Cette édition
Pambazuka News 102: L'Afrique militante pleure Tajudeen
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Courrier, 3. Moniteur de l'Union Africaine, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. Environnement, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Décès de Tajudeen : Un géant du panafricanisme s’en est allé.
COURRIER : Les Blancs ne peuvent chercher la paix en RD Congo
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Erythrée : L’UA accusée d’être mal informée sur la Somalie.
FEMMES & GENRES : Centrafrique : L’ONU nomme une diplomate Ethiopienne.
DROITS HUMAINS : Afrique : Plan dénonce les violences sur les enfants.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Côte d’Ivoire : Tous sauf 2010 pour la présidentielle.
CORRUPTION : Sénégal : Le blanchiment d’argent sale commence à prospérer.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Lancement de la monnaie unique de la CEDEAO en 2010.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : La maladie de Whipple progresse.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Le Sahel face à des risques de déficits pluviométriques.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Egypte : Un blogueur condamné à près de 6 000 euros.
CONFLITS & URGENCES : Nigeria : Le MEND affirme avoir détruit des oléoducs dans le sud.
Chroniques
Décès de Tajudeen : Un géant du panafricanisme est tombé
Firoze Manji
2009-05-29
http://pambazuka.org/fr/category/features/56651
En hommage à Tajudeen Abdul Raheem qui vient de décéder, Pambazuka News dédie ce numéro à ce géant du panafricanisme dont la vie et les travaux en ont inspiré plus d’un. Suite à son décès tragique dans un accident de voiture le 25 mai, Pambazuka a reçu un déluge de courrier provenant de tous ceux qui veulent lui rendre hommage et saluer une dernière fois ce colosse de la libération africaine. En sa mémoire, le rédacteur en chef de Pambazuka, Firoze Manji, reproduit ici les innombrables messages qu’il a reçus suite au décès de Tajudeen.
Ce qui suit est un extrait des réactions de centaines de personnes ([url=http://www.pambazuka.org/en/category/features/56535]who) qui ont rendu hommage à Tajudeen Abdul Raheem depuis la tragédie de sa mort accidentelle.
Tajudeen a été tué dans un accident de voiture à Nairobi, le 25 mai 2009, le jour où l’on commémore la libération de l’Afrique. Il se rendait à l’aéroport pour prendre l’avion à destination du Rwanda où il devait s’entretenir avec le président, pour discuter des campagnes concernant la mortalité maternelle. Il laisse derrière lui une famille, Munira et ses deux filles Aida et Aicha. Leur épreuve, et peut-être aussi leur réconfort, est qu’elles doivent partager leur perte avec des milliers d’autres qui considéraient Taju comme un membre de leur famille.
Comme l’écrivait Emmanuel Akwwetey dans son hommage :’’ La marque de Taju est gigantesque et il a choisi de non seulement nous marquer nous, mais de laisser son empreinte sur toute l’Afrique’’. ‘’L’Afrique a perdu un de ses plus grands géants impliqué dans la lutte pour les Droits de l’Homme, la justice et la démocratie sur tout le continent. Vous avez mené le bon combat et vous avez laissé une empreinte considérable’’, a déclaré Omano Edigheji du Human Sciences Research Council. ‘’ Il a été un géant quelque soit l’aune à laquelle on le mesure. Il a été véritablement engagé dans la libération de notre continent. Peut-être et après tout, ce n’est pas une coïncidence qu’il soit mort le jour commémorant la libération de l’Afrique’’, a dit Demba Moussa Dembélé.
‘’Tajudeen a maintenu la torche universelle du panafricanisme allumée’’ écrit Issa G. Shivji. ‘’Si je dis universel, c’est parce que pour Tajudeen le panafricanisme ne concernait pas seulement l’Afrique subsaharienne ou l’Afrique noir, ou musulmane ou chrétienne ou Yoruba ou Ogoni. Il était véritablement panafricaniste. Il ne voulait pas se soumettre au culturalisme ou à ce que Nyerere a décrit comme ‘’ ces divisions territoriales causées par les vautours impérialistes’’, poursuit-il.
Pour nous tous, il est difficile de croire à sa mort et nous errons dans un brouillard d’incrédulité.
‘’ J’ai eu beaucoup de mal à trouver les mots pour exprimer mon chagrin et le sentiment de perte que j’éprouve depuis que mon plus cher ami Tajudeen a quitté ce monde’’, confie Patricia Daley.
‘’ Je ne peux juste pas croire cela… Juste je ne peux pas. Je ne peux pas accepter qu’il nous ait quitté quand il reste tant à faire, tant de situations où son regard particulier et sa sagesse toujours inspirée par son orientation et sa volonté de voir l’Afrique reconquérir sa dignité, étaient essentiels. Sa voix ne doit pas quitter l’Afrique parce qu’elle n’a pas de substitut. Difficile de trouver un autre Tajudeen parmi nous. Mon frère, mon frère, mon frère… Tragique nouvelle insupportable et notre perte à nous tous, pas seulement à sa famille, mais à toute l’Afrique’’, écrit Mammo Muchie
Pauline Wynter et Jacques Depelchin : ‘’Trop douloureuse pour être décrite sera votre absence… Trop de choses vont nous manquer. Votre usage magique des mots à des moments comme celui-ci, lorsqu’il faut se battre pour des idées immortelles.’’
Onyekachi Wambu : ‘’Je ne peux toujours pas croire que quelqu’un d’une telle vitalité et si vivant soit parti’’.
David Johnson : ‘’ Du Cap au Caire, de Mombasa à Dakar, de Port of Spain à Londres et au-delà, notre douleur dit la magnitude de sa contribution’’
Mais au travers du rideau de nos larmes, nous commençons à reconnaître la dimension de l’homme que nous avons perdu. Une de mes anecdotes préférées concernant Tajudeen a trait à sa candidature de doctorant à l’université d’Oxford, dans le cadre des programmes de Rhodes Scholarship. Défiant sans faiblir le protocole universitaire, Tajudeen a insisté pour se présenter aux entretiens et aux examens en habit traditionnel et a défié ceux du comité de sélection de trouver quelque chose à redire à ses vêtements arguant qu’il n’avait pas être associé à une impérialiste aussi notoire que Cecil Rhodes !
Baba Aye du Socialists Workers Mouvement : ‘’La chute d’un tel colosse équivaut à la perte de milliers de généraux’’.
Gavin Williams : ‘’ Je suis choqué et attristé par la perte soudaine d’un ami et d’une homme intègre et engagé comme Taju l’a démontré dans sa pratique politique’’.
Godwin Murunga : ‘’ Un défenseur de l’Afrique dont la passion était empreinte d’humanité, un dirigeant dont la nationalité n’avait aucune importance, qui ne revendiquait que la nationalité panafricaine’’.
Walter Turner, Host, Africa Today, KPFA Radio : ‘’C’est un champion endurant de la libération africaine’’.
Ezra Mbogori, fondation Akiba Uhaki : ‘’ C’était une communicateur hors pair, un conteur, et là où le besoin se faisait sentir, un agitateur, le sympathisant et en dernier recours, l’Africain qui connaissait la solution à tous les problèmes. Il nous exhortait à ne pas nous tourmenter mais à nous organiser… Et comme nous le savons tous, il a organisé tout, jusqu’au terme de sa vie’’.
Mama Koité Doumbia (FEMNET) : « Je lui rend un hommage particulier pour son engagement et sa vison pour l'Afrique . Nous avons travaillé ensemble pour organiser le Forum de la Socéité Civile Africaine en 2007 à Addis Abeba. J'ai été impressionnée pour ces critiques mais aussi son ambition pour l'Afrique . C’est avec les larmes aux yeux que j'écris ce message. Il était un ami et un camarade de lutte surtout dans la promotion des OMD, engagés ensemble dans cette Campagne de lutte contre la pauvreté ».
Michael O. West : ‘’ Il avait le don d’ubiquité pour sa quête de la libération de l’Afrique. Son extraordinaire énergie, sa grâce sans faille, son optimisme contagieux vont nous manquer grandement. Beaucoup ont tenu des théories à propose du panafricanisme, et la théorie c’est bien mais sans actions, c’est inutile. Or la théorie et la pratique du panafricanisme a trouvé une synthèse parfaite en Tajudeen’’.
Yusuf Hassan : ‘’ Tajudeen était un personnage complexe ; un camarade, un père aimant, un unificateur et un intellectuel brillant et, par-dessus tout un panafricaniste engagé. Il a apporté de la vigueur et insufflé un sens de l’urgence dans toutes les causes progressistes qu’il a épousées. Un personnage hors norme et charismatique, il avait une présence forte et imposante, usant d’esprit décisif et de sa voix puissante pour formuler les droits des dépossédés et des miséreux en Afrique et dans la diaspora. Tajudeen était un optimiste né, un messager d’espoir. Il n’a jamais perdu sa foi en la capacité des peuples africains de transformer leur vie et contrôler leur destinée. Il était sur la ligne de front dans la quête africaine pour le changement politique, économique et social et a combattu sans peur pour une Afrique libre et unie’’.
Fatma Alloo : ‘’ Sa vivacité, sa joie, la clarté de ses pensée dans les circonstances les plus difficiles, son esprit de justice et sa volonté de combattre l’injustice’’.
Tajudeen a été un critique acerbe et sans peur de l’hypocrisie, quelque chose que beaucoup ont mentionné :
Ambassadeur Ahmed Haggag, secrétaire général de l’Union africaine : ‘’ Il a réussi à nous secouer, nous autres diplomates et politiciens pour nous extraire de la mentalité des salles de conférence lorsque discutons de questions africaines’’.
Nii Akuetteh : ‘’ L’homme a reçu en partage des dons prodigieux : une intelligence formidable, l’éloquence, la clairvoyance, une audace énergique, la confiance, le sens de l’humour et talents d’acteurs non négligeables. Sans omettre ses compétences en matière d’écriture et beaucoup d’autres choses’’.
David Johnson : ‘’ Il remplissait la pièce avec son énergie, son intelligence aiguisée et la plus redoutable des armes dans une lutte, l’humour’’.
Segun Adeyi : ‘’ Digne de confiance, responsable, audacieux et sans peur, le champion des opprimés et des humiliés, amical, humain, hautement intelligent, chaleureux et honnête dans ses opinions’’
Wangui wa Goro : ‘’ Un personnage hors norme, riant et parlant bruyamment en tous lieux’’.
Kumi Naidoo : ‘’ Il a déploré la ‘’ solidarité rémunérée’’ du Nord et la culture ‘’ des protestations au per diem’’ qui prenaient racine en Afrique et ailleurs dans le Sud’’.
Dani Wadada Nabudere : ‘’…Sa croisade en faveur du panafricanisme et de l’unité des peuples africains’’.
Ebrima Ceesay : ‘’ Chaleureux, éloquent, des talents oratoires, de l’intelligence, de l’énergie, du bon sens, de l’humour’’.
‘’ Nous avions invité Taju à prononcer un discours au centre de Basic Research’’, écrit Mahmood Mamdani titulaire de la chaire de Herbert Lehman en Gouvernance, à la Columbia University de New York. ’’ Il a ouvert les feux en lançant des accusations amères à l’encontre des dirigeants africains post indépendance.’’ ‘’Si un bateau américain abordait dans le port de Lagos aujourd’hui, avec une grande bannière annonçant que ceci est un bateau d’esclaves pour l’Amérique, il y aurait des queues sur les quais, formées par des millions de Nigérians qui voudraient prendre ce bateau’’, lança-t-il. Ceci était Taju tout craché : pas de temps pour les formalités ou les plaisanteries, le temps imparti est bref…
Mon souvenir le plus fort de Taju est son éternel optimisme, la détermination que c’est possible d’avancer quelque soit les obstacles et que la preuve du génie réside dans sa capacité de construire avec les matériaux à disposition, de passer de la théorie à la vie réelle. Il a rompu définitivement avec ‘’ la théorie d’abord’’ de ses vieux camarades. Taju ne respectait aucune règle, aucun commandement, aucune limite exceptés ceux dictés par le terrain. Il savait travailler avec tout le monde, que ce soit un gouvernement, les Nations Unies ou les ONG. La valeur de sa relation à l’autre ne reposait pas sur son identité mais bien plutôt de la réponse à la question ‘ Qui tire les ficelles ?’. Il est bon de se souvenir de tous ses discours qui finissaient avec ‘’ Ne vous tourmentez pas, organisez !’’
Nombreux sont les hommages qui témoignent de l’extraordinaire combinaison du personnel et du politique :
Roselynn Musa : ‘’Taju était toujours serviable, joyeux, et, juste il était bon. On pouvait dépendre de lui en tout temps. Nous nous souviendrons toujours de lui : audacieux, une personne heureuse qui nous a toujours faire réfléchir, rire et agir’’.
Sylvie Aboa-Bradwell, Centre for Democracy and Development : ‘’ Nous sommes fièrement perchés sur un rare baobab africain. Charisme, vivacité et intégrité jaillissent de lui comme l’eau de Mosi-oa Tunya. Sa présence inoubliable, sa sagesse et sa brillance sont nos guide pour toute la vie’’.
Georges Nzongola- Ntalaja : ‘’ J’en suis à avoir le plus grand respect pour lui, pour son intégrité intellectuelle, ses analyses brillantes de la situation fâcheuse de l’Afrique et de son engagement sans faille pour la cause du panafricanisme. Sa vie et son travail exemplaires doivent rester un phare pour les générations présentes et futures pour tous les Africains engagés à mettre les richesses naturelles de notre continent au service des aspirations les plus profondes de nos peuples’’.
Deborah Bryceson : ‘’Ses analyses incisives et son esprit aiguisé manqueront gravement au lecteur de Pambazuka. Taju était un de ces personnages qui illuminait toue les manifestations auxquelles il participait’’.
Alastair Roderick : ‘’Nombre de personnes ont cité son appel bien connu ‘’ Ne vous tourmentez pas !!! Organisez !!! (La ponctuation est délibérée). Même cette passion émerveillée, sa droiture et son refus d’accepter les épreuves de l’Afrique -ou les siennes propres- comme irrémédiables se résume pour moi dans une autre de ses phrases ‘ Rien pour moi sans moi’’.
