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Pambazuka News 151: Les malentendus autour du «Mondial africain»
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Mouvements sociaux, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. LGBTI, 14. Environnement, 15. Bien-être social, 16. Conflits & urgences, 17. Internet & technologie, 18. Cours, séminaires, & ateliers, 19. Emploi
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Mondial « africain » en terre sud-africaine : le grand malentendu.
COMMENTAIRES & ANALYSES : BP, la marée noire, la démocratie bourgeoise et l’écologie politique.
PLAIDOYER : Niger : La junte invitée à maintenir la cap à mi-parcours de la transition.
FEMMES & GENRE : Guinée-Bissau : Les femmes appellent à ratifier le traité d’adhésion au TPI.
DROITS HUMAINS : Afrique : Washington met en garde cinq pays contre les trafics humains.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Mali : La sécheresse pousse les nomades à l’exode.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : l’Afrique de l’ouest privée du service aérien humanitaire de l’ONU.
CORRUPTION : Burkina : Zoom sur la corruption silencieuse.
DEVELOPPEMENT : Afrique : 189 milliards pour une route entre le Cameroun et le Nigeria.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : L’OMS et l’UNICEF inquiets d’une épidémie de rougeole.
EDUCATION : Sénégal : L’université peine à former les élites.
LGBTI : Afrique du Sud : Le mondial contre l’homophobie.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Le Gabon, 9e au classement des défenseurs de l’environnemetn.
CONFLITS & URGENCES : RD Congo : Début du retrait des forces de la MONUC
INTERNET & TECHNOLOGIE : Afrique : Un nouveau projet pour l’Internet à haut débit.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Appel à candidature de recherche sur les communautés religieuses et leurs rôles dans les conflits en Afrique de l’Ouest.
EMPLOI : Sénégal : IntraHelth cherche un directeur de projet.
Chroniques
Mondial «africain» en terre sud-africaine : le grand malentendu
Boubacar Boris DIOP
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/65404
Madiba magic. Ce sont les deux mots par lesquels les Sud Africains disent leur affection à Nelson Mandela, l’homme à qui ils doivent presque tout. Le choix de leur pays, le 15 mai 2004, pour abriter une Coupe du monde de football a été pour eux le point d’orgue d’une décennie prodigieuse. Après avoir terrassé l’apartheid en 1994, la nouvelle «Nation arc-en-ciel» avait organisé et remporté coup sur coup, les deux années suivantes, une Coupe du monde de rugby et une Coupe d’Afrique des nations de football.
A Zurich, l’émotion de l’ancien détenu de Robben Island n’est pas feinte. Il verse des larmes de joie et avoue avec la désarmante simplicité des êtres d’exception : «Je me sens comme un garçon de quinze ans.» L’euphorie du moment fait même oublier que l’Afrique du Sud n’est pas la première à briser le monopole exercé de 1930 à 1998 par l’Amérique latine et l’Europe sur le seul événement sportif réellement planétaire. Il y avait déjà eu la parenthèse américaine de 1994 avant que ce ne soit le tour, en 2002, de la Corée du Sud et du Japon.
Peu importe, pourtant, une si curieuse amnésie collective. La Coupe du monde de football charrie tant d’obscures passions qu’il est bien normal qu’elle fasse perdre la tête. Le simple choix du pays-hôte, aussi médiatisé que la finale, est un indicateur de la manière dont chaque société humaine se perçoit ou est perçue par les autres.
On se souvient par exemple que son attribution à la Corée et au Japon était presque passée inaperçue. Pour tout le monde à l’époque, ces deux pays étaient une option quasi naturelle en raison de leurs performances économiques et du légendaire «esprit de discipline des Asiatiques». En outre, personne n’a songé dire aux Japonais et aux Coréens qu’ils porteraient sur leurs frêles épaules l’honneur de l’Asie tout entière. Cela les aurait sûrement bien amusés, d’ailleurs…
A l’inverse, la désignation de l’Afrique du Sud a, une fois de plus, montré que dans l’esprit de beaucoup trop de gens, et pour des raisons assez mystérieuses, tous les pays africains n’en forment qu’un. Ainsi, à en juger par ce qui a été dit et écrit depuis six ans, le Portugal et le Brésil ne vont pas s’affronter le 25 juin dans la ville de Durban, dans un pays singulier appelé Afrique du Sud, mais plutôt sur le sol africain, ce lieu que chacun croit si bien connaître alors qu’il ne se trouve nulle part sur la terre. Faut-il parler de racisme ? La tentation est grande, mais ce ne serait peut-être pas juste car même si un postulat aussi absurde ne s’applique qu’aux pays africains à population noire, les Africains eux-mêmes sont les premiers à le valider.
Du reste cela n’a pas que des aspects négatifs. Ce sentiment spontané de solidarité a, par exemple, été d’un précieux concours dans la lutte contre l’apartheid. Au Sénégal, tous les écoliers pouvaient lire chaque matin, au-dessus du tableau noir : «L’apartheid est un crime contre l’Humanité.» Au Nigeria, de très nombreux fonctionnaires avaient accepté une retenue mensuelle sur leur salaire pour alimenter un fonds destiné à l’Anc. Les Etats africains, qui avaient réussi à faire bannir l’Afrique du Sud raciste de toutes les manifestations sportives internationales, ont également joué un rôle majeur dans sa désignation pour abriter l’actuelle Coupe du monde. Déjà en 1996, le droit avait été accordé au pays de Mandela d’organiser la Can de football : une façon de lui souhaiter la bienvenue parmi les Nations libres du monde.
Il est donc normal que de Dakar au Caire, South Africa 2010 soit ressentie comme l’affaire de l’ensemble du continent. La mission de l’Afrique du Sud est de prouver que l’Afrique peut faire aussi bien, voire mieux, que n’importe qui. Qu’ils l’avouent on non, des millions d’Africains de par le monde ont tremblé à l’idée que le défi ne serait peut-être pas relevé. Tous ont bien compris que les propos injustes et insultants de Beckenbauer – parmi de nombreux autres – avaient une forte connotation raciale. Et s’il est un seul jour où ils se sont sentis en accord avec Sepp Blatter, c’est celui où le patron de la Fifa, rompant avec sa réserve habituelle, a laissé éclater son indignation : «Au cours du siècle dernier, s’est-il emporté, les colonialistes sont allés en Afrique et y ont pris ce qu’il y avait de meilleur, et maintenant ils prennent les meilleurs footballeurs. Et quand vous devez renvoyer l’ascenseur ils ne veulent pas y aller. C’est un manque de respect pour toute l’Afrique !»
Quand, enfin, une autre ancienne star du football allemand, Uli Hoeness, a déclaré : «Je n’irai pas, je n’ai jamais été fan d’une Coupe du monde sur le continent africain», c’est en tant que porte-parole de tous les Africains que l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Berlin lui a répondu en des termes cinglants.
Le moins que l’on puisse, c’est que face à cette campagne hostile l’Afrique du Sud n’a jamais été seule. Quoi de plus logique ? Elle a combattu l’apartheid avec - mais aussi au nom de - l’Afrique. Le fameux chant de l’Anc, «Nkosi Sikelelel’ iAfrica» («Dieu bénisse l’Afrique», en xosa) est du reste aujourd’hui son hymne national.
En outre l’idée de «Renaissance africaine» et le Nepad (New partnership for african developpement) chers à Thabo Mbeki, ont très tôt témoigné de la volonté de lier le destin de l’Afrique du Sud à celui du continent. Pour mieux assumer cette ambition, elle s’est également fixée l’objectif d’avoir une ambassade dans chaque pays africain. Last but not least, l’un des slogans de la présente «World Cup» est «Africa united».
Un pays africain entièrement à part
Cependant l’Ivoirien ou le Ghanéen qui débarque à Johannesburg ne tarde pas à découvrir, derrière ces ardents témoignages de fraternité, une réalité infiniment plus complexe. On peut la résumer ainsi : tout en se voulant un pays africain à part entière, l’Afrique du Sud rêve d’être un pays africain entièrement à part. Résolument tournée vers l’Europe et l’Amérique, en très grande partie du fait du poids économique et culturel de sa minorité blanche, son long isolement du temps de la dictature raciste pèse aujourd’hui encore sur elle.
Le Sud Africain moyen connaît bien le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique et ses autres voisins, mais (j’en ai souvent fait l’expérience, même dans la cosmopolite Joburg) si on évoque Dakar, Ouagadougou ou Tunis dans la conversation, le chauffeur de taxi ou le commerçant est perdu. En fait, on se rend compte ici avec stupéfaction que l’afro-pessimisme a été une arme redoutable au service de l’apartheid. Sa propagande disait tout le temps aux Noirs que leur situation, même mauvaise, était encore meilleure que celle des pays où régnaient des tyrans fous comme Idi Amin et Bokassa.
Coupés du monde, les habitants de Cape Town ou de Tswane ne recevaient que des images d’une Afrique affamée, mal éduquée et cruelle. Un certain regard occidental, réducteur et déformant, leur avait en somme été prêté et ils n’ont pas cherché à voir plus loin... Ces mensonges n’ont certes pas empêché l’apartheid de s’effondrer, mais ils ont laissé des traces profondes dans la conscience collective sud africaine : au nord du Limpopo, commence pour les Noirs le monde trouble de ceux, encore plus misérables qu’eux, qui veulent venir leur arracher le pain de la bouche. Un tel état d’esprit peut causer des dégâts terribles : en mai 2008, les émeutes xénophobes du township d’Alexandra ont fait 62 morts.
Cependant, il peut arriver que le désir de se déconnecter de l’Afrique s’exprime d’une façon bien plus positive. L’Afrique du Sud est également soucieuse d’apparaître aux yeux du monde comme une force économique émergente, un Etat de droit moderne et efficace, où seul compte le mérite personnel. Cette ambition transparaît à chaque coin de rue, dans les images de la télévision comme dans les comportements quotidiens. Parmi les nombreuses affiches que l’on peut voir ces jours-ci à Sandton ou Hillbrow, l’une d’elles présente Johannesburg comme une «ville africaine de classe mondiale». La formulation est typique de la volonté d’assumer son africanité sans pour autant se laisser enfermer dans une identité synonyme de chaos et de stagnation. Et de fait, à Joburg comme à Cape Town ou Durban, le paysage urbain avec ses grattes-ciel et ses boulevards illuminés, peut soutenir la comparaison avec Chicago, Montréal ou n’importe quelle autre mégapole du monde.
Ce volontarisme a permis à l’Afrique du Sud de réaliser de lourdes infrastructures – aéroports et stades en particulier – en moins de six ans. Même si la sécurité continue à susciter des inquiétudes, le pays est fin prêt. Ses détracteurs, qui le soupçonnaient de ne pas pouvoir en faire assez, lui reprochent aujourd’hui, avec une mauvaise foi presque amusante, d’en avoir trop fait…
L’heure n’est pourtant pas à l’euphorie chez les hommes d’affaires sud africains. Il y a eu des désistements massifs (450 000 nuitées d’hôtel et 45 000 réservations de vols ont été purement et simplement annulées) et seuls 300 000 visiteurs sont au rendez-vous, au lieu des 450 000 attendus.
Désireux de prouver de quoi il est capable, l’Etat sud africain a tenu à faire cavalier seul. C’est pourquoi les propos du sociologue éthiopien Abebe Zegeye, de l’université du Witwatersrand, regrettant que l’Afrique du Sud n’ait pas associé ses voisins à l’événement, ont été assez mal accueillis. Une radio l’a invité à en débattre avec les auditeurs qui ont tous rejeté l’idée de partager leur «Mundial» avec le Botswana ou la Namibie.
On a du reste vu à l’œuvre l’ambivalence de la société sud-africaine à l’égard de l’Afrique pendant la vente des billets. Le discours officiel était : «Venez, chers frères africains, nous vous accueillons à bras ouverts car cette Coupe du monde est la vôtre !» Il a même été décidé que le visa (inexistant pour les Européens et les Américains mais très difficile à obtenir en temps normal pour la plupart des Africains !) serait automatique pour tout détenteur de billet. Mais les autorités craignaient en même temps que les candidats à l’immigration clandestine ne profitent de la situation pour s’installer dans le pays. Les frontières se sont donc entr’ouvertes avec réticence et sur 2,88 millions de billets mis en vente, seuls 40 000 (soit 11 000 personnes) ont été acquis par des Africains…
Si la réussite n’est pas tout
Une question mérite d’être posée : Nelson Mandela, qui n’a pu être témoin du match nul entre les Bafana-Bafana et le Mexique au Soccer City Stadium, en raison du décès accidentel d’une de ses arrière-petites-filles, a-t-il voulu ce «Mundial» pour l’Afrique du Sud ou pour… l’Afrique tout entière ? Bien malin qui pourra le dire. Il semble pourtant – comment le lui reprocher ? – que dans cette affaire il a pensé avant tout à son pays. Aussitôt après son élection en 1994, il avait profité de la Coupe du monde de rugby – sport favori des Blancs – pour tenter un audacieux passage en force entre les lignes raciales.
