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Pambazuka News 135: Les limites de l'analyse de la CIA, sur le monde en 2025
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Nécrologie, 3. Femmes & genre, 4. Droits humains, 5. Réfugiés & migration forcée, 6. Elections & gouvernance, 7. Corruption, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. LGBTI, 11. Environnement, 12. Terres & droits fonciers, 13. Média & liberté d'expression, 14. Nouvelles de la diaspora, 15. Conflits & urgences, 16. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE: Le monde en 2025, selon la CIA.
NECROLOGIE: Afrique du Sud: Restes des restes d’un ancien dirigeant de l’ANC.
FEMMES & GENRE: Les exciseuses de Kousséry rangent leurs couteaux.
DROITS HUMAINS: Côte d’Ivoire: Les victimes du Probo Koala enfin indemnisées ?
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE: Afrique: 53 000 réfugiés congolais contre 89 000 rwandais.
ELECTIONS & GOUVERNANCE: Côte d’Ivoire: Gbagbo dans une situation difficile.
CORRUPTION: Gabon: Ali Bongo épinglé par le Congrès américain.
DEVELOPPEMENT
Maroc: 5,3% de croissance en 2009 et un chômage en baisse.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique: 50 000 tonnes de pesticides obsolètes menacent le continent.
LGBTI: Zambie: Interdiction des mariages homosexuels.
ENVIRONNEMENT: Ile Maurice : L’huile de coco comme alternative au diésel.
TERRES & DROITS FONCIERS: Afrique du Sud : Préparation d’une nouvelle loi sur la redistribution des terres.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION: Afrique: De plus en plus de journalistes obligés de s’exiler.
NOUVELLES DE LA DIASPORA: Haïti : Huit des dix Américains accusés d’enlèvement d’enfants libérés.
CONFLITS & URGENCES: Sénégal : 2 soldats tués, des camps rebelles détruits
INTERNET & TECHNOLOGIE: Ghana : projet d’usine de montage de téléphones portables
Chroniques
Le monde en 2025, selon la CIA
Samir Amin
2010-02-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/62509
La lecture du dernier rapport de la CIA sur « le monde en 2025 » ne fournit guère de renseignements qu’un observateur ordinaire de l’économie et de la politique mondiale aurait ignorés. Par contre, elle nous permet de mieux connaître le mode de pensée de la classe dirigeante étasunienne et d’en identifier les limites.
Je résumerai mes conclusions de cette lecture dans les points suivants :
- la capacité de « prévoir » de Washington étonne par sa faiblesse ; on a le sentiment que les rapports successifs de la CIA sont toujours « en retard » sur les évènements, jamais en avance ;
- cette classe dirigeante ignore le rôle que les « peuples » jouent parfois dans l’histoire ; elle donne le sentiment que les opinions et les choix des classes dirigeantes comptent seuls, et que les peuples « suivent » toujours ces derniers choix pour s’y adapter sans jamais parvenir à les mettre en échec et encore moins à imposer des alternatives différentes ;
- aucun des « experts » dont l’opinion aurait été retenue n’imagine possible (et encore moins « acceptable ») un mode de gestion de l’économie autre que celui dont l’économie conventionnelle reconnait le caractère prétendu « scientifique » (l’économie capitaliste « libérale » et « mondialisée »), il n’y aurait donc pas d’alternative crédible (et donc éventuellement possible) au « capitalisme libéral » ;
- l’impression qu’on tire de cette lecture est que, de surcroit, l’establishment étasunien conserve quelques solides préjugés, notamment à l’égard des peuples d’Afrique et d’Amérique latine.
Le rapport précédant – le monde en 2015 – n’avait pas imaginé que le mode de financiarisation du capitalisme des oligopoles devait nécessairement conduire à un effondrement, comme cela s’est produit en 2008, et avait été prévu et décrit des années auparavant par des analystes critiques que les experts de l’establishment étasunien ne lisent jamais (dont François Morin, John Bellamy Foster et moi-même). De la même manière, l’échec militaire en Afghanistan n’avait pas été imaginé et c’est seulement donc dans ce dernier rapport que l’idée d’un abandon partiel de la stratégie de Washington de contrôle militaire de la planète est envisagée – évidemment suite à son échec !
Aujourd’hui encore donc (dans la perspective de 2025) le rapport affirme sans hésitation « qu’un effondrement de la mondialisation » reste impensable. Notre hypothèse est au contraire qu’il y a une forte probabilité de « dé-globalisation » par la constitution de régionalisations robustes et déconnectées (au sens que les rapports que ces régions entretiendraient entre elles seront l’objet de négociations ne remettant pas en cause gravement leur autonomie relative). D’une manière générale « l’hégémonie » des Etats Unis, dont le déclin est visible depuis plusieurs décennies, affirmée pourtant dans le rapport précédant comme toujours « définitive » est désormais imaginée comme « écornée », mais néanmoins toujours robuste.
Il est coutumier que les classes dirigeantes n’imaginent pas le terme possible du système qui assure la perpétuation de leur domination. Les « révolutions » sont donc toujours, pour elles, non seulement des « catastrophes », mais encore des accidents imprévisibles, inattendus, « irrationnels ». Cette myopie fatale leur interdit de sortir du cadre d’une prétendue « real-politik » (fort peu réaliste en réalité !) dont le parcours est façonné exclusivement par les effets des calculs, des alliances et des conflits concernant les seules classes dirigeantes. La géopolitique et la géostratégie sont alors strictement enfermées dans l’horizon des possibilités conformes à ces jeux. Les raisonnements développés par les analystes de la CIA, concernant les différentes options possibles de la classe dominante étasunienne (et de ses alliés subalternes européens et japonais), en réponse à celles de leurs adversaires sérieux (les pays « émergents », Chine en premier lieu) et aux oscillations chaotiques possibles d’autres, sont certainement fondés.
Mais il reste que l’éventail des objectifs et des stratégies mises en œuvre par les Etats, les nations et les peuples des périphéries du système mondial (qu’il s’agisse des pays émergents ou de ceux qui sont marginalisés) est sérieusement rétréci par le préjugé « libéral » fondamental. La contradiction fondamentale à laquelle les classes dirigeantes des pays concernés sont confrontées est ignorée. Que ces classes soient « pro-capitalistes », au sens large du terme, n’est pas discutable, mais évident. Il reste que leurs projets capitalistes ne peuvent se déployer que dans la mesure où les stratégies mises en œuvre contraignent alors, avec succès, les centres impérialistes à reculer.
Le rapport sous estime largement cette contradiction pour se satisfaire de ce qui paraît encore correct aujourd’hui, à savoir que les pouvoirs en place (en Chine, en Inde, au Brésil, en Russie et ailleurs) ne remettent pas (encore ?) en cause les fondements de l’ordre international. Il en est ainsi parce que dans la phase précédente de déploiement de la mondialisation, celle que j’ai qualifiée de « belle époque » (1980-2008) les pays émergents étaient effectivement parvenus à « tirer profit » de leur insertion dans la mondialisation en opération. Mais cette phase est désormais close et les classes dirigeantes des pays concernés devront le constater et, partant, mettre en œuvre des stratégies de moins en moins « complémentaires » de celles déployées par les oligopoles du centre impérialiste, en fait donc de plus en plus conflictuelles avec celles-ci. Un facteur décisif – ignoré par les analystes de la CIA – accélèrera probablement cette évolution : la difficulté à concilier une croissance « capitaliste » forte et des réponses acceptables aux problèmes sociaux associés à celle-ci, à laquelle se heurtent les pouvoirs en place dans les périphéries du système.
Les experts de la CIA ne font pas la distinction entre les classes dirigeantes du centre impérialiste et celles des périphéries, puisqu’elles sont toutes « pro-capitalistes ». Pourtant, à mon avis, cette distinction est essentielle. Les classes dirigeantes de la triade impérialiste – les serviteurs fidèles des oligopoles – ne sont effectivement pas « menacées », du moins dans l’avenir visible. Elles garderont donc probablement l’initiative dans la gestion de la crise, en faisant, de façon marginale si nécessaire, quelques concessions aux revendications sociales. Par contre, les classes dirigeantes des périphéries sont dans des positions beaucoup moins confortables. Les limites de ce que peut produire la voie capitaliste sont ici telles que leur relation aux classes populaires demeure ambiguës. Des évolutions dans les rapports sociaux de force, favorables à des degrés divers aux classes populaires sont ici possibles, et même probables. La convergence entre le conflit qui oppose l’impérialisme aux peuples et nations des périphéries d’une part et celui qui oppose le capitalisme à la perspective socialiste d’autre part, est à l’origine de la position inconfortable des classes dirigeantes pro-capitalistes au pouvoir dans le Sud.
Faute de saisir la nature de cette contradiction majeure, les experts de l’establishment étasunien considèrent que l’option du « capitalisme d’Etat » (de la Chine et de la Russie) n’est pas viable et doit conduire un jour ou l’autre à une restauration du capitalisme libéral. L’autre possibilité, qui leur échappe, est que ce capitalisme d’Etat évolue « à gauche », sous la pression victorieuse des classes populaires.
Les scénarios envisagés dans le rapport sont, de ce fait, fort peu réalistes. L’imaginaire de Washington ne va pas au-delà du préjugé selon lequel le succès même de la croissance forte des pays émergents renforcera les classes moyennes qui aspireront à la fois au capitalisme libéral et à la « démocratie », définie, bien entendu, selon la formule en cours en Occident (pluripartisme et système électoral de la démocratie représentative), la seule formule de démocratie reconnue par l’establishment occidental. Que les classes moyennes en question n’aspirent pas à la démocratie parce qu’elles savent que le maintien de leurs privilèges exige la répression des revendications populaires, ne vient pas à l’esprit de nos « experts ». Qu’en conséquence la démocratisation, associée au progrès social et non dissociée de celui-ci, comme c’est le cas dans le modèle de la « démocratie » représentative » préconisée, doive emprunter d’autres voies, est tout également étranger à leur mode de pensée.
D’une manière générale, les « experts » du libéralisme ignorent la possibilité d’une intervention des peuples dans l’histoire. En lieu et place, ils survalorisent le rôle des « individus exceptionnels » (comme Lénine et Mao, à l’intervention desquels les révolutions russe et chinoise est attribuée, comme s’il n’y avait eu aucune situation objective qui rendait prévisible ces révolutions, quelqu’ait été le rôle de ses dirigeants !).
Ce qu’on peut tirer du jeu des « scénarios », imaginés dans le cadre du mode de pensée limité des experts libéraux, est finalement maigre. Beaucoup de détails intéressants (et sans doute correctement saisis), aucune vue d’ensemble qui entraîne la conviction, puisque les contradictions majeures qui donnent sens et portée aux luttes et aux conflits sont ignorées.
Par exemple la longue liste des innovations technologiques susceptibles de s’imposer n’apprend pas grand chose. Sauf que – mais nous le savons déjà - les pays émergents (la Chine et l’Inde en particulier) sont capables d’en maîtriser le contrôle. La question véritable qui se pose ici, pour ces pays comme pour les pays « nantis » de la triade, concerne l’usage de ces technologies, les intérêts sociaux au service desquels elles seront mises en œuvre, les « problèmes » à la solution desquels elles peuvent contribuer et en contrepoint, les « problèmes » sociaux supplémentaires que ces usages génèrent. Aucune de ces questions majeures n’est étudiée dans le rapport.
Les experts de l’establishment étasunien ne s’intéressent qu’aux choix « possibles » des classes dirigeantes des « pays qui comptent » (la Chine en premier lieu, ensuite la Russie et l’Inde, puis l’Iran et les pays du Golfe, enfin le Brésil). L’Europe, à leur avis, n’existe pas (et sur ce point, ils ont certainement raison) et de ce fait restera forcément alignée sur les choix de Washington. L’illusion qu’ils peuvent se faire sur les pays du Golfe est instructive : « riches », ces pays doivent « compter » ; le fait qu’on puisse être riche et insignifiant (ce que je crois être le fait pour ces classes dirigeantes) ne leur paraît pas « imaginable ». J’avais pourtant écrit une critique amusante du projet de Dubaï, avant son effondrement prévisible. Leur crainte concernant l’Iran, non pas pour son « régime islamique » mais parce que cette grande nation n’accepte pas la résignation, est par contre fondée.
Il reste certainement un zest de racisme dans le jugement porté par ces experts sur l’avenir de l’Afrique et de l’Amérique latine.
