Cette édition
Pambazuka News 145 : Crise à Madagascar : La France tire les ficelles
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Courrier, 3. Droits humains, 4. Réfugiés & migration forcée, 5. Mouvements sociaux, 6. Elections & gouvernance, 7. Corruption, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. Éducation, 11. Environnement, 12. Média & liberté d'expression, 13. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : L’implication de la France dans la crise à Madagascar.
COURRIER : Djibouti : L’opposition se mobilise contre la présidence à vie.
DROITS HUMAINS : Afrique : Des élus réclament l’interdiction universelle de l’excision.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Afrique : Des femmes subsahariennes arrêtées et violentées au Maroc.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique du Sud : Un complot de «suprémacistes» blancs déjoué.
CORRUPTION : Gabon : Les 7 millions d’euros maltais d’Omar et Ali Bongo.
DEVELOPPEMENT
Afrique du Sud : Un nouvel aéroport pour la Coupe du monde.
SANTE & VIH/SIDA : Cameroun : Une ONG dénonce les révélations sur la sérologie d’un journaliste.
EDUCATION : Afrique : On ne badine pas avec l’argent des étudiants.
RACISME & XENOPHOBIE : Cameroun : Polémique sur le nombre des patrons étrangers.
ENVIRONNEMENT : Cameroun : Les Pragois recyclent leurs portables pour sauver les gorilles.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : RD Congo : 2 soldats et un civil condamnés pour le meurtre d’un journaliste.
CONFLITS & URGENCES : Global : Une loi française contre la piraterie en mer.
Chroniques
L’implication de l’État français dans la crise à Madagascar
Adolphe E. Rakotomanga
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/64389
Nous portons le deuil dans notre âme et conscience depuis le 17 mars 2009, date du début de la tragédie qui s’est abattue sur Madagascar et qui a provoqué sa rapide et inexorable décomposition : décomposition morale, politique, économique, sociale, culturelle. Les institutions sont devenues des caricatures et la démocratie réduite à d’horribles oripeaux. Madagascar vit la plus noire période de son existence après celle de 1947 et prend l’allure d’un pays occupé, comme l’était en son temps une certaine France par l’abominable régime nazi.
Nous sommes horrifiés et indignés du fait de cette même France qui vient de tomber les masques. En présentant d’une façon éhontée et grossière « sa feuille de route » qu’elle prétend substituer aux accords cosignés de Maputo et d’Addis-Abeba, accusés par elle d’inapplicables. Nous comprenons alors pourquoi Andry Rajoelina n’a pas hésité à renier sa signature. Parce que l’État français, embusqué derrière lui, n’a pas trouvé ses comptes dans ces accords. Nous comprenons alors, d’une façon fulgurante, pourquoi la situation est bloquée et par qui : parce que l’État français a dans ses papiers son propre schéma, plus conforme à ses intérêts et à son objectif ultime.
Le 27 mai 2009, depuis l’Afrique du Sud, Marc Ravalomanana n’avait-il pas accusé les Français d’avoir été derrière le coup d’Etat ? C’est à peine si les médias en ont fait mention. Nous savons maintenant que le président, qui possède sans aucun doute ses propres sources de renseignements, n’a pas fait cette déclaration dans un moment de délire ou d’égarement. D’ailleurs, un faisceau de faits convergents balise la traçabilité de l’implication de l’État français dans la persistance de la situation actuelle :
a) la présence, auprès de Andry Rajoelina, dès les premières heures du putsch, d’un Conseiller français,
b) l’activisme forcené de son représentant sur place (présentation de lettre de créance, présence physique lors du sacre du « nouvel Homme fort de Madagascar », rencontres incessantes avec ce dernier et avec d’autres personnalités susceptibles de servir de jokers à la solde de la France),
c) l’accueil de ce dernier (Ndlr : Andry Rajoelina) par Paris après le camouflet à lui infligé par l’Assemblée générale de l’ONU (septembre 2009),
d) sa rencontre largement médiatisée avec des parlementaires UMP en France,
e) le grouillement pathétique des émissaires du Quai d’Orsay sur les lieux lors de Maputo 2,
f) la sortie, à point nommé, de cette « feuille de route », présentée par Alain Joyandet et aussitôt agréée par Andry Rajoelina lequel est prêt, semble-t-il, à la signer les yeux fermés,
g) l’embargo de la presse française sur la tenue quasi-quotidienne des manifestations des partisans de la Légalité et des Accords de Maputo / Addis-Abeba, ainsi que sur l’émergence du Mouvement des Ecclésiastiques (Hetsiky ny Mpitondra Fivavahana),
h) le silence étonnant de l’importante communauté française à Madagascar, témoin privilégié des évènements,
i) très subsidiairement, la très suspecte « Lettre ouverte » d’un Père Pedro (récemment décoré de la Légion d’Honneur française) adressée à Louis Michel, Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire et actuellement co-président de l’assemblée paritaire ACP-UE.
Évidemment, cette liste n’est pas exhaustive, car ne sont évoqués ci-dessus que les faits les plus visibles. Mais qui constituent au total l’équivalence d’une reconnaissance officielle de fait de la France à l’endroit de l’Autorité de fait Malagasy. Ce faisant, l’Etat français reste fidèle aux grandes manœuvres, très « géopolitiques » et à quelques variantes près, déployées dans maints Pays Africains (Côte d’Ivoire, Congo Brazzaville, Mauritanie, Gabon, Niger, etc…).
Ce qu’il n’a pas apparemment prévu, c’est cette mobilisation quasi-immédiate contre le coup d’État, autour du thème de la Légitimité et de la Légalité, radicalisé depuis par le thème de la Défense de la Souveraineté et de l’Indépendance. Malgré la guerre d’usure que lui imposent l’Autorité de fait, le Peuple Malagasy ne va pas prêter main forte à l’État français dans son acharnement à vouloir de nouveau planter, en plein XXIème siècle, son tricolore en haut du Palais de Manjakamiadana !Car il nous semble très clair à présent : les autorités françaises veulent à tout prix que la Grande Île reste française et que le futur président (qu’elles essaient de faire élire dans des élections forcées) soit un « ami de la France ». A l’instar de maints chefs d’États Africains, contestés et haïs par leurs peuples car élus dans des conditions nébuleuses. Cela signifie, dans le cas de Madagascar, que tous les moyens leur sont bons, pour empêcher le retour au pouvoir d’un certain Marc Ravalomanana.
A posteriori, nous osons affirmer que si ce dernier n’avait pas pu quitter Iavoloha pour l’exil, en mars 2009, il y aurait (au sens propre) laissé sa peau. Cela aurait en effet arrangé beaucoup de monde et un État en particulier. Et sa mort, comme celle du Colonel Ratsimandrava, aurait constitué une énigme de plus, à jamais élucidée. Ou alors, ses ennemis auraient prouvé « qu’il s’est suicidé » ?
En 2009, le PNUD a publié le classement de tous les pays du monde selon leurs Indices de développement humain (IDH) 2007 respectifs… Madagascar y tient le 145ème rang sur 182 et appartient aux Pays à IDH moyen. Sur les 25 pays classés derniers (à IDH faible), onze sont des ex-colonies françaises. Nous refusons de croire que c’est là le fait du hasard ou d’un quelconque malédiction.
Certes les dirigeants de ces pays et leurs peuples y ont certainement leur part de responsabilités. Mais à y regarder de près, les poids de l’esclavage et de la colonisation, relayés par les manœuvres incessantes de ce qu’on appelle la Françafrique, font que l’Afrique reste un continent noir, noir de violences, de misères, de pillages, de corruptions, d’élections forcées et truquées, de coups d’État, de génocides… et se trouve reléguée au rang des pays immergents.
Pour s’en convaincre, il faut entendre le discours de M. Sarkozy, prononcé le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop du Sénégal. Discours édifiant s’il en est, et qui a soulevé l’indignation de nombreux intellectuels africains. Il y a manié, en effet, avec sa manière à la fois directe et insidieuse, la basse flatterie et les contrevérités, démontré sa méconnaissance de l’Histoire de l’Afrique Noire et de ses Peuples. Pour mieux culpabiliser sans vergogne ces derniers et mieux édulcorer les responsabilités de la France coloniale passée et présente. De la repentance, il n’a voulu rien entendre. Au contraire, c’est à peine s’il n’a pas exigé de la part de l’Afrique ingrate, le pardon à la France Éternelle, grand bâtisseur de ponts, de route, d’écoles, d’hôpitaux !
Qu’on ne se méprenne pas sur nos propos. Nous-même de formation française, nous respectons le peuple français et la France, celle des Droits de l’Homme, celle qui a connu la souffrance et l’humiliation pendant l’Occupation nazie, celle qui lutte pour le rayonnement de sa langue et de sa culture à travers le Monde. Mais nous dénonçons et condamnons d’autant plus vigoureusement la politique menée par l’Autre France, sournoise et conquérante, qui veut imposer ses propres intérêts au détriment et au mépris de ceux des Autres.
* Adolphe E. Rakotomanga est président de l’Association Force de l’Education et de la Recherche (HFF/FER), Maître de Conférence
Université d’Antananarivo
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Madagascar aux Malgaches ! Redonner la parole au peuple !
Rabemaharo Jacques
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/64386
(Les négociations de) Prétoria confirment l’incapacité des dirigeants malgaches passés et présents à trouver une solution de sortie de crise. Tous les pronostics d’échec se réalisent et toutes les thèses de rejet ou de mise en garde, tel le « TSZ3R » (Tout sauf Zafy, Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina), abstraction faite des autres thèses (Françafrique) sont vérifiées… Dois-je féliciter les pronostiqueurs et les émetteurs de thèses ? Je m’abstiens. Car pour le moment c’est indécent ! Par contre s’ils peuvent nous pronostiquer quelque chose de positif et d’autres thèses de sortie de crise, j’appellerai à l’ovation.
Et qu’est-ce qu’on attend maintenant pour crier haut et fort : « Madagascar aux Malgaches ! » ? La plupart de ceux qui ont participé aux négociations au côté du GIC, de l’OUA, de la SADC et d’autres initiatives comme celles de Pretoria… sont des Malgaches. Ces Malgaches-là ont échoué ; mais il resterait encore quelques 20 millions de Malgaches qui sont restés loin des projecteurs internationaux, des manifestations tananariviennes et de quelques autres agitations « autorisées »…
Ce sont ces 20 millions qui subiront au quotidien les conséquences des échecs et des sanctions internationales ; ils sont restés dans le silence ou maintenus sous silence depuis un peu plus d’un an par des dirigeants incapables qui leur ont promis monts et merveilles, tout en mettant à sac le pays et, pour finir, le mettre à genoux économiquement. Et encore il faut leur dire hâtivement ou naïvement « Merci Monsieur le président ! ».
Il est plus que temps de redonner la parole au peuple. Chaque malgache en ce moment doit répondre : «Me voici ! Ecce ! Me voici ! Inty Aho ! ‘Zaho ‘Zay ! ».
Toutes les critiques doivent être rangées, car l’heure est trop grave et le pays paiera cher chaque minute qui passe (non plus heure, jour, semaine ou mois et pas un an de plus encore pour les « moramora ») : « L’art est difficile, la critique facile ».
Laissez entrer en lice les nouveaux bâtisseurs d’un Madagascar nouveau. Les quatre chefs de mouvances ont fait leur temps ; ils sont arrivés au sommet (Pretoria) de leurs incompétences ; on ne peut plus rien attendre de nouveau de leur part : zéro plus zéro fera toujours zéro ; quatre zéros ajoutés entre eux feront un zéro pointé ; comme le mariage de deux misères ne feront jamais une prospérité. Le seul jeu auquel nous sommes en droit de jouer maintenant est un jeu à « somme non nulle ».
Enfin, cela fait un an que le pays est sans Constitution. Pour ma part, je dis : « Me voici ! » ; je peux aider à donner une nouvelle Constitution au pays, en tant que pionnier et fondateur de la Faculté de Droit de Fianarantsoa (1985 , alors jeune Docteur en Droit de la Faculté de Toulouse), où j’étais professeur de Droit Constitutionnel, au côté de certains juristes, actuellement hauts conseillers de la Haute Autorité de Transition (HAT). Doter un pays d’une Constitution n’est pas « l’amer » à boire (Tsy misy mangidy tsy andramana) ; et je ne peux pas être pire que mes « collègues et non moins amis », selon l’adage universitaire.
Il est du devoir de chaque Malgache d’apporter maintenant sa part de brique en disant aussi : « Me voici ! », et en taisant toute ambition personnelle ; c’est à mon humble avis, la voie du pardon, de la réconciliation, de la reconstruction nationale et du Fihavanana qui doit passer avant tout entre proches voisins de chaque village (Mpifanolo-bodirindrina), sans un détour forcé par Prétoria, Maputo, Addis-Abeba… « Aza Mitavandra Na Miandry Raha Ho Latsaka» (n’attendez pas que tout tombe du ciel ; chacun doit balayer devant sa porte…).
