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Pambazuka News 147: Cinquante ans d'«indépendance» et dépendances
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Courrier, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. LGBTI, 15. Environnement, 16. Terres & droits fonciers, 17. Nouvelles de la diaspora, 18. Conflits & urgences, 19. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE: Afrique, où est ton indépendance?
COMMENTAIRES & ANALYSES: Pourquoi boycotter Israël en 2010?
PLAIDOYER & CAMPAGNE: XXe Sommet Afrique-France : Chassées d’ici, pillées là-bas!
ARTS & LIVRES: 50 après, quelle indépendance pour l’Afrique?
COURRIER: Les agents causals et agents vecteurs de la crise en RD Congo
FEMMES & GENRE: Liberia: Les violences sexuelles risquent de monter avec le départ de la MINUL
DROITS HUMAINS: Burundi: Expulsion de la représentante de Human Rights Watch
REFUGIES & MIGRATION FORCEE: Mali: L’enfer des émigrés maliens se poursuit en Libye
ELECTIONS & GOUVERNANCE: Afrique: Biya veut une place pour le continent au Conseil de sécurité
CORRUPTION: Mali: Fin de sursis pour les délinquants financiers
DEVELOPPEMENT: Egypte: Le «drame» du partage des eaux du Nil
SANTE & VIH/SIDA: Egypte: La lutte contre l’hépatite C ne fait que commencer
EDUCATION: Afrique: Les langues africaines pour lutter contre l’échec scolaire
LGBTI: Malawi: Un couple homosexuel condamné à 14 ans de prison
ENVIRONNEMENT: Kenya: Alerte aux inondations
TERRES & DROITS FONCIERS: Liberia: Les tensions foncières ne s’atténuent pas avec l’après-guerre
NOUVELLES DE LA DIASPORA: Sénégal: Des centaines de Haïtiens attendus pour un retour définitif
CONFLITS & URGENCES: Afrique: Le Nigeria et le Cameroun délimitent leur frontière commune
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS: Programme « Horizons Francophones » : Attribution de soutien aux Universitaires
Chroniques
«Eh e Africa O Lipanda?» - Eh! l'Afrique, Où est ton indépendance?
Tidiane Kassé
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/features/64715
C’était dans les années 1970. Les dix ans de l’Afrique des indépendances venaient de sonner. Quand on était né avec l’année de la proclamation des «souverainetés nationales» acquises en 1960 et environs, dont on fête actuellement les cinquante ans, on chantonnait et on dansait sur les airs d’un des meilleurs tubes africains de l’époque. Sur les ondes des radios, « Le Bûcheron » du musicien congolais Franklin Boukaka passait en boucle, dans une langue d’ailleurs pour tous ceux qui n’étaient pas Congolais. Quarante ans plus tard, on a eu le temps d’apprendre, de comprendre le chant d’un révolté des indépendances trahies. Un révolté que son engagement a conduit à la mort.
Boukaka disait :
Ah e e Africa (Ah ! l'Afrique)
Eh e Africa (Eh ! l'Afrique)
O Lipanda (Où est ton indépendance ?)
Ah e e Africa (Ah ! l'Afrique)
Eh e Africa (Eh ! l'Afrique)
O Liberté (Où est ta liberté ?)
Kokata koni pasi (Couper du bois de feu est un dur labeur)
Soki na kati koteka pasi (Vendre ce bois en est un autre)
Na pasi oyo ya boye (Avec ce lot de malheurs et les enfants)
Ngai na bana mawa (Je suis loin de m'en sortir)
Nakoka te
Basusu oyo naponaka (Certains à qui j'ai donné ma voix)
Bawela bokonnzi (Ont développé la boulimie du pouvoir et des)
Pe na ba-voitures (Voitures)
Bavoti tango ekomaka (Quand arrivent les échéances électorales)
Ngai nakomaka moto (Je deviens alors important)
Pona bango (devant eux)
Nakomi tuna : Mondele akende (Je me demande : le colonisateur s'en est allé)
Lipanda tozuwaka o ya nani e? (Pour qui avons-nous obtenu l'indépendance ?)
Africa e (Oh ! l'Afrique
Ah e e Africa (Ah ! l'Afrique)
Eh e Africa (Eh ! l'Afrique)
O Lipanda (Où est ton indépendance ?)
Quarante ans après, au moment se célèbrent les cinquante ans des indépendances, la question demeure : « Eh e Africa O Lipanda ? »
Franklin Boukaka a été assassiné en 1972, dans la répression qui a suivi un coup d’Etat manqué contre feu le président Marien Ngouabi. Recensé parmi les ennemis du régime, il payait pour avoir chanté, entre autres, « Inua ya ngombè . Tala munwa u dia ngombe, wa meno wayuku bikola e mama... », qui se traduit ainsi : «Regardez la bouche qui se nourrit de viande et de bonne chair pendant que la mienne se contente de petites légumes ». Pour les tenants du régime l’allusion était claire.
Boukaka est mort à 32 ans. Le fils qu’il a laissé s’appelait Malcolm, comme Malcolm x. Il a aussi laissé une chanson à la gloire des Lumumba, Guevara, Ben Barka, Luthuli, Um Nyobé, etc., «Les immortels». Ses dernières paroles tombent ainsi : « Un vieux, que je considère toujours jeune, m'a dit un jour : " Mon petit, tout homme doit mourir un jour; mais toutes les morts n'ont pas la même signification ". »
Rappeler Boukaka au moment où le rappeur sénégalais Didier Awadi reprend le même refrain dans «Président d’Afrique», avec un rap féroce qui immortalise encore plus cette lignée continuée par Thomas Sankara, c’est ne pas désespérer de l’Afrique. Car quand la révolte est dans l’art, le souffle n’en meurt plus.
Ces rappels sonnent au moment où une Afrique qui a raté le rendez-vous avec les espérances du continent va sa célébrer ses complicités coupables nouées en cinquante ans de Françafrique. Les 31 mai et 1er juin 2010, Nicolas Sarkozy accueille les chefs d’Etat africains pour le sommet France-Afrique à Nice ; le 14 juillet 2010 ce sont les armées africaines qui sont appelées à défiler sur les Champs Elysées. Cela ne fera pas oublier qu’en 1945, quand les troupes qui ont libéré la France ont descendu cette avenue, on a tout fait pour qu’un seul «tirailleur sénégalais » n’y figure. Or, si le prix du sang versé sur cette terre de France n’offre pas cet honneur, toute autre forme de reconnaissance relève de l’hypocrisie.
Les cinquante ans d’indépendance sur le continent brillent d’un pâle « soleil ». De l’asservissement de la politique coloniale puis néocoloniale, on est passé au servage qu’impose la mondialisation. Qu’importe ce que diront les discours du sommet de Nice, la réalité est comme un soleil de midi.
A travers les textes rassemblés pour cette édition spéciale de Pambazuka News, on se rend compte combien les « indépendances » ont été des rêves manqués. Mais aussi combien les espoirs sont vivaces d’une aube nouvelle !
* Tidiane Kassé est le rédacteur en chef de l’édition française de Pambazuka News
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
L’indépendance, il y a cinquante ans! L’indépendance, depuis cinquante ans?
Prince Kum’a Ndumbe III
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/features/64716
Scènes et images de mes souvenirs
« Eh, Figure pour toi ? » « Figure pour toi ! » « Merde, figure pour toi ! »
Celui qui ne comprenait pas se retrouvait immédiatement à terre, le sang coulant sur les tempes. Les crosses de fusils n’épargnaient aucune tête ; les côtes de certains se retrouvaient cassées en quelques secondes. Tout le monde devait s’asseoir à même le sol, sur des flaques d’eau boueuses, les deux mains jointes derrière la nuque. Surtout les hommes. Peu de femmes traversaient le pont sur le Wouri à cette heure matinale. Nous les enfants, on nous laissait passer. Mais nous voyions nos pères, nos oncles torturés et déshonorés sur cette petite route qui relie le quartier de Bonassama au pont du Wouri. Personne n’avait le droit de parler, les camions jonchés de militaires s’alignaient à perte de vue.
Comment certains avaient-ils pu déchiffrer le code ? Quand les soldats vociféraient leur « figure pour toi ? », ceux-là sortaient spontanément leur carte d’identité et la tendaient aux soldats en armes. Ces Africains étaient élancés et bien noirs, ils ne venaient d’aucune région proche de Douala, ils arrachaient avec une extrême nervosité les cartes d’identité que les citoyens qui avaient compris leur présentaient, ils les lisaient même à l’envers, comme si la photo d’identité ne leur servait pas de repère pour savoir où était le haut et où était le bas de la carte. Ces soldats illettrés, venus peut-être du Tchad ou de la Centrafrique, se moquaient de cette « figure pour toi » qu’ils arrachaient des mains des citoyens qui se rendaient à leur travail de bon matin. Tout le monde dans le camion, les mains derrière la nuque ! Les malchanceux à terre sur les flaques d’eau !
Ce sont ces scènes que nous avons vécues souvent le matin, à Bonabéri, en voulant traverser le pont du Wouri pour aller à l’école, avant la fête de l’indépendance, et surtout des années après. Tous les enfants des écoles étaient partis au défilé de l’indépendance. En classe, le maître nous avait appris l’hymne. Chacun la connaissait par cœur. Ce jour-là, nous la chantions au pas militaire : un, deux ! un, deux ! un, deux !
Au Cameroun berceau de nos ancêtres
Autrefois tu vécus dans la barbarie
Comme un soleil tu commences à paraître
Peu à peu tu sors de ta sauvagerie !
Que tous tes enfants du Nord au Sud,
De l'Est à l'Ouest soient tout amour,
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leur devoir toujours.
REFRAIN
Chère patrie, terre chérie,
Tu es notre seul et vrai bonheur,
Notre joie et notre vie,
A toi l'amour et le grand honneur.
Nous étions donc des sauvages et des barbares, et nous le chantions avec fierté, à tue-tête. J’avais participé à ce défilé, mais je cherche en vain des images dans ma tête aujourd’hui. Je me souviens seulement que nous étions tous très fatigués. Ma sœur qui habitait au camp des chemins de fer à Bassa me dira aussi que régulièrement, en allant à l’école, on voyait des cadavres jonchant les rues, résultat des fusillades de la nuit. « Patriotes, avancez ! » « Soldats, attaquez, tirez ! » C’est ce qu’elle entendait la nuit, sous la fenêtre, morte de peur dans son lit.
Mais c’est du pont du Wouri qu’un jour, revenant du Collège Alfred Saker, en 1960, j’ai aperçu des flammes immenses et des fumées gigantesques un peu derrière le quartier Akwa. Plus tard, on nous dira que le quartier Congo avait brûlé. Je sais aujourd’hui que ce fut le 24 avril 1960 et qu’il y eut environ 2000 morts, selon certaines sources. Un de nos enseignants du collège Alfred Saker avait cessé de venir nous faire cours et la police avait fait son intrusion au collège pour le chercher. C’est alors que nous apprendrons que des hélicoptères avaient versé de l’essence au quartier Congo et que l’armée des « figure pour toi » avait encerclé tout le quartier pour que personne ne sorte pendant que les flammes nourries par l’essence dévoraient tout à leur passage. Aujourd’hui, plusieurs sources indiquent que ce fut du napalm.
En ces temps, on nous dira que notre professeur était devenu un maquisard, un criminel, un révolutionnaire, un communiste, un ennemi de la nation C’est cela que j’ai vécu les jours de l’indépendance, chez moi à Bonabéri, à Douala, où j’habitais. Ma mère ne dira jamais rien, elle ne faisait jamais de commentaires. C’est peut-être quinze ans plus tard, quand je lui demandais les documents de mon feu père décédé en mai 1957, donc avant l’indépendance, qu’elle m’avouera :
« Ton père était membre de l’Union des Populations du Cameroun, l’UPC, plusieurs réunions se tenaient ici à la maison. Le gouvernement disait que c’étaient des criminels à abattre. Après sa mort, j’ai enveloppé ses documents dans une grosse boîte en aluminium et je les ai enterrés derrière la maison. Je ne voulais pas que l’armée vienne nous tuer à cause de l’indépendance, je devais vous protéger et vous faire grandir. »
Eliminer les patriotes africains à tout prix et perpétrer la soumission en Afrique
Où fallait-il creuser derrière la maison ? Après quelques essais infructueux, j’ai dû abandonner, me disant que les termites auront eu raison de la boîte d’aluminium et des documents. Je ne tiendrai pas rigueur à ma mère puisque moi-même étudiant, j’apprendrai que Félix Moumié, autre leader de l’UPC, aura été empoisonné à Genève par les services secrets français, et étant en France, je suivis de près la parodie de procès fait au leader de l’UPC Ernest Ouandié et sa pendaison publique à Bafoussam le 15 janvier 1971.
Pour rendre hommage à Ouandié, J’ai réagi aussitôt en écrivant une pièce de théâtre, « Le soleil de l’aurore ». Je ne sais pas comment me l’expliquer, mais encore étudiant, j’ai rendu un vibrant hommage à ces « martyrs africains de janvier ». Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba a été assassiné, et ma première pièce de théâtre rédigée en 1968 en langue allemande, « Lumumba II. », lui a été consacrée. A mon premier enfant, une fille, j’ai donné le nom de Patricia.
Les Portugais ont assassiné Amilcar Cabral le 20 janvier 1973, et ma réaction immédiate a été la rédaction de la pièce de théâtre « Amilcar Cabral ou la tempête en Guinée Bissau » achevée en juin 1973. Même Sylvanus Olympio a été assassiné le 13 janvier 1963 au Togo. Est-ce une conjuration du mois de janvier pour définitivement faire taire tous ceux qui réclamaient une Afrique de la dignité ? Nous avions défilé pour l’indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960, et la peur régnait dans la ville, à Douala. Le couvre-feu réglementait les heures de sortie et les militaires tuaient à leur guise, sans rendre compte à personne. C’est ce que j’ai retenu de notre indépendance, encore jeune collégien des classes de sixième et cinquième.
Plus tard, au lycée en Allemagne, je suivrai en 1963, dans les journaux, la réunion à Addis-Abeba des chefs d’Etats de la nouvelle Afrique dite indépendante. Certains chefs d’Etats comme Kwame Nkrumah ou Ahmed Sékou Touré se rendront directement à Addis-Abeba et rentreront chez eux après, directement. Mais d’autres présidents, comme Senghor du Sénégal, Houphouët Boigny de Côte d’Ivoire, Ahmadou Ahidjo du Cameroun ou Léon Mba du Gabon se rendront d’abord à Paris, prendront un grande photo avec le Général de Gaulle au milieu, avant de se rendre à Addis-Abeba. Une fois la réunion terminée, ils retourneront à Paris, prendront une nouvelle photo avec le Général de Gaulle au milieu, avant de rentrer dans leurs capitales africaines.
La création des Etats-Unis d’Afrique en 1963 à Addis-Abeba ne pouvait qu’avorter. Comment des supposés chefs d’Etats pouvaient-ils aller prendre des instructions d’abord et aller rendre compte en groupe ensuite, à Paris, lorsqu’il s’agissait de créer un grand ensemble pour l’avenir du continent africain ? C’est à ce moment, au plus tard de ma jeunesse, que j’ai compris que l’Afrique avait perdu la bataille des indépendances, que nous vivions un cuisant échec dans la libération des pays africains. Le 24 février 1966, alors qu'il faisait un voyage en Chine, Nkrumah, encore dans l’avion pour Pékin, est renversé par un coup d’État militaire. Ce sont les Chinois qui le lui annonceront à sa descente d’avion. A Munich, je vois encore comment moi, jeune lycéen, j’assistai impuissant et révolté à la fête que les Allemands organisèrent à la maison des étudiants afro-asiatiques dirigée par un prêtre catholique. Ils avaient invité des étudiants ghanéens à célébrer ensemble la chute du défenseur du panafricanisme qu’était Nkrumah.
La leçon était claire pour moi : si tu veux être l’ami des Européens et Américains d’origine européenne, tu dois être contre les intérêts de l’Afrique et des Africains. Si tu oses défendre l’Afrique et tu dénonces le pillage de nos ressources, alors, tu es dénoncé comme maquisard, brigand, assassin, tueur, extrémiste, gauchiste. Ton seul salaire juste est d’être assassiné ou emprisonné sans espoir d’être libéré un jour. Et tous ces pays qui envoyaient leurs armées et leurs mercenaires, tous ces pays qui manipulaient nos enfants devenus traîtres d’eux-mêmes, tous ces pays qui brûlaient nos villes et nos villages, qui assassinaient nos enfants patriotes, oui, tous ces pays clamaient haut et fort être démocratiques, dépositaires des droits de l’homme, pays du progrès et de la liberté ! Il fallait nous clouer le bec à tout prix et nous isoler, nous qui avions le malheur de comprendre les mécanismes du système d’aliénation et de la nouvelle colonisation. Cela ne nous a pas empêché de danser. De danser au pas de « Indépendance, Cha cha ! »…
Independance Cha-cha to zuwi ye !
Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi
Oh Table Ronde cha-cha ba gagner oh!
Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye!
1. Asoreco na Abako
Bayokani Moto moko
Na Conakat na Cartel
Balingani na Front Commun
Bolikango, Kasavubu mpe Lumumba na Kalondji
Bolya, Tshombe, Kamitatu, oh Essandja, Mbuta Kanza. Ref/
2. Na Mnc, na Ugeco
Abazi, na Pdc
Na Psa, na African Jazz na Table Ronde mpe ba gagner! Ref/
Au fur et à mesure que je grandissais, je comprenais que pour avoir une place en Afrique, il fallait obligatoirement coucher avec les traîtres et l’Afrique. Même la nouvelle police nationale avait pour fonction de traquer tous ceux dont le cœur battait résolument pour le pays.
« Si tu ne pactises pas avec le nouveau colon, tu n’as pas de place au soleil dans l’Afrique indépendante. Et tu croupiras au fond des cachots ou tu crèveras de faim dans la misère. On t’isolera, et chez toi, tu seras un « nobody ! ». Tiens-le toi pour dit ! »
Assommant, ce que tous les signaux nous faisaient comprendre. Beaucoup de nos compatriotes se sont conformés à cette situation, même de vaillants pères, de vaillantes mères qui ont lutté pour l’indépendance se sont finalement rangés à cette nouvelle réalité politique de l’échec de nos indépendances. Pour survivre, ou simplement pour devenir « les gens bien de là-bas », on s’entend, on s’accommode pour régner chez soi en délégué régional d’une puissance étrangère ou d’une multinationale. On ne doit pas son pouvoir à nos populations, mais à un étranger stratégiquement et militairement puissant chez nous. C’est de lui que dépendra si on reste au pouvoir ou si on est éjecté ou tué. On ne vit qu’une seule fois, n’est-ce pas ? Alors, que voulez-vous …
En 2010, faut-il toujours mettre les intérêts de son peuple africain en second plan pour pouvoir diriger son pays ? La désillusion est venue chez bon nombre de nos dirigeants africains. Même ceux qui avaient accepté de pactiser avec les puissances ou multinationales étrangères pour accéder ou rester au pouvoir se sont retrouvés souvent humiliés par leurs interlocuteurs devenus bailleurs de fonds. Ils constataient avec amertume, dans l’isolement du pouvoir, combien il était difficile de mettre en avant les intérêts de son propre pays sans risque de perdre le pouvoir. La marge de manœuvre devient bien étroite dans cet exercice périlleux de la conservation du pouvoir.
