Cette édition
Pambazuka News 107: Les femmes, moteurs du développement agricole en Afrique
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Résumé de l'Édition Anglaise, 3. Courrier, 4. Arts & livres, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Environnement, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences, 15. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Promouvoir le droit foncier des femmes.
RESUME DE L’EDITION ANGLAISE : Esclavage : Pourquoi le Sénat américain présente des excuses maintenant ?
COURRIER : Notre Congo !
ARTS & LIVRES : Algérie : Dix-sept pays africains au Festival du théâtre
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : L’Union africaine réintègre la Mauritanie.
DROITS HUMAINS : Afrique : Les victimes d’Habré impatientes pour le procès.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Mali : Plus de 10 000 réfugiés mauritaniens recensés au Mali.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Cameroun : Un remaniement sans objet.
CORRUPTION : RD Congo : Kabila met la justice au banc des accusés.
DEVELOPPEMENT : Afrique du Sud : Le déficit budgétaire s’accroît.
SANTE & VIH/SIDA : Guinée : Hausse des pathologies liées à la drogue.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Le manioc menacé par le dioxyde de carbone.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Cameroun : Un journaliste se dit menacé de mort.
CONFLITS & URGENCES : Niger : Interpellation du principal opposant au régime.
INTERNET & TECHNOLOGIES : Cameroun : La 6e édition du Forum sur les Tic fixée en 2009.
Chroniques
Promouvoir le droit foncier des femmes
Lyn Ossome
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57463
Alors qu’à Syrte, en Libye s’organise le 13ème sommet de l’Union africaine, sur le thème «Investir dans l’agriculture pour la croissance économique et la sécurité alimentaire», Lyn Ossome de l’organisation Solidarity for African Women’s Rights (SOAWR) pose un défi aux chefs d’Etat africains. Celui de maintenir le droit des femmes à la possession de la terre dans l’agenda du développement. A un moment où l’économie mondiale traverse des difficultés considérables, les femmes restent fort vulnérables aux fluctuations des prix et à l’accès restreint à la terre, ce qui implique que les gouvernements africains doivent plus que jamais combattre les lois et coutumes discriminatoires, argumente Ossome. Si le sommet de l’Union africaine veut faire montre de progrès, poursuit-elle, les chefs d’Etat doivent s’engager fortement en faveur de politiques qui profitent aux femmes, comme, par exemple, leur accorder des subsides pour une agriculture non industrielle et leur garantir la possession de la terre.
Les chefs d’Etat africains et les gouvernements doivent renouveler leur engagement à honorer la dignité des femmes et leurs contributions à l’économie en des termes qui servent nos populations du continent.
Dans son préambule, à propos du droit des femmes, la Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples d’Afrique ‘’ reconnaît le rôle crucial des femmes dans la préservation des valeurs africaines basées sur le principe d’égalité, de paix, de liberté, de dignité, de justice, de solidarité et de démocratie’’. Et ceci résume le dilemme qui continue de définir la dialectique entre gouvernance et productivité. Au cœur de binôme réside le rôle des femmes en matière de développement, ainsi que leur accès moyens de production et leur contrôle de ceux-ci.
La question ci-dessus devrait être considérée sérieusement aussi bien par les chefs d’Etat, lors de leurs rencontres, qu’au niveau national, en particulier dans le domaine de l’application. La militarisation et les conflits ont aggravé l’insécurité à tous les niveaux et ont drainé des ressources au profit des guerres au détriment de la lutte contre la pauvreté. La pauvreté féminine s’est aggravée et, plus que jamais, il incombe aux gouvernements d’éliminer les inégalités structurelles responsables de la paupérisation et de l’exclusion d’un large segment de la population, dont les femmes.
Le droit des femmes à la terre est un facteur déterminant de statut social et économique, de bien être et de pouvoir. Dans de nombreux pays africains, leur droit à la propriété n’équivaut pas à celui des hommes et leur droit de posséder, d’hériter, de gérer ou de se défaire d’une propriété est constamment menacé par les coutumes, les lois et les individus. Des institutions qui devraient faire prévaloir ce droit et garantir aux femmes des titres de propriété doivent faire face aux contraintes imposées par des lois désuètes, hostile au principe de l’égalité, et par une interprétation du droit coutumier si restrictive qu’elle nie le droit des femmes à la propriété.
Le droit sacré à la propriété privée ainsi que sa protection doivent être réaffirmée, entre autres dans les Constitutions, et être le reflet de la correction des déséquilibres historiques qui ont traditionnellement enlevé aux femmes leur pouvoir. Les processus de révision en cours au Kenya, au Zimbabwe et en Zambie sont une opportunité pour les pays africains de rejeter des politiques foncières qui, bien qu’apparemment équitables en terme de dimension, de catégories et de capacité productive, ne se défont néanmoins pas des travers institutionnels hostiles aux droits des femmes à accéder aux crédits bancaires, aux institutions financières et autres sources de crédits.
Réduire les conflits en mettant en équilibre les éléments positifs du droit coutumier (en particulier le projet de loi) avec le droit constitutionnel et le droit international, concernant l’égalité des genres d’une part, et d’autre part, le droit coutumier et les législations discriminatoires à l’égard des femmes pour ce qui a trait au droit à la propriété foncière et à l’héritage de la terre, est un autre défi que les Etats doivent relever.
La restructuration de l’économie globale représente un défi additionnel pour les pays africains. Car il s’agit d’une restructuration qui relègue les femmes dans un espace qui rappelle leur vulnérabilité à l’exploitation agricole ayant sévi durant les années d’ajustement structurel des années 1990. Les femmes sont particulièrement vulnérables aux crises alimentaires en raison de leurs responsabilités reproductives. Elles sont aussi confrontées au manque d’accès et au manque de contrôle de la terre, des technologies et du crédit. Trente ans de politiques agricoles défectueuses ont aggravé la difficulté pour les femmes de faire face aux prix croissants des denrées alimentaires. Une série de considérations, qui font le lien entre la croissance économique désirée et le droit des femmes à la sécurité alimentaire, devraient servir de catalyseurs à la réponse des Etats africains, garantissant aux femmes la liberté d’accéder à la terre.
Si, comme l’avancent certains experts, le problème n’est pas la disponibilité des denrées alimentaires mais l’accès aux moyens de production alimentaires, quelles sont alors les stratégies prioritaires que les Etats africains doivent adopter afin de prévenir l’insécurité alimentaire ? Le moins que les Etats africains puissent faire, c’est remettre en cause les modèles de développement globaux qui ont poussé à marginaliser la moitié de la population mondiale.
Au niveau mondial et en Afrique, les femmes revendiquent désormais la souveraineté alimentaire. Une approche qui protège l’environnement et promeut les droits de l’Homme. Dans ce cadre, les changements climatiques sont une menace considérable en ce qui concerne les Objectifs de Développement du Millénaire, en particulier ceux qui consistent à éradiquer la pauvreté et la faim tout en promouvant un environnement durable. Les preuves s’accumulent, qui montre l’impact négatif disproportionné du changement climatique sur les pays les plus pauvres qui ont, ô ironie, le moins contribué au problème.
Les pays africains sont-ils prêts à faire face aux impacts potentiels du changement climatique ? Entre autres, l’impact sur la production alimentaire a des répercutions spécifiques pour les femmes. Alors que la production alimentaire diminue et que la demande pour des terres productives augmente jusqu’à aboutir à des conflits, on retourne au statu quo ante dans lequel les femmes, en quête de terres productives et de ressources, se voient contraintes à une plus grande mobilité qui les expose invariablement à la violence sexuelle et à l’exploitation, situation qu’il incombe aux Etats d’atténuer sinon d’empêcher. Ceci est possible au travers d’investissement holistique, des politiques d’adaptation aux changements climatiques favorables aux femmes et à leur utilisation de la terre.
De surcroît, la pénurie de terre productive est un obstacle majeur pour l’accession des femmes à la terre et au droit d’hériter. Le recensement, au travers d’une évaluation fiscale nationale, de la contribution des femmes à l’amélioration des terres, est une façon d’obtenir des titres de propriété. Ceci reste possible à travers une reconnaissance officielle de l’usage régulier et efficace de la terre, de même qu’à travers des allocations budgétaires destinées à des subsides agricoles pour des productions non industrielles, avec une valeur ajoutée aux petites exploitations et à la culture de denrées locales traditionnellement menée par les femmes.
La résolution de conflits qui favorisent des intérêts de classe, par-dessus le pragmatisme productif, fait également partie du problème. Car cela représente un déni de justice pour les femmes et devrait faire l’objet d’une attention particulière. Dans de nombreux pays africains, la corruption endémique se manifeste lors de l’allocation, l’acquisition et la redistribution des terres. L’existence d’un équilibre systémique, fait de transparence et de compte rendu, est souvent considérée comme un fait acquis. Les Etats peuvent cependant renouveler leur engagement en stimulant le système judiciaire au niveau local et national, lorsqu’il s’agit de protéger le droit des femmes.
Dans les périodes de conflits et de post-conflits, les Etats fournissent une aide d’urgence aux populations les plus vulnérables, travaillent avec les familles afin d’accroître leur production agricole sur le long terme et distribuent des semences résistantes à la sécheresse au travers des réseaux de ressources féminines. Des liens plus solides entre le gouvernement et la société civile sont nécessaires, tout comme il est important, pour des groupes émanant de la société civile, de faire campagne pour les droits à la terre en faveur des femmes.
Le vrai dilemme, en ce qui concerne le rôle des femmes dans la production agricole et la sécurité alimentaire réside dans leur maîtrise de tous les facteurs de production et dans le maintien d’une réciprocité qui leur accorde une valeur ajoutée et une rémunération. Au cours de la prochaine réunion de l’Union africaine (Ndlr : du 1er au 3 juillet 2009), les chefs d’Etat africains et les gouvernements doivent :
1) s’engager sérieusement à revoir les investissements en capitaux afin d’offrir des subsides à l’agriculture non industrielle au vu de la situation globale de réappropriation forcée ;
2) investir dans la recherche et les technologies qui favorisent la rétention du profit des petites entreprises agricoles ;
3) prendre des mesures pour contrer la culture d’impunité qui entrave l’application de politiques agraires progressistes
4) garantir les titres de propriété des femmes, en améliorant leurs opportunités de partager et de jouer un rôle plus substantiel dans des processus de réforme agraire
Les chefs d’Etat africains doivent renouveler leur engagement à honorer la dignité du travail des femmes et leurs contributions à nos économies. Concrètement, il s’agit de soutenir les processus de valeur ajoutée, dans le but d’augmenter le bénéfice résultant de la production et de protéger leurs droits à déterminer la croissance économique et la sécurité alimentaire du continent.
Evidemment, éliminer la pauvreté ne sera pas possible sans défier le patriarcat, le capitalisme et le modèle actuel de développement qui met le profit avant le bien public, la sécurité humaine et le bien être. Une distribution plus équitable de la terre et des autres ressources est nécessaire pour surmonter la pauvreté - en particulier la pauvreté rurale - et lorsqu’ils décideront de la direction économique du continent, les gouvernements africains devront garder en mémoire le truisme qui veut que la volonté politique est l’arme la plus puissante pour combattre la pauvreté qui pèse sur les femmes africaines.
* Lyn Ossome est une militante des Droits de l’Homme - Cet article est dédié à la mémoire du Dr Tajudeen Abdul Raheem qui a été le champion infatigable de la cause des femmes et a dénoncé la marginalisation et l’exclusion des femmes de leurs propres combats et sans qui et pour qui la lutte doit continuer
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Références
1. FIDA, Land Policy Brief : Debating Women’s Land and Property Rights against the Background of the Land Reforms in Kenya, 2009.