Le 11 juin, a été donné le coup d’envoi de la deuxième mi-temps de ce même match que l’Afrique du Sud livre depuis 16 ans contre ses propres démons. Le paradoxe c’est que le reste du continent, très peu concerné par ces enjeux internes, va être comptable d’un éventuel échec. Les migrants du Zimbabwe, du Mozambique et d’ailleurs ont eux aussi intérêt à ce que tout se passe au mieux. Une enquête du Gcro (Gauteng City Region Observatory) auprès de 6 636 personnes vient de révéler de forts sentiments xénophobes chez 69% des résidents de la province de Gauteng, qui inclut Johannesburg. Selon le professeur Annsilla Nyar, membre de cet important observatoire, «beaucoup de gens qui attendaient trop de la Coupe du monde, vont être très déçus». Et le groupe de chercheurs d’avertir : cette désillusion risque de déboucher sur de nouvelles attaques contre les étrangers -c’est-à-dire contre les Africains… -aussitôt après le tournoi.
On peut pourtant être sûr, en attendant, que chaque fois que l’Algérie, le Cameroun, le Ghana, la Côte-d’Ivoire et le Nigeria descendront sur la pelouse de Soccer City ou de Peter Mokaba Stadium, le public va les soutenir par un fraternel et tonitruant concert de vuvuzelas. Double jeu ? Non : plutôt, semble-t-il, la schizophrénie d’une société profondément fracturée pendant si longtemps…
* Cet article est déjà paru dans le journal Neue Zurcher Zeitung, un quotidien en langue allemande de Zurich.
* Boubacar Boris Diop est écrivain, journaliste sénégalais
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Quand Lula dérange le nouvel ordre mondial hégémonique
Diagne Fodé Roland
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/65406
Après huit ans de pouvoir, le président Ignacio Lula Da Silva quittera ses fonctions parce que la constitution brésilienne ne lui permet pas de briguer un troisième mandat d’affilée. Les Etats-Unis et l’UE réactionnaires se déchaînent contre le gouvernement brésilien dans l’espoir d’empêcher la réélection de la candidate, Dilma Rousseff, désignée par le Parti des travailleurs (PT) pour succéder à Lula, le 3 octobre prochain, et ainsi ramener le Brésil dans la sphère d’influence des États-Unis.
Il faut dire qu’en cette fin de mandat, Lula donne le coup de pied dans la fourmilière du nouvel ordre mondial hégémonique que le capital « étatsunien » et « européen » avait présenté comme « éternel et heureux ». Le 22 février, lors de l’historique Sommet de Cancun (Mexique), Lula appuyait de tout son poids les 33 chefs d’Etat de la région qui ont créé la Communauté des nations d’Amérique latine et des Caraïbes qui inclura Cuba, mais non les États-Unis et le Canada. Puis Lula s’accordait avec La Havane sur un prêt d’un milliard de dollars à la révolution cubaine, en plus de l’exploitation conjointe de brevets médicaux cubains et des ressources pétrolières au large de l’île.
Mais déjà, Lula acceptait la création, le 3 mars 2009, du Conseil de défense sud-américain (CDS), projet totalement indépendant des États-Unis et impulsé par le Brésil depuis 2006. Le CDS, dit-il, vise à remplacer la Junte interaméricaine de défense (JID), organisation politico-militaire créée il y a 68 ans afin de garder les officiers militaires latino-américains sous l’influence des États-Unis et qui, aujourd’hui, est au service de l’Organisation des états américains (OEA). La JID compte une école de formation technico-politique, le Collège interaméricain de défense (CID), fondé en 1962 pour combattre le communisme en Amérique latine, qui a formé une infinité d’officiers des forces armées de tous les pays de la région dans l’art de servir les États-Unis.
Mais on note surtout que le 17 mai dernier, intervient la signature d’un texte d’accord entre le Brésil, la Turquie et l’Iran, concernant le dossier du « nucléaire Iranien », alors que les Etats Unis, l’UE et Israël ne cessent de chercher le moindre prétexte pour créer un état de guerre contre l’Iran. L’accord Brésil-Turquie-Iran déclare que conformément au Traité de Non Prolifération (TNP), l’Iran a droit à l’enrichissement, que ce pays accepte l’échange de 1.200 kilos d’uranium faiblement enrichi (UFE) contre 120 kilos d’uranium enrichi (UE) à 20%, indispensables au fonctionnement de son réacteur de recherche, que les 1.200 kilos d’UFE seraient stockés en Turquie, le temps que l’Iran reçoive ces 120 kilos de l’UE, que l’Iran transmettrait à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans la semaine suivant le 17 mai, une lettre officielle formalisant son accord.
Rappelons que le réacteur de recherche de Téhéran a été installé avant la contre-révolution islamiste des Mollahs, pour fabriquer des isotopes contre le cancer. Jusqu’à présent, ce réacteur s’était fourni sur le marché mondial pour obtenir l’uranium enrichi à 20% nécessaire à son fonctionnement. Ce sont les pressions des Etats-Unis, lesquels sont pourtant à l’initiative de la construction de ce réacteur, à l’époque du Shah, allié de Washington, qui empêchent l’Iran d’obtenir désormais le combustible nécessaire.
Lula en mars s’était opposé aux menaces de représailles de la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, contre le Venezuela pour ses liens avec l’Iran.
Le pouvoir de Lula comme nous l’expliquions dans un précédent article reflète un compromis historique entre la fraction nationaliste de la bourgeoisie nationale et les classes populaires pour briser le carcan de la domination impérialiste dans un pays du Tiers Monde anciennement colonisé, qu’est le Brésil. Ce type de compromis existe aussi dans des pays comme l’Inde et la Chine avec des positions différentes des classes sociales dans l’appareil d’Etat. Comme le montre une liste comparative publiée le 20 janvier dernier par le « Financial Times », des dix plus grandes banques mondiales pour les années 2000 et 2009, les résultats obtenus au plan géopolitique par de tels compromis temporaires et transitoires sont :
- en 2000, les États-Unis et la Grande-Bretagne occupaient les cinq premières positions,
- mais, en 2009, les Banques d’Etats de la Chine occupent cinq des six premières positions tandis que les Banques privées du Brésil s’octroient les 5e, 7e et 9e rangs.
Progressivement, l’insolent diktat outrancier et hégémonique des Usa et de l’UE se trouve de plus en plus contrebalancé par les quatre pays du BRIC (Brésil, Russie, Iran, Chine) qui s’opposent aux sanctions et à l’isolement imposés à Téhéran et considèrent à juste titre comme une provocation irresponsable la menace israélienne d’une guerre nucléaire préventive contre l’Iran. Voilà ce qui explique les furieuses attaques verbales des « médiamensonges » occidentaux contre l’accord Brésil-Turquie-Iran résumées en ces termes par le chroniqueur Andres Oppenheimer le 23 février : « Je ne peux éviter de me demander si ce cocktail ne mènera pas, à l’avenir, vers de plus grandes ambitions nucléaires et si, à un moment donné, le Brésil ne finira pas par changer sa constitution pour construire des armes nucléaires ».
Voilà pourquoi une telle furie de la diplomatie française, de plus en plus alignée sur les va-t-en guerre sionistes d’Israël, s’exprimait ainsi, à travers le porte-parole du quai d’Orsay, le 17 mai : « Ne nous leurrons pas : une solution à la question du TRR [le réacteur de recherche de Téhéran], le cas échéant, ne règlerait en rien le problème posé par le programme nucléaire iranien. L’échange d’uranium envisagé n’est qu’une mesure de confiance, un accompagnement. Le cœur du problème nucléaire iranien, c’est la poursuite des activités d’enrichissement à Natanz, la construction du réacteur à l’eau lourde d’Arak, la dissimulation du site de Qom, les questions des inspecteurs de l’AIEA laissées sans réponse à ce jour. Depuis la proposition de l’AIEA en octobre dernier, l’Iran enrichit de l’uranium à 20%. C’est à ces violations constantes des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA que l’Iran doit immédiatement mettre fin. C’est à cette fin que nous préparons à New York, avec nos partenaires du Conseil de sécurité, de nouvelles sanctions ».
Aux accusations de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, disant que le président Lula se laisse abuser par l’Iran, ce dernier a répondu fermement : « Personne ne peut venir me donner des leçons sur l’armement nucléaire. (...) Chaque pays se charge de sa politique internationale et le Brésil est conscient d’être majeur. »
La crise de surproduction actuelle du capitalisme mondial accroît les dangers de guerre mondiale comme un des moyens pour l’impérialisme de sortir de celle-ci. Pour le moment, les guerres locales (du Golfe en 1990-91, de Yougoslavie en 1999, d’Afghanistan en 2001, d’Irak en 2003, les multiples « guerres locales et civiles de faible intensité », notamment en Afrique, en Colombie) ont été les moyens utilisés par le capital en crise. Associée à ces « guerres locales de faibles et moyennes intensité », le capital a mis en branle l’offensive pour appauvrir les travailleurs et mener la chasse raciste aux travailleurs étrangers à l’intérieur des frontières des pays impérialistes en liquidant tous les acquis sociaux et démocratiques conquis à la période de l’existence du camp socialiste, de l’URSS.
L’accélération de la crise montre que l’on va vers la solution radicale, celle d’une guerre majeure pour sauver les profits capitalistes. Mais comme l’histoire l’a montré aussi, cette solution barbare du capital peut engendrer l’effort collectif pour sauver l’humanité de la sauvagerie du capital : la Révolution prolétarienne.
* Diagne Fodé Roland est membre du secrétariat politique de Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal
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Walter Rodney : le prophète assassiné de l’auto-émancipation
Wazir Mohamed
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/65409
Le 13 juin 2010, il y aura trente ans depuis que Walter Rodney « le prophète de l’auto-émancipation » a été assassiné en Guyane. Assassiné par un dictateur brutal en collusion avec les agents du capital international. En commémorant sa vie, il nous incombe de remettre son meurtre dans son contexte et de nous souvenir du rôle de l’impérialisme et de celui, essentiel, des grandes puissances, lorsqu’il fut réduit au silence.
Ce n’était pas la première fois que dans l’histoire moderne un défenseur du droit des peuples avait été réduit au silence, ni la dernière. Le meurtre de Walter Rodney peut être comparé à celui de Patrice Lumumba, le premier Premier ministre élu du Congo en 1961. Il peut être comparé au meurtre d’Amilcar Cabral, le dirigeant du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap Vert, en 1973, par les Portugais. Il peut être comparé au meurtre, en 1983, de Maurice Bishop, le Ppremier ministre de Free Grenada, par des contre- révolutionnaires de son parti, excessivement zélés, le New Jewel Movment. Il peut aussi être comparé au meurtre, en 1973, de Salvador Allende, Premier ministre du Chili, par Pinochet, en collusion avec des agents du capital international.
Ceux-ci, comme d’autres dirigeants, ont commis un seul crime : ils nourrissaient une passion pour un changement réel. Ils ont pris pour modèle de changement les travailleurs et ont innové des voies et créés de nouvelles approches pour gérer les relations inégales entre la classe dirigeante et les pauvres. Ils ont été les agents du changement. Ils ont identifié le problème des inégalités raciales, économiques, sociales et culturelles entre ce qui était désigné sous l’appellation de ‘’Tiers Monde ‘’ et l’Occident, et ont voué leur vie à changer le statu quo dans leur pays respectif. Ils ont dénoncé le rôle des dictateurs locaux qui ont bénéficié du statu quo et qui ont donc adopté un processus dictatorial qui perpétuait l’assujettissement des travailleurs.
Ces dirigeants, parmi de nombreux autres, ont été tués par des agents du capital étranger et local, au cours de la période de 1960-1990, afin d’envoyer un message aux travailleurs des anciennes colonies. Ce message est un avertissement : le capital international et ses agents locaux ne sont pas prêts et ne toléreront pas des exigences de changements politiques, économiques, sociaux et culturels venant des anciennes colonies. Ceci explique en partie la stagnation, la régression et la détérioration continue des conditions actuelles des gens ordinaires dans la plupart des domaines dans les anciennes colonies.
A ce jour, le rêve d’auto-émancipation et d’authentique indépendance reste non réalisé dans toutes les anciennes colonies. Les travailleurs sont plus éloignés que jamais de la réalisation du rêve d’égalité économique, politique, sociale et culturelle. Ceci est vrai pour les Caraïbes - lieu de naissance de Rodney et de Bishop- comme pour l’Afrique qui est le lieu de naissance de Cabral, Lumumba, Machel, Mandela et d’autres. Malgré l’instauration d’un gouvernement majoritaire et une soi-disantE indépendance au Zimbabwe et en Afrique du Sud, il reste à ces pays à procéder à une véritable réforme agraire. Si celle-ci était menée selon des critères démocratiques, elle pourrait apporté la solution aux structures inégalitaires historiques léguées par les colonies dans tout le continent. Comme en Guyane, la plupart des anciennes colonies en Afrique, en Asie et en Amérique latine doivent trouver des solutions pour gérer et réparer le dommage historique des divisions ethniques et raciales qui menacent de détruire ces sociétés.
