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Pambazuka News 127: Médias et minorités ethniques
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Courrier, 3. Zimbabwe, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. LGBTI, 13. Environnement, 14. Média & liberté d'expression, 15. Conflits & urgences, 16. Cours, séminaires, & ateliers, 17. Emploi
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Médias et minorités ethniques : Une radio pour défendre l’identité seereer au Sénégal.
COURRIER : Changement climatique et changement démographique au Sahel.
ZIMBABWE : L’ONU lance un appel à l’humanitaire.
FEMMES & GENRE : RD Congo : Les violences sexuelles se multiplient dans le Sud-Kivu.
DROITS HUMAINS : Afrique : Sus au commerce des être humains.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Afrique du Sud : Les immigrés rejetés dans les centres de soins.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Guinée : La junte quitte les négociations.
CORRUPTION : Mauritanie : 36 millions d’euros réclamés aux hommes d’affaires arrêtés.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le Gouverneur de la BCEAO écarte toute idée de dévaluation.
SANTE & VIH/SIDA : Global : Baisse global de 78% de la rougeole.
EDUCATION : Afrique : Un besoin de 2,3 millions d’enseignants d’ici à 2015.
LGBTI : Ouganda : Marche arrière sur la condamnation à mort des homosexuels.
ENVIRONNEMENT : Afrique : S’adapter aux changements climatiques ou périr.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : 9 journalistes sur 10 sont détenus sans aucune inculpation.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Un besoin de 160 milliards pour assister les défavorisés.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Le Brésil offre 470 bourses d’études.
Emploi : Greenpeace Afrique cherche un (e) chargé (e) de campagne.
Chroniques
Sénégal : Une radio pour défendre l’identité de la minorité seereer
Babacar Diouf
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/61049
Les Seereer constituent 17% de la population sénégalaise (1). Ainsi, ils forment le troisième groupe ethnique au niveau du pays derrière le Wolof et le Pulaar. Ils occupent les régions du centre et particulièrement le bassin arachidier qui, depuis la grande sécheresse des années 1970, constitue une zone de forte émigration avec Dakar la capitale comme principale destination. L’identité Seereer qui était harmonieusement organisée autour de valeurs éducatives, sociales, matérielles, morales et spirituelles stables et efficaces est aujourd’hui en péril en raison du mouvement de l’Histoire. Ces bouleversements ont même amené des scientifiques sénégalais à prédire la disparition du parler Seereer dans les grands centres urbains du Sénégal à l’horizon 2050. Car entre les recensements successifs, le nombre de locuteurs Seereer était décroissant.
Le groupe ethnique Seereer, au Sénégal, ne manque pas de frapper l’observateur par les diversités qu’il porte en son sein. Ces diversités constituent, l’une de ces richesses et il faut convenir qu’elles vont bien au-delà des subdivisions habituelles qui fractionnent les entités ethniques en sous groupes régionaux différenciés. Dans le cas présent, l’aspect qui retient le plus l’attention est médiatisée par des parlers multiples et l’absence d’une intercompréhension entres locuteurs de certains de ces parlers ; ce qui fait douter jusqu’à leur appartenance effective à la même entité ethnique. Le colloque scientifique de la troisième édition des Journées Culturelles Seereer organisé à Thiès en 2001 par Ndef Leng, une organisation qui travaille à la promotion de la culture sereer, a essayé d’apporter des réponses à travers une recherche objective à la question « Diversités et Unité Culturelles Seereer ? »
S’agissant de la régression du parler, il découle de plusieurs facteurs parmi lesquels l’islamisation qui se développe avec comme langue de propagation le Wolof qui est la langue de communication par essence des Sénégalais, la perte d’identité culturelle dans l’environnement urbain, les mariages mixtes car le métissage est une donnée constante et permanente dans nos communautés. Pour atténuer les effets négatifs de cette marche de l’Histoire et résoudre les problèmes des perturbations de l’action éducative, de la production et du renouvellement de la spiritualité les dirigeants du mouvement associatif Seereer ont crée une structure d’unification et de coordination de leurs activités : l’Union des Associations Culturelles Seereer « Ndef Leng » qui signifie l’union en Seereer.
(…) Dans le cadre du renforcement des capacités d’organisation, en techniques de production et de gestion des groupements socioprofessionnelles, l’ONG favorise l’émergence d’un tissu économique en mobilisant les ressources existantes et en renforçant le volet formation. Les différentes réalisations de Ndef Leng, dans une démarche partenariale, ont eu un impact communautaire certain. Aussi la perception qu’en ont les bénéficiaires directs, indirects, les autorités administratives et les collectivités locales est positive. Cet état de fait est illustré par le nombre croissant de demandes d’adhésion tant au niveau de l’Union que de l’ONG.
Pour appuyer la dynamique des cibles, élargir les initiatives endogènes et libérer les énergies créatrices, la radio communautaire Ndef Leng FM a été implantée. Elle permet de promouvoir la participation des communautés dans le processus de développement.
(…) Dans un contexte de crise mondiale où les médias publics et les médias privés commerciaux ont tendance à s’orienter vers des campagnes de communication élaborées à des fins politiques ou commerciales, au détriment de la stricte information, la radio de proximité, dite communautaire, peut et doit s’ériger en outil de développement et en vecteur de la citoyenneté active. Elle permet à la communauté de conquérir de nouveaux espaces d‘intervention dans les processus de décision politique au niveau local. L’information de proximité intéresse en effet les groupes vivant au-dessous du seuil de pauvreté, souvent marqués par l’analphabétisme et surtout la culture de l’oralité.
La définition du projet de radio associative ou communautaire part du besoin exprimé de réinventer la participation des populations dans la gestion de la radio comme un bien communautaire et de production de contenus. Il s’agit de libérer la parole et d’œuvrer pour une culture radiophonique où chacun se reconnaît pour ainsi mieux s’exprimer. A travers des langues de diffusion et la nature des contenus traités, la radio communautaire lutte contre les inégalités d’accès à l’information. Elle facilite ainsi l’expression citoyenne des populations qu’on entendait peu, voire pas du tout, et qui peuvent désormais acquérir une nouvelle conscience de leurs droits et de leurs responsabilités.
La radio communautaire est d’abord une propriété collective à but non lucratif qui répond à des besoins d’information mais aussi de culture, d’éducation, de loisirs et de divertissement permettant de stimuler une dynamique interne de développement. Au-delà du traitement de l’information locale, elle permet de développer les conditions de la bonne Gouvernance notamment un de ses fondements, à savoir la participation.
Les radios communautaires suscitent aujourd’hui beaucoup d’intérêt au niveau des populations et elles peuvent diffuser régulièrement des programmes dans des zones éloignées dans l’arrière pays et dans toutes les langues locales contrairement aux médias privés commerciaux qui assurent leurs productions dans la langue officielle et dans une langue locale dominante au niveau des zones urbaines, le wolof. Média de proximité par essence, les radios communautaires ou associatives assurent, incontestablement donc, une mission de service public. Mais la réussite de cette mission est entravée car, les radios communautaires qui en sont les vecteurs tardent encore à être valorisée au Sénégal.
Là où la radio communautaire ou associative n’existe pas, on remarque qu’il y a une simple transmission d’informations par les radios classiques (publiques et privées commerciales) sans qu’elles se soucient in fine de l’action ou des effets de la masse d’informations transmises sur les populations. Par ailleurs, l’accent est mis sur le divers et le sensationnel, au détriment d’une information à caractère éducatif, porteuse de germes d’un changement qualitatif dans les comportements. Tout cela se traduit par l’absence d’une communication participative qui n’incite pas les populations à s’exprimer, à bien appréhender les problèmes de leur communauté et à participer activement à la recherche de solutions. Il faut noter, enfin, que la très large utilisation du français, que plus de 70% de la population ne comprend pas, fait que l’essentiel de la cible ne reçoit pas l’information.
Le lancement de la radio Ndef Leng FM
Dans le domaine de la communication, la radio implantée offre des alternatives à la population qui obtenait difficilement des informations en raison de son faible niveau d’instruction, de son statut social et surtout de sa mobilité. (…) Ndef Leng FM peut se concevoir comme l’appropriation d’un espace de dialogue par les communautés organisées à travers un groupe, une association ou un groupe d’associations. Les émissions produites prennent en charge les préoccupations de toutes les composantes de la communauté qui, à son tour, supporte la radio à travers ses différentes contributions. Ainsi, la radio se présente comme la voix de la communauté.
Il en découle donc que cette nouvelle façon de faire de la radio, dans ses objectifs principaux, rencontre les aspirations de la communauté de base en terme de développement local ou d’auto promotion dans le domaine agricole, pastoral, sanitaire, éducatif, social, économique, culturel, etc.
Ndef Leng FM œuvre pour l’enracinement de la démocratie locale, l’appropriation des principes de la bonne gouvernance, l’autonomisation de groupes vulnérables ou marginalisés et assurent la promotion des langues locales comme outil d’émancipation et de développement endogène. Elles peuvent ainsi être perçues comme des instruments de renforcement de la participation des populations dans la gestion de leurs cités. Par leur proximité et leur accessibilité, elles permettent l’instauration et la promotion de la culture de la participation des communautés dans l’élaboration et la gestion des politiques de développement de leur terroir, faisant d’elles de véritables actrices du développement local.
Son ancrage communautaire, constitue un cadre idéal d’un apprentissage collectif, d’une mise en responsabilité de tous les acteurs, d’une gestion transparente du patrimoine matériel et immatériel de la communauté et de résolution des problèmes concrets identifiés par la communauté dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, la gestion de biens communautaires et l’intégration des composantes marginalisées.
Les attentes des différentes composantes de la communauté
Dans le processus de mise en place de la radio, pour rappel, le focus group avaient permis aux populations d’exprimer leur vision de la radio dans les termes suivants, pour la formulation de leurs attentes :
Pour les femmes employées de maisons
- les sensibiliser sur l’éducation pour la santé et le bien-être familial (planification familiales, MST, réhydratation par voie orale, Programme Elargi de Vaccination, hygiène…)
- Les sensibiliser sur l’éducation des filles, la scolarisation, l’alphabétisation et l’économie familiale
- Les sensibiliser sur les dangers de la capitale
- Ecouter le folklore, redécouvrir et valoriser la culture Seereer
- Informer sur les droits des femmes de ménage et les recours possibles
Pour les jeunes
- Mieux connaître la langue Seereer,
- Mieux connaître l’histoire des Seereer et leur culture
- Promouvoir les bons comportements et informer sur la vie en ville différente de celle du village
Pour les cadres
- Meilleurs encadrement des Seereer à Dakar
- Vulgarisation de la culture, de l’histoire et de la tradition
- Débat sur les questions de l’heure, informations sur l’actualité et nouvelles du monde Seereer
- Ouvertures aux autres ethnies
- Promouvoir le cousinage entre Seereer et entres ethnies du Sénégal
- Diffusion de conférences sur des thèmes de développement.
La contribution de la radio dans la communauté
Pour mesurer la contribution de la radio dans la communauté nous pouvons analyser les réponses qu’elle a pu apporter à des besoins à satisfaire comme le dialogue entre les différents acteurs, la concertation, les échanges d’informations, la mise en synergie des acteurs, le suivi participatif des programmes de lutte contre la pauvreté au niveau de la base, la coordination des actions de développement dans les zones touchées par le projet.
Dans le domaine de la gouvernance locale
Considérant toutes les attentes des différentes composantes de la communauté, la production de la radio en langue nationale a permis l’amélioration de la situation de la participation des auditeurs à la décentralisation et à la gouvernance locale par une connaissance :
- des textes de la décentralisation,
- des textes législatifs,
- de la loi sur le domaine national,
- du budget participatif
- et des techniques de planification locale.
Les magazines d’informations thématiques contribuent à coup sûr au renforcement du niveau d’information et de participation des acteurs locaux ciblés par rapport à la mise en œuvre des politiques publiques de développement initiées par l’Etat au profit des populations à la base. La radio a beaucoup renforcée la dynamique de concertation et de dialogue des acteurs du développement local et elle est devenue progressivement un cadre de concertation qui assure la coordination d’actions de développement dans les communautés émigrantes de Dakar.
Dans le domaine de l’économie
Ndef Leng FM a développé un programme de micro finance par le renforcement de l’intermédiation financière à Dakar grâce à la mise en place d’un Groupement d’Epargne et de Crédit (GEC) initié par les « Fan’s clubs d’auditeurs » de la radio. Le micro crédit peut contribuer à l’autonomisation des femmes et à une meilleure égalité entre les genres car la crise du logement à Dakar de manière générale, combinée à la faiblesse des revenus est à l’origine des conditions d’habitat et d’hygiène déplorables dans lesquelles vit une partie de la communauté plus particulièrement les femmes : chambres surpeuplées, maisons en construction, hangars et autres abris de fortune. En outre, Certaines de leurs activités sont exercées en pleine rue.
Les femmes constituent la cible privilégiée de la micro finance car elles sont plus touchées par la pauvreté, cependant elles respectent mieux leur engagement en matière de remboursement de crédit et en général, les crédits contractés par les femmes sont destinés à augmenter le bien être familial (alimentation, santé, habitat et éducation). C’est dans cet esprit que le GEC Mbog Fop, qui signifie en Seereer « Mutualiser » a vu le jour sous l’initiative du mouvement des auditeurs constitué autour de la radio Ndef Leng FM. L’esprit qui sous tend la création du GEC, c’est la promotion de la radio à travers l’épanouissement des communautés cibles par le développement de la solidarité et l’entraide.
La mission principale du GEC dont la gestion est confiée aux femmes, est de promouvoir l’épargne et le crédit à travers les activités génératrices de revenus menées par les membres. Le GEC vise ainsi à collecter et à promouvoir l’épargne, à octroyer des crédits aux membres, promouvoir la solidarité et la coopération entre les membres, à promouvoir l’éducation économique et sociale et développer un esprit mutualiste.
Dans le domaine de la santé
Ndef Leng FM produit beaucoup d’émissions sur la composante sensibilisation sur les MST/ Sida et sur la composante dépistage volontaire. A travers ces programmes secondaires de sensibilisation la radio organisent des formations pour le renforcement de capacités de responsables d’Associations membres de l’ONG pour disposer de groupes de formateurs relais. Pour développer une communication de masse et une information en direction des femmes et des jeunes migrants Seereer du secteur informel la radio propose, au-delà des productions de studios, des émissions publiques décentralisées et de grands fora.
Aujourd’hui cette cible représente une proportion importante de notre population. Un grand nombre d’entre elle ignore l’infection au VIH/SIDA et a ainsi besoin d’être sensibilisé afin de pouvoir se protéger et protéger les autres. Cette contribution est d’une importance capitale pour l’aboutissement des initiatives visant à combattre l’exclusion et surtout à donner à cette cible les moyens de s’informer et d’échanger sur le VIH/SIDA. L’action de Ndef Leng, à travers ces campagnes de sensibilisation, vise sur le plan qualitatif à informer et à communiquer avec les jeunes et les femmes migrants Seereer qui pourront désormais s’engager au niveau de leur responsabilité individuelle pour se protéger et protéger les autres. Cet engagement pouvant même les amener à accepter le dépistage volontaire, anonyme et gratuit lancé par le gouvernement sénégalais.
L’ONG Ndef Leng avec la radio réussira avec un peu de détermination et d’efficacité à informer et à sensibiliser cette population migrante et cette population rurale à comprendre qu’elle peut se protéger et protéger d’autres personnes sur l’infection au VIH/SIDA. La radio organise aussi d’autres campagnes comme la sensibilisation sur le paludisme et l’utilisation et la distribution de moustiquaires imprégnées.