2. Protocol to the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women in Africa
3. The Montevideo Declaration, 5 May 200
NOTES
[1] La Declaration de Montevideo, 5 mai 2007
Sauvegarder le droit des femmes pour améliorer la sécurité alimentaire
Mary Wandia
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57461
L’importance de l’agriculture dans le développement économique de l’Afrique et le rôle crucial des femmes dans ce secteur ne peut être négligée, particulièrement la petite agriculture de subsistance qui est capitale pour garantir la sécurité alimentaire du continent. Environ 73% de la population rurale est constituée de petits fermiers. (IFAD, 1993 :6) En Afrique subsaharienne, l’agriculture contribue à hauteur de 21 % au PIB et les femmes y sont pour 60 à 80% du labeur requis pour la production alimentaire domestique et de rente. Leur contribution se situe entre 30 % au Soudan et 80% au Congo, dans la production de denrées alimentaires, pendant que leur force de travail dans les secteurs afférents à l’agriculture représentent 48% au Burkina Faso et 73 % au Congo et 80 % dans le secteur traditionnel au Soudan (2).
Il est largement reconnu que l’amélioration de l’accès, du contrôle et de la propriété de la terre et de ses moyens de productions sont des éléments clé pour éradiquer la faim et la pauvreté rurale. Ceci a été répété dans le cadre d’engagements internationaux (3). La terre est cruciale pour améliorer la sécurité sociale des femmes, leur statut social et leurs moyens de subsistance. Les femmes doivent faire face à la discrimination enracinée aussi bien dans le droit coutumier que dans le système formel, ainsi que dans le contrôle du système d’héritage par les hommes et devant la pandémie du VIH/sida qui érodent davantage encore les droits fonciers et les moyens de subsistance des veuves et des orphelins. (4)
Garantir des droits fonciers pour les femmes changerait de manière spectaculaire l’insécurité, la perte de pouvoir et les abus qui sont associés à la pauvreté et à l’inégalité. Cela pourrait aussi donner lieu à de nouvelles lignes de front pour combattre le VIH et le sida. Il s’en suit qu’il est absolument capital que les droits de la femme soient entièrement intégrés dans le Africa Land Policy Framework and Guidelines (Politique agraire et le cadre des réformes agraires pour l’Afrique, que les pays africains devaient adopter au sommet de l’Union africaine à Syrte, du 1er au 3 juillet).
Les préoccupations quant aux droits de la femme.
Les programmes d’ajustements structurels et de stabilisation macro-économique ont généré une réduction et une commercialisation des services sociaux, de santé, d’éducation, laissant ainsi à la charge des femmes la plus grande partie du fardeau. Les programmes de libéralisation de l’agriculture, l’abandon des subsides et la fermeture des institutions de marché de l’Etat, ont eu pour corollaires la perte des moyens de subsistance des petits fermiers, contraignant les femmes à mettre un terme aux activités de production alimentaire en faveur de stratégies alternatives de survie et souvent une existence précaire, au jour le jour.
Le credo des réformes agraires basées sur les lois du marché veut que les investissements - en particulier les investissements étrangers directs - soient le moyen de la croissance financière. L’expérience de nombreuses communautés montre que louer la terre à des investisseurs, c’est perdre la terre et les ressources communes qu’elle contient, pour des contrats de location allant jusqu`à cinquante ans avec peu de bénéfice pour la communauté. Les femmes ne participent pas à ces négociations et n’ont pas les moyens de les empêcher. Les droits fonciers des femmes indigènes sont systématiquement sapés par des déplacements et des expulsions, l’intrusion d’autres agents sur leur terre et des politiques assimilationnistes. L’accaparement des terres indigènes est souvent un processus extrêmement violent qui ne recule pas devant des crimes comme le viol, le meurtre et la torture des femmes, entre autres moyens de soumettre les populations indigènes (5).
En Afrique, les femmes des zones rurales ont moins de possibilité d’accès au crédit que les hommes des zones rurales, ce qui limite leur possibilité d’acheter des semences, des engrais et autres intrants requis pour adopter de nouvelles techniques de culture. Une analyse des programmes de crédit de la FAO dans cinq pays africains (le Kenya, le Malawi, la Sierra Leone, la Zambie et le Zimbabwe) montre que les femmes reçoivent moins de 10% des crédits prévus pour les petits fermiers et juste 1% des crédits destinés à l’agriculture. (Bullock, 1993, p.47). De surcroît, dans tous les pays, la population rurale a, de façon générale, moins accès au crédit que les populations urbaines. (6)
Les femmes sont sous-représentées dans les processus décisionnels et par conséquent dans l’administration et la gestion de la terre et autres ressources productives. Les femmes sont sous-représentées dans les organes de décision pour la gestion foncière à tous les niveaux. En conséquence, leurs préoccupations sont le plus souvent ignorées et leur influence dans l’élaboration de politiques, limitée.
En raison des conflits qui ont ravagé le continent, les peuples africains ont été déplacés loin de leur terre et ceci met en péril les droits fonciers de tous les citoyens. Les femmes qui ont été des déplacées internes doivent faire face à des formes multiples de déplacement, dans la mesure où lorsqu’elles retournent sur leur terre natale elles sont considérées comme des intruses.
En Afrique subsaharienne, 61% des femmes vivent avec le VIH. Elles faisaient 57% en 2003 (7). Les jeunes femmes entre 15 et 24 ans sont trois fois plus susceptibles d’être infectées que les jeunes hommes (8). Or la faim favorise la dissémination du VIH en même temps le VIH cause la faim et la pauvreté des ménages. Dans le combat contre le VIH et le sida, les arguments en faveur des droits fonciers des femmes, de leur droit à la propriété et aux moyens de subsistance sont nombreux : les droits fournissent sécurité et protection contre la violence et la dépossession, permet aux femmes de maîtriser leur propre sexualité et leur choix et de satisfaire aux besoins fondamentaux en nourriture et en logis et leur donne un revenu et un foyer.
La discrimination contre les femmes, en ce qui concerne leur accès à la terre et son contrôle, a des conséquences graves et directes pour les peuples africains dans leur ensemble. D’abord, elle affecte la sécurité alimentaire et sape le développement durable. Il a été noté au Ghana, par exemple, que l’insécurité qui prévaut quant à la possession de la terre par les femmes, ’’ est un des obstacles à l’introduction de pratiques conservant le sol’’ (9). Des études ont montré que si les femmes avaient le même accès aux services afférents, leur récolte augmenteraient de 7% et si toutes les femmes avaient été scolarisées au niveau primaire, leurs récoltes augmenteraient de 24%.
La politique agraire de l’Union africaine et le cadre de la réforme agraire : des promesses pour les femmes africaines ?
Les gouvernements se sont engagés au niveau international, à moult reprises, à défendre et à promouvoir les droits des femmes ainsi qu’à reconnaître le droit des femmes dans le combat contre le VIH et le sida. Cependant, ces engagements ne se reflètent guère dans la manière dans laquelle les ressources sont allouées ou les priorités des programmes établies.
Puisant et bénéficiant de la pléthore d’informations et de l’élan donné par la Conference on Agrarian reform and rural development declaration (ICARRD), l’Union africaine, l’African Development Bank ADB) et l’United Nations Economic Commission for Africa (UNECA) ont lancé une initiative dont le but est le développement de la Politique agraire et le cadre des réformes agraires pour l’Afrique en mars 2006, qui doit être adopté lors du sommet en Libye en juillet 2009.
Il est envisagé que ceci va :
- Fournir une base aux gouvernements de tout le continent pour mener des actions communes au niveau régional et national pour mettre en place une saine politique agraire comme base d’une croissance économique durable et de réduction de la pauvreté ;
- Etablir des lignes de conduite et des repères pour une pratique saine de politiques agraires et de réformes agraires ainsi que pour l’amélioration des performances des institutions foncières et rendre ces démarches sujette au contrôle du Mécanisme de la revue par les pairs africains
- Servir de tribune pour attirer les engagements de partenaires afin d’établir un cadre de financement durable et le renforcement des capacités
Pour donner le coup d’envoi à la politique agraire, au cadre de réformes agraires et aux lignes de conduite, l’Union africaine, la CEA et la BAD, en collaboration avec des partenaires, ont organisé des ateliers consultatifs régionaux à Addis Ababa, du 27 – 29 mars 2006. Des évaluations régionales et des ateliers consultatifs ont eu lieu, qui ont permis d’évaluer les principaux obstacles d’être évalués et les problèmes clés d’être abordés dans le cadre des politiques foncières nationales et des processus d’implantation (11). Ceci a aussi permis de comprendre ce que les situations ont en commun ou, au contraire, leurs différences selon la région ou les pays.
Dans une réunion organisée en novembre 2008, sur le thème ‘’ Garantir aux femmes l’accès et le contrôle de la terre en Afrique par le biais de l’Africa Land Policy Framework and Guidelines, qui faisait suite au African Development Forum VI (Addis Ababa, Ethiopie le 21 & 22 novembre 2008), des recommandations ont été faites à la task force sur la façon d’intégrer les droits des femmes dans tous les documents. Leurs préoccupations et recommandations ont réitéré ce que les femmes africaines demandent depuis longtemps (13) :
- Les gouvernements doivent démanteler toutes les politiques et législations discriminatoires afin d’être cohérents avec des engagements régionaux et internationaux ;
- Le rôle des femmes dans le secteur agricole doit être reconnu par des programmes actions positives spécifiquement menées à l’intention des femmes, en leur fournissant des services de soutiens ruraux, en améliorant la sécurité des titres de propriété et des droits fonciers ;
- Il faut adhérer strictement aux procédures et aux lignes de conduite afin d’éviter que des transferts de terrains ne privent les communautés de leurs ressources. Celles-ci devraient être attentives au sexe de l’usager de la terre et protéger totalement les droits fonciers des femmes ;
- Les réformes agraires doivent considérer les communautés rurales - autant les hommes que les femmes - comme la clé du développement national. Elles devraient fournir aux communautés des investissements publics adéquats et durables dans le but de créer un secteur vibrant et prospère de petits fermiers ;
- Le rôle des femmes dans la durabilité de la vie rurale et de l’agriculture doit être reconnu par l’affirmation de leurs droits fonciers et l’élaboration d’une direction féminine dans les communautés et dans les niveaux décisionnelles nationaux ;
- Les gouvernements doivent soutenir des forums où les femmes peuvent dialoguer et soumettre des propositions aux politiciens ;
- La représentation des femmes dans les structures décisionnelles locales (conseil villageois, comités, etc.,) doit être prioritaire pour renforcer les systèmes d’administration foncière. Les femmes qui ont des positions administratives doivent recevoir une solide formation afin qu’elle puissent constituer un électorat puissant, à même de défendre et de promouvoir les intérêts des paysannes.
Les experts et les ministres de la terre et de l’agriculture ont adopté le projet cadre en avril 2009 à Addis Ababa, ce qui ouvre la voie à son adoption au sommet de l’Unité africaine en juillet 2009. Certaines de ces recommandations ont été intégrées dans le projet. Cependant, le droit foncier des femmes doit être traité de façon plus exhaustive dans chacune des dimensions des questions agraires citées dans le projet cadre (souveraineté des Etats, distribution inéquitable des ressources agraires, système de propriété dual, améliorer la productivité agricole, gestion durable de l’environnement, protéger les terrains communaux, l’impact de VIH/sida).
