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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Where is Uhuru?Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.

Neoliberalism promised to correct multiple distortions in the African postcolonial environment, pledging to engineer liberalisation and expand democratic space. But following decades of unrealised reforms, Issa G. Shivji asks Where is Uhuru?

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Cette édition

Pambazuka News 103: Sénégal : Homophobie et droits humains

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Résumé de l'Édition Anglaise, 3. Nécrologie, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Elections & gouvernance, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Bien-être social, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie, 19. Cours, séminaires, & ateliers




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Sénégal : Faire la part des choses sur l’homosexualité.
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : Biocarburants et néocolonialisme.
NECROLOGIE : Décès de Luis Cabral, président de Guinée Bissau.
ARTS ET LIVRES : Cameroun : Début de la 13e édition du festival Ecrans noirs.
ZIMBABWE : 718 millions de dollars nécessaires pour aider 6 millions de personnes.
FEMMES & GENRES : Tchad : 90% des femmes victimes de violence.
DROITS HUMAINS : L’Arche de Zoe mise en examen.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : L’Italie sert la vis contre les immigrés.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Bénin : Sécurité matérielle pour les anciens présidents.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La Banque Mondiale prédit le pire.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique du Sud : Essai d’un vaccin contre la tuberculose chez le nourrisson.
EDUCATION : Sénégal : Des étudiants en Médecine risquent de perdre leur année.
RACISME & XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Desmond Tutu s’excuse pour les attaques xénophobes.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Les ministres s’attaquent au changement climatique.
BIEN-ETRE SOCIAL : Cameroun : De l’eau sale coule des robinets.
Nigeria : Kenya : L’armée se dresse face aux groupes armés.
INTERNET & TECHNOLOGIES : Afrique : Le site du PAM offre des cours sur la problématique de la faim.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Afrique : Subvention de la Fondation Gates pour le reportage agricole.




Chroniques

Sénégal : Faire la part des choses sur l’homosexualité

Ababacar Fall Barros

2009-06-05

http://pambazuka.org/fr/category/features/56799

Depuis 2008, le Sénégal connaît une violente vague d’homophobie (NDLR : http://www.pambazuka.org/fr/category/features/46105) Des homosexuels ont été lynchés, suite à des accusations de mariages entre homosexuels. Interpellés par la police et jugés, d’autres ont été condamnés à 8 ans de prison avant d’être libérés en appel, pour vices de procédures (NDLR : http://tinyurl.com/qbka8h) Cette décision judiciaire a entraîné la réaction de religieux musulmans qui se sont constitués en association pour combattre l’homosexualité. Dans son rapport sur le Sénégal, publié en mai 2009, Amnesty International a condamné cette homophobie (NDKR : http://tinyurl.com/ryqap3) Dans cette contribution, Ababacar Fall rejette l’homosexualité, mais affirme qu’il y a des perversions plus abjectes dans la politique actuelle au Sénégal.

En période de crise, tout est prétexte pour les démagogues et autres manipulateurs de consciences, pour faire dans l’amalgame en vue d’endormir les populations désarmées, rien que dans le but de servir leurs intérêts particuliers. Sous ce rapport, l’affaire des homosexuels, agitée ces temps derniers, nous en donne une parfaite illustration, en rapport avec la crise sans précédent que traverse, notre pays.

Il y a lieu de souligner que le phénomène de l’homosexualité existe depuis plus d’une centaine d’années au Sénégal, sans que cela ne soulève des vagues, comme on le constate en ce moment. Mais souligner cela ne veut pas dire reconnaître à ce groupe de sénégalaises et sénégalais, un quelconque droit à organiser un «Gay Pride » dans les de Dakar, à fortiori une liberté de sceller des « mariages gay », comme on le voit sous d’autres cieux. Car, « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà».

Nous pensons que, fondamentalement, et jusqu’à preuve du contraire (nonobstant cette thèse sur les hormones dominants), comme d’ailleurs l’a dit un jour l’ancien Premier Ministre français, Lionel Jospin, il y a quelques années, sur les antennes de Radio France International, que l’homosexualité relève « de la perversion ». A notre connaissance, c’est le seul homme politique français qui a eu à prendre position de façon claire et nette, sur la question, dans ce sens.

Le problème qu’il y a, c’est le fait que des individus ou de communautés d’hommes, cherchent à imposer à la majorité d’un autre groupe d’hommes, leurs fantasmes, au nom des libertés et des Droits de l’homme.

(…) Nous croyons que l’homosexualité comme l’inceste sont considérées par le droit positif (code pénal notamment), et notre code de conduite sociale, comme une pratique contre nature. Reconnaître à des groupes d’individus le droit de pratiquer l’homosexualité pourrait ouvrir, par voie de conséquence éventuellement, à d’autres groupes, le droit et la liberté de pratiquer l’inceste.

(…) Maintenant, devrait-on conclure de tout ceci qu’il faille conduire tous les pervers au bûcher, au mépris de la loi ? Quel reproche pourrait faire un juge, à des individus, dans leur intimité (maison, chambre), qui cherchant à satisfaire leur fantasme et se donner du plaisir ? Car ce que la loi réprime, c’est des pratiques attentatoires à la pudeur (le nudisme, l’exhibitionnisme). Même le fait de faire l’amour, en public, avec sa femme légitime, entre dans cette rubrique.

Ce qui est la base de la levée de boucliers dans l’affaire du « mariage » des « homosexuels de Mbao » c’est la publication par une certaine presse, en quête du sensationnel, de « photos volées ? », prises dans une « enceinte fortifiées ». Dans ces conditions, qui a attenté à la pudeur des sénégalais ?

Au regard de tout ce qui précède, nous voudrions inviter nos concitoyens sénégalais (croyants, laïques, animistes, etc.) à plus de circonspection et refuser de se laisser divertir par des politiciens qui font dans démagogie et la « contrebande politique ».

Au Sénégal, la perversion numéro un, la plus abjecte, pernicieuse, c’est la manipulation de notre charte fondamentale, ouvrant la porte à toutes les dérives. Suit la violation des autres lois et règlements. Notamment la loi portant code électoral qui devrait pouvoir permettre aux Sénégalaises et Sénégalais de nettoyer les écuries d’Augias des corrompus, adeptes de la concussion, de la prévarication, du mensonge pour les remplacer de manière démocratique, libre et transparente par des Sénégalaises et Sénégalais courageux et honnêtes.

Pour terminer, nous voudrions inviter, dans le sillage du séminaire du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal, sur les « images obscènes », inviter tous les communicateurs institutionnels ou traditionnels à contribuer à déjouer, par l’élévation du niveau de conscience des femmes et des jeunes, frange la plus fragile de notre société, les plans politiciens, pour ne pas dire sataniques de ceux qui nous gouvernent, à tous les niveaux. Voila l’axe central du débat national.

Ababacar Fall-Barros
Coordonnateur général du Grila-Sénégal. Emails : grilasenegal@gmail.com
ababarros@yahoo.fr


En souvenir de Tajudeen : Quelques leçons de libération

Tajudeen Abdul-Raheem

2009-06-05

http://pambazuka.org/fr/category/features/56816

Pambazuka News, dans sa version anglaise, a publié régulièrement depuis 2004 les «Cartes postales» panafricaines hebdomadaires de Tajudeen Abdul Raheem, décédé dans un accident de voiture le 25 mai (http://www.pambazuka.org/fr/category/features/56651). Bien qu’en plaisantant à propos de ses écrits de Tajudeen nous disions qu’ils sont ‘’un cauchemar de rédacteur’’, il n’en reste pas moins qu’ils offrent un regard pénétrant et incisif sur les affaires panafricaines. Tajudeen s’exprime avec humour et optimisme, en plus d’être armé d’une foi inébranlable en la possibilité, en s’unissant et en s’organisant, de construire une Afrique bonne pour tous ses citoyens, quel que soit la dimension du défi auquel est confronté le continent. Pour célébrer l’engagement de Tajudeen et sa contribution au panafricanisme et la communauté de Pambazuka, nous avons choisi quelques-unes de ses cartes postales parmi les plus pertinentes, afin de les partager avec les lecteurs francophones de Pamabazuka. Elles démontrent la capacité mystérieuse de leur auteur à comprendre le cœur du problème et le fonctionnement du cœur humain, de clarifier des questions complexes et controversées et de donner aux gens l’élan pour oeuvrer au changement.

Tajudeen nous parle, dans ces morceaux choisis la Libération de l’Afrique, de la nécessité d’élever le statut de la femme, de l’abolition de l’esclavage et des esclavages des temps modernes, de la stigmatisation dont l’Islam et les musulmans sont l’objet de manière abusive.

1 - Se souvenir du jour de l’Afrique

http://pambazuka.org/en/category/panafrican/22475

Mardi dernier c’était le jour de l’Afrique. Malheureusement, nombre d’Africains seront surpris y compris les principaux journaux, politiciens, partis politiques et les milieux médiatiques, et même de nombreux gouvernements sur tout le continent, qui auront vécu cette journée sans aucune notion de sa signification historique. C’était le 25 mai 1963 que l’Organisation pour l’Union africaine a été fondée. Pour marquer cet évènement historique, le 25 mai est devenu le jour de l’Afrique pour tout le continent et la diaspora. Il fût une époque où ce jour servait à commémorer et à célébrer la libération de l’Afrique en solidarité avec la lutte en pays, principalement en Afrique australe, qui étaient toujours sous la botte des colonisateurs et de l’Apartheid.

Lorsque l’Afrique du Sud a été libérée, on a eu le sentiment de ’’enfin la victoire’’. Il apparaît qu’il n’y a pas de grandes luttes pour unir nos efforts et construire la solidarité sur le continent et dans la diaspora. Bien que l’Afrique soit maintenant sous dominance africaine, la libération de nos peuples de la pauvreté et de l’ignorance est aussi urgente aujourd’hui qu’en 1960, même plus urgente.

Dans de nombreux pays, le déclin officiel du statuts de la journée de l’Afrique remonte aux années 1970/80, lorsque plusieurs de ces pays sont devenus les forteresses de toutes sortes de régimes despotiques qui ne représentent même pas leur propre peuple, beaucoup moins l’Afrique. Il y avait aussi quelques pays aidés et trompés par les politiques opportunistes de la Guerre Froide, qui ont cru qu’ils pouvaient cheminer seul, sans leurs voisins, aussi longtemps qu’ils demeuraient les serviteurs fidèles de l’Occident ou des pays de l’Est.