* Professeur Rabemaharo Jacques est docteur en Droit, professeur d’Economie et de Gestion (Toulouse)
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L’Afrique, une préoccupation secondaire dans les élections en Grande-Bretagne
Alex Free
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/64387
Le 6 mai 2010, le Royaume Uni a vécu le summum d’une fièvre électorale, avec des millions de personnes partis voter dans le cadre des élections locales et générales. Ces élections vont aboutir à une redistribution significative des cartes dans les sphères politiques locale, régionale et nationale. Que ce soit lors de débats télévisés entre les chefs de parti ou la couverture par la presse dominante, il y a eu peu de discussions sur la façon dont le résultat des élections affecteront l’Afrique et le Sud en général.
La Grande Bretagne, c’est bien connu, a historiquement joué un immense rôle en Afrique étant une puissance coloniale dominante, une puissance dont la présence sur le continent a reposé sur la construction d’une infrastructure économique à ses fins propres et pour l’exploitation et la soumission des peuples et des ressources. Alors que la Grande Bretagne doit faire face à un déficit budgétaire de plus de 160 milliards de livres et à une énorme dette nationale, les chefs de partis qui se sont engagés dans la campagne pour les élections du 6 mai se sont concentrés sur les moyens de rendre au pays sa grandeur. Ce qui signifie que le gouvernement du Royaume Uni travaille d’abord pour ses propres intérêts.
Bien que depuis la période de la décolonisation, le Royaume Uni a vu son rôle s’amenuiser, de force impériale globale à celui moindre de pays riche, sa position géopolitique dans le monde économique, ses intérêts commerciaux et ses relations actuelles avec l’Afrique continuent d’avoir des implications significatives pour le continent et sa population. Malgré son rôle amoindri, le Royaume Uni joue sur la scène internationale un rôle important en tant que membre de l’Union européenne (UE), de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) et du G8. Ses interactions avec des institutions comme les Nations Unies, la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International (FMI), et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ont d’importantes conséquences pour beaucoup de monde, tout comme ses politiques dans le domaine du commerce, de l’aide, du changement climatique, des conflits et du terrorisme.
En fait, à une époque où le Royaume Uni est toujours aux prises avec une sévère récession, le développement international - qui est le chapitre dans lequel les questions relatives à l’Afrique sont souvent discutées - n’a pas vraiment figuré dans la couverture médiatique électorale du pays (même si chacun des partis s’est engagé à ne pas couper dans l’aide internationale). La discussion sur les affaires internationales s’est limitée à l’implication de la Grande Bretagne en Afghanistan et le rôle du pays dans la guerre en Irak. Et ce, dans le cadre du discours sur la sécurité et la défense contre le terrorisme.
Lorsqu’il a été question de question nationale à caractère international, l’immigration a été un sujet chaud. Toutefois, et curieusement, ceci a été fait en évitant de discuter ouvertement la question de façon approfondie avec les électeurs britanniques et sans saisir l’occasion de reconnaître la contribution sociale, économique et culturelle des immigrants qualifiés ou non qualifiés. L’accent mis actuellement par les Travaillistes sur un système à points qui sert à n’accepter que les immigrants qualifiés, est un exemple éhonté d’encouragement de la fuite des cerveaux encouragée par l’Etat qui pille les ressources humaines des pays les plus pauvres, une démarche qui n’est reconnue ni par le Royaume Uni ni par l’Occident comme servant à perpétuer les conditions économiques qui encouragent les gens à émigrer en quête d’opportunité.
Bien que la Grande Bretagne ne soit plus la puissance qu’elle a été, et en dépit du fait que l’Afrique n’est plus ‘’ son préau’’, le Commonwealth représente la mémoire institutionnelle de son ancienne influence coloniale. Bien que le Commonwealth ne cherche pas ouvertement à exercer une influence postcoloniale à l’instar de l’autre ancienne puissance coloniale, la France, par le canal de Françafrique, une bonne part de l’interaction de la Grande Bretagne avec l’Afrique a été, au mieux paternaliste (au travers d’interventions charitables malencontreuses et de projets de développement douteux), au pire ( par des compagnies pétrolières dévastatrices de l’environnement, de dettes odieuses et de fuites des capitaux) un soutien à des structures qu’il n’est pas déraisonnable de qualifier de ‘’néocoloniales’’. Quelque 50 ans après l’indépendance de nombreux pays africains anglophones, il semble judicieux d’examiner comment les forces politiques du Royaume Uni contemporain affectent les relations qu’il continue d’entretenir avec le continent africain.
Les manifestes des partis politiques
Les Travaillistes
Les Travaillistes sont au pouvoir depuis 1997 au Royaume Uni, depuis qu’ils ont gagné les élections sous Tony Blair. Ils sont actuellement dirigés par le Premier ministre Gordon Brown. Malgré leur rôle historique de parti des ouvriers et son enracinement dans ce que beaucoup associeraient avec des changements socioéconomiques progressistes, les ‘’Nouveaux Travaillistes’ (New labour) sont communément perçus comme ayant amorcé un virage à droite significatif depuis qu’ils sont au pouvoir. Malgré la récession globale, qui a largement discrédité le libre échange déréglementé de l’hyper capitalisme, plutôt que de rendre à la gauche sa légitimité, les Travaillistes en ont surpris plus d’un en allant docilement à la rescousse des banques du Royaume Uni et en soutenant un système qui va à l’encontre des intérêts des gens ordinaires. Par rapport à l’Afrique, les travaillistes ont été à l’avant des efforts concentrés sur ‘’ le développement international’’ et la pauvreté, sur la scène globale, bien que souvent dépourvu de réflexions, dans une approche paternaliste ‘’d’aider l’Afrique’’ avec peu d’implication des gouvernements africains et des dirigeants de la société civile.
Bien que les détails soient minces, le manifeste des travaillistes de 2010 commente un certain nombre de domaines en relation avec l’Afrique. Il souligne la nécessité de réformer le budget de l’UE, en particulier concernant des ’’changements de la politique agricole commune en passe de mettre un terme aux subsides à l’exportation’’. Ils soulignent aussi la nécessité de réformer les organisations humanitaires des Nations Unies et de soutenir le Tribunal Pénal International (TPI) en déferrant devant la justice les dirigeants impliqués dans des violations de Droits de l’Homme (y compris probablement Omar Al Bashir du Soudan, mais en excluant Tony Blair et l’ancien président américain Georges W. Bush).
Le manifeste souligne aussi l’aspect central des Droits de l’Homme et de la démocratie dans sa politique étrangère. Il met l’accent sur la responsabilité des démocraties ‘’mûres’’ dans le soutien au développement de sociétés libres de par le monde, sans toutefois expliciter les implications pratiques de ce soutien, offert afin que les gens soient libres de s’organiser, de défendre et de se représenter eux-mêmes sans crainte de représailles. De même, il reste à voir, si les Travaillistes vont continuer à soutenir les Etats Unis de manière aussi inconditionnelle dans la ‘’guerre global contre la terreur’’, comme ils l’ont fait dans le cas de l’Irak, une guerre qui en Afrique risque de voir une escalade de l’AFRICOM, initiative méricaine de militarisation et de soutien aux Etats qui répriment les éléments ‘’dissidents’’.
En matière de commerce, les Travaillistes annoncent grandement qu’ils favorisent le commerce équitable (‘’pas de libéralisation forcée pour les pays pauvres’’) et privilégient l’accès au marché du Royaume Uni, sans quota et sans taxe d’importation, pour les produits provenant de ces pays. Ce sont là des idées positives, mais il est peu vraisemblable que l’opposition à la libéralisation des pays pauvres soit autre chose que des doutes émis dans le cadre des institutions financières internationales. Sur le plan de l’aide, les engagements financiers des Travaillistes se montent à 8,5 milliards de livres sur 8 ans et doit contribuer à améliorer l’accès des enfants à l’école, 6 milliards pour la santé entre 2008 et 2015, 1 milliard par le biais du Global Fund afin de soutenir la lutte contre le Vih/sida, la tuberculose et la malaria, 1 milliard pour l’eau et l’assainissement jusqu’en 2013 et 1 milliard pour la sécurité alimentaire et l’agriculture.
Reconnaissant un monde changeant, les Travaillistes veulent assurer un changement global en étendant le G8, même s’il est peu clair de savoir si cela signifie introduire davantage de pays ou s’il s’agit de donner plus de pouvoir aux membres existants du club. Ils souhaitent aussi un mandat plus clair pour la Banque Mondiale qui devrait se concentrer sur les pays les plus pauvres, aux plus faibles émissions de carbone et pour que le FMI se concentre sur la stabilité financière. On penserait toutefois que la plupart des forces progressistes en Afrique préfèreraient tenir ces institutions à l’écart, lorsqu’il s’agit de faire face à ces défis.
Les Travaillistes proposent aussi une réforme radicale des Nations Unies et l’accession de nouveaux membres permanents au Conseil de Sécurité, sans toutefois suggérer qui pourrait être invité encore moins remettre en cause la légitimité de ce groupe élitaire en premier lieu. Ils soulignent aussi la nécessité de réformer l’OTAN en sa qualité de force de sécurité et font mention de l’importance qu’il y a à renforcer la capacité des organisations de sécurité régionales y compris l’Union africaine - bien qu’ils ne précisent pas si c’est dans une position subordonnée ou dans un rôle autonome - en même temps qu’ils soulignent le rôle que le Commonwealth continue de jouer comme élément de compréhension et de confiance pour environs un quart de la population mondiale.
Les Conservateurs
Le Parti Conservateur, l’autre grande force politique traditionnelle de la politique britannique, est un parti de droite en faveur de faible taux d’imposition, du peu d’Etat et de solutions provenant du secteur privé. Actuellement dirigé par David Cameron, le parti des Conservateurs est déterminé à rendre à la Grande Bretagne sa grandeur d’antan, le manifeste des Conservateurs est construit autour des affaires internationales avec une section intitulée ‘’promotion de nos intérêts nationaux’’ et décrit le siège permanent du Royaume Uni au Conseil de Sécurité des Nations Unies comme un ’’atout’’.
Le manifeste reconnaît l’émergence de la Chine et de l’Inde avec qui des alliances doivent être contractées et se propose de se faire le champion du Japon, de l’Inde, de l’Allemagne, du Brésil et de représentations africaines comme membres permanents au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ils concourent avec les Travaillistes pour identifier le Commonwealth comme le centre de la promotion des valeurs démocratiques, néanmoins avec une pointe d’impérialisme revivifié lorsqu’ils soulignent son rôle dans le ‘’développement’’.
Chose intéressante, le manifeste des Conservateurs fait mention d’une ’’zone de libre échange panafricaine’’ laquelle – quels que soient vos sentiments en ce qui concerne la validité de l’orthodoxie du libre échange- a une résonance progressiste en ce qui concerne les pays africains qui pourraient faire du commerce entre eux plus facilement. Pour ce qui est des sommes allouées à l’aide internationale, le manifeste des Conservateurs est plutôt discret et fait seulement mention d’‘’au moins £500 millions par an pour lutter contre la malaria’’
Mais c’est dans les généralités concernant l’aide que le manifeste des Conservateurs donne les meilleures indications quant à leur attitude à l’égard des pays pauvres. Tout en promettant l’indépendance du Département pour le Développement international (DfID) et une aide non liée à des considérations commerciales, le manifeste révèle des nuances de paternalisme et de néocolonialisme dans sa vision des relations de la Grande Bretagne avec le monde en développement.
Faisant la part du besoin de rendre des comptes et dans un souci de transparence dans le domaine de l’aide, le parti promet de créer un nouveau fond ‘’My Aid Fund’’ qui permettrait aux contribuables britanniques de déterminer comment l’argent de l’aide sera dépensé. La raison pour laquelle les Britanniques devraient avoir davantage de contrôle sur la façon dont l’argent est dépensé dans d’autres pays n’est pas claire, à moins que ce ne soit le souci de voir certains bénéficiaires de l’aide complètement exclus.
Les Conservateurs ont promis que les pays en voie de développement auront davantage voix au chapitre. De même, ils soulignent : ’’ Notre marché avec les contribuables est le suivant : en échange de l’argent gagné à la sueur de votre front et avec lequel vous contribuez à l’aide aux pays les plus pauvres du monde, il est de notre devoir de dépenser chaque sou effectivement’’. Est-il besoin de souligner que ceci est une représentation de l’aide provenant des riches qui donnent généreusement, avec la responsabilité de la gestion qui incombe exclusivement au donateur plutôt qu’aux pays bénéficiaires où l’aide peut entraîné un tel dysfonctionnement ?
Ces politiques forment la base du plan du ‘’One World Conservatism’’, l’idéal harmonieux globalement unifié, d’un bénéfice mutuel qui est quelque peu dévalorisé par des affirmations comme’’ nous ferons ainsi parce que c’est notre intérêt national’’. Les Conservateurs identifient le commerce, la croissance économique comme étant les seuls moyens durables qui permettent aux pays de sortir de la pauvreté et promettent de faire tous les efforts en faveur d’un commerce global propice au développement. Les détails de ce programme ne sont pas connus, mais il semble peu vraisemblable qu’un pays qui opère dans’’ l’intérêt national’’ donnerait la priorité à ce que les pays africains estimeraient être le mieux pour eux en ce qui concerne le commerce global. Lorsqu’on aborde le changement climatique dans le monde, les Conservateurs promettent seulement ‘’d’explorer les moyens d’aider les pays en voie de développement les plus pauvres à participer aux négociations sur le changement climatique’’. Ce qui, en réalité, semble un engagement à simplement perpétuer la marginalisation de ceux qui sont le plus affectés et qui portent le moins de responsabilité dans la crise globale.
