Cette édition
Pambazuka News 136: Education, démocratie et développement en Afrique
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Urgence, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. Environnement, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences, 15. Internet & technologie, 16. Collecte de fonds & ressources utiles, 17. Emploi
Sommaire de cette édition
URGENCE : Tchad : Menace grave de famine, selon l’ONU.
CHRONIQUE : L’éducation et la démocratie devraient être une construction commune.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Le paradoxe du «sang paternel» en RD Congo.
FEMMES & GENRE : Afrique : Pour un rééquilibrage entre hommes et femmes.
DROITS HUMAINS : Rwanda : Sarkozy cible les responsables du génocide.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : RD Congo : Les enfants de la rue rwandais affluent à Goma.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Brouille diplomatique entre le Mali et l’Algérie.
CORRUPTION : Cameroun : 5e report du procès de l’ex-médecin de Biya.
DEVELOPPEMENT
Cameroun : Les recettes du pétrole baissent de 320 milliards.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Arrivée précoce et alarmante de la méningite.
EDUCATION : Kenya : L’avenir de 8 millions d’élèves compromis par un détournement.
ENVIRONNEMENT : Sénégal : Le bilan des inondations estimé à 44 milliards.
TERRES & DROITS FONCIERS : Afrique du Sud : Préparation d’une nouvelle loi sur la redistribution des terres.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Guinée Bissau : Un journaliste échappe à une tentative d’assassinat.
CONFLITS & URGENCES : Soudan : Libération de 57 membres du JEM après un cessez-le-feu.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Afrique : La téléphonie mobile, du pain béni.
COLLECTE DE FONDS & RESSOURCES UTILES : Afrique : L’IHRDA appuie les plaignants devant la CADHP.
EMPLOI : New Field cherche une consultante pour le Programme de l’Union de la Rivière Mano.
Urgence
Tchad : Menace grave de famine selon l'ONU
2010-03-01
http://tinyurl.com/y8zbcl6
Quelque 2 millions de personnes, soit 18% de la population du Tchad est "en situation d'insécurité alimentaire", selon un haut responsable de l'Onu à N'Djamena, en appelant à un plan d'urgence "pour éviter le pire". Cette situation touche la région du Kanem (ouest), le Lac Barh El Ghazel (centre-ouest), le Guera (centre-sud), le Batha (centre). Face à cette situation d'urgence, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a débloqué environ quatre millions de dollars (plus de 2,9 millions d'euros).
Chroniques
"L'éducation et la démocratie devraient être une construction commune"
Joséphine Ouedraogo
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/62669
Quel est votre avis sur le rapport 2010 de l'UNESCO sur l'état de l'éducation dans le monde?
Joséphine Ouedraogo : C'est un rapport complet, avec de nombreuses informations. Il propose des stratégies et des actions précises. Mais rien de particulièrement original. On ne peut attendre quelque chose de très différent dans un rapport émanant d'une institution de l'ONU, élaboré dans un cadre institutionnel étatique. Il est significatif qu'il insiste pour concentrer les efforts sur les groupes les plus marginalisés: populations des bidonvilles, des zones rurales pauvres, des zones en conflits, des camps de réfugiés. Je suis très frappée par l'une des conclusions principales, à savoir qu'en raison de la crise actuelle l'éducation est en danger, malgré les moyens financiers et stratégiques investis par la communauté internationale et les Etats.
Quels points faibles contient cette lecture de l'éducation mondiale aujourd'hui?
L'objectif du rapport semble être de faire un grand plaidoyer pour une aide internationale accrue et efficace en faveur de l'éducation, comme si l'insuffisance des ressources était la principale cause de l'échec de la décennie pour la proposition de «Education pour tous». Mais l'argent n'est pas tout. A mon avis, la grande lacune du rapport, c'est de ne pas avoir articulé les politiques, sociales et éducatives notamment, et les stratégies de développement. Il manque une analyse de la relation étroite entre modèle d'éducation et celui de «développement». En Afrique subsaharienne, les politiques éducatives produisent la même chose que le modèle du système: exclusion, chômage, pauvreté. Même problème, même résultat. Le rapport ne contient pas une vision différente, alternative...
N'existe-il pas en Afrique des visions éducatives différentes, à l'instar de ce que Paulo Freire et sa pédagogie de la libération a apporté à l'Amérique latine ?
Des intellectuels africains ont formulé des propositions. On a imaginé une véritable démocratie, bien supérieure aux institutions et aux parlements existants. Des ONG et des associations, comme ENDA, promeuvent ces visions distinctes. Mais cela ne se traduit pas politiquement. Dans les programmes éducatifs – et dans la société – continue à prévaloir le concept de transfert des savoirs. On ne construit pas avec les gens. Or l'éducation et la démocratie devraient être une construction commune. On doit alphabétiser en utilisant les mots des paysans, si nous allons dans un village agricole, comprendre que l'exercice de la lecture et de l'écriture doit contribuer à une participation effective. Malheureusement, on utilise généralement la lecture et l'écriture pour imposer d'autres schémas. L'Afrique n'a pas cette identité propre, que les Latino-américains se sont construite durant les cinquante ou peut-être cent dernières années. Je pense qu'il manque une alliance plus étroite entre les intellectuels et la population, la base. Il faut comprendre que nous devons travailler avec le peuple, évoluer avec lui, nous en rapprocher, être davantage en contact avec les gens. Nous avons des partis politiques très avancés idéologiquement, des penseurs très développés, des personnalités d'Afrique australe qui ont tenté d'exprimer l'âme africaine. Mais il y a une sorte de fracture entre l'intelligentsia et les gens.
Comment réduire cette fracture?
Les intellectuels doivent comprendre et accepter que notre population peut être un acteur politique, qui pense, qui a accumulé un savoir, qui exprime sa confiance en elle-même, qui ne se complexe pas ni ne se tait si quelqu'un arrive avec «son» projet de développement et une camionnette 4x4. Je peux vous assurer que des gens s'activent beaucoup : des organisations de paysans et de femmes, ou la vie qu'expriment les radios libres communautaires au Sénégal, par exemple. Il y existe une grande richesse. Maintenant, il faut faire pression sur les dirigeants de ces pays pour qu'ils acceptent ces populations, qu'ils parlent avec elles, qu'ils comprennent qu'on ne peut pas se substituer à la réflexion et à l'action de ces populations
Le Forum social africain, plus particulièrement, et le Forum social mondial peuvent-ils être des espaces qui renforcent cette nouvelle forme de participation de la base?
Ils sont conçus pour renforcer cette construction à partir de la société civile, pour montrer que ceux qui n'ont jamais eu la possibilité de s'exprimer sont bel et bien vivants. Il faut accompagner les gens dans la réflexion sur l'avenir. Car on ne leur demande jamais ce qu'ils veulent, quelle est leur vision du futur. Comme s'ils n'avaient pas de futur... Et pourtant ils en ont un.
En ce sens, la tenue du FSM 2011 à Dakar – seconde session africaine, après Nairobi en 2007 – représente-t-elle un apport à ce processus ?
Sans aucun doute. Mais il faut faire un saut qualitatif par rapport à Nairobi. L'Afrique de base doit être présente à Dakar. C'est notre défi comme secrétariat du FSM. Cela exigera beaucoup de travail, mais c'est essentiel de mettre en mouvement nos partenaires, les organisations de base, la population.
S'agirait-il d'une sorte de «Mumbai africain» ? Lors de la session du FSM en Inde, la participation de la base, des mouvements sociaux – et plus particulièrement des «dalits» – avait été très importante...
C'est à cela que nous réfléchissons, pour en tirer des leçons. Comment apprendre de l'histoire ? Nous devons parvenir à faire un Mumbai à Dakar. En ce sens, le FSM 2011 sera une occasion importante, qui exige beaucoup de travail. Et après le FSM il faudra continuer de construire. Le FSM est un espace privilégié: il y a l'Afrique, les autres continents du Sud et aussi le Nord solidaire. Ce sont toutes des expressions des peuples. Nous nous sentons tous concernés, en pensant différemment et en cherchant des alternatives à un système qui nous réduit au rôle de producteurs et de consommateurs. Nous devons trouver un espace propre dans ce monde globalisé, pour pouvoir nous exprimer, pour vivre quelque chose de différent.
* Joséphine Ouedraogo, secrétaire exécutive d'ENDA-Tiers Monde – Propos recueillis par Sergio Ferrari, Le Courrier + E Changer - Traduction H.P. Renk
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Shell au Nigeria: la lutte pour la responsabilité
Ben Amumwa
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/62673
Les fameux accords qui ont résulte de la poursuite en justice de Shell par Wiwa sont un progrès. Un petit progrès, mais un progrès significatif pour la douzaine de plaignants impliqués. Ils accusaient Shell de complicité de violations des Droits de l’Homme, y compris de crimes contre l’humanité, d’exécutions sommaires, de torture et de détentions arbitraires. Des violations qui ont eu lieu au cours des répressions militaires que le Nigeria a connues dans les années 1990, lorsque 300 000 personnes appartenant au groupe minoritaire des Ogoni se sont mobilisées sous la direction de l’écrivain et militant Ken Saro-Wiwa, pour protester contre la dévastation sociale et environnementale causée par Shell, Chevron et d’autres compagnies pétrolières intervenant dans le delta du Niger riche en pétrole.
Ces manifestations ont été les plus importantes jamais vues, contre une compagnie pétrolière. En réaction, Shell a collaboré avec les militaires du Nigeria dans une campagne de violence indiscriminée en Ogoniland. Des violences qui ont culminé avec l’exécution de Saro-Wiwa et de huit autres militants, le 10 novembre 1995.
Durant les douze ans qui ont suivis, une bataille juridique s’est déroulée dans une cour de justice de New York. Les avocats des plaignants avaient rassemblé des preuves comprenant des documents confidentiels de la compagnie, des courriels et des déclarations de témoins qui éclairaient la complicité de Shell dans les violations des Droits de l’Homme commises en Ogoniland. Les preuves détaillées de la relation étroite entre Shell avec les militaires ont été rendues publiques dans le sillage de l’accord dans lequel Shell acceptait de payer 15, 5 millions de dollars aux plaignants.