Au total la radio permet aux jeunes, aux femmes ayant migré vers les centres urbains, travaillant au niveau des métiers peu rémunérateurs et sans perspectives d’avenir, d’utiliser de manière adéquate, les informations qu’elles reçoivent en matière de santé communautaire ainsi que les techniques qui leur permettront de prendre des décisions nécessaires à leur propre protection et à celle de toute leur communauté contre l’infection du SIDA.
Dans le domaine de la Culture
(…) Avec l’avènement de la radio communautaire, beaucoup de jeunes talents et d’artistes qui revendiquent désormais leur identité, produisent de la musique traditionnelle ou moderne alors qu’ils évoluaient en marge des maisons de production. Avec la radio ils ont trouvé un espace d’expression et de promotion. Cette volonté de vivre pleinement notre culture, dans une période très marquée par la globalisation, a été déterminante dans la contribution de l’Union des Associations Culturelles Seereer « Ndef Leng » et elle invite à rester dans le sillage des interrogations sur la manière dont la culture Seereer pourra féconder une économie moderne et faire de l’homme Seereer un agent dynamique de progrès économique et social, dans le cadre d’une société sénégalaise harmonieuse et insérée dans la modernité
Le leadership communautaire
De par ces différentes activités le leadership de Ndef Leng a fini de s’installer au niveau national et Ndef Leng représente aujourd’hui la communauté dans toute sa diversité culturelle et linguistique Seereer. Généralement considérée comme « l’ethnie carrefour », le Seereer est culturellement et historiquement liés à toutes les autres ethnies du Sénégal.
Ndef Leng FM n’est nullement une radio ethnique. Elle est largement ouverte aux autres communautés linguistiques du pays à qui la station a accordé des tranches d’émission dans le cadre bien compris de la convivialité entre ethnies. Ainsi, par le biais de la plaisanterie, le sérère entretient des relations de cousinage avec les Diolas et les Pulaar. Un thème unificateur tel que « la parenté plaisante » est largement exploité dans le contenu de ses programmes.
Cette parenté plaisante a permis à Ndef Leng de participer efficacement au processus de recherche de la paix en Casamance, car l’Abbé Diamacoune Senghor, le leader du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) qui à engagé une rébellion depuis décembre 1982 dans la région Sud du Sénégal, consacrait aussi un ancrage affirmé dans nos valeurs les plus sacrées qui l’amenait à demander l’intégration officielle de ses cousins Seereer dans le processus de négociation de la paix en Casamance.
Les principaux défis de développement de la radio
Malgré tous les efforts déployés et les résultats probants engrangés des problèmes à résoudre demeurent encore et c’est pourquoi les objectifs de la station restent encore de :
- développer, dans les milieux Seereer, le sentiment d’appartenance à la collectivité nationale,
- vulgariser les objectifs de développement et les contenus techniques y afférents,
- développer une formation de base à caractère utilitaire ou novatrice,
- organiser le dialogue entre les populations et les pouvoirs,
- valoriser les patrimoines, comportements et savoir locaux,
- permettre l’expression de l’ensemble des composantes de la population,
- appuyer et accompagner les initiatives et activités de développement socio économique au niveau local et régional en mettant cet outil de communication à la disposition de toutes les organisations oeuvrant en faveur du développement,
- valoriser le savoir traditionnel et le patrimoine culturel des communautés concernées
- promouvoir l’utilisation de la langue Seereer dans le processus de développement local et régional,
- susciter la participation des populations locales à la gestion de la radio, à son fonctionnement, à son financement et à son développement,
- informer, animer et de divertir par la réalisation de programmes adaptés,
- susciter un dialogue fécond entre les collectivités décentralisées et les populations.
Conclusion
L’ONG Ndef Leng, porteuse du projet de radio communautaire, après une longue expérience d’encadrement des populations et la mise en œuvre de plusieurs projets de développement, a entrepris de disposer d’une station pour mieux informer l’importante communauté Seereer des régions de Dakar, Fatick, Kaolack Diourbel et Thiès. Le projet de radio communautaire est alors un acte de foi, un moment de communion entre les différentes composantes de la communauté mais aussi avec l’ensemble des autres groupes ethno culturels pour le renforcement de la cohésion nationale.
La radio Ndef Leng est un moyen de divertissement, de promotion du patrimoine matériel et du patrimoine immatériel du terroir, un lieu d’échanges et de partages entre les différents acteurs mais aussi un moment de réflexion dans le cadre des débats pour la promotion d’un développement harmonieux. Son principal objectif est de promouvoir la langue et la culture Seereer en s’appuyant sur une conscience identitaire positive qui permet à l’homme de mieux connaître sa propre culture pour accepter l’autre avec toutes ses spécificités et ses différences culturelles. La radio Ndef Leng a aussi pour objectif la promotion de la force des convergences culturelles du Sénégal.
Près d’une décennie de fonctionnement de la radio, exécutée par l’ONG Ndef Leng avec une démarche partenariale, dans une approche participative, ont eu un impact communautaire certain. Média de proximité par essence, Ndef Leng FM assure une mission de service public, car le projet offre ainsi une opportunité d’approfondir des contacts avec les deux composantes de la communauté répartie en un groupe rural resté au village et un autre groupe de migrants que nous retrouvons dans les zones périurbaines de la capitale.
L’initiative, portée par NDEF LENG, est sous-tendue par la volonté de conservation de notre patrimoine culturel traditionnel et progressivement elle a évolué vers une conception de la culture comme une condition et un moyen de développement politique, économique et social. Secteur devenu très dynamique au Sénégal, la culture occupe une grande partie de la population active. Aujourd’hui le commerce et les activités artistiques constituent les deux mamelles de l’économie populaire sénégalaise encore appelée secteur informel.
Comment alors, conserver notre patrimoine culturel traditionnel, encadrer les acteurs et les opérateurs culturels Seereer pour une production de qualité, apte à structurer l’immense potentiel économique de la culture Seereer, riche de son unité au-delà de sa diversité puisqu’une même langue, comme en francophonie, n’unit pas les différentes composantes géographiquement éparpillées et linguistiquement différenciées que sont les Kaamè, Noon, Ndut, Saafen, Lekhar et Paloor ?
NOTE
(1) Source Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie recensement de 1988
* Babacar Diouf est consultant, Directeur de la radio Ndef Leng FM, ancien Conseiller de la République pour les Affaires Economiques et Sociales
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
L’Afrique dans la renaissance africaine
Abdoulaye Niang
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/61050
La renaissance européenne constitue un moment déterminant de l’histoire de l’Europe, car marquant le passage irréversible d’un moyen âge dominé par l’obscurantisme, l’immobilisme, l’absence de recherche scientifique et de progrès, vers un autre monde plus fondé sur la raison, l’instrumentation et la mathématisation qui permettent de mesurer le monde, de le connaître objectivement et de construire sur cette base le progrès.
Mais ce passage n’a été possible que grâce à l’existence d’un contexte sociopolitique particulier qui a favorisé l’émergence dans le milieu des intellectuels, de nouveaux hommes dont le rapport à la matière s’inscrivait dans un registre nouveau, en rupture totale avec les paradigmes et les pratiques d’alors, car accordant la primauté à la raison et à la réflexion scientifique, à l’instrumentation et à mathématisation à des fins de précision dans la connaissance du monde, au raffinement et au bel art, à l’action transformatrice et constructive, à la puissance et au prestige qui en dégage pour leur peuple.
Une révolution mentale et culturelle sans précédent, quant à l’impact qu’elle allait avoir sur l’humanité et sa marche vers le progrès, venait de se réaliser. C’est au cours de cette période qui a vu se déclencher à l’échelle de l’Europe un vaste mouvement de libération intellectuelle et esthétique, ainsi que des initiatives entrepreneuriales de grande envergure, que des innovations techniques et technologiques favorables au progrès de la société ont commencé à se développer dans différents domaines : architecture, filature, minoterie, transport automobile, mécanique complexe, optique, artillerie pyrotechnique, balistique.
D’autres hommes de science s’investiront dans d’autres domaines comme la chimie, la médecine, l’astrologie, les mathématiques, la terminologie, la méthode, etc., où ils vont révolutionner les connaissances, les approches ou encore les techniques qui y sont utilisées. C’est bien durant cette époque de grande effervescence intellectuelle, scientifique, etc. que des hommes comme Léonard de Vinci (architecte, ingénieur, fondateur de l’anatomie humaine, etc.), Nicolas Copernic (fondateur de l’astronomie moderne), Galilée (inventeur du télescope, découvreur de la voie lactée, etc.), Denis Papin (inventeur de la machine à vapeur), ou encore Rabelais, Ronsard, etc., ont fondé leur réputation d’homme de science ou d’hommes de lettres.
Mais cette révolution intellectuelle s’accompagnera aussi un peu partout, en Occident, d’une multiplication des ouvrages scientifiques portant sur des domaines de plus en plus diversifiés et ouverts à la concurrence et à la compétition des idées des hommes de science, donnant ainsi lieu à une véritable libération de l’écriture scientifique, tant l’envie de découvrir et de partager avec d’autres ses découvertes est grande. Petit à petit, les bases d’un nouveau patrimoine scientifique, technologique, etc., mondial se constituaient, pour permettre de fonder plus tard deux autres grandes révolutions qui auront des effets décisifs sur la suprématie occidentale : il s’agit de la révolution militaire (capacité de répandre la guerre) et de la révolution industrielle (développement de l’infrastructure économique, accompagnée d’une rationalisation de l’organisation et de la discipline).
C’est cet élan général de progrès qui, à partir du milieu du 18e siècle, permettra aussi à l’Occident de produire les plus grands savants du monde : Louis pasteur, découvreur de l’antisepsie et du principe des vaccins, Pierre et Marie Curie découvreur de la radio activité, Albert Einstein découvreur du principe de la relativité, etc., dont l’apport au patrimoine scientifique et au bien être de l’humanité est colossal.
La renaissance, c’est donc aussi incontestablement la pose des bases de ce mariage fécond entre la pensée et l’action qui recherche le progrès, sous l’éclairage de la raison et de la science. Avec la renaissance, la parole, la pensée n’ont de valeur que quand elles s’incarnent dans des actions concrètes productrices de résultats tangibles et susceptibles d’avoir une grande utilité réelle et ou symbolique pour le progrès. Et c’est grâce à ce lien systématiquement recherché entre la pensée, d’un coté, et les résultats de l’action que celle-ci peut engendrer de l’autre, lien qui se donnera à voir surtout dans l’effort de conceptualisation, d’organisation rationnelle pour atteindre le maximum d’efficacité dans cette relation, et donc dans l’action, que l’Europe a pu construire progressivement sa puissance militaire, fonder sa révolution industrielle et s’imposer au reste du monde qu’elle domine.
En effet, entre le XVe et le XXe siècle, l’Europe avait conquis et soumis grâce à sa nouvelle puissance acquise par sa science, sa technologie, son organisation, son industrie, etc., l’Amérique, l’Asie, l’Afrique, le Moyen Orient. Et au début du XXe siècle, prés de 90% de la surface du globe était sous l’influence directe ou indirecte de l’Occident, lequel était devenu le maître incontesté du monde. Maître du monde non pas par ses idées, ses valeurs ou sa religion comme on peut être tenté de le penser, mais maître du monde tout simplement par sa supériorité scientifique et technologique, convertie en supériorité militaire, économique et organisationnelle.
Retard de l’Afrique et impératif de sa renaissance
En Afrique, après des mouvements sociaux de remises en cause de l’hégémonie occidentale conduits par les peuples alors soumis pour retrouver leur indépendance, c‘est aujourd’hui le tour des fils et petits fils de ces peuples de poser les bases définitives, sur les plans scientifique, technique, technologique, organisationnel, économique, social, éthique, etc. , qui permettront de hisser leur pays au rang des pays développés ou à tout le moins émergents, et dans les délais les plus courts. Cet impératif interpelle tout le monde, dirigeants comme simples citoyens qui, chacun au niveau où il se trouve, doit jouer pleinement et de la manière la plus responsable, la plus positive et efficace possible son rôle dans la fondation de ces bases premières sans lesquelles, comme le dit A .Wade, l’Afrique restera encore comme « aujourd’hui la dernière dans le peloton des continents » (1), nonobstant l’abondance de ses ressources naturelles.
Mais cette arriération du continent africain, qui en fait prend ses origines depuis le VIe siècle avant J C, quand l’Egypte qui jusque là dominait le monde perdit la face devant les Perses, et tomba ensuite sous la domination romaine, parce que considérablement affaiblie par ses guerres intestines, n’avait jamais plus cessé de progresser : la traite négrière, le colonialisme, le sous développement ne sont que les conséquences patentes de cette régression, à laquelle il importe aujourd’hui de mettre fin, ainsi que ce que Cheikh Anta Diop appelle l’ « imagerie du Noir dans la littérature occidentale » (2) , et évidemment aussi toutes les autres niaiseries sur l’homme noir , que cette situation de régression autorise chez les Occidentaux. Chaque peuple gagne son respect auprès des autres peuples du monde par ses propres œuvres qui résultent de ses ambitions, de son ingéniosité, de son génie, etc.
Les œuvres de Cheikh Anta Diop, qui décrivent et analysent dans une intelligence féconde la grandeur et la décadence de l’Egypte ancienne, indiquent deux directions de pensée et d’action qui sont d’une importance capitale pour la construction d’une Afrique émergente, développée : elles permettent d’asseoir la conviction chez les Africains qu’ils ont eu une identité historique prestigieuse, ce qui peut être une source réelle de motivation, pour eux, d’aller de l’avant, dans un monde où les peuples continuent à être classés selon la grandeur supposée des actes qu’ils posent dans l’histoire ; elles indiquent également, vu le grand intérêt accordé par Cheikh Anta Diop à la science à la laquelle, d’ailleurs, il a consacré toute sa vie, et le rôle primordial que la stabilité politique et le développement de la science ont joué dans la grandeur et le rayonnement de l’Egypte ancienne, quand celle-ci était une puissance mondiale respectée, que la course de l’Afrique vers son développement, vers le progrès auquel ses peuples aspirent tant, doit être essentiellement aujourd’hui une course de l’Afrique vers une démocratie consensuelle, source de stabilité politique, et vers la science, et subséquemment la maitrise technique et technologique.
Car, aujourd’hui, le seul point commun irréfutable entre tous les pays dits développés et/ou émergeants du monde demeure, sans conteste, non pas la ressemblance de leurs régimes politiques qui peuvent être fort différents, mais plutôt leur stabilité politique, un entreprenariat étatique ou privé performant et leur haut degré de maîtrise de la science et de la technologie dans divers domaines, dont ils tirent des applications pratiques judicieuses pour construire dans la paix sociale, le progrès social, économique, etc.
Cette capacité de maîtrise scientifique, technologique, politique, etc., que l’Afrique actuelle doit acquérir afin d’être en mesure de conduire son devenir vers le progrès, l’Afrique doit aller la chercher partout où il en est besoin, car comme le suggère Cheikh Anta Diop, si : «Aucune pensée, aucune idéologie n’est par essence étrangère à l’Afrique, qui fut la terre de leur enfantement… C’est donc en toute liberté que les africains doivent puiser dans l’héritage intellectuel commun de l’humanité, en ne se laissant guider que par les notions d’utilité, d’efficience » (3) .
Ces propos qui sont de Cheikh Anta Diop suggèrent que la quête par les Africains du progrès et du développement de l’Afrique doit aussi passer par la quête des Africains de la maîtrise de la science, de la technologie et de tous les connaissances et savoirs d’où qu’ils viennent, pourvu qu’ils puissent aider à accélérer le processus de développement de l’Afrique. L‘Europe doit sa suprématie actuelle à son ouverture au reste du monde entre le XIe et le XIVe siècle où sa culture a commencé à se développer véritablement grâce aux emprunts faits à la culture musulmane et byzantine et à leur adaptation intelligente au contexte et aux besoins occidentaux.
