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Pambazuka News 153: Le monde entre dictature du capital et humanité
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Nécrologie, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. Environnement, 13. Justice Alimentaire, 14. Média & liberté d'expression, 15. Conflits & urgences, 16. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Capital ou humanité
COMMENTAIRES & ANALYSES : Afrique du sud : Pas de solutions de rafistolage pour les problèmes raciaux.
PLAIDOYER & CAMPAGNE : 50 ans de Françafrique, ça suffit !
NECROLOGIE : Sénégal : Décès du Khalife des mourides.
DROITS HUMAINS : Afrique : Habré sera jugé à Dakar.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : RD Congo : Des réfugiés hutus rwandais réclament la nationalité.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : 53 % des Marocains disent non à l’ouverture des frontières avec l’Algérie.
CORRUPTION : Afrique du Sud : L’ancien chef de la police jugé coupable de corruption.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Quête de surveillance satellitaire pour la lutte contre la pêche illégale.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Les cas de diabète pourraient doubler d’ici à 2030.
EDUCATION : Nigeria : Au moins 10 millions d’enfants privés d’école.
ENVIRONNEMENT : Afrique : les premières pluies, une bénédiction à double tranchant.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Bénin : La HAAC réduit le Journal télévisé de l’ORTB à 10 minutes.
CONFLITS & URGENCES : Algérie : Attentat sanglant à la frontière malienne.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Global : Programme de mobilité internationale
Chroniques
Maintenir le capital ou l’humanité ?
Jacques Depelchin
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/65755
La bataille fait rage. Ce n’est pas une guerre mondiale, ce n’est pas une guerre contre le terrorisme. C’est de loin pire. Il s’agit de terroriser l’humanité jusqu’à soumission complète, une soumission qui se terminera, à ce rythme, par l’annihilation de l’humanité comprise comme solidarité entre toutes les composantes de la nature. Les êtres humains ne sont qu’une infime partie de cette nature. Cependant l’enjeu n’est pas présenté de cette manière. La globalisation d’un système prédateur qui se nourrit de l’humanité doit obligatoirement abolir l’humanité et tout ce qui maintient l’humanité en vie.
L’histoire dit-on est écrite par les vainqueurs, mais à quel point sait-on que les vainqueurs en train d’écrire l’histoire vue sous le prisme de la globalisation sont les fossoyeurs de cette même humanité dont ils se prétendent être les défenseurs ? Nous ne sommes pas les premiers à attirer l’attention sur la bataille des endroits communs (The commons). Le contexte et les circonstances nous obligent de parler même s’il s’agit de répéter des choses qui ont déjà été dites.
La lutte pour maintenir ce qui nourrit notre humanité date de la création de cette humanité, et non, comme beaucoup le pensent, de ce qui s’est passé durant les cinq derniers siècles. Mais le fait de batailles spécifiques dans les pays où la prédation de l’humanité a pris une dimension incontrôlable amène à croire que les pensées et les actions les plus originales et innovatrices pour défendre l’humanité viennent exclusivement de ces pays. Et pourtant, si on posait la politique de la défense et du maintien de l’humanité comme l’ont fait les poètes, le désir de maintenir l’humanité prendrait immédiatement le pas sur la politique de défendre coûte que coûte le capital ou sa globalisation asphyxiante de tout ce qui vit.
Le cahier d’un retour au pays natal n’est rien d’autre que le cri d’un poète voyant mieux que quiconque les conséquences destructrices individuelles et collectives, quand la priorité des priorités est donnée à la prédation. Dans un de ses poèmes, le même Aimé Césaire avait résumé mieux que les mathématiciens, l’équation dominante de la situation où se trouve l’humanité en rappelant : « Quand le monde sera une tour de silence/où nous serons la proie et le vautour » (« Batouque », p.64 Les armes miraculeuses, Paris : Gallimard)
La globalisation est présentée de la même manière que fut présentée l’esclavage, la colonisation et l’apartheid. Dans les deux derniers cas, en particulier, la colonisation se présentait comme civilisatrice de la barbarie. Il vaut la peine de rappeler que l’apartheid de l’Afrique du Sud avait reçu tout l’appui militaire et politique de l’Occident, car les défenseurs de l’apartheid se disaient le dernier rempart de l’Occident. Quand il apparut que la résistance contre l’apartheid, partout dans le monde, ne partageait pas cette vision du monde, les chefs politiques occidentaux décidèrent qu’il était temps de se mettre du côté des résistants, avec l’espoir des les dévier de leurs objectifs. Cette tactique, jusqu’à ce jour semble avoir réussi. Car malgré les changements, le système qui est né de l’esclavage atlantique continue de se renforcer dans la conviction que ce système est le meilleur qui soit en ce qui concerne l’organisation de l’économie. Comme la résistance contre l’apartheid, il faudra une mobilisation planétaire pour convaincre les prêtres de la globalisation que le système est, dans son essence, prédateur, et qu’il ne peut survivre que par la prédation.
