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Pambazuka News 133 : Comment l'Occident a pillé, détruit et conduit Haïti au désastre
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Courrier, 4. Arts & livres, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Seize jours d'activisme contre la violence à l'égard des femmes, 13. Environnement, 14. Média & liberté d'expression, 15. Conflits & urgences, 16. Internet & technologie, 17. Emploi
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Sarkozy, la France et Haïti.
PLAIDOYER & CAMPAGNES : Arrêter la passion qui se déchaîne dans les journaux.
COURRIER : Halte au «CODE qui tue la santé au Cameroun».
ARTS & LIVRE : Afrique du Sud : L’histoire tragique d’un journaliste au cinéma.
FEMMES & GENRE : Création d’un Fonds pour les femmes africaines.
DROITS HUMAINS : Afrique : Une table ronde pour collecter des fonds et juger Habré.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Congo : Les 110 000 réfugiés de la RD Congo inquiètent Sassou.
ELECTIONS & GOUVERNANCE :Algérie : Main basse des généraux sur le pétrole.
CORRUPTION : Afrique du Sud ; la femmes d’un ministre arrêtée pour corruption.
DEVELOPPEMENT
Afrique du Sud : Les inégalités entre riches et pauvres s’élargissent.
SANTE & VIH/SIDA : Somalie : Jusqu’à 240 000 enfants de moins de 5 ans malnutris.
SEIZE JOURS D’ACTIVISME CONTRE LA VIOLENCE À L’EGARD DES FEMMES : Kenya : Enquêter sur les violences sexuelles faites aux femmes.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Afrique : 4 millions d’hectares de forêts perdus par an entre 2000 et 2005.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : 13 journalistes tués et 32 emprisonnés en 2009.
CONFLITS & URGENCES : Côte d’Ivoire : Les tensions sociales et politiques s’exacerbent.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Madagascar : Premier essai de la télémédecine.
EMPLOI : Des postes à l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaire de Dakar
Chroniques
Sarkozy, la France et Haïti
Claude Ribbe
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/62152
Le président de la République française s’apprête à se rendre en Haïti, à la suite du cataclysme qui a frappé ce pays, faisant plus de deux cent mille morts. C’est la première fois qu’un chef d’État entreprendra une telle visite qui est lourde de sens, quand on sait le rôle peu glorieux que la France a joué dans cette île depuis le traité de Ryswick en 1697. La France a martyrisé HaÏti pendant quatre siècles. La compassion un peu forcée affichée aujourd’hui ne saurait le faire oublier.
1. La traite, tout d’abord : Un million d’hommes, de femmes et d’enfants, ont été déportés d’Afrique en Haïti par la France, entre 1697 et 1791, laissant au cours des opérations de traite cinq millions de victimes en Afrique.
2. L’esclavage ensuite : Ces déportés ont été exploités en Haïti dans des conditions qui furent les plus dures de toute l’histoire de l’esclavage aux Amériques. L’espérance de vie d’un esclave déporté par la France en Haïti n’était que de quelques années. Heureusement, les esclaves se révoltèrent et devinrent citoyens français en 1794. Avant l’abolition, ils faisaient vivre un Français sur huit et assuraient l’équilibre du commerce extérieur de ce pays. Les richesses procurées aux Français par le travail criminellement infligé aux esclaves se chiffrerait en dizaines de milliards d’euros. Ce préjudice n’a jamais été réparé, ni seulement regretté.
3. Les crimes contre l’humanité de 1802-1803 : En 1802 et 1803, la France, bafouant les acquis de la Révolution, a tenté de rétablir l’esclavage en Haïti. Devant l’impossibilité de ce rétablissement, un génocide a été tenté avec des moyens qui rappellent parfois les heures les plus sombres du XXe siècle. La guerre civile et les exactions commises par la France pendant la période 1802-1803 ont causé autant de victimes parmi les Haïtiens que le tremblement de terre de 2010.
4. L’extorsion frauduleuse d’une indemnité aux Haïtiens en 1825 : Sous la menace d’une reconquête, la France a exigé d’Haïti, le pays qui l’avait vaincue, le paiement d’une ignoble indemnité de 150 millions de francs or, ultérieurement réduite à 90 millions. C’était le prix des esclaves perdus. Au lieu de les indemniser pour le mal qu’on leur avait fait, on leur a fait payer, à eux et à leurs descendants, le prix d’une liberté qui n’a jamais appartenu à la France. Au paiement du principal, est venu s’ajouter le paiement de nombreux emprunts consentis par des banques françaises. Malgré l’établissement de la République et la proscription générale de l’esclavage, les Haïtiens ont continué à payer aux Français leur dette jusqu’au beau milieu du XXe siècle. En 2004, le gouvernement haïtien estimait le préjudice à 21 milliards de dollars.
5. L’hébergement du dictateur Duvalier : La France héberge depuis 1984 le dictateur Jean-Claude Duvalier, alias «baby Doc», accusé de violation des Droits de l’homme et de vol de sommes appartenant aux Haïtiens. Le statut dont il bénéficie a été refusé à des centaines de milliers d’Haïtiens, expulsés du territoire français.
6. La participation au coup d’État du 29 février 2004 : La France, au mépris de la Constitution haïtienne et des élections régulières qui s’étaient déroulées, a participé, d’une manière aujourd’hui indiscutable, à un coup d’État contre le président Jean-Bertrand Aristide, qui était le premier président légitimement élu de l’histoire d’Haïti. Elle a également participé à son enlèvement et à sa séquestration dans un pays qui était notoirement, à l’époque, sous le contrôle de la France, la République centrafricaine. Elle a en outre organisé une campagne de diffamation à son encontre, notamment par le biais du ministère des Affaires étrangères.
7. La réglementation particulière imposé aux Haïtiens à l’entrée des départements d’outre-mer français : Alors que la France se gargarise de grands principes et de « continuité territoriale », le visa d’entrée en France pour un Haïtien n’est valable ni en Guadeloupe ni en Martinique, ni en Guyane. Un second visa doit être accordé par le préfet de ces départements, qui agit dès lors comme pouvait agir le gouverneur d’une colonie au temps de l’esclavage. Ces mesures résultent de la hantise de la France esclavagiste de voir ses colonies contaminées par le virus de la liberté dont le germe s’était développé en Haïti.
8. La symbolique vexatoire : La France a donné à l’aéroport de Cayenne en Guyane le nom de Rochambeau, le général qui tenta d’exterminer les Haïtiens en les gazant au souffre et en les livrant à des chiens dressés à dévorer les « nègres ».
9. La volonté constante d’empêcher Haïti de se développer : La politique de la France à l’égard d’Haïti depuis 1802 est de s'en servir comme d’un épouvantail pour les Français d’Outre-mer qui songeraient à l’indépendance. De ce fait, la prétendue « coopération » n’a toujours été qu’un mélange de saupoudrages, de mesures factices, et d’actions de déstabilisation. On notera que les Français descendants d’esclaves sont systématiquement écartés depuis 1802 de toutes responsabilités liées à la politique française à l’égard d’Haïti.
Même si la France n’est pas le seul pays à avoir martyrisé Haïti et à se comporter avec une telle violence, ces faits constituent un lourd passif et donnent à la visite du président de la République française un caractère éminemment historique et solennel qui n’échappera à aucun observateur, en France, comme à l’étranger. Il appartient aujourd’hui à la France de changer de cap et de rompre avec quatre siècles d’agissements honteux.
Sans attendre qu’Haïti soit frappée par une catastrophe qui n’est qu’un malheur naturel venant s’ajouter à la cruauté des nations réputées civilisées, l’association des amis du général Dumas a présenté au président de la République française une demande symbolique.
Le général d’armée haïtien-français Alexandre Dumas, père du célèbre écrivain, fut la victime collatérale de la politique menée par la France contre Haïti. Né esclave, donc victime de ce qui est aujourd’hui reconnu comme un crime contre l’humanité, il fut également victime en 1802 d’un fléau qui continue de ravager la France non seulement dans sa relation avec certains pays tels qu’Haïti, mais aussi dans la relation de ses gouvernements avec certains Français, descendants d’esclaves ou d’indigènes. Ce fléau a pour nom le racisme. Le général Alexandre Dumas est le plus grand héros de la Révolution française. Mais sa couleur de peau l’a privé de tous les honneurs auxquels sa bravoure et son dévouement à la nation lui donnaient droit. Il est le seul général de l’histoire de France depuis 1802 auquel on ait refusé la Légion d’honneur. Bien plus, le gouvernement français, pour une raison qui ne peut s’expliquer autrement que par le racisme, est allé jusqu’à refuser, en 2006, d’inscrire le bicentenaire de sa mort sur la liste des commémorations nationales officielles.
Le général Dumas avait reçu un sabre d’honneur lors de la prise d’Alexandrie en juillet 1798. La remise de ce sabre est attestée, de manière incontestable, par un document autographe, tracé de la main du général Dumas et conservé au musée Dumas de Villers-Cotterêts. La remise de ce sabre d’honneur par Bonaparte faisait du général Dumas un membre de droit de l’ordre de la Légion d’Honneur. Un second document, daté de 1804, et signé de la main du maréchal Murat, également conservé au musée de Villers-Cotterêts, établit que le général Dumas a accompli la démarche pour que ce droit lui soit au moins reconnu. Même le maréchal Murat, beau-frère de Napoléon, dès 1804, soutenait publiquement le général Dumas, dans cette démarche légitime.
Pourtant une certaine France, depuis 1802, refuse, par racisme, d’accorder au général Dumas ce qu’il demandait. C’est la même France qui, par racisme, s’attache aujourd’hui à salir la mémoire de son fils, en lui contestant jusqu’à sa qualité d’auteur, en lui contestant jusqu’à la couleur de sa peau. L’admission à titre posthume du général Dumas dans l’ordre national de la Légion d’honneur a été refusée par Jacques Chirac en 2002. C’est le même Jacques Chirac qui, assisté de Dominique de Villepin, a refusé que le bicentenaire du général Dumas soit commémoré en 2006. Ces deux hommes, il est vrai, venaient de soutenir un coup d’État en Haïti.
L’association des amis du général Dumas a réintroduit la demande d’admission de cet officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur auprès du nouveau président, M. Nicolas Sarkozy, appuyée par une pétition signée par plus de 2000 personnes de par le monde, dont de très nombreux Haïtiens. Pour l’instant, il n’a pas été donné satisfaction à cette demande, sans qu’elle soit pour autant rejetée. Rien n’indique que jusqu’à présent ce dossier ait été prioritaire pour M. Nicolas Sarkozy. Mais le voyage qu’il a décidé change la donne.