Même des réformes profondes souhaitées par un chef d’Etat africain doivent être diluées dans un langage qui ne brusque pas le partenaire extérieur, véritable détenteur de la réalité du pouvoir à l’intérieur de nos pays. Les rencontres internationales comme le dernier sommet de Copenhague (Ndlr : sur le climat) ne font que confirmer le désarroi profond de nos dirigeants. Il est de notre devoir de saluer ces chefs d’Etat africains qui, dans des conditions aussi difficiles d’une indépendance dans la dépendance, ont essayé de gérer avec honneur et patriotisme.
* Le Prince des Bele Bele, Kum’a Ndumbe III, est écrivain, Docteur en histoire, Docteur en Etudes Germaniques (Université de Lyon II), titulaire d’une habilitation en Sciences politiques (Université Libre de Berlin). Il a enseigné aux Universités de Lyon II, Université Libre de Berlin et à l’Université de Yaoundé I. Il a fondé AfricAvenir International en 1985 à Douala.
* Ce texte est partie d’un discours prononcé lors de la Conférence inaugurale sur les 50 ans des indépendances africaines organisé par la Fondation AfricAvenir International, section d’Allemagne Fédérale, Berlin, 15 avril 2010. Il a été retravaillé le 17 mai 2010 en vue des célébrations officielles du Cinquentenaire au Cameroun. Il a été publié sur le site d'AfricAvenir: www.africavenir.org
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L’indépendance, il y a 50 ans : Institutions héritées et handicap d’une orientation vers le développement
Prince Kum’a Ndumbe III
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/features/64717
Pendant ces cinquante dernières années après l’échec durable des indépendances africaines, la question fondamentale de « Qui sommes-nous ? » et « Où allons-nous ? » n’a pas pu, dans la plupart des cas, obtenir de réponse satisfaisante, je ne parle même pas du début d’application d’une telle réponse ! Avec les indépendances, nous avons hérité d’institutions mises en place par le colonisateur lors de la période triomphante de domination sur nos terres. Nous avons continué à les utiliser, comme si elles avaient été créées pour l’intérêt suprême de nos populations. Or, on crée une institution pour mettre en application une politique voulue. Celui qui hérite et perpétue cette institution perpétue aussi cette politique qui est à l’origine de cette institution. Il n’est donc pas surprenant que les institutions en Afrique pérennisent la politique coloniale, même si une certaine couleur locale avec une fierté nationale embaument la nouvelle politique dans nos nations africaines.
Les Etats actuels eux-mêmes, institutions suprêmes, n’ont pas pu s’affranchir des frontières tracées par le colonisateur. Ce traçage, parfois avec la règle, comme on peut le constater sur nos cartes géographiques, s’est appuyé sur les intérêts du colonisateur et sur sa capacité à s’imposer vis-à-vis des autres colonisateurs en 1884 à Berlin. C’est dans ce traçage, qui a spolié de manière durable la cohésion de nos peuples qu’après 1960, que nous devons donc forger de nouvelles nations !
Or, l’histoire de l’Afrique nous apprend que nos peuples ont essentiellement vécu dans des Etats-Nations où plusieurs nations s’accordaient à reconnaître un chef suprême qui à son tour laissait à ces nations une marge de manœuvre importante à s’autogérer. L’Occident importe donc avec la colonisation un système centralisé de pouvoir, nécessaire à la domination extérieure et qui enlève à nos populations toute initiative réelle pour sa propre gestion. Ce système centralisé, même quand il laisse une petite place à nos populations pour les « affaires indigènes » de moindre importance, nous met entre parenthèses pour les décisions politiques majeures. Nous ne sommes concernés par les décisions que pour leur mise à exécution. La grande politique se fait et les décisions majeures se prennent à la métropole, hors du pays.
Nous en sommes encore là aujourd’hui, en 2010. On apprend à nos populations ce qu’il y a lieu de faire, mais les décisions et les orientations se prennent ailleurs, dans des communications entre nos chefs d’Etats et les métropoles hors du pays ou dans les grandes organisations internationales comme la Banque Mondiale, le FMI, etc. Nous sommes ainsi pris en otage dans nos propres pays dits indépendants, dans des structures et institutions qui nous handicapent dans notre élan de prendre nos destins en main.
C’est vrai que dans nos pays, on trouve des écoles, lycées et universités modernes, des églises et mosquées parfois de renom, des institutions judiciaires avec tribunaux modernes, des structures économiques et d’industrialisation, des infrastructures routières, hospitalières modernes qui affirment notre personnalité d’Africain moderne. Mais il vaut mieux souvent ne pas y regarder de près et rester dans l’illusion du progrès et du développement. Si vous voulez aller plus loin, posez certaines questions.
Aux écoles, lycées et universités, demandez ceci :
« Quel est l’héritage scientifique de l’Afrique millénaire que vous enseignez dans les différentes disciplines de vos institutions ? » « Dans quelle langue transmettez-vous le savoir ? » Ou alors, « Suggérez-vous dans vos transmissions du savoir que l’Afrique n’a jamais rien inventé depuis l’origine de l’humanité, savoir digne de figurer dans les programmes de transmission de savoir chez nous ? »
Aux institutions judiciaires et à leurs tribunaux modernes, demandez ceci :
« Sur quel code vous appuyez-vous pour dire la loi ? » « Quelle est l’origine africaine du Code Napoléon ou de la Common law ? » « Si ces codes sont si universels que vous le proclamez, pourquoi les Chinois ne les appliquent-ils pas aussi en Chine ? » « Qu’avez-vous fait des traditions judicaires de l’Afrique, du droit qui cadre avec nos mentalités, nos cultures et notre histoire millénaire ? »
Aux structures économiques et d’industrialisation, demandez ceci :
« Pourquoi l’essentiel de l’infrastructure routière et ferroviaire continue à relier l’intérieur du pays au port comme Douala au Cameroun, au lieu de connecter tout d’abord l’intérieur du pays ? » « Utilisez-vous déjà votre propre monnaie ou en êtes-vous toujours réduit à utiliser une monnaie étrangère comme depuis les années 1884 ? Le franc CFA des Comptoirs Français d’Afrique devenu, le 26 décembre 1945, le franc des Colonies Françaises d’Afrique, mué en 1958 en franc des Communautés Françaises d’Afrique, débaptisé aujourd’hui par l’UEMOA en franc des Communautés Financières d’Afrique et par la CEMAC en franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale, a-t-il une planche à billets toujours sous contrôle de la Banque de France et toujours garantie en Euro par le Trésor Français ? Entre la CEMAC et L’UEMOA, leur CFA respectifs sont-ils toujours ni convertibles ni interchangeables ? A quand une politique monétaire africaine sous notre propre contrôle, sans que la liberté monétaire ne soit une liberté de faire faillite ? »
Aux structures hospitalières modernes, demandez ceci :
« Quelle est la place de la médecine africaine héritée depuis des millénaires dans la formation de vos médecins et infirmiers et dans vos soins hospitaliers ? » « Pourquoi nos plantes médicinales sont-elles brevetées en occident par les occidentaux et reviennent dans nos structures hospitalières sous forme de médicaments importés ? »
Aux églises et mosquées, demandez ceci:
« Quel est l’héritage de l’Afrique, berceau de l’humanité, dans les religions professées dans vos églises et mosquées ? » « Pourquoi vos enseignements religieux se limitent-ils essentiellement aux deux derniers millénaires sur les 5,5 millions d’années que compte l’humanité ? » « Que dites-vous de l’apport religieux de l’Africain depuis les 150 000 ans où l’homo sapiens négroїde a fait son apparition en Afrique avant d’arriver en Europe il y a 40.000 ans ? » « Il n’y a donc de salut que quand il n’est pas d’origine africaine, même quand le Noir est le premier être humain sur terre comme Adam et Eve et que l’Afrique demeure le berceau de l’humanité ? Avez-vous révélé à vos Chrétiens dans vos Eglises d’Afrique que Enoch, qui fut enlevé par Dieu pour qu’il ne vît point la mort parce qu’il était agréable à Dieu, était un noir d’Ethiopie ? Vos Chrétiens africains savent-ils que Enoch a écrit son livre saint environ 40 à 80 ans avant le déluge de Noé, donc 9000 avant Jésus Christ, et que le Christ citait le livre de Enoch par cœur ? Où est le livre d’Enoch dans vos bibles depuis qu’il fut écarté de la bible par l’Evêque italien Filastrius de Brescia en 398 après Jésus Christ ? Vous rappelez-vous, au vu de ces dates d’Enoch, que la Genèse dans la bible ne date que de 1400 avant Jésus Christ ?»
Aux gouvernements, aux communautés urbaines et mairies, demandez ceci :
« Où sont les monuments des grands rois africains, des savants et inventeurs noirs, de nos martyrs qui ont dit non à l’invasion étrangère et qui ont payé de leurs vies ? Où sont les places, les rues qui portent leurs noms pour construire notre mémoire ? Où se trouvent les monuments, les places, les rues Lock Priso, Duala Manga Bell, Martin Paul Samba, Ruben Um Nyobé, Albert Ndogmo, Ernest Ouandié ou d’autres héros à Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua, Maroua ou ailleurs au Cameroun ? Pourquoi nos décideurs ont-ils si peur des repères, de la mémoire de notre peuple ? Ces questions sont à transposer dans chaque pays africain en cette année 2010, en nommant leurs héros respectifs »
Institutions et corruption
En répondant vous-mêmes à ces questions, vous vous serez rendu compte que nos institutions en Afrique traînent un handicap lourd pour une évolution vers le progrès et vers un développement au service de nos populations et de notre continent. Nos institutions sont demeurées essentiellement tournées vers l’extérieur, donc extraverties. Elles fonctionnent en Afrique au profit des Non Africains, avec les impôts payés par ces mêmes Africains. Quand le colonisateur s’est imposé chez nous au 19e siècle, il a utilisé des soldats mercenaires africains importés d’autres pays africains pour la conquête coloniale, comme les « cru boysè et soldats dahoméens, souvent venus de Ouiddah, utilisés par les Allemands pour leur campagne militaire au Cameroun.
Pour une bouchée de pain, ces Africains ont aidé le colonisateur comme soldats, porteurs et bordels dans sa conquête de notre pays. Mais d’autres Camerounais s’y sont aussi associés dans les mêmes conditions. Certains de nos rois ont accepté de se faire corrompre financièrement, pour ouvrir la porte au conquérant ou pour l’aider à avancer dans la lutte contre d’autres rois africains. La vision étriquée du profit individuel contre le sort de tout un peuple et la recherche du gain immédiat ont permis à la corruption de s’installer pendant la période coloniale comme moyen essentiel de la politique du colonisateur contre les colonisés.
Celui qui n’acceptait pas cette corruption était écarté, démis de ses fonctions, exilé ou assassiné. L’ordre colonial devait régner par tous les moyens ! Avec les indépendances qui ne devaient en aucun cas aboutir à l’indépendance réelle, il fallait corrompre des Africains pour obtenir d’eux de se dresser contre les patriotes en lutte, leur offrir des avantages personnels exorbitants et les orienter vers des stratégies de gain individuel au détriment de l’intérêt suprême du jeune Etat. La lutte pour le pouvoir se réduisit ainsi à une lutte pour un enrichissement personnel, immédiat et rapide.
En politique, il ne s’agit plus d’orientation stratégique pour faire avancer le pays selon telle ou telle conviction, mais de parvenir à sa part individuelle dans le partage du gâteau national. Dans une telle atmosphère politique, la corruption devient reine. Elle est alors le meilleur moyen de parvenir le plus rapidement possible à ses objectifs, puisqu’il ne s’agit pas de gagner les gens pour telle ou telle orientation politique, économique, philosophique ou spirituelle, mais de les enrichir un peu pour permettre au corrupteur d’avoir la voie libre à un enrichissement plus grand. Le corrupteur paie donc un droit de passage naturel.
En 2010, la corruption a gangrené les institutions de l’Etat post-colonial en Afrique à tel point que même les pays occidentaux qui l’ont introduite dans le système politique colonial s’en offusquent et sonnent l’alerte. En effet, grâce à l’indépendance relative, les fonctionnaires des institutions héritées sont devenus des nationaux. Or ces fonctionnaires exigent pour la moindre signature des pots-de-vin exorbitants. Il le font même aux anciens colons qu’ils ne laissent gagner aucun marché sans exiger leur 15%, voire 30% comme contre partie. La corruption s’est ainsi retournée contre celui qui l’a introduite dans le système politique et de gestion colonial, et l’Occident y perd énormément d’argent et de temps.
La lutte contre la corruption est d’une nécessité vitale pour les pays africains. Les chefs d’Etats qui en ont fait leur cheval de bataille dans leur pays doivent être soutenues par une mobilisation générale de la société contre ce cancer. Mais les textes de loi contre la corruption ne suffiront jamais pour l’amoindrir sensiblement. Les Africains ont besoin d’une orientation politique à laquelle ils adhèrent vraiment, à un projet de société qu’ils ont conçu eux-mêmes et qu’ils sont décidés à mettre en application. La question du pouvoir doit être réglée sur une base respectant nos traditions, nos mentalités et les convergences modernes des droits des peuples et des Droits de l’homme.
Ce concept basé sur un consensus général parce que largement discuté et accepté doit clarifier comment accéder et comment rester au pouvoir sans effusion de sang dans nos pays, les mécanismes doivent obliger tout un chacun au respect des règles admises, sans exception, et les institutions issues de ce consensus général doivent garantir la stabilité du système. En clair : on ne changera plus les institutions, ni surtout la Constitution au gré des opportunités. La Constitution deviendra alors une véritable loi fondamentale difficilement modifiable et le chef d’Etat devra à son tour s’en porter garant. Avec une ouverture politique dans les pays africains actuels, il est possible d’élaborer ce projet de société et de gagner l’adhésion des citoyens. Les populations décidées à gérer enfin leur destin collectif réduiront sensiblement l’espace de corruption dans la gestion des affaires publiques et veilleront au respect des institutions. Les pays africains auront alors fait un grand saut qualitatif.
* Le Prince des Bele Bele, Kum’a Ndumbe III, est écrivain, Docteur en histoire, Docteur en Etudes Germaniques (Université de Lyon II), titulaire d’une habilitation en Sciences politiques (Université Libre de Berlin).
* Ce texte est partie d’un discours prononcé lors de la Conférence inaugurale sur les 50 ans des indépendances africaines organisé par la Fondation AfricAvenir International, section d’Allemagne Fédérale, Berlin, 15 avril 2010.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
L’indépendance il y a 50 ans: Les chances pour une indépendance renforcée au 21è siècle
Prince Kum’a Ndumbe III,
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/features/64718
Le monde bouge, les géostratégies se transforment, l’Afrique a de nouveau ses chances. L’Europe coloniale des métropoles s’est muée en une puissante Union Européenne face à laquelle aucun Etat africain ne fait le poids tout seul. Mais à l’intérieur des rangs de l’Occident, il n’y a plus de délégation pour une représentation globale des intérêts de l’Occident, comme ce fut le cas pendant la guerre froide. La France, à cette époque-là, a eu le privilège de jouer le « gendarme de l’Afrique », grâce à la complicité et à la collaboration stratégique, politique, militaire et financière des autres pays occidentaux, y compris les Etats Unis. En 2010, les Etats-Unis d’Amérique entendent jouer leur rôle directement sur le continent africain et défendre leurs propres intérêts, sans intermédiaire européen.
Avec Barack Obama, fils d’un Kenyan à la tête des Etats-Unis, la perception de l’Afrique est un peu différente, les Etats-Unis attendent surtout de l’Afrique qu’elle s’émancipe de ses liens coloniaux avec l’Europe et qu’elle se définisse elle-même sur la scène internationale. Or cette scène internationale est aujourd’hui bousculée par la Chine de Pékin et par l’Inde. Face au traditionnel sommet franco-africain et au développement des sommets Europe - Afrique, la Chine a mis sur pied le sommet Chine - Afrique qui a réuni, en novembre 2006, quelque 48 chefs d’Etats Africains sur 53. Le président Chinois a déjà pris l’habitude de sillonner l’Afrique. Le sommet Inde-Afrique, avec la participation de 14 chefs d’Etats, vient de se terminer ce 9 avril 2010 à New Delhi et un nouveau rendez-vous est pris pour 2011.
A Abuja, au Nigeria, déjà en novembre 2006, se tenait le premier sommet Afrique-Amérique Latine, et en septembre 2009 se tint au Venezuela le 2e sommet Afrique-Amérique Latine avec 20 chefs d’Etats africains et 8 chefs d’Etats latino-américains. Le Brésil, avec 80 millions de Noirs et Métis, soit près de 48% de ses habitants, compte la deuxième population noire au monde après le Nigeria. Nous sommes donc loin du monde bipolaire est-ouest qui avait déterminé l’accession des pays africains à l’indépendance. Les tentatives des pays africains, asiatiques et latino-américains dans les années 1960 à 1980, pour un espace politique de non alignement, n’avaient pas réussi et les pays africains, dans leur écrasante majorité, étaient forcés à demeurer dans le camp occidental.
Aujourd’hui, nous sommes passés de l’hégémonie occidentale à un polycentrisme de fait dans la Realpolitik internationale. Il est significatif que les pays africains participent en bloc dans ces sommets, sous l’égide de l’Union africaine, et non plus en rangs dispersés. Les débats des années 1960 ont repris, avec des partisans qui militent pour une Union Africaine avec un gouvernement centralisant certains pouvoirs, et d’autres qui souhaiteraient voir en l’UA un club de chefs d’Etats n’engageant pas vraiment les pays jaloux de leur souveraineté.
Soyons sincères : les chefs d’Etats qui, depuis 1963, ont refusé un gouvernement africain centralisant certains pouvoirs, nous ont fait perdre du temps. Leurs calculs ne visaient que leur propre pouvoir personnel et celui de leurs mandataires extérieurs, ce qui peut se comprendre. Mais nous en avons assez ! La priorité des priorités d’une Afrique qui se veut indépendante est une Union Africaine avec un gouvernement central fédéral sous la forme d’Etats-Unis d’Afrique avec de solides structures d’intégration régionale et sous-régionale. Pour aller dans cette direction urgente, chaque Etat africain devrait se doter dès maintenant d’un ministère chargé de l’Unification de l’Afrique et de l’Intégration régionale.