Dans les coulisses il y avait Osamede Okhomina, un directeur dans le domaine de l’exploitation pétrolière, qui ne correspond pas au stéréotype habituel. Originaire de la région du delta du Niger, il détient un Master en Philosophie de l’Université de Cambridge. Sa compagnie, Energy Equity Ressources (EER), basée dans le quartier verdoyant de Marble Arch à Londres et à Victoria Island à Lagos, a contribué à l’accord conclu dans le cas de l’affaire Saro-Wiwa. EER a aidé les deux parties à forger le Kiisi Trust, un fonds de 5 millions de dollars créé par les accords, qui doit «permettre le financement dans l’Ogoniland de programmes d’instruction, de développement de compétences, d’agriculture, de programmes pour les femmes, de soutien aux petites entreprises et d’alphabétisation des adultes ».
Dans une brève déclaration faite par EER le jour de l’accord, on peut lire : ‘’ M. Okhomina mais l’accent… sur l’importance pour le EER de l’institution d’un fidéicommis qui permettra à la population locale d’obtenir directement une part des bénéfices de la production pétrolière… EER croit que cette approche offre de meilleures perspectives d’avenir pour tous ceux impliqués et espère que sa contribution à la résolution de ce cas sera vue sous cette lumière’’. C’était probablement un soulagement de voir disparaître la contribution de EER dans la tempête médiatique qui a submergé Shell. Néanmoins, la position cette petite compagnie pétrolière et gazière, mérite d’être considérée.
L’utilisation du fidéicommis dans le delta du Niger est une réponse récemment surgie dans ce que le PNUD appelle ‘’une situation de développement déplorable’’ et qui, bien que limitée, a un plus grand potentiel que des tas d’autres projets de développement communautaires abandonnés, qui avaient été entrepris par Shell et d’autres compagnies pétrolières. Pendant plus d’une décennie, les compagnies ont usé de ‘’philanthropie stratégique’’ pour acheter, avec une grande réussite, le consentement des communautés là où elles extrayaient du pétrole et du gaz. Suite à l’exécution de Saro-Wiwa et à la chute de Brent Spar, Shell a finalement compris la nécessité de réparer son image globale et a inventé le concept de ‘’responsabilité sociale des compagnies’’ (RSC). Au jour d’aujourd’hui, l’échec du RSC dans le delta du Niger est un secret de polichinelle. En 2001, une étude des projets communautaires de Shell a montré que sur 81 projets, 20 n’existaient pas, 36 étaient partiellement aboutis et seulement 20 étaient des projets qui fonctionnent.
En dépit de cela, la responsable pour le Nigeria des relations internationale de Shell, Alice Ajeh, basée à La Haye, croit que la réponse réside dans les RSC. Lorsqu’elle s’est retrouvée devant une avalanche de courriels protestant contre la pratique de Shell au Nigeria, elle a déclaré avec force que Shell avait dépensé 242 millions de dollars pour du développement communautaire, ’’le plus gros investissement au monde que Shell a fait dans les communautés ’’. Au cours de son passage chez Shell, à Port Harcourt, un rapport confidentiel de WAC Global Services, divulgué à la presse, a révél que ces paiements créaient la division, augmentaient les conflits et la violence, plutôt que de servir la communauté.
Supposant que ces projets de développement communautaire existent et fonctionnent, ils ne peuvent compenser les dévastations environnementales et sociales illégales causée par les fuites de pétroles, le brûlage de gaz et le recours excessif, par la compagnie, aux forces de sécurité nigériane.
Bien que tous les problèmes de la région ne puissent être imputés à Shell, il reste clairemetn établi que les activités de la compagnie exacerbent l’insécurité, la corruption et la pauvreté. Les services des forces de sécurité gouvernementales, responsables d’exécutions sommaires, de tueries, de tortures et de détentions arbitraires, sont, de façon régulière, payés par les compagnies pétrolières internationales. Selon des observateurs locaux des Droits de l’Homme (CEHRD), tout aussi récemment que décembre 2009, des soldats armés, assurant la sécurité de Shell à K-Dere, dans l’Ogoniland, ont torturé un homme et sa femme, les battant avec des crosses de fusils et des fouets jusqu’à ce qu’ils vomissent du sang. Ces incidents ont lieu de façon routinière et sont le fait des forces de sécurité payées, nourries, logées par Shell.
Le delta du Niger n’est en aucune façon une zone à économie pauvre. Des profits vertigineux sont pompés quotidiennement dans les criques par Shell, Chevron et d’autres compagnies. Le FMI estime que les revenus pétroliers du Nigeria, entre 2004 et 2007, se sont montés à 75 milliards de dollars. Et pourtant la région du delta est appauvrie par des décennies de prélèvements record, opérées par toutes les strates de l’élite nigériane, assistées dans ce vol persistant par les compagnies pétrolières et les banques occidentales.
Récemment, la Metropolitan Police d’Angleterre a accusé les anciens associés de l’ancien gouverneur de Rivers State, James Ibori, de l’avoir aidée dans des opérations de blanchiments d’argent pour un montant de 30 millions de dollars entre 2005 et 2007. Parmi ses avoirs gelés figurent des fonds provenant d’une affaire lucrative de la compagnie de Ibory, MEX engineering, qui avait trait à la livraison de bateau-maison à Shell et Chevron. Scotland Yard suspecte une histoire de la corruption dans cette affaire, mais la compagnie nie avoir enfreint la loi. Malgré l’opposition politique et une tentative du député conservateur Tony Baldry de faire obstacle à l’accusation au Royaume Uni, le procès doit avoir lieu devant la Cour de justice royale de Southwark, à Londres, et pourrait donner lieu à des révélations dommageables concernant cette affaire.
Alors qu’on croit généralement que les compagnies pétrolières et tous les échelons du gouvernement nigérian sont embourbés dans la corruption, des mécanismes de contrôle plus transparents sont requis pour tracer les revenus pétroliers. Des fonds fidéicommis comme le fond Kiisi pourraient offrir un moyen temporaire et pragmatique d’assurer aux communautés villageoises le bénéfice de leurs ressources. Ce que ces fonds ne peuvent pas rectifier, c’est l’injustice fondamentale relative au cas Wiwa - l’impact des compagnies pétrolières sur la question des Droits de l’Homme. La production pétrolière reste en effet intimement liée à de graves violations des Droits de l’Homme. Comme l’a déclaré Saro-Wiwa au jury qui l’a condamné à mort, ’’ Les militaires n’agissent pas seul. Ils sont soutenus par un assortiment de politiciens, d’avocats, de juges, d’académiciens et d’hommes d’affaire, qui tous agissent dans l’ombre…’’
Le cas de Wiwa a démontré le pouvoir de la mémoire contre l’oubli. Aussi longtemps que les compagnies vont mener leurs affaires au détriment des Droits de l’Homme,elles finiront par être dénoncées, rendues responsables et contraintes de s’amender.
* Pour plus d’information veuillez consulter le site http//www.remembersarowiwa.com. Ce texte a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
L'intérêt d'un Etat fédéral africain démontré par la théorie des jeux
Youssou Gningue
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/62674
Introduction
La théorie des jeux fut considérée une véritable discipline scientifique depuis la publication, en 1944, du livre de Von Neumann. Elle a connu par la suite des développements considérables aussi bien sur le plan théorique qu'empirique. Elle a exercé une influence croissante sur les développements des sciences socioéconomiques. Elle est un outil assez primordial d'aide à la décision. Toutefois, elle ne cherche pas à proposer des solutions toutes faites à des problèmes, mais à permettre une meilleure compréhension donc une détermination de stratégies plus pertinentes.
Dans le cadre de cette présentation, nous utilisons cet outil et les résultats fondamentaux de la théorie des jeux pour démontrer l'avantage des pays africains à s'allier par le biais de la fondation des États-Unis d'Afrique. Un bref aperçu des concepts de la théorie des jeux nous montre comment elle permet de modéliser les relations internationales. Nous y considérons deux niveaux de relations. Le premier niveau concerne l'Afrique et le reste du monde. Ce jeu à deux joueurs non coopératif constitue l'objet de la troisième section. Nous l'illustrons en considérant l'exemple de la filière du cacao. Par contre, le deuxième niveau concerne les différents pays africains et leurs relations aussi bien internes qu'externes.
Ce jeu à plusieurs joueurs est coopératif. En considérant la subdivision du continent africain en cinq regroupements régionaux, nous réduisons le jeu à cinq joueurs. Les dépenses militaires africaines sont considérées pour montrer l'avantage de chaque pays à adopter l'idée de création de la fédération africaine. Nous dégageons les opportunités individuelles et globales de chaque Etat à l'érection du continent en État. Finalement le processus de mise en place de la fédération est abordé en guise de conclusion.
La théorie des jeux
La théorie des jeux est un domaine des mathématiques de la décision qui modélise les relations d'intervenants impliqués dans des choix plus ou moins conflictuels. Les intervenants sont appelés joueurs et sont des personnes ou des regroupements de personnes qui peuvent représenter une institution. Dans le cas qui nous concerne, les joueurs sont les Etats. Le sort de chaque joueur ou Etat dépend non seulement des décisions qu'il prend, mais également de celles prises par les autres. Chaque joueur possède différentes stratégies qui lui procurent, chacune, un niveau d'utilité estimé en termes de gain.
Chaque joueur ou Etat cherche à tirer le maximum de profit de ses propres décisions. En conséquence, chaque joueur développe des choix stratégiques lui permettant d'atteindre cet objectif. Ainsi, chaque joueur intervient selon certains principes de rationalité. Notons qu'en théorie des jeux, la caractéristique essentielle et fondamentale est que le gain réalisé par un joueur dépend de ses propres choix, mais aussi de ceux effectués par les autres joueurs. L'interaction des joueurs devient beaucoup plus complexe avec l'augmentation du nombre des joueurs qui doit être une donnée du problème.
