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Pambazuka News 101 : Enseignements de l'Histoire africaine et résistance contemporaine
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. RDC analyses, 4. Résumé de l'Édition Anglaise, 5. Courrier, 6. Zimbabwe, 7. Moniteur de l'Union Africaine, 8. Femmes & genre, 9. Droits humains, 10. Réfugiés & migration forcée, 11. Elections & gouvernance, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Environnement, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Problématique de la résistance en Afrique et dans la Diaspora.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Durban II face à l’alliance des Blancs et des Sionistes.
RDC ANALYSES : Quelle dynamique de paix en RDC pour le Conseil de sécurité.
RESUME DE L’EDITION ANGLAISE : Tanzanie : Projets impérialistes et crise alimentaire dans la périphérie.
ZIMB ABWE : Clinton souhaite le départ de Mugabe.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : La majorité exige la démission de la présidente du Parlement de l’UA.
FEMMES & GENRES : Maroc : Le Code la famille évalué cinq ans après.
DROITS HUMAINS : Burundi ; Ouverture du procès des présumés assassins d’albinos.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Global ; Les accords sur l’émigration approuvés par les députés français.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Guinée Bissau : La justice manque de fonds pour enquêter sur l’assassinat de Vieira.
CORRUPTION : Afrique du Sud : Un ministre veut donner l’exemple dans la lutte contre la corruption.
DEVELOPPEMENT : Angola : Retrouver la place de premier producteur mondial de café.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Les gouvernements invités à investir dans la lutte contre le sida.
ENVIRONNEMENT : Global : Quelle somme pour financer l’adaptations au changement climatique ?
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Malawi : Une radio suspendue et quatre de ses employés arrêtés.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Entre 1990 et 2005, les conflits ont coûté 300 milliards.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : 3e édition des grands conférences diplomatiques Nord-Sud
Chroniques
Le Festival culturel panafricain d'Alger face Festival mondial des arts nègres : enjeux idéologiques et géopolitiques
Ammar Kessab
2009-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/features/56410
L'étude des rapports culturels entre le Maghreb et l'Afrique noire (1) démontre que les échanges en matière d'art et de culture entre les deux univers se caractérisent par une inertie palpable. En effet, si l'on prend les festivals comme baromètre du niveau de ces échanges, on constate que seulement trois festivals sont dédiés au Nord à la culture africaine : deux au Maroc (Festival du cinéma africain de Khouribga, Festival international des musiques africaines "Magic Draâ" à Zagora), et un seul en Algérie (Festival arabo-africain de danse folklorique de Tizi-Ouzou). Au sud, aucun événement n'est organisé dans le but de se rapprocher du Maghreb : les festivals dits "africains" sont réservés presque exclusivement aux artistes noirs. D'autre part, les échanges et les conventions culturelles interarabes ou inter musulmanes pour les pays du Maghreb, et intra Afrique noire pour ceux du Sud fleurissent.
Il y a là support problématique pour une réflexion susceptible d'aider à comprendre ce constat paradoxal, tant les discours officiels des pays du Maghreb revendiquent une composante identitaire "africaine" infaillible, et que les pays de l'Afrique subsaharienne se disent pleinement convaincus que leurs "frères blancs" sont africains à part entière.
Une explication généraliste considérant le Maghreb comme une entité politique homogène serait fondamentalement erronée. Les trois pays du Maghreb qui sont l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, de par leurs parcours historiques et leurs politiques culturelles souveraines, maintiennent des rapports singuliers avec l'Afrique subsaharienne.
Nous tenterons dans cet article de traiter du seul cas de l'Algérie tout en évoquant quelques aspects intéressants des deux autres pays.
A l'époque des mouvements africains de résistance armée et intellectuelle, le fossé idéologique et culturel séparant une grande partie de l'Afrique noire de l'Algérie existait déjà : c'est qu'à l'origine, la définition de la résistance à la colonisation pour l'une et pour les autres n'avait pas la même signification. Dans l'Afrique de Léopold Sédar Senghor, la "négritude", notion qui fait référence à l'homme de couleur noire, était l'essence de tout combat, qui doit être de préférence intellectuel plutôt qu'armé. En Algérie, c'est au nationalisme arabe mélangé au communisme et à l'Islam que les dirigeants s'abreuvaient principalement pour mener leur lutte armée.
Le sentiment d'appartenance au continent africain n'est venu qu'à l'indépendance : aucun des trois textes fondateurs de la République Algérienne rédigés avant 1962 ne faisait allusion directe à l'appartenance du pays au continent africain. C'est une fois libérée que l'Algérie a connu et reconnu sa composante identitaire africaine en la constitutionalisant en 1963.
La libération du joug colonial acquise, essentiellement à partir de la fin des années cinquante du siècle passé, les pays africains font plus ample connaissance entre eux et les divergences quant à la définition de la notion de résistance n'allaient pas tarder à se transformer en différent idéologique profond qui divisa le continent en deux blocs : une Afrique exclusivement noire qui faisait de la "négritude pacifiste" son cheval de bataille, et une Afrique plus diversifiée, révoltée et indomptable, qui ne se reconnaissait pas dans l'idéologie cultivée par Senghor. Le mouvement de la "négritude", avec une longueur d'avance sur ses détracteurs, car appuyé par la France, organisera son premier Festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966 et l'inscrit dans le thème "Fonction et importance de l'art nègre et africain pour les peuples et dans la vie des peuples". La manifestation se voulait être un événement historique pour inscrire la négritude dans les courants culturels mondiaux.
Le Maroc et la Tunisie étaient, avec les Emirats Arabes Unis, les seuls pays arabes à avoir participé au festival. Le Maroc, en conflit sur les frontières avec l'Algérie, ne pouvait que soutenir un événement qui ne plaisait pas à son "frère ennemi". Cependant, les intellectuels marocains, en majorité de tendance communiste à l'époque, étaient farouchement hostiles au festival de Dakar. Les contemporains de l'événement se rappellent bien de la diatribe du journaliste Abdallah Stouky parue dans la revue « Souffle » en 1966, une revue qui sera d'ailleurs interdite quelques années plus tard et son fondateur jeté en prison par le Roi Hassan II.
La Tunisie, quant à elle, par son président El Habib Bourguiba, soutenait Senghor dans son projet de francophonie internationale. La complicité entre les deux hommes cachait en réalité un rapport d'intérêt. En effet, c'est le projet francophone qui intéressait Bourguiba et non Senghor. Georges Lapassade dans un entretien avec Olivier Barlet révèle une discussion avec Senghor où ce dernier avait affirmé que dans les yeux de Bourguiba, il n'était que "son petit nègre" (3).
L'Algérie n'était pas présente au festival de Dakar. Seule la chanteuse Taos Amrouche, qui résidait à Tunis, avait représenté son pays contre vents et marrés et recevra le prix de la musicologie. Elle sera privée de participation au Festival panafricain d'Alger en 1969.
En Afrique noire, le boycott viendra par la Guinée d'Ahmed Sékou Touré. Sur le plan international, c'est Cuba de Fidel Castro qui fera de même. Les deux pays étant communistes, ils manifestaient de fait leur solidarité avec le parti d'extrême gauche sénégalais PAI (Parti Africain de l'Indépendance), interdit, et ses partisans malmenés à l'époque par Senghor. A l'instar de l'artiste noir américain Paul Robeson et de la chanteuse sud-africaine Myriam Makeba, plusieurs autres personnalités refusaient de participer au festival. Les voix s'élèveront à l'intérieur même du Sénégal quand l'Union Générale des Etudiants de l'Afrique Occidentale (UGEAO) et ceux de l'Union générale des étudiants sénégalais (UGES) appelleront au boycott.
Les raisons de l'absence de l'Algérie étaient certes accentuées par le fait que Senghor réprimait les communistes (le pays étant profondément socialiste) mais les raisons principales sont ailleurs. En fait, la négritude ne correspondait pas à la vision que l'Algérie avait de la nature des relations que l'Afrique se devait d'entretenir avec les anciennes puissances coloniales. Sous le patronat du général de Gaulle, le premier Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar était considéré par le pays "d'un million et demi de martyrs" comme une insulte à l'ensemble des peuples qui ont souffert du colonialisme. Ainsi, l'Algérie devenue modèle de décolonisation et de résistance, découvrait soudainement son appartenance africaine. Mais elle ne pouvait se reconnaître dans un mouvement de négritude ethnocentriste et de surcroît asservi à la France.
L'Algérie décide alors de ressusciter un mouvement qui correspondait à ses orientations. De tendance dure vis-à-vis du colonisateur et appelant à regrouper toutes tendances africaines au-delà des pigmentations, le panafricanisme constituait le mouvement idéal qui lui permettait d'attirer l'attention et d'asseoir son leadership sur les pays tiers-mondiste. Alger dépoussière le mouvement et lui conçoit un festival sur mesure : le premier Festival Culturel Panafricain d'Alger, appelé aussi "Opéra du tiers-monde". Il est organisé en 1969 sous le signe de "Réalités de la culture africaine et rôle de la culture africaine dans la libération nationale, dans la consolidation de l'unité africaine et dans le développement économique et social de l'Afrique".
La manifestation était une réponse à l'exclusion ressentie par l'Algérie de la part des organisateurs du FESMAN mais aussi une réponse à la France pour lui signifier que l'indigène qu'elle a cru incapable de prendre son destin en main est désormais capable de la concurrencer sur l'ensemble d'un continent.
Les mécontents du Festival Mondial des Arts Nègres affluaient de tous bords vers Alger pour argumenter leur opposition à l'idée de la négritude. De la sorte, Henri Lopes, Stanislas Adotevi, Wole Soyinka, Amilcar Cabral, René Depestre et d'autres intellectuels encore feront du festival une tribune pour régler leur compte avec Senghor. A Dakar même, la conférence de Pathé Diagne, intitulée "La négritude au Festival Panafricain d'Alger", au lendemain du festival, déconstruisait sans ménagement la notion de "négritude". L'intellectuel sera menacé de mort et s'exilera en France puis aux Etats-Unis (4).
Aujourd'hui, le Festival Panafricain continue d’être une référence de politique culturelle en Algérie en général, et dans la capitale en particulier. Cette brève plongée de type synchronique révèle qu'une partie de l'origine du problème de l'incompréhension entre l'Algérie et le continent noir prend sa source dans une dialectique historique complexe liée à une confrontation idéologique entre les tenants de la "négritude" au Sud et les partisans du "panafricanisme" situés au Nord mais aussi dans le Sud. L'antagonisme est accentué par l'incapacité, pour la plupart des pays d'Afrique noire, d'imaginer le continent autrement que "noir", et pour les pays du Maghreb de se détacher de leur complexe de supériorité dans leurs rapports avec l'autre partie. L'Europe, à travers ses programmes sectoriels destinés à l'Afrique qui distinguent le Nord du Sud, appuie les disparités.
On aurait pu en rester là, mais seulement voilà : presque quarante années plus tard, et au moment où tout le monde pensait que les vieux démons idéologiques séparant l'Afrique avaient disparu, voici que le gouvernement algérien décide d'organiser en juillet 2009 le deuxième Festival Culturel Panafricain d'Alger. Quelques mois plus tôt, Abdoulaye Wade avait annoncé la tenue, à Dakar, de la troisième édition du Festival Mondial des Arts Nègres dans la ville qui l'a vu naître, après une deuxième édition organisée à Lagos en 1977 mais qui n'a pas suscité un grand intérêt.
Présenté auprès de l'Union Africaine (UA) en Afrique du Sud le 17 novembre 2007, le projet d'organiser une deuxième édition du festival panafricain a été révélé quelques mois après le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, discours qui a suscité l'émoi en Algérie. Déjà, à l'époque du Festival mondial des arts nègres en 1966, le discours d'André Malraux à Dakar avait provoqué un tollé à Alger et le Manifeste du Festival panafricain émis 3 ans plus tard n'était qu'une réponse directe à ce discours. Aussi, est-il intéressant de constater que le Maroc, n'étant pas membre de l'Union Africaine et toujours en conflit avec son voisin algérien, fait partie du comité d'organisation du FESMAN 2009.
La coïncidence de l'organisation des deux festivals en 2009, et à quatre mois d'intervalle, ne laisse pas de doute pour affirmer que l'Algérie ne voulait pas rester les mains croisées face à un FESMAN 2009 où elle allait être mise à l'écart. Un FESMAN sous le signe de la francophonie alors qu'elle ne fait toujours pas partie de l'organisation internationale de francophonie. Avec son "contre festival", Alger veut réaffirmer son refus de l'hégémonie française sur l'Afrique, au moment même où l'ancien colonisateur refuse toujours de reconnaître ses crimes commis pendant la colonisation.
Même si le président Wade a vidé le Festival Mondial des Arts Nègres 2009 de sa "négritude" pour en faire une "Renaissance de l'Afrique", le festival demeure le protégé de la France qui participe, avec le Maroc, à son orientation et à son organisation. La production et la direction générale du FESMAN 2009 sont assurées par deux Français : Jean-Pierre Bloch et Gad Weil.
Le Festival culturel panafricain d'Alger ne pourra inviter des panafricains convaincus comme autrefois étant donné que la plupart ont disparu ou se sont convertis par la force des choses en théoricien au bord des facultés européennes et américaines. De ce fait, le conflit idéologique d'autrefois qui opposait le mouvement de la négritude au mouvement du panafricanisme s'est considérablement affaibli. Le conflit s'est transformé en enjeu géopolitique entre l'Algérie d'un côté, le Maroc et la France de l'autre.
Ammar Kessab
NOTES
1 - Maghreb-Afrique noire : quelles cultures en partage, Cultures Sud, n°169, avril-juin 2008.
2 - La Proclamation du 1er novembre 1954 ; la Déclaration du congrès de la Soummam de 1956 ; la Déclaration du congrès de Tripoli en juin 1962.
3 - Entretien d'Olivier Barlet avec Georges Lapassade. Paris, octobre 1998.
4 - Entretien personnel avec Pathé Diagne en 2009 à Yaoundé, Cameroun.
* Ammar Kessab est chercheur en ingénierie culturelle, spécialiste des politiques culturelles africaines info@alger-culture.com (Article paru dans le Quotidien d'Oran et publié ici avec l'autorisation de son auteur)
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Problématique de la résistance en Afrique et dans la diaspora
Iba Der Thiam
2009-05-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/56423
On dit, souvent, que notre monde bouge. C’est, certes vrai. On y ajoute presque toujours que tout change sous nos yeux. Je ne le crois pas. Change-t-il, véritablement et suffisamment, par exemple par rapport à la vision qu’il a de l’homme noir, de son passé et de sa destinée présente et future ? Je ne le pense pas. A la vérité, qu’il soit d’Afrique ou de la Diaspora, le Noir continue d’être traité, avec condescendance et quelquefois même, avec mépris.
Le simple fait que l’on veuille imposer à notre Continent, des accords dits de partenariat économique, qui hypothéqueraient, durablement, notre ambition à la prospérité et au bien-être matériel et moral ; la volonté de nous exclure (mise à part l’Afrique du Sud) de la réunion que le G 20 avait organisée à Washington et qu’on a reconvoquée, en avril, à Londres, avec, seulement, le président de la Commission de l’Union Africaine, celui ayant en charge le NEPAD et le président de la BAD, en plus, pour réfléchir sur la crise économique en cours, réformer le système capitaliste actuel et reprofiler la gouvernance mondiale, à partir de paradigmes nouveaux (…) ne constitue-t-il pas une preuve établissant, de manière indubitable, que, pour beaucoup de pays du monde développé, nous demeurons, à leurs yeux, quantité négligeable, comme c’était le cas pendant l’ère coloniale ?
Cette situation ne doit plus durer. C’est à nous et à nous seuls, qu’il incombe d’y porter la hache. Dans le combat pour inverser cette tendance, il est temps que chaque Noir se persuade que nous ne disposons pas d’armes plus efficaces et plus libératrices que le recours à notre histoire. Tous les peuples conscients des enjeux de la cohabitation avec leurs pairs et de la compétition qui se mène à l’échelle mondiale, ont en effet, élevé leur Histoire au rang d’une mythologie nationale, pour armer moralement leurs citoyens.
