Cette édition
Pambazuka News 105 : Ces feux qui couvent au Niger et dans le Delta du Niger
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Résumé de l'Édition Anglaise, 3. Nécrologie, 4. Zimbabwe, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Mouvements sociaux, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Le Niger, d’une rébellion à une autre : Même causes, mêmes effets
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : Encore loin du rêve de Biko : Réflexions sur le soulèvement des jeunes en 1976.
NECROLOGIE : Bongo inhumé dans l’intimité.
ZIMBABWE : Les violations des droits de l’homme se poursuivent.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Somalie : L’Union Africaine demande des sanctions onusiennes.
DROITS HUMAINS : Afrique : Washington dénonce le trafic d’êtres humains.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Les pays des Grands Lacs vont intégrer la gestion des frontières.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Gabon : Le lourd héritage du «Roi Bongo.
CORRUPTION : Afrique : Des experts africains en débat à Abidjan.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Un pacte mondial pour résister à la crise de l’emploi.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : 28 jours pour sauver la vie d’un enfant.
EDUCATION : Afrique : Pour un accès égal des filles à l’éducation et à l’emploi.
RACISME & XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Les marché, un des facteurs de violence xénophobe.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Une stratégie régionale pour préserver les forêts.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Gambie : Cinq journalistes arrêtés après avopir critiqué le président.
CONFLITS & URGENCES : Mali : L’armée attaque une base d’Al Qaeda.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Projets de coopération scientifique inter-universitaire.
Chroniques
Le Niger d’une rébellion touarègue à une autre : mêmes causes, même effets
Djibo Hamani
2009-06-20
http://pambazuka.org/fr/category/features/57200
Ce n’est pas l’histoire qui se répète dans les rébellions touarègues, ce sont plutôt les troubles qui se perpétuent à travers les mêmes causes contemporaines. Ainsi, ce ne sont ni les mêmes acteurs ni les mêmes données qui prévalent dans les premier et deuxième conflits armés apparus dans la région d’Agadez. Malheureusement, on n’a pas assez réfléchi sur la question au Niger. Sinon, on aurait vu que cette nouvelle rébellion qui a éclaté en février 2007 se distingue de celle des années 1990. On aurait aussi prévu, à l’époque, que le mode de règlement de la première rébellion entraînerait inévitablement une deuxième rébellion.
Lorsqu’un groupe armé se soulève dans un pays, au nom d’une région ou d’une entité, il y a toujours des revendications. Lesquelles revendications portent généralement sur les intérêts de la région. Or, qu’a-t-on fait à la fin de la première rébellion ? A-t-on pris en charge les problèmes des régions concernés? Non ! On a simplement satisfait un certain nombre d’individus, en l’occurrence les animateurs des factions armées de l’époque. On ne peut jamais satisfaire tout le monde, surtout dans un pays qui figure parmi les trois derniers de la planète sur l’Indice de développement humain. Mais le fait, ici, c’est qu’on a plutôt cherché à contenter des individus peut-être venus à la rébellion rien que pour des postes.
Quelques années après, d’autres personnes frustrées devaient fatalement prendre la relève pour procéder de la même façon, en vue de trouver des emplois dans l’armée, les corps paramilitaires et l’administration. Ou, à défaut, accéder à des fonds d’investissement pour monter des projets.
On dit souvent que ce sont les Touaregs qui sont entrés en rébellion. C’est en partie vrai, parce que les éléments qui ont pris les armes déclarent le faire au nom de cette population. Il y a aussi toute la presse étrangère, surtout française - en général favorable aux rebelles - qui véhicule cette idée. Et le gouvernement n’a jamais fait un effort pour rétablir la vérité. Car si des Touaregs sont à la tête des mouvements, il reste que 80% de la population touarègue que compte le Niger ne sont pas dans leur dynamique ni dans leur logique.
Combien de foyers de rébellion touarègue y a-t-il dans la région de Tillabéri ? Aucun ! Combien de foyers de rébellion touarègue dans le Damergou et le Damagaram ? Combien dans l’Ader ou dans le Gobir Toudou ? Or il s’agit de régions qui renferment 70 à 80% des Touaregs du Niger ! Il est donc abusif de dire que les Touaregs du Niger sont en rébellion. Il s’agit plutôt d’un mouvement qui concerne une région précise du pays.
Isoler le problème ne signifie cependant pas l’ignorer. Mais quand on se penche sur la question, on constate que le soulèvement concerne les Touaregs des régions pastorales. Les autorités soutiennent que beaucoup de choses ont été faites pour ces populations, avec des statistiques à l’appui. Cela n’a pas été pour permettre une réelle prise en charge des problèmes qui se posent.
Aujourd’hui, le pastoralisme ne marche plus dans une région restée dans une situation de précarité permanente depuis la période coloniale. Cette situation a poussé les communautés à se replier sur elles-mêmes. Lorsque les autorités pensent apporter des solutions en construisant par exemple des infrastructures sanitaires, elles passent à côté. On oublie qu’on a affaire à une communauté éparpillée et mobile. Certains bénéficiaires supposés sont souvent à des dizaines de kilomètres du dispensaire construit. Pour y accéder, il leur faut plusieurs jours de marche. En somme, on réfléchit à des solutions adaptées à des populations sédentaires, pour des communautés qui vivent dans un nomadisme traditionnel. Il faut que les autorités nigériennes acceptent de traiter les problèmes en fonction du contexte.
Il n’est pas certain que les éléments qui ont pris les armes dans le cadre de la première comme de la deuxième rébellion l’ont fait pour réellement chercher le règlement des préoccupations des populations. Leur satisfaction, ici ou là, a pu se suffire de l’attribution de postes et de privilèges. Le gouvernement joue leur jeu et le problème reste entier. Demain, une autre génération viendra brandir le même flambeau de la révolte.
Parler de rébellion touarègue peut paraître abusif, poser le problème sous l’angle d’une «question touarègue» est dangereux. En fait, il s’agit d’une question nationale. Agadez n’est pas une ville frontalière. Elle est en plein centre du Niger, à égale distance de la Libye et du Burkina Faso, à égale distance aussi de l’Algérie et du Nigeria. Agadez n’est pas l’extrême nord, ce n’est pas le nord non plus ; c’est le centre du pays.
Il y a quatre siècles, quand une rébellion a éclaté dans le nord du Niger, le sultan du Bornou, Idrissa Alaouma, était venu s’installer à Bilma pour gérer la crise. Askia Mohamed aussi avait quitté Gao pour passer un an à Alaoucès, à 7 km au nord d’Agadez, pour gérer un conflit qui avait éclaté dans la région. C’est dire que les problèmes des populations des régions périphériques comme Agadez ou Diffa relèvent d’une «question nationale». Ce n’est pas parce qu’il s’agit de régions riches uranium ou en pétrole qu’il faut en faire des entités particulières.
Mais c’est la responsabilité de l’Etat nigérien de parfaire l’intégration de ces populations en mettant leurs besoins parmi les priorités du développement, avec des choix pertinents. Aujourd’hui, 90 % de la population nigérienne vit dans le quart sud du pays. L’avenir impose des migrations vers le Nord et il faut s’y préparer. Il faut que ces régions deviennent des pôles d’attraction. Les 127 milliards de bonus dans signature de la convention pétrolière avec la Chine devaient servir à la création du cadre attractif qu’il faut dans cette région d’avenir.
Malheureusement, les orientations prises ne font qu’isoler encore plus ces régions pour faire le lit des soulèvements. La zone est d’autant plus fragile chaque fois qu’un conflit armé éclate à Agadez, la zone nord malienne, habitée elle aussi par des Touaregs, s’embrase. De là à faire le lien entre les conflits nigérien et malien, certains observateurs n’hésitent pas. Or les différences sont réelles.
D’abord le conflit au nord Mali date de plus longteps. Au Niger, les brassages de populations qui remontent à plus de 1000 ans font qu’il est difficile de distinguer une communauté des autres. Tous les grands groupes ethniques du Niger ont vécu dans l’Aïr. Et les vestiges de leur séjour dans cette région existent encore. Si des liens existent entre les Touaregs du nord Niger et ceux du nord Mali - ce qui est naturel pour des populations nomades - il ne s’agit pas pour autant du même groupe.
Les Touaregs de l’Azawak ne sont pas les mêmes que ceux de Ménaka au Mali. Si des liens de parenté se sont bâtis à travers l’histoire, ils n’ont pas été une même entité politique. C’est à la faveur des rébellions qu’une telle jonction a pu se faire. Et si les autorités nigériennes et maliennes n’insistent pas dessus, la vérité demeure que ce sont les Français qui sont à l’origine de cette situation en créant l’Organisation commune des régions sahariennes (O.C.R.S) (1). Celle-ci devait regrouper toutes les régions touarègues en une seule entité détachée des autres, pour permettre à la France de rester maîtresse des ressources du Sahara. Et si le degré d’implication de la France dans cette actuelle deuxième rébellion reste à préciser, elle était évidente dans la première.