Conclusion
Bien que les femmes soient les principaux agriculteurs en Afrique, ceci est passé sous silence. Elles ne reçoivent aucune formation ; pas plus qu’elles ne peuvent posséder ce qu’elles produisent ou avoir accès aux crédits agricoles. Quelle différence cela ferait pour l’Afrique si on remédiait à cette injustice ? Les femmes sont les dépositaires du savoir indigène concernant la biodiversité. Ceci n’est pas reconnu et l’Afrique ne peut en profiter. Imaginez les portes qui s’ouvriraient pour le continent si le savoir indigène des femmes était reconnu comme une ressource. N’est-il pas temps de nous défaire de tous les intermédiaires - en quoi nous bénéficient-ils ? (14)
Les petits paysans, principalement des femmes, doivent être au centre du développement de l’agriculture en Afrique, du fait qu’ils sont les producteurs majeurs et en reconnaissance du fait que la majorité des populations africaines vit en milieu rural et ne sont pas directement dépendant de l’économie de marché. Des investissements doivent être consentis en faveur des petits paysans afin qu’ils aient les capacités (outillages et intrants) et les compétences (service afférents) pour développer leur système de savoir par des technologies plus productives.
Afin de garantir que le développement économique en général, et celui de l’agriculture en particulier, soit favorable aux pauvres, il est nécessaire de garantir un futur viable aux fermes familiales et de réconcilier les droits fonciers existants et la nécessité d’investissements au travers de cadres équitables d’accès à la terre, par les riches comme par les pauvres, hommes et femmes, et en renforçant l’accès aux marchés, le soutien technique, la disponibilité de crédit et d’organisations paysannes. (15)
Les délégués au sommet de l’Union africaine en Libye vont-ils reconnaître et exiger que ces réalités soient intégrées à l’Africa Land Policy Framework and Guidelines avant que de l’adopter en juillet 2009 ?
* Mary Wandia est une féministe du Kenya avec plus de 10 ans d’expérience dans le domaine du droit des femmes au niveau régional et international. Elle dirige actuellement le département ‘’ justice et gouvernance’’ du programme panafricain d’Oxfam UK. Elle écrit ici en son nom personnel.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
NOTES
[1] http://www.fao.org/docrep/X0250E/x0250e03.htm#TopOfPage
[2] http://www.fao.org/docrep/X0250E/x0250e03.htm#TopOfPage
[3] Y compris la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) ; la déclaration pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979); la déclaration de Pékin et la plateforme d’actions (1995) ; le Pacte international pour les droits économiques, culturels et sociaux (1976) ; la Session spéciale des Nations Unies sur le VIH/sida ; la déclaration d’engagement (2001); la déclaration du Millenium (2000); Les guidelines volontaires de la FAO concernant le droit à l’alimentation (2004); le Sommet mondial de l’alimentation et son plan d’actions ( 1996); le 32ème comité de la FAO sur la sécurité alimentaire en octobre 2006 ; La conférence internationale pour les réformes agraires et le développement rural –ICARRD- déclaration de 2006 ; le Protocole de l’Union africaine sur les droits des femmes en Afrique (2003)
[4] FAO ‘Agrarian Reform, Land Policies and the Millennium Development Goals: FAO’s Interventions and Lessons Learned During the Past Decade’, ARC/06/INF/7 (2006)
[5] See ActionAid International Policy Brief, Women’s Land Rights, 2006
[6] http://www.fao.org/docrep/X0250E/x0250e04.htm#P760_80833
[7] UNAIDS, AIDS Epidemic Update, December 2007
[8] UNAIDS/UNFPA/UNIFEM, Women and HIV/AIDS: Confronting the Crisis, 2004
[9] E.B. Aryeetey, Behind the Norms: Women’s Access to Land in Ghana, The Dynamics of Resource Tenure in West Africa, eds. C.Toulmin, P.L. Delville and S. Traore, (London: IIED, GRET, Currey and Heinemann, 2002) tel que cité dans le Draft Land Policy Initiative: A Framework to Strengthen Land Rights, Enhance Productivity and Secure Livelihoods. Regional Assessment on Land Policy in West Africa
[10] Voir Agnes R. Quisumbing et al, Women: the Key to Food Security, Food Policy Report (Washington DC: The International Food Policy Research Institute, August 1995). Dans ce rapport différentes études sont citées qui illustrent les bénéfices en terme de sécurité alimentaire résultant ou garantissant aux femmes un meilleur accès aux services étendus et garantissant leurs droits fonciers.
[11] Southern Africa (August 2007) Eastern Africa (January 2008), West Africa (April 2008) Central Africa (August 2008) and North Africa (November 2008)
[12] La réunion co-organisée par l’African Development Bank (AfDB), African Union Commission (AUC) et al Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA) en collaboration avec le United Nations Development Fund for Women (UNIFEM), African Women’s Development Fund (AWDF), Urgent Action Fund Africa et ActionAid International.
[13] voir ActionAid International Policy Brief, Women’s Land Rights, 2006
[14] Atsango Chesoni -‘African Women’s Rights to Land, the Challenges and Commitments in International and Regional Policy Frameworks’ November 2008
[15] FAO ‘Agrarian Reform, Land Policies and the Millennium Development Goals: FAO’s
Interventions and Lessons Learned During the Past Decade’, ARC/06/INF/7 (2006
Bénin : Les femmes au cœur de la dynamique du changement
Marie-Louise F. Bidias Matchoudo
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57468
«Femmes du Bénin au cœur de la dynamique du changement social », est le titre du Livre Banc de David Godonou Houina, édité récemment par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung du Bénin. Organisé en huit sections, le livre illustre la situation de la femme béninoise qui n’a guère changé à travers le temps. La femme demeure encore faiblement représentée dans les instances et les sphères de décision.
«…Constamment flouée de ses droits, la femme est alors cantonnée dans les rôles seconds et n’émerge pas socialement à cause de la volonté de l’homme… Et pourtant la femme est l’un des puissants bras producteurs de la société béninoise. Sa présence massive, dans l’agriculture et la transformation de ses produits, ambitionne l’atteinte d’une indépendance financière pour elle », déclare le professeur Ascension Bogniaho, dans la préface du Livre blanc de David Godonou Houina : « Femmes du Bénin au cœur de la dynamique du changement social ».
L’histoire politique du Bénin mentionne la participation des femmes (les Amazones) à la vie publique et politique depuis le 19ème siècle, sous le règne du Roi Ghézo (1818-1858). Mais, cette présence des femmes dans la vie politique s'est progressivement réduite à une portion congrue depuis l’installation du système colonial par la France. David Godonou Houina, dans cet ouvrage, a adopté une approche méthodologique. Dans le chapitre « femme et droit », il ressort que le Bénin a adhéré aux Conventions, Charte et Accords régionaux et internationaux visant à reconnaître l’égalité des droits humains. Malgré cela, des discriminations faites aux femmes persistent à cause des pratiques socioculturelles en matière de santé, de propriété, d’intégrité physique et morale et de travail. Suivant la répartition par sexe des travailleurs de l’administration publique, le Bénin dispose d’une fonction publique à dominance masculine, soit 73% d’hommes contre 26,77% de femmes, affirme le chapitre « Femme et pouvoir ».
Au Conseil économique et social : 5,55% de femmes ont été membres de l’Institution de 1994 à 2009 tandis que 6,6% ont été membres du bureau. Aucune femme n’a été ni présidente de l’Assemblée nationale ni présidente de commission au Parlement béninois, de 1997 à 2007. Au gouvernement, la proportion de femme a été en moyenne de 10% et le plus fort pourcentage de femmes jamais atteint est de 23,81%. Un constat est là : des postes semblent être destinés aux femmes : ministère de la Famille ou des Affaires sociales /protection sociale, ministère de la Santé publique, ministère des Enseignements, ministère du Commerce.
Conditions de vie des femmes
Pour l’auteur de l’ouvrage, la femme béninoise est à la fois sous représentée et marginalisée dans la vie publique et sociale. Et de se demander : quelle dynamique sociale faut-il créer et quelles réformes administratives pourraient permettre de passer de la reconnaissance consacrée par la Loi à une jouissance effective ? La Béninoise est une actrice économique majeure incontournable dans l’agriculture, l’artisanat et le commerce. Cependant, elle reste confinée dans la main d’œuvre agricole et n’a pas accès à la terre au même titre que l’homme, cela, malgré le Code rural adopté en 2007.
Que ce soit en alphabétisation ou dans les ordres d’enseignement, l’ouvrage fait remarquer que ce sont les femmes et les filles qui comptabilisent les pires performances : elles sont les moins scolarisées, ont le plus faible taux de promotion, même si en terme d’égalité numérique l’équilibre tente de s’établir. Ainsi tout n’est pas que sombre en matière de contrôle citoyen de l’action publique, le dynamisme féminin dans les centrales syndicales n’est plus à démontrer, ainsi qu’en matière de lobbying, de plaidoyer dans les réseaux d’organisation non gouvernementale et d’association.
«Quoi de plus étonnant si les femmes polarisent la préoccupation majeure de la Nation ? Est-ce de l’air du temps, ou la vogue, est-ce de la vogue, est-ce du paternalisme que d’accorder une attention particulière à la couche la plus nombreuse d’une population ? Cet engagement, me semble-t-il, est obligatoire et salutaire si on veut faire participer toutes les composantes du peuple, surtout la plus industrieuse aux tâches de développement», affirme encore le professeur Ascension Bogniaho
* Marie-Louise F. Bidias Matchoudo est directrice de Publication de Mayro Magazine"
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Silence, «massacre» au Kivu
Le Potentiel
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57465
Que des prisonniers s’évadent d’une prison, il ne s’agit nullement d’un fait extraordinaire. Que les mêmes évadés aient tout le temps de violer toutes les femmes emprisonnées avant de disparaître dans la nature, il est question d’un acte prémédité. Voilà l’une des preuves manifestes que la situation au Kivu est des plus inquiétantes et relève d’un plan machiavélique pour exterminer les populations congolaises. Une situation qui se dégrade au jour le jour avec les mêmes scènes de violence. Viols, exactions, maisons brûlées, tueries sans discriminations de sexes et d’âge au quotidien, avec comme corollaires, des milliers de déplacés cherchant même un abri d fortune.
Il est temps d’arrêter le carnage et la transformation du Kivu en « no man’s land ». Ce qui se traduirait par la somalisation de cette partie du pays où seuls les hommes armés ont un mot à dire.
Malgré l’opération KIMIA II, menée conjointement par les FARDC et la MONUC, la situation se dégrade chaque jour davantage. Les forces négatives FDLR et les groupes armés Mai Mai continuent à défier les autorités nationales et internationales. Tout se passe comme si une autre guerre du Kivu a déjà commencé et qu’elle pourrait prendre beaucoup de temps.
Cette hypothèse fait craindre le pire tant elle tend vers la confirmation de la somalisation du Kivu doublée de génocide. Tout se passe comme si personne ne contrôle plus le Nord Kivu, si ce n’est que les groupes armés FDLR, Mai Mai et les éléments incontrôlés des FARDC. (…) Face à cette aggravation de la situation, les populations congolaises désertent leurs villages. Elles sont poussées sur la route, si elles ne se cachent pas dans la forêt. La situation est pire qu’avant décembre 2008. Certaines personnes dénoncent déjà une politique criminelle « d’épuration ethnique ». Comme pour dire qu’un génocide est en train d’être commis au Kivu. Au vu et au su des autorités nationales et internationales.
Renforcement de la MONUC
C’est en principe au cours de cette première quinzaine du mois de juillet que les 3.000 casques bleus attendus pour renforcer les 17 000 autres déjà sur place débarqueront en RDC. Ce qui porterait à 21 000 les soldats de la mission de paix en République Démocratique du Congo. S’il faudra ajouter à ce nombre, le même nombre de soldats congolais et ceux récemment intégrés du CNDP, la coalition FARDC-MONUC disposerait de près de 50.000 soldats. Si une guerre peut être gagnée de par le nombre de soldats, ce mois de juillet devra être déterminant pour neutraliser les forces négatives.