Je ne prendrai qu’un seul exemple.
C’est M. Alain Gresch, dans un article récent, publié par le « Monde Diplomatique » de janvier 2009, qui rappelle, avec beaucoup de pertinence, en se fondant sur les travaux de John M. HOBSON, tout ce que le monde occidental doit à la civilisation orientale et que nombre d’entre-nous savaient déjà. Il y signale, en particulier, « qu’après l’an 500, l’Orient avait, déjà, connu son propre développement économique et qu’en l’An 900, le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, musulmane, étaient le berceau de la civilisation, la région la plus avancée du monde », située au centre de l’économie mondiale, avec une croissance économique considérable, fondée sur « la paix, le commerce de longue distance, des marchands musulmans, qui n’étaient pas seulement des commerçants, mais des investisseurs capitalistes » avisés , le tout secondé par des institutions rationnelles, « une comptabilité à double entrée, la pratique des contrats légaux et des partenariats ayant pour soubassement, une pensée scientifique de développement constant depuis l’an 800 ».
Dans le même article, M. Gresch signale, en s’appuyant sur les mêmes sources, qu’au XIème siècle, la Chine des Song avait déjà amorcé sa révolution industrielle, en produisant 125 000 tonnes de fer en 1078, alors qu’il a fallu attendre 1788, pour que la Grande- Bretagne en produise 76.000 tonnes. Il ajoute, sans détours, que « l’Orient a contribué, de manière active et importante, à l’émergence de l’Occident, en inventant et exportant, en Europe, ses technologies, ses institutions, ses idées ».
Evoquant, ensuite, Marcel Détienne, il rappelle que, depuis Ernest LAVISSE, la France a décidé que son Histoire commencerait avec les Grecs, c’est-à-dire, « avec un peuple admirable, puisqu’il a inventé la liberté et la démocratie » et que la notion de Renaissance, si capitale dans l’Histoire de ce pays, n’a été, en effet, inventée qu’au XIXème Siècle et non, avant, par Michelet.
Il s’agit, donc, dans le cas qui nous concerne, de choix nets et précis, d’un acte conventionnel, délibéré, d’une décision politique et idéologique sur laquelle on a articulé et bâti toute la mythologie historique nationale française, fondée sur la conception « d’une Europe exceptionnelle », « d’une généalogie directe entre l’Antiquité classique et l’Europe actuelle, en passant par la Renaissance ».
Marcelle Détienne, une fois ces précisions apportées, déclare vertement : « que l’Histoire de France commence avec les Grecs, voilà, écrivait Lavisse, dans ses Instructions, ce qu’il faut apprendre aux élèves des écoles secondaires et sans qu’ils s’en aperçoivent. Notre Histoire commence avec les Grecs, qui ont inventé la liberté et la démocratie et qui nous ont apporté le beau et le goût de l’Universel. Nous sommes les héritiers de la seule civilisation qui a offert au monde, l’expression parfaite et comme idéale de la liberté ». Voilà pourquoi, notre Histoire doit commencer avec les Grecs. A cette première croyance, est venue s’en ajouter, une autre, aussi forte que la première : « Les Grecs ne sont pas comme les autres ». « Comment, d’ailleurs, le pourraient-ils, alors qu’ils sont au commencement de notre Histoire ? ». Deux propositions essentielles pour une mythologie nationale, qui fait le plein des humanistes traditionnels et des historiens férus de nation », conclut Détienne.
Aveu ne peut être plus clair, plus catégorique.
Paul Valéry enfonce le clou, en assenant, à son tour, sans aucun complexe, que la civilisation occidentale, dans sa globalité, tire son originalité des trois sources que sont :
- Dans le domaine moral, le christianisme et plus précisément le catholicisme ;
- Dans le domaine du droit, de la politique et de l’Etat, de l’influence ininterrompue du droit romain ;
- Dans le domaine de la pensée et des arts, de la tradition grecque.
L’Apport de l’Egypte ancienne, c’est-à-dire, de l’Afrique, celui de l’Asie et de l’Islam sont, ainsi, délibérément, évacués. A partir des paradigmes ainsi posés, on a façonné l’homme occidental, tel que nous le connaissons, de nos jours. Pour défendre ces valeurs, chaque fois qu’il les croit menacées, il est prêt à tous les sacrifices. C’est au nom de ces idéaux qu’il a conquis le monde et cherche, aujourd’hui, encore, à le formater à son image.
Or, chaque fois que nous, Africains, évoquons notre passé glorieux et la geste de nos ancêtres, ainsi que l’articulation, pourtant prouvée et réelle, de notre Histoire à celle de l’Egypte Ancienne, nous voyons des doutes s’exprimer, des incertitudes fleurir et quelquefois, une honte mal dissimulée se lire dans certains regards.
Tout se passe comme si on avait oublié que l’Histoire n’est pas un produit aseptique, une discipline innocente. Dans le choix des sujets, des acteurs, des faits et des forces en mouvement, dans celui des idées, des valeurs, des concepts, des symboles, des jugements et des références, qu’il convoque, tout historien, qu’il le veuille ou non, projette, toujours, peu ou prou, une partie de son moi, de sa culture, de ses a priori conscients ou inconscients, de sa vision du monde, de l’homme et de la société.
C’est cette démarche-là, qui a inspiré tous les grands peuples du monde et tous les pays qui se sont forgés une identité, dont ils ont fait leur crédo intra, comme extra muros.
Parce qu’il était conscient de cette contrainte majeure, le regretté Professeur Joseph KI-ZERBO avait dénoncé les prétendus savants « qui regardent l’Histoire comme un liquide incolore, inodore et sans saveur de laboratoire, au lieu de la reconnaître comme un fleuve vivant ».
Si bien, qu’il n’y a qu’en Afrique, que l’on voit des régimes accéder à la souveraineté internationale, sans aborder cette grave problématique et s’accorder sans débat approfondi, pour former leur peuple et leur jeunesse dans les écoles et les universités, sur des programmes d’Histoire au contenu ambivalent, au nom d’un universalisme de mauvais aloi, manifestement mal compris.
Le même Ki-ZERBO avait, avec humour et fantaisie, décrit ce mouvement en ces termes. : « Ayant brisé la barrière coloniale, ces pays ressemblent, un peu, à l’esclave libéré, qui se met à rechercher ses parents, à l’origine de ses ascendants. Il veut, aussi, en informer ses enfants. D’où la volonté d’intégrer l’Histoire africaine dans les programmes scolaires », avant d’ajouter, plus loin, avec agacement et indignation : « Nous disons que nous en avons assez de l’Histoire raciste, sous quelque forme que ce soit. Nous n’admettons pas d’être considérés comme des instruments perpétuellement passifs, ni d’extrapoler à partir du capitalisme triomphant du XIXème siècle, pour faire de toute l’Histoire africaine, un reflet scabreux de l’Univers, un cul de sac où viennent s’éteindre les influences civilisatrices de tous les continents ».
Notre monde actuel, faut-il le rappeler, est parcouru, depuis l’aube des temps par un processus de compétition dans lequel chaque nation met en avant ses modes d’identification, les manifestations de son génie inventif, la valeur de ses hommes et femmes, la pertinence de ses idées, la sagesse de ses jugements, la beauté de sa culture, l’extraordinaire attraction de sa langue, de ses croyances, de sa philosophie morale, sociale, économique, culturelle et politique, sans se préoccuper du qu’en dira-t-on. Dans tous les contextes coloniaux identifiés à travers le monde, le vainqueur a imposé, sans le moindre complexe, ses codes, ses valeurs, sa culture et ses institutions, au nom de la prétendue supériorité de sa civilisation.
Il en découle une situation dans laquelle, la pesanteur des traumatismes socioculturels hérités du système colonial corrompt les consciences et asservit les mentalités, à un point tel que les élites en général, produit parfait de la colonisation, beaucoup plus préoccupées par le regard que porte sur eux le monde extérieur que les intérêts spécifiques de leurs concitoyens, s’installent dans une perplexité paradigmatique, qui finit par sacrifier leur moi, pour rester fidèles aux archétypes fixés par leurs Maîtres.
La conséquence de tout cela, c’est, évidemment, l’existence d’esprits complexés, qui ont, d’eux-mêmes, de leur société, de leur race, une vision si dérisoire qu’ils sombrent dans la résignation, la honte de soi, l’auto flagellation, la glorification de leur dominateur et le mimétisme de leurs modèles, les moins dignes d’intérêt.
Facteur aggravant, le Révisionnisme historique, s’il a, pendant longtemps, été un mouvement plus ou moins latent selon les rapports de force des acteurs en présence, a connu, ces dernières décennies, une vigueur renouvelée avec l’apparition d’une génération de négationnistes arrogants de la réalité historique africaine, organisés en réseaux puissants, relayés par des médiats influents, solidaires, complaisants et agressifs, pour chloroformer les esprits et manipuler les opinons, aux fins de les rendre perméables à leurs idées.
A l’heure où la combinaison de l’Informatique, de l’Audiovisuel et du Multimédia permet de transporter, en temps réel, toute information, d’un bout à l’autre de la planète, les ravages que la propagation des idées révisionnistes peut provoquer dans le monde noir sont incommensurables. Si les intellectuels d’Afrique et de la Diaspora ne se dressent pas pour conjurer ce fléau, l’Histoire de notre continent et celle de l’Homme Noir, en général, seront travesties, à tout jamais.
C’est, pour répondre à ce défi, que le président de la République du Sénégal a pensé que le 3e FESMAN devait inscrire au nombre de ses préoccupations, pour bien cerner le concept de Renaissance Africaine et celui des Etats-Unis d’Afrique, deux thématiques de la plus haute importance :
- Problématique de la résistance des peuples noirs
- Apport de l’Afrique et de sa diaspora à la science et à la technologie.
1 - Problématique de la résistance des peuples noirs
Si la résistance consiste en un effort de volonté s’exprimant par des actes, des attitudes, des comportements , des paroles, des modes de vie, des manifestations existentielles de refus individuel ou collectif, aux fins de réduire, de rejeter, de contrecarrer, ou d’annihiler les effets d’une action d’oppression, d’injustice, ou d’inégalité, conduite délibérément, pour atteindre des objectifs précis de domination, on peut, sans courir le risque d’un désaveu, considérer que cette réalité a, toujours, été présente tout au long de l’Histoire des peuples noirs.
Elle n’a, jamais disparu dans les manifestations de la vie des populations, depuis l’aube des temps, qu’il s’agisse de la période précoloniale, de la période de la traite négrière, de celle de la colonisation ou de l’ère post-indépendance.
Pour ne prendre que l’exemple de la partie occidentale du continent, elle se manifeste très nettement, à la conquête du Royaume du Ghana par les Almoravides, en 1076 et sans aucun doute, bien avant. On en trouve trace, également, dans tous les royaumes successeurs de Diara et de Sosso, de même qu’au Tékrour, au Mandé, au Songhoï (qu’on pense à l’épopée de la rébellion du Balama Sadiq contre l’Askia Mohamed Bano), au Macina, dans les royaumes Bambara, comme dans tous ceux du Walo, du Cayor, du Baol, etc., dans les communautés Mendè, Ashanti, Akan, Baoulé, Mossi, Haoussa, Djerma, Peul, Maures, Touareg, etc.
Evidemment, les régimes précoloniaux, tout comme le système colonial, ainsi que les gouvernements post-coloniaux ont, toujours, imaginé des mécanismes de répression subtile et diversifiée, qui n’ont, certes, ni la même nature, ni les mêmes moyens, ni les mêmes procédés, selon le cas considéré, mais des mécanismes destinés, toujours, à réprimer, avec la dernière énergie, tous ceux qui ont osé se dresser devant eux, pour contrecarrer leur projet d’absolutisme brutal ou refuser leur autorité, en résistant contre leur volonté hégémonique.
Avant l’implantation européenne, par exemple, le savant Ahmed Baba, reconnu comme étant la « Lumière de son temps », disposant d’une bibliothèque de 1 700 volumes, avait été exilé à Marrakech, même s’il ne semble pas y avoir été très malheureux, en raison de son statut d’intellectuel hors du commun, au lendemain du désastre de Toudibi de 1591, consécutif à l’invasion conduite par le Pacha Djouder, au Soudan nigérien.
Pour ce qui concerne, en particulier, l’administration coloniale, qui atteignit, dans ce processus, une férocité extrême, elle avait, bien avant la tenue du Congrès de Berlin de 1884-1885, institué un système visant à déporter, loin du pays, dans des terres aussi inhospitalières que la Guyane, les Antilles, le Congo, la France, ou l’Afrique du Nord, tous ceux qui avaient osé s’opposer à sa domination, dans les colonies françaises, par exemple.
Ce fut le cas de :
- Toussaint LOUVERTURE, arrêté dans un Guet-apens et déporté, en 1802, au Fort de Joux, en France, où il mourut en 1803 ;
- Sidya Léon DIOP, fils de la Reine Ndaté Yalla, qui, bien qu’adopté par Faidherbe et envoyé au Lycée d’Alger, s’était rebellé contre la France. Exilé au Gabon, à Ningué, il y perdit la vie. Il y a, là, l’échec le plus éclatant de la politique d’assimilation au Sénégal, au milieu du XIXème Siècle.
- Houmbo, 2ème Chef de Cotonou, transféré en 1886 au Castel de Gorée et mis aux fers avant sa déportation ;
Le 30 septembre 1887, Paris avait publié le Code de l’Indigénat, corpus juridique qui était une sorte d’adaptation du Code Noir de 1685, reprenant quelques-uns des principes de répression coloniale, qui avaient été expérimentés, aussi bien aux Amériques, que dans les colonies allemandes d’Afrique Orientale, Australe, Centrale et Occidentale.
Au nom de ce texte, Niokhobaye DIOUF, Roi du Sine fut exilé au Gabon en 1891, pour une période de 17 longues années. Béhanzin, Roi du Dahomey, sera, lui aussi, envoyé en Martinique, d’abord, en 1894, à Blida, en Algérie, ensuite, en 1906, où il mourut, alors qu’il venait, à peine, d’avoir 65 ans. Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la Mouridya, sera, lui aussi, exilé à Mayombé, au Gabon, en 1895, puis à Saout-El-Ma, en Mauritanie, en 1903, avant d’être assigné en résidence surveillée, à Thiéyène, dans le Djoloff, en 1907 et à Diourbel, en 1912. Samory TOURE connaîtra le même sort, en 1898, avant de mourir, deux années plus tard, en 1900, etc.
Cette résistance admirable contre la domination, l’oppression et l’injustice, n’a jamais, connu de répit véritable. Sous des formes diverses elle se poursuit, encore, aujourd’hui, sous nos yeux, dans tous les pays africains, au nom d’idéaux de démocratie, de liberté, de justice, d’égalité, de solidarité, de participation, de refus de l’exclusion, de dignité, de défense de l’identité noire, etc.
Voilà pourquoi, il faut rendre un hommage mérité au Président Abdoulaye WADE, pour avoir, dans « Un Destin Pour L’Afrique », attiré l’attention des Historiens africains sur cette notion de « résistance permanente » des Peuples Noirs, si vitale, pour une bonne compréhension et une intelligibilité correcte du passé de nos ancêtres, mais aussi de notre présent. Si cette idée fondamentale était parfaitement intériorisée, le monde noir aurait fait de la tolérance et du dépassement, son étendard emblématique. Notre rapport à la démocratie s’en trouverait substantiellement modifié.
Evidemment, cette résistance a été multiforme. Elle peut être active, passive, violente, physique, morale, spirituelle, linguistique, vestimentaire, architecturale, axiologique, mystique, pour tout dire, culturelle, ou autre. Elle peut s’exprimer dans les consciences individuelles, dans le cadre familial, local, associatif, villageois ou urbain, national ou régional.