L’assassinat de Walter Rodney doit être mis dans le contexte de la lutte des peuples contre la domination étrangère sur les corps et les esprits, contre la domination étrangère sur la pensée et l’action. Walter Rodney ne s’est pas réveillé un beau matin - comme de nombreux autres dirigeants - et a décidé qu’il voulait exercer le pouvoir sur son pays. Il n’avait pas de telles ambitions. Il a été poussé dans cette sphère comme dirigeant reconnu des travailleurs de Guyane, parce que dans leur estimation il était le plus à même de comprendre et de partager leur vie de douleurs. Douleurs qui dérivent en partie du rêve envolé d’une auto-émancipation démocratique, un rêve perdu suite à la dissolution des mouvements anti-coloniaux nationaux dans les années 1950.
Dans le sillage de cette dissolution ont émergé des forces représentant des intérêts ethniques qui ont entraîné la croissance de partis politiques autour desquels des secteurs de la population se sont regroupés, pensant qu’ils fourniraient la sécurité à leur ethnie. A ce jour, la Guyane continue de souffrir du cauchemar de la politique ethnique. La dissolution du mouvement national en Guyane, bien que celui-ci ait compté des acteurs importants, a eu lieu dans le cadre de l’attaque globale contre de tels mouvements, une attaque globale contre l’autodétermination qui a débuté avec le colonialisme et l’esclavage et qui a assujetti des nations indépendantes pendant les deux cents ans écoulés.
Haïti et sa pauvreté est l’exemple le plus frappant. Depuis la révolution, les grandes puissances ont non seulement refusé de reconnaître le droit du peuple haïtien à l’autodétermination, mais pendant plus de 200 ans elles se sont efforcées d’étouffer toute velléité d’auto-émancipation. En Haïti, elles - les grandes puissances menées par les Etats-Unis - ont imposé et soutenu la dictature de la famille Duvalier qui a régné avec une main de fer entre 1957 et 1986.
A ce jour, Haïti n’est pas libre de décider de son cheminement vers l’autodétermination. Son premier président élu, Bertrand Aristide, a été banni et vit maintenant en exil en Afrique du Sud pour s’être opposé, selon ses propres mots, à la privatisation prescrite aux petits pays par les grandes puissances. Il a été déposé parce qu’il voulait des lois qui réglementent le travail dans les ‘’ sweatshops’’ (atelier où les travailleurs sont gravement exploités ; ndlt) en Haïti, parce qu’il voulait imposer un salaire minimal, parce qu’il voulait protéger les producteurs locaux et les fermiers rizicoles de l’attaque des produits subventionnés que l’Occident largue sur les petits pays et aussi parce qu’il voulait créer une structure gouvernementale qui permettrait aux Haïtiens ordinaires de s’organiser afin de s’émanciper.
A l’instar de Duvalier en Haïti, de Somoza au Nicaragua, du Shah en Iran, de Gairy à Grenade et des nombreux dictateurs qui ont pourchassé et étouffé l’esprit d’auto-émancipation en Amérique latine, en Asie et en Afrique, la dictature du People National Congress (PNC) en Guyane a émergé et a connu une croissance qui lui permet de dominer, avec l’appui et le soutien des grandes puissances. Les intérêts des grandes puissances concernaient prioritairement le contrôle de l’économie, en particulier les minerais et la production agricole et deuxièmement leur allégeance au plan international pendant la Guerre Froide. Alors qu’il était un jeune intellectuel, Walter Rodney a étudié l’impact des politiques des grandes puissances sur le développement inégal et l’inégalité.
La construction des concepts de Tiers Monde en opposition à l’Occident a été perturbée par des dirigeants locaux, qu’ils soient dans les Caraïbes, en Afrique, en Asie ou aux Etats-Unis d’Amérique. Dans tous ces lieux, Rodney a pris une part active aux débats et aux discussions sur les conditions locales, cependant que de plus en plus de gens étaient attirés par son savoir. Inexorablement ces discussions et débats ont conduit à son bannissement de la Jamaïque par le gouvernement Shearer, à son déni de poste à l’université de la Guyane et finalement à son assassinat en 1980.
On ne peut séparer les activités intellectuelles de Rodney de son militantisme. Ses activités intellectuelles interpellent ceux qui attendent de voir et tous ceux qui souhaiteraient rester des spectateurs cependant que le fossé entre les riches et les pauvres se creuse et que la classe dirigeante poursuit son utilisation magistrale de la race, de l’ethnie et du genre pour imposer, à des degrés divers, la vieille formule de diviser pour régner dans des situations locales spécifiques.
Maîtrisant l’histoire de la Côte de la Haute Guinée suite à ses études doctorales, il explique que bien que les dirigeants locaux africains et les élites aient été en collusion dans la traite des esclaves, les étudiants en histoire doivent comprendre la dimension globale, c'est-à-dire la croissance du marché des esclaves alors que le commerce européen est en expansion et qu’émerge au même moment des formes diverses d’exploitation dans des endroits spécifiques. (1)
Rodney explique que ‘’les agents africains de la traite atlantique des esclaves doivent être vus dans une perspective globale’’. C’est ainsi que le motif du profit, stimulé par la croissance des plantations dans les Amériques, a créé des conditions qui ont mené à des guerres civiles dont le but premier était de capturer’’ l’ennemi’’ qui était ensuite vendu comme esclave. (2) Cet ouvrage démontre sa fascination pour la méthodologie du capital dans la création des laquais, des agents locaux au travers desquels les tentacules de l’exploitation des travailleurs sont élaborées et consolidées.
Les capacités intellectuelles de Rodney ne sont pas passives. Elles appellent à l’action. C’est un appel à l’action des travailleurs dans des situations locales, que ce soit en Afrique où il a été un combattant lors de la lutte pour l’indépendance, en Jamaïque où il a aidé des étudiants à identifier les maux de la société, aux Etats-Unis et en Europe où il a imploré la gauche d’aborder la question de la limitation des politiques avant-gardistes et de caractère hégémonique des principaux pays socialistes. En Guyane, où il était bien établi parmi les gens, il les a aidé à comprendre et à identifier les agents locaux du capital étranger dont la richesse et le pouvoir dérivent de leur travail et de leur misère.
Le savoir de Walter fait appel aux gens afin qu’ils reconnaissent que le chemin vers la résolution des injustices historiques vient de la compréhension du passé. C’est dans ce contexte qu’il a écrit ‘’ History of the Upper Guinea Coast, ‘’ How Europe undeveloped Africa’’ et ‘’History of the Guyanese working people’’. Dans l’introduction de ‘’How Europe undeveloped Africa’’, Vincent Harding, Robert Hill et William Strickland écrivent que ‘’ses travaux sont imprégnés par l’esprit, l’intellect et l’engagement de l’auteur… chez Rodney, la vie et l’œuvre ne font qu’un.’’ (3)
Nulle part son engagement passionné n’est plus manifeste que dans ‘’History of the Guyanese working people’’. Cet ouvrage, qu’il a achevé au cours des deux dernières années de sa jeune vie représente, de son point de vue, une petite contribution pour combler l’immense fossé, le vide de l’historiographie de la Guyane, ce qu’il a nommé le profond sous-développement de l’historiographie de la région. A l’instar de l’historien nationaliste des Caraïbes de grande réputation, Elsa Goveia, il nourrissait une véritable passion pour le labeur auquel étaient confrontés les intellectuels nationalistes et les nouveaux intellectuels comme lui-même et ceux qui ont suivi.
Le labeur, tel qu’il l’a identifié, consiste à créer une compréhension de la manière dont nos sociétés ont été construites, au travers d’une réel compréhension de l’histoire de la lutte des travailleurs. Il était fermement convaincu, et n’a jamais failli dans son engagement, que l’histoire doit être racontée du point de vue des gens. Cet engagement en faveur de la vérité était sa marque de fabrique intellectuelle et ses activités intellectuelles étaient étroitement imbriquées dans son militantisme.
Il croyait que la vraie histoire, correctement expliquée, aiderait les masses des travailleurs à se débarrasser des préjugés qui les opposent les uns aux autres. Il a démontré une capacité à rendre compréhensible l’histoire, que ce soit devant un auditoire où lorsqu’il était parmi les travailleurs chez eux, dans leur place de travail ou dans leur communauté. Il n’a jamais caché sa position en ce qui concerne l’inégalité et le fossé croissant entre les possédants et les démunis. Il a vécu sa vie entièrement comme un défenseur du droit des peuples à l’égalité pleine et entière et ce fut sa détermination qui a conduit à son bannissement de la Jamaïque.
En réponse à l’exil imposé par le gouvernement Shearer de la Jamaïque en 1968, il a déclaré n’avoir rien fait d’autre que de rester parmi ses frères. ‘’ J’ai essayé de faire une contribution. J’ai essayé de partager mon expérience. Je suis sorti comme je l’ai dit, j’irai à la radio si c’est que qu’ils veulent, je parlerai à la télévision s’ils me le permettent. J’ai parlé au Extra Mural Centre. Je m’enfoncerai plus avant dans Kingston West et je parlerai partout où il y a une possibilité de se rassembler. Ce peut être un club sportif ou peut-être une école, ou une église ou une ruelle. J’ai parlé dans les taudis, les dépotoirs… c’est là que le gouvernement fait vivre les gens.’’(4)
Il croyait fermement que le rôle de l’intellectuel conscient (il disait ‘’noir’’) est de sortir de l’université, que l’intellectuel conscient doit être capable de faire la connexion entre son savoir et les activités des masses des travailleurs. Inévitablement, c’est sa détermination à vouloir transcender l’université - comme il l‘a fait lors de son retour en Guyane en 1974 - qui a entraîné son expulsion de l’université de Guyane. Le gouvernement Burnham pensait que s’il le privait de son emploi à l’université de Guyane, il serait contraint de quitter le pays. Mais il ne pouvait l’expulser du pays parce qu’il était citoyen de Guyane.
Walter Rodney s’était engagé en faveur d’un avenir politique des masses multiraciales de Guyane. Il était fermement convaincu que si la masse des travailleurs comprenait les raisons historiques et contemporaines de leur misère, elles seraient capables de s’émanciper. Il a été banni de l’université, avant que d’être tué, parce qu’il a osé s’adresser aux gens ordinaires. Il a été tué parce qu’il a osé donner aux gens des outils qui menaient à l’unité et à l’action concertée. Il a été tué parce qu’il s’était engagé en faveur des masses, qu’il était bien établi parmi les gens, les mineurs de bauxite, les fonctionnaires, ceux qui travaillaient dans les plantations de cannes à sucre, les débardeurs, les fermiers, les villageois.
Il y a un contexte historique à l’assassinat final de Walter Rodney. Sans se laisser intimider par le refus de l’employeur, son travail et ses contacts avec la masse des travailleurs a décuplé et, selon ses propres termes, son enracinement dans la population a pris une nouvelle dimension, une nouvelle signification et a trouvé un nouvel objectif. Il s’était engagé à montrer aux travailleurs le chemin, celui qui mène à l’émancipation. Il s’était engagé à aider les travailleurs à résoudre les problèmes du pays, des travailleurs dont la survie politique, sociale, culturelle et économique était menacée par un gouvernement qui a saisi le pouvoir au travers d’élections truquées. Un gouvernement- qui se prétendait socialiste et qui a commencé à piétiner les droits des travailleurs à s’organiser, à la liberté d’expression, à la liberté d’association et de mobilisation, etc. Un gouvernement minoritaire qui s’est promptement engagé dans un processus de consolidation de son pouvoir. Un gouvernement minoritaire qui a entrepris et poursuivi la mise en place des fondements de la dictature et de la corruption étatique. Un gouvernement minoritaire qui, comme d’autres gouvernements manipulés de l’étranger au cours de cette période, tel Haïti, Grenade, le Nicaragua, l’Iran et ainsi de suite, a commencé à poser les bases du terrorisme d’Etat contre ses agents politiques et sa population, en réorganisant les forces de police et l’armée afin de les inclure dans un appareil de sécurité spécial, le plus célèbre à l’époque étant celui connu sous le nom ‘’d’escadron de la mort’’. Un gouvernement minoritaire qui a pris des engagements avec le Fonds Monétaire International (FMI) et qui a imposé aux travailleurs des mesures d’austérité strictes , cependant que les élites puisaient librement dans le trésor et galvaudaient les richesses du pays.
Walter Rodney a été tué en raison de son engagement sans faille à pratiquer et à enseigner ce genre de nouvelle politique, une politique qui exècre les approches avant-gardistes qui consistent à prendre des décisions au sommet sans consultation du ‘’bas’’. Il a été tué parce qu’il était fermement convaincu de l’auto-émancipation des travailleurs et que celle-ci ne pourrait avoir lieu que si les travailleurs s’unissaient et agissaient à l’unisson. Il a été tué en raison de ses efforts d’enseigner aux travailleurs l’art de l’unité qui a entraîné une mobilisation multiraciale sans précédent dans la Guyane moderne. Il a été tué parce que les ennemis des travailleurs ont compris qu’une action multiraciale entraînerait l’auto-émancipation qui, à son tour, amènerait des transformations sociales.
