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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 119 : Sénégal : Le FMI au coeur d'un scandale de corruption

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. RDC analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Zimbabwe, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Mouvements sociaux, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Environnement, 15. Terres & droits fonciers, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Le FMI emporté par la politique de la corruption au Sénégal.
RDC Analyses : Burundi : A quand le retour des Tutsis congolais au pays pays ?
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Justice pour le peuple de Guinée.
Zimbabwe : Des élèves quittent l’école, les parents ne pouvant plus payer.
FEMMES & GENRE : RD Congo : Mali : Les raisons de la réticence au nouveau Code de la famille.
DROITS HUMAINS : Burkina : La sœur de Sankara se souvient.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Burundi : Le HCR condamne le refoulement de demandeurs d’asile.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Guinée : Paris demande à ses ressortissants de quitter la Guinée.
CORRUPTION : Cameroun : Prescriptions pour la lutte conter la corruption.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Plusieurs pays sujets à une extrême famine.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : L’ONUSIDA s’engage dans la protection des bébés nés séropositifs.
EDUCATION : Gabon : Les enseignants défient le gouvernement.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Les opportunités insaisissables du potentiel hydro-électrique.
TERRES & DROITS FONCIERS : Afrique du Sud : Les fermiers blancs cherchent des pays d’accueil.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Maroc : Ouverture du procès contre un journal pour une caricature.
CONFLITS & URGENCES : Guinée Bissau : Les militaires en état d’alerte à la frontière avec le Sénégal.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Global : Un nouveau système d’exploitation Windows.




Chroniques

Le Fmi emporté par la politique de la corruption au Sénégal

Demba Moussa Dembélé

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/59618

Le scandale Segura, fonctionnaire du FMI

Au moment où il quitte le Sénégal à la fin de sa mission, la semaine dernière, M. Alex Segura, représentant du Fonds Monétaire International (FMI) au Sénégal, se fait rejoindre au Salon d’honneur de l’aéroport Léopold Senghor de Dakar, par un coursier qui lui remet une enveloppe. La presse sénégalaise, qui révèle les faits, parle de 100 millions ou de 500 millions remis comme «cadeau» par le gouvernement du Sénégal. M. Segura s’envole avec le paquet. C’est à l’escale de Madrid, qu’il joint son institution à Washington, pour relater l’affaire. Le FMI a restitué le cadeau et a annoncé l’ouverture d’une enquête. Pour Demba Moussa Dembélé, cette affaire n’est qu’un épisode de plus dans les complicités tissées entre les gouvernements africains et les institutions financières internationales, pour piller les ressources du continent. Car, pour lui, M. Segura est coupable pour être entré dans une logique de corruption qu’il connaît bien.
La période du 12 au 19 octobre est appelée «Semaine mondiale de mobilisation » contre la dette extérieure des pays du Sud et les politiques criminelles des institutions financières internationales. Cette semaine, coordonnée par Jubilé Sud et certains de ses partenaires du Nord, vise à attirer une fois de plus l’attention de l’opinion internationale sur le scandale de la dette extérieure des pays africains et d’autres pays en développement, utilisée comme instrument de domination et moyen de transfert de richesses du Sud vers le Nord. La mobilisation vise également à attirer l’attention de l’opinion sur la duplicité et le rôle particulièrement néfaste que jouent la Banque mondiale et le FMI dans la perpétuation de l’endettement des pays du Sud et son utilisation pour imposer des politiques dévastatrices, qui sont en grande partie responsables de l’abjecte pauvreté qui est le lot quotidien de millions de personnes en Afrique et ailleurs dans le monde.

Ainsi donc, le scandale que constitue le « cadeau » reçu par l’ancien représentant résident du FMI au Sénégal, Alex Segura, vient-il rappeler à l’opinion sénégalaise la confiscation des politiques de développement de notre pays par cette institution et la Banque mondiale, depuis bientôt trois décennies. Ce « cadeau » constitue un véritable scandale à tous points de vue. En effet, il est inacceptable que les autorités sénégalaises se permettent de donner des millions de nos maigres deniers publics à un fonctionnaire international qui, de surcroît, n’a rendu aucun service à notre pays. On ne peut accepter non plus la duplicité de ce fonctionnaire, dont l’institution prétend mettre en avant « la lutte contre la corruption », mais qui ferme les yeux sur ce « cadeau » qualifié de « substantiel » de la part d’un pays dit « pauvre très endetté » (PPTE) !

Des résultats peu flatteurs pour Monsieur Segura et son institution

La fin de la mission de M. Segura se passe dans un contexte de dégradation de tous les indicateurs économiques et sociaux du Sénégal. Selon les données officielles, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) est tombé à 2,9% en 2008, contre 4,7% en 2007. En 2009, ce taux ne devrait guère dépasser 1,5 ou 2%. L’effondrement de pans entiers de l’économie a aggravé les conditions de vie déjà précaires de millions de Sénégalais. Le classement du Sénégal dans le dernier Rapport sur le développement du programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), dont la plupart des journaux du pays se sont fait l’écho, reflète de manière encore plus saisissante la descente aux enfers d’un pays entre les mains d’un régime libéral dispendieux, incompétent et profondément corrompu..

Les résultats médiocres du Sénégal sont également à mettre au passif de M. Segura et de son institution. En effet, les politiques économiques du gouvernement sénégalais doivent se conformer aux prescriptions du FMI, telles que contenues dans l’Instrument de Soutien aux Politiques Economiques (ISPE). Et M. Abdoulaye Diop, le ministre de l’Economie et des Finances, s’appliquait à respecter à la lettre ces prescriptions, comme il l’a répété dans la Lettre d’Intention adressée au directeur général du FMI, le 5 juin dernier. Et la levée des subventions sur les denrées de grande consommation et les hausses des prix de l’électricité et du gaz, entre autres, illustrent la conformité du Sénégal aux diktats du FMI. M. Segura était donc bien placé pour connaître l’évolution des indicateurs économiques et sociaux du pays. Il avait été témoin des pratiques corruptrices du régime libéral et de certains de ses dérapages financiers, comme les fameuses dépenses extra budgétaires et leurs conséquences économiques et sociales.

Un homme bavard, critique mais…allergique aux critiques !

Durant une bonne partie de son séjour au Sénégal, M. Alex Segura s’était signalé par ses déclarations intempestives en rupture d’avec l’obligation de réserve qu’il devait observer pour respecter son statut diplomatique. Même à la veille de son départ, il avait fait la Une de certains quotidiens du pays. Au point qu’un journaliste sénégalais n’a pas hésité à le qualifier de «mégaphone ambulant » qui se mêlait de tout et de rien ; parlant à tort et à travers. Dans tout autre pays ayant conservé une petite parcelle de souveraineté nationale, il aurait été expulsé depuis belle lurette !

Il y a quelques années de cela, feu Madia Diop, secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénéga l, disait que les membres du gouvernement d’Abdou Diouf « craignaient plus la Banque Mondiale que le Bon Dieu ». Apparemment, cela n’a pas changé depuis lors. Et M. Segura pouvait d’autant plus se permettre des sorties intempestives qu’il savait avoir affaire à un régime faible et impopulaire, empêtré dans des scandales à répétition et auquel son institution continuait de dicter ses politiques tout aussi impopulaires et dévastatrices dans le cadre de l’Instrument de « soutien » aux politiques économiques (ISPE) conclu en novembre 2007.

Mais tout bavard et critique à l’égard des politiques du gouvernement qu’il était, M. Segura tolérait peu les critiques à l’égard des politiques de son institution. Lors d’une conférence publique sur la crise financière internationale organisée le 30 avril 2009 par la Confédération des Syndicats Autonomes (CSA), il était sorti de ses gongs quand j’ai exposé la responsabilité du FMI dans les crises mondiales actuelles, en observant que celles-ci étaient une preuve supplémentaire de la faillite des politiques des institutions financières internationales et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Il avait fallu l’intervention de certains membres du panel et du modérateur pour le calmer!

Après la sortie du livre du journaliste sénégalais Abdou Latif Coulibaly, critiquant son apparente caution à la gestion de l’Agence Nationale de l’Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI), que dirigeait le président Abdoulaye Wade, Karim, M. Segura s’était encore offusqué de cette critique en s’épanchant une fois de plus dans la presse sénégalaise.

Que voulait-on récompenser?

Au vu du comportement de M. Segura et du contexte économique et social qu’il laisse derrière lui, l’on se demande bien ce que le régime libéral a voulu « récompenser » en lui remettant un « cadeau d’une valeur financière substantielle », comme le précise le communiqué du FMI cité par la presse sénégalaise. Ce ne sont certainement pas ses contributions et celles de son institution au « développement » du Sénégal, comme on l’a vu plus haut. Ce n’est pas non plus pour avoir contribué à « la bonne gouvernance » des finances publiques.

Alors, pour quels « services rendus » à la République ? Le gouvernement sénégalais serait en peine de citer un seul « service » pour justifier la tentative avortée de décoration par le président Wade et le « cadeau » par lequel le scandale est arrivé ! Alors, l’explication pourrait se trouver ailleurs : M. Segura pourrait être « récompensé » pour avoir couvert un autre méga scandale que constitue la gestion désastreuse de Karim Wade à la tête de l’ANOCI telle que l’a révélée le livre d’Abdou Latif Coulibaly!

Des questions sans réponses

Si les circonstances dans lesquelles Monsieur Segura a reçu son « cadeau » restent encore floues, elles soulèvent néanmoins plusieurs questions qui jusqu’à présent n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes. Ayant côtoyé les responsables du régime libéral au plus haut niveau, connaissant les mœurs légères de ce régime en matière d’argent et ayant entendu ou assisté à des scandales financiers sans précédent, parmi lesquels la sordide «affaire de grands bandits » (1) entre l’ancien Premier ministre Idrissa Seck et Abdoulaye Wade, on se demande comment M. Segura a-t-il pu accepter un « cadeau » de la part des autorités de ce pays. A part le « cadeau monétaire », quels autres cadeaux en nature aurait-t-il perçus et peut-être emportés à Barcelone ou Washington ?

Le communiqué du FMI fait croire que M. Segura ignorait les règles déontologiques en vigueur au FMI et qu’il avait dû se référer au bureau d’éthique de l’institution pour qu’on lui demande de retourner le « cadeau ». Mais alors est-ce parce que le montant du « cadeau » était trop « substantiel » qu’on lui a demandé de le retourner ? Ou bien ignorait-il réellement les règles déontologiques en la matière ? Auquel cas, on se demande si ces règles ne sont pas assez floues pour se prêter à toutes les interprétations possibles. Ou bien encore, peut-être comme le suggère un journaliste sénégalais, cherchait-il une « dérogation » au code de conduite du FMI ?

Au-delà de ces interrogations, c’est un fait que M. Segura était tenté de prendre son « cadeau », sinon toute cette affaire se serait arrêtée dans le Salon d’honneur de l’aéroport de Dakar ou le représentant du FMI a reçu son paquet. Cela prouve une certaine cupidité de sa part et surtout son manque de probité morale quand on sait que ce « cadeau » venait d’un « pays pauvre très endetté » (PPTE), selon la classification de son institution ou d’un « pays moins avancé » (PMA), selon les Nations Unies!