En fait, l’objectif militaire est celle-là. Il convient donc de renforcer les capacités militaires de la MONUC en hommes et en armement. La Belgique vient de mettre à sa disposition un avion de transport, un C-130. D’autres nations ont l’obligation politique de se manifester. Tel le cas de l’ Egypte qui a promis d’envoyer des soldats. L’on s’attend à ce que des hélicoptères de combat soient également livrés, comme l’ a souligné le Représentant spécial du secrétaire général de l’ ONU et responsable de la MONUC, Alan Doss.
En effet, dans un relief aussi accidenté qui ressemble à celui de l’Afghanistan, sans couverture aérienne au moyen des hélicoptères de combat, il ne faudra pas s’attendre à ce que le loup sorte de sa tanière. Seuls des hélicoptères du type de ceux qui sont utilisés en Afghanistan pourraient permettre de venir à bout des forces négatives. Puisque l’option militaire a été levée, les FARDC doivent également bénéficier de mêmes mesures d’attention pour renforcer leurs capacités militaires.
Le défi de ce mois de juillet consiste à mener cette mission militaire à bon port au risque de faire du Kivu un bourbier qui favoriserait la somalisation du Kivu.
Les proposition de Roland Van Geer
Mais parallèlement à cette action militaire qui doit être de grande envergure, l’action politique ou diplomatique doit s’intensifier. Nombre d’observateurs ont accueilli avec satisfaction les propositions de Roland Van de Geer, représentant spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs.
En effet, au sortir de l’audience que lui a accordée le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, Roland Van de Geer a évoqué la solution « diplomatique », pour ne pas dire « politique ». Il est heureux de constater que la communauté internationale se penche sur cette piste pour une véritable paix dans la région des Grands Lacs, car dans tous les conflits, la solution militaire n’a jamais apporté une solution durable si elle n’est pas appuyée par une solution « politique ».
Or, le Burundi et la République Démocratique Congo se sont déjà engagés dans cette voie. S’il reste encore beaucoup de choses à faire, un cadre de concertation existe au Burundi et en RDC. Ce qui n’est pas encore le cas au Rwanda et en Ouganda. Le moment est venu pour la communauté internationale d’exploiter à fond cette question, car même si les FARDC et la MONUC remportaient une victoire militaire sur les FDLR et la LRA, que se passerait-il après ? A moins que tous les rebelles rwandais et ougandais soient exterminés. Ce qui n’est pas possible.
Ceci dit, si la même communauté internationale a imposé un règlement politique au Burundi et à la RDC, pourquoi hésiterait-elle à le faire en ce qui concerne le Rwanda ? Au moment où un génocide est en train d’être commis au Kivu, cette même communauté internationale a déjà une part de responsabilité.
* Le Potentiel est un quotidien privé paraissant à Kinshasa - Edition n° 4716 du lundi 29 Juin 2009 (http://tinyurl.com/m3v82c)
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RD Congo : Les femmes “prisonnières” du viol dans leurs propres maisons
Héritier Maila
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57462
Les terribles détails de l’épidémie de viol qui sévit en Rd Congo sont de mieux en mieux connus. Un nombre incalculable de femmes sont agressées sexuellement alors qu’elles vaquent à leurs occupations quotidiennes. Il s’agit là d’une des nombreuses conséquences du conflit et de l’impunité qui ont frappé le pays au cours des dernières années.
Les attaques subies par les femmes dans leurs propres maisons, de la part des personnes de leur entourage le plus proche, font l’objet de moins de publicité. Nombre d’entre elles souffrent régulièrement de mauvais traitements physiques et psychologiques – non pas de la part d’étrangers mais de leurs maris ou d’autres membres de leurs familles. Elles accusent le gouvernement de ne pas faire beaucoup d’efforts pour les protéger, promouvoir leurs droits et poursuivre leurs agresseurs.
Ces femmes font partie des plus pauvres de la planète. Malgré les efforts considérables qu’elles font pour préserver le bien-être de leurs familles et de leurs communautés, elles n’ont ni les moyens, les compétences ou la force de faire valoir leurs droits. Ayant demandé que leur identité soit gardée secrète pour des raisons de sécurité, elles ont expliqué qu’elles étaient traitées comme des biens privés, n’ayant en pratique aucun contrôle sur leurs propres vies. Une femme, seconde épouse d’un politicien de 18 ans son aîné, explique avoir interdiction de se laver quand son mari est absent et être battue si elle désobéit.
“Il passe trois jours chez la première épouse et trois jours chez moi. Quand donc il est chez la première, je dois rester sale, juste me débarbouiller le visage et me parfumer légèrement”, explique-t-elle. “Dès que je commets l’erreur de me laver, il me bat sérieusement et me prive de mon argent de poche. Il me soupçonne de l’avoir trompé dès que je me lave. Il demande constamment à la bonne, à l’enfant si personne n’est passé en son absence. Je n’ai même pas le droit de conduire seule la voiture. C’est presque un cauchemar et je vis prisonnière dans ma propre maison. Je dois vivre comme cela…. Sinon c’est des gifles et autres violences au propre comme au figuré”, témoigne-t-elle.
Une femme dont le mari était récemment décédé a décrit l’humiliation subie lorsque ses beaux parents ont insisté pour qu’elle participe à un rituel superstitieux. “Les oncles et tantes de mon mari sont venus du village et ont décidé que je devais savoir un rapport sexuel avec mon beau-frère, Trésor, le petit frère de mon mari, que j’avais élevé,” raconte-t-elle. “Cette pratique coutumière consisterait en la purification de la veuve ainsi l’esprit de mon défunt ne viendrait pas hanter ni les enfants ni moi. J’ai du me plier à ces coutumes avilissantes. Après cela, mes beaux-parents ont décidé que la maison resterait sous la gestion de mon fameux beau-frère qui allait également avoir la garde des enfants.”
Des lois existent au Congo qui pourraient aider à protéger les femmes de la violence au sein du foyer et certains agresseurs comparaissent devant les tribunaux. Le juge de Lubumbashi Claude Manza a cité l’exemple d’un mari qui avait versé de l’eau bouillante sur sa femme. “Elle a été brûlée et elle est morte,” raconte-t-il. “L’homme a été condamné à mort.” Une nouvelle loi sur les violences sexuelles a été adoptée en 2006, plus complète que la précédente, les violeurs reconnus coupables risquant jusqu’à 20 ans de prison. Le viol conjugal est également considéré comme un crime par cette loi, mais Manza indique qu’il n’a jamais traité une affaire impliquant des cas de violence sexuelle au sein du mariage. “Les femmes victimes sont responsables de cela parce qu’elles ne viennent pas parler de leurs problèmes à la justice,” explique-t-il.
Constantin Lupama, juge à la Cour d’appel de Lubumbashi offre une appréciation plus complète. “La honte et la peur des représailles, explique-t-il, empêchent souvent les femmes de se tourner vers la justice pour obtenir une indemnisation. Et même si elle le fait, il n’y a pas de garantie que son affaire soit entendue étant donné l’état actuel du système judiciaire.”
Une femme violée en 1997 par les soldats de l’ancien président Laurent Désiré Kabila, pendant qu’ils chassaient Mobutu Sese Seko du pouvoir, a expliqué qu’elle aussi avait eu peur et honte de parler de son agression. “Nous avons entendu quelqu’un frapper très fort à la porte. Trois hommes en tenue militaire et armés jusqu’aux dents font irruption dans la maison,” raconte-t-elle. “ Après avoir fouillé la maison de fond en comble, ils enferment les enfants dans la chambre et attachent mon mari à la table de salle à manger. A tour de rôle, ils me violent devant mon mari incapable de bouger car l’arme est pointée sur lui. Seules les larmes coulent de ses yeux – larmes d’humiliation et de rage.
“Après avoir satisfait leurs besoins, ils nous menacèrent de nous tuer si nous les [dénonçions] et s’en allèrent. Depuis lors, mon mari ne me parle qu’en présence des enfants ou des invités. Il ne fait [jamais] allusion à cet épisode sombre de notre vie de couple, [et ne me] touche plus. Je voudrais en parler avec lui, mais nos coutumes m’en empêchent. En une heure, tout mon bonheur de 10 ans était parti en fumée.”
L’amélioration de la formation judiciaire et l’adoption de nouvelles lois qui puniraient plus efficacement ceux qui commettent des actes de violence contre les femmes pourrait aider, indiquent des analystes. Cependant, certains pensent qu’une réforme judiciaire ne suffira pas pour résoudre le problème. Clotilde Aziza Bangwene, activiste pour les droits des femmes, accuse l’illettrisme, indiquant qu’une femme qui ne peut pas lire ne connaîtra jamais ses droits. Elle déclare que les filles doivent être correctement éduquées dans des écoles modernes pour mettre un terme à la culture de la violence. “Sans instruction et sans travail, les femmes sont limitées, dépourvues des moyens de subvenir aux besoins de leurs familles ”, souligne Aziza, représentante de l’Institut Panos Paris en RDC. “L’éducation des jeunes filles doit être une priorité pour tout gouvernement responsable, capable d’assurer l’avenir de son peuple”, ajoute-t-elle
* Héritier Maila est un stagiaire de Institute for War and Peace Reporting à Lubumbashi.
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Centrafrique : Les risques d’une candidature de Patassé
Mélanie Gouby
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57464
L’ancien chef d’État de la République centrafricaine, Ange-Félix Patassé, a déclaré qu’il allait participer à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Une perspective qui inquiète. Pour certains analystes, cela risque de faire basculer le pays dans une nouvelle crise. Patassé, président de 1993 à 2003, vit en exil au Togo depuis qu’il a été chassé du pouvoir par l’actuel président François Bozizé. L’épisode avait donné lieu à un coup d’Etat sanglant au cours duquel des dizaines de milliers de civils avaient été tués.
Patassé traîne aussi un lourd passé, la Cour pénale internationale (CPI) ayant établi un lien entre lui et les crimes de guerre commis au cours de la période précédant le coup. Mais l’ancien chef d’État n’a pas perdu espoir de revenir un jour au pouvoir. “Je suis toujours l’un des acteurs les plus importants de la République. Je serai candidat à la prochaine élection présidentielle,” a-t-il indiqué à depuis sa maison au Togo.
A Bangui, la capitale du pays, certains officiels déclarent qu’il est libre de revenir pour disputer l’élection de 2010 – il a déjà bénéficié d’un certain degré de réhabilitation politique, faisant l’objet d’une amnistie de la part du gouvernement – mais ses perspectives électorales ne sont pas très prometteuses. Dépossédé par son propre parti, des commentateurs avancent qu’il a perdu sa capacité à mobiliser les foules, même s’il peut encore compter sur la loyauté de sa tribu qui lui est restée fidèle, une des plus importantes du pays.
Il n’empêche que l’instabilité que pourrait entraîner son éventuel retour continue de susciter des inquiétudes. Pour nombre d’analystes, un tel geste pourrait être perçu comme une provocation par les victimes des violences ayant précédé le coup d’Etat de 2003 et déclencher une nouvelle confrontation potentielle violente avec Bozizé. Suite aux enquêtes menées sur les violences commises à l’encontre des civils lors de la lutte pour le pouvoir qui avait opposé Patassé et Bozizé de 2002 à 2003, seul un chef de milice congolais, Jean-Pierre Bemba, a été inculpé par la Cour, et se trouve actuellement détenu. Pour les Procureurs, les crimes des combattants du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Bemba contre les civils, pour aider Patassé à lutter contre les rebelles de Bozizé, sont patents. Il lui est reproché d’avoir permis aux troupes du MLC d’entrer dans le pays pour repousser les tentatives de prise du pouvoir.