Elle se manifeste, souvent, dans les mythes ésotériques, dans les narrations verbales, écrites, imagées ou symboliques, dans des contes ou proverbes, dans des récits épiques, dans des systèmes de computation endogène, dans l’invention d’un langage codé, dans des signaux ou des gestes particuliers, dans des danses conventionnelles, dans une tradition orale normative, dans la Théologie, dans l’Archéologie, dans l’enfouissement volontaire des valeurs sacrées, dans les modulations comportementales, tout comme dans le camouflage à travers les antonymes, les toponymes, ou bien dans la fonction assignée à l’Art, dans les mystères de la Pharmacopée, dans le recours à l’ethnobotanique, ou à l’éthnogéologie, ou encore dans les variations des sonorités d’un simple instrument de musique, sans parler des particularités culinaires, etc, etc. Cette énumération n’épuise, nullement, le sujet.
L’histoire, ayant pour objet l’homme et la société dans leurs interrelations avec les autres et avec l’environnement, pour paraphraser Fustel de COULANGES , est, à ce titre, toujours, présente, partout, où l’humain a déployé son activité. Elle est connaissance des hommes, explication de leur démarche, formatage de leur conscience, parce qu’elle permet, en faisant recours au passé, de comprendre le présent et quelquefois, de préparer l’avenir.
A partir de cette dimension-là, la place qu’elle occupe dans les consciences des peuples et des individus, dans leur manière de se concevoir et de se voir, d’être et d’apparaître, est quelquefois, si déterminante qu’elle conditionne le mental collectif de toute une nation, au point de moduler son comportement, dans chacun des moments de l’activité existentielle, selon les matériaux qu’elle utilise, la manière dont elle les combine et l’usage qu’on en fait. C’est, sans doute, en pensant à tout cela, que Paul VALERY disait « qu’elle était le plus dangereux produit que la Chimie de l’intellect ait pu élaborer».
Le monde noir a connu une trajectoire historique complètement irriguée par l’action de forces endogènes, dynamiques et créatrices, mais, hélas, totalement déformées par celle des forces exogènes. La traite négrière, la domination coloniale, l’Apartheid, ont provoqué des pathologies socioculturelles, dont les conséquences n’ont pas, encore, été complètement identifiées, quantifiées, étudiées et décrites dans leur mode d’expression et leurs conséquences multiformes.
La colonisation, j’ai l’habitude de le dire, n’a pas seulement été un simple processus d’occupation territoriale, d’exploitation économique et de domination politique. Elle a, surtout, été un processus lent, pesant, profond et massif d’aliénation culturelle, opérant selon un mode de dé-cérébration et de re-cérébration.
Si, dans l’esprit des élites de l’Afrique contemporaine, ne subsistent, presque, plus des idées aussi sottes et saugrenues, que « nos ancêtres étaient les Gaulois », le formatage colonial n’a pas moins macéré celui-ci, avec une telle prégnance et une si forte intensité, que 50 années après les indépendances africaines, les générations aussi bien actuelles, que celles qui les ont devancées, demeurent, encore, l’otage, le plus souvent inconscient, des préjugés des écoles de pensée et du corpus axiologique du monde colonial et post colonial.
Immergées dans cette confusion paradigmatique, nombre d’élites ont, encore, beaucoup de mal à trouver leurs repères. Elles nagent dans le magma informe d’une identité mal maîtrisée, qui les fait agir et parler, beaucoup plus en fonction des influences, qu’elles ont subies, que des intérêts fondamentaux de leur peuple.
Victimes du brouillage idéologique et culturel dans lequel, les populations africaines ont été durablement exposées, elles sont devenues les victimes inconscientes d’un processus de conditionnement psychologique, qui les manipule à sa guise. L’une des conséquences de cette situation a fait de beaucoup d’intellectuels africains, des êtres sans âme, en quête perpétuelle de leur moi intrinsèque, devenus, par la vigueur des traumatismes socioculturels encourus, d’authentiques étrangers à leurs semblables. Nehru, dans « Toward Freedom », a décrit ce drame avec des accents inégalables.
Ceux qui sont parvenus, par un effort personnel, à sortir de cette aliénation destructrice, ne sont, hélas, qu’une minorité.
Voilà pourquoi, notre continent a du mal, parmi d’autres facteurs, à rompre avec le passé colonial et ses prolongements néocoloniaux, pour concevoir et définir des stratégies de rupture, qui sont, pourtant, autant de pré-requis, pour l’avènement dans notre continent, d’une indépendance véritable, lui permettant de dialoguer à égalité de dignité et de respect avec tous ses interlocuteurs, sans complexe d’aucune sorte et de marcher, résolument, vers les Etats-Unis d’Afrique.
C’est le Professeur M. Théophile OBENGA, théoricien brillant et réputé de la Nouvelle Histoire, qui nous apprend que « tout enseignement neuf est, nécessairement, une mise en évidence des refus, voire des audaces et des ferveurs ». Et il précise : « Ce n’est pas illogique ». J’ajoute qu’aussi longtemps que nous manquerons de confiance en nous-mêmes et que nous chercherons le salut de nos populations dans le mimétisme servile de modèles étrangers, en tournant le dos à notre passé, à notre culture, à nos valeurs et au génie de notre race, nous irons de désillusion en désillusion, d’échec en échec. Nous serons, toujours, les laissés pour compte du développement, la lanterne rouge des nations. Nous n’oserons, jamais, exploiter d’autres itinéraires avec la volonté de parcourir le chemin que d’autres pays, que d’autres continents ont mis des siècles à couvrir.
Qu’on me comprenne bien !
Je ne préconise pas qu’on réinvente l’Histoire. Je demande, seulement, que nous partions de l’axiome fondamental, selon lequel, notre continent n’a aucune honte de son passé. Il renferme des gisements de prospérité, de bien-être, de bonheur et de paix insoupçonnés. Sa contribution au patrimoine de l’Universel a été irremplaçable et n’eussent été les siècles obscurs de la traite négrière, de la domination coloniale et néocoloniale et des pesanteurs de l’Apartheid, il ne fait aucun doute que l’Afrique, qui avait pu soutenir, avantageusement, la comparaison avec le reste du monde, jusqu’aux XVème - XVIème siècles, en gros, compterait, aujourd’hui, indubitablement, parmi les Leaders les plus respectés et les plus prospères de la planète.
Si les colonisateurs ne se gênent plus pour réécrire l’Histoire de la colonisation, sous des oripeaux d’Humanisme flatteur et d’autosatisfaction exubérante, avec une volonté intense de révisionnisme, qui proclame, sans détours, qu’elle « rejette la repentance », pourquoi devrions-nous nous abstenir, au nom de je ne sais quelle lamentable pudeur de mauvais aloi, de proclamer, haut et fort, à la face du monde, notre opinion sur nos rapports avec nous mêmes et avec le reste du monde.
Si Toussaint Louverture, Marcus Garvey, Cheikh Anta Dop, etc., ont marqué, durablement, les consciences de millions d’Africains et de la Diaspora ; si Aimé Césaire, Frantz Fanon, Abdoulaye Ly, Kwamé Nkrumah, Ahmet Sékou Touré, Patrice Lumumba, Modibo Keïta, Julius Nyerere, Samora Machel,, et bien d’autres, ont dit non à la domination, non à l’esclavage, non à la colonisation, en des termes ou sous des formes qui gonflent le cœur de chaque noir de fierté et d’admiration, c’est parce qu’ils avaient foi en leur race, en sa capacité à relever les défis. C’est parce qu’ils avaient foi en la grandeur et en l’avenir de leur Continent.
Bien avant les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, des Noirs se sont dressés dans le continent africain, lors des expéditions consacrées à la capture et à la vente des esclaves (…), pendant leur entassement provisoire, dans les esclaveries d’Angola, de Ouidah ou de Gorée, pendant la traversée de l’Atlantique, comme dans les territoires d’implantation de la Caraïbe ou des Amériques. Malheureusement, la recherche historique n’a pas, encore, recensé, totalement, l’ensemble de ces manifestations de résistance, dont le rôle, dans la prise de conscience de la domination et de l’oppression est, pourtant, capital.
J’ose espérer que les Historiens africains du Continent et de la Diaspora, ainsi que leurs gouvernements, prendront, le plus rapidement possible, toutes les initiatives idoines, en termes de volonté politique et de moyens financiers, pour que les éléments épars de cette précieuse saga soient défossilisés, connus et reconnus, au profit de toute l’Humanité.
Combien de Noirs connaissent les noms de Anthony Amo de Guinée, d’Ignatino Soncho, de Otobah Cuguano, de Alaudah Equiano, de James Somerset, pionniers, pourtant admirables, de la résistance africaine ? Combien de manuels d’Histoire, en Afrique et dans la Diaspora, mentionnent ceux de Crummel Alexander, de Delany Martin, de Blyden, de Volney, de Horton, de Africanus Wilmot, de Weindorf C.C, de Abbé Moussa, Abbé Fridoil, Abbé Boilat, de Samuel Johnson, de Caseley-Heyford, d’Anténor Firmin, de Benito Sylvain, champions de la réhabilitation du passé Africain et de la dignité de l’Homme Noir ?
A la vérité, les résistances du monde noir ont été, non seulement, très très nombreuses pendant les guerres esclavagistes dans toutes les zones concernées, mais aussi, pendant plus de 3 siècles de traversées de l’Atlantique. Elle se sont, en plus, développées, également, dans les territoires actuels du Brésil, de Panama, de la Nouvelle Grenade, du Venezuela, de la Colombie, du Mexique, de la Bolivie, du Pérou, de Haïti, des Etats-Unis, où des Etats noirs autonomes ont, parfois, vu le jour. Dans « Un Destin pour l’Afrique », Abdoulaye WADE en dresse une liste impressionnante « Capitaine Cudjo, Colonel Johson, Mme Nanny, le chef Tacky, le colonel Montague, le capitaine Léonard Parkinson, Jack Manson, Charles Shaw, Sam Sharp ».
Lorsque la colonisation fut lancée, les résistances à la pénétration étrangère ont impliqué à l’intérieur du continent des figures aussi illustres qu’El Hadji Oumar Foutiyou Tall, le chef Hendrik Wittbois de Namibie, le chef Makomba de Mozambique, le Moro-Naba de Haute-Volta, Ménélik II, et bien d’autres chefs, ou simples citoyens, ouvriers, paysans, ou autres, qu’il serait long d’évoquer.
A l’extérieur du Continent, des noirs comme Booker Washington, Du Bois, Price-Mars, Henry Sylvester, nombre d’animateurs des congrès pan noirs , les sociétaires du comité de défense de la race nègre et de la ligue universelle de défense de la race noire, tous ceux de l’Union Inter coloniale, les organisateurs de la Conférence de Bruxelles de 1927 contre le colonialisme et l’impérialisme, les animateurs du Mouvement de la Négritude, les étudiants des colonies françaises, britanniques, portugaises et arabes, les leaders politiques, les écrivains et artistes noirs, réunis en 1956 à la Sorbonne et en 1959 à Rome, participent aux mouvements de résistance, selon des moyens, des styles et des enjeux variés.
(…) Le rôle de la plupart d’entre eux sera déterminant dans la tenue du Congrès Panafricain de Manchester de 1945, dans celle du VIe Congrès Panafricain de Kumasi, dans la participation de notre continent à la Conférence de Bandoeng d’avril 1955, tout comme dans les premières Conférences d’Accra d’avril 1958 et dans celle de décembre 1958.
Le distingué Professeur Elikia Mbokolo,dont on ne dira jamais assez, le rôle incommensurable dans le combat pour la réhabilitation de l’Histoire africaine, nous rappelle fort à propos, dans une page célèbre du Mouvement Panafricaniste du XXème siècle, que déjà : « Dès la 2ème moitié du XIXème siècle l’histoire, comme discipline scientifique allait occuper une place de premier plan dans les préoccupations des activistes engagés, aussi bien aux Nations-Unies, qu’en Afrique Occidentale et Australe, dans la défense et l’illustration de l’Afrique et de ses populations,
Si certains d’entre eux réfutent les thèses d’Arthur Gobineau et de Hegel, d’autres, dès cette époque matinale, évoquent, déjà, l’idée de l’Afrique, berceau de l’Humanité, celle de l’antériorité des civilisations nègres, l’exemplarité de l’Ethiopie, à travers sa longue histoire, l’éclat de la vie politique, économique, culturelle et scientifique des Etats africains, au Moyen-Âge, les fastes étincelants de Tombouctou, les ravages de la traite négrière et de l’esclavage, la capacité de survie des sociétés africaines, confrontées aux intrusions les plus destructrices, les résistances africaines à l’esclavage et aux dominations étrangères, la proximité entre l’islam et les cultures africaines.
Tout au long de l’Histoire du Panafricanisme, conclut le brillant chercheur, la protestation intellectuelle et la créativité culturelles allaient, ainsi, accompagner les luttes proprement politiques. La naissance de Présence Africaine en porte témoignage, ainsi que la publication d’articles politiques, culturels, scientifiques ou historiques (…).
Il découle de ce qui précède, que la longue saga du peuple africain et de sa diaspora, au service de la résistance, est une série d’engagements, de combats, et d’expériences aussi obstinés, les uns que les autres, qu’aucun autre peuple n’a connues dans le monde.
Si le peuple africain n’a pas sombré, c’est qu’il dispose d’une capacité de résistance, d’une force d’abnégation, d’un courage inoxydable, d’une ténacité et d’une volonté de survie hors du commun.
Depuis l’accession des Etats africains et de ceux de la diaspora à la souveraineté internationale, le combat des populations, pour la dignité, la justice, la liberté, la démocratie, les droits humains, la paix, la sécurité et le bien-être matériel et moral n’a connu aucun répit. Dommage que certains historiens, en dépit de leurs immenses qualités, parlent, à tord, « d’Afrique pacifiée » ou bien « d’une conquête de l’Afrique », notions, à mon avis, excessives, qu’on retrouve, pourtant, jusque dans les programmes officiels enseignés dans nos écoles et dans nos universités.
A la vérité, pour celui qui va au fond des choses, l’Afrique et sa diaspora n’ont jamais été, véritablement, conquises et leurs populations n’ont, vraiment, jamais été totalement pacifiées, mis à part quelques îlots, ça et là, dispersés. Leurs combats continuent, encore, de nos jours, sous des formes variées, à s’exprimer dans les différents domaines de l’activité existentielle, au sein de chacun de nos Etats. Cette image d’un peuple héroïque, d’un peuple debout, qui n’a jamais baissé les bras, qui ne s’est jamais agenouillé, constitue, certainement, le viatique le plus sûr, pour conscientiser les générations actuelles et futures et pour libérer, définitivement, l’homme africain de la peur et du manque de confiance en soi et forger sa personnalité.
Le Colloque International, consacré à l’Afrique et à sa Diaspora sur cette thématique, a, précisément, pour mission, de fournir l’occasion aux chercheurs de revisiter, d’identifier toutes les formes de résistances, d’en dresser la typologie, de les étudier, avec précision, pour en tirer des motifs de fierté, des raisons de réarmement moral et des leçons pour le présent et pour l’avenir. Certes, tout récemment, le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA), a lancé un SOS et a tenu, du 27 au 29 octobre 2008, au Kenya, une conférence intitulée : « Relire l’Histoire et l’Historiographie de la domination et de la résistance en Afrique pendant la période d’avant indépendance », à laquelle, les historiens de 14 pays africains ont participé. Il a, même, adopté une déclaration importante, dite de Kampala, sur l’histoire africaine.
Les chercheurs présents, ont produit un important travail qui mérite d’être salué, un travail dont l’approche et la méthodologie présentent, évidemment, des similitudes avec notre démarche, mais également, de substantielles différences, en ce qui concerne, surtout, la séquence temporelle étudiée. Pour notre part, qu’elle soit violente, ou passive, ouverte ou camouflée, la résistance a précédé et dépassé la période d’avant les indépendances et a, chaque fois, entraîné des conséquences, dont on n’a pas, encore, fini d’évaluer tous les effets.
(…) Il est important de mettre un accent particulier sur le fait que, même dans les zones où le système colonial croyait s’être le plus solidement implanté, la contestation était permanente, les protestations courantes, les revendications incessantes, en faveur de l’égalité, de la justice et de la démocratie. Ces manifestations s’expriment sous tous les registres, y compris, à travers les religions du territoire et leurs rituels secrets, les cadres d’expression des religions révélées, dans les ethnies, dans les familles, dans les lieux de travail, dans les quartiers, etc.