Plusieurs personnes ont commenté son engagement pour la lutte des droits des femmes :
Solome Nakaweesi Kimbugwe, pour Akina Mama wa Afrika : ‘’ Son combat sans relâche et sa contribution pour la justice en Afrique et pour les femmes africaines dans un effort global de lutte contre la pauvreté et l’injustice mérite des louanges. On se souviendra particulièrement du Dr Tajudeen Abdul Raheem, de son franc parler et de son leadership affirmé lors des campagnes en faveur de la justice globale, de la bonne gouvernance et pour ce que nous représentons à Akina Mama wa Africa. Les femmes africaines se souviendront toujours de celui qui les encouragées et soutenues dans leur lutte pour leurs droits lorsqu’elles cheminaient sur la voie de l’éradication des inégalités et les tenants du patriarcat sous toutes formes’’.
Stella Mukasa, Ouganda : ‘’ Taju avait compris qu’il ne pouvait y avoir de libération de l’Afrique sans libération des femmes. Il quitte la scène à un moment où nous avons besoin de plus de gens comme lui… et ils sont si difficiles à trouver’’.
Fatoumata Touré : ‘’ Merci Taju d’avoir pris la défense des femmes africaines. ‘’ Oui Jjaja’’ avait-il dit’’ les femmes ne devraient pas perdre la vie en donnant la vie’’ Même dans mes rêves les plus fous je n’aurais pu imaginer que notre conversation finale porterait sur la vie et les droits. Ô Taju que vous puissiez perdre votre vie en luttant pour le droit des femmes à la santé, rendre votre souffle dernier le jour qui commémore la libération de l’Afrique’’.
Doreen Lwanga : ‘’Il a été l’inspiration de la lutte pour la libération de l’Afrique et l’unité africaine et ma vie professionnelle’’.
Fatoumata Touré : ‘’ Il pensait toujours à une alternative lorsque la majorité nous avait poussé dans une impasse. Ne s’avouant jamais vaincu, il avait l’habitude de citer Amilcar Cabral : ‘’ ne revendiquez pas des victoires faciles, ne mentez pas’’.
Même ceux qui n’avaient jamais eu la bonne fortune de rencontrer Tajudeen en personne, parlaient de ce géant en terme élogieux :
Henning Melber : ‘’ Bien que je n’aie pas eu le privilège de le rencontrer personnellement, il a été une étoile fixe dans mon firmament personnel’’
Sokari Ekine : ‘’Un grand homme a disparu, mais il nous laisse des milliers de mots avec lesquels réfléchir sur notre Mère Afrique : AGIR, FAIRE et PARLER. C’est ce que Tajudeen faisait et nous devrions suivre le chemin qu’il a tracé, maintenant plus que jamais. »
Tumusiime Kabwende Deo : ‘’ Je ne connais pas Tajudeen personnellement, mais je suis un admirateur silencieux du charisme qui lui permettait de garder un doigt sur la clavier pour informer, éduquer et distraire les lecteurs ougandais en particulier et d’Afrique et dans le reste du monde en général’’.
Comment honorer sa mémoire ?
‘’ Que pouvons-nous faire en mémoire de ce grand patriote de notre Afrique ? Nous allons le pleurer pendant longtemps. Mais quand nos larmes auront séché, pourrions-nous entreprendre quelque chose en son nom ?’’, demande Akwasi Aidoo de TrustAfrica.
L’ambassadeur Ahmed Haggag, Secrétaire général de l’Union africaine : ‘’…Puis-je humblement proposeer de créer un prix annuel africain ‘’ Tajudeen’’ qui pourrait être décerné à une personne dont un comité estimerait qu’elle a rendu de grands services à la cause du panafricanisme’’.
Baba Aye, Socialist Workers' Movement : ‘’ … l’immortaliser en rassemblant tous ses écrits afin de les rendre largement accessibles pour la génération montante des socialistes et des militants panafricains. »
‘’Sun re o, egbon Taju…sun re.'’
Nii Akuetteh : ‘’ Que chaque ONG recrute de nouveaux militants (au moins un ou autant que la capacité le permet) qui serait les Tajudeen Fellows. Les enseigner et les former afin qu’ils deviennent des militants brillants. Au cours de leur formation, il est essentiel que chacun découvre un des défis majeurs de l’Afrique globale. Toutefois, ayant découvert problèmes et défis, ils ne doivent pas se tourmenter mais organiser’’.
Nana Busia : ‘’…commencer à réfléchir à une stratégie afin qu’au sommet de l’UA et d’ECOWAS, Taju soit déclaré un héros africain de notre temps’’.
Ronald Elly Wanda : ‘’ Ses efforts infatigables pour promouvoir la justice sociale et politique en Afrique seraient le mieux honorés en continuant à exposer les injustices existantes et faire appel à tous les Africains pour un renouveau de leur citoyenneté’’.
Salma Maoulidi, Sahiba Sisters Foundation, Tanzania : ‘’Le prof a fait sa part, vivant sa vie intensément et inspirant des multitudes d’Africains. Maintenant la balle est dans notre camp.’’
Patricia Daley : ‘’ Il ne voudrait pas d’un deuil prolongé. Plutôt il voudrait que nous nous souvenions de ses propos lors de chaque commémoration de la libération de l’Afrique-‘’Ne vous tourmentez pas, organisez’’ jusqu`à ce que le continent soit libre’’.
Emira Woods, Institute for Policy Studies : ‘’Vous me manquerez cher ami, mais nous savons bien que comme pour Biko, Nkrumah, Lumumba, Cabral, Rodney, l’esprit ne meure jamais’’.
Michael O. West : ‘’ Tajudeen a conduit, maintenant nous devons suivre ».
Mildred Kiconco Barya : ‘’ J’ai une certitude. Si on avait demandé à Taju en quel jour lointain il voudrait quitter cette terre, je suis sûre qu’il aurait souhaité que ce soit le jour de la commémoration de la libération de l’Afrique. Et aussi longtemps que la libération de l’Afrique sera célébrée, aussi longtemps nous nous souviendrons de lui. Des années durant, Tajudeen s’est engagé pour la libération et aujourd’hui, il est lui libéré de toutes ses responsabilités terrestres et embrasse étroitement la liberté qui ne l’abandonnera jamais. En un geste triste et symbolique, la libération a frappé sa propre effigie en la personne de ce géant qui s’est identifié à elle tout au long de ces années passées. Je me sens un tout petit peu consolée du fait que la mémoire de Tajudeen sera préservée, immortalisée en ce jour significatif qui reviendra chaque année. Et je prie ‘’ Va ton chemin gracieusement Taju et continue de nous éclairer. Amen ‘’.
Hakima Abbas : ‘’ Selon les mots de Thomas Sankara, Tajudeen ‘a osé inventer le futur’. Il avait une vision de l’Afrique comme elle doit être et nous a offert, avec amour, de le rejoindre afin de réaliser sa vision. Puissions-nous poursuivre sa tâche. En avant, toujours !’’
Pambazuka News est fier d’avoir eu la responsabilité d’héberger la page où les hommages à ce grand camarade, ami, combattant et chef ont afflué pour être partagé entre tous. Nous sommes heureux de continuer à recevoir vos hommages, sachant que nombreux sont ceux qui voudront écrire lorsqu’ils auront un peu maîtrisé la douleur que nous ressentons tous.
Je suis dévoré par le chagrin mais aussi par la colère : Tajudeen était célèbre pour s’élever contre l’incurie de l’élite néocoloniale. Peut-être que leur plus grave manquement a été de n’avoir rien entrepris pour juguler l’épidémie croissante des accidents de route qui sont responsables des millions de blessés et de mort en Afrique chaque année. Je ne peux pas me défaire de ce sentiment d’indignation à l’idée que leur négligence a contribué à la mort de ce héros de l’Afrique.
Pour célébrer ses écrits au cours des années, le prochain numéro de Pambazuka va republier une sélection de ses cartes postales panafricaines hebdomadaires et prévoit aussi de publier une collection imprimée en collaboration avec Justice Africa et d’autres. Nous espérons que toutes les institutions voudront bien considérer la réalisation des initiatives, afin que le combat auquel Tajudeen croyait si profondément puisse continuer. J’hésite à user d’une phrase bien connue : ‘’ A luta continua’’.
Lorsque nous nous rencontrions Taju et moi, nous déplorions le fait que nos élites avaient travesti le slogan en ‘’The looting continues’’ (ceci est une jeu de mot pour luta (portugais) qui signifie la lutte et to loot (en anglais) qui signifie piller. Note de la traduction)
Nous sommes tous incrédules, nous nous sentons même trahis, Taju, que tu nous aies quitté. Comme on le dit à propos de Hôtel California, ‘’Vous pouvez régler votre note quand vous voulez, mais vous ne pourrez jamais vous en aller’’.
* Firoze Manji est le rédacteur en chef de Pambazuka News
* Veuillez adresser vos remarques et commentaires à editor@pambazuka.org ou http://www.pambazuka.org/
Les apports des Noirs à la science et à la technologie
Iba Der Thiam
2009-05-29
http://pambazuka.org/fr/category/features/56648
Tenter d’évaluer l’apport de l’Afrique au Patrimoine Scientifique et Technologique ne constitue pas un exercice nouveau. D’autres, avant nous, s’y sont attelés, avec brio. Nous fondant sur leurs travaux remarquables, nous devons profiter de notre projet pour leur rendre un hommage mérité. L’Afrique est, aujourd’hui, universellement reconnue, comme étant le berceau de l’humanité. Elle est, également, le seul continent, où toutes les phases de l’évolution humaine sont attestées par des éléments concrets.
C’est, donc, sur son sol, que les premières formations humaines ont vu le jour, se sont développées, pour ensuite, essaimer à la faveur de facteurs multiples, vers les autres parties de la planète. C’est, incontestablement, là que les premières manifestations du génie humain se sont exprimées, comme en portent témoignage d’innombrables traces du temps du Paléolithique, comme du Néolithique, notamment. Depuis les découvertes d’Henri Lotte, il est prouvé, avec les peintures rupestres au Sahara, que les peuples noirs avaient connu plusieurs cycles culturels.
La conception et la construction de la Pyramide de Kheops, à une époque où l’on ne connaissait ni le fer ni la roue, ne cessent de forcer notre admiration et de poser à tout observateur averti, des questions qui n’ont pas, encore, été élucidées, à ce jour. On sait, par ailleurs, que bien avant l’édification de la Grande Pyramide, le peuple égyptien avait, à partir d’une observation méticuleuse du Nil, imaginé et maîtrisé des mécanismes d’endiguement et des techniques d’exploitation de ses crues, grâce auxquelles, il avait fertilisé des régions entières, jadis, occupées par le désert, ou les marécages, pour les transformer en un cadre de vie prospère.
Lorsqu’on évalue les réalisations de l’Egypte Antique, on y sent une volonté tenace de maîtriser les forces de la nature, le souci constant de booster les limites des capacités de l’homme à façonner son destin, avec une constance et une pugnacité extraordinaires. On en vient à estimer que ce peuple exceptionnel, comparé à d’autres peuples de la même époque, avait pris une avance de près de 2 000 ans sur l’Histoire Générale de la planète.
Aucun de ces processus n’était le fait du hasard. Il était le résultat de savoirs et de savoir-faire intériorisés, de techniques et de technologies maîtrisées par des acteurs du moment, que malheureusement, le peuple noir, comme le reste de l’humanité, dans leur écrasante majorité, ignorent. Les écrits des historiens grecs, les chroniqueurs arabes, tout comme les différents témoignages, du Soudan Nigérien, par exemple, renferment des données intéressantes. Les descriptions du continent et de ses populations, laissées par les explorateurs mentionnent elles aussi, des éléments importants. Les différentes campagnes de fouille faites en Afrique ont, par ailleurs, révélé des données incontestables.
Mais nul n’a autant que l’incomparable Professeur Cheikh Anta Diop saisi cette problématique, avec l’exhaustivité qu’on lui connaît. Dans « Nations Nègres et Culture », il nous révèle l’existence « d’un observateur astronomique » selon le témoignage de Lepsius, dans la Méroé Antique. Il signale, en outre, « qu’on y a découvert une série d’équations numériques, relatives à des évènements astronomiques, qui s’étaient déroulés deux siècles avant, Jésus Christ ».
Après avoir démontré que les égyptiens étaient des Noirs, le professeur Cheikh Anta Diop, pour étayer sa thèse, a exposé, un certain nombre d’arguments ethnologiques, parmi lesquels, le totémisme, la circoncision, la cosmogonie, la royauté, l’organisation sociale, le matriarcat ou la parenté. Sa théorie s’appuie, également, sur des arguments linguistiques, au nombre desquels il avait, avec brio, établi une étude comparative des grammaires égyptienne et Ouolof (Ndlr : langue parlée au Sénégal), ainsi, d’ailleurs, qu’une autre, concernant le cocabulaire.
Cheikh Anta a soutenu que ce sont les Egyptiens qui ont initié des savants, comme Solon, Thalès, Platon, Pythagore, Eudoxe, Archimède, Eratosthène, etc. Il a, également, mentionné les particularités de l’architecture cyclopéenne découverte au Zimbabwe. Preuve, assurément, que l’Afrique anté-coloniale connaissait non seulement l’usage de la pierre, mais également des processus architecturaux avancés pour l’époque, attestés par l’existence de châteaux-forts fortifiés, de fenêtres vitrées, de murs peints, etc., et d’éléments architecturaux combinant le bois à d’autres matériaux. Le même Cheikh Anta DIOP avait, déjà, soutenu le caractère rigoureusement endogène du style architectural dit de Djenné et de Tombouctou.
L’Afrique anté-coloniale possédait ses corporations de maçons, de pêcheurs, de chasseurs, de piroguiers, d’architectes, comme en portent témoignage certaines formes d’habitats Dogons. C’est encore Cheikh Anta Diop qui note la présence d’une métallurgie comprenant l’extraction de minerais, métallurgie attestée, entre autres preuves, par la maîtrise du travail du bronze des chevaliers du Bénin, la pratique de l’orfèvrerie, le travail de l’or, du cuivre, de l’étain, des alliages, de la serrurerie, etc. Même, le travail du fer était attesté. Puisque sa présence en Afrique date de 2500 ans.
C’est toujours Cheikh Anta Diop qui mentionne la place que la médecine spécialisée et l’hygiène avaient atteinte, en se fondant sur le témoignage de Tariq El Sudan. Cette médecine empirique avait maîtrisé l’opération de la cataracte. La toxicologie, elle aussi empirique, avec l’utilisation des venins de serpent et des sucs de certaines plantes, était déjà connue. L’usage du savon avait également été inventé.
Cheikh Anta avait, de même, découvert, dans « L’Afrique précoloniale », l’usage du métier à tisser, à pédales ou horizontal, les techniques d’exploitation et de transformation du coton et l’existence d’un velours indigène chez les peuples Balubas. Evidemment, les métiers de tailleurs et de couturiers avaient une origine endogène que la perspicacité du chercheur sénégalais nous fait découvrir.
