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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 137 : Le Ghana face à la «malédiction» du pétrole

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Droits humains, 5. Réfugiés & migration forcée, 6. Mouvements sociaux, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. Environnement, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences, 15. Internet & technologie, 16. Collecte de fonds & ressources utiles




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Boom pétrolier au Ghana et garantie des intérêts publics.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Libérons-nous de 50 ans de Françafrique.
ARTS & LIVRES : Global : Festival de vidéos sur la migration et la diversité.
DROITS HUMAINS : Cameroun : Une plainte contre Biya classée à Paris.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Centrafrique : Le chef du HCR appelle à ne pas oublier les réfugiés de ce pays.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Burundi : Une candidature féminine à la présidentielle.
CORRUPTION : Burundi : L’industrie sucrière au bord de la faillite.
DEVELOPPEMENT
Global : S’attaquer à la malnutrition à grande échelle.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Alerte à la méningite en Afrique de l’Ouest.
EDUCATION : Algérie : Le ministère de l’éducation menace les grévistes.
ENVIRONNEMENT : Ouganda : 80 morts, 400 disparus dans un glissement de terrain.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : Conférence panafricaine des médias.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Différent Ghana-Côte d’Ivoire après la découverte d’un gisement off-shore.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Afrique : Net-Afrika va organiser une compétition des webmasters.
COLLECTE DE FONDS & RESSOURCES UTILES : Global : Appel à nominations pour un partenaire SOC à la Conférence internationale sur le sida.




Chroniques

Boom pétrolier au Ghana et garantie des intérêts publics

Mawuli Dake

2010-03-07

http://pambazuka.org/fr/category/features/62895

En cette année 2010, le Ghana se trouve au seuil d’un boom pétrolier. Mawuli Dake évoque alors les mesures requises pour garantir au pays un profit plein et équitable de ses ressources pétrolière. Alors que l’industrie minière du Ghana a été caractérisée par le manque de transparence et la prédominance des intérêts des multinationales, Dake insiste sur le fait qu’il ne doit pas être permis à l’industrie pétrolière de prendre le même chemin.

Le Ghana se trouve au bord du précipice d’un boom pétrolier. La production pétrolière attendue commence en cette année 2010. Les attentes du public, au regard de la richesse générée par le pétrole, sont grandes. A quoi s’ajoutent cependant les menaces potentielles qui accompagnent le boom pétrolier. Bien qu’optimistes, nous ne devons pas sous-estimer les dangers potentielles que cette nouvelle situation peut faire encourir à notre démocratie, notre unité nationale et à notre sécurité sociopolitique nationale. Il n’y a pas d’exigences plus urgentes, maintenant, que de poser de solides bases pour la transparence et la responsabilité, aussi bien dans la phase préparatoire que dans la gestion à venir de la richesse pétrolière.

Les disputes liées aux ressources naturelles ont pesé lourdement sur beaucoup trop de sociétés africaines, transformant le rêve de prospérité nationale résultant de la découverte de telles ressources naturelles en un perpétuel cauchemar. Ces disputes ont entraîné des conflits violents, la destruction de l’environnement, la corruption, une indicible souffrance humaine et un futur dévasté pour des communautés entières. Cette triste mais vraie réalité a amené même les optimistes les plus exubérants à se demander si la découverte de pétrole dans un pays devait être un motif de jubilation ou d’inquiétude. Je suis prudemment optimiste à propos du Ghana et je crois que la nation ghanéenne profitera entièrement des leçons positives et négatives en provenance d’autres pays, afin de garantir la transparence et la responsabilité lorsque la production pétrolière débutera.

Cet article est une contribution qui vise à soutenir la détermination du Ghana à garantir une ère pétrolière prospère, paisible et productive. Il souligne des stratégies spécifiques, statutaires, institutionnelles et communautaires qui garantissent la transparence dans la gestion du pétrole du Ghana.

La réalité du pétrole en Afrique aujourd’hui

Hormis quelques exceptions, là où il y a du pétrole en Afrique, il y a la misère et les conflits. Comme on peut le voir dans tout le continent, les causes de ces conflits vont de l’absence de mécanismes définissant les responsabilités et l’inégalité de la distribution de la richesse pétrolière, à l’injustice et aux violations endémiques des Droits de l’Homme, autant par les politiciens que par les multinationales, dans les communautés affectées. Ceci se manifeste par la violation des droits, le mépris total des lois et l’ignorance flagrante des intérêts et du bien-être des communautés.

Une tendance commune que l’on trouve dans des conflits liés au pétrole, de l’Angola au Nigeria, en passant par le Soudan, parmi d’autres, est l’émergence de groupes de citoyens affligés et exploités qui ont recours à la violence comme seul moyen pour demander des comptes et revendiquer justice et inclusion. ‘’Une émeute est le langage de ceux que l’on entend pas’’, disait Martin Luther King. Les milliards de la manne pétrolière ne sont pas manifestes dans les conditions de vie des gens et des communautés vivant là où le pétrole est extrait. Les principaux pays producteurs africains - l’Algérie, le Nigeria et l’Angola (1) - figure respectivement au rang 104e, 158e et 143e dans l’Index du Développement Humain des Nations Unies. D’autres pays africains pourvus de ressources, comme la République Démocratique du Congo, sont aussi presque au bas de l’index mondial de développement.

Dans trop de pays, l’absence de solides organes qui demandent des comptes et la surveillance, ont permis à une petite clique avaricieuse et à ses alliés, les multinationales, de faire main basse sur la richesse pétrolière au détriment du développement national. C’est une tendance trop générale dans tout le continent, mais le Ghana peut et doit faire les choses différemment.

Perspective du secteur d’extraction du Ghana

Jusqu’à l’indépendance, en 1957, le Ghana était désigné sous le nom de la ‘’Côte d’or’’ en raison de ses riches veines aurifères. En plus, le Ghana est riche en bauxite, en aluminium, en manganèse et en diamants. Aujourd’hui, le Ghana est le deuxième producteur d’or d’Afrique et le dixième du monde (2). De l’or qui a rapporté 1277, 2 millions dollars en 2006 et 1733, 78 millions de dollars en 2007, selon les déclarations officielles du budget. Jusque-là, et durant plusieurs décennies, la gestion des ressources minières du Ghana s’est caractérisée par le manque de transparence et de responsabilité, une caractéristique qui ne doit pas se répéter dans la gestion des ressources pétrolières. Il n’y a jamais eu de compte rendu public, de surveillance ou de curiosité demandant où sont passés les revenus de ces millions d’onces d’or. Par conséquent les intérêts des multinationales étrangères et de quelques membres de l’élite locale ont prévalu et ils contrôlent la gestion et la richesse de ce secteur.

La découverte, en 2007, de réserves pétrolières et la production attendue de jusqu’à 150 000 barils/jour (3) est susceptible de transformer les perspectives économiques du Ghana. Le pétrole va dépasser le secteur minier du Ghana comme source de devises (4)

Les choix que nous allons faire et les mécanismes que nous mettrons en place, en ce moment crucial, détermineront les conditions économiques et de sécurité de notre pays, bien plus que nous ne pouvons l’imaginer.

Nous avons tristement échoué dans les tests initiaux, en particulier dans les négociations préliminaires et l’allocation des parts et des contrats. Nombre de détails importants des contrats d’investissement et des plans gouvernementaux sont restés inaccessibles pour le citoyen. D’autres décisions cruciales et des engagements ont été pris à huis clos, avec des allégations d’arrangements douteux en faveur de certains politiciens et de leurs alliés. Dans son édition du 7 janvier 2010, le Financial Times rapporte qu’une enquête est en cours, menée par les autorités américaines et ghanéennes, concernant un tel arrangement (5) dans lequel seraient impliqués des hommes clé de l’ex-président John Kufluor. Le nouveau gouvernement abrogé nombre de contrats pour vice de forme.

L’ultime garantie pour la transparence et la responsabilité repose sur le citoyen du Ghana : la surveillance citoyenne. Nous avons tous un rôle et une responsabilité dans l’introduction d’une ère nouvelle dans la gestion du pétrole en Afrique. La surveillance citoyenne, avec des mécanismes institutionnels pour la transparence et la responsabilité, est la pré condition pour la sauvegarde des intérêts socio-économiques et de sécurité du Ghana à l’ère du pétrole. Je souhaite que l’immense intérêt que le pétrole a suscité dans l’élite ghanéenne et à l’étranger, se manifeste au même degré chez les citoyens du pays.

Pourquoi le Ghana peut et doit être différent

Un certain nombre de conditions offrent au Ghana la possibilité de garantir la transparence et la responsabilité. Les Ghanéens sont non seulement fiers d’être loués pour leur remarquable et paisible identité démocratique, mais ils la prennent au sérieux. Mettre l’exploitation pétrolière correctement sur les rails renforcerait, à n’en pas douter, la reconnaissance internationale et l’orgueil national. Le Ghana a aussi une haute idée de l’identité nationale en comparaison avec ses voisins. La stabilité politique, l’environnement paisible, l’espace démocratique qui favorise la liberté de presse et une société civile active sont autant d’éléments qui peuvent aider le Ghana à atteindre cet objectif.

Le Ghana a la chance d’avoir en ce moment crucial, un président au bénéfice d’une haute réputation d’intégrité. La plupart des Ghanéens, y compris ses opposants les plus féroces, expriment leur confiance en l’intégrité du président John Atta Mills. Bien que ceci soit encourageant, il n’y a néanmoins pas de garantie que le reste de son équipe, qui sera impliquée dans la gestion pétrolière, fasse preuve d’autant de droiture. Il n’y a pas non plus de garantie qu’il sera politiquement assez judicieux pour identifier et expulser ceux qui s’adonnent à la corruption. Mais, plus important encore et comme l’a formulé Barack Obama lors de son discours historique à Accra, « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elles besoins d’institutions fortes (6), des institutions qui peuvent prévenir et, lorsque cela se produit, peuvent déceler et éliminer la corruption ». Par-dessus tout, nous, le peuple du Ghana, sommes sa meilleure ressource.

Mécanismes statutaires et institutionnels

Deux importantes dispositions législatives doivent être prises en compte avant que la production pétrolière ne débute. La loi proposée sur le Droit à l’Information doit être acceptée et doit garantir un accès inconditionnel à l’information, y compris les informations concernant les revenus, les investissements et les contrats. Deuxièmement, le législateur doit rehausser le cadre statutaire afin de le rendre compatible avec les exigences du 21ème siècle. La situation du Ghana, aujourd’hui, diffère sensiblement de ce qu’elle était lorsque les deux principaux statuts régissant l’exploration, le développement et la production des ressources pétrolières du Ghana - la loi PNDC 64 et le Petroleum Exploration and Production Law, la loi PNDC 84 - sont entrés en vigueurs, respectivement en 1983 et 1984.

Le gouvernement a indiqué qu’il était prêt à renforcer le cadre légal du pays. « Il est impératif que le régime légale du Ghana, ayant trait au pétrole et au gaz, soit revu et adapté aux circonstances nouvelles du Ghana en sa qualité de producteur majeur de pétrole », a déclaré le procureur général du Ghana. (7) Cet engagement doit se transformer en une action rapide et délibérée.

Responsabilité et information

Notre cadre institutionnel doit garantir que, autant que l’Etat, les acteurs non étatiques rendent des comptes. Les multinationales jouent un rôle majeur et exercent parfois un pourvoir excessif dans la gestion de ces ressources et doivent donc être surveillées et évaluées de façon adéquate. Par ailleurs, des mécanismes institutionnels doivent être mis en place, qui permettent la publication de tous les accords et licences, les paiements, collections et contrats. De surcroît, je recommande une loi anti pots de vin qui contraignent tous les fonctionnaires de l’Etat à révéler tout cadeau ou paiement reçu d’une des parties intéressées dans le secteur pétrolier. Les pots-de-vin deviennent de plus en plus courants et acceptables dans les normes politiques ghanéennes. C’est un système dans lequel des fonctionnaires de l’Etat, en pleine connaissance de cause, attendent délibérément ou acceptent des pots-de-vin ou s’adonnent à d’autre forme de concessions en échange de faveurs de la part de certains intérêts commerciaux.

Vérifications

Afin de garantir la responsabilité et la transparence, il est nécessaire d’avoir un système indépendant, clairement défini, d’organes régulateurs, dirigeants ou commerciaux. Ces organes doivent être suffisamment indépendants pour pouvoir exercer leur fonction, sans peur et sans reproche, et exercer une vérification et influer sur les différents organes afin d’éviter que l’un d’entre eux ne devienne soit trop puissant ou qu’un autre soit isolé

Développement de la capacité institutionnelle

Le gouvernement doit activement s’impliquer dans le développement des institutions pertinentes et les fonctionnaires publics qui seront responsables de la gestion, la régulation et les revenus. Nous devons poursuivre ces efforts avec le même degré d’agressivité que celle qui a prévalu lors des efforts du développement des infrastructures.

Le rôle formel de la société civile.

Le cadre officiel de surveillance doit allouer un rôle formel à la société civile.

Mécanismes communautaires et sociaux

La participation citoyenne

Les médias et les acteurs de la société civile doivent encourager l’engagement public et le dialogue sur tous les aspects du processus, en particulier sur l’impact sur l’environnement, la gestion des revenus pétroliers et la défense des droits des journalistes, des militants et des communautés qui pourraient être pris à partie pour oser demander des comptes à des intérêts puissants.

La responsabilité du bien-être de la communauté d’accueil

Il doit y avoir des mécanismes clairs pour protéger les intérêts et le bien-être des communautés, incluant toutes les parties concernées et non seulement l’élite locale. Par exemple, les compensations pour les communautés de fermiers et de pêcheurs qui peuvent se trouver affectés par la production pétrolière doivent être appropriées de sorte à compenser la perte des moyens de subsistance de tous ceux qui sont affectés et ne servent pas seulement les intérêts des chefs et des dirigeants traditionnels. En plus, les menaces potentielles résultant de la production pétrolière qui pèsent sur une communauté doivent être divulguées dans leur entier. Il doit y avoir un système clairement défini qui permette aux citoyens et aux communautés affectées par le processus pétrolier de faire entendre leurs griefs et préoccupations.