Quelques pays ont tenté le non alignement, mais sans grande crédibilité, parce qu’en pratique ils étaient alignés sur l’une ou l’autre des puissances et courtisaient la partie rivale lorsque ceci s’avérait nécessaire. Donc le non alignement est devenu une promiscuité politique et idéologique utilisée par les dirigeants pour renforcer leur régime. Il semble loin le temps où la plus grave question qui occupait nos dirigeants était le choix de la puissance qu’il valait mieux soutenir, alors que prendre une position pro africaine était considéré avec suspicion.

Par exemple, les puissances occidentales et leurs substituts idéologiques parmi nos pères fondateurs, considéraient Nkrumah, en raison de son engagement panafricain, comme un ‘’ambitieux communiste’’ qui voulait être le président de toute l’Afrique ! Lumumba était ‘’ une dangereux communiste’’ qui devait être éliminé bien qu’il ait été élu par son propre peuple. Il en fut de même avec Nasser en Egypte et Ben Bella en Algérie. Même des panafricanistes comme Oginga Odinga, qui ne voulait pas devenir président, ont été visés. Je viens juste de relire le livre de William Atwood ‘’ The Reds and the Blacks in Africa’’, et celui qui veut savoir comment la Guerre Froide a enflammé et brûlé l’Afrique, devrait lire ce livre.

Ce qu’il y a de bien au jour d’aujourd’hui, c’est qu’après plusieurs décennies où nous avons tenté d’être comme les autres et avons dansé au son de leur musique, toutes tendances idéologiques confondues, nous avons finalement appris que nous ne pouvons être que nous-mêmes et que nous avons besoin les uns des autres afin de contrer la menace de la marginalisation, la globalisation rapace et assurer la consolidation des petites choses acquises et accomplies dans nombre de pays. Aucun pays ne peut être un miracle durable si ses voisins vivent l’enfer.

Ceci a motivé un nouvel enthousiasme pour l’intégration régionale et continentale au cours de ces dernières années. La meilleure expression en est l’Union africaine, inaugurée en 2002 à Durban en Afrique du Sud,, la conséquence de la transformation de l’OUA qui a vu le jour lors d’une réunion au sommet extraordinaire à Syrte, en Libye en 1999

Cette nouvelle union, en dépit des sarcasmes et des moqueries des afro pessimistes intérieurs et extérieurs, a fait des progrès constants. La commission de l’UA a travaillé d’arrache-pied depuis que le président Alpha Konaré, l’ancien président du Mali, et ses collaborateurs sont entrés en fonction l’année dernière. En mars, le parlement panafricain, où siègent cinq représentants de chacun des 53 pays membres de l’UA avec l’infatigable Béatrice Mongela de Tanzanie élue présidente, a été inauguré. Mardi dernier, le Peace and Security Council (Conseil pour la paix et la sécurité) a été formellement inauguré.

(…) L’Union africaine fournit de nouvelles opportunités pour remettre sur le métier un programme panafricaniste plus large unissant tous les Africains. Mais pourquoi tant d’Africains demeurent-ils indifférents ? Ceci a beaucoup à voir avec la méfiance et la suspicion concernant toutes les initiatives provenant de dirigeants africains. Les cicatrices douloureuses sur nos corps physiques et nos institutions politiques qui résultent de notre manque d confiance en nos dirigeants, font que maintenant les gens généralement restent sur une réserve prudente. Le déficit en crédibilité ne peut être comblé que si les dirigeants africains démontrent qu’ils sont véritablement engagés et que cette fois c’est vrai.

Il est une chose qu’ils peuvent faire pour convaincre notre population que cette fois c’est sérieux, c’est abolir tous les règlements bureaucratiques anti peuple et les procédures qui restreignent les déplacements des personnes entre pays africains. C’est simplement ridicule que la plupart des Africains éprouvent de grandes difficultés à entrer dans un autre pays africains avec un passeport africain. Et il est honteux qu’il soit plus facile pour un Européen ou un Américain de visiter, travailler ou s’établir en Afrique que pour les Africains ! Si le 25 mai n’a plus de résonance historique, qu’en est-il du 9 juillet 2002 qui est la date de l’inauguration de l’Union africaine ?

Y a-t-il un meilleur moyen pour introduire dans la conscience de tous les Africains, en particuliers, nos jeunes à l’école, à l’université et généralement les forces populaires, qu’en déclarant dans tous nos pays, ce jour comme le jour de l’Union africaine ? Actuellement, il y a moins d’une douzaine de pays qui continuent d’honorer la journée de l’Afrique. Les dirigeants de l’Afrique doivent prendre un nouvel engagement qui soit pratique et qui nous rende libre de circuler et nous établir, sans encombre du Cap au Caire. Ce droit doit s’étendre à tous les Africains de la diaspora qui choisiraient d’en bénéficier. Sinon, la journée de l’Afrique ou de l’Union africaine n’aura aucun sens pour nos peuples. Ce sera juste un autre jour dans la plantation en attendant ‘’ Uhuru’’

2 - Chaque jour devrait être le jour de la femme

http://pambazuka.org/en/category/panafrican/32589

Ce n’est pas seulement la journée de la femme, selon la célébration populaire. Ce jour consiste à réveiller les consciences sur les questions du genre et de la lutte démocratique pour un monde meilleur pour tous ses habitants, hommes et femmes. Il n’y a pas de doute que les femmes ont fait des avancées remarquables en Afrique et dans le monde au cours de ces dernières années. Il y a toutes sortes d’indicateurs qui témoignent de leur ascension vers les sommets de la politique. L’an dernier, Mme Ellen Johnson-Sirleaf, au Libéria, a fait une percée vers le sommet en étant la première femme démocratiquement élue à la tête d’un Etat africain. Cette victoire signifie que les femmes n’ont plus à dépendre de la bonne volonté des hommes pour aspirer ou occuper un poste politique.

La vérité est que dans la majorité des cas, les femmes qui ont été vice-présidente en Afrique, ont été nommées par la ‘’grâce d’un gentil’’ président mâle. Une convention non écrite à propos de ces patronages veut ‘’ qu’on nomme des femmes ‘’qui ne feront pas de vagues’’ et qui seront ‘’éternellement reconnaissantes’’ à leur bienfaiteur. Mama Ellen a mis un terme à cette façon de procéder. Il n’y aura désormais plus de femmes africaines qui devront se contenter d’être la deuxième garniture, comme une sorte d’accessoire pour présidents et partis politiques en quête de votes et du politiquement correct.

Ce n’est pas seulement dans le domaine de la politique que les femmes ont fait des pas de géant. Elles sont aussi représentées dans d’autres domaines comme l’économie et l’université, l’éducation et les professions libérales ; leurs rôles dans la société civile, la communauté et les ONG sont reconnus. Ces réussites ne sont pas le fait de quelque geste magnanime de la part des hommes qui détiennent encore et toujours la majeure partie du pouvoir dans des sociétés qui restent à prédominance patriarcale. Ces succès sont le résultat de luttes plus larges qui produisent parfois des bénéfices et parfois des conflits prolongés.

Les femmes en tant que femmes et comme participantes dans le combat pour la démocratie, ensemble avec des hommes, ont gagné de nombreuses victoires et continuent de lutter pour repousser les limites toujours plus loin. Il n’y pas de doute qu’un changement de mentalité et une prise de conscience ont amélioré l’attitude des hommes qui ont perdu, en partie, l’hostilité à l’avancement des femmes qui caractérisait leur père ou leurs grand`pères. Mais le fait que les femmes, aux échelons suprêmes, sont si singularisées, témoigne qu’il ne s’agit pas là d’un fait courant.

Il y a de nombreux défis devant nous.

Primo, dans des pays où les femmes ont franchi des pas de géant dans les institutions politiques formelles, comme en Ouganda et au Rwanda, par exemple, il y a une tendance à voir ce progrès comme un cadeau du président, inculquant ainsi une sorte de politique de la gratitude qui promeut les sycophantes au détriment des intérêts plus larges de la lutte des femmes. En Ouganda, Museveni et son parti parlent des femmes et des paysans comme s’ils leurs appartenaient. Même en Afrique du Sud où les progrès au niveau du genre font partie d’un mouvement progressif plus large, il y a une tendance à demander aux femmes d’être perpétuellement reconnaissantes au parti.

Secundo. Comme dans toutes les situations d’oppression, les femmes peuvent être opprimées non en raison de leur sexe, mais en raison de leur appartenance à une certaine classe sociale, à leur couleur ou encore en raison de leurs croyances. Ainsi, elles perçoivent leur oppression différemment. Il y a des femmes qui conquièrent leur libération économique et politique et, se faisant, se donnent davantage de choix mais au détriment des autres femmes. Par exemple des femmes de la classe moyenne peuvent faire les choix qu’elles font parce d’autres femmes paient le prix de leur existence.

Tertio. Un grand nombre de femmes dans les affaires publiques peut avoir une grande importance symbolique. C’est certainement nécessaire, mais ceci ne se traduit pas pour autant en des politiques plus favorables aux femmes. Par exemple, Mme Ngonzi Iweala est le ministre des Finances du Nigeria. Mme Sirleaf-Johnson a nommé une autre femme au poste de ministre des finances, mais les deux sont engagées dans les politiques néo-libérales de leurs patrons du FMI et de la Banque Mondiale. Par conséquent leur politique ne profitera pas aux femmes qui représentent la majorité des pauvres.

Quarto. Bien que le principe de la discrimination positive en faveur des personnes défavorisées, y compris les femmes et autres groupes marginalisés, doit être défendu, il y a toutefois lieu d’être vigilant afin d’éviter le quota ghetto, privilégiant une poignée de personnes, alors que les structures de pouvoir restent inchangées. Le système des quotas limités consiste a incorporer les femmes dans un système oppressif et exploiteur et non à démolir le système.

Les progrès relatifs réalisés dans de nombreux domaines ne doivent pas nous rendre aveugles aux iniquités du monde qui ont à disparaître. Il y a lieu de se poser des questions sur la justice et l’équité du monde si l’on considère que seul 1% des titres de propriété foncières sont dans les mains des femmes. Et ce n’est pas seulement dans la question de la propriété de la terre que les femmes sont traitées de façon inéquitable. Le journal ‘The Independant’’ de Londres, dans son édition spéciale pour la journée de la femme, a publié des statistiques honteuses concernant la condition féminine, et ce pas seulement pour l’Afrique, mais pour le monde entier. Ces chiffres devraient nous réveiller tous et nous extraire de notre complaisance à propos du sort de 50% de la population du monde.