Les Libéraux Démocrates
Les Libéraux Démocrates (LibDems) représentent la troisième force politique britannique et sont un parti aux nombreux adhérents répartis dans tout le pays. Ils n’ont encore jamais réussi à arracher les rênes du pouvoir, que ce soit aux Travaillistes ou aux Conservateurs. N’exerçant aucun pouvoir au plan national, les LibDems ont toujours échappé aux turpitudes qui accompagnent l’exercice du pouvoir. Ce qui les laisse purs et sans taches, mais laisse aussi l’électeur dans le doute quant à leurs capacités de gouverner. L’avènement du débat télévisé durant la campagne électorale a permis au chef du parti, Nick Clegg, de profiter de cette nouvelle vitrine nationale et a tenté de présenter les LibDems comme une force politique libre des vieux encombrements des deux partis traditionnellement les plus forts. Les LibDems sont communément considérés comme étant pro-européens, en faveur de gouvernements locaux, un parti centriste susceptible d’obtenir un nombre beaucoup plus élevé de votes que par le passé, profitant de la perte de popularité des Travaillistes et de la méfiance à l’égard des Conservateurs.
Du point de vue des relations internationales, les LibDems sont très critiques à l’égard de l’implication du Royaume Uni dans la guerre en Irak et de son rôle dans la campagne menée par les Américains dans la ‘’guerre contre le terrorisme global’’, en particulier la façon dont sont traitées les personnes suspectées de terrorisme, et n’apprécient pas outre mesure la relation servile avec les Etats-Unis. Suite à cette prise de position, le parti a été accusé d’antiaméricanisme. En réalité c’est le seul des trois partis qui a été prêt à critiquer les Etats-Unis pour les violations des Droits de l’Homme systématiques, non sans faire preuve d’une curieuse myopie lorsqu’il se réfère au passé irréprochable et glorieux de la Grande Bretagne. (Les Britanniques étaient fiers de ce que notre pays représentait)
Comme les Travaillistes, le parti souligne la nécessité de remettre les Millenium Development Goals (MDG) à l’ordre du jour et reconnaît que le changement climatique est ’’le plus grand défi auquel cette génération doit faire face’’. Ceci fait partie du chapitre ‘’Your World’’ (votre monde). Bien que le Manifeste 2010 des LibDem ne fasse pas directement référence à l’Afrique, sa section concernant les affaires internationales est à beaucoup d’égard la plus détaillée de toutes, principalement en raison du fait qu’elle se concentre sur la question du changement climatique.
Le parti propose que l’Union Européenne, unisse ses forces afin que la question de l’environnement fasse partie intrinsèque des objectifs des institutions financières internationales comme la Banque Mondiale et le FMI, dès lors qu’il est question de faire face aux défis environnementaux. Apparemment, le parti reconnaît la responsabilité du monde industrialisé à l’égard des pays en voie de développement en ce qui concerne le changement climatique, soulignant qu’il garantira que l’adaptation et l’atténuation des effets de la crise soient financées par les pays riches.
Il s’engage aussi à réformer la Banque Mondiale et le FMI - sans donner de détails. Il propose également un fond global de protection sociale dont le but est de soutenir le développement d’un système d’assistance sociale viable dans les pays en voie de développement. Malgré l’usage du mot ‘’fair ’’ (juste) tout au long de la campagne, qui semble être le fil conducteur des LibDems, il y a une omission curieuse concernant l’importance de la réforme du commerce globale, une absence qui contribue à l’impression générale que les pays en voie de développement sont considérés comme des objets à qui l’on doit la charité et la protection.
Néanmoins, le manifeste des LibDems est explicite sur son intention de revitaliser l’action internationale, sur le thème de la dette des pays en voie de développement et de soutenir une annulation à 100% des dettes impayables des pays les plus pauvres. Il reconnaît aussi la nécessité de prendre des mesures à l’encontre des ‘’fonds vautours’’. Ces politiques reflètent des intentions largement plus progressistes, et même plus radicales que celles des deux principaux partis. Mais comme il est fort probable que les LibDems ne gagneront pas la majorité requise pour les faire adopter (ou peut être leur sera-t-il épargné d’avoir à les mener à bien), ces politiques resteront marginales. Compte tenu du fait qu’aucun parti n’obtient une majorité parlementaire, les LibDems seront sollicité aussi bien par les Travaillistes que par les Conservateurs afin de former un gouvernement de coalition. En raison d’une plus grande visibilité des LibDems au cours de ces élections, il est possible que ces politiques prennent un certain poids et il sera intéressant de voir ce qui finira dans les tiroirs si le parti entre dans un gouvernement de coalition qui le contraindra à faire des compromis par rapport à son manifeste
L’Afrique et les élections au Royaume Uni : une préoccupation secondaire
Dans le sillage d’une profonde crise économique d’une part et, d’autre part, suite à sa graduelle déchéance en tant que grande puissance suite de la deuxième guerre mondiale, le Royaume Uni a vu décroître considérablement sa capacité d’influer sur les affaires mondiales et d’exercer son influence. Il n’en reste pas moins que le rôle global du Royaume Uni reste considérable. Et quel que soit le parti qui triomphe lors de ces élections, il sera responsable de la poussée idéologique et politique du pays, de son attitude à l’égard du commerce, des relations économiques, des Droits de l’Homme, du terrorisme et de la politique au niveau national, de la question du changement climatique à l’immigration.
Alors que de nombreux électeurs de Grande Bretagne remarquent l’absence de différences politiques claires entre les partis, chaque manifeste - en dépit du manque de détails - suggère une tendance politique différente en relation avec d’autres parties du monde. Soulignant les réalisations des Travaillistes pendant qu’ils étaient au pouvoir, leur manifeste mentionne leur rôle éminent dans l’annulation de la dette pour quelque 28 pays dans le monde. En effet, au-delà de la question de l’aide, c’est celle de la justice économique qui a peut-être la plus grande signification pour l’Afrique. Bien que les initiatives concernant l’annulation de dettes odieuses soient encourageantes, celle-ci ne devrait n’être, en fin de compte, qu’un des aspects pour extraire l’Afrique de sa position injuste de sous-fifre.
Un rapport sur l’intégrité financière ‘’ Illicit financial flows from Africa’’ (Flux financier illicite provenant d’Afrique) révèle, selon des estimations, que le total des flux illégaux hors de l’Afrique se monte à 854 milliards de dollars pour la période de 1970-2008. (Voir[url=http://www.gfip.org/index.php?option=com_content&task=view&id=300&Itemid=75]Global) Ces montants seraient suffisants pour éponger la dette de la région qui se monte à environs 250 milliards de dollars (chiffre de décembre 2008) tout en laissant une réserve de 600milliards. (voir[url=http://www.africafocus.org/docs10/fin1004.php]AfricaFocus[/url).
Mais vu que les Travaillistes et les autres partis sont incapables de maîtriser le secteur bancaire de leur propre pays (ou de contrôler les dépenses des parlementaires), il est peu probable que s’attaquer à la fuite des capitaux et au paradis fiscaux soit une priorité. De même, avec le déclin du rôle global du Royaume Uni, il reste à voir où chacun des partis va tirer la force pour donner suite aux déclarations qui apparaissent dans leur manifeste et qui consistent à introduire des réformes graduelles au niveau de la Banque Mondiale et du FMI et à s’opposer aux dirigeants non élus des institutions financières internationales dont les décisions et le pouvoir ont un tel impact sur la vie des gens dans le monde entier.
Compte tenu de la dette et du déficit national auxquels le Royaume Uni doit faire face, les capacités des Travaillistes de conseiller et d’influer sur d’autres gouvernements, dans la façon de gérer leur économie, semblent plutôt réduites, tout comme sa capacité de convaincre les institutions financières internationales. Les Conservateurs sont apparemment sans vergogne dans leur désir de vouloir contrôler les dépenses des pays recevant de l’aide tout en proposant de promouvoir le libre-échange, en l’absence de toute volonté d’offrir aux gouvernements des pays pauvres une meilleure représentation sur la scène internationale.
Même s’il est vrai que les LibDems proposent les politiques les plus progressistes, des trois principaux partis britanniques, étant le troisième parti, il reste à voir ce qu’il restera de la dynamique requise pour mener à bien ces nouvelles approches. Hormis les engagements des partis à ne pas dénoncer les promesses d’aide, le déficit du Royaume Uni, la crise économique, la diminution des dépenses publiques vont faire que le parti victorieux va se préoccuper d’abord et prioritairement de la ’’guérison’’ nationale et de rendre à la Grande Bretagne sa grandeur d’antan. Une orientation qui ne laissera guère d’espace à une réévaluation réfléchie de la relation du Royaume Uni avec l’Afrique et le Sud en général.
* Alex Free est éditeur assistant de Pambazuka News
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La Guinée devant le Conseil des Droits de l’homme
CECIDE
2010-05-10
http://pambazuka.org/fr/category/features/64391
Le 4 mai, 2010, la Guinée a été soumise pour la première fois à l’examen périodique universel du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies qui a pour objectif d’améliorer la situation des droits de l’homme sur le terrain dans chacun de ses 192 États membres. Cet examen est effectué sur la base des informations soumises par le gouvernement guinéen, la société civile et celle du Secrétariat du Conseil.
Au cours d’un dialogue interactif avec les États membres des Nations Unies, ces derniers ont posé des questions à l’État Guinéen sur un certain nombre de sujets relatifs à la situation préoccupante de droits de l’homme dans le pays et ont formulé des recommandations concrètes en vue de son amélioration dans les plus brefs délais. L’ensemble des échanges et des recommandations ont été résumées dans un rapport intérimaire qui a été adopté à l’unanimité le 6 mai, 2010.
Les questions essentielles traitées ont porté principalement sur:
-L’importance de respecter les termes des accords d’Ouagadougou et l’organisation d’élections libres et transparentes dans le respect du calendrier électoral du 27 juin, 2010;
-Lutter contre l’impunité et la traduction en justice les présumés responsables de crimes graves commis en Guinée, notamment, les violences du 28 Septembre 2009, en 2006 et lors des grèves de 2007;
-La réforme des forces de défense et de sécurité;
-La séparation des pouvoirs et la réforme du système judiciaire;
-L’abolition de la peine de mort;
-La situation carcérale, les conditions en prison, la détention arbitraire et la pratique de torture;
-La nécessité de mise en place d’une institution nationale indépendante des droits de l’homme;
-Le respect et la protection de la liberté d’expression et d’association;
-La situation des femmes, le viol et les violences sexuelles, la violence conjugale, la pratique de mutilations génitales féminines et le manque de participation des femmes dans la prise de décisions;
-La pauvreté extrême dans le pays et les conditions sociales dégradantes;
-Le travail des enfants dans les mines et la traite des femmes et enfants;
-L’importance de la sensibilisation et de l’intégration de l’éducation aux droits de l’homme dans le cursus scolaire;
-La mise à jour des rapports de l’État guinéen aux organes des traités en matière des droits de l’homme des Nations Unies;
-La ratification d’instruments internationaux tels que les protocoles facultatifs relatifs à la Convention contre la torture et au Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels.
Au cours de l’examen, la délégation guinéenne a annoncé l’ouverture d’un Bureau du Haut Commissariat des Droits de l’Homme des Nations Unies en Guinée. Les États Membres ont apprécié cet engagement des autorités Guinéennes à l’amélioration de la situation de droits de l’homme dans le pays. Le Gouvernement a exprimé sa volonté d’accepter l’ensemble des recommandations émises par les États Membres du Conseil, mais a communiqué des réserves relatives à l’abolition de la peine de mort. Il examinera cette recommandation ainsi que les autres avant de s’engager fermement devant le Conseil en septembre 2010 pour leur mise en œuvre effective. Dans cette dynamique, la Guinée a sollicité l’assistance technique et financière de la communauté internationale.
Plusieurs membres de la société civile guinéenne (la Coordination des organisations de défense des droits de l’homme, en sigle CODDH, le CECIDE et la RADDHO) et leurs partenaires internationaux ont participé à la session du 4 mai et ont mené des actions de plaidoyer en Guinée et à Genève pour assurer l’inclusion de leurs préoccupations dans les débats. Elle s’est réjouit du fait que la majorité de ses recommandations ont été intégrées dans le rapport. Toutefois, elle a été déçue par la faible prise en compte des questions liées au manque de transparence dans la gestion des ressources naturelles du pays qui devraient servir à lutter contre la pauvreté extrême en Guinée et à contribuer à la réalisation des droits sociaux et économiques tels que le droit à l’eau, à la santé et à l’éducation.
La société civile compte organiser une séance de restitution à l’attention de l’ensemble des acteurs impliqués dans la restauration de la démocratie et de l’état de droit en Guinée.