Surveillance citoyenne

Les citoyens vigilants restent la meilleure garantie contre la corruption et pour la sauvegarde des intérêts publics. Les citoyens et les medias doivent voir leur rôle de surveillance comme une responsabilité. Au vu des résultats pathétiques de la plupart de nos politiciens et fonctionnaires qui nous représenterons lors de la planification, des négociations et du processus décisionnel, les intérêts personnels risquent de prévaloir au détriment de l’intérêt général. Si ‘’nous le peuple’’ nous ne nous levons pas pour défendre nos intérêts collectifs, personne ne le fera à notre place.

Alternative et rapports parallèles

Les acteurs de la société civile, y compris les groupes de réflexions et les groupes de citoyens, devraient produire à intervalle régulier des alternative et des rapports parallèles sur certains aspects essentiels du secteur pétrolier y compris l’impact sur l’environnement et la communauté, la gestion de la manne pétrolière et l’adhésion aux Droits de l’Homme et aux standards internationaux. Ces rapports parallèles peuvent offrir des éclairages intéressants qui peuvent être absent dans les rapports officiels.

Développement de capacité

Le développement de capacité est requis pour la société civile et les militants afin que leur surveillance et leur militantisme soient constructifs, effectifs et éclairés. Différentes groupes citoyens doivent être sensibilisés et être habilités afin d’effectuer une surveillance effective de nos activités publiques et privées.

Finalement, le président Atta Mills a la possibilité de laisser derrière lui un héritage de transparence et de responsabilité. Après tout, l’élément qui a déterminé son accession au pouvoir est la perception qu’on a de sa grande intégrité. Un tel héritage lui garantira non seulement une place enviable parmi les présidents ghanéens, mais sera également la preuve du bien fondé de la confiance que les Ghanéens ont mis en lui. Mais par-dessus tout, c’est la chose juste à faire et le Ghana s’en portera mieux. Nous avons besoin de la direction de notre président à cet égard mais aussi, tous les Ghanéens doivent assumer leur part de responsabilité afin que ‘’notre pétrole’’ soit géré de la façon la plus transparente de tout le continent.


NOTES

[1] US Energy Information Administration- Top World Oil producers, 2008 

[2] Ghana Chamber of Mines- 2009 

[3] Ghana National Petroleum Corporation, The Upstream Petroleum Industry in Ghana 

[4] Official 2008 Ghana Budget statement 

[5] ‘Sweat equity’ probe tests Ghana’s oil jackpot' by William Wallis and Martin Arnold. Financial Times, January 7 2010 

[6] US President Barack Obama’s address to the Parliament of Ghana on Saturday July 11, 2009, Accra-Ghana. 

[7] Address by Ghana’s Attorney general and Minister of Justice at All Africa Energy Summit- Dec. 8, 2009


* Mawuli Dake, un important défenseur des Droits de l’Homme et stratège, est le directeur général de l’Africa Group Consult. Il est le co-fondateur de GhanaOilMonitor.com, un groupe citoyens pour l’encouragement à une plus grande transparence et une plus grande responsabilité dans la gestion des ressources pétrolières du Ghana - Cet article a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



La démocratie sénégalaise est-elle bien servie par sa justice ?

Sidy Diop

2010-03-07

http://pambazuka.org/fr/category/features/62897

L’institution judiciaire sénégalaise fait l’objet de critiques régulières. Elles viennent de citoyens ordinaires, tout comme des politiques et de la société civile. Elle est perçue comme inféodée à l’Exécutif, souffrant ainsi d’un déficit d’indépendance et faussant l’équilibre des pouvoirs qui reste le socle fondamentale de la démocratie. Entre les accusations de corruption et de concussion, elle perd la confiance des populations qui ne voit plus en elle la garante d’une justice équitable pour tous. Au-delà de ces constats, Sidy Diop pose la réflexion sur les améliorations qui pourraient être introduites dans la marche de la justice pour qu’elle serve mieux la démocratie.

Toutes les définitions se rejoignent pour dire que la démocratie est un système où le peuple, soit directement, soit - le plus souvent- par l’intermédiaire de représentants, gouverne pour son propre intérêt. « Lorsque dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c’est une démocratie » (Montesquieu)

En application de ce principe, et dans les démocraties représentatives, les constitutions organisent les pouvoirs de telle manière qu'ils soient, autant que possible, séparés et équilibrés. Cependant, des variantes existent qui accordent la faveur soit au Parlement, à travers le régime parlementaire, soit au pouvoir exécutif, avec le régime présidentiel. Chacun de ces régimes a fait l’objet de critiques : le premier pour les risques d’instabilité qu'il recèle et qui peuvent considérablement affaiblir l’Etat ; le second pour une possible dérive vers un pouvoir personnel, susceptible de conduire à la dictature, avec la négation des droits et libertés. L’éminente gageure demeure de trouver une formule qui, combinant les aspects positifs de l’un et l’autre système, permet d’éviter leurs excès respectifs.

Quant au troisième pouvoir, le judiciaire, constitué par les cours et tribunaux, sa particularité est non seulement de devoir rester indépendant des deux premiers, mais aussi d’avoir souvent à arbitrer entre eux et à contribuer à ce que chacun respecte les attributions de l’autre. Voilà pourquoi ce troisième pouvoir apparaît comme une pièce essentielle de tout système démocratique. Aussi serait-il intéressant de vérifier si, au Sénégal, la Justice joue pleinement le rôle qui lui est dévolu, pour conforter la démocratie, mais également d’évoquer les conditions qui doivent permettre l’accomplissement d’une telle mission.

La Justice exerce-t-elle pleinement sa fonction ?

Le pouvoir judiciaire doit veiller à l’application des règles qui gouvernent la société : constitution, lois, règlements, ainsi qu'à l’observation de la hiérarchie établie entre ces trois ordres de prescriptions. Mais la démocratie étant avant tout un régime de liberté, le pouvoir judiciaire a également l’obligation de s’assurer que le droit du peuple est respecté, c'est-à-dire que les droits et libertés, qu'ils soient individuels ou collectifs, bénéficient de la protection prévue par les différents textes et reconnue par les principes généraux du droit et de l’équité.

S’agissant d’abord de l’agencement constitutionnel au Sénégal, l’institution judiciaire est souvent invitée à se prononcer sur la conformité des lois à la charte fondamentale. Celle-ci est en effet au sommet de la pyramide et c’est elle qui définit les compétences et l’étendue de l’autorité reconnue à chaque pouvoir. Mais cette intervention à laquelle la cour constitutionnelle, juridiction compétente en la matière, est conviée, est destinée la plupart du temps à trancher un conflit né de l’opposition de membres du parlement, à la mise en vigueur d’un texte ayant reçu l’approbation du pouvoir exécutif et de sa majorité à la chambre.

Chaque fois qu'il s’est agi de lois dites ordinaires, le Conseil constitutionnel s’est trouvé à l’aise pour exprimer son avis. Par contre dès que le texte de loi en cause vise à modifier certaines dispositions de la constitution, le Conseil se déclare, invariablement, incompétent pour juger le différend, estimant que l’appréciation des lois à caractère constitutionnel échappe à son pouvoir. L’on ne peut manquer de s’interroger sur le bien fondé de cette opinion du Conseil constitutionnel : en effet, même si sa compétence est une compétence d’attribution, rien ne devrait lui interdire de prendre en compte le fait que la charte fondamentale, comme tout autre texte, comprend deux dimensions : son esprit et sa lettre. Ainsi, il peut bien arriver qu'une loi, dite constitutionnelle, soit en porte à faux avec les buts généraux que s’assigne la Constitution et les idées contenues dans son préambule, en les vidant de leur sens et de leur portée et que, de cette manière, elle rompe la logique qui constitue la trame du texte dans son ensemble.

Or, le Conseil constitutionnel étant une instance suprême (ses arrêts n’étant susceptibles ni d’appel ni de recours en cassation), s’il ne conduit pas l’œuvre de correction et d’ajustement qui s’impose dans cette occurrence, ce type de dysfonctionnement risque d’être irrémédiable et de constituer un boulet que traînera, longtemps au pied, l’architecture juridique sénégalaise. Qui plus est, il n’est pas jusqu’à la forme de l’Etat qui ne pourrait, un jour, être remise en cause par une loi dite constitutionnelle, si le Conseil constitutionnel persiste dans cette position. Par conséquent, il est urgent que cette juridiction se décide à élaborer une jurisprudence, en interprétant la Constitution, de manière dynamique et constructive.

Un tel engagement lui permettra de faire la chasse à toutes les incohérences et autres contradictions ou violations déguisées que des textes, inspirés par le seul jeu des partis, introduisent dans cette charte qui doit demeurer le rempart fortifié de notre démocratie. Et les exemples sont nombreux : existence du Sénat dont la conséquence est de faire que des personnes, qui n’ont pas été élues par les citoyens, participent au vote de la loi, en violation flagrante de l’article 3 de la Constitution qui stipule que « la souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du referendum » ; assimilation du mandat parlementaire qui est par essence représentatif, parce que confié par la nation à ses représentants, à un mandat impératif qui serait délivré par le parti ( le député perdant son mandat s’il quitte le parti, ce qui consacre une contradiction évidente entre l’article 60 alinéa 4 et l’article 4 de la Constitution), etc.

Cette action qui est demandée au Conseil constitutionnel, ne serait que l’expression d’une vigilance légitime et ne revêt aucun des caractères qui la rapprocheraient de ce que d’aucuns ont vite fait de qualifier de « gouvernement des juges »

Après l’ordre constitutionnel, l’action de la Justice peut aussi être observée à l’occasion de l’application des autres catégories de textes : les lois dans les différents domaines (pénal, civil, commercial, etc.) et les règlements. D’abord en ce qui concerne la législation pénale dont le but est de sauvegarder la sécurité des personnes, la tranquillité publique, la sûreté de l’Etat, mais aussi la protection des biens des particuliers et ceux de l’Etat, notamment les deniers publics, la Justice agit pour sanctionner les différentes violations et réparer les préjudices subis.

Ici le rôle du ministère public (parquet) est essentiel, car c’est lui qui, en s’appuyant sur les services de police judiciaire, préside à la recherche et à la présentation devant la juridiction pénale, de ceux qui ont enfreint la loi, pour permettre leur jugement. A ce stade, quelques remarques s’imposent, qui concernent les risques de partialité et de déni de justice qui seraient à craindre de la part de cette autorité : en effet le parquet bénéficie d’un certain pouvoir discrétionnaire quant au déclenchement des poursuites, car il lui est, en principe, loisible de poursuivre ou de classer sans suite ; également la soumission du parquet à l’autorité du ministre de la Justice pourrait avoir pour conséquence que la raison d’Etat, ou bien des considérations de politique partisane s’invitent dans la procédure et contribuent à la fausser.

L’on est souvent amené, du reste, à se demander pourquoi dans des affaires liées à la gestion des ressources publiques, qui ont défrayé la chronique et suscité un grand émoi dans l’opinion, le parquet n’a pas fait usage de son pouvoir d’auto saisine, pour inviter les personnes concernées à venir s’expliquer devant la justice. Le parquet doit-il chaque fois attendre que l’Inspection Générale d’Etat produise un rapport, pour s’estimer autorisé à s’intéresser à un dossier ? Ou bien, faut-il, pour le mettre en mouvement, qu'un contribuable (comme dans l’affaire de la ville de Paris, en France, où un ancien chef d’Etat et maire est attrait devant le tribunal correctionnel) porte plainte contre les personnes en cause ?

Et pourtant, dès que le moindre article de journal vient à égratigner le pouvoir dans son activité de tous les jours, des convocations sont servies aux journalistes concernés, pour qu'ils se présentent devant la Division des Investigations Criminelles (D.I.C), avec possibilité d’être déférés au parquet, alors que, souvent, l’intervention du Conseil de régulation de l’audiovisuel aurait largement suffi pour résoudre la question. Cette pratique qui fait penser à l’époque peu glorieuse de la police politique des décennies 1960 et 1970, gagnerait à être reconsidérée par les ministères de l’Intérieur et de la Justice, parce que le parquet a une vocation de loin plus élevée et doit s’intéresser aux actes qui ont pour effet de réellement menacer l’ordre social. Car c’est là que les magistrats qui composent ce corps donneront la pleine mesure de leur compétence, mais aussi, rappelleront à tous, le niveau de leur rang dans l’agencement judiciaire du pays.

Concernant les poursuites pénales, il arrive, parfois, que la procédure ou les décisions des tribunaux aboutissent à un non lieu ou à une relaxe. Dans ces cas, si les prévenus sont mis en liberté, après une période de détention, il est clair qu'ils auront subi un grand dommage, en raison du caractère infamant de la prison, qui inflige déshonneur et humiliation. Et même si l’on parvenait à faire inclure, dans les décisions de relaxe ou les ordonnances de non lieu, l’allocation d’une indemnité pour dommage causé, un mal immense, qu'une somme d’argent si importante soit-elle ne saurait effacer, aura déjà été fait au prévenu. C’est pourquoi l’on devrait s’orienter, de plus en plus, vers le système du placement sous contrôle judiciaire, sans détention, mais avec une limitation des déplacements et une obligation de présentation aux autorités judiciaires ou policières à intervalles réguliers.

