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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Where is Uhuru?Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.

Neoliberalism promised to correct multiple distortions in the African postcolonial environment, pledging to engineer liberalisation and expand democratic space. But following decades of unrealised reforms, Issa G. Shivji asks Where is Uhuru?

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Cette édition

Pambazuka News 100: Dakar accueille le Forum social mondial en 2011

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. RDC analyses, 4. Résumé de l'Édition Anglaise, 5. Nécrologie, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Pambazuka franchit le cap des 100
COMMENTAIRES & ANALYSES : Déclaration du Forum de la société civile africaine sur la BAD.
RDC ANALYSES : Donnez une chance au Congo.
RESUME DE L’EDITION ANGLAISE : Pour le rachat de l’âme de la nation kenyan.
NECROLOGIE : Centrafrique : Abel Goumba est mort.
FEMMES & GENRES : Côte d’Ivoire : Campagne en faveur des femmes fistuleuses.
DROITS HUMAINS : Centrafrique : La décision de la CPI sur l’affaire Bemba attendue en juin.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Burundi : Un camp pour 5000 demandeurs d’asile congolais.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Côte d’Ivoire : Les Ivoiriens éliront leur président le 29 novembre.
CORRUPTION : Guinée Equatoriale : Obiang Nguéma résume ses bien en France à un pavillon.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La BAD évalue les perspectives de croissance.
SANTE & VIH/SIDA : Botswana : circoncire 460 000 hommes pour combattre le sida.
EDUCATION : RD Congo : Mille universités, mille misères.
RACISME & XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Les violences xénophobes risquent de recommencer.
ENVIRONNEMENT : Algérie : Tarissement des ressources halieutiques.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : Lancement d’Africa 24, une télé panafricaine.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : N’djamena et Khartoum se livrent une guerre par procuration.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Afrique : Les Tics pour impliquer la diaspora dans la développement.




Chroniques

Pambazuka franchit le cap des 100

Tidiane Kassé

2009-05-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/56405

Avec cette édition, Pambazuka News publie son centième numéro en version française. Depuis décembre 2005 que ce bulletin électronique a été lancé, il s’est voulu un espace de réflexion sur les questions majeures qui secouent le continent africain et pèsent sur son développement. Que ces problèmes soient d’origine, voire de nature endogène ou non. Des centaines d’intellectuels africains, des panafricanistes de par le monde, des analystes intéressés par le continent, font ainsi converger chaque semaine leurs idées pour faire de Pambazuka News un espace fécond de réflexions, de dénonciation de toutes formes d’injustices sociales et de propositions alternatives en vue de bâtir un meilleur avenir à l’Africain.

Cette édition française de Pambazuka News est venue élargir une dynamique engagée depuis bientôt dix ans par Fahamu, quand la version anglaise de ce bulletin électronique avait été lancée. L’élan s’est renforcé l’année dernière, avec la création d’une édition en portugais. Cette mouvance reflète la vision fédératrice, intégratrice et panafricaine de Pambazuka News, avec une volonté d’aller au-delà des barrières linguistiques pour partager les idées, les expériences et les initiatives à travers tout le continent et dans la diaspora.

En octobre 2008, Pambazuka avait été cité parmi les dix sites web «qui contribuent à changer le monde de l’Internet de la politique». A travers ses différentes éditions, quelque 1 200 universitaires, activistes sociaux, associations de femmes, écrivains, artistes, poètes, bloggers et autres commentateurs, contribuent à des débats remarquables par leur richesse, leur diversité et la pertinence des points de vue exprimés.

En trois années d’existence, l’édition française de Pambazuka a connu une évolution remarquable. De la périodicité bimensuelle adoptée pendant la première année, on est passé, depuis novembre 2007, à une parution hebdomadaire, les contributions originales se sont accrues, les abonnements se sont multipliés. Ce bulletin s’affirme donc de plus en plus comme une plateforme d’échanges ayant autorité de par les idées et les analyses qu’il diffuse.

Dans son développement, Pambazuka s’est engagé dans de nouvelles perspectives. Il s’agit de produire et de diffuser des programmes audio. Ce médium de forte pénétration en Afrique pourra bénéficier de productions de qualité, dans le même esprit que le bulletin électronique. A cet effet, par exemple, une série d’émissions a été produite pour aider à la vulgarisation et à la domestication du Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’Homme relatif aux droits des femmes, en partenariat avec le mouvement Solidarité pour les droits de la femme africaine (Solidarity for African Women’s Right – SOAWR). Leur diffusion se fera à travers les radios communautaires pour promouvoir et ancrer les changements socioéconomiques, politiques et culturels facteurs d’un développement humain durable à la base.

Avec ce centième numéro, Pambazuka atteint un cap. La rédaction entend conforter cette tendance et continuer à promouvoir un monde où les populations prennent conscience de leurs responsabilités sociales et oeuvrent, dans le respect des différences, à leur émancipation, ainsi qu’au développement de leur communauté et de leur nation. Cette option nous paraît encore plus essentielle à un moment où l’Afrique subit les effets d’une crise alimentaire et d’une crise financière internationale, causées par les errances du système néolibéral, d’une ampleur telle que des ruptures et des alternatives salvatrices s’avèrent urgentes.

Nous célébrons ce centième avec foi en l’avenir du continent, en communion avec ces milliers de lecteurs qui reçoivent et échangent ce bulletin chaque semaine ou qui visitent notre site. Mais aussi avec ces centaines de contributeurs qui aident à faire de Pambazuka ce qu’il est.

* Tidiane Kassé est rédacteur en chef de l’édition française Pambazuka News

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Dakar accueille le 9e FSM en 2011

Tidiane Kassé

2009-05-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/56399

Le Conseil International du Forum Social Mondial (FSM) réuni à Rabat (Maroc), du 6 au 10 mai, pour faire le bilan du 8e FSM 2009 de Belém mais aussi pour tracer des pistes d’avenir, a entériné la décision d’organiser le prochain FS à Dakar (Sénégal). Ce sera en 2011. Pour la deuxième fois le mouvement altermondialiste se retrouverait ainsi en Afrique pour sa grand’messe, après le forum de 2007 organisé au Kenya.

Ramener le FSM en Afrique quatre ans après pose des défis. Ils sont à la mesure des déficits qui avaient été notés à Nairobi. La mobilisation n’avait pas été à la mesure de ce que drainait jusqu’alors ce rendez-vous, de Porto Alegre à Mumbai. De plus de 100 000 personnes on passait à trois fois moins. Mais plus que l’affluence, c’est la qualité de l’organisation qui fut décriée.

Retourné au Brésil, à Belem, en janvier 2009, le FSM est donc revenu en Afrique. Dans la ville amazonienne, la participation africaine avait été faible. Face à un contexte de crise financière internationale et à un voyage coûteux, on se retrouvait avec la présence confidentielle africaine des trois premières éditions. Le rendez-vous de Dakar sera donc l’occasion, pour le mouvement social africain, de remettre les préoccupations du continent au centre des recherches et des propositions de solutions alternatives à un système néolibéral dont la crise l’affecte de manière profonde et multiforme.

Membre du secrétariat du Forum social africain, Taoufik Ben Abdallah a pris part à la réunion de Rabat. Selon lui, le processus est déjà esquissé, qui devrait mener au rendez-vous de Dakar en 2011. «Dans le plan d’action à moyen terme, confie-t-il, il y aura une étape préparatoire du FSM. Elle aura lieu au Niger et se tiendra sous la forme d’un forum thématique qui insistera sur la question de la crise économique et financière mondiale, à côté d’autres thématiques comme la question migratoire, la souveraineté alimentaire, les phénomènes environnementaux, etc.»

Selon M. Abdallah, «la crise financière sera cependant au centre des réflexions préparatoires, parce que cette question sera sans doute au centre du FSM en 2011. Beaucoup d’organisations y consacrent des réflexions pour approfondir leurs analyses et la rencontre de Dakar offrira l’opportunité de présenter des alternatives face aux solutions et positions dégagées par les Etats, le G20, etc.»

Dans les phases préparatoires, annonce M. Ben Abdallah, «dix à douze réunions vont se tenir à travers l’Afrique pour mobiliser et faire en sorte que le forum soit organisé de manière concertée et consensuel. Il appartiendra aux organisations de la société civile de prendre des initiatives pour fédérer et étendre la mobilisation».

Un premier rendez-vous est déjà fixé : «En juillet 2009, une réunion regroupant des membres du Conseil africain et des commissions du Conseil mondial va se tenir à Dakar pour entamer la préparation. Le principe adopté est que cette préparation devrait être africaine, mais aussi impliquant différentes composantes du mouvement du Sud et du mouvement mondial».

* Tidiane Kassé est rédacteur en chef de l’édition française Pambazuka News

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Commentaires & analyses

Déclaration du Forum de la société civile africaine sur la BAD

2009-05-17

http://pambazuka.org/fr/category/comment/56395

Nous, représentants de plusieurs organisations de la société civile africaine et de ceux de leurs partenaires du Nord, nous sommes réunis à Dakar du 10 au 12 mai 2009, à l’occasion des 44èmes Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD). Au cours de cette rencontre, nous avons passé en revue l’intervention de la BAD dans plusieurs pays, son rôle dans la mobilisation des ressources pour le développement du continent. Nous avons analysé la crise internationale multiforme qui frappe durement l’Afrique et le rôle de la BAD dans l’atténuation des effets de cette crise. Nous avons également examiné les relations de la Banque avec la société civile africaine, avec les institutions africaines et les institutions financières internationales, à savoir la Banque mondiale et le FMI.

Nos analyses et discussions approfondies nous ont amené à constater que la BAD s’est écartée de sa mission originelle d’institution dévouée à la promotion du bien-être des populations africaines et de développement du continent. A nos yeux, la BAD semble s’être transformée en clone des institutions financières multilatérales. Ses critères de sélection des projets donnent la priorité à la rentabilité financière au lieu de mettre en avant la satisfaction des besoins fondamentaux des populations africaines. Elle s’est convertie aux thèses néolibérales et a préconisé des politiques inspirées du fondamentalisme du marché. Elle a contribué à promouvoir des politiques de libéralisation et de privatisation qui ont été parmi les facteurs d’aggravation de la crise économique et sociale du continent. Elle n’a pris aucune initiative autonome notable dans la résolution de la crise de la dette africaine, se contentant de reprendre à son compte celles proposées par la Banque mondiale et le FMI.

Malgré le discrédit qui frappe le système néolibéral, comme l’illustre la profonde crise financière internationale en cours, la BAD continue de préconiser des politiques aujourd’hui rejetées dans de nombreuses régions du monde, y compris dans les pays développés. Nous sommes d’avis que la Banque a une lecture incorrecte de la crise financière et de ses conséquences pour l’Afrique

Le processus de déviation de la BAD par rapport à sa mission originelle est sans doute lié à l’entrée des pays non africains dans le capital de l’institution. Ces derniers ont une influence sans commune mesure avec leur part du capital. En fait, ils disposent d’un véritable veto sur les orientations et les politiques de la BAD.

En dépit des proclamations de bonnes intentions, la BAD n’a pas de véritable politique de dialogue avec la société civile, préférant se cantonner dans des politiques opaques pour éviter toute critique de la part des citoyennes et citoyens africains.

A la lumière de ces constatations, nous, participants au Forum de Dakar, soulignons qu’un changement radical est nécessaire pour faire retrouver à la BAD sa mission originelle. Dans cette perspective, elle doit cesser de copier la Banque mondiale et le FMI. Elle doit garder son autonomie vis-à-vis de ces institutions, tant sur le plan de la réflexion que sur celui de l’élaboration des politiques économiques.

Dans le même ordre d’idées, elle doit rompre d’avec les politiques actuelles dont la faillite est avérée et les conséquences désastreuses pour le continent africain

Pour cela, elle doit faire une analyse lucide et courageuse des causes réelles de la faillite du système néolibéral et contribuer à une remise en cause de ce système sur le continent africain

Elle doit contribuer à encourager des politiques de souveraineté alimentaire et à soutenir l’agriculture familiale au lieu d’encourager l’investissement dans les agrocarburants

En somme, la BAD doit s’engager dans la recherche d’un paradigme de développement autonome pour l’Afrique. De concert avec la CEA et la Commission de l’Union Africaine, elle doit contribuer à faire recouvrer par les pays africains leur souveraineté sur l’élaboration et la mise en œuvre de leurs politiques de développement

Elle doit promouvoir une pensée autonome sur le développement de l’Afrique en intégrant les apports des chercheurs et des mouvements sociaux africains. L’institutionnalisation de la participation de la société civile aux activités de la Banque pourrait contribuer au changement souhaité.

