Cette édition
Pambazuka News 149 : Leurres, lueurs et malheurs après 50 ans d'indépendance au Sénégal
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. RDC analyses, 4. Plaidoyers & campagnes, 5. Arts & livres, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Mouvements sociaux, 9. Elections & gouvernance, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Média & liberté d'expression, 16. Conflits & urgences, 17. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Cinquantenaire des indépendances : De quoi l’année 1960 est-elle la date ?
COMMENTAIRES & ANALYSES : Blocus de Gaza : Civilisation ou barbarie ?
RDC ANALYSES : Indignation après la mort d’un militant des Droits de l’Homme.
PLAIDOYER & CAMPAGNE : Madagascar : Les mystères du projet de vente d’eau du Fleuve Manara-Nord.
ARTS & LIVRES : Mandela expliqué aux enfants.
FEMMES & GENRE : Sénégal : La parité acquise, les femmes exigent l’accès à la terre.
DROITS HUMAINS : Afrique : La Libye, le Soudan et le Tchad parmi les pays les plus répressifs.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Burundi : Cinq leaders de l’opposition boycottent la présidentielle.
DEVELOPPEMENT
Zimbabwe : Les exportations de minerais rapportent 1 milliard de dollars.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique du Sud : la réponse à la tuberculose rate les enfants.
EDUCATION : Congo : Déficit de 6 000 enseignants.
RACISME & XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Relents de xénophobie à l’approche du Mondial.
ENVIRONNEMENT : Niger : AREVA est-elle en train d’irradier le pays ?
MEDIA & LIBERTÉ D’EXPRESSION : Afrique du Sud : La presse se révolte contre la Fifa.
CONFLITS & URGENCES : RD Congo : 19 morts dans une attaque attribuée à des rebelles hutu rwandais.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Ghana : Les faux médicaments traqués par SMS.
Chroniques
Cinquantenaire des indépendances : De quoi l’année 1960 est-elle la date
Guy Marius Sagna et Fodé Roland Diagne
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/features/65057
Il a existé durant l’antiquité une «solennité publique qui, se célébrant de cinquante en cinquante ans, amenait la rémission de toutes les dettes, la restitution de tous les héritages aux anciens propriétaires, la redistribution des terres et la mise en liberté de tous les esclaves». C’est le jubilé. C’est le jubilé partout. De Dakar à Addis Abeba, de Rabat à Pretoria, l’élite gouvernante invite les peuples à fêter les 50 ans des indépendances africaines. Sont aussi de la fête les capitales des ex-puissances colonisatrices. Paris s’apprête, apprend-on, à faire défiler le 14 juillet prochain, sur les Champs Elysées, des « tirailleurs sénégalais » et des troupes des Etats indépendants de la Françafrique.
Y a-t-il dans nos pays, en Afrique et au Sénégal, cinquante ans après les indépendances, des raisons de jubiler ? Y a-t-il des raisons de se réjouir, de se féliciter, de s’amuser, d’applaudir, de triompher, d’être content de la marche de nos pays en cette année 2010 ?
Les morts ne sont pas morts, ils féconderont l’Afrique nouvelle
Un regard rétrospectif montre que partout les anciens colons se sont battus jusqu’au bout contre l’indépendance. Contre le FLN en Algérie, le PAIGC d’Amilcar Cabral en Guinée Bissau et au Cap Vert et le PDG/RDA de Sékou Touré en Guinée, l’UPC au Cameroun, le MPLA d’Agostinho Neto en Angola, le FRELIMO d’Eduardo Mondlane au Mozambique, la ZANU de Robert Mugabe au Zimbabwe, la SWAPO de Joshua Nkomo en Namibie, l’ANC de Mandela en Afrique du sud, etc.
Au niveau des maillons faibles de la chaîne coloniale, la décolonisation a pris des tournures violentes faites de massacres comme en 1947 à Madagascar, et contre l’insurrection au Cameroun de 1955 à 1972. Massacres, répressions violentes, assassinats, mais aussi corruptions ont été utilisés par les forces coloniales et leurs alliés internes pour éliminer les leaders et les organisations véritablement indépendantistes et saboter la libération anti-coloniale dans l’unité des peuples africains.
Dans des pays comme le Sénégal, avant-poste et tête de pont coloniale en Afrique, où la conscience et l’organisation anti-coloniale féconda en 1957 le Parti Africain de l’Indépendance qui a été vite réprimé, l’idée de collaboration allait prendre le dessus, permettant au colonialisme de placer des hommes de confiance aux postes de commandes pour sauvegarder leurs intérêts.
En réalité, dans les années 1960, nous avons assisté à une sorte de « décentralisation » à l’échelle des empires coloniaux, qui a donné naissance à des sortes de « communautés rurales » du Sénégal, de la Côte d’ivoire, du Cameroun, du Togo, du Bénin, du Tchad, du Congo, du Gabon, de la RDC/Zaïre, etc. La concentration administrative coloniale avait atteint ses limites et « décentraliser », ne serait-ce que tactiquement, était devenu incontournable. Ces « collectivités territoriales » coloniales ont été ainsi bombardées du label « d’Etats indépendants » avec drapeau, hymne et président qui rappelle le pro-consul de l’empire romain antique. Peu importe qu’elles aient cinq, neuf ou trente millions d’habitants. Que ces « collectivités locales » coloniales aient Constitution, Cour suprême, Conseil d’Etat, Assemblée nationale,… peu nous en chaut !
Voilà ce qui explique qu’avant et depuis 1960, les anciens colons et leurs complices africains ont eu recours aux assassinats ciblés, aux tripatouillages constitutionnels, aux coups d’Etat militaires ou civils…jusqu’à la tactique récente de succession des présidents collabos par leur fils.
Voilà pourquoi ce que l’on doit célébrer ce sont les martyrs dont certains sont morts les armes aux mains en luttant justement contre l’indépendance truquée, celle qui a consisté à passer du colonialisme au néocolonialisme. Les dignes fils d’Afrique qui sont morts au combat, mais qui ne seront jamais déshonorés. Ceux-là qui ont pour nom : Lamine Arfan Senghor, Tièmokho Garang Kouyaté, Patrice Lumumba, Pierre Mulélé, Ruben Um Nyobe, Roland Félix Moumié, Osende Afana, Abane Ramdane, Ferhat Hached, Mehdi Ben Barka, Frantz Fanon, Nkwame Nkrumah, Amilcar Cabral, Eduardo Mondlane, Samora Machel, Julius Nyerere, Augusto Neto, Steve Biko, Cheikh Anta Diop, Mariem Ngouabi, Thomas Sankara, etc. Ceux-là qui méritent nos cœurs vivants et l’Afrique entière comme tombeau afin que de leur souvenir nous réinventions le futur.
Cinquantenaire partout, indépendance nulle part !
Ces dignes fils d’Afrique ont été assassinés et les moins illustres, mais tout aussi valeureux, se sont vu imposés prison, marginalisation, exil forcé, atteinte à leur intégrité physique, restriction de leurs droits… Ainsi, aux peuples d’Afrique ont été imposés les bourreaux tels qu’Eyadema, Kérékou, Mobutu, Bokassa, Idi Amin, Bongo, Sassou, Idriss Déby, Hassan II, Lansana Conté, Ben Ali, etc. Mais aussi d’autres avec parures comme L. S. Senghor, Houphouët Boigny, Bourguiba, etc.
Aux peuples d’Afrique se sont imposés ensuite les Abdoulaye Wade, Yayi Boni, Mohamed VI, etc., qui ont eux aussi appliqué une politique d’abandon des intérêts nationaux. Ainsi que tous ceux qui pensent que « le FMI et la BM sont incontournables ». Il est donc tout à fait normal que par ces faits « l’Afrique soit mal partie » ! Qu’il semble que l’Afrique « refuse le développement » ! Qu’en Afrique, le seul résultat tangible soit « le développement du sous-développement ». Le passage de berceau à tombeau de l’humanité.
Répondons à l’invitation du poète. « Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images ».
Ces cinquantenaires, ce sont les noces d’or de la victoire d’une partie de la classe politique africaine sur une autre, au détriment des peuples africains. Les noces d’or d’une bourgeoisie sénégalaise, africaine, servile qui a capitulé pour se mettre au service des intérêts de l’ex-bourgeoisie coloniale. Les noces d’or de ce que certains appellent le néocolonialisme et d’autres semi-colonialisme. Les noces d’or de la victoire du centre capitaliste sur la périphérie africaine spoliée. Comprenons donc que ce jubilé mérite d’être fêté en grande pompe.
L’impérialisme c’est Orange sur nos téléphones mobiles ! Le néo colonialisme, c’est Transrail sur le Dakar-Bamako ! Le semi colonialisme c’est les bases militaires françaises en Afrique ! L’apatridie c’est nos langues nationales ravalées au rang de folklore ! La servilité c’est les principales banques et industries contrôlées par les firmes étrangères ! La soumission c’est la Zone franc, puis la dévaluation du franc Cfa ! C’est Total qui fait la loi au Tchad, au Gabon, au Congo, Areva au Niger, Bolloré au Cameroun, Bouygues au Mali, Rio Tinto en Guinée, Mimran au Sénégal, BNP, Crédit Lyonnais, Banque de France et ses succursales la Bceao et la Beac, etc. ! C’est le génocide rwandais et les menaces de partition de la Côte d’Ivoire ! C’est l’émigration par les pirogues qui transforme l’Atlantique en cimetière des jeunes ! C’est les pandémies du paludisme, du choléra et du sida ! C’est les inondations, les coupures de courant, la faim !
Pour arriver à ce résultat, il fallait que les colons aient des hommes de mains. Des suppôts locaux, collabos nationaux, complices ‘petits nègres’ qui soutiennent la Françafrique, acceptent plans d’ajustements structurels, bradage, dévaluation, privatisation, déprotections douanières, baisse des budgets des secteurs sociaux, éducatifs et de la santé, suppression des subvention aux paysans… Bref tout diktat imposé par le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC. Acceptant l’emprisonnement des Etats issus de l’Afrique Equatoriale Française et de l’Afrique Occidentale Française dans la zone franc, cette monnaie qui fait d’eux des (semi ou néo) colonies françaises d’Afrique. Autant d’exemples qui confirment, si besoin en était, les propos du colonialiste anglais Benjamin Disraeli. « Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes ». Ce que Kwamé Nkrumah a illustré dans son livre « Le néocolonialisme, dernier stade de l’impérialisme ».
Ne pas confondre l’apparent et le réel
Et la variété des formes de l’oppression impérialiste ainsi que les niveaux différents atteints par la cinquantaine de pays ne change rien à l’essence du système semi colonial dans lequel l’Afrique a été maintenue 50 ans durant. Essence qui consiste en un monopole ayant deux fonctions principales : L’exploitation, le pillage impitoyable des richesses nationales au bénéfice des entreprises impérialistes d’une part et l’association à cette spoliation d’une bourgeoisie locale corrompue par les miettes qu’elle reçoit pour service rendu d’autre part.
C’est cela la Françafrique par laquelle « le pays (semi/néo) colonial est contraint de sacrifier les intérêts de son développement indépendant et de jouer le rôle d’appendice économique (agriculture, matières premières) du capitalisme étranger, afin de renforcer au détriment des classes laborieuses du pays (semi/néo) colonial le pouvoir économique et politique de la bourgeoisie du pays impérialiste, de perpétuer son monopole (semi/néo) colonial et de renforcer son expansion dans le reste du monde » (Thèses sur le mouvement révolutionnaire dans les colonies et semi-colonies, VIème congrès de l’Internationale Communistes, 1928).
Quand des Africains acceptent que l’impérialisme vole les peuples africains, c’est pour eux-mêmes voler leur peuple en toute quiétude. Pour bénéficier du retour d’ascenseur de l’impérialisme, en termes de soutien et de protection contre les adversaires politiques nationaux et contre leurs peuples d’où les interventions militaires et les putschs.
Ce sont ces laquais africains apatrides qui détiennent le pouvoir contre les intérêts des peuples africains et leurs maîtres qui seront à la fête en ce cinquantenaire. Qui fêteront cinquante ans d’exercice d’une fonction semi coloniale, qui célèbreront cinquante ans de mariage avec l’impérialisme. Cinquante ans qui n’ont certes pas été de tout repos pour eux. Cinquante ans pendant lesquels ils ont tout de même réussi, avec leurs alliés impérialistes, à pérenniser la domination. Pour le plus grand malheur des peuples d’Afrique !
Les armées battues sont à bonne école
Mais nous avons les moyens d’éviter à nos peuples la célébration des noces de diamant de l’alliance entre l’impérialisme et une bonne partie de l’élite bourgeoise africaine collaboratrice. La multipolarité progressive de ce monde et les expériences en cours dans plusieurs pays sud-américains, en plus de constituer des notes d’espoir dans cette symphonie impérialiste, participent à confirmer que les armées défaites sont allées à bonne école. A l’Afrique combattante de rejoindre le mouvement enclenché en Asie et en Amérique du sud vers le progrès, vers le développement.
* Guy Marius Sagna et Diagne Fodé Roland sont membres de Ferñent/ Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Sénégal : Cinquantenaire et 10 ans d’alternance. Bilan des échecs et progrès possibles
Guy Marius Sagna et Fodé Roland Diagne
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/features/65051
La coïncidence du Cinquantenaire des indépendances et des dix ans d’alternance au Sénégal est intéressante. Car nous obligeant à refaire le parcours inverse pour chercher quoi fêter. Les dix ans de Wade et du PDS au pouvoir inaugurent-ils une nouvelle ère différente quant au fond aux quarante ans du PS ?
L’intérêt de l’alternance comme acquis démocratique du peuple sénégalais est de révéler plus que toute la littérature apologétique, courtisane et les bouffonneries irresponsables du pouvoir actuel que ce dont le Sénégal a besoin ce n’est pas d’une alternance mais d’une alternative.
Avant le Sénégal, d’autres pays avaient expérimenté l’alternance. Les alternances entre Soglo et Kérékou au Bénin et Manley et Seaga en Jamaïque, pour ne citer que ces exemples, sont là. Expériences dont nous, les progressistes, aurions du nous instruire. Expériences qui révèlent toutes la même chose : des alternances sans alternative, appliquant les recettes impérialistes du FMI, de la Banque Mondiale et de l’OMC aboutissent au même cul-de-sac !
Mais la vie, c'est-à-dire la lutte des peuples et des classes, prend souvent des détours. Le détour sénégalais a abouti à la même conclusion : l’alternance ne suffit pas ! Car l’alternance seule ne répond pas à la question de savoir si on va continuer à accepter de ne pas avoir une banque nationale de développement et donc se contenter des Banques françaises et étrangères déguisées en Bicis, Cbao, etc. Si on va continuer à accepter l’impérialiste division internationale du travail qui nous ravale au rang de fournisseurs de matières premières (phosphates, arachides, marbre, or), de marché-déversoir, de Club-Méd pour touristes en mal de dépaysement, etc. Si on va continuer à appliquer les recettes des institutions de Bretton-woods dont l’unique but est de faire payer à notre peuple la dette et ses intérêts qui n’en finissent pas.