L’industrialisation de l’esclavage domestique en Afrique, par le biais de l’esclavage Atlantique, fut possible justement en transformant les gens en proie et vautour. Pour survivre au désastre de la marchandisation d’un segment de l’humanité par un autre segment, des gens qui défendaient dans leurs mœurs, dans les cultes des ancêtres, l’humanité comme sacrée, se virent embarqués dans un processus de négation de leur propre humanité. Des blessures irrémédiables naquirent. Timidement, on entend parler de « réparation » comme si un crime dont l’immensité ne pourra jamais être mesurée peut être réglé en recourant à une monnaie enracinée dans le crime lui-même.
Depuis les crises dites alimentaire, financière, écologique, ce qui reste de l’Occident cherche à poursuivre la globalisation de l’apartheid. Mais ici aussi, la résistance se fait de plus en plus forte. Les premières fissures commencent à apparaître avec une réunion au début du mois de juin à Zermatt (Suisse) d’un groupe dont l’objectif est d’humaniser la globalisation en organisant des réunions annuelles sur la question. Des articles apparaissent dans les grands quotidiens visant à maintenir l’idée que le capitalisme est humanisable. Un professeur de philosophie en France, Daniel Innerarity, a publié dans Le Monde du 18 juin 2010 un article sous le titre « Mettre en place une politique de l’humanité ». Jean-Baptiste de Foucauld vient de publier un ouvrage L’abondance frugale (Editeur Odile Jacobs, 2010). Le sous-titre annonce la couleur : « Pour une nouvelle solidarité : mettre l’économie au service de l’humanité ».
Depuis qu’il y a eu rupture de l’humanité entre proie et vautour, la tour de silence s’est construite pour maintenir en place le système responsable de la destruction de l’humanité. Les voix qui s’élèvent ne peuvent être entendues grâce aux murailles sans failles construites pour qu’aucun son ne les traverse. Longtemps avant que les murs discriminateurs de l’humanité ne soient construits au Moyen-Orient, d’autres murs avaient été élaborés mentalement pour faire de l’acceptation de la rupture entre humanité proie et humanité vautour une langue ou un art de parler qui ne révolterait personne du côté des vautours.
Les crises récentes de fonctionnement du capitalisme sont présentées comme si elles dataient de ce siècle, à la rigueur de la fin du dernier siècle. Et pourtant, au long des cinq derniers siècles de l’humanité, les maîtres du système se sont organisés pour qu’aux moments des crises quelques proies puissent jouir du statut de vautour. La règle semble immuable comme on peut le voir en Afrique du Sud d’aujourd’hui. Les Nations Unies ont beau produire des textes et des résolutions cherchant à protéger les membres les plus vulnérables de l’humanité, rien n’y fait. Ces résolutions restent autant de vœux pieux, comme on peut l’observer en Afrique du Sud. Là, les plus pauvres des plus pauvres sont poursuivis tout simplement parce qu’ils veulent s’émanciper de la pauvreté sans devoir recourir aux recettes habituelles offertes par des politiciens à la recherche de votes. Les pauvres ne veulent pas laisser à d’autres (quel que soit leur expertise) qui ne connaissent la pauvreté que du dehors, le soin de définir la pauvreté et, surtout, décider des mesures à mettre en place pour combattre la pauvreté.
