Chroniques
Afrique : Menaces sur les semences africaines et la survie de paysans
2009-04-10, Numéro 95
http://pambazuka.org/fr/category/features/55590
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Du 7 au 9 mars dernier, les producteurs d'Afrique de l'Ouest se retrouvent à Djimini, dans le sud du Sénégal, à l’occasion de la foire sur les semences paysannes. Et là, au detour d’une communication faite par un membre du Réseau semences paysannes de France, la nouvelle leur tombe dessus : Tropicasem, société sénégalaise filiale de Limagrain, une société coopérative française spécialisée dans la vente de semences, a déposé, depuis 2006, une demande de certification d'obtention végétale, auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), sur les semences d’oignon dit Violet de Galmi. Et si cette demande passe, les horticulteurs ouest africains ne pourront plus utiliser cete variété. C’est le branle-bas-de combat. Sauf que les paysans n’avaient que six mois pour s’opposer à cette mesure, à partir de sa publication dans le bulletin official de l’OAPI. Publication qui a eu lieu depuis mars 2008.
Cette variété dont les paysans africains risquent de perdre le libre usage est pourtant le fruit de leur savoir séculaire. Galmi, d’où provient le Violet, est en effet un village nigérien. C’est là que, depuis près d’un siècle, les producteurs l’ont mis au point avant de l’introduire au Mali et au Sénégal. Dans ce dernier pays, elle a fait passer la production de 40 000 tonnes en 2003, à 140 000 tonnes en 2008. Soit un chiffre d’affaires de 15 milliards.
Pour les producteurs africains, l’heure est grave. D’autant que les multinationales de semences ont l’œil sur plusieurs variétés africaines. Notamment la pastèque, le piment jaune du Burkina Faso et le gombo Volta. Les producteurs comptent se mobiliser et saisir les instances régionales comme la CEDEAO, l’UEMOA, etc. Pourvu qu’il ne soit trop tard.
http://tinyurl.com/cbxl5o
Dans cette guerre des semences, le désastre qui menace les paysans africains se dessine déjà en Afrique du Sud. Dans la région de North West, Free State et Mpumalanga, 82 000 hectars de champs plantés avec du mais OGM sont “tombés en panne” et n’ont pas produit de grains. Les agriculteurs ont perdu l’intégralité de leur récolte et des millions de dollars de revenus. L’aspect extérieur des plantes est satisfaisant, mais elles n’ont presque pas produit d’épis porteurs de grains. Les semences sont produites par la multinationale Monsanto.
L’agriculture vivrière qui sert à nourrir les peuples se trouve ainsi, de plus en plus, sous le contrôle de grandes multinationales fabriquant des semences en laboratoire et ayant un contrôle total sur les récoltes et les modes d’alimentation. En plus, pour les producteurs, de perdre leur souveraineté alimentaire et la maîtrise de la biodiversité, ces pannes survenues en Afrique du Sud montrent que la famine peut-être été fabriquée en éprouvette. Est-ce que nous pouvons nous permettre ce genre de risque ?
Monsanto explique ce désastre par «une panne survenue lors du processus de fertilisation des sémences en laboratoire, affectant trois espèces de maïs génétiquement modifié». Elle s’engage, par ailleurs, à dédommager les producteurs, mais les estimations sont bien en dessous des pertes.
L’Africa-centre for biosecurity, basée à Johannesburg a demandé au gouvernement sud-africain de nommer une commission d’enquête sur la question et d’interdire la culture d’aliments OGM dans le pays, affirmant que c’est la technologie de manipulation génétique pratiquée par Monsanto qui est en elle-même responsable de cette “panne” des récoltes.
http://bridge.over-blog.org/article-29987459.html
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