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Pambazuka News 112 :Mauritanie : Incertitudes politiques et questions raciales
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Zimbabwe, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Environnement, 14. Terres & droits fonciers, 15. Média & liberté d'expression, 16. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Le racisme d’Etat, problème fondamental de la Mauritanie.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Niger : Les dérives de Tandja et les risques pour la région.
ZIMBABWE :Le quotidien des populations de Harare s’améliore.
FEMMES & GENRE : Afrique : Les femmes progressent dans la vie politique.
DROITS HUMAINS : Global : La traque se poursuit pour le jugement ou l’extradition de Habré.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Nigeria : Début du retour des déplacés du delta.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : La problématique des élections.
CORRUPTION : Cameroun : Détournement de fonds au ministère de l’Agriculture.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Produits chinois, péril jaune sur le continent ?
SANTE & VIH/SIDA : Guinée : Existence présumée de laboratoires clandestins de drogue.
EDUCATION : Sénégal : Ces réalités qui freinent la recherche universitaire.
TERRES & DROITS FONCIERS : Afrique du Sud : Des centaines d’agriculteurs noirs menacés d’expulsion.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Côte d’Ivoire : des français inculpés dans l’Affaire Kieffer.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Le Nigeria et le Bénin vont régler leur différend frontalier à l’amiable.
Chroniques
Le racisme d’Etat, problème fondamental de la Mauritanie
Samba Thiam
2009-08-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/58397
Kaaw Touré : Maintenant que l'élection du Général Ould Abdoul Aziz parait définitivement acquise et acceptée presque unanimement, et que la crise politique nationale semble se résorber par ce fait, quelles analyses faites-vous de ce qui s'est passé?
Samba Thiam : Il n'est pas toujours aisé de cerner les contours d'une situation à laquelle vous n'avez pas été directement impliqué. Voilà pourquoi ma perception des choses, dans le cas qui nous occupe, restera nécessairement incomplète, voire imparfaite. Si je devais donc me hasarder à décrypter l'imbroglio de ces élections, je dirais en raccourci que la chose s'est jouée sur fond des rapports de force, qui ne furent pas à l'avantage de l'opposition. Le dénouement de la crise aboutit à la légitimation du putsch ! Si nous suivons la chronologie des événements, nous devons reconnaître que le général a manoeuvré, habilement, tout le long de la crise.
D'abord, en jouant sur la division de l'opposition, pour avoir maintenu Ould Daddah en laisse sans jamais le laisser deviner ses intentions - secrètes - jusqu'aux Etats généraux ; il a réussi à retarder, le plus longtemps possible l'unité d'action de cette opposition. Et quand cette opposition se regroupera enfin, après moult hésitations et tergiversations d’Ould Daddah, le général a déjà une longueur d'avance : il est en pleine campagne, mettant la pression à un degré supérieur sur une opposition qui, craignant alors de tomber dans le piége du boycott de 1992, a été contrainte de revoir ses ambitions à la baisse ; Il ne s'agissait plus de rejeter le putsch mais de retarder l'échéance du 6 juin, afin de ne pas se faire marginaliser. Ce qui équivalait en fait déjà à une reconnaissance implicite de Aziz.
Les accords de Dakar, avec leurs pièges et leurs zones d'ombre, habilement manoeuvrés par le président Wade, qui n'a jamais caché son indulgence pour le putsch, dans la situation de lassitude intérieure et de l'impatience de la communauté internationale, ces accords donc apparaissaient comme un prétexte pour sauver l'honneur d’une opposition à court d'initiatives. Au terme de ces accords, le Général ne cédait sur rien d'essentiel ; juste sur un point d'honneur, le retour symbolique de Sidi qui constituait, disait il, "une ligne rouge".
L'essentiel, c'est-à-dire le contrôle de l'appareil administratif - du Premier ministre au chef d'arrondissement, en passant par gouverneurs et préfets -, le contrôle des médias publics, la date, si rapprochée, presque impossible à tenir, toutes choses que l'accord protégeait, tout jouait en défaveur de cette opposition.
De concession en concession « pour la paix civile », ce qui donc devait arriver arriva, c'est-à-dire la victoire du Général, avec des fraudes certainement importantes, mais si subtilement accomplies que les observateurs internationaux n'y virent que du feu.
Ma conviction est que si nous sommes arrivés à ce dénouement, c'est essentiellement parce que l'opposition n'était pas résolue à aller jusqu'au bout de l'action. Je veux dire à la confrontation directe, un face à face. Cette opposition a misé, pour l'essentiel, sur l'action extérieure, sur les sanctions qui ne viendront pas parce que, là aussi, les alliés secrets du Général avaient su être efficaces. Or, l'on sait que partout où l'opposition a été prête à en découdre, le compromis a été plus ou moins acceptable. Là, elle s'était presque rendue avec armes et bagages. Ce que le groupe de contact avait du reste compris, intronisant doucement un putschiste agrippé de toutes ses forces au pouvoir parce que jouant, il est vrai, sa tête.
En résumé le Général est venu, s'est assis, nous soumettant par le fer. Seule une confrontation directe et sans recul pouvait l'enlever de là. Mais cette option là, nous le savons tous, ne fut jamais le penchant des tenants du « compromis- processuel ». Ce qui risquait d'être perdu ici, avec le Général, ce sont les acquis du « printemps de liberté » auquel nous avions pris goût, qui nous permettait d'exprimer nos idées, ou même d'insulter, sans nous faire embastiller ; les libertés et les Généraux font rarement bon ménage.
Le dénouement de notre crise appelle des questions qui interpellent sur le devenir même du continent. Aidait-on ainsi l'UA à se sortir du cycle infernal des coups d'Etat ? L'UA elle-même aidait-elle le continent en épaulant le genre Al Bashir ? C'est toute la question !
Kaaw Touré : Pensez - vous que le Général Aziz puisse combattre le racisme d´Etat en Mauritanie ?
Samba Thiam : Vous avez mis le doigt sur la plaie, en évoquant ce problème.
Le problème fondamental de la Mauritanie demeure cette discrimination raciale que nous appelons aussi racisme d'Etat, pour menacer l'unité, voire l'existence même du pays !
Voilà pourquoi nous pensons que ce problème devrait figurer comme priorité absolue pour tout celui qui a en charge le destin de notre pays, y compris donc Aziz.
Oui, si Aziz le veut il le peut. A condition bien sûr qu'il rejette toute alliance avec les nationalistes arabes chauvins et racistes, ceux-là mêmes ayant inspiré et nourri ces politiques nocives depuis 40 ans. Oui, s'il n' a pas, par derrière lui, tous ces pseudo progressistes.
(…) S'il le veut il le peut, pour disposer de deux ou trois atouts majeurs : l'Armée, aujourd'hui derrière lui, un passé plus ou moins propre, dans les événements tragiques survenus entre 1986 à 1990, le tempérament et le cran qu'il faut pour cela. Si Aziz se décidait à aborder et à résoudre ce grave et douloureux problème, l'histoire, certainement, retiendrait son nom, pour l'éternité, pour avoir rendu le plus grand service à ce pays
Nonobstant toutes ces réserves, Aziz est là, bien en place. Si vous devez donc le toucher d'un mot quels changements lui conseilleriez-vous?
Avant d'aller à un changement, il faudrait d'abord prendre lucidement conscience que la voie choisie jusque-là est dangereuse et ne mène nulle part.
Une fois cela fait, je pense que le changement, pour être réussi, devra reposer sur un certain nombre de lignes directrices ou principes, par une vision nouvelle de l'unité nationale, des idées-forces qui doivent la fonder dans la redéfinition de l'Identité du pays, le respect des identités respectives, le profil des hommes à choisir, etc.
Ainsi donc, nous aurons besoin de recentrer nos rapports mutuels dans le sens du respect réciproque, les alignant sur le principe « qu'aucune minorité ne devra dépendre de la générosité de la majorité pour avoir ses droits ».
Notre vision de l'Unité nationale devra, également, radicalement se modifier. Jusqu'ici la notion que nous avons de cette Unité nationale a été réduite ou assimilée à l'unitarisme plutôt qu'à l'unité dans la diversité; on a cherché à unifier et non pas à unir.
Par cette volonté d'uniformisation, à tout prix, on a cherché, en fait, à détruire consciemment l'autre personnalité négro-africaine de la Mauritanie. Or, comme affirmait J. H. Griffin, chercheur en milieu afro-américain du sud des Etats-Unis, «personne, pas même un saint, ne peut vivre sans le sentiment de sa valeur individuelle. De tous les crimes c'est le plus odieux, parce qu'il détruit (jusqu'à) l'esprit et le désir de vivre». Pour tous les mêmes droits et les mêmes lois, sans exception aucune, voilà les conditions pour jeter les bases d'un changement réel du futur.
Sur la base de ces principes qui fondent l'Etat de droit respectueux des libertés fondamentales, nous amorcerons alors un nouveau départ dans un vaste mouvement d'ensemble bien compris, dont le lit majeur serait la jeunesse, réservoir approprié, dans notre futur choix des hommes. Il nous faut des hommes neufs et jeunes, en rupture totale avec l'emprise de la vieille génération, source du naufrage de nos rêves et de nos illusions passées d'une Mauritanie fraternelle et riche de sa diversité.
Des hommes pilotes, propres et jeunes, soucieux du devenir en commun, conscients des enjeux du changement indispensable, nourris d'un idéal élevé, peu portés vers l'accumulation de biens matériels, détachés du carcan tribal ou ethnique qui emprisonne. C'est pour dire, en conclusion, que nous ne pouvons avancer sans le rétablissement de la grande Justice. Cette Justice qui symbolise l'équité, l'égalité; cette égalité des chances et des droits qui devra imprégner tous les actes de gouvernement, dans tous ses démembrements.
Kaaw Touré : Comment concrétement souhaiteriez-vous voir matérialisés ces principes généraux ?
Nous l'avions élaboré dans notre plate-forme, dont je résume les axes :
Redéfinir l'identité du pays, par l'affirmation du caractère biracial et multicuturel de la Mauritanie. La Mauritanie arabe et négro-africaine et non pas « africaine, ce qui en fait ne veut rien dire.
Samba Thiam : La reconnaissance de l'égalité de toutes nos nationalités et l'affirmation de leur égalité devant l'emploi et la justice, avec son corollaire, c'est-à-dire, la reconnaissance de l'égalité de toutes nos langues et cultures nationales et leur égal droit à la promotion, l'abolition de l'esclavage. (je note au passage qu'en Afrique on a tendance à reconnaître les langues nationales, mais sans reconnaître les peuples qui les parlent comme nationalités avec tous leurs droits).
Ces principes à inscrire dans la Constitution devront être complétés par des mesures de bon sens, telle que la nomination équilibrée dans les grands postes de la République, et l'élaboration de critères légaux pour la promotion et l'équité dans le recrutement de la Fonction publique.
Dans cette même plate forme, nous recommandions aussi qu'après un débat de fond sur ces questions, des états généraux de l'Education, de l'Administration et de la justice, de l'Economie et de l'Armée soient organisés, afin que tout se redresse dans un même élan !
Kaaw Touré : On a remarqué que le candidat issu de la communauté Négro-mauritanienne n'a pas fait un bon score. Faut-il en conclure qu'il est encore prématuré qu'un Négro-Mauritanien soit président de la République de la Mauritanie, après l'intermède de l'actuel président du Sénat ?
Samba Thiam : Je voudrais répondre à votre question en commençant par la fin, par le président intérimaire.
Je ne crois pas que ceux qui l'ont placé là, pour les besoins de leur propre agenda, l'aient jamais pris vraiment au sérieux. Il aurait dû mériter plus ; mais il faut reconnaiître aussi qu'il n'aura rien tenté pour marquer son passage à la présidence.
Concernant maintenant le score de celui que vous qualifiez de « candidat des négro-africains », je dois d'abord vous rappeler qu'il n'y en eut pas un mais plusieurs. Du moins au regard des proclamations et professions de foi entendues ici ou là , en 2007 comme en 2009.
Maintenant si vous faites allusion à celui qui bénéficia du meilleur score parmi eux, en l'occurrence Ibrahima Moctar Sarr, je pense que son recul tient à plusieurs facteurs.
Le premier renvoie, à mon avis, à l'attitude de la personnalité elle-même qui a crû pouvoir se passer de l'apport de ses alliés naturels et de ses sympathisants. Certains propos, mal placés, que lui prête la rumeur, tenus, semble-t-il, au cours des meetings de campagne, ont dû fortement le desservir. En laissant publiquement entendre qu'il n'avait besoin de l'aide de personne, il s'aliénait un bon nombre de ces sympathisants. Grisé par les 8% de 2007, Ibrahima Sarr n'a pas su comprendre qu'ils avaient été le fruit d'un travail collectif, souterrain, de groupes. Il se sera surestimé, oubliant que la meilleure arme d'un leader c'est d'abord l'humilité.
Le deuxième facteur de sa baisse de score tient au contexte particulier de ces élections. M. Sarr, en bon démocrate, s'est rangé, de facto, du côté des putschistes, alors que ses partenaires naturels ont choisi le camp anti-putsch. Ceux qui devaient tirer dans la même direction se retrouvèrent alors ramant en sens contraire. Cet aspect des choses, ajouté à la position officielle très controversée de AJD/MR face au putsch militaire au sein même de ses partisans, contribua, sûrement, à la baisse drastique constatée.
Dernière raison, enfin, et non des moindres, l'éclatement du parti suite à l'échec de sa direction politique à trouver une solution consensuelle ou médiane face au putsch militaire.
Voilà ce qui, je crois, explique la baisse de performance de IMS, comme aiment à l'appeler ses fans !
Maintenant, pour revenir à l'aspect essentiel de votre question, qui était de savoir « s'il n'était pas encore prématuré qu'un Négro-Mauritanien soit président de la République de la Mauritanie », je réponds, sans hésitation, oui !
Oui, cela me semble tout à fait prématuré, à cause de la nature du système en cours en Mauritanie, qui verrouille, pour l'instant , toute possibilité dans ce sens. Je m'explique :
Supposez que vous et moi, appartenant au même foyer familial élargi, décidions d’entrer en compétition pour le titre de « chef de famille' ». Pour que nous ayons les mêmes chances, au départ, il faudrait que vous et moi nous nous reconnaissions, mutuellement, les mêmes droits dans cette concession. Et qu'ensuite ces mêmes droits puissent nous être reconnus, vous et moi, de manière impartiale, par les autres membres de la famille, ceux-là mêmes appelés à choisir. Dès lors qu'il y a inégalité de départ à ce niveau, il est clair que la compétition devient biaisée pour avantager un des prétendants au titre !
Ce sont ces données égalitaires essentielles, de base, qui n'existent pas. L'Etat - cadre dans lequel devrait se situer notre compétition - n'est pas perçu comme s'il nous appartenait à tous, Noirs et Arabo-berbères, avec les mêmes droits. Une idéologie, plus ou moins dominante, plus ou moins acceptée, véhicule l'idée que la Mauritanie est arabe. Exclusivement. Et s'il se trouve que les tenants d'une telle idéologie contrôlent l'appareil politique et administratif, l'appareil militaro-sécuritaire, comment voudriez vous, dans de telles conditions, qu'un candidat Négro-Mauritanien puisse passer le cap de la présidence ? Utopie pure et simple d'une telle éventualité.
Voilà pourquoi certains slogans de campagne, mal choisis à mon avis, me font à la fois rire et pleurer ! « Ina wona !» « c'est possible ! » Entendez : moi Négro- Africain je peux gagner la Présidentielle ! Ils font rire pour donner l'impression que le candidat (négro-africain) les scande pour surmonter son angoisse, pour se donner du courage devant l'impossible épreuve dont il est convaincu, en son âme et conscience, qu'il ne peut la surmonter ! Il est vrai que le pré-conditionnement psychologique existe, et marche même quelquefois ; mais pas dans ce cas !
Ces slogans font aussi pleurer parce qu'ils pourraient envoyer des messages brouillés sur notre réalité en donnant l'illusion de succès à une bonne partie de notre peuple, au point de se satisfaire du peu (comme c'est le cas maintenant avec la glorification des 4e et 5e places, qui ne reflètent certainement pas ce que devrait être nos ambitions au sein de notre pays), en même temps qu'ils désinforment l'opinion internationale et tous ces observateurs étrangers, déjà égarés devant notre subtile et complexe réalité, en leur faisant croire que notre démocratie en est vraiment une, qu'elle consacre à tous les mêmes chances et les mêmes droits, rigoureusement, alors qu'il n'en n'est rien !.