Dans le domaine de l’agriculture, il démontre que les peuples africains avaient mis au point, des techniques agricoles permettant toutes les cultures dont ils avaient besoin. Ce sont eux qui ont développé en Amérique la culture du coton, du riz et de l’indigo, ainsi que leur savoir faire et la technologie nécessaire à ces activités. La cordonnerie, la vannerie, la chasse, l’écriture et les techniques nautiques, pratiquées dans l’Afrique précoloniale, ont, elles aussi, été inventées en Afrique.
Bakari II a équipé 2 000 pirogues grâce auxquelles il s’est lancé dans la traversée de l’Atlantique ; et celà, dés le début des années 1300.
En 1513, Vasco Nunez de Balboa affirme avoir rencontré des Noirs dans l’Isthme de Panama, confirmant, ainsi, les révélations du chercheur américain Ivan Van Sertima, faites dans son livre, intitulé : « Ils y étaient avant Christophe Colomb ». Le chercheur scandinave Thor Hyderdall, pour vérifier cette assertion, a conçu un canot selon les techniques des Boudoumas du Tchad, grâce à quoi, il effectua, du 25 mai au 18 juillet 1869, la traversée de l’Atlantique, du Maroc aux Antilles, soit une distance de 4.345 km. M. Serge Bile, mentionne cet événement.
Tout récemment, une embarcation partant de Saint-Louis du Sénégal, a rejoint Cayenne, entre mars et avril 2009, en 42 jours.
Tous ces remarquables travaux n’ont cessé de se développer dans les pays francophones, anglophones, lusophones ou hispanophones d’Afrique, ainsi que dans nombre de pays de la Diaspora, soit à l’occasion des débats engagés par l’Unesco autour du projet de l’Histoire Générale de l’Afrique, dont, notamment, le fameux Colloque du Caire, soit dans d’autres cadres.
Le Professeur Théophile Obenga a apporté à cette réflexion une contribution irremplaçable. Le Bureau régional de l’UNESCO, à Dakar, a organisé d’intéressantes rencontres au cours desquelles, des savants noirs anglophones ont même démontré que des modèles des ponts aériens, parmi les plus célèbres des Etats-Unis, avaient aussi été découverts en Afrique, bien avant l’arrivée des Blancs.
Dans l’ouvrage monumental qu’il a consacré à l’Afrique Noire (Egypte Pharaonique et Afrique Noire) dans l’Antiquité, notre sémillant collègue a, tour à tour, étudié la question de la diffusion des peuples noirs dans l’Antiquité Primitive, celle des divers foyers culturels antiques, avant de se consacrer à ce qu’il appelle le rôle civilisateur des anciens égyptiens dans l’histoire de l’humanité, à travers des exemples empruntés à l’écriture, à l’Aarchitecture, notamment.
Ces deux Savants auxquels, on doit ajouter, pour faire bonne mesure, le Prince Dika Akwa du Cameroun et les professeurs Aboubakry Lam, Babacar Sall et Pathé Diagne de l’Université Cheikh Anta Diop, ont, admirablement, démontré la parenté génétique de l’Egyptien ancien avec les langues négro-africaines et mis en exergue, avec érudition et compétence, les capacités opératoires des parlers négro-africains et leur aptitude à transposer les concepts les plus sophistiquées.
Poussant plus loin, sa réflexion, Cheikh Anta DIOP écrit dans « Nations Nègres et Culture » : « L’homme de couleur, contrairement ce que pense André Siefried, loin d’être incapable de susciter la technique, est celui-là même qui la suscita, le premier, en la personne du nègre, à une époque où toutes les races blanches, plongées dans la barbarie, étaient, tout juste, aptes à la civilisation ».
« En disant que ce sont les ancêtres des nègres qui vivent aujourd’hui, principalement, en Afrique Noire, qui ont inventé, les premiers, les Mathématiques, l’Astronomie, le Calendrier, les Sciences en général, les Arts, la Religion, l’Agriculture, l’Organisation Sociale, la Médecine, l’Ecriture, les Techniques, l’Architecture ; que ce sont eux qui ont, les premiers, élevé des édifices de 6 millions de tonnes de pierre (Grande Pyramide, en tant qu’architectes et ingénieurs) et non en tant qu’ouvriers ; que ce sont eux, qui ont construit l’immense temple de Karnak, cette forêt de colonnes, avec sa célèbre salle Hypostyle, où entrerait Nôtre Dame avec ses tours ; que ce sont eux, qui ont sculpté les premières statues colossales, en disant tout cela, on ne dit que la modeste et stricte vérité que personne, à l’heure actuelle, ne peut réfuter par des arguments dignes de ce nom ».
Portant, ainsi, le débat à un niveau qu’il n’avait jamais atteint après les intuitions de Volney t Blyden, les publications de Marcus Garvey et les anticipations de Firmin, celui que le Professeur Obenga appelle le père de la Nouvelle Ecole Historique Africaine avait, très largement, ouvert la voie. Sous cet éclairage, les fastes des empires du Soudan nigérien, pour ne citer que ceux-là, s’inscrivent dans une continuité historique ininterrompue. Les rappeurs et chansonniers noirs disposent là d’un vivier informatif considérable dans lequel ils devraient puiser sans modération pour inscrire tous ces savoirs dans l’esprit de tous les segments du monde noir.
Tirant les conclusions d’une partie de ce qui vient d’être rappelé, le professeur Cheikh Anta Diop s’exclame : « Dès lors, le nègre doit être capable de ressaisir la continuité de son passé historique national, de tirer de celui-ci, le bénéfice moral nécessaire, pour reconquérir sa place dans le monde moderne, sans verser dans les excès d’un nazisme à rebours, car la civilisation dont il se réclame eût pu être créée par n’importe quelle autre race humaine - pour autant que l’on puisse parler d’une race – qui eût été placée dans un berceau aussi favorable, aussi unique ».
Pour compléter ce dispositif, deux chercheurs Paul Fehmu Brown (un noir canadien) et Oumar Dioume (un Sénégalais de stricte obédience, qui vient de regagner son pays, après plus de 20 ans passés en Amérique du Nord) ont publié, aux Editions « Les Cinq Continents », en 1998, un important fascicule intitulé : « Inventeurs et héros noirs » dans lequel, figurent 42 personnalités sélectionnées, parmi lesquelles :
- la pionnière du féminisme, au Canada, dans la Province de Nouvelle Ecosse, Rose Fortune, est une Noire, née en 1774, d’une famille d’esclaves. Elle fut la première policière.
- Des Noirs ont, aussi, participé à l’exploration du monde. C’est le cas avec Jean Baptiste Pointe du Sable (1745-1818), né d’un métissage franco-congolais, fondateur de la ville de Chicago. Il a, le premier, traversé le Mississipi, jusqu’aux environs du Lac Michigan.
- Matthew Henson, qui fut, dès 1909, un des explorateurs de l’Arctique.
- Elijah Mc Coy (1843-1929), lui aussi, d’origine africaine, qui compte à son actif, 50 inventions.
- Benjamin Banneker (1731-1806), qui inventa la première horloge américaine, en 1753, reçut les hommages et l’admiration du Président Jefferson, qui transmit ses travaux à son ami Condorcet, de l’Académie des Sciences de France, travaux qui furent applaudis par tous les académiciens.
- Richard Pierre Pointe, originaire du Boundou, stratège militaire, qui mobilisa les noirs de 16 à 60 ans dans une milice grâce à laquelle le Canada remporta sa première victoire militaire contre les Etats-Unis.
- Tilly Mays, femme de conviction, inventrice de l’Action humanitaire, qui mit au point un service de bénévolat destiné à dispenser l’instruction aux anciens canadiens noirs, ayant participé à la guerre des Boers, dans le cadre de ses écoles du dimanche.
- Majorie Joyner (1696-1794), inventrice d’une machine électrique
- Granville T. Woods (1856-1910), qui comptait à son actif, 150 inventions nouvelles.
- Lewis Latimer (1848-1928), qui fut l’auteur d’un manuel à l’usage des écoles sur l’éclairage électrique.
- Norbert Rilieux (1806-1894), qui a inventé un procédé permettant le raffinage du sucre.
- Abdou Moumouni, Professeur Agrégé de Physique, Docteur d’Etat, qui inventa le chauffe-eau solaire, adapté aux pays du Sahel.
- Cheikh Modibo Diarra, co-responsable de la mission « Pathfinder » sur Mars.
- Camille Saint Jacques Laraque (1902-1986), qui a été l’un des plus grands spécialistes de la mécanique des fluides et de la thermodynamique, au 20e siècle, avec à son actif, 5 sélecteurs brevetés. Il fut, en outre, l’un des membres les plus influents de la Ligue de Défense de la Race Noire et de l’Union intercontinentale.
- J’ajoute, pour ma part, que c’est un Noir, nommé Washington Carver, qui a fait des découvertes sur l’arachide, la patate douce et le soja.
Le rôle joué par l’Institut Tsukeggee de Booker T. Washington, dans ce sens, fut déterminant.
On pourrait y ajouter que, c’est le Professeur Abdoulaye WADE, qui a inventé « The Formula WADE » (Pt-29) Q t = St), visant à combattre la pauvreté par le pétrole, publiée, pour la première fois, le 22 Septembre 2006, par le Financial Times, dans un Article intitulé : « Africa Over a Barsel ».
Un travail du même genre doit être entrepris dans chacun des 53 pays africains et dans chacun des pays des Amériques, de la Caraïbe, de l’Europe, du Moyen-Orient, mais aussi, de l’Asie et de l’Océanie, où les Noirs ont développé des civilisations brillantes, avant d’être dominées et écrasées, de manière à dresser la liste complète de tout ce que le monde noir a apporté à la Science et à la Technologie, dans un premier temps.
Dans un second temps, il faudra procéder à un inventaire, tout aussi exhaustif, dans le domaine des Arts, des Lettres, de la Politique, du Droit, de l’Histoire, de l’Economie, de la Linguistique, de la Danse, de la Chanson, du Sport, etc., bref, dans chacun des domaines de la connaissance et de l’activité humaine. Les éléments de cette gigantesque moisson pourraient être consignés dans une Encyclopédie Africaine destinée à révéler, au grand jour, tout ce que nos ancêtres et les fils actuels du Continent, ont apporté au Patrimoine de l’Universel.
(…) Cela demandera des moyens. Nous devons les trouver, car cette richesse incommensurable va étonner toute l’humanité et modifier, du coup, la vision que les autres continents, cultures et civilisations ont de l’homme noir et de sa place dans l’Histoire et dans la gouvernance mondiale. C’est cela qui va armer les générations actuelles et futures, d’outils de re-célébration, de conscientisation, de fierté. C’est cela, qui permettra de saisir, dans son exacte mesure, la grandeur du peuple africain, le génie de l’homme noir. C’est cela, qui légitimera notre volonté de réécrire l’Histoire du monde, une histoire qui restituera enfin à notre race (si tant est que la race existe), la juste place à laquelle, elle a droit.
Si le combat sacré pour les Etats-Unis d’Afrique et la Renaissance Africaine sous-tend cette démarche, on peut parier que ce combat-là peut être gagné, à condition, évidemment, que chaque fils, que chaque fille de notre continent et de sa Diaspora se retrousse les manches, avec la volonté ferme et résolue, de se mettre au travail, dès à présent et sans relâche, dans la sphère où s’exercent ses activités, armé du dessein conscient de traduire ces deux nobles et fortes ambitions, en actes concrets.
* Iba Der Thiam est agrégé d'Histoire. Il a fait partie du Comité scientifique de l'UNESCO chargé de rédiger l'histoire générale de l'Afrique. Actuellement, il est président d'honneur du comité scientifique du FESMAN
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Les médias des Frères Musulmans : du discours missionnaire au discours politique
Khaled Hamza
2009-05-29
http://pambazuka.org/fr/category/features/56650
Il est important de définir les concepts puisqu’ils sont la clé de la compréhension. Lorsqu’on parle de foi et des médias, il est nécessaire de d’abord définir la religion, non pas dans le sens de la vérité absolue, mais de la pensée religieuse, de la révélation humaine et la compréhension humaine de la religion ou, plus spécifiquement, la lecture modérée de la raison d’être de la religion. Le nouveau discours médiatique des Frères Musulmans s’est davantage conformé aux normes des médias, laissant de côté la terminologie théologique et les excès idéologiques.
Par exemple, il représente la cause palestinienne comme un conflit entre les forces d’occupation israéliennes et les Palestiniens, évitant toute référence à un conflit idéologique entre Musulmans et Juifs. Nous avons même insisté sur l’absence d’animosité entre nous et les Juifs pour des raisons de religion, déclarant que le conflit est seulement avec la Force d’occupation israélienne.
Dans le reportage quotidien sur l’occupation américaine de l’Irak, la norme a été une subtile rhétorique politique et objective qui n’alimente pas les notions de clash des civilisations ou de Croisades. Nous avons usé de termes comme ‘’occupation et résistance’’ et avons évité ceux comme ‘’ ennemis de l’Islam’’, Croisés, etc.
Ikhwanweb en route pour développer le discours médiatique des Frères Musulmans
Ikhwanweb a été lancé en 2005 par les Frères Musulmans afin d’être leur tribune idéologique à l’intention principalement du public, du monde académique, des chercheurs, des médias, des groupes de réflexions et des centres de décisions en Occident. La mission principale d’Ikhwanweb est de permettre aux intellectuels occidentaux d’accéder à une information non biaisée concernant les Frères Musulmans, une information leur permettant de comprendre notre message politique, culturel et aussi nos propos religieux modérés.
Ikhwanweb n’a pas pour objectif de répandre l’Islam ou d’enseigner l’Islam aux Occidentaux. En d’autres termes, il ne s’agit pas de faire œuvre de missionnaire. Plutôt, nous adoptons un discours politique, culturel et intellectuel. En matière d’information, Ikhwanweb évite tout discours explicitement religieux, sauf s’il s’agit de relater des informations concernant des groupes d’études théologiques, et dans tous les cas, nous nous efforçons de maintenir un haut niveau d’exactitude. Nous avons fait un gros effort afin que la rédaction soit le reflet du professionnalisme journalistique, de l’objectivité et de la neutralité. Nous nous sommes concentrés sur des questions concernant la démocratie, la répression politique, la torture, la tyrannie et nous nous sommes fortement opposés à des pratiques que la Sharia condamne comme étant pire que des péchés moraux. Nous nous sommes aussi focalisés sur la violence faite aux femmes et aux enfants et la violation du droit des minorités religieuses.