En Afrique du Sud, il est en train de naître un mouvement qui ressemble beaucoup à ce qui était né en 1994 au Mexique, avec les Zapatistas. AbahlaliBaseMjondolo (ABM) (littéralement les habitants des bidonvilles en iSizulu) a compris que seuls les pauvres comprennent la pauvreté, d’où elle vient, comment elle s’installe de l’intérieur et de l’extérieur. Pour les ABM, les experts de la pauvreté ne peuvent pas être les institutions qui furent responsables de son institutionnalisation, telles la Banque Mondiale, complices et promotrices d’un mode de penser et de calculer le rapport coût/bénéfice des limites supportables/acceptables de la paupérisation de l’humanité.
Entre maintenir le capital à bout de bras et maintenir l’humanité, il est de plus en plus clair que les efforts les plus rageurs vont vers la maintenance du capital et de sa systématisation, par tous les moyens, des plus violents aux plus doux. S’il fallait, froidement, sans émotion, faire l’inventaire des moyens utilisés pour réussir l’abolition de l’humanité, l’effroi serait tel que les gens qui s’y aventureraient préféraient reculer et désister. Le désistement s’explique par le fait, vérifiable, que les croisés de la globalisation sont tellement certains du bien fondé de leur entreprise qu’ils peuvent compter sur l’appui de celles et de ceux qui sont les plus opposés à la globalisation.
Où se trouvent, aujourd’hui, les plus grands défenseurs de la pauvreté, les plus grands promoteurs de l’égalité, de la justice ? Où se trouvent les plus grands défenseurs de la solidarité entre tous les humains ? Les institutions qui ont vocation de promouvoir et de pratiquer cette défense des plus vulnérables et des plus faibles sont, au long des siècles, devenues les piliers du processus inverse, d’une dynamique de destruction de l’humanité.
Contre l’Inversion des valeurs et la mécanisation de l’humain
Les appels à la raison, à la préservation de l’humanité venant des promoteurs de sa destruction, sont dérisoires comparés aux ressources aimantées par l’appât des gains qui peuvent se faire en tuant l’humanité. La majorité de l’humanité est encore persuadée de son humanitarisme, une pratique charitable de maintenir les liens entre les composantes de l’humanité. Cette certitude est cultivée et renforcée par tous les moyens. Le résultat est que l’humanité, à son insu, perd de sa substance, renonce à elle-même. La renonciation n’étant pas évidente, les pensées et les actes qui pourraient réveiller l’humanité à elle-même ne sont pas activés. En grande partie, semble-t-il, parce que les mécanismes de préservation, de l’instinct de survie, ont été remplacés par une mécanisation de l’humain.
Quelle que soit la direction où l’on se tourne pour vérifier cette assertion, les évidences s’accumulent. Mais la bataille entre le maintien du capital et le maintien de l’humanité démontre que l’humanité est comme un navire en perdition parce que les locataires du navire sont systématiquement encouragés à ne pas s’occuper de son état de navigabilité.
Le navire en perdition c’est la planète. Une planète asphyxiée par un mode de vie qui ne mérite plus ce nom, car transformé en recherche mal déguisée d’un mode de survivre qui tue en séduisant ses victimes pour qu’ils acceptent l’équation impossible de devenir proie et vautour. Aimé Césaire voyait cette fin à partir d’autres épisodes, trop bien connues, mais systématiquement dépecées, cuisinées, épicées et resservies ; oui l’histoire est devenue comestible et peut être dégustée comme un met des plus succulents. Pour ceux qui sont rassasiés de leur histoire, mais qui veulent entrer de plain pied dans la globalisation, ils renient leur histoire afin de la vendre encore plus facilement. L’histoire n’est pas que mémoire, c’est surtout la politique de comprendre comment interroger le présent et le futur à partir d’un passé où la recherche du maintien de l’humanité était une tâche quotidienne rythmée par des rituels et des cérémonies rappelant les devoirs de solidarité. C’est à ce prix qu’on évitera la tour de silence et qu’on sortira du choix impossible entre proie et vautour.
Comme Fanon l’avait noté dans sa conclusion des Damnés de la terre, les Africains et, nous ajouterions, tous les peuples qui ont connu de près ou de loin le processus de déshumanisation des Africains, sont appelés non pas à défendre les droits humains, écologiques, mais à parler haut et fort des devoirs de rompre avec le capital et tout ce qui, sous des apparences altruistes, séductrices, poursuit avec frénésie la disparition de l’humanité. Seules les violées savent et comprennent que la fin du viol ne peut pas venir de ceux qui continuent de penser que le viol a été recherché par les victimes. De même avec le capital et l’humanité. Cette dernière a été systématiquement violée par le capital. Tous les moyens ont été utilisés, depuis la violence la plus féroce jusqu’à la séduction la plus douce, pour atteindre cet objectif.