Le régime de Wade a échoué. Car, comme le précédent Ps, il n’a d’autre programme que d’appliquer les diktats du FMI et de la BM. Les défenseurs du régime de Wade disent souvent, tout comme leurs prédécesseurs du PS : « la situation du Sénégal est due à la crise internationale ». C’est justement cela l’impérialisme ! Locomotive mondialisée à laquelle notre pays et l’Afrique sont arrimés de force. C’est pourquoi l’heure est à l’édification de l’alternative.
Du colonialisme au néo-colonialisme
Senghor, Diouf et Wade, leurs partis PS et PDS, représentent en fait les forces sociales et politiques qui ont concocté en 1960 le « deal » qui a conduit à la date du 4 avril (Ndlr : date de l’indépendance du Sénégal) qu’ils fêtent aujourd’hui.
Pour réaliser le passage de la colonie à la néo ou semi colonie, il a fallu d’abord saborder la Fédération du Mali. Rappelons que le « Soudan » et le « Sénégal » étaient les deux derniers qui ont tenté de préserver l’unité panafricaine après le piège de la gouvernance territorialisée appelée « autonomie interne » instaurée par la « loi-cadre-Deferre ». En effet celle-ci fut une tactique du diviser pour mieux régner de la part du colonialisme français, afin de faire exploser le projet panafricain que préfigurait le congrès fondateur du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) d’octobre 1946 à Bamako.
Un à un, les « territoires » de l’AOF vont se replier dans un « nationalisme » étroit vis-à-vis des autres « territoires ». Ce repli bourgeois sur le « marché local », qui va produire les futurs Etats indépendants en 1960, se reflètera dans le vote dui Oui à la « communauté française ». Et seule la Guinée, sous l’égide du PDG, votera massivement Non. Cinq mois après sa proclamation, le 4 avril 1960, la Fédération du Mali éclatera comme aboutissement de la division initiée par la « loi-cadre » et par la mise en place progressive de la Françafrique. Faisons remarquer que la seule institution de l’AOF et l’AEF qui sera préservée sera la Zone franc et le Franc CFA, monnaie coloniale arrimée au Franc Français et à l’euro avec dépôt de 65% et aujourd’hui de 50% des réserves de change des Etats de la Bceao et de la Beac.
Ensuite la mainmise Françafricaine se manifestera par la provocation, la répression puis l’interdiction du Parti Africain de l’Indépendance (PAI), suite aux élections locales de juillet 1960. A Saint-Louis, les élections sont manifestement remportées par le PAI.
La provocation commence par l’expulsion illégale des représentants du PAI des bureaux de vote. Puis par l’utilisation de la police et de nervis pour s’attaquer aux militants qui résistaient à l’expulsion. La pasonaria Tchoumbé Samb s’illustra par son courage pour s’opposer aux fraudes. Ensuite, pour brouiller les cartes, on crée la confusion générale qui débouche sur les arrestations des militants PAI et la proclamation de résultats électoraux donnant la victoire au pouvoir.
Une fois débarrassée du PAI par son interdiction, la fraction relativement patriotique du pouvoir, celle d’ailleurs qui a été utilisée pour en finir avec le PAI, elle-même est éliminée par un putsch en 1962. Pour ce faire les agents néo ou semi coloniaux, en l’occurrence Senghor, se sont servis du voyage de Mamadou Dia, ancien président du Conseil, en URSS, pour lancer l’accusation de « tentative de coup d’état » et l’écarter du pouvoir.
Dans le régime parlementaire de type IVème République, le président du Conseil exerçait la réalité du pouvoir alors que le président de la République, L. S. Senghor, avait un pouvoir symbolique à l’instar de la Reine d’Angleterre. C’est ainsi qu’est instauré le régime présidentiel avec Senghor, qui va ensuite, par le biais d’un traficotage constitutionnel de l’article 35, donner en héritage le pouvoir à son dauphin A. Diouf.
Notons que c’est donc dans la lutte contre les forces patriotiques, principalement celle de la gauche incarnée par le PAI à l’époque, que le régime néo ou semi coloniale s’est stabilisée et imposée. C’est ce que démontrent le Doyen Alla Kane quand il cite les chiffres ci-après de la répression au Sénégal contre le PAI révélés par feu Maître Babacar Niang : «Du mois de mars 1962 au mois d’octobre 1975, la juridiction d’exception sous Senghor a prononcé plus de 300 années d’emprisonnement, plus de 200 années de travaux forcés à temps, plusieurs condamnations à perpétuité, dont deux condamnations à mort exécutées » (La Gauche : S’unir ou continuer de dépérir, Rapport du CNP, 8 août 2009).
Comme cela arrive toujours la répression va engendrer la division du PAI, d’où sera issu le PIT, LD/MPT, AJ, etc. Les nouvelles forces de gauche vont à la fois lutter contre le pouvoir semi-colonial, mais aussi lutter les unes contre les autres. Les démembrements issus du PAI vont tour à tour subir à leur tour la répression du pouvoir PS et certains connaître aussi la prison, la persécution, à l’instar des militants de Ferñent / M.T.P-S, dont notre regretté camarade feu Birane Gaye.
Le bipartisme semi-colonial
Une fois le PAI issu du Manifeste du 15 septembre 1957 et la révolte estudiantine, ouvrière et populaire de mai-juin 1968 écrasés, le régime PS va se donner le rôle de vitrine « démocratique » de la Françafrique en organisant le « multipartisme limité à quatre tendances ». La manœuvre politique avait pour but de forger la bipolarisation de la scène politique en marginalisant les forces révolutionnaires de gauche et patriotiques. Senghor se débarrassa du parti d’opposition réelle qu’était le RND de feu Cheikh Anta Diop, en l’interdisant tout simplement. C’est ainsi que naquit le PDS qui s’est auto-défini comme « parti de contribution ». Lequel fut autorisé à participer à un duel électoral avec Senghor en 1978.
Ainsi fut mis en route le processus qui allait conduire à imposer le domination de la scène politique sénégalaise par le bipartisme PS/PDS dans le cadre du « multipartisme intégral » institué par Abdou Diouf à partir de 1981. Les élections de 1983, de 1988, 1993 vont servir à installer ce bipartisme faisant de Abdoulaye Wade et du PDS le « chef naturel » de l’opposition. En 1993 il y eut une tentative de briser ce piège bipartiste avec la candidature de Landing Savané, puis en 2000 ce fut celle de Mademba Sock. Mais il faut dire que cet état de fait a été admis, entériné, théorisé, puis mis en pratique par la majorité écrasante des forces de la gauche jusqu’à l’alternance de 2000.
L’alternance et la monarchisation Françafricaine
(…) Beaucoup s’étonnent de la tendance actuelle à la monarchisation des pouvoirs africains. Les fils Eyadéma, Bongo, Khadafi, Wade illustrent cette tendance à la préservation du pouvoir au sein d’une famille non plus seulement politique mais biologique. Il s’agit ici d’une greffe féodale, celle de l’ancien régime africain qui a pactisé avec la colonisation, sur le nouveau régime semi-colonial Françafricain issu du régime colonial lui même.
Les bourgeoisies semi-coloniales africaines ont lié leur sort à la domination impérialiste et donc de dictatures militaires et civiles des années 1960, 70 et 80. Elles vont s’intégrer et s’adapter à la nouvelle restructuration multipartiste impulsée à la fin des années 1980 suite aux « conférences nationales ». La particularité de cette ère multipartiste réside dans le fait qu’elle a été la conséquence politique du triomphe de la pensée unique libérale, celle des plans d’ajustement structurel, celle de la dévaluation du Franc Cfa et des privatisations, qui se poursuivent encore aujourd’hui, du patrimoine économique national.
Un des graves effets du triomphe du libéralisme a été la dangereuse dépolitisation d’une partie de la jeunesse africaine universitaire, individualisée, affairiste et dépouillée de tous sentiments patriotiques, dont les fils Eyadéma, Bongo, Wade sont les purs produits caricaturaux. Il n’échappera pas ainsi à l’observateur attentif que la monarchisation Wadiste en cours est consécutive à la fois de ce bradage des biens nationaux et de celui en cours des terres urbaines et rurales. S’approprier le pays en se donnant le droit de vendre les terres est une caractéristique de la bourgeoisie Françafricaine dont la base sociale est à la fois féodale, ethnique ou religieuse et capitaliste.
Il existe même une alliance panafricaine de cette bourgeoisie aux contours idéologiques et économiques Françafricains, qui se soutiennent mutuellement. C’est le cas, selon certaines sources, entre les fils Eyadéma, Bongo et Wade, etc. L’impérialisme Français a manifestement choisi d’intégrer ce panafricanisme féodalo-bourgeois monarchisant dans sa stratégie de préservation du pré-carré françafricain, complément du dispositif qui consiste à intervenir militairement pour imposer ses proconsuls comme au Tchad ou à organiser des putschs électoraux comme au Niger (AREVA), au Gabon (Total), au Togo ou à soutenir les putschs militaire comme en Guinée (Lansana Konté puis CNDD).
L’expérience ratée d’une succession politique Françafricaine à l’Ivoirienne, qui a conduit à la séparation de fait du pays en zones contrôlées par le pouvoir issu des urnes et par les ‘rebelles’, avec à la clef l’intervention militaire française contre le pouvoir légal, est certainement un facteur explicatif de l’évolution vers la monarchisation françafricaine en cours. C’est là un nouvel arsenal de l’impérialisme français pour préserver sa sphère de domination semi-coloniale en Afrique.
L’alternance et la recomposition politique de la Gauche
Des forces politiques de la Gauche avaient participé au pouvoir du PS après la trahison, par le PDS et Abdoulaye Wade, de la révolte populaire anti-fraude électorale de 1988. La majorité de la Gauche s’est retrouvée au pouvoir une fois obtenue cette conquête démocratique qu’est l’alternance.
En fait le piège dans lequel le réformisme a conduit la Gauche est celui contre lequel mettait en garde avec une pertinence d’une actualité saisissante au Sénégal le clairvoyant F. Engels, en 1894, sur la situation italienne d’alors: « Après la victoire commune, on pourrait nous offrir quelques sièges au nouveau gouvernement - mais toujours en minorité. Cela est le plus grand danger. Après février 1848, les démocrates socialistes français (...) ont commis la faute d’accepter des sièges pareils. Minorité au gouvernement des républicains purs, ils ont partagé volontairement la responsabilité de toutes les infamies votées et commises par la majorité, de toutes les trahisons de la classe ouvrière à l’intérieur. Et pendant que tout cela se passait, la classe ouvrière était paralysée par la présence au gouvernement de ces messieurs, qui prétendaient l’y représenter » (La révolution italienne à venir et le Parti Socialiste - P.486).
Les travaux pratiques de la collaboration au gouvernement de la bourgeoisie libérale semi ou néo coloniale ont provoqué des implosions au sein des différentes composantes de la Gauche et ont impulsé un processus nouveau de recherche d’unification. Les expériences en cours forcent à relativiser les divergences qui paraissaient colossales il y a quelques décennies. Elles révèlent aussi les erreurs commises par les uns et les autres et le grand travail théorique à faire pour maîtriser la science révolutionnaire.
L’évolution au plan international avec Chine, Vietnam, Corée du Nord, Cuba et l’Amérique du sud, ainsi que les expériences bolivariennes et la réémergence de la question nationale amérindiennes exigent de revoir nos « certitudes » à partir du critère de la pratique. Ces expériences nouvelles et celles qui prolongent l’époque du camp socialiste doivent inspirer nos réflexions et notre travail théorique et pratique pour frayer la voie à l’indispensable force de Gauche dont les travailleurs et notre peuple ont besoin pour s’émanciper et se libérer véritablement de l’oppression impérialiste.
L’enjeu aujourd’hui n’est plus les attributs officiels et apparents de l’indépendance politique, mais celui de l’indépendance réelle qui permet de rompre avec le cycle infernal du « développement du sous développement » inévitable parce que l’impérialisme tel une sangsue parasitaire suce nos pays les vidant de nos richesses naturelles, de son capital le plus précieux ses enfants et les transforme en un marché pour déverser ses marchandises.
Faisant le bilan de nos échecs, du PAI à nos jours, mais conscients que tous les progrès ont été possibles grâce à l’engagement de la Gauche, nous avons les moyens d’éviter à notre peuple la célébration des noces de diamant de l’alliance entre l’impérialisme et une bonne partie de la classe politique sénégalaise de la bourgeoisie collaboratrice. Voilà comment nous pourrons ainsi réinventer le 4 avril.
* Guy Marius Sagna et Diagne Fodé Roland sont membres de Ferñent/ Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal
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Quelle unité après 28 ans de guerre en Casamance ? L’échec des solutions militaires et de la corruption
Fodé Roland Diagne
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/features/65059
En décembre 1982 une masse innombrable manifeste à Ziguinchor et envahit la gouvernance pour descendre le drapeau de notre pays et le remplacer par un drapeau blanc. L’appel à l’indépendance de la Casamance, par le Mouvement des Forces Démocratique de la Casamance (MFDC) est réprimé dans le sang et les arrestations. L’année suivante, en 1983, toujours en décembre, c’est la guerre qui commence.
Abdou Diouf et le Parti socialiste (PS) au pouvoir utilisent l’armée croyant par la force en finir avec la rébellion Casamançaise. L’enlisement de l’armée nationale face à une guérilla populaire est manifeste, car de plus en plus de jeunes Casamançais, devant les brutalités et exactions, rejoignent Atika, branche armée du MFDC, qui fait systématiquement échec aux offensives militaires : « une trentaine de soldats tombent à Babonda en juillet 1995, 18 parachutistes sont tués à Mangacounda. A Mandina Mancagne, le 19 août 1997, 38 soldats et quatre officiers sont tués dans une embuscade des combattants du Mfdc, etc » (cf : reportage de la presse sur le décès de feu l’Abbé Augustin Diamancoune).
Durant ces 28 années de nombreux articles de presse et de rapports d’organismes des droits humains nationaux et internationaux ont fait état d’arrestations arbitraires, d’assassinats ciblés, de pratiques de tortures, de traitements dégradants voire de crimes de guerre en Casamance.
La soi-disant « solution militaire » a conduit à une intervention militaire massive en juin 1998 de notre armée nationale à Bissau, allnt au secours du président Nino Vieira confronté à une rébellion de son armée. Cette guerre mis au prise d’une part la fraction armée de Nino Vieira soutenue par l’armée Sénégalaise et d’autre part la fraction rebelle de Ansumane Mané soutenue par Atika la branche armée du MFDC. Il est curieux que le gouvernement du Sénégal n’ait pas daigné publier le bilan désastreux de cette aventure guerrière en terre africaine guinéenne. On était loin de la « mini-guerre du pétrole » qui avait opposé les deux armées nationales en 1990, suite à l’annonce de la « découverte » du pétrole dans les eaux territoriales frontalières et proche de la lune de miel par laquelle le Sénégal parrainait en mai 1997 l’entrée de la Guinée Bissau dans la zone coloniale monétaire du Franc Cfa.
Quand cette formidable conquête démocratique qu’est l’alternance porte A. Wade au pouvoir en 2000, l’échec de la prétendue « solution militaire » de la question Casamançaise est patent. Et pourtant A. Wade avait promis de « régler le problème Casamançais en 100 jours ». La gestion Wadienne du « conflit casamançais » a très vite été la transformation de ce que d’aucuns appellent la « région sud » en un incroyable déversoir de milliards de francs Cfa. La presse nationale grouille d’infos sur l’argent et les ONG en Casamance et il semble que ce fourmillement cupide a pris son envol surtout après la terrible tragédie du naufrage du bateau le Joola.