L’Afrique ne comptera toujours pas, et restera ouverte au pillage de ses ressources. Le seul problème pour eux est qu’ici les Etats Unis (et leurs alliés subalternes européens) se trouveront désormais en concurrence difficile avec les appétits de la Chine, de l’Inde et du Brésil. La crainte n’est pas sans fondement. Mais la possibilité d’un rapport Sud/Sud associant les « pays émergents » (Chine, Inde et Brésil) et l’Afrique d’une nature quelque peu différente au rapport impérialiste de pillage classique, et que ce rapport puisse contribuer à sortir l’Afrique de sa situation de région « marginalisée » (« exclusion programmée »), pour entrer enfin dans l’ère de l’industrialisation, ne leur paraît pas digne de réflexion.
L’Amérique latine, de son côté, n’inquiète toujours pas Washington. Le seul pays « émergent » – le Brésil – restera « sage ». Le modèle de l’intégration irréversible dans l’espace dominé par les Etats Unis que le Mexique illustre, leur paraît être à la longue la destinée inévitable du continent. Les « avancées » révolutionnaires (Cuba, le Venezuela, la Bolivie) sont considérées comme destinées à faire faillite.
Les « scénarios » dessinés dans le rapport, dans ces conditions, renseignent plus sur les limites de la pensée dominante aux Etats Unis que sur les probabilités de leur réalisation. Le premier de ces scénarios consacre une victoire éclatante de la Chine s’imposant comme nouvelle « puissance hégémonique », entrainant dans son sillage une Russie rénovée (c'est-à-dire ayant réussi à diversifier et moderniser son industrie et en particulier ses industries de pointe fondées sur un système d’éducation performant ; sortie donc de la situation réduite à celle d’un exportateur de pétrole et de gaz), une Inde autonome mais résignée, un Iran (« islamiste » ou pas) devenu acteur dominant au Moyen Orient. La « Conférence de Shanghai » victorieuse, réduit l’OTAN au statut d’une alliance impuissante – voire ridicule – contrainte de renoncer définitivement à son projet de « contrôle militaire de la Planète » et à ses interventions sous le prétexte de « guerre au terrorisme ». L’alliance de Shanghai garantit l’accès de la Chine et de l’Inde à 70% des productions de pétrole et de gaz du Moyen Orient.
Cette image – outrageusement forcée – remplit une fonction idéologique évidente. Il s’agit d’agiter le spectre du « péril jaune » et de mobiliser les Européens, voire les Arabes (du Golfe en particulier) derrière le plan de « résistance » de Washington. L’image est forcée parce que la Chine (ses classes dirigeantes – fussent-elles « pro-capitalistes ») n’a pas l’objectif de s’imposer comme puissance « hégémonique » planétaire. Beijing est suffisamment réaliste pour savoir que cela serait un objectif démentiel par son irréalisme. Par contre et précisément parce que la Chine sait que les moyens qu’elle peut déployer pour imposer aux Etats Unis, à l’Europe et au Japon, le respect de ses droits (en autre d’accès au pétrole), sont limités, Beijing pourrait concevoir que leur puissance serait renforcée si la Chine parvenait à entraîner, avec elle (et non « derrière » elle) l’ensemble du Sud.
Le second « scénario » consacre, à l’opposé, l’échec retentissant du « Plan de Shanghai », l’éclatement du groupe éphémère que représente le BRIC, la montée en ligne du conflit Chine/Inde, la stagnation de la Russie et l’avortement du projet nationaliste de l’Iran. Rien de cela n’est rigoureusement impossible. Il reste que ce succès « total » des Etats Unis ressemble trop à ce que Washington souhaiterait pour être crédible.
L’analyse que je propose – en contre point des élucubrations de Washington (et de bien d’autres inspirés par la même méthode de pensée) est fondée sur d’autres principes de réflexion, associant ouvertement celle-ci aux objectifs de « transformation » du monde (c'est-à-dire à la fois de l’ordre social dans les pays concernés et des équilibres internationaux) qu’on souhaite promouvoir. La méthode exige qu’on donne sa place à un « autre point de vue social », celui qui répond aux intérêts des classes populaires et des nations.
Un « monde meilleur » implique à la fois des équilibres sociaux à l’intérieur de chacune de composantes des composantes nationales du système plus favorables aux classes populaires et simultanément un ordre international négocié plus favorable aux pays du Sud, « émergents » ou « marginalisés ». La seule question qui se pose est donc : quels sont les agents possibles qui peuvent agir dans ce sens et quelles stratégies sont-ils en mesure de déployer à cet effet ? Dans cet esprit, le « conflit Nord/Sud » et la lutte pour le dépassement socialiste du capitalisme sont indissociables du point de vue des peuples, même s’ils sont « dissociés » en fait dans les stratégies déployées par les classes dirigeantes du Sud aux postes de commande.
Toutes les « avancées », même modestes, encore fragmentées et partielles, qui vont dans le sens de nos espoirs et souhaits, doivent être soutenues. Par exemple, une réorientation du développement donnant plus de place au marché interne, et moins d’importance décisive aux exportations. Par exemple, un renforcement des relations de coopération Sud/Sud. Mais il reste nécessaire d’aller bien au-delà de ce qu’on voit déjà amorcé ici et là, en réponse à la crise, en particulier en ce qui concerne la nouvelle coopération Sud/Sud. Celle-ci n’aura de sens que si elle permet aux pays encore « exclus » (l’Afrique en particulier) d’entrer dans l’ère de l’incontournable industrialisation.
Associer le renforcement du progrès social à l’intérieur des nations et celui de l’autonomie dans les rapports internationaux implique nécessairement des avancées démocratiques. Mais la démocratisation passe ici par la lutte des classes, qui est le seul moyen par lequel les classes populaires peuvent imposer leur plus grande participation aux pouvoirs réels de décision et non par le renforcement des pouvoirs de la « classe moyenne », obtenu par une démocratie représentative « à l’occidentale », la seule évidemment que connaissent les experts de l’establishment étasunien.
* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
La pensée de Cheikh Anta Diop et les indépendances africaines
2010-02-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/62511
De la cascade de transfert de compétences mineures de l’an 1960, précédée de l’indépendance du Ghana et de la Guinée, à l’abolition de l’Apartheid et l’avènement de la nouvelle Afrique du Sud en 1994, en passant par les guerres de libération de l’Algérie, des colonies portugaises ou britanniques, le processus de décolonisation formelle de notre continent, initié au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, était achevé, pour l’essentiel, avant le tournant du siècle et du millénaire. Cependant, il apparaît rétrospectivement évident que les principaux objectifs du mouvement africain de libération n’ont pas été atteints, à savoir l’indépendance et la souveraineté, la démocratie et l’égalité, l’unité et la solidarité.
Bien au contraire, la division du continent en plus de cinquante Etats perpétue le partage impérial de Berlin (1885) et favorise le maintien de nos pays sous tutelle à des degrés divers, tandis que les guerres civiles ou étrangères, les coups d’Etat sanglants ou constitutionnels, les violences électorales, l’insécurité, la corruption générale et les trafics en tous genres, enfin la misère et l’ignorance de la grande majorité des Africains, entretiennent le chaos intérieur, à quelques exceptions près, et la vulnérabilité extérieure.
Dans ces conditions, force est de reconnaître la lucidité et la clairvoyance de Cheikh Anta Diop qui, dès l’aube des indépendances, avait souligné le danger de la « sud-américanisation » de l’Afrique et indiqué la voie à suivre pour l’éviter : l’unification politique du continent sur des bases fédérales et démocratiques. D’ailleurs, à l’orée de l’an 2000, tirant les enseignements de l’expérience accumulée, les chefs d’Etat africains ont semblé avoir compris la leçon, notamment en transformant l’OUA en Union Africaine (UA) avec la création d’une Commission à vocation exécutive et le lancement du programme de la Renaissance africaine. Mais il y a de bonnes raisons de craindre qu’il ne s’agisse là, une fois de plus, que de vœux pieux et de slogans vides de sens ! Alors qu’au même moment, les Etats d’Amérique du Sud qui veulent rompre avec le cercle vicieux de la dépendance, de l’instabilité et de la pauvreté, s’engagent résolument dans la voie salutaire de la révolution unitaire bolivarienne…
C’est dire combien il est devenu nécessaire et urgent, pour proposer une alternative crédible aux peuples africains et rendre effectif le mot d’ordre de Renaissance Africaine, de revenir aux thèses et recommandations vitales de Cheikh Anta Diop, le «Pharaon de Caytu». A commencer par la rupture obligatoire avec le mythe de l’ « aide au développement », un leurre qui entretient l’illusion selon laquelle la construction du continent dépend du bon vouloir de puissances extra-africaines, qui n’ont jamais cessé de piller nos ressources humaines et naturelles, plutôt que de nos propres forces, qui sont immenses.
En effet, le message politique fondamental de Cheikh Anta Diop, « s’unir ou périr », s’avère encore plus actuel aujourd’hui qu’hier, à l’échelle locale autant que continentale et du point de vue tant politique, qu’économique ou culturel. De même, le principe sacré de l’indépendance africaine véritable demeure plus pertinent que jamais, et ceci dans tous les domaines de souveraineté : alimentaire, énergétique, militaire, monétaire, diplomatique, culturel, écologique…et surtout politique, avec un rôle essentiel reconnu à l’éthique politique. Enfin, en ce qui concerne la question démocratique, sa contribution décisive a consisté à démontrer que toute construction nationale viable et durable suppose l’égalité en droit des citoyens qui, à son tour, implique le recours systématique aux langues africaines dans l’administration comme dans l’éducation. L’on pourrait multiplier de tels exemples à l’infini …
Il résulte de ce qui précède qu’il est grand temps, pour les peuples d’Afrique, de s’approprier les idées novatrices et salutaires proposées par Cheikh Anta Diop, ce digne continuateur des théoriciens du panafricanisme révolutionnaire, qui s’est efforcé tout au long de sa vie de travail scientifique et de combat politique, d’accorder ses paroles et ses actes.
Le RND, pour sa part, tient à renouveler en cette occasion solennelle sa fidélité et son attachement aux enseignements de son regretté Secrétaire général fondateur, d’autant que son expérience de plus de trois décennies de lutte locale lui a permis de vérifier la justesse et l’efficacité de la ligne politique mise en œuvre sous sa direction : rassemblement des forces patriotiques et démocratiques, refus de la violence politique, fermeté sur les principes et souplesse dans leur mise en œuvre, recours aux langues nationales dans le fonctionnement interne des instances, primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers des dirigeants, etc.…
C’est pourquoi, nous lançons un appel pressant à l’ensemble de nos compatriotes africains, et d’abord à la jeunesse du continent et de la diaspora, les invitant à se saisir de la pensée politique de Cheikh Anta Diop, pour l’utiliser dans la longue lutte commune pour rompre avec un passé, désormais révolu, de division, de dépendance et d’aliénation, afin de dégager un avenir alternatif et positif de paix, de liberté, d’unité et de solidarité, susceptible de garantir une vie meilleure pour tous et pour chacun.
* Ce texte est une déclaration du Secrétariat exécutif du RND – Le Rassemblement National Démocratique est le parti créé par Cheikh Anta Diop en 1976
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La puissance nucléaire française et l’uranium du Niger
Khadija Sharife*
2010-02-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/62512
Le Niger exporte suffisamment d’uranium vers la France pour générer 80% de l’électricité de cette dernière, note Khadija Sharife. Mais le Nigérien ordinaire profite peu de cette mainmise française sur des ressources vitales pour ce pays, avec les trois cinquième de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Sans compter les rapports faisant état de la contamination radioactive de l’eau, de l’air et du sol par les opérations d’extraction menées par les multinationales. C’est ce pays qui vient de vivre le énième coup d’Etat de son histoire, avec la destitution de Mamadou Tandja.
Le réseau de routes principales reliant des centres urbains miniers tel Arlit, Agadez et Niamey est connu sous le nom de ‘’l’autoroute de l’uranium’’. Développé entre 1970 et 1980, la route reliant le nord au sud du Niger fait office d’artère principale pour faciliter le transport des ressources liquéfiées d’uranium. Le réseau lui-même fait partie de la route transsaharienne, un ancien système utilisé depuis des temps immémoriaux par les habitants de ‘’Tinariwen’’ ou le Désert des Innombrables, selon le terme sous lequel le Sahara était connu par ses fils, y compris les Hausa et les Touaregs.
Malgré les découpages des territoires par les anciens colonialistes qui ont rassemblé des états/nations à leur convenance (pour mieux diviser, conquérir et exploiter), la route transsaharienne a continué à exister en se jouant astucieusement des frontières fermées. Au milieu de cette route se trouve le Niger enclavé, un pont entre le Nord et l’Afrique subsaharienne, un pays qui avoisine sept autres pays.