Dans le cadre des relations internationales, en tant que joueurs, les différents pays ne peuvent pas se contenter de choisir leurs propres plans d'actions, en négligeant ceux des autres. Ils doivent au contraire se faire une idée aussi précise que possible des stratégies susceptibles d'être choisies par les autres joueurs. Pour cela, la théorie considère les hypothèses suivantes que tous les joueurs s'efforcent de prendre les meilleures décisions pour eux-mêmes. Pour étudier les relations des pays africains à travers la théorie des jeux, nous pouvons l'effectuer à deux niveaux. Le premier consiste à observer l'Afrique dans sa globalité. Dans ce cas le jeu considéré non coopératif est l'objet de la prochaine section
Jeux non coopératifs
Un jeu est non coopératif lorsque des joueurs ne peuvent pas passer entre eux des accords qui les lient de manière contraignante. Dans le cas de jeux non coopératifs, les intérêts sont conflictuels et les joueurs peuvent, dans ce cas, être considérés comme des adversaires. C'est le cas de jeux de société comme les jeux de dames ou d'échecs. Le joueur ne gagne rien à dévoiler ses propres stratégies à ses concurrents. Si nous considérons l'Afrique et le reste du monde (RDM), alors les relations se résument à un jeu entre ces deux joueurs. Pour pouvoir analyser les relations et stratégies impliquées, il nous faut restreindre le jeu à un domaine particulier. Dans le cadre de cette recherche, nous avons préconisé la filière du cacao comme exemple d'illustration.
La filière du cacao
Le cacao est cultivé principalement en Afrique (Côte d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria, le Cameroun), à 70%. Quatre-vingt-quinze pour cent de la production mondiale provient de petites plantations familiales de moins de 10 ha, avec un rendement mondial moyen est assez faible. Le reste du monde produit les 30% en Amérique Latine (13%) et en Asie (17%).
Le jeu du cacao peut donc être perçu comme un duopole où les joueurs sont l'Afrique et le RDM. Compte tenu des intérêts en jeu, c'est un jeu non coopératif. Si le cacao est très largement produit en Afrique, Asie et Amérique du Sud, les produits dérivés sont principalement consommés en Amérique du Nord, en Europe, au Japon et à Singapour. Les acheteurs de fèves de ces pays sont essentiellement l'industrie chocolatière de transformation et de confection contrôlée par une poignée de multinationales.
Les broyeurs de cacao, constitués en entreprises, achètent des fèves, les décortiquent et les fondent pour produire la liqueur ou pâte de cacao qui sont les principales matières première de l'industrie chocolatière. D'autre part, ils extraient le beurre de cacao qui procure le tourteau dégraissé ou même la poudre de cacao. Le prix des fèves de cacao payé au planteur est stable par rapport au prix en croissance continue de la tablette de chocolat. D'ailleurs, des hausses plus sévères des prix des tablettes de chocolat sont prévues.
Afrique et le RDM
Comme les ressources sont rares et limitées, nous assistons obligatoirement à des conflit potentiels dépendamment de leurs répartitions. Dans ce sens, le jeu dans les relations internationales peut être presque considéré de somme nulle. Pour analyser le marché du cacao, nous considérons le jeu à deux joueurs entre l'Afrique et le reste du monde (RDM)
(…) L'Afrique a tendance à exporter ses fèves au RDM dont la majeure partie en Europe. Les entreprises du RDM les traitent avant de les transformer sous forme de produits chocolatiers. Elles n'interviennent pas localement ni lors de la production ou de la collecte de fèves. La deuxième possibilité suppose que la vente est faite après le broyage des fèves. Ceci implique une meilleure organisation de la production. Les petites exploitations n'ont pas les moyens et ne peuvent pas se lancer dans cette entreprise. Par contre, la création de l'Etat africain suppose une meilleure organisation et coordination de l'activité du cacao. Des investissements autres que ceux des pays producteurs peuvent être sollicités. Cette stratégie auparavant inaccessible devient une dominante pour les producteurs africains. Les consommateurs du RDM n'auront plus le choix que d'utiliser la stratégie qui consiste à s'impliquer localement dans l'activité de broyage.
La quatrième hypothèse devient celle de l'équilibre (Participation, broyage). Naturellement, le gain du RDM est supérieur à celui de sa non participation. Comme le jeu est dynamique et répété, les entreprises du RDM auront intérêt à s'impliquer de peur que l'Afrique développe une troisième stratégie qui consiste à s'impliquer dans l'activité de la transformation. En plus, en décomposant le RDM en trois joueurs Europe, Amérique et Asie, le jeu se mute pour intégrer quatre joueurs au lieu de deux. Dans ce cas, d'autres stratégies peuvent s'offrir à l'Afrique, notamment l'alliance avec l'Amérique et l'Asie pour constituer l'OPPEC (Organisation des Pays Producteurs et Exportateurs de Cacao).
Ainsi dans ce jeu, de la position de suiveur ou follower, les producteurs africains gagnent le statut de meneurs ou leaders résultant de la mise en place de l'État fédéral africain. Une meilleure organisation de la production pourrait également inciter l'Afrique à s'intéresser au cacao produit dans des régions de Madagascar. Ces cacaos réputés pour leurs saveurs un peu acides et fruitées sont très prisés et vendus au titre de fins. Et ceci est dû au fait de l’excès de demande les concernant.
Il est possible d'étudier de manière plus approfondie ces jeux afin de déterminer les différentes formes d'équilibres intervenants. Une forme très souvent rencontrée dans le cas des jeux non coopératifs est l'équilibre de Nash. Nash a démontré que pour ces problèmes, il existe au moins un tel équilibre. Si les stratégies sont présentées sous forme d'arbre, cet équilibre peut être calculé en partant des sommets terminaux de l'arbre et en appliquant le principe d'induction vers l'amont. L'étude de la stabilité d'un tel équilibre est souhaitable pour une plus grande compréhension par rapport au jeu et donc un meilleur comportement stratégique.
Jeux coopératifs
Un jeu est coopératif lorsque des joueurs peuvent se consulter voire passer entre eux des accords qui les lient de manière contraignante. On dit alors qu'ils forment une coalition ou alliance dont les membres agissent de concert.
Le Jeu à 5 joueurs Le jeu des relations internationales est coopératif. Il permet des alliances ou même des fusions pour devenir une seule nation. Si nous le considérons dans le cadre de l'Afrique, chaque Etat constitue un joueur. Mais le regroupement régional réduit le jeu à 5 joueurs.
1 - Afrique de l'ouest : Ces pays sont déjà regroupés sous l'organisation régionale dénommée Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui compte aujourd'hui 15 Etats membres.
2 - Afrique du Nord : Cette région est constituée par sept pays qui sont particulièrement liés par la culture islamique et la langue arabe.
3 - Afrique centrale : Cette région est constituée par l'Afrique des grands Lacs, l'Angola, du Cameroun, du Gabon, de la République centrafricaine, du Tchad et de Sao Tomé-et Principe.
4 - Afrique de l'Est : C’est une région désignant généralement les pays de la vallée du grand rift africain qui comprend les pays de la corne de l'Afrique (Erythrée, Ethiopie, Djibouti et Somalie) et les pays des Grands Lacs (Kenya, Ouganda, Tanzanie). On peut associer à cette région les iles de l'Océan indien (Seychelles, les Comores et Mascareignes) Notons que le Rwanda et le Burundi qui constituent une zone frontalière régionale ont été rattachés à l'Afrique centrale.
5 - L'Afrique australe : Cette région est constituée de l'Afrique du sud et de ses voisins directement frontaliers qui sont la Namibie, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique, le Swaziland et le Lesotho. Elle comprend également la Namibie, le Malawi et la Zambie. Madagascar et toutes les iles africaines du sud des océans Indien et Atlantique (Comores, Maurice) sont rattachés à cette région.
Les dépenses militaires
Notons tout d'abord que la part des dépenses militaires est très élevée en Afrique. D'ailleurs la moyenne africaine est de 3 % tandis que la mondiale est de 2 %. La création des Etats-Unis d'Afrique permettrait de développer une stratégie de réduction du taux africain.
Par exemple, si l'Afrique se fixe l'objectif de ramener ce taux jusqu'au niveau mondial ceci se traduirait par une baisse de 1 %. Il suffirait que chaque pays s'engage à réduire la part allouée aux dépenses militaires de 1/3. Cette baisse représenterait une réduction de 33, 33 % des dépenses militaires africaines. Elle dépasse de plus de quatre fois la réduction suggérée par les experts du développement.
Ce taux presque utopique peut être possible avec la création de l'Etat africain par le partage de certaines forces militaires. En effet, il faudrait que chaque pays mette à la disposition de sa région un taux de participation « p » de dépenses et forces militaires qui dépend de la région considérée. C'est cette unification des forces militaires qui permet la réduction des dépenses militaires sans affecter la défense des souverainetés territoriales. Dans chacune des cinq régions, deux ou trois camps militaires dépendant d'abord de la région et ensuite de l'Etat africain. Pour la détermination du nombre et de leurs positions dans la région, nous pouvons utiliser des techniques de localisation tenant compte des budgets militaires, de l'étendue des pays et de l'allongement de la région. Les pays sélectionnés doivent apporter une contribution supplémentaire compte tenu des avantages résultants.
Schéma du processus de fédération
Ainsi, nous percevons à travers l'exemple des dépenses militaires l'avantage des pays africains à s'allier par le biais de la formation des États-Unis d'Afrique. La démarche considérée dans le cadre des dépenses militaires pourrait être appliquée dans d'autres domaines comme au niveau du commerce international de différents produits. Il suffit de considérer les importations et exportations africaines, ensuite les orienter dans le sens prioritaire des pays de l'Afrique. En tant que pays, il faut d'abord satisfaire l'offre et la demande interne en priorité. Cette démarche réduit les frais de transport et d'acquisition de devises étrangères. Dans le cadre du transport aérien, en partageant l'information, les compagnies africaines peuvent occuper l'espace et augmenter leurs chiffres d'affaire.