Le travail de ce ministère consisterait à travailler en étroite collaboration avec tous les autres ministères d’un pays en question pour veiller à ce que les décisions majeures de chaque ministère aillent dans la direction de cette unification et de cette intégration. Ce ministère, dans un pays donné, serait en communication permanente avec les autres ministères du même genre installés dans les autres pays africains, pour la coordination des efforts communs au sein de l’Union Africaine actuelle.
On pourrait m’objecter : et la souveraineté nationale des Etats actuels ?
Ma réponse : nous avons besoin de patriotes africains à la tête de nos Etats actuels pour parvenir aux Etats-Unis d’Afrique. Ceux-là comprennent l’urgence de telles structures qui, dans chaque pays, sont, de toute façon, sous la tutelle de la présidence des Républiques actuelles. Les Etats-Unis d’Afrique ne vont pas abolir les structures ou le pouvoir politique local, mais permettront à l’Afrique de parler d’une seule voix devant des partenaires mondiaux devenus puissants. Ce n’est qu’en renouant avec ce concept des Etats-Unis d’Afrique des pères visionnaires de l’indépendance africaine que nous pourrons jeter les bases d’une monnaie unique et d’un développement africain authentique, centré sur nos besoins et respectant nos mentalités et notre vision du monde.
Il faudrait rendre un hommage mérité à Marcus Mosiah Garvey qui, le 1er août 1920, à New York, sous la bannière de l’UNIA (Universal Negro Improvement Association and African Communities League crée en août 1914), proclama les Etats-Unis d’Afrique et en devint le premier président (1) Par la suite, les panafricanistes W.E.B. Dubois, Kwame Nkrumah, des leaders du RDA comme Sékou Touré et autres plaideront pour les Etats-Unis de l’Afrique, sous une forme ou une autre, bien avant 1960 et aussi après, surtout pour faire face à la balkanisation du continent, ce morcellement qui a fait de nos Etats des entités incapables de survivre seuls.
L’Afrique a besoin de ses propres concepts pour son présent et pour son futur et nous disposons suffisamment de génie pour concevoir. Merci pour tous ces modèles importés. Ils nous ont assez détourné, ils nous ont assez ruiné comme ça ! Nous ne voulons pas devenir des pays dits émergeants avec des habitants pauvres. Nous ne voulons pas travailler pour les autres dans notre propre pays et vivre dans la misère parce que ce sont eux qui auront conçu notre travail, parce que ce sont eux qui auront conçu et financé l’exploitation de nos ressources. Que chaque gouvernement africain s’engage à s’impliquer dans ce slogan : « Concevoir l’Afrique et son destin, c’est l’affaire des Africains et de personne d’autre ! ».
Nous avons le génie pour, mettons les structures en place dans chaque pays en collaboration avec les politiques, les intellectuels, les chercheurs, les artistes, les écrivains, les créateurs, les dépositaires de la tradition africaine, avec toutes les couches de la population, réinventons notre culture de dialogue et de palabres africaines et en dix ans seulement l’Afrique aura fait un grand bond en avant. Nous aurons dégagé un consensus pour la direction commune à prendre, et les débats et travaux de l’Union Africaine à Addis-Abeba ne seront plus seulement réservés à des initiés ou à des experts si peu proches de nos populations. Avec des concepts de gouvernement et de développement basés sur un consensus propre aux Africains et à leur vision du monde, les conditions de bonne gouvernance, la promotion de l’esprit d’entreprise, l’atmosphère favorable aux investissements seront renforcés dans ce marché de plus d’un milliards d’habitants d’un continent très riche.
Le monde bouge, l’Afrique bouge et à l’intérieur des pays industrialisés les citoyens attendent une autre Afrique, une Afrique de la bonne gestion, une Afrique de l’espoir. Des citoyens dans ces pays se mobilisent pour que change la politique d’une Afrique qui doit seulement être pillée, pour que leurs pays développent une nouvelle conception d’une Afrique véritablement partenaire dans un jeu gagnant–gagnant, au-delà des slogans.
Ces mouvements ne font que s’amplifier et demandent le retour dans les pays africains des biens mal acquis détournés par les dirigeants et fonctionnaires africains et ayant obtenu un refuge peu honorable chez eux. Ces citoyens se battent pour une éthique politique et économique à l’intérieur de leur propre pays et ne veulent pas que cette éthique soit souillée par des dirigeants étrangers peu scrupuleux, fussent-ils africains. Ainsi, leur action pour une transparence dans la gestion chez eux devient un acte de solidarité pour les peuples africains.
Avec la révolution des nouvelles technologies de l’information, ces mouvements prennent une ampleur impressionnante dans une jonction transcontinentale. Les patriotes africains ne sont donc plus seuls quand ils réclament une gestion transparente des affaires dans leurs pays. La mobilisation est devenue mondiale, avec des structures de rencontres et d’échanges efficaces pour un monde plus juste.
L’Afrique est un continent d’avenir, et en 2010, les peuples africains aussi ont évolué. Ceux qui aujourd’hui ont cinquante ans n’ont pas connu le colonialisme direct dans plusieurs pays, ils ont d’autres comportements et ne voudraient plus attendre. En plus de cela, la population africaine est surtout jeune et la jeunesse tend à dépasser les 50% de la population dans beaucoup de pays. La jeunesse du monde entier sera de plus en plus africaine. En 2050, 29% des jeunes du monde seront des Africains et ils n’attendront pas encore quarante ans pour prendre leur destin en main. Le monde bouge et l’Afrique bouge. Les indépendances des années 1960 et 1970, malgré leurs échecs et insuffisances, ont été un tremplin important pour la construction des Etats du continent.
Cinquante ans après, nous disons que nous sommes prêts pour la deuxième étape de libération. Nous nous battons et nous continuerons à nous battre pour que l’Afrique avec ses immenses richesses soit habitée par des citoyens qui vivent dans la dignité financière et dans la dignité humaine. Alors, l’Afrique, cette Afrique-là, donnera le meilleur d’elle-même à l’humanité entière.
Note
1) Notons qu’après avoir mis en place une véritable Marine Nègre au travers de la Black Star Line, Garvey mit en place les jalons d’un Etat Panafricain et de son armée. Il le fit au travers de la première convention de l’UNIA qui eut lieu le 1er août 1920 à New York. La Convention rassembla des milliers de délégués du monde entier représentant la grande et puissante nation Nègre contemplée. Nation qui ne peut aller sans un corps armé constitué. Ainsi, devant des dizaines de milliers de personnes, d’importantes troupes défilèrent au pas cadencé. « Il y avait là la Légion d’Afrique dans sa tenue bleue foncée, aux pantalons à raies rouges avec l’épée pour les officiers ; il y avaient là les Infirmières de la Croix Noire ; « l’Universal Africa Motor Corps » ; « le Black Eagle Flying Corps » (Corps d’Aviation de l’Aigle Noir ») ; il y avait là les chœurs et les troupes spéciales des jeunes réservistes ».
Garvey alla même jusqu’à établir la noblesse du futur Etat Noir, parmi lesquels on pourrait citer le Duc du Nil, le Comte du Congo, le Vicomte du Niger, le Baron du Zambèze... On mit en place une véritable administration avec ses hauts conseils, ses juridictions et son exécutif, on adopta un drapeau (celui de l’UNIA), on composa même un hymne national (Ethiopie, toi terre de nos ancêtres), on rédigea et on adopta une « déclaration des droits des peuples noirs dans le Monde » et Marcus Mosiah Garvey fut élu Président intérimaire de l’Afrique. In : http://www.africamaat.com/Marcus-Garvey-1887-1940-Architecte
* Le Prince des Bele Bele, Kum’a Ndumbe III, est écrivain, Docteur en histoire, Docteur en Etudes Germaniques (Université de Lyon II), titulaire d’une habilitation en Sciences politiques (Université Libre de Berlin).
* Ce texte est partie d’un discours prononcé lors de la Conférence inaugurale sur les 50 ans des indépendances africaines organisé par la Fondation AfricAvenir International, section d’Allemagne Fédérale, Berlin, 15 avril 2010.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
La Françafrique a 50 ans
Sanou Mbaye
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/features/64721
Ce mois-ci les pays africains francophones vont célébrer le cinquantième anniversaire de leur indépendance et des liens qu’ils entretiennent avec la France. Ont-ils seulement de bonnes raisons de le faire, se demande Sanou Mbaye ?
Bien avant sa prise de fonction en 1958, le président français Charles de Gaulle avait prévu dès le lendemain de la seconde guerre mondiale, qu’une vague de nationalisme révolutionnaire allait déferler sur l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine et le Moyen-Orient. En tant que président, il a cherché à empêcher ce tsunami. Il a proposé aux leaders des colonies africaines françaises de négocier un accord d’indépendance.
Pour saisir son offre, les dirigeants devaient accepter, entre autres, de permettre le stationnement de troupes françaises sur leur territoire, de fournir à la France un bon stock de matières premières à des prix fixés à l’avance, de prendre en charge toutes les dettes contractées par la France pour les exploiter durant la période coloniale, de maintenir le franc CFA comme monnaie commune d’échange et d’accorder au Trésor français un droit de véto sur la gestion des deux banques centrales sous-régionales (la BCEAO et la BEAC). De Gaulle a obtenu quasiment tout ce qu’il a voulu et leur a accordé l’indépendance.
Depuis, l’Afrique francophone n’a fait que payer les frais de son indépendance. Les troupes françaises n’ont cessé d’intervenir au Tchad, au Gabon, au Zaïre, en République centrafricaine, au Togo et en Côte d’Ivoire pour mettre en place ou protéger des leaders complaisants, corrompus et incompétents, pour démettre les récalcitrants ou calmer l’agitation civile. Au Rwanda, la France est pointée du doigt quant au rôle qu’elle a prétendument joué dans le génocide de 1994.
Sur le front monétaire, les pays membres de la zone franc CFA ont démantelé la structure fédérale qui les unissait sous l’occupation française pour ériger des barrières commerciales. Les deux francs CFA émis par les deux banques centrales sous-régionales ne sont pas interchangeables, ce qui a pour effet d’étouffer le commerce régional et l’intégration économique.
Le franc CFA était ancré au franc français à une parité fixe artificiellement surévaluée. Comme la plupart des exportations des pays de la Zone Franc sont chiffrées en dollars américains et la majeure partie de leurs importations en franc français, les économies des pays de la Zone Franc ont été assujetties à des déficits structurels chroniques. Ces problèmes se sont aggravés sous le mandat de François Mitterrand, dont le Premier ministre Pierre Bérégovoy a poursuivi une politique de franc fort qui a fini par mener en 1994 à une dévaluation massive de 100 % du Franc CFA. L’euro s’est substitué au franc français en 2002. La monnaie européenne n’a cessé de s’apprécier contre le dollar jusqu’à récemment, ce qui a pour effet de provoquer la répétition du scénario du franc fort. L’ombre d’une seconde dévaluation n’en pèse que davantage avec chaque jour qui passe.
Plus horrifiant encore, la France s’est à l’origine portée garante de la libre convertibilité du Franc CFA en devises étrangères, à condition que les quinze pays de la zone franc déposent 100 % de leurs réserves étrangères dans un compte spécial au Trésor français. Ces montants, déduits directement de leurs recettes d’exportation, ont été par la suite réduits à 65 %, puis à 50 % en 2005. Toutefois, le taux de couverture de l’émission monétaire fixé à 20% dans la convention de 1962 est désormais supérieure à 110 %. De surcroît, un régime de contrôle des changes institué en 1993 limite le libre flux des capitaux à la France uniquement. La fuite massive des capitaux vers l’hexagone qui en résulte a rendu les économies des pays de la Zone Franc exsangues, érodé leur compétitivité, et remis aux calendes grecques leur processus d’industrialisation.
C’est bien dommage, car la situation économique dans les autres pays d’Afrique s’est améliorée au cours de ces dernières années – surtout en Afrique orientale et méridionale, où l’intégration économique se fait par le biais du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC).
Malheureusement, dans la partie occidentale du continent, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ne peut se targuer d’un pareil bilan. Perçue par la France comme d’obédience anglophone, elle n’a cessé d’être concurrencée dès son établissement par l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), deux organisations créées par les pays de la Zone Franc dans l’espoir risqué d’endiguer l’influence britannique, américaine et nigériane dans ce qui est perçu comme une chasse gardée française. Par conséquent, les pays membres de la CEDEAO ne participent pratiquement pas à la renaissance actuelle de l’Afrique – et la perspective d’une période de stagnation prolongée dans la Zone euro ne va certainement pas aider.
La relation déséquilibrée entre la France et ses anciennes colonies africaines n’est compréhensible que si on la juxtapose à l’état mental et psychologique des « pères des indépendances » d’il y a cinquante ans. Léopold Sédar Senghor, le premier président du Sénégal, était par exemple si convaincu de la suprématie des Blancs qu’il en écrivit cette fameuse phrase : « L’émotion est nègre comme la raison est hellène ». Léon Mba, le premier président du Gabon, était un si fervent francophile qu’il fit don de sa fortune personnelle à la France pour financer la construction d’un hôpital à Paris. De même, le fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny, a créé le mot « Françafrique » pour souligner l’osmose totale qui existe entre la France et ses anciennes colonies. Le soutien d’Houphouët-Boigny envers la politique française en Afrique l’a conduit à établir des liens diplomatiques avec le régime d’apartheid d’Afrique du Sud et à faire de son pays un relais d’approvisionnement pour les sécessionnistes biafrais au Nigeria.
Il était peu probable que de tels dirigeants remettent en cause le diktat de la France. Il en va de même pour leurs héritiers. Au Tchad, des Français mis en examen pour rapt d’enfants ont été libérés sur demande de la France. Au Mali, plusieurs terroristes suspects – membres d’une division locale d’Al Qaeda – ont été libérés en échange d’un seul otage français. Le président sénégalais Abdoulaye Wade a autrefois qualifié le franc CFA de relique de l’ère coloniale – mais c’était au temps où il était le leader de l’opposition. Il pense désormais que c’est la meilleure devise au monde.
Ce statu quo économique et psychique garantit que, cinquante ans après l’indépendance, l’émancipation de la Françafrique reste bien symbolique. S’il y a quelque chose à célébrer, c’est le fait qu’un nouveau rapport de force mondial se dessine, que le pouvoir économique se déplace vers les pays émergents, et que des modèles et des exemples neufs issus d’une génération nouvelle éduquée à l’ère de la mondialisation se préparent à prendre les rênes du pouvoir.
* Sanou Mbaye, économiste sénégalais, ancien fonctionnaire de la Banque Africaine de développement, et auteur de « L’Afrique au secours de l’Afrique », Ed. Atelier, 2009. Copyright : Project Syndicate, 2010.www.project-syndicate.org. Traduit de l’anglais par Aude Fondard
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1960–2010: La France et le cinquantenaire; 50 ans d’ingérence et de mépris ça suffit!
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/features/64719
- Disons non à la participation de nos armées au défilé du 14 juillet 2010 en France !
- Non aux accords de réadmission des expulsés !
- Non aux accords de pillage de l’Afrique dits de partenariat économique (APE) !
- Soutenons la marche de la dignité des sans-papiers de Paris à Nice !
«Naan lara an sara »
Si nous nous couchons, nous sommes morts
(Joseph Ki Zerbo)
Sens et enjeux de la Renaissance africaine
Un homme, une femme, un enfant, pétris dans des tonnes d’un bronze qui capte la lumière, se dressent vers l’Amérique et l’Europe, symbolisant une Afrique noire fière et debout, traitant d’égale à égale avec l’Occident. Cet homme, cette femme et cet enfant, figés dans ce mouvement, ont assurément du sens en ce début de XXIe siècle où notre inhumanité nous est encore signifiée.
Un nombre considérable de défenseurs de la dignité humaine bafouée à travers l’esclavage, le colonialisme et le néolibéralisme, dont de nombreux artistes et intellectuels avisés auraient pu être présents à Dakar le 3 avril 2010 (Ndlr : date d’inauguration du Monument de la Renaissance édifié par le président Abdoulaye Wade à Dakar) auraient pu être de cœur avec le président sénégalais et les dix neuf autres chefs d’État africains lors de l’inauguration du monument de la Renaissance africaine, si seulement l’exigence de la libération du continent de toutes ses chaînes, celles d’hier et d’aujourd’hui, avait été mise en avant.
La fête en aurait été fort belle ! Mais qui attire la lumière attire aussi la foudre. Et nos dirigeants, tous pétris dans le bronze de leurs ambitions souvent démesurées, se ressemblent dans leur amour des infrastructures prestigieuses et coûteuses comme dans leur souci de rattraper les autres, nos anciens maîtres et à présent les émergents. Ils s’exposent nécessairement à la colère de leurs peuples en désarroi parce qu’en danger de mort, faute de revenu décent, de nourriture saine et suffisante, de soins de santé, de logement et de perspectives d’avenir.
La taille visiblement monumentale de la statue de Dakar, son coût incontestablement trop élevé (Ndlr : 14 milliards de francs Cfa), les modalités forcément ambigües de son financement, sa réalisation par des Nord-Coréens là où Ousmane Sow, l’une des fiertés de l’Afrique, aurait excellé, suscitent des questions légitimes et bien des inquiétudes quand on considère l’immensité des besoins non satisfaits des Africains, en l’occurrence, les femmes et les enfants, les jeunes diplômés et non diplômés souvent sans emploi, les élèves et les étudiants qui manquent de tout, les malades et les migrants.
En nous demandant de nous approprier cette statue, le président Abdoulaye Wade nous facilite le travail de va-et-vient entre le local et le global, entre l’Afrique et le monde. Un tel travail s’impose dans l’indispensable examen du bilan du cinquantenaire de nos indépendances. La tournure actuelle du débat sur l’imposant monument, et d’une manière générale sur le cinquantenaire, tend à masquer des questions économiques, politiques, sociales et écologiques majeures.
Il en est ainsi du sens de l’Histoire tel qu’il se révèle, ici et maintenant, à la lumière de la crise du libre-échange que nos États ont endossée en camisole de force mais que la quasi-totalité de la classe politique revendique à présent. À quel moment commencerons-nous à doter les citoyens, notamment les femmes et les jeunes, d’outils d’analyse, de telle sorte qu’ils puissent s’imprégner des enjeux des mutations en cours et défendre leurs intérêts ? A quand le débat public de fond sur le lien entre le capitalisme mondialisé et le fardeau de la dette, la faim, le chômage massif et chronique, l’émigration forcée, le meurtre des innocents, les camps de refugiés et le viol des femmes ? La renaissance africaine est-elle crédible sans envisager la reconstruction de notre moi profond blessé, de nos économies laminées, de nos terroirs ravagés ?
Qui sommes-nous au terme de 50 ans de tentative de libération ?