Le fait, en effet, pour le président de la République française, de se rendre en Haïti, sans se prononcer au préalable, de manière claire et solennelle sur cette demande, qui se trouve du reste soutenue par M. René Préval, actuel président de la République d’Haïti, serait le signe que l'attitude du président Sarkozy envers Haïti reste dans la continuité des exactions négrophobes plus haut évoquées. Il appartiendrait, dans ce cas, à tous les Haïtiens et aux Français de métropole et d’Outre-mer victimes de discriminations d’en prendre immédiatement acte. Car que pourrait-on espérer d’un président de la République qui promettrait la justice pour les Français d’aujourd’hui et se refuserait, quelles que soient les raisons invoquées, à réparer, sans que cela coûte un centime à la République, une injustice vieille de plus de deux cents ans ? Un président de la République qui promettrait de promouvoir la « diversité», mais qui refuserait d’honorer le plus illustre des héros de cette « diversité ». Un président de la République, en outre, qui ne tiendrait pas sa parole, puisqu’il s’est engagé dès le 8 février 2008, les yeux dans les yeux, à « faire le nécessaire pour le général Dumas » ?
C’est pourquoi l’association des amis du général Dumas vous demande aujourd’hui de soutenir publiquement cette démarche symbolique et légitime, non seulement vis-à-vis d’Haïti, mais de tous les Français discriminés, en signant la pétition pour que le général Dumas soit rétabli dans ses prérogatives et en intervenant dans ce sens auprès du Président de la République française avant qu’il ne se rende en HaÏti le 17 février 2010.
* Claude Ribbe, écrivain, est président des Amis du général Dumas
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Signature de la pétition : http://tinyurl.com/dn6l4w
Haïti, microcosme de la crise du développement
Yash Tandon
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/62151
Haïti est une tragédie pour nous tous. C'est une tragédie pour vous et moi. C'est une tragédie pour l'Afrique, pour les pays pauvres d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes. Les tremblements de terre sont un phénomène mondial et cela peut arriver n'importe où. Ils peuvent se produire aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Alors pourquoi sont-ils si destructeurs dans leurs effets lorsque cela arrive dans les pays du Sud ? C'est à cause de l'échec du développement. Haïti est un microcosme des résultats désastreux des politiques de soi disant « développement » qui ont échoué ces trente dernières années dans le Sud, et des effets destructeurs des politiques interventionnistes extérieures dans les pays pauvres du Sud, de la Somalie au Bangladesh en passant par Haïti.
Jean-Bertrand Aristide, le premier président démocratiquement élu en Haïti, donne, dans son livre passionnant The Eyes of the Heart: Seeking a Path for the Poor in the Age of Globalization, un récit cru de ce qui se passe quand les économies et initiatives locales d'un pays pauvre comme Haïti sont subordonnées à la volonté de la finance mondiale et de la puissance des sociétés transnationales, masquées par les idéologies de « libre commerce » ou « d'aide au développement ». « Dans un monde seulement motivé par le profit, il est difficile, pour nous, d'entendre la voix de Dieu entre le vacarme et l'escroquerie des marchands qui ont rempli les temples du monde », écrit-il.
Il décrit comment il a dû lutter avec son coeur et son esprit pour résister aux Programmes d'ajustement structurel (PAS) que les donateurs voulaient lui imposer, comme condition à toute aide. Alors qu'il restait fidèle à son coeur et à son âme, il a été contraint de quitter le pouvoir. Le gouvernement qui l'a remplacé céda aux pressions des donateurs et du couple Banque mondiale/Fonds monétaire international (FMI). En 2004, dans ce qu'il décrit comme son « kidnapping », entrepris avec la connivence de la France et des Etats-Unis, il a été forcé de s'exiler. Il fut déporté vers la Jamaïque, pour se retrouver ensuite en Afrique du Sud.
La soi-disant Communauté internationale du Nord a eu à organiser une grande conférence à Montréal, au Canada, pour Haïti. Elle échouera, on peut en être certain, à apporter le développement pour le peuple haïtien car elle voudra mettre de nouveau Haïti sous le contrôle et les bottes de l'élite économique et politique locale qui, à son tour, reste sous le contrôle de ces mêmes forces qui ont ruiné l'économique haïtienne : l'imposition de PAS par le couple Banque mondiale/FMI et la dictature « éclairée » de « l'aide des donateurs ». Cela est sous-jacent à la présente tragédie en Haïti, à la plupart des tragédies en Afrique et des pays pauvres du Sud.
Une Communauté alternative internationale (CAI) du Sud – un organisme ad hoc qui serait composé d'individus et d'organisations intergouvernementales du Sud et de d'organisations des Nations Unies dédiées au bien-être des populations comme la FAO ou l'OMS – devrait organiser sa propre contre conférence dans l'esprit d'une véritable solidarité avec le peuple haïtien. Elle devrait avoir pour but de mettre le pouvoir dans les mains du peuple haïtien lui-même. Cette initiative peut venir par exemple, du gouvernement de l'Afrique du Sud, du South Centre à Genève, ou d'un ensemble d'organisations non gouvernementales du Sud et du Nord, ou de tous ceux qui travaillent dans le domaine de la coopération.
Les objectifs de cette conférence devraient être :
1. Identifier parmi la population haïtienne les organisations communautaires et les groupes ad hoc qui ont émergé des ruines et qui sont engagés dans des activités autonomes de secours, de soins des blessures du corps et de l'âme et dans la réhabilitation et la reconstruction de la société et de l'économie ;
2. Aider à renforcer la capacité de ces groupes à prendre en charge le secours d'urgence qui arrive en ce moment par avion, par bateau ou envoyé depuis la République dominicaine ;
3. Aider à institutionnaliser ces efforts en mettant en place des conseils gouvernementaux autonomes du niveau local au niveau national ;
4. Mettre en évidence la fausse « solidarité » de l'initiative de Montréal ;
5. Démilitariser l'occupation d'Haïti qui est en ce moment menée par les Etats-Unis et les forces de l'OTAN (sous direction étatsunienne) ; et
6. Appuyer la demande du peuple haïtien pour le retour d'Aristide, qui reste une lueur d'espoir pour Haïti. Il a le soutien des plus pauvres. Il a confiance dans la force de son peuple et en sa capacité à s'opposer à la domination des donateurs et du couple Banque Mondiale/FMI, et à mettre en place des institutions démocratiques responsables devant le peuple et non ces faux dieux de « marchands qui ont rempli les temples du monde »
Il s'agit d'un appel à tous ceux qui, de par leur esprit humaniste, veulent assister leurs frères et sœurs (« nos familles ») en Haïti, en se basant sur le sens véritable de la solidarité.
* Yash Tandon est l’ancien directeur exécutif du South Centre
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La haine et le tremblement de terre
Sir Hilary Beckles
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/62182
L’université des West Indies est en train d’examiner les moyens de mettre sur pied une conférence majeure sur le thème ‘’ Repenser et reconstruire Haïti’’. Je»,suis très intéressée à contribuer à cet exercice, parce que, pendant trop longtemps, il y a eu une perception populaire selon laquelle, d’une certaine façon, le projet de construction nationale commencé le 1er janvier 1804, a échoué en raison d’une mauvaise gestion, de l’incapacité et de la corruption.
Ensevelies sous les ruines de la propagande impériale, en provenance aussi bien de l’Europe occidentale que des Etats-Unis, il y a les preuves qui démontrent que l’indépendance de Haïti a été mise en échec par une alliance Nord Atlantique qui ne pouvait concevoir leur monde habité par»,un régime africain libre, représentant une nouvelle démocratie émergée.
Les preuves sont frappantes, en particulier dans le contexte de la France. Les Haïtiens ont combattu pour leur liberté et ils ont gagné, comme les Américains cinquante ans auparavant. Les Américains ont déclaré leur indépendance et ont élaboré une extraordinaire Constitution qui envoyait un message clair à propos des valeurs d’humanité et du droit à la justice et à la liberté.
Au milieu de ce brillant discours, ils ont choisi de conserver l’esclavage comme base de la nouvelle nation. Les pères fondateurs ne pouvaient donc pas voir au-delà de la race, dans la mesure où l’Etat libre se fondait sur l’esclavage. L’eau était empoisonnée à la source. Les Américains sont retournés sur le champ de bataille un siècle plus tard pour résoudre la contradiction entre l’esclavage et de la liberté qui ne pouvaient pas cohabiter au même endroit.
Les Français ont, eux aussi, déclaré la liberté, la fraternité et l’égalité comme étant la nouvelle philosophie de leur transformation nationale et, ce faisant, ont fait faire un puissant bond en avant»,au monde. Ils ont aboli l’esclavage, mais Napoléon Bonaparte ne pouvait imaginer une République sans esclaves et il a ciblé Haïti pour un nouveau régime d’esclavage, plus intense. Les Anglais ont approuvé, ainsi que les Hollandais, les Espagnols et les Portugais. Tous étaient en parfaite harmonie à propos des 500 000 Noirs à Haïti, la plus populeuse et la plus prospère des colonies des Caraïbes.
Etant le joyau des Caraïbe, chacun a essayé de se l’approprier. Avec une masse d’esclaves, les Anglais, les Français et les Hollandais salivaient à l’idée de s’approprier, l’île et ses habitants. La population a gagné après dix ans de guerre, une des plus sanglantes de l’histoire moderne, et ont déclaré leur indépendance. Tous les autres pays en Amérique étaient basés sur l’esclavage. Haïti était le havre de liberté et a procédé à l’inscription, dans sa Constitution d’indépendance en 1805, que toute personne d’origine africaine arrivant sur ses rivages serait déclarée libre et serait un citoyen de la République. Pour la première fois, depuis le début de l’esclavage, les Noirs sont des sujets libres et citoyens d’une nation.
Les Français ont refusé de reconnaître l’indépendance de Haïti et l’ont déclaré Etat pariah. Les Américains, vers lesquels les Haïtiens se sont tournés en signe de solidarité avec leur mentor sur le chemin de l’indépendance, ont refusé de les reconnaître et ont fait cause commune avec la France. Les Anglais, qui étaient en train de négocier avec les Français l’obtention de l’île, se sont également montrés solidaires avec»,les Français à l’instar de toutes autres nations du monde occidental.