* Pour visualiser la session sur l’internet et pour les rapports qui ont servi de base pour l’examen, voir le site:
http://www.un.org/webcast/unhrc/archive.asp?go=100504
* Centre du Commerce International pour le Développement
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Forum social mondial : les éléments d'une nouvelle impulsion
Martí Olivella
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/64384
Le Forum Social Mondial (FSM) est bien vivant, comme l’indiquent les récentes évaluations de ses dix premières années d’existence. Des évaluations qui, dans le même temps, nous imposent d’aller au-delà des résultats qu’il a acquis jusqu’à présent : « Un changement sans contrainte », « Des discussions et des actions » et « Une diversité efficace », rappelle….
Cândido Grzybowski a évoqué «la mise en place de pôles collectifs ayant la capacité d’orchestrer des actions concrètes, capables d’avoir un impact et une influence sur les différentes facettes des structures de pouvoir, actuellement en crise, mais toujours actives et influentes. Le FSM sera encore une fois une source d’inspiration, en dépit du manque de contributions pratiques et efficaces nécessaires pour aborder ces problématiques à forts enjeux, via la poursuite de l’organisation de ces pôles collectifs, ayant l’objectif d’avoir un poids sur la scène politique et d’entrer dans la lutte.
La question la plus délicate est celle de la création de partenariats entre des mouvements de citoyens militants et des organisations dont les idées convergent (…) en termes de programme et d’action politique. Jusqu’ici, les expériences du FSM qui ont été les plus abouties, en ce sens, sont les campagnes thématiques. C'est-à-dire des actions coordonnées d’associations de citoyens actifs qui ont intégrés les structures du pouvoir existant. »
Boaventura de Sousa Santos demande : « Comment peut-on éviter une diminution du « pouvoir à transformer » que le FSM a généré ? Comment allons-nous construire des alliances transcontinentales entre les différents partis et mouvements politiques avec une convergence concrète des objectifs, pour produire de nouvelles hégémonies ? Comment peut-on faire du monde un espace chaque jour moins confortable pour le prédateur qu’est le capitalisme ? Peut-être que le FSM devrait créer son propre FSM. »
Le FSM est bien vivant, même s’il n’est pas encore capable de donner des réponses à la crise mondiale, même s’il y a des divergences internes conduisant à une impasse, entre ceux qui croient que le FSM devrait être un mouvement d’action et ceux qui croient qu’il ne doit être qu’un simple espace de dialogue ; ou ceux qui se demandent si le FSM devrait organiser des évènements mondiaux annuels ou biannuels.
Le FSM est bien vivant, car pour des millions de personnes à travers le monde, il est devenu l’espoir qu’un autre monde est possible. Le FSM continue à générer de nouvelles politiques culturelles participatives qui dépassent les clivages de partis politiques. Dans plusieurs endroits, son travail en est à la première étape, permettant à des mouvements sociaux, des organisations, des intellectuels… (cela a été précédemment extrêmement spécialisé, ciblé) de se rencontrer et de commencer un travail sur des initiatives communes ; preuve en date, plus de 30 déclarations thématiques et sectorielles ont été produites lors du FSM 2009 à Belem, au Brésil, et en 2010 près de 30 forums thématiques et territoriaux seront mis en place à travers le monde.
Le FSM est bien vivant, car, comme un esprit qui traverse le monde, il identifie et mobilise les personnes et les organisations sous une devise, un besoin commun, un désir... qui surpasse les acronymes et les slogans ; car le FSM est devenu un réseau invisible et indestructible de complicités et d’articulations, s’agrandissant constamment et devenant de plus en plus complexe.
Le Forum Social Mondial restera comme un point de référence pour l'espoir, comme une idée de mobilisation et d'articulation ; il restera en vie, que des rencontres internationales soient organisées ou pas. Mais comme espace d'articulation des actions avec la capacité de changer la corrélation des structures de pouvoir dans les domaines majeurs de la mondialisation néolibérale, ou comme lieu propice à la génération d’alternatives au capitalisme, le FSM est trop lent à répondre aux opportunités et aux situations d'urgence qui ont augmenté en raison de la crise mondiale.
Des millions de personnes, des milliers d'organisations, des centaines de réseaux ont la volonté de transformer cette crise en une opportunité de changement profond, une transformation vers d'autres mondes possibles. En attendant, les réunions du Conseil International sont axées sur l'analyse du moment présent. Ceci laisse envisager que courant 2009-2010, le Forum sera un ensemble de forums répartis à travers le monde... Pas un seul signe, pas un indice sur la façon d'articuler ce désir et le besoin de donner des réponses globales à « ce monde impossible et irréalisable ».
Le Forum Social Mondial devrait aller au-delà de l’annonce qu’« un autre monde est possible » basée sur des rencontres périodiques et plus ou moins décentralisées. Le FSM peut et devrait créer des espaces et des procédures qui permettent la libre articulation des réponses sur la façon de « faire d'autres mondes possible », en respectant la Lettre des Principes, mais en admettant que la rencontre de milliers de personnes pendant quelques jours n'est pas l'endroit approprié pour générer ces articulations d’actions mondiales.
Le FSM a été rendu possible par le biais d’Internet, pour ses tâches de base : communication et annonces, consultations thématiques et convergence des activités, inscription des activités et des participants, articulation des initiatives de mouvements, coordination du Conseil International et de ses commissions... Pourquoi ne pas aussi utiliser Internet pour répondre aux nouveaux défis, que quelques jours de rencontre avec un grand nombre de personnes ne peuvent pas permettre ?
La rencontre du Conseil International prévue en Mai 2010 à Mexico peut lancer une Consultation Sociale Mondiale autour du FSM de Dakar, qui est prévu en janvier 2011. Il compterait sur la participation de milliers d’organisations et de réseaux de toute la planète qui, durant les dix dernières années, ont participé à des Forums Sociaux, ont accepté la Lettre de Principes et ont ressenti une résonance à l’appel qu’« un autre monde est possible », pour prendre part à la Consultation Sociale Mondiale à propos de quelles Actions Globales Collectives seraient considérées comme plus adéquates pour l’année 2011, qui sera lancée par le FSM à Dakar.
La procédure d’organisation d’une consultation n’est pas complexe: chaque organisation ou partenariat envoie ses propositions d’Actions Globales. Puis elles seront rassemblées et résumées, suivant les périodes de consultation, afin que chaque organisation puisse exprimer son engagement (par exemple e 3 actions maximum) avant le lancement, à Dakar, des propositions qui ont été les plus soutenues comme Actions Globales Collectives pour 2011. La rencontre à Dakar serait une opportunité de coordonner les actions parmi toutes les organisations désirant les réaliser, et améliorerait à la fois la visibilité du FSM et du message de l’action mondiale de transformation.
Les actions globales de chaque année n’excluent en rien les actions continues et habituelles des organisations selon les priorités et les critères établis. La convergence dans une action ne menace pas leur autonomie et leur diversité : ses intentions à déployer, en un point particulier, une grande énergie à l’échelle planétaire donnent un résultat visible de grande ampleur.
Ainsi, grâce à une démocratisation délibérative et participative du FSM, la plupart des conflits sont maintenant dissipés. La procédure de consultation serait ainsi offerte par le Conseil International, les consensus et l’engagement seraient la contribution de milliers d’organisations ayant ce désir de collaborer. Le FSM est renforcé comme un processus et un évènement. L’articulation est donc facilitée, et pas seulement pour les plus grandes organisations mais aussi pour les mouvements qui en ont les ressources.
La Commission Méthodologique du Conseil International devrait examiner la question de savoir comment réussir certains de ces défis, comme par exemple comment mesurer proportionnellement le poids de l’engagement d’une petite association à l’échelle locale par rapport aux larges réseaux, ou par rapport à une organisation internationale. Mais il peut y avoir plusieurs solutions. Dans tous les cas, l’essentiel n’est pas de se concentrer uniquement sur le processus de la Consultation, en le résumant à des vainqueurs et des vaincus, mais plutôt de voir en cette méthode un vecteur pertinent ayant la capacité de donner une voix à des milliers d’organisations et de personnes, chacune ayant la conviction de contribuer à mettre en place un autre monde possible sur une large échelle.« Penser local, agir global. » Travailler ensemble et donner chaque année de l’impulsion à une action suivie par toutes les personnes intéressées, - comme ce fut le cas avec les 100 millions de personnes contre la guerre en Irak -, n’exclut en rien le fait que chacun d’entre nous puisse continuer ses actions habituelles.
En raison de l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés, la Consultation va également nous obliger à réfléchir sur la nature même des Actions Globales Communes qui, pour être efficaces, auront peut-être à aller au-delà des processus simultanés de sensibilisation et des manifestations de protestation de masse. Il est important de réveiller la capacité de citoyenneté nationale et mondiale pour changer la corrélation du pouvoir : un objectif tangible qui agit sur les responsables de la crise globale actuelle (quelques nations, les grandes entreprises, les individus les plus riches, quelques agences internationales…) ; profiter de notre capacité à ne pas coopérer avec le système - acheter ou boycotter certains produits, investir or s’abstenir d’investir dans certaines banques, de travailler ou non dans certaines entreprises ; désobéir aux lois les plus injustes, voter ou non pour certains partis, arrêter de payer certains impôts… C’est une manière de promouvoir les actions populaires persistantes et de masses, jusqu’à ce que l’objectif concret de l’Action Globale Commune annuelle soit atteint.
* Martí Olivella est directeur de Nova – Centre pour l'Innovation Sociale. Membre du Conseil International du FSM et de la Commission Méthodologique. Directeur du Barcelona Consensus pour des alternatives interculturelles à la mondialisation néolibérale.
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Ce Sénégal qui accueille le FSM 2011
Boubacar Diop «Buuba»
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/64385
Le Sénégal, point de ralliement des mouvements sociaux d’Afrique et du monde en 2011, fait partie des pays qui servent de trait d’union entre le versant septentrional sahélien, désertique et le versant tropical et humide du continent africain. Il constitue la pointe la plus avancée du continent africain vers l’Océan Atlantique. Cette position géostratégique fait que les explorateurs de l’Antiquité, ceux du Moyen Age et ceux des temps modernes n’ont pas manqué d’évoquer cette escale ou ce Finistère africain. Dans la mythographie antique, elle occupe une place dans la Corne du Couchant en Afrique de l’Ouest, à l’opposé de l’Ethiopie, de la Somalie ou de Djibouti qui sont dans la Corne du levant. Il s’y ajoute que l’Ile de Gorée constitue une des mémoires les plus vivantes de la douloureuse expérience de la traite négrière. Le grand historien Abdoulaye Ly a su montrer la place du Sénégal dans le hideux commerce triangulaire esclavagiste au début des temps modernes.
Mondialisation hideuse
Le Sénégal est donc un focus géographique et historique : c’est une Afrique en miniature. Il offre au nord et au centre un paysage sahélien, sémi désertique, une plaine d’une altitude rarement supérieure à 100 m avec toutefois quelques élévations sur la côte ouest (Mamelles de Dakar, 105 m), au Centre (Plateau de Thiès, 128 m), au Sud-Est (Collines de Kédougou, 581 m). Le climat est varié du fait de l’action contrastée des vents saisonniers : la mousson du sud ouest, l’alizé du nord ouest, l’harmattan du nord-est. Les températures sont douces sur la bordure atlantique, élevées à l’intérieur des terres.
Le Sénégal c’est l’Afrique des fleuves, des bras de mer, (Sénégal, Gambie, Casamance, Sine-Saloum). C’est l’Afrique des lacs (Guiers, Lac Rose), c’est l’Afrique des parcs d’animaux sauvages (Parc de Niokolokoba), il abrite une zone d’hibernation des oiseaux venant de l’Europe et de l’Amérique (parc de Djoudj). C’est aussi la côte atlantique rocheuse et découpée (Cap-Vert), sablonneuse (de Saint-Louis à Dakar, de Dakar à la pointe de Sangomar) puis marécageuse (jusqu’au Cap Roxo). Il est véritablement un miroir africain par les souvenirs qu’il déclenche : le pays est évoqué dans les débats sur les voyages antiques d’Hannon le Carthaginois, d’Euthymène de Marseille, de Polybe le gréco-romain. Le site de Saint-Louis du Sénégal, lieu du duel millénaire entre le fleuve et la mer est en repérage depuis très longtemps.
Le fleuve Sénégal dans la mythologie antique est une des apparitions du Nil souterrain, du Niger maghrébin, saharien, sahélien ; le Tekruur, le Jolof ont fait partie des grands empires médiévaux (Ghana, Mali). Il a participé à l’expansion almoravide, arabo-musulmane en Espagne. Nous sommes dans une zone de convoitise, voire d’affrontements intenses entre les colons européens (Portugais, Hollandais, Anglais, Français) du XVe au XIXe siècle de notre ère. Gorée est miroir de l’humain. Une partie du pays a fait partie du Gaabu (une tentative de renaissance du Ghana et du Mali anciens).