Là où il y a déni de citoyenneté pour les uns (Négro-Africains) et déni d'humanité pour les autres (Haratine-Abeids ou esclaves) l'on ne peut parler de démocratie.
Je crois deviner la question qui doit vous brûler les lèvres : alors quoi, si cette démocratie n'est pas celle qu'il faut et la lutte armée pas envisageable ?
Je répondrais en disant qu'il faudra continuer la pression, nourri de l'optimisme de Sam Cooke. Il s'agit de cet African-Américain qui, pour défier les lois de ségrégation raciale en vigueur aux Etats-Unis, pénétra dans un motel réservé aux Blancs ; il fut arrêté et jeté en prison. Libéré, il composa alors un chant dédié au « changement », avec ce refrain : « it's has been long, long time coming, but I know is gonna come.O, yes it will ! ».
Pour la Mauritanie aussi, je nourris cette même conviction : le changement viendra. Ca sera long, long à venir, mais il viendra !
Kaaw Touré : Pourquoi les FLAM, qui ont toujours refusé d'intégrer le processus démocratique s'engagent-elles subitement, après le coup d'Etat du 6 août, pour réclamer le retour du Président sidi Ould Abdallah? Quelles étaient les relations entre les FLAM et le Président déchu ?
Samba Thiam : Cette question a fait l'objet de polémique que je trouve sans objet. En effet, il n'y a aucun lien entre notre position face au processus démocratique et le retour de Sidi. Notre démarcation du processus devrait-elle nous lier les mains, nous empêcher même d'apprécier les situations internes ? Certainement pas ! Sidi a été amené par les électeurs internes, qui lui ont reconnu sa légitimité, y compris ceux qui, maintenant, le critiquent et qui se désavouent. Devrions nous, aux FLAM, nier la réalité de son élection, de sa légitimité en dépit de l'avis unanime de tous ? Il ne faudrait pas quand même pas nous demander de vivre sur la lune !
Enfin Sidi, est venu et a agi, en posant des actes significatifs de haute portée, sur lesquels je n'ai pas besoin de m'appesantir, actes qui recoupaient, du reste, nos revendications. Pourquoi ne devrions-nous pas alors réclamer le retour de quelqu'un qui servait nos intérêts politiques ? Ceux qui s'opposaient à son retour ne le faisaient-ils pas par intérêt ? N'est-ce pas parce qu'ils pensaient qu'il « n'était pas bon » .pour leurs intérêts ?
Enfin, ceux qui l'ont enlevé interrompaient brutalement et en toute illégalité un processus de normalisation de la vie politique nationale (retour des déportés, avancée des libertés publiques...). En plus, ils étaient des inconnus pour nous (du moins leur passé les situe dans le cercle de protection de Ould Taya pendant ses années de turpitude sanguinaire). Nous ne savions rien de leurs intentions ou de leurs objectifs pour le pays. Avec Sidi au moins nous savions où il allait ! C'est aussi simple que ça, seule cette loi de l'intérêt était en jeu ! Nos relations avec lui étaient des relations simples, basées sur la considération et le respect mutuels en tant qu'acteurs politiques également soucieux de l'unité nationale de notre pays, et sur rien d'autre.
Kaaw Touré : Dans ce cas, pourquoi les FLAM ne se sont-elles pas engagées ouvertement et officiellement à la présidentielle du 18 juillet en soutenant un candidat, par exemple ?
Samba Thiam : Notre ligne politique, à nos jours, est une ligne de réservée vis-à-vis du processus démocratique, que nous estimons vicié à la base. Ce que j'ai déjà expliqué ! A partir du moment donc où nous défions ce processus en général, nous ne saurions soutenir officiellement un candidat sans apparaître incohérents. Maintenant, le jour que nous intégrerons ce processus, malgré les réserves, par notre redéploiement à l'intérieur, alors et alors seulement nous serons dans une situation de compétition plus active, jugeant de soutenir celui-là ou celui-ci!
Kaaw Touré : Parlons de l'avenir des FLAM ! Comment le voyez-vous?
Samba Thiam : Les FLAM dérangent beaucoup, visiblement. Elles font encore peur, même à l'extérieur. Elles dérangent, je crois, parce que ceux que nous combattons à l'intérieur ont compris que nous les avons compris !
Quand, au cours de cette campagne électorale, j´ai vu pousser, ça et là, comme des champignons, des comités de soutien à X ou Y, j'ai compris combien nous inspirions, encore, crainte et frayeur ! Ma conviction a été et demeure que l'organisation ne se "massifiera'' pas de sitôt et qu'elle devra reposer sur un noyau dur comme l'acier. La répression a laissé des séquelles et des traces profondes dans les esprits. Mais globalement elles se portent encore bien.
Kaaw Touré : Venons-en maintenant aux relations entre les FLAM et l'AJD/MR, objet de toutes conjectures. Malgré tout ce que vous avez dit sur le processus, les gens se disent que les FLAM auraient dû quand même soutenir l'AJD/MR pendant ces élections.
Samba Thiam : Oui, j'ai remarqué, que cette question était devenue récurrente, quelquefois formulée avec une pointe d'irritation ou de frustration.
Il est vrai que les FLAM partagent avec l'AJD/MR les mêmes objectifs, un même discours, pensé, conçu et théorisé par les FLAM. Seulement la problématique, ici, ne se situait pas à ce niveau, le discours ou les objectifs n'étant pas en jeu. Ce qui était en jeu, c'était l'appréciation d'une situation, conjoncturelle, non sans conséquences. Il s'agissait, en fait, plutôt d'un positionnement face à une question de principe : fallait- il, oui ou non, soutenir un putsch contre une démocratie balbutiante, même très imparfaite, mais prometteuse ? C'était toute la question !
Nous, les FLAM, nous choisîmes nettement le camp de la Démocratie, l'AJD/MR adopta, quant à elle, une position de ni oui ni non, basculant de facto dans le camp du Général. Cette réalité nous transforma donc en adversaires, conjoncturels il est vrai, mais en adversaires tout de même. Dans ces conditions, vous le comprenez, les FLAM ne pouvaient pas, sans risquer de paraître inconséquentes et incohérentes, accorder leur soutien à un parti qui, de facto, se situait du côté de l'adversaire.
Ensuite, c'est certainement le plus important, personne ne s'est jamais peut-être demandé si l'AJD/MR et leur candidat avaient sollicité notre soutien ou même s'ils en avaient besoin. Malgré notre disponibilité pour la concertation entre nos organisations politiques, ils n'ont jamais exprimé le désir de se concerter avec nous. L'exemple le plus récent de ce manque d'intérêt est la dernière visite d’Ibrahima Sarr aux Etats Unis, où il savait pouvoir nous trouver pour débattre de ce qui nous liait et aussi de ce qui nous opposait. Nos efforts d'ouverture et de main tendue n'ont trouvé aucun écho en retour de leur part.
Il roulait pour le putschiste et le soutenir reviendrait donc à soutenir le putsch que nous combattions. Enfin, il est bon de préciser que, de manière officielle, nous n'avons soutenu personne, même si notre sympathie allait vers Messaoud. Mais pour résumer, disons que notre argument essentiel était qu’Ibrahima Sarr ne pouvait pas passer, car le système s'y opposait.
Kaaw Touré : Certains qui se réclament de la mouvance négro-africaine déplorent le manque d'unité entre AJD/MR et FLAM. Y a-t-il des contentieux entre les responsables de ces deux mouvements, ou autres relations conflictuelles depuis leur emprisonnement à Walata ?
Samba Thiam : Je crois, à cause de l'intérêt grandissant de la question, qu'il ne serait pas mauvais de revenir, largement, en arrière, tant sur les relations de deux organisations, que sur les rapports personnels entre les dirigeants, que nous sommes. Je parlerai ici sous le contrôle des témoins historiques .
D'abord il me semble important de préciser, que les relations de coopération entre l'AJD-canal historique et les FLAM, ont toujours été bonnes, même très bonnes, sans nuages aucun, pendant plusieurs années. Les choses vont commencer à se gâter, de manière subite, avec AJD/MR. Allez donc demander à leur leader actuel les raisons d'un tel changement, parce qu'à notre niveau nous sommes tout aussi perplexes que le public.
Personnellement j´ai surtout connu et côtoyé Ibrahima Sarr en prison, partageant, à Walata, la même chaîne aux pieds.
Nous nous sommes retrouvés au Sénégal que j'avais gagné, sans attendre, pour honorer un engagement pris depuis la prison d'aller insuffler la lutte à partir de l'extérieur, dès notre sortie de prison, en décembre 1990. Quand il s'y rendit en 1991, pour voir, je suppose, sa maman à Bokki, je lui rendis visite, parcourant près de 20 km à pied, traversant deux cours d'eau, entre Aeré-law et Bokki. Nous discutâmes longuement dans la nuit et j'eus même à lui proposer de céder volontairement ma place, au sein de l'Organisation, pour emporter son adhésion à rejoindre la résistance.
Le lendemain matin, il me raccompagna jusqu'à la lisière du village où nous nous quittâmes. Lorsque Je parcourus à peu près une centaine de mètres, je ressentis comme un regard peser sur ma nuque ; je me retournai alors et le vis au loin, immobile sur la place, qui me regardait fixement cheminer, comme pour graver ma silhouette dans sa mémoire. Puis je repris ma route sans plus me retourner.
Notre discussion n'ayant pas abouti, nous nous séparâmes donc en bons camarades, repartant chacun vers d'autres horizons. Le climat entre lui et l'Organisation, et partant ses responsables, va se détériorer, quelques années plus tard, par ses prises de position négatives, très critiques à l'endroit des FLAM. Cela commença à travers des articles et des interviews, où il attaquait les FLAM dont il se démarquait, pour ne pas dire qu'il reniait ; puis cela continua dans l'hostilité de ses rapports avec quelques camarades de l'intérieur, au sein de l'Alliance (AMN) restés sympathisants, ce qui finira par la purge ultérieure de l'AC de tous ces éléments qu'il indexa, les soupçonnant d'être proches des FLAM.
Et comme l'histoire recèle de ces petites ironies, ce sont ces mêmes éléments qui le tirèrent de sa traversée du désert, pour en faire, aujourd'hui, un leader politique connu !
La même phobie de l'infiltration des FLAM devait refaire surface dans la première crise de l'AJD/MR .
A la veille des élections présidentielles de 2007, nous tentâmes de le joindre, comme du reste nous le fîmes avec Ba Mamadou Alassane, pour concertations, à propos de l'attitude commune que nous pourrions adopter, face aux élections en perspective ; il se déroba, au contraire de M. Ba.
Quand il récolta ses 8%, j'eus toutes les peines du monde pour le joindre, parce qu'il s'y refusait. C'était pour le féliciter, mais surtout l'inviter à coordonner pour déterminer, ensemble, une stratégie commune, face à Daddah ou Sidioca qui pourraient, éventuellement, nous solliciter tous les deux, mais séparément. Je m'entendis répondre qu'il exigeait, au préalable, une délégation des FLAM, pour d'abord laver le linge sale de famille, avant d'envisager un quelconque échange. Me faisant violence, dans l'intérêt de la lutte, je me résolus alors à lui envoyer deux personnes de l´intérieur; Il leur contesta toute légitimité.
Et ce n'est pas fini ! J'avais entendu dire qu'il serait remonté à cause d'un article écrit par notre camarade Bara Ba qui l'aurait écorché quelque peu. Mais Bara, ne l'avait-il pas aussi, me semble -t-il, dès le lendemain, inondé de fleurs pour avoir battu le MND à plate couture ? Alors ? Quelle est cette susceptibilité à fleur de peau venant d'un homme politique ?
J'avais attendu et espéré l'occasion propice pour qu'on « lavât », enfin, ce linge sale en famille. En tournée de campagne électorale, il vint aux Etats-Unis en mai 2009. Mes militants et moi mêmes lui souhaitâmes la bienvenue. Il repartit sans même daigner nous retourner la politesse!
S'il y a problème entre l'AJD/MR et les FLAM, il faut, je crois, à la lumière de ce que j'ai affirmé plus haut, en chercher les raisons du côté de l'AJD/MR. Comprenez bien que je sois navré de nous offrir en spectacle devant des adversaires qui en feront des gorges chaudes, mais les FLAM ont beaucoup encaissé et le public méritait de savoir .
Quelle fut son attitude dans les FLAM, en 1983, en 86, après 86 ? Quel rôle joua-t-il dans la rédaction du Manifeste, quelle est la personnalité de ce compagnon de détention que j'ai observé attentivement, quels étaient ces hommes qui furent « l'âme » même de cette Organisation ? Les réponses vous seront données dans nos mémoires, si Dieu le veut.
Si, à mon niveau, je ne perds pas de vue la ligne d'horizon entre ces deux formations politiques que tout devrait unir, je ne vois la solution de l'avenir que dans la rélève. Les directions vieillissantes devront céder la place à des jeunes moins marqués, loin des complexes et des considérations crypto-personnelles. Pour ma part, je suis prêt, dans l'intérêt supérieur de la cause. L'unité se refera car il y a de part et d'autre tant de gens convaincus qui ont tant donné à cette lutte, qu'ils ne permettraient jamais le sabotage de l'oeuvre commune. (…)
Kaaw Touré : Pensez-vous, comme certains, que la question identitaire n'a plus de pesant et n'est plus au centre des préocupations des Négro- mauritaniens?
Sambna Thiam : Ce n'est pas du tout mon avis. La question identitaire ne peut pas disparaître, comme ça, comme par magie. Ceux qui tiennent ces propos sur la base unique de la baisse du score d’Ibrahima Sarr ou de celui, faible, de Kane Hamidou Baba, se trompent. Non, la question identitaire demeure vivante à l'intérieur, de sa prise en compte ou non dépendra, pour beaucoup, l'avenir de notre pays. (…)
Kaaw Touré : On le sait, vous attendez beaucoup de vos cadres. De façon générale, que pensez-vous de nos Intellectuels? Jouent-ils leur rôle dans notre société en crise?
Samba Thiam : Ma conception du rôle de l'intellectuel, je la tire un peu de Garaudy, de Bourdieu et de Troyat.J'adhère au rôle qui, selon eux, devrait être dévolu à l'intellectuel : un rôle de vigile et d'alerte au danger, à l'image des oies du Capitole ; un rôle d'objecteur de conscience, de « porteurs de flambeaux pour éclairer l'injustice dont souffre l'humanité ».
L'intellectuel doit sortir de sa réserve, analyser et critiquer la réalité sociale en vue de contribuer à sa transformation, nous dit P Bourdieu. Pour une fois au moins, sur ce point là, Ibrahima Sarr ravit mon adhésion ; n'est pas toujours intellectuel « celui-là bardé de diplômes » , loin s'en faut ! J´ai le sentiment, pour ma part, au regard des considérations ci-dessus mentionnées, que les nôtres ont, pour la plupart , démissionné !
Démissionné vis-à-vis de leur conscience, pour nos compatriotes arabo-berbères, par leur silence assourdissant face aux événements, par leur silence général tout court. Les Intellectuels Négro-africains en majorité ont, quant à eux, opté dans leur capitulation, pour la fuite au sens large du terme, en cherchant à se sauver - se sauver tout seul -, laissant l'immense majorité seule face à ses problèmes vitaux. Et les plus hardis, parmi ceux-là, se complaisant dans des rôles de chroniqueurs littéraires ou politiques, choisissant, comme dirait Bourdieu « de penser la politique sans penser politique ». Faut-il peut-être rappeler cette pensée de B. Plain, « chaque homme porte, outre sa propre charge, le poids de tous les autres hommes » ?
Kaaw Touré : On tend à fonder notre unité sur un dénominateur commun. Alors, l'Islam et l'Arabe, n'est-ce pas tout trouvés ? L'avenir est-il donc aux tenants de l'islamisme modéré!
Samba Thiam : Islamiste « modéré », c'est comme ça que tout commence pour finir en GIA algérien. Franchement je me méfie un peu de cet Islamisme modéré, surtout à travers un homme qui donne l'impression de dissimuler sa trace, cheminant, toujours tout seul, silencieux et nébuleux sur toutes les questions vitales. La Mauritanie a-t-elle besoin d'un parti islamiste ? Un parti islamiste dans une République islamique ! J'avoue que souvent cette question me taraude l'esprit ; peut-être parce que je me sens un musulman tiède ? ou peut-être une crainte plus profonde que ça, contenue dans ces mots de Kateb Yacine : « Je ne suis ni arabe ni musulman , mais algérien », il criait sa révolte contre l'envahissement de cette culture arabo- islamique qui étouffait son identité kabyle.