Toute une histoire a été bâtie sur l’image du Touareg rebelle. Elle est fausse. Les soulèvements armés que connaît cette région peuvent trouver leur solution dans une politique de développement plus inclusive pour ces communautés. Plus adaptée à leurs besoins, mais surtout à leurs réalités.
NOTE :
1 – La France avait créé, le 10 janvier 1957, une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), avec l’objectif, «la mise en valeur, l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan, le Niger et le Tchad»
* Djibo Hamani est historien, enseignant-chercheur à l’université Abdou Moumouni de Niamey. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et figure parmi les spécialistes des questions touarègues
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Arrangement entre Shell et neuf Ogonis : Victoire ou défaite de la justice ?
Sokari et Firoze Manji
2009-06-20
http://pambazuka.org/fr/category/features/57203
Le 26 mai 2009, la multinationale Shell doit répondre devant la justice d’une plainte déposée le fils de Ken Saro-Wiwa et les familles de huit autre Ogonis tués par l’Etat nigérian en 1995. Le procès est reporté. Le 9 juin, la multinationale qui exploite le pétrole nigérian en dévastant l’environnement, en violant les droits humains dans les zones d’exploitation, en causant mort, ruine et désolation, sous le regard complice des autorités, trouve un arrangement avec les plaignants. Le prix : 15,5 millions d’euros. Mais ce n’est sans doute pas cette justice qu’il faut au combat de Ken Saro Wiwa et du peuple ogoni.
« Et comme j’allais, je pensais à la guerre qui a abîmé ma ville Dukana, rendu tellement de gens inutiles, en a tué tant d’autres, a tué ma maman et mon épouse, Agnès, ma belle et jeune épouse, avec J.J.C et qui m’a rendu comme un lépreux parce que je n’ai plus de ville où aller. Et je pensais comme j’étais fier d’aller à Soza et je voulais m’appeler ‘Sozaboy‘. Mais maintenant si quelqu’un mentionne la guerre ou même une bagarre, je veux courir et courir et courir et courir.’’ (Ken Saro-Wiwa, Sozaboy)
Il y a treize ans, Ken Saro-Wiwa junior et les familles des huit autres Ogoni assassinés par l’Etat du Nigeria en 1995, en plus de deux autres Ogonis, déposaient trois plaintes séparées contre la Royal Dutch Petroleum, Shell Petroleum Development Corporation (SPDC) et Brian Anderson, l’ancien PDG de la SPDC. Les plaignants accusent la compagnie pétrolière de violations des Droits de l’Homme, d’avoir armé l’armée nigériane et d’être complice de l’exécution extrajudiciaire de 9 Ogonis en 1995.
Le procès contre Shell devait commencer le 26 mai. Il avait été reporté sine die. Le mardi 9 juin 2009, on apprend que Shell, au terme d’un arrangement à l’amiable, a décidé de verser aux familles des victimes la somme de 15,5 millions de dollars, dont 5 millions de dollars dans un fonds en faveur du peuple Ogoni. La compensation a été offerte sans reconnaissance de torts quelconques.
Si cet accord est perçu comme une victoire pour les Droits de l’Homme, il n’en soulève pas moins des questions inquiétantes en ce qui concerne les procès que pourraient intenter des communautés autochtones locales aux multinationales coupables de violations des Droits de l’Homme et d’atteintes à l’environnement.
Il est impossible de séparer les actions des compagnies pétrolières qui opèrent dans le delta du Niger des actions du gouvernement du Nigeria dans cette région. Leurs relations, quoique complexes, sont basées sur le profit à l’exclusion de toute autre considération. En échange du pétrole du delta du Niger, les compagnies pétrolières, avec le soutien de l’Etat du Nigeria, laissent derrière elles un désastre écologique, des villes et des villages en ruines, la mort par le feu, la pollution et les balles des militaires nigérians.
Shell et les autres compagnies pétrolières qui opèrent dans la région détiennent la palme de la pire dévastation de l’environnement au monde. Ceci inclut la pollution de l’air et de l’eau, la dégradation des terres arables, les dommages à la faune aquatique, la rupture des systèmes de drainage, les incendies dus au pétrole qui ont fait des morts et des grands brûlés en dehors de toute possibilité d’accès aux soins médicaux. Les oléoducs qui fuient, et dont un bon nombre passent dans les villages, devant les maisons, les gaz qui brûlent et qui rejettent des gaz toxiques et d’autres poisons dans l’atmosphère, sont responsables de ces dommages.
Feu le professeur Claude Ake, mort dans un accident d’avion en 1996, usait du terme ‘’militarisation du commerce’’ pour décrire la relation entre Shell et le gouvernement militaire du Nigeria. Il faisait référence à l’alliance contre-nature qui a conduit à la collaboration entre Shell et les militaires pour planifier la mort de Ken Saro-Wiwa et des 8 Ogonis, ainsi que des milliers d’autres qui ont été mutilés et tués depuis 1990. Bien qu’Ake faisait référence au gouvernement militaire de feu Sani Abacha, rien n’a changé depuis 1995, en dépit de la ‘’démocratie’’. Au contraire, le delta a connu plus de violence sous les gouvernements d’Obasanjo et de Yar’ Adua que sous les dictatures militaires.
Il y a un mois, les Joint Task Forces (JTF) pour le delta du Niger, de l’armée nigériane, ont lancé une attaque violente et soutenue à des fins de punition collective des communautés de la région, cette fois les Warri du Sud-Ouest. Et ce, sous prétexte de déloger les militants prétendument cachés dans les criques. Le nombre des morts n’est pour l’instant pas connu, mais les estimations vont de quelques centaines à plusieurs milliers, avec, de surcroît, 25 000 déplacés. Les jeunes courent un risque particulier. Ce sont eux qui, par le passé, ont été arrêtés par le JTF, prétendant qu’ils étaient des militants, alors que leur seul crime est d’être juste des hommes dans la force de l’âge.
C’est dans ce contexte que nous devons voir l’accord survenu entre les familles des neuf Ogonis et Shell. Dans cette affaire, le choc émotionnel des plaignants ne doit pas être sous estimé. Elle survient à un moment où ils ont besoin de pouvoir reconstruire leur vie et envisager le futur. Il n’y a pas de doute que c’est une victoire d’avoir réussi à pousser une multinationale aux portes d’un procès ; ceci n’est pas rien. C’est représentatif d’une mouvance émergeante qui a réussi à faire rendre des comptes aux multinationales pour leurs actions.
Ce cas s’ajoute à la jurisprudence qui a commencé à se construire avec le procès de Bowoto contre Chevron (le plaignant a perdu le procès) et renforce le fait que des compagnies enregistrées aux Etats Unis peuvent être amenées à comparaître en justice pour des atrocités commises outre-mer, même si justice n’est pas rendue dans tous les cas. En même temps, nous devons être conscients qu’en dépit du jugement d’une cour de justice au Nigeria, qui a condamné Shell a versé $ 1,5 milliards aux aborigènes Ijaw, dans l’Etat de Bayelsa, la multinationale a, jusqu’ici, refusé d’obtempérer. Ceci est le reflet du complet dédain et du manque de respect des multinationales à l’égard de la justice nigériane.
Ce cas présent a été porté devant la justice par les familles de neuf Ogonis ; il ne l’a pas été au nom du peuple Ogoni. Quelle est la portée de cette victoire et quelles sont ses implications pour d’autres plaintes contre Shell et peut-être d’autres compagnies pétrolières opérant au Nigeria ? Les 15,4 millions de dollars, bien que constituant une somme considérable pour les plaignants, n’est qu’une goutte dans l’océan de pétrole de Shell.
Bien que légalement Shell ait assorti cet accord d’une non reconnaissance de tort, il y a lieu pour les plaignants de se réjouir, étant donné que le public va tirer ses propres conclusions quant à la signification de l’arrangement à l’amiable consenti par la multinationale. Mais cet arrangement peut aussi signifier, pour les autres compagnies pétrolières, que le prix de l’impunité équivaut à la production d’un jour du pétrole des Ogoni, des Ijaw ou des Itsekiri.
Alors que les familles des neuf Ogonis peuvent célébrer une victoire partielle et se sentir soulagées d’en avoir fini avec des années d’angoisse et de durs combats pour porter leur cause devant la justice, il est difficile d’ignorer l’arrière-goût amer laissé par les eaux polluées, les rivières empoisonnées, les gaz et les émanations toxiques et la destruction des communautés exploitées et vivant dans le stress. Un fardeau porté par le peuple Ogoni depuis des décennies. La destruction des communautés et de l’environnement est à mettre au compte aussi bien des multinationales, y compris Shell, que de l’Etat du Nigeria.