L’érection, sur l’une des Mamelles de Dakar, d’un monument qui symbolise la renaissance africaine ravive nécessairement le débat sur la nature et l’évolution des relations entre nos pays et la France,
cette puissance coloniale, dont nous avons voulu nous libérer de l’emprise. Ravalement de façades et manifestations festives n’étanchent pas notre soif de vérité, d’humanité et de dignité.
A la question ontologique et légitime « Qui sommes-nous ? », question qui hante nécessairement les esprits dans un monde de plus en plus perturbé et violent, le président français Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, avait cru devoir répondre en réaffirmant la supériorité blanche et la nécessité de la mission civilisatrice. Nulle part ailleurs au monde, jamais auparavant, un président français ne s’était montré sous ce jour sombre qui dispute à la nuit coloniale, si arrogant, si condescendant, si méprisant. Mots mâchés, crachés, par son nègre qui persiste et signe.
Le discours de Dakar est le fondement idéologique de la politique africaine de l’ancienne métropole qui, en 50 ans, a parfois changé de méthode mais pas de dessein. Une politique faite d’ingérence, de mensonges et de violences politique, institutionnelle, policière et militaire. La violence est, bien entendu, symbolique. Elle vise sur ce plan à nous inculquer le sentiment de notre échec, un échec qui serait dû à nos institutions, à nos valeurs de société et de culture jugées rétrogrades. Il nous est ainsi jeté au visage que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Le refus de toute repentance, afin de ne pas répondre des crimes d’hier et de justifier des ingérences et des prédations d’aujourd’hui, fait dire au président français que « la colonisation fut une faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait tant ».
A nos enfants d’ouvrir les yeux, de ne plus regarder la civilisation mondiale comme une menace, comme l’ont trop souvent fait leurs aînés. La mondialisation néolibérale, cette « merveilleuse » aventure dont le continent noir serait le grand perdant, est aujourd’hui l’incarnation de cette « Histoire », puisque « jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir.
Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ». Le libéralisme triomphant que le Président français avait en tête au moment où il s’adressait en ces termes aux Africains est aujourd’hui dans l’impasse. Comme ici, là-bas la précarité, le chômage, la pauvreté s’aggravent. Comme ici, là-bas un grand nombre de citoyens ne voient plus la nécessité de la démocratie représentative, puisque les élus transfèrent à d’autres instances les pouvoirs que les peuples leur confient.
Les cinquante ans à venir seront de larmes, de feu et de sang si les dirigeants africains continuent de faire la part belle aux investisseurs étrangers en ignorant royalement l’appel au secours de leurs peuples en désarroi. Défaillant et mortifère là-bas où des garde-fous existent encore, le capitalisme prédateur est tout simplement calamiteux sous nos cieux.
La France de l’immigration choisie et le cinquantenaire
Tout aussi explicite que le discours de Dakar est la chasse à l’ennemi subsaharien. Elle est à l’aune à laquelle les pays africains qui commémorent le cinquantenaire de leurs indépendances devraient évaluer le chemin parcouru tant à l’intérieur de nos frontières que dans nos relations avec la France.
En septembre et octobre 2005, traités « d’illégaux » et de « clandestins », des centaines de jeunes originaires du Mali, du Cameroun, de la République Démocratique du Congo (RDC), etc., erraient au Maroc, en quête d’Europe. Ils ont fini par escalader les murs de barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Leur audace a été réprimée dans le sang. Les chiffres officiels font état de quatorze morts et de plusieurs centaines de blessés. Les arrestations et les expulsions qui ont immédiatement suivi se sont déroulées avec la même violence et des centaines de jeunes ont été abandonnés dans le désert, sans eau ni nourriture.
La criminalisation des migrants originaires des anciennes colonies françaises venait de franchir un tournant grave et sans précédent. « Personne ne veut de nous », relevait l’un des refoulés. Leur quête d’Europe se nourrissait d’une certaine idée de la France, celle d’une alliée potentielle dans un monde incertain, injuste et violent. Aujourd’hui, les refoulés, les expulsés et tous les assignés à résidence s’interrogent nécessairement sur le sens d’une indépendance qui, en cinquante ans, ne garantit pas à tous la liberté de mouvement et qui continue de saigner à blanc l’Afrique.
Combien sont partis mais jamais arrivés ?
Combien, dont les familles et spécialement les mères attendent et espèrent ?
Sous les dunes de sable et les cailloux des déserts, ils se dessèchent ou dorment à jamais dans l’Atlantique et la Méditerranée.
Ces hommes, ces femmes et ces enfants, de chair et non de bronze, veulent circuler librement mais deviennent des sans-papiers quand ils parviennent à franchir les murs de barbelés de l’Europe rêvée.
Détention, rétention, expulsion, réadmission par la force sur le premier sol où ils ont posé le pied.
Coalition d’une Europe mondialisatrice mais frileuse, dont les pays rejettent ceux qu’ils privent de papiers, se les repassent comme des pierres brûlantes dont ils construisent un mur toujours plus haut, vingt ans après la chute de celui de Berlin. La France abriterait ainsi quelques 122 zones d’attente où 98 % des demandeurs d’asile sont retenus et à partir desquelles les expulsions ont lieu. Quel est le sens des indépendances africaines pour les migrants qui vivent dans l’ombre et la peur
ou qui croupissent dans les camps de rétention externalisés ? L’Europe ne les reconnaît pas, ne les respecte pas, et l’Afrique fait semblant de ne pas les connaître !
Le tête-à-tête franco-africain
Le président français veut, semble-t-il, faire du cinquantenaire des indépendances africaines un levier et un tremplin en vue de resserrer avec les anciennes colonies d’Afrique le lien « historique », « spécifique », « unique », « privilégié » et « affectif » qu’elles entretiennent avec l’Hexagone. Les deux temps forts de cette célébration de « la fidélité », de « l’amitié » et de « la solidarité » sont le prochain Sommet Afrique-France qui aura lieu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010 et le défilé du 14 juillet 2010, auquel sont invités, en plus des chefs d’État, des détachements militaires des anciens territoires d’Afrique noire qui ont contribué à la libération de la France durant les guerres de 1914-1918 et de 1939-1945. Tam-tam, tambours et balafons résonneront dans l’Hexagone pour conforter l’illusion selon laquelle nos États sont souverains dès 1960 et, depuis, aidés par la France à se développer.
Les morts - qui ne sont pas morts comme l’évoque Birago Diop - peuvent désespérer des vivants, quand les causes pour lesquelles ils ont payé de leurs vies sont sacrifiées. Faut-il rappeler que, malgré les faits d’armes des coloniaux, ce sont des troupes soigneusement blanchies qui, en 1945, ont défilé sur les Champs Élysées pour célébrer la victoire de la France sur les Nazis. Faut-il se souvenir de l’amertume des Tirailleurs quand ils découvrirent, après la démobilisation, qu'ils devraient se satisfaire au mieux de pensions inférieures à celles de leurs compagnons d'armes européens, au pire d’un silence humiliant, enterrant vivants ceux qui s’étaient engagés corps et âmes pour défendre une ingrate « mère patrie », inhumant une deuxième fois dans le linceul de l’oubli les nombreux morts tombés au champ d’horreur. Allons-nous ajouter un insupportable fardeau moral à l’immense désespoir des jeunes générations victimes d’une mondialisation inégalitaire et violente, qui permet à l’Europe de s’octroyer le droit de trier, de refouler et d’expulser ceux dont elle estime ne pas avoir besoin ?
A la faveur du libéralisme mafieux et mortifère et avec l’aide de chefs d’État aux ordres, la France a réussi à s’emparer de bien des secteurs stratégiques des économies de ses anciennes colonies. Les grands groupes français tirent des profits juteux des secteurs pétrolier (Total), minier (l’uranium avec Areva), du bâtiment, du transport ferroviaire (Bouygues) et aérien (Air France), de l’eau et l’électricité (Bouygues, Electricité de France, la Lyonnaise des Eaux, Vivendi), des télécommunications (Bouygues, Orange) et des banques (Banque Nationale de Paris, Société Générale, Crédit Lyonnais). Loin d’être une survivance coloniale, le franc des « Colonies Françaises d’Afrique » (CFA), en devenant celui de la « Communauté Financière Africaine », traduit la continuité entre hier et aujourd’hui. Nous ne confions pas seulement l’essentiel de nos réserves de change au Trésor français : nous persévérons dans l’extraversion économique et, en dépit des apparences, dans la subordination.
Avantagés par la parité fixe avec l’euro dans les pays de la zone franc, ainsi que par les mécanismes de soutiens directs de l’État français, les grands groupes français ont la part belle dans le pré carré. La garantie monétaire dont nous bénéficions n’est pas un atout dans la mesure où les exportations de la zone franc sont libellées en dollar. Battre monnaie s’impose. Mais nous ne verrons pas pour autant le bout du tunnel aussi longtemps que nous caresserons l’illusion d’émerger et de prospérer durablement dans le cadre de l’échange inégal, corrupteur et destructeur du lien social et des écosystèmes.
Dans le jeu de dupes dit gagnant-gagnant, les élites africaines se trompent d’enjeux, de défis et de priorités. Le sommet Afrique / France de Nice aurait pu être l’heure de la vérité sur les choix macro-économiques qui sont à l’origine du chômage massif et chronique, de l’hémorragie migratoire et de cette incompréhensible envie de la jeunesse africaine de fuir. La France d’en haut, si tant est qu’elle l’ose, devrait être en mesure de comprendre aujourd’hui les sacrifices qui ont été exigés de nos pays au nom d’une efficacité et d’une compétitivité dont nous n’avions pas les moyens, à moins que nos États ne mettent leurs peuples au pain sec et à l’eau.
Des relations franco-africaines plus respectueuses de la dignité humaine sont possibles si un très grand nombre de femmes et d’hommes africains et français s’engagent à agir ensemble contre une logique économique qui ici, en Afrique comme ailleurs au Sud, broie et tue de faim, de maladie ou par balles et qui là-bas, en Occident, broie et tue à petit feu.
Ensemble, citoyens africains et français ont le droit de demander à leurs dirigeants réunis au Sommet de Nice : « Qu’avez-vous fait de nos économies et de nos vies ? »
Le rocher en feuilles
En Afrique, aujourd’hui en 2010, nous en sommes au même point qu’en 1960, à la recherche d’un monde différent, meilleur, parce que véritablement débarrassé des rapports de domination qui assujettissent et avilissent tout être humain. Notre imaginaire politique qui veut que l’indépendance et le développement économique riment avec une existence de femmes et d’hommes libres, fiers et dignes, n’a pas pris une seule ride en cinquante ans. Il appartient aux peuples d’inventer et de s’imposer une nouvelle culture économique qui tranche avec celle, actuelle, des gadgets qui nous enchaînent et mettent en péril l’environnement. La culture dont il s’agit est synonyme de rupture avec la logique du bien possédé et du tout, tout de suite, à tout prix.
Commençons par nous départir de l’idée de l’incontournabilité du néolibéralisme et du complexe d’infériorité des soi-disant perdants de la mondialisation, puisque celle-ci se révèle être un désastre. Laissons passer le fameux train de la croissance sans limites qui, visiblement, va droit dans le mur. Nous aurons comme compagnons de voyage un nombre considérable de citoyens du monde qui estiment que l’argent ne régit pas tout. L’Afrique, riche de valeurs sociales, culturelles et écologiques qui ne sont pas à vendre, saura faire face, dans cette perspective, à l’immense besoin d’humanité, de paix et de justice de ses peuples.
« Le rocher en feuilles », symbole de la persévérance dans l’effort et de l’espérance, pourra être le socle de toutes les réalisations, dont celui de la renaissance et de la reconstruction de l’Afrique. Bouna Boukary Dioura, poète malien, le décrit en ces termes :
« Vois ! Un jour l’on nous a dit
D’arroser un rocher
Jusqu’à ce qu’il verdisse
Car le rocher est dur.
Un rocher est éternel.
Les paresseux se sont retranchés
Disant à tout moment
« C’est folie »
Nous, on a commencé le même jour,
Et durant cinq ans ce fut une corvée
Et quand le rocher fut couvert de mousse
Il était minuit, minuit de septembre
Et nous l’avons baptisé Mali. »
La posture fière de l’homme, de la femme et de l’enfant africains devient dès lors une exigence morale et politique, une interpellation des dirigeants africains à penser et agir autrement, en commençant par décliner l’invitation de la France au défilé du 14 Juillet 2010 à Paris.
En France, une centaine de sans-papiers ont entrepris de marcher vers Nice, sur la côte d’Azur, où le Président français reçoit le 31 mai ses homologues africains. Défiler, c’est parader, c’est marcher ensemble la tête haute, regardant en hommes libres et égaux dans la même direction. Ces « illégaux », ces « sans-papiers », ces « clandestins », ces orphelins des Etats postcoloniaux sortent de l’ombre, se manifestent.
Alors...
- Soutenons la marche de la dignité des sans-papiers, de Paris vers Nice !
- Déclinons l’invitation de la France à défiler le 14 juillet 2010 à Paris !
- Non à la marche de l’humiliation de l’Afrique, ce jour-là sur les Champs-Elysées !
- Non aux accords de réadmission des expulsés !
- Non aux accords de pillage de l’Afrique dits de partenariat économique (APE) !
* Signataires :
Aminata Dramane TRAORE (Forum pour un Autre Mali) ;
Samir AMIN (Forum du Tiers-monde) ;
Bernard Founou (Forum du Tiers-monde) ;
Taoufik Ben Abdallah (Enda Tiers-monde) ;
Demba Moussa Dembélé (Forum des Alternatives) ;
Hamidou Magassa (CERNES) ;
Amadou Djikoroni (Association Repères) ;
David Sacko (Association Repères) ;
Mamadou Goïta (IRPAD) ;
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
Pourquoi boycotter Israël en 2010 ?
Agustín Velloso
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/comment/64722
L'apartheid en Afrique du Sud et le sionisme en Palestine
En 1948, l'État d'Israël s’est établi en Palestine et le Parti National a pris le pouvoir en Afrique du Sud, qu’il a gardé jusqu'en 1994. Immédiatement après et les années suivantes, les gouvernements des deux pays ont légiféré et agi de manière décisive contre les Palestiniens et les Noirs, en faveur, respectivement, des Juifs et des Afrikaners, Le but ultime du Parti national était de déplacer tous les Sud-Africains noirs dans des zones réservées pour eux, les bantoustans, et de leur accorder un permis pour se déplacer comme «travailleurs invités» sur le territoire réservé aux Afrikaners, environ 87% du pays.
L'objectif ultime du sionisme, incarné en Israël, est que son territoire (dont il n'a jamais défini les frontières) soit exclusivement pour les juifs du monde entier: «L'État d'Israël se considère comme la création du peuple juif tout entier et ses portes sont ouvertes, conformément à ses
lois, à tous les Juifs désireux d'immigrer. »
http://www.mfa.gov.il/MFA/ MFAArchive/2000_2009/2001/8 / The% 20Goals%
20of% 20Zionism% 20Today
Aussi bien les sionistes en Palestine que les Afrikaners en Afrique du Sud représentent une minorité en guerre contre la majorité de leurs habitants. Ils viennent à l’origine de l'étranger pour s'installer au milieu d'une vaste majorité de population autochtone, respectivement arabe et noire, non sans grave dommage pour celle-ci. Logiquement, leur domination ne peut être assurée que par la force des armes et par un système politique illégitime protégé par des lois répugnantes.
Pour les Blancs, les Noirs étaient une main-d’œuvre bon marché à leur service, sujets à tout type de restrictions et de sévices, tenus à s’y conformer sous peine de payer par l'emprisonnement ou même leur vie toute manifestation de protestation et de résistance. Les Palestiniens qui sont devenus contre leur gré des citoyens israéliens en 1948, ont été soumis à la loi martiale au cours des quinze années qui ont suivi (y compris les détentions arbitraires, c'est-à-dire non ordonnées par un juge, les déportations et les couvre-feux), contrairement aux Juifs qui n’étaient pas concernés par cette législation. Des terres appartenant aux Palestiniens ont été confisquées et par la suite destinées exclusivement à des Juifs. Ces populations ont vécu jusqu’à ce jour - et leur situation ne fait qu'empirer – en étant soumis à une large discrimination, légale de la part du gouvernement et de traitement par la majorité de la population juive.
Les Palestiniens vivant en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est quand Israël a occupé ces zones durant la guerre de 1967, sont restés depuis lors sous occupation militaire, soumis en outre à des attaques meurtrières, des déportations, des incarcérations massives, sans oublier le siège de Gaza depuis 2007.
Déshumanisation des Noirs et des Palestiniens
Le lieutenant-colonel Pienaar, qui commandait en mars 1960 la force de police responsable du massacre, à Sharpeville, des Noirs qui manifestaient contre l'apartheid, a déclaré après les événements : «La mentalité des indigènes ne leur permet pas de se réunir pour manifester pacifiquement. Pour eux, se rassembler signifie violence. » Il a également nié « avoir donné l'ordre de tirer » et a ajouté qu'il « l’aurait fait dans une telle situation. »
(Ambrose Reeves: The Sharpeville Massacre - A watershed in South Africa
http://www.sahistory.org.za/pages/library-resources/articles_papers/1960-sharpeville-massacre-rev-ambrose.html)
La déshumanisation de la victime est une composante essentielle de l'apartheid et du sionisme. Les mots par lesquels les dirigeants israéliens définissent les Palestiniens ne laissent aucun doute à ce sujet.
Rafael Eitan, chef de l'armée israélienne: «Quand nous aurons colonisé la terre, tout ce que les Arabes seront capables de faire, ce sera de courir d'un endroit à l'autre comme des cafards drogués dans une bouteille. »
http: / / news.bbc.co.uk / 2/Hi / middle_east/4034765.stm
Golda Meir, Premier ministre : «Quelque chose qui s'appelle le peuple palestinien, ça n’existe pas... Ce n'est pas que nous sommes arrivés et les avons jetés dehors, et pris possession de leur pays. Les Palestiniens n'existaient pas.» http://www.monabaker.com/quotes.htm
Menahem Begin, Premier ministre : (les Palestiniens) « sont des bêtes marchant sur deux jambes. » http://www.monabaker.com/quotes.htm
Les mensonges et la propagande comme politique parallèle à celle des crimes d'État
Israël refuse systématiquement de reconnaître les crimes qu'il commet, et ne peut le faire parce qu'il y a des témoins qu’il ne peut réduire au silence, comme les Palestiniens, ou parce que ces crimes sont d'une envergure énorme, comme l'attaque sur Gaza en décembre 2008. Donc il ment sur ce qui s'est passé et utilise la litanie des roquettes tirées par le Hamas, du droit à la légitime défense, des terroristes présumés qui s’apprêtaient à mener un attentat, et ainsi de suite.