Imaginez ! 70% des 1,2 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté sont des femmes et des enfants ; 85 millions de filles ne peuvent aller à l’école contre 45 millions de garçons ; 67% de tous les analphabètes adultes sont des femmes ; des 191 chefs à la tête d’un Etat membre des Nations Unies, seules 12 sont des femmes. Nous citons ces chiffres et soulevons ces questions à l’occasion de la journée internationale de la femme, mais nous devrions consacrer les 364 jours restants de chaque année à instaurer des actions locales tout en réfléchissant globalement aux moyens de redresser ces torts. Il est impossible de rendre le monde meilleur sans améliorer le sort des femmes. Le contraire est aussi vrai : le monde ne peut être un endroit meilleur si la condition féminine n’y est pas meilleure. Chaque jour devrait une journée de la femme.


L’esclavage n’est pas mort

http://pambazuka.org/en/category/panafrican/37268

Depuis le début de ce mois, il y a eu en Grande Bretagne toutes sortes de commémorations, de discours, de réunions de prières et toutes sortes d’autres activités publiques pour marquer le deux centième anniversaire de l’abolition du trafic d’esclaves transatlantique. Elles ont provoqué nombre de réactions et généré beaucoup d’intérêt, de débats, de reconstructions et de déconstructions.

Malheureusement ceci est plus le fait de la diaspora que des Africains en Afrique, à l’exception du Ghana, qui a réussi a incorporé cette douloureuse expérience dans une attraction touristique créative. Dans une année où le Ghana célèbre ces cinquante ans d’indépendance, et va faire la fête tout au long de l’année, les commémorations anti-esclavage sont devenues une autre valeur ajoutée à une hystérie de ’’soyez heureux’’ orchestrée par l’Etat.

Le Ghana n’est pas le seul pays où les esclaves ont été capturés et forcés, enchaînés, à bord de bateaux qui les ont transportés dans des conditions des plus inhumaines vers les plantations des Caraïbes et de l’Amérique du Nord, les autres Amériques et l’Europe. Les nations de
l’Afrique de l’Est, du Centre et du Sud et d’autres parties de l’Afrique de l’Ouest y compris l’actuel Sénégal et le Nigeria ont aussi fait partie de ce trafic honteux qui a duré 400 ans. Si cette histoire nous touche tous, comment se fait-il que tant d’Africains et de dirigeants africains ne sont pas intéressés par cette expérience barbare dont l’impact continue de se manifester au travers de l’image négative persistante de l’Afrique et des Africains dans le regard du reste du monde ?

L’esclavage a été suivi par le colonialisme, ce qui est une distinction purement légale, dans la mesure où celle-ci n’a guère changé les aspects négatifs de la vie de nos peuples. Dans un certain sens, l’esclavage a pris fin en Europe mais a persisté dans les colonies. Peut-être qu’une des raisons pour laquelle les Africains ne sont pas particulièrement intéressés résident dans le fait que ceci réveille trop de douleurs, le souvenir de notre assujettissement et des outrages subis et rendent plus insupportables le fait que, aujourd’hui encore, la vie de beaucoup de gens en Afrique, et dans la diaspora, ressemble à celle des esclaves.

En dépit de l’histoire et des finesses légales, pour beaucoup de gens, l’esclavage n’est pas mort, il a seulement muté. Il a pris une autre forme d’exploitation et de domination qui nous met encore et toujours au bas de la liste selon la plupart des indices de progrès humains. Comme les rois et les empereurs et autres marchands d’esclaves des temps jadis, nos présidents et premiers ministres dominent un système de pouvoir qui continue à faire de nos gens ’’ des tailleurs de bois et des porteurs d’eau’’, cependant que les richesses de ce continent continuent d’être siphonnées par d’autres, satisfaits qu’ils sont d’être les partenaires mineurs aussi longtemps qu’eux et leur familles et tous les parasites qui s’accrochent à eux, peuvent maintenir leur style de vie de consommateurs grotesques et injustifiés. Ils vendront n’importe quoi ayant déjà troqué leur âme.

Le somnambulisme dont font preuve les dirigeants africains, dès lors qu’il est question de l’esclavage, tient peut-être au fait que le passé pèse trop lourdement sur le présent et aussi qu’ils craignent que d’aucuns tirent un parallèle inconfortable avec l’état d’esclavage des temps modernes auquel est réduit la population, en raison de leur collaboration au marché libre, à la privatisation, la modernisation et la globalisation.

Les esclaves étaient capturés lors des guerres ou des rafles et vendus de force, mais aujourd’hui nous finançons volontairement notre propre esclavage. Rendez-vous juste devant une ambassade occidentale n’importe où sur le continent et vous verrez des hordes de nos populations (surtout des jeunes) qui feraient n’importe quoi pour obtenir un visa pour se rendre à l’étranger. N’importe où fera l’affaire, aussi longtemps que c’est hors d’Afrique et même les anciens pays esclavagistes en Europe et en Amérique restent des destinations préférées.

(…) Même lorsque l’esclavage battait son plein, des millions de personnes ont résisté, résistance que beaucoup ont payé de leur vie et ce dans ce qui est nommé par euphémisme le Passage du Milieu. Nombreux sont ceux qui sont morts pour avoir été jetés par-dessus bord en raison de maladies ou parce qu’ils étaient ‘’trop difficiles à manier’’, cependant que d’autres ont plongé dans la mer, préférant se faire dévorer par des requins, des crocodiles et autres prédateurs marins, plutôt que d’être embarqués vers les plantations. Dans ces plantations, la résistance était rampante et prenait de nombreuses formes culturelles comme l’établissement d’église africaine, la musique, les tambours, etc.

En Haïti, la révolte des esclaves a été décisive puisqu’elle a abouti. Aujourd’hui, Haïti est cependant synonyme de toutes sortes d’actes d’inhumanité, étant le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental alors qu’il était un joyau de prix dans les économies esclavagistes pour être le principal producteur de cannes à sucre. Haïti a joué un rôle glorieux dans la résistance à l’esclavagisme que nous ne devons pas oublier. Dans la jungle brésilienne, des anciens esclaves ont établi le royaume de Zoumbi après avoir s’être affranchi de l’esclavage.

Il est important de se souvenir de ces luttes, parce que nos médias africains, intellectuellement paresseux et dépendant de la technologie, ne nous offre que des ‘’copier-coller’’ à partir de la presse occidentale qui affirme que l’abolition de l’esclavage est due aux sociétés abolitionnistes en Grande Bretagne, aux églises et aux missionnaires et aux bonnes gens d’Europe et d’Amérique.

L’islam remplace le communisme dans le panthéon des phobies occidentales

Tajudeen Abdul Raheem*

http://pambazuka.org/en/category/panafrican/37268



La controverse persistante générée par les propos malencontreux du pape à propos de l’Islam et de la violence risque de ne pas s’apaiser facilement. En témoignent les différentes réactions qui continuent d’apparaître au sein des différentes communautés musulmanes de par le monde. On espère que la vague d’attaques contre des lieux de cultes chrétiens prenne fin immédiatement. Les gouvernements doivent prendre la responsabilité d’arrêter ces attaques. Ce n’est pas le pape qui souffre mais des concitoyens et des voisins. Tous les citoyens, chrétiens ou musulmans, ou la majorité qui ne sont ni l’un ni l’autre, méritent et ont le droit d’être protégé dans leur vie, leur lieu de culte et leur liberté de conscience comme ils ont le droit de pouvoir exercer d’autres droits.

La déclaration du pape peut avoir causé un dommage durable au dialogue interreligieux et à la tolérance religieuse, un domaine auquel son prédécesseur, Jean-Paul II, était étroitement associé. Tant la réaction violente d’une minorité de musulmans, que la réaction biaisée des médias occidentaux dominants, ne surprennent guère. Ils correspondent à un schéma trop familier.

Il n’y a pas longtemps, il y a eu les caricatures danoises et les réactions qu’elles ont entraînées. C’était une affaire digne d’un cirque. Une personne ou une institution occidentale dit ou fait quelque chose qui agresse le bon goût et offense particulièrement l’islam et les musulmans. Suite à quoi, une vague de militantisme parfois violent provient des populations des mêmes pays. Les médias occidentaux se focalisent sur cette réaction, soutenant que les musulmans sont immatures, incapables d’accepter la critique ou d’engager un dialogue rationnel. Certains iront jusqu’à conclure que ces réactions prouvent leur violence.

C’est la situation de quelqu’un qui vous gifle en vous interdisant de pleurer. Il n’est pas correct que chaque groupe offensé dans le monde se mette à incendier des locaux et se permette de tuer. Néanmoins, ceux qui occupent des tribunes de dimension mondiale doivent aussi apprendre à contrôler ce qu’ils disent et ce qu’ils font afin de ne pas mettre le feu aux poudres. Le même schéma s’est répété après les déclarations du pape. L’attention s’est vite déplacée des propos du Saint Père vers la réaction de ceux qui ont été offensés - il est vrai que le pape a présenté des excuses sans précédent et a pris des mesures publiques pour obtenir le pardon pour ses malencontreux propos.

Il est espéré qu’avec le temps les choses vont se calmer. Mais le ressentiment risque de ne pas disparaître de si tôt. Ce n’est pas la pire des déclarations, ni la dernière concernant l’Islam, mais il faut souligner que le pape n’est pas juste n’importe qui. Il est pratiquement à la tête d’une religion. Ni l’islam ni aucune des religions comme le confucianisme ou l‘hindouisme, qui comptent plus d’adhérents que le christianisme - pour ne rien dire des catholiques- n’ont à leur tête quelqu’un d’aussi globalement influent que le pape. Il n’y a pas deux papes dans le monde. Il est aussi chef d’Etat avec des relations diplomatiques avec à peu près tous les pays du monde. Avec une telle influence, il y a sûrement d’énormes responsabilités.

Ce qu’il dira aussi bien en privé qu’en public sera examiné ; il doit donc mesurer ses déclarations. Elles ont un poids moral et politique qui va bien au-delà de sa croyance et de sa minuscule papauté

C’était une réponse plutôt évasive que de dire que le pape ne faisait rien de plus que citer un obscur auteur. Il a fait connaître cet auteur à tout le monde. Le pape aurait-il cité des auteurs plus ou moins obscurs qui ont écrit sur le christianisme, l’hindouisme ou le judaïsme ?