Par ailleurs, l’on peut noter que dans beaucoup de juridictions, en particulier dans les villes de l’intérieur du pays, les magistrats du siège (les juges) et ceux du parquet, évoluent dans un espace de vie relativement restreint, où l’éventail des profils d’intellectuels et les possibilités d’échanges sont limités ; ils partagent également le même champ d’activité et sont issus d’une formation identique. Il est, en conséquence, du domaine du possible, que des affinités finissent par se créer entre ces personnes, ainsi que d’authentiques relations d’amitié. N’est-il pas à craindre, alors, que, parfois, l’ombre d’un ami et collègue plane sur un dossier et empêche que le droit soit dit et appliqué ?

Cependant la solution à ce type de difficulté est malaisée à trouver et l’on ne peut que s’en remettre à la conscience professionnelle des acteurs concernés, ainsi qu'au respect de l’éthique et de la déontologie qu'ils se feront l’honneur d’observer. Car, même l’implication d’une inspection interne du ministère, ne fournirait pas forcément la possibilité de déceler les anomalies redoutées.

Dans les autres domaines où intervient la loi et qui concernent les intérêts privés (état des personnes, leur responsabilité civile, leur patrimoine, les relations du travail, les échanges commerciaux, etc.), la justice est appelée à trancher des conflits. Ici aussi, puisqu' il est de coutume de dire qu' « entre le fort et faible, c’est la liberté qui opprime et c’est la règle qui libère », la justice doit veiller à bien appliquer la loi en toute équité : le plaideur ne doit nullement être favorisé par la richesse qu'il détiendrait, ni par la puissance de sa famille ou de son clan, ni par son appartenance à un groupe politique ou religieux influent.

Mais si l’on tient vraiment à promouvoir l’égalité devant ce service public, il faut admettre que la Constitution d’un avocat ayant toujours un coût, un plaideur, dans un procès civil, peut se trouver être un indigent et avoir besoin que l‘Etat l’assiste, à l’instar de ce qui est fait, dans le procès pénal, au profit des prévenus issus de milieux défavorisés. Car quels sont les moyens dont disposerait un simple ouvrier, dans un procès l’opposant à son employeur, qui serait de surcroît une puissante multinationale ? L’extension de l’assistance judiciaire à certains procès civils devrait sérieusement être envisagée.

Dans les contentieux où la justice est invitée à apprécier un différend entre l’administration et une personne privée, physique ou morale, les mêmes principes d’équité doivent être appliqués, de manière à ce que « le fait du prince » soit toujours banni de la pratique gouvernementale. On se demande d’ailleurs pourquoi l’institution du Médiateur de la République a été créée : n’y a-t-il pas là un aveu que la justice administrée par le Conseil d’Etat est défaillante ? Ou bien, l’Etat veut-il éviter d’être condamné dans de nombreux procès et risquer que la publicité qui est faite des décisions des tribunaux, nuise à sa réputation et à l’image qu'il voudrait donner de lui-même, à l’intérieur comme à l’extérieur ?

L’on ne peut manquer, tout de même, de relever un inconvénient que présente cette institution du Médiateur : même si son intervention évite au plaignant les frais ou les lenteurs d’une procédure, l’absence de procès empêche l’apparition d’une jurisprudence, qui peut faire avancer le Droit et enrichir cette science, dont un des rôles est aussi de renvoyer un reflet fidèle de l’évolution de la société.

Il est, par ailleurs, un domaine où la justice se trouve sous les feux de la rampe, c’est à l’occasion des élections : ici, elle est conviée à intervenir à plusieurs stades du processus. Non seulement elle est appelée à prendre des décisions en ce qui concerne les inscriptions sur les listes, mais il lui est aussi demandé, en plus de proclamer les résultats, de statuer sur les recours en annulation présentés par des candidats, qui auront jugé que des irrégularités ont entaché les opérations de vote.
L’élection étant un moment des plus importants dans la vie de toute démocratie, on ne peut s’étonner qu'elle donne lieu à d’âpres disputes et soit à l’origine de tensions qui conduisent parfois à la survenance d’incidents malheureux. C’est en effet l’expression des suffrages des citoyens qui seule, peut conférer les mandats, c'est-à-dire le pouvoir, tant au niveau national qu'à l’échelon local. Aussi, l’autorité judiciaire fait-il l’objet de toutes sortes de suspicions de la part des protagonistes, en raison du niveau élevé des enjeux. L’on a pu, néanmoins, constater que, de plus en plus, la justice prend des décisions suffisamment équilibrées (arrêt « Mbane » du nom de la communauté rurale qui a fait l’objet d’un recours lors des élections locales de mars 2009), pour laisser entendre qu'elle ne fait qu'appliquer la loi.

Voilà pourquoi, il convient peut-être de retenir que, dans cette matière, c’est en amont du scrutin, dans la confection de la loi électorale et des décrets d’application, que peut se situer la source des difficultés : en somme, plus les textes sont clairs et détaillés, moins il y aura de possibilités d’irrégularités et donc de contestations.

Ce bref coup d’œil sur l’institution judiciaire nous a donné l’occasion de constater que sous plusieurs de ses facettes, la justice pourrait apporter à la démocratie un plus grand appui, à travers le rôle qu'elle doit exercer pour faire respecter la charte fondamentale, mais aussi par une meilleure mise en œuvre, par le parquet, de l’importante et difficile mission qui lui est dévolue, à la fois pour défendre la société et faire droit aux liberté individuelles ; nous avons aussi remarqué un risque de dépérissement du contentieux administratif avec l’intervention du Médiateur, qui a pour conséquence de nous priver d’une jurisprudence enrichissante au double plan scientifique et de la réforme des comportements de l’administration. C’est pourquoi il nous paraît utile d’examiner sous quelles autres conditions, de plus substantielles améliorations pourraient être introduites dans la marche de la justice.

Conditions pour de nouvelles avancées.

Parmi les facteurs qui conditionnent une bonne administration de la justice, certains sont liés à la personne du magistrat, tandis que d’autres ont plutôt trait à la configuration du système judiciaire. En ce qui concerne le magistrat, il est utile de rappeler, qu’avec l’enseignant, il doit être parmi les meilleurs citoyens de la nation. En effet l’impact de leur action respective sur la société n’a pas d’équivalent : l’enseignant contribue à façonner la société de demain par le modelage qu'il opère sur la jeunesse. Le magistrat dans sa sphère, agit sur le présent, pour maintenir l’ordre social, moral, institutionnel. Il répare les dommages, redresse les torts, ramène dans le droit chemin ceux qui s’en écartent, rappelle à l’ordre les autorités qui excèderaient leurs pouvoirs. Tout cela, afin que l’harmonie puisse régner entre ceux qui ont fait l’option, dans la liberté, de vivre en commun et de partager leur destin.

Une telle mission requiert, à n’en pas douter, de grandes qualités humaines et une compétence à toute épreuve. Avant tout, bien entendu, celui qui rend la justice doit être d’une droiture exemplaire. Aussi, l’admission dans la fonction devrait-elle être liée, plus qu'à la production d’un simple certificat de bonnes vie et mœurs, à une enquête poussée permettant de faire apparaître le vrai profil moral du candidat. Par ces temps où l’on évoque souvent la corruption, bien que la détection d’un penchant vers ce genre de comportement soit des plus difficiles, une certaine vigilance devrait conduire à écarter les candidats, dans l’itinéraire desquels auront été relevés des faits ou attitudes, donnant à croire qu'ils ne sont pas faits pour l’emploi. Egalement, il serait fort utile que la personnalité du futur magistrat soit connue, car des qualités telles que le courage, la détermination, l’inaccessibilité à l’intimidation, sont autant de dispositions qui s’avèrent essentielles dans l’exercice de cette fonction. A cet égard, des psychologues réputés pourraient apporter leur concours, pour mener ces enquêtes et examens sur la personnalité des postulants.

Au plan de la compétence, aucun reproche, à notre connaissance, ne peut être fait à la formation actuellement dispensée au sein du C.F.J. (Centre de formation judiciaire de Dakar). Il est souhaitable, néanmoins, que les magistrats restent totalement au fait de toutes les nouvelles règles, fixées par des textes variés et dont la production suit une cadence vertigineuse : lois, décrets, arrêtés ministériels, préfectoraux, de maires, délibérations de conseils ruraux, etc. En effet, à la différence d’autres hauts fonctionnaires (directeurs d’agences ou de services nationaux), qui peuvent recourir à des consultants, pour faire élaborer des études de faisabilité, des avant-projets, ou autres études d’impact, alors que, le plus souvent, ils sont eux-mêmes financiers, administrateurs, économistes, ou encore ingénieurs, le magistrat est censé être autonome pour exercer son métier. Même si des expertises peuvent parfois être prescrites, elles ne concernent pas la règle de droit à appliquer, mais seulement des domaines techniques tels que la médecine, la balistique, ou une autre spécialité, pour mieux déterminer les circonstances dans lesquelles des faits ont pu se dérouler.

Heureusement, cet effort d’information est, largement, facilité par le recours à l’outil informatique. Un site internet est ouvert pour toutes les publications du Journal officiel du Sénégal ; reste à souhaiter que l’alimentation de ce site suive de près l’entrée en vigueur des textes. Quant aux revues de jurisprudence, et autres publications spécialisées, l’on peut considérer qu'elles sont bien connues dans le milieu des praticiens du droit. De leur côté, les avocats concourent, certes, à la bonne application du droit, mais la perspective dans laquelle ils se placent, fait d’eux des acteurs simplement soucieux de tirer d’affaire leur client et il ne faut pas s’attendre à ce qu'ils signalent au juge l’existence d’un texte défavorable à la cause qu'ils défendent.

Dans les débats relatifs à la Justice, revient souvent la question de l’indépendance du magistrat, qui signifie la non soumission au pouvoir politique, à celui de l’argent ou encore aux divers groupes de pression. Il est de coutume de dire que l’indépendance ne se donne pas, elle s’acquiert. Cela est exact en partie et la magistrature sénégalaise l’a probablement compris, elle qui s’est donné une amicale qui fonctionne en réalité comme un syndicat.

Ainsi, cette structure s’active intensément pour promouvoir le statut des magistrats et leurs conditions de travail. Et dans ce domaine elle a obtenu des résultats significatifs.
Toutefois, l’amicale est encore attendue sur le terrain des propositions de réformes structurelles où l’initiative est toujours laissée au pouvoir politique, alors qu'une action militante, conduite sous la forme de séminaires, colloques, et conférences publiques, fournirait l’occasion d’élaborer et de faire connaître de nouvelles idées dont la pertinence et probablement l’écho, rendraient difficile leur mise à l’écart par les décideurs.

Quoi qu'il en soit, l’ordonnancement judiciaire, dans son rôle de soutien à la démocratie, nécessite que des changements soient apportés dans l’organisation et le fonctionnement de plusieurs organes et institutions. En premier lieu, certains ajustements devraient être introduits dans le schéma suivi par l’action du ministère public :

- faire disparaître, dans toutes les affaires où sont impliquées des personnalités politiques ou syndicales (d’aucuns y incluraient les journalistes), le lien entre le ministère de la Justice et le parquet, en excluant expressément, ici, l’exercice du pouvoir hiérarchique du ministre sur les magistrats (procureurs et leurs substituts, avocat généraux)

- instaurer l’obligation d’adresser, chaque trimestre, à la Cour d’appel, la liste et les dossiers des affaires classées sans suite, et reconnaître, à cette Cour la liberté d’ordonner l’ouverture d’une instruction, pour une ou plusieurs des dites affaires, si elle le juge nécessaire.

L’on pourra, certainement, objecter qu'appeler à de telles réformes relève de l’utopie, mais nous en faisons plutôt un défi à notre Etat, en espérant que ce qu'il est convenu d’appeler « l’exception sénégalaise », se vérifiera dans cette matière. Au demeurant, nos hommes d’Etat pourraient parfaitement comprendre que, s’il est légitime de vouloir laisser son nom à la postérité, à travers l’édification de routes, de villes nouvelles, ou d’autres monuments – autant de biens périssables -, il existe aussi une autre voie pour y parvenir, encore plus noble, car nécessitant de vaincre de fortes résistances (son propre ego, la soif du pouvoir et des honneurs) : c’est la conception et la mise en œuvre de grandes réformes, concernant l’ensemble de l’édifice juridique et visant à étendre l’espace des libertés, sans nuire à l’ordre, et à combattre, de manière décisive, l’arbitraire et les passe-droits. A notre avis, pour les citoyens d’un pays, le bien le plus précieux, c’est la liberté, assortie d’une égalité devant la loi et de la jouissance pour tous, d’une immunité contre l’injustice.

Ensuite, dans la lutte contre la corruption, nous notons que l’Etat a mis en place une commission dénommée Commission de Lutte contre la non Transparence, le Corruption et la Concussion. Cette initiative qui est à saluer, aboutirait cependant à plus de résultats, si la commission avait le pouvoir de saisir le parquet, pour l’inviter à s’intéresser à ses constatations et à en tirer toutes les conséquences.

Dans tous les cas, l’opinion publique jugera la détermination des autorités à juguler le fléau de la corruption, entre autres signes, à leur volonté d’accroître, de manière significative, les moyens institutionnels qui doivent être à la disposition de cette commission, pour le bon accomplissement de sa mission.

Tout un chacun peut, en effet, distinguer les effets néfastes de la corruption sur le développement de nos pays : elle contribue, d’abord, à renchérir les coûts de toutes les dépenses, tant en ce qui concerne le fonctionnement courant de l’administration, que pour ce qui est des investissements dont dépend la croissance ; ainsi, le besoin de ressources se trouve, en permanence, surdimensionné, ce qui a pour conséquence directe, compte tenu du contexte de rareté, de retarder l’application des programmes de développement. Ensuite, de plus en plus, le choix des investissements, lui-même, risque d’être conditionné par l’importance des retombées que le projet, ou le programme, peut générer pour les réseaux et circuits de la corruption ; de ce fait, les priorités du pays sont souvent délaissées au profit d’opérations dont l’intérêt économique est tout à fait contestable. Par exemple, dans la plupart des secteurs, l’amélioration de l’existant et son extension peuvent ainsi céder la place à des opérations nouvelles et gigantesques, souvent prématurées au regard du niveau des besoins, mais qui sont choisies parce que leur coût élevé apparaît plus « intéressant » pour certains intermédiaires et intervenants.

