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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Where is Uhuru?Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.

Neoliberalism promised to correct multiple distortions in the African postcolonial environment, pledging to engineer liberalisation and expand democratic space. But following decades of unrealised reforms, Issa G. Shivji asks Where is Uhuru?

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Pambazuka News 106 : L'UA face aux urgences de l'agriculture africaine

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Nécrologie, 3. Femmes & genre, 4. Droits humains, 5. Réfugiés & migration forcée, 6. Elections & gouvernance, 7. Corruption, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. Éducation, 11. Racisme & xénophobie, 12. Environnement, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Réinvestir dans les agricultures africaines pour satisfaire le droit à l’alimentation.
NECROLOGIE : Guinée : El Hadji Djéli Sory Kouyaté, le maître du balafon s’en est allé.
FEMME & GENRE : Afrique du Sud : Un sondage choc sur le viol
DROITS HUMAINS : Angola Hwr demande l’arrêt des tortures au Cabinda
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Burundi : Le HCR salue les progrès dans le rapatriement des réfugiés.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Congo : Une élection présidentielle qui menace la paix ?
CORRUPTION : Cameroun : La piste camerounaise des «Bien mal acquis».
DEVELOPPEMENT : Afrique : Naissance de la plus grande union douanière.
SANTE & VIH/SIDA : Global : La vaccination contre la fièvre jaune à court de moyens.
EDUCATION : Gabon : Les enseignants maintiennent la grève.
RACISME & XENOPHOBIE : Mali : Plainte contre Air France pour abus contre des passagers.
ENVIRONNEMENT : Afrique : 5 000 stations météo installées dans les prochaines années.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Gambie : intensification de la répression contre la presse.
CONFLITS & URGENCES : Congo : Début d’une opération de collecte d’armes.




Chroniques

Réinvestir dans les agricultures africaines pour satisfaire le droit à l’alimentation

Olivier De Schutter

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57361

Le 13e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine, se tient les 1er, 2 et 3 juillet 2009, à Syrte (Libye) sur le thème «Investir dans l’agriculture pour la croissance économique et la sécurité alimentaire». Poser ce débat est d’une grande importance. D’abord, il s’agit d’un thème d’actualité. En 2008, l’Afrique a fait face à des situations difficiles, subissant dans des conditions extrêmes les conséquences d’une crise alimentaire internationale. Des tendances lourdes persistent, qui poussent à l’impérieuse nécessité de réinvestir de manière urgente, intelligente et durable dans l’agriculture africaine afin de sortir d’une trop forte dépendance aux produits importés et pour disposer progressivement d’une plus grande souverainte alimentaire.

Pour le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation en 2008, ce 13e Sommet de l’Union Africaine est l’occasion de rappeler quelques conditions pour fixer des résultats durables dans le développement agricole.


La Guinée Bissau, quel gâchis !

Eugène Tavares

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57362

Quelque 523 000 électeurs bissau-guinéens vont aux urnes ce dimanche 28 juin, pour élire le successeur du président Joao Bernardo Vieira, assassiné le 1er mars dernier. Ces consultations constituent un défi majeur pour un papier déchiré par la violence politique, avec une armée omniprésente dans la gestion des affaires de l’Etat, traversée par des contradictions qui ont donné lieu à des séries d’assassinats. Ainsi, au début de la campagne électorale, deux candidats avaient été assassinés. Mais là où on craignait de voir le processus menant au scrutin s’arrêter, les autorités ont maintenu le vote. Et les Bissau-Guinéens espèrent tourner une longue page sanglante de leur histoire, avec ces élections.
Dans l’article qui suit, Eugène Tavarez explique les contradictions qui ont fait le lit de la violence au pays d’Amilcar Cabral, héros de l’indépendance, pour l’installer dans une spirale de violence qui dure depuis bientôt trente ans.

La proclamation unilatérale d’indépendance de la Guinée-Bissau, par les dirigeants du PAIGC (Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert), dans la zone libérée, proclamée capitale du pays, Maine do Boe, le 24 septembre 1973, soit huit mois presque jour pour jour après l’assassinat d’Amilcar Cabral, intervenu le 2 janvier de la même année, avait suscité beaucoup d’espoir au sein du peuple. En outre, les observateurs de l’Onu qui s’étaient rendu dans les zones libérées, n’avaient pas tari d’éloges sur le système éducatif et de gestion des collectivités que le PAIGC était entrain d’expérimenter et qui présageaient d’un avenir à tout point de vue optimiste pour le pays.

A ce moment-là, le Portugal avait déjà compris qu’il avait perdu la guerre. Le général Antonio Spinola, qui avait été gouverneur de la Guinée-Bissau, confirmera, dans son livre « Portugal e o Futuro », publié en 1974, que la guerre n’était pas la solution. Dans cet ouvrage, il pointe aussi du doigt les aberrations d’un certain nombre de concepts phares sur lesquels reposait la colonisation portugaise, comme la mission presque divine qu’aurait le Portugal de coloniser des peuples.

La révolution des œillets qui a eu lieu le 25 avril 1974, et qui a fait passer le Portugal de la dictature à la démocratie, a, en même temps, permis aux anciennes colonies portugaises de se libérer définitivement du joug colonial. Il faut noter que les indépendances de l’Angola, du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau, du Mozambique et de Sao Tome e Principe étaient inéluctables. Elles seraient intervenues même sans la révolution, qui n’a fait que précipiter les événements. Le peuple portugais souffrait beaucoup des conséquences de la guerre. Certaines recrues préféraient se suicider au lieu d’aller au front. Des jeunes à peine sortis de l’adolescence y laissaient leur vie. Par ailleurs, le vent de l’histoire avait déjà commencé à tourner pour le Portugal lorsqu’en 1961, l’Union indienne récupéra par la force Diu, Samao et Goa, alors enclaves portugaises, sous le regard passif des puissances occidentales. Le Portugal comptait sur leur intervention.

Comment un petit pays comme la Guinée-Bissau a-t-il pu tenir tête à l’ancienne puissance coloniale ? La réponse est simple : par la bravoure et la ténacité d’abord, en plus de tous les autres facteurs.

Le destin de la Guinée-Bissau a basculé dans l’instabilité, le jour de la mort d’Amilcar Cabral. Les commanditaires de cet assassinat ne sont toujours pas clairement identifiés, même si l’on connaît le nom du tueur , c’est-à-dire Inocencio Cano. Certains partisans du leader étaient aussi impliqués. Le Portugal, à travers sa police politique, la Pide/Dgs (Police internationale de la défense de l’Etat/Direction générale de la sûreté), ne pouvait pas non plus être mis hors de cause, comme a tenté de le faire l’administration américaine. De nombreux ouvrages sur la question l’attestent.

Au moment de l’assassinat de Cabral, le PAIGC connaissait des dissensions qui avaient d’ailleurs entraîné l’exclusion de certains membres des instances dirigeantes par A. Cabral. Cela coûtera cher à ce dernier. Les divergences de fond portaient sur la discrimination au sein du Parti entre les Guinéens et les Cap-Verdiens, les premiers serviraient de chair à canon tandis que les seconds resteraient dans les bureaux. La question que l’on peut se poser est celles de savoir s’il fallait lier coûte que coûte les destins du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau , De nombreux spécialistes en doutent. Aussi bien des Cap-Verdiens que des Guinéens ont critiqué cette stratégie d’Amilcar Cabral qui, rappelons-le, bien que né en Guinée-Bissau, était de parents cap-verdiens.

Pourtant, la prédominance des Cap-Verdiens dans les postes de responsabilité s’expliquait d’un point de vue historique. Le Cap-Vert a bénéficié très tôt, de la part de la Couronne portugaise, d’infrastructures d’éducation et de formation. Ainsi, il s’est constitué dans l’archipel une élite qui servira parfois de supplétif au colonisateur. Les Guinéens ne digéreront pas d’ailleurs cet état de fait qu’ils considéraient comme une forme de collaboration. On peut donc considérer qu’il était normal que ce soit les CapVerdiens que l’on retrouve aux postes administratifs. La Guinée-Bissau était, si l’on peut dire, le parent pauvre des colonies portugaises. Certains mouvements politiques vont faire de la rivalité entre Cap-Verdiens et Guinéens au sein du PAIGC, leur fonds de commerce. Il s’agit, entre autres, du FLING (Front de libération nationale de la Guinée-Bissau).

Lorsqu’Amilcar Cabral a été assassiné, il a été proposé à Nino (Ndlr : président de la Guinée Bissau, assassiné le 1er mars 2009) de prendre la direction du Parti, mais il a refusé, prétextant, semble-t-il, que la charge était bien trop lourde pour lui, et qu’il n’était pas préparé. C’est alors que Luis Cabral, demi-frère d’Amilcar Cabral, a été désigné pour prendre la succession. Tout cela s’est fait, il faut le dire, sous le coup de l’émotion. C’est ainsi qu’à l’indépendance, les Cap-Verdiens se sont retrouvés à la tête du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Il faut noter que les deux pays sont allés séparément à l’indépendance, avec le même parti dirigeant : le PAIGC.

Leurs projets de Constitution vont révéler des nombreuses incohérences. Par exemple, le projet de Constitution du Cap-Vert stipulait que pour être Président de la République il fallait être Cap-Verdiens, ce qui excluait de facto les Guinéens, alors qu’en Guinée-Bissau c’était un Cap-Verdien qui dirigeait le pays. Autre exemple, la constitution du Cap-Vert prévoyait l’abolition de la peine de mort tandis que celle de la Guinée-Bissau a été catastrophique. Le PAIGC a oublié qu’il devait concentrer ses efforts sur la réconciliation nationale et sur l’unité du peuple, la diaspora comprise. Au lieu de cela, il a passé tout son temps à dénigrer le colon comme si la guerre n’était pas encore finie. La rupture violente avec le Portugal était un non sens et s’est révélée contre productive.

On raconte que pour montrer que la Guinée-Bissau était capable de se développer sans l’aide de l’ancienne puissance colonisatrice, les nouveaux dirigeants ont ordonné que tout ce qui appartient au colon soit détruit. Le peuple de Guinée-Bissau a été nourri de slogans anti-portugais alors qu’il devait se réconcilier avec le colon et bénéficier de son expertise. Cela était d’autant plus nécessaire que 90% de la population était analphabète au moment de l’indépendance.

L’un des handicaps du régime post-colonial était l’analphabétisme, imputable, bien entendu, au pouvoir colonial. Il n’était pas rare de trouver, aux frontières, des militaires, chargés de contrôler les voyageurs, qui ne savaient ni lire ni écrire, mais qui savaient cependant compter leurs sous lorsqu’il fallait les soudoyer. Ils étaient d’une arrogance et d’une brutalité qui sortaient de l’ordinaire. C’était pathétique. Thomas Sankara disait qu’un militaire sans instruction est un criminel en puissance. Cette inculture de l’armée explique la facilité avec laquelle la Guinée-Bissau bascule dans la violence.

Jusqu’en 1980, le pays a été marqué par une série d’exactions et d’exécutions sommaires. Le charnier qui a été dévoilé après le coup d’Etat de Nino Vieira en 1980 (Ndlr : il avait renversé Luis Cabral) en est l’illustration. Nino lui-même ne pouvait pas ignorer ces tueries puisqu’il était le chef des armées. Mais il fallait bien qu’il justifie son coup d’Etat.

La raison principale de ce coup d’Etat est que de nombreux cadres guinéens du PAIGC ne supportaient plus le fait que ce soit un cap-Verdiens qui dirige la Guinée-Bissau. La lutte avait fait naître des dissensions parmi les principaux responsables du parti. Ce sont ces rivalités qui ont ressurgi des années après, une fois l’indépendance acquise, notamment entre Nino Vieira, Ansoumana Mané et Tagme na Wai. Nino a éliminé nombre de ses adversaires. Il semble avoir été, jusqu’à sa mort, la pièce maîtresse de l’histoire récente de la Guinée-Bissau, avec ses événements salutaires et ses tragédies. Il était de tous les confits.

Tous ces faits montrent que le PAIGC a échoué en Guinée-Bissau. Il n’a pas réalisé l’unité nationale, alors credo de tous les dirigeants de la période des indépendances. Ces divisions, aggravées par une dérive ethniciste, ont entraîné la déliquescence de l’Etat. Or, lorsque l’Etat n’existe pas, tout est permis. Le narcotrafic est favorisé aussi par la cupidité de ceux qui dirigent aujourd’hui la Guinée-Bissau. Le goût de l’argent facile, le non respect des institutions (si tant est qu’elles fonctionnent), l’Etat calamiteux de l’administration et des services, un système «éducatif déplorable, etc., ont plongé la Guinée-Bissau dans le chaos.
Après l’indépendance, beaucoup de cadres ont été formés dans les pays de l’Est et en Europe de l’Ouest. Aujourd’hui, ces cadres sont disséminés à travers le monde. Ce sont donc les anciens du maquis qui dirigent encore le pays. Celui-ci ne retrouvera véritablement la stabilité qu’après l’émergence d’une vraie démocratie et d’une nouvelle génération de dirigeants.

L’héritage colonial désastreux n’explique donc pas, tout seul, la situation de la Guinée-Bissau. L’espoir suscité à l’indépendance s’est petit à petit envolé du fait principalement de l’incompétence de ses dirigeants. Pourtant la Guinée-Bissau a les ressources nécessaires à son développement. C’est un tout petit pays au sol fertile, au sous-sol riche, avec une pluviométrie abondante, un peuple travailleur et des cadres qui ne demandent qu’à rentrer pour prendre part au développement de leur pays. Le défi majeur des dirigeants est de réaliser la réconciliation et l’unité nationales afin de retrouver la voie de la stabilité.

Trop de drames se sont produits dans ce pays. Certaines plaies sont encore ouvertes. Il faut les fermer. La mise en place d’un système éducatif efficace, un bon fonctionnement des institutions avec les trois pouvoirs (exécutifs, législatif, judiciaire) dotés d’un véritable démocratie, le renouvellement de l’appareil d’Etat, le développement d’un vrai partenariat avec les bailleurs de fonds et en particulier avec l’ancienne puissance colonisatrice, et enfin la mise hors d’état de nuire des fauteurs de troubles, voilà les préalables indispensables à la stabilité de la Guinée-Bissau.