Les médias occidentaux se seraient-ils montrés aussi indulgents si le pape avait cité un auteur nazi, célèbre ou infâme, écrivant à propos des Juifs ou de la foi juive ? Les historiens qui remettent en cause l’Holocauste finissent au tribunal et sont condamnés parce que le déni de l’Holocauste est considéré au-delà des limites du débat académique et de la liberté d’expression.

Il y a tant de violence au nom de Dieu qu’aucune religion, particulièrement pas les religions monothéistes, n’a le monopole de la violence et des méthodes violentes. La visibilité politique du pape aujourd’hui ne résulte pas du fait que les catholiques seraient majoritaires dans le monde ou que sa ville/état/empire ait une importance stratégique incontournable, mais découle bien de circonstances historiques liées au pouvoir de la Rome antique et de l’Eglise.

Ce pouvoir s’est construit à force de conquêtes et de pillage. L’empire romain et l’Eglise romaine ont été impliqués dans l’esclavage, le colonialisme, les guerres et autres activités non chrétiennes.

(…) L’islam et le christianisme sont toutes les deux des religions monothéistes, qui ont les mêmes racines, et se sont répandues à force d’évangélisme et d’empires qui ont usé de moyens pacifiques et belliqueux pour établir leur hégémonie. Une fois leur hégémonie établie ils ont déclaré la paix des vainqueurs.

(…) En ces temps difficiles, la question n’est pas de savoir quel groupe religieux est offensé mais plutôt de considérer la responsabilité d’un chef politique et religieux comme le pape. Pourquoi le pape a-t-il prononcé ces paroles ? S’il voulait promouvoir le dialogue, il a choisi un chemin étrange.

Dans un monde où l’islam remplace le communisme dans le panthéon des phobies occidentales, les déclarations du pape sont pour le moins maladroites sinon délibérément provocatrices.

*Dr Tajudeen Abdul Raheem était le secrétaire général du Global Pan African Movement, basé à Kampala en Ouganda. Il fut aussi le directeur de Justice Africa, organisation basée à Londres. Une sélection plus complète de ces Cartes postales est accessible sur le site anglais de Pambazuka News : http://pambazuka.org/en/category/features/56611

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Barack Obama au Ghana : Une prime à la démocratie

Abou Bakr Moreau

2009-06-05

http://pambazuka.org/fr/category/features/56802

Le choix du Président Barack Obama de réserver sa première visite à l’Afrique au Sud du Sahara au Ghana ne relève pas du hasard. Dans la politique, et encore moins dans la politique étrangère des Etats-Unis où la stratégie est le maître-mot, le hasard n’existe pas. Dans l’histoire de l’Afrique noire, le Ghana occupe une place centrale : c’est le pays de Kwame Nkrumah qui fut le leader des indépendances des pays du continent, au sud du Sahara. C’est le premier pays au sud du continent à avoir accédé à l’indépendance, et de ce fait à ouvrir la voie dès 1957.

C’est pourquoi, quand, en pleine guerre froide, l’un des plus grands intellectuels noirs américains, sinon le plus grand intellectuel de notre point de vue du continent comme de sa diaspora, W.E.B. Du Bois, était menacé, faussement accusé de servir la cause de l’ennemi soviétique, persécuté dans son propre pays où le noir n’était pas encore citoyen, et s’est vu enfin confisquer son passeport, c’est au Ghana qu’il a choisi de se réfugier. Il a ensuite demandé à être dépossédé de sa « nationalité » américaine pour devenir ghanéen. Et c’est au Ghana qu’il a choisi de finir ses jours. Cet homme est un exemple non seulement pour les intellectuels du continent comme de sa diaspora, mais aussi et peut-être surtout pour les politiques qui, bien souvent, choisissent de passer leurs vieux jours ailleurs que sur la terre de leurs ancêtres…

C’est tout cela qui fait que le Ghana est le pays d’Afrique au Sud du Sahara qui accueille le plus de visiteurs noirs américains, devant l’Afrique du Sud et le Kenya. Un grand nombre de Noirs américains ont en effet choisi de s’y installer au point qu’il y existe une communauté noire américaine bien intégrée, qui s’y sent parfaitement chez elle aujourd’hui.
Aujourd’hui, le Ghana est l’un des pays les plus démocratiques du continent. Pour avoir réussi une alternance démocratique, sans avoir changé les règles du jeu démocratique, le Ghana est en train de se faire une tradition démocratique, car il faut au moins une alternance démocratique à une alternance démocratique pour pouvoir commencer à parler de tradition démocratique dans un pays. Sinon l’alternance démocratique peut n’être qu’une exception et non la règle.

Pourtant, le Ghana revient de loin, il y a tout juste moins d’une décennie, le pays subissait une dictature militaire des plus violentes sur le continent. Un peu d’histoire : En 1960, Kwame Nkrumah, le père de l’indépendance, devient président, mais il est renversé en 1966 par l’armée. En 1981, Jerry Rawlings arrive au pouvoir par un putsch et instaure un régime de répression et de terreur. Il se fait élire et réélire jusqu’en 2000. C’est seulement en novembre 2000 que le pays réussit la première transition politique de son histoire : John Kufuor, leader du Nouveau Parti Patriotique (Npp) est démocratiquement élu président.

Kufuor est animé d’une volonté politique sincère : il commence par abolir la loi sur la diffamation criminelle par laquelle de nombreux journalistes avaient été jetés en prison. Les affrontements interethniques et politiques qui avaient fait plusieurs dizaines de morts et des milliers de réfugiés sont largement contenus. L’état d’urgence est levé et la paix sociale retrouvée. Kufuor est réélu en décembre 2004. Au bout de deux mandats de quatre années chacun, il a passé la main en décembre 2008 à John Atta-Mills du Congrès National Démocratique (NDC). Malgré quelques irrégularités observées dans le déroulement du scrutin, le candidat du NPP, Nana Akufo-Addo, soutenu par le président sortant, a reconnu sa défaite.

Le passage de témoin s’est fait sans heurts et il est à mettre au crédit de la classe politique ghanéenne qui a joué franc-jeu. En particulier le président Kufuor qui n’a pas cherché à se maintenir plus longtemps que ne le lui autorisait la Constitution de son pays ni à chercher à imposer le candidat de son parti…


Sur le plan économique, le Ghana accuse un retard étant donné qu’au moment où il accédait à l’indépendance en 1957, le pays était du même niveau de sous-développement que des pays qui le dépassent de très loin aujourd’hui, comme la Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan. Mais comme on le sait, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le drame pour un pays, c’est bien de faire des reculs quand, après un progrès décisif, on n’a plus le droit de revenir en arrière. 

Le Ghana est globalement sur la bonne voie. Deuxième producteur mondial de cacao, le pays est en plus devenu l’un des plus importants producteurs d’or sur le continent. Aussi, la prospection pétrolière se poursuit et les perspectives de découvertes font rêver. Le pays disposerait d’un fort potentiel dans ce domaine. Mais davantage que ses ressources minières et énergétiques, ou encore ses infrastructures fraîches, le pays est riche de ce que le politologue américain Joseph Nye appelle les ressources intangibles du pouvoir, à savoir la culture démocratique et les institutions sans lesquelles toute gestion des ressources matérielles risque d’être faussée.

C’est de ce fait que des pas importants ont été franchis dans la lutte contre la corruption et pour une bonne gouvernance effective. C’est pourquoi le pays a été classé dans le peloton de tête des pays les moins corrompus sur le continent par Transparency International. Face au Nigeria, dont l’évolution est incertaine en raison des tensions latentes et des conflits ethniques et religieux, et face à la Côte-d’Ivoire dont l’évolution va dépendre des élections prévues en novembre de cette année, le Ghana nourrit de réelles et légitimes ambitions de puissance sur la scène africaine pour figurer parmi les pays à revenus intermédiaires d’ici à l’horizon 2020. C’est déjà demain et il faudra compter avec le Ghana !


C’est donc à ce pays marqué par son leadership dans l’histoire du continent, ce pays cher au cœur des Noirs américains, et qui pourrait encore devenir leader par son économie, que Barack Obama, avocat, constitutionnaliste, légaliste, respectueux des Droits de l’homme et homme politique ambitieux pour son propre pays a choisi d’aller symboliquement apporter son appui en juillet prochain, quand, pour la première fois, il traversera l’Atlantique pour venir en Afrique au Sud du Sahara. Il y dévoilera la politique africaine des Etats-Unis pour les années à venir.

* - Abou Bakr Moreau est professeur d’Etudes américaines à la Faculté des Lettres et Sciences humaines, à l’Univesité Cheikh Anta Diop de Dakar

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L’Afrique n’est pas prête pour les APE, l’Europe non plus

Maurice Oudet


2009-06-05

http://pambazuka.org/fr/category/features/56801

En décembre 2007, la CEDEAO a refusé de signer un Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne (UE), malgré la pression de celle-ci qui voulait que cet accord soit signé avant le 31 décembre 2007. A ce moment, la CEDEAO s’est donné 18 mois pour signer un APE, affirmant que le 30 juin 2009, elle sera prête. Qu’en est-il aujourd’hui à un mois de cette échéance ?

Les ministres du commerce et la Commission de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) ont fait un travail remarquable. Aujourd’hui, ils sont capables de faire des propositions à l’Union Européenne qui respectent les intérêts de l’Afrique de l’Ouest et qui sont compatibles avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Voici trois points essentiels de l’offre de la CEDEAO à l’Union européenne :

1. La CEDEAO est prête à ouvrir 60 % de son marché à la partie européenne, excluant 40 % de ses produits sensibles de la compétition. Et cela avec de bonnes raisons pour refuser l’interprétation de l’Union Européenne qui a imposé à la Côte d’Ivoire de libéraliser 81 % de son marché, et qui voulait faire de même avec l’ensemble de la CEDEAO. Aujourd’hui, tous reconnaissent que l’interprétation de l’Article XXIV du GATT (sur lequel s’appuyait l’Europe) est assez souple et qu’il est difficile d’affirmer que l’offre de l’Afrique de l’Ouest n’est pas conforme aux règles de l’OMC.

2. Ensuite, l’Afrique de l’Ouest se donne 25 ans pour réaliser pleinement cette libéralisation.

3. Enfin, l’accord de Cotonou précise que les APE ont pour objectifs de soutenir le développement des différentes régions. Aussi les chefs d’Etat de la CEDEAO ont mandaté les hauts fonctionnaires de la région dans ce sens. C’est pourquoi, ils ont rappelé récemment que sans un Programme APE de Développement (PAPED), il ne pourrait pas y avoir d’APE au 30 juin 2009. Un document est prêt. Ce document précise que le rythme de la libéralisation des échanges sera lié au financement de ce programme. Ce PAPED ne fait pas l’unanimité dans la société civile. Certains pensent qu’il manque d’ambition. Son apport (9,5 milliards d’euros sur 5 ans) est jugé trop modeste. Mais, comme on dit, il a le mérite d’exister !

