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Pambazuka News Numéro 15: L’assassinat politique contre les mouvements de libération
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Courrier, 4. Nécrologie, 5. Arts & livres, 6. Moniteur de l'Union Africaine, 7. Femmes & genre, 8. Droits humains, 9. Réfugiés & migration forcée, 10. Elections & gouvernance, 11. Corruption, 12. Développement, 13. Santé & VIH/SIDA, 14. Éducation, 15. Racisme & xénophobie, 16. Environnement, 17. Terres & droits fonciers, 18. Média & liberté d'expression, 19. Plaidoyers & campagnes, 20. Nouvelles de la diaspora, 21. Conflits & urgences, 22. Internet & technologie, 23. Cours, séminaires, & ateliers, 24. Forum Social Mondial 2007, 25. Emploi
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Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Victoria Brittain fait une rétrospective des assassinats politiques contre les mouvements de libération et montre comment ceux-ci ont souvent constitués un tournant dramatique pour les sociétés concernées
COMMENTAIRES ET ANALYSES :
- S’il y a une tare congénitale que le Forum Social Mondial se doit vite de réparer c’est, selon Onyango Oloo, la faible présence des femmes dans les instances clés du mouvement
- Sokari Ekrine soutient que les politiques migratoires espagnoles et européennes ont un fort élan raciste et dément l’idée généralement répandu qu’un seuil de saturation est atteint
- Dieu-Donné Wedi Djamba plaide pour le renforcement des capacités des électeurs analphabètes pour un plein exercice de leur droit citoyen le 29 octobre prochain
ARTS ET LIVRES : ‘Bamako’ raconte l’Afrique
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Au secours du NEPAD
CONFLITS ET URGENCES : Nouvelles de Côte d’Ivoire, Ethiopie, RDC …
DROITS HUMAINS : La peine de mort est signe de justice défaillante
FEMMES ET GENRE : Haro sur les lois discriminatoires en Côte d’Ivoire
REFUGIÉS ET MIGRATION FORCÉE : Des Burundais naturalisés Américains bientôt
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : L’Afrique du Sud au Conseil de Sécurité
DEVELOPPEMENT : Baisse de la croissance en Afrique sub-saharienne
CORRUPTION : Des parlementaires marocains déférés
SANTÉ ET VIH/SIDA : Cancer du sein, certains groupes plus exposés
ÉDUCATION : Afrique du Sud, eldorado pour étudiants britanniques ?
RACISME ET XENOPHOBIE : Le racisme, encore, et toujours
ENVIRONNEMENT : Déchets, la Côte d’Ivoire exige 150 milliards comme réparations
TERRES ET DROITS FONCIERS : Une gestion calamiteuse au Cameroun
MEDIA ET LIBERTÉ D’EXPRESSION : Gabon, prion pour un directeur de publication
NOUVELLES DE LA DIASPORA : France, quel avenir pour les familles des sans-papiers ?
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Un Projet Educatif Mondial
INTERNET ET TECHNOLOGIE : le Commonwealth pour les télécommunications
PLUS : Informations sur les cours, séminaires, ateliers et offres d’emploi…
Chroniques
Le recours à l’assassinat politique contre les mouvements de libération
2006-10-19
Victoria Brittain
Le recours à l’assassinat politique sélectif et systématique contre les mouvements de libération a changé le cours de l’histoire dans plusieurs pays africains et du Moyen Orient et a profondément affecté les politiques régionales respectives, estime Victoria Brittain. Ces bouleversements ont entraîné d’autres changements encore plus significatifs qui ont constitué un tournant parfois dramatique de l’histoire du Tiers monde, poursuit-elle. Dans cet article, elle passe en revue ces différents assassinats ainsi que leurs implications pratiques an amont comme en aval.
Les relations entre le Tiers monde en général et les puissances occidentales dominantes sont elles-mêmes, dans une certaine mesure, le produit des années de la guerre d’usure que l’Occident a conduit notamment par le biais d’assassinats politiques qui ont privé l’Afrique et le Moyen Orient de certains de leurs plus grands leaders et affaibli leur organisations politiques les plus marquantes.
La conséquence la plus dramatique que nous vivons de ces assassinats politiques, de la perte de tous ces leaders des deux générations précédentes, est sans doute dans le fait que l’opposition au nouveau colonialisme soit devenue si fragmentée, sectaire, dépolitisée, marginalisée, dépourvue de leadership, au point de générer l’attentat suicide à grande échelle.
Pour tous ceux qui n’ont pas vécu au cours des décennies soixante, soixante-dix et quatre-vingt les moments intenses, fébriles, plein d‘espoir qu’ont connus les mouvements africains de libération, il est peut être difficile d’imaginer leur pouvoir sur l’imagination et les aspirations politiques et sociales de tant de gens, et ce bien au-delà leur propre continent – y compris en Europe et aux Etats-Unis – et l’ascendant insoupçonnable aujourd’hui d’une poignée de leurs leaders. Mehdi Ben Barka, à qui nous voulons ici rendre hommage, était l’un d’eux.
A son époque, le néolibéralisme n’était pas la norme, alors que l’était l’espoir d’un monde meilleur. La fin de l’histoire n’avait pas été déclarée. Et il y avait deux super puissances. Deux mouvements de libération, dont l’importance dépasse largement leurs frontières, étaient particulièrement remarquables : l’African National Congress et le Fatah palestinien et ses nombreuses factions.
Leur trajectoire particulière reflète surtout la différence fondamentale de positions stratégiques dans le monde : les Palestiniens ont le désavantage d’être acteurs dans une zone clef convoitée par les Etats-Unis, qui veulent contrôler la production de pétrole, et de devoir affronter le plus important allié des Américains dans la région, à savoir Israël. Le Moyen Orient a été en effet la zone du monde la plus investie par les intérêts impérialistes occidentaux – et ce bien avant la création de l’Etat d’Israel.
La position stratégique de l’Afrique du Sud est bien sûr très importante mais on ne peut la classer dans la même catégorie – unique - d’intérêts économiques et idéologiques que recouvre Israël pour les Etats-Unis.
Avant d’entrer dans les détails de ces deux cas, je voudrais brièvement qu’on se rappelle l’immense portée des assassinats politiques dans la lutte des mouvements de libération pour mettre fin au colonialisme en Afrique, en donnant juste quelques exemples.
Prenons dans ce contexte, quatre assassinats pour la plupart non élucidés, réalisés par des professionnels en l’espace de presque trente ans. Il s’agit de crimes liés entre eux car ils ont tous en commun l’implication supposée d’éléments ayant appartenu aux services secrets français et de milieux de l’extrême droite. Ils tiennent tous aux spasmes de la violence néo-coloniale : le Marocain Ben Barka, le Camerounais Felix Moumié, empoisonné mortellement à Genève en 1960 par un agent des services secrets français, le juif égyptien Henri Curiel, militant anti-impérialiste, tué dans l’immeuble de son appartement à Paris en mai 1978, et la Sud-africaine Dulcie September, la représentante de l’ANC en France, assassinée dix ans plus tard, toujours à Paris. Les deux derniers, ont été des cible faciles, sans protection d’aucune sorte, malgré les nombreuses menaces de mort.
Les leaders charismatiques de pays aussi différents que la Guinée Bissau, le Mozambique ou le Congo ont également été assassinés dans l’intérêt premier des puissances coloniales, même si les exécutants ont parfois été recrutés au sein de groupes locaux à leur solde. Amilcar Cabral, Eduardo Mondlane et Patrice Lumumba ont été tués car ils menaçaient le pouvoir colonial ou le contrôle des ressources économiques qu’entendaient exercer les anciens colons. Leur disparition brutale de la scène politique africaine a eu un impact bien plus important que le rayonnement, parfois modeste, de leur propre pays.
Amilcar Cabral, était le leader du PAIGC (Parti africain pour l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert), le mouvement de libération qui s’est battu pour l’indépendance du Portugal de ces deux petites possessions de l’empire lusitain. La stratégie du PAIGC était de libérer la Guinée-Bissau et les îles du Cap-Vert, réunies dans un même parti, tout en menant la guerre de libération dans la seule Guinée pour des raisons logistiques évidentes. Né en Guinée, Cabral était lui-même d’origine cap-verdienne. Le leader du PAIGC était de loin l’intellectuel le plus connu et le plus révéré dans les cercles des mouvements africains de libération sur lesquels il avait une grande influence.
Il a été tué le 20 janvier 1973, en présence de son épouse, Ana Maria, devant sa résidence de Conakry. Ce sont des dissidents de son propre mouvement, manipulés par la puissance coloniale en collusion avec des agents locaux, qui ont tiré sur la gâchette.
Son célèbre discours à la Conférence de la Tri-Continentale de la Havane en 1966, l’a révélé au monde en tant qu’un des théoriciens les plus marquants de l’époque, d’autant qu’il pouvait également se prévaloir d’une brillante action sur le terrain. C’est en effet en Guinée-Bissau que l’armée coloniale portugaise a subi les plus cuisantes défaites qui allaient motiver ensuite la révolte des « capitaines » portugais et la révolution des œillets dans la métropole même. Le révolutionnaire Cabral évoluait à un moment exaltant du combat pour l’autodétermination des peuples colonisés mais également de la révolte de ceux oppressés par des régimes néo-coloniaux en Afrique ou en Amérique Latine.
Cabral était à beaucoup d’égards un leader exemplaire, qui dirigeait un mouvement profondément enraciné dans le monde rural – malgré ses pesanteurs -, et auprès de cadres urbains auxquels il avait lancé un défi historique ; celui de s’identifier avec les intérêts du paysannat, en renonçant à leur privilèges de classe. Son charisme et son brio intellectuel n’ont pas encore été égalés sur le continent, 33 années après sa disparition.
Eduardo Mondlane, leader du Front de Libération du Mozambique, Frelimo, a été tué à Dar-es-Salaam le 3 février 1969, par un colis piégé mis au point par des agents de la PIDE, la police politique portugaise de triste mémoire. Mondlane, qui était un intellectuel d’une certaine renommée, avait pris la tête du Frelimo à sa fondation en 1964. Son engagement personnel dans la lutte armée contre la domination portugaise surprit ses anciens collègues des universités américaines où il avait enseigné.
A différentes périodes de sa vie, Mondlane a été en rapport avec au moins cinq universités. Il fut d’abord admis à Wits, en Afrique du Sud, d’où il fut expulsé et envoyé au Portugal où il poursuivit brièvement ses études universitaires. De Lisbonne, il put enfin se rendre aux Etats-Unis, à Northwestern (Illinois), puis à Harvard et à Syracuse. Il travailla aussi un certain temps aux Nations-unies. Ses contacts et expérience ont certainement contribué à l’essor rapide que connut le Frelimo à l’intérieur du pays et sur la scène internationale.
En 1986, le successeur de Mondlane, Samora Machel, a aussi été tué avec plusieurs de ses conseillers dans le crash de l’avion qui le transportait de Lusaka à Maputo. Les services secrets du pays de l’apartheid sont fortement soupçonnés d’avoir émis des signaux en direction des pilotes de l’avion afin de le détourner de sa route. L’appareil s’est écrasé sur les collines environnantes à Nkomati.
Les assassinats de ces deux leaders mozambicains n’ont cependant pas eu les effets souhaités ; aussi bien au temps de la guérilla anti-coloniale que lorsqu’il dirigeait le pays indépendant, le Frelimo a réussi à surmonter les crises engendrées par ces disparitions. De cela il faut rendre hommage aux deux leaders qui ont su consolider le parti, en préparant ainsi leur relève.
En ce qui concerne le Cameroun et le Congo-Kinshasa, les conséquences du meurtre de leurs leaders au début des années soixante, a certainement contribué à l’affaiblissement durable de ces pouvoirs, à leur division sur base ethnique ou régionale, les rendant perméables pendant la guerre froide à toute sorte de manipulations extérieures, notamment des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis.
A cause de la complexité des structures ethniques du Cameroun et du Congo, leur dimension et richesses naturelles, notamment en ce qui concerne ce dernier, nous ne pouvons affirmer que Moumié ou Lumumba auraient avec certitude réussi à préserver l’unité de leurs pays, ou à maintenir les politiques anti-impérialistes qu’ils avaient incarné. Mais il est certain que leur mort violente leur a donné un statut mythique en Afrique, l’évocation de leur nom suffit à raviver les rêves de véritables indépendances, d’espoirs de justice.
Au Cameroun, Felix Moumié succéda à Reuben Um Nyobe, leader nationaliste radical de l’Union des populations du Cameroun, UPC, qui avait organisé la résistance armée dans les campagnes du pays pour évincer le régime néo-colonial pro-français d’Ahmadou Ahidjo. Moumié a été tué à Genève, le 15 octobre 1960, par un poison à base de thallium. Son tueur était un agent français, William Bechtel, qui avait feint d’être un journaliste pour rencontrer le leader camerounais.
