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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 113: Le complot pour assassiner Sankara

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Résumé de l'Édition Anglaise, 3. Zimbabwe, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Environnement, 12. Média & liberté d'expression, 13. Bien-être social, 14. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Révélations sur l’assassinat de Sankara.
RÉSUME DE L’EDITION ANGLAISE : Conflit Guinée-Sierra-Leone : Une urgence pour la CEDEAO.
ZIMBABWE :Mugabe amnistie 1 500 prisonniers.
FEMMES & GENRE : Congo : Les femmes battues brisent le silence.
DROITS HUMAINS : Guinée Bissau : L’Onu soutient l’enquête sur les meurtres de Vieira et de Na Waié.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Congo : Expulsion de 300 ressortissants étrangers.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Cameroun : Les vacances de luxe de Biya font scandale.
CORRUPTION : Nigeria : De hauts responsables de banques devant la justice.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le Nigeria et Sao Tome exploitent ensemble du pétrole.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Grippe A, la nouvelle menace qui plane.
ENVIRONNEMENT : Burkina : Après le déluge, on craint le choléra.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Gabon : Les équipements de la chaîne Tv d’un candidat mitraillés.
BIEN-ETRE SOCIAL : Mauritanie : Grogne contre les coupures d’électricité.
CONFLITS & URGENCES : Soudan : Les attaques visent de plus en plus les femmes et les enfants.




Chroniques

Révélations sur l’assassinat de Thomas Sankara

Silvestro Montanaro

2009-09-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/58582

Un documentaire de la chaîne publique italienne RAI3 met en cause Américains et Français aux côtés de Blaise Compaoré. « Ombres africaines », documentaire en trois parties de Silvestro Montanaro diffusé du 15 au 29 juillet en seconde partie de soirée a recueilli des témoignages de personnalités libériennes connues ou de l’ombre, qui restent sans équivoque. Le site dédié à la mémoire du révolutionnaire, www.thomassankara.net, a retranscrit les propos dans l´ordre où ils ont été montés pour le film par le réalisateur. Un texte que reproduit Pambazuka.
Voix off : En fait une intrigue internationale. Je vais rencontrer la sénatrice libérienne Jewel Howard Taylor, l´ex femme de Charles Taylor.

Silvestro : Pensez-vous que des personnes puissent se sentir inquiétées si Taylor dit « la vérité » ? Des gens importants ?

Lady Jewel Howard Taylor : Oui absolument, certainement... J´en suis sûre...

Silvestro : Des personnes très importantes ?

Lady : Certes. Car une partie de cette histoire est encore restée secrète et il ne l´a jamais racontée, pas même à moi. Je suis sûre qu´il avait encore des secrets. Comment a-t-il quitté l´Amérique ? Quel accord a-t-il passé avec Kadhafi pour l´entraînement en Libye ? Quels étaient ses amis, quelles informations lui ont-ils données ?

Momo : Il avait beaucoup d´amis en Amérique...

Silvestro : Des gens importants ?

Momo : Oui... certes...dans les affaires...

Silvestro : Pouvez-vous me donner quelques noms ?

Momo : Ah....non, je ne peux pas révéler leur noms... Je ne suis pas idiot.. Il avait quelques bons amis diplomates qui maintenant ont disparu quelque part... mais je sais qui ils sont et que cela ne leur ferait pas plaisir si je parlais. Car Taylor n´est pas tombé du ciel ainsi, de la prison sur le Libéria. C´est eux qui l´ont envoyé ici, au Libéria ! Et ils le savent bien.

Voix off : Ce monsieur, lui aussi considéré par l´ONU comme un criminel, était l´ordonnance de camps du président Taylor. Aujourd´hui le Général Momo Jiba - l´un de ceux qui sont bien au courant - laisse entrevoir de lourdes responsabilités derrière l´aventure de pouvoir de Charles Taylor.

Silvestro : Qui l´a envoyé ici ?

Momo : Ceux qui l´ont fait le savent. La grande main. Eux ils savent tout. Il n´est pas venu ici tout seul. Taylor était en prison en Amérique... Et peu après, il était à Monrovia au Libéria. Comment a t-il fait pour sortir de prison en Amérique ? Comment a-t-il fait pour s´échapper d´une prison américaine ?

Silvestro : La CIA ?

Momo : Eh heh. Je ne peux pas le dire… Une grande main, la grande main.

Historien : ce qui se passe en Amérique avec Charles Taylor est vraiment une histoire incroyable.

Voix off : L´actuel ministre des postes et télécommunications du Libéria, Marcus Dahn, est aussi l´un de ses plus important historiens. Lui aussi soupçonne de lourdes responsabilités sur la fugue de Charles Taylor

Historien : Charles Taylor s´était enfuit du Libéria après avoir été accusé par le président Doe d´avoir volé un million de dollars des caisses de l´Etat. Il fut arrêté et devait être extradé au Libéria. Vous devez savoir que l´avocat de Charles Taylor était l´un des meilleurs en Amérique, Ramsey, qui avait été l´Avocat Général d´Etat sous le président Jimmy Carter. Ce fut justement lui l´avocat de Taylor. Taylor était écroué dans une prison fédérale au Massachussetts, une des plus sûre. D´une prison fédérale, il me semble très difficile, sinon impossible de pouvoir s´évader... Taylor, lui, il réussit à s´en évader, à venir ici lancer sa révolution et à essayer de mettre dehors Samuel Doe

Bleah : On ne peut s´échapper d´une prison de ce genre sans l´aide de quelqu´un. Taylor n´était pas un petit oiseau, il n´était ni Dieu ni un esprit.

Voix off : Mose Bleah était le vice président de Taylor, l´un de ses hommes de la première heure. Lorsque Taylor est parti en exil, il a été président du Libéria pendant quelques mois.

Bleah : Nous avons été aidés, aussi, par beaucoup de gens qui maintenant ont des rôles importants dans notre pays, et de même notre président (Ndlr : Mme Johnson Sirleaf) a admis avoir aidé Taylor, et lui avoir donné de l´argent à cette époque.

Silvestro : Mais ce furent surtout les Américains qui l´ont fait...
Bleah : Certainement... Oui...

Silvestro : De quelle manière ?

Bleah : Comment pourrais-je vous expliquer... Notre bon père, nous le nommons ainsi car nous autres Libériens nous nous considérons comme une province des Etats Unis, enfin eux nous ont aidés, eux étaient d´accord pour que Charles Taylor devienne président de ce pays.

Allen : Vous devez savoir que Taylor fut choisi par les leaders du NPFL. La direction du NPFL, incluait par exemple Mme Ellen Sirleaf, notre actuelle présidente.

Voix off : Cyril Allen, aux premières places de la liste noire des Nations Unies, a été le chef du parti de Taylor et aussi le président de la compagnie pétrolière nationale.

Allen : Eux, ils demandèrent de l´aide pour renverser Samuel Doe. Alors les Américains leur demandèrent qui ils avaient choisi comme leader de celle-ci, oui de cette révolution. Leur réponse fut claire et sans hésitation. Nous avons un Libérien qui a beaucoup de raisons de rancoeurs envers Samuel Doe. Cet homme a une remarquable personnalité militaire, il est très intelligent et courageux.. Maintenant, malheureusement, il est dans l´une de vos prisons. Nous vous demandons de le libérer, de pouvoir l´utiliser comme leader de notre révolution. Et ils acceptèrent. Et Taylor...

Silvestro : Ils acceptèrent ?

Allen : Bien sur, et ils firent en sorte que Taylor puisse s´échapper.

Minister Doe : Vous devez le demander au département d´Etat américain, vous devez le demander aux plus hauts niveaux de la CIA, vous devez le demander aux plus hauts niveaux du FBI, vous devez le demander aux politiques qui maintenant gouvernent ce pays, eux savent bien ce qui c´est passé... Ecoute, je souhaite de ne jamais finir, dans ma vie, dans un pénitencier américain. Ce sont des endroits dont il est pratiquement impossible de s´évader. Taylor incroyablement a réussi.

Maintenant soyez attentifs au déroulement des faits... Qui était l´avocat de Taylor ? Ramsey Clark, l´ex Avocat Général des Etats Unis, l´un des hommes les plus puissants du monde, était l´avocat de Taylor. Taylor s´évade d´une prison de Boston, et où retrouvons-nous ensuite Taylor ? Nous le retrouvons en Afrique. Lorsque Taylor est arrivé ici, il avait un sac d´argent. Quand nous avons contrôlé la provenance des premiers 25.000 dollars qui étaient parvenus à Taylor, j´avais toutes ces informations sur un ordinateur, mais d´étranges individus l´ont détruit nuitamment. Cependant, l´un de mes amis a une copie. Eh bien, l´une des signatures était celle d´une personne qui ensuite est devenue président de ce pays et l´autre, eh bien, disons d´un Américain.

Silvestro : Où avez-vous été « entraîné », dressé ?

Momo : J´ai été « entraîné », dressé...

Silvestro : Dites la vérité.

Momo : Oui, en Libye.

Silvestro : Qui vous a entraîné ?

Momo : Eh, he, he, he, he, c´est une question importante. Une bonne question.

Silvestro : Quel genre d´instructeurs avez-vous eu ? D´où venaient-ils ? De quel pays ?

Momo : Ca je ne peux le dire devant une caméra de télévision, c´est top secret. Je ne peux le révéler... C´étaient des instructeurs, ça c´est sûr.

Silvestro : Qui vous a donné les armes ?

Momo : Pour combattre ?

Silvestro : Oui

Momo : He, he, he…

Silvestro : Les mêmes personnes ?

Momo : Noooo... C´était la révolution, on se débrouillait seul. Personne ne nous a donné quoi que ce soit. Le président Taylor utilisait ses ressources personnelles.

Voix off : Là-dessus j´invite l´équipe du tournage à aller faire un aller retour avec une caméra cachée. Une caméra de télévision cachée.

Silvestro : Qui sont ceux qui vous ont entraînés ? Vous me le dites ?

Momo : Eh, eh, eh… Bon ça va... Non je ne peux pas le lui dire... Et après tout il le sait...

Silvestro : La Cia ?

Momo : Oui, la Cia m´a entraîné

Silvestro : Mais alors Kadhafi... La Libye.

Momo : Laisse tomber... C´est de la politique...

Silvestro : Incroyable..

Momo : Laisse tomber... C´est de la politique

Silvestro : Et eux vous ont donné l´argent ...

Momo : L´argent, tout.

Silvestro : Les armes ?

Momo : Tout, tout.

Silvestro : La Cia ?

Momo : Laisse tomber... C´est de la politique.

Silvestro : Miséricorde...

Momo : Vous le savez... Ils sont dangereux... Maintenant ils veulent le silence... Ils n´apprécieraient pas que l´on parle... Si nous le faisions, cela serait dangereux pour eux.

Silvestro : Comment est-ce possible que la CIA ait aidé Charles Taylor à s´évader de prison ?