Que Shell ait été contraint de payer - sans reconnaissance de tort - est déjà une sorte de victoire. Mais nous devons être attentif de ne pas confondre, dans l’euphorie du moment, cette victoire avec la justice. Ce n’est une justice ni pour les familles des neuf Ogonis, ni pour le peuple Ogoni. La nécessité de combattre pour la justice et d’amener les coupables de tels crimes devant la justice reste entière. Comme le combat des Ogonis, initié par Ken Saro-Wiwa, a inspiré d’autre peuples du delta pour exiger des compagnies pétrolières justice et équité, ce procès en a inspiré d’autres et il dépasse ainsi la cause représentée par les plaignants. Nous devrions nous souvenir qu’en ce moment la violence militaire et la dévastation de l’environnement continuent de détruire la vie des gens. La question finale est maintenant de savoir si Shell, Elf, Mobil et Chevron vont être motivés à réparer les dommages ou si les choses demeurent inchangées.
Il y a nombre d’autres cas en suspens contre Shell au Nigeria, y compris une plainte collective déposée par les Ogonis. Il est peu probable que Shell propose un arrangement à l’amiable. Il nous appartient de veiller à ce que justice soit faite pour les Ogonis, publiquement. Générons de larges discussions publiques pour soutenir leur combat pour obtenir justice.
Dors bien Ken
Et souris à tes tueurs
Bien qu’étant à quelques pieds sous terre
La lutte que tu as initiée continue
(Danson Kahyana)
* Sokari Ekine a un blog à Black Looks
* Firoze Manji est le rédacteur en chef de Pambazuka News
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka ou à http://www.pambazuka.org
(Les détails du procès et de l’accord peuvent être trouvés sur http://wiwavshell.org/wiwa-v-shell-victory-settlement/)
Le massacre cautionné par l’Etat aggrave l’insécurité dans la région du delta du Niger
Anyakwee Nsirimovu
2009-06-20
http://pambazuka.org/fr/category/features/57202
La Coalition de la Société Civile du Delta du Niger Delta (NDCSC) a été choquée, au-delà de tout ce qu’on peut dire, en apprenant le massacre et l’éradication des communautés du Delta du Niger par le régime « démocratique » du président Yar’ Adua. Un gouvernement fou, impotent et illégitime, qui n’a pas fait progresser le Nigeria d’un iota en terme de développement humain visible, mais a démontré, en autorisant ce dernier massacre qui a rendu orphelins des milliers d’enfants dans la région du royaume de Gbaranmat, ce nouveau brasier, qu’il y a un plan et une stratégie pour les régimes nigérians qui ne reculent devant rien – même pas un génocide- pour se débarrasser des communautés de la région, effacer leur moyens de survie, afin de permettre que le pétrole coule sans obstacle, pour qu’eux-même puissent s’enrichir.
Le bombardement indiscriminé et le massacre des femmes, des enfants et des vieillards impuissants de la communauté par des mercenaires de l’armée fédérale a sans doute fini de déconsidérer l’exercice de relation publique dérisoire dans lequel le président s’est lancé une entreprise d’amnistie et de rétablissement de la paix dans la région.
La stratégie de nettoyage adoptée lors de la dévastation des localités d’Odi, d’Odioma, d’Agge, d’Umuechem a été répété au royaume de Gbaranmatu, les militaires s’assurant que le nombre de ceux qui ont été violés, massacrés, mutilés et maltraités ne soit jamais connu afin de ne pas heurter la conscience du monde. Le degré de violations des Droits de l’Homme dans la région, par le gouvernement et les militaires, a atteint de telles proportions qu’il mérite d’être porté à l’attention du monde afin que des mesures soient prises et que ce régime autoritaire soit mis sous pression pour l’amener à réagir de façon humaine aux requêtes légitimes des peuples de la région.
Pour le NDCSC, et nous le disons avec force, le conflit du delta du Niger est le résultat de violations graves et attestées des droits culturels, sociaux, économiques, politiques et environnementaux de citoyens minoritaires et l’accaparement du pétrole. Elle n’a donc rien à voire avec une criminalité orchestrée, argument utilisé pour nier la lutte que mène la communauté pour plus de justice sociale. La théorie de la criminalité orchestrée et de la cupidité, qui passe sous silence les membres du régime qui entretiennent la prolifération des armes et poussent le complexe industriel ayant fait main basse sur le pétrole à punir, permet au gouvernement fédéral et aux multinationales de faire bonne figure au milieu de la dévastation humaine qui frappe la région.
N’oublions pas que le cycle actuel de violence a commencé suite à la violence structurelle de l’Etat. Une violence à laquelle il faut ajouter les procédures opérationnelles inhumaines des multinationales. La réponse criminelle de l’Etat, à ce qui était une manifestation pacifique emmenée par feu Ken Saro-Wiwa, a entraîné un changement de stratégie chez une population qui croit véritablement qu’un gouvernement imposé n’offre aucune sécurité quant à leurs moyens de subsistance. Ceci a inévitablement conduit à la multiplication des prises d’otages et des actes de destruction des installations pétrolières.
Le NDCSC souhaite attirer l’attention de la communauté internationale et des mouvements démocratiques frères sur le fait que les aspirations humaines fondamentales sont continuellement frustrées à grande échelle par un gouvernement illégitime et les régimes étatiques dans le delta du Niger. L’expérience de ces dernières décennies montre que l’arbitraire règne en maître dans la région pour éviter que débordent les manifestations liées à l’impuissance et à la frustration qui tendent à s’exprimer face aux richesse et à une gouvernance infernale. Nous craignons que le massacre par les militaires ne fassent pas taire les revendications pour plus de justice sociale, mais plutôt que de cette humiliation et de ces pertes additionnelles jaillissent des manifestations extrêmes afin que le monde, qui continue de tolérer le régime autocratique du Nigeria, prenne conscience que ce régime a des caractéristiques incompatibles avec la justice et la dignité humaine, inacceptable pour les peuples et qui méritent qu’on meurt en les combattant.
Par conséquent, le NDCSC réitère sa requête auprès des peuples de la région afin qu’ils l’aident à trouver une paix juste au travers d’un développement durable qui leur a été refusé jusqu’ici. Il demande que les pauvres et les vulnérables soient au centre du processus de développement de leur communauté, ainsi que la protection des ressources vitales, pour les générations futures et les systèmes naturels dont toute vie dépend.
Une fois encore le NDCSC en appelle à tout le monde civilisé et aux mouvements démocratiques, afin qu’ils prennent leurs responsabilités dans la protection d’êtres humains n’importe où dans le monde et qu’ils prennent les principes démocratiques au sérieux, en sommant le régime autocratique du Nigeria - en passe de détruire l’énorme investissement dans la construction de la démocratie - de donner suite de toute urgence aux demandes justes des peuples du delta du Niger, en particulier parce que la répression va certainement mener à la catastrophe déjà en préparation dans cette partie du monde et qui est pourtant évitable.
* Anyakwee Nsirimovu est le président de la Coalition de la Société Civile du Delta du Niger
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Ombres et lumières : Bilan de 10 ans de démocratie ininterrompue au Nigeria
Auwal Ibrahim Musa
2009-06-20
http://pambazuka.org/fr/category/features/57201
Le 29 mai 2007, le Nigeria est revenu le règne de la démocratie après plus de deux décennies de dictature politique dans notre histoire politique. Le 29 mai 2009, en ayant à l’esprit les soubresauts de l’histoire politique du pays, les Nigérians ont raison de célébrer, avec tambours et trompette, les 10 ans de démocratie ininterrompue et de transition réussie entre un gouvernement démocratique et un autre. On est heureux et satisfait de savoir que les activités et les luttes de Nigérians courageux, provenant de la société civile, des médias, qui ont engagé le cheminement vers la démocratie, ainsi que les engagements pris par les membres du G8 (devenu entre-temps le G 28), dénonçant la situation alors dangereuse, produisent maintenant des dividendes.
Les années passant, il est attendu du Nigeria de faire croître et mûrir l’expérience démocratique. Les Nigérians se réjouissent du jour où ils auront derrière eux cent ans de démocratie, comme les Etats-Unis et l’Europe.
Le Civil Society Legislative Advocacy Centre (CISLAC) se saisit de cette heureuse occasion pour féliciter tous les Nigérians. Nous nous souvenons particulièrement et nous rendons hommage à ceux qui ont luttés pour la démocratie dont nous bénéficions aujourd’hui. Nous saluons le courage de ceux qui ont donné leur vie pour cette lutte, de ceux qui ont résisté, qui ont mis leur tête sur le billot lorsque le danger était permanent et de tous ceux qui ont contribué, d’une façon ou d’une autre, depuis les tranchées, la détention, l’exil, etc. Nous saluons votre courage, votre résilience et votre persévérance. Nous avons gagné 10 ans de cheminement dans la liberté et l’autodétermination.