Quant au gouvernement sénégalais, que cherchait-il dans la remise de ce « cadeau » à un haut fonctionnaire grassement payé? Un lobbyiste de choix auprès du FMI ? Acheter son silence sur certains secrets de la gestion catastrophique des deniers publics? Ou tout simplement, le désir de ne pas le laisser partir « les mains vides » étant donné que la décoration qui était prévue avait été annulée ? Quelles que soient les motivations des autorités sénégalaises, leur initiative est inacceptable et condamnable au plus haut point. Sans doute, seule une enquête indépendante, approfondie et transparente pourrait-elle révéler les secrets de cette sordide affaire.

Les institutions financières internationales et la morale

Quant au FMI, nous doutons fort qu’il soit capable de faire la lumière sur ce scandale qui éclabousse un de ses employés. Sa préoccupation principale sera de protéger son image, son « honneur » perdu depuis longtemps déjà après les crimes abominables associés à ses politiques d’ajustement structurel de triste mémoire. Le FMI tentera d’étouffer l’affaire ou à défaut rejeter toute la faute sur les autorités sénégalaises pour couvrir la conduite impardonnable de son employé qui est tout aussi coupable que ces mêmes autorités. D’ailleurs, son communiqué diffusé depuis Washington évite de nommer M. Alex Segura, se contentant seulement de parler « d’un membre du personnel » de l’institution.

Cela augure mal d’une investigation sérieuse de la part du FMI. Ce dernier dispose d’une puissante machine de propagande bien outillée et très sophistiquée avec laquelle le gouvernement sénégalais ne peut rivaliser. Cette machine risque de faire passer M. Segura comme une « victime » plutôt que comme un acteur conscient de cette tentative de corruption. Le FMI a perfectionné l’art de la duplicité, du mensonge et de la falsification des faits. Il ne faudrait donc pas s’attendre à ce qu’il fasse une investigation objective du scandale qui éclabousse Monsieur Segura. Le cas Wolfowitz, du nom de l’ancien président de la Banque mondiale, un criminel de guerre notoire et ancien bras droit de George Bush – qui passera comme l’un des plus grands criminels de tous les temps - est édifiant à cet égard. M. Wolfowitz avait été poussé à la sortie pour avoir été pris en flagrant délit de favoritisme pour sa petite amie, révélant ainsi au grand jour le faible degré de moralité – ou plutôt d’immoralité- qui prévaut au sein de ces institutions.

Ce n’est point un phénomène isolé mais plutôt le reflet d’une culture ayant ses racines dans les valeurs du capitalisme néolibéral qui est un système intrinsèquement immoral. La Banque mondiale et le FMI sont au service des multinationales prédatrices et des marchés financiers dont le seul et unique credo est la recherche du profit maximum, quel qu’en soit le prix pour leurs victimes! L’évocation de la morale et de l’éthique par ces institutions sert plutôt de vernis à un système profondément immoral qui mérite bien son nom « d’apartheid mondial » en référence à l’odieux système de discrimination raciale qui régnait en Afrique du Sud jusqu’au milieu des années 1990.

Sortir du piège de la dépendance extérieure

Le scandale Segura est une illustration du désarroi d’un gouvernement dont la dépendance extérieure s’est accentuée du fait d’une gestion désastreuse des ressources du pays et de l’existence d’un Etat vivant au-dessus de ses moyens. En dépit de l’annulation de la dette multilatérale du pays obtenue après le Sommet du G8 de 2005, le Sénégal reste toujours sous la coupe du FMI et de la Banque Mondiale. L’instrument de « soutien » aux politiques économiques (ISPE) est la nouvelle trouvaille du FMI pour continuer à imposer ses diktats à des pays comme le Sénégal.

Il est temps de sortir de ce piège infernal qui maintient le Sénégal dans la dépendance et aliène sa souveraineté sur ses politiques. Il est temps de mettre fin à l’ingérence inadmissible des institutions financières internationales dont les politiques ont mené le Sénégal et le reste du monde à une impasse tragique comme l’illustrent les crises multiples en cours qui secouent la planète. Le Sénégal, tout comme les autres pays africains, doit se réapproprier le débat sur son développement. Il faut discréditer l’idée que c’est « l’aide » qui va « développer » le Sénégal et l’Afrique. Le débat sur « l’efficacité de l’aide » prouve amplement que celle-ci a été un échec lamentable accompagné de coûts exorbitants pour nos pays. Il est donc temps de détruire les mythes et la mentalité de la dépendance étrangère et accepter de faire les sacrifices nécessaires pour prendre en charge notre propre développement et notre destin en main.

Accepter la perpétuation de l’esclavage actuel ou briser les chaînes de cet esclavage et s’engager dans la voie du développement autonome et maîtrisé: tels sont les termes de l’alternative pour le Sénégal et l’Afrique!

NOTE

(1) Dans les conflits politiques à soubassement financier, qui ont eu à opposer le président Wade à son ancien Premier ministre Idrissa Seck, ce dernier évoque un épisode où M. Wade lui aurait souligné, en substance, que c’est au moment du «partage du butin» que tout tourne souvent mal entre les «grands bandits».

* Demba Moussa Dembélé est conomiste, membre du Comité International de Coordination de Jubilé Sud

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AGRA étend ses tentacules au Mali

Soumaila T. Diarra

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/59617

A petits pas, l’Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA) s’implante sur le continent. Au Mali, son réseau étend ses tentacules. Cette stratégie qui s’appuie sur l’introduction de semences industrielles améliorées, pour une politique qui, à terme, met en péril l’indépendance des paysans dans leurs choix de culture, s’est tissé un réseau de 820 personnes intervenant dans l’agrobusiness malien. Les paysans marquent leurs réticences, mais AGRA voit déjà plus loin et développe son emprise au niveau de la CEDEAO.

Bamako a accueilli, du 5 au 9 octobre,une conférence internationale où il était question du projet de révolution verte que l’Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (Alliance for Green Revolution in Africa - AGRA) se propose de réaliser en Afrique. Un changement qui porte sur l’introduction de nouvelles semences. Tout en restant favorables à la modernisation, les organisations paysannes du Mali ont cependant des craintes quant aux issues de la révolution annoncée. « Nous sommes favorables à cette idée de révolution verte, sous réserve qu’elle ne soit pas une porte ouverte aux Organismes génétiquement modifiés (OGM)», estime Issa Coulibaly, conseiller au programme coton de l’Association des Organisations Professionnelles Paysannes du Mali (AOPP).

AGRA justifie son entrée au Mali par le fait que la sécurité alimentaire reste un défi dans ce pays où 30% des enfants souffrent de malnutrition et où le revenu annuel par habitant ne dépasse pas 500 dollars. L’industrie semencière est encore dans un état rudimentaire, même dans les zones d’intervention d’AGRA, et les paysans n’ont pas accès aux intrants comme les semences améliorées et les engrais. Pourtant, AGRA intervient depuis 2007 dans toute la chaîne de mise en valeur de la production alimentaire au Mali. Mais elle s’appuie essentiellement sur le potentiel des régions nourricières du pays, comme le riche delta intérieur du fleuve Niger, où elle développe de nouvelles variétés des cultures de base tels que le maïs, le riz, le sorgho et le millet.

En dehors de la recherche, AGRA appuie la naissante industrie locale des semences destinées aux besoins des petits exploitants agricoles. C’est ainsi qu’elle aide à la distribution des semences et engrais vendus aux paysans, forme ces derniers à l’application de stratégies innovantes et milite pour leur accès à des crédits dont le taux d’intérêt très bas. Au total, AGRA s’est tissé un réseau de 820 personnes intervenant dans l’agrobusiness malien et qui font travailler 995 000 familles paysannes ayant besoin d’intrants agricoles. Dans un pays où l’agriculture représente 35% du Produit intérieur brut (PIB) et 75% des recettes d’exportations du Mali, AGRA s’installe dans un secteur d’une importance vitale. C’est l’Institut d’Economie Rurale (IER) qui sera le maître d’œuvre de la Révolution Agricole envisagée. Devenu l’avant-poste d’AGRA en matière de recherche agronomique au Mali, ce centre a déjà mis au point au moins 6 nouvelles variétés de semences adaptées à différentes zones de culture.

Dans le cadre de l’aide américaine à travers le Millenium Challenge Account, AGRA dispose aussi d’un tremplin pour son expansion. Par ailleurs, l’Alliance participe à de nombreuses initiatives régionales qui soutiennent l’agriculture malienne comme celles de la FAO et du Programme Alimentaire Mondial.

Ainsi se mettent en place les éléments d’un réseau par lequel les paysans africains vont dépendre des semences produites ailleurs. Au-delà d’une dépendance qui met en péril la sécurité et la souveraineté alimentaires, les enjeux sont aussi économique. Ainsi, la construction d’un marché sous régional des semences est devenue le baroud d’honneur pour AGRA. A l’occasion de la rencontre de Bamako, une vaste coalition d’organismes publics et privés a annoncé un nouveau partenariat pour les semences ouest-africaines. Dénommée West Africa Seed Alliance (WASA), cette alliance est une entente entre la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO), l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), l’International Crops Research Institute for Semi-Arid Tropics (ICRISAT) et l’Université d’Iowa.

Le but de cette alliance est de plaider pour un « laissez faire, laissez aller » au sein de la CEDEAO. Les pays de la Communauté ont déjà adopté une régulation sous régionale sur l’harmonisation des semences dans les 15 Etat membres, il s’agit maintenant d’encourager les gouvernements locaux à mettre en œuvre l’accord sous-régional sur les semences. Plus encore, WASA veut faciliter l’investissement privé dans les marchés locaux des semences. Selon une étude rendue publique lors de la conférence de Bamako, 11 compagnies de semences ont été identifiées dans les quatre pays ouest-africains où intervient le plus AGRA. A savoir le Nigeria, le Ghana, le Mali et le Bénin. Et huit de ces compagnies sont au Nigeria.

Mais déjà, au Mali, AGRA renforce chaque jour son contrôle sur des paysans et les petites compagnies de semences au Mali. Une emprise que la société civile paysanne malienne voit d’un mauvais œil. En créant une dépendance des paysans à l’industrie des semences, à travers les multinationales et leurs antennes locales, on va vers un conditionnement des choix de culture, la promotion de l’agriculture de rente, le dépérissement de l’agriculture familiale et une menace réelle sur la souveraineté alimentaire.

* Soumaila T. Diarra est un journaliste malien

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Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 


Thierry Meyssan

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/59623

Si l’attribution du prix Nobel de la paix a donné lieu à un concert de louanges parmi les dirigeants de l’alliance atlantique, elle a aussi suscité le scepticisme dans le monde. Plutôt que de débattre des bonnes raisons qui pourraient a posteriori justifier ce choix étonnant, Thierry Meyssan expose la corruption du Comité Nobel et les liens unissant son président, Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama.

« Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m’a dit : “Papa, tu es Prix Nobel de la paix” » [1]. Telle est la touchante histoire que le président des États-Unis a racontée à des journalistes complaisants pour attester qu’il n’avait jamais souhaité cette distinction et en était le premier surpris. Sans chercher plus loin, ceux-ci ont immédiatement titré leurs journaux sur « l’humilité » de l’homme le plus puissant du monde.

À vrai dire, on ne sait ce qui doit le plus surprendre : l’attribution d’une si prestigieuse distinction à Barack Obama, la mise en scène grotesque qui l’accompagne, ou encore la méthode utilisée pour corrompre le jury et détourner ce prix de sa vocation initiale.

En premier lieu, rappelons que, selon le règlement du Comité Nobel, les candidatures sont présentées par des institutions (des parlements nationaux et des académies politiques) et par des personnalités qualifiées, principalement des magistrats et les anciens récipiendaires. En théorie, une candidature peut-être présentée sans que le candidat en ait été averti. Cependant, lorsque le jury prend sa décision, il établit un lien direct avec l’impétrant de sorte qu’il en soit informé une heure avant la conférence de presse. Pour la première fois de son histoire, le Comité Nobel aurait omis cette courtoisie. C’est, nous assure son porte-parole, qu’il n’osait réveiller le président des États-unis en pleine nuit. Peut-être ignorait-il que des conseillers se relayent à la Maison-Blanche pour recevoir les appels d’urgence et réveiller le président si nécessaire. Au demeurant, le comité Nobel avait au moins informé le journaliste Gerhard Helsok qui avait annoncé la nouvelle la veille sur la chaîne norvégienne TV2.

La gentille saynète de la petite fille annonçant le Prix Nobel à son papa ne suffit pas à dissiper le malaise provoqué par cette distinction. Selon le vœux d’Alfred Nobel, le prix récompense « la personnalité ayant [au cours de l’année précédente] le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Dans l’esprit du fondateur, il s’agissait de soutenir une action militante et non de décerner un brevet de bonnes intentions à un chef d’État. Les lauréats ayant parfois bafoué le droit international postérieurement à la réception de leur prix, le Comité Nobel a décidé, il y a quatre ans, de ne plus récompenser un acte particulier, mais de n’honorer que des personnalités ayant consacré leur vie à la paix. Ainsi, Barack Obama aurait été le plus méritant des militants de la paix en 2008 et n’aurait commis aucune atteinte majeure au droit international en 2009. Sans parler des personnes toujours détenues à Guantanamo et Bagram, ni des Afghans et des Irakiens confrontés à une occupation étrangère, qu’en pensent les Honduriens écrasés par une dictature militaire ou les Pakistanais dont le pays est devenu la nouvelle cible de l’Empire ?

Venons-en au cœur du propos, à ce que la « communication » de la Maison-Blanche et les médias anglo-saxons veulent cacher au public : les liens sordides entre Barack Obama et le Comité Nobel.

En 2006, l’European Command (c’est-à-dire le commandement régional des troupes US dont l’autorité couvrait alors à la fois l’Europe et l’essentiel de l’Afrique) sollicita le sénateur d’origine kenyane Barack Obama pour participer à une opération secrète inter-agences (CIA-NED-USAID-NSA). Il s’agissait d’utiliser son statut de parlementaire pour mener une tournée en Afrique qui permettrait à la fois d’y défendre les intérêts des groupes pharmaceutiques (face aux productions hors brevets) et de repousser l’influence chinoise au Kenya et au Soudan [2]. Seul l’épisode kenyan nous intéresse ici.



La déstabilisation du Kenya

Barack Obama et sa famille, accompagnés d’un attaché de presse (Robert Gibbs) et d’un conseiller politico-militaire (Mark Lippert), arrivent à Nairobi dans un avion spécial affrété par le Congrès. Leur appareil est suivi d’un second avion, celui-ci affrété par l’US Army, et transportant une équipe de spécialistes en guerre psychologique commandée par le général prétendument à la retraite J. Scott Gration. 
Le Kenya est alors un plein boom économique. Depuis le début de la présidence de Mwai Kibaki, la croissance est passée de 3,9 à 7,1 % du PIB et la pauvreté a reculé de 56 à 46 %. Ces résultats exceptionnels ont été obtenus en réduisant les liens économiques post-coloniaux avec les Anglo-Saxons et en leur substituant des accords plus équitables avec la Chine. Pour casser, le miracle kenyan, Washington et Londres ont décidé de renverser le président Kibaki et d’imposer un opportuniste dévoué, Raila Odinga [3]. Dans cette perspective, la National Endowment for Democracy a suscité la création d’une nouvelle formation politique, le Mouvement orange, et complote une « révolution colorée » à l’occasion des prochaines élections législatives de décembre 2007.

Le sénateur Obama est accueilli comme un enfant du pays et son voyage est hyper-médiatisé. Il s’ingère dans la vie politique locale et participe aux meetings de Raila Odinga. Il appelle à une « révolution démocratique », tandis que son « accompagnateur », le général Gration, remet à Odinga 1 million de dollars en liquide. Ces interventions déstabilisent le pays et suscitent les protestations officielles de Nairobi auprès de Washington. 
À l’issue de cette tournée, Obama et le général Gration vont au rapport chez le général James Jones (alors patron de l’European Command et suprême commandeur de l’OTAN) à Stuttgart, avant de retourner aux États-unis.

L’opération continue. Madeleine Albright, en qualité de présidente du NDI (la branche de la National Endowmement for Democracy [4] spécialisée dans le traitement des partis de gauche) fait le voyage de Nairobi où elle supervise l’organisation du Mouvement orange. Puis John McCain, en qualité de président de l’IRI (la branche de la National Endowmement for Democracy spécialisée dans le traitement des partis de droite) vient compléter la coalition d’opposition en traitant de petites formations de droite [5]. 
Lors des élections législatives de décembre 2007, un sondage financé par l’USAID annonce la victoire d’Odinga.

Le jour du vote, John McCain déclare que le président Kibaki a truqué le scrutin en faveur de son parti et qu’en réalité, c’est l’opposition conduite par Odinga qui a gagné. La NSA, de concert avec des opérateurs locaux de téléphonie, adresse des SMS anonymes à la population. Dans les zones peuplées par des Luos (l’ethnies d’Odinga), ils disent « Chers Kenyans, les Kikuyus ont volé l’avenir de nos enfants… Nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Tandis que dans les zones peuplées par des Kikuyus, ils sont rédigés ainsi : « Le sang d’aucun Kikuyu innocent ne sera versé. Nous les massacrerons jusqu’au cœur de la capitale. Pour la Justice, établissez une liste de Luos que vous connaissez. Nous vous enverrons les numéros de téléphone où transmettre ces informations ».

En quelques jours, ce pays paisible sombre dans les violences communautaires. Les émeutes font plus de 1 000 morts et 300 000 déplacés ; 500 000 emplois sont détruits. 
Madeleine Albright est de retour. Elle propose sa médiation entre le président Kibaki et l’opposition qui tente de le renverser. Avec finesse, elle s’écarte et place sur le devant de la scène l’Oslo Center for Peace and Human Rights. Le directoire de cette ONG respectée est nouvellement présidé par l’ex-Premier ministre de Norvège, Thorbjørn Jagland. Rompant avec la tradition d’impartialité du Centre, il dépêche deux médiateurs sur place, dont tous les frais sont pris en charge par le NDI de Madeleine Albright (c’est-à-dire in fine sur le budget du département d’État des États-Unis) : un autre ancien Premier ministre norvégien, Kjell Magne Bondevik, et l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan (le Ghanéen est très présent dans les États scandinaves depuis qu’il a épousé la petite nièce de Raoul Wallenberg). 
Obligé, pour rétablir la paix civile, d’accepter le compromis qu’on lui impose, le président Kibaki accepte de créer un poste de Premier ministre et de le confier à Raila Odinga. Celui-ci entreprend immédiatement de réduire les échanges avec la Chine.


Petits cadeaux entre amis

Si l’opération kenyane s’arrête là, la vie des protagonistes continue. Thorbjørn Jagland négocie un accord entre la National Endowment for Democracy et l’Oslo Center, qui est formalisé en septembre 2008. Une fondation jointe est créée à Minneapolis qui permet à la CIA de subventionner indirectement l’ONG norvégienne. Celle-ci intervient pour le compte de Washington au Maroc et surtout en Somalie [6].

Obama est élu président des États-Unis. Odinga proclame plusieurs jours de fête nationale au Kenya pour célébrer le résultat de l’élection aux États-Unis. Le général Jones devient conseiller de sécurité nationale. Il prend Mark Lippert comme chef de cabinet et le général Gration comme adjoint. 
Durant la transition présidentielle aux USA, le président de l’Oslo Center, Thorbjørn Jagland, est élu président du Comité Nobel, malgré le risque que représente pour l’institution un politicien aussi retors [7].

La candidature de Barack Obama au Prix Nobel de la paix est déposée au plus tard le 31 janvier 2009 (date limite réglementaire [8]), soit douze jours après sa prise de fonction à la Maison-Blanche. De vifs débats animent le Comité qui ne parvient toujours pas à s’accorder sur un nom début septembre, comme le prévoir le calendrier habituel [9]. Le 29 septembre, Thorbjørn Jagland est élu secrétaire général du Conseil de l’Europe à la suite d’un accord en sous-main entre Washington et Moscou [10]. Ce bon procédé en appelait un autre en échange. Bien que la qualité de membre du Comité Nobel soit incompatible avec une fonction politique exécutive majeure, Jagland ne démissionne pas. Il argue du fait que la lettre du règlement interdit le cumul avec une fonction ministérielle et ne dit rien du Conseil de l’Europe. Il rentre donc à Oslo le 2 octobre. Le jour même, le Comité désigne le président Obama, Prix de la paix 2009.

Dans son communiqué officiel, le Comité déclare sans rire : « Il est très rare qu’une personne, à l’instar d’Obama, ait réussi à captiver l’attention de tous et leur donner l’espoir d’un monde meilleur. Sa diplomatie est basée sur le concept que ceux qui dirigent le monde doivent le faire sur un socle de valeurs et de comportements partagés par la majorité des habitants de la planète. Pendant 108 ans, le comité du prix Nobel a cherché à stimuler ce type de politique internationale et ces démarches dont Obama est le principal porte-parole » [11].

De son côté, l’heureux lauréat a déclaré : « Je prends la décision du comité Nobel avec surprise et une profonde humilité (…) J’accepterai cette récompense comme un appel à l’action, un appel lancé à tous les pays pour qu’ils se dressent face aux défis communs du XXIe siècle ». Ainsi donc, cet homme « humble » estime incarner « tous les pays ». Voilà qui n’augure rien de pacifique.


Notes

[1] « Déclaration de Barack Obama à l’annonce du prix Nobel de la paix 2009 » , Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.