Le peuple guinéen est un peuple intelligent, travailleur et tenace, débordant de joie de vivre. Quel gâchis que de le voir dans la situation où il se trouve aujourd’hui ! Cependant, nous sommes optimistes. La Guinée-Bissau sortira du gouffre dans lequel il a plongé, car omme on le dit en créole : «Si no ca tchiga, no cana ncadja». Autrement dit : «Tant que nous ne verrons pas le bout du tunnel, nous continuerons de lutter». Toute chose a un début et une fin.

* Eugène Tavares est Docteur en Etudes portugaises, brésiliennes et de l’Afrique lusophone
(Cet article a été publié dans le quotidien sénégalais Le Matin)


Guinée : Un candidat de rupture pour la présidentielle

Mamadou Aliou Barry

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57359

Arrivée au pouvoir en décembre 2008, la junte militaire guinéenne a donné rendez-vous en décembre 2009 pour la tenue d’une élection présidentielle. Ce moment fort attendu pour une transition démocratique suscite déjà plusieurs candidatures. Mais aussi l’espoir d’une réelle avancée politique dans un pays qui, entre le Première République sous Sékou Touré et la Deuxième République sous Lansana Conté n’a jamais offert les espaces de liberté nécessaires à une véritable expression citoyenne. Cependant, les espoirs qui nourrissent les prochaines consultations cachent mal les incertitudes et inquiétudes nées de la transition militaire que connaît la Guinée, sous la direction du capitaine Moussa Dadis Camara, avec une junte qui peine à se définir des orientations claires.
Candidat indépendant à ces élections, Aliou Barry, situe les responsabilités de la classe politique guinéenne dans les errances que le pays a connues, étale son programme et décline ses ambitions.

Pambazuka : Qu’est-ce qui motive votre candidature pour la présidentielle de décembre ?

Aliou Barry : Cette candidature est motivée par plusieurs facteurs. D’abord, il y a la situation politique en Guinée. On note que l’offre politique faite par les partis de l’opposition ne motive aucune adhésion populaire depuis la naissance du multipartisme dans les années 1990. De plus en plus, on s’aperçoit que le citoyen à besoin d’une autre politique, d’un renouvellement de la classe politique.

Ce qui motive aussi cette candidature, c’est le projet politique que je propose. En Guinée, les partis se sont constitués autour de leaders auxquels ils sont identifiés. Aucun parti ne présente un projet. On adhère à une formation parce que le leader est de la même région que soi. Je pense qu’il faut privilégier l’offre politique au lieu de s’appuyer sur l’appartenance ethnique ou régionale.

Le troisième facteur, c’est qu’après une triple formation militaire, universitaire et administrative à l’étranger (j’ai vécu 33 ans en France, dont 20 ans passés dans les armées), avoir accumulé un peu d’expérience pour prétendre entrer dans le jeu politique comme candidat indépendant aux prochaines élections présidentielles. A quoi s’ajoutent mes préoccupations pour le respect des droits humains.

Pambazuka : Avec quel programme comptez-vous vous battre ?

Aliou Barry : Ce programme tient en trois points principaux, qui se rapportent aussi à l’histoire de la Guinée. Je tiens à privilégier la protection de la personne humaine parce que si ce pays n’a connu, depuis 1958, que des violations successives des droits humains, il est temps en Guinée de mettre un terme à cette situation. Le retard connu en Guinée dans le développement s’explique aussi par cela. Sékou Touré s’était attelé à détruire tout ce qui est éducation, Lansana Conté est venu amplifier cette destruction de la personne humaine. Donc je mets l’éducation, la protection humaine au cœur de mon projet politique. Et cela correspond à une attente forte des Guinéens.

Il n’y a aucune activité économique ou politique fiable si on ne met pas l’homme au centre. En particulier en Guinée. C’est un pays martyrisé où on a vécu avec une longue tradition d’impunité. Rien qu’avec les derniers événements de janvier 2007, quelque 200 jeunes ont été tués par l’armée. Et depuis 1958, on a vu des auteurs de violations des droits humains se retrouver à des postes de responsabilité et narguer les victimes ou les parents des victimes. Il y a un problème de réconciliation en Guinée, du fait que les trois quart de la population estiment que l’impunité est érigée en système. Dans l’équipe qui gouverne actuellement, par exemple, il y a des responsables des événements de janvier-février. A côté, des gens se promènent encore à Conakry avec des balles dans leur corps, sans moyen d’aller se soigner.

Pambazuka : Quels sont les autres aspects de ce programme ?

Aliou Barry : Mon deuxième engagement, c’est d’offrir à la Guinée une autre alternative politique axée essentiellement sur l’emploi jeune. Il n’y a aucune perspective pour les jeunes dans ce pays. Le troisième axe, qui rejoint le deuxième en certains poins, tient compte des potentialités agricoles. Quand on parle de la Guinée, c’est pour évoquer les ressources minières. Or c’est un pays vert, fertile. Pour moi, la Guinée ne connaîtra un développement harmonieux et équilibré que par le biais des petites entreprises agricoles.

Donner un coup d’accélérateur au secteur agricole est essentiel. Je crois plus à un développement via l’agriculture que par le biais d’extraction minière ; d’autant qu’aujourd’hui, avec la faible capacité énergétique, la Guinée, depuis 1958, se limite à l’extraction à l’état brut de ses ressources minières. Avec la bauxite, par exemple, il n’y a aucune transformation sur place et la faible industrialisation de la Guinée s’explique en partie par le fait que le pays ne transforme rien. Je pense qu’on peut jouer sur le facteur agricole sans négliger le potentiel minier.

Comme candidat indépendant, pensez-vous à des possibilités d’alliance avec des partis politiques ?

Aliou Barry : Je privilégie le projet que je suis entrain de rédiger. Une fois que je l’aurais fini, je vais le mettre sur la place publique et voir s’il y a une adhésion autour. Au cas où la Constitution qui est en train d’être rédigée ne prévoit pas de candidature indépendante, la possibilité de m’allier ou de m’associer à un parti politique sera étudiée. Pas une alliance autour de ma personne ou de la personne de quiconque, mais autour d’un projet politique.

Pambazuka : Sentez-vous la société civile guinéenne assez forte et mûre pour porter une candidature indépendante ?

Aliou Barry : Oui. D’ailleurs, je ne suis pas le seul membre de cette société à m’être déclaré candidat. C’est un signe du désintérêt de la population pour les partis politiques et j’espère que la société civile va bénéficier d’une ouverture pour participer à l’expression politique. L’ancienne Constitution avait été faite sur mesure pour Lansana Conté, pour son parti, avec l’impossibilité de candidature indépendante. Mais dans le contexte actuel, marqué par la transition, je pense que la nouvelle Constitution va le prévoir. A mon avis, c’est la seule possibilité pour permettre à des Guinéens qui ont une réelle volonté de développer le pays, qui ont une autre offre politique, une autre ambition pour la Guinée, d’être sur le terrain et d’être candidat.

Pambazuka : Depuis bientôt 20 ans que le multipartisme existe en Guinée, qu’est-ce qui explique ces faiblesses que vous reprocher aux hommes politiques ?

Aliou Barry : Le plus grand reproche que je leur fait – et pas seulement moi d’ailleurs - c’est qu’ils ont, pendant plus d’une décennie, axé leur combat politique sur la succession de Lansana Conté. Ils n’ont pas travaillé à des offres politiques alternatives réelles… Or il est scandaleux que dans ce pays, après 50 ans d’indépendance, il n’y ait ni eau ni électricité à suffisance alors que vous ne pouvez pas faire 10 km en Guinée sans voir une possibilité d’installation de barrage hydroélectrique. Ces hommes politiques se sont tous focalisés sur la mort de Conté et sur sa succession sans dire à la population guinéenne ce qu’ils feraient une fois à la tête de l’Etat.

La deuxième chose, c’est que les gens commencent à se lasser de ces leaders qui n’ont pour argument politique que leur fortune. C’est l’un des rares pays où les partis sont financés pratiquement à 80% par la fortune de celui qui les dirige, de sorte que quand il décède, le parti meurt. On l’a vu avec Sékou Touré et le PDG/RDA, on l’a vu avec Conté et le PUP. Même choses avec l’UNR qui est plus ou moins absent de la scène depuis le décès de Siradiou Diallo.

Tous ces facteurs font qu’il faut une autre approche politique pour essayer de rassembler les gens autour d’un projet et non autour d’une fortune du candidat ou du leader de parti.

Pambazuka : Le président Moussa Dadis Camara, supposé être candidat pour la présidentielle de décembre, a récemment déclaré qu’il ne le sera plus. Ne craignez-vous pas une nouvelle volte-face ?

Aliou Barry : Je crois en ce qu’il dit. Mais la difficulté, en Guinée, comme ailleurs, tient à l’entourage de nos chefs d’Etat. Des associations de femmes, des associations de jeunes, etc., se sont créées pour pousser le président à se porter candidat. Mais c’est à lui, en analysant la situation intérieure et le contexte international, pour prendre ses responsabilités. Je pense qu’il ne se portera pas candidat.

La question est surtout de savoir si les élections auront lieu en décembre. Je le souhaite. C’est une date qui a été acceptée par tout le monde. Mais quand on voit ce qui se passe en Guinée, avec le fichier électoral qui n’est pas prêt, le recensement qui n’est pas achevé, le président de la CENI (Commission Electorale Indépendante) qui disait que faute d’un financement à 100% de la part de la communauté internationale il n’y aura pas d’élection, avec l’Etat qui dit qu’il n’a pas les moyens de contribuer au processus électoral, je vois mal comment les élections peuvent avoir lieu en décembre. Mais c’est le souhait de tout un chacun qu’elles se tiennent pour ne pas que cette équipe militaire s’éternise au pouvoir.

Pambazuka : Comment jugez-vous l’action du CNDD depuis son installation en décembre ?

Aliou Barry : Les résultats sont mitigés. D’abord, sur le front de la lutte contre le trafic de drogue et la corruption, il y a eu des actions volontaristes fortes et positives. C’est important, parce que durant le régime de Conté on a assisté à un laisser-faire, à un laisser-aller. Mais je suis plutôt sceptique quant à l’aboutissement de tout cela. Car on s’aperçoit que le CNDD ne va pas jusqu’au bout de sa logique. En plus, on doit faire avec un système judiciaire qui a été corrompu et mis au service du système Conté. C’est d’ailleurs ce qui nourrit la méfiance du régime actuel et le pousse à instituer une justice parallèle mais qui elle-même n’est pas armée pour lutter contre la corruption.

Ensuite, sur le terrain politique, il y a une véritable méfiance de la part du CNDD envers les acteurs. Et c’est dommage, parce qu’on doit aller à des élections. Aujourd’hui par exemple, il est interdit aux médias d’Etat de couvrir les activités des partis. Il n’y a pas d’espace réservé dans ces médias aux activités des partis. Ce sont des situations de ce genre qui contribuent à la méfiance des populations, qui y voient un intérêt pour la junte à s’éterniser au pouvoir.

Il n’y a pas de signe fort, au-delà de la déclaration verbale du président Dadis, qui montre aux citoyens guinéens que les militaires veulent céder le pouvoir. Entre ce qu’il dit et le comportement qu’il adopte, on a l’impression que son discours est destiné à la communauté internationale.

Pambazuka : En cela, pensez-vous que Moussa Dadis Camara pourrait être prisonnier de l’armée ?

Aliou Barry : Tout à fait. Pris individuellement, il est sincère dans ses propos, quand il dit qu’il ne veut pas rester au pouvoir. Mais il s’est créé autour du camp Alpha Yaya, là où se trouve le siège de la junte, un véritable lobby. Avec des courtisans qui s’accrochent au pouvoir et estiment qu’ils perdraient beaucoup si la junte quittait. Si vous allez à Conakry, les ministères sont désertés, y compris la primature. Tout le monde est au siège du CNDD. Aussi bien des conseillers occultes que des courtisans de l’ancien régime Conté qui voient là aussi une occasion de rebondir.

Pambazuka : Des divisions sont évoquées au sein de l’armée. Quelle est leur ampleur ?

Aliou Barry : C’est une partie de l’armée qui est au pouvoir. Et elle se méfie de l’autre (1). Je crois que l’annulation de son voyage en Libye, par le président Dadis, il y a quelques mois, s’explique beaucoup par des rumeurs de coup d’Etat et par son manque d’assurance d’une adhésion totale de l’armée au CNDD. L’armée n’étant pas unie, il y a beaucoup de risques de scissions dans l’exercice du pouvoir, avec les difficultés qui vont surgir sur le plan économique, sur le plan des réformes. Il n’est pas exclus que des crises surviennent prochainement au sein de la junte au pouvoir.

Pambazuka : Pensez-vous qu’avec une transition démocratique l’armée retournerait facilement dans les casernes ?
Aliou Barry : Depuis 1984, l’armée est au pouvoir, via Lansana Conté d’abord. C’est sur elle que Conté avait assis son pouvoir. On a donc une armée habituée au pouvoir. Toute la difficulté de savoir comment faire pour qu’elle retourne dans les casernes. Et certains paramètres rendent cette perspective compliquée.

D’abord, avant sa disparition, Conté donnait des signaux forts à l’armée en disant «vous m’avez donné le pouvoir, je vous rendrais le pouvoir». Ensuite, la classe politique a donné des raisons à l’armée de se croire indispensable. Avant même que Conté ne meurt, alors qu’il était malade, des partis d’opposition faisaient des appels du pied à l’armée pour qu’elle prenne le pouvoir. Pour changer la donne, il faudrait une véritable restructuration de l’armée.

Pambazuka : De Sékou Touré à Conté, la Guinée est restée longtemps isolée. Avec un régime démocratique demain, quelles seront les urgences en matière d’ouverture ?