A la CPI, on souligne que les enquêtes continuent en RCA et les groupes de défense des Droits de l’Homme s’attendent à ce que d’autres mandats d’arrêt suivent. Surtout qu’au cours de l’audience de confirmation des charges au niveau du Tribunal pénal, l’Accusation avait mis en exergue qu’un plan commun avait été élaboré dans l’intention de commettre des crimes. Selon le procureur principal Petra Kneur, “Patassé a publiquement appelé Bemba à l’aider et ce dernier a accepté. Le mandat visait à protéger la présidence de Patassé et à attaquer les civils considérés comme alliés des rebelles ».
Pour un grand nombre des citoyens de RCA que nous avons interrogés, il faut que Patassé soit jugé à La Haye. Mais les Procureurs disent manquer de preuves pour émettre un mandat d’arrêt contre lui. “Patassé était, sans aucun doute, un acteur très important dans la situation de RCA en 2002-2003 et c’est lui qui a invité les troupes du MLC en RCA. Mais cela ne suffit pas”, selon le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda. “Il n’y a pas de mandat d’arrêt contre Patassé parce que nous n’avons pas de preuves. Nous sommes guidés par les preuves et les preuves seulement », a-t-elle ajouté.
Cependant, bien que le pays ait été dans une situation de chaos depuis les combats de 2002-2003, des efforts récents pour apporter la stabilité en RCA ont donné lieu à une certaine forme de réhabilitation pour l’ancien président. Patassé a même participé à des pourparlers politiques en décembre dernier à Bangui. Les négociations avaient réuni les rebelles, les hommes politiques et le gouvernement, dans une tentative de trouver une voie commune vers la stabilité du pays. “Après les pourparlers de décembre, Patassé a bénéficié d’une amnistie, comme tous les autres participants. Ainsi, il peut bénéficier de ses droits civils et politiques aujourd’hui,” a souligne Bruno Hyancinthe Gbiegba qui travaille à la coalition pour la CPI en RCA, un réseau d’ONG et d’organisations des droits de l’Homme qui travaille comme observateur pour la Cour. “Il n’appartient qu’à lui de venir à Bangui et d’être candidat aux prochaines élections”, ajoute-t-il.
Il reste que l’amnistie accordée par la RCA ne couvre pas les graves crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et n’aurait donc pas de conséquence sur toute accusation de la CPI contre l’ancien président. De même, d’ailleurs, que contre toute autre personne accusée d’avoir orchestré des atrocités dans le pays. Mais, comme le précise le ministre de la Justice, le Général Jules-Bernard Ouande “[Patassé] peut être candidat à la présidence même si cela signifie que la justice internationale va devoir faire son travail par la suite”.
Aujourd’hui, des groupes de défense des droits de l’Homme appellent la CPI à poursuivre ses enquêtes sur les évènements de 2002-2003 et les rôles des différents dirigeants, y compris Patassé. Et malgré l’arrestation de Bemba, d’autres groupes et individus doivent encore faire l’objet d’enquêtes et être jugés, confie Godfrey Byaruha, expert sur la RCA auprès d’Amnesty International. “Patassé était le président et contrôlait les forces armées de RCA qui ont été impliquées dans des cas de violations des Droits de l’Homme. Ainsi, il y a des possibilités qu’il soit coupable de graves crimes ou au moins coupable de ne pas avoir essayé de stopper ces crimes,” a-t-il précisé.
Patassé avait été empêché de participer aux élections présidentielles de 2005, qui avaient abouti à l’élection de Bozizé, deux ans après qu’il se soit saisi du pouvoir par un coup d’Etat. L’invalidation de sa candidature découlait d’une décision de justice qui avait conclu que son certificat de naissance était illisible. Et pour l’ancien président, son tombeur n’est toujours pas un dirigeant légitime et ne bénéficie d’aucun soutien de la population. “Vous comprenez, déclare-t-il, comment Bozizé et ses supporters ont manipulé les lois électorales en 2005. Il avait peur de moi en raison de ma popularité”. Quant aux accusations de la population à son encontre, il a répété à plusieurs reprises, à nos questions, qu’il n’était “au courant de rien”.
Patassé a indiqué qu’il n’était pas non plus au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur la possibilité de mettre un terme aux violences contre les civils entre 2002 et 2003, il a simplement rétorqué : “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.” Poussé à être plus précis sur cette dernière question, il lance : “Posez la question au président actuel. Je répète que ces questions ne me concernent pas.’’ Et d’ajouter : “Les plaintes portées par Bozizé devant la CPI sont illégales. Ce n’est pas à Bozizé le rebelle de se plaindre, c’est à moi qui représentait le gouvernement légal à l’époque.”
Dans la course à l’élection de 2010, personne ne sera capable d’empêcher Patassé de faire campagne, étant donné que l’amnistie locale lui a accordé le droit d’être candidat à la présidence. Cependant, les opinions des gens à son sujet en RCA ne semblent pas correspondre à ses aspirations. “Venant de Patassé, une déclaration selon laquelle il sera candidat à la prochaine élection est une provocation pour les Centrafricains,” dénonce Vincent Mambachaka, un dirigeant de la société civile. “Ses victimes sont ici. Elles n’ont reçu aucune compensation et il y a une enquête de la CPI sur les crimes commis il y a six ans,” souligne Abakar Nyakanda, commissaire des Droits de l’Homme en RCA, qui ajoute : “Je suis l’un de ceux qui pensent qu’il ne devrait pas revenir. Ce serait une insulte pour toutes ses victimes et il serait incompréhensible que la communauté internationale [permette cela].”
Le soutien apporté à Patassé semble s’être tari. Même son vieux parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain, MLPC, l’a désavoué. Selon le président de cette formation politique, Martin Ziguele, “il est toujours membre actif du MLPC, mais a été suspendu de la direction. Il ne peut pas être notre candidat”. L’ancien président est cependant toujours soutenu par une branche non officielle du parti, conduit par Luc Apollinaire Dondon-Konamembay, qui était président de l’Assemblée nationale sous son règne. Il devrait aussi bénéficier d’un certain soutien au sein de sa propre tribu, les Gbaya, un des groupes ethniques les plus importants en RCA, constituant 34 pour cent de la population. Ce dernier élément pourrait peser sur la balance. Car, comme le souligne Prosper Yaka Maïde, journaliste à l’agence de presse centrafricaine, “les Centrafricains ne votent pas sur la base d’une idéologie ou d’un programme. Ils votent par rapport à l’ethnicité. La tribu de Patassé devrait donc voter massivement pour lui”.
Par le passé, Patassé a bénéficié du soutien des Gbaya, ainsi que des Kaba et des Kare, les groupes ethniques dont sa mère est originaire. Néanmoins, il sera difficile pour l’homme politique de 72 ans de mobiliser des supporters comme il l’avait fait au début des années 1990, époque à laquelle il était le leader charismatique du MLPC. “Je pense que Patassé est toujours dans une sorte de rêve, par rapport à son passé, à son pouvoir. Ceux qui le connaissaient dans ma génération ne sont pas ceux qui vont voter. Il y a une nouvelle génération et ils commencent à l’oublier,” déclare Mambachaka. Coupé de son pays, Patassé a pu mal interpréter l’intérêt qu’il a soulevé lorsqu’il est revenu en décembre de l’année dernière, pour prendre part aux pourparlers. Les gens avaient afflué pour assister à son arrivée dans la capitale, mais selon Maide, ils étaient simplement curieux de voir un personnage politique célèbre.
Aujourd’hui, beaucoup estiment que la simple participation de Patassé à l’élection et son retour en RCA pourraient provoquer une nouvelle crise dans le pays. Le différend qui existe depuis longtemps entre Bozizé et lui, et qui semble avoir été résolu par leur participation conjointe aux pourparlers de décembre, pourrait ressurgir dans une campagne électorale. Pierre Debato, président de l’observatoire des médias de Bangui, est préoccupé par une telle perspective : “C’est dangereux pour la RCA parce que… Bozizé et compagnie – vont entrer en conflit les uns avec les autres une fois de plus. Ils ont tous des problèmes les uns avec les autres et cela va donner lieu à de nouvelles tensions,” prédit-il. “Au cours des 20 dernières années, les problèmes sont restés les mêmes, encore et encore, parce que les rancoeurs subsistent”, ajoute-t-il
* Mélanie Gouby est une collaboratrice de l’ Institute for War and Peace Reporting.
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Mamadou Dia, ou la trajectoire spirituelle d’un politique
Assane Saada
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/features/57466
La dimension spirituelle de Mamadou Dia, ancien président du Conseil du gouvernement du Sénégal, ayant mené son pays à l’indépendance avec Senghor, serait la base de toute son œuvre. Une leçon que le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne retient de sa trajectoire. Par l’évocation de l’itinéraire soufi de l’homme d’Etat mort le 25 janvier 2009 à l’âge de 98 ans, il lui a rendu hommage le 13 juin dernier, à l’amphithéâtre Emile Boutmy à Sciences-Po Paris.
Le moment était émotionnel et le ton affecté. Le professeur trouvait l’exercice plus redoutable que l’examen d’agrégation. Au final, son intervention a été fort saluée. Selon lui, l’enseignement qu’il tire de la vie du défunt et qu’il voulait partager avec l’assistance « se résume au mot de justice ». En effet, précise Bachir Diagne, « la responsabilité individuelle pleine et entière dans le face-à-face avec Dieu est la voie de cette réalisation spirituelle » sur laquelle le président Dia a écrit et parlé. Or, « cette réalisation ne s’effectue pas dans la voie de la contemplation, mais dans celle de l’action transformatrice dans le monde et s’exerce sur le monde pour l’amener à s’égaler aux exigences de la justice ».
C’est par la liberté que la justice doit advenir au monde. C’est d’ailleurs le seul sens de la liberté, selon Souleymane Bachir Diagne. Cela lui semble « une leçon essentielle du président Dia et qui est avant tout un rappel que les religions (…) sont faites pour des hommes et des femmes libres, rationnels et ouverts (…) afin qu’ils soient encore plus libres (…) et en particulier encore plus ouvert à leur liberté ».
Pour fonder sa lecture de la spiritualité de Mamadou Dia, Bachir Diagne se réfère au livre Islam, sociétés africaines et culture industrielle (M. Dia, Nea, Dakar, 1975). Un ouvrage où, selon l’exégèse du philosophe, l’auteur aurait distingué la religion d’avec les traditions qui se sont déposées sur elle comme des cendres. Aussi établirait-il une égalité primordiale entre la spiritualité et le fait de s’accorder à la source de la religion dans son jaillissement premier, qui consiste à retrouver toujours le sens de l’ouverture à la différence. Mamadou Dia aurait indiqué que la foi authentique ne brille que si elle fait accueil à la possibilité de croire ou de ne pas croire ; que la contrainte est une négation de la foi.
Dans le chapitre introductif de son livre déjà signalé, Mamadou Dia écrit ces mots cités et interprétés par Souleymane Bachir Diagne : « C’est à tort que les idéologies nationalistes cherchent à se fonder sur l’enseignement du Coran pour justifier une passion fanatique et rallumer des querelles que l’humanité a le droit de considérer comme éteinte pour toujours et que la tradition musulmane authentique proscrit. Même le problème des inégalités physiques dans un Etat islamique entre musulmans et non musulmans, le problème du statut des renégats paraissent se fonder moins sur la doctrine pure de l’Islam des premiers siècles seule source authentique que le développement ultérieur du dogme et de la loi sous l’influence d’idées étrangères à l’Islam. » Un propos encore actuel dans un monde rongé par toutes sortes de fanatismes et autres fondamentalismes.
Mamadou Dia a été initié au soufisme à l’âge de 21 ans. Il n’a cessé de le pratiquer qu’à sa mort. Cette initiation soufie, il en aurait toujours parlé « dans le même souffle où il indique l’importance et la nécessité de l’action ». Son idée de la spiritualité serait un « contrat personnel entre le croyant et Dieu (qui) proscrit toute imitation servile et toute dévotion ostentatoire qui veut d’autres témoins que Dieu lui-même ».