L’éveil de l’Afrique à la science, à la technologie et à tout autre système de savoir ou de connaissance susceptible d’être pour elle un atout pour la construction de son progrès, et son engagement à en faire méthodiquement, systématiquement et avec responsabilité les principaux outils du développement au quel aspirent tant ses peuples, constituent ensemble une des conditions fondamentales de la révolution culturelle africaine, de la renaissance africaine. Renaissance dont l’esprit a été bien campé par J. Ki- Zerbo, en ces termes : « Nous devons, nous-mêmes, essayer d’inventer nos modèles, nos concepts et nos stratégies d’attaque… Il nous faut faire confiance en nous face aux confiscations qui nous menacent et risquent de compromettre nos efforts » (4). La bataille de l’Afrique pour la renaissance africaine doit donc être aussi, par delà la bataille que l’Afrique doit livrer pour conquérir la maîtrise de toutes les connaissances et de tous les savoirs, la bataille de l’Afrique contre sa propre frilosité qui la paralyse, son manque de confiance en ses propres capacités qui inhibe sa volonté, émousse sa combativité, etc. La renaissance africaine doit donc aussi être capable de créer cette ambiance mentale faite de fierté, de confiance en soi et d’esprit d’audace, sans laquelle la raison et l’ambition se heurteront très vite, quand elles veulent s’exprimer, à des limites subjectives, qui les enchaîneront et qui seront les premiers obstacles de la liberté de pensée, de l’innovation, de toute prise d’initiative.
Ces limites qui sont liées le plus souvent à une profonde intériorisation par l’africain de son infériorité supposée, généralement inculquée, ont été les plus marquantes à l’époque coloniale, où les propos qui suivent étaient couramment tenus dans les cercles coloniaux et inspiraient toute l’idéologie coloniale ambiante : «Les Nègres sont des primitifs… L’africain n’a pas de langue mais tout au plus des idiomes ou des dialectes ; pas d’histoire mais à la rigueur des chronologies ; pas d’art mais seulement un folklore… Il n’est pas capable de science ou de philosophie, son seul savoir étant magique ou empirique ; ni de morale puisqu’il obéit, singulièrement à celle du sexe.» (5)
Cette conscience inculquée de son infériorité, renforcée par les symboles de la puissance occidentale qui s’imposaient à lui à tout moment, avaient fini à amener l’Africain, fasciné par tous les symboles de puissance de l’Occident, à renoncer même à pouvoir égaler l’homme occidental dans ses œuvres. Et Franz Fanon, qui a bien compris ce mécanisme d’infériorisation, de dire : « Aux colonies l’infrastructure économique est également superstructure. La cause est conséquence… » (6) : les œuvres du colonisateur et toute la puissance qu’elles symbolisaient, fonctionnaient comme une idéologie de domination qui faisait douter l’Africain sur ses propres capacités.
C’est alors vraisemblablement que commença, chez les Africains, à quelques exceptions près, le début d’un mimétisme ou d’un suivisme infantilisants et dégradants dans le domaine de la production de la pensée et de l’action. Ce qui est un recul fort regrettable pour l’Afrique, si l’on sait, comme l’a souligné avec force Cheikh Anta Diop : « La plupart des idées que nous baptisons étrangères (aujourd’hui) ne sont souvent que les images brouillées, renversées, modifiées, perfectionnées des créations de nos ancêtres» (7) .
Si l’Afrique des antiquités a donc occupé pendant des milliers d’années, à une époque donnée, le leadership de la créativité intellectuelle, scientifique et technologique mondiale dans tous les domaines, alors l’esprit de la renaissance africaine nous invite à renouer, pas à pas, mais avec la conviction ferme que nous pouvons y arriver, avec cette tradition séculaire de créativité perdue qui caractérisait la civilisation égypto-nubienne africaine ; civilisation qui avait étendu son influence sur toute l’Afrique et qui aura, comme le dit encore Cheikh Anta Diop : « joué le même rôle vis-à-vis de la culture africaine (entière) que l’Antiquité gréco-latine à l’égard de la civilisation occidentale»(8) , dont, il faut le dire, les bases les plus sûres de son progrès ne seront posées qu’à partir de la renaissance européenne, qui fut à la fois un retour fécondant vers un passé gréco-latin plein d’enseignements et une ouverture fructueuse aux apports d’autres peuples ; retour et apports des autres qui auront permis de créer les conditions d’un nouveau départ vers le progrès, après des siècles d’obscurantisme moyenâgeux.
L’Afrique doit effectivement renaître, mais en renaissant l’Afrique doit impérativement se dépasser, en tirant du passé des leçons judicieuses et en se projetant dans un avenir de plus de lumière, qu’elle devra construire en s’ouvrant avec intelligence aux apports des autres civilisations, et surtout en élaborant sur la base de cette ouverture un projet cohérent de progrès pour elle-même à réaliser ; ce qui implique forcement qu’elle ait pu acquérir en amont, comme le dit encore Cheikh Anta Diop, « une nouvelle conscience de ses valeur et … définir sa mission culturelle (nouvelle)… d’une façon objective » (9) .
Il n’y a de renaissance véritablement pour l’Afrique que dans l’existence d’un élan collectif durable résolument orienté vers la quête du progrès et fortement motivé par la conscience des peuples de devoir renforcer leurs forces et conquérir une place nouvelle sur la scène mondiale, et coûte que coûte. L’esprit de la renaissance, c’est donc aussi incontestablement un esprit de combat et un volontarisme affichés, en cohérence avec une vision, un projet, déjà définis qui portent et apportent un grand changement sociétal.
Changement qui ne pourra s’opérer effectivement que si les peuples africains savent, comme le pense Abdoulaye Wade, à juste titre, « regarder en face ces phénomènes (les défis du sous développement) …leur faire front… (et) engager (leurs) potentialités spirituelles dans la bataille pour le redressement et le développement» (10) .
La renaissance africaine, c’est donc aussi incontestablement un nouvel état d’esprit africain, un nouveau rapport mental des Africains aux causes réelles du sous développement, au devenir de l’Afrique, qui exclut toute attitude tissée dans le fatalisme, le pessimisme, le manque de confiance en soi. Et c’est ici où la problématique de la renaissance africaine touche la problématique de la citoyenneté même en Afrique, et, par delà, de la culture (qui constitue une dimension importante de la citoyenneté) en tant que système de valeurs, de normes, de conduites, d’actions orientées, etc., susceptibles de favoriser ou non le changement, le progrès.
Esprit et culture de la renaissance africaine
La formation d’une culture de la renaissance africaine, capable de porter et de vivifier l’esprit de la renaissance, et de faire traduire celui-ci en des comportements conséquents de tous les jours, chez tout citoyen africain, devient une nécessité absolue, à l’échelle de toute l’Afrique. Et c’est ici où la formation d’une culture de la renaissance africaine rencontre la politique, et doit se traduire dans une politique culturelle de la renaissance, qui transparaîtrait dans toutes les politiques gouvernementales sectorielles de tout pays africain, car si, pour paraphraser Léopold S. Senghor, la « culture est au début et la fin de tout », elle doit alors en conséquence être omniprésente dans ce qui constitue l’essentialité de son esprit dans tous les domaines de la vie, aussi longtemps que les peuples y adhèrent, et sous réserve qu’elle soit au service du progrès : culture de la confiance en soi qui favorise l’engagement et la détermination ; culture de la discipline et du travail qui constitue la base première de tout progrès durable ; culture de la transparence et de la bonne gouvernance, sans laquelle l’Afrique perd sa crédibilité sur la scène internationale et fera peiner pendant longtemps ses peuples avant d’arriver au développement ; culture de la croyance en la science et de l’esprit scientifique, sans laquelle l’Afrique ne comblera jamais le gap scientifique et technologique qui la sépare de l’Occident et des pays émergents (lesquels sont dans le peloton de tête des pays les plus respectés) ; culture de la créativité et de l’entrepreneuriat qui est susceptible de libérer les imaginations innovatrices et créatrices, de mobiliser les initiatives constructives et d’accélérer la course de l’Afrique vers le progrès, etc.
Toutes ces dimensions de la culture de la renaissance africaine doivent être reprises et reformulées dans des orientations stratégiques, dans le programme d’action politique de l’Union africaine, afin qu’elles deviennent des orientations d’espérance et d’aspiration des peuples africains. Mais cette culture de la renaissance, qui est la culture du progrès, du travail, de la discipline, de l’espérance, etc., qui la crée ? Les peuples peuvent contribuer à sa création, tout comme leurs dirigeants, car toute culture est de sources diverses dans la formation de ses éléments constitutifs. En particulier, si les peuples peuvent être en avance sur leurs dirigeants, surtout du point de vue de la réclamation et de la conquête de droits humains fondamentaux, de l’exigence de la transparence et de la bonne gouvernance dans la gestion des affaires de l’Etat, ou encore de l’inventivité de solutions pratiques par rapport à des problèmes récurrents liés à leur vie, etc., par contre, c’est le plus souvent les dirigeants qui se révèlent être, par leurs pensées anticipatrices et prospectives, leurs visions futuristes et mobilisatrices, leurs grandes ambitions pour leur peuple, leurs réalisations qui peuvent défier le temps, etc., en avance sur leur peuple pour toutes les grandes œuvres d’intérêt historique et ou universel.
Les peuples sont plus souvent dans le présent que dans l’avenir, tandis que les dirigeants sont par contre plus souvent dans le futur que dans le présent. Ce hiatus qui peut être source de tensions, voire de conflits entre les peuples et leurs dirigeants, peut être levé dans l’intérêt du progrès des peuples et du développement de leur pays, si les peuples et leurs dirigeants partagent la même logique idéologique quant à leur vision sur l’histoire et sont en situation de synergie d’actions de façon durale, ou encore quand il y a une confusion en un moment donné entre la demande sur le présent incarnée par les peuples et celle sur le futur incarné par les dirigeants, ce qui permet de combiner dans une même réalisation utilité et grandeur, ou quand tout simplement les dirigeants ont su, fort des pouvoirs légaux dont ils disposent dans l’appareil d’Etat, ce qui donne à leurs actions une certaine légitimité institutionnelle, faire arrêter des décisions ambitieuses sur l’histoire.
Quel que soit le schéma retenu, ce que « l’imaginaire de l’histoire » retiendra et magnifiera toujours véritablement à travers les œuvres réalisées, c’est la grandeur et la brillance culturelle ou civilisationnelle du peuple témoin de leurs réalisations, et sans les sacrifices, l’ingéniosité et le courage desquels rien d’aussi grand n’aurait pu être possible. La tour Eiffel de Paris, les pyramides d’Egypte, les Grandes Murailles de Chine, la statue de la Liberté de New York, ou encore le Tunnel sous la Manche, le Canal de Suez, etc., qui font la fierté des peuples de maintenant des pays concernés et émerveillent une multitude de peuples du monde ne font-ils pas oublier par leur poids culturel, social, économique, etc., actuel, et toute la symbolique nouvelle qui en résulte, tous les polémiques, controverses soulevés, ou préjudices causés supposément au moment de leur construction ?
Les grandes œuvres parlent et entretiennent toujours un dialogue symbolique avec les peuples témoins de leur construction, ainsi qu’avec les peuples à venir. Ce dialogue, qui est évolutif, peut changer de teneur ; mais mieux encore, les œuvres, grâce à la valeur symbolique dont elles sont chargées, peuvent être « culturellement actives » et influencer de façon durable le psychisme et la conscience des peuples dans des directions parfois inattendues.
Ainsi, il faut le dire, même si c’est la culture (combinée à d’autres facteurs) qui produit le ou les profils d’hommes dominants d’un peuple, en retour celui-ci peut, par l’entremise de certains de ses représentants, être créateur de valeurs, symboles, etc., nouveaux (incarnées dans des œuvres nouvelles) qui peuvent être à la source d’une culture émergente, nouvelle, et en conséquence d’un type d’homme nouveau, dont ils vont inspirer l’action, guider la conduite. La culture crée l’homme certes, mais c’est l’homme producteur de valeurs et de symboles nouveaux qui fait évoluer la culture, pour la rendre apte à porter un nouveau type d’homme. (…)
Quand un peuple se refuse de voir et de comprendre les symboles de son espérance et de se laisser aspirer et inspirer par ceux-ci, pour être en mesure de penser et de construire ce à quoi renvoie cette espérance, alors ce peuple ne peut prétendre être un peuple de l’avenir ; il est exclu du cercle des peuples qui comptent, ou qui peuvent compter, parce que justement tout simplement ils savent se projeter dans l’avenir et se réaliser dans leur projection, quoi que cela puisse leur en coûter, car ils font vraiment corps avec leur espérance, leur rêve. Et ce rêve africain, qui doit intégrer toutes les cultures nationales, doit transcender toute considération de politique partisane: le rêve d’une Afrique de la renaissance africaine doit être pour l’africain, en force de croyance, ce qu’est le rêve américain pour l’américain.
Conclusion
L’Afrique à coup sûr peut valablement aspirer à gagner la bataille de la renaissance africaine, si véritablement elle s’évertue à réaliser quelques conditions, dont six sont d’une importance capitale:
- l’Afrique doit avoir une forte croyance en la science et en la technologie et créer les conditions, non seulement d’une véritable libération de l’activité cognitive et inventive dans ces domaines en Afrique même, mais aussi d’une utilisation optimale des services de la diaspora africaine scientifique. Non seulement l’analphabétisme doit y être vaincu, notamment par l’enseignement des langues autochtones, mais aussi l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et une politique attractive pour la diaspora scientifique doivent occuper, dans les politiques d’éducation et de développement, une place centrale : les universités et les écoles d’ingénieurs doivent y être multipliées, et la diaspora scientifique doit être davantage sollicitée et mise à contribution.
- L’Afrique doit arriver à un haut niveau de maîtrise scientifique et technologie. Mais pour y arriver, elle doit consentir à faire des sacrifices importantes, ce qui implique forcement non pas seulement l’existence d’une volonté politique forte en ce sens, mais aussi la possibilité de mobilisation réelle de gros moyens financiers. En effet, dit Rigas Arvantis, «la science est un bien public et celui qui veut s’en approprier les résultats doit s’engager dans des investissements couteux » (11) . Mais des solutions de raccourci pour résorber le déficit scientifique et technologique énorme de l’Afrique pourrait exister dans ces deux solutions préconisées par A. Wade : « une continentalisation de la recherche… » et la création d’«école(s) continentale(s) pour la formation d’ingénieurs de niveau international » (12) .
Cette piste mérite d’être explorée à fond par les Etats, en attendant qu’ils disposent de moyens suffisants pour faire cavalier seuls dans tous les différents domaines concernés par cette mutualisation. L’Afrique de la renaissance africaine doit aussi être l’Afrique qui cultive l’esprit de partenariat interétatique dans le domaine de la recherche de solution pour l’acquisition d’un haut niveau de maitrise scientifique et technologique ; elle doit aussi être l’Afrique qui cultive le mérite scientifique, l’innovation technique et technologique , la recherche- développement;
- L’Afrique doit voir une préférence africaine affirmée dans le choix des experts de haut niveau, ainsi que des grandes entreprises, à qui devraient être chargés (exclusivement ou en association avec des homologues étrangers) les grands chantiers infrastructurels, économiques, etc., de la construction africaine. Car c’est par ce biais que ces experts et chefs d’entreprise africains pourront non seulement avoir le sentiment de contribuer à l’essor de l’Afrique, mais aussi l’occasion d’affermir leurs capacités, de développer leurs expériences africaines, ce qui ne peut qu’être très favorable à l’intégration africaine.