La Banque est une institution publique africaine utilisant l’argent des contribuables africains. Par conséquent, elle a obligation de rendre compte aux peuples africains. Nous, participants du Forum, réclamons notre place dans le dispositif de la BAD en termes d’identification des projets, de suivi et de contrôle

Les participants exigent :
- La mise en place d’une politique de diffusion de l’information
- La réactivation du dispositif indépendant d’évaluation des questions environnementales
- La prise en compte des besoins de financement à long terme des pays africains dans une optique de développement durable

Oui à une Banque au service du développement et du bien-être des populations africaines !

Non à une Banque clone de la Banque mondiale et du FMI !

Dakar, le 12 mai 2009
Le Forum

* Le Forum a réuni une cinquantaine d’organisations de la société civile venues de toutes les cinq régions d’Afrique.

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Les grands traits d’une implication des OSC dans la gestion des activités de la BAD

Karim Trabelsi

2009-05-17

http://pambazuka.org/fr/category/comment/56394

La priorité de la solidité financière dictant la stratégie globale du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) depuis quelques années a affecté négativement la valeur sociale et environnementale. Ce problème est constaté, à la fois, au niveau de la politique globale des approbations de la Banque, ainsi qu’au niveau restreint de la gestion environnementale et sociale des projets. Pour y remédier, une implication concrète des Organisations de la Société Civile (OSC) s’impose au moins dans trois domaines d’intervention: la participation à l’élaboration de la Stratégie Pays, le suivi environnemental et social, et l’exigence du respect des Normes Fondamentales du Travail (NFT).

Le Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) (1) est une institution financière multilatérale qui attribue des prêts et des dons aux gouvernements et entreprises privées qui investissent en Afrique. Etant la première banque de développement dans le continent, ses principaux objectifs, explicités à travers les déclarations de ses responsables, sont la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des africains d’une manière durable et socialement responsable.

Tout au long des années 1990, le Groupe de la Banque a vécu des moments difficiles en ce qui concerne sa situation financière, sa crédibilité et la transparence de ses opérations. Par réaction aux critiques et pressions venues d’autres institutions internationales non africaines, la banque créa, en 1994, une commission indépendante dirigée par David Knox, ancien vice-président de la Banque Mondiale. Il en ressort un rapport qui a mis en exergue un certain nombre de dysfonctionnements liés essentiellement aux intérêts antagonistes des actionnaires et au manque de transparence financière.

Les enseignements de ce rapport se confirmaient, lorsque, peu après, la célèbre agence d’évaluation Standard & Poor’s dénonçait la politisation des opérations et la mauvaise gouvernance de la Banque, et déclassa sa dette « senior » à long terme. Dès lors, l’emprunt sur les marchés financiers internationaux est devenu plus cher et ceci a eu des conséquences néfastes sur la situation financière de la Banque.

Pour rétablir la santé financière de l’institution, d’énormes efforts ont été déployés sous la présidence d’Omar Kabbaj. En 2005, à la fin de son mandat, Standard&Poor’s a attribué à la Banque la notation AAA. Cette excellente cote a permis un accès plus facile au financement par l’émission d’obligations sur les marchés internationaux. La Banque a donc fait, depuis quelques années, de la performance financière une priorité absolue qui se confirme en 2007 à travers la forte expansion des interventions dans le secteur privé, qui constitue, selon les propres termes du Président Kaberuka, « le moteur de croissance du portefeuille de la banque » . (2)

Il faut reconnaître que la recherche de la performance financière est légitime étant donné son importance cruciale pour la pérennité, voire la survie de toute institution financière. Néanmoins, le problème du Groupe de la BAD est le fait que sa performance financière, bien que réelle depuis le début des années 2000, se fait au détriment de ses valeurs éthiques fondatrices ayant pour priorité la lutte contre la pauvreté d’une manière socialement et environnementalement responsable.

L’objet de cet article est une étude critique qui présente, d’abord, les contradictions de la politique des approbations du Groupe de la Banque avec les exigences éthiques de la lutte contre la pauvreté et les préoccupations écologiques (Section I), puis tente une identification de quelques domaines d’une intervention possible des OSC à l’échelle réduite de la gestion des projets (Section II) dans l’objectif de concilier la performance financière avec une certaine efficacité sociale et environnementale.

Section I : Eléments Critique de la politique des approbations du Groupe de la Banque

En examinant la répartition régionale et sectorielle des approbations du Groupe de la Banque depuis 2004, on constate une injustice distributive frappante dans la répartition des fonds. Née de l’excès de prudence financière ainsi que de l’incapacité d’échapper à la logique de « la recette unique de développement », cette injustice se manifeste à travers trois réalités : les inégalités des approbations entre pays, l’indifférence vis-à-vis des Institutions de Microfinance (IMF) et l’insensibilité apparente à la question des changements climatiques dans la politique d’approbation du Groupe de la Banque.

1) Inégalités des approbations entre pays : Pour une diversification des champs d’intervention de la BAD dans les pays les plus pauvres

En 2007, la part des 10 pays aux plus bas revenu par habitant (Burundi, RDC, Libéria, Malawi, Ethiopie, Guinée Bissau, Erythrée, Sierra Leone, Rwanda, Niger) dans le total des approbations de prêts et dons accordés par le Groupe de la BAD (Ndlr : 258.72 millions d'unités de compte) ne dépasse pas 11%, alors que les habitants de ces pays sont les plus pauvres du continent et représentent environ 22% de la population totale d’Afrique.

En excluant la RD Congo (7.7%), les neuf pays restants, les plus pauvres du continent, ne bénéficient que de 3% des approbations, une contradiction énorme avec la priorité de lutte contre la pauvreté énoncée par la Banque. Cette contradiction devient encore plus frappante lorsqu’on sait que l’Afrique du Sud et le Gabon, deux pays des plus riches d’Afrique avec un revenu par habitant supérieur à 5000 dollars U.S en 2006, s’accaparent de 24% du total des approbations en 2007 sans oublier le fait que les habitants de ces deux pays ne représentent que 5% de la population d’Afrique.

Pour justifier cette inégalité, les responsables de la BAD avancent divers arguments tels que l’instabilité politique de ces pays, leur manque de transparence, l’absence d’un secteur privé capable de sous-traiter les travaux nécessaires à l’achèvement des projets et surtout leur endettement extérieur très élevé atteignant presque la barre de 300% du PIB pour la Guinée Bissau, 200% pour le Malawi et 150% pour le Burundi.

L’argument de l’endettement est très peu convaincant. En effet, ces pays risquent d’être condamnés à tourner éternellement autour d’un cercle vicieux de pauvreté à cause de la difficulté d’accès aux financements étrangers. C’est aux Institutions Financières Internationales (IFI) et plus particulièrement à la BAD de fouir « la stratégie de la recette unique » et de définir, pour ces pays, une autre politique d’intervention qui leur est propre et qui ne passe pas nécessairement par la voie des gouvernements. Au lieu d’être indifférent vis-à-vis de ces pays, la Banque est appelée à :

- Accroître son soutien au secteur privé et activer les lignes de crédit (LDC) destinés à la création d’entreprises. De 1967 à 2007, les projets spécifiques destinés au secteur privé et les LDC ne représentent qu’une part négligeable dans les fonds destinés à ces pays.

- Accroître les fonds destinés au renforcement institutionnel du secteur public dans l’objectif de favoriser une meilleure transparence dans la gestion financière des prêts, de mieux gérer les appels d’offres publiques, de moderniser les lois en vigueur… Durant toute la période 1967-2007, les fonds destinés au renforcement institutionnel du secteur public de ces 10 pays ne représentent qu’environ 1% des prêts et dons qui leur ont été accordés.

- Financer directement les associations locales de microfinance ainsi que les mutuelles de prévoyance sociale. Actuellement, plus de 90% de la population de ces pays n’est pas couverte par les régimes publics d’assurances maladies.

2) Indifférence vis-à-vis des Institutions de Microfinance (IMF)

Actuellement, les institutions de microfinance s’élèvent à plus de 7000 dans le monde, avec une forte concentration en Asie, en Amérique latine et en Afrique, et comptent en 2004 près de 80 millions de clients . Leur rôle, de plus en plus important dans la création d’emplois dans les pays en voie de développement, a été pleinement reconnu par les responsables de l’ONU qui ont déclaré l’année 2005 « Année internationale du microcrédit ». Depuis son énorme succès au Bangladesh depuis la fin des années 1970, le microcrédit a fait le tour du monde. On ne dispose pas d’études quantitatives sur ses impacts en termes de réduction de la pauvreté en Afrique, mais les exemples de réussites ne manquent pas au Sénégal, au Kenya, en RD Congo , en Tunisie…

Cette ampleur, les IFI n’en ont pas encore pris conscience. En 2005, l’aide publique au développement consacrée à la microfinance n’atteindrait que 1.2 milliard de dollars, la Banque Mondiale ne consacrait que 1% de ses ressources à la microfinance et le PNUD seulement 3% (4) . Une contradiction de plus dans les programmes des IFI, de laquelle la BAD n’est pas exclue. Durant toute la période 2004-2007, le Groupe de la Banque n’a financé les IMF que dans 6 pays, à savoir l’Egypte, la Gambie, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie et le Soudan. Les fonds n’atteignent que 108.54 millions d’UC (unités de compte) , soit 1.4% du total des approbations des quatre années (5).

Pourtant, il y a une dizaine d’année, la Banque a prêté un peu plus d’attention à la microfinance. En 1999, la Banque a mis en œuvre un programme pilote dans 10 pays, intitulé Initiative du FAD en faveur de la microfinance en Afrique (AMINA). C’était un programme de trois ans qui visait principalement à renforcer les capacités institutionnelles des IMF et à favoriser l’habilitation économique des femmes entrepreneurs. A mi-chemin, en 2000, le programme AMINA a fait l’objet d’un rapport d’évaluation établi par l’OPEV, un département indépendant d’évaluation des opérations de la Banque.

Le rapport a mentionné le fait qu’AMINA était loin d’atteindre ses objectifs : les activités étaient sporadiques, manquaient de suivi et se trouvaient mal adaptées à la population cible qui n’a pas bénéficié notablement des retombées des activités. Tout de même, le rapport a été optimiste en mentionnant quelques points positifs relatifs au renforcement institutionnel des IMF dans les 10 pays couverts par le programme et propose l’élaboration d’un document de stratégie de microfinance par pays afin de mieux canaliser les activités de la Banque suivant une stratégie plus précise et plus adaptée à la réalité socioéconomique de chaque pays.

Le rapport propose également la prolongation de trois ans supplémentaires du programme AMINA, mais aucune des deux propositions n’a été retenue par les décideurs de la BAD.

En 2006, les responsables de la BAD ont entrepris une démarche positive avec le recrutement de 4 spécialistes en microfinance et la création de la Division de la Microfinance au sein du Département des politiques de la Banque, mais, actuellement, les faits et les chiffres montrent que les IMF ne font plus partie des priorités de la BAD.

3) La politique des approbations de la BAD à la lumière de la question du changement climatique :

Selon le rapport du PNUD de 2007 consacré entièrement à cette question, « le changement climatique sera une des forces majeures qui exerceront une influence sur les perspectives du développement humain au XXIème siècle » (6). Le nœud du problème est le dépassement de la capacité de notre planète à absorber le dioxyde de carbone et d’autres gaz à effets de serre, il en résulte le phénomène du réchauffement climatique. En effet, la température moyenne mondiale a progressé de 0.7°C depuis l’avènement de l’ère industrielle, et c’est au cours des dernières décennies que cette tendance s’est accélérée.

Depuis l’année 1900, les dix années les plus chaudes se situent au-delà de l’année 1980, ce qui confirme la responsabilité de l’Homme dans ce processus de réchauffement qui, selon le rapport du PNUD, va continuer à s’intensifier avec une croissance de 0.2°C toute les décennies. Avec cette augmentation générale de la température, la répartition des précipitations terrestres évolue et les zones écologiques se déplacent créant ainsi des vagues de sécheresse, particulièrement en Afrique. Ceci est désastreux lorsqu’on sait que les trois quarts de la population africaine vivant avec moins d’un dollar par jour dépendent directement de l’agriculture. On estime que les pertes de revenus dues à l’extension des terres sèches s’élèveront à 26 milliards de dollars d’ici 2060, soit le total des aides au développement reçues actuellement par l’Afrique.