Le Sahara, qui englobe 11 pays, recouvre 80% des terres du Niger, un pays qui se caractérise par la pauvreté, la famine, les sécheresses et les dictatures. Plus de 60% de sa population vit dans la ceinture de pauvreté, privée de l’accès à la nourriture, à l’eau, aux installations sanitaires, aux infrastructures et à l’instruction. L’espérance de vie culmine à 43 ans et la plupart de ses citoyens - y compris 71% des femmes - sont analphabètes. Seul 3% du budget de l’Etat sont alloués à l’instruction, alors que plus de 50% des finances de développement vont au service d’une odieuse dette à payer. L’annulation de la dette, après que le Niger ait été jugé éligible par le FMI à l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés), a exigé une privatisation massive des entreprises étatiques nigériennes et a fourni une aide partielle. Néanmoins, en 2007, les directeurs du FMI ont estimé que le fardeau de la dette nationale demeurait trop élevé et ce, malgré le ‘’remède’’ des ajustement structurels.
Le Niger, qui exporte 7,7,% de l’uranium mondial, se situe avec constance parmi les cinq premiers exportateurs avec le Canada, l’Australie, le Kazakhstan et sa production est au même niveau que celle de la Russie. La ville d’Arlit, à elle seule, fournit largement les anciens seigneurs coloniaux, la France, en uranium. Un approvisionnement requis pour le programme nucléaire de l’Hexagone et ses centrales nucléaires estimées au nombre de 59.
L’uranium avait initialement été découvert au Niger en 1957 par le Bureau Minier de la France d’Outre Mer, une année avant la création de la République du Niger. Ceci à la suite d’une étude extensive menée par la Commission à l’Energie Atomique (CEA) de la France, qui a commencé en 1956 et a conduit à plusieurs découvertes à la veille de l’indépendance en 1960. La décolonisation réussie de l’Afrique par la France a été réalisée grâce à des accords militaires secrets et des accords concernant les ressources, ainsi que des zones monétaires spéciales. Ces accords imbriquaient les intérêts de la France avec ceux des gouverneurs autochtones soigneusement choisis comme au Gabon et au Togo - Omar Bongo et Gnassingbé Eyadéma - tous deux dirigeants à vie, de la libération sélective à la mort, et Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire. Ainsi, non seulement la France a eu un accès préférentiel aux ressources stratégiques, la présence de bases militaires françaises dans des anciennes colonies étaient légitimées, servant à la fois à soutenir le règne des dictateurs tout en les gardant sous contrôle. A partir de 1969, 27 accords ont été signés par d’anciennes colonies, y compris le Niger.
Les intérêts français ont été servis par le biais de la politique africaine postcoloniale de la France, connue sous le nom de Françafrique, qui a impliqué les échelons politiques et diplomatiques de l’Elysée depuis l’époque du général de Gaulle. Cette politique impliquait les lobby du renseignement et des multinationales intimement connectée avec l’Etat, comme Elf et Areva, des dictateurs de fabrication française et des réseaux de l’ombre désignés sous le nom de personnalité qu’on souhaitait honorer, comme Jacques Foccart, le principal conseiller pour l’Afrique de de Gaulle qui a été rappelé, après avoir pris sa retraite à l’âge de 81 ans, par le président Jacques Chirac, afin qu’il reprenne des activités. Chirac lui-même a déclaré, au début des années 1990, que le continent ‘’ n’était pas prêt pour la démocratie’’. Lorsqu’il lui a été demandé de décrire le rôle de Foccart dans Françafrique, le vice Premier ministre du général de Gaulle, Louis Joxe, a déclaré ‘’ être la nounou des présidents et s’assurer que les fonctionnaires africains seront payés à la fin du mois’’.
Les mines d’uranium découvertes au Congo, au Gabon et au Niger ont permis à la France de contourner les terrains minés menant à l’uranium en Ouzbékistan, au Canada et en Australie, des régions perçues comme ayant des tendances proaméricaines ou étant gérées par les Etats-Unis, rival de la France en Afrique et ailleurs. La Chine, assoiffée de ressources, avec une présence en expansion rapide en Afrique avec plus de 24 milliards de dollars de prêts depuis 2003, principalement garantis par des ressources, est aussi considérée comme une menace aux intérêts français.
Actuellement la France maintient 10 000 soldats spécialisés sur le continent, principalement basés à Libreville au Gabon, aussi connue sous le nom de ‘’Foccartland’’. De 1997 à 2002, la France est intervenue militairement 36 fois. Sur ces incidents, 24 ont eu lieu sans référence aux Nations Unies. La politique de Françafrique se poursuit sous Sarkosy, avec des soldats français intervenant dans des disputes internes.
Depuis le jour de l’indépendance du Niger, Diori Hamani du Niger et son parti politique, le Parti Progressiste nigérien (PPP), indirectement choisi par la France, ont régné sur le pays, aidé dès 1963 ouvertement par diverses interventions ou par des actions clandestines. Grâce à des accords militaires secrets, les soldats français basés à Niamey ont collaboré avec celui-ci afin d’éliminer et d’exiler l’opposition, tel que l’Union Nigérienne Démocratique. Hamani Diori s’est présenté aux élections, sans opposition, en 1965 et en 1970 mais a commis l’erreur fatale de demander le retrait des troupes françaises au début des années 1970. La France l’a fait, puis sans surprise un coup d’Etat militaire a porté au pouvoir le colonel Seyni Kountche au pouvoir. Kountche a été tué en 1987 et le colonel Ali Saibou lui a succédé.
Une avancée rapide de l’autoritarisme électoral du Niger sous la dictature de Tandja Mamadou
Actuellement, les forces armées du Niger, qui comptent 12 000 hommes, sont guidées par 15 conseillers militaires français. Et les Nigériens sont principalement instruits, entraînés et financés par la France. Ils protégent cinq zones cruciales, à savoir les routes géostratégiques et les mines. Les deux plus importantes mines du Niger sont contrôlées par Areva, l’entité dominante en matière de nucléaire, sous l’égide de l’Elysée, au travers de l’actionnaire principal, le CEA, propriété de la France.
Présent dans 43 pays, impliqué dans tous les aspects de la chaîne des matières premières, de l’extraction à l’enrichissement, de la propulsion, au recyclage et au démantèlement, avec un chiffre d’affaire de 16,16 milliards d’euros, la puissante économie mobile d’Areva éclipse celle de nombreux pays en voie de développement. Les mines du Niger, souterraines et à ciel ouvert, sont exploitées par les firmes subsidiaires d’Areva, comme COMINAK et SOMAIR, qui rapportent entre 75 et 90% du revenu national. Les réserves d’uranium d’Imoumaren, dont il est attendu qu’elles produisent 5000 tonnes par an, ont fait l’objet d’un contrat signé en janvier 2009 entre Areva et le gouvernement de Mamadou Tandja, et ce pour 40 ans. Il est prévu que la production débute en 2012 après un investissement de 1,2milliards d’euros.
COMINAK et SOMAIR produisent au jour d’aujourd’hui presque 5000 tonnes par an. ‘’ Le thème de l’uranium et des accords qui y sont liés sont de nature hautement stratégiques et se situent au niveau des Etats’’ déclare Idriss Ali, coordinateur national au Niger de Publish what you pay (Publiez ce que vous payez). ‘’Ces accords reproduisent un cadre néocolonial qui ont conduit à la signature des accords miniers et déterminent le fonctionnement de SOMAIR (1968) et de COMINAK (1975), qui ne sont rien d’autres que des contrats préférentiels qui mettent l’uranium du Niger à la disposition de la France. Dans ces conditions, le choix se porte sur l’acheteur du produit ; fixer le prix sur le marché international est la prérogative de l’ancienne puissance coloniale’’, déclare-t-il.
Depuis 2007, le gouvernement du Niger, dans une effort de diversification de l’industrie de l’uranium, a octroyé 122 licences d’exploitation à des multinationales françaises en plus des compagnies américaines, sud africaines, chinoises, canadiennes et australiennes. La compagnie étatique chinoise pour l’uranium, SINO-U, investira 300 millions de dollars afin d’exploiter les mines de Somina, près d’Agadez et produira 700 tonnes par an à partir de 2010. Quant à la multinationales américaine Exelon Corporation, elle a signé des accords avec le gouvernement portant sur l’accès à 300 tonnes par an pour une période de dix ans. Mais le gouvernement a encore davantage diversifié le type de matières premières exploitées, y compris le pétrole (l’objet d’un accord de 5milliards de dollars avec la National Petroleum Corporation chinoise) et l’or (d’ores et déjà la troisième plus importante matière première à être exportée, comptant pour 13% dans le revenu des exportations). Mais la France reste la source principale d’investissement et l’élément dominant de contrôle géostratégique et d’exploitation des ressources en uranium du Niger.
Selon Areva, en 2006, la compagnie a atteint le seuil des 100 000 tonnes d’uranium extrait. Le gouvernement du Niger a reçu 300 milliards de CFA sur un total de 2 300 milliards de CFA de revenu des ventes. L’extraction des minerais, dominé par l’uranium, génère entre 2,4,% et 4% du PIB du Niger. Areva reste le principal employeur du pays, suivi par le gouvernement, avec 1850 personnes directement employées et plus de 4000 emplois indirects auprès de sous contractants et des pourvoyeurs de services divers.’’ Nos investissements durables dans l’eau et la santé représentent une contribution de plus de 3 millions de CFA annuellement’’, déclare la compagnie.
Et ce sont précisément les prétentions à un investissement environnemental qui ont mené le pays à s’insurger, en particulier sur la question de l’usage par COMINAK, pour sa mine souterraine, de l’eau provenant de sources non renouvelables, mais aussi pour les fuites de matières radioactives qui ont contaminé l’eau, l’air et le sol, pour la vente de ferraille mortellement radioactives au marché, ainsi que des minerais radioactive utilisés pour construire des routes et des déchets radioactifs (de la roche d’uranium pulvérisée). ‘’Lorsque nous avons visité le Niger, des fonctionnaires nous ont dit’’ ici au Niger vous êtes en France’’ Si il y a un problème au Niger, celui-ci remonte en France, chez Areva’’, disait Bruno Chareyon, un physicien et gérant du laboratoire d’une ONG française, CRIIRAD (Commission de Recherche Indépendante et d’Information sur la Radioactivité) qui a établi un rapport accablant.
Le rapport de la CRIIRAD a documenté plusieurs trouvailles, y compris les 20 millions de tonnes de roche d’uranium pulvérisé, carcinogène et radioactive, stockées en plein air, du matériel radioactif dont la compagnie s’est débarrassé et qu’elle a vendu sur le marché par le biais de ferrailleur, des émissions de gaz toxiques à partir des mines de COMINAK ainsi que l’exploitation d’eau souterraine provenant de sources non renouvelées, sans parler de la contamination des sources d’eau, de la violation des standards internationaux de protection contre les radiations, parmi d’autres. ‘’Lorsque nous avons informé la presse de nos découvertes, Areva a organisé un voyage des médias au Niger, a affrété un avion pour transporter les 30 journalistes mais sans compteur Geiger ni aucun moyen d’évaluer le degré de radiation. Ils (les journalistes) auraient pu se tenir sur de la roche radioactive qui se trouve sur les routes et ne pas le savoir’’, a déclaré Chareyon. Il a aussi révélé qu’un laboratoire avec lequel la multinationale a passé contrat pour mesurer les radiations a rejeté les affirmations de la compagnie. Areva prétend que seul le gouvernement du Niger est responsable pour les systèmes de régulations.
Néanmoins, le gouvernement du Niger semble manifester le même manque de préoccupation que la multinationale. Lors de son inspection, le CRIIAD a jugé indolent le Centre National de Protection contre les Radiations (CNPR), l’institution nationale officielle qui doit surveiller les radiations ionisantes. ‘’ Le CNPR ne peut avoir procédé à des analyses en raison du fait que leur seul spectromètre gamma était cassé. Un fil électrique était délogé depuis le jour où la machine leur a été livrée’’, explique Chareyon.
Mais les citoyens du Niger ne sont pas restés les bras croisés. Le Mouvement du Niger pour la Justice, actif depuis 2007 mené par un ancien fonctionnaire des Forces armées du Niger, a demandé une plus grande part des revenus de l’uranium, la protection contre la dégradation de l’environnement et l’accès à des biens comme l’eau, des installations sanitaires, l’instruction et l’électricité qui sont des droits constitutionnels. Le gouvernement a rejeté le mouvement de la société civile comme étant des trafiquant de drogues anti-démocratiques.
Il va sans dire qu’‘au jour d’aujourd’hui, le Niger n’a pas accès au moindre uranium extrait à l’intérieur de ses frontières : les 100% de l’électricité (225 million de kWh) proviennent d’énergie fossile et est largement importé du Nigeria voisin. Toutefois la France a bien conscience de la situation.’’ Jusque à maintenant, il est impossible aux citoyens français et à la société civile d’obtenir le contenu de ‘’ces accords secrets’’ concernant l’accès et le contrôle des ressources. C’est confidentiel’’, déclare Sebastein Alzerreca de l’ONG française Survie. Mais il met en garde : ‘’Si la diplomatie échoue, ils peuvent toujours envoyer l’armée’’ Pas de doute que l’autoroute de l’uranium s’avérera bien utile.