Mais l’Afrique doit également créer sur son sol les conditions qui la rendent attractives pour les investisseurs étrangers, car l’essor économique de l’Afrique, qui est un continent encore économiquement très faible, aura besoin pour se faire du concours des investisseurs étrangers. Ainsi, l’Afrique de la renaissance africaine doit-elle aussi être l’Afrique des grands chantiers d’Etat, impliquant des grands ingénieurs, architectes africains, ainsi qu’une Afrique attractive pour les investisseurs étrangers etc. ;
- L’Afrique doit, en toute autonomie, et en connaissance de cause de ses intérêts propres, s’inventer un avenir, à travers une vision éclairée et ambitieuse de son devenir. Etant le carrefour de plusieurs influences civilisationnelles différentes (africaine, arabo-berbère, occidentale, sino-asiatique) et le continent qui regorge le plus de ressources naturelles rares, l’Afrique doit avoir un projet pour elle-même susceptible de prendre en compte et d’intégrer les apports civilisationnels différentes, ainsi que de tirer profit de toutes les opportunités que sa situation de grenier mondial des ressources naturelles rares permet. Mais il reste évident que pour y arriver, l’Afrique doit prendre conscience d’elle-même, demeurer ambitieuse pour elle-même, et s’armer en conséquence pour devenir le seul maitre de son changement, etc. ; changement qu’elle doit opérer, dans un esprit volontariste, mais avec intelligence et en tenant toujours en considération l’intérêt des peuples.
- L’Afrique de la renaissance africaine doit aussi être l’Afrique qui sait ce qu’elle veut, qui est ambitieuse dans ce qu’elle veut, et qui est véritablement maitresse de son destin ;
-
- L’Afrique doit connaître la stabilité politique, vaincre la pauvreté et instaurer avec intelligence la meilleure forme de démocratie qui soit la plus en adéquation possible avec d’une part ses exigences d’un développement endogène rapide et durable et d’autres part ses particularités socioculturelles. Joseph Ki Zerbo qui invite à aller dans le même sens, exhorte les Africains en ces termes : « Il n’est pas trop tard pour inventer un modèle de gestion politique qui serait un hybride à haut rendement social. Au lieu de la société double et pleine de duplicité actuelle où l’huile de la « modernisation » flotte sur l’eau de « la tradition » sans intégration réelle sinon marginale, il importe de rassembler les éléments d’un projet de société pour l’Afrique dans le cadre d’un développement planétaire revu et corrigé » (13) .
Il s’agit là, sans conteste, d’un appel au génie et à l’inventivité politique africain, lesquels doivent s’exprimer en prenant en considération la double exigence de la préservation de la paix et de l’unité, mais dans la démocratie ; du progrès et du développement rapide de l’Afrique, mais dans la durabilité. En fait, si l’Afrique a été forcée, par l’histoire, de devenir une grande consommatrice de civilisations étrangères, elle doit aujourd’hui s’efforcer, après les avoir assimilées et bien intégrées, d’en tirer profit au maximum, en augmentant notamment ses potentialités et capacités inventives dans tous les domaines, y compris celui de la politique, afin de trouver les formules démocratiques les plus en adéquation avec cet impératif de développement qu’elle veut construire rapidement, et sous les contraintes existantes .
L’Afrique de la renaissance africaine doit aussi être l’Afrique qui rejette le mimétisme béat des modèles politiques occidentaux et qui doit toujours rechercher la meilleure formule politique pour accéder rapidement au développement, dans la paix et la démocratie.
- La renaissance africaine, qui est un instrument d’accélération du processus du développement de l’Afrique, doit aussi être une véritable révolution dans l’éthique de la gouvernance à tous les niveaux, car ce n’est qu’ainsi qu’elle peut être en cohérence avec l’esprit qui la gouverne : comment l’Afrique peut-elle atteindre rapidement le progrès et vaincre la pauvreté, si l’Afrique gouverne mal ses affaires ? Comment l’Afrique peut-elle avoir une crédibilité honorable sur la scène internationale et être attractive pour les investisseurs, si l’Afrique devient le continent le plus indexé à cause de sa mal gouvernance ? L’Afrique de la renaissance africaine doit aussi être l’Afrique qui cultive toutes les bonnes vertus en matière de gouvernance, et à tous les niveaux ; mais aussi, cette Afrique doit être l’Afrique d’un haut civisme citoyen.
- L’esprit de la renaissance, et de la renaissance africaine en particulier, doit faire l’objet d’une définition plus approfondie. En particulier, des critères mobilisateurs, mais exempts de tout caractère partisan, puisque scientifiquement étayés et ne servant que l’intérêt de l’Afrique doivent être mis en exergue et en cohérence, et consignés dans une charte, la Charte de la Renaissance Africaine. Cette charte définie sous l’égide de l’Union Africaine et diffusé à l’échelle de tous les peuples doit faire l’objet d’un partage et d’une adhésion intrinsèque de ces peuples, ce qui implique que ces derniers y soient sensibilisés avec intelligence conformément à une politique culturelle conséquente déjà définie en rapport avec cette charte.
* Professeur Abdoulaye Niang est professeur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis - Email : pniangabdou@yahoo.fr
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Références bibliographique
1) Abdoulaye Wade, Un destin pour l’Afrique, L’avenir d’un continent, Paris , Michel Lafon, 2005, p.22
2) Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, Paris,Presence Africaine, 1981 . p. 273.
3) Cf. Cheikh Anta Diop, Ibidem, p.12
4) J.Ki-Zerbo, La natte des autres, pour un développement endogène en Afrique, Paris, Karthala, 1992 , ?
5) L .V. Thomas , « Acculturation et nouveaux milieux socioculturels en Afrique noire » , Bulletin de l’IFAN , Série B, T . XXVI , N° 1, 1974 , p.172
6) Franz Fanon Les damnés de la terre, Paris, Ed Maspero, 1972, p.9
7 ) Cf.Cheikh Anta Diop, Ibidem, p.13
8 ) Cheikh Anta Diop, Ibidem , p.275
9) Cheikh Anta Diop, L’unité culturelle de l’Afrique noire Paris, Présence Africaine, 1959, p.10
10) Abdoulaye Wade, Ibidem, pp.23-24
11) Rigas Arvantis, « La science pour le développement est elle une science publique ? », In Les sciences au Sud, état et lieux, Série : les sciences hors d’Occident au XXème siècle, Vol .6, p.174, Paris ORTOM, 1996.
12) Abdoulaye Wade, Ibidem, p 205
• 13) J. Ki-Zerbo, Ibidem, p. 58 .
Beijing + 15 sous les feux de la rampe
Marren Akatsa- Bukachi
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/61047
Je veux ramener la Déclaration de Beijing ainsi que la Platform for Action (Plateforme pour l’Action) sous les feux de l’actualité. L’adoption de la BPFA, en 1995, a signalé le début d’une nouvelle ère concernant le pouvoir dévolu aux femmes et à leur avancement. Dès sa mise sur pied, cette tribune a fait appel aux gouvernements afin qu’ils accélèrent leurs efforts en faveur de l’égalité des genres. En 2004, en accord avec le BPFA, les Etats membres africains ont réitéré leur engagement en faveur des dispositions de la plateforme et, en général, à promouvoir l’égalité des genres. Ils se sont engagés à relever les défis tels que formulés dans les rapports de synthèse des progrès nationaux dans l’application des Plateformes de Dakar et de Beijing (2004) à la 7ème Conférence des Femmes Africaines qui s’est tenue en octobre 2004 à Addis Ababa.
Depuis 1996 le Eastern African Sub-Regional Support for Advancement of Women (EASSI – soutien pour l’avancement des femmes dans l’espace est-africain) s’est efforcé de demander des comptes aux gouvernements par rapport à l’état des lieux en matière d’application de politiques, de programmes et de la législation dans le domaine de la promotion et du pouvoir dévolu aux femmes dans chacun des Etats membres de l’EASSI, à savoir le Burundi, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, la Somalie, la Tanzanie et l’Ouganda.
Pour l’EASSI, une organisation qui tient son mandat de la Plateforme de Beijing, l’anniversaire de Beijing + 15 offre une opportunité d’évaluer les pays dans la mise en place d’un environnement propice, au niveau national, à la réalisation de cette plateforme. Le processus de révision présente des défis pour mesurer non seulement le progrès, mais aussi le respect des différents protocoles, conventions et traités ainsi que les documents ratifiés par les Etats africains membres. A mon avis, un environnement propice à la réalisation de la Plateforme doit inclure, les différents points clés suivants :
- Des arrangements institutionnels ;
- Un engagement en faveur de la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’encontre des femmes ;
- Un engagement au niveau continental pour les protocoles sur l’égalité des genres ;
- Un engagement au niveau régional pour les protocoles sur l’égalité des genres ;
- Une engagement au niveau international pour les protocoles sur l’égalité des genres ;
- L’adoption d’une politique nationale pour le genre ;
- L’adoption nationale d’un plan d’action pour la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité ;
-Un engagement pour l’éradication de la pauvreté, pour la sécurité alimentaire et le changement climatique ;
- Un engagement pour l’éradication de la violence basée sur le genre et la promotion des droits à la sexualité et à la santé reproductive ;
- L’adoption de mécanismes budgétaires relatifs au genre ;
- Les questions émergentes africaines ;
- L’intégration des principes de l’égalité des genres dans les stratégies de développement nationales et les documents sur la réduction de la pauvreté.
Nous autres Africains devons embrasser nos propres protocoles, inspirés par l’africanité tel le African Union Solemn Declaration on Gender Equality (SDGE – Déclaration solennelle de l’Union africaine sur l’égalité genre) de juillet 2004 et l’African Women’s Protocol (Protocole africain des femmes, plus généralement connu sous le nom de Protocole de Maputo, de juillet 2003. Je voudrais saisir cette opportunité pour encourager les pays qui n’ont pas encore ratifié l’African Women’s Protocol à le faire promptement, en particulier le Kenya, l’Ouganda, le Burundi, l’Ethiopie, la Somalie et l’Erythrée, et à réaliser la Déclaration solennelle sur l’égalité du genre, qui demande une parité de 50/50 à tous les niveaux.
Je voudrais féliciter le Rwanda pour être le premier pays du monde dans le domaine de l’égalité des genres. L’an dernier, suite à des élections gouvernementales locales, les femmes ont obtenu le 56% des sièges dans la Chambre Basse du Parlement.
Les indicateurs sociaux et économiques montrent que les femmes portent la majeure part du fardeau dans les communautés pauvres. En même temps, les femmes sont les principaux agents pour une réelle implantation, à la base, des programmes de réduction de la pauvreté et de la régénération économique. Les efforts de nos pays africains, et d’autres pays en voie de développement, pour moderniser des lois discriminatoires et galvaniser la participation des femmes peuvent se heurter à des habitudes culturelles profondément ancrées et qui vont souvent de pair avec la pauvreté.
La nécessité d’intégrer les questions de genre dans toutes les stratégies de développement se fonde sur une accumulation de preuves qui montrent que des conditions plus équitables pour les femmes réduisent la pauvreté, génèrent des activités économiques et améliorent l’état de santé et la productivité de l’unité familiale.
Les droits de la femme
La poursuite de l’égalité des femmes est bien sûr construite sur des fondations plus profondes que l’économie utilitaire. Cet engagement est apparu sous la forme de la Convention pour l’Elimination des toutes les Formes de Discrimination à l’encontre des femmes (CEDAW) qui a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1979. Il mérite d’être relevé que cette année marque le 30e anniversaire depuis l’adoption de la CEDAW. La CEDAW a été décrite comme une proposition de lois en faveur des femmes ; elle décrit les zones où les femmes sont victimes de discrimination et engage les pays à amender leurs lois, à mettre en place des politiques nationales pour l’égalité des genres et à créer des institutions pour les réaliser. L’endossement le plus substantiel de la CEDAW a eu lieu lors de la 4e Conférence Mondiale des Femmes qui s’est tenue à Beijing en septembre 1995, où les gouvernements se sont engagés pour la Plateforme d’Action de Beijing, un plan détaillé pour l’éradication de la discrimination et de la pauvreté.
Cet engagement global, généralement positif, en faveur des droits des femmes, ne se reflète pas dans l’évolution du processus. Alors que les pays sont soucieux d’être sur la ligne des signataires, la molle application des législations en représente la contrainte majeure. La réalisation est encore autre chose.
L’égalité des femmes
Les cultures traditionnelles représentent l’obstacle le plus considérable sur le chemin de l’égalité des femmes. La croyance que les filles doivent travailler à la maison et dans les champs plutôt que d’aller à l’école et la supposition que les femmes n’acquièrent pas de droit à la propriété par le mariage, sont profondément ancrées dans nombres de sociétés. Le manque de pouvoir est souvent entériné dans les lois du pays. Par exemple, dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, l’altération des lois empêchant les femmes d’accéder à la terre et à la propriété sont à différents stades d’amendement. L’épidémie du VIH/sida a encore augmenté la pression, compte tenu que 30 % des ménages en Afrique australe ont maintenant une femme à leur tête et peu nombreuses sont celles qui peuvent revendiquer le droit à la propriété.
Les femmes et les moyens de subsistance
Le fardeau du travail domestique impayé est particulièrement lourd pour les femmes dans les pays en développement. La pauvreté alourdit les simples tâches ménagères qui, dans d’autres circonstances, seraient minimales. Lors de l’évaluation des progrès des possibilités de travail non agricole pour les femmes, le rapport 2008 sur les Objectifs de Développement pour le Millénaire estime que les deux tiers des femmes dans des pays en voie de développement se trouvent dans des situations vulnérables, travaillant à la ferme ou accomplissant des corvées ménagères non payées.
Ce rôle prédominant qui consiste à s’occuper des cultures et du cheptel, en plus d’une famille étendue, place les femmes sur la ligne de front dans le combat contre le changement climatique et pour la sécurité alimentaire au milieu d’une crise globale. Etant donné leur rôle de gestionnaire, les femmes sont soumises à de plus fortes pressions pour nourrir leur famille, cependant que leur accès à des ressources, déjà rares, sont encore compliquées par l’intersection du genre avec la classe sociale, l’âge, l’ethnicité et d’autres facteurs sociaux. La gestion des ressources naturelles est le domaine réservé des hommes avec une participation limitée des femmes. Des réseaux globaux qui travaillent sur le changement climatique sont également dominés par les hommes. De surcroît, le manque de données spécifiques aux femmes s’est fait au détriment des femmes dans la mesure où leurs problèmes et besoins ne sont pas pris en compte.
L’augmentation des prix va solliciter l’ingéniosité des ménages, qui manquent à la fois de connaissances et des ressources nécessaires pour adapter les méthodes d’agriculture traditionnelles aux changements météorologiques. Une des réponses aux changements climatiques pourrait être une adaptation ou la possibilité pour des acteurs sociaux de changer les stratégies de survie et de développer des systèmes de soutien suffisamment résilients pour assister les personnes vulnérables dans leur réponse aux changements du climat.
La violence contre les femmes
Les programmes de préventions du sida ont maintenant une plus grande conscience des risques résultant de la violence domestique contre les femmes, une des conséquences les plus brutales des inégalités sociales, économiques, politiques et culturelles des inégalités qui existent entre les sexes. Toutefois, les préoccupations, dont les agences de développement et les politiciens se sont fait l’écho, n’ont émergé que récemment. Il n’en est pas fait mention dans la CEDAW, mis à part une brève référence ayant trait au trafic d’êtres humains. Lors du lancement de la campagne Unite to end violence against women (Unissez-vous pour mettre un terme à la violence contre les femmes), en 2008, le secrétaire général Ban Ki-Moon observait qu’«au moins une femme sur trois est susceptible d’être battue, contraintes à des relations sexuelles ou abusées d’une façon ou d’une autre, au cours de sa vie ».