Dès sa naissance Haïti a été isolée, ostracisée et s’est vu nier le droit d’accéder au marché libre, aux finances et au développement institutionnel. C’est l’exemple le plus vicieux de la strangulation d’une nation dans l’historie moderne. Les Cubains avaient au moins les Russes, les Chinois et les Vietnamiens avec edux. Les Haïtiens ont été seuls dès le début. L’effondrement a commencé. Puis est venu 1825. Le moment de vérité. La République célèbre son 21ème anniversaire. Il y avait une euphorie nationale dans les rues de Port-au-Prince. L’économie était en faillite et les dirigeants politiques isolés. Le Cabinet a décidé que cet état des choses ne pouvait continuer. Le pays devait trouver un moyen pour s’insérer dans l’économie mondiale.
Le gouvernement français a été invité à une réunion au sommet. Les fonctionnaires sont arrivés et ont déclaré au gouvernement haïtien qu’ils étaient prêts à reconnaître l’Etat haïtien comme un Etat souverain, en échange du paiement de compensations et de réparations. Les Haïtiens, le dos au mur, ont accepté de payer. Le gouvernement français a envoyé une équipe de comptables et d’actuaires en Haïti afin de calculer la valeur de toutes les terres, de tous les biens physiques des 500 000 citoyens anciennement des esclaves, les animaux et toutes les autres propriétés commerciales et services. La somme s’est montée à 150 millions de francs or. Haïti a été informée que c’était le prix de la reconnaissance de l’Etat haïtien.
Le gouvernement haïtien a donné son accord et les paiements ont commencé immédiatement. Une valeur a aussi été assignée aux membres du Cabinet, parce qu’avant l’indépendance ils étaient des esclaves. C’est ainsi qu’a commencé la destruction systématique de la République de Haïti. Le gouvernement français a saigné la nation à blanc et en a fait un Etat en faillite. C’était une exploitation sans merci qui visait et garantissait l’effondrement de l’économie et la société haïtienne.
Haïti a été contrainte de payer cette somme jusqu’en 1922, lorsque le dernier paiement a eu lieu. Au cours du XIXème siècle, le paiement à la France représentait jusqu’à 70% des rentrées de devises du pays. Aujourd’hui, la Jamaïque paie jusqu’à 70% pour le service de la»,dette nationale et internationale. Haïti était écrasé par le paiement de la dette et elle a sombré dans le chaos financier et social.
La République n’avait aucune chance. La France s’est enrichie et prenait plaisir au fait qu’après avoir été vaincue sur le champ de bataille, elle avait gagné dans le domaine de la finance. Dans les années où la récolte de café avait été mauvaise et où la production de sucre avait été faible, le gouvernement haïtien empruntait de l’argent à la France à un taux d’intérêt deux fois plus élevés que le taux du jour, afin de rembourser. Lorsque les Américains ont envahi le pays au début du XXème siècle, une des raisons qu’ils ont avancées était qu’ils assistaient la France à rentrer dans ses fonds.
L’effondrement de la nation haïtienne est à mettre, principalement, sur le compte de la France et de l’Amérique. Ces deux nations ont trahi, fait faillir et détruit le rêve qu’était Haïti ; un pays réduit en poussière par l’effort de détruire l’éclosion de la liberté et la graine de justice. Haïti n’a pas échoué. Elle a été détruite par deux des plus puissantes nations de la terre ; lesquelles continuent de manifester un intérêt soutenu dans sa condition actuelle.
Le soudain tremblement de terre est survenu dans le sillage de nombreux étés de haine. A beaucoup d’égard, il a été moins destructeur que la haine. La vie humaine a été éteinte par le tremblement de terre alors que la haine a été une longue et inhumaine suffocation, un crime contre l’humanité. En 2001, au cours de la Conférence des Nations Unies sur le Racisme à Durban, en Afrique du Sud, le gouvernement français a été fortement sollicité afin qu’il rembourse les 150 millions de francs dont la valeur d’aujourd’hui s’élèverait, selon les estimations d’actuaires financiers, 21 milliards de dollars. Un tel capital pourrait reconstruire Haïti et lui donner une place lui permettrait de réintégrer le monde. Cet argent a été illégalement soustrait au peuple haïtien et devrait être remboursé. C’est une richesse volée.
En retournant cet argent, la France se libérerait de la dette morale qu’elle a contractée à l’égard du peuple haïtien. Pour une nation qui «s’enorgueillit» dans la célébration de la diplomatie moderne, la France devrait faire ce qui est juste et légal afin de pouvoir exercer l’autorité morale de sa diplomatie dans le monde post-moderne. Un tel acte, au début de ce siècle, ouvrirait la porte à une interface raffinée du passé et du présent, et la nation haïtienne serait enfin libre.
* Sir Hilary Beckles est le vice chancelier et le principal du Cave Hill Campus de l’université des West Indies - Ce texte a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Pourquoi les Haïtiens viendraient-ils en Afrique ?
Venance Konan
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/62150
Si vous êtes malade, blessé, affamé, dans la rue parce que votre maison s’est effondrée, et que quelqu’un vient vous soigner et donner à manger, puis rentre chez lui après, en vous laissant là où il vous a trouvé, alors qu’un autre vous propose tout simplement de venir vous installer chez lui, lequel des deux est le plus généreux ? Eh bien c’est Abdoulaye Wade, le président du Sénégal ! Les Occidentaux et les autres, c’est de l’aide ponctuelle qu’ils donnent aux Haïtiens. Avec Wade, c’est une aide pour la vie. C’est comme cela, chez nous en Afrique. C’est comme cela, notre solidarité. Au fait, « Papy », il faudrait qu’on songe à leur envoyer les billets d’avion ou de bateau pour que les millions d’Haïtiens encore vivants puissent venir s’installer chez nous. Parce que tu sais, s’il est vrai que les Sénégalais peuvent aller aux Iles Canaries en pirogue, ce n’est pas évident d’utiliser le même moyen pour venir de Port-au-Prince à Dakar.
Même si les Haïtiens sont allés dans leur île il y a quelques siècles, dans des sortes de pirogues, celles-ci étaient quand même beaucoup plus costauds que celles qu’utilisent les passeurs sénégalais aujourd’hui. On ne va quand même pas demander aux Américains, Français, Brésiliens et autres de nous ramener les Haïtiens dans les avions qui ont servi à leur apporter de quoi ne pas mourir. Nous n’avons même pas fini de nettoyer les cases où ils devraient vivre. D’ailleurs nous n’avons pas encore choisi ces cases.
Mais connaissant Wade, je suis sûr qu’il a déjà une idée sur la question. Il pourrait par exemple payer ces billets avec ce que lui rapporteront les droits d’auteur de son monument de la Renaissance africaine. Il a déjà annoncé qu’il a droit à 30%, si ma mémoire est bonne, sur tout ce que ce monument rapportera. Comme ce monument est là pour la vie et qu’il attirera à coup sûr plus de visiteurs que la Tour Eiffel, je pense que la Banque Mondiale ou n’importe quelle autre banque ne verrait aucun inconvénient à lui avancer dès maintenant l’argent qu’il faut pour faire venir les Haïtiens.
Cependant, il me semble que, tout occupé à être généreux envers ses frères Haïtiens, le vieux Wade n’a pas remarqué une chose. C’est que tous les Sénégalais, Maliens, Ivoiriens, Burkinabé, Congolais, Camerounais, Togolais, Béninois, Nigériens, Tchadiens, Nigérians, Libériens, Guinéens, n’ont qu’une seule idée en tête : se tirer le plus loin possible de ce continent. Ils sont prêts à aller n’importe où, en Europe, en Amérique, même latine, en Israël, en Chine, au Japon, en Inde, partout. Et je suis sûr qu’avant ce terrible tremblement de terre, il y en avait qui auraient bien voulu aller en Haïti. Sais-tu pourquoi grand père Wade ? C’est que si Haïti souffre des cyclones et autres tremblements de terre, notre continent à nous subit lui aussi de sacrés calamités qui valent bien celles de Haïti.
Il est vrai que nous n’avons pas de cyclones, mais nous avons nos sécheresses, nos famines, nos criquets pèlerins, nos inondations, nos glissements de terrains, nos volcans et aussi parfois des tremblements de terre. Et comme nos pays sont développés et gérés à peu près de la même façon qu’Haïti, le jour où nous en aurons un de sérieux, ça risque d’être tout aussi désastreux. Et dans ce cas, ce seront peut être les Haïtiens qui nous demanderont de les rejoindre. Mais à côté des calamités naturelles, nous en avons d’autres de notre propre invention.
Prenons le Sénégal. Un opposant a rappelé il y a quelques jours sur Radio France International que depuis de longues années des quartiers de Dakar sont toujours inondés, faute de travaux d’assainissement. En Casamance, il y a des rebelles et des mines partout, si bien que de nombreux paysans ont abandonné leurs villages. En Guinée Bissau, on découpe le président de la République à la machette. Le Togo et le Kenya ? On s’y découpe à la machette après les élections. L’Afrique du sud ? On y découpe les étrangers à la machette. En Gambie, le président dit qu’il soigne le sida par des impositions de mains.
En Guinée, il y avait Dadis Camara et des militaires qui tirent sur la foule dans un stade. Maintenant il y a Sékouba Konaté. Je ne sais pas encore si c’est mieux, mais je ne suis pas sûr que la vie en Guinée soit meilleure qu’en Haïti. En Côte d’Ivoire aussi, on tire sur des manifestants, et il y a des miliciens au sud et des rebelles au nord. Le Liberia et la Sierra Leone ? Ils sont sous perfusion. Le Niger, il est le dernier pays au monde sur l’indice de développement du PNUD. C’est-à-dire qu’Haïti fait mieux. Et Tandja ne veut pas décoller du pouvoir. Au Soudan, il y a un génocide. La RDC où l’espace ne manque pas ? Elle est en guerre permanente.
Le Zimbabwe ? Il y a Mugabe. Mais sais-tu, grand père, la plus grande calamité de notre continent qui fait que tous ses bras valides veulent le fuir, ce sont ses dirigeants. Franchement, dis moi Papy, lequel de nos chefs d’Etat donnerait envie à un Haïtien, même très fauché, mais lucide, de venir vivre dans son pays ? Surtout que, tout comme nous allons en Europe en pirogue, lui aussi peut aller aux Etats-Unis en pirogue. Le problème d’Haïti, tu le sais, au-delà des calamités naturelles qui frappent à peu près toutes les régions du monde, et même des pays aussi puissants que les Etats-Unis, avec autant de dégâts (souviens du cyclone Katrina), c’est qu’il a été très mal géré depuis de trop longues décennies. Et c’est malheureusement le cas de la quasi-totalité de nos pays. Alors, tu veux que les Haïtiens viennent vivre sur un continent que ses habitants sont en train de fuir ? Ils sont sinistrés mais pas encore fous.