Il le fait parce qu'il sait que l'opinion publique mondiale ne prendra pas la peine d'aller au-delà des gros titres en sa faveur et rares sont ceux qui vont voir les rapports des droits de l'homme des Nations unies, d’Amnesty International, de Human Rights Watch, sans parler des organisations de défense des droits humains des Palestiniens : le Centre palestinien pour les droits de l'homme, Badil, Stop the Wall etc., qui mettent en lumière les graves violations commises par Israël contre les Palestiniens de manière continue.
En Juin 2006, un obus tiré par l'armée israélienne a tué sept Palestiniens d’une même famille, dont cinq enfants, qui passaient la journée à la plage de Gaza. La machine de propagande d'Israël s’est immédiatement mise en route, et le monde a reçu l’information qu’une mine posée par le Hamas avait été la cause de ces morts. Il a fallu que Human Rights Watch envoie sur place un expert militaire, ancien conseiller du Pentagone, Marc Garlasco, pour que quelques médias se fassent l’écho de son rapport : « L'explication de l'armée israélienne est profondément erronée. Parmi les restes il y avait un éclat d'obus sur laquelle était gravé 155MM. Ce type de projectile est utilisé par Israël dans les canons avec lesquels il bombarde régulièrement le nord de Gaza »
http://www.guardian.co.uk/world/2006/jun/14/israel1
Les condamnations non suivies de sanctions de la communauté internationale équivalent à une collusion avec l'État-voyou
Le massacre de Sharpeville a provoqué une condamnation mondiale et l’appel à des sanctions. Dans les mois suivants, il y a eu diverses initiatives
diplomatiques, notamment l'abstention de la France et du Royaume-Uni pour le vote de la résolution du Conseil de sécurité appelant à la fin de l'apartheid (résolution S/4300) et l'opposition du représentant des Etats Unis, qui a critiqué l'imposition de sanctions contre l'Afrique du Sud et a déclaré que son pays allait s'y opposer.
Pour sa part, l'Assemblée générale, dans sa résolution non contraignante 1761, de 1962, invite ses membres à titre individuel ou collectivement, à rompre leurs relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud conformément à la Charte, ainsi qu’au boycott commercial et autres mesures similaires. En 1963, face à la tendance internationale croissante à punir et à isoler le régime d'apartheid, l'ambassadeur US auprès des Nations unies critique cette position avec l'argument selon lequel elle n’obtiendra pas le résultat souhaité et provoquera l'intransigeance du gouvernement sud-africain. Toutefois, des mesures mineures sont prises sur le commerce des armes, et on discute pour savoir si l'embargo doit faire la distinction entre les armes de répression interne et celles de défense, etc.
L’Afrique du Sud ignorera la résolution 276 de 1970 du Conseil de sécurité, soutenue par la Cour internationale de Justice, qui a déclaré illégale l'occupation de la Namibie par l'Afrique du Sud. La France et le Royaume-Uni se sont abstenus. En 1976, il y a un nouveau massacre de centaines de Noirs, dont de nombreux enfants, à Soweto. Cela provoque une vague de condamnations internationales et certaines entreprises étrangères commencent à retirer de l'argent du pays.
Desmond Tutu s’est rendu fin 1984 aux Etats Unis, où il a critiqué la politique de «dialogue constructif» de ce pays et a déclaré qu'on pourrait mettre fin à l'apartheid «dès demain» avec une politique de fermeté. Pendant ce temps, c’est dans la répression des Noirs que se manifeste la fermeté: le gouvernement décrète l'état d'urgence en 1986 et la police tue des centaines de manifestants tout au long de l'année.
Israël reçoit, dans le pire des cas, les condamnations pour des actes similaires et plus cruels. Toutefois, ce n’est pas par la rhétorique des présidents, de ministres des Affaires étrangères et secrétaires généraux de l'ONU que la justice pourra être servie, mais avec l'application rigoureuse de la loi, en cas de violations graves des droits de l'homme. En Palestine, il n'y a pas de justice, mais la communauté internationale s’attend à ce qu’il y ait la paix sans travailler pour établir ce préalable qu’est la justice.
La réponse de l'État-voyou aux protestations : la répression sans limites
En 1977, le chef du Mouvement de la Conscience noire, Stephen Biko, a été assassiné en garde à vue. Immédiatement, le gouvernement a arrêté d'autres dirigeants pour éviter les manifestations de rue.
La liste des dirigeants palestiniens assassinés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Palestine est longue et celle des prisonniers est incroyable : environ 10.000. Détenus pendant des années, sans procès dans de nombreux cas - ce qui est connu comme détention administrative -, torturés, sans aucun droit aux visites familiales, dans des conditions abjectes.
Personne n'est en sécurité avec un État-voyou comme Israël, ni les militants ni les Palestiniens étrangers à la résistance. Ni bien sûr les enfants qui ont le malheur de vivre dans une zone habitée par un membre de la résistance ou passant dans une rue où se déroule un « assassinat ciblé». En Juillet 2002, un missile israélien a tué le dirigeant du Hamas Salah Schéhadé, sa femme, ses enfants et plusieurs voisins. En 2009, une plainte pénale déposée en Espagne contre les auteurs, - qui, évidemment, n'ont été jugés ni en Israël ni ailleurs -, sur laquelle la justice espagnole s'est déclarée incompétente.
Israël a utilisé les plus sévères formes de répression contre toutes les formes de résistance, et pas seulement celle armée, comme veut le faire croire la propagande sioniste (omettant qu’elle est légitime contre une occupation militaire et en retour la qualifie de «terroristes»), mais contre tous les Palestiniens.
Le chiffre de quatre cents enfants tués par l'une des armées les plus puissantes du monde lors de l'attaque de Gaza en un mois, entre 2008 et 2009, donne une idée claire de ce qu'est le terrorisme. Celui-ci est pratiqué chaque jour des années par Israël et le «dès demain» de Tutu semble hors d'atteinte pour ceux qui sont encore en vie.
Les villages de Bi’ lin et Ni’ lin en Cisjordanie, internationalement connus pour leurs manifestations pacifiques et leur «résistance non-violente à l'occupation» contre le mur de séparation, ont enregistré des centaines de blessés, autant de personnes arrêtées et une douzaine de morts, des mains de l'armée la plus «morale du monde» et de ses tireurs d'élite, respectivement. http://www.rebelion.org/noticia.php id = 948
Grâce à la complicité internationale, Israël et l'Afrique du Sud se moquent de l’embargo
En 1977, la Résolution 418 du Conseil de sécurité déclare le commerce des armes avec l'Afrique du Sud «une menace à la paix» et adopte un embargo obligatoire sur celles-ci. Il convient de noter que l'apartheid n’est pas déclaré une menace à la paix, ce qui est surprenant, d'autant plus qu’il avait été en vigueur depuis 1948, soit 30 ans et que l'Afrique du Sud avait attaqué militairement les pays voisins.
Néanmoins, le pire est que l'embargo a été une farce, en grande partie parce que le Conseil de sécurité a créé un comité de sanctions, mais sans lui donner un système de contrôle. On a peine à croire que ce manquement était involontaire de la part de politiques au statut et à l'expérience en rapport avec leurs fonctions au Conseil de sécurité.
Selon le rapport des experts de l'ONU sur l’embargo et les sanctions de 1999, « il est évident que les armes ont continué à arriver en Afrique du Sud». La conclusion des experts est que «l'embargo sur les armes n'a pas réussi à affaiblir la capacité militaire de l'Afrique du Sud. Au contraire, le régime raciste a réussi à augmenter sa production interne d'armes. Il y a eu de nombreuses informations sur des échanges secrets d’armes avec d'autres pays et sur le fait que l'embargo n'est pas universellement respecté ». http://www.un.org/Docs/sc/ comités/sanctions/Background.doc
Israël a joué le rôle le plus important dans cette violation de l'embargo. Les échanges politiques et militaires entre les deux pays ne pouvaient pas être plus étroits, y compris les relations avec des dirigeants sud-africains qui étaient des nazis et le développement commun de technologies et d'armements nucléaires.
Le Premier ministre Rabin a reçu à Jérusalem en 1976 le Premier ministre d'Afrique du Sud Vorster, qui avaient été interné dans un camp de concentration britannique comme nazi et avait envoyé son armée envahir l'Angola. Lors du dîner de gala Rabin a porté un toast à « l'idéal commun de justice et de coexistence pacifique». Vorster a répondu en déclarant qu’«Israël et l'Afrique du Sud sont victimes des ennemis de la civilisation occidentale».
Les mensonges des gouvernants n'ont pas changé, ni les
relations internationales injustes. On peut consulter l'article
intéressant (dont la citation ci-dessus est extraite et qui présente de manière brève et précise le cœur du problème, également exposé dans plusieurs livres) : "Frères d’armes: pacte secret d'Israël avec Pretoria", de Chris McGreal, publié par The Guardian le 7 Février 2006.
Les Etats Unis, champions des États voyous et criminels
Loin des réunions bilatérales à Jérusalem, l'Assemblée générale reste confrontée au Conseil de sécurité en raison de l'apartheid. Le droit de veto antidémocratique des cinq membres permanents provoque l'enlisement des décisions de la majorité. Celle-ci a adopté en 1977 une recommandation d'embargo pétrolier contre l'Afrique du Sud, mais une fois encore les Etats Unis, la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays puissants se sont abstenus.
En 1981, avec l'arrivée de Reagan à la présidence américaine, le Département d'État annonce une politique de « dialogue constructif avec l'Afrique du Sud », une politique étrangère qui rappelle immédiatement celle de l'Espagne d'aujourd'hui. En réalité, cela signifiait alors un soutien à l'Afrique du Sud, comme aujourd'hui, on soutient Israël. Obama a dit la même chose au président du Liban lors de la visite de ce dernier à Washington en décembre 2009, se référant à la paix dans la région: «Ce que nous partageons est un engagement à résoudre ces problèmes par le dialogue et la négociation plutôt que par violence. »
[http://palestinethinktank.com/
2009/12/27/obama-and-suleiman- oubliez-la rhétorique-let-le
face-and-the-money-Tell-the story-/]
Les Etats Unis étaient même prêts à aller plus loin. Dans la même année 1981, ils ont rompu avec l'exigence commune de leurs alliés - Grande-Bretagne, France, Allemagne et Canada – envers l'Afrique du Sud de mettre en œuvre le plan des Nations Unies pour l'indépendance de la Namibie et le lient au retrait des troupes cubaines d'Angola . Dans les années suivantes les deux puissances mondiales, les Etats Unis et l'Union soviétique, s'affrontent par pays d'Afrique australe interposés, qui reçoivent des fournitures d'armes des uns et des autres.
Israël est depuis de nombreuses années le principal destinataire de l'aide militaire américaine. Une fois disparue l'Union soviétique, les Etats Unis, devenus désormais fournisseur universel, ont signé en août 2007 un accord avec Israël lui accordant une aide militaire de 30 milliards de dollars pour les dix prochaines années. Le même fournisseur prévoyait un autre accord militaire avec ses alliés arabes (Égypte et Arabie Saoudite) de 20 milliards.
Selon le New York Times, des fonctionnaires du département d'État ont qualifié cette aide d' "un investissement à long terme dans la paix."
[http://www.nytimes.com/2007/ 08/16/world/middleeast/16cnd- israel.html?
_r = 1 & hp]
On peut apprécier le véritable engagement américain en faveur de la paix au Moyen-Orient aujourd'hui, comme on le voyait en Afrique du Sud hier, à l'occasion de la dernière agression israélienne contre le Liban en 2006. En juillet de cette année-là, les Etats Unis ont bloqué une condamnation d'Israël par l'ONU et ont été le seul des quinze pays membres du Conseil de sécurité à bloquer la demande libanaise d'appel au cessez-le-feu et toute autre mesure relative à une cessation de l'attaque israélienne contre le Liban. En août 2006, ils ont intensifié l'envoi d'armes sophistiquées à Israël du type utilisé dans ses attaques aériennes, en particulier les bombes à guidage laser et par satellite, tout en multipliant les déclarations de sa secrétaire d'État Condoleezza Rice et de l'ambassadeur à l'ONU, Bolton du genre « le droit d'Israël à se défendre », « la cause principale du problème est le Hezbollah », « le président ne va pas prendre de décisions sur les questions militaires liées à Israël» recueillies par les agences du monde entier (Reuters , AP, Al-Jazira, etc.)
La communauté internationale appuie l'État criminel
En 1985, le gouverneur de la banque centrale sud-africaine s'est rendu en Europe à la recherche d'aide pour résoudre la crise financière de son pays, mais ne trouve pas de soutien. De leur côté, les travailleurs des mines d'or annoncent une grève pour augmenter la pression.
Les politiciens israéliens voyagent beaucoup en ces temps à l'Occident, quoique plus ou moins cachés dans la lumière des plaintes qui pleuvaient de divers pays afin d'apporter leur message de «l'autodéfense», «guerre contre le terrorisme islamique »et« l'attachement au processus de paix ", pour contrer leur image auprès des citoyens de ces pays. Malheureusement, ils sont reçus et pire, ils multiplient et améliorent les accords de toutes sortes dans tous les domaines entre l'UE et Israël, en dépit des lois internationales et européennes prévoient la suspension de la coopération avec les pays qui violent gravement les droits de l'homme.
Le soutien américain à Israël est la plus notoire, mais c'est une grave erreur de penser que l'UE a un rôle mineur. Les informations fournies ne laissent pas place au doute :
"L'UE et Israël sont engagés à élaborer un partenariat étroit qui est bénéfique dans les échanges politiques, et les finances, y compris la coopération sur les questions sociales, scientifiques, technologiques et culturels. L'objectif du plan d'action est d'intégrer progressivement Israël dans les politiques et programmes européens. Chaque mesure prise se fera par accord mutuel et le plan d'action est conçu pour refléter les intérêts et les priorités d'Israël et son niveau de développement. "
http://ec.europa.eu/external_relations/Israël/index_fr.htm
Peu importe que le partenariat euro-méditerranéen signé entre l'UE et Israël, publié en juin 2000 dans le Journal officiel des Communautés européennes, dans son article premier déclare que l'un des buts de l'accord est de « favoriser la coopération régionale, avec le but de renforcer la coexistence pacifique et la stabilité économique et politique. »
Son deuxième article déclare que «les relations entre les partenaires et les dispositions du présent accord doivent être fondées sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques qui guident leur politique intérieure et internationale et constituent un élément essentiel du présent accord"
http://www.delisr.ec.europa.eu/Anglais/content/eu_and_ pays/asso_agree_en.pdf
L'Espagne a des accords de coopération dans les domaines militaire, de l’énergie, de l’agriculture, de l’environnement, de la culture, de l'éducation, de la fiscalité et du tourisme, contribuant ainsi efficacement à l'occupation militaire israélienne. (Liste et textes des accords: http://www.embajada-israel.es/espana_israel.aspx )
En 1985, le gouvernement sud-africain interdit aux médias de rendre compte des manifestations dans les zones désignées comme étant en état d’urgence et restreint le mouvement des journalistes.
Le journal britannique The Guardian a indiqué le 10 Janvier 2009, que "pendant les deux semaines de bombardement de la bande de Gaza, la plupart des journalistes en ont été tenus à l'écart pour des raisons de sécurité. Les Israéliens semblent satisfaits du résultat "
http://www.guardian.co.uk/Reportersworld/2009/jan/10/gaza-israel-foreign journalistes
En Europe, il n'y a pas de protestations ou de plaintes contre cette violation de la liberté de l'information, et il n'y en a pas non plus en Espagne contre l'impossibilité d'accéder à partir des ordinateurs des bibliothèques publiques aux sites internet du Hamas, parce que les
techniciens ont des ordres des décideurs politiques de bloquer l'accès aux pages de la résistance. Avec la censure ici et le manque d'information sur la Palestine, les principaux journaux espagnols pontifient sur le problème islamiste au Moyen-Orient.
La collaboration et le soutien ne se passent pas seulement entre les gouvernements. De nombreuses autres institutions étatiques coopèrent également dans leur propre domaine: principalement les entreprises mais aussi les syndicats, universités, associations, etc.
Le "dialogue constructif", feu vert aux crimes d'Israël
En 1986, des commandos sud-africains attaquent des centres de l’ANC au Zimbabwe, au Botswana et en Zambie ; Botha justifie ces « attaques légitimes contre le terrorisme ». Il y avait alors quatre ans qu'Israël avait envahi le Liban pour attaquer les bases du Fatah, laissant des dizaines de milliers de morts et de déplacés internes, et des dégâts matériels considérables.
http://www.maannews.net/eng/ ViewDetails.aspx? id = 212235
Desmond Tutu signale à nouveau l'échec de la politique de «dialogue constructif» de Reagan, demande des sanctions économiques internationales et déclare qu'«il n'y a aucune garantie qu’elles puissent faire tomber de l'apartheid, mais c’est la seule option non-violente qui nous reste et il y a des chances qu’elle marche. » En 1989, Mobil, la seule grande entreprise encore présente en Afrique du Sud, annonce son retrait. Plusieurs entreprises prennent des mesures allant dans ce sens envers Israël, mais les progrès sont lents. On peut consulter à ce sujet le site web du Mouvement BDS : http://www.bdsmovement.net/?q = node / 4
En 1989, Mandela, toujours en prison, se retrouve avec Botha dans son bureau au Cap. Israël refuse toujours de rencontrer les représentants palestiniens démocratiquement élus lors des élections législatives de 2006, sous le regard d'observateurs internationaux, qui ont attesté de leur validité.
Le traitement par Israël des dirigeants palestiniens qui ne sont pas des collaborateurs, consiste à les éliminer par des «assassinats ciblés» (Abou Ali Mustafa, G Kanafani, Ahmed Yassine, Abdel Aziz Al-Rantissi etc.) ou à les enfermer pour la vie (Arafat, M. Barghouti , A. Saadat, etc.).
Le 11 février 1990 Mandela est libéré sans conditions, mais il maintient sa demande à la communauté internationale de maintenir la pression sur l'Afrique du Sud, faisant valoir que la levée des sanctions risquerait d’arrêter le processus vers la fin totale de l'apartheid. Quatre jours plus tard, 20.000 Afrikaners manifestent à Pretoria contre cette libération. Durant l'été 2005, dix mille colons manifestent près de Gaza contre le retrait des colonies à Gaza. La presse occidentale n’a pas signalé que, en vertu du droit international, ce retrait ne signifie pas la fin de l'occupation
militaire, vu que c'est le contrôle du territoire et non la position de l'occupant, qui définit celle-ci.
http://www.npr.org/templates/histoire/story.php?st4761855 & ps
L'État-voyou utilise tous les moyens à sa disposition
Au début des années 1990 on assiste à une recrudescence de la violence entre membres de l'ANC et ceux de l'Inkatha, faisant des centaines de morts. Mandela et d'autres dirigeants de l’ANC accusent la police de prendre le parti de l’Inkatha et contre l’ANC, dans un effort pour promouvoir les différences ethniques et d'affaiblir l’ANC dans ses négociations avec le gouvernement.