La recette pour la guérison ethnique et raciale en Guyane et le Tiers Monde a été le cadeau de Rodney aux travailleurs. Il croyait fermement en l’unité des travailleurs et était engagé dans la lutte afin de trouver des solutions à long terme aux problèmes des divisions ethniques et raciales qui déchiraient la Guyane et la plupart des anciennes colonies. Il n’était pas seulement engagé, mais s’est jeté corps et âme dans la lutte pour une nouvelle forme de politique populaire, en faveur d’une nouvelle culture politique et de respect. Il appartenait à une nouvelle génération d’intellectuels militants qui ont reconnu la nature des vieux jeux politiques. En voulant la libération et le développement, il ne s’est pas contenté de remplacer les dirigeants expatriés par la version locale. En tant qu’intellectuel militant, sa détermination l’a poussée à dire que la transformation et un véritable développement humain ne peuvent être réalisés qu’au travers d’une lutte commune de tous afin que tous reconnaissent la nécessité d’une humanité au singulier.
L’œuvre de sa vie d’intellectuel militant est un exemple exceptionnel pour quiconque est désireux de penser et d’agir en dehors des cadres. En tant qu’intellectuel militant, il a ouvert la voie et montré qu’il était facile d’être à la fois un intellectuel et un militant. Ceci est attesté par sa capacité à procéder à des recherches pour écrire son livre ‘’How Europe undevelopped Africa’’, concernant la dévastation causée par des forces extérieures à l’Afrique et son livre concernant l’histoire des travailleurs de Guyane, tout en participants aux mouvements panafricaniste et de libération en Afrique, le mouvement pour l’unité raciale et la démocratie en Guyane et ses travaux auprès des Rastafarians en Jamaïque.
Alors qu’il défendait, promouvait et mettait l’accent sur le droit des anciens esclaves - les Africains des Amériques, des Caraïbes et de la Guyane - de redécouvrir leur culture ancestrale, attesté par son ouvrage ‘’ Grounding with my brothers’’ il était également préoccupé par les descendants des travailleurs contractuels indiens introduits par les colons en Guyane. Il était non sectaire et ne cultivait pas d’attitude sectaire.
Son attitude et son approche non sectaire sont démontrées par ses efforts pour trouver des solutions pour tous les peuples de Guyane. Elle est particulièrement manifeste dans le dernier livre qu’il a écrit, ‘’ A history of the Guyanese working people 1881-1905’’, dans lequel les Africains et les Indiens tiennent la même place. Dans cet ouvrage, il réfute la culture et la perception de certains secteurs de la population afro guyanaise que les Indiens de Guyane sont des étrangers.
Au travers des preuves documentées de la lutte et de la souffrance des Indiens pour la survie des plantations, il démontre que leurs contributions sont équivalentes à celles des autres groupes, en particulier des Afro Guyanais, à l’histoire de la Guyane. Son éclairage et son analyse de la contribution, aussi bien des Afro Guyanais que des Indo Guyanais, à l’histoire de la Guyane, est instructive et demeure un instrument pour nous tous qui avons pour but la création d’une démocratie multiraciale en Guyane, une Guyane pour tous ses fils et ses filles. Nous tous qui sommes imprégnés de ce but commun, nous le devons à nos ancêtres, à notre génération et à la génération future de mettre la main à la pâte, par notre savoir et dans nos communautés respectives, afin de créer une telle société.
* Wazir Mohamed enseigne la sociologie à l’université d’Indiana. Il a grandi dans une petite forme rizicole dans la Guyane rurale.
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NOTES
[1] Rodney, Walter: A History of the Upper Guinea Coast (Monthly Review Press, New York 1970), pp. 240-243.
[2] Ibid.
[3] Rodney, Walter: How Europe Underdeveloped Africa (Howard University Press, Washington, D.C. 1982), see introduction.
[4] Rodney, Walter: Groundings with my Brothers (Bogle L’Overture Publications Ltd, London 1969), pp. 64-65
Ce texte a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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La crise globale et l’Afrique : quels engagements
Sammuel Mack-Tit
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/65408
Le constat de l’existence de la crise étant posé, avant d’en indiquer les changements qu’elle provoque et de quelle manière il convient de gérer ces derniers, il nous semble judicieux d’évoquer, au moins en quelques mots, les origines de cette crise. La crise globale a été précédée par une crise financière larvée qui durait depuis une trentaine d’années. Sans être seules responsables de cette crise financière, les banques d’affaires américaines ont eu, semble-t-il, une lourde responsabilité dans la survenue de celle-ci. En un mot comme en cent, le « primum movens » de ces sorties des banques de leur métier, est l’appât du gain, la recherche du profit maximum et rapide.
Richard Fuld, le patron de la Lehman Brothers (« honorable veille dame » des banques d’affaires américaines, fondée en 1850), en déclarant la faillite de sa banque le dimanche 14 septembre 2008, reconnaissait, du coup, l’ampleur de la crise financière qui allait se développer et provoquer la crise globale dans tous les secteurs de l’activité des pays et des peuples. Comme on peut le constater aisément, les pays africains n’ont eu aucune responsabilité dans le déclenchement de cette crise.
Une crise globale
La crise est globale, car, elle est financière, bancaire et économique. La dépendance des pays du Tiers Monde en général et des pays africains en particulier, vis-à-vis des pays développés, laisse très peu de marge d’actions autonomes à ces pays dans cette situation de crise globale. Pire, cette dépendance fait d’eux les principales victimes des conséquences.
C’est ainsi qu’on a noté :
- Le recul de 5 à 10 % en 2009 de la demande de leurs produits d’exportation à cause de la contraction des échanges commerciaux avec les pays développés.
- Une diminution du taux de croissance du PIB de l’Afrique Sub-saharienne, de 5,2 % en 2008 à 1,7 % en 2009. Ceci indique une augmentation de la pauvreté qui concerne déjà plus de 51 % de la population africaine qui vient de franchir le cap du milliard d’habitants.
- L’effondrement du prix des matières premières dont l’Afrique regorge.
- La chute des flux des capitaux privés destinés à l’Afrique. Ceux-ci sont passés de 30 milliards de dollars en 2007 à 13 milliards de dollars en 2009.
- Une baisse des transferts à leurs pays d’origine, des travailleurs africains basés à l’étranger. En 2008, 15 millions de travailleurs migrants africains dont 2/3 sur le continent, avaient contribué pour près de 20 milliards de dollars d’envois aux pays d’origine.
- L’aggravation de la menace de réduction de l’aide publique au développement, de la part des pays développés confrontés à la récession. Ainsi, la France a renoncé à sa promesse d’effectuer 0,51 % de son revenu national brut à l’Aide au développement en 2010.
- La fin de l’illusion des espoirs d’atteindre les Objectifs du Millénaire fixés par l’ONU en 2000, dont le but était de faire reculer la pauvreté et la malnutrition de moitié avant 2015.
- L’augmentation de la fragilité des pays africains dont la dette absorbe déjà 40 % de leur revenu national en moyenne.
En résumé, cette crise mondiale pour laquelle les pays sous-développés en général et les pays africains en particulier, n’ont aucune responsabilité, entraîne pour eux, une crise politique, économique et sociale.
La dynamique de croissance que semblait, ces derniers, tirer l’Afrique du sous développement, a été brisée par la crise mondiale dont l’Afrique n’est en rien responsable ou co-responsable.
Que faire ?
Cette crise mondiale aux origines totalement étrangères à l’Afrique entraîne pour celle-ci des conséquences dramatiques. Pour subsister, à cause de cette crise, un africain sur deux, dispose de moins d’un dollar par jour soit environ 400 francs CFA. Tout en prenant des dispositions pour faire face aux conséquences de cette crise mondiale, il est indiqué d’essayer de tirer des leçons qu’enseigne celle-ci.
Sur le plan international : Devant l’ampleur du désastre, la Banque Mondiale a augmenté de 54 % son aide en 2009, soit 60 milliards de dollars pour les pays confrontés aux difficultés causées par la crise. Trois priorités ont été assignées comme destinations de ces fonds, à savoir :
- Programmes de protection sociale pour les populations les plus vulnérables
- Maintien des investissements réalisés dans les infrastructures
- Soutien aux petites et moyennes entreprises et à la micro finance.
Sur le plan politique : La crise a permis de mettre en évidence, les insuffisances structurelles des pays africains. Elle a apporté l’illustration de l’utopie de l’autorégulation par le marché mondial. Elle a démontré de façon magistrale que le « moins d’Etat », le crédo des institutions de Bretton Woods depuis deux décennies, était une chimère. Les années 2008 et 2009 sont caractérisés par un reflux démocratique en Afrique, avec :
- Une manipulation de la Constitution pour se maintenir au pouvoir : au Cameroun, au Niger
- Des dérives monarchiques avérées (au Gabon et au Togo ; début 2010), en préparation (en Egypte, en Lybie et au Sénégal, des coups d’Etat (à Madagascar et en Guinée)
Sur le plan national au Cameroun : Des actions ont été menées avec plus ou moins de bonheur ou de succès.
- Contre la corruption et pour la transparence
Pendant longtemps, l’UPC avec d’autres, n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme à propos de la corruption dans notre pays. En Décembre 1999, l’UPC avait écrit au président de la République du Cameroun, M. Paul Biya, pour lui faire part de sa préoccupation à propos du problème de la corruption au Cameroun. Dans la même lettre, l’UPC faisait des propositions sur les moyens de lutter contre cette corruption. La dénonciation de ce problème par les partis politiques, les ONG et même les Eglises, notamment l’Eglise Catholique, a fini par avoir un peu d’effet. Il faut signaler l’action initiale de Transparency International pour être complet. C’est ainsi qu’en 2006 le président de la République, par ailleurs le Président du RDPC, le Parti politique au pouvoir, s’est résolu enfin à lancer « l’Opération Epervier » qui se veut de lutte contre la corruption. Mais beaucoup de Camerounais pensent que « l’Opération Epervier » n’a pas essentiellement la lutte contre la corruption comme objectif, mais beaucoup plus les règlements de compte internes au clan qui dirige le pays depuis cinquante (50) ans.
- Les luttes syndicales
L’existence des syndicats jaunes et surtout la force et l’ampleur prise par la corruption, rendent les luttes syndicales très difficiles au Cameroun. Plusieurs luttes ont été initiées par les travailleurs. Malheureusement au bout de quelques jours le gouvernement ou le chef d’entreprise, utilise la corruption pour dévoyer la lutte engagée. Rarement celle-ci obtient satisfaction.
Le dernier exemple dramatique de cette situation a été ce que l’on a appelé les « émeutes de la faim » en février 2008. Ces évènements, qui ont fait près de 200 morts selon diverses sources civiles dignes de foi, sont partis d’une grève des chauffeurs de taxis qui voulaient une réduction du prix du carburant. Mais en fait, ceci n’était que la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. En effet, depuis plusieurs mois, la vie était devenue de plus en plus difficile pour les démunis ; les aliments de première nécessité étant devenus hors de prix. A cela s’ajoutait aussi une revendication démocratique qui demandait au président Biya de renoncer à la manipulation constitutionnelle qui devait lui permettre de se présenter à l’élection présidentielle autant de fois qu’il le désirait, contrairement aux dispositions constitutionnelles en vigueur depuis 1996.
Après trois jours de manifestations au cours desquelles, l’armée a tiré à balle réelles sur des manifestants désarmées, la corruption de certains responsables a assommé le juste mouvement des légitimes revendications des populations. Néanmoins, il existe encore des dirigeants syndicaux qui assument correctement leurs responsabilités. C’est pourquoi la lutte continue.
- Les alternatives des partis politiques progressistes
Il est difficile aujourd’hui, d’identifier avec des précisions, les partis progressistes d’Afrique. A notre avis, on peut (et on doit) se demander s’il est adéquat de considérer comme parti politique progressiste tout parti politique qui, selon les circonstances ou les évènements, affiche un vocabulaire nationaliste et patriotique souvent de reniements grossiers.
Depuis 1960, justement, il existe un florilège de partis politiques de ce type. Ils font partie de ceux qui ont mis les idées panafricaines de Kwame Nkrumah en minorité à la conférence d’Addis Abeba qui fonda l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en Mai 1963. Lors de son dernier congrès qui s’est déroulé du 14 au 17 août 2008 à Douala, l’UPC a adopté un Programme Politique qui est l’alternative qu’elle présente face à la crise globale et au pouvoir en place au Kamerun. Ce programme, nous l’avons intitulé : « Le Kamerun doit changer dans une Afrique en marche et un monde qui bouge »
La signification profonde de ce programme, c’est de remettre le peuple kamerunais aux commandes de la direction de son destin. Seul le peuple kamerunais de concert avec les autres peuples frères d’Afrique et les amis de l’Afrique dans le monde, peut trouver les réponses adéquates aux conséquences provoquées par la crise mondiale.