[2] Sur le détail de cette opération, voir Le Rapport Obama, par Thierry Meyssan, à paraître.

[3] Raila Odinga est le fils de Jaramogi Oginga Odinga, qui eut pour principal conseiller politique le père de Barack Obama.

[4] « La NED, nébuleuse de l’ingérence "démocratique" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[5] Jadis les États-Unis avaient créé un parti à eux au kenya, dirigé par Tom Mboya. Il s’agissait à l’époque de lutter contre l’influence russe et —déjà— chinoise.

[6] L’Oslo Center a également participé à la déstabilisation de l’Iran, lors de l’élection présidentielle, en acheminant des fonds vers l’ancien président Khatami.

[7] Vice-président de l’Internationale socialiste, Thorbjørn Jagland est un fervent partisan de l’OTAN et de l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne. Il fréquente les élites mondialistes et a participé aux travaux du Council on Foreign Relations, de la Commission trilatérale et du Groupe de Bilderberg. Son bilan politique a été entaché par plusieurs scandales de corruption touchant ses proches, notamment son ami et ministre du Plan Terje Rød Larsen (l’actuel coordinateur de l’ONU pour les négociations au Proche-Orient).

[8] 205 candidatures ont été déposées. Mais, conformément au règlement seules 199 ont été jugées recevables. Ce chiffre ayant été atteint, le Comité Nobel n’avait pas la possibilité d’ajouter des noms supplémentaires au cours de ses délibérations.

[9] Le prix devait être décerné le 9 octobre. Pour des raisons d’organisation, le lauréat aurait dû être déterminé au plus tard au 15 septembre.

[10] Bien que les États-Unis ne soient pas membres du Conseil de l’Europe, ils y ont une grande influence. Moscou ne tenait pas à Jagland, mais voulait faire barrage au Polonais Wlodzimierz Cimoszewicz.

[11] « Communiqué du Comité Nobel norvégien sur le prix de la Paix 2009 », Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.

* Thierry Meyssan est nalyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

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La mort quotidienne de la démocratie: le coup d’Etat silencieux d’Afrique du Sud

Nigel Gibson et Raj Patel

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/59620

L’assaut et les tueries subis par les membres d’Abahlali baseMjondolo, à Kennedy Road, représentent un « coup d’Etat » silencieux et une attaque contre la démocratie, dénoncent Nigel Gibson et Raj Patel. D’une part ils reflètent l’encouragement à la violence par l’ANC (African National Congress) et l’apparition inquiétante de politiques ethniques impensables même aux jours les plus sombres de l’Apartheid, l’incident est le résultat d’une attaque délibérée d’un mouvement autonome de la base. Avec S’bu Zikode, le président élu de Abahlali, contraint à la clandestinité, l’intolérance à l’égard des aspirations des pauvres gens à être représentés et l’émergence des « démons de la haine ethnique », la stabilité même du pays est menacée, notent-il.

Nul n’est besoin de palais présidentiel ou de généraux qui circulent dans des tanks ou même de la CIA pour fomenter un coup d’Etat. La démocratie peut être remise en cause avec moins de faste, moins de support et moins d’éclat de violence étatique. Mais ces coups d’Etat silencieux ne sont pas moins mortels pour la démocratie. Un tel coup d’Etat a justement eu lieu à la fin septembre en Afrique du Sud. Ce n’était pas le genre qui frappe le Parlement ou le chef inepte et corrompu de l’ANC, Jacob Zuma. Tout au contraire. Il touchait un mouvement social respecté et authentiquement démocratique, le comité directeur librement élu du bidonville de Kennedy Road à Durban. Et cette paisible organisation démocratique a été renversée par le gouvernement d’Afrique du Sud.

Mais d’abord, le contexte. Alors que l’Afrique du Sud s’apprête à accueillir la Coupe du Monde de 2010, les plus pauvres dans ce pays continuent d’attendre la fin des prédations de l’Apartheid. Le pays dépense 1,1 milliard de dollars pour construire de nouveaux stades, cependant que ceux qui ont combattu l’Apartheid attendent dans des bidonvilles d’avoir de l’eau courante et de l’électricité. Les niveaux de développement humain sont maintenant plus bas qu’en 1994 et en ce qui concerne le fossé entre riches et pauvres, l’Afrique du Sud a dépassé le Brésil.

Mais tout le monde n’attend pas patiemment, la main tendue, que le gouvernement veuille bien lui donner quelque chose. Il y a des communautés, en particulier celles vivant dans des bidonvilles, qui se sont organisées afin d’obtenir des dividendes sous forme de logement, d’eau, d’écoles, de centres de santé, d’emplois et de nourriture pour leur communauté. Lorsque certaines communautés ont organisé des protestations contre leur gouvernement, usant de la liberté garantie par une des Constitutions les plus ouvertes et les plus progressistes parmi toutes les démocraties, le gouvernement a répondu par un coup d’Etat sanglant.

Le samedi 26 septembre, au milieu de la nuit, des hommes armés de fusils, de couteaux et même d’épées ont fait une descente sur la Kennedy Road et sur le bidonville qui abrite environ 7000 personnes. Ces hommes chantaient des slogans de nettoyage ethnique, opposant les Zoulous aux Pondo. Avec ces mots, ils ont convoqué les politiques ethniques, chose impensable même pendant les années les plus noires de l’Apartheid. Même les batailles entre le Inkatha Freedom Party et l’ANC étaient des confrontations politiques plutôt qu’ethniques. Mais dans l’Afrique du Sud de Jacob Zuma, le nationalisme zoulou, qui était un anathème pour l’ANC, est devenu le critère des mesures opérationnelles.

Quatre personnes ont été tuées. La violence a continué sous les yeux de la police et de membres de l’ANC. Une fois l’attaque terminée, les dirigeants démocratiques du comité de développement de la Kennedy Road ont été arrêtés (quand bien même nombre d’entre eux étaient absents lors de l’attaque). Des milliers de résidents du bidonville ont fui et de nombreuses huttes ont été détruites.

Il est maintenant apparu clairement que les voyous ont été soutenus par la branche locale de l’ANC et de ses dirigeants. Jackson Gumede, le président du comité exécutif du district électoral de l’ANC où est situé Kennedy Road, a fait main basse sur le bidonville où les résidents restants vivent dans la peur. Le gouvernement provincial de l’ANC est aussi devenu un partenaire complaisant.

Il est également devenu apparent que la cible de ces attaques était l’organisation communautaire des résidents du bidonville, autonome et démocratique, Abahlali baseMjondolo, dont la croissance au cours des quatre dernières années en a fait un des mouvements des gens pauvres les plus importants d’Afrique du Sud. Abahlali est devenu une épine significative dans le pied du gouvernement provincial de l’ANC du KwaZulu-Natal.

Ce qui irrite particulièrement l’ANC, c’est le refus de l’Abahlali de laisser les résidents du bidonville devenir une banque de votes pour l’ANC lors des élections. Plutôt que de soutenir l’un ou l’autre des partis politiques, le mot d’ordre de l’Abahlali a été ’’pas de maison, pas de terre, pas de vote’’. Non content de nier la légitimité du conseiller local de l’ANC, Yacoob Baig, Abahlali a aussi traduit en justice le gouvernement provincial, contestant la légitimité, du point de vue de la Constitution, de l’ Elimination of Slums Act (décret sur l’élimination des bidonvilles) et s’est insurgé contre le relogement forcé des résidents du bidonville dans des camps de transit ou des camps temporaires en dehors de la zone urbaine.

Abahlali a aussi connu un certain nombre de succès, ce qui a contrarié les politiciens locaux. Leur militantisme a contraint la municipalité de Durban à améliorer certains bidonvilles. Le contrôle des bidonvilles passe par le contrôle des cordons de la bourse. Ceci est le prix que Yakoob Baig et Jackson Gumede convoitent.

La décision de l’ANC de détruire un mouvement de citoyens pauvres a été condamnée dans le monde entier. Le South Africa Council of Churches (SACC ; le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud) a parlé ‘’d’une attaque contre la démocratie’’ et a fait une déclaration alarmée sur la criminalisation des chefs communautaires. L’évêque Rubin Phillip, président du Kwazulu-Natal Christian Council (Conseil chrétien du KwaZulu-Natal) et évêque anglican du Natal, qui avait visité la Kennedy Road a dit, suite à l’attaque, ‘’être déchiré par l’angoisse’’ et a parlé du véritable espoir social que représentait Abahlali. Des messages de solidarité et d’indignation ont continué d’affluer, provenant d’Afrique du Sud et d’ailleurs dans le monde et, bien que cette pression va peut-être amener l’ANC à penser à deux fois avant d’agir contre l’Abahlali, il est aussi clair que l’ANC ne contrôle pas la violence qu’elle a déchaînée.

Dans le bidonville, toute personne associée à Abahlali a été menacée de violence et contrainte de quitter les lieux. Il y a déjà deux mille personnes sans abris. S’bu Zikode, le président élu de l’Abahlali a été contraint à la clandestinité suite à des menaces de mort. Le 29 septembre, Zikode écrivait comprendre que l’attaque était dirigée contre la voix des pauvres gens ordinaires : «Cette attaque est une tentative de terroriser la voix qui provient du fond du coin sombre. C’est une tentative de retourner la frustration et la colère des pauvres contres les pauvres afin que nous ne reconnaissions pas le véritable ennemi ». Il termine en faisant non seulement appel à la solidarité, mais aussi en demandant « un examen attentif et approfondi de la nature de la démocratie en Afrique du Sud ».

Zikode a bien entendu raison. C’est pourquoi il a été ciblé par les milices et la raison pour laquelle sa sécurité doit être garantie. Et l’attaque n’augure de rien de bon pour le futur de l’Afrique du Sud. Il n’y a pas de place en Afrique du Sud pour les démons de la haine ethnique Ceux-ci, une fois déchaînés, pourraient très bien déchirer la nation Arc en Ciel. A moins d’une justice rapide et transparente pour rectifier ce grave tort, le futur est sombre. L’Histoire montre clairement une chose : les petits coup d’Etat engendre les grands coups d’Etat.

* Nigel Gibson est un chercheur invité à la School of Development Studies, Université de KwaZulu-Natal et auteur du livre « Fanonian Practices in South Africa » à paraître prochainement.

* Raj Patel** est chercheur honoraire à la School of Development Studies, Université de KwaZulu-Natal et auteur du livre « The value of nothing », à paraître prochainement.

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« Plus jamais ça en République de Guinée »

Société civile de la Guinée

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/59621

Les massacres opérés par les militaires guinéens sur des populations civiles, le 28 septembre, faisant plus de 150 morts, on suscité une condamnation unanime. Les organisations régionales, continentales et internationales y sont allées d’une même voix pour que l’impunité ne couvre pas, encore une fois, ces actes. Les militaires n’ont pas seulement tiré à balles réelles sur la foule, ils ont violé les femmes, introduit des baïonnettes et des bouts de canon dans leurs parties intimes, commis nombre d’actes attentatoires à la dignité et à l’intégrité humaine. Pour la Coalition nationale de Guinée pour les droits et la citoyenneté des femmes (CONAG-DCF), il importe de se mobiliser «pour que de tels actes ne se répètent jamais, plus jamais”.