* Venance Konan est journaliste et écrivain ivoirien
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L'Afrique, nouveau terrain de jeu des puissances économiques
Amady Aly Dieng
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/features/62155
Face à l’arrivée de concurrents comme la Chine et le Brésil, qui multiplient les initiatives diplomatiques et commerciales en Afrique, les capitales européennes se trouvent de plus en plus placées sur la défensive. Paris fait ainsi face à une contestation croissante. Dans la lutte d’influence à laquelle se livrent les puissances, Washington n’hésite pas à enrôler des leaders noirs américains, anciens militants de droits civiques, appelés sous les drapeaux de la guerre commerciale.
En effet, les relations internationales se sont étoffées d’agents privés tels que les organisations non gouvernementales (Ong), les cabinets de consultants ou les Eglises. Leur influence paraît d’autant plus grande que le continent noir se trouve en situation de faiblesse politique et humanitaire. C’est ainsi que les lobbies évangéliques venus des Etats-Unis colonisent les milieux gouvernementaux, tandis que les Ong déterminent les termes de débats cruciaux, comme celui du Darfour. De plus en plus présente, la justice internationale post-conflit exprime ces ambiguïtés entre impératifs universels et nécessaire prise en compte des réalités locales.
Né d’un père kényan, le président Barack Obama a placé les relations entre les Etats-Unis et le continent africain sur le devant de la scène. Celles-ci sont marquées par le rôle croissant des leaders noirs américains qui, jadis très actifs sur la question des inégalités sociales, se sont mis au service des intérêts économiques de Washington en Afrique. Dans les années 1980, le démocrate Andrew Young fustigeait les «millionnaires noirs sans cœur». Vingt ans plus tard, il était devenu l’un des «sorciers noirs» de l’administration Bush. C’est le «black business» cynique des Etats-Unis.
Attirant moins l’attention médiatique que les mouvements musulmans, les Eglises évangéliques ont fait une percée notable en Afrique. Venues des Etats-Unis, elles établissent un mélange détonant entre religion, argent et politique. En Ouganda, leur influence suscite des polémiques. Ainsi l’Ouganda découvre le lobby évangélique. Quelle place et quelle identité pour les Eglises africaines dans la chrétienté ? Cette question taraude depuis longtemps les théologiens d’un continent dont les cultures sont trop souvent méprisées. Durant le très actif pontificat de Jean Paul II, elle a pris une acuité particulière, provoquant d’intenses débats. Lors de son dernier voyage, le pape a privilégié la mise en relief des éléments «malsains» des traditions et des coutumes africaines, allant jusqu’à déclarer que les traditions traditionnelles n’inclinaient pas à l’amour et au culte de Dieu. Autrement dit, et pour conclure, il faut cesser de penser la possibilité d’un christianisme africain.
Malgré les indépendances, la France n’a jamais abandonné sa politique d’influence, et souvent d’ingérence, dans ses anciennes colonies. Cependant, le discrédit croissant de la «Françafrique», une politique migratoire bêtement restrictive et la séduction exercée par de nouvelles puissances minent lentement ses positions.
Ami personnel du président Nicolas Sarkozy, M. Vincent Bolloré est devenu le symbole du type de relations entretenues par la France avec les pays africains. Les réseaux politiques et médiatiques de l’homme d’affaires lui permettent en effet de traverser les tempêtes de critiques suscitées par ses liens peu scrupuleux sur le continent noir et d’obtenir de fort juteux contrats.
Soutenu par les autorités de Ouagadougou, le semencier Mosanto a fait du Burkina Faso la tête de pont de son offensive commerciale en Afrique de l’Ouest. Mais, comme leurs homologues occidentaux, les paysans burkinabés se méfient des organismes génétiquement modifiés et organisent la résistance. Avec la crise alimentaire, l’agriculture se trouve à nouveau au centre des débats. Ecartant toute remise en cause du libre-échange, les Etats-Unis prônent une «révolution verte» qui fait la part belle aux intérêts américains. Les fondations «philanthropiques» jouent un rôle actif dans cette campagne.
Dans la guerre mondiale pour les matières premières, la République démocratique du Congo constitue un objectif stratégique. Pékin y affronte Bruxelles, Paris ou encore Ottawa. Mais les méthodes peu orthodoxes de la Chine, qui recourt au troc, suscitent la réprobation du Fonds monétaire international. En quelques années, la Chine est devenue le troisième partenaire commercial de l’Afrique. Cet essor rapide est soutenu au plus niveau : depuis 2003, le président Hu Jintao a effectué quatre voyages officiels sur le continent. Si Pékin délaisse les discours tiers-mondistes, il tire avantage par son non-ingérence dans les affaires intérieures de ses partenaires. Les méthodes peu orthodoxes de la «Françafrique», de la Chine
A première vue, la nouvelle donne mondiale ne produit pas de changements spectaculaires dans le quotidien des populations : la pauvreté reste endémique ; le continent est, au premier chef, touché par la pandémie de sida ; et la guerre ravage toujours certaines régions, comme le Darfour. Toutefois, les classes moyennes, laminées par les plans d’ajustements structurels des années 1980, se reconstituent et pourraient «tirer» le développement. En 2009, le Sud-Africain Nicky Oppenheimer est même le premier magnat d’Afrique subsaharienne à entrer dans le classement Forbes des cent premières fortunes du monde.
De Johannesburg à Dakar, ces événements avivent le débat politique et économique, sur fond d’inégalités. Ils coïncident aussi avec une volonté d’affirmation nouvelle du continent : des institutions panafricaines se développent ; des gouvernements décident d’affronter les multinationales prévaricatrices ; des Etats accèdent à des forums mondiaux tels que le G20… Insensiblement, les cartes sont redistribuées. Alors que seize pays fêteront, en 2010, les cinquante ans de leur affranchissement colonial, certains voudraient y voir l’annonce d’une seconde indépendance pour le continent.
En quelques années, le continent africain a subi de profondes mutations. La fin de la guerre froide a transformé le jeu politique, en répandant le multipartisme et en mettant fin à des conflits alimentés de l’extérieur, comme en Angola. D’autre part, le boom des matières premières coïncide avec l’échec des plans d’ajustements structurels et provoque une interrogation sur le modèle économique à suivre. Au-delà des difficultés du quotidien, une nouvelle partie commence pour l’Afrique, selon Anne-Cécile Robert. Les classes moyennes africaines commencent à se reconstituer. Mais elles semblent moins préoccupées de l’intérêt général que leurs aînées.
Grand échec de l’Organisation de l’unité africaine, la recherche de la paix est l’un des objectifs prioritaires de l’Union africaine, qui lui a succédé en 2002. La création du Conseil de la paix et de sécurité innove dans ses principes fondateurs et dans son mode de fonctionnement. Mais les blocages, notamment financiers, demeurent. Si la présence de l’armée française est ancienne et suscite des controverses sur place, les Etats-Unis développent eux aussi leur implantation militaire sur le continent. Mais la création du commandement américain Africom a suscité les réticences des gouvernements locaux.
* Amady Aly Dieng est économiste. Il anime des chroniques littéraires régulières dans la presse sénégalaises. Les éléments développés dans cet articles sont un résumé de l’édition «Indispensable Afrique Manière de voir - Le Monde diplomatique Bimestriel - N° 108 décembre 2009-janvier 2010, 98 pages
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Plaidoyers & campagnes
Côte d’Ivoire : la passion se déchaîne à nouveau dans les journaux
Reporters sans frontières
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/62153
Dans ce contexte politique de précampagne tendu, que la polémique sur les listes électorales a exacerbé, les écarts de langage et les invectives personnelles ne sont pas de nature à calmer les tensions. Nous appelons une nouvelle fois les professionnels des médias à respecter l'éthique journalistique et à ne pas attiser les haines. Pour autant, si le CNP a la tâche difficile de réguler la presse écrite et d'en sanctionner les écarts, il doit le faire de la manière la plus juste possible pour ne pas lui-même nourrir les tensions.
Dans sa décision n° 004 du 1er février 2010, le CNP reproche notamment au Patriote un article paru en une dans l'édition des 23 et 24 janvier et illustré par les photos de plusieurs officiels ivoiriens, intitulé "Ils sont tribalistes, ivoiritaires et xénophobes – Voici les nouveaux ennemis de la paix". Plus loin, dans un encadré, le journal, proche d'Alassane Dramane Ouattara et du Rassemblement des Républicains (RDR), indique : "Voici la liste de ceux qui organisent la fraude". Le CNP a estimé que ces termes étaient "incitatifs à la révolte" et susceptibles de livrer les personnes visées "à la vindicte populaire."
Le CNP dénonce par ailleurs la publication, dans la même édition du journal, d'un article intitulé "Tagro, le pyromane qui va perdre Gbagbo" jugeant les propos à l'encontre du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, Désiré Tagro, "gravement diffamatoires et injurieux".
Le 27 janvier, Le Patriote avait déjà reçu un blâme pour cet article. Le CNP condamne également un article paru le 28 janvier faisant référence aux "massacres d'octobre 2000 et de mars 2004" et accusant Laurent Gbagbo d'avoir "fait tuer des Ivoiriens pour rien". Enfin il déplore qu'un autre article, paru le lendemain, présente Charles Blé Goudé, le leader des Jeunes patriotes, comme "Le petit voleur qui veut être grand". Le texte accuse Charles Blé Goudé d'avoir acheté son diplôme à l'université, et emploie, pour le décrire, des termes particulièrement durs.
Interrogé par Reporters sans frontières, un journaliste d'Abidjan insiste : "Les faits relatés sont prouvés. Blé Goudé a bien triché pour obtenir sa licence et le professeur incriminé avait été radié. Il s'agit donc d'une information. N'est-ce pas plus grave quand certains journaux ne font que divulguer de fausses informations basées sur des faits imaginaires ‘"
Ainsi le quotidien Notre Voie, proche du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), accusait récemment Alassane Ouattara de ne pas être Ivoirien mais Burkinabé, dans le but de décrédibiliser sa candidature à l'élection présidentielle. De même, le quotidien Le Temps titrait récemment "Bédié et Ouattara sèment la terreur". "Le ton de la presse est peut-être outrancier, mais pourquoi les sanctions ne s'appliquent-elles pas à tous ‘", s'interrogeait enfin le journaliste.
Régulièrement critiqué par la presse d'opposition, le CNP se défend d'avoir une politique du "deux poids deux mesures". "On peut dire beaucoup de choses, mais avec la manière. Le Patriote a fait excès d'impertinence", souligne le CNP. La décision du CNP note qu'en raison "du caractère sensible de la période actuelle de précampagne, la presse a été appelée à œuvrer à un climat social apaisé".