Aux dernières nouvelles, l’Europe n’accepte, en l’état, aucun de ces trois points jugés essentiels par la CEDEAO.

Aussi, on peut dire que l’Europe n’est pas prête à signer l’APE en l’état. Les négociations vont donc se poursuivre !

Peut-on dire que la CEDEAO est prête ? A vrai dire, la CEDEAO n’est pas prête non plus !

De son côté, les difficultés viennent du niveau d’intégration régionale souhaité avant de signer un tel accord. Comment signer, en effet, un APE devant faciliter l’intégration régionale tant que les Etats membres de la région ne se sont pas mis d’accord sur un niveau et un système de protection (notamment sur un Tarif extérieur Commun) et sur un ensemble de politiques communes (comme la politique agricole, Ecowap, mais aussi une politique industrielle, environnementale…) traduisant une vision commune de l’avenir de la région.

Or, à titre d’exemple, les négociations sur le Tarif extérieur Commun (TEC) piétinent. Les Etats se sont mis d’accord sur l’introduction du 5ème bande tarifaire à 35 %, mais pas sur les produits qui doivent être classé dans cette bande. Avec d’autres, nous restons convaincus qu’un taux de douane inférieur à 50 % ne permettra pas de protéger certains produits sensibles comme le lait dont le prix est en train de chuter de façon dramatique en Europe et dans le monde !

C’est pourquoi, nous pensons que la CEDEAO doit commencer de toute urgence à faire les démarches nécessaires pour conforter son Union douanière à l’OMC, et s’y faire reconnaître comme personnalité juridique. Cela lui permettra de déterminer des droits de douane consolidés communs pour l’ensemble de la région. La CEDEAO ne devrait pas avoir de difficultés pour consolider ses droits de douanes à 73,4 %, et ses autres taxes à 58,1 %. « Soit au total un ensemble de droits consolidés à 131,5 %. »

Ceci fait, la CEDEAO sera beaucoup plus à l’aise pour continuer les négociations avec l’Union Européenne. Même si son TEC n’est pas parfait, voire partiellement déterminé, elle se sera donné une marge de manœuvre importante devant l’OMC et donc devant l’ensemble de ses partenaires commerciaux.

Toutefois, la CEDEAO ne devrait pas être pressée de reprendre les négociations. Au 30 juin 2009, elle pourrait faire le constat, avec l’Union Européenne, des désaccords qu’il reste à régler, et proposer une pause dans les négociations, les deux parties s’engageant à les reprendre quand les négociations à l’OMC, dites du cycle de Doha, seront achevées. Inutile de se presser tant qu’il n’y a pas d’accord à l’OMC.

Et pour que l’accord intérimaire de la Côte d’Ivoire ne mette pas à mal l’intégration régionale, la CEDEAO pourrait demander à la Côte d’Ivoire de notifier à l’Europe (qui ne cesse de répéter qu’un des objectifs de l’APE est le renforcement de l’intégration régionale) qu’elle commencera son programme de libéralisation dans un délais de six mois, après la conclusion du cycle de Doha.

A noter que la rédaction de cet article a été facilitée par l’atelier de concertation et d’échanges sur l’APE avec les parlementaires burkinabè qui s’est tenu à Ouagadougou le mercredi 20 mai 2009. Bon nombre des idées développées ici sont maintenant partagées par les parlementaires présents à l’atelier. Ce qui est quelque peu réconfortant !

* Maurice Oudet est président du Service d'édition en langues nationales de Koudougou (SEDELAN – Burkina Faso)

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Résumé de l'Édition Anglaise

Biocarburants et néo-colonialisme

Seif Madoffe, Salim Maliondo, Faustin Maganga, Elifuraha Mtalo, Fred Midtgaard et Ian Bryceson

2009-06-05

http://pambazuka.org/en/category/features/56727

A une période où le changement climatique force les économies du monde à limiter les émissions de carbone, les investisseurs continuent de financer à fortes doses le développement des biocarburants, en remplacement des combustibles fossiles. Seif Madoffe écrit que cela a conduit à un «colonialisme climatique», à «une énorme ruée sur les terres en Afrique», avec des entreprises européennes cherchant à établir rapidement d'énormes champs de monoculture de carbone dans les pays tropicaux. En référence à la Saadani National Park en Tanzanie, Madoffe demande si cela relève d’une démarche éthique pour les pays riches du Nord de faire du carbone "renouvelable" dans des endroits où cela a de graves impacts négatifs sur les populations pauvres et les forêts tropicales qui seront dévastées pour créer de l'espace aux champs de carbone dans les plantations.





Nécrologie

Guinée Bissau : Décès de Luis Cabral, premier président du pays

2009-06-05

http://tinyurl.com/pheef7

Un pan de l'histoire de la Guinée-Bissau s'en est allé. Le premier président post-indépendance de ce pays, Luis Cabral, est décédé au Portugal, le 30 mai, d'une crise cardiaque. Demi-Frère d'Amilcar Cabral, il fut président de 1974 à 1980. Luis Cabral était décrit par ses compagnons de lutte comme un "éternel optimiste". Lors de ses première années à la tête du pays, il mena une politique basé sur l'éducation des masses. Il fut cependant affaibli par une famine qui mina le pays à la fin des années 70. C'est durant cette période difficile de l'histoire bissau-guinéenne, que Luis Cabral fut renversé par un coup d'état militaire, orchestré par Nino Vieira (assassiné il y a trois mois).





Arts & livres

Cameroun : début de la 13e édition du festival de cinéma Ecrans noirs

2009-06-05

http://tinyurl.com/rdgud9

La 13e édition du festival de cinéma "Ecrans noirs" qui récompense les meilleurs films, meilleurs réalisateurs, actrices et acteurs de l'espace francophone africaine et de la diaspora ouvre ses portes le 6 juin à Yaoundé. Le festival a attiré la participation de 55 films dont 12 longs métrages, 19 courts, 9 documentaires et 10 films du genre premières oeuvres. En dehors des 55 films en compétition, 25 hors compétition seront projetés dans des salles aménagées pour la circonstance par le comité d'organisation du festival. Les réalisateurs viennent du continent africain, d'Europe et d'Amérique.





Zimbabwe

718 millions de dollars nécessaires pour aider 6 millions de Zimbabwéens

2009-06-04

http://tinyurl.com/nh6c7b

Les agences humanitaires au Zimbabwe ont lancé le 1er juin un appel révisé de 718 millions de dollars auprès des donateurs, soit une hausse de 168 millions de dollars par rapport au précédent appel en novembre 2008, pour répondre aux besoins de six millions de Zimbabwéens. Or, seuls 246 millions de dollars ont été pour l'instant octroyés sur les 550 millions de dollars réclamés en novembre. L'insécurité alimentaire est venue s'ajouter à un environnement socio-économique difficile marqué par l'hyperinflation et un effondrement des services sociaux de base, que ce soient la santé, l'éducation et les infrastructures.


Le gouverneur de la Banque centrale de plus en plus contesté

2009-06-04

http://tinyurl.com/qplasu

Plusieurs points de litige entre le président Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai sont toujours en suspens. En premier lieu, des nominations controversées par la ZANU-PF comme celles du procureur général ou du gouverneur de la Banque centrale. Le 31 mai, le MDC a réclamé une nouvelle fois la démission de ces deux personnalités proches de Robert Mugabe et a demandé la médiation de la SADC pour résoudre ces problèmes. Selon le MDC et des chancelleries occidentales, le gouverneur de la Banque centrale ne travaille pas pour les finances du pays mais pour celles de Robert Mugabe et de son clan. L'accroissement de la fortune personnelle de ce dernier, alors que le Zimbabwe sombrait dans la pénurie, n'a rien fait pour arranger son image.





Femmes & genre

Tchad : 90 % des femmes victimes de violence

2009-06-04

http://tinyurl.com/ndchqh

Au moins 90 pour cent des femmes tchadiennes font l'objet de la violence physique, morale ou socio-économique, selon la présidente de la Commission genre de la Ligue tchadienne des droits de l'Homme. A ce propos, une campagne a été lancée le 2 juin 2009, pour un an, destinée à informer et sensibiliser la population sur les violences à l'égard des femmes. Elle va commencer par une phase de plaidoyer. Ensuite, un cahier de charge sera envoyé à la Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme, dénonçant les violences domestiques, sexuelles, les pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines, ainsi que les mariages forcés ou précoces dont sont victimes les femmes.





Droits humains

Global : L’Arche de Zoé mise en examen

2009-06-04

http://tinyurl.com/nul6hb

Deux juges d’instruction ont mis en examen l’association française l’Arche de Zoé pour avoir tenté, en octobre 2007, de transférer du Tchad vers la France 103 enfants présentés comme étant des orphelins du Darfour. L’Arche de Zoé (ADZ) est mise en examen pour « aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France », « exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption » et « escroquerie ». A ce sujet, le président de l’Arche de Zoé a fait savoir qu’il avait demandé aux juges d’entendre le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner et sa secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme Rama Yade. Car, selon lui, des « pièces diplomatiques troublantes [sont] apparues dans le dossier ».


Mauritanie : SOS Esclave reçoit un prix international

2009-06-04

http://tinyurl.com/mu4ctb

L’organisation SOS Esclaves, qui lutte contre la pratique de l’esclavage en Mauritanie vient de remporter un prix international pour sa lutte contre cette pratique dont sont encore victimes quelque 600.000 personnes dans ce pays. Le prix a été décerné par l’organisation d’origine britannique Anti Slavery International, fondée en 1839 et qui se présente comme « la plus vieille organisation humanitaire » de défense des Droits de l’homme et qui « se consacre exclusivement à la lutte conte l’esclavage. «Etre esclave aujourd’hui en Mauritanie n’est pas différent de ce que cela était il y a des siècles ailleurs», selon le président de SOS-Esclaves.