C’est le cas du Sénégal, où, bien qu’établie à Saint Louis dés 1659, de manière rudimentaire, la France, devra végéter pendant prés de 2 siècles avant d’oser amorcer la tentative de conquête du pays, dont les populations avaient, pourtant, bénéficié à Saint Louis et Gorée du Code civil, dès 1830, de la citoyenneté, dès 1833 et de l’abolition de l’esclavage et du suffrage universel, du droit d’élire un député au Palais Bourbon, dès 1848, du Régime des Communes de Plein Exercice, dès 1872, sans parler du droit d’association, du droit de réunion, du droit de manifestation, de la liberté de presse, etc.
Quand la tentative de conquête commença en 1854, ce sont à quelques 248 actes de guerres et de belligérance, entre janvier 1955 et décembre 1956, que le gouverneur Faidherbe dut faire face, à cause de la résistance des chefs locaux.
(…) Ces figures emblématiques de la résistance développent, presque toujours, un argumentaire de rupture, un plaidoyer ouvrant des perspectives nouvelles articulées, pour l’essentiel, au passé de la région concernée.
Certes, tout le monde n’a pas été résistant. Il y a bien eu des collaborateurs et, même, des traîtres à leur race et à leur patrie, comme il en existe partout. Mais, ils ne sont jamais parvenus à renverser durablement le cours des choses
L’indépendance acquise, le mouvement, loin de s’arrêter, s’est poursuivi. Pourquoi ? Sous quelles formes et à quelles fins ? Selon quelles méthodes ? Chacune de ces questions mérite réponse. L’entrée en scène de nouveaux acteurs et de nouveaux contextes modifie tout naturellement la donne. Mais, la lutte n’en continue pas moins. Il apparaît, ainsi, que l’Homme Noir a, toujours, été debout pour faire face à la domination et l’oppression. Sa résistance a été, partout, omniprésente.
Il y a, là, une dimension fondatrice, articulée à des comportements, à des valeurs et à des références capables de libérer, totalement, l’homme africain, des fantasmes coloniaux et post-coloniaux, qui ont gangrené son esprit.
Il y a, là, une démarche capable de le décomplexer, de le réarmer moralement, de lui insuffler une volonté permanente de courage, de dignité, de liberté, un goût de la démocratie, de la justice et du droit, un refus systématique de baisser les bras, de s’agenouiller ou de se coucher. Le refus, en plus, de l’humiliation, de la honte de la soumission au plus fort, au plus riche, au plus puissant, au nom du droit de chaque être humain de s’élever contre ce que sa conscience abhorre.
Dans le contexte de la mondialisation actuelle, qui, en agissant par uniformisation et par standardisation , taille toutes les société sur le même patron et fait abstraction de leurs spécificités culturelles, si nous parvenons à élever ce message, au rang d’un viatique, dont chaque Africain s’armera, dans le combat pour sortir notre continent de l’aliénation, de la domination, de la sujétion, du mépris culturel, de la marginalisation économique, diplomatique, nous l’aurons sauvé du naufrage, qui le guette et des velléités de reconquête impériale.
Il faudra, pour cela, que les enseignants d’Histoire, leurs associations professionnelles, leurs instituts de recherche, leurs chercheurs, leurs communicateurs traditionnels s’organisent en réseaux, repensent le contenu des programmes et des enseignements, créent de nouveaux outils d’apprentissage.
Il faudra une politique vigoureuse dans laquelle, les traditionnistes, les archivistes, les instituts, les musées, les archéologues, les linguistes, les anthropologues, les sociologues, les historiens, les groupements de jeunes, s’impliquent dans ce combat, qui nécessitera des moyens et des soutiens politiques et financiers, capables de les transformer en synergies positives.
L’histoire africaine sera, alors, investie, dans les magazines, dans les bandes dessinées, dans le cinéma africain. Des pages d’Histoires seront, régulièrement ouvertes, dans les journaux, dans les radios, dans les télévisions, dans les cybercafés et sur Internet. Des clubs d’Histoire seront créés dans toutes les écoles élémentaires, moyennes, secondaires et universitaires. Des pièces de Théâtre à caractère historique, des chansons, des poèmes, des manuels de vulgarisation seront produits, pour toucher le plus grand nombre. Des olympiades d’Histoire, à l’échelle nationale et continentale et à celle de la Diaspora, avec des prix et des distinctions honorifiques, seront encouragées. Des historiens africains seront honorés, mieux écoutés et plus respectés, qu’ils ne le sont actuellement.
Ainsi, une conscience historique nouvelle verra le jour, pour prendre en main, le destin de notre Continent, dans la continuité de tout ce que nos prestigieux devanciers ont entrepris, depuis l’aube des temps. Or, quand la conscience est éclairée, le combat au service de l’Afrique ne peut que sourire d’espoir et de réconfort, car la conscience, a dit quelqu’un, est, toujours, un pouvoir.
Tel doit être le sens véritable de notre combat.
A suivre : Apport des Noirs à la science et à la technologie
* Iba Der Thiam est agrégé d'Histoire. Il a fait partie du Comité scientifique de l'UNESCO chargé de rédiger l'histoire générale de l'Afrique. Actuellement, il est président d'honneur du comité scientifique du FESMAN
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Commentaires & analyses
Durban II face à l’alliance des Blancs et des sionistes
Gabriel Ash
2009-05-21
http://pambazuka.org/fr/category/comment/56428
Comme Israël leur référence, les organisations sionistes ont une tendance à gagner les guerres, sauf chaque victoire les affaiblit et les perturbe davantage. La conférence Durban II (du 20 au 24 avril 2009) a été une victoire sioniste de cette nature. Cette bataille a été longue à préparer. Depuis que des ONG les ont accusés de racisme lors de la conférence de Durban du 2 au 9 septembre 2001, les organisations sionistes ont commencé à préparer méticuleusement leur assaut. Leur cible était constituée par quelques organisations des Nations Unies, des ONG ainsi que des mouvements sociaux qui ont utilisé la perte de légitimité du racisme en Occident afin de faire valoir le droit des victimes.
Pour des raisons évidentes la plupart, sinon tous ceux qui sont engagés à combattre le racisme soutiennent les droits des Palestiniens. Ceci pose problème pour le Sionisme. A Durban, en 2001, le document officiel, rédigé dans l’acrimonie, contenait quatre paragraphes inoffensifs faisant état du droit des Palestiniens et réaffirmant l’engagement en faveur de la partition de la Palestine. Le document a même affirmé le droit à la sécurité pour Israël. Il n’était aucunement fait mention de racisme bien que ce soit là le thème de la conférence. Néanmoins les Israéliens n’ont pas apprécié que l’on mentionne la souffrance des Palestiniens dans un document pourtant consacré au racisme.
Le forum concomitant des ONG, qui rassemblait plus de 2000 participants et dont la déclaration finale, écrite dans un langage plus fort (et généralement plus vrai) à propos d’Israël, a été un problème important à Durban. A n’en pas douter, le forum a vécu des difficultés internes. Mais de ça, Israël n’a rien voulu savoir. Il ne s’agissait pourtant pas d’antisémitisme. Sans doute du matériel antisémite a été distribué à Durban au cours des manifestations en ville ; peut-être, mais vraiment peut-être, y en a-t-il eu aussi dans un coin du forum des ONG. Mais combien ?
Cecilia Surasky de Muzzlewatch déclara après la conférence à Genève : « En venant ici moi-même, je me suis mise à douter pratiquement à propos de tout ce qui a été rapporté de Durban I. Déjà, je vois dans les medias des termes comme ‘’ la fête de la haine’’ et ‘’ la conférence raciste des anti-racistes’’. Je ne doute pas qu’il y ait eu des propos et de la littérature antisémite à Durban I. Mais est-ce que ceci représentait 90% de la conférence ou seulement 0,9% ? Je n’ai aucun moyen de savoir. Par contre, ce que je sais, c’est que la session de Sharansky, Voight, Dershowitz, en principe consacrée à l’antisémitisme, a été un tour de force dans la mesure où ils ont insulté et dénigré les Musulmans et les Arabes en usant de force stéréotypes teintés d’islamophobie. Et aucun media n’a appelé les choses par leur nom ». (Muzzelwatch).
Le problème c’est qu’Israël est indéniablement raciste et que la majorité des 2000 ONG rassemblées à Durban étaient prêtes à le dire malgré de fortes pressions. Ce qui a été sur le point de se perdre à Durban c’était le pouvoir de façonner le discours, en un mot, la perte d’une hégémonie. Bien qu’insuffisamment démocratique, le forum des ONG à Durban a été trop démocratique, trop ouvert aux perspectives des pays du Sud, trop représentatif de la vraie opinion publique mondiale et trop irrespectueux des puissants intérêts qui alimentent le racisme, en Palestine et ailleurs dans le monde. Ainsi, le droit international, le langage des Droits de l’Homme et la perte de légitimité du racisme pourraient devenir des instruments efficaces.
Ceci était malvenu non seulement pour Israël, mais aussi pour les pays du Nord dont l’opulence est largement le fruit de l’exploitation coloniale et du racisme. La conférence officielle à Durban a discuté de l’esclavage et a brandi le spectre de la réparation, non seulement en faveur des Afro-américains, mais aussi des Africains. Une conversation consacrée au racisme est devenue celle de la disparité de la richesse entre le Sud et le Nord. Parler de race pourrait s’avérer être l’antidote au paradigme néo-libéral qui blâme les pauvres pour la pauvreté. Ce qui est inquiétant pour les intérêts de certains, en particulier parce que le Forum social a appris à parler le langage du droit des systèmes internationaux.
Depuis que Herzl a prononcé sa célèbre phrase (‘’… le rempart de l’Europe contre l’Asie, un avant poste de la civilisation opposée à la barbarie’’) les organisations sionistes savent qui sont leurs alliés naturels. Les puissances du Nord voulaient rabaisser le processus de Durban d’un cran. Un groupe d’organisations s’est créé dans ce dessein, dont le centre Simon Wiesenthal, UN Watch, NGO Monitor, Human Rights First, l’AJC, l’Association Juive des Juristes et des Avocats et d’autres. Leur but : couper les financements des ONG qui défendent les droits des Palestiniens, discréditer et perturber les processus des Nations Unies qui mettent en péril le droit d’Israël à être raciste et miner les exigences pour une justice globale et la nécessité de rendre des comptes, processus qui inévitablement inclurait Israël.
Le NGO Monitor a formulé les choses de la manière suivante :
Il convient d’abord de reconnaître les ‘’réussites’’ des sionistes. Les organisations anti-racistes honnêtes ont perdu beaucoup de financement au profit des sionistes. Les Nations Unies et la Fondation Ford se sont retirés de l’organisation officielle du Forum des ONG à Genève. Un effort officieux a produit une petite réunion d’environ 150 ONG. Les organisateurs ont fait tout ce qu’ils ont pu afin d’exclure la question palestinienne. Elles n’ont toujours pas d’argent. Malgré les meilleurs efforts des sionistes et des organisateurs, la déclaration finale a maintenu un ton juste. Mais les medias l’ont à peine relevé, s’étant fait embobiner par un grand spectacle concernant la Shoa avec pour vedettes Elie Wiesel, Bernard Henry- Levy, Alan Dershowitz et d’autres.
La conférence officielle a aussi été perturbée. Neuf pays, menés par ceux dont les premiers colons sont coupables de génocide (les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande) se sont joints à Israël afin de boycotter la conférence par crainte d’un antisémitisme imaginaire. Néanmoins, et afin d’éviter le désistement des pays européens, la déclaration officielle a fait l’impasse sur la question palestinienne, hormis la répétition de ce qui a été dit dans la déclaration de Durban (2001). Comme si, 8 ans plus tard, il n’y avait rien à revoir en Palestine.
Il est allégué que le document évitait de mentionner des victimes spécifiquement. En réalité, les Roms sont nommément cités, comme il se doit, ainsi que les Juifs en relation avec la Shoa et l’antisémitisme. Les populations d’origine africaine sont spécifiquement et correctement désignées, mais les musulmans ne sont mentionné que de façon incidente - en passant- dans le discours sur l’islamophobie. Cependant, ni le nouveau ni l’ancien document ne reconnaissent que les Palestiniens sont victimes du racisme. Ce qui, au vu de la situation horrible qui prévaut en Palestine et qui va s’aggravant, est franchement absurde. Pire encore, le document a été adopté tôt durant la conférence sans avoir été discuté et sans avoir intégré les contributions des milliers d’ONG qui travaillent quotidiennement sur les questions du racisme.
Avec des excuses ridicules, le secrétariat des Nations Unies a banni les manifestations en marge de la conférence aux Nations Unies pour la durée de la conférence. Sauf qu’il ne les a pas toutes bannies. Seules l’ont été celles qui voulaient représenter un point de vue palestinien anti-raciste. Les Nations Unies ont permis les manifestations de Sionistes qui avait une coloration anti-islam et anti-arabes. Pour vous donner une idée, il y a les 10 minutes de Deshowitz qui expliquent pourquoi les Palestiniens sont les ‘’héritiers de Hitler’’. Quelle ironie ! Mais le mot qui, le mieux, décrit la discrimination par les représentants des Nations Unies, des victimes du racisme qui doivent écouter des discours racistes sans droit de réponse, est ‘’racisme’’.
La presse s’est faite l’écho des points de vue des Ssonistes. Obama lui-même a décrit le document originel de Durban comme inacceptable. Les éditeurs du « New York Times », d’une ignorance aussi profonde que honteuse, ont écrit qu’‘’ Israël était le seul pays montré du doigt dans le communiqué final de la conférence’’ (NYT, 20 avril 2009). En effet, dans cette déclaration finale, Israël a été le seul pays nommément cité comme ayant droit à la sécurité. Le discours d’Ahmedinejad a largement alimenté les journaux qui ont adopté les points de vue des sionistes pour qualifier la conférence de Durban II de ‘’fête de la haine’’ et ont refusé les corrections les plus élémentaires qui auraient contré la campagne de désinformation des sionistes. C’était en effet une fête de la haine, une fête de la haine dirigée contre les Palestiniens et les Musulmans en général.
Je reviendrai sur la question du discours d’Ahmedinejad plus tard ; je veux me focaliser d’abord sur d’autres résultats de la conférence.
Tout n’a pas été négatif dans cette conférence.
Premièrement, à cause du sabotage des sionistes, la lutte importante et concrète contre le racisme dans le monde entier, que cette conférence devait promouvoir, a été laissée dans l’ombre et ignorée. Personne n’y a prêté attention et hormis une référence diluée à la persécution religieuse peu d’avancée a été accomplie. Le texte de la déclaration a aussi été considérablement dilué. Ce résultat, soutenu par les gouvernements et les médias occidentaux, est honteux. Mais, par ailleurs, rien n’a été rejeté. La déclaration de Durban a été réaffirmée et les différents mécanismes des Nations Unies vont continuer à y travailler et à promouvoir des recommandations spécifiques, ce qui est l’essentiel.
Deuxièmement, les organisations sionistes se sont exprimées comme jamais auparavant dans leur animosité, non seulement envers les Palestiniens, mais aussi envers le Sud dans sa globalité et les victimes du racisme partout dans le monde. Leur sabotage de la conférence, leur mépris pour le travail qu’elle représente, pour les principes qu’elle incarne et les buts qu’elle s’efforce d’atteindre, a laissé un goût amer dans la bouche de toutes les organisations et de tous les militants pour les Droits de l’Homme qui étaient venus dans un but honnête.