Aliou Barry : D’abord, sur le plan économique, il faudra bien qu’un jour la Guinée tranche le problème de sa monnaie. Est-ce qu’elle va réintégrer la zone CFA qui l’entoure ? Ou est-ce qu’elle va s’acheminer vers la ZMAO, cette zone monétaire regroupant les pays anglophones qui ne sont pas de la zone CFA ? C’est une question importante à trancher si la Guinée veut jouer un rôle important sur le plan économique dans la sous-région. Très vite, un référendum devra être organisé sur cette question.

Sur le plan politique, il faudra aussi que le pays s’affirme sur la scène africaine. Durant les 24 ans de Conté, le pays a été absent de la scène politique sous-régionale. Il faut retrouver la Guinée avant-gardiste, panafricaniste et réintégrer les instances internationales. Il faut faut tisser des rapports économiques forts avec les pays limitrophes, lever tout ce qui est barrière douanière physique avec certains pays comme le Sénégal, etc.

NOTE

1) Voir, du même auteur, «L’armée guinéenne face aux défis démocratique et au changement» (http://pambazuka.org/fr/category/features/56202)

* Aliou Barry préside l’Organisation Nationale des Droits de l’homme en Guinée. Spécialiste des questions de conflit, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. L'interview a été réalisée par Tidiane Kassé, rédacteur en chef de l'édition française de Pambazuka News.

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Il y a loin de la réalité au rêve de Biko

Mphutlane wa Bofelo

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57357

Emprisonné à l’âge de 17 ans pour être un militant anti-apartheid, Mphutlane wa Bofelo en ressorti plus résolu encore à affronter le système. C’était pour le rêve de ‘’liberté pour notre peuple’’ que les gens ont mené des actions intrépides et braves’’, écrit-il, même ‘’s’ils savaient que le prix pouvait être la mort’’. Pourtant 33 ans après le soulèvement des jeunes en 1976, confronté aux conditions d’existence des populations du bidonville de Kenville, à Durban, wa Bufelo se demande pourquoi ‘’ d’anciens guérilleros peuvent parfois se montrer plus vicieux dans des tentatives de détruire la liberté’’.

Ce texte une interpellation forte sur le fait qu’on a combattu les injustices de l’apartheid pour voir d’autres injustices naître sur ses cendres. Et pour l’auteur, la véritable mort de Steve Biko et autres combattants de la liberté n’est pas celle que le pouvoir raciste et ses supplétifs ont orchestre. C’est plutôt la trahison de leur idéal de combat par ceux qui devaient en être les véritables héritiers et porte-flambeaux, qui est en train de signer leur véritable mort.

Le 16 juin est le jour où affluent des souvenirs douloureux et joyeux. Dans les années 1980, il s’est passé beaucoup de choses alors que nous évitions les balles, luttant pour garantir que des jours comme le 16 juin, le 21 mars, le 1er mai et le 12 septembre ne soient pas des jours ordinaires. Je suppose que c’est la raison pour laquelle la journée du 16 juin 2009 m’a rempli les yeux de larmes. Comme beaucoup de mes pairs, j’ai rejoint la lutte anti-apartheid/capitalisme à un jeune âge. A l’âge de 17 ans, j’ai été arrêté et sévèrement torturé. J’ai passé 18 mois en détention sans procès, à la suite quoi j’ai été condamné à un an de prison ‘’ pour être en possession de matériel subversif’’

La plupart d’entre nous sommes sortis de prison plus déterminés que jamais à affronter le système. Nous avons mis sur pied des organes populaires et avons fait en sorte que le régime de l’Apartheid ne puisse pas continuer à mener ses activités comme si de rien n’était. Nous avons osé prendre le taureau par les cornes et avons établi un réseau clandestin de Umkonto we Sizwe (MK), Azanian National Liberation Army (AZANLA) et Azanian People’s Liberation Army (APLA), au nez et à la barbe du système, de ses sbires et de ses vigiles.

Quel genre de rêve nous a fait agir de façon si intrépide et brave, parfois téméraire ? Des choses que nous avons faites alors que nous savions que nous pouvions en payer le prix ultime, la mort ? Nous savions que le prix ultime serait la libération de notre peuple et non la mort ! On ne peut jamais tuer un esprit libre. Mais lorsque je pense à ce que j’ai vu ce 16 juin 2009, je me demande pourquoi les guérilleros peuvent parfois être plus vicieux pour tenter de détruire la liberté et parfois même tuer l’esprit de la liberté.

Ce jour là, j’ai rejoint le Provincial Executive Committee (PEC) du parti socialiste d’Azania (SOPA) alors qu’il commémorait le soulèvement national de la jeunesse de juin 1976 par une visite à leurs membres, supporters et résidents du bidonville situé à proximité du dépôt d’ordures près de Kenville, dans les faubourgs de Durban. C’est l’endroit où tous les égouts de Durban se vident. Cette visite m’a laissé en larmes. Le but de la visite était d’entendre les points de vues et les histoires des résidents et de partager des idées avec eux pour accélérer le processus qui doit leur fournir un habitat décent et pour voir comment améliorer leur situation.

Le président de la SOPA au KwaZulu-Natal, Asha Moodley et le secrétaire général, Patrick Mkhise, ont expliqué aux résidents que l’objectif de leur visite était de souligner la situation lamentable des multitudes qui sont toujours sans terre et sans abri, quinze après l’avènement de la démocratie. Moodley a aussi dit aux résidents qu’il jugeait prudent d’entendre le point de vue des résidents, afin d’être guidé par eux en vue d’une action possible qui améliorerait leur situation. Elle a aussi mis l’accent sur le fait que le parti a décidé de procéder à cette enquête et de discuter avec les communautés après les élections, afin d’éviter que celles-ci ne soient interprétés comme une démarche électoraliste, un stratagème pour obtenir des voix. Ce que les résidents avaient à dire au PEC du Parti Socialiste d’Azania, est que leur famille ont squatté la région de Kenville depuis trente ans. Dans les années 1990 ils ont été déplacés vers ce bidonville près du dépôt d’ordure.

Le problème principal de cet endroit spécifique est qu’il est impropre à l’habitation humaine. Chaque fois qu’il pleut, toute la région est inondée. Les taudis sont construits avec du bois et du matériel en plastique ; il sont tellement près les uns des autres que si un taudis prend feu tout le bloc est consumé. Les émanations suffocantes des ordures aggravent les risques pour la santé. La municipalité d’Ethekwini a construit 8 toilettes communales ; quatre pour les hommes, quatre pour les femmes. Ces toilettes sont au bord de la route principale, à la périphérie du bidonville, ce qui rend leur accès difficile à ceux qui vivent loin. La nuit, tout cela crée un problème de sécurité, surtout pour les femmes et les enfants. Les robinets d’eau se trouvent aussi en périphérie, le long de la route principale. Les résidents obtiennent de l’électricité par des connections illégales à partir des poteaux qui supportent les lignes qui alimentent les maisons en dur de Kenville.

Nombre d’enfants sont morts éléctrocutés suite à ces connexions illégales. Les résidents citent le chômage et la pauvreté comme étant leurs problèmes principaux qui, dans la région, ne sont pris en charge par aucun programme provenant soit du gouvernement soit des ONG. Il n’y a pas non plus d’endroits où les enfants puissent jouer en toute sécurité ni d’installations à leur intention. Un autre problème soulevé par les résidents fait état de la pierre d’achoppement que représente l’affiliation politique, dans la mesure où elle empêche la population de parler d’une seule et même voix.

Il y a trois partis politiques dans cette région : Inkatha Freedom Party, l’ANC et le Parti Socialiste d’Azania. Souvent, le gouvernement exploite ces divisions afin d’empêcher les efforts de la communauté à présenter un front uni en faveur de la question du logement. Entre 2005 et 2006, le Parti Socialiste d’Azania a organisé des marches de protestation lors desquels des pétitions ont été remises au gouvernement provincial et à la municipalité d’Ethekwini. Il y aussi eu une série de réunion entre le SOPA et la municipalité de Ethekwini, lors desquels le parti a mis sur la table diverses propositions pour des logements décents et habitables.

Après des réunions sans fin, qui n’ont abouti à rien, les représentants de la municipalité ont dit au SOPA que puisqu’il est un parti politique, il doit faire preuve de sa valeur et obtenir des sièges dans le gouvernement local où il pourrait soumettre des motions et faire des propositions. A défaut, il n’a qu’à se taire. L’an dernier, la population de tous les bidonvilles qui entourent Kenville ont fait une marche pour souligner le problème. Il est allégué que le conseiller responsable du bidonville près du dépôt d’ordures a annoncé qu’il n’y avait pas de problèmes dans son secteur. Sur la base de cette histoire, la consultation du 16 juin a mandaté le SOPA pour explorer les possibilités de soumettre une pétition au conseiller local ainsi que la possibilité de porter plainte contre la municipalité d’Ethekwini et le gouvernement provincial pour atteinte aux droits au logement, à la sécurité et à la dignité des résidents du bidonville de Kenville.

La réunion a aussi reconnu que les résidents, toutes tendances politiques confondues, doivent être consultés et qu’un contact doit être établi avec le comité de développement local. Le comité a été constitué par la municipalité d’Ethekwini, mais les résidents sont sur la réserve compte tenu du nombre de membres de l’ANC qui, en règle générale, endossent les décisions des fonctionnaires gouvernementaux. Après la réunion, les dirigeants du SOPA ont EU une brève discussion informelle avec deux membres du comité de développement.

Les membres du comité ont informé le SOPA que des résidents du bidonville seraient relogés dans un espace, entre des maisons en dur et des taudis. Ils ont indiqué que des personnes vivant dans des taudis provenant d’autres régions seraient aussi relogées en cet endroit. Ce qui signifie que seul un petit nombre des résidents de ce bidonville spécifique sera relogé. L’endroit en question est déjà densément peuplé et se trouve toujours à proximité du dépôt d’ordures. En d’autres termes, la qualité de vie et le bien-être de la population ne va guère changer. Déplacer les gens d’un endroit sordide vers un endroit juste un tout petit peu moins sordide pose la question de la signification de telles actions, du Département du logement et d’autres départements.

L’interprétation positive serait de dire que l’établissement d’humain dépasse la simple question du logement et comprend aussi un jardin où il y a moyen de produire de la nourriture et de mener d’autres activités et devraient inclure la proximité d’aménagements sociaux, être à une distance raisonnable de lieu de travail, etc.

L’interprétation négative est que, pendant que le gouvernement ne peut fournir un logement pour tout le monde, il va déplacer les gens qui résident dans des bidonville inhabitables vers d’autres taudis ou des construction en plaques de béton, dans des ‘’villages’’ informels avec un minimum de développement mais où manquent plusieurs aménagements essentiels. Le compte rendu fourni par ces messieurs du comité de développement semble plutôt pointer vers cette deuxième version. On espère que le scénario de Kenville sera une exception. L’avenir nous le dira.

En substance, le compte rendu des deux membres du comité ne montre aucun progrès tangible. Ce qui signifie que SOPA et d’autres organisations progressistes et émanant de la société civile doivent continuer d’envisager un recours aux tribunaux et trouver des moyens de contraindre le gouvernement à fournir des logements décents et habitables, avec de vrais jardins et des aménagements sociaux.

Comment est-ce possible d’en être arrivé au point où les gens doivent avoir recours à la justice pour obtenir des choses aussi fondamentales que l’eau et le logement qui sont tous deux garantis par la Constitution ? Récemment, une cour de justice sud africaine s’est prononcée en faveur du droit à l’eau de la population. Devinez qui a fait recours contre la décision des juges et a porté l’affaire devant la Cour d’appel afin d’annuler la décision d’un juge probablement hérité de l’ère de l’Apartheid ? La Cour d’appel a confirmé le premier jugement. Devenez qui envisage de faire recours en portant l’affaire devant la Cour constitutionnelle ? Qui s’est élevé contre la décision des victimes de l’Apartheid/capitalisme qui voulaient faire comparaître devant un tribunal international les grandes multinationales qui profitaient du système ? Qui ? Qui a tué Biko et Hani et Solomon Mahlangu et Hector Peterson et Muntu ka Myeza et Masabata Iwate et tant d’autres. Les Boers et leurs sbires n’ont fait que tuer leur chair. L’esprit de Mahlangu, Biko, Hani, Peterson, Iwate est tué ici, par nous.

Les Boers et leurs sbires ont manqué de tuer Biko et Hani. Nous réussissons là où l’Apartheid/capitalisme a failli. Nous tuons l’esprit de Tambo et Biko chaque jour. Nous nous détestons les uns les autres. Nous nous entretuons. Nous violons nos enfants. Nous brûlons nos grand’mères. Nous aimons les belles choses pour nous-mêmes, mais attendons de nos frères et sœurs d’endurer les conditions comme celles qui prévalent dans ce camp de Kenville. Pour eux, Rome sera construite aux calendes grecques, mais pour nous il nous suffit d’un jour pour déplacer nos bureaux de PDG, de conseiller, directeur, hommes d’affaires de Zamdela à Vaalpark et de Mofolo à Houghton.

Qui a tué Biko ? Botha ? Non, Botha n’a pas pu tuer Biko. Malan n’a pas pu le tuer. Seuls nous-mêmes avons pu le tuer. Seuls nous-mêmes en avons été capable. Personne d’autre que nous-mêmes n’est l’ennemi. Pour tuer l’ennemi, il faut vraiment tuer l’ennemi intérieur. Qui a dit que la conscience noire n’a plus rien à nous dire ? Réveillez-vous, peuples noirs, ainsi que les Blancs aimant la justice et les peuples du monde. Conscience noire, instille en nous l’amour de nous-même afin que nous puissions rayonner d’amour et puissions englober tous les humains dans l’amour.

Nous sommes toujours loin de ce rêve de Biko, le plus grand cadeau de l’Afrique au monde : un visage plus humain. Ceci n’est possible que si nous nous aimons nous-même. Un proverbe africain dit : N’accepte pas un manteau de la main de quelqu’un qui va nu. Comment une personne qui n’aime ni elle-même ni son peuple, comment peut-elle vous dire qu’elle vous aime ? Comment pouvez-vous avoir un sens du respect de vous-même et de votre dignité alors que vous vivez dans l’opulence et que vos frères et sœurs, vos pères et vos oncles, voisins et amis vivent dans la misère noire ? Il semble que nous ayons combattu pour obtenir des richesses matérielles et il nous est échu la pauvreté d’esprit !

ilitye lika Biko li nxonxozile lizovulwa ngubani? Vuka ntsundu. tsoha guerilla, steve biko o batla masole. o robaletseng. Azania ke ya Rona.