- Les convergences des luttes et la solidarité internationale.
Cette année du cinquantenaire des « indépendances » des pays africains est une preuve irréfragable de ce que l’unité de l’Afrique est un impératif incontournable sans la réalisation duquel le développement et l’indépendance effective des pays africains est impossible. La situation globale de l’Afrique et la situation de chaque pays africain, pris isolément, montrent clairement, à l’occasion de cette crise que le sort des peuples africains est unique ou identique. (…)
Pour nous à l’UPC, les classes et couches dominantes des pays dits riches et développés, comme nous l’avons rapidement montré au début de cette analyse, sont les principaux responsables de la crise globale dont les pays africains subissent les conséquences. Le moins qu’on puisse attendre de ces pays, serait qu’ils se proposent spontanément à assumer leurs responsabilités dans cette crise qu’ils ont provoquée. Par exemple – rêvons un peu – ces pays pourraient décider, non dans un élan de générosité, mais plutôt dans un souci de justice, d’effacer la fausse dette de tous les pays dits pauvres. C’est à ce pays et à leurs homologues et hommes–liges installés et maintenus par eux à la tête de la majorité des pays africains, d’apporter les réponses aux problèmes qu’ils ont contribué à faire naître, comme par exemple le chômage.
Pour l’UPC donc : « Le monde actuel, tel qu’il est organisé et tel qu’il fonctionne, n’est qu’une montagne d’injustice sur tous les plans. Et les peuples qui vivent dans une misère de plus en plus profonde, ont le droit et le devoir de se révolter contre cet ordre mondial injuste. C’est le cas es peuples africains et, en particulier, du peuple kamerunais. Ils ont le droit et le devoir de s’organiser et de lutter pour défendre leurs intérêts. » (In Programme de l’UPS – 2008.)
L’heure a sonné pour un mouvement panafricain organisé de lutte contre la misère, le sous-développement entretenu et l’humiliation des peuples d’Afrique, pour la Démocratie réelle, la Justice et l’Indépendance véritable, dans l’Unité politique de nos pays.
* Docteur Sammuel Mack-Tit est le président de l’Union des Peuples du Cameroun
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Commentaires & analyses
BP, la marée noire, la démocratie bourgeoise et l’écologie politique
Fodé Roland Diagne
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65403
Depuis le 20 avril dernier le pétrole se répand dans le golfe du Mexique. L’écosystème des marécages de Louisiane (sud), un lieu de reproduction pour les poissons, crabes et crevettes qui représentent 2,4 milliards de dollars par an pour l'industrie de la pêche et du tourisme, est bouleversé.
Du milieu des années 1990 au milieu des années 2000, BP s’est rebaptisée Beyond Petroleum (« Au-delà du pétrole »), après la fusion avec Amoco en 1998, en proclamant vouloir faire de l'exploitation des hydrocarbures une « industrie propre ». BP collabore ainsi avec la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et des organisations non gouvernementales, comme Amnesty International, pour mettre en œuvre « l'oléoduc le plus vert possible ».
Puis, pour être plus « compétitif » que ses concurrents BP a réalisé le forage le plus profond de l'histoire pétrolière, à plus de 10 000 mètres de fonds et a fait pression sur ses salariés pour accélérer les travaux parce que chaque journée de retard dans l’exploitation lui coûtait un million de dollars (820.000 euros). Telles sont les circonstances qui ont précédé l'explosion qui a fait onze morts et provoqué ce que d’aucun appelle déjà la plus grande marée de l’histoire des Etats Unis.
Trois leçons sur le fonctionnement du capitalisme peuvent en être déduites :
1 – « La concurrence et la compétitivité » sont les moyens pour obtenir le maximum de profit, ce qui conduit inévitablement les monopoles capitalistes à la destruction de l’environnement, de l’écosystème. Le capitalisme porte en son sein la destruction de la nature comme la nuée porte l’orage.
2 - La filiale de BP Etats Unis est, comme toutes ses consœurs pétrolières, un lobbyiste actif qui achète le vote des élus Républicains et Démocrates. En 2009, elle a dépensé 16 millions de dollars en « arrosages » pour obtenir le droit de se lancer dans l’aventure sans garantie de sécurité de l’exploitation du pétrole à 10.000 mètres de profondeur sous marines. La démocratie bourgeoise, c’est la liberté de la toute puissance du pouvoir de l’argent.
3 – Les monopoles capitalistes soutiennent et financent les campagnes idéologiques des associations et organisations écologistes tendant à culpabiliser le citoyen consommateur ainsi rendu responsable de la pollution. L’objectif est d’éviter la prise de conscience que c’est la propriété privée des banques et des entreprises qui est la source véritable du profit à tout prix y compris au prix de la destruction de la force productive humaine (exploitation) et de la nature.
* Diagne Fodé Roland est membre du secrétariat politique de Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal
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Pour Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana
Ota Benga Alliance
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65407
A moins d’un mois du 50ème anniversaire de l’Indépendance, Floribert Chebeya Bahizire (FCB) a été éliminé physiquement comme Patrice Emery Lumumba, un autre Congolais qui parlait pour les Sans Voix et qui, pour avoir osé parler à contre-courant, fut liquidé. Les circonstances diffèrent, mais en parcourant l’histoire de la recherche de l’émancipation en Afrique et Au Congo il ressort un profil qui frappe : toute personne ou tout groupe de personne qui décide de se libérer et y parvient, même en partie, sera traité avec la plus grande sévérité. Ceci, de Haïti au 19ème siècle à Cuba au 20ème siècle, en passant par le Quilombo de Palmarès, la Commune de Paris, Wounded Knee, Dien Bien Phu, Kimpa Vita, Kimbangu, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Dedan Kimathi, Patrice Emery Lumumba, Amilcar Cabral, Chris Hani, Kwame Nkrumah, Steve Biko, Thomas Sankara, Samora Machel, etc., et en terminant par les journalistes sur le point de faire des révélations (entre autres, Serge Maheshe, Bapuwa Mwamba, au Congo, Carlos Cardoso au Mozambique).
Les exemples sont si nombreux que la mémoire ne parvient plus à les compter et à les conter ; malgré cette défaillance, les gens de partout sont en train de faire l’addition et d’essayer d’en tirer les leçons.
Entre fêter les 50 ans d’Indépendance comme s’il s’agissait d’une kermesse ou d’une opération marchande, FCB continuait de penser à celles et à ceux qui, pendant 50 ans, ont été piétinés, laminés, torturés. Même appauvris, il ne fallait jamais les laisser tranquilles. Pas seulement dans l’Est du pays, mais partout où des gens cherchaient à vivre dignement, à être fidèles à l’humanité, à être fidèles aux vœux d’émancipation d’autres grandes figures de notre histoire, la chasse à l’homme s’organisait sur ordre des gens au pouvoir ; s’organisaient aussi des viols accompagnés d’actes indescriptibles.
Les paroles de FCB dérangeaient les monopolisateurs du pouvoir et de la parole. Plus que les paroles, plus que les écrits, ce sont les pensées de FCB qui ont amené ses ennemis à le supprimer physiquement. Malheureusement pour ces derniers, les pensées de FCB, comme celles d’autres héroïnes et héros de l’émancipation de l’humanité, ne disparaissent pas avec leur mort physique. En parlant et en écrivant comme il le faisait, en agissant comme il le faisait, il démontrait aux amis et aux ennemis l’existence d’une pensée pleine de vie constamment à la recherche de cette indépendance toujours remise, cinquante fois, bientôt une fois de plus, de trop.
Concrètement, FCB dérangeait parce qu’il maintenait le cap sur les objectifs qu’il s’était donnés, à savoir d’aller jusqu’au bout des dossiers concernant les massacres, individuels ou de groupes. Avec patience, courage et persistance, il poursuivait plusieurs enquêtes comme celles relatives aux attaques contre le Bundu Dia Kongo, aux attaques contre ceux qui avaient, en particulier au Bas-Congo et à Kinshasa, voté pour le parti de Jean-Pierre Bemba, et d’autres cas de personnes « disparues » ou emprisonnées sans aucune forme de procès. Dans cette poursuite exemplaire contre le culte de l’intouchabilité de certaines personnes, FCB partageait ses enquêtes avec des personnes et des organisations déterminées à tout faire pour que la justice soit faite en RDC.
En actes et en pensée, FCB était en train de vaincre ceux qui se considéraient comme intouchables. La direction de cette pensée en pleine effervescence montrait clairement à qui voulait la suivre qu’elle disait que cela ne pouvait plus continuer ainsi. De cette pensée germinante, on peut imaginer FCB,
Murmurer, pour lui-même, ce qui suit :
Nous ne pouvons plus continuer de renier
une 50 ème fois ce que nous sommes
Il n’y a rien de pire que le reniement de soi-même
De ses vertus, de ses ancêtres, de vœux de fidélité
Enterrés dans les archives mortes
Il n’ya rien de pire que la maintenance du reniement
Au nom de quoi ?
La globalisation ?
Qu’un examen franc de notre histoire
Obligerait à y voir
La plus récente version
de la modernisation
de la colonisation
fabrication bâtarde
de l’industrialisation de l’esclavage
aujourd’hui couronné
par l’incarcération
la marchandisation de l’histoire
pour que la planète soit
sans deuil le mouroir
de l’humanité
FCB, comme d’autres visionnaires de la même trempe, voyait dans le reniement de notre histoire, un reniement de l’humanité. Sa pensée, ses pensées refusaient la modernisation de l’esclavage, une modernisation qui se cachait derrière des gestes de charité, de droits humanitaires alors que les temps exigeaient avec et pour les sans voix, des devoirs de parole et de solidarité. Même réduits au silence, les sans voix parleront toujours et continueront d’être le sang circulant, vivifiant, éternel des échos venant d’outre-tombe pour l’émancipation complète et totale des Congolais.
* L’Alliance Ota Benga travaille pour la paix et la dignité en RD Congo et ailleurs. Elle est basée à Berkeley (en Californie) et à Kinshasa
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Plaidoyers & campagnes
Niger : La junte invitée à maintenir le cap à mi-parcours de la transition
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/65405
Cette mission dont les constatations feront l'objet d'un prochain rapport circonstancié, a en effet permis à la FIDH et l'ANDDH de rencontrer des représentants des institutions de la transition, du gouvernement, de la société civile, et des partis politiques, mais aussi de la défunte VIème République du président Mamadou Tandja. Nos organisations sont d’ailleurs parmi les rares à avoir pu s’entretenir avec ce dernier, ainsi qu’avec son ministre de l’Intérieur Albadé Abouba, tous deux en détention extrajudiciaire. Lors d’entretiens accordés à la délégation en présence de représentants de la junte, les deux hommes se sont dits « bien traités et en bonne santé ».
Tout en réitérant leur condamnation du coup d'Etat du 18 février contraire aux principes de l'Acte constitutif de l'Union africaine et aux instruments de protection des Droits de l'Homme, nos organisations tiennent à saluer les efforts des acteurs de la transition relatifs au respect des Droits de l'Homme. Elles soulignent qu'elles n'ont pas eu à constater de violations systématiques des libertés publiques et ne peuvent que se féliciter de certaines avancées majeures survenues au cours même de sa mission, telles que la dépénalisation du délit de presse.
Nos organisations accueillent favorablement l’établissement d’un calendrier précis de douze mois pour la transition, dont les échéances ont été jusqu’ici respectées, et ne peuvent que se réjouir de la confirmation de l'engagement du chef de la junte, M. Salou Djibo, de l’abandon définitif du pouvoir par les militaires à la date du 1er mars 2011.
Si la FIDH et l'ANDDH soulignent également la qualité consensuelle des institutions mises en place par la transition, elles tiennent à attirer également l’attention sur le sentiment de faible représentativité des partis politiques et des organisations de défense des Droits de l'Homme, au sein du Conseil consultatif national (CCN) et à la faible sollicitation du Conseil national du dialogue politique (CNDP). Aux prémices d’un marathon électoral et des discussions sur les textes fondamentaux (Constitution, Charte des partis politiques, etc.), ce sentiment de faible représentativité pourrait nuire à la qualité et au caractère inclusif du processus.
La FIDH et l'ANDDH demeurent aussi vigilantes sur le processus en cours dit d’« assainissement » consistant à auditer les ministères sur leurs finances publiques et enquêter sur la gestion des biens publics. Nos organisations appellent aux respects des normes et principes régionaux et internationaux en la matière et au jugement juste et équitable des éventuels présumés responsables.