En poursuivant l’examen du système judiciaire, l’on constate qu'il existe deux ordres de juridictions, financière et « politique », différentes des autres par la matière dont elles s’occupent et par la qualité des personnes qui peuvent y être présentées : la Cour des comptes et la Haute Cour de justice, dont le fonctionnement intéresse également la vie des institutions.

La Cour des comptes a la charge de s’assurer que les deniers publics mis à la disposition des services de l’Etat et de ses démembrements, par décision de la représentation nationale, sont utilisés de manière régulière, en conformité avec la loi. L’on peut dire que cette Cour s’acquitte de sa mission, puisqu'’elle est amenée, le cas échéant à demander à des comptables publics à restituer des sommes dont l’emploi n’a pas été justifié. Mais, pour le reste, ses pouvoirs nous apparaissent limités, dans la mesure où, même si elle peut recommander que des sanctions pénales soient appliquées, elle n’est pas habilitée à saisir directement la justice ; elle laisse ce choix au pouvoir exécutif. L’innovation majeure à introduire ici, en plus d’une diffusion très large du rapport de la Cour des comptes à l’intention de l’opinion, c’est la reconnaissance, à cette institution, du droit de saisir directement le parquet, pour donner des suites pénales aux graves violations qu'elle aura constatées dans l’exécution des différents budgets.

Pour ce qui est de la Haute Cour de justice, dont la mission est de juger le président de la République et les membres du gouvernement, son mode de constitution et sa procédure en font une juridiction difficile à mettre en marche. Son fonctionnement dépend, en effet, du bon vouloir de la majorité au Parlement, à laquelle appartiennent le plus souvent les justiciables eux –mêmes. C’est pour cette raison qu'une réforme qui tendrait à rendre cette cour autonome, devrait modifier sa composition : par exemple, l’on pourrait imaginer, à raison d’un tiers des membres pour chacune des catégories, que les parlementaires, les magistrats et la société civile composent la Haute Cour de justice. Quant au vote de l’acte d’accusation, les députés de la majorité sont peu enclins à traduire des membres de leur famille politique devant cette juridiction. Il serait utile, pour lever ce blocage qui peut être lourd de danger, les faits reprochés aux personnes concernées pouvant se révéler d’une extrême gravité, qu'une initiative populaire permette d’adopter l’acte d’accusation : ainsi, serait-il admis qu'une pétition, réunissant, par exemple, un nombre de signatures égal à 25% des suffrages exprimés lors la dernière consultation électorale, soit suffisante pour convoquer la Haute Cour.

Nous terminerons par le Conseil constitutionnel, pour suggérer quelques changements dans son mode de saisine et dans sa composition :
- il serait, pensons-nous, fort utile à la démocratie, que cette juridiction ait un pouvoir d’auto saisine, qu'elle intervienne de son propre chef, dès qu'un texte lui apparaît comme violant la Constitution, agissant ainsi comme la vraie gardienne de notre charte fondamentale.

- Le Conseil constitutionnel gagnerait beaucoup en considération si, à l’instar de certains pays, des personnalités telles que d’anciens chefs d’Etat ou Premiers ministres, étaient appelées à siéger en son sein. Il s’agit en effet de personnes qui sont censées avoir un sens profond de l’Etat et se trouvent dans des positions de distanciation appréciable vis-à-vis des joutes et compétitions politiques, tout en restant désireuses de servir leur nation.

Nous dirons pour conclure, que par les considérations qui précèdent, nous avons exposé quelques observations qui, par nature, ne sauraient, loin s’en faut, être complètes. Et voilà pourquoi nous proposerions que le sujet qui a été abordé ici, soit l’objet d’un débat beaucoup plus large, sur le thème «Démocratie et justice », où seraient conviés plusieurs secteurs de la société : professeurs d’université, magistrats, parlementaires, avocats, délégués d’associations pour la défense des droits de l’homme et pour la bonne gouvernance, les partis politiques, les organes de presse, ainsi que des représentants de l’Etat à travers les ministères de la Justice et de l’Intérieur. Cette rencontre pourrait prendre la forme d’un colloque, où chaque participant, en fonction de l’éclairage qu'il peut apporter, se verrait confier un ou plusieurs aspects du thème principal.
Peut-être, de tels échanges auront-ils un impact positif dans l’approfondissement et la consolidation de l’Etat de droit au Sénégal, qui, tout le monde devrait aisément le comprendre, est une des principales garanties pour la paix civile et la stabilité.

* Sidy Diop dirige une organisation de la société civile sénégalaise dénomées Convergence Patriotique (www.lesenegaldabord.com

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AFRICOM : l’échec des Etats-Unis

Momar Dieng

2010-03-07

http://pambazuka.org/fr/category/features/62893

La création d’un commandement militaire américain sur le sol d’Afrique était un projet essentiel de l’Administration Bush, mais les Africains n’en ont pas voulu. Mais au fond, ce qui a été rejeté, c’est une entreprise camouflée visant le contrôle des routes du pétrole et des minerais, un affrontement économique direct avec la Chine, et la transposition sur le continent d’une guerre contre le terrorisme devenue un véritable fonds de commerce par les temps qui courent. Et même sous Obama, ça continue en plus mesuré.

L’échec militaire majeur des Etats-Unis en Afrique, dans la décennie courante, a eu lieu le 1er janvier 2009. Ce jour là, le secrétaire à la Défense Robert Gates, l’Amiral Mike Mullen (chef d’Etat-major interarmes), Henrietta Fore (directrice internationale de l’Usaid et membre du très élitiste Institut Aspen) et le Général William Ward (patron du nouveau démembrement), célèbrent, à Stuttgart (Allemagne), le lancement du Commandement Unifié des Forces Militaires Américaines en Afrique (Africom). Stuttgart, siège de l’Eucom, le Commandement des forces militaires américaines stationnées en Europe, en Afrique et dans le pourtour de l’Atlantique ! Echec ? Oui, car c’est sur le sol africain que les Etats-Unis voulaient installer AFRICOM.

En réalité, presque tous les Etats sondés ou consultés ont refusé d’accueillir les Gi’s sur leur territoire, pour des principes liés à leur souveraineté et à leur sécurité. De l’Afrique du Sud au Nigeria, de l’Algérie au Maroc en passant par la Libye, l’Administration Bush a essuyé revers sur revers, obligée au passage de subir les critiques démocrates et même républicaines. C’est de guerre lasse que Stuttgart a été maintenue comme centre de commandement des armées Us engagées en Afrique. Le Général William Ward, l’Afro-américain le plus gradé aux Etats-Unis, vétéran de la guerre des Balkans, ci-devant chargé de coordonner la sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne, n’a pas eu «son» commandement sur la terre de ses ancêtres !

L’Afrique va donc continuer à dépendre des trois têtes de pont établies par les Etats-Unis à travers le monde : le Commandement central (CENTCOMM) qui supervise 27 pays dont 7 africains, le Commandement du pacifique (PACOM) couvrant Madagascar et une partie de l’Est africain, et le Commandement européen (EUCOM), le plus vaste, avec une couverture assurée à 91 Etats dont 42 d’Afrique.
En projetant de mettre en place une structure militaire opérationnelle spécifique à l’Afrique, les Etats-Unis, selon Robert Gates, entendent sortir d’un «dispositif désuet remontant à la Guerre froide», et qui ne semble plus adapté aux «exigences» d’une nouvelle configuration géopolitique mondiale marquée, selon les experts américains, par un terrorisme internationaliste présumé sans frontières.

L’expression de ce besoin pressant de s’installer sur le continent dans la durée marque une reconnaissance de la «qualité» stratégique de premier plan dont l’Afrique peut se prévaloir en perspective d’une généralisation (en cours) de la «lutte planétaire contre le terrorisme», lancée depuis le 11 septembre 2001. Qu’il est loin le temps où l’ex-président Georges W. Bush sifflotait fièrement que l’Afrique n’était «pas une priorité stratégique nationale» pour les Etats-Unis !
En février 2006, le plan américain pour l’Afrique prit forme. Africom, selon Bush, «(…) nous permettra d’intensifier nos efforts en vue d’apporter la paix et la sécurité aux peuples d’Afrique et de promouvoir nos objectifs communs en matière de développement, de santé, d’éducation, de démocratie et de croissance économique en Afrique».

Géopolitique du pétrole et des minerais

Pourquoi AFRICOM en Afrique ? A la base, reconnaissent la plupart des experts, des raisons stratégiques et économiques. Sorti des laboratoires du think-tank israélo-américain dénommé Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), Africom, que les géopolitologues assimilent à un «quadrillage de l’Afrique», apparaît comme le générique d’une prise de contrôle programmée du continent, de ses ressources naturelles et minières, de ses matières premières. Une entreprise impossible sans la maîtrise des grands axes maritimes et routiers.

Sur ce terrain, les adversaires désignés des Etats-Unis sont l’Europe, mais surtout la Chine dont l’activisme commandité par des impératifs de développement cruciaux inquiète fortement. Son agenda de pénétration patiente et profonde du continent commence à porter ses fruits. L’empire chinois commerce aujourd’hui avec les mastodontes que sont le Soudan, l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola, mais aussi avec le Zimbabwe, le Mali, le Sénégal…

L’Afrique détient aujourd’hui environ ou plus de 10% des réserves mondiales de pétrole, estimation qui ne prend cependant pas totalement en compte les plus récentes découvertes off-shore en Guinée Equatoriale, au Tchad, en Angola, au Soudan, dans les deux Congo, au Cameroun, au Nigeria, à Sao-Tomé-et-Principe, en Mauritanie, etc. Les données quantitatives, même sous-évaluées, placent le continent (tous pays confondus) au quatrième rang des producteurs mondiaux d’or noir derrière le Moyen-Orient très loin devant, l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) et une partie de l’espace ex-soviétique (Russie, Kazakhstan, notamment), et au deuxième rang pour ce qui est du rapport qualité entre les réserves et la production annuelle (1).

Si l’Afrique fournit aux Etats-Unis 15% de leurs besoins en hydrocarbures (dont le gaz), le National intelligence policy (NIP) indique dans ses études prospectives que cette dépendance atteindrait environ 25% à l’horizon 2020 dont une bonne part proviendrait du Golfe de Guinée (Gabon, Quinée Equatoriale…). Elément significatif : cette partie du continent a été élevée au rang de «zone d’intérêt vital» par et pour les Etats-Unis depuis le début des années 2000. La création d’une petite base militaire US à Sao Tomé et Principe annoncée en 2003 par le Président Bush en personne vise ainsi à «sécuriser» l’accès et l’exploitation des hydrocarbures de la région, selon une note du Centre d’Etudes et de Recherche de l’Enseignement Militaire Supérieur (CEREMS) (2).

Gi’S en territoire français

Mais l’Amérique est également présente dans la Corne de l’Afrique où elle a fait un retour incontestable après avoir été contrainte d’en partir par les ex-régimes prosoviétiques d’Ethiopie et de Somalie, notamment. C’est après les attaques meurtrières et spectaculaires contre ses ambassades de Nairobi et Dar Es Salam, en août 1998 et, surtout, au lendemain des attentats du 11 septembre que l’Administration Bush a estimé urgent de reprendre pied dans cette région stratégique à mi-chemin entre l’Afrique et l’Arabie. C’est ainsi que Djibouti, qui abrite la plus grande base militaire française dans le monde, trait d’union maritime entre la Mer Rouge et le Golfe d’Aden, est devenue concomitamment un vrai pied-à-terre américain avec la création, en octobre 2002, du Combined Joint Task Force Horn of Africa (Force Conjointe pour la Corne de l’Afrique), une structure de lutte contre le «terrorisme djihadiste».

L’ancien territoire français des Afars et des Issas est aujourd’hui un instrument de sécurité préventive au service des régimes proaméricains désormais établis en Ethiopie et en Erythrée. Outre l’utilisation possible des 1 200 km de côtes érythréennes sur la Mer Rouge et de l’île stratégique yéménite de Socotra, les Etats-Unis ont également négocié et obtenu que soient mis à leur disposition le port d’Assab, le port et l’aéroport neuf de Massawa, ainsi qu’un «droit illimité» sur l’espace aérien érythréen (3). Cet investissement sans précédent de l’Oncle Sam dans une région déstabilisée par les guerres et les désordres ethnico-politiques s’accompagne d’une politique de neutralisation des groupes dits terroristes comme les «Chababs» et les «Tribunaux Islamiques» en Somalie où l’Armée éthiopienne assure la sous-traitance répressive derrière l’intendance américaine, mais également de la pacification des rapports exécrables qu’entretiennent Addis-Abeba et Asmara, les deux alliés de Washington engagés dans un éternel conflit de territoires.

De toute évidence donc, les Etats-Unis semblent avoir élu domicile dans cette zone stratégique pour une durée indéterminée, sauf en cas de coup dur. Et pour cause, leurs services de renseignements sont convaincus que les «barbus» somaliens sont une excroissance d’Al Qaeda. Donald Rumsfeld, l’ex-secrétaire à la Défense, en visite dans la région, avait, dès décembre 2003, donné le ton de ce que serait la présence américaine. «Nous devons être là où l’action est (…) Il n’y a aucun doute que c’est une région où il y a de l’action. Il y a des terroristes par exemple juste de l’autre côté, au Yémen, et dans le sud de l’Arabie saoudite. Il y a des problèmes sérieux, (mais) c’est un bon endroit pour avoir un point de vue (sur toute la région) au cours des prochaines années.» (4).