* Khadija Sharife est une journaliste indépendante et un écrivain. Elle est actuellement au Centre for Civil Society comme chercheur invitée et à la Tax Justice Network comme chercheur.
Cet article est paru pour la première fois dans Thinker (vol.11 2010). Il a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Ce que la démocratie nigériane doit à Yar'Adua
Funmi Feyide-John*
2010-02-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/62510
Le titre de cet article paraîtra ridicule à beaucoup de lecteurs. Non suelemnt le président Yar’Adua avait été choisi par l’ancien président Obasanjo pour occuper le poste de président, son élection a scandalisé le monde de par les violences et les fraudes qui l’ont accompagnée afin d’assurer sa victoire et celle des membres de son parti, le People’s Democratic Party (PDP). Son ‘’bras droit’’, le procureur général Michael Aondoaka, a délibérément interféré et bloqué les procès pour corruption visant des personnes riches et dotés de réseaux de relations efficaces. Avec Yar’Adua, la croisade anti-corruption - vue comme une étape importante dans l’évolution du Nigeria - s’est arrêtée brutalement avec le limogeage de Nuhu Ribadu, l’ancien chef de la Commission des Crimes Economiques et Financiers.
La liste pourrait être longue, de tous les incidents, petits et grands, qui illustrent les aspects non démocratiques du régime de Yar’Adua et de son administration. Son mandat a été marqué par des problèmes qui ont fait douter que le Nigeria est réellement une démocratie. Et de manière paradoxale, son absence (pour maladie) a fait le plus grand bien à la démocratie nigériane, parce qu’elle a entraîné des actions qui sont autant de précédents qui détermineront le futur de la démocratie du Nigeria. Le nombre de recours devant les tribunaux, de marches de protestations, de débats parmi les législateurs et le mécontentement croissant des populations entreront probablement dans l’histoire comme autant de mesures qui ont permis l’implantation de la démocratie.
D’ores et déjà, ces éléments et d’autres facteurs ont amené le président Yar’Adua à se plier aux pressions. Selon la manière dont les choses se passeront au cours de ces prochains jours (1), les Nigérians devront remercier Yar’Adua pour avoir contribué à la consolidation d’un système démocratique propre au Nigeria.
Le cheminement de Yar’Adua vers la présidence
Yar’Adua, un ancien gouverneur de province, parvenu au pouvoir comme étant le premier président ayant bénéficié d’une formation universitaire. Lorsqu’il a été choisi pour succéder à l’ancien président Obasanjo, son problème rénal supposé avait été évoqué. Au cours de la campagne électoral de 2007, il a même été évacué précipitamment vers l’Allemagne et la rumeur s’était amplifiée pour laisser entendre qu’il était mort. Il a donnera ainsi une interview à la BBC pour montrer qu’il était bien en vie. Vainqueur d’élections gravement entachées par des irrégularités, selon des observateurs locaux et internationaux,Yar’Adua lui-même a concédé que le processus électoral avait besoin d’être réformé et a créé un comité de 22 membres afin de le revoir et de ‘’considérer d’éventuels changement à la Constitution’’.
Yar’Adua s’est cependant distingué de tous ses prédécesseurs en déclarant ses avoirs et en prononçant un discours qui en a rassuré plus d’un. Ce discours a même amené le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger (MEND) à opter pour une trêve sous la forme d’un cessez-le-feu. Yar’Adua s’est déclaré ‘’serviteur du peuple’’ et a fréquemment adopté le mantra ‘’ de l’autorité de la loi’’, assurant qu’il voulait mettre sur pied « une administration déterminée qui donnerait des résultats tangibles au bénéfice de tous les Nigérians ». Fort heureusement, et c’est à son crédit, il n’a pas interféré dans la révision judiciaire et n’a pas invalidé les différents résultats électoraux qui ont été contestés, y compris le sien propre. Ainsi, après avoir passé en revue pendant six mois les preuves concernant l’élection présidentielle, le tribunal électoral a finalement validé les résultats des élections le concernant.
Un chemin rocailleux
Le début de son premier mandat a permis d’espérer que Yar’Adua serait un dirigeant différent. Bien qu’il fût jugé lent – d’où ses surnoms de Yawn Adua (Adua qui bâille) et de Baba go slow (Baba qui va lentement) - la plupart des gens n’en ont pas pris ombrage, parce qu’ils pensaient que c’était une amélioration par rapport à l’attitude du régime précédent. Obasanjo passait pour un impétueux, pour quelqu’un qui croyait être le seul à pouvoir résoudre les problèmes de la nation. Un tempérament qui l’a amené à usurper des pouvoirs qui n’étaient pas le privilège de l’Exécutif et conduit à des différends avec des personnalités, sur fond de scandales liés à une corruption notoire dans les domaines du pouvoir et du pétrole, entre autres.
Malheureusement, Yar‘Adua est vite apparu comme n’étant pas à la hauteur, aucun signe marquant de progrès n’étant perceptible quant à la réalisation de ses promesses électorales. L’opinion populaire et internationale s’est davantage aigrie lorsque le Service de Sécurité d’Etat (SSS), qui rend des compte directement au président, a arrêté et illégalement détenu deux blogueurs politiques nigérians parce qu’ils avait publié des informations jugées embarrassantes pour ce dernier. Yar’Adua a ordonné la libération des deux journalistes et a porté plainte contre eux. C’est finalement la Cour qui a décidé qu’il ne pouvait pas le faire intuiti personae, mettant un terme au processus. Mais son parti a lancé à maintes reprises des accusations de crimes de trahison contre les partis d’opposition, allant jusqu’à accuser le président Obama de tentative de subversion contre lui.
L’incapacité du gouvernement à fournir de l’électricité avec constance a généré le mécontentement dans la plupart des couches sociales. Le chômage a augmenté et d’importantes multinationales ont quitté le pays. La pénurie de carburant, la fermeture des universités en raison de la grève des enseignants n’ont fait que contribuer à la liste des problèmes auxquels le président Yar‘Adua était confronté.
La vacance du pouvoir entraîne une révision de la Constitution
Au cours des deux premières années de son mandat, Yar’Adua a entrepris plusieurs voyages en Arabie saoudite et en Allemagne, à des fins de traitement médical pour son problème rénal. Le 23 novembre 2009, il a été subitement évacué vers l’Arabie saoudite pour un problème cardiaque qui s’est par la suite révélé être une péricardite (inflammation du péricarde, la membrane qui entoure le coeur). Les Nigérians qui s’efforçaient d’obtenir des informations supplémentaires à propos de la santé de leur président étaient laissés dans l’ignorance. Après des semaines d’incertitudes sur le fait qu’il était mort ou vivant, un incident diplomatique international est survenu (Ndlr : attentat manqué sur un avion à destination des Etats Unis, mené par un ressortissant nigérian), pour mettre le Nigeria sur la liste des pays ’’à tendance terroriste’’. Les Nigérians sont alors descendus dans la rue pour des manifestations pacifiques contre l’absence de Yar’Adua et son refus de voir le vice-président assurer l’intérim.
Les effets de la vacance au sommet du pouvoir ont été encore plus manifestes avec le manque de réponse adéquate face à la tentative d’attentat suicide contre l’avion de Delta Airlines, le jour de Noël 2009, par Abdulmutallab. L’incapacité du vice-président de se prononcer et de prendre des mesures en a inquiété plus d’un. La validation du budget 2010, l’assermentation d’un nouveau juge suprême, soit disant par un président malade et absent, sont quelques autres faits qui ont fini par pousser certains à solliciter l’avis des tribunaux sur ces questions.
Recours au droit.
Mais l’absence de Yar’Adua a aussi conduit à s’interroger sur les dispositions constitutionnelles concernant la manière dont le pouvoir pouvait être temporairement transféré au vice-président. Déjà, une précédente urgence médicale avait généré des critiques à l’égard du président. Nombreux étaient ceux qui pensaient qu’il avait violé une obligation constitutionnelle en n’informant pas l’Assemblée Nationale de son absence. C’est ainsi qu’en janvier 2009 Yar’Adua a dûment informé l’Assemblée Nationale des deux semaines de vacances qu’il allait prendre, afin de ne pas être à nouveau accusé d’ignorer les exigences constitutionnelles.
Compte tenu de ces antécédents, lorsque Yar’Adua a quitté le pays en novembre 2009 sans respecter les protocoles, il n’a fallu que quelques semaines pour que les premières plaintes tombent. La Nigeria Bar Association (association des avocats nigérians) a demandé aux tribunaux que le pouvoir exécutif soit remis aux mains du vice-président Jonathan Goodluck. S’en est suivie l’adoption du budget national de 2010, alors que le président était sur son lit de douleur, qui a alimenté les préoccupations par rapport à la falsification de sa signature. La Conference of Nigerian Political Parties (CNPP) a alors, à son tour, saisi ls tribunaux. Un autre groupe a fait appel aux tribunaux afin que Yar’Adua soit déclaré comme ‘’ disparu’’.
Une décision selon laquelle Yar’Adua n’était pas formellement tenu d’informer l’Assemblée Nationale de son absence, a précipité une réunion des législateurs pour demander sa destitution afin de discuter des mesures législatives pouvant être adoptées au vu de la décision judiciaire. En dehors des recours aux tribunaux, il y a ainsi eu des délibérations à l’Assemblée Nationale. Certains membres Parlement ont ainsi annoncé qu’ils allaient se rendre en Arabie saoudite pour discuter de la situation avec Yar’Adua. Finalement ils n’y sont pas allés et la rumeur a vite couru que l’entourage du président avait demandé au gouvernement d’Arabie saoudite de refuser les visas à d’éventuels visiteurs.
Des tentatives répétées d’aborder la question de l’absence du président au Sénat n’ont jamais abouti. Le président cette instance a déclaré de façon répétée que ‘’ses mains étaient liées’’ sur ce sujet. Le Federal Executive Council, qui peut déclarer le président incompétent, a annoncé que celui-ci était capable d’assumer les responsabilités de son mandat et qu’une cour de justice lui a donné 14 jours pour prouver qu’il en était capable. Bien qu’il ait ignoré des appels à la destitution, le Sénat a demandé au président d’envoyer une lettre certifiant qu’il était capable de gouverner. Cet organe a plus tard annoncé qu’il lui était impossible d’obtenir la lettre.
Alors que les jours d’absence de Yar’Adua se multipliaient, 200 membres de la Chambre des Représentants ont signé une lettre adressée à ce dernier, disant leur volonté de le destituer en raison de son absence et pour n’avoir pas transmis le pouvoir à son vice-président pour la durée de son absence. La lettre spécifiait : ‘’ Nous les soussignés membres de la Chambre des Représentants de la République fédérale du Nigeria, sommes, dans l’intérêt national, contraints d’avoir recours à un processus législatif approprié sous la Constitution de la République fédérale du Nigeria afin de sauver la nation et notre démocratie durement acquise, si l’évitable danger présent, ou menace qui pèse sur l’existence de notre nation et démocratie, ne sont pas évitées…’’ La lettre continue et clarifie la position de ces législateurs, affirmant que celle-ci n’est pas fondée sur quelque griefs personnels que ce soit, mais résulte simplement de leur volonté de protéger ‘’ la souveraineté du peuple... et la sacralité de la Constitution de la République fédérale du Nigeria, la survie de la jeune démocratie et la stabilisation de nos politiques dynamiques et diverses’’ (…).
Les militaires
Pendant presque la moitié des 50 ans d’indépendance du pays, le Nigeria a été contrôlé par des dictatures successives. Par conséquent, il y avait un souci croissant de voir la vacance du pouvoir entraîner une intervention militaire. Mais les dirigeants de l’armée ont laissé entendre qu’ils n’avaient aucune intention de prendre le pouvoir et ont limité le mouvement des troupes afin d’apaiser les rumeurs. Au regard du pouvoir dont ils disposent et des précédents en matière de coups d’Etat contre des gouvernements démocratiquement élus, il est encourageant d’entendre les militaires déclarer qu’ils n’ont pas de projet pour gouverner le pays et qu’ils ont même pris des mesures afin de limiter la possibilité d’un coup d’Etat.
Le point de vue du public
Au début de l’absence de Yar’Adua, nombreux sont ceux qui furent critiqués pour avoir posé des questions ou pour avoir demandé sa démission. Beaucoup de Nigérians considéraient alors que parler de démission était discourtois et démontrait d’un manque d’empathie à un moment où il aurait été de bon ton de souhaiter au président une prompte guérison. Malheureusement, l’absence prolongée de Yar’Adua et le manque de transparence ont eu raison de la bonne volonté des populations. La volonté du président de s’accrocher au pouvoir était perçue comme n’étant pas dans l’intérêt du peuple et ceci a encouragé un débat vigoureux sur la question.