La FIDH et l'ANDDH recommandent aux acteurs de la transition de :
- Maintenir le caractère inclusif et consensuel de la transition, notamment en faisant présider le Conseil national du dialogue politique (CNDP) par le Premier ministre ;
- Conserver les avancées réelles que contient l’avant-projet de Constitution, notamment en matière de libertés publiques et concernant la suppression de l’amnistie pour las auteurs des coup d’Etat du 27 janvier 1996 et du 9 avril 1999 ;
- Engager une procédure judiciaire régulière et garantir le droit à un procès juste, transparent et équitable notamment le droit à être librement défendus, à l'encontre du président Tandja et du ministre Abouba, ou en l'absence de charge et de procédure à leur encontre, les libérer ;
La FIDH et l'ANDDH recommandent aux bailleurs de fonds :
- D'adopter avec les autorités nigériennes une « feuille de route » permettant, chaque fois qu’est respectée une échéance du calendrier de transition, d’encourager le processus en libérant les fonds nécessaires à sa poursuite, tout en évitant l’invocation de la crise alimentaire et des besoins financiers y afférents comme prétexte à d’éventuels délais dans ledit calendrier. Nos organisations recommandent à l'Union européenne de poursuivre le processus de dialogue entamé avec les autorités nigériennes et de se conformer à la feuille de route déjà établie conformément aux préconisations ci-dessus.
* Karine Appy est attachée de presse de la Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH)
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Femmes & genre
Guinée Bissau : Les femmes appellent à ratifier le traité d’adhésion au TPI
2010-06-21
http://tinyurl.com/39ff66u
Les femmes de la Guinée-Bissau ont exhorté les autorités du pays à ratifier le traité d’adhésion au Tribunal Pénal International (TPI) afin que les « récurrents cas de violations des droits humains et d’impunité puissent être jugés » dans cette instance. L’appel des femmes a été fait dans une lettre dénommée « Les perspectives des femmes sur la résolution des conflits », remise au représentant du secrétaire général des Nations Unies en Guinée-Bissau.
Sénégal: Le silence met les filles en danger de viol
2010-06-21
http://tinyurl.com/2vdqkg8
La sécurité des filles dépend de la volonté des familles à parler des violences sexuelles, ont dit des chercheurs en Casamance, dans le sud du Sénégal, lors de la publication d’une étude révélant l’étendue des violences à l’égard des filles âgées de 10 à 13 ans. Cette étude, réalisée par l’UNICEF et l’université de Ziguinchor, a constaté que les pressions familiales, sociales et culturelles étaient source de silence et d’impunité. Ayant eu vent de nombreux cas de grossesse précoce et de violence dans et autour des écoles en 2008 et 2009, l’UNICEF a financé et mené cette étude pour avoir une vision plus précise de la nature, de l’étendue et des causes de cette situation.
Droits humains
Afrique : Washington met en garde cinq pays contre le trafic humain
2010-06-21
http://tinyurl.com/32qrsxu
Dans son 10ème rapport annuel sur les efforts internationaux visant à éradiquer le commerce d'êtres humains et l'esclavage sexuel, le département d'État avertit la RDC, l’Erythrée, la Mauritanie, le Soudan et le Zimbabwe contre de possibles sanctions. Ils font partie de 13 pays mis à l’index parce qu'ils ne se conforment pas aux normes internationales les plus élémentaires et pourraient en conséquence faire l'objet de sanctions si leur bilan ne s'améliore pas. En tout, près de 12,3 millions d’êtres humains, des adultes tout comme des enfants, sont victimes à travers le monde de travaux forcés, prostitution, ou sujets au travail asservi.
Afrique du sud : Les tribunaux d'exception pour le Mondial frappent vite et fort
2010-06-21
http://tinyurl.com/358nof6
Petits larcins, en majorité commis par des étrangers, dominent le rôle des tribunaux d'exception mis en place pour la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, qui délivrent une justice rapide et sans pitié. L'Afrique du Sud a dépensé 45 millions de rands (4,8 millions d'euros) pour mettre en place ces 56 tribunaux qui fonctionnent 15 heures par jour, avec 256 magistrats répartis sur l'ensemble du territoire. Depuis leur ouverture à la fin mai, ils ont examiné 20 dossiers. Bien que l'Afrique du Sud souffre d'une criminalité record, avec une cinquantaine d'homicides par jour en moyenne, ils ont surtout été saisis de délits mineurs: vol d'ordinateurs, fraude, conduite en état d'ivresse, possession de marijuana. . .
Afrique du sud : Tentative d'assassinat contre un ancien général rwandais
2010-06-21
http://tinyurl.com/2uh687e
Le gouvernement rwandais a rejeté le 20 juin toute implication dans une tentative de meurtre, la veille, à Johannesburg, d'un ancien chef d'Etat-major rwandais, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, réfugié depuis mars en Afrique du Sud. La femme de ce dernier a accusé le régime du président Kagame d'être derrière ce qu'elle estime être une tentative d'assassinat. Des accusations jugées « ridicules », à Kigali. L'ex chef d'Etat-major rwandais, et ancien ambassadeur du Rwanda en Inde, avait fui son pays pour l'Afrique du Sud en mars après avoir été accusé par les autorités d'être responsable d'actes terroristes.
Cameroun : : 25 % d’enfants en milieu rural sans actes de naissance
2010-06-21
http://tinyurl.com/39ly5ev
Nombreux sont les enfants dont la « camerounité » pourrait souffrir de doutes. Bien que vivants, ils n’existent sur aucun fichier administratif car non identifiés dans les centres d’état-civil. « Ces fantômes », qui font le quart des enfants dans le pays, se recrutent essentiellement parmi les orphelins, les enfants abandonnés et certaines familles pauvres, et ont été dénombrés lors du dernier recensement de la population camerounaise. En cette année 2010, plus de 5 000 dossiers sont en cours de régulation, menée avec le soutien de l’Unicef à travers le programme national de développement de la jeune enfance.
Global : Le Kenya ne coopère pas assez avec le TPIR
2010-06-21
http://tinyurl.com/39d3flk
Le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) dénonce le manque de soutien du Kenya dans l'enquête pour arrêter Félicien Kabuga, accusé d'avoir pris part au génocide rwandais. "Malgré l'existence de nombreux indices de l'entrée de Kabuga, de sa résidence, de ses activités et de ses apparitions dans ce pays, le Kenya ne l'a pas arrêté et n'a pas non plus fourni d'informations demandées par le procureur pour aider au repérage et à l'arrestation de ce fugitif," regrette le procureur.
Guinée : Libération d’officiers supérieurs proches de Dadis Camara
2010-06-21
http://tinyurl.com/378evh4
Une dizaine d'officiers supérieurs de l'armée guinéenne, proches de l'ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, ont été remis en liberté, le 14 juin 2010, après quelques jours de détention. La veille, le chef d'état-major de l'armée guinéenne avait affirmé que ces officiers devaient « rendre des comptes » pour « clarifier des gestions opaques ». Parmi les officiers supérieurs interpellés figuraient l'ancien chef d'état-major des armées, son adjoint, ainsi que des colonels. Tous avaient été de proches collaborateurs du capitaine Moussa Dadis Camara, ex-chef de la junte.
Guinée-Bissau : le procureur veut entendre la veuve du président Vieira
2010-06-21
http://tinyurl.com/2wfkk2p
Le procureur général de la Guinée Bissau veut entendre la veuve du président Joao Bernardo Vieira, qui avait assisté à l'assassinat de son mari, le 2 mars 2009, mais n'a jamais été entendue par des enquêteurs. Le président Vieira avait été torturé et tué chez lui par des soldats venus de la garnison militaire de Mansoa (860 km de Bissau). Plusieurs personnes se trouvaient dans la maison au moment de son assassinat, mais aucune n'a été entendue depuis l'ouverture d'une enquête, le 12 mars 2009. L’avocat sénégalais représentant la famille du défunt président Vieira a maintes fois expliqué que "Mme Vieira, attachée sur un siège, avait elle-même assisté au supplice de son mari".
Kenya : HRW dénonce les abus policiers dans les camps somaliens
2010-06-21
http://tinyurl.com/352oqxo
Une étude, menée ce printemps par Human Rights Watch (HRW) au Kenya, révèle des exactions systématiques perpétrées par la police kenyane sur des réfugiés somaliens, qui affluent en masse vers les camps installés depuis 20 ans. L’organisation reproche au HCR de ne pas réagir. Dans un document de 99 pages qui rassemble plus de 100 interviews, HRW relate avec moult détails les violences perpétrées par la police kenyane sur les Somaliens, essentiellement des femmes et des enfants: tabassages, arrestations arbitraires, détentions dans des conditions inhumaines, déportations, rackets, viols...
Niger : interpellation d’anciens dignitaires, dont le fils de l’ex-président Tandja
2010-06-21
http://tinyurl.com/2ugmxjr
Les services de sécurité nigériens ont interpellé le 17 juin 2010 plusieurs personnalités de l’ancien régime soupçonnées de corruption dans des affaires liées à l’octroi de nombreux contrats miniers octroyés entre 2007 et 2009 par le régime déchu du président Mamadou Tandja. Une source policière a précisé que parmi les personnalités arrêtées figurent Mohamed Abdoullahi, un ancien ministre des Mines, Hadiatoulaye Tandja, un fils de l’ex-président ainsi que le journaliste Ibrahim Hamidou, responsable d’une agence de communication et considéré comme « très proche » de la famille de l’ex-chef d’Etat.
Rd Congo : A quand l’abolition légale de la peine capitale?
2010-06-21
http://tinyurl.com/395jf5s
Le gouvernement de la RD Congo (RDC) a signé en 1998 et 2005 les moratoires de l'ONU sur l’application de la peine de mort. Cette peine qui demeure dans la législation pénale du pays continue à être prononcée par les juges, même si faute d'application elle est commuée en prison à perpétuité. La peine capitale est prévue par la loi congolaise pour plusieurs types d’infractions, dont celles tendant à mettre fin à la vie d’une ou d’un groupe de personnes. Et «parmi les juridictions qui appliquent souvent cette peine, il y a les cours et tribunaux militaires, déjà critiqués pour leur rapidité de procédure à cause du fait qu’ils sont plus préoccupés par la discipline militaire et non par le respect des droits de l’Homme», dénoncent les défenseurs des droits humains.
Rwanda: le TPIR demande la libération d'un avocat détenu pour négation du génocide
2010-06-21
http://tinyurl.com/33qlwp6
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a demandé, sur conseil de l'ONU, "la libération immédiate" de l'avocat américain Peter Erlinder, détenu depuis fin mai à Kigali où il est poursuivi pour négation du génocide des Tutsi en 1994. Me Erlinder, arrêté le 28 mai, défend au TPIR le major Aloys Ntabakuze, condamné à la perpétuité en première instance et qui attend son procès en appel. Me Erlinder était arrivé dans la capitale rwandaise pour défendre l'opposante Victoire Ingabire, elle-même accusée de nier le génocide des Tutsi.
Rwanda: la perpétuité de nouveau requise par le TPR contre l'ex-préfet de Kigali
2010-06-21
http://tinyurl.com/378w6yr
Le bureau du procureur auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a demandé le 16 juin à la chambre d’appel de confirmer la perpétuité contre le colonel Tharcisse Renzaho, ancien préfet de Kigali. Pour le magistrat, tous les 13 motifs d’appel du colonel sont à rejeter. L’avocat principal de la défense a surtout fait valoir que "des témoins essentiels" de Renzaho avaient renoncé à venir déposer suite à des menaces et intimidations au Rwanda. Pour cette raison, a estimé le défenseur français, le colonel Renzaho n’a pas bénéficié d’un procès équitable en première instance.
Réfugiés & migration forcée
Mali : La sécheresse pousse des nomades à l’exode
2010-06-21
http://tinyurl.com/376ljgc
Les communautés nomades des régions désertiques du nord du Mali sont confrontées à une des plus graves sécheresses des deux dernières décennies. En attendant la saison des pluies dans la zone entre juin et juillet, plusieurs familles nomades se sont déjà déplacées vers des pays voisins. Cette situation jugée catastrophique se traduit en une famine généralisée dans toutes les communes concernées.
Niger : Retour de plus de 250 détenus renvoyés par la Libye
2010-06-21
http://tinyurl.com/38jmpkj
Les autorités libyennes ont ordonné le 17 juin la remise au gouvernement de leur pays de plus de 250 prisonniers nigériens, quelques semaines après l’exécution de trois Nigériens accusés de divers délits par la Libye. Un conseiller en poste au ministère nigérien de la Justice a indiqué que le Garde des sceaux du Niger est présentement en terre libyenne où il prendra en charge les détenus. Parmi eux figurent des détenus accusés d’infractions pénales. Une douzaine d’autres, dont on ne connîit présentement pas encore le sort, sont en attente d’exécution dans les geôles libyennes.