Au Congo, Patrice Lumumba, le leader nationaliste élu aux élections qui ont précédé l’accession à l’indépendance de son pays dont il devint le premier Premier ministre, a été assassiné le 17 janvier 1961, soit un peu plus de six mois après sa prise de fonctions. Lumumba, qui avait échappé à plusieurs reprises à des tentatives d’assassinat entreprises par des agents de la CIA, fut tué, avec la bénédiction de cette dernière, par des agents belges, soutenus par des membres de l’Exécutif belge en Belgique même, qui ont agi avec le concours actif des rivaux politiques de Lumumba.
Le leader congolais a été injustement affublé du titre de « communiste » par les Américains qui ont dressé de lui le portrait d’un individu extrêmement dangereux - le Président Eisenhower avait lui-même donné le feu vert à sa liquidation. L’erreur de Lumumba avait été, de l’avis des Occidentaux, d’avoir des projets de développement économique ayant comme priorité l’élévation du niveau de vie des Congolais et non pas l’exportation exponentielle des richesses minières vers les pays industrialisés. De plus, Lumumba s’était tourné vers l’Union soviétique pour demander de l’aide.
Le ghanéen Kwame Nkrumah, un grand allié de Lumumba, avec lequel le leader congolais partageait la même vision politique, a aussi été victime de plusieurs tentatives d’assassinat avant d’être renversé par un coup d’Etat en 1966. Les comploteurs étaient soutenus, tout comme ceux de Lumumba, par l’ancienne puissance coloniale, dans ce cas la Grande Bretagne, dans le but d’installer au pouvoir un régime plus conciliant, qui ne menacerait pas ses intérêts. Aussi bien la Belgique que la Grande Bretagne ont reçu le soutien des Etats-Unis qui avaient pris le leadership des interventions anti-nationalistes et dans le Tiers-monde.
En 1963, le président togolais Sylvanus Olympio a été tué lors d’un coup d’Etat mené par un colonel de l’armée, Etienne Eyadéma, vétéran de l’armée française en Algérie. Eyadema, qui assuma personnellement le pouvoir en 1967, avait été incité à agir par des officiers français au Togo – à leur tour encouragés par Paris - qui voyaient d’un mauvais œil l’esprit d’indépendance à l’égard de la France manifesté par Olympio.
En Afrique du Sud, la lutte contre l’apartheid a fait des milliers de victimes anonymes, ainsi que de très nombreux cadres et commandants de la guérilla de l’ANC assassinés en exil, dans les camps militaires et dans les bureaux du mouvement de libération dans les pays voisins. Des dizaines de cadres, souvent des collaborateurs proches des principaux dirigeants du mouvement ont été pris pour cible.
Le régime raciste a mené une campagne d’assassinats visant à priver le mouvement de ces meilleurs cerveaux et à dissuader les militants à s’organiser pour combattre le système d’oppression. Ironiquement, l’ANC n’a pas perdu ses principaux leaders dans cette sale guerre, en partie car la plupart d’entre eux, comme Nelson Mandela, étaient en prison à Robben Island. Même certains de ses dirigeants en exil ont échappé aux griffes des services secrets sud-africains.
La confession d’un ancien policier, Butana Almond Nofemela, qui avait participé aux escadrons de la mort, a révélé l’ampleur des opérations secrètes visant à l’élimination des opposants dans le pays : il y a eu cinquante assassinats entre août 1977 et novembre 1989. Une unité secrète de la force de défense sud-africaine (SADF), appelée de façon surprenante : Bureau de coopération civile (CCB), a été montrée du doigt en tant que responsable de centaines d’assassinas à l’intérieur du pays et dans la région.
Ces assassinats visaient également à intimider les gouvernements africains qui abritaient les membres de l’ANC et sa branche armée. Ces gouvernements étaient par ailleurs soumis à des fortes pressions économiques et militaires. Tous les Etats de la Ligne du front ont connu des attaques armées contre les ressortissants sud-africains anti-apartheid. Les assassinats des cadres de l’ANC, souvent avec leurs familles, s’est poursuivi le long des années soixante-dix et quatre-vingt, au Botswana, Lesotho, Swaziland et Zambie. Le régime a eu recours à des espions et a soudoyé des collaborateurs pour faciliter ces crimes.
Au Zimbabwe en 1981, le représentant de l’ANC, Joe Gqabi, qui avait longuement été emprisonné à Robben Island, a été assassiné devant sa résidence à Harare par un ancien membre des forces spéciales rhodésiennes ayant rejoint l’armée sud-africaine. Le prêtre d’origine néo-zélandaise, Michael Lapsley, membre de l’ANC, a perdu ses bras en ouvrant un colis piégé dans la capitale du Zimbabwe.
Le Mozambique a été le théâtre de nombreuses attaques contre les dirigeants de l’ANC, ainsi que des raids aériens, comme celui qui avait provoqué la mort de treize cadres en 1981 et de six autres en 1983. Le bureau de l’ANC a été bombardé : cinq cadres blessés. Le militant de l’ANC qui travaillait à la radio de Maputo a été empoisonné.
Particulièrement perfide, l’assassinat de Ruth First en août 1982, une intellectuelle à l’esprit indépendant, épouse de Joe Slovo, leader du parti communiste sud-africain et chef de la branche armée de l’ANC. Ruth First a été assassinée par un colis piégé qu’elle a reçu dans son bureau du Centre d’études africaines de Maputo. En 1987, c’est au tour d’Albie Sachs, avocat de renom international et membre de l’ANC, d’être la victime de la violence de l’apartheid : il a été grièvement blessé dans l’explosion de sa voiture à Maputo. Amputé du bras droit et aveugle d’un œil, Sachs est aujourd’hui un membre éminent de la Cour constitutionnelle de l’Afrique du Sud d’où il veille au respect de l’Etat de droit.
Tous ces assassinats politiques ont sans doute réussi à affaiblir l’ANC et ses allies, la Cosatu et l’UDF, dans le but ultime de créer les conditions les plus favorables possibles aux tenants du système, dans le cas d’un éventuel transfert du pouvoir à la majorité noire. Le régime de l’apartheid a eu recours à l’infiltration des mouvements de libération - l’ANC, mais aussi la SWAPO –, et ses agents ont parfois atteint des niveaux élevés de responsabilité, tels les représentants du mouvement anti-apartheid à l’étranger. Cela a eu des répercussions négatives sur l’image de l’aile extérieure de l’ANC et donc d’une partie de son leadership, qui a crée un malaise au sein du parti qui persiste encore aujourd’hui, malgré le travail de la Commission vérité et réconciliation.
Mais tous ces massacres et assassinats ciblés sont éclipsés par l’ampleur des actions menées par Israël contre les Palestiniens, qui constituent une partie considérable des massacres dont a été victime le Moyen Orient. Depuis 1967, cette région a été enflammée par la lutte pour le Grand Israël sous Menachem Begum et l’inévitable balkanisation du monde Arabe, commencée en 1956 par la tentative de la Grande Bretagne, de la France et d’Israël de détruire l’Egyptien Nasser, le champion arabe du moment .
Les assassinats politiques ont été, et sont encore, le pilier de la politique anti-terroriste d’Israël. Il faut noter à ce propos que les meurtres ont aussi bien ciblés l’aile radicale du mouvement palestinien que ceux qui étaient les plus enclins à ouvrir des négociations avec Israël. Les plus hauts niveaux de l’establishment politico-militaire israélien ont été directement impliqués dans la mise en oeuvre de cette politique.
Des quatre fondateurs du Fatah, seul Yasser Arafat a échappé à l’assassinat. Même si le doute existe quant à la thèse stipulant une cause naturelle de sa mort… L’utilisation de poisons sophistiqués par les assassins du pouvoir israélien fut démontrée en 1997 lorsque le leader du Hamas, Khalid Mash’al, fut empoisonné à Amman par deux agents du Mossad (qui avaient voyagé sous la couverture de faux passeports canadiens et qui furent capturés).
Mash’al fut sauvé lorsque le furieux roi Hussein demanda et obtint d’Israël l’antidote du poison. Pour les autres, il n’y eut pas de répit. Muhamed Yusif al Najjara fut tué en 1973, à Beirut par des commandos israéliens dirigés par Ehud Barak – futur Premier ministre – qui agit déguisé en femme… Abou Jihad, le ministre des affaires étrangères de l’OLP, fut tué dans sa maison dans le quartier général de l’OLP à Tunis, par une unité venant de la mer dirigée par le général Moshe Yaalon, qui devint ensuite le chef d’état-major. Abou Iyad, chef des services secrets du Fatah, fut tué en janvier 1991, dans sa maison à Tunis, avec Abu al Hol, un de ses proches collaborateurs. Le tueur, Hamza Abu Zaid, était un dissident du Fatah qui avait été recruté par Abou Nidal.
Dans son livre Abu Nidal, A Gun for Hire, fruit de longues recherches, l’expert britannique du Moyen orient, Patrick Seale, a exploré la thèse selon laquelle Abou Nidal avait travaillé avec les Israéliens. Nidal avait d’ailleurs lui-même admis que son organisation avait été infiltrée par le Mossad.
L’impact sur l’histoire palestinienne des assassinats politiques n’est pas seulement la conséquence des assassinats qui ont frappé le leadership du mouvement, mais également des assassinats perpétrés par Abou Nidal qui ont eu lieu entre 1978 et 1983, de cinq membres de la direction du Fatah. Tous cinq s’étaient prononcés pour l’ouverture du dialogue avec Israël et tous représentaient l’OLP à l’étranger : Said Hammami était le représentant à Londres, Ali Yassin, ambassadeur au Kuwait, Nain Khudr, représentant a Bruxelles, Izz al-Din Qalaq, représentant à Paris et le Dr Issam Sartawi, un proche de Yasser Arafat, tué à Lisbonne lors d’une conférence sur la Palestine.
Tous auraient sans doute fait partie de l’équipe palestiniennes à des éventuelles négociations. Leur meurtre avait permis à Israël d’atteindre son but qui était celui d’écarter toute possibilité d’organiser de telles négociations et de maintenir l’OLP dans un statut de paria de la communauté internationale et lui coller le labeld’organisation terroriste.
Trente ans plus tard, l’armée israélienne inaugurait avec le Secrétaire Général du FPLP, Abu Ali Mustafa, une technique d’attentat dont on n’échappe pas, et qui serait devenu sa marque de fabrique. En 2001, Mustafa fut assassiné par une attaque de missiles contre son bureau de Ramallah, à son retour en Cisjordanie, après 32 années d’exil.
Le fondateur du Jihad Islamique, Fathi Shiqaqi, a été assassiné en 1995, par des agents du Mossad devant son hôtel à Malte. Le membre de la direction du Hamas, Yahya Ayyash, a été tué en janvier 1996 par un téléphone cellulaire piègé qui lui a été tendu par un collaborateur. Les hélicoptères Apaches de l’aviation israélienne ont tué de nombreux membres du Jihad islamique ; en juillet 2002, un bombardier F16 a été utilisé pour tuer le leader de l’aile militaire du Hamas à Gaza, Saheh Shihada, avec une bombe lâchée sur l’immeuble de son appartement. Le leader spirituel du Hamas, Sheikh Yassine, paralysé sur une chaise roulante, a été assassiné par une attaque de missile devant une mosquée de la bande de Gaza en mars 2004.
L’héritage des mouvements de libération de l’époque de la Tricontinentale a été largement perdu. Nous nous trouvons aujourd’hui dans un contexte où le rapport de force avec l’Occident s’est détériorée, le clivage entre les riches et les pauvres s’est terriblement aggravée. Pire, la voix des intellectuels du Tiers Monde s’est affaiblie, et leur liberté de pensée a été entamée.
En regardant en arrière d’une génération ou deux, la plupart de ces mouvements de libération ont opèré sur le principe de ne pas prendre à cible la population civile (a l’exception du FNL), sur la base de la constitution de mouvement de masse, de la formation d’une conscience nationale, d’idéaux anti-racistes et non ethniques.
Mais cela n’a pas empêché l’Occident de voir en eux des ennemis. Ce sont souvent des pouvoirs occidentaux qui ont dirigé ou commandité leurs meurtres. Aujourd’hui, prendre à cible les civils est devenu la norme, soit par les armées occidentales à Fallujah, ou dans les territoires occupés de Palestine, ou par les attentats suicides aux Etats-Unis, à Madrid, Londres ou Bali.