Il est en effet très difficile de ne pas se demander quel rapport y a t-il entre l’étalage médiatisé des « divisions internes » du MFDC et l’étalage des sommes en milliards qui sont déversées en Casamance. D’ailleurs il faut signaler que depuis le conflit Ivoirien, c’est le pays tout entier même qui est devenu un « déversoir » d’argent dont on peut se demander légitimement si ce n’est pas du blanchiment camouflé.
L’argent a-t-il servi à « diviser pour mieux régner » par la corruption organisée qui serait à l’origine des batailles armées internes même au MFDC et à sa branche armée ? Si c’est le cas, alors la reprise de l’affrontement militaire entre l’armée nationale et Atika signe l’échec de la stratégie de corruption. Faut-il tirer comme autre conclusion que la convocation récente, à la demande du gouvernement sénégalais, du dirigeant du MFDC Nkrumah Sané, par la police française, illustre aussi l’échec de la stratégie de « solution en 100 jours du conflit Casamançais » du président A. Wade. Rappelons que depuis 1993 ce responsable du MFDC qui déclare et montre ne pas avoir des papiers d’identité sénégalaise fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par l’Etat du Sénégal.
Pour la paix et le référendum d’autodétermination en Casamance
Quelle unité peut-il y avoir quand s’amoncellent des cadavres toujours plus nombreux entre chaque famille sénégalaise et casamançaise ? Quelle « intégrité territoriale » prétend-on défendre en tuant, en bombardant les populations qui vivent sur ce territoire ? De quel panafricanisme s’agit-il quand on est réduit à défendre à un prix toujours très élevé en vies humaines des frontières définies par la balkanisation de l’Afrique opérée à la conférence de Berlin en 1884-1885 et par la loi-cadre de Gaston Deferre en 1956, dite de «l’autonomie interne », qui a donné à chaque future bourgeoisie africaine un « territoire indépendant » gouverné par des pro-consuls de l’empire néo-colonial françafricain né de l’empire colonial français ?
Ces questions doivent être posées frontalement contre le chauvinisme au Sénégal de ceux qui font « consensus » avec les gouvernements successifs pour refuser toute réflexion sérieuse sur la question nationale et panafricaine casamançaise.
Il est en effet impossible d’inclure la Casamance même par le forceps des traficotages historiographiques dans le Sénégal produit du colonialisme. Il est tout aussi indéniable que, suite à la fondation du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), en octobre 1946 à Bamako, le 5 mars 1947, à Sédhiou, fut fondé le Mouvement de Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) qui revendiquait l’indépendance de la Casamance en ces termes sans équivoque, disant que « la Casamance prenne en mains toutes ses affaires politiques » (Manifeste du MFDC de 1949).
Les figures d’Aloendiso Basséne, de Sihalébé Diatta, d’Aline Sitowé Diatta, d’Edouard Diatta, de Victor Diatta et de Diamancoune Senghor, etc., ont incarné cette résistance nationale casamançaise. Cette longue marche vers la souveraineté a été symbolisée lors des deux guerres 1914-1918 et 1939-1945 par le slogan : « La Casamance aux Casamançais, indépendance de la Casamance ».
Voilà pourquoi la seule vraie solution est l’organisation en Casamance d’un référendum sur la question de l’indépendance dont les modalités doivent être fixées en commun accord entre l’Etat du Sénégal et le MFDC.
Pour l’union libre des peuples libres d’Afrique
L’argument panafricaniste est souvent opposé au principe du droit à la libre disposition par un référendum en Casamance. Il y a même ceux qui agitent la menace d’autres revendications sécessionnistes régionalistes pour disqualifier tout examen sérieux des fondements indépendantistes de l’histoire casamançaise. Il y a là le développement fulgurant dans certaines couches sociales dominantes, notamment l’intelligentsia, d’un micro-nationalisme des micro-états forgés par le processus de balkanisation coloniale de l’Afrique.
La balkanisation coloniale a été à la fois la séparation de peuples par des frontières fixées par la conquête militaire des puissances coloniales et l’enfermement de populations à l’intérieur de frontières – par exemple AOF, AEF, Maghreb – sans consultations de celles-ci. Puis dans des frontières de micro-Etats en faisant exploser les entités coloniales intégrées qu’étaient l’AOF et l’AEF. En 1960 au moment des indépendances seule « l’intégration monétaire » avec la Zone franc a été préservée pour capter 65% des réserves de change de chaque Etat.
Il ne s’agit nullement d’ouvrir une boîte de pandore par le référendum, mais il s’agit de se confronter à la réalité incontournable d’un mouvement indépendantiste casamançais qui a su renaître après une expérience de 22 ans « d’unité avec le Sénégal » de 1960 à 1982 et qui en a conclu que celle ci n’a pas été mutuellement avantageuse. Ce qui est vérifiée.
Aux panafricanistes qui prétextent « l’intangibilité des frontières » nées de « la balkanisation de l’Afrique » par le charcutage colonial qui a, à la fois, séparé et uni les peuples africains sans leur demander leur avis pour les besoins prédateurs du partage colonial de l’Afrique, Diamancoune Senghor répondait à juste titre : « Laissez les partir, ces Casamançais, pour mieux se retrouver peut-être, avec le temps, dans une situation plus claire, plus naturelle et plus équilibrée » (Ferñent N°65 de novembre 1990 qui cite Xarébi N°30, p.4).
En effet, on se rappelle qu’en 1981 Ab dou Diouf, par l’invasion militaire et le sauvetage du gouvernement de Daouda Diawara en Gambie, avait enlevé l’«arrête» gambienne dans le bouche du Sénégal en imposant la « confédération sénégambienne ». Celle-ci même dotée d’un parlement devait mourir de sa belle mort annexionniste parce que faite sans les peuples et contre les peuples.
Il faut aussi se rappeler que lors de la guerre de libération de Guinée Bissau, la Casamance a été une base arrière naturelle de l’armée de libération nationale du PAIGC très souvent bombardée et martyrisée par les colonialistes fascistes Portugais. Bref la Guinée Bissau, la Gambie et la Casamance, pour ne citer que ces trois territoires, partagent les mêmes peuples séparés par la volonté des colonisateurs français, portugais et anglais.
Le panafricanisme des travailleurs africains consiste à partir de ces réalités objectives pour proposer l’union libre des peuples libres de Guinée, de Gambie, du Sénégal et de la Casamance. Cet objectif peut être signifier dans le processus passant par le référendum sur l’autodétermination en Casamance que nous proposons. En effet la question casamançaise est la clef ouvrant la porte d’une telle perspective unitaire étape vers une unité plus large avec d’autres pays africains.
Nous ne faisons ainsi qu’actualiser la prévision d’avant-garde formulée par Thiémokho Garang Kouyaté dans les années 30 dans « Appel aux peuples du Sénégal et du Soudan » : « Nous luttons pour le droit des peuples du Sénégal à disposer d’eux-mêmes en rendant le Sénégal indépendant de l’empire français et en formant un Etat national indépendant des peuples du Sénégal, selon les principes fédératifs, par l’alliance libre des peuples libres.
Il est temps, grand temps que les révolutionnaires panafricanistes passent du discours généraliste sur l’unité africaine à des propositions et actes concrets faisant passer dans la vie cette aspiration légitime des peuples travailleurs d’Afrique. Il est aussi grand temps qu’au moment où s’éveille l’Asie et l’Amérique du sud, nous autres Africains puissions les rejoindre pour refonder un mouvement mondial pour l’égalité des peuples à partir de l’esprit de Bandoung et de la Tricontinentale des années 50 et 60-70.
* Guy Marius Sagna et Fodé Roland Diagne sont membres de Ferñent/ Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal
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L’impossible gestion de l’Euro
Samir Amin
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/features/65054
Il n’y a pas de monnaie sans Etat. Ensemble, Etat et monnaie constituent dans le capitalisme le moyen de la gestion de l’intérêt général du capital, transcendant les intérêts particuliers des segments du capital en concurrence. La dogmatique en cours, imaginant un capitalisme géré par le « marché », voire sans Etat (réduit à ses fonctions minimales de gardien de l’ordre), ne repose ni sur une lecture sérieuse de l’histoire du capitalisme réel, ni sur une théorie à prétention « scientifique » capable de démontrer que la gestion par le marché produit – même tendanciellement – un équilibre quelconque (a fortiori « optimal »).
Or l’Euro a été crée en l’absence d’un Etat européen, substitut aux Etats nationaux, dont les fonctions essentielles de gestionnaires des intérêts généraux du capital étaient elles mêmes en voie d’abolition. Le dogme d’une monnaie « indépendante » de l’Etat exprime cette absurdité.
« L’Europe » politique n’existe pas. En dépit de l’imaginaire naïf appelant à dépasser le principe de la souveraineté, les Etats nationaux demeurent seuls légitimes. Il n’y a pas de maturité politique qui ferait accepter par le peuple d’une quelconque des nations historiques, dont l’Europe est constituée, le résultat d’un « vote européen ». On peut le souhaiter ; il reste qu’il faudra attendre encore longtemps pour qu’une légitimité européenne émerge.
L’Europe économique et sociale n’existe pas d’avantage. Une Europe de 25 ou 30 Etats reste une région profondément inégale dans son développement capitaliste. Les groupes oligopolistiques qui contrôlent désormais l’ensemble de l’économie (et au-delà la politique courante et la culture politique) de la région sont des groupes qui ont une « nationalité » déterminée par celle de leurs dirigeants majeurs. Ce sont des groupes qui sont principalement britanniques, allemands, français, accessoirement néerlandais, suédois, espagnols, italiens. L’Europe de l’Est et en partie celle du Sud sont, dans un rapport à l’Europe du nord ouest et du centre, analogue à celui qui commande dans les Amériques la relation entre l’Amérique latine et les Etats Unis. L’Europe n’est guère dans ces conditions qu’un marché commun, voire unique, lui-même partie du marché global du capitalisme tardif des oligopoles généralisés, mondialisés et financiarisés. L’Europe est, de ce point de vue, ai-je écrit, la « région la plus mondialisée » du système global. De cette réalité, renforcée par l’impossible Europe politique, découle une diversité des niveaux de salaires réels et des systèmes de solidarité sociale comme des fiscalités qui ne peut être abolie dans le cadre des institutions européennes telles qu’elles sont.
La création de l’Euro a donc mis la charrue avant les bœufs. Les politiciens qui en ont décidé ainsi l’ont d’ailleurs parfois avoué, en prétendant que l’opération contraindrait « l’Europe » à inventer son Etat transnational, replaçant par là même les bœufs devant la charrue. Ce miracle n’a pas eu lieu ; et tout laisse entendre qu’il n’aura pas lieu. J’avais eu l’occasion, dès la fin des années 1990, d’exprimer mes doutes sur cette manœuvre. L’expression (« placer la charrue avant les bœufs »), qui fut la mienne a été récemment reprise par un haut responsable de la création de l’euro. Lequel, en l’occurrence, m’avait fait part de sa certitude que mon jugement était pessimiste sans raison. Un système absurde de ce genre ne pouvait donner l’apparence de fonctionner sans grave accroc, ai-je écrit, que tant que la conjoncture générale demeurait facile et favorable. Il fallait donc s’attendre à ce qui est arrivé : dès lors qu’une « crise » (fut-elle dans un premier temps d’apparence financière) frappait le système, la gestion de l’Euro devait s’avérer impossible, incapable de permettre des réponses cohérentes et efficaces.
La crise en cours est appelée à durer, voire à s’approfondir. Ses effets sont différents, et souvent inégaux, d’un pays européen à l’autre. Les réponses sociales et politiques aux défis qu’ils constituent pour les classes populaires, les classes moyennes, les systèmes de pouvoirs politiques, sont et seront de ce fait différentes d’un pays à l’autre. La gestion de ces conflits appelés à se développer est impossible en l’absence d’un Etat européen, réel et légitime ; et l’instrument monétaire de cette gestion n’existe pas.
Les réponses données par les institutions européennes (BCE incluse) à la « crise » (grecque entre autre) sont de ce fait absurdes, et appelées à faire faillite. Ces réponses se résument dans un seul terme – austérité partout, pour tous – et sont analogues aux réponses données par les gouvernements en place en 1929-1930. Et de la même manière que les réponses des années 1930 ont aggravé la crise réelle, celles préconisées aujourd’hui par Bruxelles produiront le même résultat.
Ce qu’il aurait été possible de faire au cours des années 1990 aurait dû être défini dans le cadre de la mise en place d’un « serpent monétaire européen ». Chaque nation européenne, demeurée de fait souveraine, aurait donc géré son économie et sa monnaie selon ses possibilités et ses besoins, même limités par l’ouverture commerciale (le marché commun). L’interdépendance aurait été institutionnalisée par le serpent monétaire : les monnaies nationales auraient été échangées à taux fixes (ou relativement fixes), révisés de temps à autre par des ajustements négociés (dévaluations ou réévaluations).
Une perspective – longue – d’un « durcissement du serpent » (préparant peut être l’adoption d’une monnaie commune) aurait alors été ouverte. Le progrès dans cette direction aurait été mesuré par la convergence – lente, progressive – de l’efficacité des systèmes de production, des salaires réels et des avantages sociaux. Autrement dit le serpent aurait facilité – et non handicapé – une progression possible par convergence vers le haut. Celle-ci aurait exigé des politiques nationales différenciées se donnant ces objectifs, et les moyens de ces politiques, entre autre le contrôle des flux financiers, lequel implique le refus de l’absurde intégration financière dérégulée et sans frontières.
La crise de l’Euro en cours pourrait fournir l’occasion d’un abandon du système absurde de gestion de cette monnaie illusoire et la mise en place d’un serpent monétaire européen en consonance avec les possibilités réelles des pays concernés. La Grèce et l’Espagne pourraient amorcer le mouvement en décidant :
- de sortir (« provisoirement ») de l’Euro ;
- de dévaluer ;
- d’instaurer le contrôle des changes, au moins en ce qui concerne les flux financiers.
Ces pays seraient alors en position de force pour négocier véritablement le rééchelonnement de leurs dettes, après audit, répudiation des dettes associées à des opérations de corruption ou de spéculation (auxquelles les oligopoles étrangers ont participé et dont ils ont tiré même de beaux bénéfices !). L’exemple, j’en suis persuadé, ferait école.
Malheureusement la probabilité d’une sortie de crise par ces moyens est probablement proche de zéro. Car le choix de la gestion de l’euro « indépendant des Etats » et le respect sacro-saint de la « loi des marchés financiers » ne sont pas les produits d’une pensée théorique absurde. Ils conviennent parfaitement au maintien des oligopoles aux postes de commande. Ils constituent des pièces de la construction européenne d’ensemble, conçue elle-même exclusivement et intégralement pour rendre impossible la remise en cause du pouvoir économique et politique exercé par ces oligopoles, à leur seul bénéfice.