Fin janvier, l'opposition ivoirienne avait manifesté à Abidjan pour dénoncer la "caporalisation" de la télévision publique RTI par le camp du président Laurent Gbagbo.
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Courrier
Halte au «Code» qui tue la santé au Cameroun
2010-02-08
http://pambazuka.org/fr/category/letters/62154
Le système de «Code» a été instauré à l’hôpital Laquintinie, le principal centre hospitalier de la capitale économique du Cameroun, pour officiellement amoindrir les tracasseries de traitement auxquelles les usagers faisaient régulièrement face. Par Code, il faut comprendre un package comprenant notamment les médicaments, les soins, les charges d’entretien et de maintenance, les primes du personnel, le prix de la salle, etc. En payant le Code d’une maladie, le malade devait être entièrement pris en charge par l’hôpital puisque ce système de traitement élimine le garde malade.
Quelques mois après sa mise en application, ce système s’est révélé être en réalité un Complot Ourdi par la Direction pour Escroquer (Code) les usagers ; les coûts des codes sont gardés secret au grand public et ne sont révélés aux malades qu’à la caisse lors du paiement; les malades ne sont pas informés du contenu des Codes, donc de tout ce qui leur est administré, parfois même pas de la durée du traitement. Un personnel peut alors ajouter ou retrancher un élément du Code sans courir le risque d’être dénoncé. Tant pis pour les sujets allergiques à quelque produit !
« Paie et tais-toi ! » C’est la formule consacrée au Code. Les usagers continuent à payer des Codes de plus en plus vides (pas de médicaments, de lit, d’entretien, etc). Conséquence, les usagers déjà émus par l’état de santé inquiétant de leurs proches saignent à nouveau financièrement pour compléter le package selon les conseils de certains personnels qui en profitent parfois pour faire de bonnes affaires (vente illicite de médicaments, seringues, ...)
Alors que l’entrée de l’hôpital est gratuite et que le Code l’écarte officiellement du circuit du traitement, le garde-malade est obligé de payer un ticket de 500F CFA subtilement glissé dans la facture du dossier médical. Bienvenue à la foire ! A partir de 21 heures, c’est au tour des vigiles de se sucrer en exigeant 200 ou 300 F CFA par usager.
Dans certains services de cet hôpital, les malades sont parfois séquestrés pendant des heures voire des jours parce qu’ils n’ont pas réglé leur facture ; les téléphones portables, cartes nationale d’identité et autres pièces importantes sont confisqués. Face à ces humiliations et injustices à répétition, les usagers n’ont aucune voie de recours.
Mensonge, escroquerie, vol… Les victimes quotidiennes de ce système inique se comptent par milliers. A lui seul, le Code aurait fourni près de 80% des recettes du budget 2009 de l’hôpital Laquintinie estimé à 3 milliards de FCFA. Voilà pourquoi un cadre de l’hôpital peut prévenir sous cape que «si aujourd’hui le Code saute, certains services vont s’écrouler».
Trop c’est trop ! Les malades ne sauraient servir de vaches à lait à une administration en panne d’idées de management. En plus des subventions qu’il reçoit du Ministère de la santé publique, l’hôpital Laquintinie abuse les usagers à travers le Code qui cache mal une qualité de traitement et de soins déplorable.
Dans un passé récent, l’hôpital central de Yaoundé s’illustrait par une astuce inédite et scandaleuse pour renflouer ses caisses en mettant des salles d’hospitalisation en location pour l’organisation des conférences.
Toujours au chevet des malades, Acthu exige des pouvoirs publics que cesse immédiatement le Code qui favorise la violation multiple, flagrante et constante des droits des malades et que la société civile soit associée à une réflexion sérieuse sur le mode de financement des hôpitaux publics car ce qui se fait pour le malade sans le malade est contre le malade.
La santé est un droit fondamental non négociable !
Douala, le 27 janvier 2010
* Christian Eitel Locka, Président national de l’Action pour l’humanisation des hôpitaux - Cameroun
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Arts & livres
Afrique du Sud : L’histoire tragique d’un journaliste au cinéma
2010-02-06
http://tinyurl.com/yd7a2bt
A travers son film « Drum », Zola Maseko a livré un exemple pour l’importance et la responsabilité des journalistes dans la démocratie. En retraçant l’histoire d’un jeune journaliste d’investigation qui paie de sa vie en dénonçant les injustices et la discrimination du régime d’apartheid en Afrique du Sud, le cinéaste encourage à suivre l’exemple de ce héros. Les faits se situent en 1955 à Johannesburg. Le régime de l’apartheid est en place. L’ANC vient de se former mais tient encore à la lutte pacifique. Henry écrit pour un magazine people, « Drum », et profite des soirées arrosées pour oublier ses gosses et sa femme. C’est pourtant cette dernière qui lui fait prendre conscience de la réalité : «Il n’y a pas d’électricité ou d’eau courante. Les gens souffrent de maladies. Tu as une voix, sers-toi d’elle».
Burkina : Journées cinématographiques de la femme africaine
2010-02-05
http://tinyurl.com/yc4q4ec
Les Journées cinématographiques de la femme africaine de l'image se tiendront du 3 au 7 mars à Ouagadougou. Placées sous le thème "Femmes et cinéma en Afrique", ces journées, sont l'aboutissement d'une longue quête des femmes cinéastes. Au cours de ces journées qui connaîtront la participation de plusieurs centaines de femmes professionnelles du cinéma venues d'une dizaine de pays africains, il est prévu un panel et plusieurs ateliers sur le thème de ces journées.
Femmes & genre
Afrique : Création d'un fonds pour les femmes africaines
2010-02-05
http://tinyurl.com/ylllpxo
Les chefs d'Etat et de gouvernements présents au 14 ème Sommet de l'Union africaine (UA) ont annoncé le 2 février, à la fin de leurs travaux, la création d'un Fonds pour les femmes africaines. Ils traduisent ainsi leur volonté de poursuivre les efforts en faveur des Africaines engagées dans le cadre de la stratégie en matière de genre de l'UA. La trentaine de chefs d'Etat a chargé la Commission de l'UA de lui soumettre une stratégie détaillée de mobilisation de ce fonds qui sera alimenté dans un premier temps par des contributions des Etats membres.
Mauritanie : La fatwa seule n’arrêtera pas les MGF
2010-02-05
http://www.afrik.com/article18686.html
Selon les érudits religieux et les activistes qui luttent contre les mutilations génitales féminines et les excisions (MGF/E), une récente fatwa bannissant les mutilations génitales féminines en Mauritanie n’aidera à réduire cette pratique que si les responsables religieux relaient ce message auprès de la population. Etant donné que cette pratique est largement répandue en Mauritanie, ainsi que la croyance qu’elle est imposée par l’Islam, convaincre les gens d’arrêter prendra du temps et nécessitera un engagement des responsables religieux. Un groupe de clercs et d’érudits musulmans a signé le 12 janvier un décret religieux contre les MGF après deux journées de débat.
Droits humains
Afrique : Une table ronde pour collecter des fonds en vue de juger Habré
2010-02-05
http://tinyurl.com/yc82uhb
Une table ronde réunissant des bailleurs se tiendra à Dakar, Sénégal, cette année pour collecter des fonds destinés au jugement de l'ancien président tchadien, Hissene Habré, selon les décisions auxquelles ont abouti les dirigeants africains lors de leur sommet qui s'est terminé à Addis-Abeba, le 2 février. Les présidents ont exhorté les pays partenaires et les institutions à appuyer la table ronde et exigé que le gouvernement du Sénégal, la Commission de l'Union africaine et les partenaires, en particulier l'Union européenne, continuent les consultations pour la tenue de la table-ronde.
Burundi : Procès de 33 anciens soldats pour mutinerie en Somalie
2010-02-06
http://tinyurl.com/ydwzfk6
Le procès de 33 soldats burundais poursuivis pour s'être révoltés alors qu'ils servaient au sein de la force de paix de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) a débuté le 4 février devant la justice militaire à Bujumbura. Sur les 33 soldats poursuivis, tous des sous-officiers et des soldats, 23 étaient présents à l'ouverture de leur procès devant le Conseil de guerre de l'armée. Cinq autres ont déserté dès leur retour au Burundi en avril 2009, et cinq autres étaient absents pour divers motifs. Les accusés réclamaient une somme de 6.000 $, en prétendant que leurs supérieurs avaient détourné les rémunérations promises par l'UA et s’étaient révoltés.
Cameroun : Paul Biya visé par une plainte à Paris
2010-02-05
http://tinyurl.com/yzzkso4
Le Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD) a déposé, le 2 février, une plainte pour "recel de détournement de fonds publics" qui vise le président camerounais Paul Biya, soupçonné d'avoir constitué un patrimoine immobilier en France financé par des détournements. Le CCD est une association de Camerounais vivant en France et sa plainte entre en droite ligne des plaintes déposées ces deux dernières années par plusieurs associations comme Transparency international visant trois chefs d'Etat africains : Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée-Equatoriale et le défunt chef d'Etat gabonais Omar Bongo.
Cameroun : 41% des enfants de 5 à 17 ans occupés économiquement
2010-02-06
http://www.afriscoop.net/journal/spip.php’breve1605
Quelque 41% des enfants camerounais de 5 à 17 ans, soit plus de 2,4 millions sur environ 6 millions, sont occupés économiquement, selon les résultats rendus publics mercredi à Yaoundé de la première enquête nationale menée en 2007 par l’Institut national de la statistique (INS). Parmi eux, 71% exercent dans le secteur primaire (agriculture, pêche, sylviculture et chasse), 7,9% dans le commerce/restauration et 4,3% dans l’industrie manufacturière. L’enquête révèle aussi que 27,9% d’enfants de cette tranche d’âge sont astreints aux "travaux à abolir", ou "travaux interdits ", jugés non souhaitables tant socialement que moralement.
Centrafrique : L’affaire Charles Massi pèse sur le chef de l’Etat
2010-02-05
http://tinyurl.com/ya3e4y8
Le président François Bozizé s’est livré à une attaque en règle contre l’opposant Charles Massi, dont on est sans nouvelles depuis le 18 décembre dernier. Ses propos laissent même envisager implicitement le décès de Charles Massi des suites de tortures. «Aujourd'hui, les organisations des droits de l'homme réagissent parce que Massi a été tué. Mais quand 15 de nos soldats ont été tués par des rebelles de Massi, où étaient les droits de l'homme », a-t-il lancé. En se plaçant ainsi en première ligne, le président centrafricain se trouve maintenant dans la situation inconfortable de l’accusé et aura forcément quelques réponses à fournir à la justice internationale sur le sort de son ancien ministre d’État.