Navil Pillay, le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, qui présidait la conférence, a parlé d’une ‘’ d’une large campagne de désinformation très organisée… déterminée à tuer la conférence’’ Les militants sionistes ont envahi, perturbé les sessions, manipulé des groupes d’Africains non avertis et exploité le Darfour et le Rwanda (où ils ont échoué) dans le but de semer la discorde et d’empêcher l’adoption de résolutions. Leur malhonnêteté et leur volonté de détruire les Nations Unies et tout l’édifice des Droits de l’Homme, sans aucun scrupule, resteront dans les mémoires. On pourrait souhaiter que ce souvenir génère une certaine réaction. Mais il y a peu de chance. Comme le disait Malaak Shabazz, la fille de Malcolm X qui avait été physiquement attaqué par des sionistes imbéciles ‘’ Les sionistes engendrent la haine du Juif…Je ne connaissais pas les tactiques des sionistes. Mais là, j’ai eu droit à un cours intensif’’ (JTA, le 28 avril)
La tentative de perturbation orchestrée par les sionistes la plus remarquée a été l’organisation d’une table ronde par UN Watch, en marge de la conférence, qui incluait deux survivants de génocide du Darfour et du Rwanda ainsi qu’un cinéaste indien homosexuel, Parvez Sharma. Sharma a rapidement compris qu’il était instrumentalisé dans une démarche islamophobe et devait tenir le rôle de la victime de l’Islam. Et il a explosé ! Plus tard, deux délégués israéliens lui ont craché dessus. Son compte rendu des évènements mérite d’être lu.
Alors que M. Ahmedinejad, comparé à quelque chose d’analogue à Hitler, venait de commencer son discours, les délégations de l’UE, toutes caucasiennes (23 membres), ont quitté la salle cérémonieusement. Mais, au même moment, les représentants africains et asiatiques ont applaudi. Je me demande si les discussions sur la race en terme de couleur de peau, et plus particulièrement le racisme institutionnalisé dans nombre de pays européens, est même perçu par le Club des Blancs qui généralement représentent les nations européennes aux Nations Unies…
Lorsque M. Ahmedinejad s’est rendu à sa conférence de presse, il a été confronté à un groupe hétéroclite de protestataires d’une vingtaine de personnes, tous Blancs, qui l’ont sifflé en brandissant des pancartes fabriquées à la hâte, insistant sur le sifflement (comme un serpent) ‘’ Racccissst’’. Un citoyen britannique d’origine pakistanaise et moi-même avons été les seuls à leur demander s’ils avaient fait l’expérience du racisme comme nous en faisons l’expérience dans la plupart des pays occidentaux, simplement en raison de nos peaux foncées ou de nos noms musulmans.
La conférence de Durban II et les organisations sionistes, totalement soutenu par les par les pays du Nord, ont orchestré la ‘’fête de la haine’’ et ont mis en évidence les limites de la conversation consensuelle, amicale et globale sur les questions raciales. Les Etats de colonisateurs blancs ont boycotté la conférence dès le départ. La sortie théâtrale, planifiée à l’avance, des Européens blancs ,a souligné encore un peu plus la force globale du racisme et sa présence dans les institutions de gouvernance globale dont la tâche est pourtant de l’éliminer. Les divisions selon la couleur étaient en évidence à Genève. La presse des Blancs occidentaux et de la cohorte des experts n’ont, pour la plupart, pas remarqué que la majorité des gens de couleur sont restés dans la salle à applaudir. Quant ils disent ‘’ le monde’’ ils veulent vraiment dire l’Europe.
Le diplomate russe, qui a négocié la plus grande part de la déclaration de Durban II, a accusé les Etats européens qui ont quitté la salle lors du discours d’Ahmedinejad de vouloir affaiblir intentionnellement la conférence. En cela, les Etats européens ont continué le travail destructeur commencé par l’administration de Obama. Le prof Vernellia R. Randall décrit précisément la position d’Obama lors des négociations. Il a obtenu ce qu’il voulait et malgré tout, il a boycotté la conférence.
Malheureusement, la conférence Durban II a été prise en otage par les gouvernements et des membres de la société civile, y inclus l’administration Obama, pour qui l’élimination du racisme et de la discrimination raciale - en particulier pour les Africains et ceux d’origine africaine- n’est nullement une priorité. En effet, dans la semaine précédent la conférence et en réponse à l’ultimatum de l’Administration Obama, le comité de préparation a :
- enlevé toute référence à des réparations
- retiré le paragraphe qui proposait de faire de la traite des esclaves un crime contre l’humanité
- supprimé le paragraphe qui demandait un renforcement du groupe d’experts pour la question des populations d’origine africaine
- et ont généralement dilué les efforts qui ont trait aux populations d’origine africaine
Ceci est dévastateur.
Il ne fait aucun doute qu’il y a un consensus officiel et global contre le racisme et ceci ne devrait pas être minimisé. C’est une victoire durement acquise. Le Nord participe et soutient des institutions internationales et les instruments des Droits de l’Homme. L’engagement anti-raciste n’est pas complètement fallacieux. Aujourd’hui, la majorité des Blancs voit le racisme primaire avec détestation et, au moins dans le discours, souhaite l’élimination de la discrimination raciale. Ceci est précisément la raison pour laquelle l’Administration Obama, les sionistes et les Européens, bref les Blancs voulaient camoufler leur soutien au racisme sous un vernis anti-raciste. Mais cet engagement a des limites et le processus de Durban les a mise en évidence. Réparation, redistribution, en effet n’importe quelle démarche qui porterait atteinte aux coupables et bénéficiaires du racisme n’a aucune chance d’aboutir ni en Palestine ni, certainement aux Etats-Unis.
La conférence de Durban II a donc été un moment de vérité. Les masques sont tombés et les principales lignes de fractures sont réapparues.
* Gabriel Ash, un ex-Israélien né en Roumanie, co-édite le blog anti-sioniste ‘’ jewssanfrontières’’
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Journal d’une semaine africaine : Ça va mal, mais ça va aller
Venance Konan
2009-05-21
http://pambazuka.org/fr/category/comment/56425
Samedi 9 mai : Comment accéder au pouvoir
Ça y est. Jacob Zuma est le nouveau président de l’Afrique du sud. Ils sont nombreux, ceux que son élection n’a pas beaucoup rassuré. Mais l’Afrique du sud est un pays démocratique et la majorité a décidé. Elle a estimé qu’un homme, bien fait physiquement, qui a beaucoup de femmes et d’enfants, qui sait chanter et danser lors des meetings, a toutes les qualités pour être le chef. C’était comme cela dans la plupart de nos sociétés traditionnelles. Personnellement je doute que cela soit suffisant en 2009 dans un pays aussi compliqué que l’Afrique du sud.
J’ai du mal à faire confiance à un homme qui est poursuivi en justice pour viol et corruption, qui couche avec une femme qu’il sait séropositive, sans mettre de préservatif, et qui se contente de prendre une douche après. Et une petite voix me susurre que dans quelques années, l’Afrique du sud risque d’être comme tous les autres pays au sud du Sahara, c’est-à-dire n’importe quoi. Mais ne répétez à personne ce que je viens de dire. On me taxera d’afro-pessimiste. C’est très mal élevé, en Afrique, d’être afro-pessimiste. Le politiquement correct sur ce continent veut que l’on répète tous les jours « ça va aller. » Même quand tout est mis en œuvre pour que ça n’aille pas.
Dimanche 10 mai : Comment s’y maintenir
Le président du Niger a décidé de changer la Constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir. Ses supporters estiment qu’il a commencé un bon boulot qu’il doit achever. Lorsqu’il arrivait à la tête du Niger, il était classé 165ème en matière de développement. Dix ans après, il est 174ème . Il a effectivement fait du très bon boulot. Et puis surtout le groupe français Areva va exploiter au Niger la plus grande mine d’uranium du monde. Beaucoup d’argent emplira forcément les poches de quelques boubous. Ce serait trop bête que ce soient les poches des autres.
Nos dirigeants n’ont qu’une seule obsession lorsqu’ils arrivent au pouvoir : s’y maintenir à vie. Il y a plusieurs méthodes pour ça. La plus en vogue en ce moment est la modification de la Constitution. Une autre consiste à ne pas organiser d’élection. Mais pour appliquer cette méthode, il faut avoir une petite rébellion, pas très méchante, mais assez futée pour occuper une partie du territoire. Cela permet d’invoquer la Constitution qui dit qu’on ne peut pas organiser d’élection quand le pays est en danger. Et, pour être à l’abri de tout mauvais coup de cette rébellion, on nomme son chef Premier ministre, et quelques uns de ses amis ministres. On donne aussi quelques ministères à l’opposition et on laisse tout ce monde manger. Il est connu qu’on ne parle pas la bouche pleine. Et l’on peut ainsi prolonger son mandat indéfiniment.
Mais la meilleure méthode à mon avis est celle de Kadhafi. Chez lui, il n’y a jamais eu d’élection présidentielle. Parce qu’il n’y a pas de président en Libye. Non, chez lui, Kadhafi est le « Frère guide. » On n’élit pas un frère, surtout lorsqu’il est guide. Un frère, on l’a pour la vie.
Lundi 11 mai : Histoire
Mon ami le peintre sénégalais Viyé Diba est venu faire une exposition à Abidjan. Nous nous sommes retrouvés à commenter les discours de Sarkozy et de Ségolène à Dakar. Et nous sommes arrivés à la conclusion que Sarkozy n’avait fait que redire ce que nous disons tous les jours. Seulement ça ne devait pas venir de lui. Nous savons que nos pays sont très mal gérés, que nos élites sont corrompues, que nous ne travaillons pas beaucoup. Mais lorsque ça vient d’un Blanc, cela nous rappelle l’époque coloniale où les Blancs bottaient les fesses de nos parents en les traitant de fainéants et de couillons.
Cela dit, j’ai relu ce que nos intellectuels ont répondu à Sarkozy. J’y ai vu que notre passé fut glorieux. Mais je n’y ai vu aucune ligne sur notre présent qui est loin d’être brillant, ni aucune clef pour en sortir, afin d’offrir aux prochaines générations d’autres rêves que celui de trouver une place dans la première pirogue en partance pour les îles Canaries ou Lampedusa. Tout compte fait, je crois que Sarkozy s’est planté à Dakar lorsqu’il a dit que nous ne sommes pas assez entrés dans l’histoire. Nous sommes bel et bien entrés dans notre histoire. Et nous n’en sommes plus ressortis.
Mardi 12 mai : Résistance
Hier soir la télé a montré notre président bien-aimé, Laurent Gbagbo, en Afrique du sud. Il était à l’investiture de Zuma. Je l’aime beaucoup, notre président. Lorsque la rébellion éclata en 2002, personne ne donnait cher de sa peau. Il y eut à cette époque des escadrons de la mort qui tuèrent des dizaines de personnes supposées proches de l’opposition. Des gens de mauvaise foi accusèrent notre président bien-aimé d’être derrière ces escadrons, et on parla même de le faire juger par une cour pénale internationale. Notre président bien-aimé nia tout en bloc. Un humaniste comme lui, derrière des escadrons de la mort ? Quelle idée !
Ces escadrons disparurent aussitôt d’ailleurs. Mais c’était juste une coïncidence. En mars 2004, ses opposants voulurent organiser une marche. Il mit la police, la gendarmerie et l’armée dans la rue. On tira sur les manifestants. L’ONU dénombra plus de 120 morts. Le ministre de la Sécurité d’alors dit que c’étaient des bandes parallèles qui avaient tué. On n’a jamais su qui c’était.
Notre président bien-aimé est en train de construire de beaux palais à côté de ceux que notre premier président avait construits et qui sont aujourd’hui laissés à l’abandon. Les députés français Jack Lang et Jean Marie Le Guen sont venus le féliciter, et ils ont dit publiquement que construire de nouveaux palais, c’est exactement ce qu’il faut faire, surtout en ce moment. Et notre président bien-aimé les a amené danser dans une boîte de nuit. Le lendemain la police a tiré sur les femmes qui manifestaient contre la vie chère. Il y eut deux morts.
Il est vraiment fort notre président bien-aimé. Il a résisté à tout. A la rébellion, aux tentatives de coups d’Etat, à la France... Il faut dire qu’il avait eu une bonne formation. Rester marié à Simone pendant près de trente ans, ça aide à résister à tout.
Mercredi 13 mai : L’Afrique brillera…
Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine publiera bientôt un livre intitulé « Quand l’Afrique brillera de mille feux. » Il faut que je vous explique notre Union africaine. Au début de nos indépendances, nos chefs eurent l’idée de créer une organisation qui nous aiderait à nous développer plus vite. On l’appela l’Organisation de l’Unité Africaine. Mais quelque 40 ans plus tard, nous constatâmes que nous n’étions pas plus développés qu’avant. Alors, sous l’impulsion du Frère guide Kadhafi, nous décidâmes de faire comme l’Europe. Elle a son Union européenne qui marche très bien. Nous créâmes donc notre Union africaine, avec une commission et un président, des commissaires, vraiment comme l’Union européenne.
Mais nous avions remarqué que l’Europe s’était faite lentement. Or nous étions pressés. Aussi notre Union engloba en une fois tous les pays du continent. On mit donc ensemble les pays fauchés (il y en a beaucoup), les pays riches (si, si, il y en a quelques uns), les dictatures (il y en a beaucoup), les pays démocratiques (si, si, il y en a quelques uns), les Arabes, les Zoulous, les Berbères, les Bantou, les Haoussa, ceux qui s’aiment, ceux qui se détestent, ceux qui se font la guerre, ceux qui font la guerre à leurs propres peuples, bref, on mit tout le monde ensemble, on secoua bien, et puis…Ben, ça ne marche toujours pas. J’y comprends plus rien. Et pourtant nous avons choisi cette année le très éclairé Frère guide Kadhafi pour diriger cette Union. Il doit y avoir de la sorcellerie en dessous.
Jeudi 14 mai : …de mille feux de brousse
« Quand l’Afrique brillera de mille feux », qu’il dit, Jean Ping. Et je vois les têtes de nos brillants guides. Bongo qui a bouclé 41 ans de pouvoir, Kadhafi qui se fait appeler Le roi des rois d’Afrique, Biya qui passe plus temps en Europe que dans son Cameroun qu’il est censé diriger, Laurent Gbagbo qui rigole tout le temps et fait rigoler tout le monde quand il pleure à la télé, Yayah Jammeh toujours attifé comme un clown, Omar El Béchir et Mugabe qui ne font rire personne, le président bissau-guinéen découpé à la machette, le roi du Swaziland qui épouse chaque année une nouvelle femme, il doit en être à la 13ème ou 14ème (lui, il a bien compris que l’important sur cette terre de misère, c’est l’amour. Make love, no war.).
Et je vois, les rebelles de mon pays, avec leurs amulettes aux poignets et leurs téléphones cellulaires accrochés au cou, les millions de morts du Kivu, nos femmes passant leurs journées à piler le mil ou le foutou, nos paysans courbés sous le soleil avec pour seuls instruments de travail la daba et la machette. Et je revois ces quatre charmantes chiottes construites au bord du lac Ahémé au Bénin. Il était écrit dessus « financement : coopération française. »
Alors, en vérité, en vérité, je vous le dis, mes frères Africains, tant que nous n’aurons pas libéré nos femmes et nos paysans, et surtout, tant que nous attendrons que ce soient les Blancs qui nous construisent des chiottes, nous ne serons pas sortis de notre merde de si tôt. Et les feux dont parle M. Ping risquent de n’être que des feux de brousse.
Vendredi 15 mai : Louche
J’ai appris que le train qui relie Dakar et Bamako a déraillé. Je l’ai emprunté une fois, il y a quelques années. Il avait démarré à l’heure précise. « C’est louche, m’avait dit mon voisin de compartiment, un Sénégalais. Je prends ce train depuis plus de dix ans et c’est la première fois qu’il part à l’heure. » Et effectivement le train est tombé en panne en rase campagne et nous a planté sous le soleil pendant deux heures sans une petite gargote à côté pour boire une bière bien chaude.
* Venance Konan est un écrivain ivoirien
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Nouveaux enjeux politiques en Afrique du Sud après les élections
Sanusha naidu
2009-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/comment/56409
Le moins qu’on puisse dire c’est que les élections en Afrique du Sud en 2009, n’ont pas été ennuyeuses. Vibrantes, imprévisibles et peut-être la plus grande démonstration de confiance de l’électorat depuis 1994 ( taux de participation : 77.30%), il n’y a eu aucune place pour la complaisance entre les principaux partis politiques. Jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, les partis politiques ont poursuivi leur campagne dans l’espoir de gagner encore quelques suffrages en dernières minutes.