La lutte continue. La lutte est éternelle.

* Mphutlane wa Bofelo est un écrivain et un militant qui se passionne pour d’éducation créative, la littérature et le théâtre comme instruments de transformation et de développement.

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Se souvenir de Soweto raviver la conscience des Noirs

Blackwash

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57358

Le 16 juin était la date anniversaire du soulèvement de Soweto en Afrique du Sud. La jeunesse noire sud-africaine se trouvant aussi marginalisée aujourd’hui que celle protestant contre les politiques de l’Apartheid, Blackwash souhaite commémorer le soulèvement et promouvoir le développement de la conscience des Noirs. Inspiré par le 16 juin et les mots de Steve Biko, Blackwash encourage les jeunes Noirs en Afrique du Sud à reprendre la lutte et faire pression sur le gouvernement pour amener de vrais changements.

L’article est une dénonciation du pouvoir actuel à Pretoria, pour le mettre sous pression afin qu’il améliore les choses. «S’il ne veut pas nous entendre nous devons lui rendre la vie difficile, à lui et aux Blancs qu’il sert», écrit l’auteur.

Cher jeune Noir,

La jeunesse noire vivant en Afrique du Sud est aux prises avec de graves difficultés. Bien qu’en 1994 notre gouvernement noir nous a promis une vie meilleure, nombreux sont ceux qui vivent encore dans des habitats de fortune ou dans de petites maisons RDP parce que les Blancs continuent de posséder le 80% des terres sud africaines, terres qui ont été volées au cours de ces derniers trois cents ans.

Les jeunes Noirs doivent se demander ce qui retient le gouvernement pour améliorer nos conditions de vie et quel futur sera le notre, si nous n’avons pas de terre. Est-ce que les Noirs ne vont pas rester prisonniers dans leur taudis et leur commune pour toujours, si notre gouvernement continue de refuser de reprendre notre terre aux Blancs ?

Beaucoup d’entre nous n’ont pu obtenir leur diplôme parce que les écoles noires n’ont pas de bonnes ressources comme les écoles privées, comme au temps de l’éducation bantoue pendant l’Apartheid. Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? Certains d’entre nous finissent en prison parce que nous sommes obligés de voler et de commettre d’autres crimes afin de survivre. Parce que les jeunes Noirs n’ont pas obtenu leur diplôme ou n’ont pas d’argent pour accéder à l’éducation supérieure, beaucoup en viennent à commettre des crimes et finissent en prison,

La pauvreté des Noirs signifie que beaucoup d’entre nous finissent derrière les barreaux parce que nous sommes contraints à des expédients pour survivre, nous et nos familles. Comment se fait-il que ceux qui ont volé nos terres continuent d’en profiter et ne sont pas considérés comme des criminels ? Pourquoi est-ce qu’un Noir qui a volé un téléphone cellulaire, quelques milliers de rands, un laptop ou une paire de jeans, est puni plus que ceux qui vivent sur des terres volées ?

Certains d’entre nous finissent dans la drogue ou consomment beaucoup d’alcool parce que nous voulons oublier cette dure existence. Souvent nous nous battons et même nous nous entretuons pour des choses mineures parce que nous n’avons pas de but dans nos vies. Ce sont les Blancs qui nous oppriment et contrôlent tous les aspects de nos vies depuis très longtemps, qui sont la raison pour laquelle nos vies sont ce qu’elles sont. C’est la raison pour laquelle nos écoles sont de mauvaise qualité. C’est la raison pour laquelle nous sommes pauvres et pas eux. C’est la raison pour laquelle nous vivons dans des taudis ou dans des maisons RDP dans les communes. C’est regrettable que même un gouvernement noir n’ait pas l’intention d’améliorer nos conditions de vie. Mais nous n’avons pas choisi d’être noirs et pauvres !

Ceux qui sont responsables de nos conditions de vie sont les mêmes que ceux qui nous blâment comme si nous étions personnellement responsables. On nous dit d’aller à l’église, d’étudier avec assiduité, de faire du sport ou de nous joindre à des groupes culturels, mais rien de tout ça ne nous aide parce que notre situation ne change pas. Même si nous essayons, il n’y a pas de terrain ou de centre de récréation au milieu des taudis et rares sont ceux dans les communes. C’est pourquoi beaucoup de jeunes Noirs ne peuvent utiliser ou développer leurs talents. Ils finissent dans des débits de boissons illégaux ou pourrissent en prison avec leurs talents.

Certains d’entre nous vont dans de bonnes écoles, trouvent du travail, des fonds de Umsobomvu, achètent des voitures ou même deviennent célèbres, mais c’est une minorité en comparaison de ceux qui continuent de vivre dans la pauvreté leur vie durant. Aussi, les quelques Noirs qui réussissent quittent les communes pour aller vivre au milieu des Blancs et commencent à se comporter comme eux. : ils nous regardent de haut et nous accusent d’être paresseux (tout comme les Blancs depuis qu’ils sont arrivés dans ce pays). Nous devons nous demander combien de temps encore les Noirs doivent souffrir avant que les choses ne changent pour nous

Gardant tout ceci à l’esprit, est-ce que vraiment vous croyez notre gouvernement lorsqu’il nous dit que nous sommes libres ? Où est cette liberté qu’ils nous promettent quand les Noirs sont si pauvres, quand les jeunes noirs sont sans emploi, en prison ou entrain de mourir du sida ou d’overdose ?

On nous dit que nous sommes libres, mais ceci est un mensonge. On nous dit que les Blancs et les Noirs sont égaux, mais nous savons que dans notre propre pays, la vie des Blancs est meilleure que la nôtre. Nous savons que leur vie est meilleure grâce au dur labeur des Noirs qui construisent leur maison, leurs faubourg, s’occupent de leurs enfants et lavent leurs habits. Les Blancs vivent comme des visiteurs qui viennent chez vous, vous expulsent et s’attendent à ce que vous satisfassiez à tous leurs besoins pendant qu’ils vivent dans le confort de votre maison. Ils vivent comme des dieux sur terre parce qu’il y a des Noirs qui sont comme leurs esclaves et s’occupent de tout. Pourquoi sommes-nous si pauvres dans notre propre pays ?

On nous distrait avec des spectacles télévisés, des concerts dans les stades et maintenant avec la Coupe du Monde 2010 pour que nous oubliions de demander pourquoi nous devons vivre de la façon dont nous vivons. La majeure partie de ces distractions ne révèle pas la vérité concernant la réalité des Noirs ni ne nous encourage à nous lever pour lutter contre nos oppresseurs. Et même lorsque les Noirs se lèvent pour lutter pour revendiquer les choses élémentaires nécessaires à leur survie, le gouvernement envoie la police pour nous harceler et nous tirer dessus. On ne nous dit pas la vérité quant à l’histoire de notre pays qui nous permettrait de voir comment il a été vendu aux Blancs pour qu’ils vivent mieux. On nous dit d’être patients. Mais jusqu’à quand ? Nos parents et nos grands parents attendent toujours.

Nombreux sont nos parents qui meurent comme des esclaves dans les fermes des Blancs ou dans les mines. D’où est-ce que les Blancs tiennent toutes ces terres ? Si vous leur demandez, ils vous diront qu’ils ont travaillé dur pour l’avoir et que les Noirs ne veulent rien faire. Ils ne vous diront rien de nos ancêtres noirs qui sont morts. Beaucoup de nos parents sont forcés de travailler pour pouvoir acheter de la nourriture. La grande partie de la nourriture est coûteuse parce que les compagnies, possédées par les Blancs, veulent être riches. Contraindre les Noirs à mourir de faim quand bien même leur terre produit de la nourriture, est une façon de nous opprimer. Comment se fait-il que nous n’ayons pas assez à manger alors que nos fermes produisent suffisamment de nourriture pour être vendue à l’étranger ou jetée afin de maintenir des prix élevés ? Nous devons récupérer nos fermes et exiger que le gouvernement nous donnent de l’argent et de l’équipement pour que nous puissions gérer ces fermes afin que les Noirs aient assez à manger.

Qu’est-ce que nous devons faire, nous la jeunesse noire pour changer la situation et tout ce qui concerne la vie des Noirs ? Nous devons apprendre de la jeunesse de ‘76’ qui a été influencée par Steve Biko et son mouvement Black Consciousness Movement (BCM). Ce qu’ils ont appris en lisant ses écrits où il expose ses idées sur le pouvoir des Blancs, l’identité des Noirs et la libération des Noirs les ont amenés à décider qu’ils ne pouvaient pas continuer à être contrôlé par des étrangers blancs. Comme nous commémorons le 16 juin, nous devons nous retourner vers la pensée de Biko et user des mêmes méthodes que la jeunesse noire de ‘’ 76’’ et nous lever et réfléchir sur la manière dont nous voulons nous libérer et, comme eux, crier ‘’ Le pouvoir noir’’ à la face des oppresseurs.

Il y a beaucoup de combats à mener avant que les choses ne changent en notre faveur. Comme disait Steve Biko : ‘’ Tu es vivant et fier ou tu es mort et quand on est mort on ne peut plus se soucier’’. Nous devons mettre le gouvernement sous pression afin qu’il améliore les choses. S’il ne veut pas nous entendre nous devons lui rendre la vie difficile, à lui et aux Blancs qu’il sert.

Si en tant que jeune Noir vous trouvez aussi que les conditions dans lesquelles les Noirs vivent doivent changer et que nous devons lutter contre les Blancs et le gouvernement noir qui les protège, alors prenez contact avec nous parce que nous aimerions vous connaître.

Nous devons nous former nous-même parce que les Blancs et les Noirs qui profitent de notre riche pays ne le feront pas. Ils veulent nous garder dans l’ignorance pour que nous continuions à nous blâmer nous-même pour la situation qu’ils ont créée. Nous devons nous former les uns les autres afin de nous débarrasser de la malédiction qui pèsent sur les Noirs et particulièrement sur les jeunes Noirs. Le gouvernement, la télé, les écoles, les églises et les universités ne nous enseignent pas la vérité. Nous sommes seuls !

Avec nos meilleurs salutations et pour l’amour du peuple noir.

* Blackwash (e-mail) est une nouvelle initiative engagée à stimuler la prise de conscience des Noirs dans l’Afrique du Sud d’après 1994

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Le défi du modèle Nkrumah

Yao Graham

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57360

Kwame Nkrumah a amené le Convention People’s Party au pouvoir dans les deux ans qui ont suivi sa formation, créant ainsi le Ghana indépendant. Une victoire électorale écrasante lui a fourni une tribune pour une mobilisation anticoloniale massive dans toute l’Afrique. Accra était devenu le point de ralliement du mouvement anticolonial africain avec la All African People’s Conference qui a attiré les délégués de 62 organisations nationalistes, y compris des partis qui accéderont au pouvoir et des dirigeants post-coloniaux qui étaient vivement encouragés à lutter pour « l’indépendance maintenant ». En septembre prochain, on célébrera le centenaire de la naissance de Nkrumah. Aujourd’hui, le Ghana est devenu une icône du développement, mais les défis que son leader avait relevés n’ont pas trouvé leurs solutions. Pour son pays comme pour l’intégration africaine.

Il y a quelque 60 ans, l’expert constitutionnel britannique, Martin Wight, évaluant le dernier remaniement du système politique de ce qui était alors la colonie modèle de la Côte d’Or, déclarait que ’’ le peuple de la Côte d’Or se trouve être le pionnier de l’avancée politique et la pierre angulaire de la compétence politique en Afrique’’. Dans les deux ans, le peuple allait faire brutalement irruption sur la scène politique lors des émeutes de 1948 et sonner le glas de l’approche politique préférée de l’élite de la Côte d’Or qui consistait à multiplier les pétitions contre le gouverneur ou le roi.

Autant le gouvernement colonial que la classe politique autochtone ont été surpris par ces émeutes qui ont fait 29 morts et des centaines de blessés. Trois morts aux mains de la police et les blessures infligées à des soldats de la deuxième Guerre Mondiale démobilisés qui se rendaient chez le gouverneur à propos de leur solde, ont servi de détonateurs. L’émergence, l’année suivante, de la Convention People’s Party (CPP), un parti de masse radicalement anticolonialiste, dirigé par Kwame Nkrumah, a mis le dernier clou dans le cercueil de la colonie modèle. La progression fulgurante du CPP, depuis sa création en 1949 jusqu’à son accession au pouvoir deux ans plus tard, reste un haut fait de Nkrumah dont la place dans l’histoire du Ghana, de l’Afrique et du monde, a fait couler beaucoup d’encre.

Amilcar Cabral, le remarquable intellectuel révolutionnaire africain et dirigeant anticolonial de la Guinée Bissau, a décrit Nkrumah comme étant ‘’ un stratège de génie dans la lutte contre le colonialisme classique’’. ‘’D’abord fondez un royaume’’ est un des propos de Nkrumah le plus fréquemment cité. La déclaration des peuples colonisés du monde, écrite par Nkrumah et adoptée à l’unanimité lors du Congrès panafricain de 1945, met clairement cet élément en exergue.’’ Aujourd’hui il y une seule action effective : l’organisation des masses ‘’, affirmait-il.

La création du CPP, dont Nkrumah fit avec succès le fer de lance de la mobilisation anticoloniale, qui lui a valu une victoire électorale écrasante et lui a permis, à lui et à ses collègues d’accéder au pouvoir, a été la fondation de tout ce que Nkrumah a pu réaliser au Ghana et au-delà.