Je me méfie aussi de cette confusion entre l'Islam et l'arabe qui, quelque part, à contribué à nous perdre. L'Islam est un message accesssible à tous les peuples, l'arabe est une langue d'un peuple. « Dieu ne nous impose pas une langue, il nous impose une foi », disait un célébre auteur. Par ailleurs, l'unité nationale ne se fait pas forcément autour d'une langue. Elle se fait quand on parle un même langage, plutôt qu'une même langue, pour emprunter cette métaphore à quelqu'un.
Kaaw Touré : Que pensez vous du rapatriement des réfugiés en Mauritanie ?
Samba Thiam : Quand j'entends certaines personnes dire que les réfugiés ne doivent pas rentrer, parcequ'il n'y a pas ceci, il n'y a pas cela, je suis attristé; parce qu'ils me donnent l'impression de n'avoir rien compris !
En effet, la question fondamentale n'est pas les petites misères qu'ils vivent une fois revenus, bien qu'il faille améliorer la situation, mais le droit fondamental du retour !
Le plus important est de mettre en échec ce plan machiavélique de dénégrification de la Mauritanie, conçu par les nationalistes arabes racistes. Tout le reste devient secondaire face à cet objectif ! Il ne faudrait donc pas tirer sur la corde au point de perdre de vue cette finalité première!
Maintenant ces réfugiés doivent comprendre, qu'il ne suffit pas seulement de revenir, en demeurant des observateurs passifs, face à leurs droits fondamentaux encore spoliés. Ils doivent continuer activement à se battre pour recouvrer leurs biens et leur dignité !
Kaaw Touré : A quand le retour des FLAM en Mauritanie justement ? Beaucoup leur reprochent d'être loins du terrain et les pensent en déphasage avec les question de l'heure ?
Samba Thiam : Je ne puis vous donner une date précise, mais une chose est sûre, elles s'y préparent, très sérieusement .
Maintenant, ceux qui pensent que nous sommes en déphasage avec l'intérieur se trompent. Nous n'avons jamais été absents de nos réalités. L'important n'est pas d'être à Nouakchott ou à Tachott mais d'avoir de l'influence sur le cours des choses, d'être utile à ceux qui sont là bas. Nous sommes pour beaucoup dans ce qui change positivement et dont certains s'adjugent la paternité. Nous ne disputerons les honneurs des victoires à personne, mais si les FLAM n'existaient pas on n'en serait pas là. Si les FLAM n´existaient pas il y a longtemps que la question négro-africaine aurait été mise sous coupe réglée. Nous sommes à l'ère de la Communication. Il ne se passe pas un événement qui nous échappe de l'intérieur. Mieux, j´ai quelque fois l'impression d'être plus informé que certains de l'intérieur. Ces affirmations donc ne reposaient sur rien !
* Samba Thiam est le président de Forces Libération africaines de Mauritanien. L’entretien a été réalisé avec un groupe de journalistes et des militants du FLAM, comprenant Kaaw Touré, Ibra Mifo Sow, Abdoulaye Thiongane et Moustapha Barry
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Alternance schizophrénique et désillusion politique en Mauritanie
Amady Ali Dieng
2009-08-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/58398
A l‘heure où se tiennent des élections présidentielles contestées en Mauritanie (Ndlr : les élections du 18 juillet ont été remportées par le général Mohamed Ould Abdelaziz), ce dossier de Politique africaine (1) revient sur certaines questions érigées en enjeux démocratiques majeurs de la scène publique mauritanienne, en particulier le retour des réfugiés expulsés de Mauritanie et la lutte contre la «terreur» islamique.
Dans une perspective de longue durée, il analyse également les éléments de rupture et de continuité liés aux bouleversements politiques récents. Il s’interroge ainsi sur la constitution d’une classe hégémonique dans le pays, tout en mettant en évidence les nouvelles formes de mobilisation et de contestation sociale, y compris parmi les groupes subalternes. Si elles restent encore peu visibles à l’échelle politique nationale, ces actions collectives sont le signe d’un ferment politique nouveau qui pèsera sans doute sur l’avenir de la Mauritanie.
L’alternance en Mauritanie, entre coups d’Etat et démocratisation, invite à réfléchir non seulement sur les éléments de rupture, mais également sur les continuités de dynamiques politiques de longue ou de moyenne durée. Depuis les années 1980, cette problématique a constitué la toile de fond d’un débat africaniste, qui s’est inspiré de notions clés de la pensée d’Antonio Gramsci qui sera mobilisée ici.
La situation mauritanienne se prête à ce type de lecture dans la mesure où elle présente un bloc historique (l’élite politico-économique) qui conserve son hégémonie au-delà des changements institutionnels, grâce à deux facteurs en particulier : d’un côté, la tutelle d’une armée qui associe le consensus à la domination (par une certaine rhétorique de légitimation, celle de l’Etat d’urgence) ; de l’autre, des pratiques - le clientélisme, la corruption et le «tribalisme» - qui mettent en relation étroite l’Etat et la société civile au sens gramscien.
Un système hégémonique qui tend à dépolitiser les masses
Cependant, un processus de «politisation» de la société, en marge du système «démocratique» formel, laisse penser que la recherche hégémonique des élites au pouvoir, si elle n’est pas en crise, traverse une zone de turbulences à cause de l’alternance «schizophrénique» de mobilisation et de désillusion politique qui se manifeste régulièrement au niveau populaire. De fait, par-delà l’analyse des recompositions de la structure élitiste proposée ici, les rédacteurs de la revue prêtent une attention particulière aux formes culturelles et politiques subalternes, certes occultées par le discours dominant, mais qui y sont intimement liées.
Loin de constituer l’héritage dans la modernité étatique de groupes sociaux, qui ne seraient «pas encore» rentrés dans l’histoire, la subalternité se définit comme une condition historique produite par un système hégémonique qui tend à dépolitiser les masses ou à atténuer la contestation potentielle par la construction d’un consensus. Dans un cadre simplifié, le bloc hégémonique de l’élite et les subalternes «apolitisés» constitueraient alors les deux pôles opposés (et étanches) de la société politique.
Le contexte mauritanien pourrait se prêter à une telle interprétation dichotomique, de larges strates de la population étant souvent complètement écartées des prises de décisions politiques. C’est le cas notamment de certains groupes statutaires d’origine servile (de la composante maure comme des groupes «négro-mauritaniens» haalpularen, soninké, wolof et bambara) qui subissent encore une dépendance de facto envers leurs «anciens maîtres» ; des populations rurales les plus pauvres et les plus enclavées, surtout d’origine nomade ; ou, plus récemment, de groupes dont la reconnaissance n’est pas complète, comme certains rapatriés du Sénégal et du Mali. Cette apparente dichotomie élite/subalternes recouvre pourtant une réalité sociale bien plus complexe.
L’article de Marion Presia, dans ce numéro de « Politique africaine », s’interroge sur les reconfigurations sociopolitiques impliquées par le rapatriement des réfugiés au Sénégal depuis 1989 et sur la dangereuse résurgence des discours de l’autochtonie qu’il suscite sur fond de forte racialisation des rapports sociaux. Il analyse également comment le thème de la «réconciliation nationale» fait l’objet de diverses réappropriations stratégiques aux échelles nationale comme locale, tout en réactualisant des oppositions souvent anciennes au sein de l’ensemble dit «négro-mauritanien». Enfin, soulignant le caractère transnational des stratégies et modes de vie locaux, il questionne plus largement la pertinence de la notion de «rapatriement».
Enjeux politiques de l’islamisme en Mauritanie
Quels sont les significations et les enjeux politiques que revêt le concept d’islamisme en Mauritanie ? Pour répondre à cette question, l’article de Cédric Jourde présente d’abord les événements politiques récents par lesquels s’est constitué un «récit islamiste». Il analyse ensuite les racines discursives historiques des termes qui sont utilisés par les autorités étatiques à l’ère de la «guerre contre la terreur». L’auteur pose l’hypothèse que la mise en récit actuelle de l‘islamisme s’articule, du moins en partie, à des schèmes plus anciens, notamment ceux de la dernière phase de l’ère coloniale qui ont été réactivés au début de la période de libéralisation des années 1990. Les catégories dichotomiques, qui opposent un islam dit local et loyal à un islam extrémiste et étranger, ne datent pas de l’ère du «11 septembre».
Le processus d’extraversion est au cœur du fonctionnement de l’Etat mauritanien. Dans la longue durée, il a produit une élite politico-commerciale qui a su valoriser les richesses minières et halieutiques du pays. Avec la mise en exploitation de nouvelles ressources (pétrole et or), l’extraversion s’est récemment renforcée. Les connexions internationales se multiplient, en particulier avec les pays du Golfe, et favorisent des hommes d’affaires puissants et bien insérés dans les premiers cercles du pouvoir. La « Mauritanie offshore » prime désormais sur l’intérieur du pays et sur la société desquels les élites se déconnectent progressivement.
L’historique des groupes sociaux qui contrôlent les rouages du système politico-économique permet de comprendre comment leur position s’est consolidée à travers les différentes phases de l’extraversion mauritanienne. Certains commerçants ont pu consolider, ces dernières années, les bases d’une fortune, parfois, dès l’époque coloniale dans le marché noir à Atar ou dans le commerce de gros et la contrebande entre le Sahara espagnol, les Canaries (qui bénéficiaient de franchises douanières portuaires) et le Nord de la Mauritanie.
Comme le montre Pierre Bonte, le contexte a été favorable aux commerçants et aux transporteurs. Les sécheresses des années 1970 ont accentué le recours aux distributions d’aide alimentaire que ceux-ci ont accaparé. Par la suite, l’exode vers Nouakchott de nomades sans ressources a provoqué un mouvement de spéculation immobilière alimenté par les gens fortunés du pays. Dans le même temps, la rupture avec la Zone franc a généré l’arrivée de fonds arabes. Les nouvelles banques ont développé le crédit aux particuliers et aux commerçants qui, auparavant, se tournaient vers le Sénégal ou les Iles Canaries. Depuis, ils ont investi dans l’import-export plus que dans l’industrie et privilégié la recherche du profit spéculatif.
Ce numéro de Politique africaine est une contribution très intéressante pour comprendre la situation actuelle de la Mauritanie.
* Amady Aly DIENG, docteur ès sciences économiques et ancien fonctionnaire international à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, il a aussi enseigné à l'Université Cheikh Anta Diop. M. Dieng a été aussi président de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France en 1961 et 1962.– Il anime des chroniques littéraires hebdomadaires dans les journaux sénégalais depuis près de 20 ans.
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NOTE
(1) – Mauritanie, la démocratie au coup par coup - «Politique africaine » n° 114 – Juin 2009 ; Editions Karthala, 203 pages
Nigeria : L’injustice économique nourrit les violences religieuses
Hauwa Mustapha
2009-08-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/58402
Pambazuka : Vu de l’extérieur, les conflits religieux au Nigeria sont souvent aussi soudains que violents. Sont-ils pour autant imprévisibles et imparables ?
Hauwa Mustapha : Voyons ce qui s’est passé d’abord et essayons de comprendre. Nous venons de vivre une crise terrible, avec des affrontements entre un groupe de population et l’armée. Des affrontements qui ont fait quelque 700 morts en moins de dix jours. L’explosion de violence est venue d’une secte musulmane qui, dans ses croyances, dans ses prêches, dans sa compréhension de ce que l’Islam véhicule comme principes, considère que l’éducation occidentale est detrimental pour l’homme, qu’elle détourne des chemins qui mènent au Paradis. Leur appellation de «Bokko Haram» vient de là. «Bokko» renvoyant à l’éducation occidental et «haram» désignant ce qui est illicite, interdit en Islam.
Est-ce que ce qui est arrivé a surpris ? Disons que les Boka Haram n’ont jamais caché leurs intentions de mener une jihad contre les institutions pour instaurer une gouvernance islamique qui proscrit l’école occidentale et les valeurs occidentales. Et dans l’identification des éléments à combattre pour renverser cet ordre qu’ils jugent «haram», ils ont toujours inclus les forces de police et les forces armées, les considérant comme ceux qui renforcent ou contribuent à renforcer les normes qu’ils combattent et veulent changer.
On a longtemps vécu avec leurs prêches. Les choses ont dégénéré quand ils ont voulu organiser une marche non autorisée. L’intervention des forces de sécurité, pour l’interdire, a mené à des affrontements, avec une escalade inouïe dans les heures et les jours qui ont suivi. D’abord, à Maiduguri. Ensuite, de manière spontanée, les heurts se sont rapidement étendus vers les Etats voisins de Yobe, de Bauchi et partiellement dans l’Etat de Gombe ainsi que de Kano. Mais les dérives les plus terribles ont eu pour cadre Maiduguri où, pendant une semaine, les populations sont été tenues en otage, dans l’impossibilité de sortir de chez eux. Des églises, des commissariats de police, des maisons, des véhicules appartenant à des chrétiens ou à des musulmans supposés hostiles à leur mouvance, ont été attaqués.
Comment expliquer le fait que les autorités ont paru surprises par le niveau de violence avant de pouvoir contrôler la situation.
Il faut noter d’abord que ces groupes ne se sont pas sortis de nulle part. Ce sont des gens qui vivent à Maiduguri, qui mènent des activités connues de tous, en particulier leur leader Mohamed Yusuf qui a été tué. Les prêches qui faisaient ce dernier étaient des attaques constantes et régulières contre les valeurs occidentales qu’ils ont voulu éradiquer par la violence, contre les institutions étatiques, etc. La faute des autorités, des forces de sécurité, a été de ne pas prendre au sérieux ces menaces, de lire les signaux de manière correcte et réagir en conséquence. Il y avait assez d’évidences dans les discours et dans les actes pour faire penser qu’on allait vers des dérives et qu’il fallait les anticiper.
Les autorités sont d’autant plus averties de cela que le Nigeria a connu plusieurs poussées de violence religieuse. On en connaît donc les signes annonciateurs. Les forces de sécurité ne les ignorent pas. Mais c’est quand les événements ont atteint une violence inouïe qu’elles ont commencé à réagir en conséquence. De leur part, c’est une faillite totale.
Mais il ne faut pas écarter la responsabilité des hommes politiques. Leur silence, les compromissions à l’endroit des groupes fanatiques ont permis à ces derniers d’entretenir leur radicalisme. Nous sommes, à Borno, dans un Etat à majorité musulmane et les politiciens usent du sentiment religieux à des fins politiciennes. Pour entretenir leur base politique, ils évitent de se dresser devant ces mouvements islamiques, même s’ils n’ignorent pas l’illégalité et les dangers qui caractérisent certaines de leurs positions. Il faut aussi craindre que ces attitudes complices ou conciliantes vis-à-vis des islamistes radicaux ont empêché les autorités de pouvoir réellement mesurer le danger autour de ce qui leur paraissait si familier, si habituel. Et il me sera toujours difficile de croire que les forces de sécurité nigérianes, à travers tous les services de renseignement qui existent dans ce pays, n’aient pas pu être au courant de ce qui pouvait arriver, de ce qui allait arriver.
Car même si on peut penser qu’il y a quelque chose de spontané dans les premières manifestations, l’extension des violences dans les autres Etats, leur poursuite méthodique pendant plusieurs jours, les armes utilisées et les développées mises en place ne pouvaient être que planifiées.
Pambazuka : Peut-on penser à une influence extérieure dans?
Hauwa Mustapha : Pas de manière fondamentale. Les éléments extérieurs qu’on a pu noter dans ces événements résident dans le fait que la plupart des assaillants qui menaient les attaques sur le terrain n’étaient pas des Nigérians. Ils étaient des Nigériens ou des Tchadiens et cela pouvait se remarquer à partir des langues qu’ils parlaient ou de leur accent quand ils s’exprimaient dans les langues locales nigérianes. L’autre élément de référence extérieur tient à la nature sophistiquée des armes qu’ils détenaient.