Mouvements sociaux
Afrique du sud : La population manifeste en marge du Mondial
2010-06-21
http://tinyurl.com/25xe32q
Quelque 3.000 Sud-Africains manifestaient le 16 juin à Durban avant le match Espagne-Suisse, pour demander au gouvernement de consacrer aux pauvres la même somme que celle dépensée pour le Mondial-2010 de football. Parmi les manifestants figuraient des centaines d'agents de sécurité de la compagnie privée Stallion en grève au stade de Durban, qui se sont violemment opposés à la police après le match Allemagne-Australie le 13 juin alors qu'ils réclamaient de meilleurs salaires. Le gouvernement a consacré 33 milliards de rands (4,3 milliards de dollars, 3,5 milliards d'euros) pour cette première Coupe du monde en Afrique du Sud, où 43% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Kenya : Un rassemblement contre la nouvelle Constitution s’achève dans le sang
2010-06-21
http://tinyurl.com/33hypkf
MCinq personnes ont été tuées et près de 75 blessées à Nairobi dimanche dans deux explosions survenues lors d'un rassemblement politique d'opposants. Les manifestants étaient rassemblés dans le parc Uhuru, dans le centre de la capitale kényane, pour protester contre le projet de future Constitution du pays, qui doit être soumis à référendum le 4 août prochain. L'origine des explosions est pour le moment inconnue. Le projet de constitution a pour origine l’accord de partage du pouvoir de 2008 entre le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga, suite aux violences politico-ethniques qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin 2007.
Elections & gouvernance
Afrique : l’Afrique de l’Ouest privée du service aérien humanitaire de l’ONU
2010-06-21
http://tinyurl.com/33cwl76
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu le service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS), géré par l’agence, n’étant pas parvenu à lever les 2,5 millions de dollars nécessaires pour la poursuite de l’opération jusqu’à la fin de l’année. Trois pays d’Afrique de l’Ouest sont affectés : la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria. Selon une porte-parole du PAM, quelques 250.000 personnes seront affectées par la suspension de ces vols. En 2008, ils avaient permis de transporter plus de 360.000 passagers et 15.000 tonnes de cargaison dans 16 pays.
Afrique : Pas de Prix Mo Ibrahim cette année
2010-06-21
http://tinyurl.com/3x7bmjm
Le Comité d’attribution du Prix de la Fondation Mo Ibrahim s’est réuni le 12 juin pour désigner le Lauréat du Prix Mo Ibrahim 2010 et a décidé de ne pas attribuer ce prix cette année. L’an dernier déjà, le Comité d’attribution du Prix avait annoncé qu’il avait pris en compte plusieurs candidatures crédibles, mais sans pouvoir déterminer de Lauréat malgré un examen approfondi. Cette année, le Comité d’attribution du Prix a indiqué au Conseil d’administration qu’il n’y avait pas de nouveaux candidats ou de nouveaux développements, justifiant ainsi sa décision de ne pas désigner de Lauréat pour la seconde année consécutive. Le Prix Ibrahim reconnaît et récompense l’excellence en matière de leadership politique en Afrique.
Burkina Faso : l’amorce d’une féroce dictature
2010-06-21
http://tinyurl.com/32eamyw
Le CDP, au pouvoir au Burkina, veut absolument un mandat présidentiel illimité. Lors de son interview sur France 24 au cours de laquelle il s’est clairement déclaré candidat à la présidentielle de novembre prochain, Blaise Compaoré lui-même n’a laissé aucun doute sur le fait qu’il serait partant pour une révision de la Constitution dans le sens de sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels consignée dans l’actuel article 37. Ceci en dépit des contestations des différentes couches de la société. La démarche est grosse de dangers pour la paix sociale.
Cameroun: Purge attendue dans l'administration
2010-06-21
http://tinyurl.com/2vmrt32
Selon des sources concordantes, plus d'une dizaine de gestionnaires sont dans le viseur du président Biya. Leurs noms circulent. Ceux de leurs remplaçants aussi. Le toilettage de l'appareil administratif devient ainsi un impératif à la veille de l'élection présidentielle. Pour le président de la République, il s'agirait selon quelque indiscrétion, de revigorer son arsenal électoral en se débarrassant des dernières tentacules d'une nébuleuse qui, jadis, érodait son programme des Grandes Ambitions.
Côte d’ivoire : Début de la démobilisation des Forces nouvelles
2010-06-21
http://tinyurl.com/33qmts5
L’opinion est actuellement portée à croire que la démobilisation des combattants des forces nouvelles sera effective maintenant en Côte d’Ivoire. Les opérations de désarmement et de cantonnement ont débuté le 15 juin 2010 sans fausse note. L’encasernement dans la ville de Korhogo a commencé normalement. Douze mille volontaires sont concernés par les opérations qui doivent se poursuivre jusqu’au 25 juillet prochain. Le désarmement des combattants des forces nouvelles est un pas important pour le retour à la paix en Côte d’ivoire. Mais faudrait-il qu’une volonté politique des acteurs de la crise ivoirienne se manifeste et ouvre la voie à l’élection présidentielle reportée plusieurs fois.
Ethiopie: Rejet des recours de l'opposition après les législatives
2010-06-21
http://tinyurl.com/39mqkaq
La Cour suprême de l’Ethiopie a rejeté tous les appels du Medrek (Forum pour la démocratie et le dialogue, opposition) en se basant "sur le fait qu'ils manquaient de preuve et ne respectaient pas les procédures". Le Medrek, qui regroupe huit partis d'opposition, avait exigé dès la fin du scrutin que de nouvelles législatives soient organisées, après la victoire écrasante de la coalition du Premier ministre Meles Zenawi. Selon les résultats officiels les plus récents mais encore partiels, l'EPRDF (Front révolutionnaire et démocratique des peuples éthiopiens, au pouvoir depuis 1991) du Premier ministre et ses alliés ont conquis 535 sièges sur les 547 que compte l'Assemblée nationale éthiopienne. Le Medrek n'a gagné qu'un seul siège.
Gabon: l'opposition conteste les résultats de partielles
2010-06-21
http://tinyurl.com/38w6ufm
L'opposition gabonaise, qui conteste les résultats d'élections législatives partielles du 6 juin, a annoncé le 18 juin qu'elle allait saisir la Cour constitutionnelle mais aussi le Conseil d'Etat et les juridictions de droit commun pour réclamer leur annulation. Elle dénonce une révision illégale et la manipulation de la liste électorale, la fabrication et l'utilisation de fausses carte d'identité, l'usage de la violence physique et morale, l'atteinte au principe de libre circulation, l'achat de consciences.
Guinée-Bissau: Le Premier ministre dément toute démission
2010-06-21
http://tinyurl.com/378w6yr
Le Premier ministre bissau-guinéen Carlos Gomes Junior, récemment rentré à Bissau après une longue absence, a réaffirmé le 16 juin qu'il ne démissionnerait pas. Le climat reste tendu à Bissau, deux mois et demi après le renversement du chef d'état-major José Zamora Induta par son adjoint, le général Antonio Indjai, le 1er avril. Le Premier ministre avait alors été arrêté et séquestré pendant plusieurs heures par les militaires. A la fin avril, il avait quitté le pays, trouvant refuge au Portugal, officiellement pour "raisons de santé". Il n'est rentré que le 14 juin à Bissau, sous bonne escorte policière. Le chef du gouvernement entretient des relations notoirement difficiles avec le président Malam Bacai Sanha, bien qu'ils soient tous deux membres du même parti.
Madagascar : l'extradition de Ravalomanana se précise
2010-06-21
http://tinyurl.com/39djq2c
Le dossier d'extradition de l'ancien président malgache, Marc Ravalomanana vient d'être bouclé par le ministère de la justice de la Haute Autorité de Transition (HAT) malgache. Mais l’avocate de ce dernier, exilé en Afrique du Sud, a fait savoir ''qu'une demande de coopération juridique envers l'Afrique du Sud serait dans le domaine de l'utopie étant donné qu'il n'a jamais existé en temps normal un accord de coopération juridique entre les deux pays''. Le 7 février 2009, les partisans de l'opposition du régime de Ravalomanana tentaient d'envahir le palais présidentiel. Des tirs ont retenti de partout, tuant une quarantaine de personnes. Le camp de Rajoelina accuse Ravalomanana d'avoir donné l'ordre aux gardes présidentielles de tirer sur les manifestants.
Sénégal : Menaces de licenciements massifs dans la Fonction publique
2010-06-21
http://tinyurl.com/3ystk7s
Le président Wade annonce une action «dégrossissement» de la fonction publique au Sénégal. L’idée a été émise le 14 juin, dans le cadre du 9ème Conseil présidentiel de l’investissement. Il s’est étonné du fait que le pays dispose de 65 000 fonctionnaires qui pèsent sur les budgets en termes de salaires et réduisent les volumes d’investissement public.
Sénégal: Wade officiellement invité au G8
2010-06-21
http://tinyurl.com/2vqvk33
Zappé dans une première liste, Abdoulaye Wade a réussi à son examen de passage pour la seconde liste d’invités pour le sommet du G8 des 25 et 26 juin que le Canada vient d’afficher. Et cerise sur le gâteau, le chef de l’Etat sénégalais est catalogué parmi les ‘leaders influents’. Certains ont dû penser ‘à un forcing’ du président Wade pour ne pas rater cette rencontre des dirigeants qui comptent sur la planète terre. L’invitation du président sénégalais, officialisée dimanche 13 juin par le Premier ministre canadien, sonne comme une victoire diplomatique de haute portée pour le chef de l’Etat sénégalais…
Corruption
Burkina Faso : Zoom sur la corruption silencieuse
2010-06-21
http://tinyurl.com/37brdj4
A côté des détournements de fonds et autres malversations qui font la Une des médias burkinabé, il y a cette corruption discrète dont on parle peu mais qui est aussi fatale. La Banque mondiale, à la faveur de la publication du rapport sur le développement humain, a mis en lumière ce phénomène qui compromet la croissance économique. Pour le contrôleur général d’Etat, les organes de contrôle traitaient déjà le sujet bien avant que le concept ne soit élaboré. Il a illustré son propos en évoquant les missions de contrôle sur la présence et la ponctualité des agents dans les services publics, l’utilisation abusive des biens de l’Etat (véhicules, branchements d’électricité et d’eau), etc.
Nigéria : Les Abacha, pilleurs de père en fils
2010-06-21
http://tinyurl.com/37pdtta
Suite et fin dans l’affaire Abacha ? Pas sûr... Abba, le fils du dictateur nigérian Sani Abacha (décédé en juin 1998) peut encore faire appel de la décision qui a été rendue contre lui par le Tribunal de police de Genève, le 18 juin. Absent lors de son procès, il a été reconnu coupable de participation à une organisation criminelle et condamné à une peine de deux ans de prison avec sursis. Par ailleurs, comme il n’a jamais prouvé la moindre activité lucrative pour justifier de sa fortune, les juges ont également confirmé la confiscation de ses fonds saisis dans les paradis fiscaux bien connus du Luxembourg et des Bahamas. Soit plus de… 400 millions de dollars, a indiqué l'avocat du Nigeria. Abuja doit maintenant engager une procédure à Genève pour récupérer ces fonds.
Zambie : Le Fonds mondial suspend son aide pour corruption
2010-06-21
http://tinyurl.com/38p577t
Le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme a suspendu son aide à la Zambie, estimant que la corruption affectait le ministère de la Santé de ce pays. Un rapport du Fonds indique que ses auditeurs n'ont pas pu garantir un bon usage de nouveaux versements car "les autorités nationales n'ont pas réussi pour l'instant à fournir des assurances sur une action adéquate contre la fraude sur des programmes du Fonds mondial". Ce dernier est le principal donateur au secteur de la santé de Zambie où près de 230. 000 personnes bénéficient de traitements contre le sida de sa part…
Développement
Afrique : 189 milliards de francs pour une route entre le Cameroun et le Nigeria
2010-06-21
http://tinyurl.com/39y3ojp
Le chantier de construction de la route Mamfé-Bamenda (Cameroun) et Ekoko-Enugu (Nigeria), longue de 300 km, pour un investissement de 189 milliards de francs CFA, a été lancé à la frontière des deux pays en présence des autorités des camerounaises et nigérianes. Dénommée « route d’intégration », elle permettra d’accroître les échanges commerciaux entre les deux pays, de même qu’elle facilitera le rapprochement des peuples camerounais et nigérians. Outre la contribution directe des deux Etats, cette route qui sera construite par une entreprise japonaise bénéficiera de l’appui des bailleurs des fonds, en l’occurrence, la Banque africaine de développement (BAD).
Gabon : Emprunt de 240 millions d'euros pour des projets
2010-06-21
http://tinyurl.com/3ayoh6n
Le Gabon va emprunter 110,5 millions d'euros auprès de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour "l'amélioration de la qualité des services publics d'enseignement supérieur et de la formation professionnelle". Libreville va également emprunter 86,5 millions d'euros auprès de l'Agence Française de développement (AFD) pour quatre projets dont les plus importants sont des travaux d'assainissement de la capitale pétrolière de Port-Gentil pour 55 millions d'euros et un projet de développement agricole pour 16 millions d'euros. S’y ajoute une sollicitation auprès de BNP-Paribas pour 36 millions d'environ servant à financer "les études, le transport, l'installation et la réception du réseau électrique interconnecté du Woleu-Ntem.