Lady Taylor : Je suis sûre qu´ils étaient impliqués.

Silvestro : Mais ensuite il était en Libye à organiser la guerre contre Doe. La Libye était l´ennemie des Etats Unis.

Lady Taylor : Je pense que Charles Taylor a seulement été une marionnette dans ce jeu entre nations. Les USA étaient contre la Libye, mais dans le même temps les USA voulaient renverser Doe. C´est pour cela qu´ils avaient besoin qu´un ami vienne faire le travail. C´est pour cela qu´ils ont autorisé Taylor à aller en Libye suivre l´entraînement pour revenir ici faire la guerre avec ses hommes. Mais aussi pendant cette guerre, avant qu´il ne soit président, il était toujours en contact avec les Etats Unis. Il faisait partie du plan pour chasser le président Doe. Il avait besoin de comprendre quelles étaient les priorités : la question libérienne, son sens pour l´administration américaine, les réserves naturelles qu´ils avaient et qui pouvaient devenir des ressources pétrolières pour eux. Tout ceci faisait que le Libéria devenait un point stratégique. C´est pour cela que la question libérienne était bien plus importante que la libyenne.

Voix off : Comme me le révèle le général Momo, Taylor, à cette époque, travaillait pour la Cia, espionnant Kadhafi et les mouvements de libération africains qui durant ces années s´entraînaient en Libye.

Momo : C´était une opération de la CIA

Silvestro : Enfin la vérité c´est que Taylor travaillait pour la CIA et avait été envoyé pour infiltrer les mouvements de libération africains qui s´entraînaient en Libye.

Momo : C´est certainement la vérité

Silvestro : Ce n´est pas sûr ?

Momo : Certainement que oui, je travaillais avec lui, et nous parlions de ces choses là, et je n´ai pas l´habitude de mentir, moi.

Silvestro : Et quelles opérations spéciales a mis au point Taylor pour la Cia en espionnant Kadhafi ?

Momo : Une... une importante fut au Burkina Faso

Silvestro : La mystérieuse fugue de Charles Taylor croise le destin de Thomas Sankara, le très jeune président du Burkina Faso. Il y a quelque temps un ex-seigneur de guerre, Prince Johnson, actuellement sénateur, a raconté devant la Commission Vérité au Libéria que lui et Taylor ont eu un rôle dans la mort de Sankara. Je suis allé le rencontrer pour qu´il m´explique mieux cette histoire.

Prince : Mais cela ne fait pas partie de ce que vous avez écrit ici...

Silvestro : C´est compris dans la dernière question

Prince : Non, cela n´y est pas et en tous les cas vous devez respecter la séquence de la demande que vous avez écrite ici...

Silvestro : Vous dites ?

Prince : Et vous ne pouvez pas me faire de nouvelle demande que vous n´avez même pas écrite ici.

Silvestro : C´est si difficile pour vous de répondre à cette question ?

Prince : Non, non... Cela ne va pas comme ça

Silvestro : Enfin que s´est-il passé au Burkina ?

Prince : Non, nous... Lorsque l´on parle d´un fait une fois, deux, trois fois...

Silvestro : De Thomas Sankara.

Prince : Pour finir, c´est fastidieux.

Silvestro : Vous dites ?

Prince : Je suis allé à la Commission réconciliation, j´ai donné une interview à une agence de presse française, elle a été diffusée dans le monde entier et je continuerai à répéter en continu ce que j´ai dit à propos du Burkina Faso.

Silvestro : Je comprends, mais répondez.

Prince : Et peu après que j´ai parlé, le président du Burkina a eu plein de problèmes et je ne veux pas que cela arrive à nouveau. Et puis, si vous voulez réellement savoir ce qui est arrivé au Burkina Faso, eh bien, allez là-bas et demandez-le au président Blaise Compaoré... Vous êtes un représentant des médias internationaux, vous êtes comme un docteur à qui l´on doit toujours dire la vérité, alors allez au Burkina Faso... (éclats de rire)

Voix off : Ensuite, avec la caméra apparemment éteinte...

Prince : Cela a été un pacte international pour mettre dehors cet homme et si je raconte comment cela c´est passé, les services secrets pourraient vous tuer, vous le savez ?

Silvestro : Un complot international. C´est parce que la vérité apporterait beaucoup de problèmes à Blaise Compaoré, l´actuel Président du Burkina. Campaoré, en 1987 lorsque Sankara fut tué, était considéré comme son meilleur ami. C´est ce qu´il raconta tout de suite après sa mort...

Compaore : J´étais malade.

Voix off : On me raconte comment se sont réellement passé les choses, je suis Momo et Allen.

Allen : Yahya Jammeh, l´actuel Président de la Gambie, Blaise Compaoré, Thomas Sankara, Domingo Guengeré, et... Foday Sankoh, et puis l´homme du Tchad, dont je ne me rappelle plus de son nom... En tous les cas, ils ont tous été entraînés dans une localité libyenne et ils étaient tous amis. En fait, ce furent eux qui organisèrent la révolution au Burkina Faso et fait de Sankara son Président. Il devient Président et commence à appliquer son programme et à gouverner. Mais ensuite les Américains infiltrèrent le mouvement africain de libération aussi pour renverser Thomas Sankara qui était trop à gauche. Sankara ne plaisait pas aux Américains, il parlait de nationaliser les ressources de son pays pour les utiliser en faveur de son peuple ; en fait, c´était un socialiste. Et ils décidèrent de l´éliminer.
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Cette partie contient une succession d´images d´archives. Ci-dessous les commentaires qui accompagnent les images

Voix off sur Vidéo où l´on voit Sankara : Thomas Sankara, de 1983 à 1987, fut président de la Haute Volta qu´il rebaptisa Burkina Faso, c´est à dire «Le pays des hommes intègres ». Pour ne pas subir les diktats extérieurs, il refusa les aides du FMI et de la Banque Mondiale. Son pays semi-désertique, affamé, endetté, avec une mortalité infantile des plus élevées au monde, ne pouvait compter que sur lui même. Et ceci signifiait devoir lutter contre l´avancée du désert, et développer l´autosuffisance alimentaire, garantir à tous instruction et assistance sanitaire. «Deux repas et 10 litres d´eau pour tous et tous les jours», devint le slogan qui résumait l´espoir d´un futur meilleur.

Le pays, surtout les femmes, furent appelées à se mobiliser autour de ces objectifs : le volontariat de masse, à consommer seulement ce que le pays était capable de produire de manière autonome, arrêt des importations superflues et des achats militaires, lutte contre les gaspillages, les privilèges et la corruption.

L´exemple personnel.

Sankara : Nos ministres ne peuvent pas voyager en première classe, mais seulement en classe touriste. En outre nous avons aussi supprimé les indemnités présidentielles et sommes en train de réduire les salaires des fonctionnaires d´Etat et des bureaucrates. Les procès contre les voleurs, contre ceux qui volent l´argent de notre pays, se déroulent maintenant. Ils ont lieu et sont publics.

Voix off : Thomas Sankara mangea du mil comme les paysans de son pays, circula à bord d´une petite voiture déglinguée, s´habilla toujours à la burkinabé, et il n´eut jamais de propriété personnelle. Son salaire de Président était si misérable, à faire rougir tous les hommes d´Etat de la planète et de son pays, ses semblables l´ont suivi avec enthousiasme.

Furent construits : des rues, chemin de fer, des écoles et des hôpitaux, la production agricole augmente, des terres sont gagnées sur le désert. En quatre ans, le rêve de deux repas et de dix litres d´eau par jour et pour tous devint réalité. Mais le cauchemar de la dette extérieure accumulée par les précédents gouvernements corrompus, menaçait à l´horizon. Sankara se bat au niveau international contre ce nouvel esclavage de la dette.

Sankara : Nous devons être unis pour dire que la dette ne peux être payée, car si je suis seul à me battre, je serai assassiné. Si nous sommes unis, nous pourrons ne pas payer et ne pas payer pour que l´on puisse travailler et construire un avenir meilleur pour nos peuples. Si seul le Burkina Faso refuse de payer sa dette, je ne serai pas ici à la prochaine conférence.

Commentaires DE Silvestro : Sankara avait fait du bonheur, le bonheur de tous, l´indicateur principal de son action gouvernementale. Il remettait en question des équilibres délicats de cette époque. C´était un scandale qui devait être supprimé... Le général Momo Jiba et Cyril Allen, les deux hommes les plus fidèles de Charles m´ont raconté ce qui c´est passé.
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Les interview reprennent

Momo : Mon boss est allé trouver Thomas Sankara pour lui demander de l´aider pour prendre le pouvoir au Libéria. En contre partie, il lui offrait beaucoup d´affaires possibles. Thomas Sankara lui répondit qu´il n´était pas intéressé et lui demanda de quitter le Burkina Faso. Il lui dit de trouver un autre endroit où s´organiser et qu´il ne l´aurait jamais aidé. Alors, Guengere est un homme très grand qui maintenant est ministre de la défense au Burkina Faso... En fait Guengere, Blaise Compaoré, Charles Taylor et l´actuel président du Tchad... Oui, le président... Vous savez qui c´est ?

Silvestro : Oui

Momo : Bon, lui aussi

Silvestro : Oui

Momo : ...Ils se sont retrouvés en Mauritanie et ont discuté un jour entier... Ils ont beaucoup discuté et puis un homme a été envoyé par Paris, un homme blanc qui a longuement discuté avec eux... Puis il y eut une autre rencontre en Libye, où l´on parla encore du problème Sankara et ce qui fut clair pour tous est que si nous voulions utiliser le Burkina comme base, Sankara devait être éliminé. Blaise Compaoré deviendrait président et allait nous aider.

Silvestro : Et Kadhafi était d´accord ?

Momo : Bien sur. Attention tout ceci doit rester secret .... C´est top secret

Silvestro : Oui... oui...

Momo : Si, Kadhafi aidait Taylor. Mais aussi la France envoya l´un de ses hommes pour dire qu´elle aurait appuyé le coup d´Etat... Ou mieux la France mit à disposition l´argent et dit, pour nous ça va, nous sommes avec vous... Si vous le tuez, Compaoré devient président et nous, nous reconnaîtrons son gouvernement, il n´y a pas de problème... Alors Blaise dit à Guengere - il est actuellement commandant des forces armées au Burkina Faso - de réunir un groupe de commandos fiables au Burkina Faso et Taylor fournit d´autres hommes et firent le coup d´Etat.

Silvestro : Seule la France fut impliquée ?

Momo : La France fut totalement impliquée

Silvestro : Et les Etats Unis et la CIA ?

Momo : Non, ça je ne le sais pas et je ne veux pas dire de sottises.

Allen : Le piano fut accordé par les Américains et les Français. Il y avait un homme de la CIA à l´ambassade des Etats Unis au Burkina qui travailla en étroit contact avec le chef des services secrets de l´ambassade française, eux ont pris les décisions les plus importantes.