Dans un article publié sur de nombreux sites web, intitulé « Open letter by G. Papandréou to A. Merkel », les auteurs grecs de cette lettre imaginaire comparent l’arrogance de l’Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. Par deux fois, au XXe siècle, les classes dirigeantes de ce pays ont poursuivi le projet chimérique de façonner l’Europe par des moyens militaires, chaque fois surestimés. Leur objectif de leadership d’une Europe conçue comme « une zone mark », n’est il pas à son tour fondé sur une surestimation de la supériorité de l’économie allemande, en fait relative et fragile ?
Une sortie de la crise ne serait possible que si et dans la mesure où une gauche radicale osait prendre l’initiative politique de la constitution de blocs historiques alternatifs « anti-oligarchiques ». L’Europe sera de gauche ou ne sera pas, ai-je écrit. Le ralliement des gauches électorales européennes à l’idée que « l’Europe telle qu’elle est vaut mieux que pas d’Europe » ne permet pas de sortir de l’impasse, ce qui exige la déconstruction des institutions et des traités européens. A défaut donc, le système de l’Euro, et derrière lui celui de « l’Europe » tel qu’il est, s’enfonceront dans un chaos dont l’issue est imprévisible. Tous les « scénarios » peuvent alors être imaginés, y compris celui qu’on prétend vouloir éviter, celui de renaissance de projets d’ultra droite. Dans ces conditions, pour les Etats Unis, la survie d’une Union Européenne parfaitement impuissante ou son éclatement ne changent pas grand-chose. L’idée d’une Europe unie et puissante contraignant Washington à tenir compte de ses points de vue et de ses intérêts relève de l’illusion.
J’ai donné à cette réflexion un caractère concis, pour éviter les redites, m’étant étendu sur différents aspects de l’impasse européenne dans des écrits antérieurs :
L’hégémonisme des Etats-Unis et l’effacement du projet européen, section II, 2000
Au-delà du capitalisme sénile, chapitre VI, 2002
Le virus libéral, chapitre V, 2003
Pour un monde multipolaire, chapitre I, 2005
La crise, sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ? , chapitre I, 2008
* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde
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Commentaires & analyses
Blocus de Gaza : Civilisation ou barbarie ?
Malick Ndiaye
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65060
Piraterie dans les eaux internationales ? Terrorisme d’Etat ? Arrogance de race ? Racialisme ? Ethnicité exacerbée ? Les mots ne manquent pas pour stigmatiser le forfait sioniste. De fait, le sécuritarisme israélien ne prend plus ; il a fait long feu. En effet, le délire sécuritaire des Israéliens a dépassé le simple pathos traumatique des origines pour se transformer en pulsion de meurtre et de mort, avec ce convoi humanitaire de près de 700 personnes traité comme une escouade de terroristes et d’apatrides, citoyens du monde menottés comme de vulgaires malfrats, insultés comme il est indécent et outrageant de le faire, des humanitaires humiliés et choqués dans leur intimité la plus profonde. Voilà ce qui achève de démystifier la propagande israélienne au Sénégal, en Afrique et dans le monde, y compris auprès des alliés et amis traditionnels de l’Etat hébreu qui rasent les murs.
L’agression sanglante et meurtrière contre une flottille d’aide humanitaire par Israël ne laisse plus planer de doute : Israël ne croit pas à la démocratie, mais seulement à la politique de la Force, selon une tradition sioniste de triste mémoire. Alors, la question est à nouveau posée à la conscience de toutes les nations éprises de Liberté, de démocratie et de justice, de fraternité et de progrès :
Qui va arrêter Israël ? Qui va dire stop au sionisme ? Qui va briser les élans morbides et le pathos incendiaire de l’Etat ethnique-confessionne hébreu ?
L’hypocrisie de la communauté internationale s’en en effet révélée non seulement inefficace, mais dangereuse sur la moyenne durée. Au fond, le maternage d’Israël par l’Occident n’aura fait rien d’autre que repousser les échéances devant le bellicisme de type nazi des forces sionistes, encouragées en cela par les puissances capitalistes d’Occident et leurs complices dans le monde arabe et en Afrique.
A présent que la menace que fait courir Israël sur la paix du monde est sans équivoque, la morale internationale ne peut plus se contenter de récriminations ou de mises en garde. Le temps est à l’action pour arrêter le crime d’Etat organisé et punir les criminels, à commencer par la traduction devant la CPI des responsables du massacre du lundi 31 mai 2010, notamment par des poursuites judiciaires appropriées contre Israël, et le plus tôt sera le mieux. Dans cette voie, Le Sénégal doit donner l’exemple, mais par des actes et des mesures à hauteur de la commotion qui perturbe le jeu régulier des relations entre nations démocratiques et apaisées.
- Fermeture de l’Ambassade d’Israël à Dakar et Retour de Gédéon Geddar à Tel-Aviv, telles sont nos positions.
- Boycott des produits israéliens au Sénégal et en Afrique
- Poursuites judiciaires contre l’Etat hébreu, en particulier contre Sharon pour Shabra et Shatilla et Netanyahu, en particulier, pour les actes du 31 mai 2010.
Les campagnes de charme n’y changent rien : les cadeaux d’Israël sont empoisonnés du sang des Palestiniens depuis près de 60 ans.
Entre les prébendes distribués par l’Etat Hébreu et la préservation d’une paix juste et durable au Moyen-Orient, voire dans le Monde, entre la sauvegarde d’une morale universelle de plus en plus bafouée par les va-t-en-guerre d’un judaïsme archaïque et sionisé et les droits de l’Homme et du Citoyen que l’Humanité a en partage avec les Palestiniens et le peuple musulman de Jérusalem, entre les stratégies de diversion du sionisme international au Sénégal (déconstruction de la foi musulmane, séduction et corruption, intéressements dérisoires tous azimuts, vacances gratuites et piégeages des élites, séjours pseudo-touristiques en Israël, etc.), il va falloir choisir. Et nous avons choisi : Israël doit plier bagages, et l’ambassadeur Gédéon BEHAR faire ses valises, soit par le fait de l’Etat, soit par celui des citoyens.
- Israël hors du Sénégal et d’Afrique ! Telle est l’exigence la plus élémentaire au jour d’aujourd’hui.
- Dehors l’Ambassadeur d’Israël à Dakar ! Levée immédiate du Blocus de Gaza !
- Suspension des relations diplomatiques entre le Sénégal qui préside l’OCi et lsraël qui est au ban de la communauté internationale !
- Défense du 3° lieu saint de l’Islam, Al Aqsa !
* Malick Ndiaye dirige le Comité d’Initiatives des Intellectuels du Sénégal
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Un autre crime monstrueux de l’Etat sioniste
Mamadou Mignane Diouf
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65055
Le monde se souvient encore des massacres et atrocités commis contre les populations de Gaza durant l’agression sioniste de janvier 2009. Une fois de plus, l’Etat sioniste vient de rappeler au monde qu’il ne reculera devant rien pour continuer à perpétrer ses crimes contre les populations palestiniennes et contre tous ceux qui les soutiennent. En effet, les hordes fascistes d’Israël ont attaqué dans les eaux internationales la « flottille de la Liberté » chargée de l’aide humanitaire destinée aux populations de Gaza, soumises à un blocus illégal et inhumain depuis près de trois ans. Cette attaque aurait fait une dizaine de morts et plusieurs dizaines de blessés dans les rangs des militants pacifistes qui accompagnaient le convoi humanitaire.
Ce massacre prémédité et de sang froid de l’Etat terroriste d’Israël a soulevé à juste titre l’indignation dans le monde entier. L’opinion publique mondiale a exprimé dans la rue et sous d’autres formes son horreur et sa révulsion devant l’acte barbare d’un Etat dont la nature fasciste ne fait plus l’ombre d’un doute.
Le mouvement social sénégalais :
- exprime sa vive indignation et condamne avec la dernière énergie le crime monstrueux (un de plus) commis par l’armée israélienne
- salue la mémoire des militants tombés à la suite du raid sioniste et exprime sa profonde solidarité avec toutes les victimes et les organisateurs du convoi humanitaire
- réitère son soutien indéfectible à l’héroïque peuple palestinien, en particulier à la population de Gaza, dans sa résistance à l’occupation sioniste
- exige que le Sénégal rompe ses relations diplomatiques avec Israël et contribue à isoler cet Etat hors-la-loi, qui n’a jamais respecté les résolutions des Nations-Unies
- condamne avec force les principaux soutiens de l’Etat sioniste, notamment les Etats-Unis et l’Union européenne, qui sont complices des actes terroristes d’Israël contre les populations de Gaza et contre le peuple palestinien en général
- d’Israël
- exige que les principaux responsables politiques et militaires israéliens soient poursuivis devant la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité
- demande que les Nations-Unies prennent enfin leurs responsabilités et mettent fin à l’impunité de l’Etat sioniste, qui doit sans condition lever le blocus et libérer les colonies de la bande de Gaz.
* Mamadou Mignane Diouf est le secrétariat du Forum Social Sénégalais (FSS)
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Le pétrole des multinationales, les Etats-Unis et le Nigeria : un contraste abrupte
Alex Free
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65052
L’explosion de la plateforme de Deepwater Horizon de BP, le 20 avril, a causé un terrible désastre écologique qui s’avère catastrophique pour la faune, les écosystèmes et les moyens de subsistance de la population dans une bonne partie du golfe du Mexique. L’explosion a fait 11 morts et, selon les estimations 200 000 gallons (un gallon anglais égal 4,546 litres ; le gallon américain vaut 3,785 litres : Ndlt) s’écoulent de la plateforme endommagée malgré les efforts de BP de contenir cette atteinte à l’environnement (1)
Outre la volonté de l’administration Obama de réagir promptement au désastre, il y a aussi un important problème politique à résoudre et BP a été rapide d’offrir’’ de payer des compensations pour des revendications légitimes liées aux dommages causés à la propriété, des blessures et des manques à gagner’’ dans l’optique de limiter les paiements de dommage et intérêts.(2)
Avec le tremblement de terre de Haïti et de l’ouragan Katrina en Louisiane qui sont dans toutes les mémoires, cette région n’a pas été épargnée par les catastrophes sociales et écologiques. Chose qui n’a pas échappé à un gouvernement démocrate qui ne veut surtout pas répéter les tergiversations douteuses de l’administration Bush dans le sillage de Katrina. En effet, le président Obama a été clair en soulignant l’obligation de BP de prendre à sa charge tous les coûts résultants de la marée noire, déclarant que ‘’ que BP est responsable de cette marée et donc BP va devoir éponger l’ardoise’’
Eponger l’ardoise
Naturellement, tous les peuples méritent d’avoir leurs moyens de subsistance préservés de façon efficace ; peu importe dans quelle partie du monde ils vivent. Or la réaction plutôt rapide à l’égard de BP et de Deepwater Horizon offre un contraste saisissant avec l’absence de protection organisationnelle à disposition du peuple du Nigeria dans la région du delta du Niger, face à un autre géant pétrolier : Shell. On a d’une part le dirigeant d’une super puissance (très conscient des attentes du public américain) soulignant avec force les responsabilités des multinationales sous les regards des médias globaux et, d’autre part, on a une région vide de toute volonté politique de préserver sa population locale.
Là où le gouvernement américain peut créer des remous au travers de ses institutions politiques, les protestataires non violents du delta du Niger, qui expriment des griefs entièrement légitimes, sont traités avec mépris et même assassinés par une police militaire qui vole au secours des infrastructure pétrolières lucratives de Shell et des élites du Nigeria. Alors que les médias planétaires attirent l’attention des effets de la marée noire sur l’industrie halieutique occasionnée par BP en Louisiane et la fragilité des marécages, la population du delta du Niger doit faire face à des fuites allant jusqu’à 14 000 tonnes (3). D’immenses richesses sont extraites de leur environnement sans qu’ils en tirent le moindre bénéfice sous la forme de logement, d’installations médicales ou de routes décentes, malgré des revenus de quelque 700 milliards de dollars. (4) Plus infamant encore, Shell a été accusé, dans une plainte portée devant les tribunaux américains, d’implications dans l’assassinat du militant pour l’environnement Ken Saro-Wiwa, et de 9 Ogoni pendant la régime militaire d’Abacha (5), accusation qui a abouti à un arrangement extrajudiciaire qui allouait 15,5 millions de dollars mais sans reconnaissance de tort de la part de la compagnie.(6)
Comparez cela avec l’expérience récente du Sud des Etats-Unis, avec le directeur général Tony Hayward qui déclare : ‘’ Nous paierons absolument toute l’opération de nettoyage. Il n’y a aucun doute à ce sujet. C’est notre responsabilité et nous l’acceptons entièrement.’’ (7) Dans la même veine Deepwater Horizon a stimulé les sénateurs américains à demander que ‘’ les compagnies pétrolières soient responsables jusqu’à concurrence de US$ 10 Milliards pour les coûts générés par les marées noires’’ (8)
Des expériences contrastées
A la lumière des réparations immédiatement disponibles aux Etats Unis, dans le sillage de la marée noire causée par BP, le contraste avec l’expérience nigériane semble démontrer qu’une plus grande valeur est accordée à la vie et à l’existence dans les parties les plus riches du monde. La relation de pouvoir asymétrique qui se manifeste derrière la façon dont les populations sont traitées illustre une différence de contexte politique. Dans l’un, la multinationale est mise au pied du mur sans équivoque et dans l’autre il est allégué que la compagnie est en collusion avec les forces fédérales afin de faire taire les voix locales. Essentiellement aux Etats-Unis, il y a du capital politique à gagner en s’en prenant à l’industrie pétrolière, tandis qu’au Nigeria la compagnie pétrolière s’en prend à vous. De surcroît, il illustre aussi l’importance qu’il y a, pour les compagnies pétrolières, de s’assurer que leur équipement d’urgence est le meilleur possible lorsqu’elles opèrent dans la proximité de régions plus riches, plus puissantes.
Peut-être la cruelle ironie de cette affaire réside dans le fait que, plutôt que de fournir un autre exemple de la vulnérabilité générale de l’humanité dans sa dépendance à l’exploitation pétrolière et à l’extraction d’énergie fossile, les conséquences du désastre américain se traduiront simplement en une plus grande pression exercée sur les pays riches en pétrole dans les pays plus pauvres, dépourvus de protection organisationnelle et institutionnelle pour les populations pauvres et l’environnement. Avec l’opinion publique américaine remontée contre l’industrie pétrolière, des personnalités politiques américaines très en vue ont saisi l’occasion avec enthousiasme, en phase avec l’opinion publique, tel le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger qui a fait volte face à propos des forages dans son Etat : ’’ Vous allumez votre TV, vous voyez cet énorme désastre et vous vous dites pourquoi est-ce que nous prendrions un tel risque ?’’ (9)
Assurer le ravitaillement pétrolier.
Il n’est pas difficile d’envisager quelques-unes des conséquences potentielles de l’aversion accrue des Américains pour la production pétrolière sur leur propre sol. Etant les plus grands consommateurs per capita d’énergie fossile du monde, les Etats-Unis devront trouver leur pétrole quelque part. Et avec les autorités et le monde des affaires qui sont devenus méfiants à l’égard d’une trop grande dépendance à un Moyen Orient ‘’instable’’, les regards vont de plus en plus se tourner vers l’Afrique. Malgré les rapports qui disent que les profits de Shell au Nigeria sont minimes, la liste des pays producteurs africains inclut l’Angola, le Gabon, le Nigeria et la Guinée équatoriale (et potentiellement le Ghana et l’Ouganda). Tous ces pays jouent un rôle proéminent dans le secteur pétrolier global et leur société se caractérise par le fait que les revenus pétroliers sont le privilège d’une petite élite. Les aspects divers du secteur pétrolier, à l’intérieur de chacun de ces pays, l’absence de contrôle des mécanismes de redistribution des revenus financiers pétroliers et de protection ouvrent un peu plus la porte à de nouvelles catastrophes écologiques, à l’injustice sociale et à la suppression des droits à la représentation et à la protestation.