Dès que les premiers résultats ont été connus, le jeudi 23 avril, la question principale a été de savoir si l’ANC conserverait la majorité des deux tiers. Pour la plus grande partie de cette journée, les commentateurs ont été occupés à spéculer sur les sièges que pourrait prendre le Congress of the People (COPE) à l’ANC. Le vendredi, les jeux étaient faits : l’ANC était le grand vainqueur, malgré ses aller et retour dans la zone des deux tiers
Il apparaît que quelques-uns des plus petits partis d’opposition ont souffert dans cette élection. Même si l’émergence de COPE n’a pas eu de grand impact sur les résultats de l’ANC, il a néanmoins coupé l’herbe sous les pieds des petits partis d’opposition qui peinent à garder une signification électorale
Cependant, il ne faudrait pas minimiser la performance du COPE. Le parti n’existant que depuis 4 mois, sa performance est honorable même si les sondages d’opinions prédisaient un gain de 15 à 20%. ‘’Peut-être que, disait mon chauffeur de taxi, si nous connaissions mieux le COPE, si nous étions plus éclairés sur sa politique et ses dirigeants qui allaient le représenter au parlement, nous pourrions avoir plus confiance en eux et en leur politique’’. Ceci étant, le COPE a certainement marqué le paysage électorale sud-africain. Avec 30 sièges à l’Assemblée Nationale, il est maintenant plus à même de faire la démonstration de son intégrité politique qui a été sa plateforme électorale. Mais les dirigeants du COPE feraient bien de se souvenir qu’ils ont à faire leur preuve, bien plus que leurs opposants de l’ANC. Leur identité, leur héritage et leur loyauté discutable font d’eux les cibles privilégiées des dirigeants de l’ANC, des parlementaires et de leur électorat qui s’efforceront de les frustrer chaque fois que possible.
Bien que le COPE souhaite être la principale force de frappe contre le gouvernement, il va devoir prendre en compte l’opposition officielle qu’est la Democratic Alliance (DA) Surtout que la DA ne lui fera pas de cadeaux, compte tenu du fait qu’elle avait tenté d’intégrer le COPE dans une grande coalition d’opposition (si le besoin s’en faisait sentir) et avait été éconduit par ses dirigeants. Il se trouve aussi que la DA a amélioré sa visibilité et a obtenu un gain électoral de 17 sièges au Parlement. Que ce soit le facteur COPE ou la campagne ‘’ Stop Zuma’’ qui a fait la différence, le fait est que la DA est un parti d’opposition qui sort renforcé de ces élections ainsi que sa dirigeante, Helen Zille, qui a ajouté près d’un million de voix à sa base électorale. Mais la DA reste un parti minoritaire, en particulier auprès des gens de couleurs de la province du Cap occidental.
En concentrant ses efforts, afin de garder le contrôle sur la municipalité de la ville du Cap et, particulièrement pour gagner les élections provinciales du Cap occidental avec une majorité absolue, le parti a suscité des inquiétudes. En effet, d’aucun craigne que le parti court le risque de se confiner dans la politique régionale au détriment de son rôle national de parti d’opposition du gouvernement. En briguant le poste de ‘’Premier’’ dans la province du Cap occidental, Helen Hille, la chef du parti, a encore alimenté les spéculations quant au candidat capable de diriger l’opposition parlementaire qui doit demander des comptes au gouvernement et de maintenir les parlementaires en état d’alerte.
Néanmoins et en toute justice, il faut reconnaître que le COPE a reçu sa récompense dans la province du Cap occidental, en y étant le premier parti politique a obtenir une majorité absolue. Stimulé par cette victoire éclatante, le DA va poursuivre sa stratégie qui a fait de la province du Cap Occidental un phare, en offrant des services sociaux et des programmes de réduction de la pauvreté, en contraste avec la performance de l’ANC dans d’autres provinces, en particulier dans la province du Cap oriental, considérée comme étant l’une des plus pauvres du pays, avec un bilan des services socio-économiques lamentables.
Bien que l’ANC peut se sentir marginalisé par le résultat du vote dans la province du Cap occidental, après l’avoir initialement contrôlée au travers d’une coalition fragile, le parti a réussi à stabiliser son électorat dans le KwaZulu Natal avec une marge confortable. Mais l’incursion massive de l’ANC dans le fief privilégié de l’IFP dans le KwaZuku Natal du nord témoigne de la performance du parti qui a été à la tête de l’administration de la province durant 5 ans. Que ce soit le ‘’ facteur Zuma’’ ou que cela tienne au déclin indéniable du parti nationaliste zoulou, l’IFP, miné par une identité ethnique régionale, le fait est que depuis 1994, l’ANC s’est positionné stratégiquement parmi les indigents économiques en mettant en place des programmes d’infrastructures et systèmes de crédits sociaux.
Tout compte fait, les pertes marginales que l’ANC a essuyées dans différentes provinces, sans oublier son sévère déclin dans la province du Cap oriental, ont été plus que compensé par l’augmentation de 15% de suffrage dans le KwaZulu Natal. Alors qu’en 2004, l’ANC avait contracté une alliance avec un parti ayant une base indienne, le Minority Front, pour obtenir le contrôle de la province, cette fois-ci elle a marché seul pour gagner une majorité substantielle.
Bien que le vote des gens de couleur reste une variable dans la province du Cap occidental, il semble que le ‘’vote indien’’ ait perdu son attrait dans le Kwazulu Natal. Des partis comme le Minority Front, qui avait coutume de ‘’ faire des rois’’, doivent maintenant espérer que leur engagement aux côtés de l’ANC par le passé leur servira sous l’actuelle administration Zuma, en particulier pour leur survie politique.
Mais, même si l’ANC souhaite afficher son triomphe au détriment de l’IPF au KwaZulu Natal, il n’en reste pas moins que, sur le terrain, les relations entre leurs supporters respectifs restent volatiles. Par conséquent, il est requis de l’administration de l’ANC au KwaZulu Natal d’être attentive à ces tensions et de s’efforcer, à chaque occasion, de promouvoir un gouvernement inclusif et d’œuvrer à une co-existence pacifique avec l’IFP. Quelque chose dont Zuma a fait état dans son discours à l’Assemblée Nationale après avoir été élu quatrième président démocratiquement élu d’Afrique du Sud.
De façon générale, les élections de 2009 ont posé des défis sérieux à tous les partis d’opposition. Il semble que, suite à la dissolution du NNP, sa base principale s’est déplacée vers le DA et le COPE dans la province du Cap nord et du Cap occidental. Pour l’ID, l’IFP et nombre de petits partis, il devient indispensable de procéder à une introspection et de considérer leur position dans la perspective des élections pour les gouvernements locaux qui doivent avoir lieu en 2011. De même, le DA, malgré son succès électoral, doit élaborer une stratégie cohérente afin d’établir une tête de pont significative dans la majorité de la classe ouvrière et pour consolider sa présence au sein de la classe ouvrière des gens de couleur et ce, bien qu’ayant déjà accaparé une bonne part de leur vote.
De même, le COPE doit traduire ses gains électoraux en stratégies viables et développer une identité cohérente à l’intention de son électorat, afin d’atténuer le risque de voir son électorat se rétrécir comme ce fut le cas pour d’autres partis politiques africains tel le PAC et l’AZAPO.
Cependant et au final, le combat électoral de l’ANC ne peut être ignoré. Des salles de conférence aux débits de boissons clandestins, l’ANC a mené, sur de multiples fronts, une impressionnante campagne électorale, qui a eu autant à voir avec le ‘’facteur Zuma’’ qu’avec le ‘’ facteur COPE’’, ou encore avec le programme économique. Naturellement, une tirelire de 200 millions de Rand représente un sérieux coup de pouce. Mais, maintenant, l’heure est venue de se mettre au travail.
En présentant son Cabinet, et compte tenu de l’appel au boycott des élections par le ‘’Anti Privatisation Forum’’ (Forum Anti Privatisation et le ‘’Landless People Movement’’ (Mouvement des sans terre), Zuma sait que les électeurs qui ont mis l’ANC au pouvoir avec une majorité ne peuvent être tenu pour acquis. Zuma doit activement s’efforcer de réconcilier les attentes de différents individus et de l’électorat qui l’a porté au Union Buildings. Et Zuma a commencé à poser son empreinte en mettant en garde contre l’inertie de l’administration, en même temps qu’il répète qu’il ne doit rien à personne. Le premier pas sur ce chemin est de reconnaître que l’électorat sud africain n’a pas voté avec son cœur mais plutôt avec ses pieds et en faveur de cette vie meilleure qui leur a été promise.
Comme l’écrivait Fazila Farouk récemment ‘’Les pauvres d’Afrique du Sud veulent du travail et une maison. Ils le méritent. Cela et beaucoup plus ‘’ [url=http://sacsis.org.za/site/article/273.1]. Et c’est ce que doit maintenant fournir le fameux ‘’ Umshini Wami’’ de Zuma et non seulement de beaux discours sur le passé. Peut-être qu’il devrait entendre l’avertissement de mon chauffeur de taxi : ‘’ J’ai voté pour l’ANC parce qu’ils ont amélioré ma vie. Mais il reste beaucoup de chemin à faire pour de meilleurs logements et du travail pour tous. Ils ont jusqu’aux élections locale de 2011’’
* Sanusha Naidu est directrice de recherche à Fahamu, Département « La chine en Afrique » et a été analyste à la SABC
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RDC analyses
Quelle dynamique de la paix en RDC pour le Conseil de sécurité ?
Jean N'Saka wa N'Saka
2009-05-22
http://pambazuka.org/fr/category/DRCanalysis/56532
En tournée comme d'habitude dans quelques pays africains, les membres d'une délégation du Conseil de sécurité ont fait une escale de 48 heures en RDC. D'abord à Goma lundi (Ndlr : 18 mai), ensuite mardi à Kinshasa. Selon leur programme communiqué à la presse mercredi passé par le porte-parole de la Monuc, Madnodje Mounoubai, les ambassadeurs de l'Onu devaient :
1/ prendre la température de la situation en RDC ;
2/ évaluer le processus de paix dans la région des Grands Lacs ;
3/ explorer les voies et moyens pour renforcer la dynamique de la paix ;
4/ s'informer des opérations militaires menées à l'Est ;
5/ renforcer l'Etat de droit.
Ils étaient conduits par le représentant de France, Maurice Rippert.
Un programme séduisant selon toute vraisemblance, mais le contenu contraste étrangement avec les réalités que vit la RDC depuis que ce pays est doté de nouvelles institutions issues du processus électoral financé et supervisé du début à la fin par la Communauté internationale, en l'occurrence le Conseil de sécurité et l'Union européenne. Les animateurs de ces institutions eux-mêmes n'en disconviennent pas, puisqu'ils sont parfaitement conscients des problèmes politiques, économiques, sociaux, sécuritaires, diplomatiques, judiciaires, très complexes auxquels ils sont confrontés.
Tous ces problèmes menacent sérieusement l'indépendance du pays, sa souveraineté, son intégrité territoriale, ainsi que la sécurité des personnes et de leurs biens. Les diplomates de l'Onu aussi les connaissent et en sont conscients. Les rapports de la Monuc dont le Secrétaire général de l'Onu fait régulièrement la synthèse au Conseil de sécurité, et ceux parallèles des organisations internationales de défense des droits de l'homme, sont accablants et horribles concernant la situation générale en RDC.
L'indépendance du pays, la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale pâtissent des caprices de certains pays voisins avides d'étendre leur espace vital ; des aventures guerrières des groupes rebelles étrangers ; de l'envahissement des parties du territoire par des pasteurs étrangers avec leurs troupeaux en quête de pâturages. Les libertés et droits civiques sont en régression selon des rapports des Ong tant internationales que nationales. La séparation des pouvoirs dans le fonctionnement des institutions tarde à se révéler palpable.
La reconstruction et le développement sont toujours sur le papier. La récession mondiale due à la crise financière qui frappe de plein fouet les pays nantis du système capitaliste a bon dos et sert d'alibi pour déguiser les déficiences chroniques en matière de gestion des ressources nationales. Les dirigeants ne sont guère pressés de se comporter en bons pères de famille, en considération de leurs charges publiques qu'ils sont censés assumer dans l'intérêt du commun des citoyens. Sur les 178 pays les plus pauvres de la planète, la RDC est classée la lanterne rouge. Le transport, l'eau et le courant sont devenus des problèmes sociaux insolubles quotidiennement à Kinshasa. Que dire de l'intérieur devenu pareil à un ensemble d'agglomérations rurales anachroniques, ou de villages d'une époque paléontologique ? Un pays qui n'existerait plus que de nom. Sans vie normale, condamné à basculer dans un gouffre insondable.
On est fondé, finalement, à se demander quel modèle de démocratie et quel chef-d'oeuvre d'Etat de droit ont-ils été instaurés après plus de 40 ans considérés comme de ténèbres de la dictature obscurantiste et abrutissante du peuple, par la communauté internationale représentée par le Conseil de sécurité et l'Union européenne ? Ce n'est pas par hasard que les diplomates de l'Onu ont atterri d'abord à Goma plutôt qu'à Kinshasa, la capitale et le siège des institutions.
Le Nord-Kivu est l'échantillon illustratif du contraste frappant et dramatique de l'absence de paix et de sécurité en RDC. Ils en ont sans doute pris la température.
Echec d'un processus
L'évaluation qui s'imposait et à laquelle ils devraient procéder était celle des conséquences fâcheuses ou heureuses du processus électoral, par rapport aux années antérieures à ce processus. Jamais ce pays n'a été aussi affaibli, tourné en dérision et proche du néant qu'aujourd'hui. On s'interroge sur la dynamique de la paix que la délégation du Conseil de sécurité était tenue renforcer. On s'interroge sur la nature réelle de l'Etat de droit qu'elle était venue renforcer.
Cette situation pénible et indescriptible que connaît le pays, n'est pas le contraire du sort que lui réservait un agenda caché des commanditaires du processus politique et électoral, dont les travaux d'approche amorcés avec le dialogue intercongolais en Afrique du Sud, étaient entrés dans leur première phase de mise en train dans la transition avec la formule 1+4. Le Comité international d'accompagnement de la transition (C.I.A.T.), composé en majorité d'ambassadeurs occidentaux et présidé par W. Swing patron de la Monuc, qui représentait la Communauté internationale, en l'occurrence le Conseil de sécurité et de l'Union européenne, avait mission de garantir le respect de l'Accord global et inclusif, ainsi que la concrétisation des 5 objectifs essentiels assignés à la transition pour déblayer le terrain.
Ces objectifs fondamentaux assignés à la transition étaient notamment :
1/ la pacification du pays et le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national ;
2/ la réconciliation nationale ;
3/ la formation d'une armée nationale restructurée et intégrée ;
4/ l'organisation des élections libres et transparentes à tous les niveaux, permettant la mise en place d'un régime constitutionnellement démocratique, etc.
Le Conseil de sécurité et l'Union européenne avaient préféré et encouragé, par le truchement des diplomates du Comité international d'accompagnement de la transition (C.I.A.T.), l'organisation des élections vaille que vaille sans que les objectifs essentiels aient été réalisés alors qu'ils en avaient le pouvoir et les moyens. Des objectifs dont la matérialisation devait jeter les fondements d'une démocratie et d'un Etat de droit dont le pays était en panne depuis plusieurs décennies.
Tous les problèmes qui surgissent et se compliquent, de nature à compromettre la cohésion nationale et l'intégrité territoriale, sont dus à la mauvaise volonté qu'on avait affichée pour s'acquitter des objectifs primordiaux qui étaient assignés à la transition. Les élections sont finalement apparues comme le remède pire que le mal. On était étonné que les membres du Conseil de sécurité aient fait une escale en RDC de 48 heures, soi-disant pour explorer les voies et moyens susceptibles de renforcer la dynamique de la paix et l'Etat de droit.
Comment pouvaient-ils trouver, selon le contenu de leur programme, que la paix et l'Etat de droit qui devaient être pourtant des résultats concrets et manifestes du modèle et du chef-d'oeuvre du processus politique et électoral qu'ils avaient assumé, seraient encore chancelants et mériteraient d'être consolidés, alors que le système est à mi-chemin de son mandat ? Ils étaient de passage en RDC pour prendre la température du gâchis découlant d'un travail bâclé sous leurs auspices. Et ils sont répartis comme ils étaient venus.