En effet, selon Souleymane Bachir Diagne, l’imitation servile est d’une même cohorte que la contrainte. Aussi, « avoir le sentiment que la société pèse de son regard sur les actes de dévotions qui sont les miens, cela est l’équivalent structurel de la contrainte (…). Alors que la spiritualité véritable exige de n’avoir pour témoin que le Dieu unique ». Et dans l’une des deux voies de la réalisation spirituelle du soufi, l’action politique serait au cœur du contrat personnel entre Dieu et le croyant qui cherche « à attirer et à réaliser en lui les attributs seigneuriaux de la totalité ».
Seule la mort ôtera à Mamadou Dia son engagement politique de Mamadou Dia (qui remonte aux années 1946) et le ravira de l’action militante. Or, précise Souleymane Bachir Diagne, « ce n’est pas un moi et une identité de la contemplation qui peut véritablement témoigner de Dieu ; c’est un moi et une identité de l’action (…). Celui qui est en mesure de témoigner de l’unicité de Dieu, celui qui seul peut dire qu’il atteste qu’il n’est de Dieu que Dieu, celui-là ne le fait que s’il a d’abord mis sa propre individualité à l’épreuve de l’action transformatrice sur le monde ».
Selon Bachir Diagne, entre la vie contemplative et la vie active, le mariage est certes difficile, mais rien ne se fait dans le retranchement. Toutefois, quand l’épreuve du retranchement s’impose, il faut la prendre comme telle. « Et c’est ainsi qu’il a accueilli cette épreuve terrible dans sa vie que fut la prison ; il l’a accueillie en homme de spiritualité qui voit dans l’obligation de s’adonner à la vie contemplative un moment privilégié aussi de réalisation ». Oui, en décembre 1962, accusé de tentative de coup d’Etat, Mamadou Dia a été jugé et condamné à la perpétuité par la Haute cour de justice. Il passera douze ans de sa vie, emprisonné à Kédougou, à l’est du Sénégal, avant d’être gracié et libéré en 1974.
* Assane Saada est un journaliste sénégalais vivant à Paris
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Résumé de l'Édition Anglaise
Esclavage : Pourquoi le Sénat des Etats-Unis présente des excuses maintenant ?
Horace Campbell
2009-07-03
http://pambazuka.org/en/category/features/57374
Avec l’approbation, par le Sénat américain d'une résolution reconnaissant officiellement l'injustice historique rattachée à l'esclavage et à la loi Jim Crow, le 18 juin, Horace Campbell se demande «Pourquoi maintenant?" Survenant dans la même semaine que l’appel pour un nouveau monde multipolaire venant des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), le moment choisi par le Sénat américain n'est pas un hasard, soutient Campbell. Au regard de ce que la résolution n’ouvre aucune perspective à des réparations, on se retrouve avec stratégie courante des Etats Unis d’anticiper sur la demande de pardon pour inhiber toute action future. Avec le soucis des milieux politiques américains d’assurer l'accès du pays aux ressources abondantes de l'Afrique, il s’agit de nuancer les tactiques conservatrices pures avec une approche plus nuancée de l'expansion impériale, souligne Campbell.
Courrier
Notre Congo !
Gaspard-Hubert Lonsi Koko
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/letters/57467
Congo, pendant notre absence, quelques-uns de tes enfants,
Par naïveté, ou esprit de lucre, t'ont livré à des barbares.
Même si nous sommes à des milliers de kilomètres de toi,
Sache que nous ne t'avons pas oublié.
Congo, ceux-là même à qui,
Hier encore, tu as offert l'hospitalité,
Aujourd'hui te martyrisent, tuent ta progéniture,
Te violent et bradent ton beau patrimoine.
Congo, pays de nos aïeux,
Jamais, nous ne t'abandonnerons aux mains de ceux qui essaient
d'hypothéquer ton avenir,
Nous sauvegarderons ton intégrité territoriale et ta souveraineté politique,
Même si, pour cela, nous devons pactiser avec le diable.
Congo, loin de toi, nous avons appris beaucoup de choses
Qui, aussitôt tes agresseurs et leurs complices boutés dehors,
Te permettront de retrouver ta splendeur.
Congo, tiens bon, ta libération n'est plus que jamais proche.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Nkunda est à Kigali
Katema Maganya
2009-07-03
http://pambazuka.org/fr/category/letters/57469
Merci et tenez que Laurent Nkunda n' est plus détenu à Gisenyi, plutôt à Kigali dans une maison de Kaciru, dans la capitale rwandaise depuis hier selon le journal Umeso.
À quand son extradition à Kinshasa ?
Arts & livres
Algérie : Dix-sept pays africains au Festival du théâtre
2009-07-02
http://tinyurl.com/m4qajt
Le Festival international du théâtre d'Alger, entrant dans le cadre de la 2ème édition du Festival Culturel Panafricain (PANAF), se tiendra du 5 au 20 juillet 2009 avec la participation de 17 pays africains. Une quarantaine de pièces théâtrales sont prévues lors de cette manifestation culturelle, dont l'ouverture sera marquée par la représentation de la pièce "Ventres pleins ventres creux" de Daniel Boukman. A cette occasion, sera organize, du 10 au 12 juillet, un colloque sur le thème "Le théâtre africain, entre modernité et tradition".
Burkina Faso : Les ruines de Loropéni inscrits dans le patrimoine mondial
2009-07-02
http://tinyurl.com/kk6nbu
Avec l'inscription des ruines de Loropéni, le Burkina entre dans le cercle des pays hébergeant des sites faisant partie de la liste du Patrimoine mondial de l'humanité établie par l'UNESCO. La décision a été prise lors de la 33e session du Comité du patrimoine mondial réunie à Séville en Espagne du 22 au 30 juin. Les ruines de Loropéni, sont situées près de la frontière entre le Burkina Faso, le Togo et le Ghana. Vieilles d'au moins mille ans, elles étaientt occupée par des tribus qui contrôlaient l'extraction et la transformation de l'or ainsi que son commerce à travers le Sahara entre le XIVe et le XVIIe siècle.
Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : L'Union africaine réintègre la Mauritanie
2009-07-02
http://tinyurl.com/m5a68r
L'Union africaine (UA) a décidé le 30 juin de réintégrer la Mauritanie suspendue de l'organisation depuis le coup d'Etat d'août 2008, après la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Le Conseil de Paix et de sécurité (CPS) de l'UA, en charge de ce dossier, a pris sa décision en saluant le "retour à l'ordre constitutionnel" en Mauritanie après une médiation conduite par le Sénégal. Certains pays ne souhaitant une réintégration de la Mauritanie qu'après la tenue effective d'une nouvelle élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel mauritanien a validé le 28 juin la convocation du collège électoral pour le 18 juillet "conformément à l'accord cadre de Dakar et au décret du gouvernement".
Afrique : Syrte ou le sommet des crises
2009-07-02
http://tinyurl.com/l7latm
Si de fermes résolutions ne sortent pas de la troisième session ordinaire de l'Union africaine (Ua) prévue du 1er au 03 Juillet à Syrte en Libye, les chefs d'Etat et de gouvernement du continent noir auront pris date avec l'histoire pour avoir encouragé les démocraties de façade sans cesse croissantes. Les réalités africaines actuelles caractérisées par la tragédie bissau-guinéenne couplée d'élections, la crise politique en Guinée, le compromis mauritanien avec sa réintégration ou non au sein de l'Ua, l'équation malgache à plusieurs inconnues puis les dérives politiques au Niger, sont autant de situations qui décrivent sans ambiguïté les déboires d'une Afrique mal en point.
Afrique : Kadhafi veut son « Gouvernement africain », et vite !
2009-07-02
http://www.afrik.com/article17072.html
A l’occasion du 13e sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, qui se tient du 1er au 3 juillet, en Libye, les dirigeants africains devraient se pencher sur les crises qui secouent certains pays du continent ainsi que sur l’investissement dans l’agriculture. Mais le Guide de la révolution libyenne, l’hôte de cette rencontre de trois jours, envisagerait surtout de faire avancer son projet controversé des « Etats-Unis d’Afrique ».
Afrique : L’unité africaine se construit trop lentement
2009-07-02
http://tinyurl.com/la6vg2
Tout le monde en parle, mais elle se fait désirer : l’intégration africaine progresse, mais sans réel impact déjà décisif sur l’économie des pays. C’est ce qu’affirme la Cnuced, dans son Rapport sur le développement économique en Afrique 2009 publié le 25 juin. Si des vendeurs béninois d’essence s’approvisionnent au Nigeria, des pêcheurs sénégalais entrent dans les eaux mauritaniennes, des candidats subsahariens à la migration s’installent au Maghreb, des réfugiés d’Afrique centrale enseignent le français en Tanzanie, le rapport estime que l’intégration économique des pays africains entre eux est insuffisante…
Droits humains
Afrique: Les victimes d’Habré s’impatientent pour le procès
2009-07-02
http://tinyurl.com/mnfb4b
Près de trois ans après l’espoir suscité par la décision de l'Union africaine de confier au Sénégal le jugement de Hissène Habré « au nom de l'Afrique », les victimes de l'ancien président tchadien et les organisations de défense des droits de l'Homme qui les soutiennent expriment leur profonde préoccupation face à l'inertie du Sénégal et à l'indifférence de l'Union africaine (UA). A l’occasion du 13e sommet de l’Union africaine, à Syrte (Libye), elles ont tenus à rappeler au Sénégal son engagement de juger Hissène Habré et à l’UA de soutenir concrètement le Sénégal dans cette affaire, conformément à leur décision.
Centrafrique : Pistes de libérté provisoire pour Bemba
2009-07-02
http://tinyurl.com/kjrxzq
La Belgique, la France et le Portugal auraient été saisis, pour des observations devant permettre à la Cour Pénale Internationale de lever l’ultime option pour accorder la liberté à Jean Pierre Bemba. Si d’ici le 10 juillet, l’un des trois pays ainsi sollicités, osait répondre positivement, rien ne saurait empêcher, ni retarder sa mise en liberté. L’homme n’a jamais exclu de se présenter volontairement devant la Cour, en cas de besoin.
Guinée : Arrestation de l'ancien Premier ministre Souaré
2009-07-02
http://tinyurl.com/krajx2
L'ancien Premier ministre de Guinée Ahmed Tidiane Souaré et l'ex-ministre des Mines Ousmane Sylla ont été arrêtés le 30 juin, sur instruction du président Moussa Dadis Camara. Ils ont été appréhendés dans le cadre d'une affaire de détournement présumé. Les jours qui ont suivi la prise du pouvoir par la junte le 23 décembre, plusieurs membres de son gouvernement et lui-même avaient été interpellés pour des détournements présumés de fonds publics. M. Souaré avait alors été accusé de détournement de 12 milliards de francs guinéens (2 millions d'euros). M. Sylla lui est accusé du détournement d'un peu plus de 11 milliards GNF.
Guinée : La population refuse de brûler les voleurs
2009-07-02
http://tinyurl.com/m65hqa
Pour lutter contre l'insécurité, la junte au pouvoir demande aux Guinéens de brûler vif tout voleur pris en flagrant délit. Les citoyens, eux, refusent de "vivre comme dans la jungle" et désobéissent. "Si nous nous rendons justice, nous finirons par vivre comme dans la jungle !", s'indigne un commerçant. L’injonction pour cette justice populaire avait été lancée en début juin par le secrétaire d’État à la présidence, chargé de la lutte anti-drogue et contre le grand banditisme, le capitaine Moussa Tiegboro Camara.