Tous ces avantages directs peuvent être évalués et obtenus avant toute instauration de politiques d'intégration économique. Ces gains sont le résultat de partages et d'optimisation des ressources disponibles. Toutes ces situations peuvent être l'objet d'étude par rapport à la théorie des jeux. Le cœur de chacun de ces jeux coopératifs pourrait être déterminé afin de mieux maîtriser la situation par le biais des formes d'équilibres et de leurs stabilités. Le seul fait de muter de continent en État peut permettre des gains substantiels par l'utilisation de stratégies optimales. Les pays africains ont donc tout à gagner dans le franchissement de ce pas.
Le schéma proposé repose principalement sur des principes de base fondés sur les consensus actuels des différents joueurs ou Etats. Le processus repose sur la situation actuelle qui prévaut dans l'Union Africaine. La souveraineté respectée de chaque pays est la base et le fondement de la fédération. Le schéma est évolutif en partant du statu quo actuel. Il compte sous l'effet de démonstration et de rationalité pour muter dans la mesure du possible vers des fusions d'Etats. L'outil utilisé dans cette recherche pourrait être développé à des fins de prédiction et de simulation de certaines orientations de choix politiques voire économiques. Il est pourrait être également considéré comme un élément de persuasion donc de négociation.
L'idée de l'Etat fédéral n'est pas nouvelle, elle date de plus de cinquante ans avec la naissance du panafricanisme des années d'indépendances. D'ailleurs, certains intellectuels comme Cheikh Anta Diop ont dégagé les fondements du futur Etat. Si durant cette période, la réticence était notoire par rapport à la maturité des Etats ou à la multiplication des divisions fraichement héritées de la colonisation, aujourd'hui nous n'avons aucune raison de reculer l'échéance de sa mise en place. C'est la seule issue pour atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire de 2015. En effet l'échéance est très proche pour pouvoir atteindre ces objectifs. En plus, la crise économique est venue s'y greffer pour rendre la mission impossible. Cependant six ans, c'est largement suffisant si le pacte donnant naissance à l'état fédéral africain est scellé.
Bibliographie
- Al-Sultan, K.S. and AI-Fawsan
- M.A., A Tabu
- Demange G. et J.-P. Ponssard, Théorie des jeux et analyse économique. Paris, Presses Universitaires de France (1994).
- Friedman J., Game Theory with Applications to Economics. Oxford, University Press.
- Voir Moulin
- Diop Cheikh A. Les fondements culturels techniques et industriels d'un futur État fédéral d'Afrique noire, (1960)
- Kreps David M., Théorie des jeux. Paris, Vuibert (1999).
- Laurent M. and Van Hentenryck, P., A Simple Tabu Search for Warehouse Location. Brown University, 2005.
- Moulin H., Théorie des jeux pour l'économie et la politique. Hermann Paris, Collection méthode (1981).
- Neumam et Morgenstern par von Neumann : Theory of Cames and Economic Behavior. (1944).
- Umbhauer G., Théorie des jeux et modélisation économique, Paris, Dunod (2004).
- Worldbank.org/datastatitics
* Youssou Gningue est professeur au département de Mathématiques et Informatique Université Laurentienne Sudbury (ON) Canada
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
Le paradoxe du « sang paternel » en République Démocratique Congo
Yves-Junior Manzanza Lumingu
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/62670
Ce disent les lois de la République comptent peu, en République démocratique du Congo, en matière d’héritage. L’approche qui avait consisté à concilier les coutumes et les traditions, pour mieux défendre la veuve et l’orphelin, ne résiste guère à une prédation généralisée qui voit aujourd’hui des enfants et leur mère dépouillés de tous les biens, chassés de leur maison avec la disparition du père de famille. Pour Yves-Junior Manzanza Lumingu, cette pratique développe une mentalité à combattre en RDC, qui est d’attendre que l’autre meurt pour « régner en maîtres sur ce qu’il aura laissé ».
Avec la loi n° 87/010 du 1er août 1987 portant Code de la famille, le législateur congolais réglemente le droit des successions ( ) en tant que transmission des biens d’une personne à une autre du fait de la mort. Cette loi a le mérite d’avoir concilié les coutumes congolaises avec le droit moderne et a fait apparaître un droit successoral qui soit typiquement congolais. Elle distingue alors trois catégories d’héritiers, tous les enfants du défunt constituant la première catégorie et devant être privilégiés dans la répartition de l’héritage.
S’il existe un testament, son auteur reste bien sûr libre de disposer de son patrimoine comme il l’entend, mais en sauvegardant impérativement la part réservée aux enfants en tant qu’héritiers de la première catégorie. De même, en l’absence de toute disposition du de Cujus (succession ab intestat), les enfants reçoivent les ¾ de la succession, le ¼ restant étant dévolu aux héritiers de la 2ème catégorie (conjoint survivant, père et mère du de Cujus, ses frères et sœurs). C’est seulement lorsqu’il n’y a pas d’enfants que la part de ces derniers peut passer aux héritiers de la 2ème catégorie.
Malheureusement, le divorce entre la loi et la pratique est plus que manifeste, au grand dam des orphelins et des veuves. En effet, au lieu que ces héritiers bénéficient de la part des biens qui leur reviennent, c’est d’autres personnes qui, au nom des coutumes malicieuses et malveillantes, s’érigent en « ayants droit ». Les enfants et leur mère sont ainsi dépouillés de tous les biens qui appartenaient à la famille. Et comme si cela ne suffisait pas, ils sont encore chassés de la maison familiale. Aussi souffrent-ils non seulement de la disparition de leur père, mais aussi et surtout des traitements qu’ils auront à subir de la part de leurs oncles et tantes paternels.
Où vont alors les pauvres orphelins une fois délogés du toit parental ? Dans la rue, peut-être ! Ils se débrouillent bon gré mal gré pour trouver une habitation où ils pourront passer le reste de leur vie. A titre d’illustration, une veuve s’est retrouvée dépouillée même de ses volailles et de ses ustensiles de cuisine dans une cité de la Province du Bandundu. Et c’est vers 4 heures du matin que les ravisseurs emporteront leur « butin » au village. Dieu seul sait pourquoi ils ont choisi cette heure. L’on dirait sans doute pour passer inaperçus ; mais cet argument ne peut convaincre, étant donné que la société elle-même reste complaisante et indifférente, pour ne pas dire complice, ne se limitant qu’à de simples condamnations morales.
Quand comprendra-t-on que la mort d’un frère n’est pas l’occasion de martyriser ses enfants et son épouse, mais plutôt de les assister et de les aider à transcender cet événement douloureux ? Quel socialisme que d’aller ravir à ses neveux et nièces leur héritage ? C’est dans ce sens que se justifierait l’exclamation « solidarité africaine, tu n’es qu’un mot ». Et c’est dans ce genre de comportements même qu’il faudrait comprendre et lire l’image des sorciers et non comme on le laisse entendre aujourd’hui. En effet, écrit le Révérend Père Paul DELANAYE, « (…) le ndoki, c’est tout homme (…) qui n’aime pas, qui blesse l’amour et qui fait mal à l’autre (…). Ainsi, les frères du mari qui chassent la veuve et ses enfants, qui lui volent leur maison, leurs habits, leurs meubles et ustensiles de cuisine (…) »
Pourtant, quand un frère était en vie, ses enfants étaient aussi nos enfants, notre « sang », surtout lorsqu’il s’agissait de réclamer la dot d’une nièce ; après sa mort, les enfants sont non seulement abandonnés à leur triste sort, mais également dépouillés de leur héritage.
Comment renier ou chasser au jour du malheur « ce sang qui était nôtre » quand il était question de recevoir un costume ? Ce sang ne sera-t-il pas réclamé de nouveau si ces enfants réussissaient à émerger ou à acquérir une fortune énorme ? Que de fois voit-on ces mêmes ravisseurs se disputer sans scrupules la dot des enfants qu’ils avaient chassés ! C’est là qu’apparaît le paradoxe ; et les philosophes parleraient même d’une auto-destruction pragmatique.
Dès lors, il est inutile de chercher la réponse que de telles personnes donneraient à une question d’euthanasie proposée pour leur frère agonisant. Elle serait certes affirmative, non pas pour épargner le malade des souffrances atroces, mais pour rester régner en maîtres sur ce qu’il aura laissé, surtout s’il était un homme nanti, le « bois vert » de la famille.
Ces pratiques créent une paresse telle que l’on ne compte plus que sur les autres. Alors que l’on ne devrait plus, à ce jour, continuer à se définir en tant que « fils ou fille de », « frère et soeur de », etc. ; il faut plutôt lutter pour pouvoir se déterminer en tant que soi-même (individu doté d’âme et de conscience, corps propre) en cherchant à se façonner une personnalité, une identité, un nom. Et c’est cela qui fera la spécificité de chacun.
Aussi, pouvons-nous conclure avec Kibala Nana, que le véritable bonheur n’est pas le bonheur que nous vivons qui a été découvert par autrui, mais celui que par nos propres efforts inlassables nous découvrons. Enfin, nous bouclons notre réflexion en rappelant à toutes ces personnes qui se comportent en bourreaux qu’elles ont ou auront des enfants qui, plus tard, pourraient subir le même sort que ceux qui sont maltraités : ironie du sort ou vengeance divine ? C’est ici qu’il convient de puiser dans la sagesse des Ecritures Saintes une mise en garde qui n’est qu’un fondement même du droit naturel : « vous ne maltraiterez aucune veuve, ni aucun orphelin. Si vous le maltraitez, et s’il crie vers moi, j’entendrai son cri, ma colère s’enflammera, je vous tuerai par l’épée, vos femmes seront veuves, et vos enfants orphelins » (Ex 22, 21-23).