Aussi, les assassinats politiques de leaders exécutés maintenant par Israël, ne doivent-ils même plus être tenus secrets. Ils sont maintenant considérés comme légitimes – dans un monde dominé par les rapports de force militaires et ou les mouvements populaires sont ignorés par les pouvoirs.
*Victoria Brittain est journaliste, spécialiste des sujets tiers-mondistes, et plus particulièrement de l'Afrique.
*Veuillez faire parvenir vos commentaires à editor@pambazuka.org ou veuillez commenter en ligne sur www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
Équilibre de genre au sein du Forum Social Mondial – Nairobi, 2007
2006-10-19
Onyango Oloo
Malgré le progrès déjà fait pour inclure plus de femmes dans le mouvement du Forum Social Mondial, il existe toujours des problèmes complexes qui pourront se manifester pendant les jours qui précèderont la prochaine réunion du FSM laquelle se tiendra à Nairobi en 2007, dit Onyango Oloo lors d’un débat public consacré à « L’équilibre de genre au sein du FSM». Mais tout n'est pas perdu. Selon Oloo, on peut encore agir pour encourager les hommes à se montrer solidaires envers leurs collègues femmes.
Conceptions de base
Tout d'abord, en parlant de ‘représentation des sexes’ au sein du Forum Social Mondial, il est crucial que mes lecteurs comprennent ce dont je ne parle PAS.
Je ne traite PAS de «problèmes qui touchent aux femmes» ; je n'essaie pas non plus de « résoudre » « la question de la femme».
Je vise plutôt à explorer les questions soulevées par les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes telles que celles-ci existent depuis très longtemps, et à les mettre dans le contexte de l'histoire de la planification et de l'organisation des événements à venir du FSM.
De plus, je me suis lancé dans cette tâche pour des raisons qui sont loin d’être « académiques » ; je ne suis pas motivé seulement par des préoccupations théoriques ou intellectuelles relatives au sujet du sexe de la personne.
Je me trouve actuellement en train de régler, parmi d’autres, les aspects logistiques et programmatiques de la mobilisation sociale, la collecte des fonds, l'assistance et la publicité pour la prochaine rencontre du FSM, qui aura lieu à Nairobi au Kenya, du 20 au 25 janvier 2007.
En tant qu’homme, je suis parfaitement conscient du privilège masculin que je détiens, ayant grandi dans un monde caractérisé par le patriarcat, la misogynie et d'autres formes d'oppression et de domination sur les femmes.
Étant kenyan, je suis également conscient de la présence indéniable de l'économie mondiale capitaliste, ce qui renforce ces oppressions anciennes en délimitant tout en fonction des classes sociales, et en faisant plonger des sociétés historiquement déterminées dans un tourbillon impérialiste, ce qui dans le contexte kenyan et africain, se traduit en néo-colonialisme.
Pendant les vingt-cinq dernières années, les politiques neo-libérales transférées au Kenya et à d’autres pays africains et austraux, par voie d’agences multilatérales telles que la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International (FMI), l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), ont empiré la dynamique de pouvoir déjà inégale qui existait entre les hommes et les femmes dans les domaines de l'économie, de la représentation politique, des relations sociales et culturelles, sans oublier les impératifs idéologiques de nos jours.
Alors que l'humanité se bat pour réaliser la vision d'un monde alternatif qui serait plus orienté vers l'égalité et la justice sociale, on est plutôt conscient que cette lutte se passe dans le contexte et des conflits entre les classes sociales et des tensions entre les deux sexes qui marquent nos quotidiens.
Des femmes et des hommes progressifs continuent à se battre pour construire un monde meilleur, alors même que nous explorons toujours les rappels bruts du sexisme qui persiste, du patriarcat répandu et de la misogynie endémique qui infiltrent notre travail malgré nos engagements personnels et notre sincère refus d’accepter ces formes d'oppression, de marginalisation, de mépris ainsi que la haine pure et simple envers les femmes.
Il n’est donc guère étonnant que le fonctionnement du FSM, se déroulant ainsi dans un contexte complexe de conditions sociales, ne puisse être hermétiquement isolé de toutes les manifestations inquiétantes d'inégalité entre les hommes et les femmes ni d'autres aspects de dynamique de pouvoir inégal entre les deux genres.
Avant de procéder, permettez-moi de marquer une pause pour partager quelques brefs témoignages, perspectives et expériences du fonctionnement du Forum lui-même :
Témoignages et critiques concernant genre et fonctionnement du FSM
1. « …même en essayant de bâtir un monde alternatif fondé sur les principes de la démocratie directe et de la justice sociale, des contradictions internes demeurent au sein du FSM. L'une des plus remarquables concerne les faiblesses dans le maintien de la non exclusion de genre. La majorité des participants au FSM sont des femmes, mais la plupart des présentateurs de commissions sont des hommes, perpétuant ainsi le stéréotype des hommes en tant que ‘producteurs de connaissances’.
Cela soulève la question : que fera le FSM pour assurer la démocratie directe en termes de l'équilibre de genre ? » - Marc Becker, le 12 avril 2006 (http://yachana.org/writings/beautyqueens.html).
2. D'autres aspects du forum se sont révélés être plus problématiques. « Un problème d’envergure au FSM est la dynamique de genre, » dit Nadja Millner-Larsen, diplômée depuis peu de l'Université Bard à New York. « J’ai constaté une énorme absence de femmes sur les comités du Forum Social. J'ai assisté à un comité sur le mouvement anti-mondialisation et, à la fin, bon nombre de femmes se sont levées pour dire : « Comment peut-on créer un monde autre alors que la dynamique de genre de ces comités est malsaine ? »
« Certains de ces hommes ont répondu : « Oui, il faut y faire attention ». Mais d'autres membres du comité ont eu recours à cette réponse classique qu’utilise la gauche depuis les années 60 et ont dit : « Eh bien, les classes ne sont pas représentées de manière équitable, ni la race, vous ne devez donc pas être tellement outragées par la sous représentation des femmes ».
« Cela évite la vraie question, » continue Millner-Larsen. « Si un Noir, se trouvant dans un public blanc, demandait pourquoi il n'y avait aucun membre noir d’un comité quelconque, ses interlocuteurs ne lui répondraient pas, « Ne vous en faites pas - il n'y a pas de femmes non plus». Et voilà, trente ans plus tard et on compare toujours la classe et le genre aux femmes…C’est scandaleux. Le fait de permettre que cette distribution inégale de genre soit sanctionnée au sein du forum officiel a influencé à son tour, le Camp de Jeunesse. »
En plus des centaines de vols et des nombreuses bagarres au Camp de Jeunesse, des viols ont aussi été rapportés. « Il y avait un niveau élevé de violence dans le Camp de Jeunesse, explique Millner-Larsen. De tous les voyages que j’ai effectués, je me suis sentie plus exposée là-bas. J'avais le sentiment qu'être toute seule au camp était vraiment dangereux » - Benjamin Dangl, commentant le FSM à Puerto Allegre.
(http://upsidedownworld.org/main/content/view/177/63/)
3. Pourtant, on estime que le mouvement des femmes n’est toujours pas au cœur du FSM. Dans son témoignage, Candido Grzybowski - sociologue, directeur de IBASE, et membre du comité organisateur du FSM - déclare que « les femmes représentaient seulement 43 % des délégués du FSM, même si elles constituent plus de 50 % de la population mondiale ! Il est triste de le reconnaître, mais le FSM continuait à être limité par rapport à sa représentation féminine. » Il reprend : « Au FSM, j’apprends une chose fondamentale, ce qui changera certainement mon rôle au sein du Forum et à IBASE. Les femmes sont une « minorité », division que nous avons créée au sein de la société civile.
A cet égard, cela ne sert à rien de blâmer le capitalisme, le neo-libéralisme, la mondialisation, les états exclusifs, etc. Cela est un problème majeur qui est engendré, développé et soutenu à travers la culture de la société civile elle-même. » - (http:///www.dawn.org.fj/publications/docs/cardosawsf.doc).
4. Un exemple valable serait les trains. J'ai rarement été prise d’une telle peur que lors d’un voyage par train pour me rendre un matin au Forum. Je ne suis pas montée au wagon des femmes. Je me suis dit qu’il n’y avait pas de place - avant de comprendre que la place qu'on m'avait offerte dans un wagon rempli d'hommes était l’enfer.
Dans cette situation quotidienne épouvantable, les femmes se battent pour se trouver une place, et d’une manière ou d’une autre, elles y parviennent. Au FSM, c'est la même chose : ni la question du genre en général ni les femmes n'ont été mieux représentées dans le programme officiel de cette année par rapport aux années précédentes. Les mêmes hommes ont dominé les comités les plus importants; certains qui s'apprécient un peu trop, ont participé à plusieurs séminaires à la fois. Qui n'a pas vu Walden Bello (pour n’en nommer qu'un) prononcer un discours et dire ensuite «Vous m’excusez, je dois partir », pour se précipiter vers le séminaire suivant?
Bon nombre de comités se composent entièrement d'hommes. Plusieurs activistes
populaires qui se croient « super féministes » parce qu’ils savent un peu de théorie du genre, ont accepté de faire partie des comités sans la présence d’une seule femme. Partout, on a pu constater des relations « homo sociales »: des hommes préférant discuter avec d'autres hommes, des hommes favorisant d’autres hommes lors de l'organisation d'un séminaire ou de la rédaction d'un livre. Les femmes ont été reléguées au même espace qu'occuperait une Indienne dans un train.
Tout cela qui existe depuis le début au sein du Forum, était encore manifestement présent à Mumbai – mais, d'une manière ou d'une autre, cela a été défié et renversé par des femmes qui ont décidé d'occuper un espace plus important que celui qui leur avait été offert.
J'ai entendu dire bon nombre de personnes : « Quelque chose doit se produire au sein du FSM. Cela ne peut pas continuer ainsi. » Mais, cette année-là en effet, quelque chose s'est passé.
Une « nouvelle » question - les droits des femmes – est passée au premier plan.
Il reste encore de « vieux » problèmes. La manière de les résoudre impliquera peut-être des propositions qui ne plairont pas à certains. C'est comme pour les wagons des femmes. Beaucoup de gens s'opposeraient certainement à l'idée de séparer les voyageurs hommes et femmes. Eh bien, avant d’émettre des jugements, vous devriez vous mettre à la place d'une femme voyageant dans un train en Inde. Les wagons « pour tout le monde » se composent seulement d’hommes, qui harcèlent et agressent toute femme osant monter à bord. C'étaient en fait les femmes elles-mêmes qui se sont battues pour avoir un wagon exclusif pour elles.
Si les comités du FSM « pour tout le monde » comprennent uniquement des hommes, qui analysent et discutent de tout, et si les comités composés exclusivement de femmes ne débattent que des questions liées aux femmes, et que cette situation continue, sans égard pour ceux qui ne sont pas d'accord – peut-être qu’on devrait établir des règles. L’une de ces règles pourrait exiger que les comités au FSM composés exclusivement d’hommes n’aient le droit de discuter que de sujets relatifs aux hommes.
S’il y a des gens qui refusent de comprendre ce qui est évident, on devrait peut-être établir des règles jusqu'à ce qu'ils comprennent ? Je ne dis pas que ce soit une chose positive, mais le succès qu’ont eu les femmes cette année-ci, aura un impact sur le fonctionnement du Forum, impact qui durera plus longtemps que ces quelques jours passés à Mumbai.
Mais cette session du FSM (Mumbai 2004) ne devrait pas être caractérisée essentiellement comme une session où on s'est mis à établir des règles, mais plutôt comme une belle célébration politique dominée par les femmes. Selon des recherches qui ont été faites sur le genre, la perception est que les femmes représentent « la majorité» lorsqu’en réalité nous n’occupons que 30% de tout espace. Lors de cette session du Forum, la représentation des femmes a été plus ou moins en rapport direct avec notre proportion en termes de la population mondiale : environ 51%. Je pense que c’est la raison pour laquelle beaucoup d’observateurs ont eu l’impression que les femmes étaient partout présentes au Forum. - America Vera Savala.
(http://www.zmag.org/content/print_article.cfm?itemID=4910§ionID=1)
Dynamique de genre qui prédomine en Afrique de l’Est
Dès le tout début les femmes de l'Afrique de l’Est jouent un rôle crucial dans la planification et l'organisation de la prochaine rencontre du FSM qui aura lieu en 2007. Par exemple, le seul membre venant du Kenya - pays hôte, qui siège au Conseil International, est une femme; deux des quatre représentants kenyans au Conseil du Forum Social Africain sont des Kenyanes. La représentante principale du Forum Social Ethiopien aux réunions FSA/FSM est une femme; en Tanzanie, au moins cinq des organisateurs principaux pour le FSM sont des femmes; en Ouganda, presque la moitié des représentants du Comité Organisateur pour le FSM de Nairobi de 2007 sont des femmes.