Les semaines passant, avec peu de nouvelles encourageantes sur l’état du président, les exigences pour une transmission du pouvoir au vice-président sont allées croissant. Outre les citoyens qui discutaient de la question, les journaux se sont mis à enquêter sur les sommes dépensées pour les soins de santé du président et ont examiné la productivité des ministres en l’absence de celui-ci. Un de ces journaux a même fait le décompte des jours d’absence de Yar’Adua, pour raison de santé au cours de ses 32 mois d’exercice du pouvoir, pour tomber sur le chiffre de 109. Des groupes comme l’organisation Arewa Consultative Forum, pro Nord et pro musulman, se sont joint au chorus pour la démission de Yar’Adua. Les syndicats ont prévu une journée de grève afin d’encourager le président à honorer la Constitution et à remettre le pouvoir au vice-président. Le 2 février 2010, un groupe de 17 journaux nigérians a sommé le président Yar’Adua de démissionner dans les 7 jours. Même celui qui avait choisi Yar’Adua pour la présidence, Olusegun Obasanjo, a publiquement fait entendre sa voix pour enjoindre au président de démissionner.
Dans une démarche sans précédent, le ministre de l’Information a souligné qu’il fallait admettre que Yar’Adua était dans l’incapacité de servir. Sa suggestion a été rejetée par le Conseil Executif Fedéral, mais la Chambre des Représentants considère la possibilité de promulguer une loi prévoyant la passation de pouvoir automatique si le président devait être absent pendant plus de 21 jours. Si cette loi est acceptée par le Sénat, elle empêcherait la répétition de la situation créée par les 75 jours passés en Arabie saoudite par Yar’Adua.
Se soumettre à la pression du public
Le Nigeria est un pays qui lutte pour créer un système démocratique correspondant à ses besoins. Dans cette quête, il y a eu des avancées et des reculs. Mais les problèmes de santé de Yar’Adua et les réactions qui ont suivi ont amené l’entourage de ce dernier à révéler qu’il était prêt à remettre temporairement ses pouvoirs et fonctions exécutives au vice-président Goodluck Jonathan. Selon la BBC, une lettre formelle soumise aux deux Chambres de l’Assemblée Nationale, dans laquelle le président demande des ‘’vacances médicales’’, est la base de la passation du pouvoir. Si Yar’Adua suit cette ligne, ce sera envers et contre une décision de justice - mentionnée précédemment – disant qu’il n’était pas obligé de procéder à une telle passation de pouvoir. Cette mesure peut donc être interprétée comme étant la manifestation du pouvoir du peuple et constituera un précédent qui, à l’avenir, permettra aux populations de faire connaître leurs opinions. Ceci servira aussi de rappel, pour d’autres politiciens et chefs d’Etat, que le peuple ne peut être ignoré. Ceci s’ajoute à diverses autres manifestations, en l’absence de Yar’Adua, qui vont toutes contribuer à la création d’une démocratie spécifique au Nigeria qui, on l’espère, donnera des retombées à l’avenir. Et de penser que Yar’Adua - son absence, sa maladie et la confusion politique qui en a découlé - puisse être à l’origine de tout cela ! Peut-être que c’est vrai qu’à quelque chose malheur est bon
NOTE
(1) Cet article a été écrit avant que le vice-président du Nigeria soit devenu président intérimaire. S’il reste pertinent, l’auteur reconnaît que les évènements continuent leur processus et souligne :’’ L’Assemblée National a déclaré le vice-président, président par intérim, et a pris des dispositions pour que Yar’Adua reprenne ses fonctions à la tête de la nation pour peu qu’il se montre capable de remplir ses devoirs présidentiels. Par ailleurs, le nouveau président par intérim a démontré qu’il contrôle la situation en démettant de ses fonctions le ministre de la Justice, Michael Aondoakaa. Aondoakaa est perçu comme étant l’homme des coulisses et le supporter dévoué de Yar’Adua. Il a aussi été accusé d’interférence dans la croisade nationale contre la corruption
* Funmi Feyide-John est une avocate nigériane et un écrivain qui vit à Washington DC - Ce texte a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Lecture critique de «L’aide fatale»
Samir Amin
2010-02-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/62513
Dambisa Moyo a été certainement une excellente étudiante. Mais elle s’est laissée intégralement formater par l’économie conventionnelle qu’on lui a enseignée, ce qui lui a valu de faire une bonne carrière à la Banque Mondiale puis chez Goldman Sachs ! Son intention, en écrivant Dead Aid, était certainement sympathique : proposer une critique radicale de « l’aide ». Mais elle n’était malheureusement pas équipée pour le faire correctement.
La lecture du livre, rédigé comme le sont les « rapports » de la Banque Mondiale, est ennuyeuse à l’extrême. D. Moyo ne s’adresse d’ailleurs qu’à ses « collègues » (de la Banque Mondiale ou de Goldman Sachs). Elle prend donc très au sérieux un bon nombre des « experts » de cette institution (la liste serait longue à rappeler : Jared Diamond, Paul Collier, Dani Rodrik, Przeworski, Bill Easterly, Clemens, Hadji Michael, Reichel, Djankov, Romalho, Burnside, Dollar, Mancur Olson, etc.) dont les travaux sont dans l’ensemble sans pertinence (faute de comprendre ce qu’est le monde réel), insignifiants et parfois ridicules. De bons fabricants de « modèles » dont les conclusions n’ont pas de sens, les questions posées étant elles mêmes dépourvues de sens. Des théoriciens du développement, elle ne connait guère que quelques misérables auteurs bourrés de préjugés (comme David Landes) dont les « révélations » ont, au mieux, la nature de trivialités (comme par exemple que « l’aide » est captée par une petite minorité d’élus), sans que ne soit posée la seule question qui ait un sens : l’aide en question est au service de quelle stratégie politique ?
La critique de l’aide ne peut être conduite que par les moyens d’une analyse d’économie politique. Or visiblement D. Moyo a horreur de cette discipline qu’elle pense être « idéologique » (et donc « non scientifique »). Son concept de développement est synonyme d’expansion des « marchés ». Qu’il s’agisse de « marchés capitalistes » (c'est-à-dire soumis à la logique de la valorisation du capital) et non de « marchés » tout court ne lui vient pas à l’esprit. Aussi adhère-t-elle sans le moindre indice d’hésitation aux billevesées – parfaitement « idéologiques » - selon lesquelles la croissance commandée par le capital doit profiter à tout le monde (ce qui est bon pour Goldman Sachs est bon pour tous les peuples de la Planète).
La volonté « a-politique » affichée s’affirme avec une incroyable naïveté. Un exemple parmi cent autres : Lumumba est traité de « chef communiste » ! (p. 44 de l’édition française). Le citoyen moyen des Etats Unis, rendu parfaitement ignorant par l’assommoir télévisé, le croit peut être. Une Africaine qui aurait eu un peu de curiosité concernant l’histoire des luttes nationales sur son continent aurait haussé les épaules devant des propos de ce calibre.
D. Moyo reprend, concernant les succès économiques de « pays émergents » – de la Chine en particulier – le discours idéologique de la Banque Mondiale selon lequel le succès serait le produit simple de « l’ouverture » (aux capitaux étrangers et au commerce etc.). Il ne lui vient pas à l’esprit que c’est la révolution radicale de la Chine maoïste qui a crée les conditions de ce succès ultérieur. Elle ne peut pas comprendre que le refus de la Chine d’adopter le point de vue qu’elle défend, avec tous les économistes libéraux qui ignorent l’histoire – la transformation « nécessaire » selon eux de la terre en bien marchand – (p. 216, édition française), est précisément à l’origine de ce succès. La voie du capitalisme historique européen, fondée sur la propriété privée du sol agricole et l’expropriation accélérée des paysans a été possible grâce à l’émigration massive vers les Amériques dont l’Europe bénéficiait.
Les peuples d’Asie et d’Afrique contemporaines ne pourraient « imiter » cette voie que si on leur donnait cinq Amériques pour absorber l’excédent de leurs populations rurales. A défaut, ce que cette voie capitaliste « classique » produira n’est rien d’autre qu’un lumpen capitalisme, celui de la « planète des bidonvilles ». D. Moyo y a-t-elle réfléchi ? On pourrait multiplier à l’infini les exemples d’ignorance porteurs de fautes de jugement de D. Moyo.
D. Moyo propose donc aux pays africains de « s’ouvrir » davantage au capital international. Comme s’ils ne l’étaient pas déjà à l’extrême (la Chine exerce dans son recours au capital des contrôles qu’aucun pays africain ne pratique !). La confiance qu’elle place dans l’endettement extérieur par émission d’obligations d’Etat placées sur le marché financier mondialisé est presque touchante par l’ignorance qu’elle révèle, entre autre par la confiance qu’elle investit dans les « agences de notation », dont chacun connait l’association complice avec les oligarchies financières. D. Moyo ignore également que l’endettement extérieur a toujours été – dans le capitalisme historique dont elle ignore tout – une forme de pillage (« d’accumulation primitive »), comme tous les historiens de l’Empire ottoman et de l’Amérique latine le savent. Elle avoue d’ailleurs, avec la naïveté déconcertante de la bonne élève, que le taux de rendement des emprunts des pays du Sud sur le marché du capital international est bien plus élevé que celui des obligations des Trésors des pays dominants ! Mais ce fait ne lui met pas la puce à l’oreille et ne lui fait pas poser de questions sur le sujet de l’économie politique de l’endettement extérieur.
D. Moyo part en guerre contre le protectionnisme des pays du Nord qui constitue un handicap majeur aux exportations agricoles africaines. Mais elle ne se pose aucune question sur la validité de la théorie conventionnelle banale des « avantages comparatifs » (démentie par l’histoire qui sous tend cette thèse).
D. Moyo ne parvient pas, dans son « histoire » de l’aide, (p. 39, édition française) à dépasser la banalité descriptive répétée, vue comme une succession de « modes » : aide à « l’industrialisation » (années 1960), puis axée sur « l’éradication de la pauvreté » (années 1970), puis affectée à « l’assistance à l’ajustement structurel » (années 1980), enfin conditionnée par la « bonne gouvernance et la démocratie » (depuis 1990). Le rapport entre la succession de ces « modes » et les réponses stratégiques du capital impérialiste dominant aux exigences du moment n’est pas une question qu’elle pense devoir se poser. C’est pourtant par la réponse à cette question d’économie politique qu’on parvient à comprendre les « raisons » de la permanence des politiques d’aide en question et d’en dresser le procès, ce que D. Moyo a été incapable de faire.
Passons sur l’étape des années 1960 (« aide affectée à l’industrialisation » !). D. Moyo ne produit ici qu’un seul exemple : celui du barrage de Kariba sur le Zambèze, dont on sait qu’il était destiné à fournir de l’énergie à l’Afrique du Sud et à la Rhodésie (à l’époque de l’apartheid) et non pas à soutenir l’industrialisation de la Zambie (le pays de D. Moyo). Passons sur le discours de convenance concernant la « bonne gouvernance », la dénonciation de la « corruption », dont la vertu majeure est d’éluder la question véritable, celle de la nature sociale du pouvoir (je m’abstiendrai ici de renvoyer à ce que j’ai écrit sur ce sujet). D. Moyo avouera ici, avec la même naïveté qu’ailleurs, que les succès enregistrés dans le Sud l’ont été en général en dépit de l’absence de démocratie (dont D. Moyo ne conçoit pas d’autre modèle possible que celui du « blue print » occidental : pluripartisme et élections !) et non grâce à elle (p. 59, édition française).
On ne trouvera donc rien dans ce livre qui contribue à comprendre la place que l’aide occupe dans la stratégie de domination, de pillage et d’exploitation du capital impérialiste, et donc d’en faire la critique et de dégager – en contrepoint – les exigences d’une « autre aide » fondée sur la solidarité des peuples.
D. Moyo nous propose donc une explication infantile de la permanence de l’aide : le poids des lobbies de ceux qu’elle emploie – les dizaines de milliers d’agents de la Banque Mondiale, des Agences d’aide, des ONG etc. Que ce poids ne pèserait pas lourd si l’aide en question n’était pas utile au déploiement du projet réel du capital dominant, ne lui vient pas à l’esprit.
Pour une véritable critique de l’aide telle qu’elle est, il faudra donc se reporter à d’autres travaux qu’à ce pauvre livre de D. Moyo. Je recommanderai ici l’ouvrage de Yash Tandon cité en référence.