En dehors de cela, je ne pense pas qu’il y ait eu une influence politique ou religieuse directe de l’étranger. Les germes de cette violence sont internes au Nigeria et sont à rechercher dans l’injustice économique qui se vit dans ce pays. Les jeunes qui ont pris les armes – ce sont vraiment des jeunes - sont des désespérés qui n’ont aucune perspective d’avenir. Ils n’ont eu aucune éducation poussée, pas même une éducation islamique parfaite, et n’ont aucune réelle connaissance du monde. Des jeunes sans qualification, sans emploi, facilement manipulables. Leur colère contre la société, contre un système qui ne leur offre aucune chance, aucune issue, les destine à être une masse facile à manipuler et à manœuvrer.
Les prêches de «Boko Haram» ont un impact parce que nous sommes dans un pays où les frustrations sont considérables. En s’attaquant contre le système d’éducation occidental et contre ses valeurs, ils en ont moins contre le système en tant que tel que contre situation d’injustice économique dont ils pensent que ce système est à la base. Des centaines de milliers de jeunes diplômés de haut niveau, nombre d’entre eux formés à cette école, sont au chômage, vivent dans la pauvreté. A côté, des privilégiés moins qualifiés qu’eux, parce qu’ils sont issus de familles qui sont des membres, voire des piliers du système, se promènent avec des richesses insolentes.
Le mal du Nigeria est plus dans des scandales de cette nature que dans les dangers d’un islamisme intolérant. Les gens, dans leur misère, se posent des questions. Ce qui est arrivé avec les «Boko Haram» est une réponse, parmi d’autres, à leurs interrogations.
Le signal donné à travers ces incidents peut-il induire des changements à ce niveau?
Ce n’est pas de ce gouvernement que j’attends de tels changements. Il s’est bâti sur ce système d’inégalités et je ne pense pas que ses orientations vont changer pour le pousser à jeter un autre regard sur la société, à prêter l’oreille et à comprendre certaines revendications. Après que la répression a permis de rétablir l’ordre, ils ne vont pas chercher les véritables solutions pour des réponses radicales. Déjà, on voit que les partis politiques ont commencé à s’accuser et se jeter les responsabilités, à parler de complicité par rapport à ces événements. C’est une fuite en avant, mais le problème demeure.
Avec les conflits religieux que le Nigeria a connus ces dernières années, peut-on penser que l’islam radical peut constituer une menace à la stabilité du pays ?
Non. Non. On ne peut pas parler d’un mouvement islamique radical au Nigeria. C’est un pays fortement islamisé certes, et nous avons des groupes fanatiques qui cherchent à profiter de toute occasion favorable pour se faire remarquer. Mais ils ne constituent pas une réelle menace pour la stabilité du pays. Si le Nord du Nigeria connaît autant de problèmes, cela tient surtout au fait qu’il manque des leaders réellement conscients des problèmes à prendre en charge. Car ce n’est pas seulement dans cette partie du pays que l’Islam s’est développé et s’est enraciné. De même, cette région n’est pas un concentré de fanatisme généralisé. Des opinions et des pratiques islamiques progressistes y sont développées. Le problème, c’est que les leaders, qui sont des musulmans, font de l’Islam un refuge pour masquer leurs propres insuffisances et leurs incapacités à répondre aux besoins fondamentaux des populations. En fait, c’est le leadership dans le nord du Nigeria qui n’est pas à la hauteur.
* Hauwa Mustapha est économiste nigériane, activiste sur les questions de développement.
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Les prisonniers politiques oubliés de la Namibie
Henning Melber
2009-08-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/58396
La Namibie figure dans les premiers rangs des pays du continent africain, dans une évaluation de la bonne gouvernance basée sur les critères de démocratie et du respect des Droits de l’Homme. Par contre, le pays a aussi le douteux privilège de la plus longue détention de prisonniers politiques de la région australe africaine. Ils croupissent derrière des barreaux, sans jugement, depuis presque dix ans. Les victimes de cette justice font face à des accusations de haute trahison et ne trouvent aucune grâce dans leur traitement. La plupart des plus de cent hommes sont détenus depuis août/septembre 1999. La libération sous caution leur a été refusée. Depuis lors, le nombre de ceux qui sont morts en détention est égal au nombre de ceux morts au cours de l’attaque des rebelles auxquels ils sont accusés d’être liés.
Le Caprivi Strip, un héritage coloniale
Le 2 août 2009, cela fait dix ans depuis qu’une tentative de rébellion sécessionniste a ravagé la région connue sous le nom de Easter Caprivi. La frayeur n’a duré que quelques jours au cours desquels la main des services de sécurité s’est lourdement abattue sur ceux suspectés de sympathie pour les rebelles, avant la reprise du contrôle de la situation. Mais le pays était atteint de plein fouet. Le choc, l’outrage et la colère, aussi bien des dirigeants que du public, à propos de cette incroyable défi à l’intégrité nationale et territoriale ont mis des mois à disparaître.
Dix ans plus tard, tout le monde semble souffrir d’amnésie quant à ces évènements et d’un désintérêt total pour ceux qui se sont retrouvés incarcérés pour un procès qui semble s’éterniser. Invisibles, les fantômes hantent la nation dont la surface cache son impuissance à faire face à ce défi qui consiste à s’attaquer aux racines du problème à défaut de pouvoir les éradiquer.
Les accusés sont les survivants d’un héritage colonial dont l’origine remonte au traité de Helgoland Zanzibar, conclu le 1er juillet 1890 entre l’Allemagne et l’Empire britannique. Ceci a non seulement inclus l’échange de l’ancienne colonie allemande du Zanzibar pour le Helgoland, mais il a été aussi ajouté une mince bande au territoire allemand de l’Afrique du Sud Ouest, qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres jusqu’au Zambèze. Cette bande a été baptisée du nom du chancelier allemand, Léo von Caprivi qui a signé le traité.
Cette monstruosité géographique a été créée afin que les Allemands puissent concrétiser leur obsession consistant à relier par voie de terre et par voie fluviale leurs colonies de l’Afrique de l’Est. En raison de l’ignorance des colonialistes des réalités naturelles sur le terrain, ce plan s’avère une de ces nombreuses illusions naïves, cultivées dans l’esprit de l’omnipotence coloniale. (1)
Le fait que le Caprivi Strip a englobé plusieurs groupes de populations différentes provenant de communautés adjacentes au territoire colonial allemand est un élement secondaire qui ne semble pas avoir particulièrement préoccupé les autorités. Ces populations ont ensuite été englobées sous l’appellation de ‘’Caprivians’’ Le Caprivi Strip et les Caprivians existent encore aujourd’hui dans différents documents officiels des autorités namibiennes. La décolonisation n’a pas encore, à cet égard, atteint les mentalités officielles. Mais il existait un désir d’autonomie au sein d’une partie de la population locale qui souhaitait autre chose qu’un Etat nation qui ne se distingue pas beaucoup de la domination coloniale étrangère.
La tentative de coup d‘Etat sécessionniste
Le cas du Caprivi illustre exceptionnellement bien les défis de l’héritage colonial de la Namibie, en ce qui concerne le processus de construction d’un Etat souverain. Pour n’avoir pas pris en considération ces circonstances particulières, la situation a tourné au désastre.
Aux petites heures du matin du 2 août 1999, les institutions étatiques et ses représentants ont été attaqués, créant ainsi la panique et la confusion, paralysant la Namibie pour un court instant. La confusion a régné lorsqu’un groupe d’insurgés a tenté une attaque surprise de certaines infrastructures névralgiques de Katimo Mulilo, la seule ville de la région. Ils ont pris d’assaut un poste de police. Les combats ont aussi eu lieu pour la maîtrise de la Namibian Broadcasting Corporation et pour le contrôle de l’aéroport de Mpacha.
Les unités spéciales de la police et l’armée namibiennes ont réagi promptement. Au cours d’un discours télévisé, le président Sam Nujoma a décrété l’état d’urgence pour une période indéterminée et le commandant régional de la police du Caprivi a annoncé un couvre feu pour les résidents de Katima Mulilo. En quelque temps, les forces de sécurité de l’Etat ont repris le contrôle. Au final, au moins 14 personnes dont 5 policiers, des insurgés et des civils qui se trouvaient dans la ligne de mire, ont été tuées.
Que de tels évènements puissent se produire dans un pays réputé pour sa paix et sa stabilité était choquant. Mais la région du Caprivi était depuis longtemps une région à problèmes. Des signes avant-coureurs étaient apparus il y a longtemps, montrant qu’il y avait quelque chose de pourri dans cette partie de la Namibie. Dès avant l’étape finale du processus de décolonisation, des voies dissidentes s’était élevées contre le fait que le mouvement de libération était sur le point de devenir le gouvernement légitime.
En novembre 1989, les élections pour une Assemblée Constituante, sous la supervision des Nations Unies, ont montré un soutien majoritaire en faveur du Democratic Turnhalle Alliance (DTA), qui était pro-Afrique du Sud et anti-SWAPO. Ceci était en contradiction avec les 57 % des voix en faveur du mouvement de libération. Ignorant ces signes de méfiance à l’égard du nouveau gouvernement, aucune mesure restaurant la confiance entre les populations locales et ‘’ceux d’en haut’’, n’a été prise. Néanmoins, les résidents, à l’aide de votes non conformistes successifs, jusqu’à la fin des années 1990, ont montré que leur soutien au parti au pouvoir était significativement moindre que dans le reste du pays.
Le prélude et les conséquences
L’alerte aurait dû être donnée au plus tard en octobre 1998, lorsque les forces de sécurité namibiennes ont découvert un camp d’entraînement de la Caprivi Liberation Army (CLA), la branche armée de l’organisation rebelle nouvellement créée par la Caprivi Liberation Movement (CLM). Dans l’intense recherche et l’arrestation des sécessionnistes suspectés, les civils ont été traités avec peu d’égard. Ceci n’a guère été une contre-initiative réussie pour gagner les cœurs et les esprits.
Quelque 2500 personnes ont fui au Botswana voisin. Jusqu’en juin 1999, plusieurs centaines de ces réfugiés ont été rapatriées cependant que la majorité à trouvé asile politique ailleurs. Les principales figures en fuite incluent Mafwe Chief Bonifatius Mamili et l’ancien dirigeant de la SWAPO en exil devenu le chef de la DTA, Mishake Muyonogo. Tous les deux ont obtenu l’asile politique au Danemark. D’autres, qui étaient partis pour le Botswana avant la fin de 1998, comprenaient dans leur rang des membres conséquents de l’administration, des officiels du gouvernement et des élus politiques. De surcroît, le chef du peuple Kxoe, en compagnie de quelques milliers de ses partisans, a rejoint le camp de réfugiés de Dukwe.
En dépit de ce grand départ vers l’exil, le gouvernement a décidé de tenir les élections régionales prévues pour décembre 1998. Incapable de remplacer dans un si court laps de temps les membres de la DTA qui ont fait défection, la SWAPO a gagné tous les six sièges. Dans les secteurs électoraux, dont la plupart des réfugiés étaient originaires, moins de 20% des électeurs ont voté. Vers la fin avril, dans son adresse à la nation, le président namibien a alerté l’opinion publique concernant des plans sécessionnistes. L’attaque qui a suivi, contre l’intégrité territoriale, a été néanmoins été perçue comme irrationnelle de la part des rebelles. Certains signes suggèrent que ces derniers ont reçu un soutien aussi bien moral que pratique de groupes situés en Zambie et en Angola. Il a été dit que l’UNITA a offert une assistance directe aux opérations ainsi que le Zambian Barotse Patriotic Front (BPF). Il y avait aussi des sympathies au Botswana. Mais ce soutien d’au-delà les frontières de la Namibie était moins cohérent que ce qui a été suggéré.
Les graves violations du droit par les séparatistes, qui ont tué pour des visions irréalistes basées sur les fantaisies de quelques individus assoiffés de pouvoir, déconnectés des réalités, n’ont trouvé aucune grâce auprès de la majorité des Namibiens et des organes de l’Etat. Un commentaire ironique de l’époque, en raison de l’obsession homophobe qui courrait en parallèle, disait : ‘’ Dieu vienne en aide aux Caprivians homosexuels….’’
Les forces de sécurités ont agi avec violence à l’égard de la population civile. Les suspects ont été traités selon des termes contraire à la Constitution, y compris la torture, au cours d’interrogatoires ou en détention. L’accumulation de preuves a contraint le ministre de la défense à admettre des violations des Droits de l’Homme, néanmoins leurs auteurs n’ont à ce jour, pas été poursuivis.
La haute trahison a été retenue comme chef d’accusation, ainsi que 274 autres accusations, à l’encontre des presque 130 personnes initialement accusées. Le procès s’est ouvert après plusieurs années pour être constamment reporté. Les autorités ont commencé par nier aux accusés le droit à la défense quand bien même celui-ci est inscrit dans la Constitution. Suite à un appel à la Cour Suprême, celle-ci a statué au milieu de 2002, que les accusés ont droit à un avocat aux frais de l’Etat. La procédure judiciaire retardée, avec un procès qui s’est ouvert seulement en 2004 et qui continue d’être perturbé par des retards, est en contradiction avec l’art. 12 (1) (b) de la Constitution de la Namibie qui dit ‘’ qu’un procès doit avoir lieu dans un délai raisonnable, à défaut l’accusé doit être relâché’’
En août 2003, Amnesty International (AI) a publié un rapport critique sur les conditions de détention des détenus. (2) AI a exprimé sa profonde préoccupation à propos des violations des droits des prisonniers avant le procès, qui peuvent saper leurs droits à un procès équitable selon des normes internationalement reconnues et définies dans le Pacte International des Nations Unies pour les Droits Civiques et Politiques (PINUDCP) et la Charte africaines pour les Droits de Homme et le Droit des Peuples (CADHDP).
AI, qui a aussi observé des violations de la Convention des Nations Unies contre la Torture et autres traitements dégradants et inhumains, a exprimé sa préoccupation pour le manque d’investigation par le gouvernement des allégations de torture et l’impunité de leurs auteurs. AI a encore exprimé son souci pour le non respect de la présomption d’innocence en raison de l’abus de la doctrine ‘’ d’objectifs communs’’ qui veut que tous les accusés soient accusés de haute trahison, de meurtres et de sédition.
Selon Amnesty, au moins 70 des prisonniers ont été arrêtés seulement sur la base de leur soutien ou en raison leur soutien présumé à l’opposition politique régionale, de leur appartenance à cette organisation, de leur identité ethnique ou leur adhésion à certaines organisations.
AI a aussi émis des doutes sur les raisons de la mort de douze prisonniers et a suggéré que les conditions d’insalubrité et l’absence de soins médicaux sont des facteurs contribuant aux décès. Dans une déclaration à la presse, AI a appelé les autorités à libérer immédiatement et inconditionnellement tous les prisonniers politiques et à garantir aux autres détenus un procès équitable (3). Cet appel n’eut aucun effet et le procès de la trahison au Caprivi semble démontrer que ‘’ justice et équité ne sont pas nécessairement pleinement réalisées par l’indépendance politique’’, comme le remarquait un professeur de droit enseignant à l’université de la Namibie. ’’ Ceux qui détiennent le pouvoir et la société en général doivent reconnaître et, par conséquent, sauvegarder et cultiver les mécanismes à même d’éviter les conflits d’intérêts sans causer des frustrations superflues’’ (4)
Au lieu de suivre ce conseil, il y a un mépris frappant de la loi, parmi les responsables politiques et le public en général, dès lors qu’il s’agit de ce sombre chapitre de la construction défaillante de la Namibie post-coloniale. Il n’y a pas d’indication depuis lors qui témoigne d’une volonté politique d’attaquer le mal à sa racine et de considérer les griefs à l’origine de la trahison. La notion de réconciliation nationale, sur laquelle l’accent a si souvent été mis en d’autres occasions, comme principe phare pour assurer la stabilité et une identité partagée par différents peuples, semblent sans pertinence dans cette vendetta. Mais ceci n’enlèvera rien aux griefs, ni ne conférera une légitimité ou permettra une identification avec ceux perçus comme des envahisseurs et qui représentent l’autorité centrale dans un lieu éloigné.
