FEMNET lance un manuel sur le droit à l’information
(AU Monitor)-- Le Réseau de Développement et de Communications de la Femme Africaine (FEMNET), une organisation dont l’objectif primordial est de renforcer le rôle et la contribution des organisations non gouvernementales (ONG) africaines essentiellement orientées sur l’émancipation de la femme, l’égalité entre les sexes et sur d’autres droits humains dont les femmes sont censées jouir en Afrique, a lancé un manuel sur le droit à l’information et les droits des femmes en Afrique.
Ce lancement a eu lieu au troisième et dernier jour du troisième pré-sommet de l’Union africaine (UA) sur le genre au siège de l’UA à Addis Abeba, en Ethiopie
La présidente du FEMENT Mama Koite Doumbia, dans son allocution d’ouverture, a remercié tous les invités pour leur participation au lancement de ce manuel aussi important pour les femmes que pour tous les activistes des droits des femmes. Ella remercié également l’UNESCO qui a financé l’édition ce manuel. La directrice du Département femmes, genre et développement de la Commission de l’UA, Litha Musyimi-Ogana, a dit que ce manuel est une bonne source d’informations et encouragé les femmes à s’en servir.
Le directeur de l’UNESCO, Addis-Abeba, en Ethiopie, Luc Rukingama, a rappelé aux participants à la cérémonie des mots du Secrétaire Général des Nations unies Ban Ki-moon que «l’éducation est la voie au développement». Il a réitéré l’engagement de l’UNESCO à travailler avec les femmes dans leurs campagnes d’avoir accès à l’information et l’éducation.
La Rapporteure spéciale de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique, Commissaire Soyata Maiga, était l’invitée d’honneur et profité de l’opportunité pour féliciter FEMNET pour cette excellente initiative de lier le droit à l’information aux droits des femmes. En lançant officiellement ce manuel, Commissaire Maiga a encouragé les organisations de la société civile des femmes et les gouvernements progressistes du continent à faire du droit à l’information une partie du dialogue de la consolidation de la démocratie et la promotion de la justice socio-économique.
Le manuel comprend des études de cas du Cameroun, Ghana, Kenya, Afrique du Sud et en Zambie et essaie de montrer comment l’absence de législation sur le droit à l’information est un obstacle au droit des femmes d’exiger la transparence et la bonne gouvernance. Écrit dans un langage clair et simple, ce manuel identifie les moyens par lesquelles les femmes peuvent bénéficier en exigeant un meilleur accès à l’information des gouvernements ainsi que du secteur public.
Sur l’ensemble des cinq pays étudiés, seul l’Afrique du Sud a promulgué la Promotion de l’accès à l’information en 2000. La Loi fait partie de plus de 800 pièces de législation depuis la chute de l’apartheid, essentiellement de nature à remédier aux inégalités, les déséquilibres et les injustices sociales qui existaient auparavant. Dans les pays étudiés, le droit à l’information a été considéré comme un domaine pour les médias et non de la population générale. Les femmes n’ont donc pas exercé de fortes pressions pour avoir la promulgation des lois sur le droit à l’information.
Tout en identifiant les mécanismes législatifs lentes dans la plupart des pays analysés, le manuel identifie les moyens par lesquelles les femmes peuvent obliger leurs gouvernements à agir. Un obstacle qui aurait freiné la législation rapide des lois sur le droit à l’information pourrait être la disposition constitutionnelle sur la liberté d’expression. À cet égard, la plupart des pays définissent le droit à l’information dans le cadre des garanties constitutionnelles plus larges, malgré qu’ils y retiennent quelques articles de répression.
Par exemple, au Kenya, le projet du droit à l’information est toujours en suspens au parlement, le gouvernement prétend que la liberté d’expression est bien prévue dans la Constitution, mais il maintient l’archaïque «Official Secrets Act», qui confère aux institutions gouvernementales le pouvoir discrétionnaire de refuser les demandes d’information.
Le manuel est une ressource importante pour les organisations qui veulent approfondir leurs connaissances en matière de plaidoyer et le lien entre les droits des femmes, la liberté d’information et le développement.
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