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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 126 : Incuries politiques et drames de l'immigration clandestine

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Zimbabwe, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Environnement, 12. Terres & droits fonciers, 13. Nouvelles de la diaspora, 14. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Sous-développement et émigration.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Cameroun : L’année noire des malades du sida.
ARTS & LIVRES : Cameroun : Construction d’un musée des rois du peuple Bamoun.
ZIMBABWE : Les expatriés au Royaume Uni pas encore prêts à rentrer.
DROITS HUMAINS : Global : Les Libyens dénoncent l’interdiction des minarets en Suisse.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Burundi : HRW condamne l’expulsion de demandeurs d’asile rwandais.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Qu’a-t-on fait après 50 ans d’indépendance ?
CORRUPTION : Global : Trois chefs d’Etat africains visés par une plainte à Paris.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Appel à la création d’un fonds pour le développement durable.
SANTE & VIH/SIDA : Sénégal : L’huile de palme ivoirien interdite sur le marché.
ENVIRONNEMENT : Afrique du Sud : La révolution énergétique attendra.
TERRES & DROITS FONCIERS : Mali : Les craintes de spoliation de terres perdurent.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Les immigrés en France étranglés financièrement.




Chroniques

Sous-développement et émigration

Sidy Diop

2009-12-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/60843

Les risques sont connus de tous ces jeunes qui s’engagent dans l’aventure de l’émigration clandestine. Les drames que montrent les images des télévisions et les témoignages qui viennent des survivants de l’aventure sont assez informatifs. La situation précaire qui est vécue dans les pays d’«accueil» n’est pas non plus ignorée de personne. Dès lors, qu’est-ce qui peut pousser les jeunes Africains à s’engager dans les voies d’un «suicide» ou d’un lendemain incertain ? Le désespoir, sans doute. Et Sidy Diop de mettre à l’index les autorités et leurs politiques mal réfléchies.
Une nouvelle réflexion semble s’imposer, pour faire face à la situation de nos pays sous équipés, où les besoins sont multiples et pressants, à l’image d’une population dont le taux d’accroissement est des plus élevés et mettant, chaque année, sur le marché du travail, de nouvelles et nombreuses cohortes de jeunes, dont la plupart ne trouvent finalement pas à s’occuper.
Et chez ces derniers, il est à craindre que se développe le sentiment d’être inutiles à leur société, ou la conscience de subir une injustice réelle, parce qu’étant persuadés de n’avoir commis aucun tort, aucune faute.

Du reste, comment faut-il comprendre cette inclination quasi irrépressible, chez un nombre croissant de jeunes, vers l’émigration, dont ils sont parfaitement informés des dangers souvent mortels ? Ne doit-on pas y voir l’expression d’une détresse profonde et une volonté d’en découdre avec un destin que l’on considère par trop inique ?

Lorsque, d’ailleurs, on observe la nomenclature des tâches ou travaux qui sont réservés à cette main d’œuvre immigrée en Europe, l’on ne peut s’empêcher de se poser un certain nombre de questions : les récoltes de fruits ou de légumes qui durent quelques mois, même si elles procurent des revenus nominaux théoriquement supérieurs aux salaires ayant cours dans nos pays, doivent-elles faire oublier, outre leur précarité, les conditions d’existence difficiles auxquelles sont soumis ces Africains et ayant pour nom : insécurité, rigueur du climat, stress du dépaysement, du déracinement c’est à dire de la séparation d’avec ses proches, sa terre, son environnement, sa culture, bref une partie essentielle de ce qui fait son identité ?

Et pourtant, à titre d’exemple, un hectare aménagé et sous irrigation peut porter dans l’année, deux récoltes, l’une de céréales et l’autre de légumes, et produire suffisamment pour fournir à plusieurs actifs les moyens d’entretenir correctement leurs familles, tout en les maintenant sur leur terroir, leur « humus », terme dont la graphie est si proche de celle d’ « humain ». Mais encore faut-il que ces vastes espaces soient aménagés et que l’eau qui existe en abondance y soit acheminée, pour que leur fertilité devienne profit pour les populations.

Et comme le dit Bernard Charbonneau, dans son ouvrage intitulé « Sauvons nos régions, Ecologie, régionalisme et sociétés locales », « c’est par toutes sortes de racines, dont la plus puissante et la plus nourrissante pour le cœur est l’amour qu'il porte à sa maison, à son village, à son pays, que l’arbre humain puise la force de se dresser et de se mouvoir ». De son côté, Simone Weil estime que « l’enracinement est peut être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine… Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants les trésors du passé et certains pressentiments d’avenir… Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle, par l’intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie » (« L’enracinement », Folios-Essais, 1990)

Quand des Européens tiennent de tels discours, qui sont de vrais cris d’alarme face aux risques de perte d’identité qui guettent leurs sociétés, là s’offrent à nous une exhortation forte et une nouvelle raison pour être circonspects vis-à-vis de notre propre conception du développement.

Nous nous trouvons donc dans un moment de grande urgence, qui confère une sérieuse responsabilité à ceux qui détiennent et exercent le pouvoir politique, c'est-à-dire qui collectent les ressources et qui décident de leur affectation en fonction de ce qu'ils retiennent comme priorités. Il est, en particulier, hautement souhaitable qu'ils aient conscience que la moindre erreur ou un quelconque manquement dans les choix peut, d’une part, avoir de profonds effets sur la nature et le rythme du développement du pays, d’autre part affecter, de manière parfois irréversible, la perception que telle ou telle catégorie sociale, telle ou telle région peuvent avoir de la place et du rôle qui leur sont dévolus au sein de la nation.

En somme, les décideurs, chaque fois qu'ils sont amenés à fixer des orientations, à adopter des programmes ou des projets, ont l’obligation de rester attentifs, à la fois à l’impact de ces derniers sur le progrès recherché pour le pays et à l’exigence qui s’attache au maintien et au renforcement de la cohésion nationale.

En tout état de cause, il serait illusoire de croire que la stabilité, la paix dans ses dimensions sociale et civile puissent être garanties sur le long terme, dans un pays qui prétend se développer en laissant, sur le bord de la route, 60% de sa population. Libérons-nous de ce mimétisme qui nous amène à penser que le développement n’est fait que d’autoroutes, de tours en béton ou de la possession par quelques-uns de villas somptueuses et de gadgets « dernier cri » ( véhicules de luxe, téléphones ou ordinateurs portables) qui sont démodés à peine entrés en usage.

Il est grand temps de penser aux voies et moyens, dans la durée et pas seulement l’espace d’une législature ou d’un mandat, d’accroître le revenu du plus grand nombre, pour qu'il ait accès à une nourriture de qualité, à un habitat offrant la sécurité et un minimum de confort, à la culture et aux loisirs et à la possibilité de communiquer en permanence avec tous, grâce à des réseaux routiers et de télécommunication simples et efficaces.

C’est pourquoi nous en appelons aux intellectuels aux universitaires, aux écrivains, aux artistes, aux journalistes... A tous ceux qui ont la faculté de lire les faits et les situations, qui ont une bonne capacité d’anticipation et qui sont ainsi à même d’éclairer la marche de notre peuple. Mobilisons nos énergies pour redéfinir les vraies priorités du pays et ne laissons pas tout entre les mains des politiques.
Soyons convaincus que demain l’histoire ne s’intéressera pas seulement à l’action des dirigeants politiques, elle dira aussi quel aura été le rôle de l’élite intellectuelle du Sénégal face aux difficultés que traverse notre pays.
Par nos idées, notre réflexion, nos échanges, traçons la voie, structurons l’opinion, puisqu' aucun gouvernement ne peut, complètement et indéfiniment, faire fi de cette dernière, dans une démocratie, sans aller au devant de graves désagréments, jusques et y compris la perte de la confiance de ses concitoyens.

* Sidy Diop, ancien Directeur Général de société, président de Convergence Patriotique-le Sénégal d'abord, une organisation de la société civil - Email sidyamadouyella@hotmail.com

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Football et prières

Haidar Eid

2009-12-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/60844

Haidar Eid se désole de l’apparente importance prioritaire accordée au match de qualification pour la Coupe du Monde, joué récemment entre l’Egypte et l’Algérie, plutôt qu’à la souffrance qui continue d’être le lot des Palestiniens. Et de se demander pourquoi les prières marmonnées par les supporters du football dépassent de loin celles qui sont dites pour ces familles de la Bande de Gaza qui souffrent «jusqu’au dernier jour de la continuelle guerre génocidaire menée par Israël».

J’avais espéré de tout cœur que ni l’Egypte ni l’Algérie ne parviennent à la phase finale de la Coupe du Monde qui doit avoir lieu l’an prochain en Afrique du Sud. Eh oui, je me situe ainsi dans le camp des «traîtres» à la cause du nationalisme arabe et me déclare innocent du genre de «patriotisme» tel qu’incarné dans les pieds des joueurs de football ou les mains des gardiens de but. Voulons-nous vraiment mesurer notre degré d’appartenance nationale ou notre patriotisme à l’aune de l’exhibition de notre admiration passionnée pour les mouvements de jambes d’un joueur de football ?

A regarder, la mobilisation de masse sans précédent pour un match de foot - une mobilisation qui dépasse de loin les mobilisations de masse politiques récentes - est non seulement frustrant mais également écoeurant dans le sens que Sartre donnait à ce terme. Il est écoeurant de regarder le statut quo dominant être contrôlé et dominé par des classes sociales frelatées qui vendent sans vergogne, au profit de leurs petits intérêts, tout ce qui est véritablement national, et transforme notre compréhension commune d’appartenance et de nationalisme en une hystérie de masse afin d’induire artificiellement un crescendo avant le «moment historique décisif» : le 14 novembre 2009 (Ndlr : jour du match Egypte-Algérie, à Khartoum)

Il y a onze mois, Israël a lancé une attaque haineuse sur la Bande de Gaza. A grand renfort de tanks, d’aviation, de bombes au phosphore et d’autres armes inhumaines, Israël a commis des massacres inqualifiables, tuant 1500 martyres, la plupart des civils, des femmes et des enfants et blessant 5000 autres, laissant à la majorité d’entre eux des séquelles permanentes. Cet assaut a détruit plus de 40 000 foyers et institutions et des milliers de résidents vivent encore sous tente, protection inefficace contre les fortes pluies ! Comment les régimes arabes officiels, ceux qui admirent les héros du football, ont-ils réagi à cela ?

C’est simplement trop douloureux, cruel et conflictuel de comparer les choses.

Pour beaucoup d’Egyptiens, l’Algérie a «conspiré» contre le rêve égyptien pour lequel ils avaient lutté. Pendant une semaine entière, la télévision égyptienne a continuellement produit de la musique nationale qui célébrait «l’Egypte, la mère du monde» qui attend ses enfants héroïques, Emad Mut’ib (qui a marqué le deuxième but contre l’Algérie, au match retour au Caire), Muhammad Zeidan et Essam Al Hadary (le gardien de but), qui lave l’humiliation de la défaite en Algérie lorsque l’Egypte a perdu à 3-1.

Dans l’intervalle, du côté algérien, le slogan «Viva Algeria» qui autrefois servait de cri de ralliement dans la lutte contre le colonialisme français, est maintenant devenu l’inspiration des nouveaux héros : les joueurs de football qui ont été plus malins que les Egyptiens. C’est maintenant le drapeau égyptien qui est devenu le symbole à être brûlé et non plus celui d’Israël.