Après les élections dans les territoires occupés en 2006, certaines des actions du gouvernement israélien, fortement appuyé par des acteurs étrangers, en particulier les envoyés des Etats Unis, ont consisté à promouvoir avec une grande intensité les luttes intestines palestiniennes entre les deux grands partis Fatah et Hamas, avec le même résultat : des dizaines de morts, la violence accrue, et d'énormes dégâts à la cause nationale, ce qui joue en faveur des instigateurs.
Le 1er septembre 1990 est rendu public le rapport d'enquête du juge Richard Goldstone sur la mort de 18 manifestants par des tirs de la police, qui a eu lieu au mois de mars précédent à Sebokeng. Le rapport critique l'action de la police et dit que la police a utilisé une force "exorbitante et disproportionnée avec tout objectif légitime qu’elle aurait pu avoir."
http://www.nelsonmandela.org/OMalley/index.php/site/q/ 03lv02039/04lv02040/05lv02041. htm
Goldstone ne pouvait pas soupçonner que 20 ans plus tard il répéterait ses recherches en Israël et dans les Territoires occupés sur l’attaque de Gaza, à une échelle beaucoup plus grande. Bien que ce rapport ait contribué à lui forger une renommée internationale, Israël et ses alliés l’ont critiqué et ont fait tout leur possible pour le discréditer et évidemment pour nier les conséquences logiques des conclusions de son rapport : en faire la pierre angulaire d'un procès devant les organismes internationaux compétents pour les crimes de guerre et contre l'humanité.
La force de la résistance populaire: fermeté jusqu’à la victoire
En février 1991, les pays de la Communauté européenne décident de lever les sanctions économiques une fois que le Parlement sud-africain aura abrogé trois lois fondamentales de l'apartheid, mais Mandela menace immédiatement d’une mobilisation générale pour empêcher les investissements étrangers si l’accord est conclu. Pendant les deux années qui suivent (durant laquelle les sanctions seront partiellement levées) Mandela ne demande pas publiquement la fin des sanctions, qui se produit le 25 septembre 1993.
Deux semaines auparavant, Arafat et Rabin ont signé, avec le président Clinton, la Déclaration de principes, aussi connue comme l'Accord de Washington. Il n’est pas exigé d’Israël de reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien, de respecter le droit au retour des réfugiés, de renoncer à l’occupation, mais simplement d’accepter de négocier avec les Palestiniens. Ces derniers, de leur côté, acceptent d'entamer des pourparlers avec l'occupant et agresseur en échange d’un renoncement au droit international et d’un oubli des résolutions des Nations Unies sur le conflit israélo-palestinien. Aujourd'hui, on ne peut pas ne pas observer sans surprise et sans gêne le parcours réalisé par l'Autorité palestinienne durant les années gaspillées à "parler" à partir d'une position de faiblesse accusée avec un ennemi très puissant et implacable.
En 1993, Mandela et De Klerk reçoivent le Prix Nobel de la Paix. En mai 1994 le premier est élu comme premier président démocratiquement élu d'Afrique du Sud. En juin 1994, le Conseil de sécurité lève l'embargo sur les armes et Pretoria est de nouveau admis à l’ONU et dans toutes ses agences.
En 1994, Arafat, Rabin et Pérès reçoivent le Nobel de la Paix et le Prix Prince des Asturies pour la Concorde. Depuis cette date, la situation des Palestiniens n'a pas bougé. Bien au contraire, elle s'est détériorée considérablement et à certains égards, peut être considérée comme catastrophique. Soixante-trois ans se sont écoulés depuis la création de l'État d'Israël, durant laquelle sa position sur la scène internationale s'est accrue.
Les dirigeants palestiniens embarqués dans les négociations n'y ont rien gagné, si ce n’est un moyen de gagner leur vie. La résistance palestinienne opposée à ces négociations a été punie régulièrement et sévèrement par Israël et ses alliés. Toutefois, elle maintient la dignité, et ne cesse pas, de sorte que, grâce à elle, la situation n’est pas pire.
Le droit international, l'apartheid, le sionisme et l'occupation militaire
L'apartheid a été condamné par l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 1761 de 1962, comme une violation de la Charte des Nations Unies et une menace à la paix et la sécurité internationales. Le sionisme a été condamné par l'Assemblée générale des Nations Unies en
1975 "comme une forme de racisme et de discrimination raciale", dans sa résolution 3379. En 1991, celle-ci est devenue la seule résolution de l'ONU qui ait été révoqué et, depuis lors, la situation s'est progressivement détériorée pour les Palestiniens.
L'occupation militaire par Israël de territoires palestiniens a été déclarée illégale par le Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment par la Résolution 242, qui déclare irrecevable l'acquisition de terres par la guerre et exigeant le retrait de l'armée israélienne territoires occupés en juin 1967. De nombreux juifs israéliens nés dans d'autres pays, dont ils ont la nationalité, bénéficient de 87% des territoires palestiniens, tandis que les autochtones sont obligés de vivre dans des parties isolées les unes des autres dans les 13% restants, sans liberté de la mouvement, dans ce qui est également connu comme bantoustans palestiniens.
Le système de l'apartheid en Afrique du Sud comme l'occupation militaire en Palestine, sont contraires au droit international et cela ressort d'innombrables documents de l'Organisation des Nations Unies et de ses organes subsidiaires. On peut consulter "L'Organisation des Nations Unies dans la lutte contre l'apartheid" et «La question de Palestine à l'Organisation des Nations Unies».
Cependant, cette reconnaissance a peu servi à ses victimes, car bien que la législation internationale exige que les pays membres de l'ONU agissent contre ces systèmes avec les moyens à leur disposition pour les éradiquer, l'histoire montre que c'est plutôt le contraire qu'ils ont fait pendant de nombreuses années dans le cas sud-africain et qu’ils continuent à faire dans le cas de la Palestine.
La situation politique des Noirs sud-africains a changé en 1994, avec la fin de l'apartheid et la présidence de Nelson Mandela, mais les Palestiniens, qui ont aussi connu un tournant apparent en 1994 avec l'arrivée d'Arafat dans les territoires occupés et sa présidence l'Autorité palestinienne, s'est détériorée depuis lors jusqu'à une situation extrême, en particulier à Gaza.
Desmond Tutu, archevêque émérite du Cap, a déclaré après le dernier de ses voyages en Palestine : "A passer par les check-points je me rappelais comment les choses s'étaient passées dans mon pays sous l'apartheid: l'arrogance des policiers et des soldats, tu dépends de leur volonté pour passer ou non. Mais il y a des choses qui se passent en Israël et ne se sont jamais passés dans l’Afrique du Sud de l'apartheid, par exemple, les châtiments collectifs ».
http://www.guardian.co.uk/ books/2009/may/28/hay- festival de-tutu-Israël-Palestine-solution
Ces châtiments collectifs constituent un crime de guerre en vertu du droit international, en particulier les lois de la guerre et la Quatrième Convention de Genève de 1949. Conformément à la loi, les Palestiniens sous occupation sont des personnes protégées et le châtiment collectif qu'Israël leur applique est donc un crime de guerre. La peine pour les criminels de guerre, émise dans les procès de Nuremberg et de Tokyo, est la peine capitale, qui peut être commuée en réclusion à perpétuité. Plus les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité d'Israël en Palestine redoublent, comme ailleurs au Moyen-Orient, un nombre croissant de pays signataires de la Charte des Nations Unies, sans renoncer à celle-ci, modifient leur législation nationale pour empêcher leurs juges d’agir contre les responsables.
L'Espagne est parmi eux. Cela s'est produit avec La loi organique 6/1985 du 1er juillet, du pouvoir judiciaire, en particulier l'article 23.4.
Lire: Espagne : Un coup contre la justice universelle, par Javier Chincon Alvarez
L'ONU et les sanctions face à l'apartheid et à l'occupation militaire
Le laxisme inépuisable de la communauté internationale et le soutien vital des Etats Unis et de l'Union européenne à Israël sont en contraste avec les dizaines de résolutions du Conseil de sécurité sur l'Afrique du Sud, qui a fait l'objet de diverses mesures de la pression de la part de cette communauté de 1960 à 1994. La communauté internationale, euphémisme pour désigner les Etats Unis et leurs comparses, continue à ne pas réagir à l'énormité des crimes commis par Israël depuis 1948 contre les Palestiniens et les pays de la région, notamment le Liban (de manière cruelle) en 2006.
Il n'y a pas de cas similaires dans le monde pour la durée - à partir du moment de la création de l’État d’Israël il y a 62 ans -, et pour la cruauté : des millions de réfugiés sans possibilité de retour, des milliers de morts, de blessés, d’emprisonnés, de torturés, d’expulsés de leurs maisons sans recours possible à la justice ni droit à une indemnisation, des générations qui se succèdent sous l'occupation militaire, avec la destruction de maisons, de biens, de cultures, d’infrastructures ...
Il est clair que Israël n'a aucun scrupule à commettre autant de violations qu’il le souhaite, ni ne recule devant leur gravité, bien au contraire, parce qu'il sait qu'on ne le jugera pas pour ça. Gaza a récemment été un exemple parfait de complicité internationale avec Israël, s’il en fallait encore un après plus de soixante ans de tolérance.
Tout cela sous les yeux du Conseil de sécurité des Nations Unies, doté de manière spécifique par la Charte des Nations Unies de «la responsabilité primordiale du maintien de la paix et de la sécurité internationales ». La Charte ajoute que «dans l'accomplissement de ces devoirs, le Conseil de
sécurité agira conformément aux buts et principes des Nations Unies." Elle indique également que «les Membres de l'Organisation conviennent d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil de sécurité en vertu de la présente Charte».
http://www.un.org/fr/documents/charter/chap5.shtml
Le premier responsable de l’impunité israélienne, ce sont les Etats Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, pays le plus puissant sur terre et principal soutien d'Israël, qui ne cesse d’opposer des veto à toutes les résolutions condamnant Israël. Ce sont les États, individuellement et ensemble, en particulier au sein de l'Organisation des Nations Unies, qui détiennent les instruments juridiques et la force de coercition nécessaires pour maintenir la paix et le respect des droits de l'homme dans le monde.
Par conséquent, outre qu'elle est contraire au droit international et au sens commun, il est immoral, ainsi que nuisible pour le bien-être de l'humanité et les idéaux de justice, de liberté, d'égalité et de progrès pour tous les peuples, que ce soient les États qui permettent et même encouragent Israël à bien des égards. Il existe plusieurs mesures et sanctions internationales contre les systèmes politiques du type ici décrit, qui ont été utilisées dans différents contextes:
http://www.globalpolicy.org/component/content/article/202 / 42346.html
(Lois et règlements applicables dans le cas de sanctions et rôle des organisations internationales)
http://www.scn.org/wwfor/ iraqlaw.html (la législation internationale et les sanctions)
Les sanctions peuvent être diplomatiques, économiques et militaires. Ce que je tiens surtout à souligner ici, c'est tout d'abord que ces mesures sont conçues pour être utilisées lorsque la gravité de la situation l'exige, d'autre part elle sont une tactique, pas une fin. On ne peut pas brandir contre la mise en œuvre de ces mesures un prétendu droit d'Israël à se défendre, et encore moins l'existence d'un processus de paix, qui est inférieur à l'égard du droit international (qui de plus est constamment violé par Israël), et encore moins une guerre contre une menace islamiste présumée.
Les crimes qu'Israël a commis et commet encore sans aucune perspective d’y mettre fin exigent l’application immédiate de sanctions par les autres pays pour y mettre fin et empêcher leur multiplication. Une fois cet objectif atteint, les mesures disparaîtront, puisque ce qui est recherché, c’est d'isoler un gouvernement qui, pour son propre compte ou avec le soutien de son peuple, porte gravement atteinte à la Charte des Nations Unies.
La campagne BDS contre Israël et l'expérience du cas sud-africain
Face à la persistance de graves violations des droits de l'homme et du droit international par Israël et la complicité de la communauté internationale, un nombre croissant de personnes dans le monde se retrouvent aux côtés de la victime pour tenter de mettre fin à ces violations. Dans le cas de l'Afrique du Sud, comme les gouvernements, les institutions internationales et les grandes entreprises étaient restés silencieux et n’ont rejoint que très lentement la lutte de masse plus ou moins organisés. Ce sont des individus en petits groupes à travers des libres associations et des activités à petite échelle qui ont augmenté au fil du temps et ont gagné le respect et la force, qui ont mené le combat contre l'injustice, l'inhumanité et l'impunité.
Il ne s’agit pas d’une lutte contre les Israéliens, ni contre les Sud-Africains, ou d'une lutte contre les juifs, autrement dit une manifestation d'antisémitisme, comme ce n'était pas une contre les Blancs, parce qu’ils étaient blancs, mais une action contre la discrimination des Palestiniens en Israël et l'occupation militaire par celui-ci de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Ce mouvement populaire est connu sous le nom de mouvement ou de campagne BDS, qui signifie en anglais, mouvement mondial de boycott, désinvestissement et sanctions pour la Palestine.
http://www.bdsmovement.net/
Comme indiqué dans ce site, « le 9 Juillet 2005, après l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice sur le mur de séparation qu'Israël construit illégalement sur des terres palestiniennes, la grande majorité des citoyens palestiniens a appelé les citoyens du monde préoccupés par la situation en Palestine au boycott d'Israël, de la même
manière qu’on a boycotté l'Afrique du Sud sous l'apartheid, jusqu'à ce qu'il se conforme entièrement au droit international et reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination. »
Avec ce mouvement à la fois palestinien et international, ses partisans tentent de faire pression sur Israël pour mettre fin pacifiquement à l'occupation et à l'agression contre les Palestiniens. Comme on le voit, l'un des piliers de la campagne est précisément le rappel de l'histoire du boycott contre l'Afrique du Sud. L'attaque israélienne folle contre Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009, qui a provoqué 20 fois plus de morts qu’à Sharpeville, plus de 5000 blessés et des dégâts incalculables, a donné une impulsion au mouvement BDS, qui a cinq ans d’âge.
Le rôle des citoyens conscients et les risques qu'ils prennent
Tandis que les politiciens occidentaux continuent leur farce sur la paix et le dialogue entre l'agresseur et la victime, des milliers de personnes sont arrêtées au milieu des années quatre-vingt dans de nombreuses villes du monde entier pour avoir manifesté en faveur du Mouvement pour la liberté en Afrique du Sud.
Aujourd'hui les partisans du BDS font face à une menace sérieuse de leurs propres autorités. Le nombre de ceux qui sont persécutés dans les pays démocratiques occidentaux augmente. Le maire de la ville française de Seclin, Jean-Claude Willem, a appelé à boycotter Israël. Il a été jugé et condamné à une amende de 1000 euros en 2002, mais son châtiment ne s'arrête pas là. Ayant porté l'affaire devant la Cour européenne des Droits de l'homme, il a perdu de nouveau, car celle-ci a estimé que son action « correspondait à une action discriminatoire et donc condamnable».
Lire : A propos de la décision de la Cour de justice européenne contre Jean-Claude Willem
Cinq militants BDS écossais sont jugés ces jours-ci pour «comportement raciste», pour une protestation contre le siège israélien de la bande de Gaza. Ils ont interrompu une représentation au Festival international d'Édimbourg, en 2008, du Jerusalem Quartet, composé de quatre musiciens
qui affichent le titre d ' «ambassadeurs culturels» de l'État d'Israël et de "musiciens distingués des Forces de défense israéliennes."
La répression contre les partisans du BDS se manifeste en Espagne, où la police a violemment réprimé des militants dans plusieurs villes pour avoir manifesté leur soutien à un boycott pacifique d'Israël. Israël augmente la pression sur les gouvernements des pays alliés pour qu’ils poursuivent et répriment les actions BDS. Pour cela il utilise une fois de plus l'argument éculé de la « montée de l'antisémitisme en Europe», « la menace de destruction d'Israël », «les liens terroristes internationaux ».
Conclusion
Les crimes odieux commis par Israël à Gaza il y a un peu plus d'un an, ont une fois de plus rappelé à ceux qui se préoccupent des Droits de l'homme, qu’il n'est pas acceptable moralement et qu’on ne peut raisonnablement attendre d'institutions internationales ou des gouvernants qu’ils se conforment à la loi qu’ils ont eux-mêmes adoptées pour préserver ces droits selon l'Organisation des Nations Unies:
«Nous, peuples des Nations Unies,
Résolus
à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,»
(Préambule de la Charte des Nations Unies)
De plus, bien avant l'assaut sur Gaza, Israël a pratiqué dans ses 62 ans d'histoire des violations du droit international, et rien n’indique qu’il va y mettre fin sans intervention extérieure. C'est pourquoi, avec l'exemple de ce qui s'est passé pour l'apartheid en Afrique du Sud au siècle dernier, il y a urgence à s’unir et à s’organiser aux côtés des victimes, les Palestiniens aujourd'hui, comme hier les Noirs, pour faire cesser ces violations.
* Agustín Velloso est professeur d"éducation comparée, éducation et développement - problèmes du tiers monde, à l'Université nationale d'éducation à distance (Espagne). Ses recherches et publications portent principalement sur l'éducation des réfugiés, l'éducation et la politique en Irak, en Palestine et au Sahara occidental ainsi que sur la Guinée équatoriale. – Texte traduit par Fausto Giudice
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Plaidoyers & campagnes
XXVe sommet Afrique-France: Chassées d’ici, pillées là-bas!
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/64720
Nice accueille, les 31 mai et 1er juin, le XXVe Sommet des chefs d’État de France et d’Afrique, un moment essentiel de la politique africaine de la France. Ces sommets réguliers, qui offrent à des chefs d’État souvent criminels et corrompus l’occasion d’asseoir leur impunité, ont pour objectif de renforcer les liens politiques, économiques et militaires entre la France et ses anciennes colonies africaines, ainsi qu’avec les pays extérieurs à son traditionnel « pré-carré ». Celui-ci sera en particulier l’occasion de favoriser les « affaires », avec plus de 200 entreprises françaises et africaines invitées...
Cette politique françafricaine encourage le pillage des ressources naturelles et humaines par le contrôle monétaire du franc CFA, la dette, la déréglementation et la casse des services publics réclamées par les institutions multilatérales, le détournement massif de capitaux via les paradis fiscaux... Mais aussi par le recours à l’immigration choisie et le soutien à des gouvernements qui méprisent démocratie et droits humains.
Cette politique françafricaine est l’un des moteurs d’une émigration qui ne pourra qu’augmenter, stimulée par le changement climatique, le saccage environnemental et social qui accompagne le pillage des ressources et la concurrence déloyale des exportations agricoles des pays riches ou émergents. Pour des millions de personnes, la seule possibilité est l’exode vers l’Europe où elles enrichissent pays d’accueil et entreprises par leur travail, leurs cotisations, leurs impôts même si souvent sans papiers, elles sont privées de leur droits légitimes.