Silvestro : Ensuite la CIA et les services secrets français...

Allen : Et les services secrets français décidèrent de mettre hors jeu Sankara. Ainsi sont les faits.

Momo : Eux apportèrent leurs hommes, quelques commandos et puis il y avait Prince Johnson, il y avait moi, nous communiquions avec des talkie-walkie, nous avions toutes les informations sur Sankara, quant il sortait ou rentrait chez lui... tout était planifié

Silvestro : Vous y étiez ?

Momo : Bien sur, j´étais au Burkina Faso, j´étais dans cette opération.

Silvestro : Et vous étiez présent quand Sankara a été assassiné ?

Momo : Oui, bien sûr, j´étais dans la pièce lorsqu´il a été assassiné.

Silvestro : Quels souvenir avez-vous de cet instant ?

Momo rit

Silvestro : Sankara attendait Blaise Compaoré pour un meeting ?

Momo : Non ce n´était pas un meeting... C´était d´importantes rencontres en cours...

Momo : Et Blaise Compaoré après avoir fait semblant de rentrer chez lui, à minuit pile, il était là, prêt à agir avec les autres... Il entra dans la pièce et il tira.

Allen : C´est lui qui tira le premier coup... parce que lui il était assis ici et Compaoré était assis là de l´autre côté de la table... Et alors il tira le premier coup, puis le second et Sankara s´est affaissé sur la chaise et mourut... Juste avant ils parlaient et Compaoré lui faisait face...

Momo : Moi j´étais à deux pas lorsque Thomas Sankara a dit : « Blaise, tu es mon meilleur ami, celui que j´appelais mon frère, et c´est justement toi qui m´assassines ? » Blaise fit un geste d´agacement et lui dit quelque chose en français - moi je ne comprends pas bien le français - puis il tira.

Allen : Si Blaise Compaoré n´avait pas tiré sur Sankara, Guengere l´aurait fait et maintenant ce serait lui le Président. Tout cela est dû à l´intérêt de l´Amérique à prendre le contrôle du Burkina Faso.

Voix off : Quoi qu´il en soit, c´est certain, le bonheur a migré ailleurs et le Burkina Faso est redevenu un des pays les plus pauvres du monde.
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Quelques commentaires

Ce documentaire nous l´espérons fera avancer les choses et suscitera, c´est indispensable, d´autres témoignages.

Nous ne croyons guère à la version qui situe l´assassinat de Sankara à minuit en présence de Blaise Compaoré qui aurait tiré lui-même. Jusqu´à preuve du contraire l´assassinat s´est déroulé en début d’après-midi. Mais il faut bien sur rester ouvert.

Cela fait longtemps que les Libériens sont mis en cause dans l´assassinat de Sankara. Jamais jusqu´ici aucun Libérien n´avait expliqué quels avaient été leur rôle. Nous doutons fortement de ce qui est raconté ici, sur le déroulement et le jour de l´assassinat, mais leur implication est encore confirmée.

On retrouve ici une nouvelle confirmation des accusations contre la France et la Libye. Mais ce qui nous semble très important c´est la mise en cause de la CIA. Ce n´est pas non plus la première fois, mais dans ce documentaire plusieurs Libériens le confirment avec quelques détails. Charles Taylor aurait travaillé en réalité pour infiltrer les révolutionnaires africains pour le compte de la CIA.

Il existe déjà différents écrits qui s´étonnent du fait que Taylor ait pu s´évader des Etats-Unis. Or peu avant la diffusion de ce film, Charles Taylor a raconté lui-même son « évasion libération » rocambolesque au cours de son procès devant le tribunal spécial pour la Sierra Léone, confirmant qu´il a été aidé.

Ajoutons que ce film a été tourné, nous en avons obtenu confirmation par le réalisateur, avant que ne paraisse le rapport de la Commission vérité et réconciliation du Libéria qui met en cause l´actuelle présidente du Libéria mais aussi une cinquantaine de personnalités.

* Silvestro Montanaro est un journaliste italien

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org


* Vous pouvez visionner la version italienne en intégralité sur le site http://www.thomassankara.net/spip.php?article786 ou http://www.rai.tv/dl/RaiTV/


Insaisissable Guinée Bissau

Eugène Tavares

2009-09-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/58584

Le deuxième tour de la présidentielle en Guinée Bissau, qui a porté au pouvoir Malam Bacai Sanha le 26 juillet 2009, est un nouvel espoir pour sortir ce pays d’une tendance vers la « somalisation ». Cependant, pour un pays qui n’a pas connu de stabilité politique réelle depuis le début des années 1980 et a traversé de nombreuses péripéties dramatiques, les équilibres sont précaires. Mais pour Eugène Tavarès, si un début de prise de conscience se manifeste au niveau national, le salut de la Guinée-Bissau ne repose pas seulement sur les fils de ce pays. Cela relève aussi de la responsabilité et de l’implication de l’Union africaine et de la communauté internationale.
La Guinée-Bissau vient de donner la preuve éclatante qu’il est un pays insaisissable, dans tous les sens du terme. Les récentes élections présidentielles qui, de l’avis de tous les observateurs se sont déroulées dans le calme, la transparence et un fort esprit de civisme, ont confirmé que ce peuple sait faire la différence entre les événements politiciens et l’intérêt supérieur de la nation. Les Bissau-Guinéens ont aussi donné un signal fort, très peu souligné, qu’ils constituaient un peuple mûr, souverain, en dépit de la tentative de certains groupes d’individus foncièrement nocifs de les soumettre à leur diktat.

Alors que la communauté internationale attendait au deuxième tour un duel entre Henrique Rosa et un des deux autres candidats, à savoir Kumba Ialá, candidat du Parti de la rénovation sociale (PRS), et Malam Bacai Sanha, candidat du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), les Bissau-Guinéens ont choisi, le 28 juin, au premier tour, Malam Bacai Sanha et Kumba Yala, démontrant ainsi qu’ils étaient seuls maîtres de leur destin.

L’élection de Malam Bacai Sanha, au deuxième tour, le 26 juillet dernier, avec 63% des voix, ce qui est très confortable, constitue un autre pied de nez à la communauté internationale. En effet, on aurait pu penser les Bissau-Guinéens lassés du PAIGC, mais voilà à nouveau ce parti aux commandes du pays après des expériences dont on ne peut pas dire qu’elles ont été concluantes, c'est-à-dire profitables pour le peuple. Le choix des Bissau-Guinéens est en cela un peu déroutant.

Le fait que ce parti ait libéré le pays du joug colonial ne peut plus constituer une raison suffisante de le porter au pouvoir, et ce n’est pas non plus un programme de gouvernement. Le peuple de Guinée-Bissau doit maintenant dépasser le sentiment qu’il est redevable à vie au PAIGC. Quoiqu’il en soit, il s’est exprimé et il faut respecter son choix. C’est cela la démocratie. Les institutions doivent maintenant pouvoir fonctionner normalement.

De nombreux observateurs et acteurs de la vie politique, économique et sociale de la Guinée-Bissau se poseront certainement la question de savoir ce que peut faire le PAIGC aujourd’hui, qu’il n’a pas su faire hier. Il y a aujourd’hui, nous semble-t-il, une véritable prise de conscience de toutes les sphères de décisions du pays, de la nécessité de sortir la Guinée-Bissau des ornières. Aucun dirigeant ne peut faire fi de cette attente du peuple, sauf à vouloir faire un suicide politique ou « réel ».

La patience a ses limites et nous vivons peut-être là l’expérience démocratique de la dernière chance en Guinée-Bissau. Le nouveau président de la République doit saisir cette opportunité pour assainir le pays dans tous les domaines, avec l’aide des partenaires internationaux. Il doit en outre activer les leviers pouvant engager le pays dans la voie de la stabilité et du développement. Nous ne reviendrons pas sur les pistes de réflexions que nous avons dégagées précédemment. Nous ajouterons cependant qu’une des priorités de Malam Bacai Sanha devrait être d’organiser une sorte d’états généraux de l’armée. Cette tâche est relativement aisée pour lui, puisque les hauts gradés de cette institution sont, pour la plupart, ses anciens compagnons de lutte. Tant que l’armée ne s’inscrira pas dans une logique de respect des institutions et de la démocratie, nous pouvons être sûrs que les élections ne seront toujours que des coups d’épée dans l’eau.

Le chef d’Etat major de l’armée, le général José Zamora Induta, en exhortant les différents candidats malheureux à respecter le verdict des urnes, donne là un signal que tout le monde apprécie. Il faut que cet état d’esprit perdure et permette au président nouvellement élu d’envisager son mandat avec plus de sérénité. Cela fait plus de vingt ans que la Guinée-Bissau patauge. Il est temps qu’il sorte de la boue.

Face à l’armée, la jeunesse doit jouer un rôle de contre-pouvoir. Elle est la seule force capable d’incarner véritablement le changement dans le pays. C’est la seule alternative crédible contre laquelle l’armée sait qu’elle est impuissante. La jeunesse bissau-guinéenne ne s’est jamais vraiment manifestée durant ces deux décennies de violence et d’instabilité. Pourtant, le tempérament du Bissau-Guinéen n’est pas celui de la soumission. Si les autorités qui seront mises en place ne prennent pas le chemin de la normalisation, il y a gros à parier que la Guinée-Bissau court un grand danger de « somalisation ».

Le PAIGC ne doit pas gâcher la chance qui lui a été offerte de redorer son blason depuis longtemps terni par toutes les vagues d’assassinats, l’instabilité chronique du pays et une pauvreté extrême. Le président n’a qu’à replonger dans les archives de son parti pour redécouvrir les ambitions, les projets que ce dernier avait pour la Guinée-Bissau du temps d’Amílcar Cabral.

Encore une fois, le pays doit refermer ses plaies, se réconcilier et s’unir comme du temps de la lutte de libération. Sans oublier les événements tragiques, qui font maintenant partie de son histoire, il doit en tirer les leçons pour bâtir une société solide, de progrès et de prospérité. Le président doit tendre la main à tous les fils de Guinée-Bissau, et nous avons même envie de dire, à toutes les bonnes volontés, pour sortir définitivement le pays des heures sombre de son histoire post-indépendance. Il ne doit pas répéter les erreurs commises par son parti après la libération, en s’engageant dans une chasse aux sorcières et dans une politique d’épuration qui ont été préjudiciables au pays. Il s’agit surtout, aujourd’hui, de faire appel aux hommes et aux femmes compétents de ce pays pour entamer la reconstruction.

La communauté internationale, à travers ses différents mécanismes de financement, d’aide et d’appui au développement doit résolument se mettre aux côtés de la Guinée-Bissau. En le faisant, elle fait non seulement œuvre utile, mais elle prévient aussi le risque d’une déstabilisation de la sous-région.