Centrafrique : Patassé veut la liberté provisoire pour Bemba
2010-02-05
http://tinyurl.com/y97euxk
L'ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé a souhaité la mise en liberté provisoire de son ex-allié Jean-Pierre Bemba, détenu par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité en Centrafrique. Bemba, chef du Mouvement de libération du Congo (MLC) devenu parti d'opposition en République démocratique du Congo, avait appuyé le régime de M. Patassé pour contrer une tentative de coup d'Etat entre 2002 et 2003. Arrêté en mai 2008 à Bruxelles sur la base d'un mandat de la CPI, il est détenu à La Haye, où siège la Cour qui doit le juger pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Centrafrique par les hommes du MLC. Son procès est prévu à partir du 27 avril.
Global : réexamen de l’accusation de génocide contre El-Béchir
2010-02-05
http://tinyurl.com/yzkbsbo
Les juges de première instance de la Cour Pénale Internationale doivent réexaminer leur décision de ne pas retenir le génocide dans leur mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir, a ordonné le 3 janvier la chambre d'appel de la CPI. Les juges de première instance avaient émis le 4 mars 2009 un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, mais n'avaient pas retenu le génocide demandé par le procureur. Ce dernier avait interjeté appel le 6 juillet 2009.
Guinée : La commission d'enquête nationale absout Dadis Camara
2010-02-05
http://tinyurl.com/y8dj5gj
Le président de la commission d'enquête mise en place par la junte guinéenne sur le massacre du 28 septembre à Conakry a affirmé, le 2 février, que le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, n'avait aucune responsabilité dans la tuerie. Cette commission nationale contredit ainsi la commission d'enquête de l'ONU qui avait pointé "une responsabilité pénale individuelle" du chef de la junte, de son ex-aide de camp, le lieutenant Aboubacar Chérif Diakité dit Toumba, et du commandant Tiegboro Camara. La commission nationale a, en revanche, recommandé des poursuites judiciaires contre le militaire Toumba, en fuite depuis qu'il a tiré, le 3 décembre, sur le chef de la junte, actuellement en convalescence au Burkina Faso.
Guinée : Toumba Diakité déclare avoir agi «sur ordre»
2010-02-06
http://tinyurl.com/yc8opjg
Toumba Diakité, en fuite depuis le 3 décembre 2009, jour où il a tiré sur le président Dadis Camara, réfute les conclusions de la Commission nationale d'enquête sur les évènements du 28 septembre. Celles-ci le rendent seul responsable du massacre au stade de Conakry. Dans une interview avec Radio France International, il déclare avoir agi sur ordre de Dadis Camara, salue l'arrivée de Sekouba Konaté à la tête de la transition en Guinée et voudrait qu'il trouve une solution à son cas personnel. Il se dit ouvert à tout et demande la grâce. Il se dit prêt aussi à se rendre devant la commission d'enquête internationale, voire la CPI, jugeant la justice guinéenne dépendante de l’Exécutif et n’ayant aucune crédibilité.
Maroc : Des anciens combattants recouvrent leurs droits
2010-02-06
http://tinyurl.com/yh896ez
Cinquante-deux combattants marocains s'étant battus pour la France bénéficieront peut-être de la même pension que leurs frères d'armes français. Le rapporteur du tribunal administratif de Bordeaux a, le 29 janvier dernier, confirmé leur droit à revendiquer une pension d’un montant égal à celui de leurs frères d’armes français. Les dossiers sont en délibéré, et la décision définitive sera rendue dans une quinzaine de jours. Elle devrait, en principe, suivre les recommandations du rapporteur. Les personnes concernées devraient bénéficier alors d’une spectaculaire augmentation de leur pension – qui passerait de 70 euros à 900 euros par mois – et recevoir un arriéré portant sur deux ou quatre ans. Soit, dans le meilleur des cas, 40 000 euros.
Rwanda : Des casques bleus belges mis en cause dans le génocide
2010-02-06
http://tinyurl.com/yho7pdz
La justice belge a rouvert, le 3 février 2010, l'une des pages les plus sombres du génocide rwandais. Le tribunal civil de Bruxelles doit en effet se prononcer sur la plainte déposée par Florida Ngulinzira, veuve de l'ancien ministre des Affaires étrangères Boniface Ngulinzira, tué lors du massacre de l'école technique de Kigali en avril 1994. Mme Ngulinzira met en cause l'Etat belge et les casques bleus de la Mission des Nations Unies d’Assistance au Rwanda (Minuar) qui étaient présents dans la capitale rwandaise en avril 1994. Elle reproche aux casques bleus d'avoir « abandonné des personnes en danger de mort ». Plus de 2 000 personnes sont mortes cet après-midi d’avril 1994, Elles avaient trouvé refuge dans l’école technique officielle de Kigali.
Soudan : El-Béchir risque d'être inculpé pour génocide
2010-02-06
http://www.afrik.com/article18706.html
Visé par un mandat d’arrêt international depuis mars 2009, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, le président du Soudan, Omar El-Béchir, pourrait être aussi accusé de génocide par la Cour pénale internationale (CPI). La Chambre pénale de La Haye a ordonné le 3 février, aux juges de la première instance de la CPI, de revoir leur décision de ne pas retenir le génocide dans le mandat d’arrêt, cassant ainsi la décision des juges de première instance du 4 mars 2009. Le gouvernement soudanais accuse la Cour de vouloir compromettre les élections d’avril. Le débat reprend. La Cour d’appel internationale (CPI) de La Haye a cassé aujourd’hui.
Réfugiés & migration forcée
Congo : Les 110 000 réfugiés de la RDC inquiètent Sassou
2010-02-05
http://tinyurl.com/ycxsllm
En marge du 14e sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a déploré la situation de cent dix mille ressortissants de la RD Congo (RDC), réfugiés dans le nord de son pays. Il souhaite le retour urgent de ces réfugiés dans leur en RDC. Pour lui, la situation appelle beaucoup de vigilance et aussi beaucoup de sérieux. Sa peur, c’est de voir ces réfugiés et les autochtones vivre dans une situation indésirable en ce qui concerne leur santé, leur alimentation et même leur sécurité. Cela ne devrait perdurer, a souligné Denis Sassou Nguesso qui tient à rapatrier ces réfugiés.
Mauritanie : La première destination des immigrés africains
2010-02-06
http://tinyurl.com/yh38kkc
La Mauritanie est devenue depuis quelques temps la première destination des immigrés de l'Afrique au sud du Sahara, affirme un rapport du bureau régional pour l'Afrique de l'Organisation Internationale de la migration. Le rapport, qui ne précise pas le nombre des immigrés dans le pays, indique, sur la base d'un échantillon de 10 000 immigrés en Mauritanie, que 84 % sont de nationalités africaines, notamment du Sénégal voisin, de Côte d'Ivoire, de Guinée-Bissau, de Gambie. Un pourcentage important de ces immigrés, considèrent la Mauritanie comme un territoire de transit pour aller vers l'Europe.
Somalie : Des populations fuient la sécheresse et les combats
2010-02-05
http://tinyurl.com/yd3jfbj
Alors que les attaques sur Mogadiscio se poursuivent, des combats ont maintenant éclaté aussi dans le centre de la Somalie, forçant des milliers de familles au déplacement. En même temps, la sécheresse sévit dans les régions jouxtant la frontière avec l'Éthiopie et le Kenya, où le niveau de malnutrition chez les enfants en bas âge est alarmant. Les combats ont été particulièrement intenses dans la région du Bas Juba, ce qui a entraîné de nouveaux déplacements. En janvier, des combats ont aussi éclaté dans les régions centrales.
Elections & gouvernance
Algérie : Main basse des généraux sur le pétrole
2010-02-06
http://www.camer.be/index1.php’art=8869&rub=6:1
La cohabitation vacille entre le président Bouteflika et les militaires de la Direction du Renseignement et de la Sécurité (DRS) et les couteaux sont sortis dans la guerre du pétrole. Hélas pour Bouteflika, les fins limiers ont tiré les premiers. En janvier, un séisme a secoué le pouvoir algérien, avec la destitution et la mise sous contrôle judiciaire de Mohamed Meziane, président de la Sonatrach, et de quatre vice-présidents de la société des hydrocarbures. À travers celui-ci, c’est le ministre du Pétrole, proche de Bouteflika, Chakib Khelil, qui est désormais dans le collimateur. À la manoeuvre se trouve le général Mediene, chef du DRS depuis 1990 (!) et véritable patron de l’Algérie.
Afrique : Bornage effectif de la frontière Mali-Burkina
2010-02-06
http://www.journaldumali.com/article.php’aid=1035
Les autorités maliennes et burkinabés ont procédé à l'inauguration du bornage de la frontière qui lie les deux pays. Les ministres de l’Administration territoriale des deux pays se sont retrouvés le 29 janvier dernier pour la pose de la dernière étape de ce processus. En Afrique, les frontières ont toujours constitué des sources de conflits armés entre états unis par le même sang. Crées depuis la période coloniale, les frontières Africaines répondaient à la seule préoccupation de sauvegarder les intérêts des puissances colonisatrices. Aujourd’hui, procéder au bornage relève exclusivement de l’idée de mieux gérer les frontières.
Afrique: L'UA décrète une tolérance zéro pour les coups d'Etat
2010-02-05
http://tinyurl.com/yj8pdql
L'union africaine (UA) a décidé d'imposer des sanctions aux pays instigateurs ou sympathisants des changements anticonstitutionnels dans les pays membres de l'organisation. Cette décision entre dans le cadre d'une nouvelle approche basée sur la tolérance zéro contre les coups d'Etat en Afrique. Dans les décisions issues de son 14e sommet ordinaire qui a pris fin le 2 février à Addis-Abeba, après trois jours de travaux, l'UA souligne qu'elle est dotée d'instruments juridiques nécessaires pour lutter contre les changements anticonstitutionnels de régimes politiques.
Afrique du Sud : Il y a 20 ans, Mandela était libéré
2010-02-05
http://tinyurl.com/ydqghkc
Le dernier président de l'apartheid en Afrique du Sud, Frederik de Klerk, a célébré le 2 févier, le 20e anniversaire de son discours historique au Parlement annonçant la libération des prisonniers politiques, dont Nelson Mandela, et la légalisation des partis noirs. Le dernier président blanc d'Afrique du Sud a prononcé son fameux discours, cinq mois seulement après avoir été élu, alors que les townships s'enflammaient et que l'économie s'effondrait sous le poids des sanctions internationales.