Comme le déclarait Thandika Mkandawire, dans un article sur les mouvements de rébellions en Afrique ‘’ … Bien que ces mouvements soient d’une imperfection fatale, moralement répréhensible, on doit prendre leurs racines politiques et leurs composantes cognitives idéologiques au sérieux, même lorsque leur banditisme brouille l’agenda politique. La faillite ou même la dégénérescence de ces mouvements ne doivent pas nous conduire à nier ou à minimiser les conditions qui ont généré le mécontentement qui alimente le conflit.’’ (5)
L’intégrité territoriale
Au cours des presque 30 ans de lutte organisée pour l’indépendance de la Namibie, la SWAPO a cultivé le slogan ‘’une Namibie, une nation’’ et ce pour faire contrepoids au règne de l’Apartheid. A l’article 2 du décret révolutionnaire n°1/77 (mise en danger de l’intégrité territoriale de la Namibie), sous la rubrique ‘’Crimes contre la révolution du peuple namibien’’, le comité central de la SWAPO a adopté, le 24 septembre 1977, une position sans compromis :’’Tout acte qui consiste à détacher une partie du territoire namibien par la force ou de tout autres manières, contraire aux décision des Nations Unies, des décisions de l’Organisation de l’Unité africaine, des décisions des mouvements de la SWAPO et, ou, les décisions d’un Etat namibien, constitue une félonie.’’
En dépit de l’élaboration d’un cadre formel, même après deux décennies d’indépendance, il semble qu’il soit encore trop tôt pour obtenir une réponse pertinente à la question suivante : dans quelle mesure ces deux paradigmes potentiellement contradictoires peuvent-ils être harmonieusement réconciliés dans les réalités politiques et sociales de tous les jours ? Le mouvement séparatiste du Caprivi était un défi qui a rencontré la toute-puissance étatique. Il semble qu’il y a encore loin jusqu’à ce que des voix dissidentes, qui remettent en question des principes fondamentaux, puissent être entendues dans les sphères publics et politiques comme une provocation appelant à la discussion plutôt qu’à la répression.
La tentative de coup d’Etat sécessionniste était en effet de la haute trahison et les actes de violences des crimes sérieux qui ont inclus des meurtres. Mais la poursuite de la justice n’est pas nécessairement synonyme de punitions féroces de suspects, qui ont le droit à la présomption d’innocence jusqu’à preuve de leur culpabilité, en particulier s’ils sont incarcérés pour un désir politique commun plutôt que pour des actes criminels.
Identité politique culturelle
La caractéristique de l’Etat Nation, basée sur l’exclusivité, connaît de plus en plus de limite, aussi bien intériorisée qu’externe, tendant à séparer plutôt qu’à intégrer. Ceci n’est pas un signe encourageant concernant les facultés d’apprentissage des systèmes post-coloniaux exerçant le pouvoir et démontre plus de faiblesse que de force. Les structures d’un tel pouvoir reflètent un héritage dont les anciennes puissances coloniales portent une responsabilité considérable et démontre aussi, en Namibie, une fois de plus, les limitations d’un modèle imposé de construction nationale, à la fois du point de vue des autorités étatiques et du point de vue du terrain.
Feu Cédric Mutabelezi, originaire de la région du Caprivi et qui a servi comme curateur du musée national d’anthropologie de Namibie à Windhoek, a déclaré dans un entretien, en juin 1996, ce qui suit : ‘’La population de Caprivi est originaire de Zambie et maintenant elle est namibienne. Il existe beaucoup de telles populations qui ne sont guère intéressées par le nationalisme, au-delà du fait qu’elles doivent se soumettre aux lois du pays dans lequel elles vivent. En ce qui concerne les gens qui vivent dans des endroits purement ruraux, le nationalisme n’a pas beaucoup d’intérêt compte tenu du fait qu’ils n’ont généralement pas de contact avec les autres. Ils sont plus intéressés par la région dans laquelle ils vivent.’’ (6)
L’enracinement identitaire local exprime le souhait de la population de vivre en paix. Mais l’indifférence à l’égard du concept d’Etat nation peut offrir un terreau fertile à l’agitation, à la manipulation et, en fin de compte, permettre la mobilisation de ceux qui, dans le meilleur des cas, se sentent négligés par les autorités centrales éloignées et les agences gouvernementales locales et, dans le pire des cas, se sentent assiégés.
Ceci n’est pas une justification des objectifs séparatistes du CLM et des résultats catastrophiques des attaques de sa branche armée. Ceci, néanmoins, offre suffisamment de raisons pour s’intéresser aux éléments qui ont contribué et soutenu l’initiative rebelle. Comme dans nombre d’autres cas, la préoccupation croissante quant aux moyens de subsistance, le sentiment de marginalisation résultant d’un influx de population en provenance de régions voisines ont certainement été des facteurs qui ont pu être facilement exploités par ceux qui avaient des motivations ultérieures.
L’ironie de l’histoire c’est que quelques semaines avant les attaques sur Katima Mulilo, une évaluation empirique de la culture politique de Namibie a montré que les résidents du Caprivi manifestaient le plus haut degré d’identification avec les organes exécutifs de l’Etat. Ce résultat exceptionnel, qui montre une moyenne de 72.3% dans l’index de la confiance (comparé à la moyenne nationale de 59.6%) ‘’considérait toutes les institutions, à l’exception du parti d’opposition, très favorablement’’. Ceci est d’autant plus remarquable qu’en matière d’index du développement humain, avec 0.517, les chiffres pour le Caprivi sont les plus bas de toutes les 13 régions de la Namibie (la moyenne nationale étant 0.648).
Le défi de la construction d’une nation
Les menaces perçues parmi la population locale de l’East Caprivi, en provenance des autorités centrales et de leurs représentants, ont été un terreau fertile, propice à la manipulation et à l’exploitation. En réduisant le problème à un simple problème de maintien de l’ordre, en consolidant son contrôle politique sur les organes de l’Etat et les institutions et en ayant recours à des punitions sévères pour ceux suspectés d’activisme, le gouvernement a omis d’explorer les causes profondes dans une véritable perspective de la construction de la nation.
La décision de bannir, avec effet au 1er septembre 2006, le United Democratic Party (UDP), qui en tant que parti politique de l’East Caprivi favorisait l’autonomie, témoigne d’une tendance à l’élimination des défis politiques en les rejetant dans l’illégalité. Dans d’autres démocraties, la branche politique de mouvements sécessionnistes régionaux (mêmes ceux pourvus d’une branche armée violente) peuvent participer pleinement dans des élections aussi longtemps que le parti politique lui-même n’est pas impliqué dans des activités criminelles en violation de la loi. Ceci est une approche, comme le montre tant d’exemples, qui permet, en dernier recours, d’intégrer plutôt que de polariser davantage.
En contraste avec les autorités namibiennes, un intellectuel indépendant a courageusement et publiquement formulé des vues plus éclairées : ‘’ Ne serait-il pas opportun de regarder au-delà de la loi et de dire que le problème n’est pas de nature légale mais politique, quand bien même il a été absent du discours philosophique et politique dominant en Namibie ?’’ En référence aux élections parlementaire et présidentielle qui doivent avoir lieu vers la fin de l’année, il dit encore : ‘’Ceci pourrait être un moment opportun pour le président Pohamba pour prendre une décision difficile en graciant ces hommes, qui ont, après tout, passé des années en détention sans jugement’’(9)
Comme il le reconnaît lui-même, ceci pourrait être une décision impopulaire et assez peu probable, bien qu’il ait reçu récemment une soutien inattendu, modéré et indirect du secrétaire de la SWAPO Youth League, qui suggérait que - quoique avec réticence et peu convaincu que ceci puisse se réaliser – que ‘’ le crime de sécession est intolérable mais la discussion pour y remédier doit être encouragée’’. (10) Apparemment effrayé par son propre courage, il se hâte de continuer à blâmer les éléments sécessionnistes et le Botswana voisin pour ne pas faire montre de plus de remords qui pourrait justifier un pardon.
De manière regrettable, il est peu probable que ces appels en faveur d’une solution politique plutôt qu’une persécution légale de tous ceux suspectés de sympathie avec les autonomistes du Caprivi fassent autre chose que tomber dans les oreilles de sourds. Mais comme le dit Thandika Mkandawire (sans référence directe, mais avec beaucoup de pertinence pour le cas du Caprivi) : ‘’ Aussi incohérents que puissent paraître les objectifs des rebelles, ils reflètent un malaise urbain qui ne devrait pas être simplement éliminé en réduisant les membres de ces mouvements au rang de criminels.
Ces rebelles… sont peu susceptibles de favoriser les analyses qui essaient de comprendre les sources de leurs griefs. La tentation, c’est de faire l’impasse sur leurs motivations politiques. Mais nous ne devons pas perdre de vue les facteurs politiques qui sous-tendent de tels conflits. Le point de vue que le moteur de ces conflits est l’appât du gain est non seulement cynique, mais est aussi susceptible de conduire à un aveuglement politique fatal.’’(11)
* Dr Henning Melber est le directeur exécutif de la fondation Dag Hammarskjöld à Uppsala en Suède Précédemment il était le directeur de la Namibian Economic Policy Research Unit (NEPRU) à Windhoek de 1992 to 2000. Il a été membre de la SWAPOP depuis 1974.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
NOTES
[1] Pour plus de détails sur l’histoire et les références croisées qui fournissent les preuves ainsi que la bibliographie extensive, veuillez consulter la version académique complète de cet article qui sera publié dans un numéro à venir du Journal of Contemporary African Studies (vol. 27, no. 4, October 2009).
[2] Amnesty International, Namibia. Justice delayed is justice denied. The Caprivi treason trial. AFR 42/001/2003, August 2003.
[3] Amnesty International, ‘Namibia: Authorities Must Ensure a Fair Trial for Caprivi Defendants’, Press Release, 30 October 2003.
[4] Sufian Hemed Bukurura, ‘Between Liberation Struggle and Constitutionalism. Namibia and Zimbabwe’, in: Henning Melber (ed.), Re-examining Liberation in Namibia. Political culture since Independence. Uppsala: The Nordic Africa Institute 2003, p. 35.
[5] Thandika Mkandawire, ‘The terrible toll of post-colonial ‘rebel movements’ in Africa: onwards an explanation of the violence against the peasantry’, Journal of Modern African Studies, vol. 40, no. 2, 2002, p. 182.
[6] Cité dans L. Lindsköld, Nationalism and Identity in Museum Activities: Namibian Examples. MA Thesis, Göteborg University/Department of Environmental Science and Conservation 2000, p. 35.
[7] Christiaan Keulder/Antonie Nord/Christoph Emminghaus, ‘Namibia’s Emerging Culture’, in Christiaan Keulder (ed.), State, Society and Democracy. A Reader in Namibian Politics. Windhoek: Gamsberg Macmillan 2000, p. 258.Namibian Human Development Report 2000. Windhoek: UNDP Namibia 2000, p. 156.
[8] United Nations Development Programme, Namibian Human Development Report 2000. Windhoek: UNDP Namibia 2000, p. 156.
[9] Alexactus Kaure, ‘Between Legality and Politics: The Caprivi Case’, The Namibian, Windhoek, 20 February 2009.
[10] Elijah Ngurare, ‘Letter from the Caprivi Region’, New Era, Windhoek, 17 July 2009
[11] Thandika Mkandawire, op. cit., p. 208.
L’Inde, le partenaire idéal pour l’Afrique ?
Renu Modi
2009-08-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/58395
Introduction
La crise économique actuelle a un impact sévère sur le monde développé et les pays en voie de développement et a des conséquences dévastatrices sur le continent africain. Les revers économiques des pays en voie de développement sont doublement frappés : par le commerce et par les finances. Il y a un déclin sévère de la demande, des prix et des revenus d’exportation des matières premières, qui a affecté négativement les pays africains dépendants de l’exportation de matières premières. De même, dans cette phase critique du crédit global, il y a eu une diminution dans le secteur du crédit et des emprunts des banques nationales. Ce qui a pour corollaire, la diminution des investissements étrangers directs dans les pays en voie de développement comme l’Afrique «en raison de la difficulté d’obtenir des crédits et les contractions de l’économie». Selon l’Institute of International Financ» le flux net des capitaux a chuté de 929 milliards de dollars en 2007 à 466 milliards en 2008 et à 165 milliards en 2009» (1)
Dans le sillage de l’effondrement des prix des matières premières et dans la phase de récession économique, les compagnies chinoises, qui semblaient offrir aux pays africains une alternative économique aux investissements occidentaux, avec leur approche inconditionnelle, se retirent maintenant de «la nouvelle ruée sur l’Afrique» à laquelle elles ont participé si agressivement. Par exemple, en Guinée, pays riche en minerais, les Chinois se sont retirés d’un projet hydroélectrique d’un milliard et de plusieurs autres investissements à haut risques dans tout le continent. (2) Ceci devrait convaincre du fait qu’il ne faut pas se laisser éblouir par les Chinois et leurs stratégies d’investissements inconditionnels, et se souvenir que ces derniers ne s’engagent que dès lors que ces investissements servent leurs objectifs politiques, économiques et stratégiques.
Par ailleurs dans le contexte critique des ressources globales, l’Afrique doit diversifier ses sources commerciales et ses sources d’investissements. C’est dans ce contexte qu’un conclave de trois jours a eu lieu en mars 2009, dont le but était « de créer des synergies entre les compétences indiennes et les besoins de l’Afrique». Un conclave qui lui donne toute sa signification. (3)
La rencontre avait pour but d’établir une feuille de route qui permette à l’Inde et à l’Afrique de cheminer ensemble. Les délégués africains donnent des signes aux investisseurs indiens, dans une période difficile de récession économique où les «big boys» se sont retirés et où il y a un besoin accru pour des sources de financement alternatives que l’Inde pourrait offrir. (4) Les autorités indiennes, comme dans tous les autres pays, ont aussi ressenti négativement la récession, mais les moyens d’investir en Afrique existent encore pour eux, parce que leur développement national n’est pas dépendant de l’exportation. Par ailleurs, l’Inde est un partenaire particulièrement approprié pour des modèles nouveaux de développement en Afrique, étant donné ses avantages et son expérience dans les authentiques «triple A technologies», c'est-à-dire des technologies appropriée (Apropriate), adaptable (Adaptable) et peu cher (Afordable).
D’autre part, l’Afrique a tout ce qui est nécessaire à la construction du continent. Le besoin, pour l’heure, est de galvaniser ses ressources humaines et physiques. Les investissements indiens peuvent constituer une contribution significative dans ces années de déclin économique. Car, « face à la crise financière globale actuelle, nos destinées et notre futur sont étroitement liés» (5)
Le commerce indien avec l’Afrique a cru de 967 millions de dollars en 1991 à 35 milliards de dollars en 2008 et New Delhi s’attend à voir tripler les transactions commerciales avec l’Afrique pour atteindre les 100 milliards. L’Inde prévoit, par ailleurs, de doubler la ligne de crédit jusqu’à 5,4 milliards dans les cinq ans à venir et a déjà fourni 500 millions de dollars, sortis de son budget «Aide à l’Afrique» . Il est également question d’investir dans des secteurs comme l’agriculture, les mines, les technologies de l’information et de la communication (ICT), les oléoducs, la chimie, la production d’électricité et son acheminement et dans les infrastructures (6).
Le conclave de mars 2009
La réunion de trois jours, en mars 2009, a été un évènement significatif et a mis en relation 438 délégués africains et 318 délégués indiens, afin de faire le bilan des progrès réalisés et considérer leurs besoins futurs. Elle a permis de consolider les liens rendant le partenariat plus durable. Le besoin d’augmenter les efforts gouvernementaux en ce qui concerne les initiatives privées et de forger de solides partenariats public/privé et des plans d’investissements conjoints entre les deux parties a été exprimé par plusieurs délégués. La réunion a été très bien suivie par des représentants indiens du secteur bancaire, du gouvernement et des entreprises privées, dont EXIM Bank, CII, le ministère des Affaires étrangères, et des capitaines d’industries comme Inter-Alia, Angelique International, Tata Group, Kirloskar Brothers Limited (KBL), Fortis Escorts Hospitals, Mohan Energy Co-operation Pvt. Limited, RITES, Overseas Infrastructure Alliance (OIA), Mahindra and Mahindra Limited, Larsen and Toubro Limited, Shapoorji Pallonji and Company Limited, Mohan Exports et d’autres.
Les secteurs cibles où l’Inde et l’Afrique ont des intérêts en commun sont l’agriculture, les produits agricoles transformés, la construction, les infrastructures ferroviaires, les minéraux, les infrastructures routières, les voies fluviales, les ports et aéroports, l’électricité et les ressources énergétiques non conventionnelles, les soins de santé, les produits pharmaceutiques, l’amélioration des capacités, les technologies de l’information et de la communication, l’acier et le fer, l’éducation, l’eau et l’assainissement, les logements bon marché et le renforcement des communautés, le pétrole et le gaz, des projets de manufacture clé en mains, le tourisme, les petites et moyennes entreprises (PME), la biotechnologie et des biens de consommation.