Les discussions autour d’une offensive historique créée par le football dominent les médias. Après l’intense attaque lancée par la machine médiatique égyptienne, dénonçant les défis posés «à notre sécurité nationale» par la population affamée de la Bande de Gaza, machine formée par des personnes comme Mustafa Saïd, dans un style digne de Goebbels, cette machine-là a lancé une nouvelle et étrange campagne : le vendredi 13 novembre 2009 est une journée décisive de pèlerinage et de prière pour la victoire de nos «boys», les footballeurs !

Ainsi Gaza est noyé dans le plus profond oubli. La production d’une industrie culturelle, qui nous sature avec des clip vidéo, des films, des feuilletons, de la publicité, des films d’action, des cancans sexuels sur des star du pop, des chansons vulgaires et ainsi de suite, s’est énormément développée et surpassent les valeurs révolutionnaires en Algérie, malgré les millions de martyres, ainsi que celles de l’Egypte de Nasser. On en est arrvié au point sans précédent de créer une fausse conscience, incarnée dans les dernières mobilisations des médias soutenues par les classes dominantes.

Le citoyen moyen a été amené à ne pas mettre en cause le prix du pain ou le salut du peuple palestinien ou la meilleure façon de briser le siège de Gaza, mais plutôt de se demander si Abu Treikeh allait, oui ou non, réaliser le «rêve national» et gagner le match. Et… à Gaza, le patient 400 meurt en raison du siège suffocant en même temps qu’un enfant palestinien est tué sur la frontière orientale. Le nombre de ces morts sombre dans l’insignifiance en comparaison du nombre attendu de buts que le match doit produire.

Ces classes dirigeantes ont réussi à transformer les sentiments d’appartenance nationale en une marchandise, l’allégeance aux Palestiniens en une saga larmoyante dépourvue de sens et, avec des slogans creux, ont facilement balayé une explosion d’émotion au profit des jambes de onze footballeurs. Ces jambes qui jouent au football ont eu le pouvoir de réaliser ce que les images de la famille Huda Ghalyeh, des Sammounis, des enfants de Dardouneh et Iamn Hejju n’ont pas réussi. Les prières marmonnées par les spectateurs, les civils et les politiciens, avant et durant le match, ont de loin dépassé les prières marmonnées pour les familles de la Bande de Gaza du premier au dernier jour de la continuelle guerre génocidaire menée par les Israéliens contre les Palestiniens.

* Haidar Eid est un commentateur politique indépendant et professeur au département de littérature anglaise à l’université de Al Aqsa à Gaza. Cet article est d’abord paru en arabe dans Ma’an et a été traduit en anglais par Natalie Abu Shakra

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La seconde vague d’émancipation des peuples : un « remake » du XXe siècle ou mieux ?

Samir Amin

2009-12-06

http://pambazuka.org/fr/category/features/60840

Dans la première partie de ce texte, publié dans notre dernière édition, Samir Amin montre comme les questions de démocratie et d’environnement structurent le discours actuel de domination des pays du Sud par le Nord. Pour ensuite affirmer que le progrès démocratique ne peut se concevoir hors de la perspective socialiste, tout comme il pense que le socialisme ne peut se construire sans démocratie. Dans cette seconde partie, M. Amin soutient qu’une deuxième vague de luttes pour le socialisme s’impose, inspirée de celle du XXe siècle mais dont elle doit tirer leçon des limites et des erreurs.

Le monde contemporain est gouverné par des oligarchies. Oligarchies financières aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, qui dominent non seulement la vie économique, mais tout autant la politique et la vie quotidienne. Oligarchies russes à leur image que l’Etat russe tente de contrôler. Statocratie en Chine. Autocraties (parfois cachées derrière quelques apparences d’une démocratie électorale « de basse intensité ») inscrites dans ce système mondial ailleurs dans le reste de la planète.

La gestion de la mondialisation contemporaine par ces oligarchies est en crise.

Les oligarchies du Nord comptent bien rester au pouvoir, le temps de la crise passé. Elles ne se sentent pas menacées. Par contre la fragilité des pouvoirs des autocraties du Sud est, elle, bien visible. La mondialisation en place est, de ce fait, fragile. Sera-t-elle remise en question par la révolte du Sud, comme ce fut le cas au siècle passé ? Probable. Mais insuffisant. Car l’humanité se s’engagera sur la voie du socialisme, seule alternative humaine au chaos, que lorsque les pouvoirs des oligarchies, de leurs alliés et de leurs serviteurs seront mis en déroute à la fois dans les pays du Nord et dans ceux du Sud.

Le capitalisme est « libéral » par nature, si l’on entend par « libéralisme » non pas ce joli qualificatif que le terme inspire, mais l’exercice plein et entier de la domination du capital non pas seulement sur le travail et l’économie, mais sur tous les aspects de la vie sociale. Il n’y a pas « d’économie de marché » (expression vulgaire pour dire capitalisme) sans « société de marché ». Le capital poursuit obstinément cet objectif unique. L’Argent. L’accumulation pour elle-même. Marx, mais après lui d’autres penseurs critiques comme Keynes, l’ont parfaitement compris. Pas nos économistes conventionnels, ceux de gauche inclus.

Ce modèle de domination exclusive et totale du capital avait été imposé avec obstination par les classes dirigeantes tout au long de la longue crise précédente jusqu’en 1945. Seule la triple victoire de la démocratie, du socialisme et de la libération nationale des peuples avait permis, de 1945 à 1980, la substitution à ce modèle permanent de l’idéal capitaliste, de la coexistence conflictuelle des trois modèles sociaux régulés qu’ont été le Welfare State de la social démocratie à l’Ouest, les socialismes réellement existants à l’Est et les nationalismes populaires au Sud. L’essoufflement puis l’effondrement de ces trois modèles a par la suite rendu possible un retour à la domination exclusive du capital, qualifiée de néo libérale.

Les désastres sociaux que le déploiement du libéralisme – « l’utopie permanente du capital » ais-je écrit – n’allait pas manquer de provoquer ont inspiré bien des nostalgies du passé récent ou lointain. Mais ces nostalgies ne permettent pas de répondre au défi. Car elles sont le produit d’un appauvrissement de la pensée critique théorique qui s’était progressivement interdit de comprendre les contradictions internes et les limites des systèmes de l’après seconde guerre mondiale, dont les érosions, les dérives et les effondrements sont apparus comme des cataclysmes imprévus.

Néanmoins, dans le vide créé par ces reculs de la pensée théorique critique, une prise de conscience de dimensions nouvelles de la crise systémique de civilisation a trouvé le moyen de se frayer la voie. Je fais référence ici aux écologistes. Mais les Verts, qui ont prétendu se distinguer, radicalement et tout également, des Bleus (les conservateurs et les libéraux) et des Rouges (les Socialistes) se sont enfermés dans l’impasse, faute d’intégrer la dimension écologique du défi dans une critique radicale du capitalisme.

Tout était en place donc pour assurer le triomphe – passager en fait, mais qui s’est vécu comme « définitif » - de l’alternative dite de la « démocratie libérale ». Une pensée misérable – une véritable non pensée – qui ignore ce que pourtant Marx avait dit de décisif concernant cette démocratie bourgeoise qui ignore que ceux qui décident ne sont pas ceux qui sont concernés par ces décisions. Ceux qui décident, jouissent de la liberté renforcée par le contrôle de la propriété, sont aujourd’hui les ploutocrates du capitalisme des oligopoles et les Etats qui sont leurs débiteurs. Par la force des choses, les travailleurs et les peuples concernés ne sont guère que leurs victimes. Mais de telles billevesées pouvaient paraître crédibles, un court moment, du fait des dérives des systèmes de l’après-guerre, dont la misère des dogmatiques ne parvenait plus à comprendre les origines. La démocratie libérale pouvait alors paraître le « meilleur des systèmes possibles ».

Aujourd’hui les pouvoirs en place, qui eux n’avaient rien prévu, s’emploient à restaurer ce même système. Leur succès éventuel, comme celui des conservateurs des années 1920 – que Keynes dénonçait sans trouver d’écho à l’époque – ne pourra qu’aggraver l’ampleur des contradictions qui sont à l’origine de l’effondrement financier de 2008.

La récente réunion du G20 (Londres, avril 2009) n’amorce en rien une « reconstruction du monde ». Et ce n’est peut être pas un hasard si elle a été suivie dans la foulée par celle de l’OTAN, le bras armé de l’impérialisme contemporain, et par le renforcement de son engagement militaire en Afghanistan. La guerre permanente du « Nord » contre le « Sud » doit continuer.

On savait déjà que les gouvernements de la triade (Etats Unis, Europe et Japon) poursuivent l’objectif exclusif d’une restauration du système tel qu’il était avant septembre 2008. Plus intéressant est le fait que les leaders des « pays émergents » invités ont gardé le silence. Une seule phrase intelligente a été prononcée au cours de cette journée de grand cirque, par le président chinois Hu Jintao, qui a fait observer, « en passant », sans insister et avec le sourire (narquois ?), qu’il faudra bien finir par envisager la mise en place d’un système financier mondial qui ne soit pas fondé sur le dollar. Quelques rares commentateurs ont immédiatement fait le rapprochement - correct – avec les propositions de Keynes en 1945.

Cette « remarque » nous rappelle à la réalité : que la crise du système du capitalisme des oligopoles est indissociable de celle de l’hégémonie des Etats Unis, à bout de souffle. Mais qui prendra la relève ? Certainement pas «l’Europe» qui n’existe pas en dehors de l’atlantisme et ne nourrit aucune ambition d’indépendance, comme l’assemblée de l’OTAN l’a démontré une fois de plus. La Chine ? Cette « menace », que les médias invoquent à satiété (un nouveau « péril jaune ») sans doute pour légitimer l’alignement atlantiste, est sans fondement. Les dirigeants chinois savent que leur pays n’en a pas les moyens, et ils n’en ont pas la volonté. La stratégie de la Chine se contente d’oeuvrer pour la promotion d’une nouvelle mondialisation, sans hégémonie. Ce que ni les Etats Unis, ni l’Europe ne pensent acceptable.

Les chances donc d’un développement possible allant dans ce sens reposent encore intégralement sur les pays du Sud

Un nouvel internationalisme des travailleurs et des peuples est nécessaire et possible

Le capitalisme historique est tout ce qu’on veut sauf durable. Il n’est qu’une parenthèse brève dans l’histoire. Sa remise en cause fondamentale - que nos penseurs contemporains, dans leur grande majorité, n’imaginent ni « possible » ni même « souhaitable » – est pourtant la condition incontournable de l’émancipation des travailleurs et des peuples dominés (ceux des périphéries, 80 % de l’humanité). Et les deux dimensions du défi sont indissociables. Il n’y aura pas de sortie du capitalisme par le moyen de la seule lutte des peuples du Nord, ou par la seule lutte des peuples dominés du Sud.

Il n’y aura de sortie du capitalisme que lorsque, et dans la mesure où, ces deux dimensions du même défi s’articuleront l’une avec l’autre. Il n’est pas « certain » que cela arrive, auquel cas le capitalisme sera « dépassé » par la destruction de la civilisation (au-delà du malaise dans la civilisation pour employer les termes de Freud), et peut être de la vie sur la Planète. Le scénario d’un « remake » possible du XXe siècle restera donc en deçà des exigences d’un engagement de l’humanité sur la longue route de la transition au socialisme mondial. Le désastre libéral impose un renouveau de la critique radicale du capitalisme. Le défi est celui auquel est confrontée la construction/reconstruction permanente de l’internationalisme des travailleurs et des peuples, face au cosmopolitisme du capital oligarchique.

La construction de cet internationalisme ne peut être envisagée que par le succès d'avancées révolutionnaires nouvelles (comme celles amorcées en Amérique latine et au Népal) ouvrant la perspective d'un dépassement du capitalisme.