Nombre de choses doivent néanmoins alimenter notre réflexion. Au cours des 8 premières années de notre démocratie, nous avons dit être en phase d’apprentissage. Est-ce qu’après dix ans nous sommes toujours en phase d’apprentissage ? La maturité n’est pas juste une question de nombre d’années, même si c’est le critère le plus usuel. Lorsque nous considérons les dix années passées, pouvons-nous véritablement être fiers de ces 10 années ? Pouvons-nous dire que nos expériences, attentes et notre développement physique et mental au cours de ces 10 dernières années justifient de sortir les tambours ?
En tant qu’organisation de la société civile engagée dans la défense de la législation, pouvons- nous dire que le corps législatif a produit des institutions à même de nous rendre fiers en tant que bastion de la démocratie ? Pouvons-nous dire que les institutions ont mûri suffisamment pour rendre des comptes au peuple ? Vos réponses valent les nôtres
Malgré ces défis, le CISLAC, comme organisation de la société civile et qui a pris la tête du processus de démocratisation, affirme haut et fort que la pire démocratie vaut mieux qu’une dictature éclairée ou un régime militaire même bienveillant. En conséquence de quoi, nous n’avons de choix que de continuer de promouvoir l’avancement de la démocratie en dépit des obstacles évidents, tout en espérant qu’au cours de notre cheminement nous pourrons élaborer des normes acceptables.
Lorsque nous examinons nos dix ans de fonctionnement démocratique, nous entendons des critiques et des experts dire que le corps législatif ou le Parlement coûte trop cher. Où y a–t-il une démocratie sans Parlement ? C’est vrai que c’est coûteux, mais comme le dit le dicton « si vous trouver la scolarisation onéreuse, essayez donc l’ignorance ». Ce sont des économies de bout de chandelles. Le corps législatif est la marque même de la démocratie et en mûrissant nous ne pouvons que l’améliorer et le rendre moins onéreux.
Pendant que nous célébrons…
Il n’y a pas de doute que la démocratie à amené au Nigeria des choses à chérir. Les bénéfices de la démocratie sont là avec nous, mais nous sentons qu’on peut les améliorer et qu’il est des domaines qui doivent être ajustés afin de la renforcer et de l’amener à maturité selon des normes internationalement reconnues. La question des réformes électorales est connue de tous les Nigérians. La démocratie ne peut être réelle que si les représentants du peuple ainsi que le gouvernement reçoivent leur mandat du peuple, comme c’est le cas à travers les élections. La transparence du processus qui produit des dirigeants politiques n’est pas négociable.
Ceci nous amène au rapport de la commission du juge Mohammed Uwais. Le CISLAC prie instamment le gouvernement et l’Assemblée nationale d’accepter ce rapport, en particulier la partie traitant de la direction de la Commission Electorale Nationale Indépendante (INEC). On doit accorder foi à l’arbitre en chef si l’on veut que le système soit crédible. Nous exhortons le Président de la République d’enterrer son ego et d’entendre les organisations de la société civile et les Travaillistes à cet égard.
Corruption dans les hautes sphères
Alors que nous célébrons les dix ans de gouvernance démocratique, il est pertinent d’examiner les allégations de corruption dans les hautes sphères. Récemment, le CISLAC a créé un mémorandum des pratiques corruptrices de l’Assemblée nationale de 1999 à nos jours. Nous n’avons enregistré que les actes rendus publics ; ce qui n’est, nous le savons tous, que la pointe de l’iceberg.
Les Nigérians attendent de leurs représentants, c'est-à-dire les membres de l’Assemblée Nationale, qu’ils les protègent, raison pour laquelle ils sont déçus lorsque ces scandales les impliquent. Nos recherches montrent que la corruption dans l’Exécutif fédéral est colossale. En comparaison, ce qui se passe au niveau Parlement est dérisoire. Les membres des ministères sont connus pour être des promoteurs officiels de la corruption. Dans ces cercles, le monstre se promène sur ses deux pieds en plein jour. Même des membres hauts placés du gouvernement exigent des pots de vin et sont protégés par le devoir de confidentialité.
La plus grande partie de la corruption qui gangrène le corps législatif n’est rendue possible et facilitée que par le bras exécutif. Une de ses manifestations réside dans le mauvais usage du budget. C’est dans les ministères que les enveloppes budgétaires votées sont gardées afin d’être partagées à la fin de l’année fiscale, compte tenu du fait que le report du budget sur l’année suivante a été banni. Dans certains cas, les entrepreneurs, de connivence avec les ministères responsables, effectuent un travail de mauvaise qualité, à moindre coût, et se partagent les montants restants, à moins qu’ils n’aient carrément partagé l’argent sans exécuter le contrat.
Cette procédure prévaut dans les contrats concernant les domaines routiers, l’hydraulique et l’électrification. Ce serait mieux si le ministère des Travaux publics et le ‘’ Due Process Office’’ se réincarnait sous un autre nom. Au cours de ces dix ans, le Nigeria aurait pu devenir un grand pays, où il fait bon vivre pour ses bons citoyens. C’est seulement par la connivence qu’il peut être fait un mauvais usage du budget, comme nous l’avons vu dans le scandale du ministère de la Santé qui impliquait le sénateur Lyabo Abasanjo Bello et des ministères, ainsi que les instances de supervision qui sont devenus des instruments d’extorsion.
Participation populaire
Lorsque nous parlons de démocratie, il n’est pas possible d’ignorer la participation du peuple en qui réside l’essence de la démocratie. Au cours de ces dix dernières années, avec un système électoral tordu, quelle a été l’ouverture du gouvernement à son peuple et dans quelle mesure a-t-il accepté la participation citoyenne dans la gouvernance ? Certains diront qu’il y avait des réelles avancées, en comparaison avec la dictature militaire et relèveront le fait que des groupes intéressés ont pu assister à des audiences publiques avant que certains décrets ne soient passés.
De l’avis du CISLAC, les choses pourraient être meilleures. C’est sur cette note que nous en appelons au Parlement afin qu’il passe sans délai la loi qui permet la transparence et oblige le gouvernement à rendre des comptes. Comme nous attendons que le rapport du juge Uwais devienne loi, les Nigérians pouvant maintenant véritablement choisir leurs dirigeants puisque leur vote étant dorénavant compté. Avec, en toile de fond, le brigandage et les fraudes électorales violentes qui caractérisaient la politique par le passé.
Energie
Notre lente croissance économique est le fléau de notre démocratie. Notre croissance économique est liée à la question de l’énergie et de l’électricité. Le président Umaru Musa Yar’Adua a promis de décréter l’état d’urgence dans ce secteur. Deux ans après, son investiture, les Nigérians attendent toujours et voudraient bien comprendre les tergiversations du président dans ce secteur.
Pauvreté
L’éradication et la réduction de la pauvreté et l’industrialisation sont directement liées à la question de l’énergie. Et plutôt que de s’améliorer, nos industries ferment leurs portes. On ne peut pas dire que la démocratie s’épanouit dans une économie défaillante avec des gens appauvris. Même les petites entreprises naissantes ne parviennent pas à faire du profit, en raison de l’absence d’énergie et la pénurie de carburants qui rend impossible la mise en marche des petits générateur appelés « Chinese toys » (les jouets chinois). La vérité c’est qu’au cours des 10 dernières années la pauvreté a augmenté en même temps que les revenus pétroliers se sont accrus au Nigeria.
Economie
La diversification de l’économie est un autre domaine auquel les autorités doivent s’intéresser. L’économie du Nigeria dépend presque entièrement de l’exportation du brut. C’est un fait bien connu que le monde se détourne du pétrole. Dans les huit premières années de cette démocratie, les revenus pétroliers se sont envolés. Il reste à la nation à découvrir où ces revenus ont été investis, tout comme il lui reste à faire l’expérience d’un grand pas vers la diversification. La crise du delta du Niger est un signe que nous ne pouvons dépendre trop longtemps de cette matière première pour obtenir des devises et nous attendons toujours de voir un changement majeur de politique.
Il est dit que la Constitution de 1999 est un document établi à la hâte par des militaires fatigués de la guerre et retournant avec empressement dans les casernes. Au cours de ces dix années d’expérimentation, nous n’avons pas été capables d’établir pour nous-mêmes des normes ou même d’amender ce mauvais document. L’expérience récente entre la Chambre des Représentants et le Sénat n’a été rien d’autre qu’une manœuvre de digression. Les vrais débats sont enterrés. En dix ans, nos acteurs politiques devraient avoir mûri suffisamment pour agur dans l’intérêt public.