A la cérémonie inaugurale du Comité Organisateur pour le FSM de Nairobi de 2007, tenue à Nairobi du 22 au 23 avril 2006, les femmes représentaient la moitié des sièges à la séance plénière. A la même réunion, 27.5% (22 sur 80) des participants étaient des femmes. Les femmes étaient également très bien représentées au sein du Comité Organisateur lui-même. Avant et après cette réunion cruciale, FEMNET, l'une des principales associations de la société civile pour les femmes africaines (et représentée au sein de trois commissions pour le FSM de 2007) a amorcé une série de réunions pour réunir les femmes participant au fonctionnement du FSM.
Simultanément, sur les sept commissions du Comité Organisateur du FSM, une seule est présidée par une femme malgré le fait que les femmes constituent près de la moitié des membres de ces commissions. Au sein de l’un des organismes clés en matière de prise de décisions – le Comité Local de Nairobi – deux des cinq membres sont des femmes. Le Secrétariat du FSM de Nairobi de 2007 est encore dominé par les hommes. A la cérémonie inaugurale du Comité Organisateur du FSM de Nairobi de 2007, les femmes ont fait appel à la mise en place d'une Commission pour la Femme – or jusqu’à ce jour, aucune décision n’a été prise.
Il est donc évident que les femmes de l'Afrique de l’Est jouent un rôle central dans le planning, dans l'organisation et la mobilisation pour le FSM de Nairobi de 2007. En même temps le processus même de préparer cette réunion demeure déterminé et dominé par les hommes. On n’aurait pas tort de croire que les témoignages et les perspectives partagés dans la partie précédente, retrouveraient leurs équivalents dans notre contexte régional.
La majorité de la population de la région de l'Afrique de l’Est se trouve toujours dans des régions rurales. Plus de la moitié de cette population est constituée de femmes. Pourtant, l'organisation et le planning pour Nairobi de 2007 se font principalement dans les principales villes urbaines, telles que Nairobi, Kampala, Dar es Salaam, la ville de Zanzibar, Mogadishu et Addis Abéba. Cela a des implications directes pour le FSM de Nairobi de 2007 lorsqu'il s'agit d'assurer la participation efficace au planning et à la mise en application de femmes venant de la classe ouvrière ainsi que de paysannes de l'Afrique de l’Est.
De jeunes femmes (pas seulement en Afrique de l’Est d’ailleurs) se sont plaintes que « Jeune » signifie « Jeune homme », ce qui marginalise les jeunes femmes qui, dans notre contexte local, sont plus nombreuses que leurs homologues mâles. On pourrait citer d'autres exemples, mais il suffit de dire que la question de la marginalisation des femmes au sein du processus du FSM est aussi une réalité en Afrique de l’Est.
Tout compte fait, cette réalité de la marginalisation des femmes ne devrait choquer personne. Le fonctionnement du FSM est un modèle en réduit des conditions concrètes qui existent dans le monde d'aujourd'hui. La dynamique de genre au sein du FSM reflète les relations de pouvoir actuelles entre les hommes et les femmes à travers le monde.
Si l’on se limite brièvement à la situation seule au Kenya, on sait pertinemment que l'actuelle misère écrasante a un impact bien plus dévastatrice sur les femmes kenyanes - même si ce sont les femmes qui sont à la base de la production alimentaire, qui sont les principaux moteurs économiques non rémunérés aux foyers, qu’elles s’occupent des enfants et prennent en charge la responsabilité des aînés, des séropositifs ainsi que des orphelins. Il n'y a qu'une poignée de femmes parmi les ministres et leurs adjoints dans le gouvernement boursouflé du Kenya.
Chaque jour sans exception, il y a littéralement des douzaines d'histoires dans la presse locale et par voie électronique au sujet de femmes tuées, violées, souillées, battues, brutalisées ou autrement agressées par leurs époux, leurs pères, oncles, frères, fils et d'autres hommes de leur entourage immédiat ainsi que des étrangers à part entière, qui considèrent que la gent féminine est vulnérable (allant du bébé de moins d'un an jusqu’aux grand’mères vieilles de presque cent ans), et qu’elle constitue donc une cible facile pour les excès de violence dont le but est de démontrer la suprématie masculine.
Au niveau national une grande colère s’est récemment manifestée lorsqu'une femme parlementaire kenyane a introduit un projet de loi pour légiférer contre une grande variété d’abus sexuels y compris le viol conjugal. Les hommes parlementaires kenyans ont pris le dessus en ridiculisant et dénigrant le projet de loi, un parlementaire très connu lançant des railleries que les femmes africaines qui disent "non" aux avances sexuelles ouvertes, veulent en réalité dire "oui".
Les colonnes des journaux étaient remplies de commentaires et de lettres aux rédacteurs déclarant que beaucoup d'hommes kenyans se sentent menacés dans leur bastion de privilèges réservés aux hommes, du coup réticents et/ou incapables de comprendre la terreur découlant du nombre croissant de cas de viols et de violences envers les Kenyanes. Les stations de radio étaient inondées d'appels téléphoniques et de texto venant de partout dans le pays au fur et à mesure que les remarques acerbes faites par les hommes à l’encontre du projet de loi de Njoki Ndung’u s’intensifiaient avec brio.
Même si certaines parties du projet de loi avaient été ébauchées de façon peu satisfaisante (comme, par exemple, la responsabilité de fournir des preuves laquelle fut étonnamment transposée depuis l'accusateur à l'accusé), les parlementaires kenyans parvinrent à enlever du projet de loi certaines des recommandations clés. Par exemple, ces parlementaires et leurs amis non parlementaires partout dans le pays trouvaient que c'était un grand triomphe de voir disparaître du texte définitif et largement modifié, la clause condamnant le viol conjugal.
Deux mois auparavant, l'auteur de cet article fut horrifié par la façon dont la foule réunie dans une boîte de nuit de Mombasa, acclamait avec approbation un comédien soliste qui se moquait d'une Kenyane victime d'un viol collectif commis avec violence une semaine plus tôt. En écoutant les commentaires sportifs à la radio ou en parcourant les colonnes hebdomadaires d’écrivains hommes, il est évident qu’au Kenya le sexisme et la misogynie dépassent l’âge, la classe sociale, la tribu, l’ethnie, le culte, la confession, les divisions urbaines / rurales ainsi que tout autre division sociétale.
On ne devrait donc pas s'étonner que ce pouvoir inégal entre hommes et femmes se manifeste dans le déroulement même du FSM actuel. Ou encore que la situation en ce qui concerne le planning et l'organisation pour 2007 à Nairobi semble refléter une réalité qui dépasse les interactions au quotidien entre hommes et femmes kenyans et le reste de la région de l’Afrique de l’Est.
Pour le Forum Social Mondial de Nairobi de 2007: ou comment tirer des leçons des erreurs de genre commises dans le passé par le FSM
Lorsqu'on constate la dynamique entre les sexes dans la préparation du Forum de 2007, on est rempli d'optimisme et on déborde d'espoir. Cela malgré le tableau alarmant peint dans le texte précédent et en dépit du bilan global peu flatteur des relations de pouvoir entre hommes et femmes partout dans le monde.
Pourquoi donc cet optimisme ? De quelle source jaillit cet espoir ?
L'optimisme naît après avoir mesuré combien les femmes impliquées dans le fonctionnement du FSM à travers le monde ont défié avec succès les bastions et les privilèges des hommes; cet optimisme s'inspire du fait qu'un nombre grandissant d'hommes de la famille FSM s'autocritiquent pour interroger leur propre rôle, comprenant combien ce rôle continue à marginaliser les femmes.
L'espoir, poétiquement surnommé "espoir têtu", provient de Dennis Brutus (vétéran du FSM à part entière) : l'espoir obstiné des opprimées et des marginalisées à reprendre des rôles de premier plan par le biais de combats collectifs bien résolus. Quant à l’Afrique de l’Est, l'optimisme et l'espoir viennent de la présence de plusieurs féministes rigoureuses qui ont aidé à mettre sur pied des forums sociaux en Ouganda, en Tanzanie, au Kenya, en Ethiopie, et en Somalie ainsi que d’un noyau d'hommes progressifs qui comprirent au tout début du processus que la participation active des femmes ainsi que le besoin d’interroger les croyances soutenant la domination masculine et la marginalisation de la femme, sont des indicateurs clés de l'évolution et de la maturité des Forums Sociaux dans cette région de l'Afrique.
En dépit de ces acclamations, le chemin devant nous est rocailleux; il est montagneux et épineux.
M'exprimant comme un homme soucieux de contribuer au réajustement de cette équation disproportionnée de l'égalité des sexes, je suis convaincu qu'il est grand temps pour les hommes de l’Afrique de l’Est de commencer à s'auto-interroger sérieusement.
La question d'occuper de l’espace est l’un des fils conducteurs principaux qui peut servir à entamer cette réflexion et cette rectification. L’un des mantras du Forum Social Mondial est que chaque personne réclame son espace. Mais ce faisant, est-ce que nous les hommes absorbons tout l'oxygène? Est-ce que nous étouffons les autres? Est-ce qu’on ne les oblige pas à se taire? Ne prenons-nous pas, littéralement, TROP d’espace? Combien de fois et pendant combien de temps parlons-nous? En parlant souvent et à haute voix, peut-être que nous faisons taire les autres - en particulier nos amies les femmes dans leur lutte pour un monde meilleur, un monde où elles auront droit à plus de choix ?
Lorsque les femmes parlent, est-ce que nous les hommes les écoutons? Combien de fois ne se montre-t-on pas impatient en entamant des conversations à côté avec ‘nos frères’ ou en interrompant nos soeurs quand elles parlent? Lorsque les femmes interviennent, est-ce que nous les hommes approuvons ce qu'elles disent ou attendons-nous plutôt "Notre" chance de parler sans nous soucier de leur prêter une oreille attentive? Est-ce que lors de telles rencontres nous nous interrogeons sur les rôles sociaux des deux sexes (comme, par exemple, qui rédige le compte rendu, qui prépare le thé, qui fait le nettoyage) ?
Plus d'une fois lors du fonctionnement du FSM, j'ai vu des hommes autrement progressifs rejeter les arguments des femmes en leur reprochant de faire de nouveau preuve de cette contagion si souvent ridiculisée : "la bourgeoisie féministe de l'ouest" - accusation qui souvent fait taire même les Africaines les plus extroverties.
En accusant ainsi les femmes, même les hommes les plus ouvertement progressifs, radicaux, anti-impérialistes de l'Afrique de l’Est sont souvent coupables de participer consciemment ou inconsciemment à une manœuvre sexiste à peine déguisée dont l’objectif est de faire déprécier les inquiétudes et les requêtes des femmes.
Le mot F - Féminisme - est redouté de façon surprenante même par des socialistes invétérés, des panafricains et des révolutionnaires auto proclamés – ce qui est malheureux car je pense qu'on ne peut être socialiste, panafricain ou révolutionnaire auto proclamé si l’on rejette les conséquences directes du credo féministe, à savoir l'égalité entre hommes et femmes.
Les adversaires les plus implacables de la cause féminine dans la région de l’Afrique de l’Est sont parfois malheureusement des Africaines qui, dans un étrange élan d'obligation envers leurs frères africains, se précipitent à prendre fait et cause contre leurs propres sœurs militantes qui insistent à mettre l'accent sur ce qui manque dans la dynamique entre les sexes dans le déroulement d’un organisme tel que le FSM.
Faisant partie du Secrétariat du FSM de 2007, je dois faire face à la tâche pratique de prêcher par l’exemple.
En d'autres mots, que peuvent faire, de manière concrète, les hommes de l’Afrique de l’Est participant au fonctionnement du FSM, pour réajuster le planning menant pour que puissent exister des relations plus équitables entre hommes et femmes?
A mon avis, un point de départ serait le nombre grandissant d'hommes de l'Afrique de l’Est qui prêtent une oreille attentive aux appels des femmes telle que Roselynn Musa de FEMNET laquelle a réclamé l'instauration d'une Commission pour la Femme comme l’une des filières du Comité Organisateur du FSM de Nairobi de 2007. Les arguments qui ont été avancés contre l’instauration d’une Commission pour la Femme sont que les femmes sont déjà représentées au sein de toutes les commissions et que la dynamique entres les sexes est cruciale à tout le procédé de planification -- ce sont là des arguments qui ne peuvent être retenus.
La jeunesse aussi est représentée au niveau de l'exécutif et les sujets relatifs à la jeunesse sont aussi cruciaux. En effet il n'y a pas que la Commission pour la Jeunesse, mais tout un procédé pour l'installation et l'implémentation d'un Camp de Jeunesse.