Quels voies et moyens peut-on encore imaginer pour réaliser ce qu'on avait sciemment négligé de faire pendant la transition, si ce n'est le retour à la case départ ? Mais ils n'ont pas le courage de faire amende honorable et réparer le mal qu'ils ont fait.
* Jean N'Saka wa N'Saka est un journaliste indépendant - cette analyse est publiée dans le quotidien Le Phare.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Résumé de l'Édition Anglaise
Tanzanie : Projets impérialistes et crise alimentaire dans la périphérie
Ng'wanza Kamata
2009-05-22
http://pambazuka.org/en/category/features/56412
En considérant la position de la Tanzanie face aux crises alimentaires dans le monde, Kamata Ng'wanza déplore l'incapacité du gouvernement de Jakaya Kikwete à développer la «révolution agricole» qu’il a promise. Soulignant le fait que les difficultés liées à la production alimentaire ont toujours été attribuées, au fil des ans, à la supposée paresse des paysans et aux mauvaises méthodes agricoles, Kamata soutient que le gouvernement devrait maintenant commencer à regarder dans le miroir et reconnaître ses propres faiblesses. Notamment devant la volonté affichée d'adopter des méthodes de production de biocarburants.
Courrier
Merci Pambazuka News
Massengo-tiassé Maurice
2009-05-21
http://pambazuka.org/fr/category/letters/56429
Merci pour tous les messages que vous m'adresser. A partir du 8 juin 2009, vos news seront exploitées par notre radio et télévision FRTDH qui sera inaugurée à Brazzaville. Nous émettons actuellement en phase expérimentale sans commencer le journal. Radio FM 105.8 ; TV= 831.25
J'espère que nous allons étendre notre collaboration par des échanges d'information pouvant faire échec à la désinformation en Afrique.
Zimbabwe
Clinton souhaite le départ de Mugabe
2009-05-22
http://tinyurl.com/qwpr37
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a estimé qu'un départ du président zimbabwéen Robert Mubage serait "dans l'intérêt de tous". La chef de la diplomatie américaine a expliqué le 19 mai que les Etats-Unis ne reprendraient pas leur aide économique au gouvernement zimbabwéen tant qu'ils ne seraient pas sûrs qu'elle aille directement aux personnes concernées. Mme Clinton s'exprimait ainsi pour la première fois sur le sort du président zimbabwéen.
La BM donne 22 millions pour la reconstruction
2009-05-22
http://tinyurl.com/p9pzcf
Pour aider le Zimbabwe à sortir de la profonde crise économique qu'il connaît, la Banque Mondiale a promis une aide à la reconstruction de 22 millions de dollars. L'Allemagne envisage également d'octroyer une aide financière pour lutter contre l'épidémie de choléra. La Banque mondiale (BM) a annoncé le 18 mai qu'elle donnera 22 millions de dollars (16,3 millions d'euros).
Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : La majorité exige la démission de la présidente du Parlement de l’UA
2009-05-22
http://fr.allafrica.com/stories/200905210452.html
La majorité du Parlement panafricain a exigé le 20 mai la démission immédiate de la présidente de l'institution, la Tanzanienne Gertrude Mongella, et réclamé l'élection d'un nouveau bureau. Le mandat de cinq ans de cette dernière a expiré en mars dernier. Pour le représentant gabonais, le Parlement africain doit sortir de sa 11-ème session - qui s'achève le 29 mai - "avec un nouveau bureau, une nouvelle législature, pour rentrer dans le droit chemin auquel l'invite l'Union africaine".
Femmes & genre
Maroc : Le Code de la famille évalué cinq ans plus tard
2009-05-22
http://www.afrik.com/article16710.html
Cinq ans après la réforme du Code de la famille au Maroc, un chercheur et un réalisateur cherchent à déterminer si la société marocaine a observé des changements. L’esprit de la réforme de 2004 a été de restaurer l’équité entre l’homme et la femme au sein de la cellule familiale dans le but de protéger les intérêts de l’enfant tout en respectant l’équilibre entre tradition et modernité dans un Maroc très attaché à son identité. Ces diverses opinions sont présentes dans un film intitulé Number one, dans lequel le débat sur l’égalité des sexes au Maroc est présenté sous un jour nouveau.
Droits humains
Global : Une star du hip-hop ambassadeur des victimes de l'esclavage
2009-05-22
http://tinyurl.com/o36kmd
Une star du hip-hop, Russell Simmons, a été nommé le 20 mai ambassadeur itinérant du Mémorial permanent de l'ONU en l'honneur des victimes de l'esclavage et de la Traite transatlantique des esclaves. L'objectif de cet évènement, au nom des États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et de l'Union africaine (UA), est de pousser la communauté internationale à porter de nouveau son attention sur l'atrocité de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, ainsi que sur la discrimination que ces pratiques ont laissée dans leur sillage.
Burundi : Ouverture du procès des présumés assassins d'albinos
2009-05-22
http://tinyurl.com/qxslsy
Le procès de onze personnes accusées d'assassinats et tentatives d'assassinats d'une dizaine d'albinos au Burundi s'est ouvert le 19 mai à Ruyigi (à environ 200 km à l'est de la capitale Bujumbura.) Cette dizaine de meurtres rituels ont été perpétrés de septembre 2008 à mars 2009. Parmi les 11 prévenus, huit sont accusés "d'avoir tué et mutilé des albinos, à commencer par une petite le 8 septembre 2008. Tous sont des hommes, dont un militaire en service au moment de son arrestation. Ils sont tous passibles de la prison à vie et n'ont aucun avocat pour les représenter.
Rd Congo : HRW accuse l’armée de «crimes de guerre»
2009-05-22
http://tinyurl.com/quuhc5
Human Rights Watch a dénoncé « les crimes de guerres commis par les soldats de l’armée congolaise » dans l’est de la République démocratique du Congo. L’ONG a demandé à une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU en visite à Kinshasa de les « condamner vigoureusement ». «L’armée congolaise est responsable d’exactions répandues et cruelles contre ses propres concitoyens qui équivalent à des crimes de guerre», affirme dans un communiqué une responsable de la division Afrique de l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à New York.
Soudan : Un chef rebelle du Darfour accepte de comparaître devant la CPI
2009-05-22
http://tinyurl.com/pozl5r
Bahar Idriss Abou Garda, le chef du Front uni pour la Résistance (URF), un groupe de rebelles du Darfour, est arrivé le 17 mai à La Haye en vue de comparaître devant la CPI pour crimes de guerre. Il est soupçonné d'avoir dirigé une attaque où 12 soldats africains membres des forces de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) avaient été tués à Haskanita, au Darfour, le 29 septembre 2007. Le 20 novembre 2008, le procureur de la CPI, avait délivré des mandats d'arrêt contre trois chefs rebelles du Darfour. Aucune décision n'a été prise concernant les deux autres chefs rebelles.
Tchad : Les prisonniers dans un mouroir
2009-05-22
http://tinyurl.com/qzkpal
Contrairement aux déclarations tenues par les autorités tchadiennes aux lendemains des arrestations des prisonniers de guerre et du traitement qui leur sera réservé, conformément aux Conventions internationales, sur le terrain, les actes posés sont effrayants. En effet, selon de sources dignes de foi, les yeux de certains prisonniers, sont crevés à l’aide des baillonnettes ou des couteaux ; ils sont enfermés dans une galaxie à la gendarmerie, un véritable mouroir.
Togo : Kpatcha au secret depuis plus d’un mois
2009-05-22
http://tinyurl.com/qupvua
Du côté des autorités togolaises, c'est toujours le même mutisme, au sujet de Kpatcha Gnassingbé, arrêté le 15 avril au matin à Lomé., un mois après leur arrestation, on ne sait toujours pas où sont gardés les deux frères du chef de l'Etat : Kpatcha Gnassingbé et Essolizam Gnassingbé. Aucun avocat ne s'est fait connaître. Kpatcha, lui-même, aurait refusé tout appui juridique à en croire ses proches. Il considère sans doute que c'est une affaire plus familiale que politique. Quant aux militaires soupçonnés d'avoir participé à ce complot présumé, ils ont été mis aux arrêts et sont à la disposition de leurs corps respectifs.
Réfugiés & migration forcée
Global : Les accords sur l’émigration approuvés par les députés français
2009-05-22
http://www.afrik.com/article16774.html
L’Assemblée nationale française a approuvé, le 14 mai, quatre accords de gestion concertée des flux migratoires signés par le Bénin, le Congo, le Sénégal et la Tunisie. Ces textes ont été adoptés par la majorité des députés français. Ce n’est pas la première fois que le Parlement statue sur cette coopération. Le premier du genre, avec le Gabon, était entré en vigueur en septembre dernier. Ces accords comportent trois volets : l’immigration professionnelle, la lutte contre l’immigration irrégulière et l’aide au développement solidaire. Cependant, ils peuvent varier selon les pays. Au Sénégal par exemple, la lutte contre l’immigration clandestine est affichée comme une priorité.
Sénégal: Un projet de l'UE sur les migrations boudé
2009-05-22
http://fr.allafrica.com/stories/200905200504.html
Le Sénégal ne semble pas être intéressé par l'enveloppe de 4 millions d'euros que la Commission Européenne a mis à sa disposition pour financier des projets de migration. Cette proposition est considérée par certains observateurs comme un appât du moment qu'elle est assujettie à la signature d'un « partenariat pour la mobilité » que le pays doit signer avec l'Union européenne. Le Conseiller politique et commerce de la Délégation de la Commission européenne auprès du Sénégal qui a prôné le dialogue dans la gestion des flux migratoires, a souligné qu’il n'a pas encore trouvé de réponse tangible du Sénégal.
Somalie : 45.000 civils ont fui Mogadiscio ces deux dernières semaines
2009-05-22
http://tinyurl.com/pmn2lr
Malgré une interruption des combats à Mogadiscio, le nombre de personnes qui ont fui la capitale somalienne ces 12 derniers jours se porte désormais à 45.000, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Un grand nombre d'entre eux ont rejoint les déplacés des camps d'Afgooye, au sud-ouest de la capitale, qui s'étalent à perte de vue depuis deux ans et qui abriteraient quelque 400.000 personnes. Ces nouveaux déplacements sont dus aux combats intenses qui ont éclaté le 8 mai entre le gouvernement et l'opposition du Al-Shabaab et du Hisb-ul-Islam.
Elections & gouvernance
Guinée Bissau : La justice manque de fonds pour l'enquête sur l'assassinat de Vieira
2009-05-22
http://pambazuka.org/fr/category/elections/56533
Le procureur général de la République de Guinée-Bissau a affirmé, le 19 mai, ne pas disposer de fonds pour poursuivre le processus d'investigation sur les événements sanglants lors desquels le président Joao Bernardo "Nino" Vieira et le chef d'état-major de l'armée bissau-guinéenne, le général Tagme Na Waie ont été assassinés les 1er et 2 mars dernier. Ce dernier craint que le processus d'investigation n'aboutisse pas avant que l'on ne mette fin à ses fonctions et souhaite boucler le dossier avant la date du 28 juin, date des élections présidentielles anticipées.
Afrique : L’Ua plaide pour plus de sanctions contre les putschistes
2009-05-22
http://fr.allafrica.com/stories/200905200733.html
L'envoyé de l'Union Africaine (UA) pour la Guinée-Bissau a défendu le 20 mai, à Luanda, l'endurcissement de sanctions contre les gouvernement qui accèdent au pouvoir par des voies inconstitutionnelles. L'ancien ministre angolais des Relations Extérieures, maintenant au service de la plus haute instance politique africaine, souligne que ceux qui aspirent au pouvoir doivent y parvenir à la lumière des lois en vigueur, conseillant les acteurs politiques africains à respecter les principes approuvés par l'UA, condamnant fermement et sans équivoque ceux qui prennent le pouvoir par la voie anticonstitutionnelle.
Congo : L'opposition conteste la date de la présidentielle
2009-05-22
http://tinyurl.com/q2dhc2
Le Front des partis de l’opposition (FPO), qui regroupe plus d’une quinzaine de partis, a contesté la date du 12 juillet fixée pour la tenue du 1er tour de l’élection présidentielle congolaise. «Nous devons choisir entre, d’une part, une élection non transparente, non juste, non équitable en respectant les délais constitutionnels et, d’autre part, une élection, juste, transparente et équitable en prenant le temps nécessaire pour réunir toutes les conditions permissives de façon à ce que cette élection présidentielle ne soit l’objet de contestations», a déclaré un des leaders de l’opposition.
Côte d’Ivoire : La longue marche vers la présidentielle
2009-05-22
http://www.afrik.com/article16795.html
Les élections présidentielles ont été reportées quatre fois depuis 2005. Le 29 novembre, la nouvelle date fixée pour la présidentielle ivoirienne, «n’est pas une date fétiche mais une date sûre», a déclaré le président ivoirien Laurent Gbagbo. La cinquième réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC), tenue à Ouagadougou le 18 mai, en présence des principaux leaders politique ivoiriens, devait discuter avec Laurent Gbagbo des dispositions à prendre pour ne pas faire de cette présidentielle un autre rendez-vous manqué.
Gabon : le président Bongo hospitalisé
2009-05-22
http://tinyurl.com/rxvbpq
Le président gabonais Omar Bongo Ondimba, 73 ans, a été hospitalisé dans une clinique privée de Barcelone (Espagne) dans un état jugé sérieux. Le doyen des chefs d'Etats africains, au pouvoir depuis 41 ans, qui souffre d'un cancer intestinal, aurait été victime d'une hémorragie lors de son transfert par avion en Espagne. Il est accompagné à Barcelone de membres de son entourage, dont sa fille, Pascaline Bongo. Un journal espagnol souligne qu'Omar Bongo souffre d'une «grave tumeur» sans autre précision.
Global : Les comptes français d'Omar Bongo restent bloqués
2009-05-22
http://tinyurl.com/pw4frh
Un juge parisien a rejeté le 19 mai la requête du président gabonais Omar Bongo qui réclamait le déblocage de ses comptes bancaires en France, saisis le 13 février après une décision de justice. Neuf comptes de M. Bongo à la BNP et au Crédit Lyonnais représentant 4,29 millions d'euros ont été saisis après un arrêt de la cour d'appel de Bordeaux (sud-ouest) condamnant M. Bongo à rembourser à un Français une somme versée pour faire libérer son père détenu.
Guinée : La drôle de décoration de Moussa Dadis Camara
2009-05-22
http://tinyurl.com/qmmb25
La commission de Guinée pour l’UNESCO a remis un certificat au président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), le 16 mai. Le capitaine putschiste a également été décoré. A l’image de l'Union Européenne, de l'Union Africaine et des Etats-Unis, les Nations Unies avaient condamné le coup d’Etat de Moussa Dadis Camara, dénonçant une atteinte à la démocratie. Comment expliquer, alors, la distinction de celui qui a pris le pouvoir fin décembre, au lendemain de la mort de Lansana Conté, a reçu de l’institution onusienne ? Les Nations Unies auraient-elles retourné leur veste ?
Guinée-Bissau : La succession de «Nino» s'organise
2009-05-22
http://tinyurl.com/r6nxvy
Un pas important vers la normalisation en Guinée-Bissau a été franchi, le 18 mai, avec la validation officielle par la Cour suprême de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle anticipée, dont le premier tour est prévu le 28 juin. Vingt hommes sont candidats à la succession du président João Bernardo «Nino» Vieira, assassiné le 2 mars par un groupe de militaires en représailles au meurtre du chef d’état-major, le général Batista Tagmé Na Waié. Le candidat du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), Malam Bacai Sanhá, ancien président intérimaire de 1999 à 2000, part grand favori du scrutin.
Madagascar : Les Etats-Unis coupent les vivres
2009-05-22
http://tinyurl.com/r8mmds
Les Etats-Unis ont annoncé le 19 mai qu'ils mettaient fin à leur aide économique à Madagascar en raison du caractère non démocratique de l'accession au pouvoir du nouveau président Andry Rajoelina. Cette décision a été prise au cours d'une réunion présidée par la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, par la Millenium Challenge Corporation (MCC), une agence du gouvernement américain créée par l'ex-président George W. Bush pour lier l'aide au développement à la bonne gouvernance et aux principes démocratiques.