La France, dans une Europe forteresse, dénonce hypocritement l’afflux de réfugiés économiques et climatiques qu’elle contribue à créer plutôt que d’agir directement sur les causes, qu’une aide au développement trop souvent détournée de ses objectifs ne parviendra jamais à combattre efficacement.
Nous dénonçons la double dimension de la politique de la France vis-à-vis de l’Afrique :
Une politique extérieure, prédatrice au niveau économique, destructrice de l’environnement et contraire à l’intérêt des peuples africains et français,
Une politique migratoire, qui désigne des boucs émissaires quand il faudrait aider et régulariser.
Nous, réseaux militants et simples citoyennes, nous nous sommes rassemblées pour proposer en amont et pendant ce sommet officiel le maximum d’événements publics en vue d’informer et de mobiliser sur ces thèmes.
Pour plus d’infos : http://local.attac.org/attac06/
* Premiers signataires :
ADN, Artisans du Monde-Nice, ATTAC France, CADTM France, Cantine Piedanlepla, CETIM, Collectif Anarchiste des Alpes Maritimes (CAAM), COVIAM, Emancipation, Europe Ecologie 06, Greenpeace-Nice, Jeunes Communistes 06, journal Le Patriote, LDH Nice Cannes-Grasse et région PACA, Les Alternatifs, MRAP-06, Nice Citoyenne et Altermondialiste (NICEA), No Vox, NPA, PCF-06, PECOS, RESF-06, Sud-Solidaires 06, Survie, Vie &Partages
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Arts & livres
50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique?
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/books/64723
Une trentaine d’intellectuels africains viennent de publier un ouvrage collectif intitulé ‘’50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique’’ (Editions Philippe Rey, avril 2010, 640 pages), un livre dans lequel ils se prononcent librement, de façon analytique et critique, sur un demi-siècle d’exercice du pouvoir par les Africains eux-mêmes.
Il s’agit de dresser ‘’le bilan de ces cinquante années de liberté réelle ou illusoire, de construction ou de déconstruction, voire de destruction du continent’’, explique, dans son avant-propos, le coordinateur du livre, l’ancien ministre sénégalais de la Culture, Makhliy Gassama.
‘’Mon pari porte moins sur les thèmes que sur les auteurs’’, explique Gassama pour qui ‘’il ne s’agit ni d’un manuel d’histoire, appauvri par des préoccupations pédagogiques, ni des actes d’un colloque dont les thèmes et sous-thèmes sont laborieusement élaborés, orientés et imposés aux participants.’’ Ce n’est pas non plus un ouvrage de bilan chiffré, à la manière du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) ou de la Banque mondiale, du reste ‘’fort utile’’ dans la perspective qui est celle des auteurs de l’ouvrage.
L’indépendance, écrit l’homme de lettres, est ‘’un événement chargé de symboles dans la mesure où cette partie du continent (l’Afrique subsaharienne), qui a tragiquement traversé des siècles de souffrances physiques et morales, individuelles et collectives, durant deux ’Grands Dérangements’ - la colonisation après la traite négrière -, est enfin, semble-t-il, dirigée par ses propres enfants.’’ Il ajoute : ‘’C’est un moment de recueillement puisque la situation actuelle de l’Afrique est singulière sur le globe : continent gorgé de richesses humaines et naturelles, mais continent paupérisé, assisté et fragilisé !’’
Du philosophe et anthropologue Spero Stanislas Adotevi à l’économiste Martial Ze Belinga, en passant par la linguiste Zohra Bouchentouf-Siagh, les écrivains Patrick Chamoiseau et Alain Mabanckou, entre autres, chacun des contributeurs y va de sa lecture et de son analyse critique de la gouvernance de l’Afrique par ses propres élites. Dans son texte axé sur ‘’l’avenir du futur africain’’, Adotevi propose, parmi ses pistes de solution, ‘’une démarche prospective capable d’identifier tous les futurs possibles, et définir quelles sont les marges de manœuvre des différents acteurs de la scène africaine.’’
A la conclusion de la réflexion de Makhily Gassama qui soutient que ‘’les Africains sont les principaux responsables de la situation de pauvreté et d’humiliation que vit l’Afrique des Indépendances’’, s’ajoute celle d’Alain Mabanckou pour qui ‘’nous ne sommes pas les enfants des soleils des Indépendances’’, mais ceux de l’après-génocide du Rwanda.
‘’Un génocide qui a éclaté parce que la colonisation se perpétue par des moyens détournés, écrit Mabanckou. Au fond, plus de cinquante ans après les Indépendances, l’Afrique n’a jamais été aussi tributaire de ses anciens maîtres. Et sa population aussi malheureuse…’’
Dans sa contribution, l’économiste Demba Moussa Dembélé estime que l’expérience du Sénégal au cours des cinquante dernières années conduit à la conclusion que l’ ’’indépendance’’octroyée en 1960 ‘’n’était qu’un réaménagement du pacte colonial, ne remettant en cause ni l’idéologie coloniale ni les intérêts de la France.’’ Dembélé fustige ‘’la démission et la couardise des élites sénégalaises acquises à l’idéologie néocoloniale’’, tandis qu’en écho à cette analyse, Makhily Gassama souligne qu’il est temps que les partenaires européens de l’Afrique et l’élite politique africaine comprennent ‘’l’urgence et la nécessité de remettre en question la nature des rapports qui ont uni les deux continents durant ce demi-siècle écoulé.’’
Au total, ‘’dans +50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique+, il s’agit de réflexions fortement personnelles, analytiques et critiques’’, poursuit Gassama, estimant que ‘’quand la critique s’installe, l’espoir renaît, les énergies se libèrent, les citoyens s’épanouissent. Ce qui importe, ici, c’est ce que pense chacun de ces auteurs de l’exercice de la souveraineté par nous-mêmes durant un demi-siècle.’’
L’objet de l’ouvrage consiste ‘’non à dresser un catalogue de propositions dites ’concrètes’ ou de recettes miraculeuses, mais à susciter des débats sur le continent et hors du continent sur les questions soulevées par les auteurs.’’ Pour le coordinateur du livre, ‘’la responsabilité des intellectuels dans une région gorgée de richesses naturelles et humaines, mais scandaleusement délabrée dans un désordre souvent meurtrier, pillée avec hargne par ses propres enfants, puissamment soutenus par des forces extérieures, des anciens maîtres du lieu, est à la fois lourde et exaltante.’’ Cette responsabilité est ‘’d’autant plus exaltante que la classe politique a toujours minimisé ou redouté leur rôle dans la reconstruction du continent, tenus dédaigneusement à l’écart par cette classe politique, kleptomane, prédatrice et allergique à toute critique.’’
Après ‘’un demi-siècle de pouvoir exercé par nous-mêmes souvent dans le folklore ou dans le sang, dans la terreur, rarement dans la quiétude et le labeur’’, insiste Makhily Gassama, ‘’il est temps de se convaincre qu’il n’est plus possible – parce que c’est dangereux – d’abandonner la reconstruction du continent à la seule classe politique.’’ ‘’Un continent, surtout le nôtre, a besoin, dans nos politiques de développement, de l’apport indispensable de ses intellectuels, de ce que Karl Popper appelle : les +dirigeants intellectuels+.’’
Les auteurs de l’ouvrage ont accepté d’attribuer l’intégralité des droits d’auteur à la Fondation Amilcar Cabral de Praia (Cap-Vert).
* Aps
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Tchad: Le réalisateur Mahamat Saleh Haroun primé à Cannes
2010-05-24
http://tinyurl.com/38w8deq
Le film "Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse" du réalisateur tchadien Mahamat Saleh Haroun a reçu dimanche le Prix du jury du 63e Festival de Cannes pour "l'universalité" de l'oeuvre. Ce film est l'histoire d'un père, ancien champion de natation, qui perd son emploi de maître-nageur dans un hôtel au profit de son fils, alors que dans le pays une guerre se profile. C'est la première fois depuis treize ans qu'un film originaire de l'Afrique sub-saharienne était sélectionné en compétition officielle à Cannes.
Courrier
Les agents causals et agents vecteurs de la crise en Rd Congo
2010-05-24
http://pambazuka.org/fr/category/letters/64724
Je suis sans conviction que la situation de la RDC serait paisible sans l'éveil des consciences des patriotes pour la simple raison que seuls ceux commanditent des guerres, qui vendent des armes, qui favorisent le commerce illicite des matières premières, soit les membres du Conseil de sécurité comme qui dirait, sont les agents causals et agents vecteurs de tout ce qui nous arrivent, tout en mettant les Congolais sans conscience à l'avant-plan avec des promesses utopiques.
Nous avons tout intérêt à protéger l'intégrité de notre territoire national.
* André Kangaelako
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Femmes & genre
Liberia: Les violences sexuelles risquent de monter avec le départ de la MINUL
2010-05-22
http://tinyurl.com/353jagg
Au Libéria, des travailleurs humanitaires s’inquiètent du fait que la lutte contre les violences sexuelles soit affectée par une diminution programmée des interventions d’aide des Nations Unies et des ONG. Les institutions nationales disposent en effet d’une capacité limitée pour reprendre le flambeau. La campagne de lutte contre les violences sexuelles, organisée par le ministère du Genre et du Développement, fait partie d’un vaste plan national sur quatre ans pour mettre en œuvre la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.
Droits humains
Burundi: Expulsion de la représentante de Human Rights Watch
2010-05-22
http://tinyurl.com/326qcpu
Le gouvernement burundais a retiré son accréditation à la représentante locale de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) et ordonné son départ du pays d'ici le 5 juin. De nationalité américaine, Neela Ghoshal travaillait au Burundi depuis trois ans et avait rédigé plusieurs rapports sur la situation politique et les violations des droits de l'homme dans le pays. Publié le 14 mai dernier, le dernier rapport d'HRW demandait au gouvernement de lutter contre les violences politiques, en augmentation à l'approche des élections.
Guinée: Le Premier ministre ordonne la libération d’une centaine de prisonniers
2010-05-22
http://tinyurl.com/3xqp3sj
Le Premier ministre de transition en Guinée, Jean Marie Doré, a demandé au ministre de la Justice de faire libérer dans «les plus brefs délais» une centaine de personnes emprisonnées pour des délits mineurs dans les prisons de Conakry dans des « conditions dégradantes ». Les personnes qui vont bénéficié de cette libération se composent 82 majeurs, 16 mineurs et deux femmes. Selon le Premier ministre guinéen, il se peut qu’au bout de compte, une personne qui devait être condamnée pour deux mois, reste en prison pour deux ans, sans dédommagement.
Liberia: Naomi Campbell demandée au procès de Taylor
2010-05-22
http://tinyurl.com/34lql9k
L'accusation a demandé que le mannequin Naomi Campbell vienne témoigner dans le procès à La Haye de l'ex-président du Liberia Charles Taylor à propos d'un diamant que ce dernier lui aurait offert. La requête, introduite le 20 mai, souligne que "le témoignage de Mme Campbell est nécessaire parce qu'il y a des preuves que l'accusé a donné à Mme Campbell des diamants bruts en septembre 1997". C’était en septembre 1997 en Afrique du Sud.
Nigeria: Abba Abacha toujours pas au rendez-vous
2010-05-22
http://tinyurl.com/35beebe
Le fils du dictateur nigérian défunt Sani Abacha n’est pas venu le 17 mai s’expliquer devant le Tribunal de police de Genève. Il y est jugé pour avoir participé au pillage de son pays lorsque son père était au pouvoir entre 1994 et 1998. Une semaine auparavant, Abba Abacha ne s’était pas présenté à l’ouverture de son procès, faute d’avoir obtenu à temps un visa pour la Suisse.
Nigeria: La police tue, viole et torture des suspects
2010-05-22
http://tinyurl.com/373nl4b
La police au Nigeria torture, viole et commet régulièrement des exécutions extrajudiciaires de suspects en détention, affirme un rapport publié mercredi 19 mai par l’ONG américaine Open Society Justice Initiative et l’ONG nigériane Network of Police Reform in Nigeria. Les suspects de vol à main armée sont particulièrement exposés au risque d'exécution. La torture est la principale méthode d'interrogatoire et de nombreux commissariats comptent une "salle de torture" dans laquelle les détenus sont passés à tabac, brûlés au fer ou se font arracher les ongles, soulignent les deux ONG.
Réfugiés & migration forcée
Mali: L’enfer des émigrés maliens se poursuit en Libye
2010-05-22
http://tinyurl.com/35avufa
Alors qu’au début de ce mois de mai, l’Aéroport de Bamako accueillait 149 Maliens expulsés de manière brutale et spoliés de leurs biens par les services de sécurité de la Libye, on apprend, de sources généralement bien informées (dont les proches des familles d’immigrés) qu’ils sont encore plus d’une centaine à croupir dans les geôles libyennes, en plein désert du Sahara et qui n’attendent plus que d’être rapatriés. La plupart d’entre eux sont internés au centre de détention de Barack, en plein désert saharien où ils vivent dans des conditions effroyables : aussi encourent-ils le risque d’un traumatisme psychologique à leur retour au pays.
Elections & gouvernance
Afrique: Biya veut une place pour le continent au Conseil de sécurité
2010-05-22
http://tinyurl.com/34qhjy2
Depuis plus d’une décennie, la réforme de la représentation au Conseil de sécurité de l’ONU est un serpent de mer. Pour le président camerounais Paul Biya, l’occasion est venue, avec le cinquantenaire des indépendances des pays francophones d’Afrique Subsaharienne, d’avancer sur ce dossier. Et pour cause : la composition de cet organe, héritée de la fin de la Seconde Guerre mondiale, est très loin d’être représentative de la population mondiale. Pour le président camerounais, il serait « équitable » que l’Afrique dispose « d’au moins un siège » parmi les membres permanents du Conseil de sécurité.
Centrafrique: Marche de 50.000 personnes en faveur du pouvoir
2010-05-22
http://tinyurl.com/39bc6p6
De 30 000 à 50 000 personnes selon la police ont défilé le 19 mai à l'appel du pouvoir dans Bangui pour soutenir la modification de la Constitution et la prolongation du mandat présidentiel jusqu'aux élections présidentielle et législatives, reportées à une date non fixée. François Bozizé a promulgué la loi permettant de prolonger son mandat et celui des députés le 13 mai. La loi avait été adoptée par l'Assemblée nationale le 10 mai. Le mandat du président devait expirer le 11 juin, celui des 105 députés devait s'achever fin mai. Les élections, qui étaient initialement programmées pour le 25 avril, ont été reportées au 16 mai et de nouveau renvoyées à une date non déterminée.
Côte d’Ivoire: Un pays menacé d’implosion
2010-05-22
http://tinyurl.com/3yhs6wh
International Crisis Group met en garde contre les dangers qui menacent le processus électoral ivorien. L'ONG estime que la Côte d’Ivoire pourrait sombrer à nouveau dans la violence, faute de mesures adéquates pour sécuriser la campagne électorale et le scrutin présidentiel à venir. Si les responsables politiques ne se décident pas immédiatement à accélérer le rythme du processus électoral et à abandonner les discours incendiaires, si l’ONU et les autres partenaires étrangers de la Côte d’Ivoire ne mettent pas rapidement en place les mécanismes politiques et sécuritaires à même de prévenir la violence, poursuit-il, le processus de paix ivoirien risque de dérailler, avec des conséquences graves pour la Côte d’Ivoire et ses voisins.
Guinée: La communauté internationale met en garde contre toute dérive
2010-05-22
http://tinyurl.com/33zrffn
Le groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G) a appelé les responsables politiques et militants guinéens à éviter toute dérive ethnique et raciale dans la transition conduisant à la présidentielle du 27 juin. Alors que le lancement de la campagne électorale débute le 17 mai, la communauté internationale s'inquiète des « cafouillages » de la Ceni et dit être « obligée d'intervenir pour que la présidentielle se fasse dans les règles de l'art ».
Madagascar: Nouveau projet de sortie de crise
2010-05-22
http://tinyurl.com/38lbr2w
Un nouveau projet d’accord en vue d’une sortie de crise aurait été envoyé aux protagonistes de la Grande île. Ce document basé sur les accords précédents propose entre autres, une transition consensuelle, un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections libres dans 12 mois. La médiation conduite par l’ancien président mozambicain, Joaquim Chissano, ne démord pas ainsi dans sa recherche de solutions à la récurrente crise malgache.
Rd Congo: Retrait de la motion de censure contre le gouvernement
2010-05-22
http://tinyurl.com/3x2qdza
La motion de censure contre le gouvernement, déposée le 14 mai dernier au bureau de l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) par l'opposition, a été retirée le 19 mai par ses signataires, avant que la plénière de la chambre basse du Parlement n'ait pu la débattre. Certaines irrégularités sur le plan de la forme étaient décelables dans la motion, notamment au niveau de certaines signatures. Les signataires ont décidé de retirer leur motion tout en annonçant qu'une autre motion pourra être déposée dans un bref délai.
Soudan: Hassan al-Tourabi arrêté
2010-05-22
http://tinyurl.com/3ytryay
Les autorités de Khartoum ont arrêté l'opposant islamiste soudanais Hassan al-Tourabi à son domicile, le 15 mai, un mois après les élections législatives et présidentielle qui se sont tenues pour la première fois en 24 ans au Soudan. Mentor du général Omar Hassan el-Béchir lors du coup d'Etat militaire de 1989, qui avait porté ce dernier au pouvoir, M. Tourabi est devenu son pire ennemi après avoir été évincé en 1999. Hassan al-Tourabi avait qualifié les dernières élections de «frauduleuses» et affirmé que son parti, le Parti du Congrès Populaire (PCP), ne participerait pas au prochain gouvernement, ni ne siègerait aux différents parlements.
Corruption
Mali: Fin de sursis pour les délinquants financiers
2010-05-22
http://tinyurl.com/2vs593q
En jurant de sauvegarder à tout prix les ressources financières du Mali et de mettre fin à l’impunité, le Président de la République Amadou Toumani Touré vient de couper le sommeil aux bandits à col blancs, aux opérateurs économiques véreux et aux truands de tout acabit. Le nouveau et dernier rapport de la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration a été déposé sur la table du Chef de l’Etat le 17 mai 2010. Lourd de 155 pages, ce document met à nu la somme de plus de 100 milliards de francs CFA dégustée à la petite cuillère, entre 2008 et 2009.
Nigeria: Un proche de Yar'Adua cueilli à Dubaï
2010-05-22
http://tinyurl.com/39b8tmm
C’est dans sa chambre d’hôtel à Dubaï, le 12 mai vers 21 heures, que James Ibori a été arrêté. Cet homme politique nigérian à la réputation sulfureuse est notamment soupçonné d’avoir orchestré une escroquerie portant sur près de 300 millions de dollars à l’époque (1999-2007) où il était le gouverneur de l’État pétrolier du Delta, dans le sud du pays. Cette arrestation est une bonne surprise pour la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), qui n’était pas parvenue à localiser le fugitif, sous le coup d’un mandat d’arrêt depuis un mois. Le concours d’Interpol et de la police britannique, qui le réclame également, a été déterminant.