Le Sénégal c’est aussi l’expérience de royaumes dissidents : Tekruur, Jolof, Siin, Saalum, Kajoor, Bawol. C’est l’affirmation, la coexistence, l’affrontement parfois entre formations sociales iréniques pacifiques et agonistiques, guerrières, des sociétés acéphales horizontales (Casamance) et de républiques précoces (le pays lébu), d’anachorètes musulmans (phénomène njaambur – njaambur), d’enclaves ou d’oasis musulmanes, chrétiennes ou syncrétiques. Le pays est cité en exemple comme foyer de dialogue islamo-chrétien..
Aujourd’hui, il partage le même héritage historique avec les pays limitrophes (Mauritanie, Mali, Guiné-Bissau, Guinée Conakry) et avec l’enclave gambienne : certaines langues sénégalaises sont parlées sur une très grande partie de l’Ouest africain (pulaar, mandika, soninké), d’autres sont partagées avec les voisins (wolof, sereer, créole portugais, hasanya-arabe). Le Sénégal c’est l’Afrique poreuse à tous les souffles (ainsi s’exprimait le poète Léopold Sédar Sanghor) et jalouse de son identité et de son panafricanisme. Albouri NDIAYE, roi du Jolof à terminé son combat contre le colonialisme français au Niger.
Le Sénégal, c’est une Afrique qui a tenté l’assimilation (Blaise Diagne fut le premier député négro africain à l’Assemblé Nationale française), c’est une Afrique qui a participé aux grands rassemblements émancipateurs du début du siècle dernier (Lamine Senghor fut présent à la Conférence anti-impérialiste de Bruxelles de 1927 à côté du Vietnamien Hocchi Min et a été un farouche adversaire de Blaise Diagne, son compatriote).
Le Sénégal fut au cœur de la lutte émancipatrice des cheminots du Dakar-Niger en 1947. C’est un pays qui a fait l’expérience d’alternance démocratique pendant la période coloniale et postcoloniale. Une des spécificités sénégalaises c’est donc l’intensité des controverses, c’est la précocité et la multifonctionnalité de ses productions artistiques attestées par des fouilles archéologiques (amas coquilliers, mégalithes). Ce sont aussi ses productions littéraires en français, en arabe et en langues nationales sénégalaises avec des caractères arabes ou latins, c’est aussi sa production théâtrale, cinématographique et musicale. Les peintres Papa Ibra Tall, Kalidou Kassé, Jacob Yacouba, Viye Diba, les sculpteurs Ousmane Sow, Ababacar Sedikh Traoré, Vieux Dimé, l’architecte Pierre Goudiaby Atepa, sont des références. Le pays a été initiateur du premier Festival Mondial des Arts Nègres (1966) et a œuvré pour d’autres éditions.
Cheikh Moussa Camara, Cheikh Ahmadou Bamba, Elhadj Malick Sy etc. ont apporté une grande contribution à la production en langue arabe ; concernant la production en français et dans certains cas en langues nationales, Cheikh Anta Diop (théoricien de l’Egypte nègre et du fédéralisme africain), Léopold Sédar Senghor (chantre de la négritude et de la francophonie), Birago Diop (conteur), Ousmane Socé Diop (romancier), Cheikh Alioune Ndao (dramaturge, romancier), Cheikh Hamidou Kane (romancier), Boubacar Boris Diop (romancier, dramaturge), Mariama Ba (romancière), Aminata Sow Fall (romancière), etc., sont des références. C’est le pays des femmes de Nder, exemplaires dans la lutte anti esclavagiste, c’est les pays d’Alin Sitooy Jaata, la reine charismatique exemplaire dans la sérénité contre le colonialisme.
Sur le plan cinématographique, c’est le pays de Sembène Ousmane et de Djibril Diop Mambéty deux figures, deux styles, deux générations de cinéastes africains. Le même contraste est apprécié concernant la production musicale qui offre des styles contrastés : Youssou Ndour, Baaba Maal, Ismaïla Lo, Wasis Diop, Coumba Gawlo Seck, le Xalam II, Doudou Ndiaye Rose, Didier Awadi etc.
Des musées, bibliothèques, instituts d’universités, une presse dynamique, des revues spécialisées classent, conservent et vivifient ce riche patrimoine. Cet Art, cette culture sont dans les marchés, les rues, les stades. Ils se déploient lors des compétitions sportives, et festivités traditionnelles).
La renaissance africaine
Le Sénégal est un pays qui se construit, qui se cherche. Sera-t-il la Grèce Noire dont rêvait le poète Senghor, la Suisse ou le Taïwan dont rêvent certains émules des dragons asiatiques, le Cuba africain ou le Sénégal que ses habitants veulent ?
Le pays est dirigé actuellement par Maître Abdoulaye Wade, un des initiateurs du Nouveau Partenariat Pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Son avenir dépendra-t-il de l’investissement intellectuel, artistique, du label démocratique, de l’articulation Art-culture et économie ? L’avenir le dira. Il a quelque chose à offrir au monde, à l’Afrique, il a beaucoup à apprendre de l’Afrique et du monde.
Les mouvements sociaux sénégalais sont mobilisés dans la lutte pour un nouvel ordre mondial sur le plan politique, économique et culturel, contre la corruption, pour l’autosuffisance alimentaire l’émancipation des mouvements de travailleurs, de femmes, de jeunes, de migrants. Ils vont tirer profit de l’expérience des éditions du Forum Social Mondial, Ouest africain, Sénégalais depuis 2001. Ils sont à l’écoute des mouvements sociaux d’Afrique et du monde et sont solidaires pour lutter contre les discriminations, les préjugés, les occupations de terre, les guerres. Dakar doit être le ralliement de ceux et celles qui veulent célébrer les funérailles d’un monde de brutalités et d’injustice et de ceux qui veulent astiquer le berceau de l’humanité, la terre mère Afrique.
* Boubacar Diop «Buuba», Professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est membre du Conseil du Forum Social Africain, des Forums Sociaux ouest africain et sénégalais, ainsi que du Comité de pilotage du FSM 2011
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Le Niger, entre centralité et marginalité
Amady Aly Dieng
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/features/64390
Conscient de l’exiguïté de son marché extérieur, de la faiblesse de ses ressources et de son niveau de développement, le Niger a, depuis les premières heures de l’indépendance, affirmé, avec constance, la nécessité de s’engager dans la voie de l’intégration régionale. L’objectif visé est de permettre le renforcement et l’accélération de son développement économique et social.
Cette attention portée par le Niger à la question régionale est encore rendue plus nécessaire par sa position géographique au carrefour entre, d’une part, l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud du Sahara et, d’autre part, l’Afrique de l’Ouest et celle du Centre.
Le Niger dispose de beaucoup de potentialités, notamment agro-pastorales et minières, dont l’exploitation dans un cadre sous-régional représente un véritable atout. Les secteurs les plus importants de l’économie restent l’agriculture et l’élevage. Ils représentent 44 % du total des exportations du pays en 2004 et participent au Pib respectivement à 27 % et 10 %, selon les statistiques officielles. Mais il faudrait prendre en compte d’autres secteurs telles les mines, l’artisanat et le tourisme. L’intégration économique peut être ainsi un axe de développement du Niger pour peu que les secteurs intégrateurs constituant les piliers de l’économie soient identifiés et exploités en conséquence.
Ce livre sur le Niger est édité par Waziri Mato Maman, maître-assistant de Géographie à l’université Abdou Moumouni de Niamey (1). Il est organisé en 10 chapitres qui cherchent à faire ressortir les particularités du Niger par rapport à son intégration en Afrique de l’Ouest.
Le premier chapitre, intitulé « Position géographique du Niger et intégration régionale en Afrique de l’Ouest », montre que le Niger est occupé dans sa grande majorité par le Sahara, qui constitue une contrainte physique évidente. Les auteurs montrent que la position géographique du Niger, pays continental sahélien et désertique aux deux tiers, joue ou peut jouer un rôle, d’une part dans le processus d’intégration en Afrique de l’Ouest, d’autre part dans l’intégration de deux parties du continent et dans l’ouverture au reste du monde (Cf. Waziri Mato Maman, géographe)
Le deuxième chapitre, « L’intégration régionale : un processus millénaire au Sahel dans le cadre de l’espace de circulation », montre que le concept d’«intégration régionale» n’est pas une nouveauté en Afrique de l’Ouest. La période coloniale opère une sorte de rupture dans ce processus en cassant le schéma de l’espace de circulation (notamment au Niger par la fermeture de l’espace au Nord et à l’Est) et en opérant une fixation de l’espace de production. Au Niger, les deux conceptions de l’espace semblent portées par les deux figures emblématiques de la société : les fonctionnaires et les commerçants. (Malam Moussa Ahmad Tijani, géographe)
Le troisième chapitre, « La problématique des compétences de l’Etat entre intégration régionale et décentralisation territorial : le cas du Niger », présente les fondements théoriques de la remise en cause des compétences de l’Etat moderne. (Cf. Malam Kandine Adam, juriste)
Le quatrième chapitre, intitulé « Diversité culturelle comme fondement de paix et d’intégration régionale en Afrique », plaide en faveur de la diversité culturelle qui assure la valorisation de la différence. Ainsi, parce que chaque peuple accepte et assimile les valeurs exogènes, l’Afrique vivait en réalité dans une diversité culturelle qui favorise aujourd’hui le processus d’intégration dans lequel sa partie occidentale s’est engagée depuis plus de trente ans. (Cf. Daouda Diallo Boubacar, littéraire maître-assistant à l’université de Niamey).
Le cinquième chapitre, « Le secteur privé nigérien face au défi de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest », présente les différentes contraintes auxquelles est confronté le secteur industriel au Niger, avant de s’arrêter au schéma et aux caractéristiques de l’Uemoa, de la Cedeao et des Ape en dégageant leur impact sur ce secteur. (Cf. Chaîbou Laouati, juriste).
Le sixième chapitre, « Insécurité alimentaire au Niger : rôle des politiques sous-régionales et régionales », dresse un état des lieux des opportunités, des forces, des faiblesses et des insuffisances existant depuis la dernière crise alimentaire de 2004-2005 prouve, si besoin est, que l’insécurité alimentaire est devenue, en dépit des interventions publiques, un phénomène structurel caractérisant les systèmes de production contemporaine en Afrique sahélienne. (Cf. Motcho Kokou Henri, géographe).
Le septième chapitre, « Migrations internationales et intégration en Afrique de l’Ouest », a d’abord signalé l‘intensification, ces dernières décennies, des migrations internationales dans les pays d’Afrique de l’Ouest soumis à d’importantes transformations démographiques, socio-économiques, politiques et culturelles. Il présente ensuite les relations entre les migrations internationales et l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les migrations internationales en Afrique de l’Ouest, qui sont essentiellement intra-régionales, jouent un rôle intégrateur en ce sens qu’avec elles s’opère une dynamique d’intégration par le bas, qui se construit indépendamment des Etats et des politiques inter-étatiques d’intégration régionale (Cf Alpha Gado Boureima, historien et socio-économiste, Mounkaila Harouna, géographe).
Le huitième chapitre, « Dynamisme urbaine et intégration régionale en Afrique de l’Ouest », montre que l’urbanisation est l’un des phénomènes démographiques majeurs actuels en Afrique occidentale. Cette concentration démographique stimule l’agriculture et les échanges. L’analyse montre qu’au cours des années à venir, l’importance des villes ouest-africaines va s’accentuer et se traduire par une augmentation de la demande urbaine qui va, à son tour, exacerber les échanges intra-régionaux et donner naissance à un marché régional. Le Niger, de par sa position géographique et sa forte croissance urbaine, jouera un grand rôle dans le marché. (Cf. Moukoula Harouna, géographe)
Le neuvième chapitre, « Une institution particulière d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest : le cas de la commission mixte nigéro-nigériane de coopération, se présente comme un exemple d’intégration bilatérale. La commission mixte a contribué à faire de la frontière nigéro-nigériane la plus paisible de toutes les frontières des deux pays. Pour cela, la commission mixte peut constituer un cadre de consultation et de concertation entre les deux pays pour faire avancer la politique d’intégration sous régionale au niveau de la Cedeao. L’intégration africaine en général et sous-régional en particulier est fondamentalement politique. Par conséquent dans le contexte démocratique actuel, tous les auteurs doivent être impliqués à tous les stades du processus. (Cf. Sandi Yacoubo, économiste et diplomate)
Dixième chapitre, « Standardization of regional African language and its importance on regional intégration in West Africa : the case of Hausa in Niger and Nigeria », examine deux tentatives d’harmonisation de la langue hausa qui, depuis les années 30 au moins, à une variété standard basée sur le dialecte de Kano au Nigeria. La première tentative est le décret de 1981 fixant l’orthographe du hausa au Niger. Le document bien qu’étant un bon exemple de coopération internationale n’a cependant pas abordé d’autres problèmes fondamentaux de l’orthographe du hausa.
La deuxième tentative est présentée dans le livre d’Ahmed et Daura, de 1970, qui essaie de caractériser ce qui est le hausa standard. L’analyse montre que le livre n’a pas les bases empiriques nécessaires pour atteindre les objectifs. Elle procède à un réexamen de ces questions et indique des voies nouvelles pour aborder les problèmes de l’orthographe du hausa et la relation entre la variété standard et les autres dialectes (cf Abdou Myinguini Mahamane, linguiste, L. Abdoulaye, linguiste).