Encore un point de départ serait de concevoir des stratégies, des principes, des moyens et des structures qui puissent réduire le taux de violences contre les femmes assistant en 2007 à la réunion du FSM à Nairobi. Je fais directement référence aux viols qui ont été perpétrés lors des dernières manifestations du FSM et à comment nous pouvons tous travailler ensemble pour remédier à cette situation. Il ne suffit pas de considérer le viol comme étant un problème d'ordre public, pouvant être amélioré en expédiant plus de policiers sur le site du FSM.
En agissant ainsi, on montre que l’on ignore les complexités dont sont entourés le viol et d'autres violences envers les femmes et on réduit un problème épineux à un seul phénomène unidimensionnel où les femmes sont assaillies et prises au piège par des hommes ‘étranges’ qui rôdent près du Centre de Conférences International Kenyatta et dans les parages du Parc Uhuru, en quête de femmes victimes, étrangères ou locales.
Si on devait adopter cette attitude aveuglée pour le FSM de l'an prochain, nous ferions du tort aux femmes participantes car nous laisserions au large les éventuels coupables. Je fais référence aux cas prouvés scientifiquement, à la réalité que les femmes sont le plus souvent violées et assaillies par des hommes qu'elles connaissent, avec qui elles travaillent et qui leur sont connus.
Comment les femmes peuvent-elles se protéger contre leurs confrères participants au Forum ou même contre des délégués venant de la même organisation ou du même pays ? Le viol est extrême mais qu'en est-il des cas mal rapportés de harcèlement sexuel, d'attouchements et de caresses non désirées, de plaisanteries sexistes grossières et d'indécence pornographique ?
Ces problèmes ne sont pas facilement résolus par une réglementation mécanique comme la tendance à recourir à une présence policière plus importante – sans parler du fait qu’à travers le monde les forces policières sont souvent impliquées dans des cas de viol et d'autres formes de violences et de harcèlement envers les femmes.
Je suggère que tout en militant contre le viol ainsi que toute forme de violences envers les femmes lors de la prochaine réunion du FSM qui aura lieu en 2007 à Nairobi, les hommes et les femmes travaillent ensemble dans le but de sensibiliser tous les délégués au viol et à la violence envers les femmes que ce soit sous forme de sexisme, de misogynie ou de patriarcat – concepts qui sont totalement inconnus de la Charte du FSM.
Au delà de la sensibilisation, on devrait voter des sanctions exécutoires pour ceux qui sont pris en flagrant délit de tels outrages. De plus, la Commission pour la Programmation, la Méthodologie et les Contenus pourrait demander que soient organisés notamment des ateliers, des comités, des séminaires ainsi que des séances d'informations traitant de problèmes de viol, de harcèlement sexuel et de violences envers les femmes. La Commission pour la Logistique pourrait placer des bannières, des autocollants, des brochures et des dépliants menant campagne contre le viol et le harcèlement sexuel auprès des délégués du FSM.
La Commission pour la Jeunesse pourrait organiser une session d'orientation soutenant massivement les mêmes thèmes. La Commission pour la Culture pourrait organiser des projections ou des spectacles mettant l'accent sur les expériences des rescapées de viol ainsi que des femmes battues et des victimes de telles formes de violences.
La Commission pour la Mobilisation Sociale pourrait mener campagne pour identifier et recruter des hommes et des femmes ayant travaillé dans des centres abritant les victimes de viol et ayant donné des conseils aux victimes de violences avec pour but de mettre sur pied de tels centres dans les parages de l’endroit où se tiendra en 2007 le FSM de Nairobi. La Commission pour les Médias et la Publicité pourrait produire des dépliants bien spécifiques ou de courts métrages militant contre le viol et la violence envers les femmes.
La Commission pour la Mobilisation de Ressources pourrait essayer de récolter des fonds pour recruter et former des officiers de sécurité intérieure pour traiter des cas de viol et de violences envers les femmes. Peut-être qu’il devrait exister des dispositions spécifiques pour les femmes rescapées de viol et de violences sexuelles pour leur procurer des facilités de logement diminuant ainsi leurs craintes d'être de nouveau victimes - en choisissant des logements de solidarité avec d’autres femmes, des foyers réservés exclusivement aux femmes, etc.
Et il faudrait certainement déployer plus de membres de la force policière et d'autres agents de sécurité, ce qui pourrait aider à réduire le nombre de viols et de violences à l'égard des femmes lors du FSM qui aura lieu à Nairobi l'an prochain.
Tout en faisant tout cela, le Comité Organisateur du FSM de Nairobi de 2007 doit travailler en collaboration avec des organismes tels que la Coalition contre la Violence envers les Femmes, FEMNET, FIDA, ‘Equality Now’, AWEPON, la Fondation des Sœurs Sahiba, TAMWA, la Troupe théâtrale Cinq Siècles, WIPPET, ENDA-Ethiopie, la Commission des Droits de l’Homme du Kenya, OXFAM, ‘Action Aid’, MS Kenya, la Fondation Heinrich Boll ainsi que d'autres organismes civils qui sont reconnus dans ces domaines.
Et les hommes de l’Afrique de l’Est que peuvent-ils faire d’autre pour changer pour le mieux la dynamique entre les sexes dans le fonctionnement du FSM ?
Peut être qu'ici je marquerai un temps d’arrêt.
Je recommande vivement à tous les lecteurs de cet article de se munir d'une copie de la présentation de Roselynn Musa sur le même thème lors du Forum tenu récemment avec le soutien de la Fondation Heinrich Boll, sur ‘L'équilibre de genre au sein du FSM’, forum tenu le jeudi 25 mai 2006 à la Salle Ufungumano.
*Onyango Oloo est le coordinateur national du Forum Social du Kenya.
*Veuillez faire parvenir vos commentaires à editor@pambazuka.org ou veuillez commenter en ligne au www.pambazuka.org
*Le texte a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° 264. Voir : http://www.pambazuka.org/en/category/comment/36055
Texte originel anglais traduit en français sous la direction de Vanessa Everson de la Section de français de l’Université du Cap par Kesini Murugesan et Frances Chevalier.
L’Espagne renforce ses frontières après l'irruption des réfugiés africains
2006-10-19
Sokari Ekine
L’année dernière, le journal britannique « Sunday Herald Online » a indiqué dans son reportage que « …des milliers d’hommes forts, jeunes, à la frontière faite de rasoir de fil de fer de ces possessions espagnoles à moitié oubliées, ont lancé leur raid le plus spectaculaire jamais vu contre la forteresse européenne…. » Sokari Ekine explique que ce qui pousse la plupart des Africains à abandonner leurs pays d’origine est la crise sociale. Elle discute le fait que la réponse des pays occidentaux de l’Europe au problème est influencée par un préjudice culturel contre ceux qui proviennent du soi-disant « Tiers-Monde ».
Les rapports indiquent que 20.000 hommes, femmes et enfants ont atteint les côtes de l’Espagne depuis le début de l’année, 1.300 d’entre eux étant arrivés il y a deux semaines. Dans huit mois, les nombres seront trois fois plus élevés par rapport à l’année dernière. Ceux qui parviennent à atteindre les côtes, souvent après avoir nagé une centaine de mètres, arrivent à demi-morts et éparpillés sur les plages parmi les touristes qui prennent leurs bains de soleil.
Dans un article intitulé « The Canaries, The Threatened Paradise » (en français, Les Canaries, Paradis Menacé), le quotidien espagnol El Pais a écrit : « Ce qui était, il y a quelques années, un égouttement lent et sporadique de pateras (bateaux en bois), qui débarquaient dix, douze Marocains, Sénégalais, Guinéens ou Gambiens sur les plages de Fuerteventura, est devenu une arrivée presque quotidienne de bateaux avec 80, 90, une centaine de Sub-Sahariens , la plupart du temps».
Des arguments se bousculent entre les diverses autorités des provinces et des cités quant aux nombres de migrants que chacun accepte d’accueillir parmi ceux en provenance des deux points de débarquement, les Canaries et l’Andalousie. Jusqu’à présent, le nombre de gens qui ont été déportés dans leurs pays d’origine est à peu près 1.800.
Il y a une diversité de réalités autour de l’Immigration en Espagne et en Europe. Le pays a bénéficié d’une main d’œuvre marocaine et ouest - africaine qui est bon marché sur les sites de construction et dans leur secteur agricole, ce qui a conduit à une croissance de 2,6% de l’économie pendant les 10 dernières années. Les projections sont telles que sans le travail des immigrants, elle aurait baissé de 0,6% chaque année. Une croissance reflétant les mêmes chiffres s’applique à l’ensemble de l’Europe.
Aussi longtemps que l’Espagne continue de bénéficier des avantages d’une main d’œuvre à bon marché, la rhétorique du gouvernement espagnol selon laquelle il ne va plus tolérer l’arrivée continue de migrants ne peut pas être prise au sérieux. La différence entre aujourd’hui et il y a une année peut s’expliquer en termes de nombres.
Une autre réalité pour les Espagnols est qu’ils se trouvent confrontés au fait que l’Espagne est l’espace géographique où l’Europe « baise presque l’Afrique » (Caryl Phillips, The European Tribe), ou est-ce juste le contraire ? Le contraste entre l’Espagne et l’Afrique est remarquable. L’existence de la pauvreté de ceux qui habitent cette dernière et l’existence de riches Espagnols juste de l’autre côté est ce qui pousse avec force beaucoup de gens à traverser la Méditerranée dans des chaloupes bancales. Pour certains de ces gens, c’est comme si l’Espagne était une terre promise.
Certains quittent leurs propres pays à cause des guerres et des conflits interminables. Et il faut souligner que pour chaque migrant, irrégulier ou régulier, il y a des familles entières – et dans certains cas des communautés – qui survivent grâce aux envois de ceux qui parviennent à traverser.
L’Espagne et l’UE sont à présent en train d’initier un nombre de projets et de politiques dans une tentative de ralentir, et finalement de stopper, la migration des Africains vers leurs côtes. Cependant, les politiques proposées ressemblent à quelqu’un qui utiliserait un chiffon pour essayer de stopper un robinet qui goutte. Ceci appelle à une question : ces politiques visent-elles à réduire les nombres ou à éparpiller les arrivées plutôt qu’à stopper l’immigration purement et simplement ?
Une ONG espagnole est en train d’ouvrir une école au Sénégal pour 800 élèves. L’objectif est d’éduquer tant les femmes (qui forment jusqu’à 50% de la population de l’école) que les hommes. Le but ultime de l’école est de communiquer des aptitudes à ces jeunes gens et jeunes filles afin qu’ils puissent trouver l’emploi dans leurs pays d’origine, plutôt que d’être poussés à traverser la Mer Méditerranée pour l’Europe.
Il y a des millions de jeunes qui sont présentement en train d’essayer de migrer vers le Nord – cette nouvelle politique devrait être reproduite des centaines de fois dans les pays à travers l’Afrique de l’Ouest, du Nord et de l’Est de même que le Sud-Est de l’Asie, le Moyen-Orient et au-delà. L’école est un pas positif mais la réalité est qu’il s’agit d’un sac de farine parmi un million de gens affamés.
En juillet, dans un autre signe de désespoir, le gouvernement espagnol a signé un accord sans précédent avec le Sénégal pour permettre à la Guardia civil (Garde Civile) de patrouiller les eaux sénégalaises en vue d’empêcher les migrants de quitter leur terre natale. L’UE est en train de mettre sur pied un programme qui permettrait de financer une série de camps de transit à travers le continent et au Nord de l’Afrique (depuis l’Ukraine jusqu’en Libye) en tant que partie d’un « système de contrôle » holistique en accompagnement de l’accord de Schengen, la fermeture des deux enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla, qui va effectivement « faire la ceinture autour de l’Europe par un fil de fer barbelé »
La contradiction est que beaucoup de pays européens telles que la Bretagne et l’Espagne ont désespérément besoin de migration accrue à la suite de la chute des taux de natalité et de l’émigration de leurs propres citoyens autochtones. Il y a quelque 4 millions d’Espagnols qui travaillent à l’étranger et seulement 2 millions d’étrangers en Espagne. La procédure contournée autour de la nécessité de la main d’œuvre des migrants – professionnels, possédant ou ne possédant pas des aptitudes – est de présenter l’immigration « légale » en termes d’économie et répondre à des besoins temporels, pendant qu’on se sert des demandeurs d’asile et des réfugiés comme moyen de rejeter la migration « illégale » suivant des arguments ethniques et nationalistes.
Il n’y a aucun doute que les politiques espagnoles et européennes en matière d’immigration ont un élément racial fort. Ces nouvelles politiques sont-elles dirigées contre l’arrêt du mouvement des migrants africains, en réponse à la disponibilité de la main d’œuvre peu coûteuse en provenance de la Roumanie et de la Bulgarie ? Il est important de noter que ces deux pays vont bientôt rejoindre l’UE.