Malgré la gravité du problème pour l’Afrique, l’inattention de la BAD à l’égard du changement climatique est bien réelle. En fait, après une revue élargie des activités et des publications de la Banque depuis quelques années, on n’a pu retenir aucune mesure significative concrète en faveur d’une lutte contre le changement climatique. Les publications et les études scientifiques sont quasi absentes et la Banque se limite à publier, dans son site officiel, quelques extraits de déclarations « très sommaires » de ses responsables sur la question.

Sur le plan des faits, la part des 10 pays les plus polluants d’Afrique (Afrique du Sud, Egypte, Nigéria, Algérie, Libye, Maroc, Tunisie, Angola, Zimbabwe, Niger) dans les approbations de prêts reste gigantesque. En 2007, ces pays responsables de plus de 90% des émissions de CO2 en Afrique s’accaparent de près de 43% des fonds de la BAD.

Evidemment, la BAD est loin d’être l’unique responsable du changement climatique et elle ne peut pas constituer non plus « le sauveur de la planète », mais sa responsabilité environnementale, faisant partie de ses priorités, lui impose des politiques d’approbations spécifiques à ces pays, qui soient plus à l’écoute des défis écologiques. En Tunisie, en Afrique du Sud, au Maroc et en Egypte, la banque continue à financer une majorité de projets de Catégorie 2 (7) sans aucunes exigences particulières imposées à ces pays. Dans ce contexte, le département d’évaluation OPEV est appelé à accorder plus d’importance aux critères d’environnement dans ces pays.

Actuellement, sur environ une vingtaine de critères retenus pour le calcul de l’Indicateur de Performance Globale (IPG), trois seulement sont relatifs à l’environnement (Préoccupations environnementales, Efficacité environnementale et Viabilité environnementale). Pour les pays polluants, le recours à la pondération de ces trois critères est recommandé pour augmenter le poids des critères environnementaux dans l’indicateur global.

Au terme de cette section, on peut dire que la politique des approbations de la BAD est largement dictée par la recherche de la solidité financière au détriment de la priorité de lutte contre la pauvreté et des exigences écologiques. On a pu également constater les traits d’une politique qui manque de flexibilité et qui manque d’adaptation selon les pays. Ainsi, la banque est appelée à redéfinir les paramètres d’une nouvelle équation assurant un certain équilibre entre les exigences de la rentabilité financière, la priorité de la lutte contre la pauvreté et les préoccupations environnementales.

Section II : Eléments critiques de la politique de gestion sociale et environnementale des projets de la BAD : Pour un renforcement de l’implication des Organisations de la Société Civile (OSC)

L’implication des OSC dans les activités des IFI date des années 1990, après le constat d’échec des programmes d’ajustement structurel (PAS) imposés aux pays pauvres. Par réaction aux vagues croissantes de protestations populaires culpabilisant les politiques ultralibérales des IFI, ces dernières commencent à réagir à partir de 1999 : Les règles de conditionnalité des prêts sont réduites, des publications, auparavant confidentielles, sont rendues publics et on commence à consulter assez régulièrement les ONG et les syndicats.

A la BAD, la relation avec les OSC remonte à 1996 avec la création du Comité permanent « BAD/OSC ». Ce comité, comportant 12 membres, est censé se réunir au moins une fois par an, mais ce ne fut pas le cas. Trois ans plus tard, en 1999, la Banque publie un document d’une grande importance qui définit des directives pour une coopération avec les OSC (8). Il énonce les canaux d’implication des OSC dans les projets de la BAD, à la fois au niveau national de l’élaboration des orientations stratégiques et au niveau réduit des projets.

Agé maintenant d’une dizaine d’années, ce document n’a pas été mis à jour et ne s’est pas traduit par une implication concrète des OSC. Dès lors, rien n’a changé : les politiques de la BAD sont établies d’une manière unilatérale en étroite liaison avec les gouvernements concernés. Avec une telle stratégie de « par en haut », des signes d’inefficacité sociale et environnementale commencent à se manifester. Pour y remédier, une implication des OSC s’impose au moins dans trois domaines d’interventions, à savoir l’élaboration du Document de Stratégie Pays (DSP), le Suivi Environnemental est Social (SES) des projets et l’exigence du respect des Normes Fondamentales du Travail (NFT).

1) L’élaboration participative du DSP

Le DSP définit en quelque sorte la « ligne de conduite » de la BAD vis-à-vis d’un pays. Il traite le contexte économique et politique général, les objectifs du gouvernement, l’historique de coopération avec la BAD et la stratégie, pendant les 4 prochaines années, de la Banque dans le pays concerné.

Bien que la BAD recommande fortement le processus participatif, le DSP est, dans la plupart des cas, élaboré d’une manière unilatérale en étroite liaison avec les gouvernements. Le problème est le suivant : étant donné le caractère autoritaire de la majorité des systèmes politiques africains, les objectifs de développement étatiques ne répondent pas toujours aux aspirations des populations concernées. En fait, dans une multitude de cas, on ne trouve pas de divergences notables entre le DSP et les documents officiels du pays, surtout en ce qui concerne la stabilité politique et l’état des libertés individuelles et associatives.

On sait également que quelques gouvernements ratifient les conventions internationales relatives aux Droits de l’Homme et aux droits des travailleurs pour acquérir un rayonnement à l’égard des IFI et attirer le maximum de fonds, mais en réalité, leur application se heurte à des abus de pouvoir. Ainsi, la consultation avec les OSC dans l’élaboration des DSP est plus que nécessaire pour que les priorités de développement jouissent d’une certaine unanimité et ne soient pas dictées par des considérations politiques ou clientélistes.

Consciente, bien que très modestement, de cette réalité, la Banque Mondiale a exigé aux pays pauvres l’adoption d’un processus participatif dans l’élaboration du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Bien qu’il n’y ait pas de conditionnalité sur le processus consultatif, cette initiative est positive et peut ouvrir des portes pour une implication plus sérieuse des OSC dans les activités de la BM. Récemment, des consultations avec les OSC ont eu lieu pour la préparation de la Stratégie Pays de la BM qui envisage d’approfondir les discussions sur des projets et des secteurs spécifiques (9). Le Groupe de la BAD devrait adopter une démarche analogue et pourrait commencer par les pays « exclusivement BAD » qui jouissent d’un secteur associatif et syndical relativement développé.

2) Le suivi environnemental et social

En 1990, le Conseil d’administration de la BAD avait approuvé « la Politique en matière d’environnement de la Banque ». Cette approbation aboutit, en 1992, à la publication des « Directives de l’évaluation environnementale » qui, en plus de définir les catégories environnementales des projets, décrit d’une façon détaillée les responsabilités liées au suivi et à l’évaluation. Mais la démarche la plus significative fut celle de la création, en 1996 de l’Unité de l’Environnement et du Développement Durable (UEED). Ceci a permis la modernisation du processus d’évaluation en y intégrant des indicateurs sociaux relatifs à l’impact du projet sur la population et son degré d’implication et de participation.

Ce nouveau processus est largement explicité dans un manuel publié en juin 2001, intitulé « Procédures d’évaluation environnementale et sociale pour les opérations liées au secteur public de la BAD ». On peut y identifier la responsabilité de chaque partie prenante dans la gestion environnementale et sociale du projet. Le problème constaté est le nombre très élevé des tâches à la charge de l’emprunteur qui a pour principales responsabilités de préparer une Etude d’Impact Environnemental et Social (EIES), établir un Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES), assurer son suivi et consulter les parties prenantes. Les Complexes Opérationnels de la Banque (OP) et l’UEED se limitent généralement à des tâches de type « encourager », « analyser », « encadrer » ou « commenter ».

Par une telle structure aussi inégale de découpage des responsabilités, le risque d’asymétrie d’information sur la vraie réalité sociale et environnementale du projet est élevé. En effet, l’emprunteur aura une « tendance naturelle » à atténuer la gravité des impacts négatifs du projet. En monopolisant également la tâche du suivi, il peut cacher des informations, amplifier d’autres, modifier des chiffres, jeter de la pression sur la population de proximité… Le recours à de telles pratiques est tout à fait envisageable lorsque l’évaluateur est en même temps le bénéficiaire.

Ce problème est perpétué par la présence très minime des responsables de la Banque sur les lieux des travaux. En Tunisie, à des projets situés à seulement quelques dizaines de kilomètres du siège de la BAD, les visites sur le terrain s’effectuent à une fréquence d’une à deux visites par an. Ne disposant pas de toute l’information disponible, ni des moyens nécessaires pour un contrôle fiable, la Banque devrait prendre plus conscience de ce problème. Là encore, l’implication des OSC peut constituer une solution surtout en ce qui concerne la tâche du suivi environnemental et social (SES). Dans cet ordre d’idée, la Banque est appelée à :

- constituer une base de donnée par pays, comportant des ONG d’environnement vraiment indépendantes et compétentes pouvant accomplir la tâche d’«observateurs externes» et confronter ainsi l’EIES à la réalité concrète du projet (cette mesure est fortement recommandée dans les 10 pays les plus polluants du continent) ;

- dans les cas de pays ne disposant pas d’un secteur associatif indépendant, former des comités de suivi environnemental et social par projet, comportant des représentants de toutes les parties prenantes du projet (emprunteur, entreprise sous-traitante, population de proximité, chargés du projet de la BAD, représentants syndicaux…). Ce comité devrait fournir un rapport périodique au département d’évaluation de la Banque.

3) Le respect des Normes Fondamentales du Travail (NFT) (10)

Dans la plupart des projets d’infrastructures financés par la BAD, les emprunteurs délèguent les travaux à des entreprises privées qui sous-traitent les projets suite à la mise en œuvre d’un appel d’offre public. Emportés par des soucis de rentabilité économique, ces entreprises violent dans plusieurs cas constatés, les NFT, particulièrement ceux liés à la liberté syndicale et le droit à la négociation collective. Jusqu’au moment de la rédaction de ce rapport, nous n’avons retenu aucune mesure concrète, ni même une déclaration officielle d’un responsable de la BAD en faveur d’une exigence du respect des NFT. Pourtant, les institutions de la Banque Mondiale ont entamé des démarches positives en la matière.

Dès 2006, la Société Financière Internationale (SFI) de la BM exige que tous les nouveaux projets qu’elle finance respectent les NFT de l’OIT. Une année plus tard les autres divisions de la BM (BIRD et IDA) adoptent la même exigence pour les projets d’infrastructure dont le coût dépasse 10 millions de dollar Us (11). Ces institutions sont loin d’être un modèle de référence en matière de NFT, mais elles commencent à réagir à des plaintes. Le cas le plus emblématique est celui d’un projet-pilote à Haïti financé, en 2005, par la SFI, dans le cadre d’un prêt octroyé à une entreprise du textile. Le contrat avec le client exigeait le respect du droit à la syndicalisation et à la négociation collective. Après avoir constaté la violation de ce droit suite à une visite sur le terrain, la SFI a suspendu le prêt en 2006, mesure qui a poussé l’entreprise a accepté de signer une première convention collective avec le syndicat (12).

Des cas similaires sont très peu fréquents, voire inexistants en Afrique, mais ce cas de Haïti montre l’existence de possibilités de pression de la part des syndicats auprès de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et de l’OIT. Dans le sens de plus sensibiliser la BAD à une question qui ne lui est pas encore très familière, les syndicats africains doivent exploiter le grand intérêt que portent les associations internationales aux NFT. Les réunions officielles de la BAD qui se dérouleront à Dakar en mai 2009, intégrant des représentants de la société civile, pourraient constituer une occasion opportune pour approfondir le débat sur cette question.

Conclusion

Etant donnée sa taille modeste par rapport à d’autres IFI, le Groupe de la BAD est loin de fournir la «solution magique » aux problèmes de pauvreté et d’environnement en Afrique. C’est un acteur, parmi d’autres, qui devrait bien accomplir son rôle de pérenniser financièrement son activité sans pour autant sacrifier son éthique fondatrice, celle de promouvoir un modèle de développement durable et socialement responsable.

Cet article a permis, dans sa première section, de mettre en exergue des contradictions de la politique générale des approbations de la BAD, largement dictée par des préoccupations financières, avec la priorité de la lutte contre la pauvreté et les exigences écologiques. Il en ressort un certain nombre de recommandations plaidant pour une augmentation des fonds destinés aux pays les plus pauvres, particulièrement ceux liés au renforcement institutionnel et au soutien du secteur privé et des institutions de microfinance.

S’agissant des défis écologiques, la BAD est appelée à accorder plus d’importance au problème du changement climatique en limitant au maximum les approbations des projets de catégories 1 et 2 dans les pays les plus polluants et remanier son Indicateur de Performance Globale en accordant plus d’importance aux critères environnementaux dans l’évaluation des projets de ces pays.