La CONAG-DCF a suivi avec beaucoup d’intérêt l’évolution de la situation politique de notre pays la Guinée, caractérisé ces derniers temps par la rupture du dialogue entre : d’ une part le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et le gouvernement, et d’autre part les forces vives de la nation, rupture qui a abouti aux événements malheureux du 28 septembre 2009.

La CONAG-DCF, a déploré avec regret et condamné avec la dernière énergie la répression sanglante de la marche du 28 septembre dernier par les forces armées. La CONAG-DCF présente ses condoléances au peuple de Guinée en général et aux familles des victimes en particulier. Pour nous, aucune raison ne peut justifier un tel massacre des fils et filles de ce pays dont on a pourtant besoin pour la reconstruction nationale.

Outre l’assassinat des citoyens lors de cette journée macabre, les forces armées ont commis des atrocités sans précédents dans ce pays sur les femmes et filles présentes au stade.
Des témoignages concordants font état des coups et blessures, des viols publics et collectifs, de l’introduction des morceaux de bois, des bouts de canons voire des baïonnettes dans les organes génitaux féminins.

La République de Guinée venait d’enregistrer ainsi dans son histoire la pire forme de violences faites aux femmes et aux filles. Ces violations ont été profondément ressenties par les femmes de Guinée, d’Afrique et du monde entier. La CONAG-DCF condamne sans réserve, les actes ignobles et inhumains.
Par la même occasion constatons avec regret que les enjeux du pouvoir prédominent sur nos valeurs sociales, culturelles et religieuses.

En tout temps, notre pays, tout au long de son histoire a toujours accordé une protection spéciale aux femmes même en cas de mouvements non autorisés. En témoigne le recul de feu Ahmed Sékou Touré face au soulèvement des femmes contre la police économique le 27 août 1977. Les actes commis par les forces armées le 28 septembre constituent une rupture profonde avec non seulement nos traditions, mais également la preuve que malgré les beaux discours, le sort des femmes ne fait pas partie des préoccupations des nouvelles autorités.

Face à ces graves violations de la dignité de la femme, commises par nos forces armées pourtant chargées de la protection des citoyens en général, et des personnes vulnérables parmi lesquelles figurent les femmes et les filles en particulier, la CONAG-DCF proteste vigoureusement et rappelle au CNDD et au gouvernement que :

- la Guinée est partie prenante à tous les textes internationaux, régionaux et sous régionaux protégeant les droits des femmes tels que : La Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme, le Protocole à la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des femmes ; la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la femme, Paix et Sécurité, la résolution 1820 du Conseil des Nations Unies relatif aux violences faites aux femmes/filles en période de conflits ;

La CONAG-DCF, considérant la désolation et les dégâts causés aux femmes lors de la répression du 28 septembre 2009 ; consciente qu’aucun peuple ne peut prétendre évoluer vers le développement en humiliant celles qui donnent la vie :

- Exige l’ouverture d’une enquête internationale afin d’établir les responsabilités pour que les coupables ne restent pas impunis, conformément au point 11 de la résolution 1325 de l’ONU qui stipule :« Tous les Etats ont l’obligation de mettre fin à l’impunité et de poursuivre en justice ceux qui sont accusés de génocide contre l’humanité et les crimes de guerre, y compris toutes les formes de violences sexistes et autres contre les femmes et les petites filles ».

La CONAG-DCF, lance un appel solennel à ses sœurs africaines ; ainsi qu’aux femmes/filles du monde entier pour soutenir les femmes/filles de Guinée dans leur combat contre toutes les formes de violences faites aux femmes/filles. Que toutes les femmes du monde se mobilisent afin que les auteurs de cette répression soient identifiés et traduits en justice ;

La CONAG-DCF s’élève contre le recours au viol comme arme de répression pour terroriser et humilier des femmes/filles qui n’ont fait qu’user de leurs droits en tant que citoyennes.

Cette situation est un vrai recul pour la démocratie africaine en générale et fait honte à celle guinéenne en particulier ; ce qui a pour conséquence la détérioration de la situation des droits de la personne et des libertés fondamentales.

En conséquence, la CONAG-DCF :

-- Sollicite et encourage le concours aussi bien national qu’international pour la prise en charge des femmes victimes des événements du 28 septembre 2009;

- Invite toutes les parties concernées à la reprise du dialogue, seule voie de sortie de la crise que traverse le pays ;

- Appelle les femmes à plus de solidarité et d’engagement pour que de tels actes ne se répètent jamais, plus jamais dans notre pays la Guinée.

« Plus jamais ça en République de Guinée »

Fait à Conakry le 02 octobre 2009


* Les organisations membres de la CONAG-DCF :La COFEG, l’AME, l’ADDEF-G, l’AGUIFEL, l’AGACFEM, l’ADIC, le SLECG, la CPTAFE.

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RDC analyses

Burundi : A quand le retour au pays natal des Tutsis congolais ?

2009-10-16

http://tinyurl.com/ykohxqg

Les ministres congolais des Affaires étrangères et de la Défense ont terminé une visite à Bujumbura consacrée au sort des Tutsis congolais qui ont fui au Burundi depuis 2004. La semaine dernière, ces refugiés avaient tenté de rentrer au Congo, mais Kinshasa avait fermé la frontière. Les autorités congolaises refusent, pour l’instant, le retour de ces réfugiés. La RD Congo et le Burundi renvoient toute décision sur le rapatriement des réfugiés à une nouvelle réunion, le16 octobre. En réalité, les autorités congolaises chercheraient à gagner du temps, selon des sources burundaises. Un temps qui servirait à faire de la pédagogie auprès des autres tribus du Sud-Kivu, très hostiles aux Banyamulenge.





Plaidoyers & campagnes

Justice pour le peuple de Guinée !

Société civile du Sénégal

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/59619

Pour une solidarité nationale et internationale avec les forces démocratiques de Guinée !

Le lundi 28 septembre 2009 à Conakry, l’armée du capitaine Dadis a délibérément tiré sur des populations désarmées, tuant des citoyens innocents qui manifestaient de manière pacifique, violé de manière barbare et inhumaine des femmes, traumatisant des enfants. Le bilan de cette tuerie planifiée est lourd, trop lourd. Des centaines de morts, des milliers de blessés et un peuple pris en otage par l’armée. On croyait définitivement tournée la page des dictatures sanguinaires sur notre continent. Force est de constater que ce « cancer » sévit encore ! Un « cancer » entretenu par tant de richesses minières dont l’exploitation (permis, etc.) est totalement opaque et le narcotrafic) !

L’ordre militaire parasitaire règne en Guinée. Le capitaine Dadis et l’armée ont du sang sur les mains.
Le capitaine Dadis doit partir immédiatement et les coupables de cette tuerie jugés et punis.
La solidarité internationale doit agir pour un retour, sans plus attendre, à un ordre civil et l’organisation d’élections libres et démocratiques. Le peuple Guinéen souverain décidera s’il y a lieu de dissoudre cette armée dont 50 ans de règne ont fini de convaincre de sa lourde responsabilité dans l’état de déliquescence du pays.

Nous, anciens de l’Association des Etudiants Sénégalais en France (AESF), renouant avec nos traditions de solidarité agissante, particulièrement active s’agissant de l’Afrique, telle que nous y avons été formé dans le cadre de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) prendrons toutes les initiatives pour aider et relayer les actions de la société civile et politique guinéenne, pour dénoncer ce régime criminel et pour faire pression sur toutes les institutions internationales et les Etats. L’objectif immédiat : ne pas relâcher les efforts pour barrer la route à Dadis et compagnie, pour des élections libres et démocratiques et la constitution d’un gouvernement civil en Guinée au service des populations meurtries.

* Le comité provisoire des anciens de l’Association des Etudiants Sénégalais en France (AESF) : Pr Maguèye Kassé, Pr Buuba Diop, Maître Mame Adama Gueye, Brahim Haidar

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Le président nigérien jugé non grata au Bénin

Société civile du Bénin

2009-10-18

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/59622

Le Bénin a accueilli le président nigérien, au cours d’un sommet international pour se mobiliser contre le marché des faux médicaments. Pour une organisation de la société civile béninoise, cette présence de Mamadou Tandja sur le sol béninois sonne comme un déshonneur, après les manipulations constitutionnelles et le coup de force politique qu’il a perpétré pour perpétuer son pouvoir. Social Watch Bénin rappelle ainsi qu’il n’y a pas plus coupable que le silence indifférent face à « la logique de confiscation des pouvoirs » qui s’installe au Niger.

Dans le cadre de l’Appel de Cotonou contre les faux médicaments, notre pays a accueilli ce 11 Octobre 2009, plusieurs chefs d’Etats africains et l’ancien Président français Jacques Chirac, avec les membres du Comité d’honneur de la mobilisation internationale contre les faux médicaments.

Notre pays peut s’enorgueillir d’avoir abrité cette importante rencontre au cours de laquelle les chefs d’Etat et de gouvernements présents se sont engagés à éradiquer la production et la vente illicites de faux produits pharmaceutiques, à soutenir la lutte contre les faux médicaments, à renforcer et harmoniser le contrôle de qualité des médicaments et à sensibiliser leurs populations à cette priorité mondiale.

Si le Bénin peut s’honorer de la présence de ce parterre de personnalités de toutes catégories venues de tous horizons, il est à déplorer qu’au nom de l’hospitalité légendaire du peuple béninois et de l’amitié entre les peuples, l’Appel de Cotonou a permis d’accueillir un hôte de marque qui s’est illustré ces derniers mois dans son pays par la violation des règles démocratiques et constitutionnelles.

En effet, son Excellence Monsieur Mamadou Tandja, président de la République sœur du Niger qui achève normalement son second et dernier mandat en décembre 2009 a réalisé un coup de force en s’adjugeant des pouvoirs exceptionnels qui l’ont conduit à la dissolution de l’Assemblée nationale et à la suspension de la Cour constitutionnelle de son pays. Dans sa logique de confiscation des pouvoirs, de tripatouillage de la Constitution nigérienne, de passage en force illégal et illégitime par l’adoption d’une nouvelle constitution en août 2009, et l’organisation dans quelques jours de controversées élections législatives, le président Mamadou Tandja, s’est mis aux antipodes des dignes leaders du continent africain comme Nelson Mandela.

Son régime s’est lancé dans des dérives antidémocratiques et dans des atteintes répétées à la liberté d’expression et d’opinion chèrement acquises par le Peuple nigérien ainsi que dans des menaces attentatoires à la liberté des organisations de la société civile, de la presse nigérienne et des violations des droits syndicaux.

L’arrivée sur la terre du Bénin après s’être rendu coupable d’acte de parjure à l’égard de la Constitution du peuple frère du Niger, constitue une offense aux populations de notre pays considéré comme le « laboratoire de la démocratie » en Afrique.