Si les Etats-Unis et le reste du monde occidental rechignent à recevoir des forages pétroliers dangereux sur leur sol, la pression va s’accentuer sur des environnements où les multinationales et des instances gouvernementales ne rendent pas de comptes et peuvent s’approprier les ressources naturelles et marginaliser la population locale, exacerbant l’injustice sociale, comme en témoigne le contexte du delta du Niger où des garde-fous institutionnels effectifs n’existent pas. Bien sûr que l’image générale du secteur pétrolier africain est compliqué, mais que l’on considère une compagnie étatique comme Sonangol en Angola ou les opérations de multinationales étrangères, les mêmes graines d’exploitation sociales potentielles et d’iniquité sont présentes.
Dans ses tentatives de s’assurer un contrôle sur le pétrole africain, les Américains ont mis sur pied AFRICOM (African command). AFRICOM est une force qui, selon l’aveu des fonctionnaires américains eux-mêmes, a été mise sur pied dans le but de mettre la main sur les énergies en provenance de l’Afrique, comme l’a déclaré un membre de la Chambre des Représentants, Ed Royce : ’’ C’est clairement dans notre intérêt national de diversifier notre source de ravitaillement, en particulier au vu des turbulences politiques qui aujourd’hui agitent des régions clés du monde. L’expansion de la production énergétique en Afrique correspond à cet intérêt…’’ (11)
Faisant partie d’un effort plus général d’assurer la ‘’ sécurité’’ dans le cadre de la ‘’guerre globale contre le terrorisme’’, le budget des programmes AFRICOM est passé de 50 millions de dollars au cours de l’année fiscale 2007, à 310 millions de dollars en 2009. Cependant que le commandant d’AFRICOM, le général E. Ward, souligne le soutien au développement africain par ses programmes de ‘’sécurisation’’, Ba Karang argumente que l’AFRICOM n’est rien d’autre qu’une initiative proaméricaine, pour l’énergie, déguisée en lutte contre la menace du fondamentalisme islamique (12)
Le coût réel de la marée noire
La réaction de BP et de Deepwater Horizon à la marée noire du golfe du Mexique a mis en évidence les contrastes abrupts qui existent dans la protection et les droits des populations locales et de leur environnement dans la proximité d’installations d’extraction du pétrole dans différentes parties du monde. Cependant que toute la puissance du gouvernement de la super puissance du monde s’est abattue sur BP sous le regard des médias, les Nigérians du delta du Niger continuent de souffrir de la dégradation de l’environnement, et ne profitent en rien des revenus pétroliers, continuant d’être réprimés dans un environnement dépourvu de mécanismes effectifs de protection.
Dans le sillage d’une catastrophe écologique majeure aux Etats-Unis et une réticence croissante à l’égard d‘une dépendance au Moyen Orient, plutôt que de mettre l’accent sur une vulnérabilité inhérente et universelle à l’égard du pétrole et la nécessité de solidarité qui conduirait à des réglementations effectives dans le monde entier, Deepwater Horizon pourrait bien accentuer la pression sur les forages pétroliers dans des pays africains peu soucieux de protéger leur propre population ou même d’opérer dans son meilleur intérêt. Alors que les Etats Unis ont réussi à obtenir une rapide compensation pour une marée noire considérable, le mouvement de protestation contre les forages nationaux est en contradiction avec la consommation élevée d’énergie fossile. Ce pétrole devra bien venir de quelque part. Entre les Etats Unis, les multinationales et les compagnies étatiques africaines ayant des desseins sur les riches réserves du continent, le manque de protection des citoyens africains ordinaires pourraient bien donner lieu à des exemples similaires à ceux du delta du Niger où sévit l’injustice chronique.
NOTES
[1] Dan Brennan, ‘BP spill threatens vulnerable ecosystems with destruction’, 7 May 2010, World Socialist Web Site, http://www.wsws.org/articles/2010/may2010/envi-m07.shtml
[2] Al Jazeera, ‘BP to pay for US oil-spill costs’, 3 May 2010, , http://english.aljazeera.net/news/americas/2010/05/201053163554107561.html
[3] Jon Gambrell, ‘Shell spilled nearly 14,000 tons of oil in Nigeria’, 6 May 2010, The Guardian, http://www.guardian.co.uk/world/feedarticle/9064982
[4] ‘Sweet Crude’, 2009, documentary film by Sandy Cioffi.
[5] Gambrell, ‘Shell spilled’.
[6] Sokari Ekine and Firoze Manji, ‘The Ogoni Nine–Shell settlement: Victory, but justice deferred?’, 11 June 2009, Pambazuka News, http://www.pambazuka.org/en/category/features/56914
[7] Suzanne Goldenberg and Ed Pilkington, ‘Deepwater Horizon oil spill sparks calls for $10bn levy on BP and drilling ban’, 5 May 2010, The Guardian, http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/04/deepwater-horizon-oil-spill-backlash-bp
[8] Suzanne Goldenberg, ‘Deepwater Horizon oil spill: Obama attempts to limit political fallout’, 5 May 2010, The Guardian, http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/05/deepwater-horizon-oil-spill-obama-political-fallout
[9] Goldenberg, ‘Deepwater Horizon oil spill’.
[10] Gambrell, ‘Shell spilled’.
[11] Ba Karang, 'AFRICOM and the US's hidden battle for Africa', 6 May 2010, Pambazuka News, ]http://www.pambazuka.org/en/category/features/64223
[12] Karang, 'AFRICOM’.
* Alex Free est assistant rédacteur à Pambazuka News - Ce texte a été traduit par Elisabeth Nyffenegger
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Forer et tuer: du golfe de Guinée au golfe du Mexique
Horace Campbell
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65056
La marée noire massive causée par l’explosion de la plateforme pétrolière de Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, a favorisé la prise de conscience des citoyens américains à propos des effets secondaires mortels de l’industrie pétrolière, de ses impacts négatifs qui ont été largement ressentis par les écosystèmes, écrit Horace Campbell. De surcroît, suite aux conférences de Copenhague et de Cochabamba, sur le changement climatique, elle a créé une autre base de coopération et de coordination parmi les militants écologistes dans toutes les parties du monde qui font campagne afin de ‘’ laisser le pétrole dans les profondeurs de la terre et des océans’’.
C’était simplement une question de temps avant que la destruction systématique, perpétrée par les compagnies pétrolières dans le monde entier, finisse par pénétrer dans les salons des citoyens d’Amérique du Nord. Dans le sillage des tonnes de pétrole qui se déversent dans le golfe du Mexique et la destruction des côtes des Etats-Unis depuis le 20 avril, il y a eu une prise de conscience accrue de la criminalité et de la tuerie implicite qui, pendant des générations, ont eu lieu dans le sillage des compagnies pétrolières.
Une plateforme pétrolière, Deepwater Horizon, situé à environ 51 miles (82 km) au sud-ouest de Venice en Louisiane (Etats Unis) a explosé et a été ravagée par le feu le 20 avril, dans le golfe du Mexique, tuant 11 personnes et blessant d’autres membres de l’équipe, tout en envoyant des nuages de fumée noire dans le ciel. La nature exacte de l’explosion n’est toujours pas connue, celle-ci étant tenue secrète par la compagnie pétrolière, camouflée sous des couches de relations publiques et d’organisations d’ingénieurs financées par les géants pétroliers. Chaque jour qui passe, depuis le 20 avril, les citoyens américains en ont appris davantage à propos des pouvoirs illimités des compagnies d’énergie fossile qui opèrent sur tous les territoires de la planète.
La plateforme de forage semi-submersible, Deepwater Horizon, a été construite en Corée du Sud, mais est la possession de Transocean qui en assurait également le fonctionnement. Transocean est la plus grande compagnie de forage offshore du monde ; elle est enregistrée en Suisse. Transocean travaillait avec une compagnie de service pétrolier, Haliburton, louée par une compagnie britannique et qui arborait le pavillon des îles Marshall dans l’océan Pacifique. Ceci est l’un des aspects du business pétrole international, en particulier des forages en eaux profondes.
Il y a aussi l’opposition internationale en provenance de toues les parties monde, de là où les humains se préoccupent de l’environnement. Les citoyens de l’Alaska se sont opposés au forage depuis le désastre du tanker Exxon Valdez. Depuis la Bolivie, les populations autochtones appellent à la création d’un mouvement mondial des peuples pour la Terre Mère. C’est depuis la côte de l’Afrique de l’Ouest que les suppliques pour la Terre Mère sont les plus fortes, parce que les peuples de cette région ont depuis toujours soulevés les questions fondamentales concernant la sûreté et la sécurité des opérations des compagnies pétrolières.
Ces compagnies ont libéré des forces de destruction inimaginables sur les populations, l’environnement et les écosystèmes africains, et la marée noire du golfe du Mexique soulève à nouveau la question des forages pétroliers au 21ème siècle. Ces questions de destruction de l’environnement sont maintenant publiques, alors que les géants pétroliers se préparent à procéder à d’autres explorations pétrolières en eau profonde et d’exploiter des réserves en profondeur au large des côtes du Brésil et de l’Angola.
Mépris des humains et amour du profit.
Selon les termes de la morale du système capitaliste, des incidents comme l’actuel désastre du golfe du Mexique sont simplement le prix à payer pour faire des affaires dans l’industrie pétrolière. En terme militaire cela se dit ‘’ dommage collatéral’’. Cette analogie militaire est des plus appropriées compte tenu du fait que l’armée américaine sert d’agence de protection aux compagnies pétrolières. Nombreux sont ceux qui ont cru que la guerre en Irak avait pour but le pétrole et les peuples africains savent que l’AFRICOM a pour objectif de protéger les intérêts des compagnies pétrolières. La marine américaine a été en action dans tout le golfe de Guinée afin de donner une nouvelle image de l’Amérique en Afrique et de déployer toute sa puissance dominatrice.
Ce qui est bon pour le capitalisme est bon pour les militaires américains ; peu importe le nombre de morts et de blessés. Le bon capitaliste se mesure à l’aune de son profit. Les compagnies ont été en compétition depuis le temps de Bush-Cheyney pour voir qu’elle était la compagnie qui afficherait les profits les plus importants. En 2008, Exxon, la plus grande compagnie publique de vente de pétrole, a annoncé des profits records : ses revenus du deuxième trimestre ont augmenté de 14% et se sont élevés à 11.68 milliards de dollars. Selon le New York Times c’était le profit trimestriel le plus important jamais atteint par une compagnie américaine. Exxon qfaisait un profit par minute de presque 900 000 dollars.
Dans le premier trimestre de 2010, British Petroleum a annoncé un profit de 6.08 milliards de dollars, une augmentation de 2.56 milliards de dollars par rapport au premier trimestre de l’année dernière, en 2009. Le modèle business-militaire a été organisé autour de ruée sur le super profit, sans se préoccuper des dommages collatéraux aux humains et à la nature.
Afin de masquer les activités criminelles, nombre d’organisations qui servent de paravent ont été mises sur pied pour détourner l’attention des activités destructrices des compagnies pétrolières. Une de ces organisations de façade est l’American Petroleum Institute (API) Ses membres comprennent Exxon-Mobil, Shell, BP, Conoco Philips et d’autres, elle a pour mission de désinformer à propos des dangers réels que représentent les compagnies pétrolières.
Des intellectuels, des journalistes, des politiciens, des pseudo écologistes ont été pris dans les filets de ces compagnies, de sorte que seuls des désastres comme celui du golfe du Mexique, d’une magnitude telle que la vérité ne peut être ni arrangée ni cachée, peuvent leur résister. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, parce que même avant qu’ils ne comparaissent devant le Congrès, les employés de BP, de concert avec Haliburton (associée à Dick Cheyney), ont continué à mettre la faute sur l’autre, dans le désastre actuel.
La désinformation et la propagande des compagnies pétrolières ont été intériorisées par les politiciens qui croient qu’il est nécessaire de fournir des encouragements aux compagnies pétrolières pour des forages offshores. Des brochures brillantes et des ramifications extensives au sommet des business schools reproduisent la fiction que les humains doivent dépendre du pétrole et du gaz comme principale source d’énergie pour les décennies à venir. Même avec l’avancée majeure de la physique à particule et la technologie solaire et éolienne, le business model des compagnies continue de prédire une demande en pétrole en augmentation constante. En fait les dirigeants de la désinformation de BP s’estiment eux-mêmes tellement talentueux dans l’art de la manipulation, que BP s’est promue elle-même au rang des compagnies favorables à l’environnement, annonçant que BP signifie ‘’ Beyond Petroleum’’ (au-delà du pétrole)
Au-delà du pétrole
L’échec du Sommet de Copenhague sur le réchauffement global (appelé changement climatique) a fait comprendre à l’humanité que la réalité des anciens modèles de business doit cesser si l’humanité veut survivre. Dans le sillage de la marée noire du golfe du Mexique, il y a eu de nombreux commentaires dans les médias anglo-américain, discutant des différentes marées noires et s’efforçant d’établir une hiérarchie des pires catastrophes de l’histoire résultant de la main de l’homme. Il y a maintenant des comparaisons avec le désastre de détroit du Prince William (Alaska) où l’Exxon Valdez avait échoué le 24 mars 1989. Vingt et un an plus tard, les populations et la faune souffrent toujours des effets du pétrole répandu, là où le tanker a déversé 10,8 millions de gallon (un gallon GB = 4.5 litres, un gallon US =3.5 litres) de brut dans la mer qui a généré un marée noire sur 1300 miles carré (3.366 km carré).
En raison de l’étroitesse et de la myopie des politiques américaines, les conséquences globales et internationales de désastres tel celui de l’Exxon Valdez ou de la plateforme de Deepwater Horizon, ne sont pas compris dans un contexte où un cumul de crimes devient international et requiert une coopération internationale. Certains écologistes ont établi une liste des principales marées noires dans les océans depuis 1940, mais on ne peut guère se baser sur ces informations, parce que de nombreux éléments présentés comme des faits par les journalistes concernant ces incidents ont été compromis par les opérations de relations publiques des compagnies pétrolières.
Les deux pires accidents sont survenus à quelques semaines d’intervalle en 1979. Le 3 juin, un puits a explosé à Campeche, dans le golfe du Mexique, causant l’incendie et l’effondrement de la plateforme. Il a fallu neuf mois à une équipe pour colmater le puits. Dans l’intervalle, 140 millions de gallon de brut se sont répandu dans l’eau. Les super tanker, Atlantic Empress et Aegan Captain, sont entrés en collision au large de Trinidad et Tobago le 19 juillet 1979, libérant 90 millions de gallons qui ont fini dans la mer des Caraïbes.