Guinée : L'ancien Pm Ahmed Tidiane Souaré libéré
2009-07-03
http://tinyurl.com/kpau6j
L'ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, vient d'être libéré par la junte militaire du capitaine Moussa Dadis Camara. Il a regagné son domicile dans la matinée du 1er juillet, après avoir promis de payer graduellement la somme dont il est accusé de détournement. De sources judicaires, l'ancien premier ministre est accusé d'avoir détourné près de 15 milliards de francs guinéens (environ 2 millions d'euros) lorsqu'il était ministre des mines entre 2004 et 2006.
Kenya : HRW raporte des cas de torture de la part de militaires
2009-07-02
http://tinyurl.com/nncyyz
Human Rights Watch (HRW) a déclaré le 29 juin que les forces de sécurité kenyanes ont battu et torturé des habitants des districts de Mandera, soulignant un besoin urgent de réformes policières. Dans un rapport intitulé: "'Rapportez le fusil ou vous allez mourir': tortures, viols et autres violations graves des Droits de l'homme par les forces de sécurité kenyanes dans le Triangle de Mandera", l'organisme de défense des droits de l'homme fournit de nombreuses preuves d'abus pendant une opération de désarmement. Le rapport demande aussi des enquêtes indépendantes sur les opérations à Mandera et ailleurs, ainsi que la révocation du commissaire de police et du procureur général.
Sénégal : Une peine maximale de 15 ans aux auteurs de viol
2009-07-03
http://tinyurl.com/ljfazr
Le ministre de la Justice du Sénégal a annoncé que les peines prévues pour les viols vont passer de 10 ans à 15 ans. «Nous avons augmenté 5 ans pour voir. Si nous constatons que ce n’est pas efficace, nous allons criminaliser’’, a-t-il fait savoir. Un comité de réflexions sur les violences faites aux femmes et aux enfants avait été institué en décembre dernier à l’effet de formuler des recommandations pour lutter efficacement contre ce fléau. Beaucoup de cas de viol sont régulièrement signalés dans la presse sénégalaise, ainsi que des actes de pédophilies.
Réfugiés & migration forcée
Mali : Plus de 10.000 réfugiés mauritaniens recensés au Mali
2009-07-03
http://tinyurl.com/mfa8h6
Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a recensé, en l’espace de dix semaines, près de 10.500 réfugiés mauritaniens installés depuis une vingtaine d’années dans le cercle de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Parmi eux, 8.029 (soit 80%) ont clairement opté pour un rapatriement volontaire dans leur pays d’origine. Entre 1989 et 1991, plusieurs milliers de Négro-Mauritaniens avaient fui les violences interethniques sévissant dans leur pays d’origine et trouvé refuge au Sénégal et au Mali, où beaucoup se sont installés dans le cercle de Kayes, le reste s’établissant dans la capitale, Bamako.
Elections & gouvernance
Cameroun : un remaniement sans objet
2009-07-03
http://tinyurl.com/kqrc7z
Déclenchée à la suite de la publication d’un rapport accablant du CCFD en juin, la crise camerounaise est certainement la plus grave crise interne qu’ait connu le régime despotique de Biya depuis 1992. Paul Biya procède dans l’empressement à un remaniement ministériel pour distraire l’opinion et masquer les rapports sur ses biens mal acquis, qui font la une des journaux et le met au ban de la communauté internationale. A l’intérieur, elle a fait perdre au pouvoir une part importante de sa légitimité.
Cameroun : Qui est Yang Philémon, le nouveau PM ?
2009-07-02
http://tinyurl.com/lmmzcf
Le Chef de l’Etat camerounais Paul Biya a remanié mardi le gouvernement et nommé Yang Philemon au poste de Premier ministre en remplacement de M. Ephraïm Inoni, qui occupait ce poste depuis décembre 2004. Le nouveau Ps, âgé de 62 ans, anglophone, originaire de la province du Nord-Ouest et membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, pouvoir), était précédemment secrétaire général adjoint de la présidence depuis 2004. Il a aussi été plusieurs fois ministre.
Côte d’Ivoire : L’aveu d’une urgence des élections...
2009-07-02
http://tinyurl.com/l8qetk
"Si les élections ne se déroulent pas cette année, la situation sera intenable ", ainsi s’est lamenté le Premier ministre Guillaume Soro lors de sa récente sortie à l’étranger. Aveu tardif de la part d’un responsable qui a toujours nié l’évidence du délabrement avancé de son pays, ou simple mise en garde d’un co-gérant d’un accord politique devant une situation politico-économique générale des plus bizarres en Côte d’Ivoire ? La question mérite d’être posée, puisqu’une fois n’est pas coutume, la visite en Allemagne du chef du gouvernement n’a pas été suivie de communiqués pompeux dans le genre "100 ou 200 milliards sont disponibles pour notre pays".
Gabon : Des jeunes appellent Ali Bongo à briguer la présidentielle
2009-07-02
http://tinyurl.com/o9mm72
Des jeunes Gabonais ont appelé le 28 juin Ali Ben Bongo Ondimba, actuellement ministre de la Défense, à se porter candidat à l'élection présidentielle qui doit être organisée à la suite du décès du chef de l'Etat et son père, Omar Bongo Ondimba. La déclaration a été lue par un porte-parole à la télévision publique RTG1, mais aucune indication n'avait pu être immédiatement obtenue sur la représentativité des auteurs de cet appel, qui n'ont pas été identifiés comme membres du Parti démocratique gabonais (PDG, pouvoir), créé par Omar Bongo et dont Ali Bongo, 50 ans, est un des vice-présidents.
Gabon : La présidentielle dans 60 jours
2009-07-03
http://tinyurl.com/kn4t2w
Le délai pour l'organisation de la présidentielle qui désignera le successeur d'Omar Bongo à la tête du Gabon pourrait dépasser les 45 jours légaux pour atteindre 60 jours, a déclaré le 2 juillet la présidente par intérim Rose Francine. D'après la Constitution, le scrutin doit avoir lieu 45 jours au plus tard après la prise de fonction du président par intérim, intervenue le 10 juin, sauf "cas de force majeure". "S'il se trouvait que les 45 jours ne suffisent pas, on pourrait voir avec la Cour constitutionnelle, avec les institutions qui sont autorisées à constater le cas de force majeure", a-t-elle déclaré.
Guinée-Bissau : Vers un second tour ?
2009-07-03
http://tinyurl.com/mtd9do
C’est le jeudi 2 juillet que la Commission nationale des élections devait proclamer les résultats provisoires de l’élection présidentielle. D’ores et déjà il semble bien qu’on se dirige vers un second tour. Celui-ci devrait opposer Mallam Bacaï Sanha le candidat du parti au pouvoir, à Kumba Yala le candidat du PRS, le principal parti d’opposition. C’est le Premier ministre Carlos Gomes Junior, qui l’a annoncé, sur la foi des comptages de voix effectués par son parti. Cette déclaration a provoqué la colère du PRS, dont un responsable parle d’attitude irresponsable, accusant le PAIGC de préparer des fraudes et affirmant qu’il faut attendre les résultats officiels pour parler de second tour…
Mauritanie : Les risques d'une annulation de la candidature de Ould Vall
2009-07-03
http://www.ferloo.com/spip.php?article4647
Au moment d’enregistrer la 10ème candidature à la présidentielle mauritanienne, on apprend que "le Conseil constitutionnel a reçu de l’état major de l’armée nationale, mardi 30 juin, une correspondance attestant que le colonel d’active Ely Ould Mohamed Vall fait, jusqu’à présent, partie des effectifs de l’armée et qu’il n’a pas encore présenté sa démission". Par conséquent, ce ne serait pas surprenant de voir le plus grand challenger du candidat Ould Abdel Aziz interdit de se présenter à la présidentielle du 18 juillet prochain. Et cela ne serait pas sans danger pour la stabilité jusque-là recherchée en Mauritanie.
Niger : L’armée réaffirme sa neutralité dans la crise politique
2009-07-02
http://tinyurl.com/nsq6o3
Dans la crise politique que connaît le Niger, les forces armées ont tenu à clarifier leur position. Dans un communiqué, l'état-major déclare : "Suite aux récentes déclarations incitant les forces de défense et de sécurité à la désobéissance (...), les forces armées réaffirment leur caractère républicain et leur entière disponibilité à assurer leur devoir de préservation de l'intégrité du territoire, de protection des personnes et des biens et de sauvegarde des institutions de la République". Les forces armées demandent aux acteurs politiques de les exclure des jeux politiques et les invitent à privilégier la voie du dialogue et de concertation en vue d'un apaisement de la situation.
Niger : Mamadou Tandja se cramponne à la présidence
2009-07-02
http://www.afrik.com/article17063.html
«Le référendum sur une nouvelle Constitution aura bien lieu», c’est ce qu’a annoncé le 28 juin le ministre de l’Intérieur nigérien,. Le président Mamadou Tandja s’appuie sur cette consultation pour briguer un troisième mandat, en dépit des accusations qui font feu de toutes parts. Le 26 juin, le chef de l’Etat s’est d’ailleurs accordé « des pouvoirs exceptionnels » pour pouvoir rester à la tête de son pays et contrer ainsi les desseins de l’opposition qui souhaite sa démission. Si l’Union africaine craint des «dérapages», les pays voisins du Niger condamnent la décision de Mamadou Tandja.
Niger: Tandja nomme une nouvelle Cour constitutionnelle
2009-07-03
http://tinyurl.com/kr9spy
Le président du Niger a nommé le 1er juillet de nouveaux membres de la Cour constitutionnelle en remplacement de l'ancienne cour qu'il a dissoute. Présidée par Boubé Oumarou, ancien ministre de la Justice et de la Cour suprême, la nouvelle Cour est nommée en vertu de "pouvoirs exceptionnels" que s'est arrogé le président. La nouvelle Cour est composée de 7 membres dont quatre magistrats, un avocat, une ancienne ministre et un professeur d'université. Fin mai, le président a dissous le Parlement qui était également opposé à son projet de référendum.
Niger : L'UE veut "faire une proposition" à Tandja
2009-07-03
http://tinyurl.com/kqttas
Le commissaire européen en charge du développement Louis Michel a assuré le 1er juillet, en marge du sommet africain de Syrte (Libye), avoir une "proposition" à faire au président nigérien Mamadou Tandja pour aider à résoudre la crise dans laquelle s'enfonce le pays. Se disant "très inquiet de la situation au Niger", Louis Michel a estimé qu'"il y a peut-être encore un espace pour amener le président Tandja vers une solution plus apaisante". , en refusant d'être plus explicite sur la nature de cette proposition et les moyens de la présenter au chef d'Etat nigérien.
Niger : L'Union Africaine craint des dérapages
2009-07-02
http://tinyurl.com/nvgcpb
Jean Ping a dit craindre un emballement de la situation au Niger, où Mamadou Tandja s'est octroyé des "pouvoirs exceptionnels" pour tenter de modifier la constitution. Le président entend bien briguer un troisième mandat, ce qui est théoriquement impossible. "La situation actuelle nous interpelle. Elle nous ferait craindre des dérapages", a affirmé Jean Ping, interrogé sur la décision du président nigérien d'organiser un référendum sur des changements constitutionnels qui lui permettraient de briguer un nouveau mandat présidentiel.
Togo : Adoption d'un nouveau code électoral
2009-07-02
http://tinyurl.com/ltlq3a
Le Parlement togolais a adopté le 29 juin une modification du code électoral lors d'un vote boycotté par les deux principaux partis d?opposition. L’UFC de Gilchrist Olympio et le CAR de Yawovi Agboyibo n'assistent plus depuis le 11 juin aux discussions au sein du Cadre de dialogue entre le pouvoir et l’opposition, pour protester contre son élargissement à de petits mouvements et à la société civile. Les modifications du code électoral avaient été proposées au gouvernement par ce cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Seuls les députés du parti au pouvoir ont voté ce texte dont 14 dispositions ont été modifiées.