Cependant que les pays riches ne sont pas exempts de violences contre les femmes, les problèmes - qui vont de la violence domestique au meurtre d’honneur- sont perçus comme étant plus graves dans les pays en voie de développement. L’attitude des sociétés doit changer afin que les femmes puissent d’avantage exprimer leurs problèmes.
La législation a aussi un rôle à jouer. Les lois commencent à être graduellement introduites dans les pays africains où existe une tradition profondément ancrée, responsable de la pratique largement répandue des mutilations génitales, qui met en danger peut-être 3 millions de filles chaque année. La traite des femmes à des fins sexuelles et autres services sont illégaux, mais les autorités peinent à venir à bout de la conjugaison des syndicats criminels et de la pauvreté qui alimente ce marché.
Les femmes souffrent terriblement dans les zones de guerres, en particulier dans les régions où les médias ne manifestent qu’un intérêt de pure forme. L’incidence des viols au Darfour, en République démocratique du Congo, dans le nord de l’Ouganda et en Sierra Leone ne sera peut-être jamais connu et les chances de poursuites pénales pour les responsables, minimes.
La voix des femmes
Le principe d’égalité et la nécessité de donner du pouvoir aux femmes sous-tendent les encouragements à une plus grande représentation des femmes à tous les niveaux gouvernementaux. Les femmes sont plus susceptibles de prendre en compte l’élément humain dans la solution des problèmes et plus en faveur de résolution pacifique des conflits. En effet, les développements les plus intéressants de la participation des femmes à la politique ont eu lieu dans des pays en situation de post-conflit où les constitutions ont été déchirées et réécrites. Le parlement du Rwanda est celui au monde qui a la plus forte représentation féminine au monde, avec 56% des sièges. Ellen Johnson-Sirleaf, la première femme à exercer la fonction de présidente en Afrique, a été élue au Libéria, un pays dévasté par la guerre et la corruption.
Toutefois, selon les chiffres de janvier 2008, le tableau général est moins encourageant avec seulement 8 femmes comme chef d’Etat sur 192 gouvernements dans le monde. Malgré le régime de quota mis en place dans 40 pays, la représentation des femmes dans des parlements nationaux se monte à peine plus de 15%.
En conclusion, j’en appelle aux gouvernements afin :
- Qu’ils reconduisent leur engagement pour l’égalité des genres, l’équité et l’octroi de pouvoir aux femmes
- Qu’ils démontrent par des analyses et des données tenues à jour, que l’égalité des genres et l’équité est bien au centre des politiques de développement, de la vision nationale, ainsi que dans les politiques et programmes de développement.
- Que les analyses dominantes concernant les questions de genre soient intégrées dans l’économie et impliquent des experts de la question du genre dans la formulation des politiques macroéconomiques afin que les politiques économiques soutiennent les activités rémunérées des femmes dans les domaines de la subsistance et des soins.
- Qu’ils intègrent des indicateurs permettant d’évaluer en permanence leur impact sur les programmes et mesures de réduction de la pauvreté et les Objectifs de Développement du Millénaire concernant la pauvreté.
-Qu’ils reproduisent et réalisent la parité de 50/50 tel que prévu dans les principes de l’Union Africaine, à tous les degrés de gouvernance, nationaux, subrégionaux et régionaux , favorisant ce faisant l’accès des femmes aux positions élues (municipales et parlementaires)
- Qu’ils promeuvent le partenariat avec le gouvernement, les ONG, le secteur privé et les partenaires du développement afin de réaliser la Plateforme d’Action de Beijing.
Finalement je voudrais déclarer que l’inégalité entre les hommes et les femmes est de plus en plus perçue comme un sérieux obstacle au développement. Il y a une prise de conscience accélérée de la nécessité de s’assurer la pleine et entière participation des femmes aussi bien que des hommes, à tous les niveaux décisionnels, au plan local, national, régional et global, si on veut que les objectifs globaux de la Plateforme pour l’Action de Beijing et de Dakar et les Objectifs de Développement du Millénaire soient atteints. Il y a des bénéfices significatifs en termes de développement résultant des agences féminines et de l’octroi de pouvoir aux femmes, ainsi que d’un partenariat entre les hommes et les femmes plus effectif dans différentes sphères de la vie, comme dans les gouvernements, le secteur privé et dans les ONG
L’agenda de la Plateforme d’Action de Beijing, visant à la transformation et à la promotion des Droits de l’Homme, ne doit pas être déplacé ou être nivelé dans les rapports d’évolution, en particulier une décennie et demie après le la Conférence Mondiale des femmes de 1995 qui a produit cette plateforme.
* Marren Akatsa-Bukachi est la directrice exécutive de la Eastern African Sub-regional Support Initiative for Advancement of Women (EASSI)
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Note
(1) Déclaration de Ms Carolyn Hannan, directrice de la Division for the Advancement of Women et responsable de l’Office du Conseiller Spécial sur les question des genre et l’avancement des femmes au Département des affaires sociales et économiques des Nations Unies.
Les droits de la femme: marche avant ou marche arrière?
Mary Wandia
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/61048
2009 est une année significative dans le calendrier du droit de la femme en Afrique. L’Assemblée de l’Union africaine a déclaré 2010-2020, la décennie de la femme africaine. Le sommet a appelé les Etats membres, les organes de l’UA et les communautés économiques régionales à soutenir la réalisation des activités de la décennie. (1)
La déclaration survient en 2009, alors que les femmes marquent le 30ème anniversaire de la Convention des Nations Unies pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’encontre des femmes (CEDAW). En novembre 2009, les ministres africains préposés aux questions de genre/femmes se sont rentrouvéq à Banjul, la capitale de la Gambie, afin de passer en revue les réalisations de la Beijing Platform en Afrique au cours des quinze années écoulées.
En 2010, les femmes dans le monde entier marqueront le 15ème anniversaire de la 4ème Conférence des femmes à Beijing (Beijing+15). Les femmes africaines commémoreront aussi la sixième année depuis l’adoption de la Solemn Declaration on gender equality in Africa (SDGEA - Déclaration solennel sur les l’égalité des genres en Afrique). Et cela, cinq ans après que le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux Droits de la femme en Afrique (Protocol to the African Charter on Human and People’s Rights of Women in Africa) est entré en vigueur. Mais en 2009, il est clair que la vie des femmes n’a connu aucun des changements promis dans le cadre de ces initiatives continentales.
La situation actuelle des femmes en Afrique
Qu’avons-nous réussi ?
L’Afrique a maintenant son premier chef d’Etat femme, Son Excellence Ellen Johnson-Sirleaf, la présidente du Liberia. La représentation des femmes dans la majorité des parlements des pays africains a augmenté. L’Afrique a le plus fort taux de progression du monde (10%) pour cet objectif là, dans la période de 1990-2007. Mais l’histoire n’est pas entièrement positive, compte tenu que certains pays n’ont enregistré qu’une faible progression pour la période 2003-2007. (2) De nombreux facteurs font encore obstacle à la participation politique des femmes, comme on note une lenteur des partis politiques à reconnaître les intérêts des femmes. Le sous investissement des candidates dans les campagnes électorales reste renforcé par les barrières culturelles et les problèmes résultant de leurs obligations domestiques et de leurs responsabilités sociales.
Les gouvernements africains ont établi divers mécanisme à différents niveaux - y compris dans la machinerie nationale - afin d’inclure les questions de genre dans la formulation des politiques, plans et programmes, dans les plaidoyers, ainsi que la surveillance et l’évaluation de la réalisation des engagements nationaux, régionaux et internationaux. Une attention particulière a été dédiée à la formulation des politiques nationales de genre et plans de réalisation, avec certains pays qui ont préparé des politiques du genre spécifique à des secteurs.
Néanmoins, les mécanismes pour l’intégration de l’égalité des genres et pour une dévolution du pouvoir aux femmes sont faibles à tous les niveaux, manquant de capacités adéquates, d’autorité et de financement. Les principaux ministères n’ont pas atteint les objectifs concernant le genre en raison des allocations financières insuffisantes. Les préoccupations de genre continuent à être traité de façon purement rhétorique ou comme étant des projets distincts pour les femmes. Des données spécifiques et des informations résultant d’indicateurs spécifiques ne sont pas souvent collectées. Lorsqu’elles le sont, on les retrouve noyées au milieu d’une somme d’informations et ne sont pas utilisées. (3)
Les obstacles à l’égalité
La récession démocratique en Afrique a vu l’éclosion de fondamentalismes religieux et culturels. Ceci a eu pour conséquences la mise en pratique de lois qui portent atteintes aux libertés des citoyens, de la société civile et de la presse, l’adoption et l’application de lois discriminatoires ainsi que la discrimination et l’attaque contre des minorités sexuelles qui, individuellement ou combinées, affectent le progrès des droits de la femme en Afrique. A quoi s’ajoutent, les menaces de mort à l’encontre des défenseurs des Droits de l’Homme, les empiètements sur les libertés associatives ayant un impact sur la promotion, la réalisation et la jouissance des Droits de l’Homme et des droits de la femme, qui sont en augmentation.
Non seulement les Etats ont failli à leurs engagements, ils minent les normes régionales et internationales par l’introduction de lois qui vont à l’encontre des Droits de l’Homme. Plusieurs gouvernements ont adopté ou sont en train de mettre en place des législations discriminatoires qui annulent des droits fondamentaux de la femme, y compris, mais pas seulement, des lois criminalisant les porteurs du Vih, des lois sur l’habillement ‘’indécent’’ et des lois contre l’homosexualité. Ces lois violent différents droits : le droit à la sphère privée et à la confidentialité, le droit à l’intégrité sexuelle et à l’autonomie, le droit à l’intégrité physique, le droit à la santé, le droit à l’égalité devant la loi, à la liberté d’association, à la liberté du choix, à la vie, aux droits sexuels et reproductifs, la protection contre la discrimination, etc.
Le continent fait l’expérience d’une augmentation des prix des denrées alimentaires les mettant ainsi hors de portée des pauvres déjà frappés par un contexte de crise globale affectant les denrées alimentaires, l’énergie et les crises financières exacerbées par le changement climatique. En raison de leur position subalterne, un grand nombre de femmes africaines ont été plus particulièrement frappées par ces crises, rendant leur situation encore plus précaire. Dans l’Afrique subsaharienne, l’agriculture compte pour environs 21% du PIB et les femmes contribuent entre 60-80% des forces de travail produisant des denrées alimentaires à des fins domestiques et de marché. (4) Toutefois, les femmes doivent faire face à une discrimination provenant aussi bien des systèmes coutumiers que du système formel, résultant d’une discrimination culturellement enracinée dans les croyances et pratiques, alors que l’étendue de l’épidémie à VIH affaiblit les droits à l’accès la terre et limite les moyens de subsistance des veuves et des orphelins encore davantage. (5)
Les dernières données montrent qu’au niveau de l’école primaire la plupart des pays africains sont susceptibles d’atteindre la parité vers 2015. Toutefois l’impressionnante amélioration sur le chemin de la parité du genre ne se reflète pas au niveau de l’enseignement secondaire où il y a encore et toujours une sous-représentation significative des filles. La formation ainsi que les opportunités limitées d’emplois pour les femmes en Afrique réduit le revenu per capita de 0.8% par an. Si cette croissance s’était traduite dans les faits, les économies africaines auraient doublé leurs résultats au cours des 30 ans passées. (6)
Une vaste majorité des pays africains ne voit qu’une amélioration médiocre du taux de mortalité maternelle. A moins d’un bond en avant considérable, l’Afrique n’atteindra pas son objectif. (7) La moitié des décès maternels annuels dans le monde (265 000) ont lieu en Afrique subsaharienne. Les hémorragies à l’accouchement à elles seules sont responsables de 34% des décès. Pourtant cette situation pourrait être prévenue et traitée avec de bons services de santé reproductive, de soins périnataux adaptés, des travailleurs de la santé bien formés qui assistent à la naissance et l’accès aux services d’obstétrique d’urgence. (8)
La proportion des femmes infectées par le VIH est en augmentation. Selon les chiffres de décembre 2007, les femmes constituent 61% des personnes infectées dans les quatre régions subsahariennes, à l’exception de l’Afrique du Nord. Dans presque tous les pays de la région, le taux de prévalence est plus élevé chez les femmes que chez les hommes. La vulnérabilité des femmes africaines et des filles à l’infection par le VIH est directement liée aux inégalités sous-jacentes, liées au genre, à des normes sociétales et à la discrimination (9)
La violence exercée contre les femmes et les filles est restée une des violations des droits humains les plus répandues sur notre continent. La violence - ou la menace de violence - cause non seulement des dégâts physiques et psychologiques aux femmes et aux filles, mais limite aussi leur accès et leur participation à la société parce que la crainte de la violence restreint leur liberté de mouvement et d’expression ainsi que leur droit à une sphère privée, à la sécurité et à la santé. Des viols systématiques ont laissé des millions de femmes et d’adolescentes traumatisées, enceintes ou infectées par le VIH. (10)
Par ailleurs, face à une grande violence, l’accès des femmes et des filles à la justice est limité par leur analphabétisme légal, le manque de ressources, un manque de sensibilité par rapport aux questions de genre et les préjugés de ceux qui appliquent la loi. Bien que les femmes africaines soient affectées par les conflits de façon disproportionnée, en comparaison avec les hommes, leur voix dans les processus de prévention des conflits, de reconstruction post-conflit, de justice transitionnelle et de construction de la paix ne sont que faiblement entendues, les laissant souvent en marge du processus de paix. Et ceci malgré les engagements internationaux et régionaux pour la parité des genres dans les processus de paix.
Comment combler le fossé entre les politiques et la réalité : que peut-on faire ?
Il y a un urgent besoin de renouveler les engagements en faveur de l’égalité des genres et la dévolution de pouvoir aux femmes, en vue de leur permettre de prendre des mesures concrètes pour combler le fossé entre les engagements et leur réalisation. Ceci ne se produira pas à moins d’un changement de paradigme vers une approche multisectorielle qui garantisse la réalisation et la surveillance des engagements en faveur des droits de la femme au niveau régional et international.
Le Fond des Nations Unies pour le Développement de la Femme (UNIFEM) a développé un cadre multisectoriel qui pourrait accélérer la réalisation des engagements en faveur des droits de la femme au niveau national pour peu que les gouvernements l’endossent. (11) Pour la Solidarity for African Women’s rights (SOAWR – Solidarité pour les droits des femmes en Afrique), ce cadre fournit la base en vue de la réalisation des engagements existants et l’accélération réelle des progrès dans la vie des femmes et des filles africaines.
Selon l’UNIFEM, l’inégalité des genres qui prive les femmes de leur pouvoir touche à tous les secteurs, de la santé à l’économie (le travail, l’agriculture et à la sécurité alimentaire) en passant par l’éducation, la sécurité et la justice. Aucun secteur à lui tout seul ne peut fournir la réponse. Le cadre multisectoriel proposé par l’UNIFEM met l’accent sur les objectifs des droits de la femme - basée sur des instruments nationaux et internationaux- pour les intégrer dans les stratégies et les plans nationaux de développement, y compris la croissance et la réduction de la pauvreté et les budgets. L’UNIFEM s’empresse de relever que l’approche multisectorielle a été utilisée dans d’autres domaines comme la lutte contre la pandémie du sida. Les pays ont réussi à mobiliser tous les secteurs gouvernementaux, le secteur privé, les organisations religieuses et la société civile, conduisant à un bénéfice public significatif en matière de prise de conscience de la pandémie et la diminution de degré de stigmatisation et de discrimination des gens vivant avec le VIH.