La perdition de la planète est beaucoup plus avancée que ses prétendus défenseurs voudraient nous faire croire. L’article d’Andy Lichterman nous aide à mesurer un aspect presqu’incommensurable de la situation où l’humanité se trouve aujourd’hui, par rapport aux forces déterminées de défendre par tous les moyens, militaires et autres, le capital. À travers son essai il est possible de comprendre l’urgence de la tâche de ne pas laisser seulement un petit groupe privilégié, d’experts, de riches, de décider du destin de notre planète.
Nous ne pouvons plus compter sur des dirigeants et/ou des penseurs recroquevillés sur leurs petits intérêts, leur manière de conter l’histoire. Par son engagement, son parcours, Pambazuka news peut jouer un rôle crucial dans la création d’un espace à l’échelle de l’ampleur de la tâche qui nous confronte, car la défense de la planète est devenue une obligation pour toutes ses habitantes sans exception.
* Jacques Depelchin est directeur de Alliance International Ota Benga pour la paix en RD Congo
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Que dire aujourd'hui de la République Démocratique du Congo?
Wamba Dia Wamba
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/65759
Toutes les résistances, toutes les luttes, par les conquis, pour réaffirmer leur humanité se sont heurtées à l’effort de nivellement mené par les conquérants. Il fallait en finir avec Ndona Kimpa Vita et les Antoniens qui exigeaient que les Kongolais soient traités comme des humains et non comme des machines productives à vendre au Nouveau monde, que l’intégrité du royaume soit préservée, que la capitale, Mbanza Kongo détruite soit reconstruite et que le Christianisme des sacrements participant dans la traite négrière soit remplacé par un Christianisme de sincérité du cœur soutenant les misérables—en ligne avec celui de St Antoine.
Il fallait en finir avec tous les dirigeants, comme M’siri, qui résistaient à l’établissement forcé de l’Etat Indépendant du Congo qui organisa un holocauste emportant au moins 12 millions de Congolais en moins de 30 ans. Même l’abolition de l’esclavage (1807-1868) ne reconnaissait pas nécessairement l’humanité des Congolais dont on pouvait couper les têtes et les mains (suivant la directive « d’exterminer les brutes ! ») pour augmenter le profit. A part les livres qui sont écrits pour exposer cet horrible holocauste, aucune pensée en faveur des réparations et des compensations ne fait son chemin. Qui porte la responsabilité de tout ce sang versé ?
Il fallait en finir avec Kimbangu Simon et les prophètes (Bangunza) soumis aux humiliations (leur faire nettoyer leurs matières fécales avec leurs mains, les chicoter chaque jour, jusqu’à 240 coups par jour pour Thomas Ntwalani, etc.), gardés en prison à perpétuité, déportés vers les forêts denses et les autres parties du Congo belge pour les éloigner de leur terroirs d’origine. Cela parce qu’ils exigeaient la libération spirituelle (« plus d’intermédiaires pour avoir accès à Dieu »), la libération politique (« les Blancs doivent partir ! »), la libération de toute l’Afrique, la libération des descendants des esclaves et leur retour en Afrique — restaurer l’humanité complète à la race noire la plus humiliée du monde.
Il fallait en finir avec Lumumba et les nationalistes qui ont osé revendiquer l’éradication complète des conditions coloniales de vie, la construction de l’indépendance réelle par des Congolais désaliénés et la foi inébranlable en l’avenir du Congo libéré. Même leurs corps physiques, dépiécés, devaient disparaître sans traces. Combien de nationalistes étaient assassinés pour mieux asseoir le néo-colonialisme sur le sol de l’Authenticité pro-occidentale, nous ne savons pas. Que de gens, dont les corps dépiécés (Pierre Mulele, Benguila, etc.,) ont été jetés dans le fleuve ; que de gens servis aux crocodiles (Raymond Bikebi, etc.)… Des villages entiers détruits… Des leaders innocents pendus. Pour beaucoup, leurs cimetières sont introuvables. Tous ceux qui sont morts pour soutenir (forcés de soutenir) le camp occidental de la Guerre froide n’ont rencontré auprès de celui-ci aucune reconnaissance morale ou matérielle. Ce sont les auteurs intellectuels de l’assassinat de Lumumba, par leurs structures dirigeantes —le Congrès américain et le Sénat belge -- qui, jusqu’ici, ont eu des commissions pour entre autres investiguer sur l’assassinat de Lumumba, nos leaders n’y pensent pas ! Les bourreaux directs, belges, de Lumumba, Mpolo et Okito, ne se sont jamais inquiétés ; l’un d’eux se félicita d’avoir gardé comme trophée deux dents de devant de Lumumba !