Corruption
Rd Congo : Kabila met la justice au banc des accusés
2009-07-02
http://tinyurl.com/knfceq
Le président congolais J. Kabila, a adressé un message à l’occasion du 49ème anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance, dans lequel il dénonce les magistrats. «Si on y prend garde, assure-t-il, les anti-valeurs qui s’enracinent dans la société congolaise, à savoir l’indiscipline, l’intolérance, la concussion, la gabegie financière et la corruption risquent de mettre en péril le projet ambitieux de cinq chantiers. J’ai, dans ce sens depuis décembre 2007, dénoncé à maintes reprises la qualité préoccupante de la distribution de la justice dans notre pays. Aujourd’hui, la justice elle-même est au banc des accusés», a-t-il déclaré.
Développement
Afrique du Sud : Le déficit budgétaire s'accroit
2009-07-03
http://tinyurl.com/mt8yyh
Le ministre sud-africain des Finances a averti, le 1er juillet, que le manque de recettes fiscales constaté depuis le début de l'année pourrait entraîner un déficit budgétaire beaucoup plus important que prévu d'ici la fin 2009. "A l'heure actuelle, nous sommes à 19 milliards de rands (2,4 milliards de dollars US) sous notre objectif au niveau des recettes, et si cette tendance se poursuit, nous pourrions accuser un manque de recettes de 50 à 60 milliards de rands d'ici la fin de l'année", a-t-il déclaré devant le Parlement…
Global : 1,02 milliard de personnes sous-alimentées
2009-07-03
http://tinyurl.com/nxfal9
En 2009, la faim dans le monde atteindra son plus haut niveau dans l'histoire : près de 1 020 millions de personnes en souffrent chaque jour, selon les dernières estimations de la Fao. Qui précise que l'augmentation la plus récente de ces chiffres n'est pas la conséquence de mauvaises récoltes. Directeur général de la Fao, Jacques Diouf, estime que 'la confluence du ralentissement économique et du maintien des prix élevés de l'alimentation dans de nombreux pays a poussé près de 100 millions de personnes de plus qu'en 2008 dans la faim chronique et la pauvreté.
Global : L'Italie et l'Afrique vont lancer un partenariat économique
2009-07-02
http://tinyurl.com/nbn82b
Le forum Italie-Afrique qui s'est tenu à Rome les 25 et 26 juin a ouvert la voie au partenariat stratégique entre les pays d'Afrique sub-saharienne et l'Italie. Pour la première fois, 300 entreprises et banques italiennes ont rencontré 20 ministres africains de l'Industrie et du Commerce pour définir les objectifs communs. La présidence italienne du G8 a élevé l'Afrique au sommet de ses priorités et fera en sorte qu'au sommet de juillet, l'Afrique soit au centre des discussions.
Guinée : 2 milliards de francs pour le barrage de Diani
2009-07-02
http://tinyurl.com/mlk5bv
Dans le cadre de la campagne ‘’Eau et Electricité pour tous ‘’, les autorités guinéennes ont déboursé 2 milliards pour l’aménagement d’un barrage hydroélectrique sur le fleuve Diani, dans le sud -est de la Guinée. Ce projet vise à électrifier une partie importante de la Guinée forestière. La nouvelle est très bien accueillie par les populations guinéennes, pour qui connaît la valeur géostratégique de cette partie de la Guinée, zone frontalière à la Cote d’ivoire et le Liberia.
Tchad : 4,3 milliards de dollars de recettes pétrolières
2009-07-02
http://tinyurl.com/np7ajq
L’exploitation du pétrole depuis 2003 au Tchad a généré plus de 4,3 milliards de dollars de recettes, «dépassant largement les estimations de départ», a indiqué le 29 juin le secrétaire exécutif du Groupe international consultatif du Projet d’exportation pétrolière et d’oléoduc Tchad-Cameroun, Jacques Gérin. Selon lui, «cette recette représente sur 5 ans plus de 250% des recettes attendues sur 25 ans par le Tchad, alors que les programmes de capacitation à la gestion des ressources pétrolières ne sont pas encore assimilés.»
Santé & VIH/SIDA
Guinée : Hausse des pathologies liées à la drogue
2009-07-02
http://tinyurl.com/ld72y2
Plus d'une centaine de personnes âgées de 20 à 35 ans souffrant de pathologies mentales consécutives à la consommation de drogues dures sont actuellement internées au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Donka, une des plus grandes structures sanitaires de Guinée, à Conakry. Selon la même source, l'inquiétude est relative à l'accroissement de la proportion de jeunes filles toxicomanes qui utilisent en grande quantité les substances psychoactives, la cocaïne, l'héroïne, entre autres.
Environnement
Afrique : Le manioc menacé par le dioxyde de carbone
2009-07-03
http://tinyurl.com/nunp63
Selon une étude de scientifique australienne, l’un des aliments de base dont dépendent des millions d’Africains, le manioc, serait menacé d’ici 20 à 30 ans. L’équipe de chercheurs australiens a analysé des plants de manioc et de sorgho dans le cadre de plusieurs scénarios de changement climatique, avec un intérêt tout particulier pour les différents taux atmosphériques de CO2. Avec 710 ppm de dioxyde de carbone, le taux de toxine était beaucoup plus élevé tandis que le taux de protéine chutait. Dans ces conditions, toute personne dépendant largement du manioc pour se nourrir, particulièrement pendant des périodes de sécheresse, serait spécifiquement menacée d’un risque d’empoisonnement aux hétérosides cyanogénétiques.
Afrique du Sud : Les émissions de gaz à un niveau "très élevé"
2009-07-03
http://tinyurl.com/n342ew
"Les émissions de l'Afrique du Sud sont à un niveau très élevé", selon le directeur du WWF chargé du changement climatique. "Il est bien au dessus du niveau moyen des pays en développement, partiellement à cause de la forte dépendance sur le charbon". Il s'exprimait à Johannesburg lors de la publication des cartes climatiques pour lespays du G8 et du G5 ( Brésil, Inde, Chine, Mexique et Afrique du Sud) qui montrent les tendances de leurs émissions de carbone. Ces cartes font savoir les améliorations depuis 1990, la situation dans chaque pays et leur future politique.
Mozambique : Autorisation pour tuer 60 éléphants par an
2009-07-02
http://tinyurl.com/n6dfys
La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a autorisé le Mozambique à tuer 60 éléphants, au lieu de 40, chaque année. Le ministre mozambicain de l'Agriculture a déclaré que son pays accueillait favorablement cette augmentation, du fait que cette mesure permettra au gouvernement mozambicain de régler le conflit entre les êtres humains et les animaux sauvages, notamment les éléphants qui détruisent souvent les cultures.
Nigeria : Amnesty dénonce la tragédie dans le delta du Niger
2009-07-02
http://tinyurl.com/kqzyfu
La pollution causée par un demi-siècle d'exploitation du pétrole dans le sud du Nigeria est l'un des exemples les plus dérangeants de la "malédiction" que peuvent constituer des ressources naturelles, a annoncé Amnesty International dans un rapport accablant publié le 30 juin. Dans son épais rapport, AI dénonce, entre autres, le fait que les gens qui vivent dans cette région doivent boire de l'eau polluée, faire la cuisine et laver leur linge avec cette eau, manger des poissonscontaminés par le pétrole et d'autres toxines.
Rd Congo : appel à la fabrication des sachets biodégradables
2009-07-02
http://tinyurl.com/n56yrg
Le Parti écologiste de la République démocratique du Congo (PECO) a demandé au gouvernement d'exhorter les usines de fabrication des sachets d'emballe en RDC de fabriquer des sachets biodégradables. C’était à l'occasion de démarrage de l'opération de ramassage des sachets non biodégradables à Kinshasa dénommée "1 Kilo de sachets contre 1 dollar US". La proportion des sachets jetés à Kinshasa, une mégapole de près de 10 millions d'habitants, est évalué à 250 tonnes par jour.
Média & liberté d'expression
Cameroun : un journaliste se dit menacé de mort
2009-07-03
http://tinyurl.com/kto3mc
Un responsable de l'hebdomadaire camerounais Germinal, Jean Bosco Talla, a affirmé jeudi recevoir des "menaces de mort" depuis le 26 juin, deux jours après la publication d'un rapport d'une ONG française évoquant notamment la fortune du président Paul Biya. "Les menaces ont commencé timidement vendredi (26 juin) par des coups de fils anonymes, suivis de SMS. Elles sont devenues fréquentes ces jours-ci", a expliqué le directeur de publication de Germinal.
Conflits & urgences
Niger: Interpellation du principal opposant au régime
2009-07-02
http://tinyurl.com/l3utah
Le principal opposant au régime nigérien, Mamadou Issoufou, a été brièvement interpellé le 30 juin par les gendarmes qui l'ont relâché après environ une heure d'interrogatoire,. L'opposition, regroupée dans le Front de défense de la démocratie (FDD), a dénoncé le 27 juin un "coup d'Etat" du président Tandja qui venait de prendre des "pouvoirs exceptionnels". Le FDD avait alors appelé les forces de sécurité à "refuser d'obéir aux ordres d'un homme qui a pris l'option délibérée de violer la Constitution et qui a perdu toute légitimité politique et morale".
Rwanda : l’hydre de l’insécurité à l’Est de Rdc
2009-07-03
http://www.digitalcongo.net/article/59240
Tant qu’on ne résoudra pas l’équation que pose le retour au bercail des Fdlr, il sera illusoire de penser à tout retour de sécurité aux frontières orientales de la République démocratique du Congo. Dire que le Kivu est devenu depuis 1994 le ventre mou de la RD Congo est un constat qui tombe sous les sens parce qu’il fait maintenant partie du vécu quotidien congolais, avec la cohorte d’atrocités que les miliciens hutus rwandais commettent au jour le jour dans les zones qu’ils occupent depuis qu’ils ont fui leur pays d’origine à la suite de l’arrivée au pouvoir à Kigali de la « Dynastie tutsie ».
Soudan: Les mouvements armés prêts à reprendre le dialogue
2009-07-02
http://tinyurl.com/mb2p2g
Les mouvements armés dans le Darfour se sont déclarés prêts à s'engager dans un dialogue constructif avec le gouvernement d'Union nationale du Soudan. L’annonce a été faite dans le cadre des consultations engagées avec toutes les parties impliquées dans la crise, par le Médiateur en chef conjoint UA-ONU pour le Darfour. Ce dernir a rencontré, à Tripoli, en Libye, un certain nombre de dirigeants de groupes armés de la région, pour discuter du processus de négociation de Doha (Qatar), et définir les modalités de leur participation effective à la résolution de la crise.
Tchad : Un pays piégé par la guerre
2009-07-03
http://www.afrik.com/article16980.html
Depuis son accession à l’indépendance, le Tchad n’a pas connu de paix. Dès 1965, des jacqueries paysannes au centre du pays ont donné naissance à des mouvements armés structurés ; la guerre aura duré plusieurs décennies, l’enjeu principal étant le pouvoir dans la mesure où toutes les passations se sont faites par les armes. Depuis décembre 1990, date de prise du pouvoir par Idriss Deby, la démocratie a été proclamée. Le Tchad est donc censé enterrer définitivement les alternances politiques violentes. Or, plus que jamais, c’est le retour à la guerre.
Internet & technologie
Cameroun : La 6e édition du forum sur les TIC fixée à 2009
2009-07-02
http://www.tic-afrique.org/
TIC Afrique 2009, 6ème forum international sur les TIC, organisé par le Consortium d'appui aux actions pour la promotion et le développement de l'Afrique (CAPDA) se déroulera du 6 au 9 juillet 2009 à Yaoundé (Cameroun). La rencontre portera sur le thème « Les TIC et le développement durable : Quelles contributions pour la coopération et les institutions internationales ?»
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6847

Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.