La promotion de la réalisation des droits de la femme et de la dévolution du pouvoir à son profit est une priorité nationale en elle-même, en raison de son importance pour la réussite d’autres priorités nationales y compris la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Les prémisses de l’approche multisectorielle se fondent sur le principe que tous les organes de l’Etat ont des obligations en raison des traités ratifiés par un pays ainsi que d’autres engagements dans des déclarations. Ainsi, chaque organe et département gouvernemental est responsable et aura des comptes à rendre pour les droits de la femme propre à son mandat.
L’approche multisectorielle propose une division similaire des rôles. Par exemple, le ministère du travail prendrait la tête de toutes les mesures qui permettrait au gouvernement de progresser quant à ses engagements pour éliminer la discrimination faite aux femmes dans le domaine de l’emploi. De même, le ministère de l’agriculture et du développement rural aborderait les questions pertinentes aux droits de la femme : une possession assurée de la terre, l’accès et le contrôle de la terre, accès à des services étendus et aux marchés pour écouler les produits. Le ministère de la santé aurait la responsabilité d’assurer aux femmes le droit à la santé- y compris la santé sexuelle et reproductive. Le judiciaire garantirait la réalisation des engagements régionaux et internationaux, tels que prévus dans les constitutions et les autres dispositions légales. La police aurait l’obligation d’enquêter et de poursuivre promptement ceux qui se sont rendus coupables de violations des droits de la femme. La coordination générale serait l’affaire d’une agence gouvernementale qui aurait des compétences dans le domaine du genre et des droits humains afin d’épauler les services et un degré d’autorité et d’influence à l’intérieur du système gouvernemental qui soit respecté et correctement financé.
Les mécanismes existants concernant les questions de genre peuvent être renforcés afin de pouvoir tenir ce rôle. Les gouvernements ont déjà des mécanismes interministériels de coordination qui peuvent être étendus afin d’inclure la réalisation des engagements dans le domaine des Droits de l’Homme. Les mécanismes de coordination sont la clé du développement et de la surveillance des politiques et des plans d’actions nationaux qui doivent parvenir à la réalisation des droits de la femme, à des programmes de formation qui identifient les failles et contribuent aux rapports nationaux réguliers requis par les institutions régionales et internationales.
Les violations des droits humains des femmes ont atteint une dimension épidémique et à moins d’adopter une approche multisectorielle dans la réalisation et la surveillance des engagements régionaux et internationaux, nous continuerons à marginaliser la moitié de la population du continent. Les ministres africains responsables des questions de genre, vont-ils relever le défi ?
* Mary Wandia est responsable du secteur Genre, Justice et Gouvernance du programme panafricain à Oxfam UK. Elle s’exprime ici en son nom personnel.
Mary Wandia remercie Neelanjana Mukhia, Muthoni Wanyeki, Gichinga Ndirangu, Jessica Horn, Sabine Herbrink, Faiza Mohamed, Naisola Likimani, Nelly Maina, Norah Matovu Winyi, Daniela Rosche and Irungu Houghton pour leur commentaires et généreuses contributions.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
NOTES
(1) Décision concernant la décennie de la femme africaine– Assembly/AU/Dec. 229(XII)
(2) La parité des genres dans le processus décisionnel a le plus avancé au Rwanda (48.8 %), Mozambique (34.8 %), Afrique du Sud (32.8 %), Tanzanie (30.4 %), Burundi (30.5 %), Ouganda (29.8 %), Seychelles (29.4 %), Namibie (26.9 %), Tunisie (22.8 %), Erythrée (22 %) et en Ethiopie (21.9 %).
(3) La septième conférence régionale sur les femmes Women (Beijing +10) Revue de la décennie de la réalisation des Dakar et Beijing Platforms for Action: Outcome and the Way Forward Addis Ababa, 12-14 October 2004 http://www.uneca.org/beijingplus10/outcome_and_way_forward.htm
(4) http://www.fao.org/docrep/X0250E/x0250e03.htm#TopOfPage
(5) FAO ‘Agrarian Reform, Land Policies and the Millennium Development Goals: FAO’s Interventions and Lessons Learned During the Past Decade’, ARC/06/INF/7 (2006)
(6) ‘Gender and Economic Empowerment in Africa’, un document présenté à la 8ème conférence of the Africa Partnership Forum in Berlin, Germany on 22-23 May 2007. www.africapartnershipforum.org
(7) Angola, Burundi, Chad, Democratic Republic of the Congo, Guinea-Bissau, Liberia, Malawi, Nigeria, the Niger, Rwanda, Sierra Leone, and Somalia.
(8) United Nations, The Millennium Development Goals Report 2009 pp. 27
(9) African Union Commission and United Nations Economic Commission for Africa. Assessing Progress in Africa towards the Millennium Development Goals Report 2008. March 2008. E/ECA/COE/27/10 AU/CAMEF/EXP/10(III) P. 15
(10) UNAIDS, UNFPA, UNIFEM, Women and HIV/AIDS: Confronting the Crisis. Geneva, New York. 2004. 47-48
(11) This section summarises the Multi-Sectoral Approach Guide developed by UNIFEM ‘Fast-tracking Implementation of the AU Protocol on Women’s Rights and CEDAW in Africa.
REFERENCES
- Africa Partnership Forum, ‘Gender and Economic Empowerment in Africa’, a paper presented to the 8th Meeting of the Africa Partnership Forum in Berlin, Germany on 22-23 May 2007. www.africapartnershipforum.org
- African Union Commission and United Nations Economic Commission for Africa Assessing Progress in Africa towards the Millennium Development Goals Report 2008. March 2008. E/ECA/COE/27/10 AU/CAMEF/EXP/10(III)
- Communiqué of the ‘Stakeholders Meeting on Domestication and Implementation of the Protocol to the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women in Africa’, 16 – 18 July 2009, Kigali, Rwanda organized by SOAWR, UNIFEM and the AU Gender Directorate and the Communiqué of the SOAWR Annual Review and Agenda-Setting Workshop, Theme: ‘Spreading our Wings: A Multi-Sectoral Approach to Women’s Rights’ 5-7 October 2009, Panafric Hotel, Nairobi, Kenya http://www.soawr.org/en/
- Protocol to the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women in Africa www.africa-union.org/
- Solemn Declaration on Gender Equality in Africa
www.aumission-ny.org/documents/solemndeclaration_gender
- Solidarity for African Women’s Coalition (SOAWR), ‘From Ratification to Implementation: a State Capacity Needs Assessment on Domestication, Implementation and Monitoring of the African Union’s Protocol to the African Charter on Human and Peoples’ Rights in Africa on the Rights of Women’. July 2009
- UNECA, Seventh African Regional Conference on Women (Beijing + 10) Decade Review of the Implementation of the Dakar and Beijing Platforms for Action: Outcome and the Way Forward, Addis Ababa, 12-14 October 2004 http://www.uneca.org/beijingplus10/outcome_and_way_forward.htm
- UNAIDS, UNFPA, UNIFEM, Women and HIV/AIDS: Confronting the Crisis. Geneva, New York. 2004.
- UNIFEM, 2005 Progress of the World's Women 2005: Women, Work and Poverty United Nations, The Millennium Development Goals Report 2009 pp. 27
- WHO 2004. ‘Violence Against Women and HIV/AIDS: Critical Intersections: Sexual violence in conflict settings and the risk of HIV’. Information Bulletin Series, Number 2, November 2004
- World Bank (2007), Gender Equality as Smart Economics (A World Bank Group Gender Action Plan (2007-10)
- M. Robinson ‘Foreword’ in D Buss & A Manji (eds) International law: Modern feminist approaches (2005); C Chinkin et al ‘Feminist approaches to international law: Reflections from another century’ in Buss & Manji 17 26 28. http://www.soawr.org/en/
Courrier
Changement climatique et changement démographique au Sahel
Maurice Oudet
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/letters/61054
Au Sahel, comme dans de nombreuses régions de la terre, c’est le climat lui-même qui est changeant ! Aussi, sur place, il n’est pas facile de distinguer ce qui provient du « changement climatique » de ce qui provient simplement du climat, qui est changeant par nature. D’ailleurs, ce n’est pas seulement le climat qui change ici : c’est aussi (on peut même dire « surtout ») la densité de la population. Au Burkina, la population double tous les 25 ans ! Comment les populations s’adaptent-elles à un tel changement ? Souvent avec un certain retard, après être passées par un profond déséquilibre.
C’est ainsi qu’en 1997 en arrivant à Koudougou, j’ai vu les femmes des villages voisins préparer le dolo (la bière de mil locale) en brûlant uniquement des tiges de mil ! Pour elles, ce n’est pas une question de facilité. Cette façon de faire est très fatigante. Il faut rester continuellement près du feu, dans la fumée. C’est par nécessité que les femmes utilisent ainsi les tiges de mil.
En réfléchissant avec ces femmes, nous avons fait l’analyse suivante : la population augmentant régulièrement, les besoins en bois augmentent. Mais aussi les besoins en nouveaux champs ! Et pour obtenir de nouveaux champs, les paysans commencent par abattre les arbres des terrains choisis pour ces nouveaux champs. Peu à peu, les besoins en bois augmentent, mais le nombre d’arbre diminue… et immanquablement le bois vient à manquer ! Cette pratique est donc le signe d’un déséquilibre.
Poursuivant ma réflexion, je me suis rendu au pays dagara, du côté de Mariatan et de Dissin. J’ai appris que les femmes y préparent également le dolo en brûlant les tiges de mil. Or ces deux villages correspondent à deux pics de population. Il s’agit des deux régions du pays dagara (du côté du Burkina) où la densité de population dépasse les 60 habitants au km². Et si maintenant vous interrogez les paysans sur la fertilité de leurs terres, vous comprendrez vite que la catastrophe est proche. Ce n’est pas seulement le bois qui manque ! Les dégâts ne s’arrêtent pas là. C’est tout le système de culture traditionnel qui est mis à mal. En effet, dans le système traditionnel, la jachère est un élément clé, qu’il n’est plus possible de conserver quand la densité de population dépasse 60 ha/km².
Finalement, en poursuivant l’analyse, on arrive à la conclusion suivante : le système traditionnel de culture sur brûlis, avec une jachère longue, est un système qui a bien fonctionné pendant des siècles, mais qui aujourd’hui, avec l’augmentation de la population a montré ses limites. Plus précisément, ce système fonctionne correctement jusqu’à 30 ha/km². De 30 à - à 60 ha/km² les difficultés vont croissantes. Au-delà de 60 ha/km² le déséquilibre est insupportable et mène à la catastrophe. En effet, tout ce qui devait nourrir la terre (les tiges de mil, les déchets des animaux…) est transporté à la maison pour y être brûlé (pour faire la cuisine, pour chauffer l’eau…), et la terre s’appauvrit très rapidement. Il est urgent, alors, de réagir !
C’est ainsi que nous avons été amené, en son temps, à faire un article ayant pour titre « La jachère est morte, vive le compost ! ».
Koudougou, Burkina Faso, le 2 décembre 2009
Maurice Oudet
président du SEDELAN
Stop aux expulsions illégales des travailleurs Maliens de Libye
Association malienne des expulsés
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/letters/61053
Il y a les complexités liées à la migration et les effets pervers ressentis par ces milliers de travailleurs migrants maliens. Alors qu’encore aujourd’hui, 158 d’entre eux se retrouvent expulsés manu militari par Kadhafi, quelle sera la réponse de notre gouvernement face à ces comportements indignes ?
Au regard des traitements déshonorants affligés à nos compatriotes dans les geôles du « dépositaire » de l’Union Africaine, nous en sommes à un bien triste constat : Rien ne changera dans ces comportements barbares et ces déportations illégales si le Mali ne se prononce pas.
Les Maliens sont trimbalés de cellules en prisons pendant de longues périodes dans des conditions de tortures morales. Sont-ils ainsi missionnés pour persuader d’autres travailleurs migrants à se détourner des terres du « roi des rois » ? Alors même que le bien nommé « guide de nos drames » s’arroge l’initiative de construire hôtels, tours, cités administratives, etc., et accapare des lots démesurés chez ceux qu’il n’aime pas voir chez lui !
Il est de notre devoir de mesurer les effets de cette « amitié » sous les lumières non pas des immeubles où trône l’enseigne libyenne - symbole de nos cauchemars - mais bien par le respect et la considération de nos ressortissants en Libye.
Ce n’est plus un vain mot que de dire STOP !
La dignité et les valeurs des Maliens ne seront pas sacrifiées sur l’autel des intérêts économiques et corporatistes constatés. Il nous appartient dès lors de prendre des dispositions idoines pour préserver la dignité des maliens à l’extérieur.
Le 11 décembre 2009, Bamako
Association malienne des expulsés
BP 9155 Bamako- MALI
+223 20 24 30 16
Zimbabwe
L'ONU lance un appel humanitaire
2009-12-13
http://tinyurl.com/yamc5gw
Les Nations Unies ont lancé un appel humanitaire de 378 millions de dollars pour venir en aide à près de six millions de personnes vulnérables au Zimbabwe en 2010, a annoncé le 8 décembre à Genève le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Bien que la situation humanitaire ainsi que les conditions socio-économiques au Zimbabwe se soient améliorées, ces avancées restent fragiles, a indiqué la porte-parole de l'OCHA. Selon elle, en plus des 6 millions de personnes vulnérables, un nombre égal d'habitants au Zimbabwe manque de l'accès à l'eau potable et aux services de santé. Par ailleurs, a-t-elle ajouté, on assiste à une résurgence de l'épidémie de choléra qui avait fait en 2008 près de 4.000 morts.
Femmes & genre
Rd Congo : Les violences sexuelles se multiplient dans le Sud-Kivu
2009-12-13
http://tinyurl.com/yarurh2
Des femmes violées ou ayant accouché dans des conditions effroyables sans assistance médicale, continuent à souffrir depuis des mois, dans les forêts de la province du Sud Kivu, dans l'est de la RD Congo. Et des centaines d'autres cas de violences sexuelles ne sont pas encore rapportés. L’adjoint du médecin en charge de la gynécologie à l'hôpital de Panzi à Bukavu, estime que l'Etat doit s'impliquer pour sauver des centaines de ces femmes otages des hommes en armes dans les forêts du Sud-Kivu et qui n'ont accès à aucun soin.
Droits humains
Afrique : Sus au «commerce des êtres humains»
2009-12-13
http://www.afrik.com/article18199.html
De sombres récits de femmes africaines et asiatiques transportées par les trafiquants d’êtres humains dans les pays riches pour y être réduites à l’état d’esclaves font trop souvent les grands titres des journaux du Nord. Mais on parle beaucoup moins d’un phénomène peu connu, la traite d’êtres humains en Afrique même. Joy Ezeilo, expert près de l’ONU, a révélé à Afrique Renouveau certains aspects des activités du milieu criminel qui se livre à ce trafic. Ce type de commerce illégal rapporte aujourd’hui des milliards de dollars à des trafiquants du monde entier.
Burundi : La société civile exige l'arrestation de quatre gradés de la police
2009-12-13
http://tinyurl.com/yc3c79m
La société civile du Burundi a exigé l'arrestation de quatre hauts gradés de la police du pays, "soupçonnés" d'avoir joué un rôle dans l'assassinat, il y a huit mois, d'un activiste anticorruption. Les quatre hauts gradés de la police seraient un officier général et trois colonels, selon des activistes burundais. Le vice-président de l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), Ernest Manirumva, a été tué à coups de couteau dans la nuit du 8 au 9 avril par des inconnus qui avaient emporté des documents. La police avait promis de publier les résultats de ses investigations au plus tard le 22 mai. Depuis, trois commissions d'enquête se sont succédées.