Les organisations africaines sont concernées au premier chef. Le rôle premier de l’Union Africaine ne doit pas être d’assurer le développement des Etats membres, mais d’instaurer la paix sur le continent tout entier. L’organisation ne sera crédible que lorsque qu’elle permettra, à travers ses différents instruments et mécanismes de fonctionnement, à des pays comme la Guinée-Bissau de retrouver définitivement la stabilité. Les pays africains ne pourront résolument se consacrer au développement que lorsqu’ils seront définitivement débarrassés du poids des guerres, des coups d’état, des menaces de déstabilisation de toutes sortes. La Guinée-Bissau ne fait pas exception. Les récentes élections sont un signe encourageant qu’il faut consolider et pérenniser.

« Malam Bacai Sanha, ora tchiga », disait le slogan de campagne. Oui, l’heure est arrivée de transformer ce pays en une véritable démocratie et en une société de progrès, non pas au profit d’une minorité, mais au profit de tous les Bissau-Guinéens.

Ce peuple a envie de démontrer qu’il sait faire autre chose que de vivre et de survivre dans les crises.
Bonne chance Président Malam Bacai Sanha. Que les esprits de Cobiana vous accompagnent.

* Eugène Tavares est Dr en Études portugaises, brésiliennes et de l’Afrique lusophone, diplômé d’Études diplomatiques supérieures - Écrivain-chercheur

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Angola : les dérives des expulsions forcées

La Société civile angolaise

2009-09-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/58585

L’Angola connaît depuis plusieurs 2005 des vagues d’expulsions forcées qui se déroulent dans des conditions de plus en plus sévères, voire dramatiques, avec un usage excessif de la force. Les raisons avancées par les autorités reposent sur la nécessité de procéder à des aménagements en prévision de la Coupe d’Afrique des Nations de 2010, si ce n’est en direction de projets touristiques. Pour la société civile angolaise, qui dénonce ces expulsions massives et forcées, la situation pourrait empirer avec l’adoption d’un nouveau code minier et les projets d’investissement et d’exploitation minières qui, dans ce cadre, concernent plusieurs régions du pays. Devant la situation actuelle et les perspectives qui se dessinent, elle s’élève «contre le recours systématique aux expulsions forcées, démolitions de maisons et expropriations de terres». Elle appelle les autorités à une application intelligente et concertée de ces mesures quand elles s’avèrent nécessaires.

Nous, membres de la société civile angolaise, en notre nom et au nom des représentants d’organisations et personnes individuelles qui ont signé ce texte, déclarons être préoccupés par la recrudescence d’expulsions forcées qui ont déjà eu lieu ou sont annoncées. Elles constituent une violation des droits des citoyens à une vie digne. C’est dans ce contexte que nous assumons une position claire en faveur du respect de la Constitution, des lois et des droits fondamentaux, raison pour laquelle nous nous déclarons fermement contre les expulsions perpétrées. Nous exigeons que les institutions de l’Etat, principales responsables de la garantie des Droits de l’homme sur une base universelle, adoptent une politique de logement participative, juste et incluant les divers groupes et classes sociales, autrement dit, adaptée à la réalité de la grande majorité des familles de ce pays.

Selon l’Observation Générale nº 7 du Comité de l’ONU pour les Droits Economiques, Sociaux et Culturels, on entend par “expulsions forcées” “le fait de faire sortir des personnes, des familles et/ou des communautés des maisons et/ou des terres qu’elles occupent, de façon permanente ou provisoire, sans leur offrir de moyens appropriés de protection légale ou d’autre nature, ni leur permettre d’y accéder”. En outre, dans le même document, le Comité arrive à la conclusion que “les expulsions forcées sont prima facie incompatibles avec les conditions requises par le Pacte [International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels].”

Entre 2001 et 2007, des organisations locales et internationales ont documenté l’expulsion forcée de plus de 30 000 personnes. Une partie d’entre elles a vu leurs maisons démolies sans qu’elles soient préalablement prévenues, et encore moins consultées, sans protection légale ni logement alternatif adéquat. De nombreuses expulsions forcées ont été exécutées par des agents de la police, des membres des forces armées ou des entreprises de sécurité privée, faisant un usage excessif de la force.

Le mois dernier, 3000 maisons ont été démolies dans la municipalité de Kilamba Kiaxi, à Luanda (capitale du pays), ce qui signifie l’expulsion forcée de 3000 familles, soit au moins 15 000 personnes. A Lobito, depuis février 2009, 250 familles vivant dans l’ancienne place du marché sont menacées d’expulsions. En prévision du CAN (Coupe d’Afrique des Nations) et de projets touristiques entre Benguela et Lobito (deux villes en bord de mer à 500 km au sud de Luanda), les administrations locales annoncent les futures expulsions de quartiers entiers, où vivent des milliers de familles. Elles n’ont pas encore été prévenues et aucune action de consultation n’est prévue. Beaucoup d’autres cas ont lieu dans différentes provinces, non seulement dans les villes mais aussi dans les campagnes où des terres sont confisquées des communautés locales, alors qu’elles survivent de l’agriculture de subsistance.

A cause de nombreux déplacements internes pendant la guerre, d’un système administratif défaillant et du manque de politique de logement en faveur des pauvres, entre autres facteurs, on estime qu’à Luanda, par exemple, 75% des familles n’ont aucun titre officiel sur leurs maisons et leurs terrains. Parfois, comme dans le cas de certaines des familles vivant dans le marché de Lobito, celles-ci y ont été relogées par l’administration municipale, mais sans que leur soit jamais donné un titre de propriété, les laissant ainsi vulnérables à de nouvelles expulsions, chaque fois que l’administration a besoin du terrain à d’autres fins.

Les raisons officiellement données par le gouvernement, central ou local, pour ces expulsions, vont de la reconstruction du pays à la requalification des quartiers, en passant par les expropriations pour “utilité publique”, la préparation de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations de football, en 2010) ou encore des investissements publics ou privés. Même si certaines de ces raisons peuvent être considérées comme justifiées et légitimes, il existe des normes internationales, reconnues par le système juridique angolais, qui réglementent la façon de mener des expulsions. Dans tous les cas, il est inacceptable que ce type de mesures soit systématique et jugé normal par le gouvernement, alors qu’il doit y recourir en dernière instance, et seulement après avoir organisé, entre autres conditions, des alternatives adéquates.

Nous sommes également préoccupés par d’autres facteurs qui nous font penser que cette vague d’expulsions forcées pourrait se renforcer et violer les droits de beaucoup d’autres familles, si des procédés adéquats ne sont pas adoptés. Nous parlons du nouveau Code Minier qui, s’il est approuvé comme il est présenté jusqu’à maintenant, transformera toutes les zones contenant des ressources minières, y compris celles destinées à la construction civile, en zones restreintes d’où les populations locales devront être délogées. Nous pensons également à la mise en application de la Loi sur les Terres, dans le sens du peu qui est fait pour que les communautés rurales et les familles citadines enregistrent systématiquement leurs terres ou terrains, afin d’avoir une meilleure sécurité juridique dans le futur.

Nous parlons enfin des futurs grands investissements dans le pays, que cela soit pour la production de biocombustibles à Malanje, d’aluminium à Benguela, d’argent au Kwanza-Norte, de cuivre à Uíge (1) ou d’uranium dans le sud du pays. Ces investissements sont nécessaires et peuvent créer des emplois et de la croissance. Mais si l’Etat angolais ne protège pas les familles qui vivent dans les zones visées, le nombre d’expulsions et de confiscations de terres, sans alternatives ni compensations, pourra augmenter dans des proportions alarmantes au cours des prochaines années. Et, une fois de plus, la croissance économique ne sera pas accompagnée de développement social.

Il faut rappeler que dans son Article 2, la Loi Constitutionnelle angolaise en vigueur déclare que “la République d’Angola est un Etat démocratique de droit qui a comme fondamentaux”, entre autres, “la dignité de la personne humaine” et “le respect et la garantie des droits et libertés fondamentales de l’homme”. Son article 20 affirme que “l’Etat respecte et protège la personne et la dignité humaines”, et l’article 29 stipule que “la famille, noyau fondamental de l’organisation de la société, est objet de protection de l’Etat”.

En outre, l’article 21 de la même loi reconnaît que “les normes constitutionnelles et légales relatives aux droits fondamentaux doivent être interprétées et intégrées en harmonie avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, et autres instruments internationaux auxquels l’Angola est partie”. De fait, l’Angola a ratifié la Charte Africaine en 1990 et les Pactes Internationaux relatifs aux Droits Civils et Politiques ainsi qu’aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels en 1992. En tant qu’Etat partie, l’Angola a accepté les obligations de respecter, protéger et réaliser les droits humains, y compris le droit à un logement adéquat.

Finalement, nous désirons rappeler que suite au passage en revue de l’Angola, en novembre 2008, le Comité des Droits Economiques, Sociaux et Culturels a recommandé :
a) de prendre des mesures appropriées pour que les mesures d’expulsion ne soient prises qu’en dernier recours, et d’adopter des lois ou des directives définissant de façon stricte les circonstances et les garanties dans le cadre desquelles les expulsions peuvent avoir lieu, conformément à l’Observation générale n° 7 du Comité sur le droit à un logement convenable (art. 11.1) et les expulsions forcées (1997) ;

b) d’enquêter sur toutes les allégations d’usage excessif de la force par des policiers et des agents de l’État participant aux expulsions forcées et de traduire en justice tous les responsables;

c) de s’assurer que chaque victime d’expulsion forcée bénéficie de mesures adéquates de relogement ou d’indemnisation et qu’il ou elle ait accès à un recours utile ; et

d) de veiller à ce que toute expulsion forcée dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations, manifestation sportive qui doit se tenir en 2010, soit conforme aux critères et directives énoncés dans l’Observation générale n° 7.»

Dans ce contexte, et gardant en tête ces préoccupations pour le présent et le futur de notre pays:

1. Nous nous positionnons contre le recours systématique aux expulsions forcées, démolitions de maisons et expropriations de terres;

2. Nous appelons les gouvernements provinciaux à créer des commissions dans chaque municipalité, avec une ample participation de la société civile et de représentants de chaque quartier et communauté, pour discuter à l’avance de tous les plans de construction de logements, expulsions et relogements, et pour faciliter la réalisation de consultations et négociations au cas par cas;

3. Nous exigeons que les droits à l’information, à la participation et au recours juridique, tous reconnus par la Loi Constitutionnelle angolaise, soient respectés;

4. Nous demandons que le droit à un logement adéquat pour tous, qui inclut les composantes de sécurité juridique de l’occupation, habitabilité, accès aux services publics, accès physique et financier, localisation et adéquation à la culture, soit intégré à la nouvelle Loi Constitutionnelle du pays;

5. Nous appelons le Gouvernement à utiliser le droit au logement comme base des politiques, programmes et budgets liés au logement, à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, qui doivent systématiquement contenir une composante en faveur des pauvres afin de commencer à inverser le cadre des inégalités sociales dans notre pays;

6. Nous appelons également le Gouvernement à respecter le droit au logement et tous les autres droits humains dans les décrets qu’il promulgue, ainsi que dans ses accords bilatéraux et multilatéraux avec d’autres pays;

7. Nous recommandons enfin que la Rapporteur Spéciale de l’ONU pour un Logement Adéquat soit officiellement invitée par le Gouvernement d’Angola, afin de pouvoir entrer dans un dialogue constructif avec celui-ci et l’aider à respecter ses obligations de respect, protection et réalisation du droit au logement.