La lute anticoloniale dans le monde entier revêtait deux formes : les mobilisations de masses non violentes et la lutte armée, bien que maints mouvements armés aient été la réaction à l’absence d’un espace politique ouvert. Le ‘’colonialisme classique’’ auquel Cabral fait référence et prévalant en Afrique était le colonialisme de l’extraction, tel qu’illustré par la Côte d’Or. La population des colons blancs était insignifiante et le gouvernement dans les mains des chefs traditionnels co-optés et autres membres de l’élite indigène. Dans presque toutes ces colonies, en contraste avec des colonies où il y avait une forte présence de colons, la stratégie d’une organisation réussie était basée sur des partis politiques de masses nationalistes et non violents, du genre du CPP.

Au Ghana, le CPP rassemblait des fermiers, des travailleurs, d’ex-soldats, des petits commerçants et autres éléments de la classe moyenne inférieure. Les coalitions nationalistes dans d’autres pays africains, par exemple en Guinée, sous la direction de Sékou Touré, au Congo Léopoldville sous la direction de Patrice Lumumba, en Zambie avec Kenneth Kaunda, ont représenté diverses émanations de ces groupes.

Nkrumah a ouvertement reconnu avoir une dette à l’égard du parti du Congrès de Gandhi et de Nehru, néanmoins l’importance du succès du CPP dans la mobilisation anticoloniale des masses ne peut être surestimé. Le CPP a démontré que ce qui marche en Inde et ailleurs peut aussi marcher dans l’Afrique subsaharienne. Nkrumah ne s’est pas contenté de laisser chacun tirer les enseignements de l’expérience du Ghana. La transformation de la capitale ghanéenne Accra en un point de ralliement des mouvements anticolonialistes a commencé immédiatement après l’indépendance et les enseignements tirés de l’expérience du Ghana ont été diffusés.

Lorsque Nkrumah accueille la première réunion des pays africains indépendants en avril 1958, ceux-ci n’étaient que huit. En contraste, lors de la conférence All African People qui s’était tenue à Accra, 8 mois plus tard, plus de 200 délégués étaient là, représentant 62 organisations nationalistes dont certaines, comme l’ANC (African National Congress de l’Afrique du Sud) et le FNL (Front national de libération de l’Algérie), devaient ultérieurement accéder au pouvoir. Avec pour toile de fond la lutte armée en Algérie et au Kenya et la violence raciste en Afrique du Sud, la conférence avait déclaré que ‘’là où des moyens démocratiques sont disponibles, ils offrent la possibilité d’action pacifique. Le soutien est également promis à ceux qui, contraints par la violence de leur assujettissement , n’ont de choix que de rendre la pareille.’’

Nombre de dirigeants postcoloniaux ont participé à la Conférence, tels Patrice Lumumba, Abdulrahman M. Babu, Joshua Nkomo, Franz Fanon et Tom Mboya. Fanon avait été l’ambassadeur du gouvernement provisoire du FNL algérien à Accra et avait joué un rôle important en établissant au sud une route de ravitaillement pour la guérilla. Dans son allocution de clôture, Nkrumah avait déclaré que la décennie à venir serait celle de l’indépendance et a exhorté les délégués à rentrer chez eux pour lutter pour ‘’l’indépendance maintenant’’, en écho au slogan ‘’ autonomie maintenant’’ qui avait eu un tel retentissement lorsqu’il s’était agi de mobiliser les foules pour le CPP.

La plupart des pays africains ont gagné leur indépendance dans la décennie qui a suivi, améliorant ainsi la possibilité d’une auto organisation collective des pays ex-coloniaux. Non seulement des pays qui partageaient la vision de Nkrumah pour une unité africaine, mais aussi à partir des principes énoncés lors de la conférence de Bandung en avril 1954.

Lors de la conférence de Bandung, l’attention s’est surtout focalisée sur les efforts du mouvement des non-alignés pour trouver un espace politique au milieu des rivalités de la Guerre froide. A cette occasion, dans son discours à ses invités, le président indonésien Sukarno a souligné le plus important défi commun à toutes les anciennes colonies. Lors de la lutte contre le colonialisme, l’objectif qui consistait à affaiblir ou à détruire la puissance coloniale était clair. Par contre, lorsqu’on se demande comment user de ce nouveau pouvoir, pour construire une société nouvelle, la réponse n’est pas aussi évidente. Nkrumah et d’autres ont peut-être été des génies dans le projet de destruction du colonialisme, mais la construction post-coloniale était une autre paire de manche.

L’intellectuel kényan, Ali Mazrui a argumenté que bien que ‘’ Nkrumah ait été un grand Africain, il n’a néanmoins pas réussi à devenir un grand Ghanéen, principalement en raison de l’autoritarisme auquel son gouvernement s’est abandonné dans ses dernière années au pouvoir, mais aussi, selon les termes d’un autre écrivain, en raison ‘’ de son grotesque culte de la personnalité’’. Mazrui blâme Nkrumah pour avoir créé le précédent du parti unique en Afrique. ‘’Il est devenu simultanément un héros africain et un dictateur ghanéen’’, écrit-il.

Mazrui a tort en ce qui concerne la position de Nkrumah au Ghana. Plus de 30 ans après sa mort, le modèle qu’il a instauré, sa vision pour un développement national et ses années au pouvoir restent la référence pour ce qui peut être réalisé par un gouvernement engagé. L’obsession de ses adversaires politiques de la droite qui contestent cet héritage, confirme implicitement son statut.

Les aspects répressifs du règne de Nkrumah sont source d’embarras pour ses défenseurs et constituent le morceau de choix pour ses adversaires de la droite au pays, qui savent qu’ils ne peuvent porter atteinte à son image au plan international. Les politiques autoritaires de cette période ont non seulement affecté de façon cruciale la vie publique de Nkrumah et du CPP, mais elles ont aussi rongé le CPP de l’intérieur. Au moment du coup d’Etat de 1966, la coalition nationale que le CPP a menée à l’indépendance était sur le déclin et n’était plus capable d’être une force politique effective.

Ceci a été, dans une certaine mesure, déguisé par la bureaucratie du parti unique qui englobait des syndicats, la jeunesse, les paysans, les mouvements féminins et les efforts frénétiques de Nkrumah pour produire un nouveau type de cadre au travers de formations idéologiques. Dans les années qui ont précédé la fin du règne des partis uniques en Afrique, dans les années 1990, la plupart des partis nationalistes qui ont accédé au pouvoir au moment de l’indépendance, ont connu un destin similaire. Le débat et les tensions que connaît actuellement l’Afrique du Sud en ce qui concerne les options politiques de l’ANC comporte quelques-uns des éléments auxquels le CPP et d’autres partis victorieux ont été confrontés.

L’érosion de l’espace démocratique sous Nkrumah a été fonction aussi bien de la politique que de l’économie. Dans le domaine politique il y avait nombre d’éléments. La violence déclenchée par l’amertume de l’opposition, conduite par une alliance des éléments de l’élite qui se sont sentis spoliés de leur ‘’droit de naissance’’ à succéder aux dirigeants coloniaux et les chefs qui ont vu la fin de la domination coloniale comme une opportunité de retourner au règne des chefs, en opposition avec l’orientation du CPP vers une République, a engendré une réponse répressive. Dès le milieu des années 1950, l’opposition, ancrée dans de nombreux partis séparatistes, sous l’ombrelle du National Liberation Movement (NLM), a été responsable de nombreux attentats à la bombe, contre Nkrumah et généralement de brigandage.

Les limites de la culture interne du CPP, parvenu au pouvoir dans les deux ans qui ont suivis sa création, sans avoir eu le temps de se développer en tant qu’organisation avant que les tentations du pouvoir et la corruption n’assaillent ses dirigeants, est un autre facteur politique. Ces limites ont été aggravées par la domination du parti par Nkrumah, toujours plus imposant, dans un processus accepté et institutionnalisé du culte de la personnalité. Les défis représentés par ces facteurs n’ont pas été amoindris par le fait que le CPP est né dans un culture de pouvoir autoritaire et a été le légataire d’un Etat autocratique.

La crise interne de la démocratie du parti et le problème de la relation du régime du CPP avec des segments importants des constituants historiques comme les syndicats et les paysans, l’abolition de l’autonomie de leurs partis doivent être vus en partie à la lumière des propos de Sukarno à Bandung : le chemin de la transformation des sociétés des ex-colonies. La transformation implique une rupture d’avec les schémas de fonctionnement existants. L’accumulation de capital implique le déni de consommation par quelques-uns ou par tout le monde. Ceci est sujet à contestation dans tous les pays. Dans des pays qui s’efforcent à des transformations structurelles, en l’absence de consensus hégémonique, celles-ci donnent lieu à des confrontations ou à de la répression. Et même dans les cas où le consentement est donné, des turbulences peuvent surgir dès lors que le projet ne tient pas ses promesses.

Dans le cas du Ghana, le défi était le suivant : comment générer des ressources pour une amélioration des conditions de vie d’un peuple dont les attentes ont été grandement encouragées par l’indépendance et les discours visionnaires de Kwame Nkrumah lui-même ? Comment transformer une économie et une société sous-développées, hautement dépendantes d’une monoculture (le cacao) qui rapporte l’essentiel des devises, avec des cours internationaux instables? Comment transformer et augmenter la productivité dans un secteur agricole qui repose sur les petits fermiers ? Comment industrialiser un pays qui a un petit marché intérieur et dont le commerce extérieur est lourdement tributaire de quelques économies occidentales ?

Ses critiques, nombreux, et quelques-uns de ses défenseurs, ont décrit les politiques économiques de Nkrumah comme étant socialistes. Nkrumah ne faisait pas mystère de son orientation socialiste influencée par Karl Marx, Lénine, le Christ et Marcus Garvey. C’était du socialisme si on accepte une définition large du terme. En vérité, nombre de ses politiques se sont efforcées d’appliquer les enseignements de l’orthodoxie dominante, et usant de modèles qui pourraient s’appliquer au développement du Ghana, avec toutefois, au cours de ses cinq dernières années au pouvoir, une attraction croissante vers le modèle soviétique et aussi le modèle de la Chine maoïste.

Durant les quinze années où Nkrumah a exercé le pouvoir, le rôle déterminant de l’Etat dans les affaires économiques était la norme, aussi bien dans les pays communistes qu’en Occident où l’économie de Keynes prévalait. L’expérience de l’Union Soviétique offrait une leçon dans l’industrialisation rapide que l’Inde a commencé à apprendre avant le Ghana. Le succès relatif, en Amérique latine, de l’importation se substituant à l’industrialisation, a rendu cette stratégie respectable au moment où le Ghana a accédé à l’indépendance. En Grande Bretagne, le Parti travailliste avait entrepris une nationalisation massive lorsque Nkrumah est arrivé au pouvoir. Le panafricanisme de Nkrumah était alimenté par une vision plus grande et plus ambitieuse que celle de la European Coal and Steel Community qui s’est épanouie dans l’Union européenne, mais ils s’accordaient pour reconnaître le bénéfice de l’intégration régionale.

Utilisant les ressources existantes, Nkrumah a rapidement amélioré le système de santé, l’éducation et les infrastructures et a aidé d’autres pays nouvellement indépendants comme la Guinée. Avec des emprunts supplémentaires, des investissements ont été faits dans l’industrie et l’agriculture. Nombreux étaient les projets agro-industriels, pas tous bien conçus, qui en étaient à leur début lorsqu’il fut destitué. Un mois avant sa chute du pouvoir, il a inauguré le barrage hydroélectrique d’Akosombo, pièce centrale du projet de la rivière Volta, qu’il voyait comme la pièce maîtresse de l’industrialisation du Ghana. Les nombreuses nouvelles usines n’étaient pas encore bien établies dans le système de ravitaillement en matière première, élément pourtant central de sa politique d’industrialisation. A ce moment, la crise internationale du prix du cacao a porté un préjudice considérable aux revenus et aux prévisions de croissance, limitant les importations et la consommation. Les pénuries et le mécontentement qui en est résulté ont généré le climat parfait pour que la CIA (Central Intelligence Agency, soit le renseignement américain) fomente un coup d’Etat, le 24 février 1966.

Son orientation vers l’Union Soviétique et la Chine était dictée autant par l’économie que la politique. L’anti-impérialisme de Nkrumah impliquait qu’il ne croyait pas pouvoir s’appuyer sur l’Occident pour accomplir ses projets de transformation, en particulier en raison de son engagement pour l’unité africaine, l’existence de sphère d’influence coloniales qui perdurent et l’intrusion américaine. Dans le climat de la Guerre Froide, un projet combinant l’unité panafricaine, le nationalisme économique et une orientation vers les pays de l’Est dans une quête d’amitié et de ressources, ressemblait, du point de vue de la Maison Blanche et de l’OTAN, à du communisme. L’épouvantail du communisme justifiait, selon les instigateurs, le coup d’Etat de 1966.

Dans les semaines qui ont suivis le coup d’Etat, les média étaient remplis d’images de ‘’communistes subversifs’’ déportés hors du Ghana. La rubrique comportait un ramassis de propos du genre ‘des centaines de militants des mouvements de libération nationaux, basés au Ghana ou y recevant une formation et leurs conseillers militaires du bloc soviétique et de Chine et des techniciens industriels de l’Europe de l’Est’.

Au cours des cinquante années écoulées, le Ghana a traversé de nombreuses phases comme icône du développement. Les instigateurs du coup se présentaient comme les champions du programme de stabilisation du FMI que le régime militaire avait initié. Le retour du pouvoir civil au travers d’élections, qui ont mis au pouvoir les civils de la junte militaire, a été salué comme une première africaine. Depuis 1983, la soumission du Ghana au FMI et à la Banque Mondiale en a fait, une fois de plus, un modèle économique. Dans un rapport récent, la Banque Mondiale décrivait le Ghana comme étant un des dix meilleurs modèles d’ajustement au monde. Quatre élections paisibles successives depuis 1992 ont donné au Ghana l’étiquette d’‘’un oasis de paix dans une région turbulente’’.

L’ouverture politique et la stabilité sont importantes. Néanmoins, les défis liés à la transformation que Nkrumah avait identifiés et auxquels il avait tenté d’apporter une solution, sont toujours là. Le pays est toujours gravement dépendant de ressources limitées à des fins d’exportation et l’aide est cruciale pour l’investissement dans le secteur public. Les produits manufacturés les plus simples sont importés. Martin Wight serait en bonne compagnie parmi ceux qui célèbrent le Ghana comme un modèle de pays africain aujourd’hui. Mais ce modèle ressemble plus à celui de la Côte d’Or d’il y a 70 ans qu’à celui du modèle indépendant, structurellement transformé, que Nkrumah voulait établir comme ‘’ l’étoile noire’’ de l’Afrique.