Les autres domaines avec un potentiel de coopération sont l’économie d’énergie dans les foyers et les bureaux, par le biais de foyers, de résidences et de bureau «verts» et par le transfert de technologie à travers la génération d’énergie renouvelable.
La réunion de 2009 est une étape logique pour resserrer les liens de coopération mutuelle et de réciprocité entre l’Inde et l’Afrique, qui ont été établis au cours des quatre derniers conclaves indo-africains. Il y régnait une atmosphère de confiance qui a permis des échanges d’information et de vues qui ont renforcé les structures qui propagent et construisent des relations économiques durables entre des compagnies indiennes et africaines. Le conclave a renforcé les liens institutionnels forgés lors du sommet indo-africain d’avril 2008 et a promu un partenariat entre les gouvernements, à un niveau institutionnel et industriel.
Il avait pour objet de renforcer les capacités - surtout les ressources humaines - et d’explorer les possibilités pour des investissements indiens dans des projets de longue haleine, de ceux dont l’Afrique a désespèrÉMent besoin (8)
C’est dans le contexte des finances pour investissements que la banque indienne EXIM a favorisé le programme de développement en Afrique, au travers de Lines of Credit (LOC), en rendant disponible des crédits à des taux préférentiels pour soutenir l’exportation de projets, de biens et de services de l’Inde, avec une clause pour des paiements différés. La banque a signé plus de 13 LOC, dont la valeur est de plus de US$ 4 milliards, qui ont facilité l’acquisition, à des prix accessibles, de machines industrielles pour la production, ainsi que des transferts de technologie et ont contribué à la valeur ajoutée de produits primaires de même qu’à la création d’emplois. Pour la banque EXIM, l’Afrique a toujours été un centre d’intérêt et dans les années à venir les Indiens peuvent être une source cruciale de finances en particulier dans le secteur des infrastructures. (9)
Néanmoins, les délégués africains ont exprimé leurs préoccupations concernant l’inflexibilité des LOC qui rend difficile l’approvisionnement et des taux d’intérêt qui ne sont pas viables. Il y a un besoin urgent de parvenir à un accord qui simplifie les procédures et les conditions d’accès aux LOC, comme il est nécessaire de se mettre d’accord sur des taux d’intérêt flexible en raison des fluctuations du marché global aux prises avec la récession. Il serait également judicieux de passer d’un financement de projets au financement de programmes et d’utiliser l’argent pour un soutien direct aux budgets du secteur du développement incluant les infrastructures, la santé, l’éducation, le développement des capacités, l’environnement des affaires, et de la réduction de la pauvreté, ce qui bénéficierait à l’Afrique. (10)
L’Inde est considérée comme le partenaire idéal pour l’Afrique pour différentes autres raisons. D’abord les deux ont en commun une histoire coloniale et d’exploitation. Deuxièmement, ils ont des problèmes de développement similaires : la pauvreté, le chômage, le manque de ressources financières adéquates, pour ne mentionner que ceux-là. Troisièmement, l’Inde est un investisseur potentiel et offre un excellent marché avec de bonnes institutions, un secteur privé solide et comme deuxième pays le plus peuplé au monde, elle est un immense marché. Quatrièmement, elle a les capacités financières pour s’engager dans le commerce, les investissements et le transfert de technologie vers l’Afrique (11)
Le transfert de technologies et de compétences est un domaine potentiel de partenariat entre l’Afrique et l’Inde, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises (PME). Ainsi, le cœur du programme pour les investisseurs indiens serait de développer les capacités et les gens afin de les rendre employables ; ce qui contribuerait à réduire la pauvreté sur le continent africain. Ceci est essentiel afin d’augmenter le pouvoir d’achat des 965 millions d’habitants. (12)
Des organisations comme le CII et les compagnies associées peuvent contribuer à améliorer les ressources humaines au moyen de transferts de technologies et de compétences, de même qu’à travers la micro finance pour les populations de la base, selon le modèle en vigueur en Inde «Build India-Build People» (Construisez l’Inde, construisez les gens) (13)
L’Inde offre des produits et services bon marché. Le consommateur au budget limité est vu comme un marché pour des produits et services fait à la mesure de ses moyens. Il en ainsi dans le cas des services de santé que l’Inde offre actuellement, qui sont accrédités de haute qualité et relativement peu coûteux. Cela aide ainsi à partager le fardeau de la maladie avec l’Afrique. De surcroît, l’Inde offre des consultations aux patients africains au travers son nouveau Pan African E-network, projet du gouvernement indien lancé le 26 février 2009 et faisant partie du programme «Aid to Africa»(14)
En plus du secteur médical les engagements indo-africains ont crû dans différents autres secteurs
Les engagements économiques de l’Inde en Afrique : l’histoire des réussites
Dans le Sud Soudan dévasté par la guerre, la présence de compagnies indiennes comme Angelique International, Water and Power Consultancy Services (WAPCOS) et Spice Telecom et leur rôle dans la reconstruction du pays a été significative et a été très appréciée par les populations locales soudanaises. Lors du conclave, les délégués de ce pays ont invité les Indiens à investir dans les infrastructures, à construire des autoroutes, un réseau de routes qui permettent le développement du tourisme et l’accès aux marchés pour des produits comme la gomme, la canne à sucre, des arbres fruitiers, des citrons et des ananas. Un délégué de ce pays a ainsi confié : «Nous ne retournerons pas à la guerre et nous avons besoin des investisseurs indiens pour canaliser nos revenus pétroliers vers l’agriculture et le développement du tourisme le long du Nil» (15)
Des compagnies comme Kirloskar Brothers Limited (KBL), le groupe Tata, Mahindra et Mahindra et plusieurs autres compagnies sont implantées sur le continent africain en de nombreux endroits et depuis longtemps. Les délégués africains ont déclaré que les véhicules de Tata, les tracteurs de Mahindra, les pompes à eau de Kirloskar utilisées pour l’irrigation des terres agricoles, sont des noms connus dans toute l’Afrique pour leur bon rapport qualité/prix. (16) La présence d’une importante diaspora d’Indiens sur le continent africain a aussi été un facteur non négligeable dans la promotion des produits indiens.
L’Inde et l’Afrique, tous deux pourvus d’économie à prédominance agricole, sont considérées comme des partenaires idéaux. Surtout que New Delhi a réussi à construire un système de sécurité alimentaire pour elle-même. «Il fût une époque où l’Inde était dépendante de l’aide alimentaire importée et le pays ne produisait pas suffisamment pour nourrir sa population. Mais nous savions qu’aucun pays ne pourrait produire assez pour nourrir l’Inde et donc nous nous sommes efforcés à atteindre l’autosuffisance dans le secteur agricole. Aujourd’hui, nous sommes autosuffisant grâce à la Révolution Verte et l’Inde peut partager son expérience avec l’Afrique. Le secteur agricole africain peut donner plus aux fermiers par le biais de la valeur ajoutée des produits traités. La sécurité alimentaire est liée à la santé et a donc une importance cruciale» (17)
Certaines maisons commerciales engagées dans le secteur agricole africain - les Kirloskar au Sénégal, Angelique International au Mali et au Soudan - ont fourni des équipements agricoles adaptés comme de petits tracteurs et des équipements de forage qui sont appropriés et à des prix abordables pour les petits fermiers. Les pompes à eau de Kirloskar et autres équipements d’irrigation ont rendu les fermiers moins tributaires de la pluie et ont ainsi contribué à une augmentation de la production et de la sécurité alimentaire. (18)
Ceci est une contribution aux pays africains qu’il convient de souligner, ceux-ci ayant toujours été des importateurs net de produits alimentaires. Par exemple, le Sénégal, en 2007, a importé pour 700 millions de dollars de denrées alimentaires. Dans des pays comme la République démocratique du Congo, la République Centrafricaine et l’Ouganda, seul 0,1% des terres arables sont irriguées, avec une moyenne de 4,7% de terres arables irriguées dans toute l’Afrique ! (19) Il s’en suit que le secteur agricole africain pourrait grandement bénéficier de l’engagement des Indiens dans l’agriculture et les secteurs afférents. Avec un partage des réussites.
Il est évident que les Africains étaient pressés d’engager des firmes indiennes, d’apprendre de l’expérience indienne et de reproduire les réussites de l’Inde dans le domaine de l’agriculture et des petites et moyennes entreprises (PME), secteurs qui demandent beaucoup de main d’œuvre et peuvent générer des emplois et réduire la pauvreté.
Célébrer un partenariat
L’Inde et l’Afrique ne sont pas des étrangers l’un pour l’autre et l’engagement de l’Inde envers l’Afrique est différent. L’actuel programme de l’Indian Technical and Economic Cooperation (ITEC) ainsi que les bourses pour les citoyens africains allouées par l’Indian Council for Social Science Research (ICSSR) les nouveaux LOC de plus de 5 milliards, sont des indicateurs de l’engagement accru de l’Inde en Afrique. Les bonds de la télémédecine, de la formation à distance, des programmes du Pan African E-Network sont de lumineux exemples de la coopération Sud-Sud et de la détermination de l’Inde à aider à combler le fossé digital. (20).
Au cours des trois jours du conclave, plusieurs délégués ont déclaré que le partenariat avec l’Inde c’est « comme rentrer à la maison», nombre d’entre eux ayant été soit éduqué en Inde soit ont eu des enseignants indiens dans leur propre pays. Les dirigeants africains ont aussi demandé à l’Inde d’ouvrir ses marchés afin d’accélérer l’équilibrage du commerce bilatérale entre les deux partenaires, ce qui est une demande juste et essentielle si le partenariat entre les deux pays doit être viable. Le partenariat entre l’Inde et l’Afrique bénéficie aux deux parties. D’où cette image : «Le tambour africain et la sitar indienne pourrait créer de la très belle musique» (21)
La clôture du conclave s’est faite dans l’optimisme : ensemble nous pouvons faire la différence
* Renu Modi est directrice du Centre for African Studies à l’université de Mumbai. Elle était déléguée au 5e Conclave de la CII-EXIM Bank sur le projet de partenariat Inde-Afrique du 22-24 mars 2009 à New Delhi. Les vues ici exprimées sont personnelles et sont basées sur les interactions avec différents délégués africains et sa participation dans les sessions du Conclave.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
NOTES
[1] Martin Khor, Déclaration à la United Nations General Assembly Extraordinary Thematic Dialogue on the World Financial and Economic Crisis and its Impact on Development, South Centre, 25 March 2009, New York.
[2]Lydia Polgreen,]As Chinese Investments in Africa Drops, Hope Sinks, The New York Times, 26 March 2009
[3] Concept note, 5th CII-EXIM Bank Conclave on India- Africa Project Partnership, 22-24 March, 2009.
[4] Member CII International Council and staff Kirloskar Brothers Limited (KBL), the Conclave, 23 March 2009.
[5] Pranab Mukherjee, ministre des Affaires étrangères de l’Inde, discours d‘ouverture, au Conclave, 23 mars 2009.
[6] Indo-Africa Business, 8 November- January 2009, p5, New Media Communications Pvt. Ltd and EXIM Bank.
[7] 5th Confederation of Indian Industry (CII) - Export Import (EXIM) Bank Conclave on India-Africa Project Partnership, 22-24 mars 2009, New Delhi. Le groupe organisateur, le CII est une ONG à but non lucratif qui a été établie il y plus d'un siècle et coopère avec le gouvernement en ce qui concerne les politiques qui ont des répercussions sur les affaires et le commerce. Elle comprend les principales associations commerciales de l'Inde, avec plus 7 500 entreprises du secteur public et privé. Le CII représente l'interface entre le monde des affaires international avec l'industrie indienne
La banque EXIM est une institution de l'Etat, créée en 1982, avec pour objectif spécifique de ''financer, faciliter, et promouvoir le commerce extérieur indien et ainsi globaliser le commerce indien'' (EXIM Bank booklet octobre 2008)
[8] Concept note, the Conclave, 22-24 mars 2009.
[9] Officer EXIM Bank, India, the Conclave 23 mars 2009.
[10] Représentant, le ministre des Finances de l’Ile Maurice, le conclave 23 mars 2009.
[11] Delegate, CII, le Conclave, 23 mars 2009.
[12] Division de la population du Département des affaires économiques et sociales au Secrétariat des Nations Unies (2007) [pdf].
[13] Delegué CII, the Conclave, 24 mars 2009.
[14] Délégué et représentant du secteur du tourisme médical, le Conclave, 23 mars 2009.
[15] Délégué et représentant du ministère des Finances et de la Planification économique du Sud Soudan, le conclave, 24 mars 2009.
[16] communication personnel avec les délégués aux Conclave, 24 mars 2009.
[17] Anand Sharma, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères du gouvernement indien, le Conclave, 25 mars 2009.
[18] Délégué Angelique International et représentant de KBL Ltd., le Conclave, 23 mars 2009.
[19] 50 choses que vous ne saviez pas à propos de l’Afrique. Banque Mondiale
[20] Anand Sharma, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de l’information du gouvernement indien, le Conclave, 25 March 2009.
[21] Ambassadeur du Zimbabwe en Inde et doyen du groupe des chefs de mission africains ; le Conclave, 25 mars 2009.
Commentaires & analyses
Niger : Les dérives de Tandja et les risques pour la région
Pr Kwame Karikari
2009-08-08
http://pambazuka.org/fr/category/comment/58401
La Fondation pour les Media en Afrique de l'Ouest (MFWA) a organisé ce forum pour le faire coïncider avec la tenue du referendum controversé, par les autorités nigériennes, cherchant à prolonger le mandat du Président Tandja au-delà de son mandat constitutionnel de deux termes qui prend fin en décembre 2009.
Le président Tandja a pris en main des pouvoirs extraordinaires, ce qui lui a permis de dissoudre le Parlement et la Cour constitutionnelle. Agissant par l'intermédiaire du Conseil Supérieur de la Communication, l'instance régulatrice des media, il a imposé beaucoup de restrictions sur les activités des media, plus particulièrement dans le secteur de l'audiovisuel, qui sont interdits de réaliser des programmes en direct sur la situation actuelle du pays.
En prenant la parole devant les participants, Saidou Arji, journaliste et chargé de programmes de la MFWA a fait noter que la situation au Niger a laissé dans son sillage des conséquences terribles à l'encontre des media et également sur la liberté d'expression dans le pays.
Dans un message adressé au Forum et signé par son Secrétaire Général Kwasi Adu-Amankwah, l'Organisation Régionale Africaine de la Confédération Internationale des Syndicats (ITUC-Africa), basée à Lomé, a réitéré son appel à la CEDEAO, à l'Union Africaine et à l'ONU ainsi qu' à la communauté internationale, pour se solidariser avec les peuples de Niger afin d'amener le président Tandja à respecter les protocoles internationaux sur la bonne gouvernance.
Le Président de séance Emmanuel Bombande, Directeur Exécutif de WANEP – West Africa Network for Peacebuilding - a rappelé aux Leaders de l'Afrique de l'Ouest la nature turbulente du Sahel. Il a fait remarquer que cette région est un havre des mercenaires et des bandes armées qui pourraient se profiter de cette situation pour déclencher la destruction sur les populations du Niger.
* Pr Kwame Karikari est Directeur Exécutif de Media Foundation for West Africa, organisation régionale, indépendante, non-gouvernementale à
but non lucratif basée à Accra. Elle a été fondée en 1997 pour défendre et
promouvoir les droits et libertés des médias ainsi que toutes formes
d'expression.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Plaidoyers & campagnes
Le Sommet Du Peuple de la SADC se prépare
Simbiso Marimbe Marasha
2009-08-08
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/58400
Pendant que les chefs d’Etats se réunissent à Kinshasa, les peuples de l’Afrique Australe se rassembleront aussi en septembre 2009 sous les auspices des Réseaux de la Solidarité du peuple de l’Afrique Australe. La rencontre vise à promouvoir un processus de bas en haut conduit par les peuples pour réclamer une Communauté des Etats de l’Afrique Australe (SADC) tournée vers la Solidarité des peuples et la Coopération du développement dans la région.
