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Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Commentaires & analyses

Enfin Rama Yade répond à Sarkozy sur le discours de Dakar

El Hadji Gorgui Wade Ndoye

2010-11-01, Numéro 165

http://pambazuka.org/fr/category/comment/68303

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La déclaration a eu l’effet d’une vague dans l’espace politique français. Deux ans après le Discours de Dakar où Nicolas Sarkozy assimilait le peuple noir à un néant historique, la ministre française d’origine sénégalaise, Rama Yade, a souligné l’hérésie que constituait de tels propos. Depuis lors elle a atténué l’impact de ses propos à réfutant toute rupture avec le chef de l’Etat français (1), mais pour Gorgui Ndoye, ses paroles de première intention valent jugement.

Elle a dit, finalement, la phrase première, à mes confrères français : " L'Homme Noir est le premier à être entré dans l'Histoire". Et de marteler à propos de Nicolas Sarkozy : « Je ne suis pas son professeur. Qu'est-ce-que vous voulez que je fasse, que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République ? J'y peux rien. C'est le président de la République, c'est le président de tous les Français." Ces propos ont été rapportés par Le Figaro et seront diffusés par Radio France Internationale (RFI). Rama Yade s’est décidée donc à lâcher la vérité qu’un être humain digne de raison ne devrait ignorer : « L’Homme noir est le premier à être entré dans l’Histoire ».

Une vérité si simple

Cela lui semblait pourtant difficile à dire publiquement, le 11 mars 2008. J’interpellais, en ce jour, Mme Yade sur le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. La chargée des droits humains de l’Etat français, qui effectuait sa première visite officielle aux Nations-Unies à Genève dans le cadre du Conseil des droits de l’Homme, prônait le dépassement face aux propos très ignorants de son chef qui disait que les Noirs étaient dans la répétition, c'est-à-dire l’image même de l’homme archaïque, pour qui connaît l’Histoire des religions.

Sarkozy avait dit à Dakar à l’Université Cheikh Anta Diop que «l’Homme noir n’était pas encore entré dans l’histoire». Des intellectuels africains ont du lui porter la dragée haute. Les chefs d’Etat s’étaient, eux, emmurés dans un silence troublant ! Bref, pourquoi donc, Rama Yade a–t- elle changé de posture ? A Genève, elle avait prôné sur le discours de Dakar un dépassement. Elle me confiait devant la presse internationale : « Je crois que sur le discours de Dakar, le président de la République s’est déjà expliqué. Je crois que c’est lui qui est le mieux à même de donner sa position. Personnellement, je ne crois pas qu’il était venu dans un esprit polémique. Il faut maintenant passer à l’apaisement. Entre l’Afrique sub-saharienne et la France, il y a beaucoup mieux que d’entretenir des polémiques.

Le président a un immense respect pour l’Afrique. Il l’a montré lors de son déplacement au Tchad et en Afrique du Sud. Son déplacement au Tchad montre qu’il est dans la rupture face à la France-Afrique. Il n’a pas hésité à parler du sort des opposants qui ont encore disparu. C’est une position qui est à son honneur et dont je me félicite. En Afrique du Sud, il a tenu un discours fort sur la question des accords de défense. Ça aussi c’est une mise en œuvre de sa politique de rupture. Je crois au delà des polémiques et des mots, il faut regarder la réalité de ce qu’il fait. Ce qu’il fait, est une mise en réalité de la rupture en matière de France Afrique » (Walfadjri-12 mars 2008).

Veut-elle se rapprocher des Africains pour les échéances politiques à venir ? Est-elle sur le départ ? Veut-elle continuer à marquer une certaine différence et s’imposer à Sarkozy ? S’est-elle dit enfin, je suis quand même une Noire d’Afrique même si je suis vraiment française ? A-t- elle été touchée par le courage de la journaliste Audrey Pulvar qui a apporté une réplique cinglante au riche industriel Guerlain ? etc ….

L’élite noire se réveille !

Le charbon de bois, a beau séjourner dans un marigot il ne sera jamais un crocodile, dit l’adage africain ! Et parfois, c’est du haut de sa structure qu’on doit assumer certaines missions. Beaucoup de Noirs et d’originaires d’Afrique avaient ou ont oublié leur responsabilité individuelle dans la lutte contre le racisme et pour la Dignité des Nègres. Récemment, les propos de Guerlain sur les Nègres (voir : Guerlain se parfume au racisme et au négationnisme) ont sorti Audrey Pulvar de sa réserve qui dans un texte court et fort a pulvérise le parfumeur entraînant dans la foulée une cascade de réactions comme celle de Henry Roselmack et des manifestations de la diaspora africaine. France 2 a présenté ses excuses pour les propos racistes proférés sur les plateaux du 13 heures par Jean Pierre Guerlain.