Conclusion
En règle générale, la gestion des affaires de l’Etat a été mauvaise et le gouvernement ne s’est pas senti obligé de rendre des comptes à la population. La démocratie se portera mieux lorsque ces domaines flous seront mieux définis. Le président n’a pas à craindre, mais doit déclarer l’Etat d’urgence promis. Oubliez la politique partisane et mettez-vous au service de l’intérêt national sur la question des réformes électorales et combattez sérieusement la corruption. Par ailleurs le corps législatif doit se réveiller et demander des comptes à l’Exécutif, exercer sa surveillance des ministères. A défaut, dans 20 ans, la situation sera la même qu’aujourd’hui. Les Etats et gouvernements locaux ne doivent pas non plus être ignorés. Si les citoyens à la base avaient reçu les dividendes d’une véritable démocratie, les Nigérians auraient mieux fêté ces dix ans de démocratie retrouvée.
Notre cher et regretté Dr Tajudeen Abdul Raheem avait coutume de dire : « En avant toujours, en arrière jamais et qu’on ne se tourmente pas, mais qu’on commence à s’organiser ».
Puisse-t-il reposer en paix !
* Auwal Ibrahim Musa (Rafsanjani) est directeur exécutif du Civil Society Legislative Advocacy Centre
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Résumé de l'Édition Anglaise
Encore loin du rêve de Biko : Réflexions sur le soulèvement de la jeunesse en 1976
Mphutlane wa Bofelo
2009-06-20
http://pambazuka.org/en/category/features/57070
Emprisonné à 17 ans en tant que militant anti-apartheid, Mphutlane wa Bofelo ressort encore plus déterminés à affronter le système. C'était le rêve de «la liberté de notre peuple» que les gens agissent avec audace et courage, écrit-il, même si «nous savions que le prix pourrait en être mort». Pourtant, 33 ans après le soulèvement de la jeunesse en 1976, pour se révolter contre les conditions de vie à dans le camp de squatters de Durban Kenville, wa Bofelo revient sur les raisons qui font que les anciens combattants de la liberté peuvent parfois être plus vicieux dans les tentatives de faire avorter la liberté".
Nécrologie
Gabon : Bongo inhumé dans l’intimité
2009-06-18
http://tinyurl.com/lxpcgx
Après avoir succombé à une crise cardiaque, le 8 juin dernier à Barcelone, en Espagne, le chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, 73 ans, a été inhumé, dans l’intimité, à Franceville, dans le Haut-Ogooué, sa terre natale, le 18 juin. Des funérailles nationales d’une durée d’un mois ont été décrétées pour celui qui aura présidé aux destinées du pays ces quatre dernières décennies.
Niger : Djermakoye, première victime de l’entêtement de Tandja
2009-06-18
http://tinyurl.com/nym8z2
II aura, jusqu’au bout, donné sa vie pour la légalité républicaine. Ancien compagnon et ami de Mamadou Tandja, Moumouni Djermakoye a préféré la légalité républicaine au compagnonnage et à l’amitié. Ces derniers temps, il avait pris ses distances vis-à-vis du président Tandja qui, contre vents et marées, tient à réviser la Loi fondamentale pour continuer à rester au pouvoir. C’est en pleine manifestation contre cette mesure, le 14 juin, qu’il est décédé.
Tchad : Dix jours de deuil national pour Félix Malloum
2009-06-18
http://tinyurl.com/m7opq2
Le général Félix Malloum est mort le 12 juin, en France. Il avait 76 ans et avait dirigé le Tchad de 1975 à 1979. Le 18 juin sa dépouille devait être rapatriée au Tchad où le Président Idriss Deby Itno a signé un décret annonçant "un deuil national de dix jours", du 13 au 22 juin. Le général Félix Malloum avait pris la tête d’un Conseil supérieur militaire (CSM), mis en place à la suite d’un coup d’Etat en 1975 contre le premier président du Tchad, François Tombalbaye. Il avait finalement lui-même été chassé du pouvoir par Hissène Habré et contraint à l’exil en 1979.
Zimbabwe
Les violations des droits de l'Homme se poursuivent
2009-06-20
http://tinyurl.com/n36nro
Les violations des droits de l'Homme, "graves et persistantes", se poursuivent au Zimbabwe, quatre mois après la formation d'un gouvernement d'union nationale, estime Amnesty International. "L'introduction de réformes sur la police, l'armée et les forces de sécurité ont échoué, l'impunité se poursuit et il manque un engagement clair de la part de certains membres du gouvernement. Ce sont de réels obstacles qui doivent être réglés par les hauts dirigeants du Zimbabwe", a indiqué la secrétaire générale d'Amnesty lors d'une conférence de presse à Harare, le 18 juin.
Moniteur de l'Union Africaine
Somalie: L'Union africaine demande des sanctions onusiennes
2009-06-20
http://tinyurl.com/mc4hf4
La Commission de l’Union africaine (UA) a appelé le 17 juin le Conseil de sécurité de l’Onu à imposer des sanctions contre ceux qui s’opposent à la paix et la réconciliation en Somalie. La Commission n’a toutefois pas précisé le nom des groupes ou des États devant subir les sanctions. L’appel a été lancé suite à une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) tenu le 16 juin 2009 à Addis Abeba (Ethiopie). Le 22 mai 2009, l’UA avait demandé au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions contre l’Érythrée après avoir accusé le pays d’alimenter ou de soutenir des groupes armés en Somalie.
Droits humains
Afrique : Washington dénonce le trafic d'êtres humains
2009-06-18
http://tinyurl.com/lppvzz
Les Etats-Unis ont montré l'Afrique du doigt en ajoutant six pays de ce continent à une liste de 17 pays où rien n'est fait, selon Washington, pour lutter contre le trafic d'êtres humains. Dans son rapport annuel sur le trafic d'êtres humains, le département d'Etat américain a ajouté sept pays, dont six situés en Afrique subsaharienne, sur leur liste noire 2009: l'Erythrée, la Malaisie, la Mauritanie, le Niger, le Swaziland, le Tchad et le Zimbabwe. Tous les pays inscrits sur cette liste risquent des sanctions, et notamment la suppression de l'aide américaine non humanitaire.
Kenya : Kofi Annan accélère la création d’un tribunal sur les violences post-électorales
2009-06-19
http://tinyurl.com/kuchw3
Le gouvernement kenyan dispose de 10 semaines pour instaurer un tribunal chargé d’enquêter et de juger les présumés responsables des violences post-électorales de l’an dernier, soldées par plus de 1500 morts et des centaines de milliers de personnes déplacées dans le pays, a décidé l’ex-secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan. Il a, en même temps averti que l’affaire serait déférée à la justice internationale à l’expiration du délai susdit. M Annan a, en outre, affirmé avoir reçu des garanties de la part du président Kibaki et du Premier ministre Raila Odinga pour tenter à nouveau de former le tribunal.
Niger : Les enfants survivent dans la précarité
2009-06-18
http://tinyurl.com/lupcpp
La Coalition nigérienne des ONG et associations en faveur de l’enfance au Niger (CONAFE-Niger) a invité, le 16 juin, les pouvoirs publics à prendre des mesures « idoines » pour juguler la « léthargie » qui caractérise le comité national sur la survie de l’enfant et le manque « crucial » de moyens mis à sa disposition. Des progrès sectoriels sont cependant notés. Plusieurs plans et programmes ont été élaborés pour garantir la survie de l’enfant nigérien comme la couverture sanitaire, dont le taux passe de 42 % en 2004 à 62 % en 2008, ainsi que la proportion des enfants vaccinés jadis de 60 % en 1998 et passée à 83, 5 % en 2006.
Rwanda : Des jeunes traumatisés par le passé
2009-06-19
http://tinyurl.com/mjc9by
Au Rwanda, les 100 jours de commémoration annuelle du génocide ravivent les blessures, surtout chez les jeunes, qui commencent à comprendre ce qui s'est passé en 1994. Les plus fragiles sont pris de violentes crises de traumatisme. Des centaines de personnes lancent des fleurs dans la rivière Sebeya, à Rubavu, au nord-ouest du Rwanda, depuis mi-mai dernier, pour rendre hommage à toutes les victimes du génocide mortes noyées après avoir été jetées à l'eau.
Sénégal : Les mandats d'arrêt français contre deux ex-ministres annulés
2009-06-19
http://tinyurl.com/mfr2lr
La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a annulé le 16 juin les mandats d'arrêts délivrés contre l'ancienne Premier ministre sénégalaise et l'ex-ministre des Forces armées pour leur responsabilité présumée dans le naufrage du Joola, qui a fait plus de 1. 800 morts en 2002. La chambre de l'instruction, qui a la possibilité d'examiner la régularité des actes de procédure, a déclaré la nullité de ces deux mandats d'arrêt, estimant que ces deux anciens ministres bénéficient d'une immunité, qui couvre les actes dans le cadre de leurs fonctions, même après la cessation de celles-ci.