Les débats ont fait l’objet d’une synthèse. Pour le professeur Boubacar Barry, la continentalité du Niger n’est pas un handicap. Le problème posé, c’est celui de savoir si le Niger doit être considéré comme une centralité ou une marginalité. Qu’elle frontière faut-il privilégier ? Du côté de la mer, du Maghreb ? Nassare Issaka s’est demandé s’il fallait parler de continentalité ou d’isolement. L’isolement est évoqué généralement par rapport à l’Europe. Mais pour lui, la position du pays doit être perçue par rapport à l’Afrique.
Pour le professeur John Igue, la problématique doit être perçue en termes de discontinuité de l’espace et non pas portée sur la continentalité. Une étude a déjà montré que le Niger risque à long terme de s’éclater en quatre pôles (pôle Niger pôle Tchad, celui du Maghreb et celui du Burkina Faso). Ce risque est fondé sur les aléas climatiques. Niamey, la capitale du pays, est excentré par rapport au reste du pays. De ce fait, le Niger a tout à gagner à créer les conditions d’une intégration avec le Nigeria. Il est temps, aussi, d’aborder le problème du déplacement des capitales en Afrique de l’Ouest.
Ce livre contient des réflexions fort intéressantes. Mais beaucoup d’études ont été menées par des géographes qui ne sont pas ouverts aux autres disciplines.
Notes
1) Les Etats nations face à l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest : ke cas du Niger
* Amady Aly Dieng, docteur ès sciences économiques et ancien fonctionnaire international à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, est actuellement enseignant à l'Université Cheikh Anta Diop. Il a été parmi les dirigeants de l'Association des étudiants de Dakar (AGSD) créée en 1950 et devenue en 1956 l'Union générale des étudiants d'Afrique occidentale (UGEAO). Il a été aussi président de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France pendant deux ans en 1961 et 1962.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Courrier
Djibouti : L’opposition se mobilise contre la présidence à vie
Fatouma Abdi
2010-05-09
http://pambazuka.org/fr/category/letters/64388
Le lundi 19 mars 2010, les membres de l'Assemblée nationale réunis en séance plénière ont approuvé la révision de la constitution djiboutienne qui autorise le Président Guelleh à briguer un troisième mandat présidentiel. Le processus de révision est passé par deux phases, contrairement aux lois ordinaires.
Le président de l’Assemblée nationale, Idriss Arnaoud Ali, a expliqué que «la première phase est l’adoption en première lecture du projet ou de la proposition à l’Assemblée nationale par la majorité des députés. La seconde phase est la ratification du texte adopté en première lecture. Or, cette ratification relève des prérogatives du président de la République qui peut, en vertu de l’article 87 alinéa 4 de la Constitution, choisir entre la soumission de cette loi au peuple souverain par référendum ou le cas échéant à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture ».
Selon la secrétaire rapporteur de la Commission de Lois, les amendements proposés avaient pour objectif principal de réaménager le paysage structurel des institutions déjà en place afin d’actualiser les dispositions existantes mais surtout de mettre en place des nouvelles mesures pour un meilleur renforcement et consolidation de la démocratie dans le pays.
L'opposition, qui avait boycotté le dernier scrutin législatif en 2008, n'est pas représentée à l'Assemblée. Aussi les 59 députés présents, sur 63 (tous membres de l’UMP, au pouvoir -il y avait trois absents et un malade), ont ratifié la loi constitutionnelle portant révision de la Loi fondamentale. En revanche, un député de l’UMP, Aden Robleh Awaleh, a annoncé son départ de cette formation et sa candidature en 2011 à la magistrature suprême.
Outre l'abolition de la limite des mandats présidentiels à deux termes, cette révision constitutionnelle fixe un âge limite à 75 ans pour les candidats à la présidence, et réduit le mandat de six à cinq ans. Selon l’opposition djiboutienne (ARD), cette ratification légalise l’absence d’alternance politique et pérennise l’impasse politique actuelle. Par ailleurs, elle cherche à mobiliser ses troupes à Djibouti pour protester contre la révision de l’article 23 de la constitution djiboutienne qui autorise le président Guelleh à presenter sa candidature, pour la troisième fois, à la magistrature suprême.
Fatouma Abdi, Djibouti
Droits humains
Afrique : Des élus réclament l'interdiction universelle de l'excision
2010-05-08
http://tinyurl.com/376j2ml
Des parlementaires de 27 pays africains ont appelé l'ONU, le 4 mai, à instaurer en 2010 une "interdiction universelle" des "mutilations génitales féminines", au terme d'une conférence consacrée à l'excision à Dakar. Les participants ont "exhorté les gouvernements africains ainsi que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Est et l'Union africaine, à porter et faire adopter cette résolution en 2010". Les mutilations génitales féminines concernent toutes les interventions incluant l'ablation ou la lésion des organes génitaux externes de la femme, pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses.
Afrique : Les assassinats d'albinos se poursuivent au Burundi et en Tanzanie
2010-05-08
http://tinyurl.com/25khnnm
Les assassinats et tentatives d'assassinats rituels d'albinos se poursuivent à un rythme inquiétant en Tanzanie et au Burundi, selon l'Ong canadienne "Under the same sun" (Sous le même soleil). Ces assassinats sont liés à des pratiques de sorcellerie censées attirer chance et réussite. Cette vague de crimes rituels a débuté en 2007 dans les deux pays. Sur 63 dossiers portés devant la justice en Tanzanie, seule deux ont abouti à des condamnations à mort ces deux dernières années. Au Burundi, il y en a eu 12 pour 14 dossiers.
Afrique du Sud : les policiers violent autant la loi que les citoyens ordinaires
2010-05-08
http://tinyurl.com/2wunf28
Avec cinquante meurtres recensés en moyenne chaque jour, le taux de criminalité de l’Afrique du Sud figure parmi les plus élevés au monde. L’Afrique du Sud est aussi en proie à un grave problème de surpopulation carcérale avec 165 000 détenus. Les policiers en sont en partie responsables. D’une part, car bien sûr ce sont eux qui procèdent aux arrestations, mais aussi car de l’aveu du chef de la police, 1 000 policiers sont derrière les barreaux dans le pays. Les policiers violent donc autant la loi que les citoyens ordinaires.
Cameroun : Le gouvernement boycotte le Comité de l’ONU sur la torture
2010-05-08
http://tinyurl.com/38zjqqc
La «diplomatie buissonnière», ainsi pourrait se résumer l’attitude du gouvernement camerounais vis-à-vis du Comité des Nations Unies contre la Torture (CAT) ! L’ordre du jour de la 44e session de la CAT - qui se tient à Genève du 26 avril au 14 mai-avait prévu d’auditionner le gouvernement camerounais sur l’état de la mise en œuvre de la convention contre la torture au Cameroun et surtout d’examiner, en présence des autorités camerounaises, le 4e rapport périodique déposé par le gouvernement à la CAT. L’audition du Cameroun était d’ailleurs prévue pour les 28 et 29 avril.
Guinée : Le crépuscule des narcos
2010-05-08
http://tinyurl.com/39kjn9t
Ils étaient protégés, au plus haut niveau de l’État. Ils sont aujourd’hui derrière les barreaux. Leur procès s'est ouvert, et avec lui se lève un coin du voile sur le fonctionnement d’un État voyou, devenu plaque tournante du trafic de drogue. Cent cinquante dossiers à passer au crible, quelque deux cents prévenus, une demi-douzaine de chefs d’inculpation (narcotrafic, association de malfaiteurs, vol à main armée, viol, meurtre et assassinat)… La session de la cour d’assises de Conakry qui s’est ouverte le 29 mars s’annonce chargée et suscite un intérêt particulier auprès des autorités, au niveau de la population, et même au-delà des frontières de la Guinée.
Rd Congo : Le sort de Me Yangambi inquiète à Paris et à Bruxelles
2010-05-08
http://tinyurl.com/2uugouc
Les Conseils de l'Ordre des avocats des barreaux de Paris et de Bruxelles font part de leur préoccupation à la suite de "l'arrestation de Me Firmin Yangambi et des conditions dans lesquelles s'est déroulé son procès devant la Cour militaire de la Gombé à Kinshasa". Arrêté le 27 septembre 2009, Me Yangambi, âgé de 41 ans, est membre du Conseil de l'Ordre du barreau de Kisangani et président de l'ONG Paix sur Terre, active en matière de défense des droits de l'Homme. Officiellement, Me Yangambi a été condamné le 3 mars 2010 à la peine capitale pour avoir tenté d'organiser un mouvement insurrectionnel contre le régime du président Joseph Kabila.
Rd Congo : Quelle solution pour les prostituées mineures
2010-05-08
http://tinyurl.com/2vs7mwm
De plus en plus des filles brazzavilloises s'adonnent à la prostitution occasionnelle ou circonstancielle pour couvrir les miasmes du quotidien. Elles sont obligées de se livrer à tout venant pour tenter d'endiguer la misère et pourvoir aux besoins de la famille ou de soi même. Ce n'est plus une honte d'ailleurs ni une humiliation que de se débrouiller de cette manière pour satisfaire les proches parents et tenter de donner un sens à sa vie actuelle. Quelle solution à ce fléau lorsque le politique est indifférent ? L'enfant mérite notre protection et l'exploitation sexuelle est un crime.
Réfugiés & migration forcée
Afrique : Des femmes subsahariennes arrêtées et violentées au Maroc
2010-05-08
http://tinyurl.com/256qs3a
Au cours de leur transit pour gagner l’Europe, les femmes subsahariennes sont maltraitées au Maroc, où elles subissent notamment des violences sexuelles, comme le révèle un document de Médecins sans frontières, établi sur la base des cas pris en charge par cette organisation médico-humanitaire. Devant le nombre de plus en plus croissant de femmes victimes, soixante-trois, révélé par les données et témoignages recueillis, Médecins sans frontières veut contribuer à la recherche d’une réponse globale à cette problématique qui touche toujours plus de femmes, et des femmes de plus en plus jeunes.
Egypte : La police tue deux migrants africains
2010-05-08
http://french.news.cn/afrique/2010-05/03/c_13276378.htm
La police égyptienne a tué deux migrants africains et arrêté 14 autres de différentes nationalités alors qu'ils tentaient d'entrer clandestinement en Israël en passant par la frontière est de l'Egypte. Une source sécuritaire à confié sous le couvert de l'anonymat que la police a ouvert le feu sur deux groupes séparés de migrants illégaux suite à leur refus d'obtempérer aux tirs de sommation. La première victime, un Erythréen de 35 ans a reçu une balle fatale à la poitrine. L'autre a reçu deux balles, dont une à la poitrine et l'autre au cou.
Global : La politique de l'immigration passée au crible
2010-05-08
http://tinyurl.com/25khnnm
Une vingtaine de parlementaires français se sont réunis le 4 mai à l'Assemblée pour lancer leur «audit» de la politique migratoire française. Il s’agissait de shiffrer l'impact économique, démographique, social de la politique française de l'immigration, étudier à la loupe chacun des choix faits en la matière, en peser le pour et, surtout, le contre.
Mali : La Libye vient d’expulser 149 Maliens
2010-05-08
http://tinyurl.com/37d4zhz
La Libye du Colonel Mouamar Kadhafi vient de rééditer son exploit qui consiste à expulser des citoyens maliens qu’elle a emprisonnés pendant quelques mois dans des conditions inhumaines relevant d’une autre époque. Le 3 mai 2010, aux environs de 17 heures 18 mn, un avion en provenance de la Libye a déversé 149 maliens sur le tarmac de l’aéroport de Bamako-Sénou.
Rwanda : Un ex-militaire échappe à l’expulsion du Canada
2010-05-08
http://tinyurl.com/3x44xdo
Henri Jean-Claude Seyoboka, un ancien militaire rwandais du temps du génocide menacé d'expulsion, a remporté une importante victoire judiciaire dans la bataille qu'il mène afin de pouvoir rester au Canada. La Cour fédérale du Canada a en effet ordonné, le 4 mai, à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) de l'entendre à nouveau. D'origine à la fois hutue et tutsie, cet ancien sous-lieutenant de l'armée rwandaise s'est vu retirer son statut de réfugié en 2005. La raison : lors de son arrivée au pays, il n'avait pas précisé qu'il avait été militaire au moment du génocide rwandais…
Somalie : La tragédie humaine met les pays voisins à rude épreuve
2010-05-08
http://www.unhcr.fr/4bdeec0f6.html
Une délégation de hauts responsables du HCR en mission dans des camps de réfugiés et de déplacés somaliens s'est rendue compte par elle-même de l'aggravation de la tragédie humanitaire subie par des milliers de personnes déracinées. Cette délégation conduite par le Haut Commissaire adjoint des Nations Unies pour les réfugiés a observé des situations tragiques résultant d'un surpeuplement croissant et du manque de financement dans des camps tentaculaires en Ethiopie, à Djibouti, au Kenya et au sein même de la Somalie.