Global : La viande de brousse envahit l’Europe
2010-06-21
http://tinyurl.com/3yuhdjy
La viande d'animaux de brousse, terme utilisé pour désigner le gibier qui vit dans la forêt, sont aisément trouvables en France, où le trafic de viande sauvage est monnaie courante. Plus de 270 tonnes de viande exotique entreraient illégalement sur le territoire européen par an, via l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle de Paris, révèle une enquête parue le 17 juin dans les Conservation Letters. A 5 euros les 4 kg de singe au Cameroun contre 100 euros en France, ce commerce rapporte gros. Mais plus d’un tiers de la viande confisquée lors de l’étude est théoriquement protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction.
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Mali : Projet de construction d’une centrale électrique hybride
2010-06-21
http://tinyurl.com/3xg86d6
Le Mali va se doter d'une centrale électrique hybride équipée de groupes diesel de 220 KVA chacun, couplés à un dispositif solaire de photovoltaïque de 216 kilowatts. Les travaux de construction de cette centrale ont débuté à Ouéléssébougou, une localité située à près de 80 km au sud de Bamako. Le coût global de sa réalisation est d'environ 1,1 milliard de francs Cfa (environ 2 millions de dollars), entièrement mobilisés par la société Energie du Mali (EDM-Sa) avec l'appui de la Banque pour le commerce et l'industrie (BCI).
Zimbabwe : La vie hors de prix
2010-06-21
http://tinyurl.com/36p52hq
Avec l'arrivée des dollars américains, l'économie zimbabwéenne s'est stabilisée et montre même quelques signes de reprise. Mais le coût de la vie n'a jamais été aussi élevé dans le pays et la plupart des biens de consommation continuent d'être importés d'Afrique du Sud ou du Botswana. Depuis fin 2008, les dollars américains, les rands sud-africains -et dans une moindre mesure les pulas botswanais- sont devenus la nouvelle monnaie du Zimbabwe. Ce qui a permis de stabiliser un peu les prix dans un pays où il y a à peine deux ans l'inflation était de plusieurs millions de pour cent en rythme annuel.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : l’OMS et Unicef inquiets d’une épidémie de rougeole
2010-06-21
http://tinyurl.com/352ew2q
L’OMS et l’UNICEF s’inquiètent d’une épidémie de rougeole en Afrique de l’est et australe qui a déjà fait plus de 700 morts. Cette vague actuelle est due à une baisse des vaccinations de routine, en raison d’un soutien financier insuffisant des bailleurs de fonds et des gouvernements. Les pays les plus touchés sont l’Afrique du Sud avec 15.520 cas et 18 décès, le Malawi avec 11.461 cas et 68 décès, le Zimbabwe (8.173 cas, 517 décès) et l’Ethiopie (2.108 cas et 8 décès). Pour éviter la propagation de l’épidémie, l’OMS et l’Unicef recommandent la vaccination en deux fois de 90% des enfants au niveau local et national, rappelant qu’entre 2000 et 2008, l’OMS avait réduit de 92% la mortalité infantile due à la rougeole.
Cameroun : Peste porcine africaine dans les régions septentrionales
2010-06-21
http://tinyurl.com/39u9kkp
Suite aux plaintes reçues des éleveurs depuis janvier 2010, le Délégué Régional de l’Elevage,du Nord du Cameroun a saisi le Ministre de l’Elevage afin de lui faire part d’une situation sanitaire préoccupante illustrée par des mortalités porcines importantes dans la ville de Garoua. Des recommandations ont été faites à la haute hiérarchie ainsi qu’aux autorités administratives localement compétentes pour l’application de certaines mesures urgentes visant à contrôler ces foyers. Cette région qui est la plus importante du pays pour la filière compte à elle seule plus de 900 000 têtes, soit une valeur économique de 18 milliards de francs CFA.
Libye : Projet de recrutement de 600 médecins égyptiens
2010-06-21
http://tinyurl.com/393yef7
La Libye et l'Egypte ont conclu le 16 juin à Tripoli un accord de coopération dans le domaine sanitaire en vertu duquel la Libye recrutera 600 médecins égyptiens pour combler ses besoins en personnel médical pour un an conformément aux législations libyennes en vigueur dans ce sens. Le traitement des malades libyens qui seront évacués en Egypte par le biais de commissions spécialisées dans les hôpitaux pilotes de Libye vers les hôpitaux d'excellence en Egypte et leur considération comme des malades égyptiens figurent dans cet accord.
Ouganda : Quand annoncer à un enfant sa séropositivité ?
2010-06-21
http://tinyurl.com/33xjawh
En Ouganda, un projet de politique recommandant que les enfants séropositifs soient informés de leur statut sérologique dès l’âge de 10 ans reçoit un accueil mitigé auprès des travailleurs de la santé. Selon l’ancienne politique, les travailleurs sanitaires ne pouvaient annoncer aux enfants de moins de 12 ans qu’ils étaient infectés par le virus sans avoir obtenu préalablement l’accord des parents. Toutefois, avec le nouveau projet, les professionnels de la santé peuvent, avec le soutien des parents et des tuteurs, révéler à un enfant son statut sérologique, après que ce dernier a subi une préparation et qu’une évaluation de ses capacités de comprendre et de gérer son état a été menée. Ainsi, ils auraient moins de difficulté à suivre les traitements s’ils connaissent la raison pour laquelle ils doivent prendre des médicaments, a-t-il dit.
Éducation
Sénégal : l'Université peine aujourd'hui à former les élites
2010-06-21
http://tinyurl.com/34q5cp9
A l’occasion de journées d’échanges sur l’enseignement supérieur au Sénégal, le 10 mai dernier, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), une mission technique de la Banque mondiale a critiqué les maux qui gangrènent l'université : infrastructures et équipements insuffisants, mauvaise gestion des allocations de bourses, pléthore d’étudiants avec 60 % de redoublements... Conçue pour 25 000 étudiants en 1960, l’Ucad en accueille aujourd’hui plus du double : 56 000, selon le Rectorat de l’université de Dakar. Ce qui explique en partie un taux d’échec de près de 70 % à la licence et les grèves à répétition.
LGBTI
Afrique du sud : Le foot contre l’homophobie
2010-06-21
http://tinyurl.com/3yajwlu
LLa Coupe du Monde est une occasion rêvée pour faire reculer la vague homophobe qui touche actuellement le continent africain. Avec une des Constitutions les plus libérales au monde, l’Afrique du Sud, est le seul sur le continent à autoriser le mariage homosexuel. Pourtant on y compte prés de 56 000 viols d'homosexuel(le)s par an, et 31 meurtres homophobes ont été recensés ces dix dernières années. Ce dernier chiffre ne représenterait que 10% du total réel des lesbiennes à qui leurs orientations sexuelles ont coûté la vie. Au Cap, plusieurs équipes féminines exclusivement composées de lesbiennes ont organisé un tournoi, pour sensibiliser les Sud-Africains aux violences faites aux homosexuels.
Environnement
Afrique : Le Gabon 9e au classement des défenseurs de l’environnement
2010-06-21
http://tinyurl.com/35z7a72
Selon une récente étude réalisée par les universités américaines de renom, Yale et Columbia, le Gabon occupe le 9ème rang africain et le 95ème mondial des pays les plus respectueux de l’environnement. Les résultats de cette étude ont pris en compte 25 indicateurs, aussi bien les objectifs de santé environnementale (accès à l’eau potable, pollution de l’air …) que la vitalité des écosystèmes (biodiversité, usage des pesticides état des forêts, protection des mers, émissions de CO2…). Le Gabon est placé au 9ème rang derrière l’Ile Maurice, l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, la Tunisie, Djibouti, la Namibie, et Sao tomé et Principe
Mali : Plus de 350 éléphants menacés par la sécheresse
2010-06-21
http://tinyurl.com/38cqyyy
La sécheresse grandissante au nord du Mali, tue de plus en plus de pachydermes non protégés. Une tragédie qui doit interpeller les autorités. Le Gourma est la zone du nord du Mali s’étendant jusqu’au Burkina Faso et où se trouve la réserve des éléphants du pays. Cette région fait partie des seules au monde où le braconnage est quasi inexistant et le ministère de l’environnement fait des efforts considérables dans le domaine. Mais la sécheresse, le manque d’eau, le climat drastique, favorisent la disparition continue ces animaux.
Nigeria : Une catastrophe écologique passée sous silence
2010-06-21
http://tinyurl.com/38upgq8
C'était le 1er mai dernier au Nigeria. Un oléoduc hors d'âge se rompait. En une semaine 4 millions de litres de brut se répandaient, souillant des kilomètres carrés de marais. Mais le drame n'a pas eu le moindre écho. Au Nigeria, la chose est trop commune. Le delta du Niger, l'une des plus vastes zones humides du monde, est aussi la capitale des marées noires. Les Nigérians de cette région n'ont presque rien vu des 600 milliards de dollars qu'a rapporté le brut au cours du demi-siècle. Ils n'ont vu que la pollution qui les ronge….
Bien-être social
Tchad : la malnutrition met en danger de mort des milliers d’enfants
2010-06-21
http://tinyurl.com/39qdyu2
La crise alimentaire qui sévit au Sahel touche particulièrement le Tchad où Médecins sans frontières vient de recenser plusieurs milliers d’enfants en danger alimentaire. Après le cri d’alarme lancé le mois dernier par le secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des Affaires humanitaires pour avertir que la situation de deux ou trois millions de personnes pourraient tourner au « désastre », MSF a appelé la communauté internationale, le 14 juin, a accélérer la distribution d’aide alimentaire au Tchad. La structure a pris en charge 3000 enfants pendant le mois de mai.
Conflits & urgences
Rd Congo : Retrait des forces de la MONUC
2010-06-21
http://tinyurl.com/2woggsu
Le retrait des éléments de la Mission des Nations unies en Rdc a commencé le 16 juin 2010. Ils sont au total un contingent de 230 casques bleus sénégalais à commencer à quitter la République démocratique du Congo (Rdc), premier contingent à être rapatriés depuis que le Conseil de sécurité a voté une réduction des effectifs de sa mission en Rdc. Les soldats sénégalais ont quitté l’aéroport de Kisangani où ils étaient déployés. Depuis 1995 l’ONU a déployé près de 20 000 éléments.
Somalie: au moins 11 morts dans des combats à Mogadiscio
2010-06-21
http://tinyurl.com/2wonmpk
Des combats opposant les insurgés islamistes radicaux shebab aux forces gouvernementales ont fait au moins 11 morts le 18 juin. Les shebab ont lancé une offensive contre les forces somaliennes stationnées dans le quartier de Hosh, dans le sud de la capitale, déclenchant de violents combats à l'arme lourde. Les shebab, qui ont fait allégeance à Al-Qaïda, contrôlent une bonne partie de la capitale somalienne, face à un gouvernement qui ne doit sa survie qu'à l'appui des 6.000 soldats burundais et ougandais composant la force de l'Union africaine en Somalie.
Internet & technologie
Afrique : Un nouveau projet pour l’Internet haut débit
2010-06-21
http://tinyurl.com/2v9qgkc
Un consortium d'opérateurs, dirigé par France Télécom, va faire construire, pour 580 millions d'euros, un câble sous-marin en fibre optique qui desservira une vingtaine de pays d'Afrique de l'Ouest, permettant à certains d'entre eux d'accéder à l'internet haut débit. Ce nouveau câble, long de 17 000 km et d'une capacité de 40 gigabits par seconde, reliera Penmarc'h en France à Cap Town, en Afrique du Sud, et sera mis en service au premier semestre 2012. Le câble ACE (Africa Coast to Europe) desservira en effet 23 pays. Le Mali et le Niger, qui ne disposent pas d'un accès à la mer, seront reliés indirectement à ACE via un câble terrestre.
Cours, séminaires, & ateliers
Appel à candidature de rechercher sur les communautés religieuse et leur rôle dans les conflits en Afrique de l'Ouest
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/courses/65410
WARA/WARC lance un appel à candidature aux universitaires, chercheurs, décideurs politiques et aux membres de la société civile spécialistes de l’Afrique sur les thèmes suivants:
• Historique des leaders religieux dans la dynamique politique et sociale des conflits en Afrique de l'Ouest
• Interaction entre les différentes communautés religieuses, y compris les anciennes religions africaines
• Rôle actuel des autorités religieuses dans la consolidation de la paix
Les propositions doivent être soumises par courrier électronique à faithfreetown@gmail.com et seront composées de :
• Un résumé d'une page portant sur le thème de la conférence.
• Un Curriculum Vitae de deux pages (CV)
La date limite de réception des candidatures est le 15 Juillet 2010. Les demandes reçues après cette date ne seront pas considérées. Les candidats retenus recevront une notification d'acceptation à la mi-août. Les personnes sélectionnées devront présenter un projet final de leur communication le 1er Décembre 2010.
Emploi
Sénégal : Directeur de projet en Santé reproductive pour IntraHealth
2010-06-21
http://pambazuka.org/fr/category/jobs/65402
IntraHealth cherche un professionnel dynamique pour un poste de Directeur de projet pour un nouveau programme sur la Santé Reproductive en milieu urgain au Sénégal.
Voir le lien suivant
http://www.intrahealth.org/page/project-director-senegal-urban-reproductive-health-initiative
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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