C’est dire que si insulter les Nègres était devenu un sport facile qui rapporte gros, c’est que certains Noirs, surtout une certaine élite, dans une extraordinaire lâcheté et un égoïsme suspect, avaient laissé le terrain à certains bien pensants qui devaient encore, comme leurs ancêtres, leur dire leur tordue vérité. Il n’est pas rare de voir certains Africains, parce qu’ils sont plus ou moins réussi économiquement, cautionner tout le mal qu’on dit sur le Continent premier et sur ses habitants.

Je voudrais soutenir que défendre sa dignité n'est pas une affaire d'émotion épidermique! Aujourd’hui, la guerre la plus féroce menée contre les peuples est une guerre d’image. Par le déni, on réfute jusqu’à l’humanité à son prochain ! Un jour viendra où personne n'osera plus insulter les Noirs! L’exemple du peuple juif est là qui doit nous édifier. Ce peuple martyrisé meurtri a, en faisant face courageusement à ses bourreaux, réussi à mettre des lignes rouges inviolables sur leur dignité d’être, leur histoire et leur existence parce qu'il sait qu'il vient de loin. Je salue l’efficacité et la solidarité des juifs qui quand ils sont attaqués dans leur chair, savent oublier leur divergence pour faire face comme un seul homme.

Mais il y a des Noirs qui aiment bien se laisser flageller ! Au lieu de se battre, ils se jalousent par la médisance et l’indifférence. Celles et ceux qui osent dire Non, ça suffit, sont catalogués comme des aigris ou des gens qui veulent tout simplement se faire connaître. C’est trop facile ! Surtout beaucoup s’appuient sur la médiocrité de nos chefs d’Etat qui n’ont aucun amour pour leur peuple pour laisser suinter leur mépris envers leurs propres frères et sœurs impropres parce que pauvres, faisant ainsi le lit à l’expression hideuse de la haine que portent certains envers l’homme noir. Ce dernier, je ne sais pas s’il faut en rire ou en sourire, on lui reproche presque d’avoir survécu après tant de siècles d’esclavage, de colonialisme, de Code Noir, d’assassinats bien ciblés, etc.

Je ne crois pas personnellement que Nicolas Sarkozy est un raciste. Il semble bien évident que son discours de Dakar, il ne l’a pas du tout lu avant de le débiter comme un possédé. Ceux qui sont vraiment dangereux pour les Africains, nous les connaissons, c’est une horde d’avant-gardistes qui se croient intelligents. C’est le cas d’Alain Finkelkraut, d’Hèlène Carrère d’Encausse, de Guaino, de certains journalistes comme Stephen Smith qui pue la contradiction, de certains partis politiques ouvertement racistes et anti Noir, etc.

(…) Nous connaissons bien l’Histoire des Lumières ! Nous connaissons bien notre Livre des Morts ! Nous savons aussi comment nos indépendances ont été acquises. Nous n’ignorons pas comment le commerce international se moque des règles élémentaires de fair-play dans la compétition. Nous savons, O combien, que les enjeux électoraux dans un pays donné peuvent freiner ou faire échouer les négociations internationales. Nous savons, O combien, que la peur de voir les autres s’en sortir sans tendre la main, peut effrayer certains bienfaiteurs qui ont eux-mêmes peur de perdre leurs privilèges dans certains pays! Nous n’ignorons pas non plus les richesses que porte l’Afrique mère dans son ventre éternellement généreux malgré ses multitudes césariennes.

Nous connaissons, évidemment nos tares, l’impact de certaines pratiques traditionnelles préjudiciables. Nous connaissons notre Histoire. Nous connaissons l’étendue de nos hectares de possibilités non encore exploitées. Mais ce dont nous sommes, le plus sûrs, c’est que nous sommes les fils–aînés de la terre, ceux sans qui la terre ne serait pas terre. N’est ce pas Césaire ?

Merci à nos parents de nous avoir envoyé chercher l’alphabet lettre par lettre de nous avoir inculqués les sagesses infinies d’une Afrique porteuse d’Humanité et d’avenir. Merci à eux de nous avoir appris les vertus du Pardon, du Courage, de la Générosité, de l’Amour tout court. Il ne s’agit pas d’apprendre l’art de convaincre sans avoir raison. N’est pas Cheikh Hamidou Kane ? Il s’agit d’être chaque jour le plus humain possible malgré les vicissitudes de la vie. Car demain ce sera l’humain !

Il faudra noter enfin que si le combat pour la Dignité des Noirs est à portée d’engagement et de constance en Occident, il faudra encore davantage d’énergie et de dévouement pour libérer les Noirs des chaînes féroces qui les attachent encore dans certains pays arabes. Osons affronter cette situation. Notre génération a là une mission à assumer devant l’Histoire.
Humiliés hier, aujourd’hui, sans rancœur, nous demandons tout simplement le Respect.

NDLR : Face aux réactions politiques suscitées par sa déclaration en France, Mme Yade a précisé ses propos "étaient ironiques parce que sans objet" et qu’il n’y a pas lieu d’en «faire une surinterprétation». Elle se dit auss victime d'un "malentendu".


* El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur du magazine panafricain en ligne ContinentPremier.Com

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