Mouvements sociaux
Gabon : Douze organisations syndicales menacent de paralyser le pays
2010-05-08
http://www.afrik.com/article19658.html
Douze organisations syndicales du pays ont profité de la commémoration, samedi dernier, de la 120e fête du travail pour dénoncer les mauvaises conditions de vie et de travail des Gabonais. Elles ont annoncé l’observation d’une grève générale illimitée à partir du 17 mai prochain. Les syndicalistes réclament entre autres, l’actualisation de la liste des maladies professionnelles, la réinstauration et la valorisation de la concertation dans le cadre du dialogue social tripartite et la revalorisation de la subvention octroyée aux centrales syndicales….
Elections & gouvernance
Afrique du sud : Un complot de suprémacistes blancs déjoué
2010-05-08
http://tinyurl.com/2cgkp4y
Les forces de l'ordre sud-africaines ont démantelé un complot ourdi par des suprémacistes blancs, visant à faire exploser des bombes dans des cités noires, annonce le ministre de la Police. La tension est montée en avril en Afrique du Sud avec l'assassinat du chef suprémaciste blanc, Eugene Terreblanche, tué dans son domaine par des ouvriers agricoles. Des membres de son Mouvement de résistance afrikaner ont menacé de venger sa mort, avant de se rétracter. Sans fournir de précisions sur le nombre de personnes arrêtées et sur leurs cibles, le ministre de la police, Nathi Mthethwa, a dit que certaines d'entre elles prônent un "volkstaat" (République) blanc.
Côte d’Ivoire : Gbagbo prêt à bloquer le nettoyage de la liste électorale
2010-05-08
http://tinyurl.com/3ycxgjt
Laurent Gbagbo n’est visiblement pas prêt à mettre un terme à son jeu favori qui est celui de la balançoire. Ce jeu consiste à faire un pas en avant, et un autre en arrière. C’est ce jeu qui lui a permis de faire stagner le processus de sortie de crise et de le maintenir toujours à la case de départ. Alors que certains optimistes voulaient se permettre quelque rêverie, après l’annonce tapageuse de la tenue des élections cette année par le chef de l’Etat, celui-ci fait ressurgir son habitude de prendre une décision et de la compromettre en même temps.
Côte d’Ivoire : L’opposition exige des élections sans délai
2010-05-08
http://tinyurl.com/39grn2x
L’opposition ivoirienne hausse le ton. Il faut dire qu’après trois mois d’interruption, le processus électoral, qui redémarre lundi 10 mai, n’a guère de quoi la satisfaire. Le président Gbagbo voulait que la liste électorale soit auditée. Elle sera revisitée de fond en comble, y compris la liste dite « blanche », celle qui est composée de 5,3 millions de noms et à laquelle l’opposition ne voulait pas qu’on touche. Prenant donc les devants, le Rassemblement des houphouëtistes lance une mise en garde. Pas question pour le RHDP de tolérer des « radiations arbitraires et fantaisistes qui priveraient des citoyens de leur nationalité ».
Egypte: heurts lors d'une manifestation de l'opposition
2010-05-08
http://tinyurl.com/3xrtoo5
Plus d'une centaine de personnes, dont plusieurs députés de l'opposition, s'étaient réunis pour exiger la levée de l'état d'urgence, des amendements à la Constitution et la tenue d'élections libres, avant d'être encerclées. Les heurts ont débuté quand une vingtaine de manifestants a tenté de briser le cordon de police, jetant des bouteilles et des pancartes sur les forces de sécurité, qui ont riposté en frappant les protestataires. Un responsable de la police a confirmé l'arrestation d'un manifestant.
Guinée : La présidente de la Transition menace de démissionner, si…
2010-05-08
http://tinyurl.com/38ok2vo
Hadja Rabiatou Sérah Diallo, présidente du Comité national de transition a rappelé que sa mission était de trouver une sortie de crise en Guinée pour un retour rapide à l'ordre constitutionnel. Et que si la date de l'élection présidentielle est reportée même d'un seul jour, elle démissionnerait. La présidente du CNT a réitéré son engagement à combattre l'injustice pour soulager les populations guinéennes.
Kenya : La diaspora soutien le projet de Constitution
2010-05-08
http://tinyurl.com/35ok5f8
Les ressortissants kenyans vivant à l’étranger regroupés sous la bannière du Mouvement Kenyan pour la Démocratie et la Justice (KMDJ), envisagent d’organiser une manifestation politique à Londres, en vue de soutenir le projet de constitution qui sera soumis au vote dans leur pays, lors d’un référendum prévu en août prochain. Le président du KMDJ a indiqué le 4 avril, à Nairobi, que le projet de Constitution prend en compte les préoccupations des Kenyans expatriés, en leur offrant la possibilité de participer pleinement au développement du pays.
Madagascar: L'Union européenne suspend à nouveau ses aides
2010-05-08
http://tinyurl.com/3yw7hrp
L'Union européenne a décidé de suspendre de nouveau ses aides en faveur de Madagascar pour exprimer son désaveu au plan inapte de sortie de crise de Rajoelina consistant à la formation d'un nouveau gouvernement. Une solution qui risque si on y prend garde d'exciter d'autres militaires à la mutinerie. L'Union européenne (UE) a décidé de ne pas accompagner ce plan unilatéral de transition inapte à apporter une solution durable et qui permette le retour à l'ordre constitutionnel à Madagascar dans le contexte de crise actuel : telle est, selon l'agence Misna, la motivation accompagnant la décision de l'UE de suspendre pendant 12 mois ses aides, à l'exception des aides humanitaires et d'urgence.
Niger : La transition fixée à un an à compter du putsch du 18 février
2010-05-08
http://tinyurl.com/3a9m3q7
La junte militaire au Niger a accepté le délai d’un an de transition à compter du putsch du 18 février dernier proposé par le Conseil consultatif national mis en place pour détermier la durée de la transition et apprécier les textes fondamentaux du pays, a annoncé le 5 mai le porte-parole du Conseil su¬prême pour la restauration de la démocratie (CSRD,junte). Dans ses propositions, le Conseil consultatif national, créé par le chef de la junte, Djibo Salou, a suggéré que la date du 26 décembre prochain soit retenue pour l’organisation du premier tour de l’élection présidentielle couplée aux législatives.
Nigeria: Goodluck Jonathan face au défi des élections de 2011
2010-05-08
http://tinyurl.com/35h9xyd
Le chef d'Etat par intérim Goodluck Jonathan a prêté serment le 6 mai à la présidence à Abuja, devenant le cinquième président civil du Nigeria, après la mort la veille d'Umaru Yar'Adua. Le nouveau président, qui dispose d'environ un an avant les prochaines élections générales de 2011, veut assurer un scrutin libre et équitable, alors que celles de 2007 qui avaient propulsé Yar'Adua à la tête du pays avait été vivement critiquées. Dans ce contexte, il avait déjà congédié la semaine dernière le président très controversé de la Commission électorale nationale.
Nigeria : La réforme pétrolière de Yar'Adua menacée
2010-05-08
http://tinyurl.com/35fv7ns
Avec le décès, le 5 mai, du président Umaru Yar'Adua, la réforme tant attendue du secteur pétrolier du Nigeria, qu'il avait initiée mais qui ne fait pas l'unanimité, semble encore plus menacée. M. Yar'Adua avait transmis, mi-2009, au Parlement, une loi prévoyant d'importants changements dans la gestion, réputée opaque et inefficace, de la très lucrative industrie pétrolière.
Tchad : Déby lance le processus électoral
2010-05-08
http://www.afrik.com/article19684.html
Idriss Deby Itno ne perd pas de temps. A peine remis de sa visite médicale d’une semaine en France, le président tchadien a décrété mardi, à la surprise générale, que le recensement électoral prévu initialement début mars serait effectué à partir du 5 mai. Il devrait s’étaler sur cinquante jours. Pourtant, au Tchad, rien ne semble prêt à accueillir la population venue se faire recenser en vue des élections générales prévues en décembre prochain.
Tchad : La mauvaise santé de Deby ouvre des spéculations
2010-05-08
http://tinyurl.com/38oww3a
Plusieurs sources ont fait part de l’état de santé chancelant du président tchadien, Idriss Déby. Depuis plusieurs jours ses proches se déchirent pour remplacer Deby, au cas où celui ci serait obligé de quitter le pouvoir. Certes, Deby est mal en point, mais rien ne dit que cela n’est pas une ruse de celui ci afin de voir qui sont, parmi ses proches, les adversaires les plus dangereux afin de les éliminer ensuite. Malgré tout sa sortie de la scène devient une hypothèse sérieuse.
Togo: démission du Premier ministre Gilbert Houngbo
2010-05-08
http://tinyurl.com/3a2dryo
Le Premier ministre togolais Gilbert Fossoun Houngbo a remis le 5 mai sa démission au président Faure Gnassingbé qui souhaite un nouveau gouvernement de large ouverture politique. Des discussions politiques seront engagées avec l’ensemble de la classe politique dans ce sens, selon la présidence togolaise. La démission de M. Houngbo intervient au lendemain de la prestation de serment de M. Gnassingbé, réélu pour un nouveau mandat de 5 ans lors du scrutin présidentiel du 4 mars. Une élection suivie d’un mouvement contestation au niveau de l’opposition.
Corruption
Gabon : Les 7 millions d’euros maltais d’Omar et Ali Bongo
2010-05-08
http://tinyurl.com/3358ehu
Quelques mois seulement après que le Congrès américain avait épinglé Ali Bongo et son défunt père Omar Bongo pour une affaire de détournement et de blanchiment d’argent volé, voilà que l’affaire rebondit. Cette fois du côté de Malte, où le gouvernement maltais vient de dénicher 7 millions d’Euros dissimulés sur un compte dans ce pays par Bongo père et fils. La chronologie de cette affaire montre une implication directe du Président gabonais actuel, Ali Bongo Ondimba.
Nigeria: la comparution du chef du parti au pouvoir reportée à cause d'une grève
2010-05-08
http://tinyurl.com/388huyd
Le président du Parti démocratique du Peuple (PDP), au pouvoir au Nigeria, n'a pu être déféré devant la justice pour corruption à Abuja en raison d'une grève illimitée déclenchée le 4 mai par les personnels de la justice. La Haute cour d'Abuja, qui devait notifier officiellement les chefs d'accusation retenus contre Vincent Ogbulafor, a été fermée par ses employés qui exigent des augmentations salariales. Le haut responsable politique, qui est venu se présenter devant la justice, est soupçonné d'avoir attribué des contrats frauduleux à l'époque où il était ministre chargé des missions spéciales du gouvernement d'Olusegun Obasanjo entre mars et novembre en 2001.
Sénégal: nouveau rebondissement dans un scandale financier présumé
2010-05-08
http://www.connectionivoirienne.net/?p=31837
L’affaire qui oppose l’État sénégalais à l’entreprise Millicom n’en finit plus de rebondir. La « simple » renégociation du prix d’acquisition d’une licence de téléphonie mobile au Sénégal, obtenue en 1998, s’est muée en scandale politique. Car, au-delà du bras de fer engagé entre Dakar et les dirigeants américains de la société de télécoms, Karim Wade, l’actuel ministre d’État – et fils du président – est accusé d’avoir réclamé 200 millions de dollars, pour son compte personnel, au président de Millicom en échange du maintien de la licence. Une accusation gravissime, démentie le 19 avril dernier par Pape Abdoul Ba, président du conseil d’administration de Sentel, la filiale sénégalaise de… Millicom !..
Soudan : Le parti de Béchir éclaboussé dans un scandale financier au Darfour
2010-05-08
http://www.africa1.com/spip.php?article3609
Le ministère de la Justice a accusé Adam Ismaïl Ashaq Omar et Moussa Sadiq Moussa Beshara, deux députés fraîchement élus sous la bannière du Parti du congrès national (NCP) du président Béchir, d'avoir mis en oeuvre une "chaîne de Ponzi", stratagème frauduleux par lequel les investisseurs vendent à rabais des biens ou donnent de l'argent avec la promesse d'intérêts élevés. La fraude pyramidale a commencé vers mars 2009, mais la bulle spéculative n'a explosé que récemment. Des centaines d'investisseurs floués, dont certains armés, avaient pris la rue dimanche à El-Facher et se dirigeaient vers la résidence du gouverneur de l'Etat du Darfour-Nord. La police a ouvert le feu….
Soudan: Sanglante répression contre des épargnants floués au Darfour
2010-05-08
http://tinyurl.com/38cbqum
Une manifestation, qui a opposé des centaines d’épargnants et les services de sécurité soudanais le dimanche 2 mai, aurait dégénéré et au moins 4 personnes auraient été tuées. Depuis quelques semaines, la situation était tendue car des milliers de petits investisseurs ont perdu beaucoup d'argent dans une escroquerie du type de celle de l'Américain Madoff. La recette est connue des escrocs du monde entier. Ils promettent des intérêts élevés à des gens qui leur confient leur argent ou leurs biens. Mais, ils rémunèrent en fait leurs victimes avec les dépôts de nouveaux investisseurs, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la bulle spéculative explose.