Je ne pense pas que l’Espagne ait atteint le point de saturation dans ses besoins de main d’œuvre à bon marché mais maintenant les Africains sont en compétition pour des emplois avec des gens de l’Europe orientale qui arrivent également en grands nombres.
Bien évidemment, l’attrait de l’argent liquide gagné en Espagne pousse les migrants à risquer leurs vies (souvent à plusieurs reprises) pour atteindre l’Europe. L’une des pires tragédies a commencé le jour de Noël de l’année dernière, lorsqu’à peu près 53 Sénégalais, dont la plupart venaient du village de Casamance, ont quitté par bateau le Cap Vert pour les Canaries. Le bateau était relativement grand mais ne disposait ni de couverture ni d’abri. Il semble qu’il y aurait eu un peu de chaos à propos du départ du bateau vu qu’apparemment l’Espagnol en charge du bateau a sauté de ce dernier à la dernière minute. Les rapports disent que cinq des Sénégalais ont aussi quitté le bateau et qu’un autre fut pris de peur après que le bateau a démarré et a sauté puis rejoint la côte à la nage.
On pense que le bateau aurait passé par la Mauritanie mais qu’une fois arrivé à Nouadhibou (Mauritanie) il y a eu une tempête et que les passagers ont perdu le contrôle du bateau. Ils ont alors commencé à appeler des amis et leurs familles. L’une des personnes qui furent appelées était un pirate espagnol. Quelques heures plus tard ils furent sauvés par un autre bateau qui les tira vers le milieu de l’océan et puis les abandonna. Ils n’avaient que 40 litres de carburant, qui s’épuisa et, comme si cela ne suffisait pas, ils ont dû faire face aux tempêtes et les hautes eaux de l’Atlantique.
Les rapports indiquent qu’il y a eu une série de tempêtes, avec approximativement une tempête tous les dix jours, et des hauts vents ont poussé le bateau vers Barbade au bout d’une période de quatre mois. Les gens sont morts de faim et de soif, leurs corps étaient jetés hors du bateau l’un après l’autre au fur et à mesure qu’ils mourraient.
Il y a beaucoup d’Ouest-Africains qui ont réussi à se créer des vies en Espagne et ailleurs en Europe mais beaucoup demeurent également appauvris et vulnérables. Chose intéressante, j’ai dernièrement eu la chance d’avoir une causerie avec une personne qui est arrivée par bateau il y a deux mois en provenance de la Mauritanie et qui avait été envoyée à Grenade à partir des Canaries par le gouvernement. Tout son dossier fut traité avec le schéma selon lequel il allait travailler sur un site de construction et devait obtenir ses papiers en deux ans.
Nul besoin de dire qu’il y a très peu de chance pour cette personne d’obtenir des documents en deux ans. Plus probablement, elle sera exploitée et on se débarrassera d’elle lorsqu’elle ne répondra plus à ses objectifs.
A Grenade, il y a une augmentation remarquable des nombres d’hommes essentiellement Sénégalais dans les rues comparativement à il y a une armée. J’ai mentionné ceci à ma tresseuse de cheveux qui a été résidente à Grenade depuis cinq ans. Elle a répliqué, « Il y en a beaucoup trop qui viennent aujourd’hui. On n’était pas nombreux avant. Actuellement, il y en a beaucoup trop et il n’y a aucune occupation pour eux, la seule source de revenu qui leur est ouverte est la vente de CD. Ça ce n’est pas une vie».
En termes de droits juridiques et de statut, les migrants peuvent être divisés en trois groupes : l’élite éduquée et les experts, qui sont sujets à très peu de restrictions et de désavantages sociaux ; la masse de migrants qui d’habitude cherchent du travail saisonnier, dont les droits sont sérieusement restreints et dont la situation est caractérisée par des conditions de travail pauvres, un haut niveau de chômage, et de pauvres conditions de vie ; et des « étrangers irréguliers » dont on a besoin sur le marché du travail, mais qui sont politiquement exclus et n’ont pas quelques droits que ce soit.
L’ironie est qu’il y a seulement 30 ans, des milliers de migrants espagnols saisonniers, spécialement en provenance d’Andalousie, passaient leurs étés en travaillant au nord de l’Europe, de l’Allemagne et de la France principalement en cueillant des fruits, mais aussi sur des sites de construction et comme travailleurs occasionnels, juste comme les Marocains et les gens de l’Afrique de l’Ouest le font en Espagne aujourd’hui. A cette époque, les frontières étaient ouvertes et la couleur de la peau n’était pas un problème. Il est intéressant de noter jusqu’à quel point les relations internationales se sont détériorées, mais, chose plus importante, la manière dont l’Etat des affaires semble être influencé par un préjudice culturel contre ceux qui proviennent du soi-disant « Tiers Monde ».
*Sokari Ekine produit le blogue Black Looks (Regards Noirs), www.blacklooks.org
*Ce texte a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° : 269.
Voir : http://www.pambazuka.org/en/category/comment/37063
La traduction de l’anglais au français a été faite par Jean Nepo Simbayobewe.
*Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pampazuka.org ou faites vos commentaires en ligne à l’adresse www.pambazuka.org
RDC : Faire de l’électeur analphabète un électeur indépendant et efficace !
2006-10-19
Maître Dieu-Donné WEDI DJAMBA
A la date 30 Juillet 2006, la République Démocratique du Congo (DRC) a connu ses premières élections libres et démocratiques après plus de quarante ans. Le deuxième tour des Présidentielles devant se tenir le 29 octobre prochain, MaîtreDieu-Donné WEDI DJAMBA soutient que l’urgence est principalement de faire de l’électeur analphabète un électeur indépendant et efficace. Selon lui, cette tâche incombe à la société civile et à la commission électorale indépendante, mais surtout aux formations politiques et aux candidats indépendants qui feraient mieux de se concentrer en amont sur la sensibilisation de leurs électeurs.
Pour les présidentielles, 32 candidats avaient concouru pour un post a la présidence tandis que pour les législatives près de 10000 candidats avaient concouru pour 500 sièges au parlement national.
Les élections présidentielles ont vu l’émergence des deux candidats ,le président sortant Joseph Kabila Kabange avec 43,8% et le vice-président sortant Jean Pierre Bemba Gombo avec 20,03%. Aucun des candidats n’ayant remporté la majorité absolue(50% + 1 voix), le deuxième tour devrait opposer les deux candidats ayant fait un plus grand score au premier tour. A savoir le président sortant Joseph Kabila Kabange et le vice président Jean Pierre Bemba Gombo.
Mais l’annonce des résultats du premier tour le 20 Août passé a été suivi des violences entre les militaires de la garde du président sortant Joseph Kabila Kabange et ceux de la garde du vice-président sortant Jean-Pierre Bemba Gombo dans les rues de Kinshasa, la capitale de la DRC. Ces affrontements qui ont duré trois jours ont fait plus de 18 morts.
Après l’installation du Parlement issu des élections du 30 juillet, le 22-09-2006, l’attention du peuple congolais est maintenant focalisée sur les élections du 29/10/2006. La première étape passée, l’électeur congolais attend les autres échéances électorales notamment, les provinciales, urbaines, locales et le deuxième tour des présidentielles. Au total quatre scrutins.
Toutefois, avant d’arriver à cette date, un élément sur les élections du 30-07-2006 passé mérite de faire objet d’une analyse. Il s’agit du vote de l’électeur analphabète congolais. La population congolaise étant en majorité analphabète, l’électorat congolais l’est aussi. Notre objet en ce jour est de voir comment faire de l’électeur analphabète congolais un électeur indépendant et efficace.
En effet, la loi 06-006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielles, législatives, provinciales, urbains, municipales et locales stipule à son article 58 al 1 ce qui suit : « l’électeur qui se trouve dans l’impossibilité d’effectuer seul l’opération de vote a le droit de se faire assister par une personne de son choix ayant la qualité d’électeur ».
Bien que la loi n’ait pas spécifié le genre « d’impossibilité », nous osons penser qu’il s’agit de l’handicap physique et du niveau d’instruction. L’handicap physique peut être inné ou accidentel. Quant au niveau d’instruction, nous pensons aux analphabètes.
Si l’assistance autorisée par la loi est avantageuse aux personnes avec handicap, elle n’a pas par contre le même effet sur les personnes analphabètes. Car si l’assistance fait de l’électeur handicapé un électeur efficace, elle fait par contre d’un électeur analphabète un électeur dépendant. En plus, l’analphabétisme en lui seul fait de l’électeur analphabète un électeur inefficace.
Partant des élections du 30 juillet 2006, notre analyse va consister premièrement à démontrer les cas de la dépendance et de l’inefficacité de l’électeur analphabète en RDCongo, deuxièmement les conséquences de cette dépendance et de cette inefficacité, troisièmement les voies de sortie et nous terminerons notre analyse par une conclusion.
La dépendance et inefficacité de l’électeur congolais analphabète
La dépendance
L’électeur analphabète sollicite l’assistance d’un tiers quand il ne sait pas déceler le candidat de son choix ou encore quand il ne se sait pas comment voter. Tel que nous l’avons souligné dans notre précédente analyse , tels des robots les analphabètes répètent par coeur les instructions de leur leader.
Pour ne pas se tromper, plusieurs analphabètes répétaient par coeur en longueur de journée les numéros des candidats qu’ils devraient voter aux présidentielles comme aux législatives. D’autres ignoraient même de visage du candidat à élire. Le plus important et le moins compliquer pour cette catégorie d’électeur était le numéro du candidat, pour ceux qui ne pouvaient pas retenir le nom et le numéro à la fois.
Pour cette catégorie, l’assistance d’un tiers était plus que nécessaire. Et dans ce cas d’espèce, la bonne foi de l’électeur analphabète pouvait être abusée par la personne qui l’assistait. Elle pouvait lui désigner un autre numéro ou un autre nom c’est à dire les coordonnées ne correspondant pas au candidat de l’électeur analphabète.
L’inefficacité de l’électeur analphabète
Lors d’un scrutin, porter un choix sur un candidat est une étape, concrétiser ce choix par un bulletin en est une autre. Au cours de scrutin tous les bulletins ne contiennent pas les voies pour les candidats, il y a aussi des bulletins d’abstention et les bulletin nuls. Si les bulletins valables expriment la volonté du votant en désignant le candidat ou en s’abstenant, le bulletin nul par contre est la conséquence de la non conformité du bulletin à la loi.
L’article 64 de la loi n° 06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielles, législatives, provinciales, urbains, municipales et locales énumère les cas des bulletins nuls comme suit : - les bulletins non conformes au modèle prescrit, les bulletins non paraphés par le président du bureau de vote, les bulletins portant des ratures ou des surcharges, les bulletins portant plus d’un choix, les bulletins portant des mentions non requises, les bulletins déchirés.
Parmi ces six cas de nullité du bulletin de vote, quatre nous concernent dans ce cas d’espèce. A savoir les bulletins portant des ratures ou des surcharges, les bulletins portant plus d’un choix, les bulletins portant des mentions non requises et les bulletins déchirés . Ces quatre cas de figure ont concernés plus les électeurs analphabètes que les instruits pendant les élections présidentielles et législatives du 30/07/2006.
En effet, bien que la l’article 58 précité prévoie le principe d’assistance aux électeurs se trouvant dans l’impossibilité d’effectuer seuls l’opération de vote, certains électeurs par manque de cette assistance due soit à l’indisponibilité de la personne de son choix devant l’assister, soit à la méfiance de l’électeur vis-à-vis de l’assistance lui proposée par un tiers ou les membres du bureau de vote ou par l’indisponibilité des membres du bureau de vote pour une raison ou une autre ont effectué seuls leur opération du vote.
Toutefois, avant d’expliciter les différents cas de nullité, il est préférable que tout lecteur ait une idée sur ces bulletins de vote. Le bulletin de vote pour les présidentielles était celui à la dimension du double d’un papier A4 divisé en trois colonnes. Chacune d’elles contenant la liste des candidat. La disposition était la suivante : l’appartenance politique du candidat ou son identité d’indépendant, suivi du logo, du numéro du candidat avec son nom juste en dessous de la photo et enfin la case vide où l’électeur devrait accomplir son acte de vote.
Le bulletin de vote pour les législatives avait la même disposition que celle des présidentielles à la différence que celui-ci avait quatre colonnes des candidats. Le bulletin en forme de carnet avec des pages dont la dimension était le double du bulletin aux présidentielles. Pendant les élections présidentielles et législatives du 30/07/2006 ces différents cas de nullité de bulletin de vote ont pu se produire par le fait d’un électeur analphabète.