* Yves-Junior Manzanza Lumingu est chercheur et apprenant en D.E.S. à la Faculté de Droit/Université de Kinshasa - Membre du Réseau universitaire des chercheurs sur le genre)
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
RD Congo : La fusion des ministère des Droits Humains et de la Justice inquiète
Me Jean Claude Katende
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/62672
L’Association africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), a appris avec surprise la suppression du ministère des Droits Humains à l’occasion du remaniement du gouvernement dirigé par le Premier ministre Adolphe Muzito. En effet, par son ordonnance n° 10/025 du 19 février 2010 portant nomination des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres, le président de la République a procédé au remaniement dudit gouvernement. Il ressort de la lecture de cette ordonnance que le ministère des Droits Humains est désormais fusionné avec le ministère de la Justice. Aussi, certains ministres qui y sont nommés ou reconduits ont fait ou font l’objet des motions et enquêtes parlementaires pour mauvaise gestion et/ou bradage du patrimoine public. Tels sont les cas respectivement du ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, Fridolin Kasweshi, et de la ministre du Portefeuille, Mme Jeannine Mabunda.
L’ASADHO rappelle que pour montrer son engagement dans la promotion et la protection des Droits Humains en RDC, le président de la République avait, par son ordonnance n° 08/067 du 26 octobre 2008, autonomisé le ministère des Droits humains. Et par l’ordonnance n° 08/074 du 24 décembre 2008, en son article 1.B.35, le Conseil des ministres à attribué au ministère des Droits Humains des attributions spécifiques telles que la promotion et protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’examen des cas flagrants de violation des Droits Humains par des mécanismes appropriés tels que la Médiation en matière des droits de l’homme et la commission de contrôle…
Depuis lors, le Ministère des Droits Humains a servi et entretenu de bons rapports de collaboration avec les ONG et Institutions des Droits de l’Homme. C’est ainsi, par exemple, qu’en application de la résolution du 27 mars 2009 du Conseil des Droits de l’Homme sur la situation des droits de l’homme en RD Congo, il a fait approuver par le Conseil des ministres, le 22 juin 2009, le décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Entité de liaison des Droits de l’Homme, qui est un cadre de concertation et de collaboration en matière des Droits de l’Homme en RDC et regroupant notamment les ONG et les services de sécurité.
L’ASADHO relève que la fusion de ce Ministère avec celui de la Justice constitue un recul déplorable par rapport aux progrès et bonnes pratiques que la RDC devra réaliser. En effet, le ministre de la Justice a développé une politique caractérisée, depuis 2008 jusqu’à ce jour, par des attaques dirigées contre des associations de défense des Droits de l’homme et certaines confessions religieuses ; par des injonctions données au Parquet Général aux fins d’engager des poursuites à l’endroit des défenseurs des Droits de l’homme et par l’octroi sélectif des personnalités juridiques. Donc, cette fusion rend le ministre de la Justice « juge et partie » d’autant plus qu’il est sans vice-ministre qui pouvait, à la limite, se charger spécialement des questions des Droits de l’Homme.
L’ASADHO craint sérieusement l’amenuisement des chances de nouvelles ONG de défense des Droits de l’homme à obtenir des autorisations provisoires de fonctionnement qu’octroyait le ministère des Droits Humains dans le meilleur délai. Elle craint aussi que la nomination des ministres épinglés par des rapports et motions parlementaires sur le bradage du patrimoine des entreprises publiques et la mauvaise gestion constitue une démarche tendant à leur assurer l’impunité, et ce, en violation de la politique de « Tolérance zéro ».
De ce qui précède, l’ASADHO recommande :
- Au président de la République, de revenir sur son ordonnance n° 10/025 du 19/02/2010 en réhabilitant l’autonomie du Ministère des Droits Humains, et remplaçant les ministres qui sont cités dans des rapports et motions parlementaires;
- Au Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, de constater, à sa session du 3 mars 2010 à laquelle la RDC devra passer pour donner suite aux 28 recommandations issues de la session de décembre 2009, que celle-ci ne montre pas de volonté de consolider les réalisations et bonnes pratiques dans la promotion et protection des droits de l’Homme; de rétablir un mécanisme international de surveillance de la situation des Droits de l’Homme en RDC tel que le Rapporteur spécial ;
- Aux ONG de la société, d’initier des pétitions, conformément à l’article 27 de la Constitution de la RDC, afin de réclamer la réhabilitation du Ministère des Droits Humains et le limogeage des Ministres cités ou épinglés par des rapports et motions parlementaires pour mauvaise gouvernance.
* Me Jean Claude Katende est président de l’Association africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO)
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Sénégal : cinquante ans d’indépendance et demain ?
Ndiaga Diouf
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/62671
Nous allons dans quelques jours entamer la célébration des cinquante ans de notre accession à l’indépendance (Ndlr : le 4 avril 1960). Des festivités étalées sur des mois avec un milliard cinq cent millions pour bien aussi inaugurer le monument de la Renaissance africaine. L’occasion certainement pour le chef de l’Etat de faire des bilans à mi-parcours et de dégager des perspectives. Le Premier Ministre parle « d’un moment d’introspection et de prospective… ».
Et si on faisait un bilan depuis 1960 ? Les pères de la Nation ont fondé une République. Mais apparemment les fondements pour un développement économique durable ne sont pas aussi solides. Sinon comment comprendre le statu quo sur bien des domaines économiques cinquante ans après ? Est-ce que notre société dans sa constitution intrinsèque n’a pas de valeurs qui peuvent être le fondement d’un développement économique ? Pourtant si !
Quel que soient les soubresauts nous sommes une Nation, une société multiculturelle, une société de paix, de tolérance… Nous pouvons transcender les clivages au nom de l’intérêt général. Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Les experts vous diront les choix économiques. Non, c’est juste l’absence d’adéquation entre les discours et les pratiques et surtout l’absence d’une culture du travail, du civisme, du patriotisme. La faute, hier comme aujourd’hui, incombe aux politiques.
(…) A ce rythme, cent ans après, ce sera le statu quo ou pire. L’ancien Président du Conseil (Ndlr : Mamadou Dia), dont la commémoration du premier anniversaire de la disparition a eu lieu le 25 janvier dernier, nous donne la clé du succès : « foi et action sont indissociables, l’action sans foi ne peut rien donner, la foi sans l’action ne peut aller loin ».
J’ai la chance par mon travail de faire ces trois dernières années beaucoup de coins et recoins du Sénégal, de rencontrer durant plusieurs jours quelques cinq cents enfants et jeunes par an. J’ai l’espoir qu’on peut compter sur cette prochaine génération mais j’ai compris combien aussi les discours et actes de nos dirigeants peuvent impacter négativement sur cette jeunesse. Or « Dis moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel pays tu seras ». Une génération a fait et continue de faire de ce pays ce qu’il est, mais elle semble oublier celle de demain. Une génération exigeante, parfois inconsciente et violente. Si tout cela se conjugue avec sous-développement et injustice sociale, c’est une bombe à retardement.
Nous avons de la matière première, les ressources humaines, une société de valeurs. Il revient juste aux dirigeants de ce pays de travailler pour le Sénégal et les Sénégalais. Quelle que soit leur appartenance politique ! Les hommes politiques sénégalais sont d’accord sur une seule chose : ils ne sont jamais d’accord. Ce pays ne mérite pas ce destin, les Sénégalais peuvent avoir mieux. Rappelons à nos dirigeants leurs responsabilités, comme l’a fait un philosophe africain : «Il n’y a pas de destin forclos, il n’y a que des responsabilités désertées ». Soyez plus sérieux !
* Ndiaga Diouf est journaliste sénégalais
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Femmes & genre
Afrique : pour un rééquilibrage entre hommes et femmes
2010-03-01
http://tinyurl.com/ydkqu2h
Un atelier pour l’intégration de l’égalité femmes-hommes dans une quinzaine de projets économiques, dans 6 pays d’Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Ouagadougou du 23 au 26 février 2010. Cela rentre dans le cadre du programme mobilisateur "Genre et économie, femmes actrices du développement". Soixante dix membres d’organisations de la société civile du Nord et du Sud ont été en concertation pour réfléchir à un réel rééquilibrage entre hommes et femmes dans les activités économiques et une amélioration de l’autonomisation des femmes en termes d’accès et de contrôle aux facteurs productifs, de pouvoir de décision sur les activités et dans les instances de gouvernance, de maîtrise des revenus des activités et à l’amélioration de leur bien-être.
Guinée : Rabiatou Serah Diallo, une pasionaria à Conakry
2010-03-01
http://tinyurl.com/yd42bht
La nouvelle présidente du Conseil National de Transition (CNT) en Guinée est une syndicaliste de choc qui n’a pas froid aux yeux. Grâce à son long combat contre la dictature de Lansana Conté, elle a réussi à s’imposer dans un milieu essentiellement masculin pour devenir une figure de proue des démocrates guinéens. Devenue présidente du CNT le 19 février, elle est une des rares femmes à la tête d’un syndicat en Afrique.
Droits humains
Rwanda : Sarkozy cible les responsables du génocide
2010-03-01
http://tinyurl.com/ydjdczy
Les responsables du génocide rwandais de 1994 doivent être retrouvés et punis, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, tout en assurant que la justice française, qui a émis des mandats d'arrêts à l'encontre de proches du président Paul Kagamé, agissait en toute indépendance. Ces mandats, liés à la destruction en vol de l'avion du président Juvénal Habyarimana, dont la mort avait déchaîné la majorité hutue du Rwanda contre la minorité tutsie, avaient provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali, qui viennent tout juste d'être rétablies.
Sénégal : Récupérer les enfants mendiants pour le système éducatif
2010-03-01
http://tinyurl.com/ya63or6
Selon l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, quelque 100.000 enfants mendiants appelés "talibés" circulent dans les rues du Sénégal. Et ils sont 7.600 dans la capitale, selon une étude du Partenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la Rue (PARRER), dont la mission est de retirer les enfants qui mendient dans les rues de Dakar afin de les envoyer dans le système éducatif conventionnel ou dans des écoles coraniques (daara, en wolof) qui seront soutenues par le gouvernement.
Réfugiés & migration forcée
Rd Congo : Les enfants de la rue rwandais affluent à Goma
2010-03-01
http://tinyurl.com/yaf34xc
Attirés par les activités commerciales de Goma, la grande ville du Nord Kivu, de jeunes Rwandais traversent chaque matin la frontière qui sépare leur pays de la RD Congo pour tenter d'y gagner de quoi se nourrir. Ils s’ajoutent ainsi aux enfants de la rue congolais que les autorités et ONG ont bien du mal à prendre en charge. Leur circulation s’est accrue avec le renforcement des liens entre les deux pays et la libre circulation des biens et des personnes.