Ma critique de l’aide telle qu’elle est pratiquée est fondée sur l’analyse de la stratégie déployée par les oligopoles qui commandent la mondialisation, est elle-même à l’origine de « l’exclusion » (de la « marginalisation ») de l’Afrique. Cette exclusion est donc en quelque sorte « programmée » (titre d’un ouvrage collectif récent édité par nos soins).
Les politiques d’aide, le choix des bénéficiaires, des formes d’intervention, leurs objectifs immédiats apparents sont indissociables des objectifs géopolitiques. Les différentes régions de la Planète ne remplissent pas des fonctions identiques dans le système libéral mondialisé. Il n’est donc pas suffisant de mentionner ce qui constitue leur dénominateur commun (libéralisation des échanges, ouverture au flux financiers, privatisations).
L’Afrique sub-saharienne est parfaitement intégrée dans ce système global, et en aucune manière « marginalisée » comme on le dit hélas, sans réfléchir : le commerce extérieur de la région représente 45 % de son PIB, contre 30 % pour l’Asie et l’Amérique latine, 15 % pour chacune des trois régions constitutives de la triade. L’Afrique est donc quantitativement « plus » et non « moins » intégrée, mais elle l’est différemment.
La géo-économie de la région repose sur deux ensembles de productions déterminantes dans le façonnement de ses structures et la définition de sa place dans le système global :
- Des productions agricoles d’exportation « tropicales » : café, cacao, coton, arachides, fruits, huile de palme, etc.
- Les hydrocarbures et des productions minières : cuivre, or, métaux rares, diamant etc.
Les premiers sont les moyens de « survie », au-delà de la production vivrière destinée à l’auto-consommation des paysans, qui financent la greffe de l’Etat sur l’économie locale et, à partir des dépenses publiques, la reproduction des « classes moyennes ». Ces productions intéressent plus les classes dirigeantes locales que les économies dominantes. Par contre, ce qui intéresse au plus haut point ces dernières ce sont les produits des ressources naturelles du continent. Aujourd’hui les hydrocarbures et les minerais rares. Demain les réserves pour le développement des agro-carburants, le soleil (lorsque le transport à longue distance de l’électricité solaire le permettra, dans quelques décennies) et l’eau (lorsque son « exportation » directe ou indirecte le permettra).
La course aux territoires ruraux destinés à être convertis à l’expansion de l'agri business est engagée. L’Afrique offre, sur ce plan, de gigantesques possibilités. Madagascar a amorcé le mouvement et déjà concédé des superficies importantes de l’Ouest du pays. La mise en œuvre du code rural congolais (2008), inspiré par la coopération belge et la FAO, permettra sans doute à l’agri-business de s’emparer à grande échelle de sols agraires pour les « mettre en valeur », comme le Code Minier avait permis naguère le pillage des ressources minérales de la colonie. Les paysans, inutiles, en feront les frais ; la misère aggravée qui les attend intéressera peut être l’aide humanitaire de demain et des programmes « d’aide » pour la réduction de la pauvreté !
La nouvelle phase de l’histoire qui s’ouvre est caractérisée par l’aiguisement des conflits pour l’accès aux ressources naturelles de la planète. La triade entend se réserver l’accès exclusif à cette Afrique « utile » (celle des réserves de ressources naturelles), et en interdire l’accès aux « pays émergents » dont les besoins sur ce plan sont déjà considérables et le seront de plus en plus. La garantie de cet accès exclusif passe par le contrôle politique et la réduction des Etats africains au statut d’ "Etats clients". L’aide extérieure remplit ici des fonctions importantes dans le maintien des Etats dans ce statut.
D’une certaine manière donc il n’est pas abusif de considérer que l’objectif de l’aide est de « corrompre » les classes dirigeantes. Au-delà des ponctions financières (bien connues hélas, et pour lesquelles on fait semblant de croire que les donateurs n’y sont pour rien !), l’aide devenue « indispensable » (puisqu’elle devient une source importance de financement des budgets) remplit cette fonction politique. Il est alors important que cette aide ne soit pas réservée exclusivement et intégralement aux classes aux postes de commande, au « gouvernement ». Il faut aussi qu’elle intéresse également les « oppositions » capables de leur succéder. Le rôle de la société dite civile et de certaines ONG trouve sa place ici.
Le cas du Niger que j’ai eu l’occasion d’étudier de plus prés illustre à la perfection l’articulation ressources minérales stratégiques (l’uranium) / aide « indispensable » / maintien du pays dans le statut d’Etat client.
Références :
• Yash Tandon, Ending Aid Dependence, South Centre, Genève 2008.
• Samir Amin, L’Afrique dans le système mondial, Site Web FTM ; publié en anglais, Helen Lauer (ed), History and Philosophy of Science, Hope Public, Ibadan 2003.
• Anna Bednik, Bataille pour l’Uranium au Niger, Le Monde diplomatique, Juin 2008.
• L'aide, instrument de domination, le cas du Niger; site web www.forumtiersmonde.net
• Samir Amin et alii ; Afrique : Renaissance ou exclusion programmée ; Maisonneuve et Larose, Paris 2005.
* Samir Amin est président du Forum du Tiers monde
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Nécrologie
Afrique du Sud: Retour des restes d'un ancien dirigeant de l'ANC
2010-02-22
http://tinyurl.com/yzxwzqm
Les restes d'un ancien dirigeant du Congrès national africain (ANC), Johnny Makhathini, sont arrivés samedi soir à Durban, en Afrique du Sud en provenance de la Zambie.En 1962, en raison de la brutale interdiction des activités politiques et de l'arrestation de plusieurs militants anti-apartheid, il avait fait partie du premier groupe de volontaires du Natal à être envoyés à l'étranger pour un entraînement militaire au Tanganyika où il avait rencontré Nelson Mandela. M. Makhathini a été nommé chef de mission du Congrès national africain (ANC) auprès des Nations unies en 1977, puis chef du département des Affaires internationales de l'ANC, en 1983.
Femmes & genre
Cameroun: Les exciseuses de Kousseri rangent leurs couteaux
2010-02-20
http://tinyurl.com/ycb36g4
La lutte engagée par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille du Cameroun contre la pratique des mutilations génitales féminines porte déjà des fruits. Sept femmes qui, depuis des lustres avaient fait de cette pratique leur gagne-pain, ont tout récemment déposé à la délégation départementale du Minproff à Kousseri, les couteaux dont elles se servaient pour l'ablation des organes génitaux féminins. En remettant aux autorités compétentes ces instruments, chacune d'elles a juré ne plus recommencer cette pratique dont les conséquences sur les plans psychique et physiologique sont incalculables
Niger: Manifestation contre les meurtres rituels des femmes
2010-02-20
http://tinyurl.com/yazjd9v
Les meurtres rituels récurrents de femmes dans des fermes, dans le riche Etat pétrolier du Delta du Niger, au sud du Nigeria, a provoqué le 17 février la colère de plusieurs femmes et jeunes qui ont pris d’assaut les rues d’Ibusa, paralysant les activités commerciales et sociales. Leurs manifestations ont entraîné la fermeture d’écoles, de marchés, de banques et le blocage des routes principales. Les manifestants veulent que le gouvernement et la police mettent tous les moyens pour empêcher les meurtres rituels de femmes. L’un des dirigeants des femmes a déclaré que les femmes ne pouvaient plus aller à leurs fermes seules de peur d’être tuées.
Droits humains
Côte d’Ivoire: Les victimes du Probo Koala enfin indemnisées ?
2010-02-20
http://www.afrik.com/article18864.html
Une page est sur le point d’être tournée dans l’affaire du Probo Koala. Les 30 000 victimes qui avaient porté plainte contre le Probo Koala, devraient être enfin indemnisées à partir du mois de mars. Le navire, affrété par la société hollandaise Trafigura avait déversé 500 tonnes de déchets toxiques, en août 2006, dans les décharges publiques d’Abidjan. Contre toute attente, un accord est intervenu entre le cabinet d’avocats anglais Leigh Day & Co et la Coordination Nationale des Victimes des Déchets Toxiques de la Côte d’Ivoire (CNVDT-CI), mettant fin à une longue bataille juridique.
Gambie: Expulsion d'un second diplomate de l'ONU
2010-02-20
http://tinyurl.com/yln2wz4
Le président gambien, Yahya Jammeh, a demandé à la représentante-résidente de l'UNICEF en Gambie, Mme Min Whee Kang, de quitter le pays dans les 24 heures. Selon ces sources, Mme Kang, qui est entrée en fonction depuis quatre ans, a été priée de quitter le pays à la suite de critiques intenses et renouvelées de l'ONU à l'égard de la prise en charge par les autorités gambiennes de certaines questions, notamment la gouvernance et les droits de l'Homme.
Guinée: La CPI en mission pour les crimes du 28 septembre 2009
2010-02-20
http://tinyurl.com/y8tucrq
La procureure adjointe de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, est arrivée le 17 février à Conakry pour une mission de trois jours, afin de déterminer si les crimes commis le 28 septembre à Conakry relèvent de la compétence de la Cour. Cette mission est destinée à établir si la CPI peut poursuivre les responsables du massacre d'au moins 150 opposants tués par les forces de l'ordre, au cas où la justice guinéenne ne le ferait pas. Fatou Bensouda doit notamment visiter le stade où les forces de l'ordre avaient battu, poignardé, violé, tué par balles des opposants au régime militaire.
RD Congo: Les défenseurs des droits humains menacés
2010-02-20
http://tinyurl.com/y9ldnyy
Les défenseurs des droits humains sont malmenés en République démocratique du Congo (RD Congo), d'après un rapport présenté le 17 février par Amnesty. L'organisation appelle les autorités belges a faire pression sur le gouvernement congolais pour assurer leur protection, soulignant que les militants des droits humains sont appréhendés de manière arbitraire par les organes de la sécurité nationale et reçoivent des menaces de mort.
Zimbabwe: La justice interdit l'exploitation d'une mine de diamants
2010-02-20
http://tinyurl.com/y8kvvmk
La Cour suprême de Harare a ordonné à deux sociétés publiques zimbabwéennes de cesser l'exploitation d'une mine de diamants où des graves violations de droits de l'homme ont été signalées. L'affaire avait été portée devant la Cour par la société britannique African Consolidated Resources (ACR) pour tenter de recouvrer ses droits d'exploitation de la mine de Marange, dans l'est du Zimbabwe, suspendus en 2006. Les sociétés frappées par cette mesure sont la Mining Development Corporation et Minerals Marketing Corporation.
Réfugiés & migration forcée
Afrique: 53.000 réfugiés congolais contre 89.000 rwandais
2010-02-20
http://www.groupelavenir.cd/spip.php?article30790
Une réunion entre les experts congolais, rwandais et du Hcr, à Kigali, devait aboutir, le 17 février, à un accord de rapatriement volontaire des réfugiés tant congolais que rwandais. La question du retour des réfugiés a toujours été la pomme de discorde entre Kinshasa et Kigali. On parle de 89.000 Rwandais qui vivent au Congo et qui sont intéressés par ce rapatriement. Quant aux 53.000 réfugiés congolais vivant au Rwanda, leur rapatriement n’est pas aussi chose aisée.
Bénin: Crainte d’un afflux de réfugiés togolais après les élections
2010-02-20
http://tinyurl.com/yaqtbm2
Selon les analyses de différents observateurs de la vie politique togolaise, il est probable que cette année encore des violences éclateront en raison du scrutin du 4 mars. Le Bénin devra alors faire face à un afflux massif de réfugiés en provenance du Togo. «Les autres années, nous accueillions environ 30.000 réfugiés en provenance du sud du Togo», explique un responsable des situations d’urgence chez Caritas Bénin. On s’attend à devoir prendre en charge jusqu’à 75.000 personnes.
Burundi: 20.000 réfugiés sur le point de rentrer au bercail
2010-02-20
http://tinyurl.com/yetc96u
Plus de 20.000 réfugiés burundais pourraient rompre d'avec l'exil et rentrer au bercail au cours de l'année 2010 en provenance de la Tanzanie, de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo (RDC) ou encore du Malawi, à en croire la ministre burundaise de la Solidarité nationale, du Rapatriement des réfugiés et de la Réinsertion sociale, Mme Immaculée Nahayo. Le Burundi tournerait ainsi le chapitre de l'une des situations de réfugiés les plus anciennes sur le continent, certains candidats au rapatriement ayant fui la première grande guerre civile des années 1970 au Burundi pour se mettre à l'abri dans les pays voisins.