Devant le silence coupable des autorités béninoises sur la situation d’usurpation de pouvoirs au Niger et l’accueil réservé à Mamadou Tandja, président en fin de mandat du Niger, Social Watch Bénin demande au gouvernement et au Parlement béninois de faire montre de véritables défenseurs des valeurs démocratiques et rappelle au président nigérien que le sens élevé d’hospitalité du peuple béninois ne peut être interprétée comme un acquiescement de ses dérives dictatoriales. Social Watch Bénin invite les acteurs de la vie sociopolitique de notre pays à lancer un message fort de désapprobation au président Mamadou Tandja. Comme l’a dit l’un des valeureux Noirs américains, Martin Luther King, « Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants ; c'est l'indifférence des bons. »

* La Coordination nationale de Social Watch Bénin

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Zimbabwe

Des élèves quittent l’école, les parents ne pouvant plus payer

2009-10-16

http://tinyurl.com/ylohycs

La scolarisation devient de plus en plus un privilège des riches au Zimbabwe. Le ministère de l'Education du pays, à court d’argent, facture une contribution de 20 dollars US par matière en Terminale, pour couvrir les frais, mais une majorité des élèves n'ont pas pu s'inscrire du tout puisqu’ils ne peuvent pas supporter ce coût. Les élèves du secondaire espérant des études supérieures, pour s’assurer un apprentissage ou une place dans une université professionnelle, doivent s'inscrire soit pour cinq matières en classe de troisième à 10 dollars l’une, ou pour trois matières en classe terminale à 20 dollars chacune.


Retour à la case prison pour un vice-ministre

2009-10-16

http://tinyurl.com/yl6ghnk

Un tribunal zimbabwéen a ordonné le 14 octobre le renvoi en prison d'un proche du Premier ministre Morgan Tsvangirai, le vice-ministre désigné Roy Bennett, qui sera jugé à partir du 19 octobre pour terrorisme et sabotage. Cet ancien fermier blanc de 52 ans est un membre fondateur et trésorier du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), l'ancien parti d'opposition de M. Tsvangirai. Il avait été arrêté le 13 février, jour de la prestation de serment du gouvernement d'union formé par Tsvangirai et le président Robert Mugabe, dont il devait faire partie en tant que vice-ministre de l'Agriculture.


L’affaire Bennett émeut la communauté internationale

2009-10-17

http://tinyurl.com/ylsy6b4

Une vive émotion a été exprimée par la communauté internationale le 15 octobre, après la remise en détention au Zimbabwe d'un proche du Premier ministre Morgan Tsvangirai, que Washington juge comme un "exemple flagrant de l'absence d'Etat de droit" dans ce pays. Un tribunal de Mutare, dans l'est de ce pays d'Afrique australe, a ordonné le 14 octobre le renvoi en prison de Roy Bennett, un fermier blanc vice-ministre désigné de l'Agriculture dans le gouvernement actuel d'union nationale. Il sera jugé à partir du 19 octobre pour sabotage, terrorisme et banditisme.





Femmes & genre

Mali : Les raisons de la réticence au nouveau code de la famille

2009-10-17

http://tinyurl.com/yfdmhu6

Le gouvernement a jugé nécessaire la refonte du code de la famille pour respecter les conventions et traités internationaux sur les droits de l’Homme qu’il a déjà ratifiés. Cependant certains points comme la non reconnaissance du mariage religieux, le partage des charges familiales entre époux, la puissance paternelle remplacée par l’autorité parentale ont posé problème, donnant lieu à des manifestations populaires dans le pays. Un meeting organisé par le Haut conseil islamique du Mali a rassemblé prés de 50 000 personnes à Bamako les 15 et 22 août dernier. Explications





Droits humains

Burkina : La sœur de Sankara se souvient

2009-10-17

http://tinyurl.com/yfmrfz6

Jeudi 15 octobre 1987- jeudi 15 octobre 2009. Cela fait exactement 22 ans qu’une fusillade dans l’enceinte du Conseil de l’entente à Ouagadougou mettait fin non seulement à la vie du capitaine Thomas Sankara – et à celle d’une dizaine de ses compagnons d’infortune – mais aussi à la Révolution d’août 1983 qu’il avait déclenchée avec trois autres compagnons d’armes. Depuis cette date, le 15 octobre ne passe pas inaperçu surtout pour tous ceux qui se disent les héritiers de ses idées, de son combat. En ce 15 octobre 2009, sa sœur revient sur les événements.


Global : la traque des génocidaires du Rwanda continue

2009-10-16

http://tinyurl.com/yhtt4vp

Idelphonse Nizeyimana, recherché par la justice internationale, a été arrêté en Ouganda. Onze acteurs majeurs du massacre de 1994 sont encore en cavale. A Arusha, en Tanzanie, siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), l’heure est à la satisfaction. Idelphonse Nizeyimana, la grosse prise, est un ancien capitaine des Forces armées rwandaises (FAR), chargé du renseignement. Présenté comme un proche de l’ancien président Juvénal Habyarimana, son nom figurait sur la liste des accusés du TPIR les plus recherchés pour leur rôle crucial dans le génocide. Pour la première fois, l’accusé a été transféré à Arusha en moins de trente-six heures.





Réfugiés & migration forcée

Burundi: le HCR condamne le refoulement de demandeurs d'asile

2009-10-17

http://tinyurl.com/yzstdmp

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est dit "contre le refoulement de demandeurs d'asile", après la décision des autorités burundaises d'expulser vers le Rwanda voisin plus de 400 Hutus rwandais considérés comme des "immigrants illégaux". Ces derniers ont fui leur pays depuis un mois pour trouver refuge dans la province burundaise de Kirundo (nord-est). Ces Hutus rwandais affirment fuir des violences politiques visant les hommes adultes dans une province du sud du Rwanda depuis un mois. Les autorités rwandaises assurent qu'ils fuient la justice gacaca (tribunaux populaires mis en place pour juger les exécutants présumés du génocide de 1994 au Rwanda).


Global : Des sans-papiers dévoilent leurs conditions de travail

2009-10-16

http://tinyurl.com/yhh8frj

Des sans papiers employés à la réfection des stations de métro, ont été évacués, le 13 octobre au soir, du dépôt de la compagnie de transport parisien qu'ils occupaient depuis le matin pour demander leur régularisation. Ils ne s'étaient pas joints au mouvement de grève de 2008, car ils craignaient de prendre le risque d'être interpellés et renvoyés dans leur pays. Mais après avoir vu que d'autres travailleurs dans la même situation s'étaient fait régularisés, ils ont décidé de franchir le pas et de se mettre en grève, las d'être soumis, parce que sans papiers, à des conditions de travail aussi peu respectueuses des droits élémentaires…


Global : Les sans-papiers en Suisse créent leur propre école

2009-10-16

http://tinyurl.com/yhfunhy

La Suisse est un pays difficile pour les demandeurs d'asile et les migrants sans-papiers. Mais à Zurich, ils ont déjà mené une longue bataille contre les autorités et aujourd'hui ils ont même réussi à mettre sur pied leur propre école de langue allemande. Le projet a commencé avec 30 personnes, aujourd'hui ils sont déjà 150 étudiants sans-papiers à assister aux cours. Les cours sont donnés par des professeurs sans-papiers ou des bénévoles suisses.





Mouvements sociaux

Afrique du Sud : Les manifestations contre la pauvreté tournent à l'émeute

2009-10-16

http://tinyurl.com/yky7tjr

Plus de 150 personnes ont été arrêtées en Afrique du Sud, où les manifestations contre la pauvreté et les mauvaises conditions de vie s'intensifient depuis le début de la semaine dernière. Le 15 octobre, 19 personnes ont été blessées par des tirs de balles en caoutchouc à Diepsloot, quartier pauvre au nord de Johannesburg. Les images des forces de l'ordre tirant des balles en caoutchouc pour disperser la foule des émeutiers évoquaient les années sombres de l'apartheid et la répression sanglante du régime police ségrégationniste.





Elections & gouvernance

Guinée : Paris demande aux Français de quitter la Guinée

2009-10-17

http://tinyurl.com/yzknhyo

Paris a demandé aux Français résidant en Guinée de quitter le pays en raison de la détérioration de la situation notamment à Conakry. La décision a été annoncée le 16 octobre. Le nombre de Français en Guinée est estimé à quelque 2.500 personnes. "Il n'y a pas de perspective d'amélioration à court terme", ajoute le ministère français des Affaires étrangères, dans la note publiée à propos de la situation dans ce pays. Des actes de banditisme se sont multipliés, en particulier des attaques à main armée, après la répression par l’armée de la manifestation de l'opposition le 28 septembre, indique-t-on.


Guinée: l'UE réclame des poursuites pour crime contre l'humanité

2009-10-18

http://tinyurl.com/yjl6efc

L'Union européenne, qualifiant de crime contre l'humanité la sanglante répression du 28 septembre à Conakry, a réclamé des poursuites contre la junte en Guinée et son chef le capitaine Moussa Dadis Camara, accroissant un peu plus les pressions sur son régime. La junte affirme que 56 civils ont été tués et 934 personnes blessées tandis que l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme estime que plus de 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées, dont de nombreuses femmes violées. Les Nations unies ont fait état de plus de 150 morts.


Guinée : L'opposition marque des points

2009-10-16

http://tinyurl.com/yg5qytq

Calcul ou simple coïncidence ? Les leaders des forces vives guinéennes ont invité les Guinéens à rester chez eux les lundi 12 et mardi 13 octobre en signe de recueillement pour honorer la mémoire des victimes du massacre qui a eu lieu dans le grand stade de Conakry, la capitale. C’est également la date du 12 octobre qui a été choisie par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour réunir ses ministres des Affaires étrangères à Abuja, afin de chercher une solution à la crise en Guinée. La rencontre qui a eu lieu dans la capitale nigériane a connu la participation du Groupe de Contact International sur la Guinée.


Gabon : L’opposant Mba Obame en grève de la faim

2009-10-16

http://tinyurl.com/yl2cc5j

L'ex-ministre de l'Intérieur gabonais, André Mba Obame, arrivé 2e à l'élection présidentielle du 30 août dont il ne reconnaît pas le résultat et dont il se dit victorieux, a annoncé le 12 octobre qu'il entamait une grève de la faim.

"Je suis prêt à sacrifier ma vie pour que le Gabon ne sombre pas dans la dictature, la guerre civile et le génocide", a-t-il déclaré.


Guinée : Dadis Camara proche de la sortie

2009-10-16

http://tinyurl.com/yktuzdp

La communauté internationale accentue les pressions pour que le président autoproclamé de Guinée abandonne le pouvoir après le massacre de Conakry le 28 septembre. Dégage. Même la Chine, qui prévoirait de financer pour 7 milliards de dollars de projets miniers, pétroliers et d'infrastructures dans le pays au cours des prochaines années, n'a pas fait entendre de discordances. Selon un porte-parole du Département d'Etat américain, Dadis Camara doit quitter le pouvoir et ouvrir la porte à des élections légitimes afin que puisse se former un gouvernement légitime.