Développement
Egypte: Le "drame" du partage des eaux du Nil
2010-05-22
http://tinyurl.com/37rmttj
L'Égypte, de plus en plus inquiète, cherche à rompre un isolement croissant face aux États africains qui viennent de signer un nouvel accord sur les eaux du Nil. Face à cette crise, Le Caire a lancé dans l'urgence une offensive diplomatique pour raffermir en premier lieu son alliance avec le Soudan, autre grand bénéficiaire du régime instauré en 1929/1959. Mais le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a affirmé qu'il n'entendait pas reculer et a appelé Le Caire à faire des concessions. L'Égypte, 80 millions d'habitants, tire du Nil environ 90 % de son eau. Le pays prévoit que, même en conservant les accords actuels, le fleuve ne suffira plus à ses besoins à partir de 2017.
Gabon: Grogne après l’interdiction d’exporter les grumes
2010-05-22
http://tinyurl.com/33aryxs
L’interdiction d’exporter le bois non transformé (grumes) est entrée en vigueur au Gabon le 15 mai. Selon le gouvernement, la mesure va favoriser le développement de l’industrie forestière locale. Mais pour certains opposants, exploitants forestiers et ONG, elle pourrait au contraire s’avérer contre-productive, et entraîner des suppressions d’emplois. Pour justifier sa décision, le président Ali Bongo a évoqué la nécessité de relancer l’industrie de transformation locale du bois. Il espère ainsi augmenter de moitié la capacité de transformation du bois de son pays, qui produit actuellement 1,5 million de tonnes de grumes par an.
Gambie: Croissance économique attendue à 5% en 2010
2010-05-22
http://tinyurl.com/39483fu
L'économie gambienne devrait poursuivre sa croissance en 2010, avec une augmentation d'environ 5% de son Produit intérieur brut (PIB), malgré la crise économique mondiale et ses répercussions sur le secteur touristique, principale richesse du pays. Une délégation du Fonds vient d'achever une mission de deux semaines à Banjul. Le tourisme reste la principale richesse de cette ancienne colonie britannique et représente 16% du PIB.
Santé & VIH/SIDA
Egypte: La lutte contre l’hépatite C ne fait que commencer
2010-05-22
http://tinyurl.com/2vekgc9
L’Egypte est le pays du monde qui connaît le plus fort taux de prévalence de l’hépatite C. Depuis 2008, le gouvernement égyptien a créé vingt centres de traitement de la maladie, dont dix sont situés dans le Delta du Nil, région rurale la plus touchée. Environ 12% de la population est porteuse du virus et près de 15% des Egyptiens âgés de 15 à 60 ans sont infectés par l’hépatite C (génotype 4), alors que la prévalence est double en milieu rural. Dans certains villages du Delta du Nil, 50% des hommes de plus de 40 ans sont porteurs du virus, la plupart du temps sans le savoir.
Nigeria: Une épidémie de fièvre de Lassa fait 17 morts
2010-05-22
http://tinyurl.com/2wb2g9w
Une épidémie de fièvre de Lassa dans l'Etat de Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria, a fait 17 morts et des dizaines de contaminés depuis un mois. Tirant son nom d'une localité du nord du Nigeria où elle a été découverte, la fièvre de Lassa est une infection virale sévissant de manière endémique au Nigeria, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Elle est asymptomatique dans 80% des cas, mais pour les autres elle peut provoquer des atteintes sévères, notamment hémorragiques ou neurologiques.
Sénégal: 2,7 % sur 7 500 détenus vivent avec le Vih/sida
2010-05-22
http://tinyurl.com/3akn8ua
La problématique du Vih/Sida en milieu carcéral est devenue une priorité au Sénégal, comme l’indique l’approche multisectorielle du plan stratégique national 2007-2011 dans le cadre de la lutte contre le Vih/Sida. Quelque 16,3 % des 7 247 personnes écrouées dans la région de Dakar le sont pour fait de chanvre indien, dont 12,5 % pour détention et 3,7 % pour trafic. L’usage des drogues de synthèse représentent 0,75 % des motifs d’écrou, dont 0,27 % pour trafic et 0,48 % pour usage.
Sénégal: Plus de deux millions de cas d'hépatite B
2010-05-22
http://tinyurl.com/2wvlqbd
Au Sénégal, les chiffres font état d’un constat alarmant sur la propagation du virus de l’hépatite B. En effet, 17 % de la population nationale, soit 2 millions de personnes sont touchées par ce mal souvent sans le savoir. Conséquence, la maladie est à la base de la cirrhose, du cancer de foie et bien d’autres infections. Parmi les formes d’hépatites qui sont connues dans le monde, celle-ci est la plus répandue dans ce pays.
Éducation
Afrique: Les langues africaines pour lutter contre l’échec scolaire
2010-05-22
http://tinyurl.com/3842xov
Les taux élevés d’abandon et d’échec scolaires en Afrique sont liés dans une large mesure au fait que les enfants africains doivent apprendre à lire, à écrire et étudier dans une langue qui n’est souvent pas la leur. Développer l’usage des langues africaines dans l’éducation semble donc être une des solutions prometteuses pour garantir une meilleure réussite scolaire sur le continent africain. L’Afrique est le seul continent où l’enseignement n’est pas donné dans la langue locale des pays. Selon plusieurs études, l'inefficacité scolaire et l’illettrisme sont liés au fait que les enfants étudient dans une langue qu’ils ne maîtrisent ni ne pratiquent chez eux avec leurs pairs.
LGBTI
Malawi: Un couple homosexuel condamné à 14 ans de prison
2010-05-22
http://tinyurl.com/37taz8t
Un tribunal du Malawi a condamné le 19 mai, à 14 ans de prison, la peine maximale, et aux travaux forcés un couple d'homosexuel reconnu coupable d'avoir violé "l'ordre de la nature" après avoir organisé la première cérémonie symbolique de "mariage" gay du pays. Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, et Steven Monjeza, 26 ans, avaient été arrêtés le 28 décembre à Blantyre, deux jours après avoir organisé une cérémonie symbolique de "mariage" gay dans ce pays où l'homosexualité est interdite.
Environnement
Kenya: Alerte aux inondations
2010-05-22
http://tinyurl.com/2wvuu83
Une alerte aux inondations a été publiée par le gouvernement kenyan enjoignant les populations vivant dans certaines zones le long du fleuve Tana, dans le nord-est du pays, d’évacuer immédiatement. En cause, les trois principaux barrages alimentant le pays en électricité qui ont atteint des niveaux plus qu’inquiétants. Il ne reste plus qu’un mètre avant le débordement du barrage de Masinga qui avait dû être fermé en août dernier en raison de la sécheresse. Son débordement serait une catastrophe majeure dans la zone, l’eau pouvant balayer les maisons mais aussi provoquer des épidémies, notamment de choléra.
Rd Congo: 46 morts dans un glissement de terrain
2010-05-22
http://tinyurl.com/3854dw7
Un glissement de terrain sur les pentes d'un volcan dans l'est de la République démocratique du Congo a fait quarante-six morts et emporté plus de deux cents maisons, a annoncé le 19 mai la mission de l'ONU au Congo (Monuc). Le glissement de terrain, sur les pentes du volcan Nyrangongo à Kibumba, dans la province du Nord-Kivu, a été provoqué par la crue, ce week-end, de rivières gonflées par de fortes pluies. Le volcan, qui surplombe Goma, chef-lieu de la province, est l'un des deux volcans actifs à être entrés en éruption ces dernières années. En 2002, une éruption avait fait des dizaines de morts.
Rd Congo: Les gorilles sauvés par un iPhone?
2010-05-22
http://tinyurl.com/2ve3xca
Un parc national de la RD Congo propose la première application pour téléphone portable visant à lutter contre la disparition des gorilles. L’application s’appelle iGorilla. Elle a été lancée début mai par le parc national Virunga. Suivre au quotidien une famille de gorilles de montagne sur votre iPhone ou iTouch, assister à leurs repas, observer fébrile leurs premiers émois, est ainsi désormais possible moyennant environ trois euros. L’argent récolté servira à la protection des 720 animaux du parc, dont environ 211 d’entre eux sont des grands singes.
Conflits
Rwanda: 4 gorilles des montagnes meurent de froid
2010-05-22
http://tinyurl.com/38olaeo
Quatre gorilles des montagnes, une femelle et trois bébés, sont morts, vraisemblablement de froid, dans le nord-ouest du Rwanda, dans la région des volcans, frontalière avec la République démocratique du Congo (RDC). Il n'y avait aucun indice de violences ou de présence de poison laissant penser à une mort non-naturelle, selon le WWF, qui précise que les cadavres des quatre primates seront autopsiés. Près de 700 gorilles des montagnes, une espèce menacée d'extinction, vivent dans cette région des volcans, à cheval entre le Rwanda, l'Ouganda et la RDC.
Terres & droits fonciers
Liberia: Les tensions foncières ne s’atténuent pas avec l'après-guerre
2010-05-22
http://tinyurl.com/375tg84
Depuis la fin de la guerre civile, en 2003, le retour des réfugiés, la croissance démographique et les conflits fonciers vieux de 25 ans se sont combinés et ont fait au moins 250 victimes au Liberia, selon des ONG. Les principaux réformistes s’inquiètent du fait que les mécanismes appropriés pour gérer les droits de propriété ne sont pas encore en place. Les derniers affrontements importants ont eu lieu en 2008, entraînant la mort de 15 personnes. Depuis, des conflits fonciers à plus petite échelle ont fait d’autres victimes.
Nouvelles de la diaspora
Sénégal: Des centaines de Haïtiens attendus à Dakar pour un retour définitif en Afrique
2010-05-22
http://tinyurl.com/2uj3ggz
Quelques jours après le séisme meurtrier du 12 janvier, le président Abdoulaye Wade avait proposé aux descendants des esclaves venus du Sénégal et qui peuplent Haïti de retrouver la terre de leurs ancêtres. Ce projet avance, comme en témoigne la récente visite sur l'île du chargé des Affaires internationales et humanitaires du Sénégal. Il pourrait même, selon le journal haïtien Le Nouvelliste, déboucher sur l'accueil de centaines d'Haïtiens d'ici la fin du mois de juin 2010. Avec une priorité aux étudiants et aux professionnels.
Conflits & urgences
Afrique: Le Nigeria et le Cameroun délimitent leur frontière commune
2010-05-22
http://tinyurl.com/37mt8jg
L'opération de délimitation de la frontière commune entre le Nigeria et le Cameroun est en cours, a déclaré le 16 mai le directeur général de la Commission nationale de la frontière (NBC). Au cours du processus, des villages originellement camerounais ont été placés côté nigérian, tandis que certains autres nigérians ont été remis aux Camerounais. Les deux pays devront discuter des problèmes des communautés influencées par la délimitation, en vue de résoudre toutes les affaires relatives avant la fin de cette année.
Afrique du Sud: Boom de la sécurité privée en vue du Mondial 2010
2010-05-22
http://tinyurl.com/3yhwkgf
Profitant de la psychose ambiante à l’approche du coup d’envoi du Mondial de football, le 11 juin prochain, les sociétés étrangères de protection rapprochée font grimper les prix en Afrique du Sud sur un business de circonstance. Jouant sur des peurs compréhensibles et un danger réel, mais surévalué, des dizaines de sociétés de sécurité privées se placent et ouvrent des bureaux le temps du Mondial. Avant de repartir vers des marchés plus porteurs sur le long terme, comme Haïti et l’Afghanistan.
Ethiopie: Le gouvernement affirme avoir tué 59 rebelles de l'Ogaden
2010-05-22
http://tinyurl.com/3x3f9nj
Le gouvernement éthiopien a affirmé le 19 mai avoir tué 59 rebelles du Front national de libération de l'Ogaden (ONLF) lors de l'attaque par ces derniers d'une garnison des forces gouvernementales dans une localité de la région de l'Ogaden. Le gouvernement et l'ONLF se livrent une guerre médiatique depuis plusieurs mois, à coup de communiqués et d'accusations. Créé en 1984, l'ONLF dit se battre pour obtenir l'indépendance de la région de l'Ogaden. Il a menacé à plusieurs reprises les entreprises étrangères qui prospectent le gaz et le pétrole dans cette région frontalière avec la Somalie.
Madagascar: L'armée met au pas des gendarmes dissidents
2010-05-22
http://tinyurl.com/32fu34f
Les forces de sécurité malgaches ont pris le 20 mai le contrôle d'une caserne pour mettre fin à une tentative de mutinerie d'un petit groupe de gendarmes dissidents. Deux soldats des troupes gouvernementales ont été tués et trois civils blessés. Selon des analystes, certains éléments des forces armées reprochent de plus en plus au président Andry Rajoelina de n'avoir pas mis fin au chaos économique dans le pays. En conséquence, la situation pourrait encore se dégrader. Plusieurs centaines de manifestants antigouvernementaux et des dirigeants ecclésiastiques fidèles à l'ex-président Marc Ravalomanana s'étaient joints aux gendarmes mutinés…
Mauritanie: La peine de mort requise contre des membres d'Al Qaeda
2010-05-24
http://tinyurl.com/395t8yh
La peine de mort a été requise le 24 mai contre trois jeunes Mauritaniens accusés d'avoir tué quatre touristes français fin 2007 dans le sud de la Mauritanie. Les trois hommes, qui se réclament d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), disent avoir avoué sous la torture et ont plaidé non coupable mais se présentent comme des "combattants fidèles d'al-Qaïda au Maghreb islamique. Des peines allant de deux à 12 ans de prison ont été requises contre six complices présumés.
Nigeria: La désignation d'un musulman du Nord à la vice-présidence ravive les tensions religieuses
2010-05-22
http://tinyurl.com/35gvqbc
Namadi Sambo, le gouverneur musulman de l'État de Kadina (Nord), avait été pressenti la semaine dernière par Goodluck Jonathan, à la surprise générale. À Kaduna, la capitale éponyme de l'État, certains cercles voient dans ce choix une façon détournée de transférer le pouvoir régional à la minorité chrétienne car si le gouverneur devient vice-président, son second, le chrétien Patrick Yakowa, deviendra automatiquement gouverneur de l'État. Depuis une semaine, des groupes musulmans de Kaduna envoient des SMS pour appeller les musulmans à se mobiliser et manifester.
Nigeria: Soutien d'anciens rebelles au président Jonathan
2010-05-22
http://tinyurl.com/2upljfo
Les rebelles séparatistes nigérians qui ont accepté l'année dernière le programme d'amnistie du gouvernement ont annoncé leur soutien au nouveau président, Goodluck Jonathan. Ce soutien est toutefois assorti de trois demandes importantes pour le succès du programme d'amnistie du gouvernement à l'endroit des anciens rebelles de la région pétrolifère du Delta du Niger. Ces demandes, qui ont été faites le 19 mai à Abuja lors d'une réunion avec des représentants des rebelles repentis et un assistant du président, concernent la préservation de l'environnement du Delta du Niger, le respect du droit des peuples à exister et admettre que ce qui est bon pour les autres régions est bon pour le Delta du Niger.
Rd Congo: Deux nouveaux attentats à la grenade ravivent la tension à Kigali
2010-05-22
http://tinyurl.com/39vg5zm
Une double attaque à la grenade à Kigali, a fait un mort et 28 blessés. Depuis le début de l'année, la capitale du Rwanda a été, à plusieurs reprises, la cible d'attentats, alors que le pays se prépare à l'élection présidentielle en août. De similaires attentats à la grenade avaient déjà frappé Kigali le 19 février et le 4 mars, faisant alors au total deux morts et une vingtaine de blessés. Ces attentats à la grenade visent à chaque fois des quartiers très fréquentés à des heures de grande affluence, en fin de semaine…
Soudan: Arrivée de 200 soldats sénégalais au Darfour
2010-05-22
http://tinyurl.com/2uutml2
Un détachement de 200 soldats sénégalais est arrivé à El Fasher, capitale du Darfour Nord, pour entamer les préparatifs en vue du déploiement de leur bataillon en juillet 2010. Les soldats sénégalais seront déployés dans le Darfour Ouest où ils constitueront le deuxième contingent sénégalais opérant au Darfour. Ils seront chargés de patrouiller dans les villages et les camps de personnes déplacées internes et de protéger les mouvements des organismes d'aide humanitaire. Le Sénégal contribue actuellement pour 826 soldats et 161 officiers policiers à la Mission.
Soudan: Le chef d'un mouvement rebelle du Darfour expulsé du Tchad
2010-05-22
http://tinyurl.com/373nl4b
Le chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), mouvement rebelle du Darfour, a été expulsé mercredi 19 mai par les autorités tchadiennes vers la Libye d'où il était arrivé dans la nuit de mardi à mercredi. Khalil Ibrahim a été expulsé vers la Libye « au nom du rétablissement des bonnes relations avec le Soudan », selon les autorités tchadiennes. Le gouvernement soudanais a estimé que la décision tchadienne reflétait le rapprochement de Khartoum et N'Djamena, qui ont décidé en janvier de normaliser leurs relations après des années de tensions.
Cours, séminaires, & ateliers
Programme « Horizons francophones » : Attribution de soutien aux universitaires
2010-05-24
http://tinyurl.com/2ufwb68
Le présent appel à candidatures des Bureaux Afrique de l’Ouest et Afrique centrale de l’AUF, s’adresse à la fois aux enseignants-chercheurs, aux doctorants, aux équipes de recherche, aux institutions membres de l’Agence Universitaire de la Francophonie et faisant partie du réseau régional « Horizons francophones » dans sa phase expérimentale. Il vise :
‘ La constitution d’un réseau d’universités membres de l’Agence universitaire de la Francophonie, s’engageant dans un partenariat scientifique durable,
‘ le soutien à la formation d’enseignants-chercheurs non docteurs pour les amener à obtenir un doctorat,
‘ Le soutien à des enseignants-chercheurs docteurs pour les amener à être habilités à diriger des recherches
‘ Le soutien de doctorants ayant une activité d’enseignement ou de soutien à l’enseignement dans une université du réseau régional pour les amener à obtenir un doctorat.
‘ L’accompagnement par l’AUF de la relation entre l’université d’origine et l’université d’accueil.
Les travaux des candidats doivent relever de l’un des domaines suivants :
1. Sciences de l’eau : usages, qualité, protection et ingénierie
2. Santé et productions animales ; qualité des aliments de l’homme
3. Sciences économiques et développement.
Le dossier complet doit parvenir au Bureau Afrique de l’Ouest ou au Bureau Afrique centrale de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) au plus tard le samedi 06 juin 2010 (délai de rigueur) à la Direction de la Coopération de l’UCAD.
Le candidat devra envoyer la version électronique non signée au plus tard le 15 juin 2010 par courrier électronique à l’adresse : bao-bac-horizons-francophones@auf.org
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ISSN 1753-6847

