Débats sur le Plan de Collecte de Fonds de l’UA
(PANA)--Les efforts de l’Union africaine (UA) pour trouver des ressources additionnelles par le biais d’une imposition minimale de taxe sur des secteurs lucratifs des économies africaines n’ont pas abouti à un résultat et les experts ont différé sur le lancement d’un plan de collecte de 1,3 milliard de dollars américains.
Les experts africains de la finance, réunis pour discuter des sources alternatives pour financer l’Organisation continentale, ont hésité à faire face à la taxation proposée sur les différents secteurs de leurs économies. La Commission de l’Union africaine, qui était à deux doigts de finaliser un accord lui permettant de réunir des fonds directs à partir des taxes générées du commerce, des exportations de pétrole, des prélèvements sur les billets d’avion, des taxes sur le tourisme et des primes sur les assurances, a été contrainte de différer ses décisions.
Les ministres africains de l’économie et des finances devraient se rencontrer mercredi le 14 pour discuter du financement de l’UA, mais les experts, qui ont planché en détail sur le sujet, affirment qu’aucune décision, à propos des taxes, ne doit être prise sans l’accord total des Etats. La Commission est en train de chercher à soutenir son budget par le biais d’une série de taxes, parmi lesquelles les taxes sur les exportations de pétrole, qui pourraient voir l’organisation réunir plus de 600 millions de dollars par an, venant des pays exportateurs de pétrole et de gaz du continent.
Cependant, les experts des finances qui ont accepté d’écouter les propositions après un débat houleux portant sur la nécessité de déposer cette question sur la table de l’Assemblée des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA du 1er au 3 février prochain affirment que le plan aura un impact certain sur les économies africaines.«La Commission est en train de minimiser les risques que nos pays vont rencontrer en acceptant un tel plan. Ce plan a été établi quand les marchés financiers internationaux étaient stables et le tourisme en expansion, mais ce n’est plus le cas», a déclaré un diplomate soudanais.
Les économistes de l’Union africaine ont présenté une étude portant sur la manière dont la Commission pourrait effectivement renforcer ses finances en taxant les différents secteurs des économies africaines, sans nuire à ces secteurs et avec des conséquences les plus minimales directes sur les différentes économies africaines. Selon ce plan, la Commission de l’UA deviendrait une institution publique responsable devant les personnes qui contribuent à son budget et moins dépendante de l’aide des bailleurs de fonds, qui ont tendance à dicter leur loi à l’organisation.
Des prévisions financières montrent que de 2004 à 2007, la Commission de l’UA a reçu 747 millions de dollars américains, dont les 90 pour cent ont été dépensés dans la prévention de la guerre et d’autres dépenses liées à la sécurité. La majeure partie de cette somme, 74 pour cent, provient des bailleurs de fonds. Les Etats africains, au nombre de 48 au total, contribuent à la hauteur de 25 pour cent du budget de fonctionnement, alors que le reste est financé par l’Algérie, la Libye,le Nigeria et l’Afrique du Sud qui sont les gros pourvoyeurs de fonds de l’organisation.
Les experts qui ont participé aux discussions d’Addis-Abeba disent que les plans pour collecter des fonds additionnels par la taxation des différents secteurs, y compris les secteurs de l’assurance, des transports aériens, des exportations pétrolières, était un plan pour augmenter la contribution des Etats membres à l’Union africaine sans préavis. Ce plan ne prend pas en compte les événements tels que la chute des prix du pétrole. «Si les pays producteurs de pétrole n’arrivent pas à vendre à cause des prix bas, il n’y aura pas d’argent pour financer l’organisation», a déclaré un expert zambien de l’investissement.
Les économistes kenyans présents à la conférence ont soutenu que l’argent provenant des contributions des Etats s’élève à 0,1 pour cent du budget national et que relever les taxes de 0,2 pour cent comme proposé par le plan de financement serait substantiel. Les autorités ont dit que chaque Etat membre de l’UA contribue plus de 62.000 dollars par an, ce qui avoisine presque 0,2 pour cent de son budget national.
L’Union africaine souhaite que les ministres africains des finances approuvent ce plan qui, selon une étude faite par des experts, devrait permettre de collecter 220 millions de dollars américains en ajoutant 2 sur chaque vol de court courrier et 5 dollars sur chaque vol de long courrier. Les autres sources de contributions incluent 0,5 pour cent sur les gains touristiques de chaque Etat, ce qui permettrait de collecter 59 millions de dollars par an.
Les taxes proposées sur les diverses exportations permettraient de collecter 130 millions de dollars américains pour l’organisation panafricaine. La somme totale collectée avec ces taxes, si le plan est approuvé, serait de 1,384 milliards de dollars américains. L’Union africaine a prévu un budget de 170 millions de dollars américains en 2009.
Next entry: Des Dirigeants de la SADC au Zimbabwe
Previous entry: Quatrième Conférence Continentale des Citoyens