Le développement le plus important dans notre approche a été de dénoncer et de condamner la répression du régime et des institutions religieuses traditionnelles à l’égard de Karim Amer qui est un bloggeur laïque. En cette instance, Ikhwanweb a maintenu ses procédures journalistiques en donnant la priorité à la liberté par rapport à la Sharia. Toutefois, nous ne considérons pas cette prise de position comme du laïcisme dans le sens occidental du terme. C’est plutôt le reflet de notre vision culturelle islamique qui dérive de l’Ecole de pensée modérée de la confrérie. La tyrannie, la torture, la répression des idées et la violation des libertés sont les pires péchés culturels et l’Islam les rejette et les condamne.
Ikhwanweb a même rapporté dans ses colonnes des cas de tortures et de passage à tabac de bloggeurs laïques et musulmans qui se sont produits au Caire (Egypte 2005’Freedom Spring, le printemps de la liberté), mettant en lumière les dernières protestations des jeunes et les nouveaux instruments technologiques qu’ils utilisent pour rallier et protester. Nous rendons notre site web largement accessible à nos critiques et leur donnons l’opportunité d’afficher leurs points de vue sur le site. La section ‘’Autres points de vue’’ inclut les critiques des Frères Musulmans, de leur agenda, de leur idéologie et de leur histoire. Ceci a généré quelques haussements de sourcils de la part des libéraux et des laïcs qui l’ont considéré comme étant la manifestation d’une tolérance feinte, pendant que d’autres y voyaient de la pure propagande.
Lors de débats controversés dans l’opinion publique musulmane, comme avec caricatures danoises (Ndlr : du Prophète Mahomet) ou les déclarations du pape, Ikhwanweb a été rationnel et réaliste dans sa couverture médiatique, évitant les insinuations religieuses. Il a souligné le besoin de respect entre les religions, de compréhension entre elles et a souligné le concept de liberté responsable.
Les Frères Musulmans contre Al-Qaeda
En 2006, Ikhwanweb a été attaqué par des ‘’hackers’’. Cette attaque, qui n’a bloqué le site que pendant quelques heures, a clairement démontré que la politique stricte, menée par la confrérie musulmane contre des crimes commis au nom de l’Islam, porte ses fruits. Elle montre aussi, sans l’ombre d’un doute, la séparation épistémologique et politique entre la confrérie musulmane et Al-Qaeda. Ikhwanweb n’a manqué aucune occasion pour dénoncer des actions terroristes ou des actes qu’il considère comme contraire à l’Islam. Nous avons distingué les actes de résistance légitimes en Palestine et en Irak, pour condamner les opérations criminelles terroristes contre les populations civiles.
Les nouvelles initiatives médiatiques de la Confrérie musulmane
Les expériences médiatiques de la confrérie musulmane se poursuivent par l’intermédiaire des jeunes de la confrérie qui continuent d’interagir avec les nouveaux moyens médiatiques et la dynamique du modernisme occidental. Le weblog a fourni un espace pour l’expression individuel et une opportunité de découvrir de nouveaux talents et compétences au sein de cette jeunesse. Ceci s’est révélé une expérience enrichissante qui a contribué au groupe, même si d’aucuns ont été alarmés par la vague de critiques et de demandes de réformes internes.
Les principaux weblog sont :
www.ana-ikhwan.blogspot.com
www.yallameshmohem.blogspot.com
www.2mwag.blogspot.com
www.ensaa.blogspot.com (contre des procès militaires à l’encontre des dirigeants de la confrérie musulmane)
Le groupe des jeunes a utilisé Facebook et a conclu des alliances virtuelles avec des coalitions de jeunes de l’opposition libérale et de gauche, alors que d’autres coalitions ont échoué dans le monde réel.
Autres exemples des activités ‘’on line’’ des Frères musulmans
Secondlife : le groupe a établi une place dans ‘’ Secondlife’’ (www.secondlife.Com) pour montrer les projets culturels du groupe et offrir un service spécial pour le procès des dirigeants des réformistes de la Confrérie musulmane
Ikhwantube : http://www.ikhwantube.com est la version Youtube du groupe. Le groupe a enregistré sytématiquement ses activités politiques, intellectuelles et missionnaires et les a rendus disponibles sur Ikhwantube. Il a même mis en ligne des reportages exclusifs sur la torture, dont certains de ses membres ont été victimes ou des abus commis à l’encontre de ses manifestants ainsi que les fraudes électorales dans la circonscription de ses candidats.
Problèmes et obstacles pour les média de la Confrérie musulmane
Les problèmes les plus épineux auxquels la confrérie musulmane a à faire face dans son discours médiatique sont la détention, l’intimidation, les descentes de police et les chasse à l’homme pour raison de sécurité. Le quartier général d’Ikhwanweb a subi une rafle en février 2008, lors d’une campagne de sécurité féroce au cours de laquelle tout l’équipement informatique a été saisi, les bureaux fermés et le rédacteur en chef arrêté. L’ambiance dans laquelle les correspondants évolue et mènent à bien leurs activités journalistiques, les défis auxquels ils ont à faire face, peut affecter d’une façon ou d’une autre, leur objectivité, leur professionnalisme et leur ouverture.
L’avenir du discours de la Confrérie musulmane à l’ère de la révolution des nouveaux médias
L’énorme développement des médias et de leurs technologies a entraîné des défis immenses dans un monde qui change tous les jours. Ceci requiert l’offre d’un discours plus ouvert et plus progressif dans les médias, un discours qui devient humain et universel et qui se distancie de la propagande, du narcissisme et du nombrilisme.
Nos canaux médiatiques doivent se libérer des théories de conspiration et les médias occidentaux doivent reconsidérer le regard qu’ils posent sur les autres et dépasser les biais culturels et épistémologiques et infléchir les mouvements d’extrême droite qui alimentent l’islamophobie, aggravent les tensions et le repli. Nous voyons qu’il est de notre devoir de prêcher pour une culture du dialogue, de la tolérance et de l’ouverture en même temps que le respect des cultures particulières.
Les Frères musulmans et les médias : un long parcours
Les relations des Frères Musulmans avec les médias remontent à plus de 70 ans, ce qui remonte pratiquement aux origines du groupe lui-même. L’expérience du groupe avec les medias inclut les journaux, les périodiques et la radio. Au cours de toute leur histoire, les Frères Musulmans ont produit des centaines de journaux et surtout, avant 1954, des périodiques. Après de longues années de répression (1954-1974), le discours médiatique de la confrérie a significativement décliné, sauf quelques tentatives des Frères Musulmans en exil et à l’exception de quelques réseaux dans d’autres pays.
La publication du magazine Al Da’wah (de 1975 jusqu’à l’assassinat de feu le président Sa’adat par des Jihadistes) reste l’expérience la plus prolifique et la plus active. Ceci a été suivi d’une période confuse qui a duré de 1984 à 2000. Confuse en raison de la relation ambiguë du groupe avec le pouvoir égyptien (la politique de la porte à moitié ouverte et à moitié fermée). Au cours de cette période, le régime a fermé plusieurs journaux et magazines appartenant aux Frères Musulmans. Néanmoins, l’an 2000 a vu la naissance d’une ère nouvelle, la Confrérie ayant mis sur pied son premier espace cybernétique avec la création de plusieurs sites web en arabe dont celui de Ikhwanonline. En 2005, les Frères Musulmans ont créé le site Ikhwanweb, le site en anglais qui doit servir de tribune à l’intention des Occidentaux.
* Khaled Hamza est web editor de Ikhwanweb. Cette communication a été présentée lors d'un atelier sur Médias et religion organisé en décembre 2008 par International Center For Journalism.
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Niger : La Société Civile interpelle l'ONU sur les dérives de Tandja
Société civile du Niger
2009-05-29
http://pambazuka.org/fr/category/features/56652
A travers une lettre ouverte adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies, la société civile nigérienne invite la communauté internationale à amener le Président de la République du Niger à respecter la Constitution actuelle de son pays. Le Niger fait face depuis un certain temps à des remous politiques liés à la détermination du Chef de l'Etat de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat à la tête du pays.
Lettre ouverte à Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Monsieur le secrétaire sénéral,
Nous, acteurs de la Société Civile Nigérienne, signataires de la présente lettre, avons l’honneur de vous interpeller dans votre mandat et votre responsabilité afin de vous faire part des sentiments graves qui nous animent au moment où le Niger s’apprête, selon le calendrier constitutionnel établi, à renouveler par voie électorale les principales institutions de la République qui permettent au peuple, à travers ses élus, de jouir de sa souveraineté nationale et de son indépendance, tout en participant à la vie internationale.
En effet, en tant que démocrates soucieux de la défense de la paix et de l’unité nationale de notre pays, nous avons ardemment contribué dans les années 90 à sortir ce pays du règne de la dictature et des partis uniques ,comment pouvons-nous demeurer indifférents devant les intentions déclarées du président de la République Tanja Mamadou de violer la Constitution et de troubler l’ordre établi en organisant un référendum pour une nouvelle République qui lui octroierait un mandat « à vie ». Et ce malgré les réprobations des principaux acteurs politiques et de la Société Civile nigériens et, depuis peu, du Conseil des sages de la CEDEAO elle-même.
Le peu d’empressement manifesté par le gouvernement et la légèreté mise dans la gestion de ces échéances électorales, comme pour donner corps à ce projet anticonstitutionnel, nous fondent malheureusement à croire qu’une menace sérieuse plane sur la République et, par conséquent, à éprouver de profondes inquiétudes quant à la sauvegarde des acquis démocratiques dans notre pays et à l’unité même de notre peuple.
Il nous a été donné d’observer, au cours des dernières années de ce quinquennat, l’éclosion puis la montée en puissance d’une dérive autoritaire flagrante des pouvoirs publics sur les questions des Droits de l’Homme et qui a atteint son paroxysme avec la mise en état d’alerte de la région nord du pays. Nous avons pourtant tiré la sonnette d’alarme en ces temps-là, mais en vain.
Demeuré sourd à tous les appels pressants lancés pour l’ouverture d’un dialogue avec les insurgés, y compris par l’organe ad hoc de conciliation et de prévention des conflits, le Comité National de Dialogue Politique (CNDP), le pouvoir a déclenché une répression aveugle sur les populations du nord dont plusieurs ressortissants croupissent encore sans jugement dans les geôles de l’Etat.
Tout média, national ou extérieur, qui tente de lever un pan du voile sur cette question est aussitôt mis en accusation, incarcéré ou expulsé sans autre forme de procès.
Nous avons également vu le harcèlement judiciaire contre les militants des droits de l’Homme, les hommes politiques, les journalistes et les syndicalistes, érigé en système de censure pour étouffer les libertés d’expression et de pensée. Nous témoignons aussi que la Justice a perdu ses lettres de noblesse et que les cours de justice ont souvent été transformées en tribunes politiques où le pouvoir juge et persécute ses adversaires.
Ce faisant, le président de la République et le gouvernement du Niger se sont délibérément détournés des voies républicaines balisées par la Loi Fondamentale pour instaurer un pouvoir absolu au sommet de l’Etat et refuser l’alternance démocratique du pouvoir politique consacrée par les textes auxquels ils ont souscrit et qui fondent leur légitimité.
Et pourtant, vous le savez bien, le Niger a librement souscrit à tous les principes des Nations Unies et même ratifié des conventions et pactes internationaux concernant la bonne gouvernance et les Droits de l’Homme qui font de nous des citoyens à part entière et non des sujets indignes de respect et de reconnaissance.
Comprenez ainsi, Monsieur le secrétaire général de l’ONU, que nous vivons la violation de notre Constitution, si jamais ce référendum se tenait, comme une atteinte grave à notre dignité et comme la négation pure et simple de notre existence en tant que peuple libre et souverain.
Par conséquent, nous en appelons à votre devoir et à votre responsabilité en matière de prévention des conflits et en votre qualité de premier défenseur international de l’Etat de droit et de la paix dans le monde, pour user de vos bons offices auprès du président de la République du Niger afin qu’il respecte la Constitution de 1999, qu’il renonce à son projet de référendum et qu’il mette en œuvre, sans délai, le processus électoral tel que prévu par les lois du pays.
Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, l’expression de notre très haute considération.
Fait à Niamey le 19 mai 2009
Ont signé :
RODADDHD (Réseau des Ong de Développement et Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie- 89 structures membres avec huit antennes régionales)
CDTN (Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger)
USTN (Union des Syndicats des Travailleurs du Niger)
USPT (Union Syndicale progressiste des Travailleurs)
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Pour la rédemption de l’âme de la nation kenyane
Njonjo Mue
2009-05-29
http://pambazuka.org/fr/category/features/56649
Qu’est-ce que le Kenya et qu’est-ce qui fait de vous un Kényan ? Est-ce votre carte d’identité ? Votre passeport bleu ? Le fait que vous soyez né ici ? Avez-vous le sentiment d’être connecté ? Un sentiment d’appartenance ? Etes-vous plus ou moins Luo, Kamba, Kipsigis, Mijikenda, Asiatique, Caucasien ou Arabe plutôt que Kényan ? Etes-vous plus ou moins homme ou femme plutôt que kényan ? Etes-vous plus ou moins chrétien, musulman ou hindou plutôt que kényan ? Comment ces multiples identités se fondent-elles dans votre psyché ? Avez-vous le sentiment de devoir vous défaire de l’une ou l’autre de ces identités afin de pouvoir épouser votre kényanitude ? En d’autres termes, quelle est votre identité et votre relation réelle avec le Kenya ? Qu’est-ce qui vous donne la fierté d’être Kenyan ? Si vous aviez le choix au milieu de ces multiples identités, voudriez-vous garder ou laisser tomber votre identité kényane ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
Le lien qui attache
La génération de nos parents comptait 42 nationalités. Toutefois nos parents sont devenus Kényans lorsqu’ils ont combattu leur ennemi commun : la domination coloniale. Une fois l’ennemi commun défait, ils ont entrepris de définir un contrat social- à Lancaster House et au pays- ce qui représente une tentative louable de construire une nation. Ont-ils réussi ? Comment et en quoi ont-ils échoué ?
Et nous ? 45 ans plus tard, à quel ennemi commun devons-nous faire face ? Sur quelle base allons-nous négocier notre nouveau contrat social ? Est-ce que le ciment qui a assuré la cohésion de la génération de nos parents sera assez fort pour nous maintenir ensemble ?