Global: Immigrés sous contrôle continu en Italie
2010-02-20
http://tinyurl.com/ybl8qx2
En Italie, l’instigation de la très xénophobe Ligue du Nord, un permis de séjour à points (sur le modèle du permis de conduire) entrera en vigueur le 1er mars. Pour l’obtenir, les immigrés non ressortissants de l’Union européenne devront non seulement avoir un contrat de travail et un logement, mais aussi satisfaire à six conditions essentielles : maîtriser l’italien, « connaître la Constitution », suivre des cours d’éducation civique, scolariser leurs enfants, être en règle avec le fisc et inscrits à la Sécurité sociale. Ils disposeront ensuite de deux ans pour obtenir les trente points nécessaires à son renouvellement. Les recalés à l’examen auront un an pour se rattraper, mais seront expulsés en cas de nouvel échec.
Libye: Plus de visas aux citoyens de l'espace Schengen
2010-02-20
http://tinyurl.com/yzgcr9z
La Libye n'accordera plus de visas aux citoyens de l'espace Schengen, a annoncé un responsable libyen. La presse qui annonce la nouvelle ne précise pas les motivations de ces mesures. Elles interviennent après l’annonce d’une mesure selon laquelle la Suisse a interdit à 188 responsables libyens d'entrer en Suisse, avec en toile de fond la crise diplomatique entre Tripoli et Berne.
RD Congo: Des réfugiés hutus rwandais désertent leur site
2010-02-20
http://tinyurl.com/yevvvcd
Des réfugiés hutus rwandais hébergés par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans les sites de Lusuku, Tshabobo et Katshia dans la chefferie de Katshisungu, en territoire de Luilu, district de Kabinda, dans la province du Kasaï Oriental, ont déserté ces sites pour vivre avec la population autochtone. Une autorité locale a attribué cette situation au manque de suivi dans l'encadrement de ces étrangers par le HCR. Pour lui, cette cohabitation constitue "un danger" pour la population du territoire de Luilu.
Elections & gouvernance
Côte d’Ivoire: Gbagbo dans une situation difficile
2010-02-20
http://tinyurl.com/ydfkt3k
La Côte d'Ivoire n'est pas dans une situation normale, et cette réalité a certainement échappé au président Gbagbo. Qui a pris sur lui, le risque de mettre en danger tout le processus de paix. La réaction des Forces Nouvelles, du RHDP, de la France, du représentant spécial du secrétaire général de l'Onu, du facilitateur de la crise, Blaise Compaoré, qui ont tous rappelé au président Gbagbo qu'aucun autre schéma solitairement tracé en dehors de celui des nombreux accords qui ont été librement signés ne saurait être accepté, a dû permettre à ce dernier de comprendre cette réalité.
Côte d'Ivoire: Une manifestation réprimée dans le sang
2010-02-20
http://tinyurl.com/yz6f89s
Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants opposés au président Laurent Gbagbo ont fait plusieurs morts le 19 février dans le centre du pays. Les victimes ont succombé à des blessures par balles, a affirmé un membre du personnel hospitalier, qui a également fait état d'un blessé grave. Une source policière a confirmé «des morts» mais sans préciser leur nombre ni à quel camp appartenaient les victimes. La police et la gendarmerie sont accusées d’avoir chargé les manifestants en tirant à balles réelles. Les manifestants marchaient pour réclamer le «rétablissement» de la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute en même temps que le gouvernement par le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo.
Guinée: Deux responsables du massacre du 28 septembre restent ministres
2010-02-20
http://tinyurl.com/yzy5zga
En dépit de leur implication dans les violences qui ont émaillé la Guinée en septembre dernier, le commandant Claude Pivi et le lieutenant-colonel Moussa Tiegboro Camara, membres de la junte, ont été reconduits dans leurs fonctions au sein du nouveau gouvernement, selon le décret du 16 février Le premier a été confirmé comme ministre d'Etat chargé de la Sécurité présidentielle. Le second est resté ministre auprès du président de la République chargé des Services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le grand banditisme.
Guinée: la présidentielle fixée au 27 juin
2010-02-22
http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article1139
Le chef de la commission électorale indépendante en Guinée a proposé la date du 27 juin 2010 pour la tenue de l'élection présidentielle dans ce pays. Cette date, proposée le 21 février, doit être approuvée par la junte militaire qui contrôle le pays. La Guinée a été dirigée par le général Sekouba Konaté après la tentative d'assassinat, en décembre, contre le chef de la junte militaire Moussa "Dadis" Camara, qui a été blessé. En janvier, un Premier ministre civil a été nommé pour conduire le pays vers des élections destinées à rétablir un régime civil, comme c'était le cas avant le coup d'Etat de 2008. AP
Guinée: Le gouvernement de transition se met en place
2010-02-20
http://tinyurl.com/ykuv7ln
En parcourant la liste des nouveaux promus du gouvernement guinéen installé le 15 février, l’on peut aisément se rendre compte qu’il s’agit bien d’une équipe de mission et non d’une équipe de développement. Pour réussir sa mission, Jean-Marie Doré, ancien leader de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) a déniché des cadres compétents au dessus de tout soupçon comme Kerfala Yansané, ancien gouverneur de la Banque centrale de Guinée qui devient le grand argentier de la transition ; Néva Damet, à l’Administration du territoire chargé des élections, sans oublier l’opposant architecte Mansour Kaba qui hérite du portefeuille de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Madagascar: Rajoelina se prépare à revenir à la table des négociations
2010-02-20
http://tinyurl.com/y8a4qe6
Andry Rajoelina se prépare à discuter de la transition à Madagascar. Le président de la Haute autorité de Transition (HAT) à Madagascar a envoyé une délégation à Maputo durant le week-end du samedi 13 février. Tout indique donc qu’il pourrait revoir sa stratégie et retourner à la table des négociations à la faveur de la réunion du Groupe International de contact prévue le 18 février à Addis-Abeba. Le pouvoir en place à Antananarivo craint des sanctions internationales après la résolution votée par les députés européens à Strasbourg, la semaine dernière.
Niger: Tandja renversé, trois colonels prennent le pouvoir
2010-02-20
http://tinyurl.com/ybm99qn
Victime d'un coup d'Etat le 18 février, le président nigérien a été renversé par trois colonels qui ont institué un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), dissous le gouvernement et nommé un nouveau président. Mamadou Tandja serait, lui, retenu dans une garnison. Les putschistes ont installé dans la soirée un « Conseil Suprême pour la Restauration de la démocratie » (CSDR). Celui-ci s'est doté d'un président : le chef d'escadron Salou Djibo. Sur les médias d’Etat, les dissidents ont annoncé la dissolution du gouvernement.
Niger: La CEDEAO donne mandat à l'armée jusqu'aux prochaines élections
2010-02-22
http://tinyurl.com/y96ptuh
Les militaires qui ont pris le pouvoir au Niger le 19 février dernier dirigeront le pays jusqu'à ce que la classe politique se soit mise d'accord sur une nouvelle Constitution et soit prête pour de nouvelles élections, a déclaré le médiateur de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest à l'issue d'une rencontre avec la junte le 21 février. Aucun échéancier n'a encore été fixé pour la transition vers un régime civil, mais un porte-parole de la junte a déclaré que des élections se tiendraient le plus tôt possible et que la situation était similaire à celle de 1999, qui a débouché sur des élections transparentes.
Niger: Retour au calme à Niamey au lendemain du coup d'Etat
2010-02-20
http://tinyurl.com/ykqrezb
Marchés, banques et écoles ont ouvert comme à l'accoutumée le 19 février à Niamey, au lendemain du coup d'Etat qui a mis fin à la présidence de Mamadou Tandja. Les seuls soldats dans les rues étaient des militaires en patrouille, équipés d'armes légères. La communauté internationale a condamné le putsch au Niger mais diplomates et analystes estiment qu'il pourrait ouvrir la voie à la tenue d'élections dans ce vaste pays d'Afrique de l'Ouest producteur d'uranium. La présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) a réclamé "le retour rapide à l'ordre constitutionnel" et a réaffirmé "la disposition de l'UA à faciliter un tel processus, en étroite collaboration avec la CEDEAO".
Nigeria: L'Assemblée nationale commence à amender la constitution
2010-02-20
http://tinyurl.com/ybyp9j3
L'Assemblée nationale du Nigéria a commencé le 17 février à amender des articles de sa Constitution pour rendre son corps électoral réellement indépendant et autoriser les candidatures privées aux élections. Le sénat a proposé d'amender les sections 156 et 221 de la Constitution de 1999, qui a autorisé les commissaires de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à être membres du parti et ne reconnaît pas les candidats indépendants respectivement.
Rwanda: Kagame accusé de harceler ses opposants
2010-02-20
http://tinyurl.com/ygzeex6
À six mois de la prochaine élection présidentielle au Rwanda, le gouvernement de Paul Kagame réprime systématiquement ses opposants en les accusant de propager une «idéologie génocidaire», dénonce Human Rights Watch. Les agressions contre les militants des partis de l'opposition se multiplient, constate aussi l'organisation de défense des droits humains. Le 3 février dernier, la présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), Victoire Ingabire, ainsi qu'un de ses collègues, ont été agressées lors de ce qui s'apparente à une «attaque bien planifiée». Selon des témoignages, les policiers présents lors de cette attaque ne sont pas intervenus pour y mettre fin.
Togo: Vague de désistements des candidats à la présidentielle
2010-02-20
http://tinyurl.com/yerst3v
La campagne pour la présidentielle au Togo a démarré le 16 février, dans une ambiance marquée par une vague de désistements de candidats de l'opposition pour causes d'irrégularités diverses. Le 7 février, le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR), deuxième force politique de l'opposition, a annoncé la suspension de la participation de ses délégués aux travaux de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et le désistement de son candidat, Me Yawovi Agboyibo de la course à la présidentielle. Il sera imité par Jean-Pierre Fabre, candidat de l'Union des Forces de Changement (UFC), principal parti politique de l'opposition.
Zimbabwe: L'Europe reconduit les sanctions
2010-02-20
http://tinyurl.com/ygqypjd
Les Européens ont reconduit pour une année supplémentaire les sanctions contre le Zimbabwe. En cause : les violations répétées des droits de l'homme et des libertés fondamentales par le régime de Robert Mugabe. L'UE reproche aussi à l'autorité zimbabwéenne l'absence de progrès dans l'accord de partage du pouvoir conclu en septembre 2008 entre le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai et l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) de Robert Mugabe. Les sanctions à l'encontre du Zimbabwe sont en vigueur depuis 2002, l'année de la réélection contestée de Robert Mugabe à la tête du pays.
Zimbabwe: Le règne de Mugabe susceptible de se prolonger
2010-02-22
http://tinyurl.com/ylbxjej
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis trois décennies, a fêté son 86e anniversaire le 21 février, plus que jamais accroché à ses fonctions malgré les critiques. Nombreux sont les analystes qui considèrent que la carrière du chef d'Etat africain ne s'arrêtera qu'à l'issue de son dernier souffle, et ce malgré les réticences grandissantes que suscite son long règne sur le Zimbabwe, entamé en 1980. Même s'il apparaît plutôt en forme pour son âge et toujours disposé à s'adonner à la provocation, le président zimbabwéen se montre aujourd'hui beaucoup moins tranchant dans sa rhétorique à l'encontre des pays occidentaux ou ses opposants locaux.
Corruption
Gabon: Ali Bongo épinglé par le congrès américain
2010-02-20
http://tinyurl.com/yalato6
Un rapport de 330 pages récemment publié par le congrès américain, met en lumière de manipulations douteuses de fonds dont se seraient rendus coupables, des membres des familles présidentielles gabonaise et équato-guinéenne. Des manipulations qui impliqueraient au premier chef, Ali Bongo Ondimba, à l’époque ministre gabonais de la Défense nationale, et l’un des fils du chef de l’Etat équato-guinéen, Théodoro Obiang Nguema, sont tous deux présumés coupables de blanchiment d’argent, traçabilité faisant foi, suite à des accusations relatives au recours aux services des lobbyistes, aux fins de transferts flous d’importantes sommes d’argent aux Etats-Unis.
Kenya: La fragile coalition mise à mal par un nouveau scandale
2010-02-20
http://tinyurl.com/y9ugh6m
La coalition gouvernementale qui dirige le Kenya depuis les violences de 2008 paraissait plus fragile que jamais le 15 février, avec le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga en conflit frontal sur le sort de deux ministres soupçonnés de corruption. M. Kibaki a rejeté une décision prise quelques heures plus tôt, le 14 février, par M. Odinga, suspendant pendant trois mois les ministres de l'Agriculture et de l'Education. Les deux responsables sont mis en cause dans des détournements de fonds publics destinés à la production de maïs et à l'éducation primaire.