Développement
Afrique du Sud : Un nouvel aéroport pour la Coupe du monde
2010-05-08
http://tinyurl.com/33fz6v4
Pour la Coupe du monde de football 2010, le gouvernement sud-africain a dépensé 33 milliards de rands, soit 3 milliards d'euros, pour les infrastructures liées à la compétition. Le pays a notamment rénové sept aéroports et en a construit un nouveau, King Shaka international Airport à Durban. Beaucoup craignaient qu'il ne soit pas prêt à temps. Finalement, les premiers décollages et atterrissages ont eu lieu le 1er mai 2010, comme prévu.
Guinée : La Guinée bientôt 3ème exportatrice mondiale de fer
2010-05-08
http://tinyurl.com/2vyf8nw
La Guinée exportera bientôt son fer. Selon un accord conjoint des sociétés Vale S.A et le BSG Ressources, dans quatre ans, le fer guinéen sera sur le marché mondial et fera de la Guinée, le 3ème pays exportateur mondial de fer d’ici six ans. Vale SA et BSG Resources Limited (BSGR) forment une joint-venture (“Vale- BSGR”) dans le cadre d’un programme d’investissement de plusieurs milliards de dollars, visant la création de l’un des plus importants projets de minerais de fer au monde. Un décret présidentiel ratifiant l’accord a été signé et publié le 19 mars 2010. Aux termes de la Convention de Base, BSGR Guinée a notamment reçu l’autorisation exclusive d’exporter le minerai de fer via le Libéria en contrepartie de la reconstruction du chemin de fer trans-guinéen.
Zimbabwe: la population rurale touchée par la sécheresse
2010-05-08
http://tinyurl.com/3acq9c8
Devant les champs nus qui s'étendent face à sa hutte de terre au toit de chaume dans le village de Kwara, Tamary Togarepi, 17 ans, s'inquiète de savoir comment sa famille va se nourrir, en particulier sa mère malade et son petit neveu de tout juste trois ans. Selon les agences humanitaires, deux millions de Zimbabwéens manquent de nourriture et ce chiffre devrait augmenter, résultat de la sécheresse et de la mauvaise gestion de l'agriculture.
Santé & VIH/SIDA
Cameroun: Une ONG dénonce les révélations sur la sérologie d'un journaliste
2010-05-08
http://tinyurl.com/34528qw
Une association camerounaise de lutte contre le sida a fustigé mardi les révélations des autorités sur la sérologie du journaliste camerounais Bibi Ngota, que le gouvernement affirme mort en prison "des suites d'infections" liées au virus du sida. Par ces révélations, le ministre "contribue à accentuer le stigma et la discrimination envers les personnes séropositives et montre surtout son inculture sur le VIH-sida, (...) dans un pays où au moins 5% de la population est infectée" par ce virus, déclare Positive-Generation.
Congo : Les pharmaciens protestent contre le blocus à l’importation des médicaments
2010-05-08
http://tinyurl.com/32j4f8t
Les membres du Syndicat national des pharmaciens du Congo (SYNAPHAC) et d'autres structures professionnelles ont demandé à la direction générale des douanes de lever la décision interdisant l’approvisionnement en médicaments. Depuis 1972, à la suite d’une décision prise par l’ancien Chef de l’Etat Marien Ngouabi, le médicament a cessé d’être un élément qui finance les fonds publics. C’était une espèce de subvention de l’Etat, en vue d’améliorer l’accessibilité des populations aux produits pharmaceutiques. En 1994, sous la dévaluation, le Gouvernement de l’époque a appliqué, à la demande des institutions de Bretton Woods, des taxes à l’entrée des médicaments de l’ordre de 5%.
Global : Nouvelles lignes directrices sur les sérums antivenimeux
2010-05-08
http://tinyurl.com/33ubc8d
L’OMS vient de publier de nouvelles lignes directrices pour la production, la réglementation et le contrôle des sérums contre les venins de serpents, ainsi qu’un site Web donnant des informations sur les serpents venimeux, leur localisation, leur morphologie, les sérums antivenimeux adaptés. Selon les estimations, 5 millions de personnes sont mordues chaque année. Il en résulte jusqu’à 2,5 millions de cas d’envenimement, au moins 100 000 décès et environ trois fois plus d’amputations et d’autres incapacités définitives.
Tanzanie: Zanzibar, victime de son succès contre le paludisme
2010-05-08
http://tinyurl.com/36ubu4s
Grâce aux efforts pour combattre le paludisme à Zanzibar, le taux de prévalence est passé de 35 pour cent avant 2008 à moins d’un pour cent. Mais les responsables des services de santé craignent que cette tendance s’inverse. Alors que la prévalence du paludisme s’approche de zéro, la population perd son immunité naturelle face à la maladie. Ce qui veut dire que le dépistage des populations va devenir de plus en plus important.
Tchad : 83 décès de rougeole et 198 morts de méningite depuis janvier
2010-05-08
http://tinyurl.com/39xpqrm
Le Tchad a enregistré depuis janvier quelque 83 décès de rougeole et 198 de méningite, a indiqué le 4 avril le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans ce pays. Concernant la rougeole, du 1er janvier au 25 avril, 8 350 cas, avec 83 décès, ont été notifiés dans le pays. Le Fonds d'urgence de l'ONU a donné, début avril, 2,7 millions de dollars (2 millions d'euros) à l’OMS et à l’UNICEF pour permettre de vacciner 966.000 personnes contre la rougeole et 627.000 contre la méningite.
Tunisie : Première séparation de deux bébés siamois
2010-05-08
http://www.africa1.com/spip.php?article3618
Les deux soeurs, Najla et Alaa, nées le 7 janvier à Tunis liées par l'abdomen avec fusion des foies, ont été opérées avec succès le 4 mai par 15 médecins tunisiens à l'Hôpital Habib Thameur. Cinq équipes médicales universitaires ont contribué à cette réussite "tuniso-tunisienne". Les deux soeurs sont déclarées bien portantes". Les siamois sont très rares dans le monde, concernant une grossesse sur 150. 000. Leur naissance est la conséquence de la séparation incomplète d'un oeuf donnant normalement deux vrais jumeaux (monozygotes).
Éducation
Afrique : On ne badine pas avec l’argent des étudiants
2010-05-08
http://tinyurl.com/2vcp2jl
C’est une vérité constante sur le continent : on ne badine pas avec le pognon des étudiants. Ceux-ci l’ont une fois encore démontré aux autorités sénégalaises à travers une grève violente à l’Université Cheick Anta Diop (UCAD) de Dakar qu’ils ont paralysée ces derniers jours. La pomme de discorde, le grand retard accusé dans le paiement des bourses et autres allocations d’études. En bandant leurs muscles, les pensionnaires de l’UCAD ont obtenu satisfaction.
Environnement
Cameroun : Les Pragois recyclent leurs portables pour sauver les gorilles
2010-05-08
http://tinyurl.com/34gacel
Inscrite au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO, la réserve du Dja au Cameroun abrite de nombreuses espèces animales protégées, dont les gorilles. Le zoo de Prague, pour lequel cet animal est emblématique, se propose d'aider cette réserve avec une idée originale. Pour récolter de l'argent, le parc zoologique pragois invite ses visiteurs à apporter leurs téléphones cellulaires usagés. Une société spécialisée dans le recyclage s'est engagée à verser 10 couronnes (environ 40 centimes d'euros) pour chaque appareil.
Gabon : une société pétrolière chinoise épinglée pour pollution
2010-05-08
http://www.afrik.com/article19660.html
La firme chinoise Addax Petroleum a été jugée responsable de la pollution de la rivière Obangué, à Mandji (Sud-Ouest), dans le département de Ndolou. Le directeur de l’environnement a sommé, le 30 avril dernier, les responsables de cette société pétrolière de réparer le préjudice causé à la nature et aux populations de cette localité du pays. Selon des informations vérifiées, plusieurs espèces végétales et animales touchées par ces produits hautement toxiques seraient en voie d’extinction dans la contrée.
Niger : Greenpeace alerte l'OMS sur les déchets radioactifs d'Areva
2010-05-08
http://tinyurl.com/35spo3o
Dans un rapport présenté fin mars au Niger et lancé officiellement le 6 mai à Genève, Greenpeace accuse Areva de mettre en danger la santé des riverains des mines d'uranium que le groupe français exploite dans les environs des villes d'Arlit et d'Akokan. L'étude a mis en évidence des concentrations anormales d'uranium dans le sol et de radon, un gaz naturel radioactif, dans l'air, ou encore la présence sur un marché d'objets radioactifs recyclés, provenant des mines. Les prélèvements ont été effectués aux abords des mines comme dans les cités minières, situées à plusieurs kilomètres et où vivent environ 80. 000 personnes.
Média & liberté d'expression
RD Congo : 2 soldats et un civil condamnés à mort pour le meurtre d’un journaliste
2010-05-08
http://tinyurl.com/36hkzlr
Deux soldats et un civil congolais ont été condamnés à la peine de mort par un tribunal militaire de Bukavu pour le meurtre, fin novembre 2008, d'un journaliste congolais tué dans cette ville de l'Est de la RD Congo. Il s’agit du premier sergent-major Seba Tandema, de l'adjudant Oscar Tchenda Kashama et de Mushamuka, un civil. Début avril, le ministère public avait requis la peine de mort contre six militaires et un civil, tous de nationalité congolaise. La condamnation à la peine capitale peut être requise en RD Congo, mais elle est commuée en une peine de prison à perpétuité depuis 1999.
Somalie : Des journalistes réfugiés à Nairobi après des menaces de mort
2010-05-08
http://tinyurl.com/35tltwp
Quatorze journalistes somaliens exilés au Kenya se sont dits menacés de mort par les islamistes radicaux shebab qui contrôlent une grande part de la Somalie voisine du Kenya. Selon eux, les menaces prennent diverses formes: appels téléphoniques, courriers électroniques ou SMS.
Tunisie: un journaliste brave l'interdit de manifester pour la liberté
2010-05-08
http://tinyurl.com/39jc47q
Un journaliste et blogueur tunisien a bravé le 3 mai l'interdiction de manifester publiquement pour la liberté de la presse, faisant irruption au Palais présidentiel de Carthage, alors que le chef de l'Etat s'engageait à reformer la loi sur les médias électroniques. Zied El Heni, 46 ans, est rédacteur du quotidien arabophone progouvernemental Essahafa. Dirigeant d'un syndicat des radios libres (non reconnu) et de la direction renversée du syndicat national des journalistes, il se plaint de la censure de son blog, du piratage de son courrier électronique et réclame la légalisation de sa radio.
Conflits & urgences
Global : Une loi française contre la piraterie en mer
2010-05-08
http://tinyurl.com/38t892l
Le Sénat a adopté jeudi un projet de loi qui va permettre à la France de mieux réprimer et juger les actes de piraterie maritime, un phénomène croissant qui touche l'ensemble des Etats. La majorité a voté pour et la gauche s'est abstenue. Le texte doit maintenant être soumis à l'Assemblée nationale. Le vote au Sénat est intervenu alors que la marine russe vient de délivrer un pétrolier russe aux mains de pirates somaliens. En 2009, 159 navires ont été piratés, 1 052 marins pris en otage dont 8 tués. Le projet de loi de lutte contre la piraterie donne une plus grande liberté d'action aux forces navales françaises lors d'interventions en haute mer.
Rd Congo : le chef des insurgés capturé et remis à l'armée
2010-05-08
http://tinyurl.com/394nq2d
Le chef des insurgés qui ont attaqué début avril la ville de Mbandaka, dans le nord-ouest de la RD Congo, a été capturé le 5 mai par la population à Dongo, où il tentait de "recruter" de nouveaux combattants, avant d'être remis à l'armée. Le 4 avril, Ondjani et une centaine d'hommes armés avaient attaqué par surprise Mbandaka, ville située au bord du fleuve Congo à environ 700 km au nord-ouest de Kinshasa, sans mobile apparent. Les FARDC (Forces armées de la RDC), avec le soutien des Casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), étaient parvenus à les repousser, après deux jours de combats.
Soudan: Le MJE met fin aux pourparlers sur le Darfour
2010-05-08
http://tinyurl.com/34sq4hu
Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), a affirmé que « l'agression (de l'armée contre ses positions) a mis fin au processus de paix » engagé avec le gouvernement de Khartoum. Le JEM a estimé que l'offensive de l'armée est « une tentative d'imposer une solution militaire » au conflit, soutenant que les combattants de son mouvement « sont capables d'y résister ». Le Jem a accusé l'armée soudanaise d'avoir mené des frappes aériennes et au sol sur quatre villes sous le contrôle du JEM dans le sud du Darfour. Le porte-parole de l'armée Sawarmy Khaled a démenti toute activité militaire dans la région. Le gouvernement n'a fait aucun commentaire sur l'annonce du JEM.
Tchad: plus de 800 enfants-soldats démobilisés en trois ans
2010-05-08
http://tinyurl.com/2uk3u2p
Plus de 800 enfants-soldats qui combattaient à la fois avec les forces armées et des rébellions tchadiennes ont été démobilisés depuis 2007, indique le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Parmi les démobilisés, 623 enfants ont regagné leurs familles, 162 attendent la stabilité sécuritaire et le rétablissement des liens familiaux dans les zones de retour. Certains des ex-enfants soldats ont été formés dans les domaines de la cuisine, de la maintenance des forages, de la mécanique automobile et de l'agriculture.
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