Dans les pays du Sud, le combat des Etats et des nations pour une mondialisation négociée sans hégémonies – forme contemporaine de la déconnexion – soutenu par l'organisation des revendications des classes populaires peut circonscrire et limiter les pouvoirs des oligopoles de la triade impérialiste. Les forces démocratiques dans les pays du Nord doivent soutenir ce combat. Le discours «démocratique» proposé, et accepté par la majorité des gauches telles qu’elles sont, les interventions "humanitaires" conduites en son nom comme les pratiques misérables de "l'aide" écartent de leurs considérations la confrontation réelle avec ce défi.

Dans les pays du Nord les oligopoles sont déjà visiblement des "biens communs" dont la gestion ne peut être confiée aux seuls intérêts particuliers (dont la crise a démontré les résultats catastrophiques). Une gauche authentique doit avoir l'audace d'en envisager la nationalisation, étape première incontournable dans la perspective de leur socialisation par l'approfondissement de la pratique démocratique. La crise en cours permet de concevoir la cristallisation possible d'un front des forces sociales et politiques rassemblant toutes les victimes du pouvoir exclusif des oligarchies en place.

La première vague de luttes pour le socialisme, celle du XXe siècle, a démontré les limites des social-démocraties européennes, des communismes de la troisième internationale et des nationalismes populaires de l'ère de Bandoeng, l'essoufflement puis l'effondrement de leurs ambitions socialistes. La seconde vague, celle du XXIe siècle, doit en tirer les leçons. En particulier associer la socialisation de la gestion économique et l'approfondissement de la démocratisation de la société. Il n'y aura pas de socialisme sans démocratie, mais également aucune avancée démocratique hors de la perspective socialiste.

Ces objectifs stratégiques invitent à penser la construction de "convergences dans la diversité" (pour reprendre l'expression retenue par le Forum Mondial des Alternatives) des formes d'organisation et de luttes des classes dominées et exploitées. Et il n'est pas dans mon intention de condamner par avance celles de ces formes qui, à leur manière, renoueraient avec les traditions des social-démocraties, des communismes et des nationalismes populaires, ou s'en écarteraient.

Dans cette perspective, il me paraît nécessaire de penser le renouveau d'un marxisme créateur. Marx n’a jamais été aussi utile, nécessaire, pour comprendre et transformer le monde, aujourd’hui autant et même plus encore qu’hier. Etre marxiste dans cet esprit c'est partir de Marx et non s'arrêter à lui, ou à Lénine, ou à Mao, comme l'ont conçu et pratiqué les marxismes historiques du siècle dernier. C'est rendre à Marx ce qui lui revient : l'intelligence d'avoir amorcé une pensée critique moderne, critique de la réalité capitaliste et critique de ses représentations politiques, idéologiques et culturelles. Le marxisme créateur doit poursuivre l'objectif d'enrichir sans hésitation cette pensée critique par excellence. Il ne doit pas craindre d'y intégrer tous les apports de la réflexion, dans tous les domaines, y compris ceux de ces apports qui ont été considérés, à tort, comme "étrangers" par les dogmatiques des marxismes historiques du passé.

En conclusion : l’impuissance de l’économie vulgaire

Dans les moments de « crise » comme le nôtre l’impuissance de l’économie vulgaire apparaît dans toute sa plénitude

Le journal Le Monde posait à cet effet une question méchante : « Comment se fait-il que les « cracs » de Harvard n’avaient pas prévu la crise… ? ». Sont-ils donc simplement des imbéciles ? Certainement pas. Mais leur intelligence est toute entière engagée sur les seules pistes retenues par l’économie vulgaire et la fausse théorie du « capitalisme imaginaire des marchés généralisés ». Tout comme de brillants esprits d’autrefois croyaient que le débat sur le sexe des anges pouvait contribuer à mieux comprendre le monde !

L’économie vulgaire, engagée sur les pistes de l’analyse des marchés opérant sur la base d’une « information imparfaite », est alors contrainte de substituer à l’analyse de la réalité capitaliste un jeu sans fin (pour lequel les mathématiques deviennent indispensables) d’hypothèses concernant les « anticipations ». Car les hypothèses sur les « anticipations » permettent de prévoir tout et son contraire, ce que l’intelligence subtile et réaliste de Keynes avait parfaitement saisi.

Quelles « anticipations » ? Une série de bonnes blagues. Les anticipations des vendeurs de force de travail ? Les malheureux savent qu’ils n’ont guère de choix. Ils savent aussi qu’ils ne peuvent améliorer les conditions de vente de leur force de travail que par l’organisation et la lutte collective de classe. Celles des « consommateurs » qui « choisissent » (leur « supermarché »?) et « choisissent » leurs placements financiers éventuels ? Les malheureux sont bel et bien contraints de passer alors par les conseils de leurs banquiers, les décideurs véritables. Celles des entrepreneurs qui décident d’investir ou de s’en abstenir ? L’histoire démontre, comme Marx et Keynes l’avaient compris, que les cycles de sur investissement puis de dévalorisation du capital imposent leur réalité. Celles des propriétaires de capitaux qui choisissent entre le placement risqué et la préférence pour la liquidité ? L’histoire à répétition des bulles financières dont les raisons et les mécanismes ont été parfaitement analysés encore une fois par Marx, en association avec sa découverte de l’aliénation suprême des économistes vulgaires (« l’argent fait des petits », A donne A’ sans passer par la production), restera toujours hors du champ de la réflexion de nos économistes conventionnels. Celles des spéculateurs en bourse ? On sait que la meilleure position est celle prise par les moutons qui suivent le mouvement général et que cette pratique accentue nécessairement l’ampleur des oscillations.

Le naufrage dans l’océan des anticipations est le produit inévitable de la réduction de la société à une somme d’individus et à l’ignorance délibérée des réalités majeures par lesquelles se définit le capitalisme réel (les classes, la propriété privée, l’Etat, les nations etc.). Il ne s'agit là que d'une formulation idéologique au sens négatif du terme, parfaitement fonctionnelle pour donner légitimité aux pratiques réelles du capital dominant. Les économistes vulgaires qui prétendent faire œuvre scientifique n’en sont pas même conscients. Ils ne peuvent pas comprendre que pour faire œuvre scientifique, s’approcher d’une compréhension de la réalité objective, il faut partir de la critique radicale de la base de départ de leurs raisonnements.

Les économistes conventionnels ne sont pas des penseurs critiques. Ils sont, au mieux, des « technocrates ». J’aime mieux utiliser à leur endroit le vocable anglo-saxon – celui « d’executive » (agent d’exécution, ici aux ordres du capital, aujourd’hui des oligopoles).

Telle est la raison pour laquelle les « critiques » qu’ils peuvent adresser au système sont toujours marginales et les propositions de réformes qu’ils pensent « réalistes » sont en réalité parfaitement irréalistes pour l’essentiel. Et lorsque donc, pour une raison morale quelconque la réalité leur déplait (« trop de pauvreté », voire « trop d’inégalités»), le dérapage en direction des vœux pieux et du sermon en guise de politique devient inévitable. Un best seller d’un Prix Nobel d’Economie (strictement réservé aux économistes vulgaires) est de ce fait forcément un ouvrage au mieux médiocre. L’ouvrage de Joseph Stiglitz qui porte le titre pompeux de « Un autre monde », en est un bel exemple. (1s)

Stiglitz « découvre » en 2002 que le consensus de Washington n’était pas bon ; il découvre la réalité des comportements du FMI, de l’OMC, etc. Plus de la moitié de 550 pages de cet ouvrage boursouflé s’abreuve de « révélations » connues par d’autres depuis 30 ou 40 ans ! Stiglitz croit être le premier à le dire, n’ayant jamais lu les travaux des penseurs critiques (et il ne les lira probablement jamais). Il ne s’agit ici pas même d’arrogance, mais simplement d’ignorance. Exemple amusant : Stiglitz « découvre » qu’en 1990 il y a eu entente sur quelques prix par quelques oligopoles ! Merveilleux. Et que propose-t-il pour rétablir la « concurrence » : une loi « anti trust » et le recours aux tribunaux, à la mode US !

Dans cet ouvrage publié en 2002 Stiglitz ignore la financiarisation, dont il ne dit presque rien, qu’il juge inoffensive et même utile… Les travaux remarquables du regretté Giovanni Arrighi concernant la financiarisation stade ultime des hégémonies en déclin sont totalement ignorés (2)… Evidemment Stiglitz a été surpris par l’effondrement financier de 2008, dont pas une ligne de son ouvrage n’indique le sérieux de la menace. Et pourtant, aux mêmes dates, d’autres (dont moi-même) avaient analysé le système libéral mondialisé comme par nature instable, condamné à s’effondrer à travers sa crise financière (le talon d’Achille du système comme je l’écrivais). Stiglitz évidemment ignore tout cela.

L’idée qu’il se fait de lui-même, « révélant au monde » les « défauts » du système, ne peut donc que faire sourire.

On ne sera donc pas étonné que ce que j’ai appelé « le rapport Stiglitz », c'est-à-dire celui de la Commission désignée par le président en exercice de l’Assemblée Générale des Nations Unies – Padre Miguel D’Escoto – dont la présidence a été malheureusement confiée à Stiglitz, lequel a probablement imposé sa perception superficielle et limitée des problèmes dans la rédaction finale du document, ne soit pas sorti du cadre de l’orthodoxie conventionnelle réactionnaire. (3) L’ « échec » qui en est résulté – le fait que les pays du Sud aient renoncé à se faire représenter à l’assemblée par des responsables au niveau requis – est en fait, pour moi, un bon signe. Il laisse entendre que les pays du Sud ont compris que ce rapport – sous prétexte de « consensus global » et de … réalisme – s’inscrivait dans la stratégie du Nord de « réponse à la crise » et que ses propositions étaient de nature à être « acceptables » pour les oligopoles. Changer le monde ? Tu parles !

La militarisation de la mondialisation, l'« aide », le postmodernisme

Pour maintenir leur rente de monopole les oligopoles ne peuvent pas se contenter de prélever leurs ponctions sur leurs seules "économies nationales". Dans leur dimension mondiale ces oligopoles ponctionnent encore davantage les économies des périphéries dominées, émergentes ou marginalisées. Le pillage des ressources de la planète entière et la sur exploitation des travailleurs fournit la matière de la rente impérialiste qui, à son tour, constitue la condition d'un consensus social devenant alors possible dans les sociétés opulentes du Nord.

Les discours sur la démocratie et l'écologie servent d'emballage destiné à masquer les objectifs réels.

L"économie vulgaire constitue la clé de voûte de l'idéologie du capitalisme, comme on devrait le savoir depuis la "critique de l'économie politique" (sous titre du Capital de Marx). La construction de l'économie vulgaire, parce qu'elle concerne une "non réalité" (les marchés généralisés), ne mérite pas la qualification de scientifique qu'elle prétend être. Sa fonction sociale réelle est analogue à celle de la sorcellerie des temps anciens. Comme cette dernière elle recourt à un langage volontairement inaudible pour le citoyen, dont elle entend annihiler ainsi le pouvoir de décider, en lui assénant des "vérités" prétendues "objectives". En contrepoint le langage de la pensée sociale authentique reste toujours limpide, comme l'ont été les écrits de Marx, même les plus difficiles; ils éduquent les citoyens.