Côte d'Ivoire: Dix membres de la Commission électorale démissionnent
2010-02-06
http://news.abidjan.net/h/355724.html
La crise née l’inscription jugée frauduleuse de 429 000 personnes sur la liste électorale par le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), en Côte d’Ivoire, a connu un important rebondissement le 3 février. Dix membres de la commission centrale de la CEI se sont retirés de toute activité sur le terrain. Ils ont invité tous leurs collègues sur l'ensemble du territoire national et à l'étranger à les suivre dans leur démarche. Cette décision fait suite à un communiqué conjoint du Premier ministre et du président de la CEI indiquant que la période des réclamations pour l'inscription sur la liste électorale reprend pour une durée de dix jours allant du 4 au 14 février 2010.
Côte d’Ivoire : Le président de la Commission électorale dans le collimateur
2010-02-06
http://tinyurl.com/yklqm96
Alors que la date de l’élection n’est toujours pas arrêtée, le président de la Commission Electorale Indépendante est devenu « l’homme à abattre » pour le camp du chef de l’État. Depuis quinze jours, les barons du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) demandent sans relâche la démission de Robert Mambé Beugré. Le ministre de l’Intérieur et fidèle du président Gbagbo a même diligenté une enquête contre lui, accusé qu’il est d’avoir tenté d’inscrire frauduleusement quelque 429 000 personnes sur la liste électorale.
Ethiopie : Clôture du 14e sommet de l'UA à Addis-Abéba
2010-02-05
http://tinyurl.com/yh2ppkn
La 14e session ordinaire du sommet de l'Union africaine (UA) s'est clôturée le 2 février à Addis Abeba, avec un concensus atteint sur les priorités de l'organisation panafricaine pour l'année 2010. Le nouveau président en exercice de l'UA, Bingu wa Mutharika a annoncé que durant son mandat d'un an, ces priorités seront portées, entre autres, sur les dossiers tels que le programme de la sécurité alimentaire, le développement des infrastructures de transport et de communication et le développement de l'énergie.
Guinée : Doré calcule, Sékouba s'impatiente
2010-02-06
http://tinyurl.com/yhmgt6e
Dans une lettre de mission adressée au Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, le président de la transition en Guinée, Sékouba Konaté, demande "l'organisation rapide d'élections libres, crédibles et transparentes". Le moins que l'on puisse dire, c'est que le chef de la junte confirme, si besoin en était encore, sa détermination à honorer l'engagement contenu dans l'accord de sortie de crise, signé à Ouagadougou au Burkina, le 15 janvier dernier. Un engagement consistant à tenir l'élection présidentielle en Guinée dans les "six mois" suivants.
Mali : La CIA aux trousses de 57 Maliens
2010-02-06
http://www.afriscoop.net/journal/spip.php’breve1621
La CIA, le service secret des Etats-Unis, est aux trousses de 57 Maliens suspectés d’être impliqués dans des réseaux internationaux de trafic de drogue, selon la presse malienne. Des sources policières ou diplomatiques contactées n’ont ni confirmé ni infirmé cette information, selon laquelle ces personnes dont les noms ont été remis aux autorités maliennes sont des cadres de la haute administration et du secteur privé impliqués dans le narcotrafic. Depuis l’affaire "d’Air Cocaïne", du nom de l’avion vénézuélien volontairement incendié au nord-Mali par ses occupants pour faire disparaître toute preuve de trafic de drogue, le Mali est sur la liste rouge des pôles de transit.
Nigeria : 72 jours et toujours pas de président
2010-02-05
http://tinyurl.com/yeo99sk
Le Nigeria est sans président depuis 72 jours et tourne au ralenti dans l'attente du dénouement de la crise politique provoquée par l'absence médicale de M. Yar'Adua, ce qui alimente la perspective de possibles élections anticipées. Une assurance a été encore donnée le 28 janvier par le vice-président Goodluck Jonathan, que de plus en plus de secteurs de la société civile et du monde politique veulent ouvertement voir prendre les rênes du pays comme "président par intérim", mais le "clan Yar'Adua", emmené par Turai, l'épouse du président, fait tout pour s'y opposer.
Rwanda : L’opposante Victoire Ingabire attaquée
2010-02-06
http://tinyurl.com/ycr6sn8
L’opposante rwandaise Victoire Ingabire a été attaquée el 3 février, à Kigali par plusieurs hommes, qui ont également battu son assistant Joseph Ntawagundi. Mme Ingabire a été blessée et son sac à main et ses papiers ont été volés. Elle affirme que des membres des services de sécurité présents sur les lieux n’ont rien fait pour arrêter l’attaque. Cette femme politique, récemment rentrée d’exil, a annoncé son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle au nom des Forces Démocratiques Unies, un parti non encore reconnu au Rwanda.
Togo : Kofi Yamgnane en appelle à la rue
2010-02-05
http://tinyurl.com/yf37v5j
Ecarté de la course à l'élection présidentielle au Togo à la suite d'une décision de la cour constitutionnelle, Kofo Yamgnane n'entend pas rester les bras croisés. L'ancien maire d’une commune française en appelle désormais à la rue pour faire entendre la voix de son camp. Une incertitude sur la date de naissance de Kofi Yamgnane a conduit la Cour constitutionnelle du Togo à l’empêcher de présenter sa candidature à l'élection présidentielle. Interrogé par France Info sur ses intentions, l'ancien secrétaire d'Etat sous feu François Mitterrand a répondu qu'il comptait désormais sur une réaction de ses partisans dans la rue pour protester contre ce qu'il considère comme une décision "politique".
Corruption
Afrique du sud : l'épouse d'un ministre arrêtée pour "trafic de drogues"
2010-02-06
http://tinyurl.com/yaxcwus
L'épouse du ministre sud-africain de la Sécurité de l'Etat a été arrêtée et placée en garde à vue après sa comparution devant un tribunal de Pietermaritzburg. Sheryl Cwele (50 ans), épouse du ministre Siyabonga Cwele, est poursuivie dans une affaire de trafic de drogue et deux affaires d'incitation au trafic de substances dangereuses entraînant l'accoutumance qui remontent à mai et juin 2008. Elle est poursuivie dans ce dossier avec un ressortissant nigérian arrêté en Afrique du sud, en décembre dernier. Les deux prévenus sont soupçonnés d'être liés à un réseau international de narcotrafic.
Guinée Equatoriale : Le Sénat américain se penche sur le cas du fils du président
2010-02-05
http://tinyurl.com/y8fnz35
Le Sous-comité Permanent du Sénat américain a entamé, le 4 février, l’examen de plusieurs affaires de corruption présumée concernant quatre pays d’Afrique, dont la Guinée Équatoriale. Un certain nombre de témoins sont cités à comparaître parmi lesquels un agent immobilier et des avocats du fils aîné du président Obiang Nguema. Les auditions tentent d’établir «comment quelques hauts-fonctionnaires étrangers politiquement puissants, leurs parents ou proches collaborateurs - visés aux accords internationaux comme «politically exposed persons» (personnes politiquement exposées, ou PEPs) - ont employé les services de professionnels et d’institutions financiers des États-Unis pour introduire des millions de dollars d’argent sale aux Etats-Unis…»
Tchad : Trois ministres arrêtés et un autre limogé
2010-02-06
http://tinyurl.com/yb87gge
Le ministre tchadien de l'Environnement et des ressources halieutiques a été limogé le 3 février. Il lui serait reproché d’avoir délivré "une autorisation à un général de l'armée pour l'abattage des arbres dans un périmètre à perte de vue à la sortie sud de N'Djamena". Or, les autorités tchadiennes ont, dans le cadre de la lutte contre la déforestation et la désertification, strictement interdit l'abattage des arbres près de N'Djamena, interdisant même la vente de charbon de bois dans la capitale. Avant le limogeage de ce ministre, trois autres membres du gouvernement ont été inculpés de corruption et écroués le 2 février à la maison d’arrêt. Il s'agit du ministre de l'Education nationale, du secrétaire général du Gouvernement et du secrétaire d'Etat aux Finances chargé du Budget.
Développement
Afrique du sud : Les inégalités riches-pauvres s'élargissent
2010-02-05
http://tinyurl.com/yduqpll
Selon une étude publiée le 3 février à Johannesburg par le Département Sud-Africain de Recherches sur le Travail et le Développement de l'Ecole des sciences économiques de l'Université du Cap affirme que les niveaux de pauvreté et d'inégalité en Afrique du Sud continuent d'être porteurs de sous-entendus raciaux persistants. Les inégalités de revenus en Afrique du Sud ont augmenté entre 1993 et 2008, plaçant les niveaux de disparités dans le pays parmi les plus élevées du monde, souligne le rapport.
Haïti : La qualité des constructions en accusation
2010-02-05
http://tinyurl.com/yk8zcsq
Des représentants de l'association Architectes de l'urgence sont à pied d'oeuvre à Port-au-Prince depuis deux semaines. D'après eux, le nombre de victimes aurait pu être divisé par quatre si les règles élémentaires de construction avaient été respectées. Ils pointent du doigt de très graves manquements relevant de la conception du bâtiment ou des matériaux utilisé. A savoir de gros cailloux entrant dans la confection du béton ou le non-respect des proportions sable et ciment. Ou encore les ferrures affleurant à la surface des piliers ou des angles. Autre constat : les toitures de nombreuses maisons ont été renforcées en prévision des cyclones. Créant un trop grand différentiel de poids et fragilisant la base.
Santé & VIH/SIDA
Somalie: Jusqu'à 240 000 enfants de moins de cinq ans malnutris
2010-02-06
http://tinyurl.com/yccxxzu
La Somalie présente l'un des taux de malnutrition les plus élevés du monde, avec jusqu'à 240 000 enfants de moins de cinq ans affectés, d'après un rapport d'alerte précoce publié le 1er février par l'Unité d'Analyse de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition de la FAO en Somalie et le Réseau des Systèmes d'Alerte Précoce contre la Famine (FEWSNET). Selon le rapport, un enfant sur six souffre de malnutrition aigüe et a besoin de soins spécialisés. Les prix alimentaires élevés, le manque d'opportunités d'emplois et la réduction de l'aide humanitaire ont contribué à la crise. Un sac de 50 kilogrammes de maïs, qui se vendait pour l'équivalent de 12 dollars, il y a deux mois, coûte aujourd'hui 30 dollars.
