrique centrale. Par ailleurs, l’on reconnaît qu’au plan de la croissance, cette région a réalisé un taux record de 13, 2 pour cent entre 2002 et 2008. Mais en réalité, le taux de croissance dans la plupart des pays de la CEEAC reste inférieur au taux de référence de 7 pour cent nécessaire à la réalisation du premier Objectif du Millénaire pour le Développement, OMD.

Ce taux de croissance performant de 2007 s’explique par le boom pétrolier. L’Angola apparaît, grâce à l’exploitation pétrolière et au développement d’autres secteurs non pétroliers, comme la locomotive de la sous- région. L’Angola représente près de la moitié du PIB de la CEEAC. Il est suivi du Cameroun et du Gabon. La RDC, malgré ses potentialités immenses, accusait un taux de croissance de 2,5 pour cent entre 1996 -2005. Il est classé 167ème sur 177 Etats au plan d’indice de développement humain, selon le rapport du PNUD 2005. Position peu enviable.

Il est important de souligner que la CEEAC a connu une période d’hibernation entre 1992 et 1997. Période marquée par des conflits armés qui ont touché 7 des 11 Etats de la sous-région. Ce n’est qu’à partir de 1998 que les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de la relance des activités de la CEEAC. La 13ème session de Brazzaville est considérée comme celle d’un tournant déterminant pour cette organisation à la recherche désormais d’un leadership fort et d’une croissance réelle et stable au plan économique.

Leadership politique fort, ce dont la CEEAC et l’Afrique centrale en général ont besoin pour donner une nouvelle impulsion à cette partie du continent, cette Afrique centrale considérée comme la « grande muette » de l’Afrique. Il est vrai que ce leadership ne se décrète pas. Avec la mort de Bongo, il reste encore des personnalités marquantes. Allusion faite aux présidents Paul Biya, Denis Sassou Nguesso, Edouardo Dos Santos, Joseph Kabila… chefs d’Etat des pays qui, sur le plan géostratégique, sont très attendus tant au niveau régional, continental qu’international.

Mais on relève que l’antagonisme est le grand obstacle si ces mêmes personnalités de l’Afrique ne réalisent pas que seul le renforcement de la confiance au sein de la CEEAC pourra soutenir le développement des pays de cette région. Selon certains analystes, le Cameroun de Paul Biya voudrait être le moteur économique de la région, grâce à la dynamique de sa bourgeoisie nationale. Le président Obiang Nguema ne manque plus d’ambitions depuis que le pétrole jaillit aux larges des cotes équato-guiénnes. Denis Sassou Nguesso pourrait s’estimer être le « successeur naturel » de Bongo en Afrique centrale. Le président Dos Santos se présente déjà en leader de la région. Il ne manque pas d’arguments avec un budget annuel de 42 milliards de dollars et une armée performante et dissuasive.

Quant à Joseph Kabila, la position centrale et géostratégique de la RDC, les potentialités naturelles le prédestinent à un leadership naturel. A la seule condition de se consacrer à la refondation de l’Etat congolais soutenue par une bonne organisation.

Posted by on 06/16 at 12:39 PM

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