Mettre en déroute le contrôle militaire de la planète par les impérialistes

Le véritable défi auquel les peuples sont confrontés est d'abord la militarisation de la mondialisation. Car le contrôle militaire de la planète par les Etats-Unis et leurs alliés subalternes (l'Otan et le Japon) est devenu le seul moyen en dernier ressort qui permet la ponction de la rente impérialiste sans laquelle le système ne peut survivre. Empire du chaos, par lequel je qualifiais le système depuis 1991, et guerre permanente contre les peuples du Sud sont synonymes. C'est pourquoi mettre en déroute les forces armées de la triade, contraindre les Etats-Unis à abandonner leurs bases réparties sur tous les continents, démanteler l'Otan doivent devenir les objectifs stratégiques premiers des forces progressistes et démocratiques, au Nord et au Sud. (4)

Tel est probablement l'objectif du "groupe de Shanghai" qui amorce la renaissance de l'esprit du "non alignement", qu'on devrait alors définir comme le "non alignement sur la mondialisation impérialiste et le projet politique et militaire de la triade".

Je proposerai ici un parallèle avec l'histoire de Bandoeng. Avant même la conférence du même nom (1955) et le "non alignement" (1960), des groupes radicaux de réflexion s'étaient mobilisés pour proposer aux peuples et aux Etats d'Asie et d'Afrique des contre stratégies possibles et efficaces, contraignant l'impérialisme de l'époque à reculer. L'auteur de ces lignes a eu l'honneur et le bonheur de participer à l'un de ces groupes pour le Moyen Orient, à partir de 1950. Des initiatives analogues s'imposent aujourd'hui.

"L'aide", instrument complémentaire du contrôle des pays vulnérables

L'"aide internationale", présentée comme indispensable pour la survie des "pays les moins développés" (terminologie des Nations Unis à l'endroit de beaucoup de pays africains et de quelques autres), trouve sa place ici. Car l'objectif réel de celle-ci, destinée aux plus vulnérables des pays de la périphérie, est de dresser un obstacle supplémentaire à leur participation à un front alternatif du Sud.(5)

Les concepts concernant l’aide ont été enfermés dans un corset serré, dont l’architecture a été définie dans la Paris Declaration on Aid Effectiveness (2005), elle-même rédigée au sein de l’OCDE, puis imposée aux pays bénéficiaires. La conditionnalité générale, définie par l’alignement sur les principes de la mondialisation libérale, est omniprésente. Tantôt exprimée explicitement : favoriser la libéralisation, l’ouverture des marchés, devenir « attractif » pour les investissements privés étrangers. Tantôt indirectement : respecter les règles de l’OMC. Un pays qui refuserait donc de s’inscrire dans cette stratégie définie unilatéralement par le « Nord » (la Triade) perd son droit d’éligibilité au bénéfice de l’aide. Sur ce plan la Déclaration de Paris constitue un recul – et non une avancée – en comparaison des pratiques « des décennies du développement » (1960-1970) lorsque le principe du choix libre par les pays du Sud de leur système et de leurs politiques économiques et sociales était admis.

Dans ces conditions, les politiques d’aide et leurs objectifs immédiats apparents sont indissociables des objectifs géopolitiques de l'impérialisme. Car les différentes régions de la Planète ne remplissent pas des fonctions identiques dans le système libéral mondialisé. Il n’est donc pas suffisant de mentionner ce qui constitue leur dénominateur commun (libéralisation des échanges, ouverture au flux financiers, privatisations).

L’Afrique sub-saharienne est parfaitement intégrée dans ce système global, et en aucune manière « marginalisée » comme on le dit hélas, sans réfléchir, trop souvent : le commerce extérieur de la région représente 45 % de son PIB, contre 30 % pour l’Asie et l’Amérique latine, 15 % pour chacune des trois régions constitutives de la triade. L’Afrique est donc quantitativement « plus » et non « moins » intégrée, mais elle l’est différemment.(6)

La géo-économie de la région repose sur deux ensembles de productions déterminantes dans le façonnement de ses structures et la définition de sa place dans le système global :
(i) des productions agricoles d’exportation « tropicales » : café, cacao, cotons, arachides, fruits, huile de palme etc,
(ii) les hydrocarbures et des productions minières : cuivre, or, métaux rares, diamant etc. Les premiers sont les moyens de « survie », au-delà de la production vivrière destinée à l’auto-consommation des paysans, qui financent la greffe de l’Etat sur l’économie locale et, à partir des dépenses publiques, la reproduction des « classes moyennes ». Ces productions intéressent plus les classes dirigeantes locales que les économies dominantes. Par contre, ce qui intéresse au plus haut point ces dernières ce sont les produits des ressources naturelles du continent. Aujourd’hui les hydrocarbures et les minerais rares. Demain les réserves pour le développement des agro-carburants, le soleil (lorsque le transport à longue distance de l’électricité solaire le permettra, dans quelques décennies), l’eau (lorsque son « exportation » directe ou indirecte le permettra).

La course aux territoires ruraux destinés à être convertis à l’expansion des agro-carburants est engagée en Amérique latine. L’Afrique offre, sur ce plan, de gigantesques possibilités. Madagascar a amorcé le mouvement et déjà concédé des superficies importantes de l’Ouest du pays. La mise en œuvre du code rural congolais (2008), inspiré par la coopération belge et la FAO, permettra sans doute à l’agri-business de s’emparer à grande échelle de sols agraires pour les « mettre en valeur », comme le Code Minier avait permis naguère le pillage des ressources minérales de la colonie. Les paysans, inutiles, en feront les frais ; la misère aggravée qui les attend intéressera peut être l’aide humanitaire de demain et des programmes « d’aide » pour la réduction de la pauvreté ! J’avais eu connaissance, dans les années 1970, d’un vieux rêve colonial pour le Sahel : en expulser la population (les Sahéliens inutiles) au bénéfice de ranchs (à la texane) d’élevage extensif pour l’exportation.

La nouvelle phase de l’histoire qui s’ouvre est caractérisée par l’aiguisement des conflits pour l’accès aux ressources naturelles de la planète. La triade entend se réserver l’accès exclusif à cette Afrique « utile » (celle des réserves de ressources naturelles), et en interdire l’accès aux « pays émergents » dont les besoins sur ce plan sont déjà considérables et le seront de plus en plus. La garantie de cet accès exclusif passe par le contrôle politique et la réduction des Etats africains au statut d’ « Etats clients ».

Il n’est donc pas abusif de considérer que l’objectif de l’aide est de « corrompre » les classes dirigeantes. Au-delà des ponctions financières (bien connues hélas, et pour lesquelles ont fait semblant de croire que les donateurs n’y sont pour rien !), l’aide devenue « indispensable » (puisqu’elle devient une source importance de financement des budgets) remplit cette fonction politique. Il est alors nécessaire que l'aide soit conçue pour devenir permanente et non pour préparer sa disparition par un développement conséquent. Il est alors important que cette aide ne soit pas réservée exclusivement et intégralement aux classes aux postes de commande, au « gouvernement ». Il faut aussi qu’elle intéresse également les « oppositions » capables de leur succéder. Le rôle de la société dite civile et de certaines ONG trouve sa place ici. L’aide en question, pour être réellement politiquement efficace, doit également contribuer à maintenir l’insertion des paysans dans ce système global, cette insertion alimentant l’autre source des revenus de l’Etat. L’aide doit donc également s’intéresser au progrès de la «modernisation » des cultures d’exportation.

La critique de droite de l'aide procède de l'idée qu'il ne tient qu'aux pays concernés à faire en sorte qu'ils puissent se libérer de cette dépendance, en s'ouvrant davantage aux capitaux extérieurs. Tel est en substance ce que les discours de Sarkozy à Dakar et d'Obama à Accra ont voulu dire. On élude par ce procédé oratoire la véritable question. Car l'aide, partie intégrante de la stratégie impérialiste, cherche en réalité à marginaliser les peuples africains, inutiles et encombrants, pour mieux piller les ressources de l'Afrique!

La critique de la gauche "bon enfant", celle de nombreuses ONG, fait comme si on pouvait prendre au mot les engagements proclamés par les "donateurs". Cette critique s'enferme alors dans les discours oiseux concernant "la capacité d'absorption", "la performance", la "bonne gouvernance" promue par la "société civile". Elle réclame "plus" et "mieux" d'aide ! En contrepoint la critique radicale s'inscrit dans la perspective d'un développement autocentré. L'aide éventuelle qu'on pourrait imaginer dans ce cadre procède alors des logiques de la solidarité internationaliste des peuples, face (et contre) le cosmopolitisme du capital.

La pauvreté, la société civile, la bonne gouvernance : la rhétorique pauvre du discours dominant

Ce discours dominant prétend se donner l’objectif de « réduire, voire éradiquer la pauvreté », en s’appuyant sur la « société civile », pour substituer une « bonne gouvernance » à une autre, jugée « mauvaise ».

Le terme même de « pauvreté » relève d’un langage vieux comme le monde, celui de la charité (d’origine religieuse ou autre). Cette langue appartient au passé, non au présent, a fortiori à l’avenir. Il est antérieur à la constitution du langage développé par la pensée sociale moderne, qui cherche à être scientifique, c'est-à-dire à découvrir les mécanismes qui engendrent un phénomène observable et observé.

La masse gigantesque de la littérature sur la pauvreté porte son attention exclusive – ou presque – sur le « repérage » du phénomène et sa quantification. Elle ne pose pas les questions en amont : quels sont les mécanismes qui engendrent la pauvreté en question ? Ont-ils quelques rapports avec les règles fondamentales (comme la compétition) qui constituent la base de nos systèmes ? En particulier, pour ce qui concerne les pays du Sud assistés, les stratégies et politiques de développement conçues pour eux.

Le concept de « société civile », même pris au sérieux (sans parler donc de son usage à tord et à travers), s’érige-t-il à la hauteur de ce qu’un concept doit être pour tenter sa chance et mériter d’entrer dans le débat sérieux à vocation scientifique ? Telle qu’elle nous est proposée, la « société civile » en question est associée à une idéologie du consensus. Double consensus :
(i) qu’il n’y a pas d’alternative à « l’économie de marché » (expression elle-même vulgaire pour servir de substitut à l’analyse du « capitalisme réellement existant », d’hier et d’aujourd’hui) ;
(ii) qu’il n’y a pas d’alternative à la démocratie représentative fondée sur le multipartisme électoral (conçue comme « la démocratie »), pour servir de substitut à la conception d’une démocratisation de la société, étant elle-même un processus sans fin.

En contrepoint l'histoire des luttes a permis l'émergence de cultures politiques du conflit, fondées sur la reconnaissance du conflit des intérêts sociaux et nationaux, donnant entre autre un sens aux termes de « droite » et « gauche », attribuant à la démocratie créatrice le droit et le pouvoir d’imaginer des alternatives et non exclusivement des « alternances » dans l’exercice du pouvoir (changer les noms pour faire la même chose).

La « gouvernance » a été inventée comme substitut au « pouvoir ». L’opposition entre ses deux qualificatifs – bonne ou mauvaise gouvernance – rappelle le manichéisme et le moralisme, substitué à l’analyse de la réalité, aussi scientifique que possible. Encore une fois cette mode nous vient de la société d’outre Atlantique, où le sermon a souvent dominé le discours politique. La « bonne gouvernance » implique que le « décideur » soit « juste », « objectif » (retienne la « meilleure solution »), « neutre » (acceptant la présentation symétrique des arguments), et par-dessus tout « honnête » (y compris bien entendu au sens le plus platement financier du terme). A lire la littérature produite par la Banque Mondiale sur le sujet, on se découvre relire les doléances présentées – en général par des hommes (peu de femmes !) de religion et/ou de droit – dans les temps anciens de l’Orient au « despote juste » (pas même éclairé !).

L’idéologie visible sous jacente s’emploie tout simplement à évacuer la question véritable : quels intérêts sociaux le pouvoir en place, quelqu’il soit, représente et défend ? Comment faire avancer la transformation du pouvoir pour qu’il devienne progressivement l’instrument des majorités, en particulier des victimes du système tel qu’il est ? Etant entendu que la recette électorale pluripartiste a prouvé ses limites de ce point de vue.