Rwanda : HRW accuse le TPI de dérouler une justice à deux vitesses

2009-06-05

http://tinyurl.com/odpkpy

Dans une récente lettre au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Human Rights Watch (HRW) exhorte le tribunal à inculper des responsables militaires du FPR ainsi qu'il l'a fait pour les Hutus responsables présumés du génocide de Tutsis et de Hutus modérés. "Le fait que le tribunal ne se préoccupe pas des crimes de guerre commis par le Front patriotique rwandais risque de donner l'impression qu'il rend la justice seulement pour le vainqueur", a déclaré le directeur du HRW. Selon son organisation, le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés a estimé qu'entre avril et août 1994, le FPR a tué entre 25.000 et 45.000 personnes. A Kigali, les autorités rétorquent que le nombre de victimes imputées au FPR ne reposait sur aucune preuve et relevait de "folles allégations".


Tchad : Me Wade exige les fonds pour juger Habre

2009-06-05

http://tinyurl.com/p7b8be

Le président de la République a exigé de la communauté internationale, notamment l'Union européenne et les Etats-Unis, le décaissement des fonds nécessaires pour la tenue du procès de l'ancien président tchadien, Hissène Habré, réfugié au Sénégal. Me Wade a souligné que l'évaluation du procès est en train d'être finalisée. Il a aussi proposé que les fonds soient gérés par un greffier européen, ajoutant que le Sénégal ne gérera aucun fonds. Il a martelé que si au bout d'un certain temps l'argent n'est pas réuni, le Sénégal prendra ses responsabilités, en livrant Habré à qui de droit.





Réfugiés & migration forcée

Global : L'Italie serre la vis contre les immigrés

2009-06-05

http://tinyurl.com/oh8lmg

La Chambre basse du Parlement italien a adopté, le 13 mai dernier, de nouvelles lois durcissant considérablement la lutte contre l’immigration illégale. Aussitôt qualifiées d’inhumaines par nombre d’associations humanitaires, elles créent le délit d’« immigration ou séjour illégal », passible d’une amende de 5 000 à 10 000 euros. La durée de rétention des clandestins dans les « centres d’identification et d’expulsion » passe par ailleurs de deux à six mois. Quant aux personnes louant un logement à des étrangers en situation irrégulière (ou les hébergeant gratuitement), elles risquent jusqu’à trois ans d’emprisonnement. D’autres mesures frappent les clandestins et leurs familles, dont le nombre total est estimé à 1 million d’individus.


Guinée Equatoriale : Des centaines de Camerounais forcés à quitter le pays

2009-06-04

http://www.afrik.com/article16884.html

Plus de 900 Camerounais se sont enregistrés au consulat de leur pays pour un retour volontaire. Cette décision fait suite à une note du Ministère guinéen en charge des Relations extérieures qui invitait tous les étrangers en situation irrégulière à effectuer des démarches pour des retours volontaires afin d’éviter des ennuis avec la justice ou alors à se mettre en conformité avec la loi dans un délai de 15 jours. Passé ce délai, des rafles systématiques devaient être organisées pour «traquer les contrevenants.» Compte tenu de la difficulté d’obtenir une carte de séjour en Guinée équatoriale et pour éviter la chasse à l’homme de 2007 et 2004, de nombreux étrangers ont préféré retourner dans leur pays.


Tchad : Délivrance des premières cartes d'identité aux réfugiés du Darfour

2009-06-04

http://tinyurl.com/ragkr8

Près de 110 000 réfugiés soudanais âgés de plus de 18 ans dans l'est du Tchad vont recevoir des cartes d'identité dans le cadre d'un nouveau programme. Ces cartes d'identité sont équivalentes à un « passeport de réfugié » qui permettent la liberté de mouvement au sein du pays d'accueil et fournissent l'accès à certains services essentiels en accord avec la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Les cartes sont imprimées par le HCR et délivrées par le gouvernement du Tchad. Les réfugiés ont déclaré se sentir désormais protégés et pleinement acceptés au Tchad.





Mouvements sociaux

Burundi : Une marche de la Société civile interdite à Bujumbura

2009-06-04

http://tinyurl.com/nerlym

Le maire de la ville de Bujumbura a annulé le 29 mai une manifestation destinée à dénoncer la recrudescence de la criminalité à Bujumbura, à l'appel de plus de 300 organisations de la société civile. Le dernier crime en date, qui avait suscité le plus d’émoi dans l’opinion publique nationale et internationale, avait coûté la vie à l’ancien vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), Ernest Manirumva, en avril dernier. Les manifestants entendaient ainsi faire pression sur l’Etat burundais pour que s’accélèrent les procédures d’enquête sur les tenants et aboutissants ainsi que le mobile du meurtre. Des enquêteurs du FBI, la police fédérale américaine, ont été appelés en renfort.





Elections & gouvernance

Bénin: Sécurité matérielle pour les anciens présidents

2009-06-04

http://fr.allafrica.com/stories/200906020434.html

Les députés béninois ont adopté une proposition de loi portant pension et autres avantages aux anciens présidents de la République. Tous les députés ont reconnu la pertinence de cette loi qui sécurise la vie des personnalités ayant assumé la haute fonction de président de la République au Bénin. Ils l'ont adopté avec 42 voix pour 0 contre et 0 abstention. Cette loi est votée certes, mais elle court le risque d'un recours devant la Cour constitutionnelle. Un député a dénoncé le passage en force des parlementaire qui ont voté une loi dont l'application va attendre jusqu'à 2010 pour son effectivité.


Burundi : Des progrès notés dans le processus électoral

2009-06-05

http://tinyurl.com/pfz8ph

Le Burundi a fait des progrès notables ces derniers mois s'agissant de l'application de l'Accord général de cessez-le-feu et de jeter les bases pour la tenue d'élections libres, équitables et pacifiques en 2010, selon le secrétaire général de l'ONU, dans un rapport publié le 2 juin. M. Ban se félicite du désarmement officiel des Forces nationales de libération (FNL) et leur accréditation comme parti politique. Il engage le gouvernement et cet ancien groupe rebelle à poursuivre les efforts en vue de surmonter les autres obstacles à l'application de l'Accord général de cessez-le-feu, et en particulier d'achever la démobilisation des combattants des FNL et d'intégrer les FNL dans les institutions nationales.


Madagascar : Le président déchu condamné à quatre ans de prison

2009-06-04

http://tinyurl.com/od68px

Le président malgache déchu Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à quatre ans de prison et à 70 millions de dollars d'amende pour "conflits d'intérêts" dans l'achat d'un avion présidentiel. Selon le ministre de la Justice, il a mélangé l'argent personnel et l'argent de l'Etat. Et il ajoute : «C'est la première condamnation, mais il y a d'autres dossiers en cours". L'ancien ministre des Finances et du Budget, Haja Razafinjatovo, a également été condamné à quatre ans de prison et à payer solidairement les 70 millions de dollars pour son implication dans l'acquisition d’un Boeing 737 acheté fin 2008 pour 60 millions de dollars.


Mauritanie: La médiation sénégalaise enregistre un franc succès

2009-06-04

http://tinyurl.com/osn6sv

La médiation sénégalaise sur la crise en Mauritanie a connu un franc succès. Ainis le tour de scrutin présidentiel initialement prévu pour le 6 juin a été renvoyé au 18 juillet. Les négociations, menées sous l'égide du Groupe de contact composé de l'Union africaine, de la Ligue arabe, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la Francophonie et de l'Onu sur la crise en République islamique de Mauritanie, ont duré six jours. Elles étaient présidées par le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidjane Gadio..


Niger : Des centrales syndicales exigent l'abandon du projet de référendum

2009-06-04

http://tinyurl.com/q3fcg4

Les sept centrales syndicales regroupant l'ensemble des travailleurs du Niger ont mis en place, le 31 avril, une intersyndicale pour exiger du president Mamadou Tanja l'abandon de son projet d'organiser un référendum en vue de briguer un troisième mandat. A défaut, il le rendent "seul responsable des conséquences qui decouleraient de son intransigeance à violer l'avis de la Cour constitutionnelle". L'intersyndicale des travailleurs du Niger exige également un accès équitable aux médias d'Etat, regrettant que les acteurs politiques et de la société civile opposés au projet référendaire soient systematiquement censurés.


Niger : la Cedeao appelle au respect de la constitution

2009-06-05

http://tinyurl.com/puqxl6

La Commission de la CEDEAO a envoyé une délégation à Niamey pour inviteer les autorités nigériennes à respecter la Constitution de leur pays ainsi que le protocole additionnel de la Communauté sur la démocratie et la bonne gouvernance, alors que le président envisage d’amender la constitution pour proroger son mandat à la tête de l’Etat. Le président Tandja entend organiser un référendum constitutionnel qui lui permettrait de rester au pouvoir pour trois ans supplémentaires alors que son deuxième et dernier mandat arrive à terme dans deux mois. Une coalition de plus de 200 organisations nigériennes composée d’associations, de parti politiques et d’ONG s’opposent à ce projet.


Niger : Tandja crée un Comité de rédaction d'une nouvelle Constitution

2009-06-04

http://tinyurl.com/p3l4j4

Le président Mamadou Tandja a décidé de créer un « Comité technique » de rédaction d’une nouvelle Constitution qu’il veut soumettre à référendum. Il s’agit de la première décision du chef d’Etat nigérien après la dissolution de l’Assemblée nationale le 26 mai dernier, le lendemain de l’avis défavorable prononcé par la Cour constitutionnelle de Niamey au sujet de ce référendum. Le président Tandja, 71 ans, doit en principe quitter le pouvoir le 22 décembre prochain. Le nouveau texte lui permettrait de se maintenir en fonctions, au-delà d’un deuxième mandat.


Sénégal : Feu vert du Parlement au poste de vice-président

2009-06-04

http://tinyurl.com/oc6s5y

Le Congrès du Parlement sénégalais réuni le 2 juin à Dakar a adopté à la majorité de ses membres le projet de loi constitutionnelle instituant un poste de vice-président de la République. Avant le Congrès, les sénateurs et les députés, réunis en session plénière, avaient déjà approuvé cette loi. Le vice-président sera nommé par le président et la durée de son mandat ne pourra dépasser celui du président, qui pourra mettre fin à ses fonctions.





Développement

Afrique: La Banque mondiale prédit le pire

2009-06-04

http://news.abidjan.net/h/332625.html

Alors que l`on croyait que la crise financière mondiale ne toucherait pas l`Afrique comme l`avaient annoncé certains économistes africains et certaines institutions financières, voilà que le continent noir s`apprête à vivre l`une des conséquences les plus néfastes de cette crise mondiale. Selon la vice-présidente de la région Afrique de la Banque mondiale et l’économiste en chef de la Banque chargé de la région Afrique, la crise financière mondiale n`a pas été créée par l`Afrique mais elle touchera le continent avec des conséquences pires que celles connues dans certaines régions du monde. Déjà, l’Afrique connaît un taux de croissance en baisse de plus de 2,5% ".