Afrique : Accord des syndicats malien, mauritanien et sénégalais sur la migration
2010-03-01
http://tinyurl.com/y953awh
Trois centrales syndicales du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal viennent de signer à Bamako un protocole d'accord destiné à la gestion des flux des travailleurs migrants ressortissants de ces trois pays. La signature de ce document répond à l'appel lancé le 18 décembre dernier en vue de mettre en place un cadre trilatéral de gestion de cette catégorie de travailleurs de différents pays. Première du genre, l'initiative entre en droite ligne dans la mise en oeuvre du programme initié par le bureau régional de l'Organisation internationale du travail (OIT) pour l'Afrique au profit des travailleurs.
Global : Un court-métrage pour les sans papiers en France
2010-03-01
http://tinyurl.com/yel5fmv
Environ 6000 travailleurs sans papiers sont en grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir leur régularisatiode l’État français. Sensibilisé par ce mouvement peu médiatisé, le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers leur apporte son soutien en créant le court métrage qui a pour titre le slogan des manifestants « On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! » . Ces travailleurs "invisibles", qui paient des impôts et attendent leur carte de séjour, témoignent en trois minutes et trente secondes, durée du court métrage. Plus de 300 artistes du 7ème art apportent leur soutien à l’initiative, diffusée sur Internet depuis le 22 février et dans 500 salles de cinéma dès le 10 mars, soit quatre jours avant les élections régionales françaises.
Gabon : Des Sénégalais emprisonnés et maltraités
2010-03-01
http://tinyurl.com/ycnuetx
Au Gabon, les étrangers sont déclarés persona non grata. Les ressortissants sénégalais qui y vivent sont traqués jusque dans leurs chambres. Et gare à ceux qui n'ont pas les moyens de se payer une carte de séjour à 872.000 francs. Ces émigrés seront emprisonnés et se verront maltraiter. Sur les 7.000 prisonniers, 3 sont décédés. Depuis plusieurs jours on signale une chasse aux étrangers.
Global : Une "journée sans immigrés" en France pour lutter contre l'ingratitude
2010-03-01
http://tinyurl.com/yakxvym
Le 1er mars prochain, le Collectif « La journée sans immigrés : 24 heures sans nous » (LJSI) appelle la population française à se mobiliser, sous la forme d'un boycottage de toute activité économique. Pas d’immigrés au travail, pas d’immigrés dans les transports, pas d’immigrés non plus dans les magasins. Une manière de prouver par les chiffres que la France a besoin, pour croître et s’épanouir, de tous les membres qui composent sa société. Une manière aussi de frapper la France au porte-monnaie, le seul endroit qui fasse vraiment mal, pensent les militants du collectif.
Guinée Equatoriale : 500 camerounais expulsés en un mois
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/62656
Les dernières expulsions allongent la liste des Camerounais chassés de Guinée équatoriale en moins d'une année pour défaut de régularisation. Pour le seul mois de février 2010, deux contingents constitués essentiellement de Maliens et Camerounais ont été reconduits aux frontières maritimes de ce pays. Le premier constitué de 12 étrangers a été accueilli le 1er février dernier dans la ville de Campo. Le second est celui du 20 février. Il est constitué de 19 étrangers (12 Maliens et 7 Camerounais).
Elections & gouvernance
Afrique : Brouille diplomatique entre le Mali et l'Algérie
2010-03-01
http://tinyurl.com/yz8ph53
La France a réussi à soudoyer le gouvernement malien qui a fini par libérer les quatre terroristes comme exigé par le GSPC contre la libération de l’otage français Pierre Camatte. En raison du reniement par le Mali de ses engagements et des conventions le liant à l’Algérie, Alger a décidé de rappeler pour consultation son ambassadeur à Bamako. Le gouvernement algérien souligne que la décision du gouvernement malien de libérer des terroristes recherchés par des pays voisins est «un développement dangereux pour la sécurité et la stabilité dans la région sahélo-saharienne et sert objectivement les intérêts du groupe terroriste activant dans la région sous la bannière d’Al Qaïda».
Afrique : Instauration d'un visa unique pour les pays de la SADC
2010-03-01
http://tinyurl.com/yd939uc
L'instauration d'un visa unique pour tous les pays membres de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC) est l'un des objectifs de cette commmunauté, ont indiqué le 25 février le ministre congolais de la Coopération interenationale et régionale et le secrétaire exécutif de la SADC, en marge du conseil des ministres de la SADC à Kinshasa. Ce visa, selon les deux responsables, permettra aux populations des pays membres de se déplacer d'un pays à l'autre à l'intérieur de la région. Ils ont aussi évoqué d'autres objectifs principaux de la SADC, tels l'instauration d'un large zone de libre échange, d'une union douanière et d'une monnaie unique.
Afrique : le Maroc dément avoir proposé d'accueillir Mamadou Tandja
2010-03-01
http://tinyurl.com/ylr5np7
Le Maroc a démenti l'information selon laquelle il aurait proposé de recevoir Mamadou Tandja, le président nigérien renversé lors d'un coup d'Etat militaire le 18 février. Le porte-parole de la junte qui a pris le pouvoir et détient l'ancien chef de l'Etat, avait auparavant déclaré à Niamey que le Maroc avait "proposé d'accueillir sur son sol" Mamadou Tandja. "Ils (les Marocains) ont déposé une demande, s'il y a une réponse je vous la communiquerais", avait précisé le colonel Goukoye lors d'une conférence de presse à Niamey…
Afrique : Les Nations Unies s’impliquent dans la lutte contre la drogue
2010-03-01
http://tinyurl.com/ydhvvsk
Le Sous-secrétaire général de l'Organisation des nations unies (Onu) et directeur exécutif de l'Office pour le Contrôle des Drogues et la Prévention des Crimes des Nations Unies (OCDPC), Antonio Maria Costa a été reçu par le président du Faso, Blaise Compaoré, le 19 février 2010. Les deux personnalités ont échangé sur la situation préoccupante de la drogue en Afrique de l'ouest. Les pays membres de la CEDEAO ont mis en oeuvre un programme d'intervention pour réduire le phénomène de trafic de drogue à travers l'Atlantique. Depuis lors, il a été constaté «une certaine baisse du trafic, mais notre préoccupation est de garder l'esprit armé et les capacités des Etats à lutter contre ce trafic», a expliqué le directeur exécutif de l'OCDC.
Afrique : Wade attaque encore la BCEAO
2010-03-01
http://tinyurl.com/yaxnp3f
Le 20 février, le président Wade a ouvert le feu sur la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), concernant les fameuses réserves "planquées" dans des banques étrangères. Sauf que cette fois-ci, c’était en présence du gouverneur de l’institution financière. A la suite des critiques de Me Wade à Bamako où se tenait le sommet des chefs d’Etat de l’UEMOA, le gouverneur a répliqué à travers des explications pour dire que la Bceao respectait les textes.
Algérie : Le chef de la sûreté générale abattu par un policier
2010-03-01
http://tinyurl.com/yae2bof
Le directeur général de la sûreté algérienne, Ali Tounsi, a été assassiné le 25 février dans son bureau à Alger. Le meurtrier présumé serait le chef de la division aéroportée de la police algérienne, Chaib Ouldtach, un ami d’Ali Tounsi. Cet ancien colonel de l'armée de 64 ans ferait l’objet d’une enquête pour malversation dans l’importation de pièces détachées d’hélicoptère. Il serait venu demander des explications à Ali Tounsi avant de l’abattre de cinq balles dans la tête dans un excès de colère.
Côte d'Ivoire : L'ex-rébellion veut "arbitrer" les élections
2010-03-01
http://tinyurl.com/yh7s4um
Les Forces nouvelles (ex- rébellion ivoirienne) ont exprimé le 24 février à Bouaké (centre) leur intention de diriger la Commission électorale indépendante (CEI) afin de jouer le rôle "d'arbitre" durant les élections présidentielles. Ministre du tourisme et porte-parole de l'ex-rébellion, Sidiki Konaté affirme : "Comme nous n'avons pas de candidat à la présidentielle, notre position peut nous aider à faire renaître la confiance entre tout le monde".
Egypte : El Baradei candidat à la présidence
2010-03-01
http://tinyurl.com/yhh85hc
Mohammed El Baradei a secoué le paysage politique égyptien le 23 février au Caire. L'ancien chef de l'Agence Internationale de l'énergie atomique à déclaré à des médias locaux qu'il était «prêt à être candidat» à l'élection présidentielle égyptienne qui aura lieu l'année prochaine, «si le peuple le lui demande». Le prix Nobel de la Paix a fait un retour triomphal au Caire après trente ans passés essentiellement à l'étranger, dont douze à la tête de l'AIEA. El Baradei a appelé à une démocratisation du régime du président Hosni Moubarak, en place depuis 29 ans, expliquant qu'il n'était pas sûr que l'actuel chef d'Etat l'emporte si le scrutin était libre.
Libye : Kadhafi appelle au "jihad" contre la Suisse
2010-03-01
http://tinyurl.com/ya6emtr
Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a appelé le 25 février au jihad (guerre sainte) contre la Suisse qu'il a qualifiée de "mécréante" et d'"apostate" suite à l'interdiction de la construction des minarets dans la confédération. Les Suisses ont voté le 29 novembre à une large majorité de 57,5% l'interdiction des minarets à l'appel de la droite populiste, soulevant un tollé international. Pour le numéro un libyen, "le jihad contre la Suisse, contre le sionisme, contre l'agression étrangère (. . .) , n'est pas du terrorisme". "
Niger : Refus de pouvoirisme pour la junte
2010-03-01
http://tinyurl.com/y87aqm3
Un des chefs de la nouvelle junte militaire qui a pris le pouvoir au Niger, Djibrilla Hamidou Hima, justifie, dans une interview accordée à RFI, le coup d'Etat du 18 février, affirmant que l'armée a renversé le président Mamadou Tandja pour rétablir la légalité du régime. "Nous étions dans une rupture constitutionnelle […]. Si l’armée a dû intervenir, c’est parce que les règles de la légalité ont été faussées. S’il y avait eu des élections transparentes en 2009, il n’y aurait pas de problème au Niger aujourd’hui", explique le colonel Hima. "Le pouvoir ne nous intéresse pas, assure-t-il en balayant toute idée de prise de pouvoir militaire. Il n’y aura pas de Dadis Camara au Niger."