Le discours "post moderniste"

Le post modernisme clôture le discours intitulé par certains "nouvel esprit du capitalisme", mais qui mériterait mieux le qualificatif d'idéologie du capitalisme/impérialisme tardif des oligopoles. Je renvoie ici le lecteur au livre de Nkolo Foe (Le Post modernisme; Codesria 2009) qui en établit avec puissance la substance, parfaitement fonctionnelle pour servir les intérêts réels des forces dominantes.(8)

Le modernisme a été mis en place par le discours des Lumières au XVIIIe siècle européen, en association avec le triomphe de la forme historique européenne du capitalisme et de l'impérialisme qui lui est consubstantiel, et par la suite a conquis le monde. Il en véhicule les contradictions et les limites. L'ambition d'universalisme qu'il formule est défini par l'affirmation de droits de l'homme (pas nécessairement de la femme!) qui sont en substance ceux de l'individualisme bourgeois. Le capitalisme réel auquel cette forme de modernité est associée est de surcroît un impérialisme qui nie les droits des peuples non européens conquis et soumis à la ponction de la rente impérialiste.
La critique de cette modernité bourgeoise et capitaliste/impérialiste est certainement nécessaire. Et Marx avait effectivement entrepris cette critique radicale qu'il sera toujours nécessaire de mettre à jour et d'approfondir.

La nouvelle Raison se voulait émancipatrice; et elle l'était dans la mesure où elle libérait la société des aliénations et des oppressions des anciens régimes, et par là même garante du progrès, plus exactement d'une forme de progrès limité et contradictoire. Car cette raison était celle de la gestion de la société par le capital en dernier ressort.

Le post modernisme ne propose pas cette critique radicale pour aller de l'avant en direction de l'émancipation des individus et de la société par le socialisme. Il propose en revanche un retour aux aliénations pré modernes, pré capitalistes. Les formes de sociabilité qu'il s'emploie à promouvoir s'inscrivent obligatoirement dans l'adhésion identitaire "tribaliste" à des communautés (para religieuses ou para ethniques), aux antipodes des exigences de l'approfondissement de la démocratie devenue synonyme de "tyrannie du peuple", osant mettre en question la gestion sage des executives au service des oligopoles. Les critiques qu'il propose des "grands discours" (des Lumières, de la démocratie, du progrès, du socialisme, de la libération nationale) ne regardent pas en direction de l'avenir mais se tournent vers un passé imaginaire et faux, au demeurant parfaitement idéalisé. Il facilite de la sorte l'extrême fragmentation des majorités populaires et leur fait accepter l'ajustement aux logiques de la reproduction de la domination des oligopoles et de l'impérialisme. Car cette fragmentation ne gêne pas cette domination, au contraire elle en facilite la tâche. L'individu en question ne devient pas l'agent conscient et lucide de la transformation sociale, mais l'esclave de la marchandisation triomphante. Le citoyen disparaît pour laisser la place au consommateur/spectateur. Ce n'est plus un citoyen qui ambitionne l'émancipation, mais un être falot qui accepte la soumission.

NOTE
1) Joseph Stiglitz, Un autre monde, contre le fanatisme des marchés; Livre de poche, Paris
2009.
2) Giovanni Arrighi The long XXth century, op cit
3) Les documents de l' ONU en question ici sont publiés sur les sites de l'organisation
4) Samir Amin, L'Empire du Chaos, Harmattan 1991 ; Samir Amin, L'hégémonie des Etats-Unis et l'effacement du projet européen; Harmattan 2000
5) Samir Amin, Aid, for what development; contribution dans le livre publié en anglais par Fahamu (en cours de publication, 2009)
6) Samir Amin, Is Africa really marginalized?, in, Helen Lauer (ed), History and philosophy of sciences; Hope Pub, Ibadan, 2003.
7) Nkolo Foe, Le post modernisme et le nouvel esprit du capitalisme, Sur une philosophie globale d' Empire; Codesria, Dakar 2009 ; Samir Amin,Modernité, religion, démocratie, critique des culturalisme; Parangon 2008 ; Samir Amin, Sur la crise, op cit, chap 2 et 3. ; Jacques Rancière, La haine de la démocratie, La Fabrique 2008.
8) Samir Amin, Beyond liberal Globalization; Monthly Review, NY, dec 2006

* Samir Amin dirige le Forum pour le développement du Tiers-Monde – Le titre original du texte est : «Les champs de bataille de l’impérialisme contemporain et les conditions d'une réponse efficace du Sud»

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Commentaires & analyses

Cameroun : L’année noire des malades du sida

Christian E. Locka

2009-12-06

http://pambazuka.org/fr/category/comment/60841

La mobilisation contre le sida donne des résultats positifs au niveau mondial, qui sont salués ici ou là. Mais cette réalité globale cache des disparités locales qui sont autant de drames, dans des pays où les politiques nationales de lutte contre le sida sont un désastre. Au Cameroun, les personnes vivant avec le Vih viennent de vivre une année difficile qui, pour Christian E. Locka, n’incite guère au sourire. Et il tire le signal d’alarme, notant qu’au moment où les ARV manquent dans les Unités de Prise en Charge et les Centres de Traitement Agrées, ils sont trafiqués dans les rues.

Cette année, la Journée mondiale de lutte contre le Vih/sida se célèbre sur une note d’espoir ! Le rapport de l’Onusida fait état d’une régression de la contamination par le virus en 2009 par rapport aux années antécédentes. Au Cameroun, les personnes vivant avec le Vih/Sida, viennent de traverser une année noire ! Ceux qui ont survécu à la maltraitance ont compris que, bien que affaiblis psychologiquement et physiquement, ils devaient parfois faire des efforts surhumains au risque de précipiter leur mort.

Les malades du sida ont passé de longues heures d’attente sous les intempéries à cause de la pénurie du personnel médical, paramédical et d’appui ; la confidentialité tant vanté par les pouvoirs publics restent une illusion dans beaucoup de cas ; les approvisionnements en réactifs de dépistage arrivent tardivement dans les Unités de Prise en Charge et les Centres de Traitement Agrées.

Depuis que le gouvernement a délibérément arrêté leur subventionnement, les bilans biologiques se font à la tête du client dans la plupart des hôpitaux publics. Pendant que la distribution gratuite des antirétroviraux se faisait au compte-gouttes dans les Centres de Traitement Agrées, d’importants stocks étaient vendus dans la rue à l’initiative d’hommes sans scrupule. Couverts par l’impunité ambiante, ces assassins des temps modernes, n’ont jamais été inquiétés.

A cause de la mauvaise définition des priorités et des légèretés inconcevables, le Cameroun a lamentablement échoué au Round 9 du Fonds Mondial contre le sida. Notre pays voulait 74 milliards de francs CFA pour «Renforcer la réponse nationale au VIH/ sida par la prévention et l'élargissement des soins» entre 2010 et 2014. Avec un appel à propositions d’une envergure nationale et sous régionale ayant paru une seule fois dans le quotidien gouvernemental à côté d’une multitude d’organes de communication privés délaissés.

Le gouvernement a fait appel aux financements privés pour soutenir la lutte contre la pandémie sans définir tous les contours de ce coup de pouce. Il n’y a donc aucune garantie que les fonds, d’où qu’ils proviennent, ne feront pas l’objet des travers managériaux condamnés par le Fonds Mondial.

Une certitude. Les gestionnaires des financements trinquent pendant que les malades, pour la plupart, avec moins de 500 FCFA par jour, ne parviennent pas encore à se nourrir à leur faim pour pouvoir prendre les médicaments. Les conditions de vie sont déplorables. Les chiffres parlent. Lannée était triste. Quelque 550 000 personnes infectées par le virus pour seulement 74.000 malades sous antirétroviraux. A cette, combien de temps faudra-t-il pour que notre pays atteigne au moins l’objectif de 180 000 malades sous antirétroviraux fixé par le Fonds Mondial ? Avant l’échec du Round 9, le gouvernement visait seulement 165.000 personnes sous Arv à l’horizon 2014.

Le rapport officiel des décès ne reflète pas la triste réalité étant donné que beaucoup de personnes foudroyées par la pandémie ,à l’instar des travailleurs dU sexe, n’ont pas connu leur statut sérologique. Les campagnes de sensibilisation absentes en cours d’année ne font surface qu’à la veille de la célébration dans les grandes villes. Les zones rurales sont ignorées. Pire, il existe des villages avec une démographie considérable où les populations n’ont jamais été dépistées !

Quelle année !

Considérant les manquements graves sus-cités et du désastre humain conséquent, L’Action pour l’Humanisation des Hôpitaux (Acthu) demande instamment au gouvernement de cesser la diversion, le chantage, les mensonges et de respecter enfin les droits des personnes vivant avec le Vih/sida.

La santé est un droit fondamental non négociable !

* Christian E. Locka est le Président National de Action pour l’Humanisation des Hôpitaux - Email : c.locka@acthu.org

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RD Congo : Les promesses non tenues de la décentralisation

Joseph Cihunda Hengelela

2009-12-06

http://pambazuka.org/fr/category/comment/60842

A l’approche du cinquantenaire de la RD Congo, les défis auxquels le pays est confronté semblent s’accroître au point de se poser la question qui sèmerait de doutes sur notre propre capacité de surmonter les obstacles qui s’invitent sur notre parcours en ces temps de la refondation de l’Etat et/ou re-construction nationale. Le premier défi, qui parait le plus important, constate Joseph Cihunda Hengelela pour Pambazuka News est celui relatif à la problématique de la gouvernance des affaires publiques.

En attendant les résultats de l’évaluation de nos cinquante ans d’existence comme entité souveraine, la situation déplorable dans laquelle se trouve la RD Congo a pour cause, entre autre, la mauvaise gouvernance. Pour éradiquer ce fléau et éviter de tomber dans les erreurs du passé, la Constitution du 18 février 2006 a consacré une gamme de techniques en faveur d’une gouvernance démocratique. La nouvelle organisation territoriale que l’on appelle confusément la décentralisation fait partie intégrante de ces techniques.

La décentralisation, conçue dans le but d’améliorer la Gouvernance publique à partir de la base, présente beaucoup d’avantages que d’inconvénients prétendument redoutés par ceux qui, par action ou omission, retarderaient la mise en place de cette réforme territoriale et administrative. Le premier intérêt est que la décentralisation (et la régionalisation) contribuera efficacement à la refondation de l’Etat. Elle permettra au Gouvernement central d’assurer son effectivité et d’accroître ses capacités d’occupation du territoire national. La décentralisation permettra également l’intégration nationale, sans laquelle l’intégration sous-régionale (SADC, CEPGL ou CEEAC) ou régionale (UA) n’est qu’une illusion pour les populations congolaises qui sont en principe les premières bénéficiaires des engagements internationaux de l’Etat.

L’intérêt le plus important de la décentralisation est qu’elle est l’école de la responsabilité. Elle permet aux populations à la base de se prendre en charge, de décider sur leur quotidien, de maîtriser leur propre destin, en parfaite harmonie avec la volonté générale incarnée par la Constitution.

Conscient de ces avantages, le constituant du 18 février 2006 a voulu la matérialisation avec empressement et a fixé le délai à l’intervalle duquel cette entreprise allait se réaliser. Ce délai est de trente-six mois, soit trois ans. Le calcul de ce délai est fait, suivant la lettre et l’esprit de l’article 226, à partir de l’installation effective de la dernière institution politique au niveau central. Au-delà de toute spéculation et interprétations de tout bord, ce délai est calculé à dater de l’installation effective du Bureau du Sénat, soit le 14 mai 2007. Le «dies a quo» ou le délai de départ étant connu, il est parfaitement aisé de connaître le «dies ad quem» ou le délai limite. En additionnant avec les trois ans, on retrouve la date du 14 mai 2010 comme le jour où la RD Congo aura les vingt-cinq provinces et la Ville de Kinshasa installées et en fonctionnement. Par ricochet, les Entités Territoriales Décentralisées (Villes, Communes, Secteurs et Chefferies) devront être également à cette date en plein fonctionnement.