Outre les insuffisances constatées à l’échelle globale des approbations, on a pu détecter, dans la deuxième section, des faiblesses à l’échelle réduite de la Stratégie Pays et de la gestion environnementale et sociale des projets. Pour y remédier, l’implication des OSC s’impose dans trois domaines d’intervention : l’élaboration participative du DSP, le suivi environnemental et social à travers le recours à des ONG pour jouer d’observateurs indépendants et le respect des Normes Fondamentales du Travail (NFT) par le renforcement des discussions avec les syndicats. Ceux-ci devraient plus profiter du grand intérêt que portent la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à cette question.

NOTES
1) Le Groupe de la BAD comporte trois organes de prêts : La BAD qui prête aux « pays aisés » du continent comme la Tunisie, le Maroc, le Gabon et l’Afrique du Sud, avec des taux proches de ceux du marché, le FAD qui prête à des pays plus pauvres, avec des taux très faibles et une plus longue période de remboursement et le FSN, financé à travers les recettes pétrolières du Nigéria, son champ d’intervention étant plus modeste.
2) BAD, FAD 2008 (Rapport 2007)
3) E. Bourguinat (2005), « Bâtir un secteur financier ouvert à tous », collectif des acteurs français pour l’année du microcrédit, Contribution à la conférence internationale de Paris, 20-21 juin 2005.
4) J. M. Servet (2006). «Le microcrédit, Dictionnaire de l’autre économie », Paris, Gallimard.
5) Calculs faits à partir de BAD (2008). «Comprendium de statistiques »
6) PNUD (2008) , « Rapport sur le développement humain, 2007, 2008 ».
7) La BAD classe les projets par catégories sur une échelle allant de 1 à 4, selon un ordre croissant des effets néfastes sur l’environnement et la société.
8) BAD (1999), “Cooperation with Civil Society Organisations, Policy and Guidelines”.
9) P.Bakvis (2008), « Mandats, structures et activités des IFI (FMI, BAD, BM) », CSI/Fondation Frederich Ebert, Séminaire pour la région arabe sur les stratégies syndicales à l’égard des IFI, Casablanca, octobre 2008.
10) Il s’agit de quatre normes définies par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), à savoir la prohibition du travail forcé, l’abolition du travail des enfants, l’élimination de la discrimination et la liberté syndicale.
11) P.Bakvis (2008), op.cit.
12) Confédération Syndicale Internationale (2008), « Les syndicats face aux IFI ».

* Karim Trabelsi est chercheur, syndicaliste, membre de l’Union Général des Travailleurs Tunisiens

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En attendant les Blancs

2009-05-17

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Entre Cotonou et la frontière togolaise se trouve le lac Ahémé que chanta jadis le poète béninois G.G. Vickey. Le lac est beau, et on y voit des maisons sur pilotis. Mais le plus intéressant autour de ce lac est à mon avis les quatre petites latrines construites au bord de la route. Il y en deux pour les femmes et deux pour les hommes. Il est écrit dessus : « Financement : Coopération française. » Et chaque fois que je vois ces latrines, mon esprit vagabond se met à imaginer le jour de leur inauguration.

Je vois tous les cadres de la région mobilisés pour le grand événement. Ils sont venus de tout le Bénin dans leurs grosses voitures. On a fait venir la presse spécialement de Cotonou pour relater ce temps fort des relations franco-béninoises. Le préfet et le sous-préfet du coin sont là dans leurs tenues d’apparat. Et la population, hommes, femmes et enfants, toutes les dents dehors, danse à perdre le souffle.

On accueille l’ambassadeur de France venu inaugurer les latrines offertes par la France au brave peuple du Bénin. Le député du coin, transpirant à grosses gouttes dans son beau costume, vante dans un discours truffé de citations d’auteurs français, pour faire cultivé, l’exemplarité de la coopération entre la France et le Bénin. Il loue cette coopération qui vient de se concrétiser par le financement par la France de la construction de ces quatre belles latrines, grâce auxquelles les populations du coin n’iront plus faire leurs besoins en exhibant leurs sexes et fesses au vent. Et il ne manque pas de souligner que cela participe à l’effort de son pays pour sortir du sous-développement.

Après la coupure du ruban symbolique, tout ce beau monde se retrouve chez le préfet ou le ministre originaire du coin, pour boire du champagne et déjeuner, pendant que le bon peuple continue de danser dehors en riant de contentement.

Entre nous, frères, combien peut coûter la construction de quatre malheureuses latrines faites de simples briques et de portes en bois, avec juste un trou au milieu, pour que l'on sollicite la coopération française ? Quelle technologie leur construction a-t-elle nécessité pour que l’on ait été obligé de recourir au savoir-faire des Français ?

Il y a quelques jours, M. Louis Michel, le commissaire européen chargé de la coopération et du développement, déplorait avec une pointe d’exaspération l’incapacité de l’Afrique à prendre son destin en main. Il disait entre autres que nous pourrions construire des routes, des voies ferrées, produire de l’électricité à partir des immenses potentialités que nous avons, et que ceux d’entre nous qui sont bien formés devraient rentrer dans leurs pays au lieu de rester en Europe.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces paroles de M. Louis Michel. Un de mes amis togolais avec qui nous commentions ces phrases de M. Michel fit remarquer que dans le cas de son pays, c’était la France qui avait soutenu le régime criminel de M. Eyadema, et que ce n’était pas par manque de patriotisme que bon nombre de Togolais étaient restés en Europe, mais bien parce que le régime que soutenait la France ne leur aurait pas permis de mettre leurs connaissances au service de leur pays.

On pourrait aussi ajouter l’exemple de l’ex-Zaïre où la France a soutenu jusqu’au bout le régime tout aussi criminel et prédateur de Mobutu. Un poète noir américain disait : « si le Noir n’est pas capable de se tenir debout, laissez-le tomber. Tout ce que je vous demande est de ne pas l’empêcher de se tenir debout. » Avouons que parfois la France a empêché certains Noirs de se tenir debout.

Mais ce n’est pas une raison pour se décourager. Frères, essayons à nouveau de nous tenir debout. Mais en vérité je vous le dis, tant que nous attendrons que ce soit les Blancs qui nous donnent les moyens d’aller au W.C., nous ne serons pas sortis de notre merde.

* Venance Konan est un écrivain ivoirien. Ce texte qu’il propose à Pambazuka a été rédigé il y a quelques années. Son actualité demeure.

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RDC analyses

Donnez au Congo une chance !

Ali M. Malau

2009-05-17

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Le magazine ‘Foreign Policy’ a récemment publié un article perturbant sur le Congo, écrit par Jeffrey Herbst de l’université Miami de l’Ohio et Greg Mills qui dirige la Fondation Brenthurst basée à Johannesburg. (‘There is no Congo’, affiché en mars 2009, sur le Web Exclusive, http ://www.foreignpolicy.com). L’article argumente contre un Congo unifié. En tant que citoyen congolais, je suis en désaccord total avec leur argumentation et je pense qu’ils méritent une réfutation appropriée.

Cet article est la parfaite illustration de l’approche viciée avec laquelle la communauté internationale, et certains spécialistes de l’Afrique, ont analysé la situation au Congo depuis son indépendance nominale en 1960 et, franchement, la raison pour laquelle ils font toujours tout faux. Ceci souvent n’est pas dû à une méconnaissance des faits ou de la région, mais bien aux prismes inappropriés qui continuent à colorer la pensée d’un monde académique qui persiste à être centré sur l’Occident.

A mon avis, et pour illustrer les points que je réfute, l’article peut se résumer aux citations suivantes :

« … Et en effet, pendant des siècles, ceci est ce qu’ont fait la puissance coloniale occupant le Congo, ses voisins et même ses propres gens: consommer les vastes réserves minérales du Congo sans se préoccuper da la cohérence du pays qu’ils ont laissé derrière eux. Le Congo n’a aucun des ingrédients requis pour faire un Etat/Nation. A savoir : interconnexion, un gouvernement capable d’asseoir constamment son autorité sur un territoire au-delà de sa capitale, une culture partagée qui promeut l’unité ou une langue en commun. Plutôt, le Congo est devenu une collection de peuples, de groupes, d’intérêts et de pilleurs qui co-existent du mieux qu’ils peuvent’’.

‘’ Le concept même d’un Etat congolais n’a plus d’utilité. Pour la communauté internationale, qui a depuis beaucoup trop longtemps pris ses désirs pour des réalités au détriment du pragmatisme, agir selon la réalité plutôt que selon des théories diplomatiques serait un bon début.’’

Le sens général de cet article est juste : le Congo a été une déception. Avec ses vastes ressources en termes de faune et de flore, de minerais et d’agriculture, son potentiel hydroélectrique ainsi que ses ressources humaines, toutes choses héritées à l’indépendance, on serait en droit d’attendre que le Congo rivalise ou même surpasse des puissances comme l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde, la Chine, la Corée, Singapour, l’Arabie Saoudite ou les Emirats du Golfe, Au lieu de quoi, comme le souligne justement l’article, le degré de déliquescence du Congo est sans précédent. Ne pas reconnaître cette réalité serait intellectuellement douteux.

Néanmoins, également douteux, le diagnostic qui est fait quant aux causes de la situation actuelle. De façon répétée, et pour des raisons que j’estime discutables, les auteurs confondent les causes et les conséquences, justifiant et confortant ainsi ceux qui, dans certains milieux et depuis longtemps, souhaitent une balkanisation de la République Démocratique du Congo. Les auteurs soulignent la faiblesse du gouvernement central congolais dans sa manière de diriger ce vaste pays sans toutefois expliquer complètement et honnêtement les raisons géopolitiques qui ont créé cette réalité. Pour justifier leur diagnostic du Congo, les auteurs font référence aux velléités de sécession et autres soulèvements mineurs qui ont eu lieu au cours de ces quarante dernières années.

Toutefois, ils omettent de prendre en compte les nombreuses puissances étrangères et les multinationales qui ont tenté de faire dérailler le Congo dès le début. Les auteurs affirment que ‘’ l’incapacité du gouvernement congolais à contrôler son territoire au-delà de la capitale a pour corollaire une des guerres les plus longues et les plus violentes’’, sans aucunement considérer les raisons pour lesquelles le gouvernement est constamment incapable d’exercer ce contrôle.

Ma contestation est simple. Le conflit actuel au Congo, sa déliquescence, son manque d’infrastructures et ‘d’interconnexion’, ne sont pas simplement les conséquences pathologiques et imprévues de la Guerre Froide ou de politiques coloniales qui auraient mal tourné. La situation actuelle est le résultat d’une machination à longue échéance, orchestrée par les puissances occidentales qui vise à affaiblir l’Etat dans ce pays situé au cœur de l’Afrique et riche en minerais, afin de perpétuer le pillage systématique des ressources du Congo par des intérêts étrangers et leurs intermédiaires dans l’élite locale.

Ça vous paraît exagéré ? Considérons que le Congo, jusqu`à preuve du contraire, est un pays souverain, reconnu par le droit international, les Nations Unies et, en théorie, par tous les pays de la planète. Toutefois, en dépit de cela, au cours des cinq dernières décennies, ces mêmes pays, (y compris les champions de la suprématie du droit comme les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume Uni, la Belgique, la France et l’Afrique du Sud) ont toléré que leurs compagnies minières (comme Banro, Freeport-McMoran, Anglo American, de Beers et d’autres), passent des contrats odieux avec des éléments corrompus des classes dirigeantes à Kinshasa et, pire encore, avec des seigneurs de la guerre sanguinaires et des milices à tendance génocidaire, sans pour cela être inquiété et en toute impunité.

De surcroît, plusieurs de ces pays ont fourni une aide militaire, logistique et idéologique aux régimes sécessionnistes des années 60 et 70, le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola, leurs milices par procuration et/ou à leurs milices rivales déstabilisant et créant ainsi une partition de facto du pays, afin de maximiser les profits avec de la main d’œuvre bon marché ou des esclaves et des enfants travaillant pour le compte de seigneurs de la guerre. Ceci n’est pas un hasard, mais bien le résultat d’un plan d’exploitation froid, calculé, prédateur. Il suffit d’examiner l’histoire des liens entre la famille Oppenheimer d’Afrique du Sud, magnat des mines -qui a fondé et qui finance la fondation Brenthurst dirigée par Greg Mills, un des auteurs du document ‘There is no Congo’- et les différents régimes et rébellions que nous avons vus au Congo, pour comprendre à quel point ces multinationales étrangères et les intérêts de certains Etats font partie intégrante de la gestion des affaires au Congo, quelles ques soient les affaires.