Entre 1971 et 2000, les gardes-côtes américains ont trouvé plus de 250 000 fois du pétrole dans les eaux américaines, selon le rapport de 2002 du US Department of the Interior Minerals Management Service. Environ 1,7, milliards de gallon (6,4 milliards litres) de pétrole ont pollué la terre et les mers, conséquence d’incidents avec des tankers, entre 1970 et 2009. L’organisation qui récolte les informations sur les marées noires à partir de tanker ou d’autres sources, la Tanker Owner Pollution Federation Limited (La fédération des propriétaires de tankers), en parlant de destruction, ne parle pas de pollution mais de perte de pétrole.
Les forages offshores pour du pétrole et du gaz à proximité de côtes américaines ont été bannis par le Congrès en 1981. Après le désastre de l’Exxon Valdez, il y a eu une telle indignation chez les écologistes que l’interdiction des forages offshore a été maintenue par le gouvernement américain. En 1990, le président Georges Bush (le père) a donné des ordres afin de maintenir l’interdiction. Cette interdiction a été révoquée par son fils, Georges W. Bush en 2008. Alors que cette interdiction était en vigueur aux Etats Unis, les compagnies pétrolières foraient et brûlaient les gaz en Afrique, témoignant d’un mépris complet et d’une absence de considération pour la vie des Africains. Le brûlage du gaz au Nigeria mérite une catégorie en lui-même, parce que la plupart de ces torches ont brûlé 24 heures par jour pendant plus de 40 ans.
Les torches brûlant des gaz, les pluies acides, les oléoducs qui fuient ont été si graves au Nigeria que des écologistes internationaux de Friends of the Earth se sont joints aux gens du delta du Niger afin de poursuivre en justice les compagnies pétrolières, pour qu’elles répondent de la pollution et des oléoducs percés de Shell qui contaminent les terres arables et les eaux poissonneuses
Avant le jugement rendu par la Cour de justice de La Haye, qui disait que les cour de justice néerlandaises étaient compétentes pour juger les activités de Shell au Nigeria, ces compagnies ont utilisé leurs vastes ressources pour empêcher les actions collectives visant à mettre un frein au réchauffement climatique. Ces compagnies sont un obstacle à l’effort concerté en vue de créer de nouvelles technologies. Ils promeuvent des auteurs qui déclarent que le réchauffement climatique est une farce. Ces auteurs, même s’ils se rendent en Afrique, produisent des écrits dans lesquels ils blâment les Africains pour la corruption et la pollution plutôt que les vrais coupables. Le dernier numéro du National Geographic Magazine contient un article intitulé’’ Le pétrole nigérian : la malédiction de l’or noir’’. On aurait bénéficié d’une indulgence si, après avoir lu cet article, on adoptait l’idée selon laquelle la raison principale de l’instabilité du Nigeria est le Mouvement pour l’Emancipation du delta du Niger.
Destruction et résistance en Afrique
La corruption et la destruction par les compagnies pétrolières n’apparaissent au grand jour que maintenant, dans le sillage des confrontations politiques et légales avec les compagnies pétrolières. Les gouvernements africains se sont compromis, des dictateurs ont été soutenus et des militants tués, alors que les compagnies pétrolières faisaient la loi. Que ce soit en Angola, en Guinée équatoriale, au Tchad, au Nigeria, en Afrique du Sud ou au Soudan, les activités intensifiées des compagnies pétrolières ont conduit des auteurs provenant d’institut d’études stratégiques à écrire des articles sur ‘’l’importance stratégique du pétrole africain pour les Etats-Unis’’ La quête de l’énergie pour les Etats-Unis en Afrique est présentée sans la moindre considération pour la vie des peuples africains.
Mais c’est justement en raison de la gravité de l’oppression en Afrique que les peuples africains ont résisté le plus. Ce n’est donc pas un hasard si, lors du Sommet de Copenhague de 2009, les forces les plus militantes provenaient des Africains alignés sur les écologistes d’Amérique Latine et du reste du monde. Pas un hasard si Lumumba Stanislaus Di Aping est apparu comme le défenseur des droits de tous les peuples et que Desmond Tutu a résumé l’attitude des pays riches lorsqu’il a dit que leurs propositions consistaient en une promesse d’incinérer les Africains.
De la résistance des peuples Ogoni dans le delta du Niger au centre toxique de la pollution pétrochimique à Durban (Afrique du Sud), de nouveaux militants se lèvent pour remettre en question les actions criminelles des compagnies pétrolières. C’est à Copenhague que l’appel a été lancé, disant que le problème n’est pas le changement climatique mais le changement de système. Cette prise de conscience a de nouveau été clairement articulée au cours de la semaine où a eu lieu le désastre du Golfe du Mexique, lorsque le Sommet de Cochabamba en Bolivie a produit la Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère.
Sont sortis de cette conférence des peuples en Bolivie quatre accords généraux.
Selon les médias, ils spécifient que :
- ceux qui violent ces droits et d’autres accords environnementaux internationaux sont passibles de suites légales (Une Cour de justice du climat),
- les pays pauvres doivent recevoir des compensations sous diverses formes pour une crise dans laquelle ils n’ont joué qu’un rôle mineur (La dette du climat) ;
- il devrait y avoir un mécanisme pour les peuples du monde entier pour faire entendre leurs vues sur ces sujets ; et, le plus important
- la nature devrait avoir des droits qui protègent les écosystèmes de l’annihilation
Cette déclaration s’éloigne du discours sur l’adaptation et l’atténuation des conséquences et ces autres formules qui proviennent des centres de réflexions occidentaux. Les militants progressistes de l’Afrique de l’Ouest ont maintenant une nouvelle base à laquelle se joindre afin de populariser la nouvelle lutte pour la transformation et un nouveau mode d’existence économique.
Après la pendaison de Ken Saro-Wiwa, il y a eu un rapport après l’autre qui documentait comment les multinationales pétrolières dans le delta du Niger menaçaient sérieusement les moyens de subsistance des communautés résidentes. Le langage même de ces rapports a contribué a discréditer les peuples du Nigeria et nombreux sont ceux qui ont été écrits comme si les actions criminelles des compagnies pétrolières pouvaient être changés par la persuasion morale et les lobbies écologistes. Toutefois, il est maintenant clair que les marées noires ne sont pas des accidents, mais des catastrophes du fait de l’homme qui répandent la pollution, la maladie et la mort. Les progressistes doivent maintenant dépasser la quantification des coûts des marées noires en terme monétaire.
La déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère fournit une nouvelle tribune pour une action collective des progressistes. Le message de cette carte postale panafricaniste est le suivant : ceux qui soutiennent l’émancipation des peuples doivent reconsidérer la lutte armée comme base principale de la lutte. La lutte armée peut être soutenues par les progressistes lorsque toutes les autres formes de luttes politiques, légales, idéologiques et diplomatiques ont été épuisées. La possibilité des compagnies pétrolières de blâmer les militants et ‘’les voleurs’’ pour les dégâts à l’environnement tient à leur mainmise sur les médias internationaux. Pour ces raisons, les vrais révolutionnaires doivent reconsidérer les enlèvements comme une tactique dans la lutte pour la transformation.
Il est maintenant possible de s’affirmer dans la lutte pour la justice environnementale et cette lutte ne doit pas être compromise par des enlèvements. L’explosion de la plateforme de forage, qui a ensuite sombré dans le golfe du Mexique en avril, a généré une autre base de coopération et de coordination pour les militants écologistes dans toutes les parties du monde. Pour chaque jour où le pétrole jaillit des profondeurs de l’océan, les militants de tous les continents doivent accentuer leur opposition aux compagnies pétrolières afin que les citoyens du monde comprennent que la meilleure solution est de laisser le pétrole dans les profondeurs de la terre et des océans.
*Horace Campbell est un militant pour la paix. Il travaille à réaliser le rêve de feu Tajudeen Abdul Raheem qui consiste à construire l’unité africaine d’ici à 2015. Ce texte a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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RDC analyses
RD Congo : Indignation après la mort suspecte de Floribert Chebeya Bahizire
Franck Kamunga Cibangu
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/DRCanalysis/65058
Militant des Droits de l’Homme en RD Congo, Floribert Chebeya est mort dans des conditions suspectes. Convoqué par la police, il était retrouvé mort, le lendemain, dans sa voiture abandonnée. C’est le deuxième assassinat de défenseur des Droits humains en RDC et pour Franck Kamunga Cibangu, trop c’est trop.
Floribert Chebeya n’est plus. Porté disparu depuis le mardi 1er juin, le corps du président de l’ONG de défense des Droits de l’Homme la « Voix des Sans Voix » a été retrouvé par la police le mercredi 2 juin, dans la matinée, à bord de sa voiture, sur la route de Matadi, vers Mitendi, dans la périphérie de Kinshasa. L’information a été livrée mercredi après-midi par des sources policières. Disparu également depuis mardi, on n’est toujours sans nouvelles de Fidèle Bazana, le chauffeur de Floribert Chebeya.
Rendez-vous avec l’Inspecteur Général
Lorsque la radio onusienne Okapi l’a interrogée mercredi en début d’après-midi, l’épouse de Floribert Chebeya croyait encore que son mari était vivant. Elle a décrit l’emploi de temps de ce dernier dans la soirée de mardi : « C’était hier vers 17 heures, mon mari m’a appelé pour me dire qu’il avait rendez-vous à l’IG (NDLR: Inspection générale de la police), et que le Général Numbi (NDLR: l’inspecteur général de la police) devait le recevoir vers 17 heures 30. Il m’a appelé, nous avons parlé au téléphone. Après quelque temps, il m’a envoyé un SMS pour confirmer qu’on allait le recevoir vers 17 heures 30. Comme je n’étais pas tranquille, je lui ai envoyé un SMS pour savoir s’il avait été reçu. Il a répondu à mon SMS affirmant qu’il n’a pas pu rencontrer l’IG et qu’il faisait maintenant un détour à l’UPN. Je sais que mon mari ne fait pas comme ça et n’avait pas un programme pour se rendre à l’UPN».
Vers 21 heures, elle a tenté de joindre Floribert Chebeya au téléphone, dit-elle. Sans succès. Elle a multiplié les tentatives toute la nuit jusqu’à la matinée de mercredi. « Personne n’a décroché, même pas son chauffeur qui pourtant était avec lui », raconte-t-elle.
Les sources policières ont confirmé à la radio onusienne Okapi le rendez-vous de Floribert Chebeya à l’inspection générale de la police.
« Les défenseurs des droits de l’homme gênent »
« C’est le deuxième défenseur des droits de l’homme [à perdre la vie]. On vise les défenseurs les plus importants. Je peux le dire clairement, nous tendons vers les élections et les défenseurs des Droits de l’homme gênent », a réagi l’activiste des Droits de l’homme Robert Ilunga Numbi de l’ONG “Les Amis de Nelson Mandela”.
D’après lui, cet « assassinat est déjà une preuve… que les défenseurs des Droits de l’homme ne sont pas en sécurité.» Robert Ilunga a affirmé être aussi la cible des menaces. « Lorsque nous disons que nous ne sommes pas en sécurité, nous voyons toujours le ministre de la Communication affirmer que nous sommes en train de vendre le pays. Moi aussi je suis ciblé. Si Chebeya aujourd’hui est mort, prochainement ça ne pourrait être moi », a-t-il déploré.
Communiqué conjoint de l'OMCT et de la FIDH
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des Droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), exprime sa plus vive indignation suite à l’annonce de la mort de M. Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de la Voix des sans-voix pour les droits de l’homme (VSV) et membre de l’Assemblée générale de l’OMCT, dans des circonstances peu claires.
Alors que M. Floribert Chebeya Bahizire était porté disparu depuis le 1er juin 2010, son corps a été retrouvé sans vie par la police ce mercredi 2 juin dans la matinée à bord de sa voiture sur une route à la sortie de Kinshasa. Par ailleurs, M. Fidèle Bazana Edadi, membre et chauffeur de la VSV qui accompagnait M. Chebeya Bahizire, reste porté disparu. Au moment de publier ce communiqué, le directeur exécutif adjoint de la VSV, M. Dolly Ibefo Mbunga, n’avait toujours pas été autorisé à voir le corps de M. Chebeya Bahizire et la police lui a demandé de revenir dans la matinée du 3 juin.
Dans l’après-midi du 1er juin 2010, M. Floribert Chebeya Bahizire avait reçu une convocation à se rendre auprès de l’inspecteur général de la police nationale congolaise (IG/PNC), le Général John Numbi Banza Tambo, pour un motif qui devait lui être communiqué sur place.
Accompagné de M. Bazana Edadi, M. Floribert Chebeya Bahizire s’était alors rendu aux bureaux de l’IG/PNC, dans la commune de Lingwala, Kinshasa, vers 17h. Lorsque ses proches ont cherché à le joindre par téléphone, peu après 21h, M. Chebeya Bahizire n’a pas décroché, tandis que le téléphone de M. Bazana Edadi était éteint. A partir d’une heure du matin, tous les appels en direction du téléphone de M. Chebeya Bahizire étaient déviés.
« Nous condamnons fermement la mort de M. Floribert Chebeya Bahizire, défenseur des Droits de l’Homme reconnu pour sa lutte en faveur de la justice et des droits de l’Homme, décès survenu dans des circonstances pour le moins obscures, et nous nous associons à la tristesse de ses proches, de ses collègues et de tous les défenseurs des droits de l’Homme congolais », a déclaré M. Eric Sottas, secrétaire général de l’OMCT.
L’Observatoire condamne la mort de M. Floribert Chebeya Bahizire qui s’inscrit dans un contexte d’insécurité croissante et d’intimidations répétées à l’encontre des défenseurs des Droits de l’Homme en République démocratique du Congo, et réitère sa plus vive préoccupation au regard de la détérioration de la situation des défenseurs en RDC.
« Nous appelons les autorités congolaises à mener une enquête indépendante afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de M. Chebeya Bahizire et à retrouver M. Bazana Edadi dans les meilleurs délais. Nous appelons également la MONUC à faire le suivi nécessaire en application de son mandat de protection des défenseurs des Droits de l’Homme dans le pays », a déclaré Mme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.
Plus généralement, l’Observatoire appelle les autorités congolaises à mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme en RDC, et à se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des Droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la RDC.
* Franck Kamunga Cibangu est Directeur Exécutif de Droits Humains Sans Frontières
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Plaidoyers & campagnes
Madagascar : Les mystères du projet de vente d’eau du fleuve Mananara-Nord
Mamy Rakotondrainibe
2010-06-07
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/65053
Monsieur le ministre de l’Eau de la République de Madagascar
Fidèle à ses engagements pour la défense des terres et des paysans malgaches, le Collectif TANY est préoccupé par le projet de vente d’eau du fleuve Mananara-Nord dont l’état d’avancement demeure obscur pour les citoyens malgaches, comme nous l’avions indiqué dans une lettre datée du 31 janvier 2010 qui vous a été adressée et qui a été rendue publique par des organes de presse malgaches et des ONGs internationales.
Or, les autorités malgaches compétentes dont vous êtes n’ont pas répondu à la demande légitime de transparence sur ce contrat de vente d’eau douce à destination d’un pays du Golfe persique.
