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Chroniques

Sénégal : Ce 23 juin ou Wade a reculé

Tidiane Kassé

2011-06-27, Numéro 195

http://pambazuka.org/fr/category/features/74411

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Le 17e amendement que la Constitution sénégalaise devait connaître le 23 juin a avorté. Les populations sont sorties dans les rues, à Dakar comme dans les villes de l'intérieur du pays, pour s'opposer à un projet de loi que le président Wade avait transmis à l'Assemblée. Un texte qui, dans ses finalités, ouvre un boulevard à son fils Karim pour assurer sa succession au pouvoir mais qui, surtout, lui garantit une victoire facile à la présidentielle de 2012. Dans cette édition, Pambazuka News vous propose plusieurs contributions qui démontrent les dérives et manipulations auxquelles les populations sénégalaises ont mis un frein

Le 23 juin n’est plus seulement une date au Sénégal. Il renvoie désormais à un Mouvement où se retrouvent toutes les organisations ayant impulsé et animé la révolte populaire qui, jeudi dernier, ont fait reculer le régime d’Abdoulaye Wade dans sa volonté de manipuler, encore une fois, la Constitution. Organisations de la société civile, partis politiques et mouvements citoyens se retrouvent désormais dans ce cadre de réflexion et d’action. L’objectif est d’entretenir une mobilisation dont le premier jalon a ébranlé un Etat forcé à reculer dans sa volonté de perpétuer ses coups de force au mépris des aspirations populaires.

Sur la table de l’Assemblée nationale, le président Wade avec déposé un projet de loi pour une énième révision de la Constitution. Cette fois, il s’agissait d’introduire un ticket «président-vice-président» pour l’élection de février 2012. Mais aussi de ramener à 25 % le minimum de suffrages à rassembler pour remporter la présidentielle. Les enjeux étaient clairs : d’une part Wade préparait la succession pour son fils Karim, d’autre part il s’aménageait le minimum vital qu’il suffit à un président de la République sortant pour assurer sa succession. Les contributions publiées dans cette édition de Pambazuka News détaillent les dessous d’un projet pour les besoins duquel le pouvoir n’a pas hésité à poser les fondements d’une «dictature», comme l’écrit Fatou Kiné Camara (voir : Pour qui sonne le glas de la démocratie sénégalaise ?)

Le 23 juin, l’appel lancé pour manifester contre le vote du projet de loi a fait converger vers l’Assemblée nationale des milliers de personnes. Certains députés avaient pris le parti de dénoncer ce qui leur apparaît comme une forfaiture (Voir : Pourquoi je vote contre), mais le pouvoir dispose au Parlement d’une majorité au réflexe de vote mécanique. Il ne restait plus alors au peuple qu’à récupérer l’expression de sa souveraineté et à la manifester à sa manière. Dans les rues de Dakar et d’autres villes du Sénégal, cela s’est traduit par de violentes manifestations qui ont jeté dans les rues des personnes de tous les âges, hommes et femmes, notamment des jeunes.

Les échos d’une rue en colère, secouée par des affrontements qui ont fait plus d’une centaine de blessés dont des éléments des forces de l’ordre, ont finalement poussé Abdoulaye Wade à reculer. L’Assemblée nationale a été invité à arrêter le processus du vote et le projet de loi a été retiré.

C’était le 17e amendement que Wade apportait à la Constitution depuis son arrivée au pouvoir en 2000. L’amendement de trop pour une population qui, à chaque tripatouillage des textes fondamentaux de la République, voyait le chef de l’Etat consolider son pouvoir, baliser les chemins de sa réélection et, de façon sibylline, tracer les contours d’une succession assurée par son fils Karim.

Cette fois la machine s’est enrayée, et de manière aussi subite qu’elle s’était enflammée Dakar a retrouvé son calme le lendemain des événements du 23 juin. Mais au-delà des stigmates de la révolte que la ville porte encore ici ou là, avec des vitres brisées ou des carcasses de voitures calcinées, il reste surtout dans les esprits cette détermination à faire face à un régime qui verse de plus en plus dans une dérive en se jouant des textes de la République et des institutions.