Barricadés au camp Lemonnier de Djibouti, dont la location à l’année coûte environ 20 milliards de francs Cfa aux contribuables américains, les Gi’s espèrent ne pas faire les frais d’un autre carnage comme celui de Mogadiscio en 1992, sous l’ère Clinton…

Face au Golfe arabo-persique, les Américains assurent directement «le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. Ce qui leur permet de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique, considérée désormais comme vitale pour leurs intérêts stratégiques, une bande allant de l’oléoduc Higleg-Port Soudan (1 600 km) dans le sud-est à l’oléoduc Tchad-Cameroun (100 km) et au Golfe de Guinée dans l’ouest. Dans cette continuité pour la maîtrise des circuits de l’or noir, les Etats-Unis disposent en outre d’un poste d’opération en Ouganda d’où ils ont «la possibilité de contrôler le Sud-Soudan où se trouve le gros des réserves soudanaises de brut» (5).

Le Sahel, zone grise

Le quadrillage «en douceur» du continent africain (6) trouve une réalité jusqu’au Maghreb. Si l’Algérie a refusé d’abriter le siège du Commandement d’AFRICOM, elle a néanmoins initié une intense coopération militaire avec les Etats-Unis. Il s’agit d’une lutte commune contre les militants de l’ex-Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), dont les «résidus criminels» seraient allés gonfler la nouvelle «peste» dans la région : Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). Selon diverses sources militaires, la coopération des deux pays s’est traduite par la mise sur pied d’un centre de renseignement commun dénommé Alliance Base, un accord de formation d’unités d’élite de l’Armée Populaire de Libération (APL), la présence discontinue de troupes US dans le sud algérien, vers l’oasis d’Iherir, à environ 220 km de la frontière libyenne. L’existence de cette base militaire n’a cependant jamais été reconnue officiellement par Alger…

Même si les rapports avec l’Algérie semblent au beau fixe – surtout après la visite en janvier à Alger du Major-général Ronald Ladnier, commandant des forces aériennes américaines en Afrique - c’est au Maroc, «pays africain le plus crédible» selon une note passée du Congrès américain, que les stratèges US espéraient implanter le commandement africain. Le Royaume chérifien qui dispose de solides infrastructures- contrairement au Liberia éconduit par Washington - est un allié traditionnel bien en cours à Washington. Les Américains avaient jeté leur dévolu sur la localité méridionale de Tan Tan, à l’extrême limite du Sahara occidental. En vain ! Un lieu d’autant bien choisi qu’il aurait donné un prolongement cohérent à la présence militaire américaine grâce à la base aérienne de Ben Jarir, non loin de Marrakech, et facilité la surveillance de la zone sahélo-saharienne.

A cet effet, le Pan Sahel trouve toute sa pertinence aux yeux des décideurs américains. En convaincant la Mauritanie, le Tchad, le Niger, la Mauritanie et même l’Algérie, à s’associer dès 2004 à ce programme de coopération militaire pour endiguer le terrorisme à leurs frontières, les Etats-Unis ont créé dans le Sahel, décrété zone tampon entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb, un véritable partenariat de guerre qu’ils ont eux-mêmes financé.

Politique équitable

La vulnérabilité de l’espace sahélien est à l’ordre du jour : annulation surprise du rallye Le Dakar après l’assassinat de quatre touristes français en territoire mauritanien (NDLR : en 2008), crash d’un avion Boeing «affrété» par des narcotrafiquants ayant pris le soin de brûler leur marchandise le 5 novembre dernier ; rapt de plusieurs otages européens non encore libérés ; enlèvement le 26 novembre à Ménaka (Mali) d’un hôtelier français, Pierre Camatte, devenu objet de marchandages officieux entre Bamako, des intermédiaires non identifiés, Paris et des coureurs de rançons (NDLR : il a été libéré en février 2010); permanence des revendications touarègues contre le Mali et le Niger, le tout dans un no man’s land qui paraît sans limites... Les Américains détestent les zones grises !

Cependant, relève-t-on dans un rapport de l’International Crisis Group (ICG), il est indispensable, sous peine d’échec, que «l’implication occidentale dans cette région (soit faite plus judicieusement qu’il ne l’a été) jusqu’à présent», car la région n’est pas encore un «foyer d’activistes terroristes» (7). Pour l’ICG, les Etats-Unis doivent plutôt promouvoir une «politique équitable» entre plans militaires et programmes civils, en aidant les Etats concernés à recouvrer la totalité de leurs territoires.

Notes

1 - Christian d’Alayer, Il était une fois le pétrole africain, Jeune Afrique, décembre 2002.
2 - Centre d’études et de recherche de l’enseignement supérieur militaire (Cerems), Enjeux pétroliers en Afrique, Septembre 2005
3 - Tanguye Struye de Swielande, Centre d’Etudes des Crises et Conflits Internationaux (Cecri), Bruxelles.
4 - Elio Comarin, rfi.fr
5 - René Naba, Africom et Eufor : sous couvert de grands principes et de sigles abscons, le quadrillage en douceur de l’Afrique, Paris, Mars 2008.
6 - Op.cit.
7 - International crisis group, Islamist terrorism in the Sahel : Fact or Fiction, Mars 2008.

* Momar Dieng est un journaliste sénégalais. Cet article est paru dans le journal Le Quotidien du 9 février 2010

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Commentaires & analyses

Libérons-nous de 50 ans de Françafrique !

Stéphanie Dubois de Prisque

2010-03-07

http://pambazuka.org/fr/category/comment/62896

Pour le cinquantenaire des indépendances en Afrique francophone, la France, ancienne puissance coloniale, s’est engagée à jouer sa partition. Notamment par l’organisation d’un sommet officiel des chefs d'État Afrique-France à Nice fin mai 2010 et par la présence, le 14 juillet 2010, des chefs d’État des anciennes colonies et des régiments de leurs armées, qui défileront sur les Champs-Elysées. Pour Survie, il n’y a pas meilleures illustrations des liens qui fondent la Françafrique, à travers «une politique de soutien inconditionnel aux entreprises françaises aux dépens de la démocratie et des droits humains».

Ce 23 février, 5 ans après la loi portant sur le rôle positif de la présence française outre-mer, Survie lance la campagne « Libérons-nous de 50 ans de Françafrique » afin de rétablir certaines vérités sur ces 50 ans d’ « indépendances » et de relations franco-africaines. En déclarant « 2010, année de l’Afrique », Nicolas Sarkozy prend le prétexte du cinquantenaire des indépendances africaines pour célébrer « l’achèvement d’une rénovation profonde de nos relations avec le continent africain ».

En fait d’achèvement, la « rénovation profonde » annoncée par Nicolas Sarkozy reste un vœu pieux. Des promesses de campagne sur la rupture avec la politique africaine de ses prédécesseurs, il ne reste au contraire qu’une politique de soutien inconditionnel aux entreprises françaises aux dépens de la démocratie et des droits humains. Rien qu’en 2009, la France a légitimé les coups d’État malgache et mauritanien et les hold-up électoraux gabonais, tunisiens et congolais, renvoyant le vœu présidentiel à un simple discours incantatoire.

L’année 2010, avec les élections présidentielles à venir notamment au Togo, au Burkina et au Rwanda, offre l’opportunité d’entamer enfin la rénovation promise en adoptant une véritable politique de promotion de la démocratie et de l’État de droit.

La volonté française d’organiser des « célébrations concertées » du cinquantenaire des indépendances africaines sera marquée par un sommet officiel des chefs d'État Afrique-France à Nice fin mai et également par la présence, le 14 juillet 2010, des chefs d’État des anciennes colonies et des régiments de leurs armées, qui défileront sur les Champs-Elysées. Voir parader ces dirigeants et leurs armées, responsables pour certains de crimes contre leur propre population, constitue un symbole désastreux pour les peuples africains et une offense aux valeurs républicaines.


Afin de dénoncer ces manœuvres de camouflage et la perpétuation par Nicolas Sarkozy d’une politique inacceptable, l’association Survie prévoit d’axer la campagne Libérons-nous de 50 ans de Françafrique autour des thèmes suivants :

- L’histoire des relations franco-africaines de 1960 à aujourd’hui

- La perpétuation de la Françafrique, désormais décomplexée avec Nicolas Sarkozy [1]

- Les propositions pour une autre relation entre la France et l’Afrique

Le « Moi(s) contre la Françafrique » permettra de développer ces thèmes lors de projections, conférences-débats, concerts, théâtre, tables de presse, organisés partout en France du 23 février au 7 avril 2010 par les 25 groupes locaux de Survie. Au niveau national, la campagne s'articulera également tout au long de l'année sur d’autres temps forts comme le Forum Citoyen France Afrique en mai à Paris avec de nombreuses associations françaises et africaines ; la diffusion d’un appel pour la fin de la Françafrique ; un colloque à l’Assemblée Nationale en juillet sur le contrôle de la politique de la France en Afrique.

Plus d’information sur le site de la campagne : http://www.afrique2010.fr/

NOTE

[1] Lire notamment Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée,
Samuël Foutoyet, éditions Tribord, 2009

* Stéphanie Dubois de Prisque est chargée de communication de Survie

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« Nègre littéraire » et racisme français

Claude Ribbe

2010-03-07

http://pambazuka.org/fr/category/comment/62898

Il y a dix ans, la France déclarait l’esclavage crime contre l’humanité. Mais les mentalités ne semblent pas avoir changé. La preuve, pour Claude Ribbe, par la sortie du film de Roman Polanski, « The Ghost Writer », dans sa version française. On y retrouve encore le terme « nègre » pour parler d’esclave littéraire. Que ce terme continue d’être utilisé, alors qu’existent des expressions comme «plume» et «collaborateur» n’est pas gratuit pour Ribbe, qui insiste sur le fait que de telles « dérives » doivent cesser.

Au moment où sort le film de Roman Polanski, The Ghost Writer, adapté du roman de l’auteur britannique Robert Harris The Ghost (L’homme de l’ombre) il s’avère que le distributeur et le producteur délégué du film, qui n’ont pas osé utiliser « Le Nègre » comme titre, semblent ne pas vouloir se priver, curieusement, dans la version française et dans la version originale sous-titrée d’utiliser le mot «nègre». C’est un véritable scandale. La France est le seul pays au monde à utiliser le mot «nègre» dans le sens d’esclave littéraire.

Ce terme, dont la connotation raciste est tellement évidente que plus personne n’ose l’utiliser au sens littéraire qu’avec des guillemets, fait en effet allusion au statut d’esclave du collaborateur surexploité qui fait le travail d’un autre. Il est apparu au XVIIIe siècle, au moment où la France surexploitait ses colonies en y déportant des millions d’Africains qui mouraient en quelques années. En ce sens, il véhicule la glorification la plus éhontée de l’esclavage et du racisme le plus primaire, car l’expression «nègre littéraire» est également un terme de mépris, correspondant au mépris qu’on vouait aux esclaves et qui s’attache encore trop souvent aux personnes à la peau noire, bien longtemps après que l’esclavage a été aboli.

L’expression «nègre» au sens de collaborateur littéraire a été répandue en France en 1845 par « Maison Alexandre Dumas & Cie, fabrique de romans », un pamphlet raciste du prêtre défroqué Jean-Baptiste Jacquot qui se faisait appeler Eugène de Mirecourt. Ce texte ordurier et calomnieux, qui visait Alexandre Dumas, a valu à son auteur, à la demande d’Alexandre Dumas, d’être condamné à six mois de prison et à une forte amende, alors que n’existait même pas encore le délit de diffamation à caractère raciste. Mirecourt éprouvait évidemment une jouissance particulière à utiliser le mot «nègre» à propos d’Alexandre Dumas, homme à la peau colorée et fils d’esclave.

On a vu récemment réapparaître la même jouissance dans les textes de journalistes racistes, qui défendaient le recours à Gérard Depardieu pour interpréter le rôle de Dumas et prenaient un plaisir évident à colporter les thèses de Mirecourt selon lesquelles Dumas n’aurait pas capable d’écrire ses livres sans l’aide d’hommes à la peau blanche. On sait que ces débordements, qui font appel aux instincts les plus abjects des Français, ont eu pour effet direct de faire monter de plus de deux points les intentions de vote pour le Front national aux élections régionales.

Ces dérives doivent à présent cesser. Près de dix ans après que la France a déclaré l’esclavage crime contre l’humanité, il n’est plus supportable que l’expression de «nègre» soit encore utilisée au sens d’esclave dans un film destiné au grand public, alors que l’usage est d’avoir désormais recours au terme de «plume», de «collaborateur», d’écrivain fantôme ou de «ghost writer». Il me semble qu’au XXIe siècle, il est plus que temps de faire entrer dans la tête des Français que le mot « nègre » ne peut plus, en aucun cas, être utilisé impunément pour désigner un être humain qu’on exploite d’une manière ou d’une autre et qui serait méprisé du fait de cette exploitation.

Je demande donc au producteur et au distributeur du film The Ghost Writer d’appliquer aux sous-titres et à la version française la même doctrine que celle qu’ils ont appliquée au titre et de s’abstenir de véhiculer gratuitement en France un racisme qui n’est pas dans l’esprit de l’œuvre dont est tiré le film. Faute de rectification immédiate dans ce sens, j’en appelle toutes celles et tous ceux qui luttent contre le racisme a ne pas aller voir ce film et à lui appliquer le même boycott qu’à L’Autre Dumas qui a été un échec retentissant dès la première semaine.

* Claude Ribbe est écrivain, Président de l'association des Amis du général Dumas

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Pionnières du passé : Un hommage aux femmes africaines

Serge Bilé

2010-03-07

http://pambazuka.org/fr/category/comment/62894

A l'occasion du 8 mars, journée internationale de la femme, Serge Bilé relit Ibn Battuta. Explorateur et historien arabe, ses contacts avec l’Afrique du 14e siècle, notamment dans l’empire du Mali, sont évoqués à travers quelques anecdotes qui donnent des exemples du vécu et des rôles de pionnières africaines « décomplexées et libérées », mais aussi engagées dans les luttes pour le pouvoir.