Niger : Tandjan et six membes de l'ancien gouvernement en détention
2010-03-01
http://tinyurl.com/yafrngh
Le président nigérien Mamadou Tandjan, renversé par le coup d'Etat du 18 février, le Premier ministre Ali Bagjo Gamatié et cinq ministres sont toujours détenus, a déclaré le 24 février à Niamey un porte-parole du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), junte militaire au Niger. Les ministres en détention sont ceux de l'Intérieur, des Finances, de la Justice, des Mines et de l'Equipement, a-t-il précisé.
Nigeria : Goodluck conserve le pouvoir malgré le retour de Yar'Adua
2010-03-01
http://tinyurl.com/yzeoqsu
Malgré le retour du président Umaru Yar'Adua, hospitalisé plus de trois mois en Arabie saoudite en raison de problèmes cardiaques, Goodluck Jonathan, le président par intérim, conserve le pouvoir exécutif, a déclaré le porte-parole de la présidence. Le 10 février, à la demande du Parlement, le vice-président Goodluck Jonathan avait accepté d'assurer la présidence par intérim, pour mettre fin à une vacance du pouvoir sans précédent.
Nigeria : Umaru Yar’Adua de retour
2010-03-01
http://tinyurl.com/yb3yh57
Contre toute attente, le président Umaru Yar’Adua est rentré dans la nuit du 23 au 24 février à Abuja. Aucun communiqué officiel n’a confirmé l’information. D’après les journalistes présents cette nuit à l’aéroport d’Abuja, cette arrivée s’est déroulée en catimini. L’électricité a été coupée dans les environs et les avions qui stationnaient dans un endroit inhabituel du tarmac ont été rejoints par une ambulance qui s’est ensuite dirigée vers la villa présidentielle. Dans quel état se trouve le président nigérian? Impossible de la savoir.
Sénégal : Les vraies raisons du retrait militaire français de Dakar
2010-03-01
http://www.sudonline.sn/spip.php?article1045
C'est apparemment d'un commun accord entre les deux pays que la France va retirer de Dakar ses unités militaires. Cela devrait permettre aux autorités sénégalaises de faire main basse sur les 300 hectares de terre qui constituent l'emprise de la base militaire de Bel Air. L’ambassadeur de France au Sénégal s’est expliqué sur le processus qui a abouti à ce retrait ainsi que les implications qui en découlent.
Corruption
Cameroun : 5e report du procès de l'ex-médecin personnel de Paul Biya
2010-03-01
http://camer.be/index1.php?art=9135&rub=6:1
Le procès de Titus Edzoa, ex-médecin personnel du président camerounais Paul Biya et ancien secrétaire général à la présidence, a été renvoyé pour la 5e fois le 24 février, la prochaine audience étant prévue le 24 mars. M. Edzoa est poursuivi avec un ancien ministre délégué à la présidence et deux autres personnes pour "trafic d'influence", "détournement" et "tentative de détournement" portant sur "61 milliards de FCFA" (91 millions d'euros). Le renvoi a été demandé par la partie civile "pour accéder à l'entièreté du dossier".
Développement
Cameroun : les recettes du pétrole baissent de 320 milliards
2010-03-01
http://tinyurl.com/ya4lmul
D’après un communiqué de la division de la Communication de la Société Nationale d’Hydrocarbures du Cameroun (SNH), publié le 22 février, une baisse des recettes pétrolières a été enregistrée en 2009. Conséquences, les transferts effectués au Trésor public par la SNH au titre de sa contribution au budget de l’Etat sont passés de 651,75 milliards de Fcfa en 2008 à 331,716 milliards de Fcfa, soit une baisse de l’ordre de 320,04 milliards de Fcfa. Le communiqué de la SNH explique cette baisse de recettes pétrolières par la crise financière qui a entraîne la détérioration des cours du pétrole brut (brent notamment), le report de plusieurs projets de développement et la situation d’insécurité qui a prévalu dans la zone d’opérations de Bakassi.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Une arrivée précoce et « alarmante » de la méningite
2010-03-01
http://tinyurl.com/y9syck6
Selon les ministères de la santé de la région, une épidémie de méningite a frappé plus tôt que d’habitude et elle se répand à travers la « ceinture de la méningite » en Afrique subsaharienne, du Sénégal à l’Ethiopie. La maladie se déclare durant la saison sèche, avec un pic signalé à la mi-avril. Le 7 février, les ministères de la santé des pays avec un risque élevé ont rapporté 2 298 cas, avec un taux de mortalité de 13 pour cent. Le Burkina Faso a aussi rapporté le nombre de cas le plus élevé, mais le Togo a eu le taux de mortalité le plus fort, avec 25 patients décédés sur 108 personnes infectées.
Global : Le Fonds Mondial a besoin d’environ 15 à 18 milliards
2010-03-01
http://tinyurl.com/ygec5m7
Selon le directeur du Fonds Mondial, «d’ici à 2015, on devrait pouvoir dire : c’est le début de la fin des épidémies de sida, tuberculose et paludisme!». Cela pour autant que les Etats accordent à l’organisation qu’il dirige, les budgets nécessaires estimés entre 15 et 18 milliards de dollars. Ceux-ci vont être débattus en octobre, lors de sa séance de reconstitution de fonds pour les trois prochaines années. Un rendez-vous qui constituera donc une étape déterminante pour cet acteur principal dans l’aide développement. Constitué en 2001 dans la foulée du sommet du G8 de Gênes, le Fonds mondial fonctionne sur la base d’un partenariat public-privé, qui vise à collecter, puis à allouer des ressources financières.
RD Congo : Le cochon d'Inde, solution miracle aux carences alimentaires ?
2010-03-01
http://tinyurl.com/ybcypgb
Face aux carences en viande dans certaines régions de la RD Congo, le Centre International pour l’Agriculture Tropicale de Colombie (Ciat) préconise de manger du cochon d’Inde. Déjà consommé en Amérique latine, le rongeur pourrait servir à combler les besoins en protéines et en micronutriments. L’élevage de cochons d’Inde ne présente que des avantages : l’investissement de départ n’est pas élevé, il ne nécessite aucun entretien particulier. Les rongeurs mangent les restes de repas et, élément qui a son importance, ils se reproduisent vite : environ 10 à 15 petits par an. Les premiers tests d’élevage au Sud-Kivu ont été concluants.
Nigeria: Les jeunes séropositifs toujours stigmatisés
2010-03-01
http://tinyurl.com/y9jlrfh
La façon dont Muhammad Jungudo (17 ans) a contracté le VIH n’est pas claire, mais il soupçonne que cela se soit produit chez un coiffeur local où les instruments utilisés sont rarement stérilisés. Et le fait de savoir la façon dont il a contracté le virus est important. Du moins pour la famille de Jungudo. Jungudo est peul. Les Peuls constituent une tribu importante dans le nord du Nigeria ; ils sont connus comme éleveurs de bétail et vivent dans des zones très reculées. Les Peuls sont également très traditionnels et ne permettent pas ce qu'ils considèrent comme un 'manque de moralité' chez leurs jeunes.
Sénégal: Un comprimé pour assainir l’eau de boisson
2010-03-01
http://tinyurl.com/yd6x4c9
Tous les ménages sénégalais peuvent maintenant disposer d'une eau potable grâce au comprimé « Aquatabs ». Ce produit disponible dans les pharmacies, les boutiques, centres et cases de santé purifie l'eau. Il a été mis sur le marché par l’Agence pour le Développement du Marketing social, appuyée par l'Usaid. Pour faciliter l'accès du produit, la plaquette de dix comprimés s'échange contre 200 F Cfa. Il sera disponible dans les pharmacies, les boutiques, les centres et cases de santé, etc. Un comprimé purifie 20 litres d'eau. Une fois l'eau traitée, elle peut être consommée dans les 30 minutes qui suivent.
Éducation
Kenya: L'avenir de 8 millions d'élèves compromis par un détournement
2010-03-01
http://tinyurl.com/y9pzwm2
Environ 8,6 millions d'enfants pourraient être obligés d'abandonner l'école ou d'être scolarisés sans les fournitures de base requises, suite au détournement de 1,3 million de dollars et la suspension d'une aide de près de 133 millions de dollars par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, selon un nouveau rapport de Transparency International. Ce rapport quantifie pour la première fois l'impact de la fraude institutionnalisée au niveau du ministère de l'Education. Le financement de l'éducation primaire gratuite, qui est pris en charge en grande partie par les bailleurs de fonds est une source majeure de discorde entre le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga qui ne s'entendent pas sur le maintien dans le gouvernement de responsables de l'Education corrompus.
Maroc: Les étudiants Guinéens n’en peuvent plus
2010-03-01
http://tinyurl.com/yfxqpy9
Les étudiants Guinéens au Maroc sont frappés de plein fouet par une crise économique, financière et institutionnelle très grave. Ils déclarent ne plus avoir de bourse d'entretien depuis deux ans. Le Maroc représente le pays comportant le plus grand nombre de boursiers de l’Etat guinéen ; chaque année il reçoit les lauréats guinéens de tous les profils confondus. Avec la promesse qu’ils bénéficieront des bourses d’études leur permettant de réussir leur cursus universitaire.
Environnement
Sénégal : Le bilan des inondations estimé à 44 milliards de FCFA
2010-03-01
http://tinyurl.com/yjmflt2
Une étude sur les inondations de 2009 au Sénégal a évalué les dégâts à 104 millions de dollars américains, soit plus de 44 milliards de FCFA. L’étude a été rendue publique au cours d’un atelier de restitution des travaux d’évaluation des dommages, pertes et besoins tenu le 23 février. Ces dernières années, plusieurs localités du Sénégal, dont Dakar à travers sa banlieue, ont été fortement touchées par les inondations qui ont entraîné d’importants dégâts matériels. Les besoins en reconstruction ont été évalués à 204,5 millions de dollars.