Réfugiés & migration forcée
Afrique : Les pays des Grands Lacs vont intégrer la gestion des frontières
2009-06-18
http://tinyurl.com/lsybdx
Les postes frontières des membres de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) seront fonctionnels 24h/24 à partir du 1er septembre, d'après un accord récent. Il s'agit d'une des résolutions adoptées à la réunion entre les directeurs des services de migration et des commissaires généraux de la CEPGL, qui comprend le Rwanda, le Burundi et la RD Congo. Les voyageurs possédant les documents de la CEPGL, passeports nationaux ou documents de voyage temporaires seront exemptés de visas. Leurs cartes d'identité seront acceptées comme documents de voyage pour les habitants aux frontières pour un période n'excédant pas trois jours.
Global : Vidéo de l’expulsion brutale d’un immigré en Espagne
2009-06-18
http://www.afrik.com/article16987.html
L’aéroport de Madrid a été le théâtre, le 16 juin, de l’expulsion d’un immigré qui serait d’origine sénégalaise. Sur une vidéo diffusée sur Youtube, des policiers espagnols arrêtent, ligotent, menottent et malmènent le jeune immigré sous le regard médusé des badauds. Des images qui ont fait le tour du monde.
Kenya : Un camp de réfugiés somaliens au bord de l'implosion
2009-06-20
http://tinyurl.com/nf965g
Devant l'afflux quotidien de centaines de Somaliens fuyant la sécheresse et les combats vers le camp déjà surpeuplé de Dadaab (nord-est du Kenya), les agences humanitaires de l'ONU pressent le Kenya d'allouer plus de terrains pour héberger les nouveaux réfugiés. Conçu dans les années 1990 pour abriter 90.000 personnes, Dadaab en abrite désormais 280 000 et est devenu le plus grand camp de réfugiés au monde, entassés pour les mieux lotis dans des tentes recouvertes de bâches en plastique.
Mouvements sociaux
Guinée : La famille judiciaire entre vents et marées
2009-06-18
http://www.africatime.com/guinee/index.asp
La situation de la Guinée est très claire et n’a même pas besoin de trop de commentaires: L’économie s'est fortement fragilisé ces derniers temps, en raison de la forte corruption qui a caractérisé le règne de feu Lansana Conté, la lutte des clans au sommet de la hiérarchie étatique, la paralysie de l'appareil judiciaire pour sanctionner les prédateurs de l’économie; bref tous les indicateurs sont au rouge vif. Et comme le dit le chef de l'Etat lui-même, au pouvoir depuis le coup d’Etat du 23 décembre 2008 : "le pays est sur les carreaux".
Elections & gouvernance
Gabon : Le lourd héritage du “roi” Bongo
2009-06-18
http://tinyurl.com/n4ydaf
Le Gabon a toujours été géré comme une petite entreprise familiale. Avec une ribambelle de rejetons nommés à la tête des entreprises les plus juteuses. Le décès du président Omar Bongo, le 8 juin 2009, a créé une onde de choc aussi bien en Afrique qu’en France. Régnant sans partage sur un véritable émirat pétrolier, il s’est révélé particulièrement généreux avec les hommes politiques de ce pays, de droite comme de gauche. Pour ses bons et loyaux services, la France a fermé pudiquement les yeux sur des aspects bien contestables de son règne.
Guinée : la crainte d’un coup d'Etat
2009-06-18
http://tinyurl.com/n5487r
Le réalisateur du film documentaire "Cona’cris, la révolution orpheline", Gilles Nivet a exprimé, récemment à Paris, des craintes d’un coup d’Etat contre le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Le réalisateur français, qui a longtemps séjourné en Guinée, évoque des craintes parmi les populations, mais aussi des signes de nervosité de la part du régime en place. En témoignent, les annulations successives des visites du capitaine Dadis Camara en Libye et en Côte d'Ivoire. Il y a également des arrestations dans les milieux militaires.
Guinée : Plusieurs officiers supérieurs guinéens emprisonnés
2009-06-19
http://tinyurl.com/lmgrry
De nombreux hauts gradés de l’armée guinéenne sont détenus à la maison d'arrêt de Conakry pour trafic de drogues, a annoncé le 12 juin soir la télévision d'Etat. Le Secrétaire d'Etat à la présidence de la République, chargé de la lutte contre le grand banditisme et de la lutte anti- drogue, le capitaine Moussa Tiégboro Camara, a remis à son homologue de la Justice une vingtaine de présumés narco-trafiquants, dont des cadres civils de l’administration, huit Nigérians, un Ghanéen et un Israélien. Selon le Secrétaire d'Etat chargé de la lutte anti-drogue, ces hauts cadres militaires ont été interpellés en raison de leur implication dans le trafic de drogue.
Madagascar : La médiation internationale suspend les négociations
2009-06-19
http://tinyurl.com/lousdm
La médiation internationale en vue d'une sortie de crise à Madagascar a annoncé le 16 juin la suspension jusqu'à nouvel ordre des négociations qui rassemblaient les principales mouvances politiques du pays. La décision a été prise pour réfléchir aux stratégies de négociation, mais aussi pour donner aux protagonistes malgaches le temps de réflexion nécessaire pour faire des concessions, explique le médiateur de l'Union africaine (UA). Selon lui, des blocages existent, causés par des raidissements et des préalables posés par les différentes mouvances.
Mali : Qui sera le président du Mali en 2012 ?
2009-06-19
http://tinyurl.com/nvq52j
Pour la présidentielle de 2012, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré a libéré définitivement les hommes politiques intéressés à sa succession : il n’est pas candidat. Cette déclaration a aussitôt déclenché une vague de conjectures au sein de l’opinion nationale quant à l’homme qui aura la lourde responsabilité de le remplacer. Pour cela, des noms sont souvent cités et le débat bat son plein désormais au sein de l’opinion nationale pour savoir qui sera le président des Maliens après ATT.
Niger : la fuite en avant d’un dictateur
2009-06-18
http://tinyurl.com/l52d2v
Le scénario, très africain, en rappelle un autre : après avoir longtemps laissé entendre qu’il pourrait répondre “à l’appel du peuple” en révisant la Constitution qui limite les mandats présidentiels à deux, le président Tandja a dû déchanter : le Conseil constitutionnel lui a opposé un avis défavorable. Il sort alors la carte de rechange et projette un référendum pour une prolongation de mandat de trois ans. Le Conseil constitutionnel lui signifie une opposition, sans appel en droit nigérien. Entre-temps, l’opposition politique et la société civile se sont mobilisées et la protestation a commencé par une grande manifestation, le 14 juin, à Niamey. Mais dans sa fuite en avant, Tandja a dissous l’Assemblée nationale qui, au Niger, élit en son sein le Conseil constitutionnel. Ce qui veut dire qu’un autre coup de force prorogatif en Afrique débute.
Niger : Tandja règle ses comptes avec les députés
2009-06-20
http://tinyurl.com/mab8k3
Le président nigérien, Mamadou Tandja, en plus d’être d’une obstination à toute épreuve, a la rancune tenace. Et ceux qui sont en passe de faire les frais de son ire du moment, ce sont bien les députés nigériens. Ou plutôt, les anciens députés. Car, non seulement ils auront assisté, impuissants, à la dissolution de l’Assemblée nationale par le chef de l’Etat, mais en plus ils ont obligation à présent, de se présenter devant la gendarmerie pour justifier les "trop perçus" et autres avantages financiers dont ils sont désormais soupçonnés d’avoir indûment bénéficié. Et cela, dans le cadre d’une opération "mains propres" dont la visée finale serait l’assainissement de la moralité publique. Le ridicule ne tue pas.
Mauritanie : le président de l'Assemblée nationale candidat à la présidentielle
2009-06-19
http://tinyurl.com/mqvadc
Le président de l'Assemblée nationale de Mauritanie, Messaoud Ould Boulkheir, un des chefs de file des opposants au coup d'Etat du 6 août, a annoncé le 15 juin sa candidature à la présidentielle dont le premier tour est prévu le 18 juillet. Chef de l'Alliance populaire progressiste (APP), parti qui compte cinq députés sur 95, âgé de 66 ans, ce Haratine (descendant d'esclave) se présente pour la deuxième fois à un scrutin présidentiel. Il s'était placé quatrième à la présidentielle de 2007.
Sénégal : L’opposition méfiante devant l’appel de Wade au dialogue
2009-06-19
http://tinyurl.com/lhejcn
L’appel au dialogue lancé parle président de la République à l’opposition ne trouve pas d’écho favorable auprès de différents responsables de partis membres qui la composent. De façon radicale et tranchée, certains excluent d’office toute discussion avec le chef de l’Etat. D’autres se disent favorables au dialogue, mais il désapprouve la démarche de Wade consistant à fixer les règles du jeu. Une autre partie de l’opposition demande que des termes de références soient établies avant que le dialogue ne s’engage.