Le cas des ratures ou des surcharges
Un électeur qui après avoir fait une marque sur la case autre (celle portant les identités du candidat, son numéro ou sa photo) que celle indiquée pouvait naturellement effacer ses premiers écrits et refaire sa marque sur la case
indiquée ; Ou encore, l’électeur pouvait commencer par remplir la case par une mention et vouloir la changer ou l’améliorer. Ce bulletin était nul selon la loi.
Le cas de bulletin portant plus d’un choix
L’électeur pouvait, après avoir apposer son empreinte sur la case indiquée, plier le bulletin avant que l’encre ne sèche et occasionner ainsi une tache d’encre sur un autre candidat et cette tache est susceptible d’être interprétée comme une mention et partant le bulletin se retrouvait avec plus d’un choix ; Ou encore, le cas d’un électeur utilisant le stylo pour faire une mention sur la case indiquée (le signe +, x , √) prolongeait par inadvertance l’une de manche dans la case appartenant à un autre candidat. Ce bulletin était nul selon la loi.
Le cas de bulletin portant des mentions non requises
Seules quatre mentions étaient permises dans la case indiquée, l’empreinte digitale faite en l’encre indélébile disposée par la CEI les signes + , x .ou √ en dehors de ces quatre mentions, le reste des mentions sur le bulletins de vote et dans la case indiquée rendaient le bulletin nul. Pour un électeur qui faisait un petit cercle dans la case indiquée ou sur le visage de candidat ou qui signait dans la case ou reprenait le numéro de candidat dans la case. Le bulletin était frapper du nullité selon la loi .
Le cas du bulletin déchiré
Ce cas a pu être vécu uniquement aux élections législatives qu’aux présidentielles. Car contrairement au bulletin de vote aux présidentielles constitué d’une page, le bulletin de vote aux législatives était un carnet constitué de plusieurs pages.
Ainsi, croyant que seule la page sur laquelle figurait leur candidat était concernée, certains électeurs ont arraché la page concernée pour l’introduire dans l’urne, d’autres par contre dont le nom du candidat se trouvait sur les pages du milieu du bulletin arrachaient les pages précédant celle sur laquelle se trouvait le nom du candidat. Tous ces bulletins étaient nuls (du moins conformément à la loi) parce que déchirés.
Conséquences
Si nous partons sur l’hypothèse selon laquelle dans notre pays la RDCongo la population est majoritairement analphabète. Que chaque bureau de vote avait enregistré au moins un bulletin nul dans chacun de ces quatre cas de nullité analysés ci- haut. Vous pouvez imaginer avec moi le nombre de voix perdues par les candidats aux présidentielles et aux législatives du 30/07/2006 sur les votant répertoriés par la CEI . De toute façon, quelque soit le nombre des votants, les cas de nullité de bulletin de vote affectent tant bien le candidat que l’électeur.
Le candidat
S’il est vrai qu’en démocratie les représentants du peuple obtiennent leur mandat de ce dernier, il est aussi vrai que ce mandat s’exprime par le scrutin. Et quel serait le sort d’un candidat dont la majorité d’électeur aurait commis l’un ou l’autre cas de nullité du bulletin de vote ? Il sera bien entendu préjudicié et au risque même de perdre les élections et par voie des conséquences n’est pas être le représentant de ce même peuple.
L’électeur
Si l’électeur en tant que peuple est le souverain primaire exerçant son pouvoir par le canal de ses représentants à qui il a donné mandant à travers les élections. Alors, celui qui occasionne l’annulation de ce son bulletin de vote par sa propre faute se rend un mauvais service. Car, qui sait si c’était cette voix qui allait faire la différence en faisant pencher la balance pour son candidat ?
Les voies de sortie
Depuis le 30/07/2006 les congolais ont renoué avec une pratique oubliée pendant dix neuf ans (la derniers fois que le peuple congolais est parti devant les urnes fut en 1987 pour élire les commissaires du peuple).
Si l’exercice de voter est pénible après dix neuf ans de non pratique, à combien plus forte raison une pratique oubliée pendant plus de 40 ans ou encore une pratique jamais exercée ? Car si le peuple congolais a eu déjà dans son histoire à élire démocratiquement ses représentants au parlement et d’autres instances tant provinciales que locales, c’était la première fois par contre qu’il a élu démocratiquement et au suffrage universel direct son chef de l’Etat ( le feu président Joseph Kasa-Vubu fut élu au suffrage universel indirect tandis que le feu président Mobutu ne fut jamais élu démocratiquement).
Mais, cet exercice de voter est devenu aussi plus pénible de par la nature de bulletin de vote. A cet effet, les bulletins de vote des élections du 30/07/2006 passent être pour les plus grands bulletins de vote du monde avec la dimension d’un double forma A4 pour les présidentielles et d’un qua triple forma A4 pour les législatives sans oublier son volume (un carnet contenant plusieurs pages) toujours pour les législatives.
Cette particularité de ces bulletins de vote a causé des problèmes même à certains intellectuels qui ont eu du mal à retrouver les candidats sur les différentes colonnes des photos de candidats, surtout sur le grand et volumineux bulletin de vote aux législatives.
C’est ainsi qu’il est en effet compréhensible que les analphabètes aient rencontré beaucoup de difficultés au moment du vote. Car si les intellectuels ont rencontré des difficultés pour voter à combien plus forte raison les non lettrés ! Après les élections du 30/07/2006, il est nécessaire que des leçons puissent être tirées afin d’améliorer la participation quant à la qualité de vote des électeurs en général et non lettrés en particulier aux autres échéances électorales se pointant à l’horizon.
L’éducation des électeurs en général et les électeurs analphabètes en particulier s’avère capitale pour l’apprentissage de la démocratie dans notre pays. A propos de l’éducation de l’électeur , la tache revient en notre humble avis en premier lieu aux formations politiques et aux candidats indépendants. Car, les conséquences de l’acte de vote de l’électeur les concernent directement. Les bulletins nuls pris à certaines proportions peuvent influer négativement sur l’élection d’un candidat.
Ainsi pensons nous qu’au lieu de rivaliser en avale avec une campagne telle que nous l’avons vécu pendant la campagne électorale pour les législatives et présidentielles du 30/07/2006 (cortège motorisé, distribution d’argent, pagnes, T-shirts, chapeaux, poisson), les formations politiques et les candidats indépendants feraient mieux de se concentrer en amont en sensibilisant leur électeurs. Car, en quoi cela servira-t-il à un candidat de drainer des foules pendant la campagne électorale et voir cet électorat ne pas se concrétiser à cause de l’ignorance des électeurs ?
Cette tâche revient deuxièmement à la société civile (les associations sans but lucratif, les confessions religieuses…)
La commission électorale indépendante quant à elle n’interviendrait qu’à troisième position.
Quant à l’éducation des électeurs, nous pensons que la sensibilisation par le contact direct avec les électeurs est la mieux indiquée. Car, la sensibilisation à travers les médias (radio, télévision) connaît certaines limites (la misère fait que les appareils récepteurs fassent défaut dans beaucoup de maisons. Et pour ceux qui en ont, le problème de fournir d’énergie électrique se pose ou encore la lutte quotidienne pour la survie ne laisse pas assez de place).
Le contact direct consistera à la présentation physique du bulletin de vote ou de modèle semblable aux électeurs pour leur permettre de s’habituer avec le bulletin ; l’organisation des séances simulant l’opération de vote pour permettre à l’électeur d’assimiler son comportement dans le bureau de vote, notamment le retrait du bulletin, l’isoloir, l’encre indélébile ou le stylo, l’application de l’empreinte digitale ou l’utilisation du stylo dans la case appropriée, le pli du bulletin et l’introduction du bulletin du l’urne.
Ces séances simulant l’opération de vote devraient être effectuées par les électeurs eux-mêmes sous la supervision des organisateurs de séances.
En plus, chaque candidat devrait veiller à ce que son électorat voie sa photo. En sensibilisant les électeurs de cette manière, les formations politiques ou les candidats indépendants se rassurent sur la participation indépendante et efficace de leurs électeurs.
Conclusion
Le processus électoral démarré le 30/07/2006 n’était qu’en son début en République Démocratique du Congo. Après les élections législatives et présidentielles, le peuple congolais aura à élire le Président de la République au second tour, les députés provinciaux, les conseillers urbains, municipaux et locaux au suffrage direct, et les sénateurs, les gouverneurs provinciaux, les maires des villes, les bourgmestres de communes seront au suffrage indirect. Cinq élections donc attendent encore les électeurs congolais au suffrage direct.
Pour les élections futures, les électeurs congolais en général et analphabètes en particuliers sont appelés à être sensibilisés.
Car tel que nous l’avons démontré dans cette analyse, les électeurs non lettrés qui du reste constituent un électorat considérable en RDC, devraient être bien sensibilisés afin de devenir indépendants et efficaces au moment du vote. Les différents cas de nullité des bulletins de vote prévus par la loi et imputables à l’électeur, notamment le cas de bulletins portant des ratures ou des surcharges ; les bulletins portant plus d’un choix ; les bulletins portant des mentions non requises et les bulletins déchirés ont été répertoriés pendant les élections présidentielles et législatives du 30/07/2006. L’annulation de chaque bulletin était bien entendu préjudiciable au candidat pour qui la voix était destinée. Le cas de l’électeur assisté par un tiers réduisait aussi l’indépendance de ce dernier.
Ainsi pour faire de tout électeur congolais en général et analphabète en particulier, un électeur indépendant et efficace, une sensibilisation des électeurs par le schéma proposé ci haut s’avère d’une importance capitale pour les élections du 29/10/2006
*Maitre Dieu-Donné WEDI DJAMBA est Avocat au Barreau de Lubumbashi ;Activiste des droits de l’Homme ;Assistant à l’Institution Supérieur de Droit Appliqué et Ecrivain. Actuellement en Afrique du Sud/Cape Town pour le ‘Fellowship Programme’ en justice transitionnelle organisé par le Centre International pour la Justice Transitionnelle (CIJT) et l’ Institut pour la Justice et la Réconciliation (IJR) en collaboration avec L’Université de Cape Town(UCT).
Tel :+243812485222 ;+27738362921 ;+27216862044.
E-mail : dieudowedi@gmail.com or dieudowedi@hotmail.com
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Courrier
Une Politique de l'eau qui oublie le milieu rural
2006-10-19
Mohamed Bassirou DIATTA
Je suis ravi de l'analyse de la situation de l'accés à l'eau au Sénégal dans Pambazuka News n°7 : http://www.pambazuka.org/fr/category/features/34815 c'est vrai qu'il n'y a pas une vision claire sur la privatisation de l'eau. Mais je pense qu'elle a beaucoup amélioré tant soit peu l'accés à l'eau même si sa qualité reste discutable. ce qui est abérant dans la politique de l'eau ici, c'est que les efforts sont concentrés uniquement en milieu urbain alors que l'accés à l'eau dans le monde rural est plus que préoccupant. vous avez raison de rappeller que les multinationales ne s'interessent que d'argent.la preuve, pourquoi la SDE n'intervient-elle pas dans les villages? Là reste le noeud de la question. C'est pourquoi votre étude m'a semblée interssante.
Nécrologie
Wanjiru Kihoro : activiste, féministe, patriote, visionnaire, leader, amie
2006-10-20
http://drwanjirukihoro.wordpress.com/
La brave lutte de Dr Wanjiru Kihoro contre le coma dans lequel elle était plongée depuis le 24 janvier 2003 vient de prendre fin le jeudi 12 octobre dernier à l’Hôpital National Kenyatta de Nairobi, Kenya. Dr Wanjiru Kihoro était tombée dans le coma à la suite de la chute de l’avion de Busia au cours de laquelle trois personnes furent tuées. Economiste de renommée, Dr Wanjiru Kihoro fit son premier cycle à Columbia University (USA), sa maîtrise en Etudes du Développement et son PhD à Leeds University (Angleterre). Au fil des années, elle a gagné respect et admiration de bon nombre de personne pour son engagement en faveur des questions de genre, d’égalité, de justice et de démocratie.
Arts & livres
Afrique : Film Bamako, "raconter un continent qui souffre"
2006-10-18
http://www.afrik.com/article10546.html
Le film Bamako sort ce mercredi dans les salles obscures françaises. L’œuvre est loin d’être une carte postale de la capitale malienne. Elle est le reflet d’une Afrique accusatrice qui s’en prend, sans se dédouaner, aux responsables de son drame dans un procès imaginaire. Le pari du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako est une vraie réussite. L’auteur a su être critique sans oublier de faire une véritable œuvre cinématographique. Afrik.com l’a rencontré.