J'ai toujours été fasciné par les grands empires soudanais, pour ce qu'ils nous enseignent sur les pratiques et les mœurs d'autrefois concernant, en particulier, les femmes, dont l'engagement politique n'avait d'égal, au Moyen âge, que leur indépendance d'esprit.

A l'avènement, par exemple, en 1240, de l'empire de Mali, qui marquait l'entrée en force de l'islam dans la région, les femmes ouest africaines se singularisaient déjà en refusant, pour beaucoup d'entre elles, d'adopter les restrictions vestimentaires imposées aux musulmanes dans le monde arabe. "Devant les hommes, elles ne se voilent point, bien qu'elles soient assidues à la prière", s'en indigna d'ailleurs le globe-trotter marocain Ibn Battuta, qui visita le pays, en 1352, en fustigeant au passage leur manque de "pudeur" dans le récit néanmoins passionnant qu'il fit de son périple.

Et le même, tout aussi choqué, de dénoncer également cette anomalie à ses yeux : "Les femmes de ce pays ne voyagent pas avec leur mari. Elles ont des amis et des compagnons parmi les étrangers. Si leur mari, en rentrant chez lui, trouve sa femme avec son compagnon, il ne désapprouve point cela".

Ibn Battuta en fera d'ailleurs l'expérience chez un ami soudanais, un certain Abu Muhammad, dont il était l'invité : "Je le trouvai assis sur un tapis. Au milieu de sa maison il y avait un lit, surmonté d'un dais ; sur ce lit une femme était en conversation avec un homme assis. Je dis à Abu Muhammad : "Qui est donc cette femme ?" Il me répondit : "C'est mon épouse". Je lui dis alors : "Qu'est pour elle l'homme qui est avec elle ?". Il répondit : "C'est son compagnon". Je lui dis : "Agrées-tu cela, toi qui as habité notre pays et as été instruit des prescriptions de la Loi ?". Il me répliqua : "La fréquentation des femmes et des hommes chez nous se passe en tout bien tout honneur. Elle ne donne lieu à aucun soupçon. Nos femmes ne sont pas comme celles de votre pays". Je fus surpris de son manque d'énergie et je me retirai de chez lui. Je n'y suis plus retourné depuis. Il m'invita plusieurs fois, mais je ne lui répondis point."

"Un autre voyageur arabe eut également l'occasion, quelques années plus tôt, de constater à quel point les femmes de l'époque étaient effrontées et pleines d'humour. Il croisa un jour une passante dans les rues de Sama, une ville où, conformément à la loi locale, les hommes, à l'exception des étrangers, ne portent pas la barbe, et les femmes se rasent le pubis. L'Arabe, qui portait justement une longue barbe, remarqua que la femme le dévisageait avec ironie en marmonnant quelques mots dans sa langue. N'ayant pas compris, il se tourna vers son interprète, qui lui traduisit, embarrassé, la réflexion de la dame : "Elle dit qu'elle souhaiterait avoir une barbe comme la tienne… là où tu penses !" L'homme explosa de colère et abreuva l'insolente d'injures."

Décomplexées et libérées, les femmes ouest africaines n'hésitaient pas non plus, pour nombre d'entre elles, à s'engager en politique, encouragées en cela par la fameuse charte de Kouroukan Fouga, promulguée, dès les premiers mois de l'empire, par son fondateur Soundiata Keïta. Cette charte, qui était une sorte de déclaration des droits et des devoirs du citoyen, stipulait en effet, dans son article 16, que "les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements".

Il en sera effectivement ainsi dans toutes les provinces, voire à la tête de l'empire, où l'épouse de l'empereur partageait carrément le pouvoir avec lui. L'une d'elles, la reine Kasa, fomenta même un coup d'Etat contre son mari, l'impopulaire Mansa Suleyman, qui régna de 1341 à 1360. Kasa dépêcha une… femme, une esclave, chez le cousin de son mari pour lui demander expressément de prendre le pouvoir, en l'assurant par ce message on ne peut plus clair : "Moi, et tous les soldats sommes à tes ordres !"

Seulement voilà, l'esclave fut démasquée et arrêtée. Mansa Suleyman jeta sa femme en prison et en épousa une autre. Mais, "les gens parlèrent abondamment du fait et blâmèrent l'action" de l'empereur, qui dut finalement libérer Kasa.

En 1389, ce fut au tour de la mère de l'empereur Moussa II de tenter et de réussir, cette fois, à s'emparer du pouvoir. Elle profita d'une vacance du trône pour y installer son propre mari, Sandaki, rompant ainsi avec les règles de succession, qui voulaient que le souverain fût choisi selon la voie collatérale de frère à frère !

Il n'est pas improbable que les articles, consacrés aux femmes dans la charte de Kouroukan Fouga, aient été inspirés à Soundiata Keïta par son propre vécu, comme par exemple l'article 14, qui décrète clairement : "N'offensez jamais les femmes, nos mères !" Soundiata a dû sûrement penser, en le rédigeant, à Sogolon, sa propre mère, qui affronta, avec force et courage, les humiliations de son village. Il a sans doute, aussi, voulu remercier, par cette charte, sa demi-sœur, qui l'avait aidé à vaincre son grand ennemi de toujours, le redoutable Soumahoro Kanté, en lui révélant le secret de la vulnérabilité de son ex-mari.

Si j'ai souhaité rappeler ces évènements, c'est d'abord pour rendre hommage à ces femmes du passé, pionnières et téméraires, dont on ignore souvent à quel point elles furent en avance sur leur temps, et le rôle, ô combien important, qu'elles ont joué dans la marche du continent noir. Des exemples à suivre pour les femmes d'aujourd'hui, qui devront, comme leurs devancières, oser, non seulement prendre davantage la parole, mais aussi toute leur place dans les sociétés africaines, afin d'apporter la clairvoyance, la fraîcheur, et ce petit quelque chose en plus, indispensables pour construire le présent et inventer l'avenir.

* Serge Bilé est journalise et écrivain (source : Africultures)

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Arts & livres

Global : Festival de vidéos par des jeunes sur la migration et la diversité

2010-03-05

http://www.unaoc.org/pluralplus

La jeunesse du monde entier est invitée à participer au festival vidéo PLURAL+ portant sur les thèmes de la migration, de la diversité, et de cohésion social. Le festival PLURAL + est une initiative de l’Alliance des Civilisations Nations Unies (UNAoC) et de l'Organisation internationale pour la migration (IOM). D'ici au 30 juin 2010, les jeunes du monde entier, âgés de 9 à 25 ans sont invités à soumettre des vidéos de courte durée (maximum 5 minutes) portant sur leurs pensées, expériences, avis et questions sur les thèmes de migration et des défis qu’ils peuvent rencontrer.
Pour des informations supplémentaires, prière de communiquer avec plural@unaoc.org





Droits humains

Cameroun : Une plainte contre Paul Biya à Paris classée

2010-03-05

http://tinyurl.com/y93uwf3

La plainte du Conseil des Camerounais de la diaspora contre le président Paul Biya a été classée sans suite par le tribunal de grande instance de Paris. Elle avait été le 2 février 2010, pour « recel de détournement de fonds publics », n’a pas prospéré. La jurisprudence française, selon les spécialistes, constante en la matière, n’a jamais donné de suite à une plainte portée contre un chef d’Etat étranger en fonction ou une personnalité étrangère en fonction.


Rd Congo : les prostituées revendiquent leurs droits

2010-03-05

http://www.afrik.com/article19141.html

Coups, insultes, viols… les prostituées de la ville de Mbuji Mayi en République démocratique du Congo ne sont pas épargnées. Rejetées par la population et brimées par leurs clients, elles ont trouvé un soutien auprès du Collectif pour le Développement Economique, Social et Culturel Intégré (CODESCI). Cette organisation tente, par des campagnes de sensibilisation, de conscientiser la communauté sur les droits de ces femmes. Depuis 2009, elle lutte contre les préjugés et essaye de faire valoir les droits de ces femmes.


Rd Congo : Indignation après la libération des Ukrainiens

2010-03-06

http://tinyurl.com/ybbo356

L'affaire opposant le Ministère public et la partie civile contre les membres d'équipage du bateau Island Of Luck, un navire battant pavillon Panaméen mais composé en majeure partie d'un équipage ukrainien, de quelques Russes et Indiens, continue de susciter indignation et déception auprès de la population, après le jugement prononcé en leur faveur. En novembre 2009, ils étaient poursuivis de meurtre et tentative de meurtre des ressortissants congolais à quelques kilomètres de Matadi à Ango-Ango. Sept clandestins congolais se trouvaient à bord de leur navire en partance pour l'étranger que ces prévenus ont tabassé à mort avant de les jeter à l'eau.


Rwanda : Agathe Habyarimana libérée et placée sous contrôle judiciaire

2010-03-05

http://tinyurl.com/ydekk5k

La veuve de Juvénal Habyarimana, l'ancien président rwandais assassiné en avril 1994, a été interpellée le 2 mars, avant d'être libérée et placée sous contrôle judiciaire par le parquet général de Paris. Elle a dorénavant interdiction de quitter le territoire français et devra se présenter une fois par mois au commissariat. La demande d'arrestation émanait des autorités rwandaises, qui l'accusent d'être impliquée dans la planification du génocide rwandais de 1994. La justice devra donner ou non son accord pour une extradition. ".


Rwanda : Laurent Nkunda attend la décision du tribunal

2010-03-05

http://tinyurl.com/ycoa6sc

Une année après sa détention à Kigali, au Rwanda, Laurent Nkunda, chef rebelle congolais, continue à faire parler de lui. Ses avocats ont saisi la Cour Suprême de Justice rwandaise pour solliciter la mise en liberté de leur client. Ils avancent comme argumentaire que jusqu’à ce jour, il n’y a ni mandat d’arrêt émis, ni aucune inculpation prononcée contre Nkunda. L’un d’eux s’est même dit confiant de voir Nkunda incessamment libre alors qu’à l’audience du 2 mars 2010, la CSJ du Rwanda n’a pu examiner l’affaire, pour donner le motif réel de l’arrestation de ce général déchu. Elle s’est donnée, par contre, le temps jusqu’au 26 mars prochain pour dire si oui ou non, elle va statuer sur le cas.





Réfugiés & migration forcée

Centrafrique : Le chef du HCR appelle à ne pas oublier les réfugiés de ce pays

2010-03-06

http://tinyurl.com/ybbc7wj

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés a appelé à ne pas oublier la Centrafrique et ses réfugiés, lors d'une visite, les 3 et 4 mars, d'un site d'accueil dans l'est du Cameroun. A Boulembe (380 km de Yaoundé) où se trouvent 1.150 réfugiés centrafricains, celui-ci a exhorté mercredi la communauté internationale "à accorder beaucoup plus d'importance à la Centrafrique". Il a indiqué que 200.000 Centrafricains étaient déplacés à l'intérieur de leur pays, plus de 80.000 autres sont réfugiés au Cameroun et plus de 60.000 au Tchad.


Gabon : bientôt 400 maliens chassés

2010-03-05

http://tinyurl.com/yakme2o

Environ 400 Maliens se trouvent dans des prisons gabonaises, en attente d’expulsion. La décision a été prise à l’issue d’une réunion du gouvernement gabonais. Réunion sanctionnée par un communiqué final, publié il y a quelques semaines, selon lequel « tous les clandestins, sans exception, seront expulsés du territoire Gabonais ». Outre, leur « situation irrégulière », les étrangers sont considérés, au Gabon, comme des trafiquants de fausses pièces d’identité, sources d’insécurité pour les populations gabonaises.


Mauritanie : Après l'exil, la désillusion

2010-03-05

http://tinyurl.com/y9fbxxp

Les Négro-Mauritaniens sont quelque 20 000 à avoir été rapatriés depuis 2008. Mais beaucoup ont découvert en rentrant chez eux... de nouveaux occupants. Quelque 60 000 Négro-Mauritaniens avaient été expulsés de leur pays en 1989. À l’époque, un différend frontalier entre Dakar et Nouakchott révèle au grand jour le racisme rampant, notamment au sein de l’État, à l’égard des Négro-Mauritaniens. Certains d’entre eux sont privés de leurs papiers et embarqués dans des avions vers le Sénégal. D’autres sont torturés ou exécutés. Un processus a commencé depuis deux ans.





Mouvements sociaux

Libye: Manifestation de colère devant l'ambassade suisse

2010-03-05

http://tinyurl.com/yh8n3gp

Les élèves et étudiants des différents établissements de Tripoli, ainsi que les étudiants des pays musulmans des universités libyennes ont organisé le 1er mars une manifestation de protestation devant l'ambassade suisse en Libye. Les manifestants ont appelé à l'interdiction de la circulation et de la vente des produits suisses dans les pays musulmans et au boycott des avions suisses en signe de protestation contre la décision prise par la Suisse interdisant la construction de minarets sur les mosquées.





Elections & gouvernance

Burundi : Une candidature féminine à l'élection présidentielle

2010-03-05

http://tinyurl.com/yffhtrl

L'ex-première vice-présidente de la République du Burundi en charge des questions économiques et financières, Mme Alice Nzomukunda, a annoncé, le 1er mars, sa candidature à l'élection présidentielle de juin 2010 sous les couleurs de l'Alliance démocratique pour le renouveau (ADR, parti politique de l'opposition radicale). Cette première candidature féminine fait suite à une série d'autres déjà annoncées, cette fois, par des hommes politiques de l'opposition bien connus comme celles des ancien chefs de l'Etat, Domitien Ndayizeye et Jean-Baptiste Bagaza. Mme Alice Nzomukunda avait démissionné du gouvernement et du parti au pouvoir de manière fracassante en 2006.