Corruption
Afrique : Des experts en débat à Abidjan
2009-06-18
http://tinyurl.com/ntjgtm
Des experts ouest-africains ont entamé la réflexion à Abidjan sur les perspectives d’une lutte efficace contre le blanchiment d’argent dans la zone Uemoa. Ces experts sont réunis du 17 au 19 juin, dans le cadre d’un atelier régional organisé par le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest. La rencontre a pour objectif principal le partage d’expériences en vue d’harmoniser et d’améliorer les différents outils et moyens pour mener une lutte efficace contre la criminalité financière.
Bénin : Une banque coule pour mauvaise gestion
2009-06-20
http://tinyurl.com/m33cyy
Boni Yayi et son nouveau ministre des Finances Idriss Daouda ont actuellement un gros et très délicat dossier sur la table : la Banque internationale du Bénin (BIBE) va très mal et risque de mettre la clé sous le paillasson si rien n’est fait. La situation est tellement grave qu’il y a urgence à agir. Par suite des déficits cumulés, la banque avait déjà perdu au 31 décembre 2006 l’intégralité de son capital social avec des fonds propres négatifs de 2,037 milliards. Depuis quelques années, la banque est gérée comme une épicerie par des dirigeants qui ont eu le temps de prouver largement leur incompétence (le rapport des Commissaires aux comptes en est la belle preuve) et leur manque de vision.
Cameroun : Prison à vie en appel pour un ancien ministre
2009-06-19
http://tinyurl.com/m953et
L'ancien ministre camerounais de l'Energie Alphonse Siyam Siwé, condamné en première instance à 30 ans d'emprisonnement pour des "détournements de fonds" au Port autonome de Douala (PAD), a écopé en appel de la "prison à perpétuité". Patron du PAD pendant près de sept ans avant d'être nommé ministre de l'Eau et de l'Energie en 2004, M. Siwé a été reconnu coupable d'avoir détourné, avec douze autres personnes, près de 35 milliards de francs CFA (53 millions d'euros).
Cameroun : Des personnalités interdites de séjours aux États-Unis
2009-06-19
http://tinyurl.com/la577w
L'administration Obama ne badine pas avec la corruption. Les personnalités camerounaises, soupçonnées de corruption, ne mettront plus pied aux Etats Unis. "Concrètement, il s’agit d’invalider les visas déjà délivrés ou de refuser d’en délivrer pour ceux qui en font la demande" a confirmé un source diplomatique. Outre les personnalités ciblées, la mesure concerne les membres de leur famille (femmes, enfants et parents proches). L'ambassadrice des Etats Unis au Cameroun a été personnellement chargée d'informer le président Paul Biya à ce sujet.
Développement
Afrique : Un Pacte mondial pour résister à la crise de l’emploi
2009-06-18
http://www.afrik.com/article16968.html
La crise financière est à l’origine d’une autre crise, celle de l’emploi. L’Organisation internationale du travail (OIT) y consacre pour la première fois un sommet, qui s’est ouvert le 15 juin, à Genève, dans le cadre de la 98e Conférence internationale du travail. Le Sommet a pour ambition de faire adopter un Pacte mondial pour l’emploi, en vue de « stimuler l’économie réelle » tout en aidant les familles grâce à « des mesures axées sur l’emploi ».
Afrique : Qui parle de dévaluation ?
2009-06-18
http://tinyurl.com/m8ba7g
La baisse d’un demi point des taux directeurs de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, effective depuis le 16 juin, a été interprétée dans certains milieux comme l’amorce d’une nouvelle dévaluation du franc Cfa. En réaction, ces jours derniers, les cambistes de la rue ont substantiellement relevé le « cours » du dollar et les euros étaient difficilement trouvables. Ces attitudes sont bien évidemment aux antipodes de la réalité. Il est vrai que dans la Zone franc, comme dans le reste du monde, la conjoncture est difficile en raison de la crise financière, mais il n’y a point lieu d’envisager une nouvelle dévaluation du franc Cfa.
Guinée-Bissau : La BM offre 8 millions de dollars
2009-06-18
http://tinyurl.com/mzr6bm
La Banque mondiale a accordé le 16 juin un don de 8 millions de dollars à la Guinée-Bissau en vue d'une meilleure mise en œuvre du processus de la stratégie pour la réduction de la pauvreté (SRP) du pays. Cette aide vise à contribuer à la rupture du cercle vicieux de la faible croissance économique, de l'insuffisance de la gouvernance et de l'instabilité politique, dans lequel se trouve enfermée la Guinée-Bissau ces dix dernières années, depuis la guerre civile de 1998-99.
Maroc : L'économie touchée de plein fouet par la crise mondiale
2009-06-20
http://tinyurl.com/lrows6
Après avoir eu tendance, pendant des mois, à nier ou à minimiser les effets de la crise économique et financière internationale, Rabat admet que la crise est là, et "plus dure que prévu". En dépit de la mise en place, en février, d'un "comité de veille stratégique" pour aider les secteurs les plus touchés - tourisme, transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) et exportations -, les indicateurs macroéconomiques sont à la baisse. Le gouvernement réussira-t-il à tenir son pari d'attirer "10 millions de touristes par an à partir de 2010" ? Plusieurs projets ont pris du retard, notamment à Taghazout, sur l'Atlantique, en raison du retrait des investisseurs.
Niger : Crise alimentaire et faillite des projets agricoles
2009-06-19
http://www.alternatives.ca/article4842.html
Le Niger est souvent affecté par de mauvaises récoltes. Malgré des subventions de l’État garantissant une certaine stabilité des prix des denrées céréalières, le pays est fragilisé par la hausse du prix du riz. Les grands projets de développement agricole, soutenus par des bailleurs de fonds comme la Banque mondiale, orientent de nouveaux systèmes de production basés sur une agriculture extensive à haut rendement comprenant biotechnologies et intrants agricoles. Ces projets ont toutefois récemment révélé plusieurs faiblesses : épuisement du sol, grand apport en eau, destruction des petites exploitations et du tissu social, pour n’en nommer que quelques-unes…
Sénégal : Engagement à nourrir la population sans aide internationale
2009-06-18
http://tinyurl.com/mbnhp8
Le ministre conseiller chargé du Nepad à la présidence sénégalaise, a réaffirmé le 17 juin, l'engagement du gouvernement sénégalais de travailler à couvrir ses besoins de consommation intérieure tout en se passant de l'aide internationale. Selon lui, en remettant l'agriculture et la sécurité alimentaire au coeur des politiques économiques, le Sénégal s'est engagé à ne plus compter sur l'aide internationale pour nourrir ses populations. Cette aide alimentaire est aujourd'hui devenue hypothétique du fait de la rareté des surplus au niveau des pays traditionnellement donateurs, ajouté-t-il.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : 28 jours pour sauver la vie d’un enfant
2009-06-18
http://tinyurl.com/lsaf9n
Plus de 1 500 bébés nés chaque jour en Afrique subsaharienne mourront dans les 24 heures qui suivent leur naissance, selon un rapport publié récemment par l’UNICEF et Save the Children, qui évalue les progrès accomplis par les gouvernements africains dans le domaine de la santé des enfants. Vingt-cinq pour cent des décès d’enfants en Afrique subsaharienne – plus d’un million par an - surviennent au cours des 28 jours qui suivent la naissance. Par exemple, si 95 pour cent des habitants des pays où le paludisme est endémique dormaient sous une moustiquaire, 570 000 vies pourraient être sauvées, selon les Nations Unies.
Burkina-Faso : Campagne de vaccination contre la rougeole
2009-06-18
http://www.lefaso.net/spip.php?article32084
Du 17 au 21 juin 2009, une campagne de vaccination réactive contre la rougeole sera conduite dans 11 régions sur 13 du Burkina. Depuis le mois de février 2009, des foyers d’épidémie de rougeole sont apparus un peu partout au Burkina. Selon le ministre de la Santé, 42 306 cas ont été enregistrés à la semaine 20 dont 281 décès soit une létalité de 0,66%. Des actions ont été entreprises face à cette situation.
Global : La Grippe A, un réel danger pour l’Afrique ?
2009-06-19
http://www.afrik.com/article16967.html
Alors que l’OMS a déclaré le niveau 6 de pandémie pour la grippe A (H1N1), l’Afrique compte de nouveaux cas de contamination. De nouveaux cas ont été ainsi détectés en Egypte et au Maroc. Avec un système de santé fragile, le développement de cette épidémie pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le continent. D’autres cas suspects ont été signalés en Afrique du Sud, au Bénin et aux Seychelles. Il s’agit pour la plupart d’entre eux de voyageurs de retour du Canada ou des Etats-Unis. Pour l’instant, aucun décès n’est à déplorer sur le continent.