Global : Nouveau film sur Thomas Sankara
2006-10-18
http://www.grioo.com/info8175.html
Un nouveau film documentaire consacré à l'ancien chef de l'Etat du Burkina Faso, le capitaine Thomas Sankara, assassiné en 1987, sortira avant la fin du mois d'octobre en Suisse, a indiqué mardi à la PANA sa réalisatrice d'origine vietnamienne, Mme Thuy-Tien Ho. Intitulé "Fratricide au Burkina Faso", le film de 52 minutes tente de reconstituer les circonstances exactes de l'assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987 alors qu'il participait à une réunion du Conseil national de la révolution (CNR).
Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : Les experts au chevet du NEPAD
2006-10-18
http://www.africatime.com/afrique/
Initié pour relancer le développement de l’Afrique, le Nepad, après cinq années d’existence n’arrive pas encore à satisfaire. D’où la nécessité des autorités de convoquer les experts en vue de trouver des solutions idoines, pour préparer la rencontre de Abuja. C’est le but de cette rencontre initiée par la fondation Freiderich Elbert.
Afrique : De l’OUA à l’UA, dix SG
2006-10-18
http://www.africatime.com/afrique/
Depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 1963, jusqu’à l’avènement de l’Union africaine, fin 2003, dix (10) personnalités africaines de neuf (9) nationalités différentes se sont succédées à la tête du Secrétariat général de l’organisation africaine. Contrairement à l’idée généralement répandue, c’est plutôt l’Ethiopien Kifle Wodajo qui a été le premier Secrétaire général de l’OUA (1963 - 1964), et non le Guinéen Diallo Telli.
Côte d'Ivoire : Mbeki "déchargé" de la médiation
2006-10-18
http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2006/10/061018_ivory_summit.shtml
Malgré la longue attente, ce fut dans l'ensemble un sommet sans surprise, avec d'un côté le président Gbagbo plaidant sa cause et de l'autre, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), réitérant ses propositions. Cette dernière avait recommandé, lors du sommet d'Abuja, sur la Côte d'Ivoire, de prolonger le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo pour une année supplémentaire, dans l'intention de créer un climat favorable pour des élections en octobre 2007.
Côte d’Ivoire : CPS, la presse ivoirienne divisée
2006-10-18
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=13064
Les conclusions du sommet extraordinaire du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine tenu mardi dans la capitale éthiopienne sont diversement appréciées par la presse ivoirienne de mercredi. « L’UA fait la passe à l’ONU : Gbagbo et Banny toujours à la barre », titre en Une le quotidien pro gouvernemental Fraternité Matin, précisant à l’endroit de ses lecteurs que le communiqué final de cette réunion n’est pas encore disponible.
Femmes & genre
Côte d'Ivoire : 77 lois discriminatoires dénoncées
2006-10-17
http://fr.allafrica.com/stories/200610170156.html
Me Bitty Kouyaté de l'Association des femmes juristes de Côte d'Ivoire a recensé jeudi dernier, à l'hôtel Ibis-plateau, 77 lois jugées «discriminatoires contre la femme » à l'occasion de la 15ème réunion statutaire suivie d'une conférence publique organisée par le Rotary club Abidjan-Adjamé. La conférencière en veut pour preuve le fait qu'une femme salariée avec des enfants paie par exemple plus d'impôts l'homme.
Guinée : Droits des femmes, les textes non appliqués
2006-10-17
http://www.guineenews.org/interviews/int_detail.asp?num=30
Avec son franc-parler habituel, Nanfadima Magassouba - à la tête d'un des plus grands réseaux d'organisations de la société civile du pays - aborde dans cet entretien avec notre reporter, des droits de la femme, des enfants. Également, elle jette un regard sur la situation politique et socio-économique de la Guinée. Interview à bâtons rompus...
Sénégal : Les salariées 'assurent' leurs familles
2006-10-17
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=12520
Le gouvernement sénégalais a autorisé la femme salariée fonctionnaire, non fonctionnaire ou du secteur privé de prendre en charge au plan médical son conjoint et ses enfants. La décision du gouvernement sénégalais, si elle est approuvée par le parlement, va constituer une "avancée fondamentale" qui consacre la satisfaction d’une doléance datant de 1975,
Soudan : Augmentation massive des viols
2006-10-17
http://www.unfpa.org/news/news.cfm?ID=878&Language=3
Les actes de violence perpétrés par les groupes en guerre contre les femmes et les enfants du Darfour atteignent des niveaux alarmants. Depuis qu’il a éclaté en 2003, ce conflit civil est marqué par une violence extrême. Mais ces derniers mois, le nombre d’attaques contre les femmes et les filles augmente en flèche, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des camps de personnes déplacées.
Soudan: Les femmes espèrent influer sur les pourparlers
2006-10-18
http://fr.allafrica.com/stories/200610180050.html
Les femmes de Somalie sont appelées à contribuer fortement à jeter les fondements d'une paix durable dans leur pays ravagé par la guerre en se faisant les médiatrices des mouvements et des clans politiques rivaux, affirme Mme Asha Elmi, députée à l'Assemblée du Gouvernement fédéral de transition (TFG). C'est en tout cas un objectif que Mme Elmi entend « poursuivre énergiquement ».
Droits humains
Global : Peine de mort = défaillance de la justice
2006-10-17
http://web.amnesty.org/pages/deathpenalty-worldday2006-fra
La peine de mort n’est jamais acceptable: toute exécution constitue la pire violation qui soit du droit à la vie. Et cette violation est encore plus abominable lorsque la peine capitale est prononcée à l’issue d’un procès inéquitable. À l’occasion de cette quatrième Journée mondiale contre la peine de mort, Amnesty International et la Coalition mondiale contre la peine de mort mettent l’accent sur les défaillances de la justice en ce qui concerne la peine de mort et son application.
Global : Mesures contre la violence contre les enfants
2006-10-17
http://www.unicef.org/french/protection/index_36134.html
L'une des études les plus détaillées jamais réalisées sur la violence contre les enfants montre que des millions de jeunes dans le monde subissent les pires formes de la maltraitance, et ne sont que peu ou pas protégés. L'étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants, présentée à l'Assemblée générale hier, examine le problème dans cinq cadres particuliers - le foyer, l'école, les institutions, le lieu de travail et la communauté.
Guinée : L'insécurité 'ramène' la peine de mort
2006-10-17
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4528
Les Guinéens réclament de plus en plus l'application "pure et dure" de la peine de mort, prévue par leur Code pénal, mais non appliquée depuis 2001. Responsables politiques, intellectuels, religieux, simples citoyens, tous y voient une parade contre l'insécurité. "Celui qui tue mérite à son tour d’être tué. Notre Code pénal le dit. Il est inadmissible que des gens puissent impunément ôter la vie à leurs semblables", estime un ministre.
Global : Le projet de traité de l’OMI
2006-10-17
http://www.fidh.org/article.php3?id_article=3720
Une coalition d’ONG de défense des travailleurs, des droits de l’Homme et de l’environnement a dénoncé le résultat de la réunion de l’Organisation maritime internationale (OMI) organisée cette semaine, qu’elle considère immoral. Cette réunion avait pour objectif de développer le droit international permettant de contrôler les pratiques globales de démantèlement des bateaux qui exploitent les travailleurs et l’environnement des pays en développement.
Rwanda : Débat national sur la peine de mort
2006-10-17
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4529
La suppression de la peine de mort du Code pénal est actuellement en débat au Rwanda. Elle est souhaitée par une bonne partie de la population, les magistrats et le gouvernement soucieux de faire venir à Kigali les prévenus du Tribunal pénal international. Les mille personnes condamnées à mort au Rwanda ces dix dernières années, à la suite du génocide, devront peut-être la vie à la suppression de la peine capitale dans le Code pénal rwandais actuellement en discussion.
Tunisie : Guerre au voile
2006-10-17
http://www.afrik.com/article10549.html
Les autorités tunisiennes se sont prononcées pour l’application d’un décret de 1981 condamnant le port du voile dans les lieux publics, dans le but de faire reculer l’islamisme. Depuis, des policiers auraient arraché le couvre-chef de plusieurs femmes « en pleine rue ». Certaines associations des droits de l’Homme et des femmes dénoncent la position du gouvernement.
Réfugiés & migration forcée
Burundi : 13.000 réfugiés seront américains
2006-10-18
http://fr.allafrica.com/stories/200610171025.html
Environ 13.000 réfugiés burundais sont sur le point de s'envoler pour les Etats-Unis où ils vont recevoir la nationalité de ce pays, alors que plus de 500.000 autres vont être transportés au Rwanda, au Burundi et en RD Congo dans le cadre d`une opération sans précédent entreprise par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).
Kenya : Augmentation spectaculaire de Somaliens
2006-10-17
http://fr.allafrica.com/stories/200610060711.html
Le nombre de réfugiés somaliens fuyant vers le Kenya a augmenté de façon spectaculaire ces deux derniers jours, portant le nombre total de nouveaux arrivants à plus de 30.000 cette année, s'est inquiété aujourd'hui le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Quelque 25.000 Somaliens ont trouvé refuge au Kenya depuis janvier.
Sénégal : Environ 4.000 clandestins rapatriés
2006-10-17
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP61906envirengaps0
Environ 4.000 clandestins sénégalais arrivés dans l'archipel espagnol des Canaries ont été rapatriés en un mois, a annoncé lundi le secrétaire d'Etat espagnol des Affaires étrangères. Ces quelque 4.000 immigrants sénégalais ont été rapatriés par avion depuis la mi-septembre et les rapatriements se font au rythme de 15 avions par semaine, a expliqué Bernardino Leon à la Commission des Affaires étrangères du Sénat espagnol.
Somalie : Un appel d'urgence pour les réfugiés
2006-10-18
http://www.africatime.com/afrique/
La Coordination humanitaire des Nations Unies a lancé lundi un appel à contribution d'urgence de 35 millions de dollars afin d'apporter une assistance à près de 80 000 Somaliens réfugiés au Kenya en raison des violences dans leur pays. Un nombre de plus en plus grand de réfugiés Somaliens ont pris le chemin du Nord-Est du Kenya à cause de la guerre civile, des luttes tribales et à l'intérieur des clans, de la sécheresse et de la pauvreté grandissante.
Elections & gouvernance
Afrique du Sud : Enfin élue au Conseil de sécurité
2006-10-17
http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2006/10/061017_unsc_new_members.shtml
Bien que membre fondateur des Nations Unies, l’Afrique du sud n’avait jamais encore occupé un siège au Conseil de sécurité. Privée de son droit de vote pendant les années d’apartheid, elle se retrouve donc élue, pour la première fois, à une écrasante majorité de l’Assemblée générale, comme membre non permanent. L’Afrique du sud remplacera la Tanzanie, à compter du 1er janvier, pour une durée de deux ans.
Madagascar : Ravalomanana favori face à 17 challengers
2006-10-17
http://www.rfi.fr/actufr/articles/082/article_46821.asp
A sept semaines du premier tour de l’élection présidentielle, 18 candidats ont déposé un dossier. Parmi eux, le chef de l’Etat qui part largement favori, mais aussi quelques-uns des anciens partisans de Marc Ravalomanana déçus par ses quatre années au pouvoir. 18 candidats pour cette présidentielle, c’est plutôt une surprise. Personne ne s’attendait à voir autant de candidats pour un scrutin que tout le monde à Madagascar dit «joué d’avance», avec la réélection quasi certaine du chef de l’Etat.
Nigéria : Faire échouer les élections de 2007
2006-10-18
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=13073
Le Barreau nigérian (NBA) a accuse la Commission électorale nationale indépendante (INEC) de tenter de saboter les élections générales de 2007, précisant que rien n’indique que cette structure prépare le scrutin, même après la publication du calendrier électoral. Le président du barreau, Olisa Agbakoba, a dénoncé, mardi à Lagos, l’impréparation manifeste de l’INEC qui ne parvient pas à organiser les élections, a-t-il déploré.
RDC : Kinshasa se prépare à un second tour acharné
2006-10-17
http://www.rfi.fr/actufr/articles/082/article_46838.asp
La campagne électorale pour le second tour de l’élection présidentielle du 29 octobre s’est ouverte samedi dans le calme. Joseph Kabila est le grand favori. Mais on redoute la réaction des habitants de Kinshasa qui, au premier tour, ont désavoué le président sortant, en votant massivement pour Jean-Pierre Bemba.
RDC : Heurts entre partisans de Bemba et Kabila
2006-10-17
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP05306heurtajdola0
Au moins trois personnes ont été blessées lundi à Lodja, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), lors de heurts entre partisans du président Joseph Kabila et du vice-président Jean-Pierre Bemba, a-t-on appris auprès de témoins. "J'ai conduit trois blessés à l'hôpital. Ils souffrent de coups, de contusions&qu


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004