Ce que je conteste n’est pas tellement qu’il n’y a pas de Congo, ni que le Congo en tant que pays n’est pas possible. Depuis 1959, le Congo a été empêché de devenir une grande puissance au cœur de l’Afrique à l’image du Brésil, parce que perçu comme une trop grande menace potentielle pour des puissances mondiales et régionales et pour les comptes en banque de leurs acolytes, les multinationales. On voit pourquoi.

Considérons le Congo aujourd’hui. Bien que ce soit un des pays les plus pauvre et des plus mal géré du monde, en vertu de sa position et de son potentiel, le pays est prêt - s’il devait y avoir un changement majeur chez ses dirigeants- d’être un garant important du développement d’un continent africain véritablement fonctionnel et de l’Union Africaine. Comme le souligne justement Herbst et Mills le pays est la clé de voûte de la région. L’ancien président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki notait qu’‘’ il ne peut y avoir de nouvelle Afrique sans un nouveau Congo’’. Le président Barak Obama lui-même notait que’’ Si l’Afrique doit tenir ses promesses, il est capital que les problèmes du Congo trouvent leurs solutions’’

Au cours des années et malgré l’adversité à laquelle le Congo doit faire face, force est, pour ses voisins régionaux, malgré leur désir secret de voir le Congo se désintégrer afin de pouvoir en récupérer les morceaux, de reconnaître sa position centrale et cruciale dans la progression du développement du continent tout entier. En vertu de quoi, et bien qu’actuellement il soit un peu un fardeau pour tous, les pays de l’Afrique du Sud, du centre et de l’Est ont tous conclu, sous une forme ou une autre, des alliances supranationales avec le Congo, au travers des organisations régionales comme la SADC, la CEPGL, la CEEAC ou la COMESA.

C’est là qu’est le nœud pour ce pays. Laissé à lui-même, un Congo grand, fort et unifié serait un moteur puissant pour le développement et l’industrialisation de tout le continent. Je crois que Herbst et Mills ont raison de dire que ’’d’un point vue économique, les différentes parties périphériques du Congo seraient mieux intégrées à leurs voisins qu’au pays lui-même’’. Mais ceci n’est pas en faveur du Congo. Les minerais abondants et précieux, l’extraordinaire quantité d’énergie renouvelable qui pourrait provenir du barrage d’Inga sur le fleuve Congo, le gaz naturel du lac Kivu, le potentiel géothermique des volcans à l’Est, sa forêt primaire, le deuxième poumon du monde ou l’extraordinaire, et abondamment démontrée, résilience de ses peuples, font du Congo le pilier central autour duquel l’Afrique pourrait se relever.

Si les populations du Congo devaient trouver le moyen de relier toutes les parties du pays entre elles, celui-ci pourrait devenir instantanément la pièce maîtresse du développement régional. Cette perspective en a perturbé plus d’un dont les intérêts seraient mis à mal s’il y avait un gouvernement fort, une armée et une police fonctionnelles, le respect de la loi.

Herbst et Mills avancent que’’ le concept même d’un Etat congolais n’a plus d’utilité’’. Je voudrais savoir quand est-ce que ce concept a été véritablement et démocratiquement mis en pratique. Quand, depuis 1885, les affaires du Congo ont-elles été laissées dans les mains des Congolais ? J’estime que le Congo n’a jamais eu la moindre chance de réaliser son potentiel, A l’époque coloniale, les gens ont été délibérément peu instruits et la construction des infrastructures s’est limitée à celle nécessaire au transport des minerais et au confort des colons.

Sous Mobutu, le régime, soutenu par les Occidentaux, a régné avec une poigne de fer, promu la corruption, permis la déliquescence des pauvres infrastructures et de l’industrie minière et a progressivement affaiblit l’appareil étatique, l’armée et la police dans le but de renforcer et d’imposer la loi personnelle de Mobutu afin de mieux protéger les mécanismes de pillages des ressources du pays. Le Congo d’aujourd’hui est le résultat d’un processus systématique et documenté, mais réversible, d’un sous-développement fabriqué dont les causes se trouvent dans des politiques coloniales et néo-coloniales, mais surtout dans la cupidité.

Causer et perpétuer la misère, les turbulences, le tribalisme, une gouvernance autocratique et destructive et tenter de ‘’ somaliser’’ le Congo étaient plus profitables pour certains membres de l’élite nationale et de groupes étrangers et favorisaient la dépendance à certaines puissance étrangères, plutôt que de permettre au pays de construire les infrastructures dont il a besoin pour réussir.

Ceci est un prisme beaucoup plus adéquat pour considérer les évènements qui se sont abattus sur le Congo au cours des décennies. Il explique la sécession du Katanga en 1960, la province riche en minerais, sept jours après l’Indépendance, soutenue par les Belges, la puissance coloniale dont la nation avait justement réussi à se débarrasser. Il explique aussi l’assassinat du premier président démocratiquement élu, Patrice E. Lumumba, avec, pour le moins, l’approbation tacite de la Belgique et des Etats-Unis. Il explique, par exemple, les contacts, qui sont documentés, entre la famille Oppenheimer en Afrique du Sud et Albert Kalonji Mulopwe, ‘’ l’empereur’’ qui voulait faire sécession dans le Kasai du Sud, Moïse Tshombe le chef sécessionniste du Katanga et plus récemment les chef des groupes rebelles.

Finalement et tragiquement, ce prisme explique aussi comment les voisins du Congo- le Rwanda, l’Ouganda et dans une certaine mesure l’Angola- leurs milice par procuration, les milices rivales et les éléments corrompus de la classe soi-disant dirigeante du Congo et leur milice, ont non seulement été tolérés par la communauté internationale mais ont été soutenues principalement par les Etats-Unis et la Grande Bretagne dans le but de :

- systématiquement détruire et piller un pays entier sans être inquiété et en toute impunité ;
- terroriser et brutalement violer des dizaines de milliers de femmes devant leurs fils, père, mari, sans être inquiété et en toute impunité ;
- contraindre des enfants à devenir des combattants sans être inquiété et en toute impunité ;

En outre ils sont responsables de la mort de 6 millions de personnes – une dimension qui fait référence à un autre siècle- et à ce jour et apparemment, sans être inquiété et en toute impunité.

Tous les évènements précédemment décrits ont eu lieu en flagrante violation de tous les principes du droit international, de la plus élémentaire décence humaine et au vu de la MONUC, ‘’ la plus grande opération de maintien de la paix des Nations Unies’’, d’une dimension inappropriée, mal dirigée, inefficace, inepte, surpayée et d’un coût excessif, à la réputation surfaite, bénéficiant du soutien logistique des puissances occidentales et, récemment, de la redoutée AFRICOM des Etats-Unis.

Herbst et Mills argumentent que ‘’ la communauté internationale n’a ni la volonté ni les ressources de construire un Congo fonctionnel’’. Il me semble plus juste de dire, que la communauté internationale - plus ou moins intentionnellement - a activement et systématiquement saboté un Congo fonctionnel. Raison pour laquelle M. Antonio Guterres, Haut Commissaire aux Réfugiés (HCR), dans un entretien accordé au Financial Times en janvier 2008, déclarait qu’il ne fallait pas oublier ‘’ que la communauté internationale a systématiquement pillé le Congo’’, ce qui, à mon avis est un problème bien différent et beaucoup plus facilement remédiable.

La réponse aux problèmes du Congo réside dans l’investissement dans un élément clé que Herbst et Mills excluent un peu vite et bien à tort : le peuple congolais, son sentiment d’appartenance à une nation, sa résilience. Malgré toutes les humiliations de l’époque coloniale et de la dictature, des intrigues, de l’exploitation, des viols, de l’oppression, de l’humiliation quotidienne de la pauvreté, de la faim, de l’injustice, de la corruption, du tribalisme et de la triste réalité d’avoir à vivre dans un pays inutilement déchiré par la guerre, le peuple congolais a émergé résilient et cohésif, autant qu’il est possible pour une société multiculturelle, que celle-ci soit au Congo, en Afrique du Sud ou aux Etats-Unis, d’être cohésive.

Le Congo n’a peut-être encore aucun des éléments qui font un Etat/Nation, mais je défie n’importe qui de trouver un Congolais, en ville ou à la campagne, qui ne s’identifie pas à la nation congolaise et aux frontières qui furent données par le roi des Belges en 1885.

Il est vrai que le manque d’infrastructures rend l’établissement et la consolidation des fonctions régaliennes sur l’entier territoire d’un Etat fort et centralisé particulièrement difficile. Mais le Congo ne sera certainement pas le premier pays multiculturel, ni probablement le dernier, à devoir lutter afin de traduire son sens de l’identité nationale en des institutions stables et acceptées. Le chemin sera sans doute difficile mais argumenter que l’enjeu n’en vaut pas la chandelle, n’est simplement pas tenable, particulièrement venant de chercheurs appartenant à deux pays au monde – les Etats-Unis et l’Afrique du Sud- qui symbolisent (et je les admire pour cela) la possibilité de surmonter des difficultés aussi énormes que diverses afin de construire des pays forts et unis, qui combine le multiculturalisme des gens et une démocratie effective. Peut-être que les Congolais pourraient utiliser l’expérience de ces pays, ou d’autres comme le Brésil et l’Inde, afin d’établir un Etat fédéral fort. Lorsque les affaires du Congo sont laissées dans les mains des Congolais, les possibilités sont infinies.

Ceci ne signifie pas que le chemin sera parsemé de pétales de roses. Le Congo que nous envisageons, que nous espérons et que nous défendons, nécessitera énormément de travail et d’investissement de la part du peuple congolais. La classe instruite - économistes, agronomes, ingénieurs, enseignants, médecins, etc. – qui a réussi à conserver son intégrité en s’abstenant de participer au pillage du Congo, devra retrousser ses manches et abandonner le cynisme, le désespoir et l’apathie qui se sont infiltrés dans les consciences au cours de ces années noires où les perspectives de changement étaient inexistantes.

Les Congolais devront insuffler une nouvelle vie dans le système de l’instruction publique afin d’assurer à une génération future l’accès au savoir dont elle aura besoin pour reconstruire le pays. Il sera également nécessaire de mettre sur pied un système de formation des adultes dans différents domaines, et particulièrement dans le domaine de l’agriculture durable, de la construction, de l’urbanisation, de la santé publique et de la salubrité. Ils devront renforcer la dimension civique, de la citoyenneté, des Droits de l’Homme, des droits civiques et civils, les questions d’ordre public et le respect des femmes qui ont été érodés dans la conscience générale par des années d’oppression, de formation au rabais, de léopoldisme, de colonialisme, de mobutisme et autres « ismes ».

Finalement, ils devront trouver des partenaires valables pour réaliser ce qui précède et aussi s’approprier la vaste technologie moderne, à commencer par l’électrification du pays par la restauration et l’achèvement du complexe hydroélectrique de l’Inga. Cette tâche n’est pas complexe pour les Congolais. Elle est simplement ennuyeuse. Les propositions que nous avons avancées impliquent beaucoup de temps et de travail de la part de chacun, mais elles sont absolument réalisables. Je suis persuadé que les Congolais sont tout à fait capables de mener à bien une telle tâche pour peu qu’une authentique opportunité leur soit donnée.

Donc, au lieu d’abandonner le Congo en le prenant pour une erreur irrémédiable, je propose de laisser le Congo et son peuple vous émerveiller. Donnez au Congo une chance ! C’est vraiment très simple. Intel, Nokia, Dell, T-Mobile, IBM, Banro, Freeport-McMoran, Anglo-American, Chevron, Tullow, ainsi que toutes les autres compagnies mentionnées dans le Financial Times et les rapports des Nations Unies entre 2001 et 2003 qui galopent à travers le Congo en faisant mains basses sur le coltan, la cassitérite, l’étain, le cobalt, l’or, les diamants, le pétrole, etc., doivent mettre un terme à l’acquisition de minerais par des contrats odieux ou illégaux, ou auprès des pays voisins qui ont volé nos ressources ou encore auprès de sources illégales tels les seigneurs de la guerre.

N’hésitez pas à investir au Congo mais faites le en utilisant les voies légales. Arrêtez de financer et d’armer les seigneurs de la guerre. Les gens de bonne volonté devraient décourager nos voisins de s’immiscer dans nos affaires et promouvoir les institutions d’instruction publique et de la santé. Soutenez les institutions locales, aidez la société civile à demander des comptes au gouvernement central, aux gouvernements provinciaux et aux forces de sécurité. Et finalement, aidez, mais cette fois aidez vraiment les Congolais à conduire en 2011 des élections réellement libres, transparentes et démocratiques.