Benguela, 20 Aout 2009

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Les intellectuels face à la construction de l'Union africaine

Honorat Aguessy

2009-09-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/58583

Il y a deux, le professeur Honorat Aguessy créait le Conseil mondial du panafricanisme. Une manière pour lui de porter encore plus le débat sur l’unité africaine dans les cercles intellectuels. Pour ce sociologue béninois, il est en effet d’une impérieuse nécessité de voir l’Afrique mettre en place les structures permettant de promouvoir ce commun devenir sans lequel le continent ne pourrait ni se stabiliser ni se développer. En cela, estime-t-il, il est important de voir les intellectuels s’engager dans un travail de sensibilisation des populations. Avec Pambazuka News, il a échangé sur cette vision d’avenir.

Pambazuka : Au cours de ces cinquante dernière années, il y a eu plusieurs tentatives d’unir les Etats africains, dont l’Organisation de l’Unité Africaine (Oua) créée en 1963, puis tout récemment, l’Union africaine (Ua). Pourquoi selon vous, ces différentes tentatives n’ont jusqu’ici pas abouti à la hauteur des espoirs ?

Honorat Aguessy : Je suis convaincu qu’il n’y a pas de salut pour l’Afrique et les Africains en dehors de l’unité. La création d’un gouvernement fédéral est un rêve, un idéal auquel nous aspirons tous. Je suis pour ma part convaincu que nous y parviendrons un jour, malgré les multiples obstacles qui se dressent devant nous aujourd’hui. J’ai consacré mon temps, mon énergie et beaucoup de mon argent à cet idéal, pour susciter une prise de conscience collective des Africains sur l’impérieuse nécessité de nous unir et faire face ensemble aux multiples défis qui nous interpellent.

C’est ce qui nous a poussés à créer, il y a quelques années, le Conseil mondial du panafricanisme (www.comopa.org), qui regroupe des intellectuels, des membres de la société civile et d’autres éminentes personnalités mus pour un seul but : l’avènement des Etats-Unis d’Afrique. Nous avons été au Sommet des chefs d’Etat et des gouvernements, tenu en juillet 2007 à Accra au Ghana, pour rencontrer les chefs d’Etat. A cette occasion, nous avons été très déçus par l’attitude négative de certains d’entre eux, qui ne semblaient nullement s’intéresser à l’avenir de ce contient comme cela se devait. Dieu merci, c’est déjà nettement mieux. Quelque vingt Etats se disent déjà prêts à former un Gouvernement de l’Union.

Pambazuka : N’est-il pas trop simple de toujours dire que l’Afrique ne peut se construire que dans cette unité, alors que les obstacles sont multiples ?

Honorat Aguessy : Nous ne dirons jamais assez que l’avenir de l’Afrique se trouve dans l’unité. Nous devons léguer aux générations à venir une Afrique unie et réconciliée avec elle-même. C’est ce qui permettra à ces jeunes d’aspirer à des lendemains qui chantent. Le professeur Cheikh Anta Diop avait raison, lorsqu’il déclara, un jour, à l’endroit des jeunes : «Si vous ne faites pas le panafricanisme, vous vivrez l’enfer sur cette terre». Je crois sincèrement, que la possibilité pour les jeunes d’aller où ils veulent sur le continent leur permettrait de s’épanouir dans un ensemble beaucoup plus vaste. Nous ne voulons pas que nos enfants vivent dans les mêmes conditions que nous qui avons connu la colonisation d’abord, puis une pseudo indépendance avec des Etats balkanisés. Nous devons coûte que coûte aboutir à l’unité continentale, pour épargner aux générations futures de nos enfants de vivre comme nous l’avons fait, à l’étroit dans des frontières étriquées.

Pambazuka : Quelle pourrait être la contribution des intellectuels africains, à la réalisation des Etats-Unis d’Afrique ?

Honorat Aguessy : Ce n’est pas pour rien que nous avons créé le Conseil mondial du panafricanisme. Nous l’avons créé, nous et d’autres intellectuels, comme contribution à la recherche de l’unité continentale. Contrairement à ce que laissent entendre certains, les intellectuels africains ne dorment pas. Ils réfléchissent depuis déjà plusieurs décennies, sur les moyens de parvenir à l‘union continentale. Le symposium de Dakar sur le panafricanisme (en juillet dernier) en est illustration. Il faut que chacune de ces occasions ainsi créées, soit une vraie opportunité pour la réalisation de cet idéal commun qu’est l’avènement des Etats-Unis d’Afrique. C’est en nous retrouvant de temps en temps pour réfléchir ensemble, que nous parviendrons à construire l’unité continentale.

Nous devons faire de sorte que les gens sachent que la mise en place d’un gouvernement d’Union à l’échelle continentale n’est pas une utopie, ni un balbutiement, mais la condition sine qua non pour que l’Afrique aille de l’avant. C’est ça l’essentiel. C’est ce genre de rencontre qui nous permettra d’avoir beaucoup plus de personnes un peu partout à travers le continent, capables de conscientiser les peuples sur la nécessité de parvenir, dans les meilleurs délais, à l’unité sacrée du continent. Ces mêmes relais peuvent aussi jouer un rôle particulièrement important dans la sensibilisation d’autres personnes qui, de par le monde, ont quelque raison de s’intéresser à l’Afrique.

Pambazuka : Quels rôles doit alors jouer la diaspora africaine, dans le processus de création de ces Etats-Unis d’Afrique ?

Honorat Aguessy : L’Afrique est constituée des citoyens résidants et ceux de la diaspora. Les premiers vivent en permanence sur le continent tandis que les seconds relèvent de la dispersion des fils d’Afrique un peu partout à travers le monde. Soit par fait de la traite négrière, soit par l’esclavage ou alors par le phénomène d’émigrations. Les peuples de la diaspora regorgent d’éminentes personnalités qui sont pour la plupart, fortement attachées à l’Afrique malgré leur éloignement du continent. Ils participent de la plus belle manière à la conscientisation du monde sur l’éthique qui doit guider notre démarche dans la réalisation des Etats-Unis d’Afrique. Nous sommes condamnés aujourd’hui à travailler ensemble avec cette diaspora.

L’Afrique et sa diaspora comptent actuellement près de 1,4 milliard de personnes. La diaspora africaine est fortement implantée un peu partout à travers le monde, notamment dans les Antilles comme en Jamaïque, à Sainte Lucie, Cuba, en Haïti, à Trinidad et Tobago, en Guyane, aux Etats-Unis, au Brésil, en Equateur, en République Dominicaine, etc. Nous ne pouvons pas les abandonner là où ils sont, parce que ce sont nos frères et sœurs. Quel que soit l’endroit où ils se trouvent, ces frères et sœurs continuent de vivre avec les valeurs africaines. Ceci prouve à suffisance, que nous sommes un seul et même peuple. Ils s’intéressent donc, à tout ce qui se passe sur le continent. Nous ne pouvons dès lors, pour rien au monde, les abandonner à leur sort. Nous ne serons, pour cela, jamais assez reconnaissants aux chefs d’Etat qui ont décidé de faire de la diaspora la sixième région de l’Afrique.

Pambazuka : Croyez-vous que l’élection de Barack Obama pourrait contribuer un peu plus aujourd’hui, à la prise de conscience collective des Africains ?

Honorat Aguessy : C’est promoteur. Cette élection d’un Noir à la tête du pays le plus riche du monde va contribuer à la transmutation du monde. Mais pour que ce changement arrive conformément à la conjoncture qui est plus que jamais favorable, il faudrait que les Etats-Unis d’Afrique voient aussi le jour. C’est l’ensemble de tous ces concours de circonstance qui vont l’appuyer et lui permettre de réaliser quelque chose de prodigieux dans le monde.

Pambazuka : Quels effets immédiats verriez-vous dans la création des Etats-Unis d’Afrique ?

Cela permettrait d’abord de remédier aux conflits cycliques qui secouent le continent depuis les indépendances dans les années 1960. La création d’un gouvernement continental peut contribuer à mettre fin à ce prétendu principe de pseudo-souveraineté qu’utilisent certaines personnes malintentionnées, pour perpétrer des actes inqualifiables à l’intérieur ou à l’extérieur de leurs frontières. Je crois que l’existence d’une armée continentale, par exemple, peut avoir un effet dissuasif. Les gens réfléchiraient plus d’une fois, avant de prendre les armes contre un régime au pouvoir ou contre un pays frère. Cela pourrait réduire les conflits fratricides entre Etats voisins, les guerres civiles à l’intérieur d’un même pays et les coups d’Etats, entre autres. A partir du moment où les gens savent qu’ils ne pourraient plus bénéficier de complicité sur place, que d’autres armées mieux équipées et plus entraînées viendraient les déloger pour rétablir la légalité constitutionnelle, il n’y aurait plus de guerres.

* Professeur Honorat Aguessy est président de l’Institut de développement et d’échanges endogènes et président du Conseil mondial du panafricanisme. Ses propos ont été recueillis par Mamadou Aliou Diallo

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Résumé de l'Édition Anglaise

Conflit Guinée-Sierra Leone : Une urgence pour la CEDEAO

Lansana Gberie

2009-09-06

http://pambazuka.org/en/category/features/58462

Une fois encore, un conflit en Afrique trouve son origine dans le flou des frontières tracées de manière arbitraire et héritées de la colonisation. S'appuyant sur des interviews ainsi que sur son expérience personnelle du différend frontalier entre la Guinée et la Sierra Leone, Lansana Gberie jette son regard sur l’escalade des conflits frontaliers à partir de de la découverte et de l’exploitation des diamants. Il propose une série d'étapes nécessaires – grâce,surtout à l'implication de la CEDEAO - pour arriver à un terme définitif de ce conflit.





Zimbabwe

Mugabe amnistie 1.500 prisonniers

2009-09-04

http://tinyurl.com/lso7nk

Le président Robert Mugabe a amnistié 1. 544 prisonniers, soit plus de 10% de la population carcérale, pour faire face au manque de nourriture dans les prisons. Les femmes et les jeunes, ainsi que les malades en phase terminale, sont les principaux bénéficiaires de cette mesure mais les prisonniers, condamnés pour meurtre, viol ou complot contre le gouvernement, en sont exclus. Selon Amnesty International, un millier de prisonniers sur un total de 12. 900 sont morts durant les six premiers mois de l'année dans les prisons surpeuplées du Zimbabwe.