Mais lorsque l’on observe le processus de mise en œuvre de la décentralisation, rien ne prouve que les autorités seront, à moins d’opérer des miracles, à mesure de respecter ce délai constitutionnel. Le processus semble avoir du plomb dans l’aile et s’est vraisemblablement arrêté. Après la promulgation de certaines lois relatives à la décentralisation (souche législative de la régionalisation/décentralisation), plus rien n’a suivi. Ni les lois complémentaires du « bloc de la décentralisation », ni le calendrier de mise en place ni la vulgarisation des lois déjà promulguées. Le Gouvernement central, tout comme les différents gouvernements, tant de provinces concernées par la régionalisation-décentralisation que celles attendant uniquement la décentralisation (Kongo central, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu), a fourni bien entendu des efforts qui n’ont pas été à la hauteur de défis engendrés par ce processus : le manque de volonté politique est criant.

La question majeure qui se pose est celle de savoir ce que l’on doit faire à huit mois de la fin du délai. Une alternative : réaliser une décentralisation/régionalisation minimale ou réviser la Constitution et allonger le délai.

Je voudrai commencer par la première option qui serait déjà en vue. La révision constitutionnelle est prévue à l’article 218 et les conditions qu’elle exige pour sa réalisation sont accessibles pour la coalition, majoritaire dans les deux chambres du Parlement. Mais la condition la plus difficile à réaliser est celle de la tenue du referendum pour l’adoption de la Constitution révisée (article 218, al.3 et 4). Eu égard aux défis de la Commission électorale indépendante, coincée entre sa mutation en CENI, la révision du fichier électoral et l’organisation des élections municipales et locales, il paraît difficile d’exiger à la CEI d’organiser un référendum sans que cela n’affecte la crédibilité du processus électoral congolais qui nécessite par ailleurs une rectification. Au-delà du formalisme juridique, on peut s’interroger sur le fondement philosophique d’une telle initiative dans un bref délai de la vie de notre Constitution.

Sans être iconoclaste et au risque d’énerver les juristes les plus orthodoxes, une telle révision ne ressemblerait pas moins, dans l’éventualité où elle venait à se réaliser, à une des formes de fraude constitutionnelle. L’on pourrait bien opposer à cette prise de position l’argument facile connu sous l’adage selon lequel « la loi est faite pour les hommes et non les hommes pour la loi ». Il faut dire d’avance que cet argument vaudrait son pesant d’or lorsque la disposition incriminée est susceptible de poser de problèmes de son application. Dans le cas de l’article 226, il n’en est pas question. Cet article ne pose aucun problème pour son application. C’est plutôt le gouvernement qui a accumulé et continue d’accumuler du retard dans la mise en œuvre de la décentralisation. Une crainte qui n’est pas moindre est qu’une révision qui interviendrait dans ces circonstances peut réveiller les habitudes de révisions constitutionnelles décriées durant la deuxième République.

Pour éviter une révision constitutionnelle précoce, qui porterait préjudice à la décentralisation, la solution qu’il conviendrait d’envisager dans l’hypothèse où le gouvernement ne serait pas en mesure de rattraper son retard, est celle d’une décentralisation minimale consistant à l’installation symbolique officielle des institutions de nouvelles provinces et des entités territoriales décentralisées à la date du 14 mai 2010. Quitte à prendre les dispositions pour accélérer le processus avant la fin de la législature. Cette option a l’avantage d’œuvrer en faveur du respect de la Constitution et de constituer une garantie de l’émergence d’une gouvernance démocratique au Congo à travers la décentralisation (et la régionalisation).

* Joseph Cihunda Hengelela est Doctorant en Droit public à l’Université de Kinshasa, RDCongo. Il est aussi membre du CODESRIA - Email : jcihunda@yahoo.fr

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Arts & livres

Cameroun : Construction d’un musée des rois du peuple Bamoun

2009-12-04

http://tinyurl.com/yhyru5b

Environ 20 millions de F CFA (environ 40 000 dollars) destinés à la construction du musée des rois du peuple bamoun à l'Ouest du Cameroun pour abriter et conserver 12.500 objets d'art de ce royaume menacés de disparition ont été collectés à Douala au Cameroun, lors d'une soirée de gala. Situé dans les montagnes de l'Ouest Cameroun sur une superficie de 7.700 km2 et d'une population évaluée à 820.000 habitants, le peuple bamoun a su forger son unité au cours des sept siècles d' existence de son royaume. Ce peuple est dirigé par un roi, membre de la dynastie de Ncharé Yen (1394-1418).





Zimbabwe

Les expatriés au Royaume Uni pas encore prêts à rentrer

2009-12-06

http://tinyurl.com/yzzth4b

Au Royaume-Uni, les travailleurs zimbabwéens disent qu’il faudra qu’un vrai changement se produise pour qu’ils envisagent de rentrer dans leur pays. 

« Les Zimbabwéens d’ici [au Royaume-Uni] pensent qu’ils ne peuvent plus faire confiance aux hommes politiques, et à moins que tous les problèmes en suspens de l’APG soient résolus, peu de Zimbabwéens retrouveront assez de confiance pour retourner dans leur pays », a dit Arthur Bango, infirmier diplômé qui a quitté le Zimbabwe en 2000. 






Droits humains

Global : Les Libyens dénoncent l’interdiction de minarets en Suisse

2009-12-05

http://tinyurl.com/y8cocx3

Le Comité National Libyen des Droits de l'Homme, qui relève du Comité Populaire (ministère) Libyen de la Justice, a dénoncé les résultats du référendum organisé en Suisse le 29 novembre dernier et qui a décidé de l'interdiction de la construction de minarets en Suisse. Dans un communiqué publié le 1er décembre à Tripoli, le comité indique que cette mesure constitue une violation claire des Droits de l'Homme et des conventions internationales relatives aux Droits de l'Homme dont la Suisse est partie et met des restrictions sur le droit de pratiquer sans discrimination ni obstacles les rites religieux des musulmans en Suisse.


Guinée : La junte invite les victimes à témoigner

2009-12-04

http://tinyurl.com/yj7ywp7

Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a invité le 2 décembre, dans un communiqué lu sur les antennes de la radio nationale, les personnes victimes ou témoins des évènements du 28 septembre dernier à Conakry, à se présenter devant la commission d’enquête internationale d’enquête, sans aucune crainte. La junte in­forme par la même occasion que « toute personne ou toute autorité à quelque niveau que ce soit qui exercerait des menaces, pression ou intimidation à l’encontre des victimes ou témoins s’exposerait à des sanctions très sévères ».


Guinée : La France demande la libération d'un militant des Droits de l'homme

2009-12-04

http://tinyurl.com/yzt7zg3

La junte du Capitaine Moussa Dadis Camara a rejeté le 2 décembre la demande de la France pour la libération du militant des Droits de l'Homme, Mouctar Diallo. Selon le ministre chargé de la Lutte contre le grand banditisme, «c’est la sécurité de la Nation qui est menacée, la paix guinéenne qui est menacée, alors c’est aux Guinéens de juger cela conformément aux textes de la loi guinéenne». Et d’ajouter : «La France n’a pas à demander la libération immédiate de Mouctar Diallo. Il ne faut pas s’ingérer dans les affaires des autres».


Mali: Les maisons d'arrêt de Bamako et Kati surpeuplées

2009-12-04

http://tinyurl.com/yfr8evs

Les Maisons correctionnelles de Kati et Bamako-Coura - la seconde est communément appelée Maison centrale d'arrêt de Bamako (MCA) - ne sont plus à mesure d'accueillir de nouveaux pensionnaires. C'est le constat établi le 2 décembre par le procureur de la République, qui s’est rendu sur les lieux pour vérifier les conditions de détentions des prisonniers. A Kati il n'y a presque plus de place. Pour 80 places, la prison abrite aujourd'hui 224 pensionnaires. Soit plus de 300 % de sa capacité.


Maroc : Une militante pro-Polisario en grève de la faim

2009-12-05

http://tinyurl.com/y8gr8u2

La militante pro-Polisario, Aminatou Haidar, observe une grève de la faim pour réclamer son retour au Sahara occidental. Mme Haidar, 42 ans, a été interpellée à son arrivée en avion le 13 novembre à Laâyoune, dont elle est originaire, en provenance des Canaries. Selon les autorités marocaines, elle a refusé d'«accomplir les formalités habituelles de police et renié sa nationalité marocaine». Selon elle, les autorités marocaines lui ont refusé l'accès au Sahara occidental parce qu'elle niait que ce territoire appartienne de droit au Maroc.


Rd Congo : Jean-Pierre Bemba reste en prison

2009-12-04

http://tinyurl.com/y8n56kt

L'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba restera en détention dans l'attente de son procès en avril 2010, a ordonné la Cour pénale internationale (CPI) en appel. Une juge de la CPI avait ordonné le 14 août la libération provisoire de Jean-Pierre Bemba, qui doit être jugé à partir du 27 avril 2010 à La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine en 2002 et 2003. La magistrate avait néanmoins ordonné son maintien en détention tant que la Cour n'aurait pas décidé quel Etat l'accueillerait.


Zambie : Des enquêtes sur le trafic d'enfants somaliens

2009-12-04

http://tinyurl.com/yz892j3

Le département zambien de l'Immigration a annoncé avoir intensifié les enquêtes sur le cas de 22 jeunes somaliens victimes des gangs de trafic international d'êtres humains. Le porte-parole des services de l'immigration a déclaré que les enfants devaient être entendus en présence de responsables de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) pour statuer sur leur sort. C'est à la suite d'un contrôle de police à une intersection à Lusaka que les policiers ont intercepté un minibus sud-africain rempli d'enfants. Une fois le délit de trafic établi en ce qui concerne ces enfants, les services de l'immigration vont poursuivre les trois femmes supposées être les commanditaires de l'opération.


Soudan: Les femmes contre l'application de lois répressives

2009-12-05

http://tinyurl.com/yzhgvav

Les femmes soudanaises ont lancé un appel au système de défense des droits humains africain pour qu'il les aide à réformer les lois répressives de retour au Soudan. Dans un document présenté le 1er décembre à la 46ème session de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, à Banjul, un groupe de militants soudanais a appelé à une réforme urgente du régime de l'ordre public au Soudan. Les femmes décrivent, dans ce document, les défis auxquels elles sont confrontées quotidiennement pour négocier l'impact du régime de l'ordre public sur leurs vies privées, sociales, économiques et professionnelles.





Réfugiés & migration forcée

Burundi : HRW condamne l’expulsion de demandeurs d’asile rwandais

2009-12-04

http://tinyurl.com/ydgv9mw

Le gouvernement du Burundi devrait revenir immédiatement sur sa nouvelle politique qui consiste à expulser des demandeurs d'asile rwandais sans examiner leur cas, a déclaré Human Rights Watch le 3 décembre. Le 27 novembre 2009, le ministre de l'Intérieur burundais a ordonné à la police de renvoyer 103 demandeurs d'asile au Rwanda, en violation du droit international. Cette décision du Burundi a été prise quelques jours après qu'une délégation officielle rwandaise eut demandé au gouvernement burundais de renvoyer les Rwandais arrivés tout récemment vers leur pays d’origine, pour préserver l'image du Rwanda à l’étranger, à savoir celui d’un pays pacifique qui n’incite pas ses citoyens à se réfugier ailleurs.