Développement
Maroc: 5,3% de croissance en 2009 et un chômage en baisse
2010-02-20
http://www.afrik.com/article18808.html
Les indicateurs économiques disponibles à la fin de l’année 2009 témoignent de l’excellente résistance de l’économique marocaine face à la crise mondiale : un chômage passé de 9,6% de la population active en 2008 à 9,1% en 2009, et une croissance qui s’établit, selon les chiffres de la Direction des études et perspectives financières (DEPF), à 5,3% minimum en 2009… Les chiffres viennent confirmer l’intuition de tous les observateurs avisés de l’économie marocaine : probablement parce que le royaume chérifien n’a pas cédé à la financiarisation excessive de l’économie qui a été le péché fondamental que paient aujourd’hui les économies occidentales.
Niger: L’ONU s’engage à aider le pays à faire face à la crise alimentaire
2010-02-20
http://tinyurl.com/yl65vfm
Les Nations Unies travaillent avec les autorités nigériennes pour apporter une réponse à la situation de crise alimentaire qui menace officiellement 2,7 millions de Nigériens en 2010, suite à la campagne agricole déficitaire dans quatre des huit régions du pays. Environ 20% des Nigériens, soit 2 millions 700 mille personnes, sont dans une situation de vulnérabilité, 38 % sont dans une situation de vulnérabilité modérée, 32,7% dans une situation faiblement vulnérable et 9% ne sont pas du tout vulnérables, selon l’Institut national de la statistique (INS) et le Système d’alerte précoce (SAP).
Santé & VIH/SIDA
Afrique: 50 000 tonnes de pesticides obsolètes menacent le continent
2010-02-20
http://tinyurl.com/yczr8f4
La quantité de pesticides obsolètes disséminés à travers l'Afrique est estimée à environ 50 000 tonnes, a indiqué le Programme africain relatif aux stocks de pesticides obsolètes (PASP) qui vient d'organiser une rencontre à Bamako pour trouver une solution permettant d'éliminer définitivement ces produits qui représentent un risque majeur pour l'environnement et la santé des populations. Selon le PASP, certains de ces produits sont dangereusement stockés dans des pays africains depuis plus de quarante ans. Pour le cas précis du Mali, les estimations font état de plus de 1 100 tonnes répertoriés sur 267 sites.
Burkina: La méningite sévit, la rougeole menace
2010-02-20
http://www.sidwaya.bf/spip.php?article2521&lang=fr
La méningite est encore là avec ses statistiques macabres au Burkina : quatre districts sanitaires en situation d’épidémie, 193 personnes décédées sur les 1252 cas suspects notifiés du 1er janvier au 14 février, selon les données du comité national de gestion des épidémies qui s’est réuni le 17 février 2010 autour du ministre. Parmi les victimes figurent des gens ayant déjà été vaccinés. La rougeole n’est pas en reste et a déjà fait un mort parmi plus de 250 cas notifiés. Concernant la méningite, sept districts sanitaires ont franchi le seuil d’alerte. Parmi eux, quatre sont en situation d’épidémie.
Egypte: La grippe H1N1 en diminution mais encore présente
2010-02-20
http://tinyurl.com/yc6ma2w
Le nombre de patients touchés par la grippe H1N1 a considérablement baissé en Egypte depuis le début de 2010, mais les autorités sanitaires affirment se préparer à une seconde vague d’infections. Selon le ministère de la Santé, on enregistre 500 cas par semaine, contre 2 500 en décembre. Il a aussi déclaré que le ministère disposait de larges stocks de vaccin H1N1 et qu’environ cinq millions de doses se trouvaient dans les hôpitaux du pays.
Sénégal: Des enfants contaminés au plomb sans prise en charge médicale
2010-02-20
http://tinyurl.com/yg2jsnc
Après la mort, en 2008, de 18 enfants âgés de zéro à six ans résultant d’une sévère intoxication du plomb qui a affecté leur système nerveux, dans la zone de Pikine, une banlieue de Dakar, le plomb continue de faire des victimes dans une localité voisine. A Thiaroye, les enfants sont plus infectés et la prise en charge médicale gratuite des personnes contaminées ne se fait plus. Celle-ci était assurée par l'Etat, à travers le ministère de la Santé et les structures sanitaires de Pikine.
Sierra Leone: Gratuité des soins pour femmes enceintes et jeunes enfants
2010-02-20
http://tinyurl.com/yjj88b3
Les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans auront accès aux soins gratuits pour réduire les forts taux de mortalité qui les touchent, a annoncé le président de Sierra Leone Ernest Koroma. dans le nord du pays. L'organisation non gouvernementale internationale Concern international a récemment affirmé qu'une femme sur six décédait pendant sa grossesse ou en couche et qu'un enfant sur cinq mourait avant son cinquième anniversaire.
Zimbabwe: Le choléra a fait neuf morts
2010-02-20
http://tinyurl.com/ygrolln
Le choléra a fait neuf morts au Zimbabwe, dans le district sud de Mwenezi, ont annoncé le 17 février les autorités sanitaires qui craignent une propagation dans les régions voisines. Le directeur du district médical provincial a indiqué que des équipes médicales ont été dépêchées sur place pour contenir la maladie. Il a signalé que huit autres cas de choléra étaient en train d'être traités à Mwenezi et qu'il y avait des signes que la maladie se propageait. L'année dernière, le choléra avait fait plus de 4.000 morts et infecté plus de 100.000 autres dans une épidémie qui avait capté l'attention du monde entier…
LGBTI
Zambie: Interdiction des mariages homosexuels
2010-02-20
http://tinyurl.com/yk9qp4x
En Zambie, la Conférence Constitutionnelle nationale (NCC) a adopté à l'unanimité une nouvelle disposition qui sera insérée dans la Constitution afin d'interdire le mariage homosexuel. Bien qu'il n'y ait pas de preuve flagrante de mariage homosexuel dans ce pays d'Afrique australe fortement conservateur, les membres de la NCC, chargés de réviser la Constitution, ont estimé que la Constitution devait comporter une disposition pour éviter tout cas de mariage homosexuel. Cette nouvelle clause est une disposition progressiste pour la Zambie, surtout dans un pays qui se déclare chrétien, a affirmé un membre de la NCC.
Environnement
Ile Maurice: l'huile de coco comme alternative au diesel
2010-02-20
http://tinyurl.com/ykvj9y4
Un projet visant à utiliser l’huile de coco comme substitut du diésel sera bientôt mis en œuvre sur l’île d’Agaléga, une dépendance de l’île de Maurice. La présentation de ce projet a eu lieu le 16 février en présence du ministre de l’Industrie, de la Science et de la Recherche, Dharam Gokhool, et du ministre des Administrations régionales. Ce projet est un suivi de l'étude effectuée en 2007-2008 par le Conseil de recherche de Maurice (MRC) sur l'utilisation de l'huile de coco comme alternative au diesel pour le transport.
RD Congo: Une société française accusée de pollution toxique
2010-02-20
http://tinyurl.com/yj9kvxl
Un député de la province du Bas-Congo (Ouest de la RD Congo), Jean Claude Mvuemba, a accusé la société pétrolière française PERENCO REP d'avoir déversé des déchets toxiques dans la mer. Selon lui, plus de 10.000 poissons ont été retrouvés morts au bord de la mer, près du village Tiembe, situé à environ un kilomètre de la société pétrolière PERENCO. Il a exigé, à cet effet, l'envoi sur terrain d'une commission d'enquête qui devra être constituée, selon lui, des délégués notamment du gouvernement central, du gouvernement provincial, des parlementaires, des ONG de défense des droits de l'homme et de l'environnement pour évaluer le taux de pollution environnementale.
Terres & droits fonciers
Afrique du Sud: Préparation d’une nouvelle loi sur la redistribution des terres
2010-02-20
http://tinyurl.com/yfaxyax
L'Afrique du Sud prépare une nouvelle législation pour accélérer la redistribution des terres, encore largement aux mains de la minorité blanche, a déclaré le 15 janvier le ministre de la Réforme agraire. En 1994, à la chute du régime d'apartheid, 87% des terres arables étaient aux mains de la minorité blanche et le gouvernement s'est fixé pour objectif d'en redistribuer 30% à des Noirs ou métis d'ici 2015. Mais 15 ans plus tard, à peine 5% de ces terres ont effectivement changé de mains. Lors de son discours sur l'état de la Nation, le président Jacob Zuma a promis de donner des titres de propriétés à au moins un demi million de foyers d'ici la fin de son mandat en 2014.
Média & liberté d'expression
Afrique: De plus en plus de journalistes obligés de s'exiler
2010-02-20
http://tinyurl.com/y863xor
Les journalistes vivant en Afrique sub-saharienne ont fui leurs pays en 2009 comme jamais avant, entraînant une baisse de la couverture de terrain, a annoncé le 16 février le Comité pour la protection des journaliste (CPJ), une ONG new-yorkaise. Un tel nombre de départs en exils n'avait jamais été observé en trente ans d'existence, a relevé le coordinateur pour l'Afrique du CPJ, lors de la présentation du rapport intitulé "Attaques contre la presse en 2009". L'exode s'explique en partie par le fait que 2009 a été la pire année de la décennie en Afrique sub-saharienne en ce qui concerne les journalistes tués, avec 12 morts, en Somalie, mais aussi au Kenya, au Nigeria et à Madagascar.
Global: Record de journalistes emprisonnés dans le monde
2010-02-20
http://tinyurl.com/ycvun9r
Ils sont actuellement 201 journalistes derrière les barreaux dans 36 Etats à travers le monde. La vague d’arrestations de journalistes, de photographes et de blogueurs en Iran a considérablement aggravé cette situation, mais au cours des dernières semaines, des professionnels des médias ont également été placés en détention au Cambodge, au Yémen et au Viêt-nam. Selon Reporters sans frontières, il n’y a jamais eu autant de journalistes détenus au même moment.
Nouvelles de la diaspora
Haïti: Huit des dix Américains accusés d'enlèvement d'enfants libérés
2010-02-22
http://tinyurl.com/yzfx8l6
Huit des dix américains qui étaient accusés d'avoir tenté de faire franchir illégalement la frontière dominicaine à des enfants haïtiens en vue de les enlever ont été libérés et mis dans un avion à destination de Miami où ils sont arrivés le 17 février. La plupart d'entre eux appartenaient à la Central Valley Baptist Church, située dans l'Etat de l'Idaho. Les dix étaient détenus à Port au Prince depuis le 29 janvier, lorsque les officiels haïtiens avaient arrêté un bus qui essayait de franchir la frontière dominicaine, avec des enfants dont l'âge allait de 2 à 12 ans.
Conflits & urgences
Sénégal: 2 soldats tués dans des camps rebelles détruits
2010-02-20
http://tinyurl.com/y8upjc6
Les démons de la violence n’ont pas encore disparu. Le 15 février, ils ont fait leur apparition dans les quartiers périphériques de Ziguinchor, principale ville en Casamance. Une situation qui replonge les populations dans l’angoisse la plus totale. De violents affrontements entre militaires et éléments supposés appartenir au Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (Mfdc) ont fait deux morts et de trois blessés du côté des militaires. Prises de panique par ces échanges nourris, les populations ont commencé fuir.
Soudan: Annonce d’un accord serait imminent au Darfour
2010-02-20
http://tinyurl.com/ylfclon
Le Soudan a annoncé le 19 février la signature imminente d'un accord cadre avec un important groupe rebelle du Darfour pouvant mettre fin aux affrontements dans cette région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile. Le gouvernement soudanais et le JEM, le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, doivent entamer sous peu à Doha des négociations directes. Les deux parties ont déjà tenu des discussions préliminaires avec le Qatar et le médiateur de l'ONU et de l'Union africaine sur les formalités dans lesquelles ces négociations doivent se dérouler.
Tchad: Le départ des casques bleus exigé
2010-02-20
http://tinyurl.com/ybp2shh
L'ambassadeur du Tchad aux Nations Unies, Ahmad Allam-mi, a indiqué le 17 février que les casques bleus dans son pays doivent partir car la mission de maintien de la paix n'a pas atteint son objectif. Il a fait cette déclaration alors que le mandat de la Mission des Nations unies au Tchad et en Centrafrique (MINURCAT) va expirer le 15 mars. Le président tchadien Idriss Deby avait appelé le Conseil de sécurité à ne pas renouveler le mandat de la MINURCAT. En 2008, la force onusienne a remplacé celle de l'Union européenne pour protéger les 250.000 réfugiés venus du Darfour et les 170.000 personnes déplacées dans l'est du Tchad.
Internet & technologie
Ghana: Projet d’usine de montage des téléphones portables
2010-02-20
http://tinyurl.com/y898bhf
La firme LG Communications pourrait construire une usine de montage des téléphones portables au Ghana d'ici la fin du mois de mars. L'usine pourrait employer 20.000 jeunes. La firme compte proposer des téléphones à des prix abordables aux Ghanéens. La compagnie a déjà formé quelque 5000 jeunes dans la réparation et le montage des téléphones portables à travers le pays conformément au Programme national d'emploi des jeunes (NYEP).
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