Sénégal : Une bataille pour sauver la mangrove
2010-03-01
http://tinyurl.com/ybenxo4
Avec les faibles précipitations pluviométriques de ces 30 dernières années, on assiste à la disparition progressive de la mangrove en Casamance, dans le sud du Sénégal. La main de l’homme a aussi accéléré qa destruction massive et qa disparition de cette mangrove. Ainsi, la Casamance a perdu en 30 ans 50 % de ses mangroves soit 75 000 ha. Ce qui est à l’origine de l’avancée de la langue salée au niveau des vallées inondables qui sont devenues incultivables. Sensible à ce problème écologique devenu de plus en plus préoccupant, l’ONG Oceanium Dakar s’est lancée depuis 3 ans dans une campagne de reboisement pour tenter de restaurer cet écosystème avec le soutien des populations locales.
Média & liberté d'expression
Guinée-Bissau : un journaliste échappe à une tentative d'assassinat
2010-03-01
http://tinyurl.com/y96aev6
Un journaliste de la radio privée "Bombolom FM" en Guinée-Bissau, Mama Saliu Sani, également conseiller en communication du procureur général bissau-guinéen, a échappé dans la nuit du 24 au 25 février à une "tentative d'assassinat", a indiqué une source policière. Selon cette source, des hommes non identifiés armés d'armes blanches ont pénétré dans la maison du journaliste vers 02H 00. L’intervention des voisins les a fait fuir. Les assaillants ont laissé sur place une machette, un poignard et un "coupe-coupe", ainsi qu'un avertissement en ces termes : "va dire au procureur que nous te tuerons à tout prix et on verra ce qu'il fera".
RD Congo : une ONG demande le rétablissement de la diffusion de RFI
2010-03-01
http://tinyurl.com/y9s33yx
Journaliste en danger (JED), une ONG de défense de la liberté de presse en République démocratique du Congo, a lancé le 22 février une pétition pour réclamer le rétablissement de la diffusion de Radio France international (RFI). Fin juillet 2009, la diffusion de RFI avait été interrompue sur l'ensemble de la RDC, après deux coupures consécutives du signal dans la Province Orientale (nord-est) et dans le Sud-Kivu (est). Kinshasa accusait RFI de développer "une campagne systématique de démoralisation des forces armées de la RDC (FARDC), et ce, malgré plusieurs avertissements".
Rwanda : Trois journalistes condamnés à des peines de prison
2010-03-01
http://www.afrik.com/article19020.html
Trois journalistes ont été condamnés en prison le 22 février dernier au Rwanda, pour un article relatant une prétendue liaison extraconjugale entre la mairesse de la capitale rwandaise, Kigali, et un ministre. Charles Kabonero, Didas Gasana, et Richard Kayigamba, respectivement ancien directeur de publication, rédacteur en chef par intérim et reporter à l’hebdomadaire privé en langue kinyarwanda Umuseso, ont été condamnés par contumace pour immixtion dans la vie privée du ministre des Affaires du cabinet et de la mairesse de Kigali.
Sénégal: Remise de lot d'ouvrages aux médias
2010-03-01
http://tinyurl.com/y9cm45o
La Direction du Livre et de la Lecture au Sénégal a procédé le 24 février à la remise de lots de livres aux différents organes de presse. Les bouquins proviennent des 219 ouvrages édités cette année par le Fonds d'aide à l'édition, d'un montant de 600 millions Cfa. Tous les organes audiovisuels et écrits du paysage médiatique sénégalais ont été servis. Au total, vingt-trois ouvrages, composés de romans, de trois dictionnaires dont deux bilingues en français et en langue locale, etc., ont été distribués.
Sénégal : Wade demande de poursuive des policiers agresseurs de journalistes
2010-03-01
http://tinyurl.com/yetmg4n
Après avoir longtemps défendu les policiers qui avaient agressé des journalistes le 21 juin 2008, le président Abdoulaye Wade vient d’avoir une nouvelle lecture des faits et a changé d’attitude. A la demande du ministre de la Justice, le président de la République vient de donner des instructions au ministre de l’Intérieur pour qu’il délivre les ordres de poursuites nécessaires à l’inculpation des éléments de la Police incriminés dans cette affaire.
Conflits & urgences
Soudan : Libération de 57 membres du JEM après un cessez-le-feu
2010-03-01
http://tinyurl.com/ygsmvbx
Les autorités soudanaises ont libéré le 24 février 57 membres du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM) qui avaient été condamnés pour leur implication dans l'attaque de la ville d'Omdurman en mai 2008. Cette décision survient au lendemain de la conclusion par le gouvernement soudanais d'un cessez-le-feu avec ce mouvement, le principal groupe rebelle du Darfour, accord qui constitue un grand pas en avant vers la fin du conflit qui ravage depuis sept ans cette région soudanaise.
Soudan: un chef rebelle du Darfour rejette l'accord signé à Doha
2010-03-01
http://tinyurl.com/ycnycp3
Le chef d'un des principaux mouvements rebelles du Darfour, le SLA-Abdelwahid, a rejeté l'accord signé le 23 février entre le Soudan et un autre groupe qui, selon lui, "oublie" la population de cette région en proie depuis sept ans à la guerre civile. Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, a signé cet accord incluant un cessez-le-feu et un partage du pouvoir. Il prévoit aussi une compensation, encore à définir, pour les victimes du conflit au Darfour et des mesures pour faciliter le "retour volontaire" des 2,7 millions de personnes déplacées par ce conflit à l'origine, depuis 2003, de 300. 000 morts selon les estimations de l'ONU, 10. 000 d'après Khartoum.
Internet & technologie
Afrique : La téléphonie mobile, du pain béni
2010-03-01
http://www.afrik.com/article18996.html
Les télécommunications ont pris une importance significative dans l’économie de la plupart des pays africains. Un rapport intitulé Les enjeux financiers de l’explosion des télécoms en Afrique subsaharienne publié par l’Institut français de relations internationales (IFRI), en février 2010, sonde avec optimisme les effets de cette révolution. Il y avait « 246 millions de souscripteurs aux services mobiles en 2008. (…) La croissance du marché mobile et de l’Internet est deux fois plus importante en Afrique que celle enregistrée au niveau mondial », note le rapport. Oubliés les lignes fixes et le service Internet à la maison, c’est désormais de téléphones portables dont raffolent les Africains.
Global : Google condamné, Internet menacé
2010-03-01
http://tinyurl.com/yewr7o4
La condamnation, le 24 février à Milan de trois dirigeants de Google à six mois de prison avec sursis, pour la diffusion d'une vidéo montrant des brimades sur un adolescent handicapé, constitue "un moment-clé" qui à terme pourrait signer "la mort d'internet", estime un expert en communication publique et numérique. Selon lui, «la condamnation est la première manifestation de la rupture d'un consensus sur le fait que l'hébergeur ne peut être responsable a priori. Jusqu'ici, il ne pouvait être condamné que si, une fois alerté sur la présence d'un site nazi ou pédophile par exemple, il n'avait manifestement rien fait pour l'empêcher».
Collecte de fonds & ressources utiles
Appui devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples
2010-03-01
http://pambazuka.org/fr/category/fundraising/62621
L’Institute for Human Rights and Development in Africa (IHRDA), avec le soutien de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), gère un fonds d’appui aux individus ou organisations ayant des communications (plaintes) devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Cet appui financier couvre les frais de voyage, d’hébergement et d’autres dépenses qui y sont liées. Peuvent bénéficier de cet appui : les ressortissants ou organisations siégeant dans les pays membres de la CEDEAO, mais aussi du Cameroun, du Tchad ou de la Mauritanie ; les personnes ou organisations ayant une communication (plainte) devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CmADHP).
Les actes de candidatures par courriel doivent être envoyés à hannoh@ihrda.org Date de clôture pour le dépôt de candidature pour la 47ème session ordinaire qui se tiendra à Tunis, Tunisie du 12 au 26 mai 2010 : le mercredi, 31 mars 2010.
Voir : www.ihrda.org
Emploi
New Field cherche une consultante de Programme pour l’Union de la Rivière Mano
2010-03-01
http://www.newfieldfound.org/fr/announcements.html
New Field est en train d’élargir et d’approfondir son programme de subventions en vue d’appuyer les femmes rurales et leurs organisations, familles et communautés en Afrique de l’ouest à travers le programme Femmes Rurales qui Créent le Changement. Nous recherchons une Consultante de Programme pour l’Union de la Rivière Mano, qui connaît très bien les réalités et les potentialités des femmes rurales dans la région frontalière de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone.
Les demandes sont reçues au plus tard le 20 mars.
/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\
Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
www.fahamu.org/
© Sauf indication contraire, tous les contenus publiés ici le sont avec autorisation sous les termes de la licence « Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported »
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org
Si vous ne souhaitez plus figurer sur la liste de nos abonnés, veuillez écrire à editor@pambazuka.org et votre adresse sera aussitôt retirée.
Pour les détails supplémentaires: www.pambazuka.org/fr/about.php
Pambazuka news peut être visionné en ligne: www.pambazuka.org/fr/
Le RSS est disponible sur www.pambazuka.org/fr/newsfeed.php
Pambazuka News est publié grâce au soutien d’un certain nombre de bailleurs de fonds dont les coordonnées peuvent être obtenues en passant par l’adresse www.pambazuka.org/fr/about.php
Pour VOUS ABONNER ou VOUS DESABONNER, allez sur:
pambazuka.gn.apc.org/cgi-bin/mailman/listinfo/pambazuka-news-fr
ou envoyez un message à editor@pambazuka.org avec le mot ABONNER ou DESABONNER dans la case réservée à l’objet selon le cas.
Les points de vue exprimés ici sont ceux des auteurs eux-mêmes et ils ne représentent pas nécessairement ceux de Pambazuka News ou Fahamu.
ISSN 1753-6847