Rd Congo : l’afflux des réfugiés du Rwanda soulève doute et inquiétude

2009-12-04

http://tinyurl.com/yh4k35a

L’arrivée d’environ 12.000 familles, ces derniers mois, dans les territoires de Masisi et Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu à l’est de la Rd Congo (RDC), venues du Rwanda et se présentant comme des réfugiés congolais, suscite des doutes sur leur origine et fait craindre une subtile infiltration d’étrangers. Le coordonnateur de la Commission nationale pour les réfugiés au Nord-Kivu (CNR) a indiqué que ces personnes entrent plutôt clandestinement. Il tente de rassurer les populations locales, les appelant au calme, indiquant que le gouvernement se penche sur la question, afin d’identifier ces réfugiés douteux dont l’effectif n’est pas encore définitif.


Tchad : L’aide humanitaire en péril

2009-12-05

http://tinyurl.com/ybbegqd

Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) a lancé un cri d'alarme, le 1er décembre, face à l'insécurité croissante qui menace les populations les plus vulnérables et le personnel des organisations humanitaires installées dans l'est du Tchad. Près de 70 organisations humanitaires portent au secours à 256.700 réfugiés soudanais victimes du conflit au Darfour et à 168.000 personnes déplacées qui vivent dans des conditions précaires. Or, les prises d'otage ont modifié les modes opératoires des organisations humanitaires qui ont réduit leurs déplacements dans les zones dangereuses. L'OCHA note que l'insécurité dans la région affecte ainsi près de 96.500 personnes.





Elections & gouvernance

Afrique : Qu’a-t-on fait après 50 ans d’indépendance ?

2009-12-04

http://tinyurl.com/yet3rzx

A partir du 1er janvier prochain, un grand nombre d’Etats francophones du continent noir vont commencer à souffler la cinquantième bougie de leur accession à la souveraineté internationale. Une indépendance censée être la fin de la domination illicite qu’ont exercée plusieurs pays occidentaux dont la France sur une partie de l’Afrique. Lorsqu’on fait partie des hautes sphères de la gestion des Etats francophones du continent noir qui étaient supposés se dégager de l’emprise politique, économique et sociale de l’Hexagone à partir de 1960, on doit éprouver toutes les difficultés du monde pour faire cet examen de conscience après un si long parcours.


Côte d'Ivoire : Gbagbo justifie le report des élections

2009-12-04

http://tinyurl.com/yj7sh2z

Il vaut mieux tenir "tard" une élection qui n'entraîne pas de conflit que d'en organiser "vite" une qui fera des morts, a estimé le 1er décembre le président ivoirien Laurent Gbagbo à Ouagadougou. La présidentielle ivoirienne vient d'être reportée pour la sixième fois depuis 2005. "Nous nous sortons d'une guerre, donc nous voulons aller aux élections sans que la guerre ne revienne à cause des élections", a déclaré Gbagbo.


Guinée : Rejet de la médiation du président Compaoré

2009-12-04

http://tinyurl.com/yk3tovg

Des Guinéens interrogés sur la médiation menée par le président burkinabé, Blaise Compaoré, au nom de la CEDEAO, ne manquent pas de manifester leurs doutes. Entre autres, les personnes interrogées trouvent qu’«il est en train d’insulter l’humanité en général, les Guinéens en particulier. Comment peut-il prétendre maintenir au pouvoir cette junte (…) de Dadis Camara ? Comment peut-il donner la possibilité à la junte de se présenter aux prochaines élections ? Après les massacres de manifestants du 28 septembre, la place de Dadis et le CNDD est en (...), avec beaucoup de chance, en prison».


Guinée : La France accusée d'interventionnisme

2009-12-05

http://tinyurl.com/yzt7zg3

La junte du Capitaine Moussa Dadis Camara a rejeté le 2 décembre la demande de la France pour la libération du militant des Droits de l'Homme, Mouctar Diallo. Selon le ministre chargé de la Lutte contre le grand banditisme, «c’est la sécurité de la Nation qui est menacée, la paix guinéenne qui est menacée, alors c’est aux Guinéens de juger cela conformément aux textes de la loi guinéenne». Et d’ajouter : «La France n’a pas à demander la libération immédiate de Mouctar Diallo. Il ne faut pas s’ingérer dans les affaires des autres».


Guinée : Le numéro 3 de la junte assure l’intérim

2009-12-06

http://www.kibarou.net/

Le Général Sékouba Konaté, n° 3 de la junte au pouvoir en Guinée, assure la succession au pouvoir après l’attentat dont a été victime le président Dadis Camara. M. Konaté, ministre de la Défense, est arrivé à Conakry dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 par un vol spécial en provenance de Beyrouth où il se trouvait depuis quelques jours. En l’absence du chef de la junte, évacué d’urgence sur le Maroc où se trouve également, pour traitements, le numéro 2 du CNDD, le ministre de la sécurité, le général Mamadou Toto Camara, Konaté doit donc faire face à une situation difficile.


Guinée : Un pays sur un volcan

2009-12-06

http://tinyurl.com/yfjnfpx

Depuis le 3 novembre, la Guinée est sur un volcan. Dans des circonstances encore floues, son leader, le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir, a été blessé lors d'une une tentative d'assassinat, dans un campement militaire à Conakry. Il a été transporté au Maroc à bord de l'avion médicalisé du président burkinabé Blaise Compaoré, pour y être soigné. Il s'agit d'une « opération mineure », a assuré son porte-parole Idrissa Chérif, qui jure que « ses jours ne sont pas en danger ». Le calme était revenu hier à Conakry, mais dans ce pays encore marqué par un gigantesque massacre, fin septembre, la situation reste très instable.


Guinée équatoriale : Obiang Nguema, un président de 30 ans

2009-12-04

http://www.afrik.com/article18130.html

Avec 95,19% des voix selon le dernier décompte partiel publié le 1er décembre, Teodoro Obiang Nguema est assuré de sa réélection à la tête de la Guinée équatoriale, qu’il dirige depuis 1979. Ce petit pays d’Afrique centrale est gangréné par une corruption endémique, en particulier parmi les proches du pouvoir. Au pouvoir depuis 30 ans, Obiang règne sans partage sur ce petit Etat pétrolier de 616 000 habitants. Placido Mico Abogo, principal opposant, obtient selon les résultats actuels 4,05% des voix. Tous ces chiffres peuvent être mis en doute, puisque le nombre total de votants est légèrement supérieur au nombre d’électeurs inscrits sur les listes.


Mauritanie : Le chef d’état-major de la Gendarmerie nationale limogé

2009-12-04

http://tinyurl.com/yad8w9j

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a limogé le chef d’état-major de la Gendarmerie, trois jours après l’enlèvement de trois Espagnols par des hommes armés dans le Nord de la Mauritanie. Le général Ahmed Ould Bekrine a été démis de ses fonctions et remplacé par le colonel N’Diaga Dieng. Le colonel Dieng occupait les fonctions de Secrétaire général du ministère de la Défense nationale. Le décret diffusé ne précise pas les raisons du limogeage du chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, un des compagnons du président Ould Abdel Aziz durant le putsch du 6 août 2008 mené par ce dernier alors qu’il était chef de la Garde présidentielle.


Mauritanie : Le chef d’état-major de la Gendarmerie nationale limogé

2009-12-04

http://tinyurl.com/yad8w9j

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a limogé le chef d’état-major de la Gendarmerie, trois jours après l’enlèvement de trois Espagnols par des hommes armés dans le Nord de la Mauritanie. Le général Ahmed Ould Bekrine a été démis de ses fonctions et remplacé par le colonel N’Diaga Dieng. Le colonel Dieng occupait les fonctions de Secrétaire général du ministère de la Défense nationale. Le décret diffusé ne précise pas les raisons du limogeage du chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, un des compagnons du président Ould Abdel Aziz durant le putsch du 6 août 2008 mené par ce dernier alors qu’il était chef de la Garde présidentielle.


Nigeria : Le Président Yar'Adua est très souffrant

2009-12-04

http://tinyurl.com/ykvbpnd

Le président nigérian Umaru Yar'Adua est en très mauvaise santé. Agé de 58 ans, il souffrirait d’une péricardite aigüe, une inflammation d'une membrane entourant le cœur. Hospitalisé depuis le 30 novembre en Arabie saoudite, à Djeddah, il avait quitté le Nigeria pour effectuer officiellement «un bilan de santé». Tant que le président sera hospitalisé à l’étranger, c’est le vice président Goodluck Jonathan qui assure l’intérim. Face à un pouvoir affaibli, l’opposition ne reste pas muette. Bien au contraire. Elle réclame soit la démission de Umaru Yar'Adua soit la mise en place rapide d’une commission médicale pour statuer sur sa capacité à remplir sa fonction de président. Selon l’opposition, de nombreux dossiers sont désormais bloqués, notamment celui sur l’adoption du budget 2010. Mais au-delà de la capacité ou non du président à pouvoir encore gouverner, une question encore plus délicate attend la classe politique. Qui va succéder à Umaru Yar'Adua ?


Rwanda : Pourquoi le «remariage» avec la France

2009-12-06

http://tinyurl.com/yktcwme

Quelle mouche a donc piqué Paul Kagamé ? Le week-end dernier, le président rwandais a signé l'adhésion de son pays au Commonwealth, tout en rétablissant les relations diplomatiques avec la France. Un aller-retour de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, à Kigali a-t-il suffi à effacer trois ans de brouille ? En fait, Paris a donné des gages sur plusieurs dossiers sensibles des relations franco-rwandaises.





Corruption

Global : Trois dirigeants africains visés par une plainte à Paris

2009-12-06

http://tinyurl.com/y9p8kzh

Quatre chefs d'Etat africains, dont le Sénégalais Abdoulaye Wade et le Congolais Denis Sassou Nguesso, sont visés depuis le 16 novembre par une plainte pour "détournement de fonds publics" déposée à Paris par l'association MLA (Le Moment de se lever pour l'Afrique). Le président de la Guinée-Equatoriale, Teodoro Obiang, et le défunt président gabonais Omar Bongo sont aussi concernés par la plainte. Il revient désormais à la doyenne des juges d'instruction du Pôle financier du tribunal de Paris de juger de la recevabilité de cette plainte et d'ouvrir ou pas une information judiciaire, confiée à un juge d'instruction.


Togo : Togo-Ghana, la frontière de la corruption !

2009-12-04

http://tinyurl.com/ydgx9lx

Les campagnes de sensibilisation officielle s’activent, les auteurs de différentes infractions récidivent. Ainsi pourrait-on résumer l’indifférence des agents de contrôle douanier vis-à-vis de la réglementation « de la libre circulation des biens et des personnes » qui régit le fonctionnement de la CEDEAO. L’axe routier Lomé-Accra ou Accra-Lomé en est une parfaite illustration. Au grand dam du développement de l’économie sous-régionale, le passage de la frontière reste soumis à des tracasseries et à des trafics sur fond de corruption.





Développement

Afrique : Appel à la création d’un fonds pour le développement durable

2009-12-05

http://tinyurl.com/ycye62o

Les questions de financement ont été au cœur du 6ème Forum mondial du développement durable de Brazzaville au Congo, avec la perspective d’une taxe au profit des États qui protègent leur environnement. Premier évènement de ce type à se dérouler sur le sol africain, en octobre dernier, ce forum a permis de débattre des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à un seuil de développement qui respecte l’environnement. A cette occasion, le président Denis Sassou N’Guesso, y a défendu l'idée de la création d'un fond africain pour le développement durable.