Le sommet 2009 se tiendra sous le thème de ‘Réclamer la SADC pour la Solidarité du Peuple et de la coopération du développent : assumer la responsabilité de notre ressources pour la sécurité et la justice du peuple’.
Le Sommet du Peuple joue plutôt un rôle de plateforme où les peuples de la région SADC se réunissent et débattent différents sujets concernant leurs vies quotidiennes.
Le Sommet de 2009 se focalise sur les questions suivantes :
- Le besoin de souligner le rôle joué par les forces extérieures dans le conflit de la RDC.
- Montrer la violation des droits de l’homme au Congo.
- La dette et la dépendance de l’aide.
- Des changements climatiques et la crise d’énergie.
- La santé et la sécurité sociale.
- La Privatisation des services essentiels.
- La pauvreté et le chômage
- L’insécurité alimentaire et La faim.
- La justice commerciale.
A partir du premier Sommet du Peuple qui a eu lieu à Windhoek, en Namibie, le nombre d’organisations populaires et d’activistes de tous les pays de la SADC a régulièrement augmenté jusqu'un total d’environ 300 organisations à Maseru, au Lesotho, en 2006, 400 à Lusaka et plus de 500 à Johannesburg, Afrique du sud en 2008.
Le Sommet du Peuple donnera aux peuples de la région un espace et une occasion pour partager leurs expériences et mettre en place des stratégies de recommandations pour le sommet des chefs d’états. Le sommet sortira avec une Déclaration de Peuples qui sera partagée avec celui de la SADC.
* Simbiso Marimbe Marasha st chargé de la Communication et de l’Information - sapsn@zimcod.co.zw - Téléphone : numéro +263 4 776830/1 - Website:www.zimcodd.org.zw
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Zimbabwe
Le quotidien des habitants de Harare s'améliore
2009-08-08
http://tinyurl.com/mbch78
En dépit des batailles politiciennes entre les partisans du Premier ministre Morgan Tsvangirai et ceux du président Robert Mugabe, la vie quotidienne des habitants de la capitale Harare s'améliore depuis que les deux camps gouvernent ensemble. Les supermarchés ont refait le plein de produits, on trouve des victuailles dans les épiceries et les prix sont redevenus praticables, au moins pour les classes moyennes.
Mugabe accusé de commanditer des arrestations d'élus
2009-08-08
http://tinyurl.com/nde5ca
Alors que le Zimbabwe connaît une vague d’arrestations de politiciens, le ton monte entre le parti de Robert Mugabe et ses alliés de l’ancienne opposition, qui l'accusent d’instrumentaliser la justice pour recouvrer la majorité parlementaire. Douze membres du Parlement et un sénateur, suspectés de terrorisme, de corruption ou encore de viol, sont actuellement dans le collimateur de la justice zimbabwéenne. Ils ont pour point commun d’appartenir au Mouvement pour le changement démocratique (MDC), l’ancienne force principale de l’opposition zimbabwéenne avant qu’elle ne décide du partage du pouvoir avec le président Robert Mugabe, en février dernier.
Plus de cas de choléra signalé depuis un mois
2009-08-09
http://fr.allafrica.com/stories/200908070952.html
Aucun nouveau cas de choléra n'a été signalé au Zimbabwe depuis le 3 juillet, alors que l'épidémie a touché au total 98.592 personnes et causé la mort de 4.288 d'entre elles, a indiqué le 7 juillet le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Les agences humanitaires qui combattent l'épidémie ont pris des mesures pour être prêtes en cas de nouvelle épidémie.
Un besoin de 45 millions de dollars pour rétablir l'économie
2009-08-08
http://tinyurl.com/mao33f
Le Zimbabwe a besoin d'au moins 45 milliards de dollars américains pour reconstruire son économie dans les dix prochaines années et l'élever aux niveaux de 1996, avant le début de l'effondrement du pays, a déclaré le ministre des Finances. Ce dernier a souligné que son gouvernement voulait en finir avec l'engloutissement de l'aide et souhaiterait que cette dernière serve à transformer l'économie du pays. Beaucoup de travail est nécessaire pour rétablir l'énergie et les distributions d'eau, réhabiliter les routes, les infrastructures ferroviaires et améliorer les services sociaux.
Femmes & genre
Afrique: Les femmes progressent dans la vie politique
2009-08-09
http://fr.allafrica.com/stories/200908070820.html
En Afrique, les femmes sont de plus en plus présentes dans l'arène politique, mais elles ont encore un long chemin à faire, selon l'Union interparlementaire. Les statistiques recueillies par l'Union interparlementaire montrent que les femmes occupent seulement 17,5 % des sièges parlementaires en Afrique subsaharienne. Elles devraient occuper 30 % de ces sièges pour avoir une influence réelle, de l'avis de l'Union interparlementaire.
Mali : La femme et l’homme à égalité dans un nouveau Code de famille
2009-08-08
http://tinyurl.com/noe268
L’Assemblée nationale du Mali a adopté le 3 août un nouveau «Code de la famille» qui, pour une première dans l’histoire de ce pays à forte majorité musulmane, dévolue les mêmes droits successoraux à la femme qu’à l’homme. Adopté à une large majorité de 117 voix pour, 5 contres et 4 abstentions, le texte de loi stipule que la fille est désormais l’égale du garçon devant un héritage, en cas d’absence avérée de texte écrit ou de témoins pouvant attester de vœux contraires du défunt. Les dévolutions successorales se réglaient jusque-là, au Mali, sur la base de la coutume ou du droit religieux, musulman notamment, selon lequel la part successorale de la femme (fille) est la moitié de celle de l’homme (garçon).
Tanzanie : La première banque pour femmes inaugurée
2009-08-08
http://www.afrik.com/article17268.html
A Dar es Salaam, en Tanzanie, les femmes ont désormais leur propre banque. Les hommes peuvent également y ouvrir un compte, mais l’établissement vise essentiellement un public féminin habituellement exclu des banques. Pour permettre aux femmes d’avoir accès à ces services, l’établissement a facilité les démarches administratives. Seuls un papier d’identité et le dépôt de 3 000 shillings tanzaniens (2€) sont nécessaires pour ouvrir un compte. Les clientes sont accueillies par des professionnels qui les conseillent et les accompagnent dans leurs démarches.
Droits humains
Global : La traque se poursuit pour le jugement ou l’extradition de Habré
2009-08-08
http://tinyurl.com/ncv8s7
La traque contre Hussein Habré se poursuit. Un avocat Chilien membre du comité des Nations Unies contre la torture (CAT) séjourne au Sénégal du 5 au 8 août à la recherche de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, accusé d’avoir ordonné le meurtre de 40.000 personnes pour des raisons politiques au cours des huit années (1982-1990) où il était président. Claudio Grossman, avocat d’origine chilienne, qui fut exilé durant le règne du pouvoir militaire du général Pinochet (1973-1990) est l’actuel président du CAT. Son objectif : demander au gouvernement de traduire en justice Habré, qui s’est exilé au Sénégal depuis sa chute du pouvoir en 1990.
Kenya : Le gouvernement ne tient pas parole sur les tribunaux
2009-08-08
http://tinyurl.com/krw6ae
Le gouvernement kényan a manqué à ses engagements à demander aux tribunaux internationaux indépendants de juger les auteurs des violences post-électorales de 2007. Cette manœuvre est en train d’être critiquée par Human Rights Watch. Dans un communiqué le 30 juillet, le Conseil des ministres du Kenya a déclaré qu’il n’établirait pas un tribunal spécial pour juger les individus responsables des violences ethniques condamnées après les élections présidentielles disputées en décembre 2007. Ces violences ont entraîné la mort de plus de 1.000 Kényans et en ont déplacé jusqu’à 350.000.
Maroc : Les Etats Unis exigent le respect des droits de l'Homme au Sahara
2009-08-08
http://fr.allafrica.com/stories/200908030429.html
La politique américaine vis-à-vis du problème sahraoui serait-elle réellement en voie de changement ? Tous les indicateurs semblent indiquer cette voie. Pas plus tard que le 30 juillet dernier, la commission financière du Sénat a appelé le secrétariat d'Etat américain à présenter un rapport sur le respect des droits de l'Homme par le Maroc au Sahara occidental. Le respect de ces droits par le Maroc serait la condition de soutien économique dans le budget de l'année prochaine, a souligné la commission dans sa demande.
Sierra Leone : Difficultés financières pour le Tribunal spécial
2009-08-08
http://tinyurl.com/nvdbvw
Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone fait face à d’énormes difficultés financières qui pourraient perturber son fonctionnement. Ce Tribunal, entièrement financé par des contributions volontaires de gouvernements, a été mis en place pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis pendant la guerre civile des années 1990 en Sierra Leone. L’institution, en dehors des cas des Sierra Léonais impliqué dans la guerre, traite aussi le dossier de l’ex-président libérien Charles Taylor, dont les auditions son transférées au tribunal de La Haye pour des raisons de sécurité.
Soudan: jugée pour avoir mis un pantalon, une journaliste riposte
2009-08-08
http://tinyurl.com/nojeys
Arrêtée le 3 juillet dans un restaurant de Khartoum en même temps que 12 autres femmes pour "tenue indécente", alors qu'elle portait un pantalon large et une longue blouse, Mme Hussein écrit régulièrement des billets pour le quotidien de gauche Al-Sahafa et travaille à la section communication de la mission de l'ONU au Soudan. Pour échapper au châtiment, la journaliste, qui porte la "tarha", ce grand foulard traditionnel soudanais recouvrant la tête et les épaules, aurait pu faire jouer l'immunité dont elle bénéficie en tant qu'employée des Nations unies. Elle a au contraire présenté sa démission pour que son procès, ouvert le 4 août, suive son cours.
Réfugiés & migration forcée
Nigeria : début du retour des déplacés dans l'Etat du Delta
2009-08-08
http://tinyurl.com/njzxkt
Les autorités de l'Etat du Delta ont entamé une réinstallation d'envergure dans leurs diverses communautés de quelque 5.000 personnes déplacées par la récente opération militaire dans le delta du Niger. Les victimes ont été déplacées par l'opération militaire intitulée "Operation Restore Hope" suite au meurtre de six soldats par des militants présumés dans la région, survenu le 13 mai. Cette annonce a soulevé l'espoir que les activités économiques puissent revenir à la normale dans les communautés proches de la rivière dans l'Etat du Delta après une vague de heurts sanglants entre l’armée et des rebelles.
Tanzanie: Des réfugiés burundais de 1972 naturalisés
2009-08-09
http://fr.allafrica.com/stories/200908070854.html
Le gouvernement tanzanien a accordé cette semaine la nationalité à 3.568 des quelque 162.000 Burundais qui en ont fait la demande après plus de trente ans dans les campements tanzanien. Début 2008, le gouvernement tanzanien a donné le choix à quelque 218.000 burundais qui avaient fui la violence dans leur pays en 1972 de rentrer chez eux ou de demander la nationalité tanzanienne. Quelque 162.000 réfugiés ont décidé de rester et de demander la naturalisation.
Elections & gouvernance
Afrique : La problématique des élections
2009-08-10
http://tinyurl.com/nbkt37
Après la Baule des années 90 qui ont permis à Mitterrand d’inscrire dans le marbre le principe des « élections libres » en Afrique francophone contemporaine comme moyen démocratique d’accéder au pouvoir, force est de constater que ce principe est contesté par les oppositions qui le trouvent biaisé et légitimé par la majorité aux affaires, c'est-à-dire le gouvernement dans les pays africains au nom du principe démocratique. La question : la démocratie est-elle possible en Afrique sans l’adoubement des institutions internationales ou de personnalités européennes de premier rang ?
Afrique : Madagascar écarté du sommet de la SADC
2009-08-08
http://tinyurl.com/l39nf6
La Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC) a fait savoir que Madagascar ne sera pas invité au sommet des chefs d’Etat qu’elle organise en septembre prochain à Kinshasa, capitale de la RD Congo. Pour le Secrétaire exécutif de la SADC, Tomaz Salomao, Madagascar est dirigé par un régime «illégal» et ne serait donc pas représenté à la rencontre sauf si les parties s’entendent sur un retour à l’ordre constitutionnel qui a pris fin après le renversement en mars dernier du Président Marc Ravalomanana par le dirigeant actuel du pays, Andry Rajoelina. Des pourparlers entre Ravalomanana, Rajoelina et deux anciens dirigeants malgaches ont démarré le 5 aoû au Mozambique.
Côte d’Ivoire : Gbagbo s’engage pour les élections
2009-08-08
http://news.abidjan.net/h/339879.html
Laurent Gbagbo, a affirmé le 6 août qu’"il n`y a plus aucun obstacle politique" à la tenue du scrutin présidentiel prévu le 29 novembre, après plusieurs reports depuis 2005. Le chef de l`Etat ivoirien a fait cette déclaration dans un discours à la Nation diffusé à la télévision publique à la veille de la fête de l`indépendance ivoirienne. L’éventualité d’un report a été souvent agitée ces derniers temps.
Guinée : Dadis renouvelle ses "engagements" devant la France
2009-08-08
http://tinyurl.com/m7qezm
Au cours d'une entrevue à Conakry avec le ministre français Alain Joyandet, Moussa Dadis Camara s'est de nouveau engagé à respecter ses promesses sur l'organisation d'un scrutin présidentiel pour un "retour rapide à la démocratie". Le chef de la junte a cependant accusé l'ambassadeur français en Guinée de manipulations et a salué son prochain départ. De nombreux observateurs estimaient ces dernières semaines que les retards dans les préparatifs et l'absence de volonté politique forte pouvaient conduire à un report des scrutins.
Global : Nouvel axe Pretoria – Washington
2009-08-09
http://tinyurl.com/mg5n5m
Les Etats-Unis et l'Afrique du Sud, que des désaccords ont opposés sous l'administration Bush, ont pris l'engagement, le 7 août, de renforcer leurs relations. "Dans les deux pays, deux nouvelles administrations sont là pour élever cette relation à un niveau supérieur. C'est ce que nous essayons de faire", a déclaré Zuma après avoir rencontré à Durban la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Les discussions ont aussi porté sur des questions régionales comme le Zimbabwe, la Somalie et le Soudan, a-t-elle indiqué. Les Etats-Unis souhaitent voir l'Afrique du Sud amener le nouveau gouvernement d'union nationale du Zimbabwe à accélérer des réformes politiques.
Guinée Bissau : 3.000 agents fictifs dans la Fonction publique
2009-08-08
http://tinyurl.com/lu4wuo
Chaque année l'Etat bissau-guinéenn paie des salaires à 3.000 "employés fantômes" de la Fonction publique, a dénoncé son ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Modernisation de l'Etat, lors d'une conférence de presse le 5 août. Le phénomène a été décelé en faisant la première évaluation du recensement des fonctionnaires financé par l'Union européenne dans le cadre du programme de réforme de l'administration publique en Guinée-Bissau. "Avant le recensement, il a été estimé que le total des personnes interrogées atteindrait environ 18.700 personnes".
Mauritanie : pourquoi la France et les Etats-Unis ont validé l’élection d’Abdel Aziz
2009-08-08
http://www.afrik.com/article17296.html
C’est un revirement spectaculaire : la France et les Etats-Unis saluent l’élection du général Mohammed Ould Abdel Aziz qui a prêté serment le 5 août, comme deuxième président élu au suffrage universel en Mauritanie. Il y a pourtant un an, Washington et Paris étaient montées en première ligne pour réclamer le rétablissement de l’ordre démocratique lorsque Mohammed Ould Abdel Aziz avait déposé Sidi Oud Cheikh Abdallahi le premier président démocratiquement de l’ancienne colonie française. A-t-il donc suffit au général putschiste d’accepter l’épreuve des urnes pour redevenir fréquentable ?
Niger : Tandja s''offre de nouveau le pays
2009-08-08
http://tinyurl.com/m5dzpq
Après s''être arrogé les pleins pouvoirs, le président du Niger, Mamadou Tandja, a fait adopter, mardi 4 août, par référendum une nouvelle Constitution, dont l''intérêt réside en la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Il prend le risque de priver son pays des subsides internationaux, mais le Niger est le pays de l'uranium et demain du pétrole. En l''état actuel des choses, la Constitution impose à l''actuel président, Mamadou Tandja, à la tête du pays depuis dix ans, de quitter le pouvoir à l''expiration de son second quinquennat, le 22 décembre. Mais lui entend garder son fauteuil au moins jusqu''en 2012.