Le rapport de 2007 de l’International Crises Group ‘’ Congo : Consolidating the peace’’ (Congo, Consolider la paix) a montré que la communauté internationale était plus intéressée par l’accès aux ressources minières que par un processus démocratique qui refléterait les intérêts du peuple. Faisons tous un effort afin qu’une telle situation ne se répète pas. Les Congolais ont une constitution imparfaite, avec des règles et des institutions imparfaites, mais ce sont les leurs et il leur appartient de les perfectionner.

Laissez les Congolais choisir leurs dirigeants et gérer leur propre territoire. Donnez leur la chance qu’ils n’ont jamais eue : prouver leur capacité à être une nation viable et établir pour eux-mêmes un Etat qui permet à leur pays de réaliser son potentiel. Est-ce là vraiment un concept qui a perdu son utilité ? J’ose espérer qu’il n’en est rien.

* Ali Madau est conseiller auprès de ‘’The friends of Congo ‘’ (FOTC), une organisation basée à Washington DC et fondée en 2004 à l’initiative d’organisations congolaises des Droits de l’Homme et autres institutions de la société civile, afin de co-opérer en vue d’amener des changements durables et pacifiques en république démocratique du Congo

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Résumé de l'Édition Anglaise

Pour le rachat de l'âme de la nation kenyane

Njonjo Mue

2009-05-17

http://pambazuka.org/en/category/features/56268

Au moment où les Kenyans luttent pour trouver un sens à la succession de crises que connaît leur classe politique, Njonjo Mue défie les jeunes du pays à engager le bon combat et défendre la liberté, la dignité, le patrimoine des Kenyans, ainsi que l'avenir de leurs enfants en s’engageant dans un soulèvement déterminé et en refusant d’accepter la décomposition de leur pays. L'article de Mue est un appel aux armes, pour que les hommes quittent les bars le temps qu’il faut pour savoir ce que leurs enfants vont manger au dîner, pour que les femmes cessent leur fuite en avant et affrontent les problèmes auxquels font face les collectivités kenyanes, et pour que tous les Kenyans prennent individuellement la responsabilité de l'avenir de leur pays.





Nécrologie

République centrafricaine : Abel Goumba est mort

2009-05-14

http://tinyurl.com/o36cgj

Le vieux lion est mort. Ancien vice-président et ancien Premier ministre centrafricain, Abel Goumba est décédé le 11 mai à Bangui. Il avait 83 ans. Figure de l’indépendance du pays, cet ancien agrégé de médecine s'oppose ensuite à tous les régimes, de Jean-Bedel Bokassa à Ange-Félix Patassé, en passant par le général Kolingba et son éternel rival David Dacko. Pour ses convictions, pour son combat en faveur du multipartisme et de la démocratie, il a connu l'exil et a même fait plusieurs séjours en prison. Il était un peu le Mandela de la République centrafricaine. Enseignant et chercheur, il a exercé au Rwanda, en RD Congo, au Bénin et bien sûr dans son pays où il a notamment été recteur de l'université de Bangui.





Femmes & genre

Côte d’ivoire : Campagne en faveur des femmes fistuleuses

2009-05-14

http://tinyurl.com/q97rhq

Une association de bienfaisance s'engage dans la sensibilisation en Côte d’Ivoire contre les fistules vésico-vaginales qui se caractérisent, entre autres, par « des fuites d'urines permanentes par le vagin ». Pour la responsable de l’Ong Inner Wheel, il s’agit de « promouvoir l'information des femmes atteintes de cette maladie et de leurs familles, l'information des entreprises et des bonnes volontés ». L’association va aussi prendre en charge 50 femmes atteintes et assurer leur réinsertion professionnelle.


Kenya : la grève du sexe, un succès ?

2009-05-14

http://www.afrik.com/article16741.html

Dix associations de femmes avaient appelé les Kényanes à l’abstinence le 29 avril pour mettre un terme aux disputes entre le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga. Un processus indispensable pour entamer les réformes et éviter que le pays ne se déchire, comme lors de l’élection présidentielle de décembre 2007. D’après le collectif, appelé G10, le bilan de la semaine sans sexe est satisfaisant. «Ça a marché ! Même si nous arrêtons, le message a été entendu. L’idée était de mettre la pression. Nous avons confirmation que les deux responsables travaillent ensemble et que nous aurons des réformes », s’est réjouit la présidente de Maendeleo Ya Wanawake Organisation (MYWO), la plus ancienne association de femmes du Kenya.


Madagascar : Les femmes légalistes relancent la contestation

2009-05-14

http://tinyurl.com/re54f

Près d'un millier de femmes ont défilé jeudi dans les rues d'Antananarivo pour réclamer le retour du président évincé Marc Ravalomanana et la libération des dirigeants politiques partisans de l'ancien régime. « On a attaché nos mains avec une ficelle et puis on a mis du sparadrap sur la bouche pour montrer qu’on n’est pas libre. Parce qu’on ne peut pas parler, personne n’est libre. On est au bout des fusils à chaque fois », dit l'une des femmes qui avec ses amies se sont ainsi faites les porte-parole d’un mouvement légaliste qui a perdu de sa vigueur depuis l’arrestation de certains de ses leaders.


Mauritanie : Les victimes de viol demandent justice, et finissent en prison

2009-05-14

http://www.riminfo.net/MAURITANIE-Les-victimes-de-viol-demandent-justice,-et-finissent-en-prison_a330.html

Les femmes de Mauritanie qui portent plainte pour agression sexuelle s'exposent au risque d'être incarcérées en raison de lois mal définies et d'un phénomène de stigmatisation qui font porter aux victimes plutôt qu'à leurs agresseurs la responsabilité du crime, selon un organisme à but non-lucratif local. Le viol reste un sujet tabou en Mauritanie, à tel point qu'il n'est pas abordé dans la loi et que le mot ne figure dans aucun document gouvernemental, selon l'Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l'enfant, une ONG. « Comment punir les agresseurs si le crime lui-même n'a pas été clarifié ?», s'interroge le conseiller juridique de l'association.





Droits humains

Centrafique : La décision de la CPI sur l’affaire Bemba attendue en juin

2009-05-15

http://tinyurl.com/omsetr

Les juges de la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) pourront rendre à la mi-juin 2009 leur décision dans l’affaire qui oppose le procureur à Jean Pierre Bemba, relative aux crimes commis entre 2002 et 2003 en Centrafrique. Il s’agira soit d’ouvrir un procès, soit de demander au procureur, en cas d’insuffisance d’éléments de preuves, d’apporter d’éléments supplémentaires à charge du suspect. Et à l’extrême d’ouvrir une autre enquête, à la demande de la Chambre. Cette décision interviendra à la suite de la demande introduite le 04 mars denier par les juges estimant que Jean-Pierre Bemba pourrait ne pas être pénalement responsable des crimes qui lui sont reprochés.


Côte d’Ivoire : Rapprochement avec une autre disparition dans le dossier Kieffer

2009-05-15

http://tinyurl.com/ps6jp9

Les juges chargés de l’affaire Kieffer, un journaliste franco-canadien disparu en Côte d’Ivoire en 2004, enquêtent également sur un autre cas d’enlèvement qu’ils n’ont pas tardé à rapprocher de celui du premier. Les auditions effectuées en Côte d'Ivoire par les juges français dans l'enquête sur la disparition de Kieffer ont fait apparaître des "similitudes" avec l'enlèvement, six mois plus tard, d'un avocat français. Ces similitudes se reflètent dans l'organisation mise en place : mêmes personnes, mêmes lieux, probablement pour les mêmes raisons", a-t-il ajouté.


Global : Paris bat en retraite dans l'affaire des biens des présidents africains

2009-05-14

http://tinyurl.com/py5bly

Le parquet de Paris a fait appel le 7 mai dernier de la décision de la doyenne des juges d'instruction du tribunal de grande instance d'instruire la plainte déposée visant trois présidents africains pour «recel et détournement de fonds publics», «blanchiment», «abus de biens sociaux» et «abus de confiance». L'aval de la juge d'instruction, tombé le 4 mai dernier, avait engendré une levée de bouclier, mettant notamment en lumière l'incrimination collatérale des plus hautes institutions bancaires françaises. 

 

Il revient désormais à la chambre de l'instruction de décider si un juge français est effectivement habilité à mener une enquête sur les procédures d'acquisition des patrimoines détenus en France par des chefs d'Etat en exercice.


Kenya : Un procès contre les grévistes du sexe

2009-05-15

http://tinyurl.com/phz32f

Un Kenyan a affirmé que la grève du sexe prônée par le G10 a eu des conséquences sur sa santé et demande réparation... Selon lui, il n’a pas pu toucher son épouse du 29 avril au 6 mai parce qu’elle suivait la grève lancée par un collectif d’associations de femmes kenyanes pour pousser les hommes politiques du pays à sortir le pays de la crise. Pendant la semaine de jeûne, il a répertorié les conséquences de l’abstinence sur sa santé et affirme avoir souffert d’angoisse, de stress, de douleurs dorsales, de problèmes de concentration au travail, de colère et de manque de sommeil...


Rd Congo : Amnesty international demande l’arrestation de Bosco Ntaganda

2009-05-14

http://tinyurl.com/q5mkxn

Au moment où le CNDP se concerte avec le gouvernement pour évaluer le progrès réalisé par les Accords de paix de Goma, Amnesty international relance le dossier Bosco Ntaganda, chef d’état-major de l’ancien mouvement militaro-politique. Cette ONG demande son arrestation et son transfèrement à la CPI, dans une lettre ouverte adressée au président Joseph Kabila. Bosco Ntaganda est recherché par cette institution judiciaire internationale pour enrôlement d’enfants. Mais, pour le gouvernement, la priorité c’est d’abord la pacification en cours au Nord-Kivu avec le concours de la personne recherchée.





Réfugiés & migration forcée

Burundi : Un camp pour 5.000 demandeurs d'asile congolais à Bujumbura

2009-05-14

http://tinyurl.com/qmwdbo

Le HCR a annoncé le 7 mai l'aménagement, en cours, d'un 4ème camp pouvant accueillir jusqu'à 5.000 nouveaux demandeurs d'asile en provenance de la RD Congo voisine, à Ruyigi, une province du Sud-Est du Burundi. Le flot de réfugiés congolais fuyant l'insécurité dans l'Est de leur pays ne tarit pas depuis 2003 et on estime actuellement à 27.000 le nombre de personnes réparties dans trois camps d'accueil à Ngozi et Muyinga, dans le Nord du Burundi et Mwaro, plus au centre du pays. "Des tractations sont en cours et visent à mettre sur pied une commission tripartite entre le Burundi, la RDC et la HCR pour voir comment rapatrier les milliers de réfugiés congolais, une fois que les conditions de sécurité internes au pays d'origine seront réunies", a fait savoir a fait savoir le représentant du HCR au Burundi.


Tchad : L'ONU dénonce "les violences sexuelles" dans les camps de réfugiés

2009-05-17

http://tinyurl.com/pvzkph

Le Comité anti-torture de l'ONU (CAT) a dénoncé vendredi "l'ampleur des violences sexuelles" que subissent les femmes et les enfants au Tchad, en particulier dans les camps de réfugiés, ainsi que la persistance de la torture et de l'impunité dans ces zones. Ces violences sont commises "en toute impunité, autant par les milices, les groupes et les forces armées que par toute autre personne", ont souligné les dix experts indépendants du CAT dans leur rapport sur la situation dans le pays.





Elections & gouvernance

Côte d’Ivoire : Les Ivoiriens éliront leur président le 29 novembre

2009-05-17

http://www.afrik.com/article16772.html

Le Premier ministre Guillaume Soro a mis fin à un long supense. Les Ivoiriens sont convoqués le 29 novembre prochain pour les premières élections présidentielles qui se tiendront dans le pays depuis 2002. Ce scrutin, plusieurs fois reporté, devrait mettre fin à la crise politique que traverse le pays depuis sept ans. «Le Collège électoral de la République de Côte d’Ivoire est convoqué le 29 novembre 2009 en vue de procéder à l’élection du président de la République. Le scrutin sera ouvert à 7 heures et clos à 17 heures. », a déclaré le 14 mai le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro.