* Yao Graham est un militant et un écrivain, à la tête de Third World Network Africa, une organisation de défense/promotion et de recherche panafricaine basée à Accra au Ghana.

* Cet article est paru dans le premier numéro de Chemchemi, le bulletin de la chaire professorale d’étude panafricaine Mwalimu Nyerere de l’université de Dar es Salaam en Tanzanie. Il est reproduit ici avec la gracieuse permission du comité éditorial de Chemchemi.

* Veuillez adresser vos remarques et commentaires à editor@pambazuka.org ou à http://www.pamabazuka.org/

Note : Cette année 2009 marque le centième anniversaire de la naissance de Kwame Nkrumah, né en septembre 1909. Nous publions l’article bienveillant mais critique de son compatriote en hommage à un grand dirigeant panafricain.


Contraintes et limites de l’évolution de l’Internet

Lisa Cyr

2009-06-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/57372

L’accès garanti à l’Internet est-il un droit humain dont nous bénéficions tous? C’est une des grandes questions posées par une publication annuelle qui souligne l’importance de l’accès aux infrastructures des technologies de l’information et de la communication (TIC) – et étudie les pays qui trouvent ou ne trouvent pas de solutions et comment ils s’y prennent, ainsi que les mesures à prendre pour les aider. Global Information Society Watch 2008 (ou GISWatch), maintenant disponible en français sur le site www.giswatch.org est publié par l’Association pour le progrès des communications (APC), le Third World Institute (ITeM) et l’organisation de développement néerlandaise Hivos, et regroupe dans plus de 50 rapports les perspectives des experts, des analystes et des activistes travaillant dans le domaine des TIC ainsi que des organisations de la société civile dans le monde entier.

« Certains bailleurs de fonds et praticiens du développement, dont la société civile et des activistes de la communication et de l’information commencent à penser que l’accès aux infrastructures n’est pas aussi important qu’on le croyait », affirment les éditeurs dans la préface. « Le résultat c’est l’idée que le domaine du développement des infrastructures doit être laissé au secteur privé, opérateurs et investisseurs qui ne voient pas toujours la valeur sociale des communications dans la société, aux gouvernements qui n’ont pas les moyens ni souvent une stratégie claire et aux institutions internationales qui tendent à aborder cette question dans une optique limitée et technocratique ».

Plusieurs rapports thématiques de GISWatch 2008 s’attaquent à des sujets brûlants en rapport avec l’accès aux infrastructures et autres questions connexes. Par exemple, l’analyste Peter Lange présente les avantages et les inconvénients dans une analyse sur la neutralité de l’Internet intitulé « The end of the internet as we know it? » (La fin de l’internet tel que nous le connaissons) alors que Sunil Abraham, du Centre for Internet and Society à Bangalore, fait l’observation hardie que la plupart des utilisateurs d’ordinateurs aujourd’hui sont encore « numériquement colonisés » en raison de leur utilisation inconditionnelle des logiciels commerciaux – généralement Microsoft.

Dans son analyse de l’accès au contenu, Russell Southwood affirme que la bande passante, tout comme le pétrole, est une ressource essentielle du XXIe siècle. Quant à Daniel Pimienta, de Networks and Development Foundation (FUNREDES), il fait observer que le World Wide Web s’étend de façon exponentielle et que les moteurs de recherche perdent leur capacité à l’indexer.

Ben Akoh, de la Open Society Initiative of Western Africa (OSIWA), simplifie la question parfois touffue qui sous-tend la gestion équitable du spectre et fait observer que : « Dans le contexte africain, le téléphone mobile tire profit de l’oralité de la culture et de la société africaines, ce qui explique peut-être son adoption rapide. Mais dans un contexte moderne, c’est une oralité qui se retourne contre elle-même dans la mesure où le coût de la communication peut avoir avalé le revenu disponible de la personne. »

La façon dont les institutions internationales comme les Nations Unies et l’Union internationale des télécommunications traitent les questions d’accès est abordée par l’analyste du développement des TIC, David Souter. On trouve également dans la publication un autre point de vue sur les indicateurs. Les auteurs Mike Jensen et Amy Mahan font remarquer qu’il n’existe pas de consensus mondial sur une façon de mesurer la société de l’information qui permettrait des comparaisons raisonnables entre pays.

Des rapports sur presque quarante pays

Des rapports sur trente-huit pays ont été rédigés par des auteurs de pays aussi différents que la République démocratique du Congo, le Mexique, la Suisse et le Kazakhstan. Parallèlement, six aperçus régionaux placent en contexte les rapports sur chaque pays. Ils portent sur l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Afrique, les pays de l’ancienne Union soviétique, l’Asie du Sud-est et le Pacifique.

Selon APC, Hivos et ITeM, GISWatch est à la fois une publication et un processus : il s’agit d’établir une capacité de réseautage et de plaidoyer entre les organisations de la société civile qui oeuvrent pour une société de l’information juste et inclusive. Le nombre croissant d’organisations qui présentent des rapports sur des pays – seize de plus que l’an dernier, première année de parution de GISWatch, témoigne de cette orientation. Ce faisant, ces organisations espèrent que GISWatch aura une influence sur les processus de formulation des politiques dans les différents pays et régions et au niveau international.

* La version française de GISWatch 2008 est maintenant disponible en visitant http://www.giswatch.org/gisw2008/fr/, et peut être téléchargée au complet ou gratuitement.

* Rapports par pays dans GISWatch 2008
Afrique : Cameroun, République démocratique du Congo, République du Congo, Egypte Ethiopie, Kenya, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda, Zambie
Amériques : Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, Jamaïque, Mexique, Paraguay, Pérou, Uruguay
Asie-Pacifique : Bangladesh, Inde, Kazakhstan, République de Corée, Kirghizstan, Pakistan, Philippines, Tadjikistan, Ouzbékistan
Europe : Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Roumanie, Espagne, Suisse

* Lisa Cyr est adjointe à la communication à Association for Progressive Communications

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Nécrologie

Guinée : El Hadj Djéli Sory Kouyaté, le maître du balafon s'en va

2009-06-26

http://tinyurl.com/l2mm6h

Le grand maître du balafon, El Hadj Djéli Sory Kouyate, s'est éteint le 15 juin 2009 à Conakry en Guinée, des suites de maladie. Il fut le témoin de la vivacité de la musique guinéenne des années 1960 jusqu'à nos jours. El Hadj Djéli Sory Kouyate est issu d'une dynastie de griots, descendant de Bala Fasseké Kouyaté, grand griot et conseiller de Soundjata Keïta qui dirigea l'empire mandingue au XIIIe siècle. Il était né en 1918.





Femmes & genre

Afrique du Sud : Un sondage choc sur le viol

2009-06-26

http://tinyurl.com/mtnuuk

Un sondage confirme l’épidémie culturelle du viol au sein de la société africaine du sud : un quart de la population masculine a déjà violé quelqu’un. Ce problème ne date pas d’hier. Le véritable souci est que cette plaie affectant de manière exacerbée l’Afrique du Sud s’est aggravée avec le temps. Le gouvernement n’a donc pas trouvé de solution adéquate pour endiguer la progression du nombre de viols. IL’enjeu est de taille, car il s’agit de changer des mentalités bien ancrées. Culturellement, un homme doit être un "dur" et il doit en imposer aux femmes et autres hommes ; cela passe par la violence et la délinquance sexuelle.





Droits humains

Angola: HRW demande l’arrêt des tortures au Cabinda

2009-06-26

http://tinyurl.com/mkt8vc

L'armée angolaise doit "immédiatement" en finir avec les détentions illégales et les tortures à l'encontre de personnes soupçonnées de militer pour l'indépendance de la riche enclave angolaise du Cabinda, a réclamé Human Rights Watch (HRW). Selon le directeur de cette organisation, "les préoccupations sur la sécurité en Angola ne justifient pas les tortures ou le fait de leur refuser les droits les plus élémentaires", a-t-elle poursuivi dans un communiqué. L'enclave pétrolière de Cabinda, située entre la RD Congo et le Congo-Brazzaville sur l'océan Atlantique, est le théâtre de troubles séparatistes depuis son annexion par l'Angola après l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975.


Guinée: Les atteintes aux Droits de l'homme dénoncées

2009-06-26

http://tinyurl.com/ldkorh

Le groupe local de contact sur la Guinée (GLC-G), composé de représentants de la communauté internationale, a dénoncé le 19 juin, à Conakry la "détérioration de la situation sécuritaire et les atteintes aux droits de l’Homme", près de six mois après le putsch. Dans un communiqué, le GLC-G déplore "des arrestations et détentions arbitraires, des entraves aux libertés d’expression et de réunion caractérisées par l’interdiction d’accès des partis politiques aux médias d’Etat". Il constate par ailleurs "la dégradation de la situation économique et financière et le harcèlement des entreprises privées".


Rwanda : Un ancien fonctionnaire condamné pour génocide

2009-06-26

http://tinyurl.com/mkkcmq

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a condamné Callixte Kalimanzira, ancien directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur du Rwanda durant le génocide de 1994, à 30 ans de réclusion. Kalimanzira a été arrêté en 2005 et reconnu coupable de génocide et d'incitation directe et publique à commettre le génocide. Il a été condamné pour des massacres de Tutsi dans la préfecture de Butare, notamment sur la colline de Kabuye.


Rwanda : Perpétuité contre d'anciens chefs de l'armée pour génocide

2009-06-26

http://tinyurl.com/kttwtr

L'accusation au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a requis le 24 juin la prison à vie pour les anciens chefs d'état-major de l'armée et de la gendarmerie rwandaises pour leur participation au génocide de 1994. Les deux officiers généraux sont jugés avec l'ancien commandant du bataillon de reconnaissance, le major François-Xavier Nzuwonemeye, et le capitaine Innocent Sagahutu qui commandait un escadron de cette unité d'élite. L'accusation a également requis la perpétuité contre ces deux officiers.


Sénégal : Pourvoi en cassation des personnalités poursuivies en France

2009-06-26

http://tinyurl.com/kp55ey

Sept personnalités sénégalaises, toujours visées par des mandats d'arrêt internationaux pour leur responsabilité présumée dans le naufrage du Joola (plus de 1.800 morts en 2002), ont formé un pourvoi en cassation, a annoncé le 22 juin leur avocat. Le but de ce pourvoi, déposé le 18 juin, est de faire annuler les poursuites qui visent ces anciens responsables de l'armée et de la marine dans le cadre de l'instruction ouverte en France en 2003 après des plaintes de victimes françaises. En cas de rejet, l’avocat envisage un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).


Togo : Abolition de la peine de mort

2009-06-26

http://tinyurl.com/ls4c32

Le parlement togolais a adopté à l'unanimité une loi abolissant la peine de mort et convertissant en prison à vie les peines capitales déjà prononcées et non exécutées. Selon cette loi, les condamnations à mort prononcées par les juridictions compétentes, mais non encore exécutées à la date d’entrée en vigueur de ce texte, sont "converties de plein droit en peine de réclusion perpétuelle".





Réfugiés & migration forcée

Burundi : Le HCR salue les progrès dans le rapatriement des réfugiés

2009-06-26

http://tinyurl.com/mnvc3v

Le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a loué les progrès réalisés par le Burundi dans le rapatriement des réfugiés burundais. Le mouvement des retours massifs dure depuis 2002 et quelque 477.000 réfugiés burundais seraient depuis rentrés d’exil, d’après l’agence spécialisée des Nations unies qui y va parfois avec des méthodes incitatives en donnant à chaque rapatrié, en plus du paquet retour classique en vivres et non vivres, 50.000 francs burundais (environ 50 dollars) d’argent de poche.


Sénégal : Plainte pour actes inhumains contre un émigré en Espagne

2009-06-26

http://tinyurl.com/kuvlr5

Le ministre sénégalais de la Justice a annoncé le 23 juin que le Sénégal allait «enclencher des poursuites contre X pour actes inhumains et dégradants», suite aux mauvais traitements infligés par des policiers espagnols à un Sénégalais. Ce dernier, qui faisait l’objet d’une mesure d’expulsion, a été enchaîné et violenté à l’aéroport. La scène a été filmée et diffusée sur internet. Pour le gouvernement sénégalais ces sont réprimés par la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée à New York le 10 décembre 1984.


Tchad : Départ d'un premier groupe de réfugiés aux Etats-Unis

2009-06-26

http://tinyurl.com/m6xkz4

Un groupe de 11 réfugiés a quitté le Tchad pour commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis, dans le cadre du programme du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), a rapporté le 23 juin l'agence des réfugiés. Le groupe qui a quitté N'djamena pour se rendre aux Etats-Unis comprend des réfugiés venant de la RD Congo, du Soudan et de la République centrafricaine. Quelque 250.000 réfugiés provenant du Darfour sont abrités dans les 12 camps du HCR dans l'est du Tchad. De plus, environ 70.000 réfugiés provenant de la République centrafricaine vivent dans les camps dans le sud du Tchad.Les Etats-Unis sont le premier pays à promouvoir la réinstallation des réfugiés au Tchad.





Elections & gouvernance

Congo : Une élection présidentielle qui menace la paix?

2009-06-26

http://tinyurl.com/m6a5wr

Le 12 juillet est la date de l'élection présidentielle au Congo. Mais, au fur et à mesure que cette date approche, certains habitants de Brazzaville, la capitale, quittent la ville, redoutant de graves violences liées à ce scrutin où 13 candidats sont en lice. Mathias Dzon, un candidat de l'opposition au scrutin, a déclaré le 20 juin que «cette élection nous mène droit à l'affrontement».