La réponse est négative. Nous sommes en face de preuves déprimantes et alarmantes qui indiquent que le contrat social qui définissait le Kenya s’érode rapidement. Le démon du tribalisme politique révèle son visage hideux. Des politiciens déclarent que c’est leur tour de manger et forment toutes sortes d’alliances diaboliques afin de préparer le partage du butin. Les politiciens semblent prêts à lutter jusqu’au bout pour l’obtention du pouvoir sans se soucier de savoir si la nation va éclater.
La nécessité de renégocier le contrat social a été reconnue par tous, mais il semble qu’il n’y ait pas de dirigeants courageux et visionnaires pour diriger le bateau qui navigue sur des eaux inconnues. Nous errons sans but dans la jungle de notre désespoir, aspirant à notre terre promise, mais même le mirage de la cohésion social n’apparaît pas à l’horizon.
Et pourtant nous n’avons pas le choix. Nous devons initier un authentique dialogue national afin de définir une nouvelle distribution. Je ne veux pas dire qu’il s’agit de seulement discuter le partage du pouvoir, parce qu’une société est bien plus que la structure de pouvoir à laquelle elle a souscrit. Plus nous tergiversons au sujet de la nécessité d’un dialogue national, plus certaines parties de notre société s’enfoncent dans un monologue destructeur qui nous pousse un peu plus vers l’abîme.
Nous ne pouvons laisser les choses sur leur lancée. Le train de la liberté n’avance pas selon un mode prédestiné : il doit être parfois poussé, parfois tiré mais toujours maintenu sur les rails qui vont dans la direction de la justice sociale et d’un véritable développement de la personne humaine dans son entier.
La génération qui nous a précédée semble être à court d’idées quant à savoir comment atteindre ce but. Ce qui n’est guère surprenant, compte tenu que ceux qui ont donné le ton sont sur la scène depuis toujours et sont maintenant épuisés, vieux et n’ont plus de réel intérêt dans l’avenir de notre pays. C’est maintenant notre tour de prendre position et d’imposer un environnement ordonné qui élimine le chaos dans lequel nous nous trouvons. Ce faisant, nous déterminerons une nouvelle vision pour notre pays et avancerons avec détermination vers un futur commun et durable.
Le cœur du pays ou l’âme de la nation
Les politiciens prétendent avoir à cœur l’élaboration d’une nouvelle Constitution, mais nous savons tous que ceci n’est rien d’autre que des jeux de pouvoirs glorifiés. Bien que la Constitution soit le cœur du pays dont dérive tout le système légal, seul un petit nombre de personnes vont dominer le processus au bout du compte. De plus, même s’il produisait le meilleur document au monde, ceci ne serait toujours rien de plus qu’un travail à moitié fait.
L’autre aspect, plus fondamental, est la reconstruction de l’âme de notre pays. Ceci est la responsabilité de chaque citoyen qui ne peut être laissée dans les mains des politiciens et de leurs sbires. C’est un exercice qui définit l’essence même de la kényanitude. Qu’est-ce que l’âme de notre nation ? Quels sont les liens qui nous attachent ? Quels sont les critères pour appartenir cette nation ? En d’autres termes, quelles sont les valeurs essentielles qui font de nous ce que nous sommes, au-delà de nos diverses appartenances ethniques mais en raison de notre appartenance à la famille humaine ? Comme nous le rappelle notre fils préféré, le président Barak Obama, la Constitution n’est pas juste la source des droits individuels mais aussi un moyen d’organiser une discussion démocratique autour d’un futur en commun.
Ainsi il est vital de trouver un consensus au sujet des valeurs auxquels nous adhérons en tant que Kényanq parce que nous ne pouvons pas progresser en tant que nation aussi longtemps que nous ne savons pas et que nous n’avons pas intériorisé ce que l’appartenance à la nation implique, aussi longtemps qu’individuellement et volontairement nous n’aurons pas souscrit à quelques valeurs fondamentales en lesquelles nous croyons. Une fois ce consensus atteint, nous pourrons condamner ceux qui transgressent notre contrat au moyen d’un système de coercition agréé. Ceci est l’essence d’une société gouvernée par la loi plutôt que par des hommes.
Actuellement, nous sommes Kényans principalement en raison du hasard de la naissance. Notre identité est largement définie par la coercition : le policier nous dit ce que nous avons à faire sous peine de punition, en accord avec un code légal que nous n’avons pas contribué à établir. Nous sommes aussi Kényans en raison de la date du 30 juin quand nous avons rendez-vous avec l’autorité fiscale kényane qui vient s’enquérir de nos gains au cours de l’année précédente et s’assurer que nous avons rendu à César ce qui est à César. Nous pensons aussi appartenir au Kenya parce que nous revendiquons des droits à peine reconnus et des services que le gouvernement ne veut ou ne peut pas fournir
Nous comprenons le fonctionnement du gouvernement mieux aujourd’hui qu’il y a dix ans. Néanmoins, ceci n’a pas amélioré nos vies, parce qu’en dépit d’une transparence accrue, ni le gouvernement, ni nous-même, en tant que citoyen, croyons devoir rendre des comptes. Nous vivons à une époque d’impunité où il n’y a pas de respect de la loi. Les citoyens ne se sentent pas obligés de respecter des lois que le législateur lui-même ne respecte pas. Il n’y a pas d’intérêt personnel à faire fonctionner le système ou à contribuer au bien public. De surcroît il n’y a pas de modèle qu’on pourrait promouvoir, parce que les politiciens qui dominent notre espace public empuantissent perpétuellement notre air avec leurs mauvaises manières.
Par conséquent, nous devons trouver des choses positives qui nous attirent dans notre kényanitude, des choses qui nous permettrons d’affirmer avec confiance ‘’ nous avons choisi d’être kényans’’. Nous devons trouver un nouveau point focal auquel les citoyens kényans puissent faire allégeance.
Qu’est-ce que le Kenya et qui sont les Kényans ?
Au niveau le plus élémentaire, le Kenya est un fait juridique dans le droit international. Le pays est aussi un territoire de 583 000 hectares occupés par 37 millions de personnes, aussi diverses que possible dans leur affiliation ethnique et religieuse, leur occupation, leur origine raciale et leur statut social.
Dans ce mélange dynamique, y a-t-il une valeur ajoutée à être kényan ? Il y en a certainement, j’en suis convaincu. Mais nous ne l’avons pas encore entièrement reconnue et c’est la raison pour laquelle nous continuons à nous retirer dans notre cocon ethnique lorsque la crise menace. Nous devons commencer à clarifier cette valeur et définir ce que le Kenya, en tant que pays, et tant que peuple ajoute au monde qui nous entoure.
Ceci ne peut être accompli rapidement, parce que la quête et la création d’une nation constituent un projet sur le long terme. C’est une conversation sans fin que nous devons avoir avec nous-même sur ce qui constitue le Kenya et les Kényans et qui continuera d’évoluer pendant que le monde autour de nous change. Néanmoins, alors que la globalisation rend le monde toujours plus homogène, nous devons identifier et prendre soins de nos valeurs essentielles, celles qui nous rendent spécifiquement kényans.
Cet exercice ne doit pas être le privilège exclusif d’une personne ou d’un groupe, quelle que soit sa définition. L’effort de définir ces valeurs doit être un exercice national impliquant tout ceux qui revendiquent l’appellation de ‘’Kenyan’’ et toucher toutes les strates de la société. Il ne sera pas facile d’arriver à un consensus. Cependant nous devons fidèlement poursuivre ce chemin, jusqu’à ce que nous soyons capable de nous définir nous-mêmes, jusqu’à ce que nous sachions et ayons intériorisé qui nous sommes.
Aussi longtemps que nous permettrons à d’autres de nous définir - des politiciens, des chefs tribaux, des intérêts hégémonique et géopolitiques occidentaux, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire Internationale et des myriades d’autres intérêts non définis - nous serons guidés par des vents de changement, nous poussant un jour ici, un jour là. Au lieu d’être les maîtres de notre destinée, nous serons toujours en réaction aux initiatives des autres, nous serons toujours à attendre qu’on nous dise qui nous sommes et ce que nous devons faire pour éteindre le feu de l’autodestruction qui brûle dans nos maisons.
En d’autres termes, nous serons les esclaves des caprices des autres. Nous serons poussés de-ci, de-là par le torrent des oppressions et les vagues de désespoir cependant que nos voisins, proches et lointains, se gausseront de nous et nous serons le sujet des conversations après le dîner, de la Corée du Sud à l’Afrique du Sud, où l’on murmurera qu’il y avait un peuple qui autrefois savait où il allait et qui est maintenant naufragé quelque part sur la haute mer de la cupidité, de l’effondrement économique, de la confusion socioéconomique et du déclin moral.
Si les choses nous apparaissent désespérantes aujourd’hui, c’est parce qu’elles le sont. Le chemin vers notre terre promise a été long et éprouvant et il n’y a pas de fin en vue. Le cœur saigne lorsqu’il examine notre pays. Des petites guerres et des conflits violents perturbent régulièrement la vie d’innocents Kényans en zones rurales aussi bien qu’en zones urbaines. Mungiki, et d’autres associations de criminels, terrorisent les foules en toute impunité et avec l’approbation tacite de la classe politique. Des policiers à la détente facile usent de leur arme pour éliminer ceux qu’ils perçoivent comme des criminels, sans que personne ne leur demande de compte.
Pauvreté, inégalité et sous-développement sont les caractéristiques de notre époque. La famine est une réalité persistante dans de nombreuses communautés et la faim une compagne constante d’enfants dans tout le pays. Le VIH/sida continue de ravager notre économie, sans discrimination aucune, générant des orphelins livrés à eux-mêmes cependant que de frêles grand’mère s’escriment à s’occuper de petits enfants vulnérables. Le crime et la corruption continuent de dévorer l’âme de la nation et le concept d’un leadership politique responsable nous a échappé. Nous avons atteint le fond du désespoir et les ténèbres se sont abattues sur notre pays.
Nous sommes devenus des exilés et des réfugiés dans notre propre pays. Des déplacés internes continuent d’endurer la vie dans des camps de transit désolés, nos enfants trouvent du réconfort dans la rue où les drogues les aident à accepter la morbidité de leur vie quotidienne. Nos hommes se sont réfugiés dans des bars où ils consomment de grandes quantité d’alcool pour atténuer les attaques silencieuses de leur désespoir et la douleur de l’impuissance qui les ronge, cependant que nos femmes s’abritent derrière des croisades où elles sont nourries de douces promesses de lendemain qui chantent et leur permettent d’endurer l’ici et maintenant.
Le reste d’entre nous sont tellement appauvris et tellement dépourvus d’idées et de moralité et tellement égarés que nous sommes nous-mêmes devenus prédateurs. Nous n’avons pas de scrupules à dépouiller les pauvres et à exploiter les faibles parmi nous. En tous regrets, nous avons donné corps à la prophétie de Mwalimu Nyerere qui prédisait que, dans la société kényane, l’homme serait un loup pour l’homme
Au milieu de toute cette confusion, nous avons mis la politique au centre de nos existences. Nous sommes continuellement engagés dans une étrange conversation lors de laquelle tout le monde parle et personne n’écoute vraiment. Nous conspirons contre les pauvres lorsqu’ils appellent de leurs cris des solutions réelles à des problèmes réels. En formant des commissions à tour de bras, qui ne font que créer des emplois pour nous-mêmes, les pauvres sont contraints de nous payer des salaires et des avantages astronomiques.
Notre politique est celle du ventre, de la cupidité et de l’exploitation. Ayant présidé au démantèlement de notre espoir collectif, la classe politique peut maintenant dicté les termes. Lesquels ont trait à l’argent, à de l’argent volé en fait. En conséquence de quoi le cycle de la pauvreté se perpétue. Je vole de l’argent aujourd’hui afin de pouvoir obtenir de vous que demain vous m’envoyez au Parlement ou au Conseil local. Je fais ça uniquement dans le but de voler davantage d’argent pour acheter mon siège la prochaine fois et faire un confortable profit au passage.
Quand est-ce que ce cycle de folie va-t-il prendre fin ?
Je dis MAINTENANT ! L’heure est venue de tracer une ligne dans le sable ! C’est l’heure de dire à ceux qui souscrivent à cette folie ‘’ Assez !’’ C’est l’heure de prendre position contre ces prédateurs. C’est l’heure de revendiquer notre dignité humaine ! C’est l’heure d’entreprendre la longue marche vers les vraies promesses de notre pays.
Ce que nous allons entreprendre maintenant déterminera le pays dont nos enfants vont hériter. Ne vous laissez pas tromper par le sentiment que ce que nous faisons n’a pas d’importance. Les choix que nous ferons aujourd’hui auront des conséquences irréversibles pour les générations à venir. Nous sommes ceux qui vont sauver ou perdre le Kenya. Nous ne sommes pas parfaits et nous commettrons des erreurs, mais la plus grande des erreurs serait de ne rien faire. Donc faites quelque chose !
D’abord nous devons renoncer à rechercher un Messie qui viendrait tout arranger. Le Messie que nous cherchons se trouve à l’intérieur de chacun de nous. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités en définissant et en appliquant notre nouveau contrat social. Nous devons dire ‘’non’’ à tous ceux qui veulent nous exploiter ou nous utiliser comme marchepied vers le pouvoir. Nous devons trouver le courage de croire en nous-mêmes et refuser les faveurs destructrices et le patronage humiliant pour lesquels nous avons, jusque là, vendu le droit qui est le nôtre à la naissance. Il est temps d’imposer de nouvelles règles : un paradigme qui mette le pays au-dessus du confort personnel et l’héritage de nos enfants et la sécurité collective au-dessus des gains individuels.
Mener le bon combat
Le Kenya est en guerre. Ceci est un fait, qu’il soit reconnu ou non. Il n’y a peut-être pas de tanks et de troupes dans les rues et les bruits de fusillade ne résonnent peut-être pas dans nos oreilles, lorsque nous allons nous coucher, néanmoins nous sommes en guerre. L’ennemi que nous devons confronter est plus dangereux qu’une armée conventionnelle. Il ne détruit peut-être pas les infrastructures ni ne tue nos corps mortels, mais, subrepticement, il s’introduit, traverse nos défenses et, lentement, consume l’âme de notre nation. Nous revendiquons une forme de civilisation, mais ce n’est qu’une coquille vide et ce n’est qu’une question de temps avant que l’édifice ne s’effondre. Le coût de cette éventualité est horrible à contempler.