Guinée : Le chef de la junte ne se présentera pas aux élections

2009-05-14

http://www.africatime.com/guinee/index.asp

Le chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, a confirmé le 10 mai que lui et son équipe avaient bien renoncé à se présenter aux élections générales prévues en fin d'année. «Nous allons aux élections. Je ne vais pas me présenter et les membres du CNDD (Conseil national pour la défense de la démocratie, junte) également ne vont pas se présenter», a déclaré Moussa Dadis Camara, lors d'une rencontre avec la presse. C'est la première fois que le leader guinéen affirme explicitement renoncer à se présenter devant les électeurs en décembre. Le 15 avril, il avait menacé d'«ôter la tenue» militaire pour pouvoir le faire.


Guinée-Bissau : 12 candidats retenus pour la présidentielle, 8 exclus

2009-05-17

http://tinyurl.com/ou9w63

La Cour suprême de Guinée-Bissau a annoncé jeudi 14 mai avoir retenu 12 candidats pour la présidentielle du 28 juin, qui aura lieu près de quatre mois après l'assassinat du président Joao Bernardo Vieira, tandis que huit candidatures ont été rejetées, dont celles de deux ex-Premiers ministres. Ces derniers sont Francisco José Fadul (1999), leader du Parti pour la démocratie et la citoyenneté (Padec), et Me Pedro Infanda (sans étiquette), tous deux avocats. Le Cour a pris sa décision en leur reprochant de n'avoir pas démissionné de leur poste.


Madagascar : Andry Rajoelina non partant pour la présidentielle

2009-05-14

http://tinyurl.com/qryyg9

Le président de la Haute autorité de la transition, Andry Rajoelina, réitère sa promesse. Il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2010. Une décision qui pourrait être déterminante pour l'avenir de la transition. De sources concordantes, il a tenu à en informer en premier lieu les diplomates en poste à Antananarivo. Le choix d'annoncer la nouvelle aux ambassadeurs n'est pas fortuit. Le président de la HAT semble vouloir rassurer la communauté internationale au moment où d'intenses activités diplomatiques sont en cours pour trouver un accord qui assainira la situation actuelle.


Mauritanie : Présidence symbolique pour le premier Noir à la tête de l’Etat

2009-05-14

http://tinyurl.com/qk4llk

Ba Mamadou M’Baré est devenu, pour soixante jours, le premier chef de l’État noir depuis l’indépendance de la Mauritanie. Un événement historique, tempéré par les circonstances de sa désignation. Un symbole. En prenant la relève, le 15 avril, du général Mohamed Ould Abdelaziz, qui venait de démissionner, Ba Mamadou M’Baré, jusqu’alors président du Sénat, est entré dans l’histoire à la faveur d’un scénario contesté. Chef de l’État autoproclamé depuis son coup d’État du 6 août dernier, le général Ould Abdelaziz a renoncé à ses fonctions militaires pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, fixée au 6 juin par son administration.


Madagascar : Pourquoi la situation inquiète Paris

2009-05-14

http://tinyurl.com/r47o4e

L’imbroglio malgache commence à préoccuper l’Élysée et le Quai d’Orsay. L’analyse des autorités françaises est la suivante : l’ex-président Marc Ravalomanana, aujourd’hui en exil au Swaziland, ne doit pas – même s’il est toujours considéré comme légitime – rentrer à Antananarivo, où sa présence ne pourrait être que facteur de troubles graves, voire de guerre civile. Mais son tombeur Andry Rajoelina ne doit pas pour autant être autorisé à se présenter à l’élection présidentielle, qui sera organisée à l’issue d’une période de transition aussi courte que possible.


Madagascar : Rajoelina ne veut pas d'ex-présidents malgaches au futur scrutin

2009-05-15

http://tinyurl.com/rx2n4o

Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé qu'il négociait un accord avec les partis politiques du pays pour que les anciens chefs de l'Etat ne puissent pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. L'information, donnée de source diplomatique française, a été démentie dans la capitale de la Grande Ile de l'océan Indien où l'on affirme que le jeune dirigeant, qui s'est emparé du pouvoir avec l'aide de l'armée, n'avait fait aucun commentaire dans un sens comme dans l'autre. Andry Rajoelina, qui a pris le pouvoir en mars dans des conditions controversées, avait annoncé le 12 mai qu'il ne serait pas candidat au futur scrutin présidentiel.


Niger: mise en garde du président de la Haute Cour de justice

2009-05-14

http://tinyurl.com/obfugg

Un parti de la coalition au pouvoir au Niger, dirigé par le président de la Haute Cour de justice de la République, a mis en garde le 11 mai contre une "scission du pays" du fait de la volonté du président Mamadou Tandja d'organiser un référendum pour se maintenir au pouvoir fin 2009 après deux quinquennats. "Si on n'y prend pas garde, le pays sera divisé en deux: d'un côté les républicains et de l'autre ceux qui veulent que M. Tandja reste au pouvoir", a prévenu le président de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ANDP), Moumouni Djermakoye Adamou.


Sénégal : L’opposition dénonce l’institution d’une vice-présidence

2009-05-15

http://tinyurl.com/q65jg8

Le Conseil des ministres au Sénégal a examiné et adopté, le 30 avril dernier, le projet de loi constitutionnel instituant un poste de vice-président de la République au Sénégal. La loi devrait être examinée en procédure d’urgence, le 15 mai, par les députés en séance plénière, avant d’être validée par le Sénat. Dans une déclaration, le Parti socialiste, principal parti d’opposition, relève que ‘’ la vice-présidence est une institution inutile qui renforce la perception largement répandue dans l’opinion d’une troublante perte par le pouvoir en place du sens des priorités des populations, éprouvées par une crise endémique’’.





Corruption

Guinée équatoriale : Obiang Nguéma résume ses bien en France à un pavillon

2009-05-14

http://tinyurl.com/qjl4dt

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, un des trois chefs d'Etat africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné, n'a qu'un pavillon dans ce pays. Le président Obiang "ne possède en France qu'un seul actif immobilier, à savoir un pavillon, comme le possèdent sans doute quelques millions d'Européens", déclare le ministère de l'Information équato-guinéen dans un communiqué. M. Obiang a "acquis" ce bien "en 1986, donc bien avant la découverte dans notre pays de gisements pétroliers. Il n'y dispose d'aucun autre avoir et n'y est titulaire d'aucun compte bancaire", précise-t-il. Le 6 mai, une juge française a estimé recevable une plainte visant M. Obiang Nguema ainsi que ses homologues Omar Bongo Ondimba (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo). Le parquet a fait appel de sa décision.


Guinée équatoriale : Obiang Nguéma «n’a qu’un pavillon» en France

2009-05-14

http://www.afriklive.com/Biens-de-presidents-africains-en-Fr

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, un des trois chefs d'Etat africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné, n'a qu'un pavillon dans ce pays. Le président Obiang "ne possède en France qu'un seul actif immobilier, à savoir un pavillon, comme le possèdent sans doute quelques millions d'Européens", déclare le ministère de l'Information équato-guinéen dans un communiqué. M. Obiang a "acquis" ce bien "en 1986, donc bien avant la découverte dans notre pays de gisements pétroliers. Il n'y dispose d'aucun autre avoir et n'y est titulaire d'aucun compte bancaire", précise-t-il. Le 6 mai, une juge française a estimé recevable une plainte visant M. Obiang Nguema ainsi que ses homologues Omar Bongo Ondimba (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo). Le parquet a fait appel de sa décision.





Développement

Afrique : La BAD évalue les perspectives de croissance

2009-05-14

http://tinyurl.com/pbz6fl

L’Afrique est frappée de plein fouet par la crise financière internationale. Ce qui, selon les Perspectives économiques africaines (Pea), une publication présentée le 10 mai à Dakar, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), a grandement affecté les économies africaines avec une croissance du PIB chutant de moitié, soit d’un taux prévu de 5,7% à 2,8% en 2009.

 Publié conjointement par la BAD, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), cet ouvrage mentionne que la crise a diminué de manière sensible la croissance soutenue de plusieurs pays africains depuis les cinq dernières années. Cependant, les auteurs voient la croissance revenir de 4,5% en 2010.


Afrique : La Bad dit «niet» à la dévaluation du Franc Cfa

2009-05-15

http://tinyurl.com/pq47xz

La rumeur enfle toujours sur une probable dévaluation du franc Cfa. Toutefois, pour le président du Groupe de la Banque africaine de développement, «l’ajustement monétaire ne peut pas régler la crise économique internationale. Il faut plutôt procéder à un ajustement des équilibres au lieu de penser à une deuxième dévaluation du franc Cfa». Durant les années trente ou quarante, rappelle-t-il, pendant la récession qui a suivi le clash, des pays se sont engagés dans une dévaluation compétitive, pensant que c’était la solution pour faire face à la situation. Ce qui a conduit à la création des institutions de Bretton Woods.


RD Congo : Appel à la diaspora congolaise à investir au pays

2009-05-14

http://www.digitalcongo.net/article/58118

Le ministre des PME a saisi l’opportunité de la tribune de « Congo-Event 2009 » à Bruxelles pour inviter les Congolais de la diaspora à investir au pays pour sa reconstruction et son développement. Invité le 7 mai à Bruxelles, à cette Conférence-Rencontre dont l’objectif était de rendre visibles les opportunités de vivre, travailler et entreprendre en Rd Congo. Parmi les secteurs prioritaires, il a cité la filière dépendant des entreprises de construction et de génie civil, l’agro-alimentaire et tous les secteurs qui en dépendent, la gestion des immondices, de la consommation, du transport, de l’éducation, la publicité, les soins de santé... Autant de secteurs qui ont besoin de l’expertise que l’on peut trouver parmi les Congolais vivant à l’étranger, note le ministre.


Sénégal : Wade annonce une ‘’banque verte’’ pour paysans, pêcheurs et pasteurs

2009-05-14

http://tinyurl.com/pboflw

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a annoncé le 7 mai avoir décidé de la création d’une ‘’banque verte’’ dédiée aux paysans, pêcheurs et pasteurs, dans l’espoir d’impulser ’’une révolution’’ dans le monde rural qui gagnerait en autonomie. ’’Cela permettra aux paysans d’acheter directement les intrants sans intermédiaires, ce qui leur permettra de gagner une bonne marge et de vendre leurs graines au bon moment’’, a expliqué le chef de l’Etat. Cette ‘’révolution rurale’’ se fera notamment par le biais de l’organisation des paysans en syndicat national des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs, l’adoption d’une loi-cadre qui définit les grands axes consacrant le passage du statut de paysan à celui d’agriculteur, souligne Wade.





Santé & VIH/SIDA

Botswana : Circoncire 460.000 hommes pour combattre le sida

2009-05-14

http://tinyurl.com/r3an6r

Le Botswana a mis en place un programme pour circoncire 80% de la population masculine, soit 460 000 hommes, afin de limiter la propagation du sida dans ce pays d'Afrique australe fortement touché par cette maladie, a annoncé le ministère de la Santé. Le gouvernement a lancé une campagne médiatique afin d'encourager les hommes à se rendre dans les hôpitaux pour être opérés dans de bonnes conditions d'hygiène. Jusque dans les années 70, certaines ethnies pratiquaient en brousse la circoncision traditionnelle jusqu'à ce que les autorités découragent cette pratique pour des raisons de santé publique.


Côte d'Ivoire : Le vaccin contre la méningite gratuit

2009-05-14

http://news.abidjan.net/h/330659.html

Le vaccin contre les méningites du bébé est maintenant accessible gratuitement à tous les enfants de 4 à 18 mois en Côte d’Ivoire. Avec cette mesure annoncée le 9 mai, l'Etat de Côte d'Ivoire vient soulager une grande partie de la population qui n'a pas les moyens de se procurer ce vaccin pourtant très important pour la sécurité des enfants. En effet, dans le monde, les méningites tuent 3 millions d'enfants par an. Et en Côte d'Ivoire, à en croire les données du site de surveillance des méningites du CHU de Yopougon, il y a plusieurs cas de décès, et 15 à 35% des enfants survivants développent des incapacités physiques, des arriérations mentales ou des surdités.


Niger : Une campagne lancée contre les maladies tropicales négligées

2009-05-14

http://sudonline.sn/spip.php?article18229

Les autorités sanitaires du Niger ont lancé une campagne nationale de distribution gratuite de médicaments contre les maladies tropicales négligées, a constaté Apa samedi à Niamey, la capitale. D’une durée d’un mois, cette campagne vise à protéger les populations des maladies comme la bilharziose, les vers intestinaux, la filariose lymphatique et le trachome, selon les explications fournies par le ministère de la Santé publique. En 2007, des médicaments d’une valeur de 26,7 milliards FCFA avaient été distribués à une population estimée à 8,4 millions de personnes, en vue de lutter contre ces maladies tropicales négligées.