Guinée : Démissions à la chaîne dans le gouvernement

2009-10-17

http://tinyurl.com/yle5f5b

Trois ministres ont quitté le gouvernement de la junte guinéenne pour protester contre la répression du 28 septembre. Dernier ministre à plier bagages, celui de la Communication, Justin Morel Junior. Il rejoint ainsi deux autres ministres qui ont démissionné eux aussi pour exprimer leur désapprobation à la suite du massacre qui a visé l’opposition le 28 septembre dernier dans un stade de Conakry. Il s’agit respectivement du ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Abdourahamane Sano et de Dr Alpha Diallo, ministre de la Fonction publique et de l’emploi.


Gabon : L’élection d’Ali Bongo Ondimba confirmée

2009-10-16

http://tinyurl.com/yl3jg48

La Cour Constitutionnelle gabonaise a rejeté le 12 octobre le pourvoi formé par l’opposition visant à invalider la victoire d’Ali Bongo lors de l’élection présidentielle du 30 août. La décision était attendue. Les résultats officiels avaient donné le fils de l’ex-président Omar Bongo vainqueur de ce scrutin, mais l’opposition affirmait qu’il était entâché d’irrégularités.


Libye : Arrêt de la coopération avec l’Unesco

2009-10-16

http://tinyurl.com/yflucvq

La Libye, qui avait déjà exprimé sa désapprobation de la candidature de la déléguée de la Bulgarie au poste de directeur général de l'UNESCO et dénoncé cette candidature, a annoncé qu'elle arrêtera sa coopération avec l'organisation onusienne en cas de validation, la semaine prochaine, de la Bulgare Irina Bokova à la tête de l'institution lors de son Congrès général. La déléguée de la Bulgarie à l'UNESCO, Irina Bokova, avait été élue en septembre dernier face au ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni. La Libye a aussi retiré sa candidature à un poste au Conseil exécutif et des autres commissions de l'UNESCO auxquelles elle a postulé et justifié cette position par le non-respect, par la Bulgarie, des conventions internationales.


Madagascar : Ravalomanana rejette Rajoelina

2009-10-16

http://tinyurl.com/yghf4xj

La nomination d’Eugène Mangalaza comme Premier ministre consensuel et inclusif à Madagascar, est réfutée par la mouvance Ravalomanana. Mais l’ancien président Marc Ravalomanana refuse aussi de voir Andry Rajoelina à la tête du régime de la transition. Lui et son camp estiment qu’il est inadmissible de mettre quelqu’un à la tête de l’Etat alors que cette personne est portée au pouvoir par la rue. Dans ce cas, Marc Ravalomanana refuse de signer quoi que ce soit dans le cadre des solutions de sortie de crise.


Maroc : un parti de la majorité menace de quitter le gouvernement

2009-10-17

http://tinyurl.com/yhjm562

Un parti important de la majorité, le RNI, a menacé, le 15 octobre, de se retirer de la coalition gouvernementale après l'échec de son candidat face à un membre de l'opposition pour le "perchoir" de la Chambre des conseillers (chambre haute). Le comité exécutif du RNI, la plus haute instance du parti, s’était réuni pour débattre de l'échec de son candidat face au secrétaire-général du PAM (Parti Authenticité et Modernité), à la présidence de la Chambre des conseillers. Le RNI compte actuellement sept ministres au gouvernement.


Sénégal : Un ancien Premier ministre pressenti pour la vice-présidence

2009-10-16

http://tinyurl.com/yz7s32d

Toutes les dispositions auraient été prises pour accueillir l’ancien Premier Ministre du Sénégal, Idrissa Seck, à la vice-présidence. Un poste créé depuis plusieurs moins, mais non encore pourvu de titulaire. Le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade aurait déjà signé le décret nommant M. Seck qu’il a reçu près de quatre fois en audience ces derniers mois. Ce dernier avait été limogé en 2004 et avait par la suite créé un parti politique.





Corruption

Cameroun : Prescriptions pour la lutte contre la corruption

2009-10-16

http://tinyurl.com/yf83vxe

Plusieurs mesures pour la lutte contre la corruption dans le milieu des affaires ont été retenues au Cameroun, à l’issue d’un forum organisé par la Commission nationale anti-corruption. Elles recommandent d'inciter les usagers et agents publics à dénoncer les actes de corruption, de renforcer les moyens d'action des structures de contrôle des services des régies financières, d'assister le contribuable par un conseil fiscal pour éviter les abus des agents de l'administration fiscale.


Mauritanie : Le Fonds Mondial sanctionne le détournement de l’argent du sida

2009-10-16

http://tinyurl.com/yg8464y

Les 14 000 Mauritaniens malades du sida souffriront en silence. Le 9 septembre, le Fonds Mondial de lutte contre le sida a annoncé qu’il ne verserait pas les 11 millions de dollars de subventions promis au pays. Il a aussi exigé de son intermédiaire à Nouakchott, le Secrétariat Exécutif National de Lutte contre le Sida (SENLS), qui perçoit les allocations et les redistribue aux institutions locales, le remboursement d’une partie des sommes déjà reçues, soit 1,7 million de dollars (sur un total de 6,1 millions). Le Fonds Mondial réagit ainsi à une sombre affaire de détournement , notant que « des dépenses inéligibles et frauduleuses ont été constatées ».


Sénégal : Un «cadeau» à un agent du FMI rendu aux autorités

2009-10-16

http://tinyurl.com/yhy4467

Suite à des révélations de la presse sénégalaise, le FMI a sorti un communiqué pour souligner qu’un membre de personnel a reçu un paquet à la fin de son affectation au Sénégal. ‘’Le paquet contenait un cadeau d’une valeur financière substantielle, ce que le code de conduite du Fonds interdit expressément’’, reconnaît-il sans en révéler le montant, alors que les médias sénégalais avancent un montant en devises d’une valeur d’un million de dollars. Selon le communiqué, ‘’le membre du personnel s’est mis en contact avec le bureau d’éthique du FMI. Comme prévu par le règlement du Fonds, le cadeau monétaire a été rendu aux autorités sénégalaises’’, selon le Fonds monétaire international.





Développement

Afrique : Plusieurs pays sujets à une extrême famine

2009-10-16

http://tinyurl.com/yhsw2wo

Vingt-neuf pays dans le monde affichent des niveaux alarmants voire extrêmement alarmants de famine et treize pays ont enregistré des augmentations de leurs niveaux de famine depuis 1990, d'après le rapport de l'Indice 2009 sur la famine mondiale. Le rapport publié el 14 octobre montre que la République démocratique du Congo (RDC) affiche le pire pourcentage, suivi par le Burundi, l'Erythrée, la Sierra Leone, le Tchad et l'Ethiopie. Nouveau cette année, le rapport montre aussi que les taux élevés de famine sont fortement liés aux inégalités entre les sexes.


Global : Des Africains menacent de bloquer les négociations à l’OMC

2009-10-16

http://tinyurl.com/yloy7nr

Les ministres du Commerce des pays de l’Initiative coton ou C4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad) menacent pour la première fois de bloquer toutes les futures négociations sur la libéralisation du commerce si la question des subventions agricoles, notamment celle du coton, n’était pas résolue. En avril 2003, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad avaient soumis à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une initiative sectorielle en faveur du coton. Ces pays, appelés C4 à l’OMC, demandaient l’élimination rapide des subventions des pays riches pour le coton et un soutien transitoire pour compenser les pertes de revenus chez les producteurs africains.


Global : Plus d'un milliard de personnes sous-alimentées

2009-10-16

http://tinyurl.com/ykqwevc

La faim a progressé dans le monde en raison de la crise économique mondiale en 2008-2009 et touche aujourd'hui 1,02 milliard de personnes, soit un sixième de la population mondiale, selon un rapport publié le 14 octobre par la FAO. Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a franchi pour la première fois depuis 1970 le seuil du milliard, une progression que la FAO attribue essentiellement à la crise économique mondiale.


Kenya : Négociations avec la Chine pour la construction d'un port pétrolier

2009-10-16

http://tinyurl.com/yjwykvw

Le Kenya est en négociation avec la Chine pour la construction d'un port et d'un nouveau couloir d'exportation du pétrole depuis le Soudan voisin. Une délégation kenyane de haut rang, conduite par le Premier ministre Raila Odinga, a quitté Nairobi le 14 octobre pour la Chine. S'il voyait le jour, le projet permettrait d'acheminer le pétrole de la région semi-autonome du Sud-Soudan sans passer par le nord du pays et la mer rouge.


Madagascar : Dans l’attente du verdict sur l’AGOA

2009-10-16

http://tinyurl.com/ygnr37r

Les États-Unis sortiront en décembre la liste des pays bénéficiaires de l'AGOA (Africa Growth Opportunity Act) pour 2010. Le cas de Madagascar sera soulevé. L'éligibilité ou non de Madagascar sera donc connue en même temps que celle des autres bénéficiaires africains. Pour l'instant, les employés des entreprises franches du secteur textile dans la Grande île sont loin d'être rassurés par l'évolution politique locale qui peut pénaliser le pays.


Mauritanie : Mise en place d'un système de surveillance maritime par satellite

2009-10-16

http://tinyurl.com/yjxp4vo

La Mauritanie vient de se doter d'un système "Argos" de surveillance par satellite des navires de pêche opérant dans ses eaux territoriales. Ce nouveau système permettra à la Mauritanie de mieux protéger les zones de pêche et de "suivre en temps réel, 24 heures sur 24, tous les navires de pêche dotés d'une balise "Argos" et juguler la pêche frauduleuse. Les eaux mauritaniennes, classées parmi les plus poissonneuses du monde, sont menacées par les captures en zones interdites et les prises trop importantes d'espèces protégées, limitant les possibilités de renouvellement de la faune maritime.


Niger : les chiffres du Rapport 2009 du PNUD récusés

2009-10-18

http://tinyurl.com/ygo8kxj

Le directeur de l’Institut Nigérien de la Statistique (INS) a exprimé sa « surprise » face aux « contractions notoires » entre les données du Rapport 2009 sur l’Indice de développement humain publié par le PNUD qui classe le Niger à la dernière place (182ème sur 182) et celles disponibles au plan national ou utilisées dans le Rapport 2007. Le Rapport Mondial sur le Développement Humain (RMDH) au titre de cette année maintient le Niger dans un recul de 5 points entre les deux derniers rapports, établissant ainsi l’espérance de vie à 50,8 ans, alors qu’elle était de 55,8 il y a un an, en 2007-2008, souligne le directeur de l’INS.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : L'Onusida s'engage dans la protection des bébés nés séropositifs

2009-10-16

http://tinyurl.com/yz8ryrm

La grande majorité des enfants nés séropositifs dans le monde vivent en Afrique sub-saharienne. Pour lutter contre ce fléau, l'ONUSIDA vient de nouer un partenariat pour protéger les bébés du VIH en Afrique, avec le Programme des Villages pour le Millénaire (Millenium Villages Project). Aux termes de l'accord, les deux partenaires aideront conjointement les autorités locales dans neuf pays africains à établir «des zones exemptes de transmission de la mère à l'enfant ».