A la différence des politiciens, je ne vous fais pas entrevoir je ne sais quel cataclysme afin de figer les Kényans dans l’immobilisme, mais plutôt afin de galvaniser la population afin qu’elle agisse. Nous devons, de toute urgence, reprendre le contrôle de notre destinée et de celle de notre pays pour reconstruire un mur autour de notre Etat. Il n’est pas trop tard pour reconstruire l’âme de notre pays, mais le travail doit commencer maintenant. Chaque retard nous pousse un peu plus vers l’abîme.
Ceci est donc un appel aux armes ! Il est demandé à chaque homme et chaque femme du Kenya de s’enrôler dans ‘’ l’armée des gens ordinaires’’. Notre seul objectif est de défendre notre héritage des ennemis intérieurs et extérieurs, de reconstruire l’âme de notre nation et de poser des fondations solides pour une nouvelle République. Et voici les règles pour l’engagement. Le principal théâtre d’opération sera en nous-mêmes, parce qu’ ’’l n’y a qu’un petit coin du monde que nous puissions véritablement changer et celui-ci est en nous’’. Nous ne pouvons imposer à d’autres des règles auxquels nous n’adhérons pas nous-mêmes. Nous devons commencer par changer notre propre comportement, notre attitude et notre mentalité. Nous devons devenir le changement que nous recherchons.
Le prochain théâtre d’opération est le monde autour de nous, nos foyers, notre école et notre université, notre lieu de travail, notre communauté et sur la route sur laquelle nous circulons. Nous devons faire remarquer, poliment mais fermement, les atteintes à la dignité humaine des autres et de nous-mêmes. Néanmoins, nous devons être attentifs à ne pas exiger plus des autres que ce à quoi nous souscrivons nous-mêmes. Nous devons nous efforcer de fidèlement influencer nos collègues en vue des meilleurs intérêts du Kenya. Dans chacune de nos entreprises, nous devons nous demander si elle va contribuer à la reconstruction de l’âme de la nation.
Quelles armes notre armée va-t-elle brandir ? Notre conviction, nos esprits et nos corps. Nous escaladerons les citadelles de l’oppression afin de proclamer notre humanité à l’intention de tous ceux qui ont oublié ce que c’est que d’être humain. Nous nous tiendrons à l’écart de la violence sous toutes ses formes, de la violence des pensées aussi bien que de la violence verbale et physique. Afin de générer un changement positif, nous nous engagerons dans des actions non violentes directes chaque fois qu’il sera nécessaire d’attirer l’attention sur nos préoccupations. Tous nos engagements se dérouleront dans les sphères supérieures de l’intégrité et de l’honneur. Le but n’est pas de conquérir nos opposants, mais de s’opposer à l’injustice et à l’oppression, de s‘élever contre l’atteinte à la dignité.
L’évaluation du coût : quels risques prenons-nous ?
Les forces contre lesquelles nous nous insurgeons sont nombreuses, variés et vicieuses. Avant que de nous engager, nous devons évaluer le coût. Ceci nous coûtera, à nous tous, nos vies. La cause pour laquelle nous allons combattre perdurera au-delà de nous-mêmes et sera reprise par une nouvelle génération. Certains devront s’en aller avant d’autres, parce que les forces retranchées que nous avons à combattre ne sont pas bénignes. En conséquence de quoi, comme dans chaque armée, l’armée des gens ordinaires peut requérir le sacrifice suprême pour ses convictions. Vous et moi pourrions mourir. Ceci est une réalité que nous devons envisager et accepter avant que de nous enrôler
Si nous menons notre combat honorablement et avec discipline et mettons notre cause au-dessus de nous-mêmes, même si nous mourrons au combat, la mort sera rédemptrice. Des centaines et des milliers se lèveront pour prendre notre place, notre sang arrosera l’arbre de la liberté et donnera vigueur à la nation. Bientôt notre nation sera véritablement libre.
Nous pourrions finir en prison. Mais ceci ne devrait pas nous perturber indûment parce qu’innombrables sont ceux qui vivent dans des bidonvilles, dans l’insécurité urbaine ou la pauvreté rurale et pour qui le pays est une vaste prison. Si nous devions finir derrières des barreaux, nous devrons prendre courage dans le fait que, dans ces prisons mêmes, des hommes et des femmes, des geôliers aussi bien que des détenus, ont besoin d’entendre notre message d’espoir. Nous irons en prison de bon cœur et ‘’transformerons les lieux de détention de donjon du désespoir en foyer de liberté’’. Et bientôt, les prisonniers et les gardiens de prisons seront libres.
Nous pourrions souffrir de blessures physiques, mais ceci n’a rien de nouveau. Déjà nous avons mille blessures qui saignent. Nous souffrons l’humiliation quotidienne de la faim, de l’oppression et de la maladie. Nous devons considérer chaque coup sur nos corps désarmés comme le coup du marteau sur le ciseau qui façonne la pierre qui nous transforme en un peuple. Ce faisant, nous pouvons libérer aussi bien l’opprimé que l’oppresseur, rejetant pour toujours les fers de la peur et de la brutalité qui étranglent notre pays. Bientôt les oppresseurs et les opprimés seront libres.
Et qu’avons-nous à gagner ?
Je ne puis vous promettre que des épreuves et la persécution. Ce sont les seules garanties. Notre pays n’est pas devenu ce lieu de ténèbres en une nuit et il n’échappera pas à cette réalité du jour au lendemain. La situation va empirer avant qu’elle ne s’améliore. Mais je vous promets aussi un destin. Nous sommes nés pour cette époque. Les générations futures seront redevables à l’armée des gens ordinaires, aux jeunes gens et jeunes femmes qui ont eu le courage de leurs convictions.
Je fais appel à vous pour qu’aujourd’hui vous abandonniez votre confort matériel au profit de la nation de demain. Notre défi est de passer la ligne du familier pour entrer dans l’inconnu en quête de la vision d’un autre pays, d’une patrie meilleure. Notre défi c’est de semer la graine de l’arbre sous lequel nous ne nous assiérons peut-être jamais, mais dont une autre génération cueillera les fruits de dignité, de sécurité et de prospérité pour tous. Je fais appel à vous afin que nous investissions dans un futur que nous ne verrons peut-être jamais, afin que vos enfants et les miens ne puissent jamais plus être considérés comme appartenant à une moindre divinité.
Et puis-je vous rappeler, mes frères et mes sœurs, que le Kenya a été le premier pays d’Afrique noire où le maître colonial n’a pas juste été invité à quitter, mais a été poussé hors du pays par des jeunes gens et des jeunes femmes qui ont tout risqué afin d’arracher notre pays à ceux qui avaient volé notre terre ?
Une génération a passé depuis lors. Nos parents peuvent au moins revendiquer le fait d’avoir atteint cette indépendance formelle. Et nous ? Voulons-nous laisser en héritage un pays que nous avons laissé se désintégrer alors que nous en étions les gardiens ?
Amkeni ndugu zetu !
* Njonjo Mue est un avocat des Droits de l’Homme. Il dirige le département Plaidoyer de la Commission Nationale Kenyane pour les Droits Humains. Le blog de M. Mue peut être trouvé à www.uhurugeneration.bolgspot.com
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Courrier
Les Blancs ne peuvent chercher la paix en RDC
2009-05-29
http://pambazuka.org/fr/category/letters/56653
Merci pour m'avoir fait cette analyse de mon compatriote congolais et je ne peux que le féliciter car ce qu'il dit est vrai et j'ajouterais que les blancs ne peuvent jamais chercher la paix en R.D.C car ils en gagnent plus en guerre qu'en paix. C'est pour cela que la MONUC a échoué à rétablir cette paix à l'Est.
Je pense bien que, il serait mieux que les vrais patriotes revoient la décision de la CNS ; c'est le pur du dialogue inter-congolais!
Je pleure mon pays!
Merci, c'est de la part de votre correspondant Maganya Katema Wa-Boshi, originaire de l'Est, à Uvira qui se trouve à Kigali pour l'enseignment;
imaginez-vous, être au Rwanda !
Katema Maganya (gamanya.mateka@yahoo.fr)
Moniteur de l'Union Africaine
Erythrée : L’Ua accusée d’être mal informée sur la Somalie
2009-05-29
http://tinyurl.com/lan3k7
Le président érythréen a clamé l'innocence de son gouvernement face aux nouvelles accusations selon lesquelles ce dernier serait responsable des dernières flambées de violence en Somalie, accusant l'Union africaine (UA) de répandre des "accusations sans fondements". La réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, le 22 mai, a résolu de maintenir des sanctions ciblées contre l'Erythrée qu'elle accuse de fournir des armes à la Somalie, tout en demandant au Conseil de sécurité de l'ONU de sanctionner l'Erythrée pour sa violation de l'embargo militaire imposé à la Somalie.
Femmes & genre
Centrafrique : L'ONU nomme une diplomate éthiopienne
2009-05-29
http://tinyurl.com/ndzbsn
Le secrétaire général de l'ONU a informé le Conseil de sécurité de son intention de nommer Sahle-Work Zewde (Ethiopie) haute responsable de l'ONU en centrafrique. Mme Zewde sera la seconde représentante spéciale de l'actuel secrétaire général de l'ONU. En tant que telle, elle dirigera le Bureau onusien de soutien à l'instauration de la paix en Centrafrique (BONUCA), qui remplacera le Bureau de l'instauration de la paix intégrée de l'ONU, à savoir BINUCA. Mme Zewde accède à ce poste grâce à ses années d'expérience dans les initiatives de l'Union africaine sur la prévention des conflits et l'instauration de la paix.
Droits humains
Afrique : Plan dénonce les violences sur les enfants
2009-05-27
http://tinyurl.com/o2gen
Un nouveau rapport de Plan International centré sur l’impact des situations à risque pour les enfants d’Afrique de l’Ouest montre que ces derniers subissent des niveaux élevés de violence au sein de leurs familles, précisant que ces violences sont aussi préjudiciables à leur santé mentale et à leur bien-être que la guerre ou la traite des enfants. Il s’agit des violences domestiques ou familiales, de la guerre, de la traite des enfants, du VIH/sida. Les différentes formes de violence physique et verbale, les humiliations, les abus sexuels, la négligence, la privation de nourriture, pour ne citer que ceux-là ont des conséquences néfastes sur la santé mentale des enfants, en particulier chez les filles, note le rapport.
Burundi : Peine de prison confirmée pour Hussein Radjabu
2009-05-28
http://tinyurl.com/pj8o3l
La Cour suprême a confirmé le 25 mai la condamnation de l'ex-président du parti présidentiel, Hussein Radjabu, à 13 ans de prison pour complot contre la sûreté de l'Etat. L'ancien homme fort du pays est également accusé d'avoir recruté des ex-combattants rebelles pour « peut-être perturber l'ordre public ». Cette condamnation survient au moment où le Burundi, qui tente de sortir depuis 2006 de treize ans de guerre civile qui a fait au moins 300 000 morts, doit organiser entre autres des élections législatives et présidentielle en 2010. Le président actuel et ancien bras droit de Hussein Radjabu, Pierre Nkurunziza, est pressenti comme candidat à sa propre succession. Cette condamnation le préserve d’un sérieux adversaire.
Burundi: Peines de perpétuité pour des meurtres rituels d'albinos
2009-05-29
http://tinyurl.com/nk3zkx
Des peines d'un an de prison à la perpétuité ont été requises dans le procès de 11 personnes accusées d'assassinats et de tentatives d'assassinat d'albinos au Burundi devant un tribunal de Ruyigi (200 km à l'est de Bujumbura). Sur les onze prévenus jugé par le tribunal de grande instance de la ville, huit étaient accusés d'avoir tué et mutilé une petite fille le 8 septembre 2008 et un homme albinos le 12 mars. A l'audience, le procureur a requis le 28 mai trois réclusions à perpétuité et des peines s'échelonnant de un à 20 ans de prison contre les autres accusés.
Cameroun : Campagne contre le viol qui a fait 432.000 victimes en 20 ans
2009-05-29
http://tinyurl.com/lq289z
Une campagne pour dénoncer le viol a été lancée le 27 mai au Cameroun où une étude recense plus de 432 000 victimes filles et femmes dans le pays ces 20 dernières années. "L'évolution du viol a une tendance (. . . ) préoccupante", et si rien n'est fait, "le viol deviendrait dans les 10 à 15 années à venir un problème de santé publique" par ses conséquences, estime un responsable, évoquant notamment le traumatisme psychologique, les infections sexuellement transmissibles, les complications suite aux grossesses précoces.
Côte d'Ivoire : 12 personnes poursuivies après la bousculade mortelle au stade d'Abidjan
2009-05-27
http://tinyurl.com/op98r7
Douze personnes reconnues responsables dans la bousculade ayant fait 20 morts et 132 blessés le 29 mars au stade Houphouët-Boigny d'Abidjan, seront jugées dès le 19 juin. Elles sont poursuivies pour "homicide et blessures involontaires, faux et usage de faux en écriture privée de commerce, escroquerie et complicité d'escroquerie", indique le procureur de la République. Les charges pèsent sur des membres de la Fédération ivoirienne de football (FIF), ainsi que sur des responsables des Forces de défense et de sécurité
Ghana : Protéger les enfants des marchands d’orphelins
2009-05-29
http://tinyurl.com/l79yew
Le viol récent d’un petit garçon de huit mois dans un orphelinat d’Accra a mis au jour les conditions de vie alarmantes qui prévalent à l’état endémique, selon les défenseurs des droits de l’enfant, dans les orphelinats d’Afrique de l’Ouest. Lorsque les autorités ont enquêté sur l’incident, elles ont découvert que 27 des 32 enfants du foyer n’étaient pas orphelins. Les orphelinats du Ghana sont devenus de véritables commerces. En Afrique de l’Ouest, note l’UNICEF, des milliers d’enfants sont considérés à tort comme orphelins. Sur les quelque 1 821 enfants placés en orphelinat, en Sierra Leone, seuls 256 ont perdu leurs deux parents. Bon nombre des quelque 5 800 enfants placés en orphelinat ne seraient pas orphelins, selon les défenseurs des droits de l’enfant de la région.
Guinée : Humiliation publique des prostituées et des clients
2009-05-29
http://tinyurl.com/mgu2nn
Soucieuses de limiter la prostitution, les autorités guinéennes humilient publiquement les prostituées et leurs clients. Arrêtées, rasées, filmées et montrées à la télévision, les travailleuses du sexe se réfugient dans la clandestinité. Les associations spécialisées s’inquiètent des risques pour la santé qui en découlent et, au-delà, des atteintes à la dignité. Depuis le mois d’avril, la junte militaire, à travers le Secrétariat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, arrête des prostituées dans les motels et les bars. Dans les rues de Conakry, peu de gens apprécient ce genre d'humiliations. Beaucoup jugent que la junte "va trop loin".