Des millions des Congolais peuvent être massacrés par des guerres d’interventionnismes extérieurs utilisant parfois des mercenaires croyant au nazisme (Muller, Mike Hoare..), par des rébellions de pillage des ressources naturelles, par l’insuffisance alimentaire, par l’oubli total de la santé publique,… sans qu’aucun écho de solidarité réelle ne se manifeste dans le monde. Même l’humanitarisme de charité est une occasion d’enrichissement de ses agents beaucoup plus que du salut de la population menacée. Faire le bien n’est vite fait que s’il est profitable. Il faut en finir avec Laurent Désiré Kabila qui rappela le souvenir de Lumumba et raviva la mémoire de celui-ci, qui doive rester à l’index historique absolu. Il faut que les soi-disant kabilistes trahissent leur maître et se rentourent des fidèles Mobutuistes. L’assassin n’était-il pas kabiliste ?
L’idée court toujours, dans les têtes et les cœurs des gens du monde, que le Congo est une géologie ou une géographie physique et non pas une population. Que faire des gens qui ne peuvent être que des obstacles au pillage des ressources naturelles recherchées par le monde civilisé ? Que faire des gens proclamant leurs revendications pour vivre, s’ils exposent les gens du pouvoir au service des forces extérieures ? Les animaux attendent les avantages de la saison prochaine ; les personnes sans espoir de lendemain, sans espoir de l’avenir, ne sont-elles pas moins que les animaux ? Que des gens, citoyens théoriques, meurent comme des animaux ordinaires ? Les chiens des riches sont enterrés convenablement.
Pendant les siècles de la traite négrière, le Christianisme était ou bien complice ou bien impuissant. La percée du Christianisme pentecôtiste, aujourd’hui, sert de plus en plus de parapluie à la paupérisation de la population congolaise, à gérer quotidiennement les funérailles et bénir le pouvoir auquel elle fournit des aumôniers, chiens de garde de spiritualité sans sincérité de cœur. La volonté des dirigeants d’éliminer Fernando Kutino, pour avoir voulu déclencher un mouvement populaire pour « sauver le Congo », est très forte.
Chaque cataclysme, dans la marche de l’histoire du pays, s’est achevé sans avoir résolu les problèmes rencontrés. Aucune preuve de volonté de le faire d’ailleurs ; les gens du pouvoir reprennent leur souffle pour recommencer leurs actes de destruction. Pas de réconciliation avec vérité n’a lieu parce qu’ils ne sont pas fidèles à la vérité de changement réel, mais fidèles à la continuité de leurs anciens privilèges, qu’ils désirent d’ailleurs augmenter. Le fameux partage de pouvoir, entretenu par les tireurs de ficelles, concerne la répartition, proportionnelle aux degrés de puissance des candidats, de ces privilèges.
Il fallait en finir avec des Congolais, dans le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, pour avoir soutenu qu’il ne suffit pas d’avoir été victime de génocide ou de la révocation répressive de son droit de nationalité pour avoir tous les droits sur tous les autres, adversaires ou sympathisants, pour avoir le droit de diriger, par la force, l’Etat ; il ne suffit pas que les puissances aient une sympathie de remord pour les victimes, pour que celles-ci se croient être dans le vrai et protégées de tout désastre (moral et politique). C’est en se convaincant les uns les autres qu’émerge le vrai. D’avoir aussi soutenu que le droit d’auto-détermination est universel, même vis-à-vis des alliés ougandais.