Éducation
Afrique : Pour un accès égal des filles à l'éducation et à l'emploi
2009-06-19
http://tinyurl.com/nyfr97
Des experts ont exhorté les gouvernements africains à accélérer leurs efforts visant à égaliser l'accès à l'éducation et à l'emploi pour les filles, estimant qu'il s'agit d'un des outils moins couteux afin de réduire la pauvreté et promouvoir le développement. Pour chaque année d’études à l'école secondaire, les salaires touchés par les filles connaissent une croissance de 10-20%, alors que l'augmentation des revenus ne s'établit qu'à 5-15% pour les garçons.
Racisme & xénophobie
Afrique du Sud : Le marché, un des facteurs de la violence xénophobe
2009-06-19
http://tinyurl.com/nma3qm
Le sens des affaires des ressortissants étrangers, plus que la seule xénophobie, est cité comme l'un des facteurs à l'origine des agressions dont sont victimes les migrants, originaires de Somalie et d’ailleurs, dans la ville portuaire du Cap, en Afrique du Sud, selon un audit commandé par la municipalité. Le 13 juin 2009, le lendemain de la publication du rapport, une sinistre affaire marquait la reprise de ces mêmes événements : des commerçants somaliens du bidonville de Gugulethu, au Cap, recevaient des courriers dans lesquels il leur était enjoint de quitter les lieux dans les sept jours suivants.
Environnement
Afrique : Une stratégie régionale pour préserver les forêts
2009-06-18
http://tinyurl.com/lkxcot
Le premier congrès des forêts d’Afrique de l’Ouest s’est tenu 15 au 18 juin 2009 à Ouagadougou, pour définir une stratégie de bonne gestion du paysage forestier sous-régionale. En Afrique de l’Ouest, les forêts sont sujettes à la baisse de la biodiversité. On estime que près de 900 000 hectares de forêts et terres boisées disparaissent par an. Organisé avec l’appui de la Fédération nationale des communales forestières de France (FNCOFOR), ce congrès devrait aboutir à l’adoption d’une stratégie régionale de création et de gestion durables des forêts communales.
Média & liberté d'expression
Gambie: cinq journalistes arrêtés après avoir critiqué le président
2009-06-19
http://tinyurl.com/ku3rp9
Cinq journalistes gambiens, membres du Syndicat de la presse gambienne (GPU), ont été arrêtés le 15 juin après la publication d'un communiqué critiquant le président Yahya Jammeh. Leur arrestation a eu lieu après la publication par le GPU d'un communiqué qualifiant de "provocateurs" les propos du président concernant l'enquête sur l'assassinat en 2004 du journaliste gambien, Deyda Hydara. Dans son communiqué le GPU appelle le gouvernement à mener une véritable enquête. Les journalistes arrêtés risquent d'être inculpés pour sédition ou incitation à la haine contre l'autorité.
Maroc: Kadhafi réclame près de 8 millions d'euros à 3 quotidiens
2009-06-19
http://tinyurl.com/mckwq2
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a réclamé le 15 juin à trois quotidiens marocains des dommages et intérêts de 90 millions de dirhams (environ 8 millions d'euros) pour "atteinte à la dignité d'un chef d'Etat". A savoir e 30 millions de dirhams pour chacun des journaux marocains: Al Jarida Al Aoula, Al Ahdath Al Maghribia et Al Massae". Les trois journaux indépendants sont poursuivis dans des dossiers distincts pour avoir "diffamé" Mouammar Kadhafi dans des articles de presse.
Ouganda : un journaliste accusé de trahison
2009-06-19
http://tinyurl.com/m24plw
Un journaliste ougandais suspecté d'être lié à un mouvement rebelle, Patrick Otim, a été mis en accusation pour trahison et écroué. Journaliste de la radio publique Mega FM basée à Gulu, une ville du nord de l'Ouganda, il est accusé par les militaires de comploter afin de lancer une rébellion armée contre le gouvernement. Otim a été arrêté le 13 mai et tenu à l'écart de sa famille et de son avocat pendant plus d'un mois selon le syndicat des journalistes ougandais. Le porte-parole de l'armée a affirmé qu’il travaillait à l'établissement d'un nouveau groupe rebelle.
Sénégal: 2 journalistes condamnés à la prison pour injures
2009-06-19
http://tinyurl.com/lzveg6
Deux journalistes sénégalais ont été condamnés le 16 juin à trois mois de prison pour "injures publiques" à l'encontre de la vice-présidente de l'Assemblée nationale. Ils restent cependant en liberté, la défense ayant fait appel de cette condamnation. Selon leur avocat, s'ils sont définitivement condamnés ils devront en outre "payer 10 millions de francs CFA" (plus de 15. 000 euros). Le parquet avait requis à leur encontre trois ans de prison et 500 millions de francs CFA (plus de 762. 000 euros) de dommages et intérêts.
Conflits & urgences
Mali : L’armée attaque une «base» d’Al-Qaïda
2009-06-19
http://tinyurl.com/mu8wrj
C’est la première fois que les troupes maliennes attaquent des islamistes armés dans le nord du pays. Cette offensive intervient près de deux semaines après l’annonce, le 3 juin, par Al Qaeda au Maghreb, de l’exécution d’un otage britannique. Selon une source militaire, Il y a eu plusieurs morts du côté des islamistes. La même source ajoute que des autorités maliennes « est de prendre en tenailles les islamistes armés entre le Mali et l’Algérie. L'affrontement aurait eu lieu dans la localité de Garn-Akassa à l'ouest de l'oasis de Tessalit, à la frontière avec l'Algérie
Rd Congo : Recrudescence de la violence à l’Est
2009-06-18
http://www.africatime.com/rdc/index.asp
Si l’on en croit aux dernières statistiques sur les personnes déplacées depuis fin février, au Kivu, il y aurait au moins 800.000 déplacés internes. A cela s’ajoute la recrudescence de la violence. Il ne se passe plus un seul jour sans que l’on déplore la mort des personnes. A en croire les informations en provenance de la région du Kivu, les groupes armés sont redevenus très actifs ces dernières semaines. Un véritable défi lancé à l’Opération Kimia II, menée conjointement par les FARDC et la MONUC.
Rd Congo : De colère, des soldats congolais tirent contre l'ONU
2009-06-20
http://tinyurl.com/lzv44s
Des soldats congolais, apparemment mécontents de n'être pas payés depuis des mois, ont tiré vers une base de Casques bleus qui ont répliqué, sans faire de victime, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'incident a eu lieu le 15 juin. Des hommes armés ont fait feu en direction des militaires onusiens qui ont répliqué après avoir lancé des fusées éclairantes. La base de l'ONU à Pinga compte 160 Casques bleus.
Sénégal : Nouvelles violences en Casamance
2009-06-19
http://tinyurl.com/ns4f84
Une vague de violence en Casamance, dans le sud du Sénégal, a mis en exergue les difficultés que continue de poser l’un des plus longs conflits d’Afrique aux 1,4 million d’habitants de la région. La menace des mines terrestres n’est qu’une conséquence parmi tant d’autres du conflit qui sévit depuis 27 ans en Casamance, et qui éclate périodiquement, la paix n’ayant pas été définitivement rétablie. Depuis le 1er mai, au moins 20 braquages de véhicules et pillages violents ont été perpétrés par des groupes armés. Dans bien des cas, selon les habitants de la région, les assaillants appartiendraient au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), un mouvement séparatiste.
Somalie: le ministre de l’Intérieure tué dans un attentat suicide
2009-06-18
http://tinyurl.com/kn4auj
Le ministre somalien de la Sécurité intérieure et une dizaine de personnes ont été tuées le 18 juin dans un attentat suicide perpétré dans leur hôtel dans la ville de Beledweyne (nord de Mogadiscio). Il s'agit du plus haut responsable somalien tué depuis l'élection, fin janvier, à la tête du pays, de l'islamiste modéré Sheikh Sharif Ahmed. L'attaque a été perpétrée par un kamikaze qui s'est fait exploser à bord de son véhicule dans l'enceinte de l'hôtel Medina. Cet hôtel abritait la délégation du ministre, composée d'autres hauts responsables gouvernementaux.
Cours, séminaires, & ateliers
Projets de coopération scientifique inter-universitaire
2009-06-20
http://pambazuka.org/fr/category/courses/57213
Dans le but de développer la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur du Nord et du Sud, l’Agence inter universitaire de la Francophonie offre aux enseignants et aux chercheurs de ses universités membres la possibilité de présenter des projets multilatéraux de coopération en matière de formation et de recherche. Les projets doivent être multilatéraux et menés par un réseau d´au minimum trois établissements de pays différents dont au moins deux du Sud, et membres de l’AUF.
Date limite des candidatures, le 19 septembre.
www.auf.org/regions/afrique-ouest
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6847

Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.