Les rares informations parvenues au Collectif TANY depuis fin janvier n’ont fait que renforcer ses inquiétudes. Elles révèlent que ce projet a fait l’objet de la signature de deux protocoles d’entente en 1988 et 2005 entre le gouvernement malgache et la société canadienne Aquamar et que, entre ces deux périodes, des modifications importantes des termes du contrat auraient été apportées, à savoir l’allongement par deux de la durée du projet et la multiplication par trois du volume d’eau à fournir.
Par conséquent, le Collectif TANY réitère sa demande sur la nécessité d’informer tous les citoyens sur la teneur du contrat en cours actuellement :
- Qui a réalisé les études d’impact environnemental et quels en sont les résultats précis ?
- Quel est le pays du Golfe destinataire ?
- Quel est le volume d’eau douce à fournir dans le dernier contrat signé entre les autorités malgaches et la société Aquamar ? Qui contrôlera le volume d’eau réellement capté ?
- Qui financera les infrastructures nécessaires ?
- Quelles sont les contreparties pour les citoyens malgaches ? A qui seront versés les revenus engrangés ? Quelle redistribution est prévue entre les structures de l’Etat central et celles régionales et locales ?
Comme les terres, l’eau est une ressource vitale, stratégique, convoitée, elle est même à l’origine de conflits armés dans le monde. L’importance et la valeur de l’eau au XXIe siècle sont donc primordiales. Elle est d’autant plus précieuse à Madagascar qu’un grand nombre de citoyens malgaches n’y ont pas accès.
Comptant sur votre sens civique et votre attachement à la transparence et à la bonne gouvernance, nous sollicitons de toute urgence, Monsieur Le Ministre, une réponse de votre part et vous prions d’agréer notre très haute considération.
* Mamy Rakotondrainibe est présidente du Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – TANY
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Arts & livres
Afrique du Sud : Mandela expliqué aux enfants
2010-06-07
http://tinyurl.com/324ft6t
AUn album illustré de dessins et de photos raconte aux enfants la vie et le combat de Nelson Mandela, vingt ans après sa libération. Les auteurs de "Mandela, l'Africain multicolore", Alain Serres et Zaü, retracent l'enfance du prix Nobel de la paix dans une paisible tribu de bergers, sa chance d'être le premier à aller à l'école, puis la découverte, en ville, des dures lois de l'apartheid. Au fil des années, la colère monte, la répression aiguise la lutte et c'est la prison : 27 années passées derrière les barreaux.
Femmes & genre
Sénégal: La parité acquise, les femmes exigent l'accès à la terre
2010-06-07
http://tinyurl.com/2uft8gx
Après avoir acquis la parité dans les institutions totalement ou partiellement électives, les femmes sénégalaises mènent un autre combat. Elles exigent maintenant l'accès à la terre pour mieux faire valoir leurs droits et surtout consolider leur autonomie financière et leur indépendance. C'est du moins, le souhait de l'amicale des femmes des ministères de l'Agriculture, de l'Elevage et de l'Hydraulique. Selon la Directrice de l'analyse de la prévision et des statistiques (Daps), l'autonomisation des femmes consiste à rendre à ces dernières la place qu'elles méritent dans la société et à régler les problèmes de genre.
Droits humains
Afrique : La Libye, le Soudan et le Tchad parmi les 17 pays les plus répressifs
2010-06-07
http://tinyurl.com/2uo5qfu
L’ONG Freedom House a répertorié 17 pays et trois territoires dont les ressortissants vivent dans un environnement extrêmement répressif, avec des droits fondamentaux constamment bafoués. Le dernier rapport de Freedom House, organisation américaine de défense des libertés, cite la Libye, le Soudan, le Tchad, la Guinée Equatoriale et la Somalie parmi les pays où les violations des Droits de l’Homme sont les pires au monde. Les huit pays qui figuraient sur le rapport de l’année dernière sont à nouveau au top de la liste cette année. L’Erythrée les a rejoints avec un très mauvais résultat en matière des droits politiques et des libertés individuelles.
Afrique : Le procès d’Hissène Habré porterait un coup à l’impunité
2010-06-07
http://tinyurl.com/37thc5f
Les parties au Statut de Rome, qui a donné naissance à la Cour pénale internationale, sont réunies en Ouganda pour faire le bilan des progrès accomplis et réaffirmer leur engagement en faveur de la lutte contre l’impunité. Selon les spécialistes des droits humains et les experts juridiques, il est indispensable de traduire en justice l’ancien chef d’Etat tchadien Hissène Habré pour assurer que de tels traités internationaux soient plus que de simples mots couchés sur le papier.
Afrique du Sud : Mobilisation contre le trafic des femmes durant le Mondial
2010-06-07
http://tinyurl.com/39ahet
Un vif débat a éclaté au sujet des déclarations selon lesquelles la Coupe du monde 2010 alimentera le trafic de femmes venues des pays africains et autres en Afrique du Sud pour l'exploitation sexuelle pendant la coupe qui commence le 11 juin. La campagne "Arrêter le trafic des êtres humains en 2010", menée actuellement en Afrique du Sud, prévoit que 100.000 femmes seront victimes de trafiquants d'êtres humains pendant la Coupe du monde et seront entraînées dans l'industrie du sexe. Cette campagne est une initiative de STOP, une alliance chrétienne à but non lucratif.
Afrique du Sud : 21 Thaïlandaises victimes de trafic humains
2010-06-07
http://tinyurl.com/3yt5gp9
DLa police d’Afrique du sud a sauvé 21 femmes thaïlandaises probablement victimes de traite humaine dans une maison close présumée, a déclaré le 30 mai un porte-parole. La police a agi sous conseil d’un informateur qui leur a déclaré que des femmes thaïlandaises, âgées entre 23 et 27 ans, étaient exploitées sexuellement dans le parc de Kempton, à l’est de Johannesburg. Elles étaient toutes en Afrique du sud depuis moins d’un mois.
Guinée-Bissau: La justice classe le dossier d’un présumé putschiste
2010-06-07
http://tinyurl.com/33ooy8p
Le tribunal suprême militaire de Guinée-Bissau a décidé de classer provisoirement le dossier de Bubo Na Tchuto concernant la tentative de coup d'Etat contre le président Joao Bernardo Vieira en 2008, dont il était l'auteur présumé. Le 31 mai, Bubo est sorti souriant du tribunal militaire. Deux semaines auparavant, il avait assuré: "Si le tribunal militaire conclut à mon innocence, je reprendrai mon poste au niveau de la Marine, comme chef d'état-major". En août 2008, le chef d'état-major des forces armées, Batista Tagmé Na Waie l'avait accusé d'avoir voulu perpétrer un putsch contre le président Joao Bernardo Vieira et d'être impliqué dans le trafic de drogue. Tous deux ont été assassinés par la suite. Bubo avait dû fuir clandestinement son pays pour gagner la Gambie.
Cameroun: les acteurs et les méthodes d’exploitation sexuelle des enfants
2010-06-07
http://tinyurl.com/32kp3on
Au Cameroun, posséder des enfants est synonyme de richesse. Certains parents n'hésitent pas à capitaliser ces derniers pour amortir les difficultés d'un quotidien de plus en plus impécunieux. C'est ainsi que dans les grandes agglomérations, on voit des parents encourager leurs filles à se prostituer soit pour entretenir la famille, soit pour arrondir les fins de mois. Bien que leurs intentions ne soient pas de pousser leurs enfants dans les méandres de la traite, ou encore de les exposer à l'exploitation sexuelle. Seulement, il arrive qu'ils soient dupés par des gens sans foi ni loi, qui leur promettent un avenir meilleur.
Egypte : Retrait de la nationalité pour les hommes mariés à une Israélienne
2010-06-07
http://tinyurl.com/39vxrcz
La Haute cour administrative égyptienne a confirmé le 5 mai un jugement dépossédant de leur nationalité les Egyptiens mariés à une Israélienne, dans un dossier qui illustre la sensibilité du sujet en Egypte malgré la paix signée avec Israël il y a plus de trente ans. Un juge a estimé que le ministère de l'Intérieur devait demander au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour déchoir de leur nationalité les Egyptiens mariés à une Israélienne ainsi que leurs enfants. Les ministères égyptiens de l'Intérieur et des Affaires étrangères avaient fait appel de ce jugement, arguant du fait que ce genre de décision relevait du Parlement.
Gambie : Un journaliste attaque le régime en justice pour tortures
2010-06-07
http://tinyurl.com/2w2kx66
Un journaliste gambien a saisi, le 3 juin 2010, la Cour de justice de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en vue de faire condamner le gouvernement gambien qu'il accuse de l'avoir fait torturer suite à son arrestation en 2006. Le régime de Yaya Jammeh est l'un des plus répressifs envers la presse. Selon les organisations de défense des journalistes, une quarantaine de journalistes ont dû quitter la Gambie depuis l'accession au pourvoir de Jammeh en 1994. Cette affaire illustre les difficultés auxquelles sont en proie les journalistes en Gambie. Depuis l'assassinat toujours non élucidé du directeur du Point, Deida Haidara en 2004, les journalistes sont la cible des autorités.
Guinée: Le fils de feu-Lansana Conté sur liste noire aux Etats Unis
2010-06-07
http://tinyurl.com/2vh99wk
Dans une lettre au Congrès, le président Obama a désigné Ousmane Conté, fils aîné de l'ancien président guinéen Lansana Conté, comme un « baron de la drogue », ouvrant la voie à la saisie de ses biens aux Etats-Unis. Une liste noire américaine existe depuis un peu plus de deux ans. Elle est régulièrement mise à jour. Ousmane Conté, l'un des rares Africains épinglé, rejoint sur cette liste deux officiers supérieurs bissau-guinéens, le chef d'état-major de l'armée de l'air Ibrahima Papa Camara et l'ancien chef-d'état major de la marine José Americo Bubo Na Tchuto, désignés au mois d'avril dernier par l'administration Obama.
Rd Congo : L’ONU demande une enquête impartiale sur la mort de Chebeya
2010-06-07
http://tinyurl.com/34l3799
Le corps de Floribert Chebeya, président de l’ONG la Voix des sans Voix, a été retrouvé sans vie, le 3 juin, sur le siège arrière de sa voiture, à la sortie de Kinshasa. Il avait les deux bras derrière, menottés, sur le siège arrière de son véhicule, selon le président de l’Association des amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’homme. Selon Amnesty International, M.Chebeya s’était rendu le 1er juin au soir à une convocation du chef de la police nationale. Mais la police dément. Avant sa mort, Floribert Chebaya se disait suivi et sous surveillance des forces de police. On est sans nouvelles de son chauffeur disparu lui aussi après la convocation de son patron à la police mardi 1er juin.
Rd Congo : un colonel de la police passe aux aveux pour la mort de Floribert Chebeya
2010-06-07
http://tinyurl.com/3xnp5zq
"Le colonel Daniel Mukalay, chef des services spéciaux de la police, a été arrêté. Il est passé aux aveux dans l’assassinat de Mort de Floribert Chebeya. Il a dit qu'il était un exécutant et a mis en cause" le chef de la police, le général John Numbi. Le colonel Mukalay "a révélé que lui n'avait aucun intérêt dans cette affaire et que l'autre (le général Numbi, ndlr) voulait se protéger contre la révélation de choses crapuleuses"… Le général Numbi, qui a été suspendu de ses fonctions selon le ministre de l'Intérieur, "a été placé en résidence surveillée", selon la même source. LPrésident de l'ONG la Voix des sans-voix (VSV), Floribert Chebeya, 47 ans, a été retrouvé mort le 2 juin matin à l'arrière de sa voiture sur une route de la capitale.
Rwanda : Tentative de suicide d’un avocat de l’opposante Ingabire en prison
2010-06-07
http://kabsondream.com/shercongo/archives/1885
L’incident devrait encore faire monter la pression sur les proches de l’opposante Victoire Ingabire, la présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU). L’un de ses avocats, l’Américain Peter Erlinder, aurait ingéré « une cinquantaine de comprimés ». C’est ce qu’a déclaré le porte-parole de la police qui l’a retrouvé mal en point, le 2 juin, dans sa cellule de prison à Kigali. Selon les autorités, Peter Erlinder aurait « reconnu lui-même qu'il voulait se donner la mort, au regard de la gravité des faits qui lui sont reprochés ». Mais ses proches ont immédiatement mis en doute la version officielle.
Mouvements sociaux
Tunisie: les syndicats dénoncent Israël et Washington
2010-06-07
http://tinyurl.com/33p2qq3
Des milliers de travailleurs ont manifesté le 3 juin dans Tunis pour dénoncer Israël et les Etats-Unis, et saluer la Turquie, après le raid israélien contre la "Flottille de la liberté", un convoi naval destiné à briser le blocus de Gaza. A l'appel de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale unique) quelque 5.000 personnes ont défilé sous contrôle de la police.
Elections & gouvernance
Burundi : Cinq leaders de l’opposition boycottent la présidentielle
2010-06-07
http://tinyurl.com/2uqlpmq
Le climat politique s’alourdit au Burundi : cinq candidats de l’opposition ont annoncé leur retrait de l’élection présidentielle du 28 juin et menacent de boycotter tout le processus électoral. Agathon Rwasa, chef de l’ex-rébellion des FNL, le principal rival du président Pierre Nkurunziza, Domitien Ndayizeye, ancien président et leader du Frodebu, principal parti de l’opposition parlementaire, Leoanard Nyangoma, ancien chef rebelle, de même que Pascaline Kampayano, dissidente du CNDD-FDD, parti au pouvoir, et l’ancien journaliste Alexis Sinduhije, leader du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD), ont tous jeté l’éponge. Il ne reste plus qu’un seul candidat face au président sortant : Yves Sahinguvu est l’actuel premier vice-président du Burundi et candidat du principal parti tutsi, Uprona.
Burkina Faso : Rebondissement dans la polémique autour de l’article 37
2010-06-07
http://tinyurl.com/33bmlq2
Au Burkina Faso, la classe politique et la société civile s'agitent depuis des semaines au sujet d'une éventuelle modification de l'article 37 de la Constitution qui limite le nombre de mandats présidentiels. Une pétition aurait ainsi déjà recueilli près de 30 000 signatures pour s'opposer à toute révision constitutionnelle. Le minimum requis pour introduire la pÉtition auprès de l'Assemblée nationale.
Centrafrique: Bozizé promet de quitter le pouvoir s'il n'est pas réélu
2010-06-07
http://tinyurl.com/2uezky3
Le président centrafricain François Bozizé a promis de se retirer du pouvoir s'il n'était pas réélu, en indiquant soupçonner la communauté internationale de connivence avec son opposition politique. Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2003 et élu en 2005, il est candidat à sa propre succession à un prochain scrutin présidentiel, à une date indéterminée. Selon lui, l'opposition, peu pressée d'aller aux élections, a argué notamment de la situation sécuritaire du pays, en "mentant" sur le blocage du programme de désarmement des ex-rebelles (DDR) en cours, pour s'attirer la sympathie de la communauté internationale en faveur de ce report.
Côte d’Ivoire : la lassitude de Blaise Compaoré
2010-06-07
http://www.connectionivoirienne.net/?p=33880
ELa lenteur du processus ivoirien commence à rendre sceptique le médiateur Blaise Compaoré. Le 2 juin, sur France 24, il a averti qu'il pourrait cesser, en 2010, tout effort direct de « facilitateur » des accords de paix signés en 2007 à Ouagadougou. Menace, agacement, coup de pression ? Quoi qu'il en soit, le président burkinabé reste persuadé que l'élection présidentielle tant attendue - elle est sans cesse repoussée depuis la fin du mandat du président ivoirien, Laurent Gbagbo, en 2005 - se rapproche à grand pas.