Guinée : Le corps judiciaire menace de faire une grève générale
2009-05-28
http://tinyurl.com/p4xdec
La famille judiciaire guinéenne menace d'aller en grève générale si le chef de l'Etat, le capitaine Moussa Dadis Camara, "ne met pas fin à l'existence de juridictions parallèles". Un communiqué publié à Conakry indique que les magistrats, avocats, notaires, huissiers, greffiers et commissaires priseurs ont récemment adressé un mémorandum au chef de la junte militaire lui demandant de supprimer les juridictions parallèles qui ordonnent des "sentences expéditives, coercitives et sans recours". Les magistrats se disent menacés et violentés même dans leur bureau, dénonçant des détentions "illégales, arbitraires" à des heures illégales.
Rd Congo : Un enfant soldat charge Lubanga devant la CPI
2009-05-27
http://tinyurl.com/ose72p
Un ancien enfant soldat au sein de la milice de l'Union des patriotes congolais (UPC) a révélé la semaine passée lors de son témoignage, que les enfants soldats faisaient partie des gardes du corps du chef de milice accusé, Thomas Lubanga, le président de l'UPC. Ce dernier est en procès à la Cour pénale internationale (CPI) pour des chefs d'accusation d'enrôlement et de conscription d'enfants soldats de moins de 15 ans qui auraient été utilisés dans les hostilités.
Sénégal : la CIJ rejette la demande d’extradition de Habré
2009-05-28
http://tinyurl.com/o9gu9s
La Cour internationale de justice (CIJ) a rejeté le 28 mai une demande de la Belgique de forcer le Sénégal à garder sur son territoire l’ex-président tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l’humanité. "La Cour constate que le risque de préjudice irréparable au droit revendiqué par la Belgique n’est pas apparent", a déclaré le juge. La Belgique, qui avait émis un mandat d’arrêt visant l’ex-président tchadien, a saisi le 19 février dernier la CIJ en demandant qu’elle ordonne au Sénégal d’empêcher qu’Habré ne se soustraie à la justice en quittant le territoire sénégalais. L’ancien Président du Tchad, Hissène Habré a été accusé par un tribunal sénégalais de violations graves des droits de l’homme commises par son régime dans les années 90.
Sénégal: une exciseuse condamnée à six mois de prison ferme
2009-05-29
http://tinyurl.com/maw3ju
Un tribunal sénégalais a condamné le 27 mai, à six mois de prison ferme, une exciseuse traditionnelle jugée pour avoir mutilé une enfant de 16 mois, dans le nord du Sénégal. La grand-mère de la fillette, qui l'avait conduite chez l'exciseuse, a été condamnée à la même peine. Le tribunal a condamné moins sévèrement les parents de l'enfant, puisque leur peine de six mois d'emprisonnement a été assortie du sursis. L'excision - terme le plus utilisé pour parler des "mutilations génitales féminines" - est interdite par la loi depuis dix ans au Sénégal.
Togo : Révélations sur l'affaire Kpatcha
2009-05-27
http://tinyurl.com/qq8v36
Selon des sources internes à l’enquête menée au Togo sur les accusations de coup d’Etat que mène, depuis le 15 avril, le procureur, contre le demi-frère du président Faure Gnassingbé, Kpatcha, des avancées ont été notées. Détenu à la prison civile de Lomé, Kpacha aurait reconnu être le propriétaire de la clé informatique USB saisie à son domicile et contenant une quinzaine de documents compromettants, aussitôt mis sous scellés par la justice. Parmi ces pièces figurent notamment un plan de contrôle militaire de la capitale et une proclamation de prise du pouvoir par les forces armées.
Togo : La commission «Vérité, justice et réconciliation» créée
2009-05-29
http://tinyurl.com/ne88he
Trois ans après l’accord politique global au Togo, la commission « Vérité, justice et réconciliation » est enfin créée. Elle a pour but de faire la lumière sur les violences politiques dans le pays depuis 1958, afin de lutter contre l’impunité. Le Togo a été le théâtre d’une vague de violences politiques, notamment lors de l’élection présidentielle d’avril 2005, au lendemain du décès du général Gnassingbé Eyadéma qui était resté 38 ans au pouvoir. La commission de 11 membres, dirigée par un évêque, aura aussi pour rôle de proposer des solutions d'apaisement des victimes.
Réfugiés & migration forcée
Nigeria : Des milliers d’habitants fuient les violences dans le Delta
2009-05-27
http://tinyurl.com/op98r7
Des milliers de civils ont fui leurs villages dans l’Etat du Delta, au Nigeria, lorsque les forces armées du gouvernement ont lancé une offensive contre des mouvements militants, dans ledit Etat, le 13 mai. Les villageois du royaume de Gbramatu, dans l’Etat du Delta, ont rapporté que les villages d’Oporoza et d’Okerenkoko avaient essuyé des tirs de mitraillette nourris, provenant d’hélicoptères qui volaient à basse altitude, le 15 mai. Des témoins ont rapporté avoir vu au moins 100 corps sans vie et que quelque 3 000 personnes avaient fui et selon les estimations d’Amnesty International. Pas moins de 10 000 habitants pourraient être en cours de déplacement.
Elections & gouvernance
Côte d’Ivoire : tout sauf 2010 pour la présidentielle
2009-05-27
http://www.afrik.com/article16816.html
Les élections présidentielles de 2005 se tiendront le 29 novembre prochain. Les politiques et la société civile mettent tout en œuvre pour ne pas se retrouver en 2010, le spectre à éloigner. Le président ivoirien Laurent Gbagbo sera alors au terme de son second et dernier mandat. Les "Journées de consensus national", qui ont démarré le 22 mai à Abidjan devraient parer à cette éventualité. Elles rassemblent des participants issus du secteur privé, des associations, des syndicats, de l’administration et des partis politiques. Objectif : «accélérer le processus de sortie de crise» et «mesurer la faisabilité du calendrier» électoral.
Gabon : Ali Bongo Ondimba face à la succession de son père
2009-05-27
http://tinyurl.com/qkzmex
Avec la maladie du président Bongo et sa retraite momentanées des affaires, l’hypothèse de la succession prochaine se pose. Parmi les candidatures avancées figure celle d’Ali Bongo Ondimba, son fils. C'est au milieu des années 90 qu'il entre dans les allées du pouvoir, avant de se constituer un solide réseau. En 1989, il entre au gouvernement en qualité de ministre des Affaires étrangères. Mais la nouvelle Constitution datant de juin 1991 précise que les membres du gouvernement devront être âgés d'au moins 35 ans. Ce n'est pas son cas. Ali Bongo Ondimba démissionne. Il anime, depuis, le courant des rénovateurs au sein du Parti démocratique gabonais (PDG- au pouvoir).
Mauritanie : Proposition de report de 30 à 45 jours de la présidentielle
2009-05-27
http://www.ferloo.com/spip.php?article4218
Alors que les candidats sont lancés dans la campagne électorale pour la présidentielle en Mauritanie, la médiation que mène le président sénégalais Abdoulaye Wade se poursuit. Mais à quoi servent ces négociations qui veulent un report de 30 à 45 jours de la date de la présidentielle que Ould Abdel Aziz et ses candidats "faire-valoir" s’obstinent à tenir à date due, c’est-à-dire le 6 juin prochain ?
Niger : Création d'un mouvement pour barrer la route à Tandja
2009-05-27
http://tinyurl.com/pk8fxw
Le «Front pour la défense de la démocratie» a été créé le 24 mai pour empêcher un référendum constitutionnel qui pourrait permettre au président Mamadou Tandja de briguer un troisième mandat. Ce large mouvement est composé des sept centrales syndicales du Niger, des partis de l’opposition et de la majorité présidentielle ainsi que des ONG. Il lancera le 30 mai une campagne nationale contre le projet de consultation populaire, qu'il juge illégal. En effet, un autre mouvement s’est constitué pour demander au président Tandja de rempiler, alors même que son dernier mandat présidentiel expire en décembre prochain.
Niger : Le silence coupable de l’Union africaine
2009-05-28
http://www.temoust.org/spip.php?article10717
Parfois, les politiques, surtout ceux qui sont au pouvoir, donnent l’impression d’ignorer certains enseignements de l’histoire, qui pourraient éviter, à eux et surtout à leur peuple, de payer un lourd tribut et les sempiternels recommencements. Mamadou Tandja s’est inscrit dans cette catégorie de dirigeants : l’avis de la Cour constitutionnelle ? Il n’en a cure. La phalange déferlante des députés ? Il les renvoie le 26 mai 2009 à leurs mandants ! Le message du président nigérien sortant est loin d’être subliminal : il veut son 3e mandat quitte à gifler la Loi fondamentale. Mais s’il y a un silence coupable à l’égard de ce qui se passe au Niger, c’est bien celui de l’Union africaine (UA).
Niger : Mamadou Tandja dissout le Parlement
2009-05-28
http://tinyurl.com/orpdbx
Mamadou Tandja, le président du Niger a dissous par décret, le 26 mai, le Parlement. Cette décision intervient au lendemain d’un avis défavorable de la Cour constitutionnelle, qui s’était prononcée contre l’organisation d’un référendum visant à prolonger le mandat du président. Son dernier quinquennat prend fin en 2009. Ce sont vingt-trois députés de cette Assemblée qui ont saisi, le 8 mai dernier, la Cour constitutionnelle pour avoir son avis sur le projet de référendum annoncé par le président Tandja. L’avis défavorable au chef de l’Etat est tombé le lundi 25 mai. Le président Tandja ne dispose pas d'une majorité à l’Assemblée nationale. Son parti, le MNSD, ne compte que 48 députés sur 113. Dans la situation politique actuelle, le scénario entre le chef de l’Etat et l’Assemblée était à qui va dégainer le premier.
Sénégal : Les Assises nationales constatent une crise des valeurs
2009-05-27
http://tinyurl.com/qfn5m9
Le diagnostic des Assises nationales sur la société sénégalaise, un vaste forum organisé depuis près d’un an par différentes composante de la société civile, des partis politiques, des leaders religieux, etc., a livré ses conclusions le 24 mai 2009. Elles ont ‘’révélé une grande crise des valeurs’’, selon le président du comité national de pilotage, Amadou Mahtar Mbow, ancien directeur de l’UNESCO. Les assises ont également relevé ‘’le blocage des institutions’’ et les nombreux changements de la Constitution, faisant allusion aux ‘’15 modifications’’ que la loi fondamentale du Sénégal a subie depuis 2001.
Madagascar : Ratsiraka suspend sa participation aux négociations de paix
2009-05-27
http://tinyurl.com/pe9gjh
L'ancien président malgache Didier Ratsiraka, en exil en France depuis 2002, a demandé à sa délégation aux négociations de sortie de crise à Antananarivo de suspendre sa participation aux pourparlers. Dans un courrier adressé à la médiation internationale, M. Ratsiraka juge que "les conditions ne sont pas du tout réunies pour un dialogue serein, honnête et constructif" à Madagascar, Didier Ratsiraka demande notamment l'annulation "au préalable" de "toutes les poursuites, décisions, condamnations judiciaires et/ou administratives" visant ses partisans.
Côte d'Ivoire : l'ex-rébellion remet ses pouvoirs au corps préfectoral
2009-05-28
http://tinyurl.com/p4d5mv
Le Premier ministre ivoirien a présidé le 26 mai à Bouaké (centre, fief de l'ex- rébellion) une cérémonie officielle de passation des charges entre les autorités des ex-rebelles qui administrent le nord du pays depuis septembre 2002, et le corps préfectoral. Avec cette cérémonie officielle, reportée à plusieurs reprises depuis janvier, les préfets retrouvent leurs prérogatives pleines et entières, conformément à l'accord de Ouagadougou signé en mars 2007 par les ex-belligérants ivoiriens qui prévoient la réunification du pays.
Corruption
Sénégal : Le blanchiment d’argent sale commence à prospèrer
2009-05-27
http://tinyurl.com/pr8jrq
Le fléau du blanchiment d’argent sale sent de plus en mauvais au Sénégal. En épinglant dans son rapport 2008 le secteur de l’immobilier principalement, le GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest), devrait cependant insister sur la responsabilité même des banques de la place de même que sur la collaboration des acteurs non financiers. En 2006, soixante déclarations de soupçon auraient été reçues par la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) du Sénégal. En 2007, le nombre serait passé à soixant) déclarations. La CENTIF avait alors révélé que les valeurs relatives aux dossiers transmis s’établissaient à un peu plus de 88 milliards de francs dont seulement 459 millions qui avaient fait l’objet d’une opposition par ladite cellule et confirmée par le Juge d’instruction.
Zambie : Plus de 20 agents de la santé suspendus pour fraude
2009-05-29
http://tinyurl.com/mudsad
Des agences de la sécurité en Zambie ont suspendu plus de 20 agents du ministère zambien de la Santé impliqués dans une escroquerie fiscale récemment découverte, dans laquelle ce pays a perdu des millions de dollars dans des programmes de santé. Le président zambien, Rupiah Banda, a ordonné, le 26 mai, d'arrêter tous les agents impliqués dans l'escroquerie qui a eu commne conséquence que certains pays donateurs ont sursis leurs fonds au ministère de la Santé.
Développement
Afrique : Lancement de la monnaie unique de la CEDEAO en 2020
2009-05-28
http://www.reussirbusiness.com/spip.php?article4066
Le rêve de longue date d’une monnaie unique pour les 15 membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va devenir une réalité en 2020, selon une stratégie globale d’adoption de la monnaie unique. Dans le cadre de cette feuille de route qui a été approuvée et adoptée le 25 mai, à l’issue de la 24e réunion du Conseil de convergence des ministres et gouverneurs de la Zone Monétaire Ouest-Africaine (ZMAO), l’Union monétaire de la CEDEAO sera lancée en 2020 avec l’établissement de la Banque centrale de la CEDEAO et la mise en circulation de la monnaie unique. Par ailleurs, l’union monétaire de la ZMAO sera lancée en 2015 ou avant avec l’établissement de sa Banque centrale et l’introduction de sa monnaie commune, l’ECO, pour les cinq pays de la zone - la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Nigeria et la Sierra Leone -.