Congo : la fraude électorale se met en place

2009-06-26

http://www.africatime.com/Congo/index.asp

Corruption, achat de conscience, alourdissement de la procédure administrative pour la délivrance du certificat de moralité, refus de la validation de dossiers de candidats à laprésidentielle, intimidation, menaces de toutes sortes, confiscations de pièces d’identités… telles sont les moyens de pression utilisés par les hommes du pouvoir brazzavillois pour barrer la route aux futurs challengers du président Sassou aux futures élections présidentielles. Le décor d’une vaste tricherie est ainsi posé au Congo. A la vraie opposition politique et à la société civile d’être vigilantes pour ne pas se faire voler le prochain scrutin présidentiel.


Côte d’Ivoire : Les raisons d’un impossible report pour la présidentielle

2009-06-26

http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=334920

Le président ivoirien Laurent Gbagbo voudrait reporter le scrutin prochain présidentiel prévu pour le 29 novembre 2009 et a déjà commencé les grandes manœuvres. Il a ainsi commis son directeur de cabinet auprès des autorités françaises au début de ce mois. Une démarche que n’a pas manqué de fustiger le président Nicolas Sarkozy, à Libreville, à l’occasion des obsèques du président Oumar Bongo Ondimba. Même si le président de la République française dit ne « plus y croire », il importe de rappeler que la Côte d’Ivoire ne peut se payer le luxe d’un autre report. Et pour plusieurs raisons…


Gabon : La succession d'Omar Bongo s'annonce compliquée

2009-06-26

http://tinyurl.com/lnhjse

Le Premier ministre gabonais a reconnu que l'élection présidentielle consécutive à la mort du président Omar Bongo Ondimba ne pourrait avoir lieu fin juillet comme prévu par la Constitution. "Je vois mal comment en 45 jours nous pouvons régler le problème de l'élection présidentielle", a déclaré M Jean Eyeghé Ndong. "J'espère que je ne m'avance pas trop mais c'est sûr que nous irons au-delà de 45 jours", a-t-il dit. Des commentateurs et l'ensemble de la classe politique estiment impératif de repousser ce délai afin de procéder à une révision des listes électorales. La Constitution prévoit un allongement possible du délai en "cas de force majeure".


Gabon : Le gouvernement reconduit, excepté le ministre de l'Intérieur

2009-06-26

http://tinyurl.com/nqcag3

Le gouvernement démissionnaire du Premier ministre gabonais J a été reconduit quasiment à l'identique le 19 juin par la présidente Rose Francine Rogombé, qui assure l'intérim depuis le décès d'Omar Bongo.
 Le seul changement notable est celui du ministre de l'Intérieur, qui sera chargé de l'organisation de la prochaine élection présidentielle.
 André Mba Obame, qui d'après plusieurs sources concordantes suscitait l'hostilité de la société civile, de plusieurs opposants comme de certaines franges du pouvoir, est remplacé par Jean-François Ndongou, également membre du parti au pouvoir.


Guinée:Incertitude autour des activités politiques

2009-06-27

http://tinyurl.com/nn37ux

Après l’interdiction faite à Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), de tenir un meeting politique à Kérouané (environ 1000 km de Conakry), la classe politique est inquiète. Ses militants ont été dispersés. Lui-même et sa délégation ont reçu l’ordre de quitter immédiatement la ville où ils devaient passer la nuit. Aucune localité n’ayant voulu les accueillir sur ordre de la junte, dit-on, ils finiront par dormir à la belle étoile, près de Kankan, 300 km plus loin, avant de rependre la route ce matin en direction de Conakry.


Guinée : Le meeting du président Camara boycotté

2009-06-26

http://tinyurl.com/m3zuja

Les leaders des plus grands partis politiques guinéens ont boudé, le 22 juin, à Conakry, le meeting auquel les avait conviés le chef de la junte au pouvoir depuis six mois. Seuls 18 petits partis sur les 81 officiellement agréés en Guinée avaient répondu à l'invitation du président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara. En l’absence des principaux partis politiques du pays, celui-ci s’est retrouvé dans un tourbillon: d’un coté, des jeunes acquis à sa cause qui souhaitent qu’il se maintienne au pouvoir jusqu’en 2010 et de l’autre, les sympathisants des partis qui ont boudé la rencontre et pour qui il est hors de question que la transition militaire dépasse 2009


Guinée : Main tendue à la coopération arabe, face aux sanctions

2009-06-27

http://tinyurl.com/m9jlfx

L’isolement économique de la Guinée s’accentue depuis le putsch constitutionnel de décembre dernier. L’Union européenne, les Etats-Unis, le FMI, ses principaux partenaires exigent comme préalable à tout décaissement un retour à l’ordre constitutionnel. Cette conditionnalité n’apaise pas la junte militaire au pouvoir, hantée par l’idée de « 
poser des actes concrets ». Exaspérée par les sanctions économiques de ses partenaires traditionnels, la Guinée tend la main aux Emirats arabes unis.


Madagascar : L'Afrique australe favorable à de nouveaux pourparlers

2009-06-26

http://tinyurl.com/njxtc7

Des dirigeants d'Afrique australe, réunis le 20 juin à Johannesburg, lors d'un sommet consacré à la crise politique à Madagascar, ont appelé les parties à "s'engager à une résolution négociée pacifique", quatre jours après la suspension des pourparlers intermalgaches. Le sommet extraordinaire de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) "a appelé toutes les parties à s'engager à une résolution négociée pacifique et à s'abstenir de recourir à des solutions violentes (...) qui pourraient saper les efforts en cours pour ramener l'ordre constitutionnel". Lors de son précédent sommet consacré à Madagascar, fin mars, la SADC avait envisagé de recourir à d'"autres options", sous-entendu notamment militaires, au cas où M. Ravalomanana ne reprenait pas ses fonctions. La SADC avait aussi suspendu la Grande-Ile de ses instances.


Mali : Psychose d’une candidature de Konaré à la présidentielle

2009-06-26

http://tinyurl.com/lp5edc

Après avoir dirigé le Mali pendant deux mandats successifs, Alpha Oumar Konaré est revenu au bercail après un mandat passé à la tête de la Commission de l’Union africaine. Depuis son retour au pays, l’ex-président du Mali se met à l’abri de toute indiscrétion en évitant de faire des déclarations qui puissent donner à redire en ce qui concerne ses intentions politiques. Cette réserve gêne les hommes politiques du pays dont les supputations se multiplient sur ses intentions de se présenter ou non à la succession d’Amadou Toumani Touré. Ce dernier lui avait succédé et vient de boucler deux mandats.


Maroc: Les femmes s’imposent aux élections communales

2009-06-26

http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=5367

Au total 3.408 femmes ont été élues conseillères aux élections communales, organisées le 12 juin au Maroc, sur les 20.458 candidatures féminines, soit 250 pour cent de plus qu'en 2003 où elles occupaient seulement 127 sièges, selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l'Intérieur, cette semaine. Les femmes marocaines ont relevé le défi, cette fois, en participant en grand nombre, comme candidates et électrices, à ce scrutin dans le royaume. Le taux de participation définitif est de 52,4 pour cent, beaucoup plus élevé que celui enregistré aux législatives de 2007, qui était seulement de 37 pour cent.


Mauritanie : Le Conseil constitutionnel rejette le décret sur la présidentielle

2009-06-26

http://tinyurl.com/lbcqyv

Le Conseil constitutionnel mauritanien a rejeté le 24 juin, pour "non constitutionnalité", le décret pris la veille par le président intérimaire pour l'organisation de l'élection présidentielle du 18 juillet et qui était contesté par les candidats de l'opposition. Les membres du Conseil soulignent notamment que le décret contesté "ne respecte pas les délais" fixés par la loi pour le dépôt des candidatures, l'examen des dossiers par le Conseil constitutionnel et le droit de recours dont bénéficient les candidats. Le décret se réfère à l'accord arraché au terme d'âpres négociations entre les partenaires mauritaniens dans la capitale sénégalaise, sous l'égide de la communauté internationale.


Mauritanie : Les négociations bloquées à un mois de la présidentielle

2009-06-26

http://tinyurl.com/mkcsau

L'accord de sortie de crise en Mauritanie, signé le 4 juin à Dakar, n'est toujours pas appliqué et une élection présidentielle est annoncée pour le 18 juillet alors que les discussions n’avancent pas. Alors que le groupe de contact et les facilitateurs sénégalais avaient officiellement invité les trois parties mauritaniennes à se rendre une nouvelle fois à Dakar, au cours du week-end passé, le camp du candidat Abdel Aziz, l’auteur du putsch en août dernier, a annoncé qu’il n’enverrait aucun représentant.


Mauritanie : Le président mauritanien présente sa démission

2009-06-27

http://tinyurl.com/mcax9y

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, renversé lors du coup d'Etat du 6 août dernier, a présenté le 27 juin sa démission volontaire de la fonction de président de la République. Cet acte constitue un élément essentiel dans la médiation pour aller vers les élections du 18 juillet. Il permet l'application de l'Accord cadre de Dakar signé le 4 juin, qui prévoit entre autres la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale et la mise en place d'une Commission électorale nationale indépendante (CENI) consensuelle.


Niger : La situation politique est toujours bloquée

2009-06-26

http://tinyurl.com/ndejc9

La réunion du Conseil de la République, qui se tenait le 19 juin à Niamey, sous la présidence du présidetn Tanja, pour trouver des solutions à la crise politique que traverse le pays depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, s'est achevée sur un constat d'échec, a déclaré le chef de file de l'opposition, Mahamadou Issoufou. Selon lui, le président Tanja a levé la séance en constatant l'impasse et a annoncé un message à la Nation pour entretenir les Nigériens de ce que le pays est bloqué du fait de la Constitution. Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, le fonctionnement des institutions a pris un coup, les accords de prêts ne pouvant plus être ratifiés, privant ainsi le pays de ressources précieuses provenant de l'aide à la coopération.


Niger: Tandja renonce à son projet de référendum

2009-06-26

http://tinyurl.com/mvgoo5

Le président Tandja renonce pour l'instant à son projet de référendum. Il a signé le 20 juin un décret qui convoque le corps électoral pour des élections législatives anticipées le 20 août prochain. Ce scrutin anticipé découle de la dissolution de l'Assemblée nationale par le chef de l'Etat, fin mai. La date du 20 août a été fixée par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). La campagne électorale commencera le 29 juillet et sera close le 18 août. Mamadou Tandja a donc finalement capitulé devant l'hostilité des institutions du pays.





Corruption

Cameroun : la piste camerounaise des «biens mal acquis»

2009-06-26

http://tinyurl.com/kjm62y

Le Cameroun sera-t-il le prochain pays africain secoué par l'affaire des "biens mal acquis"? A ce jour, la procédure judiciaire qui vise à déterminer le patrimoine "français" de certains chefs d'Etat se limite au Gabon, au Congo-Brazzaville et à la Guinée équatoriale. Mais le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), une ONG qui a joué un rôle déclencheur dans la première enquête, s'intéresse désormais au Cameroun de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.


Zambie : preuves tangibles contre un ancien président

2009-06-26

http://tinyurl.com/mbalwq

Le bureau des enquêtes et des plaintes de la Zambie sur la corruption a indiqué qu'il a suffisamment de preuves avant que la cour ne prouve que l'ancien président zambien, Fredrick Chiluba, et deux autres fonctionnaires ont détourné des fonds publics pour un montant de 500.000 dollars américains. Selon la plaidoirie, l'ancien chef des renseignements du pays, Xavier Chungu, est prétendument au centre de la procédure dans laquelle M. Chiluba et d'autres sont accusés de vol de fonds publics.





Développement

Afrique : Naissance de la plus grande union douanière

2009-06-26

http://tinyurl.com/lf65up

Les 400 millions habitants des 19 pays du COMESA partagent depuis le 21 juin un régime douanier économique. Quelque 16 ans auront été nécessaires pour créer ce marché plus grand que celui de l’Europe. Le COMESA regroupe, sur 12 millions de km2, 19 pays de l’Afrique australe et centrale, comptant un PIB de 360 milliards de dollars. Sur le papier, l’accord stipule l’harmonisation des droits de douane sur les produits entrant dans le bloc économique et ceux circulant dans la région. Signe précurseur de cet accord, la levée des restrictions aux visas de tourisme à l’intérieur du bloc, allant de l’Egypte au nord jusqu’au Swaziland au sud.


Afrique : Renvoi du démarrage de la monnaie unique de la ZMAO

2009-06-26

http://tinyurl.com/mkkcmq

Le 9ème sommet de l’autorité des chefs d’Etat et de gouvernement de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO), ouvert le 22 juin à Abuja (Nigeria), a abouti à la prorogation du délai nécessaire pour l’achèvement du processus devant permettre d’aboutir à la création de la Banque centrale commune de l’Afrique de l’Ouest, de janvier 2010 à juin 2014 ou avant cette date, comme en décideront les dirigeants régionaux. En effet, au terme des discussions, le sommet a décidé que le délai de décembre 2009 n’est pas convenable pour le démarrage de la monnaie unique et l’union monétaire de la ZMAO.


Burkina Faso : 2008, une année morose pour les sociétés d’Etat

2009-06-27

http://tinyurl.com/mhs9bv

La 17ème Assemblée générale des sociétés d’Etat burkinabè a révélé le 26 juin que ces sociétés ont ressenti de plein fouet les effets de la crise économique mondiale, ce qui a fait baisser considérablement les recettes de l’Etat. Ainsi, sur les quatorze sociétés de gestion étatique appelées à présenter et justifier leurs états financiers, trois (contre deux en 2007) enregistrent des résultats déficitaires, tandis que cinq ont des résultats positifs qui sont toutefois en baisse par rapport à l’exercice 2007. Seules six sociétés ont pu accroître leurs résultats.


Ethiopie : l'horticulure rapporte 138 millions de dollars

2009-06-26

http://tinyurl.com/lkjehb

Les exportations de fleurs, légumes, fruits et herbes ont rapporté à l'Ethiopie environ 138 millions de dollars pendant onze mois depuis le mois de juillet 2008. Sur ce montant, 118 millions de dollars ont été obtenus grâce à la vente de 1,2 milliard de branches de fleurs à divers pays pendant la même période. Avec l'exportation de 43.000 tonnes de légumes, fruits et herbes, l'Ethiopie a gagné 20 millions de dollars.