Kenya : Vers une autosuffisance en énergie

2009-12-04

http://tinyurl.com/yb2cfmt

Le Kenya a le potentiel pour évoluer vers une électricité sans carbone d'ici à l'horizon 2020, si le gouvernement arrive à faire un bon planning et une mise en oeuvre efficace, selon l'Association kenyane des manufacturiers (KAM), dans un rapport publié le 2 décembre à Nairobi. Le rapport s'est basé sur les résolutions prises à l'occasion de la conférence sur l'énergie verte tenue à Nairobi du 23 au 24 novembre. Il a été noté durant la conférence que la plus grosse économie de l'Afrique de l'Est était dotée de sources capables de générer de l'énergie verte avec un gros potentiel en géothermique estimé à 7.000 MW par rapport à la capacité en combustibles éolienne, hydraulique et bio actuellement disponibles qui s'élève à moins de 1.500 MW.


Libye : Découverte d'un nouveau gisement de gaz en Libye

2009-12-06

http://tinyurl.com/ylfyryw

La société pétrolière "Hess-Libye exploration Limited" a découvert un gisement de gaz de haute qualité sur le puits on shore A1-5/01 baptisé "Sirène", à une profondeur de 2.807 pieds (environ 940 mètres), a annoncé la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC). Les expérimentations effectuées sur la couche recouvrant les produits hydrocarbures révèlent une épaisseur de 300 pieds dans ce puits situé à 56 km au nord du littoral dans la région du Bassin de Syrte (centre de Libye). La Libye dispose d'énormes réserves de pétrole et de gaz, estimées respectivement à 40 milliards de barils et 1.500 milliards de mètres cubes.


Madagascar : une économie sous pression

2009-12-04

http://tinyurl.com/ykxv9xv

Depuis janvier, près de 230 000 Malgaches auraient perdu leur emploi. Et la situation risque d’empirer si aucun accord politique n’est trouvé entre les prétendants au pouvoir. Ces derniers mois, le lot quotidien des habitants des bas quartiers d’Antananarivo, habitués à vivre au jour le jour, a touché la classe dite « moyenne » du centre-ville. Les organisations des Nations unies qui siègent à Antananarivo estiment à 228 000 le nombre d’emplois perdus depuis le début de l’année – un drame dans un pays qui compte 18,8 millions d’habitants, et dont les chiffres officiels, très contestés, faisaient état avant la crise d’un taux de chômage de 5 %.


Mali: De l’électricité à partir des déchets

2009-12-04

http://tinyurl.com/yz3w7vx

Dans 18 mois, une unité de bioénergie fournira de l’électricité à la ville de Bamako et celle de Koulikoro. La convention de concession pour la conception, le financement, la construction et l’exploitation de cette unité a été signée le 26 novembre dernier. Le complexe écologique et énergétique qui sera installé à Noumoubugou fera du Mali un des pionniers en Afrique dans le domaine de la valorisation énergétique des ordures domestiques. Environ 16 000 foyers pourront bénéficier de l’énergie produite par l’unité dont la capacité est extensible à 24 000 foyers. Ce projet énergétique et environnemental créera immédiatement 208 emplois permanents et 1000 autres emplois sur les 5 ans à travers la modernisation et l’amélioration du système de gestion des déchets solides.


Sénégal : L’huile de palme de Côte d’Ivoire interdite

2009-12-05

http://tinyurl.com/yb5fzbv

Depuis le début du mois de novembre, les exportateurs ivoiriens d’huile de palme vers le Sénégal, ont le sommeil troublé. Et pour cause, un décret leur ferme le marché de ce pays Selon cette décision, toute huile ayant plus de 30% d’acide gras saturé, ne peut être vendue sur le territoire. Les industriels ivoiriens estiment, pour leur part, que ce critère est purement discriminatoire, car leur production répond aux normes internationales. Les autorités ivoiriennes entendent saisir les instances sous- régionales et régionales afin que ce problème trouve solution.





Santé & VIH/SIDA

Sénégal : L’huile de palme de Côte d’Ivoire interdite

2009-12-04

http://tinyurl.com/yb5fzbv

Depuis le début du mois de novembre, les exportateurs ivoiriens d’huile de palme vers le Sénégal, ont le sommeil troublé. Et pour cause, un décret leur ferme le marché de ce pays Selon cette décision, toute huile ayant plus de 30% d’acide gras saturé, ne peut être vendue sur le territoire. Les industriels ivoiriens estiment, pour leur part, que ce critère est purement discriminatoire, car leur production répond aux normes internationales. Pour le ministre de l’Intégration Africaine, cette disposition est une entrave à la libre circulation des marchandises au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (Uemoa). Il entend saisir les instances sous- régionales et régionales afin que ce problème trouve solution.


Afrique du sud : Traitement gratuit pour tous les bébés atteints du sida

2009-12-04

http://tinyurl.com/yfxvd9n

Le président sud-africain Jacob Zuma a dévoilé de nouvelles mesures contre le sida, le 1er décembre. Il a annoncé notamment que tous les bébés atteints du sida seront traités gratuitement. Dans le monde, plus de 33 millions de personnes vivent avec le virus et plus de 22 millions sont en Afrique. Et s'il est un pays qui est particulièrement touché c'est bien l'Afrique du Sud, avec 5,7 millions de séropositifs, dont 280 000 enfants. En plus, 1 400 Sud-Africains sont infectés chaque jour par le virus HIV. Zuma a aussi lancé une nouvelle campagne de lutte qui devrait toucher chacun des 46 millions d’habitants en termes de prévention d’abord.


Cameroun : Des lendemains qui chantent pour les malades

2009-12-04

http://tinyurl.com/y9h6okf

L’élimination des impôts annoncée par le ministre de la Santé publique du Cameroun pourra entraîner une baisse considérable des prestations. A compter de l’exercice de budgétaire 2010, les activités des formations hospitalières ne seront plus soumises aux impôts. Cette disposition est contenue dans le projet de la Loi de finances. D’après les prévisions du ministre de la Santé, cette mesure va s’étendre aux intrants et équipements hospitaliers. Les produits pharmaceutiques comme ceux des laboratoires sont aussi concernés


Guinée : une campagne de santé gratuite pour un million d'enfants

2009-12-06

http://tinyurl.com/yh44tkn

Une vaste campagne de santé intégrée et gratuite vient d'être organisée en Guinée pour couvrir plus d'un million et demi d'enfants de moins de cinq ans, avec le concours de l’UNICEF et de l’OMS. Près de 3.000 équipes composées de vaccinateurs, d'élus locaux, de volontaires ont été déployées, du 20 au 26 novembre, sur l'ensemble du pays, dans des formations sanitaires, des écoles, des marchés, des mosquées et des églises.





Environnement

Afrique du Sud : la révolution énergétique attendra

2009-12-06

http://tinyurl.com/ylb9qr3

L’Afrique du Sud n’envisage pas de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) avant 2035. Ce pays fait pourtant partie des gros pollueurs de la planète, devant le Brésil. Le secteur énergétique représente à lui seul plus de la moitié des émissions. L’Afrique du Sud préfère un échec de la conférence sur le changement climatique à Copenhague qu’un accord au rabais. Avec 55 autres pays africains, elle avait même refusé, début novembre, de poursuivre les négociations si les pays développés n’avançaient pas sur leurs propositions.


Cameroun : le prix de la déforestation

2009-12-06

http://tinyurl.com/yls36hm

Les populations qui vivent en lisière des monts Bamboutos dans l'ouest du Cameroun subissent de plein fouet les effets de la déforestation : climat de plus en plus chaud, assèchement des cours d’eau, agriculture en péril… Tout a commencé il y a une vingtaine d'années, avec l'effondrement des cours mondiaux du café. De vastes champs cultivés et des pâturages, c'est tout ce qu'il reste aujourd’hui des 222 hectares de réserve forestière des monts Bamboutos, qui s'étendent sur les régions de l’Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.


Niger : Greenpeace pointe des risques de contamination radioactive

2009-12-04

http://tinyurl.com/yaww7zo

Greenpeace vient de publier un rapport sur les mines d’uranium du nord du Niger. Une équipe de cette organisation s’est rendue du 1er au 9 novembre 2009 dans ces mines exploitées par le groupe français Areva. Le rapport de Greenpeace évoque d’importants risques de contamination radioactive pour les populations locales. A certains endroits de cette cité minière, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste. Ces rayonnements proviendraient des roches radioactives utilisées pour remblayer les routes.





Terres & droits fonciers

Mali : Les craintes de spoliation de terres perdurent

2009-12-06

http://tinyurl.com/yjsplqa

Au Mali, le gouvernement a approuvé des baux à long terme permettant à des investisseurs extérieurs de mettre en valeur plus de 160 000 hectares de terre. Des responsables du gouvernement disent que le pays ne pourrait pas exploiter ses terres cultivables sans cette mesure, mais des agriculteurs locaux disent avoir peur d’être chassés. Les terres distribuées sont situées dans la partie où opère de l’Office [de la région] du Niger. 

Cette région du nord-est de Bamako abrite une partie des terres non irriguées les plus fertiles du Mali.





Nouvelles de la diaspora

Global : les immigrés en France étranglés financièrement

2009-12-06

http://tinyurl.com/ykksjgq

Ces derniers mois, les immigrés de France peinent à trouver du travail et à envoyer autant d'argent qu'avant à leurs proches en Afrique. Un manque à gagner qui a aussi des conséquences pour les pays du continent les plus dépendants de cette manne. La crise frappe surtout ceux qui occupent des emplois précaires dans l'industrie, le BTP (bâtiment et travaux publics) et les services, trois secteurs qui, à eux seuls, représentent et représenteront d'après l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) plus de 97 % des destructions d'emplois en 2009-2010.





Conflits & urgences

Somalie : trois ministres et deux journalistes tués dans un attentat

2009-12-04

http://tinyurl.com/yhkkaz6

Trois ministres du gouvernement de transition somalien (TFG) et deux journalistes locaux ont été tués le 3 décembre dans un attentat-suicide visant un hôtel de Mogadiscio où se déroulait une cérémonie officielle de remise de diplômes à des étudiants. Plusieurs ministres du TFG, de nombreux officiels ainsi que des journalistes somaliens étaient présents. Un étudiant a apparemment déclenché des explosifs qu'il portait sur lui, selon un employé de l'établissement, qui a fait état d'au moins six morts.


Egypte : Le président de la Fédération de football mis à l'index

2009-12-04

http://tinyurl.com/yg4kq3m

L'implication du président de la Fédération égyptienne de football (EFA) dans ce qui est convenu d'appeler le complot égyptien du Caire a été prouvée par des documents d'une plus haute importance, rapportent des sites Internet algériens et autres médias étrangers proches de la thèse algérienne. Les documents, qui ont été remis en additif aux autres requêtes et documents irréfutables à la Fifa concernant les incidents fomentés du Caire, appuient la thèse du complot égyptien pour remporter le match. Selon ces sites, ces nouveaux documents comportent des photos, des vidéos et des enregistrements audio accusant Samir Zaher.


Somalie : trois ministres et deux journalistes tués dans un attentat

2009-12-05

http://tinyurl.com/yhkkaz6

Trois ministres du gouvernement de transition somalien (TFG) et deux journalistes locaux ont été tués le 3 décembre dans un attentat-suicide visant un hôtel de Mogadiscio où se déroulait une cérémonie officielle de remise de diplômes à des étudiants. Plusieurs ministres du TFG, de nombreux officiels ainsi que des journalistes somaliens étaient présents. Un étudiant a apparemment déclenché des explosifs qu'il portait sur lui, selon un employé de l'établissement, qui a fait état d'au moins six morts.





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