Burundi : Mutinerie dans la plus grande prison
2009-12-13
http://tinyurl.com/yhbs5em
Quelque 3. 500 détenus de la prison de Mpimba à Bujumbura se sont mutinés le 7 décembre pour réclamer une amélioration de leurs conditions carcérales, notamment la liberté conditionnelle pour les prisonniers ayant purgé le quart de leur peine. La prison de Mpimba abrite 3. 505 détenus pour une capacité d'accueil maximale de 800 places. Le Burundi compte plus de 12. 000 détenus, dont 8. 000 en détention préventive. Ils sont hébergés dans 11 prisons ayant au
Droits humains Congo : Des travailleurs domestiques surexploités
2009-12-13
http://tinyurl.com/yhvryrq
Jusqu'à 80 heures de travail par semaine pour un salaire de misère... Tel est le traitement de nombreux jeunes Congolais employés de patrons chinois, ouest-africains (mauritaniens, sénégalais, maliens), libanais ou pakistanais. Ces employeurs étrangers font des affaires au Congo, depuis la fin de la guerre de 1997, dans les secteurs du commerce, du bâtiment ou de la restauration. Selon l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), "les autorités ont une grande responsabilité, car elles privilégient leurs relations avec les commerçants étrangers au lieu de sanctionner ceux qui ne respectent pas les normes du travail au Congo."
Côte d'Ivoire : Les albinos se mobilisent
2009-12-13
http://tinyurl.com/yj3738p
L'Ong Beda-CI été créée en mars 2009, en Côte d’Ivoire, travaille à l'insertion sociale des albinos et l'amélioration de leurs conditions de vie. Selon son président, la situation de ces derniers n’est pas aussi dramatique en terre ivoirienne qu’elle ne l’est dans certains pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale. Mais il appelle à la vigilance, dans la mesure où les croyances portant atteinte à l’intégrité physique et à la vie des albinos existent aussi en Côte d’Ivoire. Un recensement a permis d’en compter quelque 200 à Abidjan.
Maroc : 12 ans de taule pour un projet de lettre au roi
2009-12-13
http://tinyurl.com/yzgjh3o
Un Franco-marocain de 72 ans, ancien n°2 de l’armée de l’air du royaume, végète en prison depuis un an pour avoir voulu tenter de rappeler au roi le sort fait à ses camarades après la guerre contre le front Polisario. Selon le colonel, nombre d’entre eux n’ont pas été libérés malgré la paix armée et les accords signés alors sous l’égide de l’ONU. Sans que le gouvernement marocain ne cherche trop à les sortir de là. Soucieux de prévenir le Roi de tels errements dans son armée, il rédige un brouillon de lettre. C’était en 2006. Le document est intercepté par la hiérarchie militaire et Kaddour Terhzaz se retrouve à croupir en prison…
Nigeria: la police tue illégalement des centaines de gens par an
2009-12-13
http://tinyurl.com/yjfv32r
La police du Nigeria tue chaque année, illégalement et en toute impunité, des centaines de personnes, a dénoncé Amnesty international (AI) le 9 décembre. Le porte-parole de la police Emmanuel Ojukwu a immédiatement dénigré le document en estimant que son but "est de tuer la police nigériane et d'effacer ses résultats". Le rapport d'AI, basé sur des enquêtes menées entre 2007 et 2009, contient des témoignages de parents de personnes exécutées ou disparues, et se fonde sur des entretiens avec des avocats, des juges, des personnels de justice ou de santé ainsi que des organisations locales de défense des droits de l'homme. Amnesty International a notamment étayé 29 cas de personnes tuées ou enlevées, sans suites judiciaires.
Sénégal : Réaction outrée à la plainte en France contre Wade
2009-12-13
http://tinyurl.com/yflgysg
Le gouvernement sénégalais a qualifié dimanche une plainte récemment déposée à Paris pour "détournement de fonds publics" contre quatre chefs d'Etat africains, dont Abdoulaye Wade, d'"amalgame destiné à ternir l'image" du président sénégalais. L'association MLA (Le moment de se lever pour l'Afrique), basée à Paris mais très peu connue, a déposé cette plainte le 16 novembre auprès du tribunal de grande instance de Paris. Elle vise également les présidents congolais Denis Sassou Nguesso, Equato-Guinéen, Teodoro Obiang, et le défunt président gabonais Omar Bongo.
Sénégal: Des veuves de militaires portent plainte devant la CPI
2009-12-13
http://tinyurl.com/ychon9s
Les veuves de 93 soldats sénégalais, morts en Arabie Saoudite en 1991, durant la première Guerre du Golfe, ont porté plainte contre le président sénégalais, Abdoulaye Wade, son prédécesseur, Abdou Diouf, et l'ancien Premier ministre, Habib Thiam, devant la Cour pénale internationale (CPI). Ils faisaient partie du contingent sénégalais envoyé dans le cadre de la coalition internationale contre l'Irak qui avait envahi le Koweït. Ils ont été tués le 21 mars 1991 dans le crash d'un avion militaire, un C-130, qui les ramenait de Jeddah à leur base. Les veuves et les anciens combattants du Golf accusent l'Etat du Sénégal de détournement de 90,5 milliards de FCFA qui leurs étaient destinés en guise de réparation.
Réfugiés & migration forcée
Afrique du Sud : Les immigrés rejetés dans les centres de soins
2009-12-13
http://tinyurl.com/yk9zhdk
Les immigrés qui vivent en Afrique du Sud se voient régulièrement refuser l'accès aux cliniques et hôpitaux du pays, en toute illégalité, a dénoncé le 7 décembre l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) en appelant le gouvernement à corriger cette "discrimination". Des millions de personnes ont fui les conflits en cours en Somalie, au Zimbabwe ou au Soudan pour s'établir en Afrique du Sud. La plupart ne savent pas qu'ils ont droit aux soins et craignent d'être rapatriés s'ils se présentent dans les centres de santé publics.
Libye : Expulsion 161 autres Nigérians
2009-12-13
http://tinyurl.com/ykceu6f
La vague d'expulsions des Nigérians installés illégalement en Libye s'est poursuivie le 8 décembre, avec un autre groupe de 161 Nigérians renvoyés chez eux. Les personnes expulsées à bord d'un appareil spécialement affrété, l'ont été pour des violations de la loi sur l'immigration, telles que l'expiration de visas ou la possession de documents illégaux.
Elections & gouvernance
Guinée: la junte quitte les négociations
2009-12-13
http://tinyurl.com/y8esbem
Les militaires au pouvoir en Guinée ont décidé de suspendre leur participation aux négociations sur la crise guinéenne à Ouagadougou, jusqu'au "retour" dans ses fonctions de leur chef, le capitaine Moussa Dadis Camara. Le capitaine Camara reste hospitalisé au Maroc où il a subi une intervention chirurgicale, après avoir été blessé par balle à la tête, le 3 décembre, par son aide de camp, Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, actuellement en fuite.
Ethiopie: Le PM quittera le pouvoir en cas de défaite
2009-12-13
http://tinyurl.com/ybltpbg
Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a promis de remettre le pouvoir à l'opposition si son parti, Ethiopian People's Revolutionary Democratic Front (EPRDF), perdait les élections législatives prévues en mai 2010. Citant les exemples du kenyan et du Zimbabwe, M Zenawi a écarté toute éventualité d'un gouvernement de coalition. M. Zenawi a déclaré que le gouvernement a mis en place un dispositif de sécurité adéquat pour sécuriser les élections.
Niger : Tandja perd de sa superbe devant les sanctions
2009-12-13
http://tinyurl.com/yjmmjye
Le président nigérien Mamadou Tandja envoie une délégation fort étoffée (une bonne partie de son gouvernement) à Bruxelles, pour rencontrer l’Union Européenne. Ceci après les propos violents que lui-même a tenus lorsque cette même UE menaçait et finalement posait un ultimatum au Niger, après la modification constitutionnel qui instaure la présidence à vie.
Sénégal : Wade demande à la France de vendre toute propriété censée lui appartenir
2009-12-13
http://tinyurl.com/ya88kel
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, visé par une plainte en France pour "détournement de fonds publics", demande aux maires de ce pays de "faire vendre" toute propriété censée lui appartenir. Il leur demande ensuite aux maires français de verser le produit (de la vente) aux Bonnes oeuvres de leur commune et de faire une déclaration publique. L'association MLA (Le moment de se lever pour l'Afrique), basé à Paris et peu connue, a déposé une plainte contre lui le 16 novembre auprès du tribunal de grande instance de Paris pour "détournement de fonds publics et acquisition illégale de biens immobiliers en France".
Togo : Un diplomate français expulsé, Paris réplique
2009-12-13
http://tinyurl.com/yee8py3
Le Togo a décidé d'expulser le premier secrétaire de l'ambassade de France à Lomé, qui était chargé du suivi de la politique intérieure du pays, a annoncé le 8 décembre le ministère français des Affaires étrangères. A Paris aussi, on a demandé à son tour le départ d'un diplomate togolais, soulignant que le chargé d’affaires à Lomé "n'a pas outrepassé sa mission" et a fait preuve d'un "grand professionnalisme dans ses contacts avec tous les partis légaux".
Corruption
Mauritanie: 36 millions d'euros réclamés aux hommes d'affaires arrêtés
2009-12-13
http://preview.tinyurl.com/yddn9k3
Le président mauritanien a affirmé que les trois hommes d'affaires en garde à vue depuis le 3 décembre dans le cadre de la "lutte contre la gabegie" allaient devoir rembourser plus de 14 milliards d'ouguiyas (36 millions d'euros). Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le pays célèbre le 16 décembre la journée internationale de lutte contre la corruption par une marche populaire de soutien à sa politique anti-corruption, rejette les accusations de l'opposition qui qualifie de "selective" les mesures prises dans ce cadre.
Rwanda : Démissions en cascade des élus locaux pour corruption
2009-12-13
http://tinyurl.com/yfdsves
Souvent accusés de corruption ou de détournement de fonds publics, près des deux tiers des élus rwandais de 2006, au niveau des districts, ont dû démissionner. Un turn over qui perturbe la mise en œuvre de projets de développement. Au moins deux tiers des élus rwandais au niveau des districts ont rendu leur tablier deux ans avant l'expiration de leurs mandats. Sur 556 dirigeants des districts (les maires et leurs adjoints), mis en place en 2006, près de 300 ont démissionné spontanément ou ont été contraints de le faire. Ainsi, à l'heure actuelle, seuls huit des 30 maires élus directement sont encore en exercice.
Sénégal : Wade jugé coupable dans l’affaire Segura
2009-12-13
http://tinyurl.com/yhmu6ly
Le rapport du Fonds Monétaire International (FMI) sur l’affaire Alex Ségura accable le président de la République, Abdoulaye Wade. Il est désigné comme l’unique responsable de cette tentative de corruption de l’ex-représentant résident du FMI au Sénégal. Ainsi son aide de camp qui avait été mouillé dans cette affaire par un communiqué de la présidence a été blanchi de même qu’Alex Ségura. Le 25 septembre dernier, Alex Segura s’était vu remettre par la présidence sénégalaise un « cadeau » pour le moins encombrant, au moment de quitter le Sénégal : 100 000 Euros et 50 000 dollars en liquide, qu’il avait ensuite intégralement reversé aux autorités sénégalaises.
Développement
Sénégal : Le gouverneur de la Bceao écarte toute idée de dévaluation
2009-12-13
http://tinyurl.com/yg4hffu
Le gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) a affirmé qu’il n’y aura pas de seconde dévaluation du franc Cfa, car la banque centrale est solide et ses réserves importantes. Selon lui, les formats économiques fonctionnent et la crise financière a trouvé la région dans une position de croissance. De sorte que celle-ci a eu un impact, il a été assez bien supporté.
Santé & VIH/SIDA
Global : Baisse globale de 78% de la rougeole
2009-12-13
http://tinyurl.com/yakarn7
Le taux mondial de mortalité due à la rougeole a baissé de 78% entre 2000 et 2008, indique un rapport de l’OMS. Il a été enregistré 733 000 décès liés à la rougeole en 2000 contre 164.000 en 2008. L'agence spécialisée des Nations unies a, cependant, vite fait de souligner que les experts internationaux chargés des questions d'immunisation au plan mondial avaient bel et bien lancé un avertissement à la communauté internationale pour dire que celle-ci n'était pas à l'abri d'une recrudescence de la rougeole si les efforts de vaccination n'étaient pas soutenus et maintenus dans la durée.
Global : L'UE s'alarme de la contrefaçon grandissante de médicaments
2009-12-13
http://tinyurl.com/yk2jjmf
«En seulement deux mois, 34 millions de faux comprimés ont été saisis lors de contrôles douaniers ciblés dans tous les pays membres», annonce le commissaire européen à l'Industrie. Antibiotiques, traitements anticancéreux, médicaments anti-malaria et anticholestérol, antalgiques et faux Viagra. Tels sont les médicaments contrefaits les plus saisis dans l'Union européenne. Et leur nombre ne cesse d'augmenter. Mi octobre, Jacques Chirac, en visite au Bénin, avait lancé «l'appel de Cotonou». Il vise à inciter des responsables politiques du monde entier à se mobiliser contre les médicaments falsifiés. Un marché florissant qui occuperait 10% du secteur pharmaceutique mondial.
Global : Un besoin d’un milliard de dollars pour vacciner les enfants
2009-12-13
http://tinyurl.com/yz3pxns
Environ un milliard de dollars (environ 500 milliards de francs CFA) supplémentaires seraient nécessaires chaque année pour vacciner les enfants en danger, en dépit d’un record du nombre d’enfants vaccinés dans le monde en 2008, ont estimé trois grandes agences internationale. En 2008, le nombre d’enfants vaccinés dans le monde a atteint un record de 106 millions. Il reste pourtant beaucoup à faire, puisqu’un milliard de dollars supplémentaire seraient nécessaires chaque année pour vacciner les enfants en danger, a rapporté Destination santé, citant un rapport conjoint rendu public par l’OMS, l’UNICEF et la Banque mondiale.
Sénégal : La bilharziose gagne du terrain
2009-12-13
http://tinyurl.com/y9woehy
Suite à un hivernage pluvieux et grâce à l’existence de nombreux cours d’eau et canaux d’irrigation, la bilharziose est en train de gagner du terrain dans le nord du Sénégal. Ce qui inquiète les autorités sanitaires. La maladie se trouverait dans tout le Walo et chez beaucoup de sujets jeunes. Elle est la principale cause de consultation dans les centres médicaux. Par endroits, son taux de prévalence se situerait entre 98% et 100%. Particulièrement en zone rurale où plusieurs enfants sont la principale main-d’œuvre dans l’agriculture, passant ainsi la journée sur les rives des marigots et près des canaux d’irrigation des périmètres irrigués.
Sénégal : Carence en vitamine A et cécité chez les enfants
2009-12-13
http://tinyurl.com/ycs384a
Les enfants qui ont une carence en vitamine A, peuvent développer une cécité crépusculaire a indique le chef de la Division de l’alimentation, de la nutrition et de la survie des enfants (DANSE) au Sénégal. Pour lutter contre cette affection, les autorités ont lancé les Journées locales de supplémentation en vitamine A qui ont démarré le 7 décembre et se poursuivent jusqu’au 20 décembre. L’objectif de cette campagne est d’atteindre au moins 90 pour cent de ces enfants de 6 à 59 mois pour la supplémentation en vitamine A, mais également 90 pour cent des enfants de 12 à 59 mois pour le déparasitage.