Femmes & genre

Congo : des femmes battues brisent le mur du silence

2009-09-05

http://tinyurl.com/knl2pw

Au Congo, de plus en plus de femmes battues, qui vivent un enfer quotidien, osent briser les tabous familiaux et porter plainte contre leurs maris. Des associations, appuyées par les autorités, les aident à se reconstruire. En 2008, selon l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), plus de 2 000 femmes étaient chaque semaine battues par leurs maris. Au Congo comme ailleurs, les mentalités peinent à évoluer et certains hommes estiment toujours que battre sa femme est un acte d’amour ou un moyen juste de la réprimander


Mali : ATT cède sur le Code de la famille

2009-09-02

http://www.afrik.com/article17409.html

Le chef de l’Etat malien, a annoncé le 26 août qu’il refusait de promulguer le Code de la famille qui accorde plus de pouvoir aux femmes. Ce texte, très critiqué par le Haut Conseil islamique, est de nouveau soumis aux parlementaires. Cinquante mille Maliens avaient ainsi « maudit » cette loi au Stade du 26 mars, à Bamako, le 22 août. Elle a été qualifiée d’« insulte au Coran » , dans un pays où 90 % de la population est musulmane. Parmi les articles qui dérangent figure celui dans lequel l’expression « puissance paternelle » est remplacée par « autorité parentale ».





Droits humains

Guinée-Bissau : L'Onu soutient l'enquête sur les meurtres de Vieira et de Na Waié

2009-09-04

http://tinyurl.com/mkpb85

Le Bureau des Nations Unies à Bissau aidera les autorités politiques et judiciaires de Bissau à élucider les circonstances qui ont conduit au double assassinat du président Joao Bernardo Vieira et du chef d'état-major des armées, le général Tagme Na Waié. Ces derniers jours, des réunions ont été tenues entre des éléments de l'ONU et les procureurs bissau-guinéens qui mènent des enquêtes, ainsi qu’avec le procureur général de la République. Le diplomate onusien a informé le procureur de la disponibilité des Nations Unies pour l'éclaircissement de l'affaire, et a annoncé la venue des experts à Bissau pour renforcer l'équipe locale à cet effet.


Nigeria: le président lance la police dans la crise des banques

2009-09-04

http://tinyurl.com/mh4pj4

Le président du Nigeria Umar Yar'Adua a ordonné le 30 août à la police d'intervenir pour récupérer des milliards de dollars de "dettes pourries" dans cinq grandes banques du pays, dont les dirigeants avaient été démis vendredi pour mauvaise gestion. La Banque centrale du Nigeria (CBN) avait annoncé, le 28 août, le limogeage des dirigeants de cinq grandes banques du pays, en raison de leur mauvaise gestion et des dettes estimées à 1.143 milliards de nairas (5,2 milliards d'euros)". Pas moins de 400 milliards de naira (1,8 milliards d'euros) ont déjà été injectés par le gouvernement qui s'engage à "garantir la stabilité du secteur financier"..


Rd Congo : Quatre juges aux arrêts

2009-09-02

http://tinyurl.com/kmcroz

Quatre juges ont été arrêtés et condamnés en RD Congo, en procédure de flagrance depuis le 25 août. Dès son entrée en fonction, le Procureur général de la République avait promis d’assainir la magistrature en apportant un changement à tous les niveaux. A Matadi, dans le Bas-Congo, le juge du Tribunal de grande instance a été arrêté pour avoir administré des coups à une femme. Par ailleurs, le Procureur général de la République menace d’appliquer la procédure de démission d’office contre les magistrats qui refusent de rejoindre leurs postes d’affectation.


Rd Congo : La libération de Bemba suspendue en appel

2009-09-05

http://tinyurl.com/nzl2ut

La demande d'un effet suspensif de l'appel" de l'accusation contre la libération provisoire de M. Bemba, ordonnée le 14 août, "est accordée", selon une décision publiée par la CPI. Une juge de la CPI avait ordonné le 14 août la libération provisoire de M. Bemba, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Elle avait néanmoins ordonné son maintien en détention à La Haye tant que la Cour n'aurait pas décidé quel Etat l'accueillerait. Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait immédiatement interjeté appel. La date du procès de M. Bemba, 46 ans, accusé de meurtre, viol et pillage notamment commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en Centrafrique en 2002 et 2003, n'a pas encore été fixée.


Rwanda : L'ex-président du parlement condamné à la perpétuité

2009-09-04

http://tinyurl.com/lnkhdt

Le président du parlement rwandais de 2003 à 2008, a été condamnée à la prison à perpétuité après avoir été reconnue coupable de participation au génocide de 1994 contre les Tutsis. Alfred Mukezamfura a été reconnu coupable d'"incitation à la haine et au génocide" par une juridiction populaire à Kigali. L'accusé n'était pas présent à l'énoncé du verdict. Il avait quitté le Rwanda en mars dernier pour se réfugier en Belgique, où il a depuis demandé l'asile politique.





Réfugiés & migration forcée

Congo : Expulsion de 300 ressortissants étrangers

2009-09-05

http://tinyurl.com/m6upau

Quelque 300 étrangers en situation irrégulière recensés par les services de police de la République du Congo (RC) vont être expulsés du territoire congolais. Selon les services de police, la plupart des ressortissants viendraient de la République démocratique du Congo (RDC) voisine. Une soixantaine d'entre eux ont été reconduits depuis le début de l'opération. D'autres viennent de la Centrafrique, de l'Angola, du Cameroun ou du Tchad.


Gambie : Nationalité gambienne pour 2.156 réfugiés sierra-leonais

2009-09-04

http://tinyurl.com/kwaqq9

Le gouvernement gambien a établi des passeports pour 2.156 réfugiés sierra-leonais qui ont fui leur pays pendant la guerre civile de 1999. L'établissement de ces documents administratifs a consacré leur intégration dans la société gambienne avec l'appui du bureau du HCR à Banjul. S'adressant aux réfugiés, le ministre gambien de l'Intérieur, a attiré leur attention sur le fait que la Gambie ne tolérerait ni le crime, ni la criminalité, avant de les inviter à être respectueux des lois du pays. La guerre civile en Sierra Leone a contraint plus de 7.000 Sierra Leonais à se réfugier en Gambie au cours de ces dernières années.


Rd Congo : Près de 300 expulsés affluent de Brazzaville

2009-09-04

http://tinyurl.com/lq4h8f

Près de 300 ressortissants congolais de la RD Congo, refoulés de Brazzaville, ont été accueillis à Kinshasa par le service de la Direction générale de migration (DGM) au poste frontalier officiel entre les deux capitales. Les expulsés, dont l'âge varie pour la plupart entre 15 et 30 ans et également des femmes, filles et enfants, sont arrivés sans bagages. Kinshasa, qui a déploré la poursuite des refoulements massifs des Congolais d'Angola et du Congo Brazzaville a décidé, à l'issue d'un Conseil des ministres, de refouler à son tour, tout ressortissant angolais et congolais de Brazzaville en séjour irrégulier en RD Congo.





Elections & gouvernance

Cameroun : Les vacances grand luxe de Paul Biya font scandale

2009-09-05

http://www.afrik.com/article17472.html

Paul Biya est au centre d’un scandale au sujet du coût exorbitant de ses vacances à La Baule, en France. En trois semaines, le président camerounais et sa suite auront dépensé près d’un million d’euros, alors que la moitié de leurs concitoyens croupit dans la misère. Le ministre camerounais de la Communication évite la question du financement des vacances de son patron, préférant crier à la manipulation médiatique et à la tentative de déstabilisation du Cameroun…


Centrafrique : Patassé envisage la présidentielle

2009-09-02

http://tinyurl.com/kw9h3a

L'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé, exilé au Togo depuis 2003, s'est dit "potentiellement candidat" à la présidentielle de 2010 dans son pays où il retournera vivre. "Il y a un grand courant en Centrafrique qui me demande de me représenter", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse le 27 août. M. Patassé, président de la Centrafrique de 1999 à mars 2003, avait été renversé par l'actuel chef de l'Etat François Bozizé le 15 mars 2003 et vit depuis en exil au Togo.


Côte d’Ivoire : : nouveau délai pour la publication de la liste électorale

2009-09-02

http://tinyurl.com/m2p3ta

Prévue au départ pour le 24 août, la publication de la liste électorale pour la présidentielle en Côte d’Ivoire été reportée au 15 septembre. Le porte-parole de la Commission s'est montré confiant dans le règlement des difficultés financières, alors que des grèves d'agents électoraux réclamant leurs arriérés de salaires ont empêché ces dernières semaines l'ouverture de certains centres. L’élection est fixée au 29 novembre 2009. Depuis 2005 elle fait l’objet de reports.


Gabon : Ali Bongo élu président

2009-09-04

http://tinyurl.com/l7axyk

Ali Bongo, fils de l'ancien président feu Omar Bongo, a officiellement remporté l'élection présidentielle au Gabon avec 41,73% des voix, annonce le ministre de l'Intérieur Jean-François Ndongou, jeudi 3 septembre. Ali Bongo devance l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obame (25,88% des suffrages) et l'opposant historique Pierre Mamboundou (25,22% des voix). A la sortie des bureaux de vote, le 30 août dernier, les trois candidats s'étaient autoproclamés vainqueurs de l'élection présidentielle, scrutin à tour unique.


Gabon: Les temps des incertitudes post-électorales

2009-09-06

http://fr.allafrica.com/stories/200909040092.html

L'après Omar Bongo Ondimba s'annonce difficile. L'élection contestée de son fils et successeur Ali Bongo a donné lieu à des manifestations violentes. Le Gabon vient, à son tour, d'entrer dans une zone de turbulence. En sortir ne serait pas facile. Le contrôle de l'armée ne suffit pas pour le successeur de El Hadj Omar Bongo. Aussitôt élu, il fait face à la contestation. Déjà, la comptabilité macabre au passif de son mandat est enclenchée. Des morts sont signalées dans les manifestations et des attaques sont perpétrées contre les intérêts français.


Guinée : Dadis Camara fait un pas de plus vers la présidentielle

2009-09-02

http://www.afrik.com/article17432.html

Le chef de l’Etat guinéen, Moussa Dadis Camara, s’est entretenu le 31 août avec des représentants des différentes composantes de la société guinéenne, pour discuter de la mise en place du Conseil national de la transition, ainsi que de sa probable candidature à la présidentielle. Les élus locaux n’ont pas fait opposition à cette candidature. Une attaque à peine voilée en direction des forces vives (syndicats, société civile, partis politiques...) qui ont mis à exécution leur menace de boycotter la rencontre.


Guinée : Manifestations contre la candidature de Dadis en 2010

2009-09-02

http://www.afrik.com/article17410.html

Des mouvements de protestations contre le président guinéen Moussa Dadis Camara ont éclaté le 27 août dans des quartiers de la capitale, Conakry. «Ce sont des mouvements de protestation et de contestation contre la candidature du président Moussa Dadis Camara à la prochaine présidentielle», affirment des témoins. Les forces de l’ordre, qui ont eu vent de la tenue d’une éventuelle marche, se sont déployées à certains carrefours réputés chauds de la haute banlieue de Conakry, empêchant celle-ci de se tenir. Mais les manifestants, en colère, ont toutefois réussi à perturber la circulation pendant de longues minutes.