Afrique: Les Etats Unis roulent à fond pour les OGM

2009-06-05

http://www.foodfirst.org/en/node/2424

Le Sénat américan a récemment approuvé sans grand débat public la Loi sur la sécurité mondiale anti-famine (Global Hunger Security Act). Cette loi mandatera pour la première fois les Etats-Unis pour financer les semences génétiquement modifiées dans la recherche agricole extérieure. A ce propos, le secrétaire à l’agriculture des États-Unis a eu à soutenir que la biotechnologie est nécessaire pour faire face au problème de la faim et la Fondation Gates a investi des milliards de dollars dans l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, à propos duquel nombre de mouvements paysans sur le continent prédisent un échec.


Afrique du Sud : Série de mesures pour lutter contre la récession

2009-06-04

http://fr.allafrica.com/stories/200906020534.html

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a pris une série de mesures pour faire face à la récession économique dans son pays. Il a ainsi promis, entre autres, de financer de vastes travaux publics pour enrayer la crise. Seules les dépenses publiques semblent, en effet, en mesure de soutenir la croissance en Afrique du Sud, puisque les secteurs miniers, manufacturiers et les services financiers ont tous reculé au cours de deux derniers trimestres. Pour la première fois en dix-sept ans, la première puissance économique du continent est rentrée en récession. Son produit intérieur brut a enregistré au premier trimestre 2009 une chute de 6,4 %.


Madagascar : Diminuer le taux de natalité

2009-06-04

http://fr.allafrica.com/stories/200905290400.html

La situation en matière de santé reproductive inquiète à Madagascar. Une femme malgache donne naissance en moyenne plus de cinq enfants. Les grossesses sont nombreuses, rapprochées, souvent précoces ou tardives, et elles s'accompagnent d'une forte mortalité infantile (70‰). Autres informations inquiétantes liées à la maternité : huit femmes meurent par jour à Madagascar. Parmi elles, une femme sur sept meurt à cause des complications liées à la grossesse, cinq en raison des complications obstétricales majeures. Aujourd’hui, Madagascar veut encourager l'usage des méthodes contraceptives.


Madagascar : 750 millions de dollars perdus par an à cause de la pêche illégale

2009-06-05

http://tinyurl.com/q3u3b3

Madagascar perd au moins 750 millions de dollars chaque année à cause de la piraterie et de la pêche illégale au large de ses côtes. Les mers au large de Madagascar sont riches en poissons et langoustes, dont la plupart ont été illégalement pêchées par les navires étrangers. Selon un amiral de la Marine malgache, l’instabilité politique favorise aussi, de plus en plus, le trafic d'armes, l'immigration clandestine et le déploiement des pirates dans la zone de l’océan Indien.


Sénégal : Le premier lingot d’or est sorti des mines

2009-06-05

http://tinyurl.com/okm7w3

Le Sénégal est entré dans la sphère des pays producteurs d’or avec la sortie du premier lingot d’or de la mine de Sabodala, dans le sud-est du pays. Le produit a été présenté au président de la République au cours d’une cérémonie officielle. La société australienne MDL coiffe, depuis près de quatre ans, l’exploitation de l’or dans cette nouvelle zone aurifère. La mine d’or de Sabodala a une production moyenne estimée à 4,229 tonnes par an, pour les dix prochaines années, indique un document remis à la presse. Elle avait créé 430 emplois permanents en février dernier.


Sénégal : Air Sénégal international est mort

2009-06-04

http://tinyurl.com/rye9g9

La crise d’Air Sénégal international (ASI) connaît finalement son épilogue. L’arrêt de mort d’ASI a été signé et la naissance d’une nouvelle compagnie sur ses cendres annoncée. C’est ce qu’ont décidé l’Etat du Sénégal et la Royal Air Maroc qui était son partenaire dans ASI. Ainsi, cette dernière est la partie qui sort visiblement vainqueur d’un conflit qui a duré plusieurs mois, elle qui a toujours clamé haut et fort son désir de se retirer de la gestion de la compagnie.





Santé & VIH/SIDA

Afrique du Sud : Essai d'un vaccin contre la tuberculose chez le nourrisson

2009-06-05

http://tinyurl.com/ohmzz9

Un nouvel essai est sur le point d’être mené en Afrique du Sud pour tester l’efficacité d’un vaccin pédiatrique contre la tuberculose. Près de 2 800 nourrissons participeront à cet essai d’une durée de deux ans, à l’issue duquel les chercheurs de l’Initiative Sud-Africaine sur les Vaccins contre la Tuberculose (SATVI) espèrent prouver que l’injection, en rappel, d’un nouveau vaccin contre la tuberculose permet d’améliorer l’efficacité du BCG, seul vaccin à ce jour contre la tuberculose, utilisé depuis près de 90 ans. Le vaccin a été testé chez des sujets adultes séropositifs, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et au Sénégal.


Afrique du Sud : Les prestataires de santé, plus exposés à la tuberculose pharmacorésistante

2009-06-04

http://tinyurl.com/qfp5fm

Les prestataires de santé de la province du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, sont plus exposés que le grand public au risque de contracter la tuberculose pharmacorésistante, selon de nouvelles recherches. D’après une étude réalisée auprès de 3 639 patients envoyés entre 2003 et 2007 dans un centre spécialisé, 235 d’entre-eux étaient des prestataires de santé. Parmi eux, 23 étaient atteints de tuberculose ultra-résistante. Ces conclusions confirment l’insuffisance des mesures mises en place pour contrôler la transmission de la tuberculose dans de nombreux centres de santé d’Afrique du Sud, mettant en danger les travailleurs de la santé.


Bénin : Une campagne contre la polio interrompue par la grève

2009-06-04

http://tinyurl.com/ntf75t

Le Bénin a suspendu, pour une durée indéterminée, une campagne de vaccination contre la poliomyélite en raison d'une grève des professionnels de santé, à l'heure où l'on assiste à une résurgence de la maladie dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. La campagne, qui devait débuter le 29 mai, s'inscrit dans le cadre d'une offensive menée dans l'ensemble de la région. Compte tenu des nouveaux cas d’infection recensés en Afrique de l'Ouest au cours de ces quelques derniers mois, des milliers d’enfants sont exposés au risque de paralysie irréversible. La campagne actuelle cible 74 millions d’enfants dans la région.
Développement


Egypte : La grippe A débarque en Afrique

2009-06-04

http://www.afrik.com/article16887.html

L’abattage en masse de quelques 150 000 porcins n’aura pas suffit à l’Egypte pour éviter l’apparition de la grippe A (H1N1) sur son territoire. C’est par un voyageur que le virus a débarqué dans le pays. Il a été détecté sur une fillette de 12 ans, en provenance des Etats-Unis, qui passait les vacances d’été en Egypte. C’est ce qu’a indiqué, le 2 juin, le ministre égyptien de la Santé. Ce premier cas de la maladie, détecté au pays des Pharaons, constitue aussi le premier du continent qui, jusque là, était épargné. L’Egypte doit déjà faire face à la grippe aviaire qui a tué 27 personnes sur son territoire depuis février 2006.


Gabon : Le sida explose !

2009-06-04

http://tinyurl.com/kod2op

Six personnes meurent chaque jour du Sida au Gabon, 2.300 en meurent chaque année alors que six personnes sur 100 sont infectées par la pandémie. Ces chiffres ont été déclinés le 1er juin, à l’occasion du lancement d’une caravane nationale d’information et de sensibilisation sur le Vih/Sida. Quelque 350 agents sensibilisateurs ont été formés par les experts du ministère en charge de la lutte contre le Sida, dans le cadre de cette opération d’une semaine avec pour missions, entre autres, de donner aux populations les moyens de prévenir, lutter contre la stigmatisation et d’informer les populations.


Global : La discrimination contre les séropositifs persiste

2009-06-05

http://tinyurl.com/poesop

Une étude d’ATLIS (AIDS Treatment for Life International Survey) montre que 54% des patients refusent de rendre publique leur séropositivité. Pour 83% d’entre eux, cette attitude est dictée par la crainte d’une stigmatisation sociale ! Bien que de réels progrès aient été réalisés en termes d’information et d’éducation du public, les tabous liés au VIH/SIDA persistent donc. A tel point que plus de quatre sondés sur dix, ont estimé que l’annonce de leur séropositivité pourrait avoir des répercussions allant jusqu’à la rupture de relations familiales et/ou amicales. Le tiers des répondants s’est dit inquiets pour son avenir professionnel. Ces personnes ont également exprimé la crainte de voir leur réputation mise à mal...


Global : Un nouveau médicament en vue contre la tuberculose

2009-06-05

http://tinyurl.com/r97buo

équipe de chercheurs français et belges a élaboré un médicament qui rend le bacille de la tuberculose hypersensible au traitement antibiotique de référence. C’est la première fois qu’une telle stratégie est proposée pour lutter contre une maladie infectieuse, expliquent les auteurs, qui relèvent que la stratégie a pour le moment donné satisfaction du moins chez l’animal. Les premiers essais chez la souris montrent que cette approche permettrait de diviser par trois la quantité d’antibiotique nécessaire. Les premiers essais chez l’homme pourraient avoir lieu dès 2012, souligne la même source.


Guinée : Les médicaments font leur réapparition sur le marché noir

2009-06-04

http://tinyurl.com/n8amb2

Des médicaments dangereux font leur réapparition sur les marchés de Conakry, quelques mois après l’adoption de mesures par le gouvernement militaire pour lutter contre les ventes non réglementées. 
 La lutte contre la contrefaçon de médicaments demeure difficile compte tenu de la pénurie sévère de médicaments à laquelle sont confrontés les hôpitaux publics et les centres de santé. 

Les pharmacies privées disposent de médicaments, mais ceux-ci sont trop onéreux pour un grand nombre de Guinéens.





Éducation

Sénégal: 38 étudiants en médecine pourraient perdre leur année

2009-06-05

http://tinyurl.com/otnomz

A 15 jours de la date des examens, 38 médecins en spécialisation à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) risquent de perdre leur année académique. Ils ont été sommés de payer, avant le 5 juin, les frais d'inscription en Certificat de spécialisation. Ces frais, qui se situaient avant 2008 entre 50 et 150 000, sont passés à 500 000 francs. La hausse des frais d'inscription qui passent désormais à 500 000 francs pour le Certificat de spécialisation en médecine, décidée par l'Assemblée générale de la Faculté de médecine de l’UCAD, est perçue comme une farce de mauvais goût par les médecins en spécialisation. Ces derniers ne peuvent concevoir cette mesure d'autant plus que trente-huit d'entre eux, inscrits en première année, risquent de perdrent leur année académique s'ils ne régularisent pas leur facture d'ici la date limite.