Namibie : L'uranium suscite toutes les convoitises

2009-06-26

http://tinyurl.com/luk3df

Les gisements d'uranium du désert namibien, qui pourraient placer le pays au premier rang des producteurs du combustible nucléaire, suscitent un intérêt croissant illustré cette semaine par la visite du président russe Dmitri Medvedev. Cette première visite d'un chef du Kremlin en Namibie, attendu les 24 et 25 juin à la tête d'une délégation de plusieurs centaines de personnes, devrait notamment relancer une coopération dormante dans l'exploitation de l'uranium et la production d'énergie.





Santé & VIH/SIDA

Global : La vaccination contre la fièvre jaune à court de moyens…

2009-06-26

http://tinyurl.com/mk9zhg

Faute de moyens financiers, les stocks mondiaux de vaccin contre la fièvre jaune - qui tue 52 000 personnes chaque année - diminuent dangereusement. Or ces réserves sont indispensables aux campagnes de vaccination actuellement en cours sur le continent africain. Le Groupe international de coordination (GIC) pour l’approvisionnement en vaccins sonne l’alarme. «Si aucun financement additionnel n’est débloqué, les stocks devraient être complètement épuisés d’ici 2010 ».


Mali : Cinq à six mille enfants naissent avec la drépanocytose

2009-06-26

http://tinyurl.com/nhnx7k

Au Mali, 5000 à 6000 enfants naissent chaque année avec des formes graves de drépanocytose, a indiqué le ministre malien de la Santé à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Pour faire face à la maladie, le gouvernement malien vient de créer un service public autonome dédié à la recherche, à la formation et aux soins en matière de drépanocytose. Selon l’OMS, 300.000 enfants naissent chaque année dans le monde atteints de la drépanocytose, alors que la pathologie est à l'origine d'environ cinq pour cent des décès d'enfants de moins de cinq ans en Afrique.


Namibie : Des femmes séropositives stérilisées de force

2009-06-27

http://www.afrik.com/article17050.html

En Namibie, des femmes séropositives sont stérilisées sans leur consentement lorsqu’elles se rendent dans des hôpitaux publics pour des soins. Plusieurs cas ont été signalés à la communauté internationale des femmes vivant avec le VIH (ICW). Cette association a mené une enquête auprès de 230 femmes contaminées par le VIH et a découvert que quarante d’entre elles ont été contraintes de se faire stériliser, sans en être correctement informées. Dans la plupart des cas, elles ont signé un formulaire en anglais, sans comprendre le contenu, ou le personnel soignant a présenté cette opération comme un remède contre le sida.


Rd Congo : une équipe de MSF enquête sur une épidémie

2009-06-26

http://tinyurl.com/lrxswq

Une équipe de Médecins sans frontières (MSF) est à pied d'oeuvre à Boma, deuxième ville de la province du Bas-Congo dans l'ouest de la RD Congo, dans le cadre des investigations sur une épidémie qui s'est déclarée dans cette ville et qui a fait cinq morts sur une dizaine des cas enregistrés. Il s'agit, a-t-il précisé, de prélever des échantillons sur les malades pour étude et de passer en revue avec les techniciens locaux les sites à problème pour diagnostiquer clairement la maladie.
Droits humains


Rd Congo : Une maladie non identifiée tue cinq personnes

2009-06-26

http://tinyurl.com/luoynn

Cinq personnes sur une dizaine atteintes d'une maladie non encore identifiée sont décédées en l'espace de quelques jours dans la localité de Mangala, située à une trentaine de kilomètres de la ville de Boma. Un technicien de la santé, qui n'a pas précisé la période d'incubation de cette maladie, a fait savoir qu'elle se caractérise par des vomissements du sang accompagné de diarrhées sanguinolentes et d'écoulements de sang aux narines. Cette maladie, dont les symptômes s'apparent avec la fièvre hémorragique à virus Ebola, crée une panique au sein de la population.





Éducation

Gabon : Les enseignants maintiennent la grève

2009-06-26

http://tinyurl.com/mudcve

Alors que l'année scolaire touche à sa fin, les enseignants gabonais ont annoncé le 22 juin la poursuite de leur mouvement de grève jusqu'à la satisfaction totale de leurs revendications. Les enseignants réclament notamment le versement intégral de la prime incitative ainsi que l'harmonisation des situations administratives des 3000 enseignants stagiaires concernés. Après plus de 7 mois de grève, entrecoupée de pourparlers avec les autorités de tutelle et de brèves reprises des cours, les enseignants dénoncent notamment les couacs survenus dans le versement de la prime incitative.





Racisme & xénophobie

Mali : Plainte contre Air France pour abus contre des voyageurs

2009-06-27

http://tinyurl.com/klksn6

L’Association malienne des expulsés (Ame) a annoncé avoir porté plainte à Bamako contre Air France pour "abus de pouvoir", accusant la compagnie d’avoir refusé le 24 juin d’embarquer plusieurs ressortissants maliens sur le vol Bamako-Paris. Elle a par ailleurs affirmé qu’une autre plainte serait déposée contre une deuxième compagnie française, Aigle Azur, qui a également refusé d’accepter à bord de son vol des Maliens, résidents en France.





Environnement

Afrique : 5000 stations météo installées dans les prochaines années

2009-06-26

http://tinyurl.com/mqmb2j

L'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a lancé le 18 juin à Genève une initiative appelée " Info météo pour tous" visant à améliorer le réseau des prévisions météo en Afrique face à l'impact grandissant du changement climatique. Grâce à cette initiative, jusqu'à 5000 stations météo vont être installées ces prochaines années. M. Annan, est le président du Forum humanitaire mondial basé à Genève


Afrique : Une catastrophe évitée avec les criquets nomades

2009-06-26

http://tinyurl.com/mbjq7h

Une campagne internationale d'urgence face au criquet nomade menée en Afrique orientale et méridionale a permis d'éviter une catastrophe entraînée par une recrudescence massive de criquets en Tanzanie, a annoncé le FAO le 24 juin. L'intervention rapide a réduit de manière significative les infestations de criquets nomades, empêchant de ce fait une invasion en bonne et due forme, qui aurait pu avoir une incidence dramatique sur les cultures vivrières dont se nourrissent quelque 15 millions de personnes dans la région.


Mali : la grande muraille verte va s’élancer

2009-06-26

http://tinyurl.com/lk5a4a

La convention relative à la création de l'Agence panafricaine de la Grande muraille verte a été signée la 23 juin à Bamako. 
Il s’agit d’une ceinture de végétation plurispécifique large de 15 kilomètres et qui s'étendra sur une longueur d'environ 7000 km reliant le Sénégal à Djibouti en passant par Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Soudan, l’Éthiopie et l’Erythrée. C’est lors d’un sommet de l’Union africaine en 2005, que le président nigérian d’alors, Olesegun Obasanjo, avait proposé la création d'une muraille verte pour le Sahara.


Rd Congo : Les emballages en plastique bientôt interdits

2009-06-26

http://tinyurl.com/nd6rky

Le ministre de l'Industrie congolais a annoncé le 20 juin à Kinshasa, pour « avant septembre », de nouvelles normes permettant une prise d'arrêtés interdisant la production locale et l'importation des emballages non biodégradables. « Avant le mois de septembre 2009, le Comité national de normalisation va adopter les normes sur les emballages en sachet et en papier. Dès que nous aurons adopté ces normes, je prendrai un arrêté qui fera en sorte que plus aucun sachet en plastique, qui n'est pas conforme à ces normes - donc, non biodégradable - ne pourra plus entrer sur notre territoire », a déclaré le ministre.





Média & liberté d'expression

Gambie : intensification de la répression contre la presse

2009-06-26

http://tinyurl.com/m2z5du

Le régime du président Jammeh a intensifié la répression contre les journalistes gambiens avec l’arrestation de huit journalistes, dont sept déjà inculpés, rapportent des associations de défense de la liberté de la presse. Le premier groupe de 7 journalistes, qui avaient tous été arrêtés le 15 juin 2009 ont été entendus par la Justice et inculpés pour propos « séditieux », alors que le huitième arrêté le 18 juin, attend d’être fixé sur son sort. Tous les journalistes arrêtés travaillent pour The Point, journal privé co-fondé par le défunt Deyda Hydara ou pour Foroyaa, journal appartenant à un parti d’opposition.





Conflits & urgences

Congo : Début d'une opération de collecte d'armes

2009-06-26

http://tinyurl.com/m84xcc

Le Congo a lancé une opération visant le ramassage d'au moins 1.500 armes auprès d'ex-combattants de la région du Pool (sud), théâtre d'affrontements entre 1998 et 2003. L'opération a été officiellement lancée le 20 juin, selon le commissaire à la réinsertion économique des ex-combattants. Selon lui, les ex-combattants "ninjas" encore actifs autour de l'ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi, "sont prioritairement ciblés". En février, le gouvernement congolais a déjà mené une opération similaire qui lui a permis de ramasser près de 2.800 armes dans le Pool.


Madagascar : les jeunes perturbés par la crise

2009-06-27

http://tinyurl.com/mucb47

Les jeunes Malgaches ont vu leur quotidien changer avec la crise socio-économique et les tensions politiques qui touchent leur pays. Leurs valeurs, leurs repères sont bouleversés et certains ont basculé dans la violence. La majorité d’entre eux ne voit pas l’avenir en rose. 12 800 jeunes ont été entendus, écoutés par l’Unicef et ses partenaires. Ils ont parlé de leurs problèmes actuels, de leurs angoisses, de leurs ressentis. L’étude « La boîte de Pandore, les jeunes se trouvent à la croisée des chemins » dessine un tableau inquiétant de l’état émotionnel et des conditions de vie de ces enfants et adolescents malgaches.


Mali : Fin des opérations de déminage de la région de Kidal

2009-06-26

http://tinyurl.com/lmqfnf

Le déminage de la zone de Kidal-Tinezaouaten est terminé. Avant d’annoncer ainsi la nouvelle, les responsables administratifs de la région de Kidal ont eux-mêmes effectué une visite de terrain. Ils ont sillonné en véhicule la zone du nord au sud, de l’est à l’ouest. C’est le groupe de rebelles touaregs, dirigé à l’époque par Ibrahim Ag Bahanga, qui avait posé ces mines. Des civils algériens et maliens, ainsi que des militaires ont été tués par ces engins.


Nigeria : Le gouvernement face à deux fronts

2009-06-26

http://tinyurl.com/n63vha

Au Nigeria, l'armée gouvernementale a officiellement débuté les tractations avec les groupes rebelles de la région du delta du Niger pour un désarmement pacifique, selon l'état-major. Cette initiative est menée alors que va se préciser cette semaine la proposition d'amnistie du gouvernement pour les militants qui déposeront effectivement les armes. Ainsi la stratégie de sortie de crise se mène sur deux fronts, mais les rebelles attendent surtout du gouvernement qu’il donne des gages solides du respect à la lettre des termes de cette amnistie.


Nigeria : l'amnistie aux groupes armés en vigueur le 6 août

2009-06-27

http://tinyurl.com/llhrt3

L'amnistie offerte le 25 juin par le président nigérian Umaru Yar'Adua aux groupes armés sévissant dans le sud pétrolifère du pays sera ouverte à partir du 6 août et pendant une période de 60 jours. "Nous ouvrons une période de grâce de 60 jours (...) pour tous ceux qui souhaitent déposer leurs armes et renoncer au militantisme", a annoncé le ministre de l'Intérieur. Ce dernier dirige le panel mis en place à cet effet. Il a souligné que le gouvernement ne verserait pas d'argent en échange des armes remises par les militants.


Somalie : Les islamistes s’imposent, le président déclare l'état d'urgence

2009-06-26

http://tinyurl.com/nt7bjy

Quatre hommes ont été condamnés à l'amputation de la main droite et de la jambe gauche, pour avoir commis des vols. C'est la justice des miliciens islamiques qui s'applique désormais dans certains quartiers de la capitale Mogadiscio. Le gouvernement légal ne contrôle plus que quelques régions du centre du pays et quelques quartiers de Mogadiscio. Face à cette situation, le président somalien vient de déclarer l'état d'urgence.


Somalie : le gouvernement de transition en péril

2009-06-26

http://www.afrik.com/article17042.html

L’insurrection des islamistes radicaux menace de plus en plus le gouvernement de transition somalien. Celui-ci ne contrôle plus qu’une petite partie du pays, malgré une contre-offensive de l’armée régulière et l’appel à l’aide lancé auprès des pays étrangers. L’état d’urgence a été déclaré le 22 juin par le président. Pour la population, la situation humanitaire s’aggrave, notamment dans la capitale que les habitants fuient massivement. Le président de la Commission de l’Union africaine a déclaré le 22 juin que l’Etat somalien est en droit de demander un soutien militaire de la communauté internationale.


Somalie : Mise en garde des islamistes contre les pays voisins

2009-06-26

http://tinyurl.com/nenhgt

Les islamistes radicaux somaliens ont adressé le 21 juin une virulente mise en garde aux pays voisins de la Somalie si ceux-ci décidaient d'y envoyer des troupes. Face à l'offensive de plus en plus intense des insurgés islamistes, le président du Parlement somalien a exhorté les pays voisins à "déployer des troupes en Somalie dans les 24 heures", citant le Kenya, l'Ethiopie, Djibouti et le Yémen. Les forces loyales au président mènent depuis le 22 mai une contre-offensive, mais qui se heurte à des revers.


Somalie : Les États-Unis envoient des armes au gouvernement

2009-06-27

http://tinyurl.com/nuexbo

Les Etats-Unis ont fourni des armes et des munitions au gouvernement somalien pour combattre les insurgés, a déclaré le 26 juin le porte-parole du département d'Etat, accusant l'Erythrée de soutenir financièrement les islamistes radicaux des shebab.

 Washington veut ainsi "soutenir les efforts du gouvernement de transition pour repousser les attaques des forces extrémistes, destinées à détruire le processus de paix de Djibouti et faire échouer les efforts de paix et de stabilité en Somalie par la réconciliation nationale", a-t-il ajouté.





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