Madagascar : L'autorité de transition se prépare aux sanctions internationales

2009-09-04

http://tinyurl.com/m8x2m5

Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de Transition malgache, a laissé entendre le 2 septembre qu'il est prêt à subir d'éventuelles sanctions internationales contre son pays en raison du boycott des décisions de dialogue avec d'autres camps politiques à Maputo, Mozambique. " Rajoelina et ses prédécesseurs, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, ne sont pas parvenu à un accord sur le président, le vice-président et le Premier Ministre de la transition au cours de leurs trois jours de dialogue à Maputo, parrainés par les médiateurs internationaux.


Madagascar : L'opposition appelle l'armée à gérer la transition

2009-09-04

http://tinyurl.com/mae2du

L'opposition malgache a préconisé le 3 septembre que des militaires occupent les trois postes les plus importants d'un gouvernement de partage du pouvoir. Le principe d'un tel partage a été arrêté le 9 août lors de discussions organisées à Maputo pour sortir de l'impasse consécutive au renversement, en mars, du président élu Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, avec l'aide d'une faction dissidente de l'armée. Mais Marc Ravalomanana a prévenu, le 31 août, qu'il n'y aurait pas d'accord de partage du pouvoir tant qu'Andry Rajoelina continuerait de réclamer la présidence de l'autorité de transition et le poste de Premier ministre.


Niger : Mamadou Tandja face à la colère des ex-députés

2009-09-04

http://tinyurl.com/n59e9v

Après une modification de la constitution passée comme une lettre à la poste et plusieurs mesures exceptionnelles, dont la dissolution de la cour constitutionnelle et celle du Parlement, Mamadou Tandja doit maintenant faire face à la colère des élus. La marche qui devait conduire quelque 67 députés (sur les 113 que comptait le Parlement dissout) jusqu’au siège du parlement a été stoppée de manière musclée, à coup de matraques et de grenades lacrymogènes. La fronde survenait alors qu’une délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO) était en visite à Niamey pour une médiation incertaine. Rien n’indique à l’heure qu’il est que le sommet extraordinaire prévu le 5 septembre prochain à Abuja sur la question nigérienne aura lieu tant les divergences sont nombreuses.


Rwanda : 10,9 millions de dollars pour la présidentielle 2010

2009-09-04

http://tinyurl.com/lk7cwv

L'élection présidentielle de septembre 2010 coûtera au gouvernement rwandais environ 10,9 millions de dollars américains, trois fois la somme dépensée à l'élection présidentielle de 2003. Environ 57,7 % de la population est attendue dans les bureaux de vote en septembre 2010, soit une augmentation de deux millions d'électeurs par rapport à l'élection de 2003. La commission électorale est actuellement en train de moderniser le registre électronique des électeurs. L'augmentation de deux millions d'électeurs sur le registre est principalement due à la hausse du nombre de jeunes ayant l'âge de voter.


Sénégal : La suppression du second tour de la présidentielle est agitée

2009-09-04

http://tinyurl.com/msej35

A plus de deux années de la prochaine élection présidentielle, des voix s’élèvent dans le camp de la majorité pour réclamer de la suppression du second tour. L’idée avancée est qu’un scrutin coûte cher, du fait du nombre important de formations politiques, et que le Sénégal ne peut pas continuer à financer une élection à deux tours. On évoque à ce propos l’exemple de certaines démocraties du Tiers-monde qui ont adopté le scrutin majoritaire à un seul tour, comme l’Afrique du Sud, le Brésil et de l’Inde.


Togo: Enfin une CENI consensuelle !

2009-09-06

http://fr.allafrica.com/stories/200909040438.html

Les membres de la nouvelles Commission électorale nationale indépendante du Togo ont été installés le 1er septembre 2009, après un toilettage des textes. Le fait qu'elle soit acceptée par le Rassemblement du peuple togolais (RPT), l'Union des forces du changement (UFC) et le Comité d'action pour le renouveau (CAR) augure des lendemains sans heurts du moins en ce qui concerne son fonctionnement. L'optimisme est donc permis en direction des prochaines élections de 2010.





Corruption

Nigeria : De hauts responsables de banques devant la justice

2009-09-02

http://tinyurl.com/no73w2

Les directeurs généraux licenciés des cinq banques incriminées par la Banque centrale du Nigeria, leurs directeurs administratifs et les directeurs de certaines de leurs agences seront traduits en justice à partir du 7 septembre par la Commission sur les crimes économiques et financiers. Ils seront inculpés de divers motifs d'accusation pour avoir prêté de l'argent à des clients sans garantie. Il s'agit des responsables de Oceanic Bank, Afribank, Finbank et Union Bank.





Développement

Afrique : Le Nigeria et Sao Tome exploitent ensemble du pétrole

2009-09-02

http://tinyurl.com/mfel6d

L’exploitation conjointe du pétrole du Golfe de Guinée par le Nigeria et Sao Tome a démarré dans la Zone de Développement Conjoint (JDZ), espace économique exclusive située entre les deux pays. La JDZ, supervisée et gérée par l’Autorité mixte de développement du Nigeria et de Sao Tome (NSTP-JDA), est réputée riche en hydrocarbures et ressources halieutiques. Deux tours de forage sont opérationnels dans la zone depuis le 25 août.


Global : Des fonds africains touchés par l'affaire Madoff

2009-09-02

http://tinyurl.com/ko93x3

Les mauvais placements de la banque privée autrichienne Medici, fermée à la suite de l'affaire Madoff, ont fait aussi des victimes africaines, comme le Fonds de Solidarité Africain (FSA) et la Banque de Développement des Etats d'Afrique Centrale (BDEAC). Ces deux institutions financières disent avoir perdu respectivement 11 et 16 millions d'euros placés auprès de l'agence parisienne de la Bank Austria, filiale du groupe italien Unicredit et actionnaire de la banque Medici. Celle-ci aurait investi les avoirs, sans prévenir ces deux clients, dans les fonds Madoff par l'intermédiaire de la banque Medici.


Madagascar: Menace de désastre écologique

2009-09-02

http://tinyurl.com/mlnkkh

Alerte rouge à Faux-Cap, à Madagascar, où le bateau turc Gulser Anna a échoué depuis quelques jours. Sa cargaison composée de 383m3 de fuel et 7000 litres de lubrifiants se déverse en mer. La pêche est suspendue dans cette partie sud de l'île. Si une semaine auparavant, l'échouage d’un bateau turc transportant 39 000 tonnes de phosphate ne présentait pas un danger, l'alerte est déclenchée cette fois. Une menace pèse sur la pèche, sur les récifs coralliens et sur le tourisme


Niger : les paysans domptent la désertification

2009-09-05

http://tinyurl.com/kw4ugl

Dans la région de Tahoua, au nord-est de Niamey, des paysans ont restauré et réaménagé eux-mêmes des terres désertiques. Le résultat est spectaculaire. Des céréales et des légumes poussent à nouveau. Des arbres sont plantés. Les femmes longtemps écartées des champs sont devenues propriétaires et les hommes agrandissent leurs champs. Ces travaux entrent dans le volet lutte contre la désertification du programme spécial du président de la République, financé par l’État du Niger avec l’appui de bailleurs de fonds étrangers. Les résultats sont impressionnants


Nigeria : 2,3 millions de barils de brut par jour

2009-09-04

http://tinyurl.com/l563ss

Le directeur général de la Compagnie nationale nigériane de pétrole (NNPC) a déclaré, le 1er septembre, que le pays produit actuellement 2,3 millions de barils de brut par jour contrairement au chiffre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d'environ 1, 6 millions de barils par jour. Il a attribué la hausse de la production du brut du pays au programme d'amnistie du gouvernement fédéral à l'endroit des militants du Delta du Niger.


Rwanda : L’avenir est dans le méthane

2009-09-05

http://tinyurl.com/l2xl3c

Dans les eaux du lac Kivu, la présence de méthane, menace mortelle pour les populations riveraines – qui risquent l’asphyxie en cas d’émanations importantes lors de l’extraction –, constitue pourtant une opportunité. Ce gaz, extrait d’un lac qui en contiendrait environ 65 milliards de mètres cubes, représente une source d’énergie quasi inépuisable… D’où le projet mené depuis de longues années par l’État rwandais, qui aboutira à la réalisation d’une centrale de 100 MW en deux étapes (25 MW en 2010, puis 75 MW en 2012). ContourGlobal, société américaine spécialisée dans la production indépendante d’électricité, a décroché en mars 2009, auprès du gouvernement rwandais, le développement de ce projet d’un coût de 325 millions de dollars.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Grippe A, la nouvelle menace qui plane

2009-09-02

http://www.afrik.com/article17374.html

La grippe A, qui touche désormais 20 pays africains, s’installe insidieusement sur le continent. Les Etats n’ont pas toujours les moyens d’acheter les traitements, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime ses propres fonds très insuffisants, pour faire face à une éventuelle épidémie. Dans sa propagation, le virus de la grippe A suit un itinéraire qui rappelle celui du VIH, à l’origine du sida. Les deux virus font leurs premières victimes loin de l’Afrique. Mais lorsqu’ils l’atteignent, ils en font leur principal foyer de développement. Parmi les pays touchés figurent le Cameroun et l’Egypte.


Afrique : On ne sait pas si le nouveau moustique est porteur du paludisme

2009-09-04

http://tinyurl.com/lsfzsd

Une nouvelle espèce de moustique, récemment découverte par des chercheurs sud-africains, vient s’ajouter à la liste des 140 espèces d’anophèles présentes en Afrique, dont sept sont connues pour être des vecteurs du paludisme. L’espèce jusqu’alors inconnue, appelée provisoirement « de type Anopheles funestus », a été découverte au cours d’études de terrain menées par des chercheurs de l’université et de l’Institut national sud-africain des maladies transmissibles dans des villages ruraux – et leurs environs – du nord du Malawi, près de la ville de Karonga, sur la rive ouest du lac Malawi. 




Congo-Kinshasa: Les médecins menacent de radicaliser leur grève

2009-09-04

http://tinyurl.com/lg7rso

RD Congo: Les médecins menacent de radicaliser leur grève
Les médecins exerçant dans les établissements hospitaliers de Kinshasa, observent la grève depuis le 31 août. Et ce, conformément à leur préavis de grève remis le 13 août 2009, au gouvernement, avec en annexe leur cahier des charges. Par ailleurs, ils font savoir qu'ils radicaliseraient leur mouvement si rien n'est fait d'ici lundi 7 septembre par le gouvernement dans le sens de satisfaire leurs revendications. Celles-ci sont essentiellement d’ordre financier et concernent des primes à payer.