Racisme & xénophobie

Afrique du Sud : Desmond Tutu s'excuse pour les attaques xénophobes

2009-06-05

http://tinyurl.com/p5lrzc

L'archevêque sud-africain et Prix Nobel de la paix (1984), Desmond Tutu, a présenté des excuses au Nigeria pour les attaques xénophobes sur des citoyens de ce pays ainsi que sur d'autres Africains en 2008 dans des villes sud-africaines. S'exprimant lors d’une visite au Nigeria, il a déclaré que son pays devait une "énorme dette" à la population nigériane pour l'assistance qu'il a offerte à l'Afrique du Sud pendant la lutte pour mettre fin à l'apartheid. Des Nigérians ainsi que d'autres ressortissants africains avaient fait l'objet d'attaques dans une série d'émeutes xénophobes qui ont éclaté en mai 2008 et qui ont fait au moins 62 morts.


Afrique du Sud : Les Zimbabwéens fuient encore la violence

2009-06-04

http://tinyurl.com/q35bgf

Malgré la formation d'un gouvernement d'union à Harare, des milliers de Zimbabwéens continuent à fuir leur pays pour l'Afrique du Sud, où ils vivent pourtant un "cauchemar" car ils sont maltraités. Nombre d'entre eux sont victimes de "violences, d'abus sexuels, de harcèlement", et ils souffrent d'un "grave manque d'accès aux soins de santé basiques", selon Médecins Sans Frontières. Ces Zimbabwéens entrent toujours illégalement en Afrique du Sud, alors qu'ils n'ont plus besoin depuis quelques semaines de visa pour un séjour n'excédant pas 90 jours.


Global : Procès des meurtriers d'un étudiant sénégalais en Russie

2009-06-04

http://tinyurl.com/oyga3m

Le procès d’un étudiant sénégalais assassiné le 7 avril 2006, en Russie, s’est ouvert ce le 1er juin à Saint-Pétersbourg, en Russie. La victime sortait d’une boîte de nuit avec des amis africains quand il a été atteint d’une balle en pleine tête, tirée par un membre d’un gang de skinheads. Dans le box des accusés, quatorze jeunes skinheads. Les autorités russes semblent décidées à faire du procès un exemple pour enrayer la vague de criminalité qui affecte l’image du pays et montrer qu’il punit sévèrement le racisme.





Environnement

Afrique : Les ministres s'attaquent au changement climatique

2009-06-05

http://tinyurl.com/qjuvhh

Les ministres africains de l'Environnement ont achevé une rencontre le 29 mai au Kenya par l'adoption de la Déclaration de Nairobi, un jalon important sur la route pour le combat contre le changement climatique sur le continent. La priorité affichée par les pays africains est de mettre en oeuvre les programmes sur le changement climatique d’une façon qui aide à parvenir au développement durable, particulièrement en termes de réduction de la pauvreté et d'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement, avec une attention pour les plus vulnérables tels que les femmes et les enfants qui subissent le gros de l'impact d'aujourd'hui.





Bien-être social

Cameroun: L'eau sale coule des robinets

2009-06-04

http://tinyurl.com/m6b2t6

Depuis deux semaines, l'eau qui coule des robinets à Ebolowa, dans le sud du Cameroun, et sers environs donne du frisson aux populations. Elle présente à l'oeil nu tous les défauts d'un liquide impropre à la consommation. De couleur jaunâtre, cette eau contient au repos un liquide visqueux de même couleur qui s'agglutine au fond du récipient. La vétusté des équipements de la station de pompage serait à l'origine du désagrément. Selon les responsables de ladite structure appuyés par la Délégation de l`Energie et de l`Eau soutiennent que l’eau reste propore à la consommation. Il ya deux ans, une enquête avait montré que tous les 100 millilitres d`eau de la défunte société des eaux, la Snec, contenaient en moyenne 400 coliformes de toutes natures.


Rd Congo : Des familles obligées d'abandonner leurs morts

2009-06-05

http://tinyurl.com/qmexkq

Certaines familles vivant dans une misère sans pareille n’ont pas trouvé mieux que d’abandonner à la morgue les dépouilles des leurs pour obliger l’administration urbaine de la ville de Lubumbashi à s’occuper de leurs funérailles dans le cadre de la prise en charge des indigents. Selon des informations recueillies au service d’inhumation de la mairie de Lubumbashi, 46 dépouilles identifiées comme des « indigents » ou des « personnes sans famille », au nombre desquels se trouvent également des malades mentaux et des enfants de rue, ont été inhumées par l’Hôtel de ville, entre janvier et avril 2009.





Conflits & urgences

Kenya : L’armée reçoit l’ordre de combattre les groupes armés somaliens

2009-06-04

http://tinyurl.com/m5kk27

Les forces armées kenyanes ont élevé le niveau d'alerte pour faire face aux groupes armés qui menacent la paix dans le pays. Le président Kibaki a indiqué le 1er juin, lors de la célébration du 46e anniversaire de l’indépendance, que l'armée a reçu l'instruction de faire face, avec la plus grande fermeté, à toute menace de la sécurité du pays, qu'elle soit d'origine interne ou externe. Le groupe armé somalien AL Shabaab qui contrôle présentement la région située dans le Nord-Est du Kenya a décidé de revendiquer les vastes étendues de terre de cette région et d'imposer la loi islamique sur ce territoire kenyan.


Mali : Grave incident entre le Mali et la Guinée

2009-06-04

http://tinyurl.com/lz7f4b

Le Général ATT et le capitaine Dadis Camara sont intervenus pour éviter le pire entre les communautés malienne et guinéenne et ramener le calme à Guéckédou, ville située à 700 kilomètres de Conakry aux frontières du Liberia et de la Sierra Leone et où vit une forte communauté malienne. Cette intervention des deux chefs d’Etat est consécutive à un incident entre Maliens et Guinéens, il y a une quinzaine de jours. Une semaine plus tard, c’était au tour d’une partie de la communauté guinéenne vivant à Bamako d’être prise à partie par la police malienne. Toute chose qui incita la représentation diplomatique guinéenne à Bamako à alerter le ministre malien des Affaires étrangères. Guéckédou était considérée, à tort ou à raison, comme le fief de la rébellion à la fin des années 1990 sous feu Lassana Conté.


Somalie : L'Etat peut-il revivre ?

2009-06-04

http://tinyurl.com/lqcm6l

Seule une nouvelle intervention de l’ONU peut-elle conduire à la renaissance de l’état en Somalie ? La question peut paraître brutale, mais elle mérite d’être posée. En effet, depuis 1991, la guerre civile fait rage dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Tout est parti, le 27 janvier 1991, de la chute du président Siad Barré, remplacé par Ali Mahdi Mohamed. Et l’anarchie a commencé. La communauté internationale est intervenue, mais la situation n’a guère changé. Qui ne se souvient, en décembre 1992, du début de l’opération militaro-humanitaire Restore Hope, sous mandat de l’ONU, puis, en octobre 1993, du retrait des forces américaines de Somalie, suivi, en mars 1995, du retrait de la mission des Nations Unies pour la Somalie (Onusom) ? Le fiasco de ces opérations montre à suffisance la complexité de la pétaudière somalienne.


Tchad : Arrestation du chef rebelle centrafricain Charles Massi

2009-06-05

http://tinyurl.com/qbuhea

L'ex-ministre centrafricain de la Défense, le colonel Charles Massi, qui dirige un mouvement rebelle, a été arrêté dans le sud du Tchad alors qu'il tentait de traverser la frontièr, comme passager d'une moto 'clando' (taxi clandestin). Il est actuellement emprisonné à N'Djamena. Ancien ministre sous le président Ange-Félix Patassé renversé en 2003 par l'actuel président François Bozizé, Charles Massi est le principal dirigeant de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), un mouvement rebelle qui n'a pas adhéré au processus de paix en cours en Centrafrique et qui s'est accroché avec l'armée centrafricaine à plusieurs reprises cette année dans le nord-ouest.





Internet & technologie

Afrique: Le site du PAM offre des cours sur les problématiques de la faim

2009-06-05

http://tinyurl.com/otdnmt

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a lancé une plateforme interactive dédiée à informer les étudiants et les enseignants sur les problématiques de la faim s'appuyant sur des outils pour développer leurs esprits critiques. La rubrique « étudiant/enseignant » du nouveau site du PAM (wfp.org) est conçue pour accroître la sensibilisation et la compréhension des problématiques liées à la faim, chez les enseignants, et leur permettre de mieux intégrer des sujets, tels les Objectifs du Millénaire pour le Développement, dont la réduction de la faim est l'objectif n°1, dans leurs cours. Le site propose aux enseignants des plans de travail et des activités créatives en complément des liens aux sites d'éducation, aux blogs et aux jeux interactifs.


Afrique : Le téléphone mobile, plus qu'un portable ?

2009-06-05

http://tinyurl.com/p8qbjj

Le téléphone portable, moins cher et moins gourmand en électricité, est-il parti pour supplanter l’ordinateur, en Afrique, au moins pour la réception d’Internet ? Les fabricants mobiles en sont de plus en plus persuadés. Aujourd’hui, la majeure partie des usagers africains utilisent des téléphones d’entrée de gamme, robustes et peu chers, comme LG vient d’en mettre sur le marché ou comme Motorola en a vendu près de 12 millions, depuis 2006, dans le cadre du « Programme mobiles pour les marchés émergents ».





Cours, séminaires, & ateliers

Afrique : Subvention de la Fondation Gates pour le reportage agricole

2009-06-05

http://tinyurl.com/r3gw3b

L’École de Journalisme de troisième cycle de l’Université de la Californie à Berkeley a reçu une subvention de deux ans de la Fondation Bill & Melinda Gates pour déveloper un programme de formation intensive conçu pour promouvoir la couverture médiatique du développement agricole en Afrique. La subvention de 767.800 dollars soutiendra des reportages aux États-Unis et le travail des reporters Africains. Elle impliquera également les étudiants de troisième cycle de l’École et invitera des professeurs associés d’Afrique et d’autres régions du globe.





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