Rd Congo : Epidémie de méningite à Kisangani
2009-12-13
http://tinyurl.com/ylnpfhs
Des responsables congolais ont annoncé le 7 décembre qu’une épidémie de méningite qui avait fait plus d’une douzaine de victimes parmi les élèves d’une même école s’était propagée dans la population de Kisangani, une ville du centre de la RD Congo. Il a été confirmé la semaine dernière que le méningocoque de souche C est responsable de l’épidémie. Il aurait infecté au moins 100 habitants, a indiqué le ministre de la Santé. Selon des responsable des hôpitaux et la radio des Nations Unies l’infection bactérienne avait fait, en date du 6 décembre, 17 victimes – tous des étudiants de l’Institut technique de Maikazo…
Éducation
Afrique : Un besoin de 2,3 millions d'enseignants d'ici à 2015
2009-12-13
http://tinyurl.com/ybqxg2a
Après des années de progrès - du moins en termes quantitatifs - la scolarisation primaire risque de marquer le pas en Afrique subsaharienne. En cause : le déficit d'enseignants, devenu chronique après que la plupart des pays ont coupé les vannes du recrutement de fonctionnaires sous la pression des bailleurs qui exigeaient des économies budgétaires. Selon l’UNESCO, il manquera 2,3 millions d'enseignants d'ici à 2015 pour satisfaire aux objectifs du Millénaire fixés par les Nations unies.
Sénégal : Les inondations continuent à entraver la scolarité
2009-12-13
http://tinyurl.com/yztu6om
Deux mois après la reprise officielle de l’année scolaire au Sénégal, de nombreux élèves n’ont toujours pas pu reprendre les cours dans leurs établissements scolaires habituels, qui se trouvent toujours sous un demi-mètre d’eau. Dans le cadre d’un plan gouvernemental, de nombreux enfants affectés par les inondations survenues entre juillet et septembre ont été temporairement replacés dans d’autres écoles, mais certains restent chez eux parce qu’ils n’ont pas les moyens de se rendre dans ces établissements trop éloignés, ont dit des familles. Environ 30 écoles des quartiers périphériques de Dakar ont été inondées pendant la saison des pluies de 2009.
LGBTI
Ouganda : Marche arrière sur la condamnation à mort des homosexuels
2009-12-13
http://www.afrik.com/article18224.html
La proposition de loi ougandaise appelée « Anti-homosexuality Bill 2009 », qui visait à punir de peine de mort plusieurs actes homosexuels, pourrait être modifiée d’ici à janvier 2010, date de son vote par le Parlement ougandais. Les autorités ougandaises ont décidé, le 10 décembre, de lâcher du leste devant la levée de boucliers internationale qu’a déclenché le projet de loi, depuis sa création le 13 octobre dernier. Les organisations de défense des droits gays et lesbiens peuvent souffler…
Environnement
Afrique : S’adapter aux changements climatiques ou périr
2009-12-13
http://tinyurl.com/yhv7lnu
A cause du réchauffement climatique le paysage de l’ensemble du continent africain se transforme. Les cimes enneigées des monts Kilimandjaro, Kenya et Elgon fondent. Les rivages des lacs Tchad, Tanganyka et Victoria reculent. La superficie du lac Tchad est actuellement le vingtième de celle d’il ya 35 ans... Les sécheresses et les inondations ainsi que les pluies et les périodes sèches hors saison portent atteinte au bien-être de millions de personnes en Afrique. Les experts et scientifiques prévoient, dans les années à venir, que 30 % des infrastructures côtières d’Afrique risquent d’être submergées et que 25 % à plus de 40% des habitats d’espèces en Afrique pourraient disparaître d’ici 2085.
Afrique du Sud : Décision de réduire les émissions de CO2 contre de l'aide
2009-12-13
http://tinyurl.com/ykrmmeo
L’Afrique du Sud a proposé le 7 décembre de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42% d'ici 2025 si les pays émergents reçoivent une aide pour le développement des énergies propres. Cette proposition a été faite alors que s'ouvrait à Copenhague une conférence internationale sur le climat. Jacob Zuma, le président sud-africain, a prévu de se rendre à Copenhague les 17 et 18 décembre, derniers jours de cette conférence des Nations unies destinée à trouver un accord mondial pour limiter le réchauffement de la planète.
Burundi : 35.000 hectares de forêts dévastés
2009-12-13
http://tinyurl.com/yzththj
Au moins 35.000 hectares de forêt ont été détruits au cours de ces 15 dernières années de guerre civile au Burundi avec comme conséquences la désertification et une dégradation considérables des sols, déplore le ministre burundais de l'Eau, de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme. Parmi les facteurs qui ont favorisé la destruction de l'environnement au Burundi, il a, en particulier, mis en cause la décennie écoulée de guerre civile qui a considérablement affaibli l'autorité de l'Etat et laissé le champ libre à l'abattage anarchique des arbres et autres feux de brousse d'origine criminelle.
Congo : 125.000 gorilles dans une zone à risques
2009-12-13
http://tinyurl.com/ydwne4b
En 2008, le monde scientifique découvrait avec stupéfaction une population de 125.000 gorilles dans le bassin du Congo. Une telle densité et un tel effectif n’avaient jamais été imaginés et cela a valu à cette région le surnom de Mother lode, en français filon. Un an plus tard, l’attention est retombée et cette population est menacée. Un an plus tard, on réalise que cette population est menacée.
Global : Appel climatique de 56 journaux du monde entier.
2009-12-13
http://tinyurl.com/yaaxovm
Quelque 56 journaux dans 44 pays ont fait un geste sans précédent : parler d’une seule voix par le biais d’un éditorial commun. Le 7 novembre, à l’occasion de l’ouverture de la conférence sur les changements climatiques, ils se sont engagés dans cette initiative pour rappeler que l’humanité se trouve confrontée à une situation d’extrême urgence. « Nous demandons aux représentants des 192 pays réunis à Copenhague de ne pas hésiter, de ne pas se lancer dans des discussions, de ne pas se faire de reproches mutuels, mais de saisir la chance d’échapper au plus grand échec politique de l’époque moderne», écrivent-ils.
Malawi : Un séisme fait plusieurs victimes
2009-12-13
http://tinyurl.com/ykwjczs
Une petite fille d'un an est décédée tôt le 8 décembre alors que six autres personnes ont été transférées à l'hôpital à la suite d'un tremblement de terre et de secousses secondaires qui ont touché le district nord du Malawi frontalier de Karonga. Le long de l'épicentre du tremblement de terre, plusieurs maisons faites principalement de chaume et de boue se sont écroulées alors que les plus solides en briques brûlées comportent de larges fissures sur leurs murs.
Rd Congo : Des poissons meurent tout seuls dans la rivière Lubilanji
2009-12-13
http://tinyurl.com/yasa8zn
Il s'observe un phénomène bizarre dans la rivière Lubilanji, dans la province du Kasaï Oriental en République démocratique du Congo (RDC), où, depuis une semaine déjà, on découvre chaque jour de nombreux poissons morts ou agonisants qui flottent à la surface de l'eau, a-t-on appris le 11 décembre. Pour les uns, ce phénomène est à attribuer aux rejets toxiques de la société Minière Bakwanga (MIBA) qui auraient pollué les eaux de la rivière. Pour d'autres, les poissons morts l'auraient été dans un étang avant d'être versés dans la rivière Lubilanji.
Média & liberté d'expression
Afrique : 9 journalistes sur 10 sont détenus sans aucune inculpation
2009-12-13
http://tinyurl.com/yft7m8g
Le recensement annuel du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a révélé le 8 décembre que «25 journalistes étaient emprisonnés en Afrique subsaharienne en représailles à leur exercice du journalisme, et près de 90 pourcent (90%) de ces journalistes étaient détenus sans aucune inculpation dans des lieux de détention secrets. Ce recensement qui a été réalisé en la date du 1er décembre 2009 indique qu’«avec au moins 19 journalistes sous les verrous, l'Erythrée mène de loin la liste de déshonneur des nations. L’Ethiopie, la Gambie et le Cameroun figurent aussi en tête de liste.
Cameroun: Arrestation d’un directeur de journal
2009-12-13
http://tinyurl.com/yc5fsba
Le directeur de publication de l'hebdomadaire camerounais « Germinal » a été arrêté le 10 décembre pour "atteinte à l'honneur" du président Paul Biya. Il lui est reproché un texte évoquant un présumé "pacte secret" entre le chef de l’Etat camerounais et son prédécesseur Ahmadou Ahidjo.
Conflits & urgences
Afrique : Un besoin de 160 milliards pour assister les défavorisées
2009-12-13
http://tinyurl.com/ykwro7j
Les acteurs humanitaires de l’Afrique de l’Ouest ont lancé un appel de fonds de plus de 160 milliards de FCFA (368 millions US$) pour répondre aux besoins de millions de personnes démunies dans la région au cours de l’année 2010. A travers 129 projets, renseigne le document de l’appel, «cette enveloppe devrait permettre, entre autres, d’améliorer l’alimentation d’environ 5,9 millions de personnes frappées par l’insécurité alimentaire ; d’assurer la survie de plus de 290 000 enfants atteints de malnutrition aigue. Et de fournir une aide en eau et hygiène à plus d’un million de personnes vivant notamment dans les zones en proie aux inondations».
Burundi : Dissensions inquiétantes au sein des anciens rebelles
2009-12-13
http://tinyurl.com/yfkpqzp
Plusieurs mois après s’être converti en parti politique, l’ancien mouvement rebelle des Forces nationales de libération (FNL) du Burundi est embourbé dans une lutte de pouvoir qui, selon des analystes, menace la paix fragile du pays. Nommé directeur général de l’Institut national de sécurité sociale lorsque le parti a rejoint le gouvernement, le chef des FNL, Agathon Rwasa, est aujourd’hui confronté à l’insoumission d’un groupe dirigé par l’ancien porte-parole du parti, Pasteur Habimana. Les deux hommes insistent sur le fait qu’ils appartiennent toujours à un seul et même parti, mais M. Rwasa a nommé un autre porte-parole. Les partisans de M. Habimana affirment quant à eux qu’ils ne reconnaissent plus M. Rwasa comme leur chef de parti.
Guinée : La France accusée d'être impliquée dans l'attentat contre Dadis
2009-12-13
http://tinyurl.com/ybhauja
Le ministre guinéen des Communications a affirmé le 8 décembre que la France pourrait héberger le soldat accusé d'avoir essayé d'assassiner le président Moussa "Dadis" Camara. A Paris, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a démenti ces accusations. Mais à Conakry on soutient que les services secrets français sont impliqués dans cette affaire. Un incident est même survenu lorsque l'ambassadeur français a été arrêté par des soldats dans sa voiture diplomatique près de l'aéroport et soumis à une fouille. Les gardes du corps de l'ambassadeur avaient été contraints de se coucher par terre, alors que des lance-roquettes étaient pointés sur eux.
Guinée : Un autre danger pour la Guinée
2009-12-13
http://tinyurl.com/yfjgnj5
Devant sa tentative d’assassinat contre le président Dadis Camara, le lieutenant Toumba, ne parle plus après sa première sortie médiatique. Pourquoi ? Est-il en vie ? Où se cache-t-il ? Complice bien protégé ou chef d’orchestre d’une tentative de coup d’Etat ? En attendant sa réapparition ou la présentation de son corps, on fait trinquer ses proches à sa place. Et ce qui se passe en Guinée rappelle les sombres périodes de la complotite. Une fois l’atmosphère morbide peinte, on tente de justifier les intentions mafieuses et les règlements de compte.
Guinée : Conakry sombre sous la torture
2009-12-13
http://tinyurl.com/ykfcfbo
En Guinée, le CNDD se livre à des tortures les plus inhumaines sur les présumés complices d’Aboubacar Toumba Diakité. L’homme qui a tiré sur moussa Dadis Camara le 3 décembre 2009. Les images les plus affreuses circulent sur tous les téléphones portables et les sites internet guinéens et du monde entier sur les tortures en cours au Camp Alpha Yaya, siège de la junte. On voit sur ces images deux hommes, dévêtus et ligotés à sang sur lesquels on frappe comme sur des bêtes de somme.
Rd Congo : Six soldats congolais tués par des rebelles tutsi
2009-12-13
http://tinyurl.com/y9f5h9a
Les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) ont été attaquées par un groupe des Forces Républicaines Fédérales (FRF). Les FRF sont essentiellement composées de tutsi congolais (aussi appelés Banyamulenge) qui affirment défendre les intérêts socio-économiques de leur communauté, implantée majoritairement dans l'est de la RDC. En 2008, plusieurs groupes armés dont les FRF ont signé un accord avec Kinshasa, qui prévoyait notamment leur intégration dans l'armée. Ils ont cependant refusé de rejoindre les FARDC, continuant de mener des attaques sporadiques contre les civils et l'armée. Les FRF sont également citées parmi les groupes armés qui exploitent illégalement les ressources minières dans l'est de la RDC.
Somalie: des centaines de manifestants contre les islamistes
2009-12-13
http://tinyurl.com/yjhj82x
Des centaines de personnes ont manifesté le 7 décembre à Mogadiscio pour dénoncer la violence des insurgés islamistes shebab, un rassemblement sans précédent dans la capitale somalienne en guerre. Les manifestants se sont regroupés devant l'hôtel Shamo, où 24 personnes ont été tuées le 3 décembre dans un attentat suicide perpétré lors d'une remise de diplômes à des étudiants en médecine. Ils ont notamment brûlé le drapeau noir et blanc frappé du sceau du Prophète, bannière adoptée par les shebab et plus généralement par les partisans d'Al-Qaïda dans le monde. Le cortège s'est arrêté quelques instants devant l'université de Banadir, faculté de médecine où étudiaient la plupart des victimes.
Soudan : Quel sens donner aux attaques contre la MINUAD
2009-12-13
http://www.lepays.bf/spip.php?article787
Les embuscades meurtrières contre des casques bleus rwandais viennent rappeler un fait évident : la guerre n’est pas finie au Darfour. Cinq morts en l’espace de deux jours, c’est le lourd tribut que vient de payer le contingent rwandais de la MINUAD, la force hybride UA-ONU au Darfour. Dans un pays normal et pacifié, on ne tire pas sur des soldats de la paix comme sur des pigeons. La question est de savoir si les auteurs de ces attaques sont de vulgaires bandits comme le suggère la thèse officielle soudanaise, ou des groupes armés voulant faire passer un message politique.
Cours, séminaires, & ateliers
Le Brésil offre 470 bourses d’études
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/courses/61052
La Direction Fédérale des Bourses d’Etudes Brésiliennes (DFBEB) se propose d’attribuer, pour le compte de l'année académique 2009-2010, de par le monde, 470 bourses d’études brésiliennes aux étudiants désireux de poursuivre le études au Brésil. Trente-quatre Centres Universitaires, Ecoles et Instituts de Formations supérieures ont été retenus à travers les 26 Etats du Brésil.
La date limite de dépôt des dossiers de candidature est prévue au 25 Décembre 2009. Les personnes intéressées par le présent communiqué, peuvent retirer le formulaire de candidature par email au Secrétariat de la Direction Fédérale des Bourses Etudes du Brésil.
Courriel: dfbeb_brazil@yahoo.fr
Emploi
Greenpeace Afrique cherche un (e) chargé (e) de campagne
2009-12-14
http://pambazuka.org/fr/category/jobs/61051
Greenpeace cherche un (e) Chargé (é) de la campagne OCEANS. Il/ elle sera chargé(é) de reporter au Directeur des campagnes et, de par sa fonction, est basé (e) en Afrique de l’Ouest (Ghana ou Sénégal), la base exacte reste à déterminer, la position comportera des voyages réguliers vers d’autres sites de campagnes – y compris dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Sud. La date limite de soumission est le 18 janvier 2010. Seuls les candidats retenus seront contactés.
Envoyez vos cv à recruitment.africa@greenpeace.org
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6847