Zambie : L'opposition renonce à destituer président Banda
2009-08-08
http://tinyurl.com/ksu6cd
Les principaux partis d'opposition zambiens, le Front patriotique (PF) et le Parti uni pour le développement national (UPND) ont renoncé à leur projet de destitution du président Rupiah Banda. Des députés du PF et de l'UPND étaient censés présenter, le 4 août, la motion de destitution du président Banda, suite à l'expiration du préavis de 14 jours donné au président de l'Assemblée nationale. Les députés veulent destituer le président Banda à cause de plusieurs violations de la Constitution remontant à la période ou il occupait les fonctions de président par intérim.
Corruption
Cameroun : Détournement de fonds au ministère de l'Agriculture
2009-08-08
http://tinyurl.com/n3qf28
Une partie de subvention destinée à des paysans camerounais a été détournée par une cinquantaine de personnes, en majorité des fonctionnaires du ministère de l'Agriculture, selon un rapport d'un organe officiel de lutte contre la corruption. La Commission nationale anti-corruption (CONAC) avait lancé fin décembre une enquête pour vérifier les affirmations d'une ONG, l'Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC). Selon le rapport de la CONAC, "environ 700 millions de F CFA" (1 million d'euros) d'une subvention de 2 milliards (3 millions d'euros), débloquée par le gouvernement entre 2006 et 2008 pour aider des producteurs de maïs, ont été détournés.
Développement
Afrique : Produits chinois, péril jaune sur le continent noir ?
2009-08-10
http://tinyurl.com/nooa93
Lundi 3 août 2009. Bab Ezzouar. Alger. Violents affrontements entre commerçants algériens et chinois. La rivalité commerciale que se livrent les deux communautés s’est subitement transformée ce jour-là en bataille rangée. L’étendue des dégâts témoigne de la profondeur du ressentiment des marchands locaux face à la déprime de leurs affaires dans un marché où le made in China se porte, en revanche, comme un charme. A Dakar comme à Yaoundé, pareilles protestations, plus ou moins houleuses, ont rassemblé bien des manifestants contre le péril jaune.
Afrique: Création d’une nouvelle compagnie aérienne dans la CEDEAO
2009-08-09
http://fr.allafrica.com/stories/200908070749.html
Une nouvelle compagnie aérienne, dénommée Asky vient d’être lancée au niveau de la CEDEAO. Le capital social, estimé à 60 milliards de francs CFA, provient d'institutions privées régionales : la BIDC (Banque d'Investissement et de développement de le CEDEAO), la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement), le groupe Ecobank et du partenaire stratégique, l'Ethiopian airlines à hauteur de 20%. L'appel d'offre lancé le 6 août concerne 30 à 45% du capital social et prend fin à la fin du mois de décembre 2009. Asky est basée à Lomé.
Afrique : L'argent des migrants trois fois supérieur à l’APD
2009-08-09
http://fr.allafrica.com/stories/200908070593.html
Les migrants envoient chaque année 160 milliards de dollars dans les pays du Sud. Ce volume global de transfert de fonds est trois fois supérieur à l'aide publique au développement. C'est ce que révèle une étude de l'Institut de recherche pour le développement (Ird), le Centre population et développement (Ceped) et d'autres institutions. Près de 200 millions de personnes vivent dans des pays étrangers. Peu d'entre eux rentreront avant leur retraite. Ils contribuent toutefois à lutter contre la pauvreté dans leur pays. L'argent des migrants est une aubaine pour certains pays comme la Turquie, l'Egypte, le Maroc.
Afrique : Les Etats Unis sollicités pour la relance économique
2009-08-10
http://tinyurl.com/nwyv42
Le huitième forum ministériel de l’Agoa (Programme américain sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) s'est ouvert le 4 août au Kenya dans un contexte très pénible pour le continent noir. Plus de 700 milliards de dollars (environ 350 000 milliards Fcfa) sont perdus par les pays d’Afrique éligibles à l’Agoa, selon les estimations de la Banque mondiale, à cause de la crise financière. Ce n’est pas nouveau : l’Afrique fait face à une urgence de développement.
Afrique du Sud: 300 millions de dollars contre la crise
2009-08-08
http://tinyurl.com/lo9sgb
Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé le versement de 303 millions de dollars dans un fonds d'emploi pour soutenir les chefs d'entreprise et salariés face à la crise. Ce fonds rémunèrera notamment les salariés en cours de formation dans le cadre d'un plan de licenciement pour leur offrir une alternative. Il versera une allocation de formation aux salariés payés mensuellement, 50% du salaire de base ou 786 dollars (547 euros) maximum.
Santé & VIH/SIDA
Guinée : Existence présumée de laboratoires clandestins de drogue
2009-08-08
http://tinyurl.com/ng2axq
L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a dénoncé le 5 août l'existence en Guinée de laboratoires clandestins susceptibles de produire de l'ecstasy, de la cocaïne ou de l'héroïne, après la visite de ses experts de six sites à Conakry. L'ONUDC et Interpol ont effectué, à la demande de la junte militaire au pouvoir depuis décembre en Guinée, une mission commune dans ce pays ouest-africain, après la saisie en juillet, par les forces de sécurité guinéennes d'importantes quantités de produits chimiques sur plusieurs sites de Conakry. Pour la première fois en Afrique de l'ouest, les Nations unies ont apporté la meilleure preuve d'une activité de laboratoires clandestins, a souligné l'ONUDC.
Niger : la faim se transmet, le lait moins
2009-08-08
http://tinyurl.com/n4fb7h
Alors que les professionnels de la santé recommandent aux femmes nigériennes de nourrir leurs enfants exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois afin de renforcer leurs défenses immunitaires et d’éviter la malnutrition, certaines mères ne sont pas en mesure de suivre ces conseils, car elles sont elles-mêmes en mauvaise santé. Aujourd’hui, l’une des priorités des médecins est d’augmenter la quantité de lait maternel donnée aux nourrissons.
Nigeria : l'Unicef promet 7 millions de dollars contre la poliomyélite
2009-08-08
http://tinyurl.com/mse5qe
L’UNICEF a promis 6,8 millions de dollars pour aider le Nigeria à lutter contre la poliomyélite et la malnutrition. La directrice générale de l'organisation onusienne, qui a visité les Etats de Sokoto et Kebbi, dans le nord du Nigeria, s'est entretenue avec les responsables locaux et les chefs religieux des moyens d'améliorer la santé des enfants. Elle a décrit comme sincière l'engagement du gouvernement nigérian à sauver les vies des enfants, soulignant la nécessité d'éduquer les familles sur l'importance d'une bonne nutrition.
Éducation
Sénégal : Ces réalités qui freinent la recherche universitaire
2009-08-08
http://tinyurl.com/lfnsx6
Peu de structures, cloisonnement, faible disponibilité de l’information scientifique, plateau technique peu relevé dans la plupart des cas, effet de la fuite des cerveaux, chercheur sans statut, problème de financement... Ce sont, entre autres, les réalités de la recherche au Sénégal, singulièrement dans nos universités, et plus particulièrement à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). La situation est paradoxale. Car, au moment où la recherche fait face au manque de moyens financiers et techniques, le potentiel humain reste important.
Environnement
Afrique : mobilisation d’élus ouest-africains pour sauver les côtes
2009-08-08
http://tinyurl.com/mjw58n
Des parlementaires et élus locaux en provenance de sept pays ouest africains ayant une façade maritime ont décidé de s’impliquer dans la défense de l’environnement par la mise en place d’un réseau. Réunis à Praia (Cap Vert) du 3 au 4 août, ces élus ont fondé l’Alliance des Parlementaires et Elus Locaux environnementalistes des pays du littoral ouest africain (Apel). Leur engagement va se focaliser sur les changements climatiques, dont les influences dans les zones côtières se manifestent par l’avancée des océans et des menaces sur les écosystèmes ainsi que sur l’habitat humain.
Cameroun : La disparition des lions et des éléphants inquiète
2009-08-08
http://tinyurl.com/klj3fv
La disparition des lions et des éléphants du parc du Waza, au Cameroun (extrême-nord), suscite l’inquiétude des ONG et des scientifiques à l’instar du Centre d’études de l’environnement et du développement au Cameroun (CEDC). Les scientifiques de cette organisation, qui viennent de boucler une étude dans le plus important parc du pays ont, dans une note officielle à l’intention du gouvernement camerounais, « regretté la disparition sans explication de certaines espèces animales, en l’occurrence, les lions et les éléphants». «Chaque année, plus de dix lions et autant d’éléphants au moins meurent», ont-ils indiqué..
Terres & droits fonciers
Afrique du Sud: Des centaines d'agriculteurs noirs menacés d'expulsion
2009-08-08
http://fr.allafrica.com/stories/200907280139.html
Des centaines de nouveaux fermiers commerciaux noirs risquent d'être expulsés au cours des prochains mois en raison de leur incapacité à rembourser les emprunts qu'ils ont contractés auprès du gouvernement pour acheter leurs propriétés, allouées dans le cadre de la réforme agraire. En juillet, la Land Bank, une banque publique qui apporte des financements et des conseils aux agriculteurs noirs et joue un rôle crucial dans la recherche de solutions contre le déséquilibre racial en matière de propriété des terres, a indiqué au Parlement que plus de 350 exploitations agricoles allaient devoir être reprises si les fermiers continuaient à ne pas rembourser leurs emprunts.
Média & liberté d'expression
Côte d’Ivoire : Deux français inculpés dans l'affaire Kieffer
2009-08-08
http://tinyurl.com/mp7dbv
Deux Français résidant en Côte d'Ivoire ont été inculpés par la justice ivoirienne dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, en avril 2004, dans le pays. Il s'agit de l'homme d'affaires Jean-Michel Aron-Brunetière et d'un conseiller de Laurent Gbagbo, Jean-Yves Garnault, selon le procureur d'Abidjan, Raymond Tchimou. Ils ont tous deux fermement démenti leur implication dans l'affaire.
Gambie: Condamnataion des six journalistes
2009-08-09
http://fr.allafrica.com/stories/200908070209.html
Le verdict du procès contre les six journalistes gambiens arrêtés le 15 juin dernier sur instruction du Président Jammeh est tombé le 6 août à Banjul. La Haute Cour de Justice les a condamnés à 2 ans de prison ferme avec une amende de 10 millions FCFA pour chacun. Les six journalistes avaient été arrêtés pour avoir dénoncé des propos injurieux du Président Yahya Jammeh contre le journaliste Deyda Hydara, assassiné en décembre 2004.
RD Congo : La France demande le rétablissement du signal de RFI
2009-08-08
http://tinyurl.com/mz8kmj
Le gouvernement français souhaite le plus rapidement possible le rétablissement du signal de Radio France internationale (RFI) en RD Congo, coupé depuis le 26 juillet, au bénéfice de la liberté d'information et de la coopération dans le domaine radiophonique entre la France et la RDC. L'ambassadeur de France en RDC, l'a indiqué dans un communiqué publié le 5 août à Kinshasa, tout en invitant le gouvernement congolais et RFI à poursuivre un dialogue constructif sur le traitement de l'information, dans le respect des intérêts vitaux de la RDC, premier pays francophone du monde et dans celui de la liberté d'expression et d'opinion.
Rd Congo : un observatoire dénonce le chantage dans la presse
2009-08-08
http://tinyurl.com/nalwcb
L'Observatoire des Médias Congolais (OMEC) dénonce l'émergence de la "manipulation" et du "chantage" dans la presse en RD Congo, invitant les journalistes à plus d'honnêteté et à résister aux pressions des "puissances d'argent". L’OMEC se dit préoccupée par l'émergence d'une nouvelle forme de journalisme fondée sur la manipulation de l'opinion, la diabolisation des personnalités politiques et économique. Elle ne cite cependant aucun média ni aucune référence précise dans son communiqué datant du 30 juillet.
Sénégal : Les employés assiègent la direction du journal Le soleil
2009-08-08
http://fr.allafrica.com/stories/200908031315.html
Passant à une autre étape de leur plan d'action visant à défendre leur outil de travail menacé par une mauvaise gestion, les travailleurs du quotidien gouvernemental Le soleil ont assiégé les bureaux du directeur général pour exiger son départ. Les agents affirment s’être engagés dans une lutte pour la sauvegarde de leur entreprise. Depuis plusieurs mois les salaires sont payés avec du retard. Le soleil emploie quelque 175 personnes.
Conflits & urgences
Afrique : Le Nigeria et le Bénin vont régler à l’amiable leur différend frontalier
2009-08-08
http://tinyurl.com/m63e2u
Le président nigérian, Umaru Yar'Adua, a déclaré que le Nigeria et le Bénin avait décidé de régler leur différend frontalier à l'amiable. S'exprimant au terme d'une rencontre avec son homologue béninois, M. Boni Yayi, le 4 août à Abuja. Yar'Adua a dit que lui et son homologue avaient délibéré sur les questions d’électricité et d'énergie, en particulier l'alimentation au Bénin et au Togo.
Nigéria : La pauvreté alimente des violences sectaires
2009-08-08
http://tinyurl.com/mvlq9x
Les violences sectaires, qui ont éclaté dans plusieurs parties du nord du Nigeria à la fin-juillet, ont plus affaire à la colère et la frustration populaires, avec des conditions économiques prédominantes, qu’à la religion, affirment des experts religieux et des groupes musulmans. Des inquiétudes ont été également soulevées sur la réaction des forces de sécurité qui ont fait des centaines de morts.
Mauritanie : L'ambassade de France cible d'un attentat
2009-08-09
http://tinyurl.com/mtsyve
Un kamikaze a été tué et deux gardes o blessés le 8 août dans un attentat perpétré devant l'ambassade de France en Mauritanie. L'attentat, qui s'est produit à l'extérieur de l'enceinte de l'ambassade, n'avait pas été revendiqué dans l'immédiat. L'activité d'al Qaïda s'est intensifiée dans le nord-ouest de l'Afrique et au Sahara, mais les attentats en Mauritanie sont peu fréquents. En juin, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué le meurtre d'un humanitaire américain en Mauritanie en affirmant agir en représailles aux opérations américaines en Afghanistan et au Pakistan.
Rd Congo : Les anciens ennemis se sont rencontrés
2009-08-08
http://tinyurl.com/l28w4a
En 1998, le Rwanda et la République démocratique du Congo rompaient leurs relations diplomatiques, au lendemain du déclenchement de la seconde guerre du Congo. A l'époque, Laurent-Désiré Kabila, le père de l'actuel président, était au pouvoir. Et, au nom de la lutte contre les rebelles hutus rwandais, son ancien allié, le Rwanda, avait déployé ses troupes dans l'est du Congo. Onze ans plus tard, le 6 août à Goma, ville hautement symbolique pour les deux hommes, le président rwandais Paul Kagame s'est entretenu avec son homologue Joseph Kabila. C'est un signe supplémentaire d'amélioration des relations entre les deux Etats.
Somalie: Clinton appuie les efforts du président, les livraisons d'armes vont doubler
2009-08-08
http://tinyurl.com/mqx3h9
Washington a commencé à livrer des armes fin juin au gouvernement somalien, qui fait face aux rebelles islamistes et a déjà envoyé vers Mogadiscio 40 tonnes d'armements. Le plan consiste à faire passer les livraisons d'armes de 40 à 80 tonnes. Par ailleurs, les forces somaliennes reçoivent un entraînement à Djibouti, où se situe une base militaire américaine couvrant l'ensemble de la Corne de l'Afrique. La secrétaire d'Etat américain Hillary Clinton, en tournée africaine, a échangé le 6 août à Nairobi une poignée de main très symbolique avec le président islamiste de Somalie, Sharif Cheikh Ahmed, les musulmans très pratiquants refusant habituellement de toucher une femme. Mme Clinton lui a promis "un soutien très fort" des Etats-Unis.
Somalie : Enquête sur le décès de soldats de l’Union africaine
2009-08-08
http://www.afrik.com/article17277.html
Des experts de la santé ougandais enquêtent sur une maladie qui a fait au moins cinq victimes parmi les soldats des forces de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) en Somalie et en a infecté 50 autres, qui ont été évacués dans un hôpital kényan, selon des responsables. Plusieurs soldats ont été transférés par avion à Nairobi pour y être traités. Les rapports préliminaires indiquaient une vague de leptospirose, une maladie infectieuse d’origine bactérienne causée par le contact avec de l’eau contaminée par l’urine d’animaux infectés…
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ISSN 1753-6847