D’une retouche constitutionnelle à une autre, d’un décret présidentiel à un autre, d’un acte de gouvernance à un autre, la démocratie sénégalais se transforme en pantin désarticulé, en caricature grotesque de l’image que ce pays a pu, naguère, laisser voir à travers le monde. Wade ne gouverne plus, il régente.

La réforme qui a avorté le 23 juin ne faisait que légitimer un coup de force électoral avant la lettre. Elle offrait la garantie d’une victoire à la présidentielle sans soucis de la légitimité populaire, avec des desseins dynastique comme le démontre El Hadji Mbodj (voir : Le dérèglement constitutionnel à dessein dynastique).

Le coup de frein apporté par la révolte populaire sonne comme un coup de semonce, mais les desseins qui minent la République planent toujours. Wade n’est pas du genre à lâcher prise facilement. Dans la confrontation, il ne recule pas au premier coup. Reste à savoir quel niveau de détermination le Mouvement du 23 juin lui opposera. Les mots d’ordre qui sont lancés s’articulent autour de son retrait de la présidentielle de 2012 après deux mandats, comme le stipule la Constitution (1). Il est aussi question de la démission du ministre de l’Intérieur, membre du parti au pouvoir et disqualifié par l’opposition pour organiser les élections. Le ministre de la Justice est rejeté pour les mêmes raisons. Mais pour Ababacar Fall «Barros», il y a encore d’autres urgence en direction de la présidentielle de 2012 («Les autres batailles préjudicielles à engager !» )

Les huit mois qui séparent le Sénégal de ces élections sont partis pour s’inscrire dans une tension permanente. Les espaces de dialogue possibles entre le pouvoir et l’opposition se ferment les uns après les autres (2). Le discours politique, des deux côtés, ne sort pas de la logique de la confrontation. Les forces sociales les plus dynamiques se retrouvent aujourd’hui dans une jeunesse dont le niveau de révolte a atteint l’exaspération du non retour (3). Elle a d’ailleurs été l’élément moteur des manifestations du 23 juin.

Cette révolte qui a mis le pouvoir à genoux est grosse de toutes les explosions, mais elle souffre d’un déficit d’articulation. L’opposition qui la nourrit ne brille pas par une cohésion politique. La démarche est commune pour se dresser face au pouvoir, mais les stratégies en direction de la présidentielle font le lit de toutes les divisions. Aucun leader, aucun projet politique n’émerge encore pour s’offrir en réceptacle et en catalyseur des aspirations populaires qui vont au-delà des chapelles politiques pour poser une éthique de gouvernance et une exigence de véritable justice sociale au Sénégal.

La détermination populaire qui s’est manifestée le 23 juin, pour rester constante et ne pas se ramener à une éruption sans lendemain, a besoin de convergences. En Egypte comme en Tunisie le prix du sang a été lourd. Moubarak et Ben Ali sont finalement tombés, mais le système est resté. Au Burkina Faso aussi les coups de boutoirs sont massifs, mais le pouvoir de Blaise Compaoré reste encore solide. Comme quoi ce qui s’est passé le 23 juin au Sénégal est un déclic, mais il ne suffit pas d’un événement pour faire l’histoire.

NOTES

1) Selon la Constitution le chef de l’Etat ne peut être élu que pour deux mandats successifs. Ce qui est le cas de Wade, après 2000 et 2007. Mais pour lui, la nouvelle Constitution adoptée en 2001 ne concerne pas son premier mandat. L’opposition a saisi le Conseil constitutionnel pour arbitrage.

2) Pour s’opposer contre le projet de loi portant révision de la Constitution, l’opposition a décidé, le 22 juin, de se retirer du comité de veille et de suivi de l'audit du fichier électoral.

3) De jeunes rappeurs ont créé dénommé Yen a marre ! Ils sont devenus les éléments les plus actifs de mobilisation et de contestation contre le régime de Wade. Lors des manifestations du 23 juin, ils ont été aux avant-postes. Certains de leur responsables ont été interpellés par la police et ont subi des violences.


* Tidiane Kassé est rédacteur en chef de l’édition française de Pambazuka News.


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