Ethiopie : 34 morts de diarrhée aigües en deux semaines

2009-09-02

http://tinyurl.com/nzgzks

Une épidémie de diarrhée aiguë touche l’Ethiopie, principalement la capitale Addis Abeba où 500 personnes ont été admises dans les hôpitaux pour la seule journée du 30 août, a indiqué le directeur adjoint de l'Institut national de la santé et de la nutrition. Trente-quatre personnes ont succombé et plus de 5.000 cas ont été recensés durant les deux dernières semaines. Le gouvernement éthiopien soutient qu'il s'agit d'une épidémie de "diarrhée aiguë" alors que certaines organisations non gouvernementales affirment avoir repéré les signes du choléra.


Sénégal : Instabilité du taux de mortalité maternelle dans le sud

2009-09-05

http://tinyurl.com/lwo4k2

Sur 100.000 naissances, 101 femmes meurent à Sédhiou, dans le sud du Sénégal. Selon les responsables de la santé, la sensibilisation des femmes et des maris - sur les risques d'accouchement à domicile et sur les avantages des visites prénatales auprès des structures de santé - ne change rien dans le comportement des populations. Le taux de mortalité maternelle, dans cette région méridionale du Sénégal est donc instable et inquiétant tout comme les chiffres du ministère de la Santé. Au Sénégal, sur 100.000 femmes qui accouchent, 401 décèdent.





Environnement

Burkina Faso: Le lac Bam en danger de mort

2009-09-02

http://tinyurl.com/nacg5p

Le Lac Bam, dans la région du Centre-Nord à Kongoussi à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, connaît d'énormes difficultés environnementales. Entre ensablement, réduction de la faune aquacole et conflits d'intérêt, les 28 000 personnes vivant de cet important point d'eau voient de jour en jour leur source de subsistance menacée de disparition. Les ressources halieutiques qui ont attiré pécheurs burkinabè, maliens et nigériens se font rares. La plus grande retenue d'eau naturelle du Burkina Faso est ainsi menacée de disparition


Burkina Faso: Après le déluge, on craint le choléra

2009-09-05

http://tinyurl.com/mwpm7r

79,3 mm d'eau relevé, 150 000 sinistrés, 110 000 pris en charge, 5 décès. Ce sont là, entre autres, les tristes chiffres qui ressortent du bilan de la forte pluie du 1er septembre dernier et qui ne cessent d'évoluer au jour le jour. Se pose maintenant avec acuité les difficultés d'adéquation des structures d'accueil, ainsi que les problèmes d'assainissement et d'hygiène des populations sinistrées qui ont vu leurs habitations notamment les latrines détruites. Désormais plane donc le spectre des maladies diarrhéiques, en particulier le choléra.


Niger : les inondations causent d'importants dégâts

2009-09-05

http://tinyurl.com/nk2gka

Dans les montagnes de l'Aïr et les villes du désert situées au pied du massif, quatre jours de pluies intenses ont touché 7 000 foyers, dévasté 3 500 maisons et causé des pertes importantes dans l'élevage et l'agriculture, principalement dans la commune d'Agadez, d'après des responsables locaux. De fortes pluies ont provoqué la rupture d'un barrage à 7 kilomètres de la commune d'Agadez. Les tempêtes ont ravagé 400 hectares de terres cultivées et dévasté au moins sept écoles de la commune.


Ouganda : Le gouvernement annonce de fortes pluies

2009-09-04

http://tinyurl.com/n5kccj

Le département de météorologie de l'Ouganda a déclaré que le pays devrait se préparer à faire face à de fortes pluies à partir du mois prochain jusqu'à la fin de cette année. Ces prévisions constituent de bonnes nouvelles pour l'Ouganda, qui a connu une grave sécheresse mettant plus de 3,5 millions de personnes au risque de la faim. Le secteur de l'énergie pourrait également produire davantage d'électricités, parce que les pluies attendues devraient faire monter le niveau de l'eau des barrages hydrauélectriques.


Sénégal : Des milliers de sinistrés dans les inondations

2009-09-04

http://tinyurl.com/mk489s

Eaux saumâtres, souillées par des ordures ménagères en décomposition, c'est le triste décor qu'offre le populeux quartier, Médina Gounass, situé dans la banlieue dakaroise en cette période hivernage. A l'instar de ces nombreux quartiers, qui ont poussé comme des champignons à la périphérie de Dakar, le quartier de Médina Gounass a été bâti dans une zone marécageuse. A chaque hivernage, cette cuvette proche de la nappe phréatique se remplit d'eau. Une situation que nombre de ses 80 000 habitants ne connaissaient pas en s'y installant. Les 623 km de canalisation pour l'évacuation des eaux usées et des eaux de pluie ne couvrent que le Plateau et certains quartiers résidentiels de Dakar.





Média & liberté d'expression

Gabon : Les équipements de la chaîne TV d’un candidat mitraillés

2009-09-04

http://tinyurl.com/l85rp5

Une station satellitaire mobile de la télévision Go Africa, à vocation internationale, appartenant au candidat à la présidentielle gabonaise André Mba Obame, a été mitraillée par des hommes cagoulés dans la nuit du mardi au mercredi 2 septembre à Libreville. Le ministère de l'Intérieur également chargé de la Défense, a indiqué n'être pas au courant de l'information et n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.


Gambie: le président fait libérer 6 journalistes

2009-09-05

http://tinyurl.com/myzssq

Six journalistes gambiens, condamnés le 6 août à Banjul à deux ans de prison pour avoir publié un communiqué critiquant des propos du président Yaya Jammeh, ont été libérés le 3 septembre, sur décision du chef de l'Etat. La vice-présidente du Syndicat des journalistes de Gambie (Gambia press union, GPU), Sarata Jabbi-Dibba faisait partie des condamnés. Ses cinq confrères ont été accueillis par une foule qui les attendait à leur sortie en chantant : "La vérité prévaudra toujours!".


Guinée : Les radios privées interdites d’émissions politiques

2009-09-04

http://www.afrik.com/article17446.html

Les radios privées du pays sont désormais interdites de réaliser et de diffuser les émissions à caractère politique. Ainsi, en a décidé l’organe de régulation de la presse guinéenne, le Conseil national de la communication (CNC). Cette décision du président du CNC a été rendue publique le 1er septembre. Au nom de la liberté d’expression, l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTLGUI) affirme qu’elle refusera d’observer cette décision. En effet, quelques minutes seulement après la tombée de la décision de l’organe de régulation, l’URTELGUI a convoqué une réunion de crise. Elle se réserve le droit de saisir la Cour suprême pour faire annuler la décision du CNC.


Mozambique : L'assassin du journaliste Cardoso arrêté en Afrique du Sud

2009-09-04

http://tinyurl.com/mn3oxj

Condamné à une peine de trente ans de prison, le meurtrier du journaliste d'investigation Carlos Cardoso, assassiné en novembre 2000, s'était échappé de la prison de haute sécurité de Maputo, dans la matinée du 7 décembre 2008. Anibal Dos Santos Junior, dit "Anibalzinho", a été arrêté le 21 août 2009 à Johannesburg. Il s'était évadé de sa cellule, dans la matinée du 7 décembre 2008, grâce à la complicité d'un ou plusieurs gardiens de la prison. En Afrique du Sud, Anibalzinho vivait sous la fausse identité de Mauricio Alexandre Mula.


Sénégal : Le BSDA condamné à rétablir le signal de Walf Tv et Fm

2009-09-04

http://tinyurl.com/mp3yau

Le vice-président du tribunal régional de Dakar, qui avait signé l’ordonnance sur la base de laquelle les programmes de Walf Tv et Fm ont été suspendus par le Bureau Sénégalais des Droits d’Auteur, s’est rétracté le 2 septembre au terme d’une audience contradictoire. Après avoir écouté les avocats des deux parties, il a ordonné le rétablissement par le BSDA du signal sous astreinte de 10 millions à payer par jour de retard. L’institution avait demandé la fermeture de Walf Tv et Fm sur la base d’une accusation de refus de paiement des droits d’auteur.


Zambie : Une journaliste victime d’un procès en pornographie

2009-09-02

http://www.afrik.com/article17440.html

La, directrice de la rédaction du quotidien zambien privé The Post encourt jusqu’à 5 ans de prison. Elle est accusée de « mise en circulation d’images pornographiques » pour avoir distribué les photographies d’un accouchement. Elle avait transmis ces photos le 10 juin dernier au vice-président Georges Kunda et à plusieurs organisations de défense des droits humains. Elle y avait joint une lettre s’inquiétant des conditions dans lesquelles se trouvaient les patientes pendant une grève nationale du personnel médical. Arrêtée le 13 juillet 2009, Chansa Kabwela avait été remise en liberté. Son procès, qui s’est ouvert le 5 août, se poursuit à Lusaka.





Bien-être social

Mauritanie : Grognes contre les coupures d’électricité

2009-09-04

http://tinyurl.com/n4d8du

A Nouakchott, les grognes contre les coupures d’électricité se font nombreuses. Cela, depuis plus de deux mois maintenant que ça dure. A l’intérieur du pays également, le refrain des plaintes est entendu. En fait, les usagers sont fatigués de ces coupures d’électricité. Pour justifier ces délestages, les responsables de la société d’électricité évoquaient des déficits de production liés à la période de fortes chaleurs du moment. Mais les populations supportent de plus en plus mal ces délestages réguliers et intempestifs. Les populations de la ville menacent à chaque fois de descendre dans la rue pour manifester contre ces délestages.





Conflits & urgences

Soudan: Les attaques visent de plus en plus les femmes et les enfants

2009-09-06

http://fr.allafrica.com/stories/200909040844.html

Les femmes et les enfants sont de plus en plus visés par les attaques contre les civils qui s'intensifient dans les Etats du Sud-Soudan, aggravant la situation humanitaire déjà catastrophique, d'après des sources officielles. Au moins 140 000 habitants ont dû être déplacés à cause des combats entre communautés dans les Etats de Jonglei, du Nil supérieur et des Lacs. On rapporte également que différentes attaques menées cette année par la LRA dans les Etats équatoriaux ont forcés 65 000 Soudanais à quitter leurs habitations.


Afrique du Sud : Les soldats envisagent de nouvelles manifestations

2009-09-02

http://tinyurl.com/kvnc6v

En Afrique du Sud le mouvement de révolte prend de l’ampleur dans les rangs des soldats. Le syndicat Sasfu qui revendique 13000 membres parmi les forces de la défense nationale, envisage d’organiser de nouvelles manifestations. Le mercredi 26 août, des centaines de soldats ont refusé de se plier au jugement de la Haute-Cour de Pretoria qui avait interdit leur rassemblement. Selon le syndicat, la inistre de la Défense, Lindiwe Sisulu, refuse d’appliquer une décision de justice, qui proscrit les mesures discriminatoires à l’égard de soldats, porteurs du virus VIH..





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