Éducation

RD Congo : Mille universités, mille misères

2009-05-17

http://tinyurl.com/pru8th

Si les universités prolifèrent en RD Congo, c'est la plupart du temps plus pour remplir les poches de leurs promoteurs que la tête des étudiants. Quatre-vingts pour cent d'entre elles n'ont ni bâtiments, ni matériel, ni professeurs… Les jeunes y perdent leur temps et leur argent. Aujourd'hui la RD Congo compte mille universités : quatre fois plus que la France, deux fois plus que la Chine ! La plupart des promoteurs de ces centres jouent sur la soif des jeunes de faire des études et sur la décrépitude des universités publiques. Pour la majorité d'entre eux, il s'agit d'abord d'affaires rentables.





Racisme & xénophobie

Afrique du sud : Les violences xénophobes "peuvent recommencer"

2009-05-14

http://tinyurl.com/rxg25u

"Ça arrivera encore. Un an après, rien n'a changé". Les violences xénophobes qui avaient balayé l’Afrique du Sud l’année dernière sont toujours redoutées. La chasse à l'étranger avait fait plus de 60 morts et avait duré deux semaines. Selon les populations immigrées, les attaques isolées et parfois meurtrières contre les Zimbabwéens, Mozambicains ou Somaliens se poursuivent car les conditions restent réunies pour que la situation explose de nouveau.





Environnement

Algérie: Tarissement des ressources halieutiques

2009-05-14

http://tinyurl.com/qaxxko

Le manque de modération dans la pratique de la pêche avec des filets pélagiques observés ces dernières années en Algérie a eu comme conséquence immédiate de faire fuir la sardine au-delà des trois miles marins. Une sérieuse menace pèse donc sur les ressources halieutiques algériennes, dont 80% vivent près des côtes. Dès lors, une question s'impose : comment parvenir au plus vite à régénérer nos stocks de poisson ? Cette situation de déstockage massif de la faune marine côtière aurait pu être évitée si des règles élémentaires de pêche dans la zone de trois miles marins avaient été appliquées à la lettre.


Madagascar: Les criquets infestent le Grand sud

2009-05-14

http://tinyurl.com/qjesfa

Le dernier cyclone qui a frappé Madagascar a favorisé l'éclosion des larves de criquets dans le sud. Selon le dernier bilan, 45 000 hectares au total ont été infestés, de décembre 2008 à avril 2009, principalement dans la région Atsimo Andrefana. Deux espèces dangereuses sont redoutées dans cette invasion : le criquet migrateur malgache (valala vao) et le criquet nomade (valala mena elatra). Le premier est le plus dangereux pour le pays. Pouvant produire jusqu'à cinq générations par an, il est responsable des différentes invasions acridiennes qui ont frappé la Grande île à la fin des années 90 et en 2000.


Nigeria: Vers la fin des crocodiles, décimés par braconniers et tanneurs

2009-05-14

http://tinyurl.com/p48uuv

Va-t-on vers l'extinction des crocodiles au Nigeria ? L'exploitation et le commerce illégaux de leur peau dans le nord du pays pourrait bien avoir définitivement raison d'ici quelques années de ces sauriens. Dans un très bon mois, une tannerie peut traiter entre 16.000 et 20.000 peaux de crocodile,. En période creuse, 2.000 à 4.000 peaux finissent dans les puits de la tannerie. La viande est vendue sur les marchés dans le sud du pays, tandis que les peaux, une fois tannées, sont exportées vers l'Inde, l'Arabie saoudite et dernièrement la Chine.


RD Congo : Début d’une série de catastrophes dans l’immobilier

2009-05-15

http://tinyurl.com/qvkccb

Le 5 mai 2009, un drame se produit sur l’avenue de la Prison, dans la commune de Barumbu : un immeuble de trois niveaux en construction s’affaisse. Bilan : trois personnes tuées et d’importants dégâts matériels enregistrés. Sont morts le maçon, son beau-frère et un ouvrier qui se trouvaient au premier niveau. L’immeuble, construit sur un terrain marécageux et propriété d’un homme en uniforme, a été rasé après le drame. Le journal Le Potentiel avait, en novembre 2008 tiré la sonnette d’alarme sur le danger qui se profilait à l’horizon dans le secteur de l’immobilier à Kinshasa. D’autres catastrophes de ce genre sont à redouter.





Média & liberté d'expression

Afrique : Lancement d'Africa 24, une télé panafricaine

2009-05-14

http://tinyurl.com/qjkyp5

Une nouvelle chaîne d'information panafricaine, Africa 24, émettant 24 heures sur 24 dans un premier temps en français et dont l'objectif est une diffusion internationale, a été lancée officiellement le 12 mai à Paris. Fondée par le Camerounais Constant Nemale, également cofondateur en 1998 d'une autre chaîne panafricaine 3A Télésud, Africa 24 est une chaîne de télévision à destination des Africains et de la diaspora. Elle émet déjà en français depuis février 2009 vers l'Afrique. Elle prévoit une diffusion en anglais fin 2010 et en arabe en 2011.


Mauritanie : Tentative de meurtre contre un journaliste

2009-05-17

http://tinyurl.com/qtyjzb

Reporters sans frontières a exprimé le 14 mai son "indignation" après "la tentative de meurtre" dont a été victime le 12 mai le rédacteur en chef du quotidien El Wattan et présentateur de Radio Mauritanie, Mohamed Ould Zeine. Ce dernier a été attiré dans un piège par deux personnes qui l’ont attaqué avec des battes de base-ball, lui ont donné plusieurs coups de couteau et lui ont frappé la tête contre un mur. Les assaillants sont partis le laissant pour mort.





Conflits & urgences

Afrique : N'Djamena et Khartoum se livrent une guerre par procuration

2009-05-14

http://tinyurl.com/orxc2f

Une nouvelle fois, des rebelles tchadiens de l'Union des forces pour la résistance (UFR) sont entrés dans l'est du Tchad depuis le Soudan. Ils étaient quelque 400 véhicules divisés en deux colonnes, avec la capitale tchadienne N'Djamena pour «objectif final». Après une semaine de combats, l'armée tchadienne semblait avoir remporté les combats et réussi à repousser les rebelles. Ces derniers affirment regrouper leurs forces pour poursuivre leur offensive. Mais qui sont ces rebelles qui en veulent au pouvoir de Deby ?


Rwanda : Nkunda ne sera plus extradé vers Kinshasa

2009-05-15

http://tinyurl.com/o3vaa2

Lâchée cependant que tout Kinshasa ne s’y attendait pas du tout, l’affaire a fait l’effet d’une bombe. Dans un silence absolu au niveau des sphères officielles. Laurent Nkunda ne serait pas extradé vers la RD Congo, mais transféré du Rwanda vers un autre pays neutre. C’est le ministre rwandais de la Justice qui a divulgué cette prise de position de son gouvernement le 6 mai au moment où son homologue congolais,se trouvait déjà à Kgali et, curieuse ironie du sort, pour la poursuite des discussions sur l’obtention de l’extradition de Laurent Nkunda vers la RDC où il devrait répondre de ses crimes devant la justice congolaise.


Sénégal : Les rebelles du MFDC harcèlent l’armée

2009-05-15

http://tinyurl.com/oft75w

Depuis des jours, l’armée sénégalais est soumise à des harcèlements des bandes armées. L’épicentre de ce regain de violence est la communauté rurale de Kataba 1, dans le département de Bignona. Les bandes armées s’y attaquent à des positions militaires ou à des véhicules en déplacement. Ces échauffourées surviennent dans une région où les attaques contre les positions des militaires se sont faites rares au cours de ces dernières années. L’insécurité venait surtout des coupeurs de route .


Somalie : Violents affrontements entre milices rivales

2009-05-14

http://tinyurl.com/pf6csq

De violents combats opposant des islamistes modérés fidèles au gouvernement aux radicaux d'Al Chabaab se sont poursuivis le 13 mai en Somalie. Peu d'informations étaient disponibles dans l'immédiat. Le centre et le sud du pays ont par ailleurs été le théâtre de violents combats entre les islamistes d'Al Chabaab et ceux d'Ahlu Sunna, une milice plus modérée. Les groupes insurgés veulent renverser le nouveau président cheikh Charif Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier lors de discussions parrainées par l'Onu. Son arrivée a suscité l'espoir d'une stabilisation du pays, plongé dans l'anarchie et le chaos depuis la chute de l'ancien homme fort Mohamed Siad Barré en 1991.


Tchad : Déby gagne une bataille face aux rebelles

2009-05-14

http://www.africatime.com/Tchad/index.asp

Et voilà le Tchad à nouveau en guerre. Pas vraiment étonnant si l’on considère les positions affichées de part et d’autre par les différents protagonistes. Les rebelles en ont fait une fixation : renverser coûte que coûte Déby. Tandis que le président tchadien, de son côté, est plus que jamais déterminé à conserver son fauteuil présidentiel, envers et contre tout. Avec des positions aussi tranchées, la guerre inachevée de février 2008 est en train de se rééditer. Mais cette fois-ci, les forces gouvernementales ont su faire front à la déferlante rebelle. Entre les deux offensives, le régime de Déby n’a pas dormi. Sa force de frappe aérienne a été déterminante dans cette première bataille, causant de lourdes pertes dans le camp des rebelles. Ceux-ci reconnaissent la violence des combats mais restent muets sur leurs pertes. La question est de savoir, quelle sera la réaction des rebelles, une fois l’effet de surprise passé.


Tchad : La chute de Déby viendra-t-elle du Soudan ?

2009-05-15

http://tinyurl.com/qpnn5a

S’il y a un chef d’Etat dont les difficultés ne font que croître, c’est bel et bien le Tchadien Idriss Déby Itno. Comme d’autres de ses pairs, il est venu au pouvoir par un coup de force, et depuis qu’il est aux affaires, il n’a pas résisté à la tentation de toucher à la Constitution pour ne pas partir. Déby se croit, lui aussi, irremplaçable et pense, peut-être, que sans lui, le printemps n’est pas pour demain dans ce pays. Mais a-t-il oublié que c’est par le Soudan qu’il a débouché en 1990 pour chasser Hissène Habré du pouvoir ? Plus que jamais, le sort semble s’acharner sur lui et Dieu sait si sa chute ne viendra pas de ce pays.





Internet & technologie

Afrique : Les tics pour impliquer la diaspora dans le développement

2009-05-15

http://tinyurl.com/olz4kp

Les Nouvelles technologies de l'information et de la communication (Ntic) peuvent être un excellent moyen pour permettre à la diaspora de participer au développement socio-économique de l'Afrique. C'est ce que pensent universitaires, experts et partenaires au développement réunis à Dakar dans le cadre de la 3e conférence biennale «Knowledge Management Africa (Gestion du savoir africain)». Pour eux, il s'agit de peaufiner une stratégie qui permettra à la diaspora scientifique africaine de produire, diffuser et partager ses connaissances au profit du continent.


Ile Maurice : Une loi pour protéger les enfants des dangers du net en préparation

2009-05-15

http://tinyurl.com/r5yrb9

Comment contrer les prédateurs sexuels qui sévissent sur la toile et qui menacent les plus vulnérables ? C'est une question à laquelle une table ronde a été organisée le 14 mai en Ile Maurice, dans le cadre de la Journée mondiale de la société de l’information, dont le thème, cette année, est «Protéger l'enfant dans le Cyberespace.» Suite à cet exercice, les experts soumettront leurs recommandations au ministre de la Technologie de l''Information et des Communications (TIC). Ce dernier travaille sur un projet de loi pour protéger les enfants des dangers du net. «Aujourd’hui 60% des jeunes ont accès au net et 20% de ces jeunes risquent d’être exposés à des contenus néfastes pour eux», souligne-t-on.


Nigéria : Première Olympiade africaine de l'informatique

2009-05-14

http://tinyurl.com/os2pxh

Une trentaine de pays africains prendront part à la première Olympiade africaine de l'informatique (AIO), prévue du 22 au 29 mai à Abuja, la capitale nigériane. Il s’agit là d’une version de l'Olympiade internationale de l'informatique, destinée à promouvoir la compétition entre des lycéens du monde entier dans le domaine de l'informatique et à stimuler l'intérêt pour ce domaine. Lors de l'Olympiade internationale de l'informatique 2008 tenue en Egypte, 92 pays étaient présents, mais l'Afrique n'a été représentée que par l'Afrique du Sud, l'Egypte, le Ghana et le Nigeria.





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