Egypte : Moubarak ouvre la frontière avec Gaza
2010-06-07
http://tinyurl.com/3xsxgho
Suite à l'assaut par l'armée israélienne d'une "flottille de la liberté" au large de Gaza, le 31 mai - opération qui a fait au moins neuf morts -, l'Égypte a décidé d'ouvrir le seul passage frontalier avec la bande de Gaza qui n'est pas contrôlé par Israël. Cette mesure va permettre de faire entrer les aides humanitaires et médicales nécessaires pour la bande de Gaza et accueillir les cas humanitaires, les blessés et les malades qui doivent passer par l'Égypte. Aucune durée de temps n'est précisée, alors que d'ordinaire les ouvertures de ce point de passage entre l'Égypte et la bande de Gaza sont limitées à quelques jours par mois.
Gabon : Les ONG réclament une enquête sur l’achat de l’ambassade de Paris
2010-06-07
http://tinyurl.com/2b9wwx2
Dans un communiqué rendu public le 19 mai 2010, la Présidence de la République gabonaise annonçait l’acquisition « en toute transparence » d’un bien immobilier à Paris. Il s’agit d’un hôtel particulier de grand standing que la présidence gabonaise s’est maladroitement évertuée à présenter comme une acquisition pour le compte de l’Etat, et au profit de l’ambassade du Gabon à Paris. La présidence gabonaise semble aussi avoir omis de dire aux Gabonais qu’elle avait acquis cette propriété pour 65 milliards de CFA, soit 3% du budget de l’Etat, pour un bien dont l’adresse ne fut même pas communiquée. Des ONG ont demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire sur cette acquisition.
Guinée : La CENI annonce la fin de la confection des cartes d'électeurs
2010-06-07
http://tinyurl.com/3xrp72o
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), mettrait les bouchées doubles pour minimiser les retards et dérapages pouvant entamer le scrutin présidentiel du 27 juin 2010. D'après des responsables de la CENI, la confection des cartes d'électeurs est terminée. Le chargé des opérations ajoute même que les régions de Kankan et de N'Nzérékoré ont déjà reçu leurs lots de cartes. S'agissant de la confection des listes électorales et des listes d'émargement, des responsables de la CENI confirment la fin de cette opération. Par contre, les bulletins uniques de vote dont la confection est confiée à une société sud-africaine, sont attendus en Guinée le 17 juin.
Guinée : Le Premier ministre ne garantit pas la présidentielle au 27 juin
2010-06-07
http://tinyurl.com/323bj5d
Le Premier ministre de la transition en Guinée, Jean-Marie Doré, a expliqué qu’il ne pouvait pas garantir que l’élection présidentielle pourrait se tenir à la date prévue, le 27 juin. En cause : des moyens insuffisants accordés à la Commission électorale nationale indépendante (CENI). En clair, la Guinée fait face à de sérieux problèmes logistiques qui tendent à plomber l’organisation du scrutin. D’abord, sur les 30 milliards de francs CFA (soit environ 46 millions d’euros) prévus pour la CENI, environ les deux tiers environ sont disponibles, soit environ 20 milliards (31 millions d’euros environ). «
Guinée : Un ministre condamne l’utilisation des enfants dans la campagne électorale
2010-06-07
http://tinyurl.com/376gwoc
Dans une déclaration rendue publique le 3 juin 2010, le ministre secrétaire général des Affaires religieuses de Guinée s’est opposé contre toute utilisation des enfants et adolescents de moins de 18 ans dans la campagne présidentielle dont le vote est prévu pour le 27 juin prochain. Il se déclare soucieux de la santé et de la protection des enfants et demande d’éloigner de ces manifestations des enfants et des jeunes gens n’ayant pas l’âge de voter.
Madagascar: l'UE suspend son aide au développement
2010-06-07
http://tinyurl.com/333l7vk
EL'Union européenne a décidé, le 3 juin, de suspendre son aide au développement en raison de l'absence de progrès démocratiques depuis l'arrivée au pouvoir controversée à Madagascar d'Andry Rajoelina en mars 2009, une mesure qui n'affecte cependant pas l'action humanitaire européenne dans ce pays, ni certains projets bénéficiant directement à la population. Les mesures décidées ont pour effet de suspendre tout appui budgétaire accordé à Madagascar, ainsi que l'affectation de nouveaux moyens financiers au titre du 10e Fonds européen de développement.
Niger :Polémique autour du nouveau code électoral
2010-06-07
http://tinyurl.com/28wkn8r
La polémique monte au Niger à propos de certaines dispositions du nouveau code électoral. C’est le cas concernant, par exemple, l’obligation d’être titulaire du BEPC (diplôme d’enseignement moyen) pour briguer un poste de député. Si certains politiques la considère comme un gage, une garantie d’efficacité du travail parlementaire, auquel les analphabètes (en français, langue de travail du Parlement ?) ne comprendraient pas grand-chose, d’autres, en revanche, n’y voient que l’exclusion pure et simple de 80 à 90% des Nigériens de l’éligibilité.
Développement
Zimbabwe: Les exportations de minerais rapportent 1 milliard de dollars
2010-06-07
http://tinyurl.com/32jq6jp
Les exportations de minerais ont rapporté plus d’un milliard de dollars de recettes au Zimbabwe durant les cinq premiers mois de cette année, selon la presse locale qui cite le ministre des Mines. Après des années de déclin, le secteur minier au Zimbabwe a repris considérablement à la suite de la formation, l'année dernière, d'une coalition gouvernementale qui a stabilisé l'économie et l'industrie. Il devrait, selon les projections, croître de 40 pour cent cette année. Les responsables du secteur espèrent que l'interdiction sur les exportations de diamant sera levée durant le second semestre de l'année et que les recettes d'exportations de minerais augmenteraient nettement.
Santé & VIH/SIDA
Afrique du Sud : La réponse à la tuberculose rate les enfants
2010-06-07
http://tinyurl.com/34l3799
La proportion de tuberculose pédiatrique est en augmentation, et les enfants n’ont pas échappé à la montée de souches résistantes aux traitements, selon de nouvelles recherches présentées à la Conférence sud-africaine sur la tuberculose. Selon un responsable médical de l’OMS, les tests cutanés conventionnels peu concluants ainsi que l’incapacité à obtenir des échantillons de crachats de la part des jeunes enfants rendaient la tuberculose pédiatrique plus difficile à diagnostiquer et à traiter que chez les adultes. Pour aggraver les choses, les formulations pour les médicaments pédiatriques et les orientations internationales pour les enfants étaient également inadaptées.
Egypte : La pénurie de dons du sang menace la santé des patients
2010-06-07
http://tinyurl.com/325w6bt
Alors que la population égyptienne a dépassé 80 millions de personnes en 2010, le nombre de donneurs de sang a brutalement baissé durant ces dernières années, menaçant, selon des experts de la santé, la vie de centaines de milliers de patients. Selon les experts, la situation à laquelle font face les 150 000 patients atteints d’hépatite C ayant besoin de transfusions régulières est encore pire. Presque 10 pour cent de la population est infectée par le virus de l’hépatite C, selon le ministère de la Santé. Le déficit et une interdiction des importations ont conduit à une augmentation sans précédent du prix du sang. Les hôpitaux font parfois pression sur les parents de patients pour donner du sang s’ils ont le même groupe sanguin.
Gabon : Des progrès dans le traitement de la fièvre Ebola
2010-06-07
http://tinyurl.com/2blussw
Après la découverte du réservoir des virus Ebola et Marbourg en 2009 par le Centre International de Recherches Médicales de Franceville, au Gabon, ce sont les Américains qui ont réalisé un pas sérieux vers un traitement efficace de l’un des virus les plus redoutés au monde. Des scientifiques de Boston et du Pentagone ont publié le 28 mai, dans la revue médicale britannique The Lancet, que des singes exposés au virus Ebola ont pu être protégés grâce à un traitement. Cette expérience est une première en matière de traitement du virus Ebola.
Global : 3 types de vaccins contre le paludisme à l'étude
2010-06-07
http://tinyurl.com/3xgqaxy
Un certain nombre de candidats vaccins sur le paludisme sont à l’étude, certains faisant l’objet d’essais cliniques. Un premier type de vaccin (vaccin préventif, pré-érythrocytaire), agit immédiatement après l’injection de sporozoïtes par le moustique infecté, avant ou pendant son développement dans le foie. D’autres candidats vaccins sont dirigés contre le parasite dans le sang. On cherche soit à tuer le parasite à l’intérieur du globule rouge. Un troisième type de vaccin, le vaccin altruiste, ne protège pas l’individu que l’on vaccine mais il peut protéger en interrompant la transmission du parasite au moustique ou son développement dans cet insecte.
Madagascar : la circoncision à l’américaine gagne sa place
2010-06-07
http://tinyurl.com/2c3xtph
SLa circoncision à l’américaine gagne de plus en plus sa place dans les pratiques malgaches, car elle est plus rapide et plus efficace pour la santé de l’enfant. La pratique, qui a été adoptée à Madagascar vers l’année 1995, est très demandée par les parents car, non seulement, l’opération ne dure que 5 minutes mais aussi elle n’a pas d’effets secondaires ni d’impacts sur la santé de l’enfant, affirme-t-on. Toutefois, malgré cette tendance, la pratique de la méthode traditionnelle malgache de la circoncision est toujours d’usage par certaines personnes en raison du respect des coutumes, afin de pouvoir organiser des festivités avec les familles et surtout en raison du coût moins élevé de cette pratique.
Éducation
Congo : Déficit de 6.000 enseignants dans le primaire et le secondaire
2010-06-07
http://tinyurl.com/365qgyv
Près de 6.000 enseignants manquent dans l’enseignement primaire et secondaire au Congo. La ministre congolaise de l'Enseignement primaire et secondaire. Suite à la rétrocession aux confessions religieuses des écoles qui leur appartenaient jadis et qui avaient été nationalisées par l'Etat, beaucoup de parents en ville ou en campagne, ont du mal à inscrire leurs enfants dans ces établissements devenus de facto des structures d'enseignement privé. A cet effet, la ministre a souligné que, si ces difficultés persistent, il est possible à la longue d'envisager la procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique.
Racisme & xénophobie
Afrique du Sud : Relents de xénophobie à l’approche du Mondial
2010-06-07
http://tinyurl.com/2utv9yz
L’Afrique du Sud va accueillir la première Coupe du monde de football organisée sur le continent africain, mais l’excitation croissante ne parvient pas à faire oublier la campagne de diffamation malveillante demandant l’expulsion des Sud-Africains d’origine étrangère, à seulement quelques jours du lever de rideau du plus grand événement footballistique. Les médias locaux sont inondés d’anecdotes de conspirations se préparant dans les stations de taxi, dans les bars clandestins ou sur les marchés et visant les citoyens d’origine étrangère. Ces derniers sont accusés de prendre le travail des populations locales et de monopoliser les services gouvernementaux. Les ONG qui s’intéressent au sort des réfugiés et des migrants sont de plus en plus inquiètes à l’approche du 12 juillet, le lendemain de la finale.
Environnement
Niger : Areva est-elle en train d’irradier le pays ?
2010-06-07
http://tinyurl.com/2a2pbw6
Areva, le géant du nucléaire français, qui exploite les mines d’uranium du Niger depuis près de quarante ans, se fait sérieusement épingler par Greenpeace. L’ONG écologiste l’accuse, au bas mot, de négligence sanitaire à l’égard des populations locales et demande à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de mener une étude épidémiologique indépendante. Dans un rapport publié début mai, elle dénonce l’irresponsabilité de la compagnie française dans sa gestion du processus d’extraction du minerai radioactif.
Média & liberté d'expression
Afrique du Sud : la presse se rebiffe contre la Fifa
2010-06-07
http://tinyurl.com/34nqssk
Les journalistes sud-africains contestent le contrôle de la Fifa sur la couverture médiatique de la Coupe du monde. Depuis janvier dernier, les trois principaux groupes de presse du pays se sont lancés dans un bras de fer avec l’instance mondiale du football. En cause : les conditions d'accréditation imposées aux journalistes lors du Mondial, dont l'effet dissuasif n'a pas échappé à la profession. Sous prétexte de réguler le comportement de la presse dans les espaces accrédités, la Fifa s'octroie le droit de retirer -ou de modifier- l'accréditation d'un journaliste, de manière unilatérale. Et la possibilité de limiter les reportages qui nuiraient à ses intérêts ou à l'image de la Coupe du monde.
Maroc : Radio Mars suspendue pour atteinte à la monarchie
2010-06-07
http://tinyurl.com/2v75jyn
Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA, public) a infligé le 2 juin, à Radio Mars, une station privée émettant depuis Casablanca, une suspension totale de ses émissions pendant 48 heures pour "manquement aux obligations légales". Ces manquement portent sur les propos d'un invité accusé de porter une atteinte aux constantes du royaume du Maroc telles que définies par la Constitution notamment celles relatives à la monarchie.
Conflits & urgences
Rd Congo: 19 morts dans une attaque attribuée à des rebelles hutu rwandais
2010-06-07
http://tinyurl.com/39yy92v
Au moins 19 personnes, dont cinq soldats et huit civils congolais, ont été tuées le 2 juin dans l'attaque d'une position de l'armée dans l'est de la RD Congo attribuée à des rebelles hutu rwandais. Ce sont près de 150 combattants des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR, rébellion) qui ont attaqué une position des Forces armées de la RDC, tuant cinq soldats et huit civils, a déclaré un porte-parole de l'armée dans la province du Nord-Kivu (est). Une source onusienne a confirmé la mort de douze soldats congolais et civils lors de cette attaque, tout en restant réservée sur l'origine des assaillants.
Sénégal: Ratissage dans des zones rebelles de Casamance
2010-06-07
http://tinyurl.com/3yuwpjm
L'armée sénégalaise mène des opérations de ratissage dans le sud du Sénégal. Ces opérations surviennent après des affrontements survenus le 4 juin entre des militaires sénégalais et des rebelles présumés, dans le département de Bounliking, en Casamance, où des véhicules avaient été braqués, selon une source militaire dans la région. L'armée était intervenue peu après pour poursuivre les assaillants qui se sont ensuite repliés du côté de la frontière avec la Gambie.
Internet & technologie
Ghana : Les faux médicaments traqués par SMS
2010-06-07
http://www.afrik.com/article19935.html
Face au problème grandissant de la contrefaçon de médicaments en Afrique, le téléphone portable peut être une solution. Avec Sproxil.com, les médicaments sont dotés de chiffres qu’il suffit d’envoyer par SMS pour savoir s’il s’agit d’un remède authentique. L’idée mise au point par un Nigérian est actuellement expérimentée au Nigeria et au Ghana. L’acheteur envoie par SMS ces chiffres que seul le serveur de Sproxil.com peut décrypter. Tombe alors le verdict : « OK » ou « Non. Faux produit », ce qui permet de rendre la boîte contrefaite au vendeur.
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ISSN 1753-6847