Comores : le président Sambi s’accroche au pouvoir

2010-03-06

http://www.afrik.com/article19153.html

A Mohéli, une île située dans les Comores, la colère gronde. Des manifestants ont incendié des voitures et des maisons pour exprimer leur mécontentement suite au vote du Congrès, le 1er mars, reportant les élections à novembre 2011. Cette décision prolonge le mandat présidentiel d’Ahmed Abdallah Sambi, censé se terminer le 26 mai prochain. Un coup dur pour l’île de Mohéli qui devait hériter de la présidence tournante en 2010.


Côte d’Ivoire : L’opposition prend place dans le gouvernement

2010-03-06

http://www.afrik.com/article19160.html

L’opposition ivoirienne a enfin obtenu satisfaction. Elle a réussi à faire plier le président Laurent Gbagbo, au départ plutôt réticent à son entrée au gouvernement. Ainsi, les 11 postes qui restaient encore à pourvoir dans le cabinet du Premier ministre Guillaume Soro ont été attribués à des membres de l’opposition, selon un décret de M. Gbagbo lu le 4 mars par le secrétaire de la présidence. La mise en place du nouveau gouvernement met fin à trois semaines de crise politique amorcée par la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et de l’ancien cabinet voulue par Laurent Gbagbo…


Ethiopie: un candidat à la présidentielle poignardé à mort

2010-03-05

http://tinyurl.com/yeqoyha

L'opposition éthiopienne a affirmé que l'un de ses candidats aux prochaines élections de mai 2010 a été assassiné le 2 mars dans le nord de l'Ethiopie en raison de ses activités politiques, et a accusé le parti au pouvoir "d'intensifier" sa répression contre l'opposition. Un autre a été passé à tabac par des hommes armés, toujours dans le Tigré, fief du Front Révolutionnaire Démocratique des Peuples d'Ethiopie (EPRDF, au pouvoir). Des élections générales sont prévues le 23 mai prochain, les premières au niveau national depuis le scrutin de 2005 qui avait vu l'opposition enregistrer les meilleurs scores de son histoire, mais avait été marqué par une sanglante répression au cours de manifestations de l'opposition qui dénonçait le résultat du scrutin.


Guinée : Des hauts fonctionnaires libérés après plusieurs mois de détention

2010-03-06

http://tinyurl.com/y95tc5w

Des hauts fonctionnaires guinéens arrêtés au lendemain du coup d'Etat militaire de décembre 2008 ont été libérés le 4 mars. Conformément à une ordonnance de non lieu, l'ancien ministre des Mines et de la Géologie, Ahmed Tidiane Kanté, a été libéré en même temps que d'autres pensionnaires de la prison centrale de Conakry dont l'ex-ministre de la Sécurité, Mohamed Bô Kéita, un haut cadre de la police, Zakaria Cissé, l'ancien procureur du tribunal de Kaloum, Malick Fernandez et l'ancien secrétaire général du comité national de lutte anti-drogue, Mangué Camara. L'ex-directeur général de l'Office central anti-drogue (OCAD), Thermite Mara, présumé narcotrafiquant et l'ex-directeur général de l'Office de répression chargé des deniers économiques et financiers, Victor Traoré, bénéficient d'une liberté provisoire pour des raisons de santé et restent donc sous contrôle judiciaire.


Libye: Un boycott économique et commercial contre la Suisse

2010-03-05

http://tinyurl.com/yeqm7bc

Le comité populaire général libyen a interdit, le 3 mars, aux secteurs public et privé libyens de traiter économiquement et commercialement avec la Suisse en réponse à la politique de ce pays hostile à l'islam, ainsi qu’aux mesures et attitudes adoptées contre des Libyens. La Suisse avait émis une liste qualifiée d'acte raciste englobant 188 personnalités libyennes, à leur tête le guide Mouammar Kadhafi et les membres de sa famille, interdites de visas de l'espace Schengen. Cette mesure a été condamnée par plusieurs pays européens membres de cet espace.


Niger: La junte ne participera pas à la présidentielle

2010-03-05

http://tinyurl.com/yh9x4ge

Au Niger, la junte militaire qui a pris le pouvoir s’est engagée à ne pas participer à la prochaine élection présidentielle. Le chef du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie s’est adressé officiellement au Nigériens pour la première fois le 28 février. Mais Salou Djibo n’a pas donné d’indication sur la durée de la transition. Le Conseil suprême s’engage à restaurer l’ordre constitutionnel dans un délai raisonnable, sans plus de détails.


Niger : La junte tient parole et libère cinq ministres

2010-03-06

http://tinyurl.com/ya23xhs

La junte nigérienne vient de libérer cinq membres de l’ancien gouvernement qu’elle détenait encore. Selon un dirigeant du Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD, ex-parti au pouvoir), il s’agit de l'ex-Premier ministre, Ali Badjo Gamatié, et de quatre de ses collègues : les anciens ministres des Finances, M. Ali Mahaman Lamine Zeine, de la Justice, M. Garba Lompo, de l'Equipement, M. Lamido Moumouni Harouna, et des Mines, M. Mohamed Abdoulahi.
VEn revanche, l'ex-président Mamadou Tandja est toujours détenu « pour sa propre sécurité », apprend-on.


Niger : Le sort qui attend l’ancien président : Tandja sera jugé

2010-03-06

http://tinyurl.com/y97tpwm

Quel sort pour l’ancien président nigérien Mamadou Tandja ? Selon des nombreuses supputations, il sera traduit en justice pour crimes politiques et économiques. En attendant que les choses se précisent, les investigations se poursuivent. On parle de plusieurs dossiers qui sont en train d’être passés au peigne fin. Vrai ou faux, on susurre l’interpellation de l’ancienne Ministre de l’Aménagement du Territoire et du Développement Communautaire, Mme Afizou Saadé Soulèye, la gardienne des affaires du Programme Spécial de Mamadou Tandja, un dossier qui continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive.


Nigeria: Le PDP s'oppose à la candidature du président intérimaire

2010-03-05

http://tinyurl.com/yae3jgu

Le Parti démocratique populaire (PDP) du Nigeria a exclu le président intérimaire, Goodluck Jonathan, de la course à la prochaine présidence prévue lors des élections générales de 2011, après avoir réaffirmé le principe de rotation du pouvoir du parti. Dans le cadre de ce principe, la présidence est occupée à tour de rôle par le Nord et le Sud pour une période de huit ans, c'est-à-dire deux mandats de quatre ans. Un ressortissant du Sud, Olusegun Obasanjo, a été président de 1999 à 2007, après quoi le président Umaru Yar'Adua du Nord, a pris le pouvoir. Bien qu'il n'ait pas terminé son premier mandat, M. Yar'Adua, du fait d'une maladie prolongée, a été remplacé par le vice-président Jonathan, un sudiste, qui assure l'intérim.


Ouganda : Museveni accusé de préparer son fils à sa succession

2010-03-05

http://tinyurl.com/yjg8nsu

Le lieutenant colonel Kainerugaba Muhoozi, qui commandait déjà une unité spéciale de l'armée, est récemment devenu patron de la garde présidentielle. Pour l'opposition, c'est une indication supplémentaire du fait que Museveni prépare son fils à sa propre succession. D'autres membres de la famille de Yoweri Museveni détiennent des postes importants au sein de l'administration. Ainsi son épouse, Janet Museveni, a fait son entrée au sein du gouvernement au cours de l'année 2009 (ministre d'Etat en charge de la région de Karamoja, poste de transition en attente de postes plus importants selon des observateurs), sa fille est sa secrétaire personnelle, son beau-frère est ministre des Affaires étrangères et son frère le général Caleb Akandwanaho est conseiller présidentiel à la défense…


Rwanda : Kagame accuse deux officiers de vouloir déstabiliser son pays

2010-03-06

http://tinyurl.com/ydsznvb

Le président Paul Kagame a accusé deux officiers rwandais de haut rang, actuellement en fuite, de tenter de déstabiliser le Rwanda. L'ex-patron des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, aujourd'hui réfugié en Afrique du Sud, circule dans les pays voisins du Rwanda, en préparant des actes de déstabilisation dans son pays d'origine, a affirmé le président Kagame. Il agirait en étroite collaboration avec le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise et ambassadeur en Inde, qui a cherché refuge, la semaine dernière, également en Afrique du Sud, selon la justice rwandaise.


Togo : L'opposition conteste la réélection de Faure Gnassingbé au Togo

2010-03-07

http://tinyurl.com/ydjhph7

L'opposition togolaise annonce qu'elle contestera devant la Cour constitutionnelle la victoire du président sortant Faure Gnassingbé, suite à la présidentielle du 4 mars. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes à Lomé, la capitale, pour disperser des manifestants du parti d'opposition UFC qui protestaient contre les résultats. L'un de ses vice-présidents a été blessé dans ces tirs, qui ont visé de jeunes opposants rassemblés aux abords du siège de leur parti. Selon les résultats provisoires annoncés le 6 mars, Faure Gnassingbé a recueilli 1,24 million de voix sur 2,1 millions de suffrages exprimés, contre 692.584 voix à son rival Jean-Pierre Fabre, de l'UFC. Dès le 5 mars, les deux parties revendiquaient la victoire.


Zimbabwe: sanctions américaines prolongées

2010-03-05

http://tinyurl.com/yl5dc54

Le président américain Barack Obama a annoncé le 1er mars que les sanctions de son administration à l'encontre de dirigeants du Zimbabwe seraient prolongées d'un an, car les actions des personnes visées continuent "à menacer la politique étrangère des Etats-Unis". Ces sanctions avaient été déjà prolongées en 2009. Mi février, l'Union européenne (UE) a également estimé que les progrès du pays en matière de droits de l'homme n'étaient pas suffisants pour lever ses sanctions visant le Zimbabwe, qu'elle a prolongées pour un an.





Corruption

Burundi: L'industrie sucrière au bord de la faillite

2010-03-05

http://tinyurl.com/ycdyxgz

La Société sucrière du Burundi (SOSUMO) est a au bord de la faillite. Les recettes de l'entreprise (naguère prospère) seraient gaspillées dans la passation "irrégulière" de marchés pour la fourniture d'équipements, fertilisants, emballages et autres machines agricoles comme les tracteurs et le clientélisme, à dénoncé le secrétaire général du syndicat des travailleurs de la SOSUMO. D'après le responsable syndical, le résultat net de ce qui restait de l'industrie nationale, n'oscillerait plus, bon an mal an, qu'entre 400.000 et 600.000 dollars US), alors qu'il n'y a pas longtemps, l'entreprise pouvait réaliser des bénéfices de l'ordre de 3 millions de dollars.


Burundi : L'industrie sucrière au bord de la faillite

2010-03-06

http://tinyurl.com/ya9en7t

La Société sucrière du Burundi (SOSUMO) est au bord de la faillite. Les recettes de l'entreprise (naguère prospère) seraient gaspillées dans la passation "irrégulière" de marchés pour la fourniture d'équipements, fertilisants, emballages et autres machines agricoles comme les tracteurs et le clientélisme, à dénoncé le secrétaire général du syndicat des travailleurs de la SOSUMO. D'après le responsable syndical, le résultat net de ce qui restait de l'industrie nationale, n'oscillerait plus, bon an mal an, qu'entre 400.000 et 600.000 dollars , alors qu'il n'y a pas longtemps, l'entreprise pouvait réaliser des bénéfices de l'ordre de 3 millions de dollars.


Ethiopie : L'aide détournée pour acheter des armes

2010-03-06

http://tinyurl.com/ydrgcvp

Sur les 100 millions de dollars envoyés en Ethiopie pour conjurer la famine, en 1984-85, 95 millions ont servi à l'achat d'armes par les rebelles du Front de Libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui fait maintenant partie de la coalition au pouvoir. Le reste a permis de renforcer le parti radical relié au Front, selon Aregawi Berhe, un ex-rebelle éthiopien. La famine, qui a fait environ un million de morts au milieu des années 1980, avait déclenché un mouvement d'aide internationale, lancé par le chanteur irlandais et militant des droits de l'homme Bob Geldof, qui avait organisé une série de concerts pour les sinistrés.


Gabon : Le gouvernement débusque plus de 5 mille fonctionnaires fictifs.

2010-03-05

http://camer.be/index1.php?art=9195&rub=11:1

Quelque 5 683 dossiers douteux d’agents de l’Etat, ont déjà pu être identifiés dans le cadre du recensements en cours des fonctionnaires, qui se poursuit, et qui sera bientôt opérationnel au niveau des ambassades et des consulats du Gabon à l’étranger. Des chiffres qui pourraient grossir dans les prochains jours, prévient le gouvernement, en raison des recensement plus renforcés qui seront opérés au niveau des administrations spécifiques, et qui ont débuté par les enseignants, ou des cas d’usurpation d’identité ont notamment été constatés, avec des cas de nombreuses personnes qui continuaient à se faire payer au nom de leurs parents et amis décédés.





Développement

Global : S’attaquer à la malnutrition à grande échelle

2010-03-05

http://tinyurl.com/ykzsn2y

Conscients que les interventions courtes, isolées et coûteuses ne peuvent pas résoudre le problème de la malnutrition de manière durable et à grande échelle, plusieurs agences des Nations Unies impliquées dans le domaine de la nutrition ont lancé il y a deux ans l’initiative REACH, permettant d’aborder le problème différemment à travers une approche qui privilégie la coordination et l’intégration. La Mauritanie et le Laos ont été sélectionnés comme les deux pays pilotes pour cette initiative dont l’une des forces, « est de privilégier l’assistance technique au pays et de créer une force nationale pour mobiliser les ressources et les acteurs».


Sénégal : L’activité économique a baissé de 13,6% en janvier

2010-03-05

http://tinyurl.com/yjwl2e4

L’activité économique, au Sénégal, mesurée par un indice ne prenant pas en compte l’agriculture, a enregistré au mois de janvier 2010 une baisse de 13,6% par rapport au mois de décembre 2009, rapporte la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). ‘’Cette évolution, attendue en raison de la forte hausse observée en décembre 2009, est consécutive à la baisse généralisée observée dans tous les secteurs, à l’exception du primaire, notamment de l’élevage, qui a enregistré une croissance de 10,2%’’, explique la DPEE….