Afrique : « Appel de Cotonou » contre les faux médicaments

2009-10-16

http://tinyurl.com/yjl3n7u

L'ancien président français Jacques Chirac a lancé le 12 octobre, au Bénin, "l'appel de Cotonou", prélude à une campagne de mobilisation de sa Fondation contre les médicaments falsifiés qui font chaque année des dizaines de milliers de morts. L'appel vise à inciter des responsables politiques du monde entier à se mobiliser contre ce trafic, qui, selon l'OMS, correspondrait à 10% du marché pharmaceutique mondial, soit quelque 45 milliards d'euros. Par ailleurs, quelque 200. 000 vies pourraient être sauvées chaque année s'il n'y avait pas de faux médicaments.


Cameroun : 40 % du marché des médicaments échapperait au circuit officiel

2009-10-16

http://tinyurl.com/ygyetpz

Au Cameroun, des produits pharmaceutiques se retrouvent en vente dans la rue, le marché étant contrôlé à 40 % par le secteur informel. Le ministre de la Santé a par exemple reconnu que les produits distribués gratuitement aux malades du sida depuis 2007 au Cameroun avaient été détournés de certains hôpitaux publics pour se retrouver à « la pharmacie du poteau » (désignation locale des espaces de vente illicite de médicaments). En plus des ARV, de nombreux autres médicaments quittent quotidiennement les circuits officiels pour la rue.


Gabon : En finir avec le tétanos !

2009-10-16

http://tinyurl.com/ylbxpb3

Les autorités gabonaises ont décidé, le 8 octobre, de mettre un terme à la circulation du tétanos dans le pays, l'un des rares où il fait encore des victimes en nombre important. Cette campagne doit toucher 100% de la population cible au cours des trois passages programmés à cet effet. Le 1er passage aura lieu du 5 au 7 novembre, suivi d'un second passage dans la période du 10 au 12 novembre puis du dernier passage dans l’intervalle allant de juin à décembre 2010. Le budget est estimé à 171 millions de francs CFA.





Éducation

Gabon : Les enseignants défient le gouvernement

2009-10-16

http://tinyurl.com/yjfh2xz

Réunie en assemblée générale le 10 octobre dernier à Libreville, la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) a décidé de poursuivre son mouvement de grève repris lors de la rentrée du 5 octobre dernier, malgré les menaces du gouvernement de suspendre leurs salaires. Les enseignants ont fustigé l'attitude du gouvernement et annoncé vouloir le poursuivre devant le Conseil d'Etat. Ils se disent déterminés à aller jusqu’à une année blanche.





Environnement

Afrique : les opportunités insaisissables du potentiel hydro-électrique

2009-10-16

http://tinyurl.com/yfbmzkh

L’indépendance énergétique de l’Afrique nécessitera un investissement de près de 400 milliards d’euros. Le prix de la liberté.
Le gisement de géothermie est important en Afrique de l’Est, mais se heurte au manque de financement. Avec des cours d’eau importants (Congo, Nil, etc.), le potentiel hydro-électrique du continent est considérable. Face à la raréfaction des ressources naturelles, aux délestages fréquents et à la nécessité du développement industriel, l’hydraulique peut subvenir aux besoins énergétiques de nombreux pays du continent. Deux solutions sont envisageables et complémentaires : la maîtrise de la demande énergétique et la diversification des sources d’approvisionnement.


Global : Les écosystèmes marins qui capturent le carbone en disparition

2009-10-16

http://tinyurl.com/yz435er

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a mis en garde, le 14 octobre, contre le fait que les écosystèmes marins, qui permettent de réduire les émissions de carbone sur la terre, sont en train de disparaître, et a préconisé un fonds pour sauvegarder le "carbone bleu". Un moyen de lutter contre les changements climatiques. Ces écosystèmes comprennent les mangroves, les marécages salins, les coraux et les plantes marines ainsi que les planctons et bactéries qui les habitent.


Mauritanie : la quasi totalité du pays infestée par les criquets

2009-10-16

http://tinyurl.com/yjscbxy

Quasiment toutes les régions de Mauritanie sont infestées par des criquets, à tous les stades d'évolution, dont certaines populations sont en phase de regroupement, a annoncé le 13 octobre le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA) à Nouakchott. Les densités varient, suivant les régions, de quelques individus dispersés à 1.900 insectes voraces par hectare. La situation écologique demeure favorable au développement des criquets, la pluviométrie ayant dépassé les normales saisonnières dans toutes les régions durant cet hivernage.


Ouganda : Déclin rapide des forêts

2009-10-16

http://tinyurl.com/ylycr28

L'Ouganda devra importer du bois d'ici 2020 si la tendance actuelle de la déforestation n'est pas renversée, a mis en garde le ministre de l'Eau et de l'Environnement. Selon elle, l’Ouganda a perdu 27% de sa forêt totale et de sa couverture forestière à cause de la déforestation de 1990 à 2005. Le pays connaît actuellement des pertes massives de forêts et de couvertures forestières, des glissements de terrain, la pollution de l'eau et l'invasion des zones humides en raison de la croissance économique rapide de ces dernières années.





Terres & droits fonciers

Afrique du Sud : les fermiers blancs cherchent des pays d’accueil

2009-10-16

http://tinyurl.com/yhgp274

Redoutant que la reforme agraire ne restreigne leur expansion, les fermiers blancs sud-africains ont entrepris d’acheter des terres exploitables dans douze pays africains. Après avoir critiqué leur démarche, Pretoria a décidé de les accompagner dans leurs négociations avec les gouvernements des pays d’accueil que sont la RD Congo, le Malawi, l’Ouganda et l’Angola. En optant pour cette stratégie, le gouvernement souhaite régler sans trop d’accrocs la politique de redistribution des terres entamée depuis la fin de l’apartheid, mais qui depuis piétine.





Média & liberté d'expression

Maroc : Ouverture du procès contre un journal pour une caricature

2009-10-16

http://tinyurl.com/ylypa68

Le procès intenté par le ministère de l’Intérieur marocain contre le caricaturiste et le directeur de publication du quotidien arabophone Akhbar Al-Youm, suite à la publication par le journal dans son édition du 26-27 septembre 2009, d’une caricature controversée d’un membre de la famille royale, s’est ouvert le 12 octobre 2009. Les deux journalistes sont poursuivis pour “atteinte à l’emblème du royaume. Le 28 septembre, la police marocaine a mis sous scellés les locaux du journal, interdisant également au personnel l’accès aux bureaux. En outre, les comptes du journal ont été gelés.


Nigeria : Les employés du Daily Independent en grève

2009-10-16

http://tinyurl.com/yfgdp4u

Les travailleurs du quotidien le Daily Independent, appartenant à l'ancien gouverneur de l'Etat de Delta au sud du pays, James Ibori, ont déclenché une grève pour protester contre les mauvaises conditions de travail. Les travailleurs ont dit protester contre le non paiement de quatre mois de salaire et prétendent également que 11 millions de naira appartenant à la coopérative des employés du groupe n'ont pas été versés à la dite coopérative par la direction.





Conflits & urgences

Guinée-Bissau : Les militaires en état d’alerte à la frontière avec le Sénégal

2009-10-18

http://tinyurl.com/yja8brc

Les militaires bissau-guinéens sont en état d’alerte à la frontière avec le Sénégal. Des sources proches de l’état major des forces armées à Bissau, expliquant que cette situation serait due à un différend autour des terres situées à la limite entre les deux pays, au Cap Roxo. Les autorités bissau-guinéennes, selon des sources concordantes, accusent le Sénégal d’avoir fait disparaître les bornes frontalières de cette zone touristique dans le but de l’annexer. Le Sénégal et la Guinée-Bissau ont déjà eu plusieurs problèmes frontaliers notamment celui de 1989 qui a abouti à des échanges de tirs entre les deux armée.


Rd Congo : L'armée a tué en avril 50 réfugiés hutus rwandais

2009-10-16

http://tinyurl.com/ykgvg9b

Des soldats des forces armées de RD Congo (FARDC) ont tué 50 réfugiés hutus rwandais et enlevé une quarantaine de femmes qui ont été victimes de "viols" lors de l'attaque d'un camp du Nord-Kivu (est) le 26 avril, a déclaré le 15 octobre un rapporteur spécial de l'ONU. Une petit groupe de dix femmes qui a pu s'échapper a témoigné avoir subi des viols collectifs. Les femmes portaient des marques de blessures graves. On leur avait coupé des morceaux de seins. Le sort des trente autres femmes est inconnu.


Rd Congo : Le pétrole au centre de la crise avec l’Angola

2009-10-16

http://tinyurl.com/yg4a36x

Les expulsions réciproques de ressortissants entre la RD Congo et l'Angola ne sont que la face émergée d'un iceberg. Au fond, les deux Etats voisins connaissent une tension sur le contrôle des zones pétrolifères au niveau de leur frontière dans l'océan Atlantique. Le conflit s'est corsé avec le dépôt de la législation congolaise sur «la délimitation des frontières maritimes» aux Nations unies, en mai dernier. Luanda et Kinshasa ont engagé un bras de fer. Le premier a expulsé, sans ménagements, 30 000 Congolais vivant en Angola et, le second, a riposté en refoulant 16 000 Angolais résidant en RDC. La suite du ping-pong faisant craindre le pire, Dos Santos a dépêché des émissaires auprès de Kabila.


Nigeria: le Mend annonce la reprise des attaques

2009-10-17

http://tinyurl.com/yh4flmo

Le Mouvement pour l'Emancipation du Delta du Niger (Mend), principal groupe armé du sud du Nigeria, a annoncé que le cessez-le-feu de 90 jours qu'il avait déclaré avait pris fin le 16 octobre et qu'il allait reprendre ses attaques contre les installations pétrolières et l'armée. Depuis trois ans, le Mend livre une "guerre du pétrole" contre les infrastructures pétrolières nigérianes et étrangères dans le sud du Nigeria. Le mouvement, qui affirme se battre pour une meilleure répartition des revenus de l'or noir, avait proclamé un cessez-le-feu de 60 jours jusqu'au 15 septembre, prolongé ensuite de 30 jours.





Internet & technologie

Global : Un nouveau système d'exploitation windows

2009-10-16

http://tinyurl.com/ygkam7s

Microsoft annonce «une avancée remarquable » dans le domaine des Tics, avec la disposition des utilisateurs, à partir du 22 octobre prochain, de la version Windows 7. Selon les représentants de Microsoft, le système offre à ses adeptes de nouvelles fonctions recherchées au sein des ordinateurs à travers la fiabilité et sa comptabilité. En plus de la simplicité qu'il offre dans les services. Le nouvel environnement sauvegarde et protège les informations d'une manière beaucoup plus accrue. Il est simple pour travailler et il est plus prompt et plus réactif, selon les représentants de la firme informatique .





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