Afrique du Sud : l’économie plonge dans la récession
2009-05-28
http://tinyurl.com/pjqyr2
L'Afrique du Sud est entrée en récession au premier trimestre 2009, pour la première fois en 17 ans, avec une contraction de 6,4% de son Produit intérieur brut (PIB) par rapport au trimestre précédent, selon des chiffres publiés le 26 mai. Au dernier trimestre 2008, l'Afrique du Sud avait enregistré une croissance négative (-1,8%), pour la première fois en dix ans. Avec deux trimestres consécutifs de croissance négative, la première puissance économique du continent africain est donc désormais formellement en récession. Les secteurs les plus affectés sont l'industrie de transformation, qui a enregistré une baisse de 3,3% d'un trimestre sur l'autre, ainsi que les mines (-1,7%), principal secteur de l'économie du pays.
Cameroun: Annonce du plus gros gisement de diamant au monde
2009-05-29
http://tinyurl.com/kpz4tk
Selon le ministre camerounais de Mines, son pays dispose d'une réserve importante de diamant ; la plus grande du monde. On parle d'environ 736 millions de carats retrouvés dans le sous-sol de Mobilong et Limokoali, deux localités du département de la Boumba et Ngoko dans la région de l'Est du Cameroun. Ce qui représenterait la production annuelle mondiale de diamant multipliée par cinq. C'est depuis 2007 que la présence de cette importante quantité de diamant, dans l'Est du Cameroun, a été confirmée. Ceci à la suite d'une mission d'exploration menée par une équipe de géologues coréen. La révélation a été faite le 27 mai, en marge du premier forum minier du Cameroun.
Gabon : Le Fmi Tire La Sonnette D'alarme
2009-05-28
http://tinyurl.com/r48g67
Le Premier ministre gabonais a reçu une délégation du Fonds monétaire international venue faire le point sur la situation économique et financière du pays, accablé par la crise et toujours enlisé dans ses vieilles failles de gestions. Ces travaux ont notamment permis de mettre en exergue le problème de la masse salariale qui grève le budget de l'Etat et la prépondérance du secteur pétrolier dans le revenu national. Le développement socio-économique du pays stagne dans cette situation, alors que le processus de diversification peine à porter ses fruits et que la chute des cours du pétrole ont sérieusement refroidi les autorités gabonaises sur la situation de l'«El Dorado» d'Afrique centrale.
Sénégal : la mine de Sabodola produit sa première tonne d’or
2009-05-27
http://tinyurl.com/o45k5a
La mine d’or de Sabodola, située dans l’extrême Est du Sénégal, vient de produire sa première « tonne d’or », depuis le début effectif de ses opérations de production entamées en avril dernier. Pour la firme australienne, Mineral Deposit Limited (MDL), société mère et détentrice de 90% du capital de Sabodola Gold Operations SA (contre 10% pour l’Etat du Sénégal), il s’agit d’une avancée significative pour l’avenir de la mine. Le Sénégal reste un petit producteur d’or dans la sous région ouest africaine, mais de plus en plus de compagnies minières misent sur le potentiel aurifère de l’Est du pays, plus particulièrement dans la zone de Kédougou.
Sénégal: le tourisme touché par la crise mondiale
2009-05-29
http://tinyurl.com/koyuy8
Baisse de la fréquentation, destination trop chère, avions d'Air Sénégal cloués au sol, effets de la récession en Europe : le secteur du tourisme de loisir au Sénégal, une des principales richesses du pays, traverse une période de crise. La bonne santé du tourisme sénégalais dépend pour beaucoup de la venue des vacanciers français, qui représentent la moitié des arrivées de touristes au Sénégal, au total 918.300 personnes en 2008. Le président de l'association des Tours-Opérateurs français, a récemment déploré une diminution de "15% du trafic (nombre de touristes de la France vers le Sénégal), du 1er novembre à fin mars 2009", en haute saison.
Togo : La fin des pénuries d’énergie annoncée pour 2010
2009-05-28
http://tinyurl.com/owysye
Les premières livraisons de gaz au Togo s’effectueront dès le premier trimestre de l’année prochaine. Selon le directeur général du gazoduc ouest-africain, il reste à achever les travaux au niveau du Togo et du Bénin et tout devrait être opérationnel début 2010. Depuis plusieurs années en effet, les pays de la région sont confrontés à de graves pénuries qui provoquent des délestages importants et pénalisants pour les particuliers comme pour les entreprises. Outre la prochaine livraison de gaz nigérian, Lomé a lancé il y a quelques semaines la construction d’une centrale thermique de 100 MW.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : La maladie de whipple progresse
2009-05-27
http://tinyurl.com/qnhukg
Selon une étude menée par des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (Ird) et de l'université de la Méditerranée, la maladie de Whipple, jusque-là peu connue est en train de gagner du terrain en Afrique. Près de la moitié des enfants au Sénégal sont porteurs d'une bactérie dénommée «Tropheryma Whipplei», responsable de la maladie de Whipple, une infection grave qui peut toucher tous les organes et qui, en l'absence de traitement antibiotique, conduit inévitablement au décès du malade.
Afrique: L’OMS appelle à renouveler les réserves de vaccins contre la fièvre jaune
2009-05-28
http://tinyurl.com/pfhkvo
Le Groupe international de coordination (GIC) pour l'approvisionnement en vaccins contre la fièvre jaune prévient que les stocks d'urgence mondiaux pour vacciner les populations les plus vulnérables du monde, en Afrique, sont en train de s'épuiser. Les stocks actuels devraient être épuisés en 2010 et il n'y a pas de fonds pour financer les campagnes une fois qu'on aura écoulé les réserves actuelles, annonce-t-on. La plupart des enfants et des adultes dans 5 des 12 pays les plus vulnérables d'Afrique sont maintenant protégés contre cette maladie grâce à de récentes campagnes de vaccination. Mais selon le coordinateur de l'OMS pour la préparation aux épidémies et les interventions, l'Initiative contre la fièvre jaune subit les effets de la crise financière mondiale.
Botswana : circoncision de 500 000 hommes contre le sida
2009-05-29
http://tinyurl.com/kvz2lo
La circoncision d'environ un demi-million d'hommes d'ici 2012, environ la moitié de la population masculine, au Bostwana, devrait prévenir quelque 70. 000 cas d'infection du sida d'ici 2025, selon un rapport d'une ONG internationale. Selon les chercheurs, ce procédé pourrait coûter à l'Etat environ 47 millions de dollars (près de 34 millions d'euros). Le gouvernement s'est engagé récemment à circoncire environ 460. 000 hommes en cinq ans, pour diminuer la propagation du virus. Les résultats de nombreuses études ont établi des risques deux fois à trois fois moins élevés pour les hommes circoncis de contracter la maladie.
Sénégal : Plaidoyer pour baisser le coût du vaccin contre le cancer du col de l'uterus
2009-05-27
http://tinyurl.com/qlw6xf
L'Association des femmes médecins du Sénégal a engagé un plaidoyer pour la disponibilité et l'accessibilité du nouveau vaccin contre le cancer du col de l'utérus. Un vaccin disponible mais qui n'est pas à la portée des bénéficiaires, car elles doivent débourser 171 000 Fcfa pour se faire vacciner et se sauver de ce cancer mortel. Selon les statistiques, toutes les 2 minutes, une femme meurt quelque part dans le monde du cancer du col de l'utérus. Quelque 10 à 12 millions de cas de ce cancer sont enregistrés chaque année dans le monde dont 6 à 7 millions dans les pays en développement. Le cancer du col de l'utérus est la 4e cause de décès dans le monde.
Éducation
Sénégal : Un accord avec les enseignants sauve l’année scolaire
2009-05-28
http://tinyurl.com/o2nrow
Le gouvernement et le Cadre unitaire des syndicats d’enseignants (CUSE) ont trouvé un accord qui permet de lever le mot d’ordre de grèves répétées qui paralysent l’école depuis le début de l’année scolaire. L’accord porte essentiellement sur une indemnité de recherche qui va être accordée aux enseignants de l’élémentaire et du préscolaire, à l’image des autres ordres d’enseignants. Se succédant de manière perlée depuis plusieurs mois, les grèves ont fait craindre ces derniers jours le risque d’aller vers une année blanche.
Environnement
Afrique : Le Sahel face à des risques de déficits pluviométriques
2009-05-27
http://tinyurl.com/qdukay
Le ciel sera probablement moins clément cette année. Le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) annonce que la pluviométrie, au cours des trois prochains mois, est très incertaine. Les prévisions affichent des déficits par rapport à la moyenne et des poches de sécheresse. Or, la production agricole dans le Sahel dépend grandement de la pluie, surtout de sa bonne répartition spatio-temporelle. Le CILSS invite les Etats et les populations à anticiper sur les mesures à prendre por une bonne saison agricole à laquelle tient tant la sécurité alimentaire, oh ! combien importante pour la stabilité de nos Etats.
Afrique : Les plantes «sales» sèment la mort
2009-05-27
http://www.sudonline.sn/spip.php?article18507
L’introduction de la perche du Nil dans les années 60 dans les grands lacs d’Afrique de l’est, a entraîné la disparition de 65 % des espèces de poissons d’eau douce. Le lac Victoria comptait 300 espèces endémiques, il y a quelques années et bien moins qu’aujourd’hui. Entre la jacinthe, la fougère, la salade d’eau, les « plantes sales » menacent tout l’écosystème des lacs et grands fleuves en Afrique. Les menaces se précisent et menacent la vie de millions de personnes, de villages, villes et animaux.
Tanzanie : Des villageois inquiets après la pollution d’un fleuve
2009-05-27
http://tinyurl.com/o5pgcz
L’eau d’un bassin de stockage, à la mine d’or de Barrick, au nord de Mara, en Tanzanie, s’infiltre à travers des murs de l’ouvrage, poussant les villageois locaux à craindre que leurs sources d’eau ne soient contaminées. Un équipement de surveillance a détecté des niveaux de pH anormalement faibles dans le fleuve Tigithe, dans le district de Tarime, dans le nord de la Tanzanie, depuis le 4 mai suite à une période de fortes pluies. Les villageois ont signalé que l’eau étaient devenue rougeâtre.
Média & liberté d'expression
Egypte : Un blogueur condamné à près de 6 000 euros
2009-05-28
http://tinyurl.com/onf59o
Le blogueur Tamer Mabrouk égyptien a été condamné en appel, le 26 mai 2009. Accusé de “diffamation” et d“outrage” par une entreprise accusée de pollution dans l’un de ses articles, il a été condamné à verser 45 000 livres égyptiennes (environ 5 759 euros). Lors de son premier jugement, le 20 janvier, le juge l’avait déjà condamné à 340 euros d’amende. Mabrouk avait publié l’article sur son blog (http://elhakika.blogspot.com) en juin 2008. Il accusait l’entreprise d’être à l’origine de la pollution de l’eau dans la région.
Rd Congo : les opérateurs des médias appelés à respecter les lois
2009-05-28
http://tinyurl.com/o9lnbc
Le ministre de la Communication et des Médias de la RD Congo a appelé samedi les opérateurs des médias congolais à se conformer aux lois du pays et à ne pas relayer les messages des rebelles rwandais et ougandais ainsi que ceux émanant des ONG humanitaires "ennemies de la RDC". Le ministre cite Human Rights Watch et souligne que "la démoralisation des forces armées pendant la guerre est une infraction au regard du code pénal ordinaire et du code pénal militaire congolais".
Conflits & urgences
Nigeria: le Mend affirme avoir détruit des oléoducs dans le sud
2009-05-27
http://tinyurl.com/ost7ln
Les rebelles du Mouvement pour l'Emancipation du Delta du Niger (MEND) affirment avoir détruit plusieurs importants oléoducs le 25 mai, dans le sud pétrolifère du Nigeria où l'armée mène une opération pour les "chasser" de la région. Selon le MEND, ses combattants "ont détruit des tronçons importants de pipelines pour entraîner l'assèchement de l'approvisionnement du réservoir de stockage de Chevron dans le Delta". Le Mend, qui affirme se battre pour les populations misérables du delta du Niger afin de parvenir à un meilleur partage des richesses, a également réitéré ses menaces concernant un blocage des exportations de pétrole.
Somalie : 208 tués, 700 blessés depuis le 7 mai à Mogadiscio
2009-05-27
http://tinyurl.com/qslbrj
Au moins 208 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées à Mogadiscio et 700 blessées depuis le lancement, le 7 mai, d'une offensive, par les insurgés islamistes, a annoncé le ministre somalien des Affaires humanitaires. Le 7 mai, les insurgés ont lancé une offensive sans précédent, menée par la milice "Hezb al-Islamiya" du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, et les islamistes radicaux des shebab, pour renverser le président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier à la tête du pays.
Somalie : Le président appelle à une aide internationale contre les rebelles
2009-05-27
http://tinyurl.com/pna7t6
Le président somalien Cheikh Sharif Cheikh Ahmed a appelé le 25 mai à une aide de la communauté internationale dans la lutte contre les rebelles islamistes qui tentent de prendre le contrôle de Mogadiscio. Les forces gouvernementales somaliennes combattent les groupes islamistes radicaux depuis près de deux semaines à Mogadiscio, la capitale de la Somalie. Selon le président, des étrangers sont impliqués dans les combats à Mogadiscio. Il a aussi condamné l'ingérence de certains pays étrangers dans les affaires intérieures de la Somalie par leur soutien à des insurgés somaliens.
Somalie : Aweys, l'homme qui veut renverser Cheikh Ahmed
2009-05-28
http://tinyurl.com/r7w49l
Avec les combats qui ensanglantent la Somalie depuis le 7 mai, c'est un peu la guerre du père contre le fils. Cheikh Hassan Dahir Aweys, l'homme qui a lancé l'offensive à Mogadiscio, a juré de renverser Cheikh Charif Cheikh Ahmed, le président, a pourtant joué un grand rôle dans son ascension. Aweys, qui fut l'inspirateur de la mouvance islamiste radicale en Somalie est l'un des fondateurs des tribunaux islamiques. Accusé de terrorisme par les Etats-Unis, recherché par Interpol, il fait figure d'épouvantail pour les Américains. Lorsque Cheikh Charif devient président, il rejette sa main tendue et l'accuse d'être le jouet des puissances étrangères.
Soudan : Des rebelles du Darfour prennent une ville clé
2009-05-27
http://tinyurl.com/pj42b7
Un important groupe rebelle du Darfour a pris le 24 avril le contrôle de la ville d'Umm Baru, près de la frontière avec le Tchad voisin, à l'issue de violents combats avec l'armée soudanaise. Umm Baru est situé à 100 kilomètres à l'est de la frontière avec le Tchad dans la province soudanaise du Darfour-Nord. Cette ville avait été le théâtre, il y a deux semaines, d'affrontements entre le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, et des forces pro-gouvernementales.
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ISSN 1753-6847

Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.