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Alerte à la méningite pour les pays de l’Afrique de l’Ouest

2010-03-06

http://tinyurl.com/ych2n24

L’épidémie de méningite est de nouveau annoncée en Afrique de l’Ouest. En effet après quelques cas enregistrés au Bénin et au Ghana, le Burkina Faso vient de lancer une alerte suite à plusieurs cas de décès liés à la présence de la méningite. Selon le bilan établi par le ministre de la Santé de ce pays, sur un total de 1596 cas enregistrés en février 2010, on a relevé 246 décès. D’où l’importance pour les populations de la région, selon des spécialistes d’être beaucoup plus vigilantes en ces temps de changements climatiques. Car l’indice de la vitesse des vents est toujours synchronique avec la hausse des cas de cette maladie.


Afrique : Suivre les avancées dans la circoncision masculine

2010-03-05

http://tinyurl.com/y8msayn

La circoncision masculine médicale est désormais largement reconnue comme un outil important pour la prévention du VIH, et plusieurs pays africains l’ont inclus dans leurs stratégies nationales de lutte contre le VIH. Le gouvernement kenyan a pour objectif d’amener l’ensemble des hommes non-circoncis – soit 1, 1 million de personnes – à se faire opérer d’ici 2013. Le Kenya est le seul pays africain à avoir, avec succès, développé l’accès à la circoncision masculine à une aussi grande échelle. Mais plusieurs pays s’y sont engagés.


Malawi : Les moustiquaires n'ont pas fait reculer le paludisme

2010-03-06

http://www.africa1.com/spip.php?article2168

La campagne de distribution de moustiquaires au Malawi dans le cadre de la lutte contre le paludisme n’a pas fait reculer le nombre de décès causés par cette maladie. Près de 7.000 Malawites sont morts du paludisme l’année dernière, et 4.5 millions de cas ont été recensés, malgré le million de moustiquaires distribué gratuitement depuis 2008 par le gouvernement aux enfants en bas-âge et aux femmes enceintes. Cette maladie touche environ un tiers des 12 millions de Malawites.


Rwanda : Les infirmiers mobilisés pour accélérer l’accès aux ARV

2010-03-05

http://tinyurl.com/yzstboe

Les infirmiers rwandais seront bientôt autorisés à administrer aux patients séropositifs des antirétroviraux (ARV), une mesure qui, d’après les responsables du ministère de la Santé, accélèrera l’extension de l’accès aux ARV. Un nouveau programme vise à former deux infirmiers dans chaque centre de santé offrant des services VIH. D’ici la fin du mois de mai, 600 infirmiers seront formés aux aspects théoriques et pratiques des prescriptions d’ARV. D’ici septembre, les infirmiers seront autorisés à prescrire des ARV dans des cas ne présentant pas de complications et nécessitant des médicaments de première intention.


Sénégal : La grippe A H1N1 se propage

2010-03-06

http://tinyurl.com/yea3b9d

La grippe A H1N1 se propage à vive allure à travers le Sénégal. Au départ, 14 cas seulement étaient enregistrés, aujourd’hui la maladie a tendance à gagner toutes les régions du pays. Au dernier décompte, six régions sont déjà touchées par cette pandémie mondiale. Il s’agit de Dakar, Diourbel, Louga, Tambacounda, Fatick et Kaffrine. Ce bilan dressé par les autorités sanitaires et qui a été rendu public le 4 mars, fait état d’un total de 156 cas confirmés à travers les différents sites sentinelles qui ont mis place au niveau du pays. Ce qui est toutefois rassurant c’est que les autorités médicales renseignent à travers leur bulletin hebdomadaire qu’il n’y a eu aucun cas grave, encore moins de cas décès dénombré à ce jour.





Éducation

Algérie : Le ministère de l’Education menace les grévistes

2010-03-05

http://tinyurl.com/yac7jcw

Le ministère de l'Education nationale a appelé, le 3 mars, les enseignants grévistes à reprendre le travail dès le 7 mars sous peine d’être radiés de la Fonction publique. Dans un communiqué, il a affirmé avoir instruit les chefs d’établissements de lancer, la mise en œuvre des procédures réglementaires en vigueur en matière de relation de travail. Parmi les sanctions prévues figurent « le retrait automatique sur le salaire et sur la prime de rendement de toutes les journées non travaillées, la constatation de l'abandon de poste pour toute absence enregistrée.


Sénégal : L’Ecole Polytechnique de Thiès sous la menace de fermeture

2010-03-06

http://tinyurl.com/ydnuhre

L’Ecole polytechnique de Thiès (EPT) va droit vers la fermeture. La menace est consécutive au différend qui oppose les enseignants de l’établissement aux étudiants par rapport à la formation payante. Face à cette situation qui a entravé depuis des mois le fonctionnement des cours le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique Aa déclaré sans détours que «si les enseignants persistent dans leur position de tenir la formation payante le jour, l’école sera fermée». Cette situation est favorisée, selon les autorités de l’enseignement supérieur, par la question de la fonction de service qui permet aux établissements supérieurs d’ouvrir une formation payante à côté de la formation initiale en vue de permettre aux écoles d’avoir des ressources additionnelles au budget octroyé par l’Etat.





Environnement

Ouganda: 80 morts, 400 disparus dans un glissement de terrain

2010-03-05

http://tinyurl.com/ya8rwuh

Au moins 80 personnes ont été tuées et plus de 400 sont portées disparues à la suite du glissement de terrain qui a emporté dans la nuit du 1er au 2 mars trois villages dans l'est montagneux de l'Ouganda, selon un nouveau bilan fourni le 3 mars par la Croix Rouge ougandaise. Un précédent bilan faisait état de 55 tués et plus de 300 disparus, avec très peu d'espoir de les retrouver vivants. C’est à la suite de pluies torrentielles tombées sur cette région proche du Mont Elgon (qui culmine à 4. 321 mètres d'altitude), que le glissement de terrain a enseveli trois villages à flanc de montagne.


Sénégal : Le poumon vert de Dakar menacé de disparition

2010-03-05

http://tinyurl.com/y8w8gl7

La forêt classée de Mbao, considérée comme le seul poumon vert de la capitale fait l’objet de plusieurs agressions de la part des promoteurs immobiliers et des populations riveraines. Sans compter les coupes incessantes de bois, les dépôts d’ordures et d’autres menaces. D’après les responsables de la brigade forestière, une société de la place a obtenu deux parcelles de 7.000 mètres carrés pour y construire deux stations d’essence. Aujourd’hui, son avenir est compromis..





Média & liberté d'expression

Afrique : Conférence Panafricaine des Médias

2010-03-05

http://tinyurl.com/ykdxuwt

Une conférence sur le thème « Média et Promesse de l’Afrique: Réflexions sur le passé, le présent, et les perspectives » se tiendra les 18 et 19 mars 2010 à Nairobi, Kenya. L’événement servira à faire une exposition des histoires de réussite au sein du paysage médiatique sur le continent comme on l’a vu au Nigeria, en Afrique du Sud et au Kenya, pays qui connaissent tous un certain niveau de liberté médiatique.


Gabon : Un journaliste de l’Union menacé de mort

2010-03-06

http://tinyurl.com/yd95kpk

Le journaliste gabonais Jonas Moulenda, du quotidien d’Etat L’Union affirme avoir reçu des menaces de mort le 1er mars et a porté plainte. Ces menaces font apparemment suite à un article publié sur l’assassinat à Libreville de René Ziza, Directeur du Conseil Gabonais des Chargeurs (poignardé le 25 novembre 2009), l'un des nouveaux hommes nommés par le président Ali Bongo Ondimba, investi mi-octobre et entré en croisade contre la corruption. Des menaces de mort par courrier déposé à son journal et sur son téléphone portable ont été portées contre lui.


Maroc : Comment Mohamed VI musèle la presse

2010-03-06

http://tinyurl.com/yeq8k5j

Cofondateur du « Journal hebdomadaire » fermé par les autorités de son pays, le journaliste Ali Amar dénonce les atteintes à la liberté d’expression au Maroc. Contraint à l’exil, il dépeint l’absolutisme du règne de Mohammed VI et confie que la sanction économique et judiciaire est devenue le bras armé de la censure politique. La fermeture brutale, le 27 janvier dernier, par les autorités marocaines de son journal, titre phare de la presse indépendante du royaume, marque, selon lui, la fin d’une époque pour la presse libre au Maroc.


Sénégal : Le Premier ministre préoccupé par la Convention collective des journalistes

2010-03-05

http://tinyurl.com/yaabj9y

Reçue par le Premier ministre le 3 mars, une délégation du Bureau exécutif national (Ben) du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS), plaide pour une inspection des entreprises de presse afin de veiller à l’application intégrale de la Convention collective. Celle-ci fait l’objet de violations depuis sa mise en vigueur en 1991.





Conflits & urgences

Nigeria : Au moins cent morts dans des violences dans le centre

2010-03-07

http://tinyurl.com/ya7bkd5

Au moins cent personnes ont été tuées dans des attaques près de la ville de Jos, dans le centre du Nigeria, régulièrement théâtre de violences meurtrières, ont rapporté le 6 mars des sources concordantes. Selon plusieurs témoins, ces attaques à caractère ethnique, apparemment simultanées, ont été menées contre des habitants de trois villages situés au sud de Jos, dont Dogo Nahawa. La région est régulièrement le théâtre de flambées de violences interethniques ou interconfessionnelles. En janvier dernier, des affrontements entre chrétiens et musulmans ont fait plus de 300 morts à Jos et dans les villages environnants.


Afrique : Différend Ghana-Côte d'Ivoire après la découverte d'un gisement offshore

2010-03-06

http://tinyurl.com/ydm94nl

La Côte d'Ivoire réclame une partie de l'espace maritime du Ghana depuis la récente découverte d'un important gisement pétrolier offshore, a affirmé le 5 mars le ministre ghanéen des Ressources naturelles. La frontière maritime entre les deux pays dans le Golfe de Guinée n'a jamais été formellement tracée, mais les deux voisins respectent depuis des années "une ligne médiane", a expliqué ce dernier. Selon lui, «il est désormais nécessaire de délimiter la frontière maritime entre le Ghana et la Côte d'Ivoire". Le Parlement ghanéen va être saisi d'un projet de loi créant une commission frontalière.


RD Congo : nouvelle opération contre les rebelles hutus

2010-03-06

http://tinyurl.com/y9lj99p

Une nouvelle opération de l'armée congolaise, appuyée par l'ONU, contre les rebelles hutus rwandais dans l'est de la RD Congo, est en cours depuis une semaine. L'opération, baptisée "Amani Leo" (la paix maintenant, en swahili), "a débuté le 26 février. Elle se déroule autour de Kimwa et Kinge dans la région au sud de Kashebere, dans la province du Nord-Kivu (est), a affirmé le porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC . Selon un porte-parole militaire des FARDC, l'armée congolaise avait lancé fin janvier cette nouvelle opération de traque des rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).


Rwanda : Deux attaques à la grenade font 16 blessés à Kigali

2010-03-06

http://tinyurl.com/yadyff6

Les explosions quasi simultanées de deux grenades ont fait 16 blessés à Kigali, la capitale du Rwanda, où un incident similaire avait fait deux morts il y a deux semaines. Les autorités ont imputé les trois attaques à la grenade du 20 février à l'ancien chef de l'armée Faustin Kayumba Nyamwasa, qui a démissionné la semaine dernière de son poste d'ambassadeur en Inde et s'est réfugié en Afrique du Sud.





Internet & technologie

Afrique: Net-Afrika va organiser une compétition de webmasters

2010-03-05

http://tinyurl.com/yatqpzg

La société multimédia Net-Afrika va organiser la première et plus grande compétition de webmasters en Afrique. S'exprimant au cours d'une conférence de presse, le directeur général de ladite société, a indiqué que cette compétition sera l'occasion de mettre en avant la compétitivité et les valeurs des Africains. M. Kaïré a précisé que la compétition concernera neuf pays, à savoir la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Bénin, le Togo et la Côte d'Ivoire. Selon lui, la compétition vise à rassembler dans chaque pays 200 webmasters qui seront appelés à créer, en 72 heures, autant de sites Web dans les limites du possible.





Collecte de fonds & ressources utiles

Global : Appel à nominations pour un partenaire SOC à la Conférence internationale sur le sida

2010-03-05

http://tinyurl.com/ykooz5y

Les nominations d’un nouveau membre de la société civile au Comité de Coordination de la Conférence (CCC) de la Conférence Internationale sur le SIDA (IAC), pour les deux prochaines conférences (2012 –Washington, DC et 2014 – lieu à déterminer) sont maintenant ouvertes. Ce siège qui est disponible au CCC doit être comblé par une organisation de la société civile mondiale et qui travaille principalement sur le VIH et le SIDA. Le CCC est la plus haute instance de direction de la Conférence Internationale et il est chargé, en dernier ressort, du thème, de la vision, des politiques, des directives budgétaires et du programme de la conférence en général.
Date limite: 30 mars 2010.


Global : PRIX WWSF 2010 de créativité féminine dans les vierurale

2010-03-05

http://www.woman.ch/june09/women/1-introduction.php#5

La Fondation du Sommet Mondial de la Femme (Women’s World Summit Foundation) lance un appel pour soumettre des nominations pour son 17ème PRIX WWSF annuel pour la créativité féminine dans la vie rurale, qui honore les femmes créatives et courageuses et les organisations féminines dans le monde entier qui oeuvrent à l’amélioration de la qualité de vie au sein des communautés rurales. A peu près 10 gagnants seront encore sélectionnés en 2010 et annoncés à la presse le 15 octobre – Journée Internationale de la Femme Rurale.
Date limite: 31 mars 2010





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