Seize jours d'activisme contre la violence à l'égard des femmes
Kenya : Enquêter sur les violences sexuelles
2010-02-06
http://tinyurl.com/yzt8bom
Les témoignages des femmes qui ont survécu aux violences sexuelles au cours des conflits post-électoraux en 2008 au Kenya devraient être entendus, selon les défenseurs des droits humains. L'ampleur des crimes commis contre les femmes, en raison de leur sexe, doit être enregistrée et faire l’objet de poursuites pour éviter que de telles violences se reproduisent, assurent-ils. Selon la directrice exécutive de la Fédération des Femmes Juristes, le constat établi est qu’il n'y a aucune intention politique d’assurer que les auteurs des violences basées sur le genre et des violences sexuelles seront amenés à rendre des comptes.
Environnement
Afrique: 4 millions d'hectares de forêts perdus par an entre 2000 et 2005
2010-02-06
http://tinyurl.com/yesgn9e
Selon la FAO, l’Afrique a perdu environ 4 millions d’hectares de forêts par an de 2000 à 2005. Ce qui représente près du tiers de la superficie déboisée dans le monde. Avec ses 58 pays et zones, le continent africain possède des écosystèmes très diversifiés. Il regroupe 14% de la population mondiale. Les forêts africaines couvrent 645 millions d’hectares, soit 21,4 % de la surface totale des terres. Les forêts du bassin du Congo constituent le deuxième massif forestier tropical du monde.
Madagascar : La colère des artisans du bois
2010-02-06
http://tinyurl.com/yhuokxd
Les associations d'artisans d'Ambositra demandent une autorisation spéciale pour pouvoir exploiter les bois précieux qui leur servent de matière première. Leurs membres sont les premières victimes de l'interdiction d'exploitation de bois précieux depuis quelques années. C'était même à l'origine du soulèvement populaire de 2009 dans cette capitale de l'artisanat malgache. C'est un des grands problèmes dont le régime de Transition a hérités, car l'exploitation du bois précieux est toujours officiellement interdite à Madagascar pour protéger l'environnement et la forêt.
Média & liberté d'expression
Afrique : 13 journalistes tués et 32 emprisonnés en 2009
2010-02-06
http://tinyurl.com/ydmlvts
Quelque 13 journalistes ont été tués, 32 emprisonnés, au cours de l’année 2009 en Afrique. Une année marquée aussi par de multiples arrestations, des actes de violences contre des journalistes, indique le rapport du bureau Afrique de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Parmi les journalistes victimes de violences, certains ont été blessés, ajoute le document présenté le 21 janvier dernier à Addis-Abeba. Le rapport signale des menaces et intimidations à l’encontre des professionnels des médias, relevant que l’Afrique de l’Est, à travers la Somalie et l’Erythrée, s’est distinguée comme la région la plus chaude du continent.
Afrique : Une étude classe les plus gros tirages de la presse
2010-02-06
http://tinyurl.com/y9w97b4
Une étude est réalisée par l’Organisme International des Médias et Journaux a procédé au classement de 3 500 journaux de 200 pays. On aura remarqué une percée de la presse algérienne qui occupe le haut du Top 20 africain, réalisé en fonction de la popularité des journaux. Sur les vingt premiers, derrière El Ahram d’Egypte, on note cinq publications algériennes, suivies par les journaux de l’Afrique du Sud, du Nigeria, de l’Ouganda, du Kenya, du Maroc, de la Tunisie et de la Zambie.
Ethiopie: un journaliste condamné
2010-02-05
http://tinyurl.com/ylzsomv
La justice éthiopienne a condamné un journaliste éthiopien à un an de prison "pour avoir critiqué le Premier ministre Meles Zenawi", dénonce le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les critiques portaient sur une déclaration de M. Meles à propos des « affaires religieuses en Ethiopie ». Le journaliste incriminé est Ezedin Mohamed, du journal musulman Al-Quds. Il a été placé en détention à la prison de Kaliti, en périphérie d'Addis Abeba, ajoute l'organisation. Ce dernier aurait demandé à la cour que sa peine soit commuée en une amende.
Maroc : Le Journal le plus indépendant du pays poussé à la fermeture
2010-02-06
http://tinyurl.com/ylcezey
Le « Journal hebdo », symbole de lutte contre le pouvoir au Maroc, a fermé pour liquidation judiciaire. Une décision en réalité politique. Le 27 janvier, en plein bouclage, cette publication pionnière et icône de la liberté de la presse marocaine, a été fermé de force pour « liquidation judiciaire », sur ordre du tribunal de commerce. A première vue, pour une raison légale : Le Journal hebdomadaire croulait sous des dettes de plus de 450 000 euros envers la sécurité sociale marocaine (CNSS) et la direction des impôts. Mais pour un de ses fondateurs, les problèmes financiers ne viennent pas de nulle part. Et il met à l’index les autorités.
Mauritanie : Lourde peine de prison contre un journaliste en ligne
2010-02-06
http://www.rsf.org/Lourde-peine-de-prison-contre-un.html
Une condamnation à deux ans de prison ferme a été prononcée le 4 février 2010 contre le directeur du site Taqadoumy, Hanevy Ould Dehah, pour « atteinte aux bonnes mœurs, incitation à la révolte et délit de publication ». Ce dernier était maintenu en détention arbitraire depuis plus d’un mois. Il n’avait pas été libéré après avoir terminé de purger une première peine de prison de six mois le 24 décembre dernier. Ce nouveau procès devait rejuger l’affaire dans son intégralité. Les journalistes mauritaniens se sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour réclamer la libération de leur confrère, en organisant des rassemblements et en plaidant son cas auprès des autorités.
Rwanda : Un hebdomadaire indépendant menacé de suspension définitive
2010-02-06
http://tinyurl.com/yf8eqy8
Un des principaux hebdomadaires indépendants au Rwanda, Umuseso, est menacé de cessation de paraître. Visé par deux différents procès, poursuivi par un ministre et la maire de Kigali pour "diffamation, lèse-majesté et immixtion dans la vie privée par voie de presse", le journal attend le verdict qui doit être rendu le 22 février prochain. A l’approche de l’élection présidentielle prévue au mois d’août, la crainte est réelle de voir les autorités restreindre l’espace laissé aux médias privés rwandais. Le Rwanda occupe la 157e place, sur 175 pays, du classement mondial 2009 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Après l’Erythrée, la Somalie, et la Guinée équatoriale, il est le quatrième pays africain le moins bien classé.
Ouganda: un journaliste arrêté et inculpé pour diffamation
2010-02-05
http://tinyurl.com/yawyp8s
Un journaliste ougandais a été arrêté mercredi et inculpé de diffamation pour avoir comparé le régime du président Yoweri Museveni à la dictature de Ferdinand Marcos aux Philippines, a indiqué son avocat. Angelo Izama, chroniqueur politique pour le quotidien indépendant Daily Monitor, est l'auteur d'un texte publié le 20 décembre dans les colonnes du Monitor, affirmant que le gouvernement ougandais entraînait une unité para-militaire en vue des élections générales de 2011. Les autorités ont protesté contre cet article, selon le rédacteur en chef du Monitor, Daniel Kalinaki.
Conflits & urgences
Côte d’Ivoire : les tensions sociales et politiques s’exacerbent
2010-02-05
http://news.abidjan.net/h/355685.html?n=355685
Nul n'est besoin d'être un devin pour s'apercevoir que la Côte d'Ivoire glisse inexorablement vers une explosion sociale et politique dont les conséquences risquent d'être encore plus dramatiques que celles connues jusqu'ici. Les signes avant coureurs sont là, bien perceptibles. Une sorte de folie s'est emparée du pays depuis le 8 janvier 2010, date de la publication du communiqué du président Gbagbo accusant le président de la Commission Electorale Indépendante d'avoir inscrit frauduleusement 429 000 personnes sur la liste électorale provisoire.
Rd Congo : 50 dollars contre une arme restituée au Kivu
2010-02-06
http://tinyurl.com/yaay7b9
Une opération de sensibilisation pour récupérer les armes de guerre a démarré au Kivu. La remise se fait contre 50 dollars. Un montant qui s’explique par le fait qu’il circule au Kivu plus d’armes que dans d’autres provinces. Avec 20 dollars on peut s’y acheter une arme à feu. Une telle opération a fait ses preuves au nord-Katanga où elle a réussi à mettre fin à la circulation d’armes à feu et par voie de conséquence, à l’insécurité dans cette partie de la province. A Kinshasa, elle est également à la base de la réduction sensible des actes criminels.
Somalie : Les Shebab font officiellement allégeance à Al-Qaïda
2010-02-05
http://tinyurl.com/ya5wooh
La Somalie n’a plus de véritable gouvernement central depuis vingt ans et se trouve plongée dans une anarchie sanglante dont cherchent à profiter factions politiques rivales, extrémistes religieux, bandes criminelles, pirates de l’océan Indien et du golfe d’Aden. Dans ce cadre, le mouvement islamiste somalien Al Chabaab a conclu une alliance avec un autre groupe rebelle, Kamboni, implanté dans le sud du pays, et a prêté officiellement allégeance à la mouvance Al Qaïda dans sa “guerre sainte”.
Internet & technologie
Madagascar: Premier essai de la télé-médecine
2010-02-06
http://tinyurl.com/y979yom
Annoncée en 2009, l’université E-Mailaka de Madagascar, mise en place par le ministère des Télécommunications dans le cadre du projet Pan African e-Networking comprenant 53 pays en Afrique, fait ses premiers pas. Un essai de vidéo-conférence a eu lieu dans le cadre du projet Imailaka Médecine au niveau de l’Institut Médical de Madagascar. Le matériel est déjà installé depuis quelques semaines et les spécialistes devant former les techniciens malgaches qui, à leur tour, partageront leur savoir avec les étudiants du pays, sont en place. Le projet prévoit de faire bénéficier toutes les régions de ce télé-enseignement.
Emploi
Des postes à l’ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES DE DAKAR
2010-02-06
http://pambazuka.org/fr/category/jobs/62125
Les postes suivants sont ouverts à la candidature à l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).
- Un poste d’attaché de recherche en Physique et Chimie biologiques et médicales
- Un poste d’assistant en Physique et Chimie biologiques et médicales
- Un poste d’assistant en Pharmacie-toxicologie
En plus du diplôme d’Etat de Docteur vétérinaire, les candidats doivent être titulaires d’un diplôme post-universitaire dans la spécialité demandée (DEA, Master, Doctorat 3éme cycle, thèse unique). Les candidats doivent être âgés de 40 ans maximum.
Les demandes accompagnées du curriculum vitae complet, avec copies légalisés des titres, ainsi que les copies de travaux scientifiques seront adressées au directeur de l’EISMV, par l’intermédiaire du Ministre chargé de l’enseignement Supérieur de l’Etat d’origine du candidat et ce, au plus tard le 15 avril 2010.
www.ucad.sn
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