Madagascar: Rajoelina échoue à faire reconnaître son régime
2009-05-22
http://news.abidjan.net/article/?n=331441
L’étau semble se resserrer autour du chef autoproclamé de Madagascar, Andry Rajoelina. Boudés par l’UA, la SADEC, l’UE, les Etats-Unis, etc., il s’est envolé le week -end pour la Libye en vue d’avoir un soutien de Kadhafi. L’objectif était d’avoir la caution de cette grande figure africaine qui est, par ailleurs, aujourd’hui président en exercice de l’Union africaine. Mais, de l’avis même de la presse officielle libyenne, la rencontre a accouché d’une souris. Cette presse a révélé que, malgré cette démarche, l’UA refuse toujours de reconnaître Andry Rajoelina comme président de Madagascar.
Niger : La CEDEAO demande à Tandja de ne pas briguer un troisième mandat
2009-05-22
http://tinyurl.com/o63bee
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) rejette le projet de référendum envisagé par le président nigérien, Mamadou Tandja, qui veut adopter une nouvelle constitution pour briguer un troisième mandat à la tête du pays. Selon un haut fonctionnaire de l’organisation régionale, qui s’est exprimé en marge de la réunion du Conseil des sages de la CEDEAO les 15 et 16 mai, celle-ci pourrait être amenée à prendre des « sanctions personnalisées » contre les protagonistes de la « violation » de la loi fondamentale.
Corruption
Afrique du Sud : Un ministre veut donner l'exemple dans la lutte anti-corruption
2009-05-22
http://tinyurl.com/q2xvkp
Le ministre sud-africain du Transport a annoncé le 19 mai qu'il rendra une Mercedes S500 et deux bovins reçus en cadeaux, pour se conformer à l'engagement du nouveau président Jacob Zuma de lutter contre la corruption. Le ministre, a reçu le week-end dernier cette voiture, dont la valeur est estimée à plus d'un million de rand (117.000 dollars, 87.000 euros), d'un groupe de contractants qui avaient bénéficié d'un programme de transport gouvernemental. Les cadeaux reçus par les officiels ont provoqué des remous avec les syndicats et les partis d'opposition qui ont appelé à leur restitution.
Développement
Angola : Retrouver la place de premier producteur mondial de café
2009-05-22
http://tinyurl.com/pfutot
Le gouvernement angolais fait de grands efforts pour relancer la production de café et reprendre sa position de premier producteur mondial. Selon le ministre de l'Agriculture, le gouvernement travaille à offrir des opportunités aux firmes et individus pour cultiver le café afin qu'ils puissent améliorer la production de café et les niveaux de profit. L'Angola a été premier producteur mondial de café dans le passé. En 1974 sa production de café a atteint un record de 225.000 tonnes. Toutefois, la guerre civile de 27 ans qui s'est achevée en 2002 a fait baisser la production.
Afrique: Le baril de brut à son plus haut niveau depuis six mois
2009-05-22
http://tinyurl.com/p2qzsl
Le baril de pétrole est passé le 20 mai au-dessus de la barre des 62 dollars à New York, après la forte baisse des stocks américains en produits pétroliers. Elles ont chuté de 2,1 millions de barils, à 368,5 millions de barils. Les analystes avaient anticipé une baisse bien moins importante, de 700.000 barils. Les cours sont en outre soutenus par la faiblesse du dollar, tombé au plus bas depuis le 8 janvier face à l'euro, à 1,3792 dollar pour un euro, après l'annonce des premiers rachats d'actifs toxiques des banques sous six semaines.
Afrique : Le constructeur de la route Dakar-Djibouti bientôt connu
2009-05-22
http://www.aps.sn/spip.php?article55806
Le constructeur de la route Dakar-Djibouti devait être connu au terme d’une réunion prévue les 20 et j21 mai à Addis-Abeba (Ethiopie), selon le conseiller en transport du NEPAD. Deux entreprises, de nationalités sud-africaine et tunisienne, sont en compétition pour se faire attribuer la construction de cette infrastructure. Le projet de construction de cette route d’environ 7.000 kilomètres est supervisé par le NEPAD
Burkina : Des ONG contestent l'extension de la culture du coton transgénique
2009-05-22
http://tinyurl.com/pqycsc
Le Burkina Faso compte ensemencer en 2009-2010 plus de 100.000 hectares de coton transgénique, dans l'espoir d'augmenter la productivité et les revenus des paysans, mais la polémique enfle à Ouagadougou sur cette expansion du coton promu par Monsanto. Après l'Afrique du Sud, le Burkina est le deuxième pays d'Afrique subsaharienne à s'être lancé dans la production de coton génétiquement modifié. L'an dernier, 8.500 hectares avaient été emblavés.
Guinée : Création une compagnie aérienne en partenariat avec la RAM
2009-05-22
http://tinyurl.com/p953s2
Conakry a proposé le 15 mai à Royal Air Maroc (RAM) de former un partenariat pour créer une compagnie aérienne guinéenne,. Cette proposition a été faite par le ministre guinéen des Transports lors de la signature d'un accord de libéralisation du transport aérien entre les deux pays. Ce dernier a déclaré à son homologue marocain que Conakry est à la « recherche d'un partenaire stratégique pour la création d'une compagnie nationale guinéenne. Le cahier des charges est disponible et nous voulons dans un délai maximum de deux mois passer à une étape supérieure, à savoir la création de la dite compagnie », a-t-il déclaré.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Les gouvernements appelés à investir plus dans la lutte contre le VIH
2009-05-22
http://tinyurl.com/phka3d
Les Etats-Unis ayant alloué un budget décevant aux programmes internationaux de lutte contre le sida, les gouvernements africains devront augmenter leurs propres financements, selon les activistes. En 2001, à Abuja, au Nigeria, les dirigeants de l’Union africaine ont signé une déclaration stipulant qu’un minimum de 15 pour cent de leurs budgets nationaux devait être consacré à la santé, mais, à l’exception notable de quelques pays tels que le Botswana, la Namibie et la Zambie, la grande majorité d’entre eux n’ont pas tenu leur engagement.
Guinée: Pénurie de médicaments dans les hôpitaux
2009-05-22
http://tinyurl.com/pxnaty
Les centres de santé et hôpitaux publics guinéens souffrent de graves pénuries de médicaments de base, et les travailleurs et les autorités sanitaires cherchent un moyen de renflouer leurs stocks d'urgence. Cette pénurie de médicaments est le résultat d'un certain nombre de facteurs, notamment d'un manque de financements publics, de la hausse du prix des médicaments et d'une mauvaise gestion, d'après le chef de cabinet du ministère de la Santé.
Rd Congo : Interruption de la campagne de vaccination des chiens contre la rage
2009-05-22
http://tinyurl.com/r4tgee
La campagne de vaccination des chiens dans le cadre de la lutte contre la rage canine, débutée le 24 avril à Kinshasa est interrompue à la suite de la rupture des stocks de vaccins anti-rabique. Les 4.000 vaccins mis à la disposition de cette campagne sont épuisés, le besoin réel étant évalué à 66.000 doses, selon les vétérinaires de la division urbaine de l'Agriculture, qui affirment qu'une commande de 5.000 doses a été faites, sans donner d'autres précisions. La rage canine s'est déclarée à Kinshasa, où l'on a déploré du mois de février en avril 35 cas enregistrés…
Sénégal : La faillite du système d’assurance maladie des salariés
2009-05-22
http://tinyurl.com/ou7cmp
C'est en 1975 que le Sénégal s'est doté d'un système d'assurance maladie obligatoire à travers la création des Institutions de prévoyance maladie (Ipm) pour les travailleurs du secteur privé. Ce qui, à l'époque, était une expérience unique en Afrique subsaharienne du fait de son mode d'organisation et du type de gestion démocratique. Trente ans après, le modèle connaît des dysfonctionnements.
Environnement
Global : Quelle somme pour financer l’adaptation au changement climatique ?
2009-05-22
http://tinyurl.com/qpbhtc
A six mois à peine du sommet de Copenhague, en décembre, à l’occasion duquel les pays devront conclure un accord sur le changement climatique, un important rapport recommande de mobiliser des fonds supplémentaires (en sus de l’aide au développement) pour aider les pays pauvres à s’adapter à l’évolution du climat. Le rapport recommande une approche en deux étapes, dont la première consisterait, pour les pays riches, à mobiliser rapidement entre un et deux milliards de dollars pour aider les pays les plus vulnérables aux répercussions du réchauffement climatique. A savoir, les petits Etats insulaires à faible revenu et, en particulier, les pays d’Afrique.
Média & liberté d'expression
Malawi : Une radio suspendue et quatre de ses employés arrêtés
2009-05-22
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31398
Reporters sans frontières exprime sa consternation suite à la suspension de la radio privée d’opposition Joy Radio et à l’arrestation de quatre employés dont deux journalistes, le 19 mai 2009, en marge des élections. " Si la radio n’a pas respecté les règles, l’arrestation de quatre de ses membres et sa fermeture sont des mesures de rétorsion disproportionnées déclare RSF.
Conflits & urgences
Afrique : Entre 1990 et 2005, les conflits ont coûté 300 milliards
2009-05-22
http://tinyurl.com/pxh3hq
Une étude réalisée par OXFAM révèle que le coût des conflits en Afrique, pour la seule période de 1990 à 2005, s’élève à 300 milliards de dollars. Un montant équivalant à l’aide internationale pour la période correspondante. Cette étude démontre également qu’en moyenne une guerre ou une insurrection peut faire reculer l’économie africaine de 15%. Au niveau du marché commun d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe (COMESA), les Etats ont décidé de mettre en place un système d’alerte de conflit potentiel. De cette manière, les décideurs de la région pourront réagir vite afin de prévenir que le conflit ne se détériore.
Darfour : Consultations entre Khartoum, Ligue arabe, UA et OCI
2009-05-22
http://tinyurl.com/pf8qp5
Le gouvernement soudanais, la Ligue arabe, l'Union africaine (UA) et l'Organisation de la conférence islamique (OCI) ont commencé des consultations le 17 mai à Khartoum dans le cadre des efforts visant à mettre un terme au conflit au Darfour et à améliorer la situation humanitaire dans cette région. Les discussions devaient aborder les derniers développements concernant les négociations de paix entre le gouvernement et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), tenues sous les auspices du Qatar, ainsi que le mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir, émis par la Cour pénale internationale (CPI).
Kenya : Délimitation des frontières avec l’Ouganda
2009-05-22
http://tinyurl.com/pr8wws
Le ministre kenyan des Affaires étrangères a affirmé que le début de ces investigations qui visent à mettre un terme au différend qui oppose son pays à l'Ouganda concernant la propriété de l'île de Migingo, va amener le Kenya à se conformer aux dispositions internationales en la matière. " La meilleure façon de mettre fin à ce désaccord, c'est d'être factuel en faisant le point sur la situation de la frontière et de déterminer les coordonnées géographiques de l'île", a indiqué le ministre au Parlement. Il a ajouté que tous les pays africains doivent signer des accords frontaliers avec leurs voisins pour éviter d'éventuels différends sur la délimitation des frontières.
Rd Congo : arrivée en juillet de 3000 Casques bleus supplémentaires
2009-05-22
http://tinyurl.com/q9vu3l
Le chef de la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU en mission à Kinshasa, Jean Maurice Ripert, a annoncé l'arrivée en juillet prochain en République démocratique du Congo (RDC) des 3000 Casques bleus supplémentaires sollicités par la MONUC. La résolution 1856 avait donné mandat à la MONUC non seulement de protéger les civils mais surtout d'appuyer les FARDC (Forces armées de la RDC) contre les groupes rebelles et les amener à déposer les armes et rejoindre le processus de DDRRR (Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinstallation et Réinsertion).
Rd Congo : Le Conseil de sécurité met Kinshasa devant ses responsabilités
2009-05-22
http://tinyurl.com/p9qo4x
Le message est désormais clair. La paix, la stabilité, la sécurité en RD Congo est avant tout une affaire du gouvernement congolais et des Congolais. Les efforts doivent consister maintenant à aller de l’avant en vue de préserver les acquis de cette paix, encore fragile. C’est la leçon à tirer de la mission d’évaluation du Conseil de sécurité en République démocratique du Congo. A Kinshasa, les entretiens ont porté sur les efforts de paix en République démocratique du Congo, et bien sûr dans la région des Grands Lacs.
Rd Congo : L'opération conjointe RDC-Rwanda a échoué
2009-05-22
http://fr.allafrica.com/stories/200905210626.html
C'est un véritable pavé dans la mare que vient de lancer un groupe d'experts de l'ONU dans un avant-projet de rapport qu'il se prépare à présenter au Conseil de sécurité des Nations Unies. « Les rebelles rwandais des FDLR installés dans l'Est de la RDC ont repris le contrôle des mines d'or dans la province du Nord-Kivu, jetant le doute sur le succès de l'offensive militaire conjointe Rwanda-RDC », lit-on dans ce rapport. Un rapport qui ajoute, pour plus de précision, que « l'opération conjointe n'a pas réussi à briser les FDLR dont l'appareil de commandement et de contrôle est resté intact ».
Somalie : L’armée éthiopienne intervient de nouveau
2009-05-22
http://www.afrik.com/article16810.html
Des observateurs témoignent du retour des soldats éthiopiens. Malgré les démentis d’Addis Abeba, de nombreux témoignages confirment le retour des troupes éthiopiennes en territoire somalien. L’Ethiopie, qui avait quitté le pays quatre mois auparavant, réagit à l’avancée des islamistes radicaux contre les troupes du gouvernement de transition. Un haut responsable de l’Union Africaine a indiqué qu’il ne serait « pas surpris outre mesure que les Ethiopiens interviennent de nouveau parce qu’ils ne peuvent accepter de voir les insurgés islamistes arriver à leur frontière».
Tchad : N'Djamena expose les armes arrachées aux rebelles
2009-05-22
http://tinyurl.com/qaoe68
Les autorités tchadiennes ont exposé le 20 mai, au centre-ville de N'Djamena, une partie de leurs prises de guerre, véhicules, missiles et armes lourdes, récupérés face aux rebelles lors de leur offensive du début du mois. Une cinquantaine de véhicules avec la mention UFR (Union des forces de la résistance, regroupant les principales factions rebelles) trônaient sur la place de l'Indépendance où de nombreux habitants viennent toucher les véhicules et armes. Les passants peuvent voir des missiles dont des Milan, des canons de 106 et 105 mm, des mitrailleuses lourdes, ainsi que des automitrailleuses de fabrication russe et chinoise.
Cours, séminaires, & ateliers
3e édition des Grandes Conférences Diplomatiques Nord-Sud
2009-05-21
http://pambazuka.org/fr/category/courses/56430
Le Niger accueillera du 15 au 18 juin 2009, la 3ème édition des Grandes Conférences Diplomatiques Nord/Sud (GCDNS) initiées par l'ACECI (www.aceci.org). Cette 3ème édition des GCDNS dont le thème est "Traduire les OMD en une loi-type visant la réduction de la pauvreté", est co-organisée par le Parlement du Niger, le Consortium composé des organisations et réseaux de la société civile, et l'Agence des Nations Unies pour la Population (UNFPA). C'est une occasion exceptionnelle de mobilisation de toutes les parties prenantes, dont les OSC, en faveur d'une campagne pour une loi-type anti-pauvreté à partir des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cette campagne sera officiellement lancée aux termes des travaux.
Symposium sur les Etats-Unis d’Afrique
2009-05-21
http://afrique-unie.cci.ucad.sn/terme_ref.php
Un Symposium sur les Etats-Unis d’Afrique sera organisé à Dakar du 15 au 18 juin 2009 par l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), en collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères du Sénégal. La rencontre permettra deréfléchir sur la question des États-unis d’Afrique, du gouvernement de l’Union et, d’une manière générale, sur le fédéralisme. Le but est de créer les bases d’une réflexion permanente sur les états-unis d’Afrique en regroupant les intellectuels et les universitaires du continent et de la diaspora en réseaux de recherche pluridisciplinaires sur les questions de l’intégration et du fédéralisme
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ISSN 1753-6847

Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.