Il fallait en finir avec les gens de Bundu dia Kongo (BDK) pour avoir revendiqué le droit de refuser les résultats des élections par menaces, extorsion et grande corruption ! Et d’avoir réaffirmé avec force leur identité culturelle et historique…
Le gouvernement est souvent composé des membres qui sont plus préoccupés de rester au pouvoir et s’enrichir scandaleusement et rapidement tout en regardant devant eux l’appauvrissement catastrophique de la majorité de la population dont ils feignent d’ignorer les cris d’alarme et les revendications en faveur de la résolution des problèmes auxquels cette majorité reste confrontée. Dans le contexte de la mondialisation dominée par les entreprises transnationales monopolistes, l’engagement, par le gouvernement, au néolibéralisme, c’est-à-dire, à la destruction par, entre autres, des privatisations, de l’Etat, est un engagement à la paupérisation de la majorité de la population. C’est aujourd’hui un privilège d’être à l’école, d’être soigné, d’avoir de l’eau potable et de l’électricité, d’être sécurisé, d’habiter un endroit salubre…
Ceux qui sont au pouvoir ne semblent pas avoir une idée claire de là où on doit aller, ni de pourquoi et comment ce pays s’est retrouvé là où il est actuellement. Aucune mémoire respectable des ancêtres respectables. Comme si les ancêtres qui sont morts pour défendre le pays et son peuple sont morts en vain. Ce n’est que comme fonds de commerce propagandiste, qu’on mentionne P. E. Lumumba, J. Kasa-Vubu ou S. Kimbangu. Ils n’ont aucun sens de l’histoire. Les problèmes confrontés, par leurs ancêtres, il y a 500 ans (incapacité d’assurer la suffisance alimentaire, incapacité de produire les moyens de défense et d’assurer la défense du pays, son intégrité territoriale et la protection de sa population et ses biens) se posent toujours—même avec plus de gravité. En ce temps-là, le roi soi-disant éclairé Afonso I faisait plus confiance et mettait son espoir aux missionnaires dont certains s’engageaient dans le commerce des esclaves. Le dictateur Mobutu plaçait toute sa confiance aux dirigeants du « Monde libre » pour réprimer son peuple. Aujourd’hui, le peuple est invité de lever ses yeux vers la Chine pour attendre son salut. Les « élections libres et crédibles » n’ont mis en place que des offices qui légitiment ce qui a toujours causé la crise, aujourd’hui catastrophique.
Les élections rédemptrices ont eu lieu (2006), de façon précipitée—sautant celles locales, urbaines et municipales, proches des masses—sans que l’espoir d’un monde nouveau ne soit réalisé : le monde de l’oppression, des misères, de l’arbitraire, de la nuisible anarchie des anti-valeurs, de la « pillagecratie », de l’enrichissement égoïste et sans cause d’une minorité s’appuyant sur et soutenue par les sorciers de l’extérieur (les ‘agences’ de l’économie mondiale de crime—blanchissement d’argent, seigneurs de guerre pour le coltan rouge, négociateurs de contrats léonins, etc.), de l’impunité constitutionnelle ; le monde de la survie par tous les moyens imaginables et de la fragmentation de ce qui restait de l’Etat continue toujours, ayant pour dirigeants des élus du peuple !
Les questions restées pendantes avec l’inachèvement de la fin du génocide rwandais continuent de servir, sinon d’huile au feu de brousse habituel, le feu attisé ou allumé par le pillage des ressources, alors de motrices aux guerres dites de basse intensité. Les sentiments haineux de vengeance passent pour une politique de libération ou même celle de « développement national.» Les nouvelles institutions « démocratiques » supportent les possibles conditions de génocide non déclaré. Le communautarisme, souvent pointé comme solution, de part et d’autres, génocidaires et candidats au génocide, génère dans toute la région des sentiments d’exclusion que la transition congolaise devait résoudre.
Il faut renverser la condamnation de Ndona Beatrice Kimpa Vita et de tous les Antoniens pour raviver leur esprit et leur grande mémoire ; il faut condamner le roi Pedro IV et tous ses complices missionnaires - pour reconsidérer le Christianisme qui défend la dignité humaine des misérables. Pour guérir tous ceux qui ont été frappés par la peur maladive de ne plus oser lever la tête pour défendre leur humanité. Entre le vendeur d’hommes et la protectrice d’hommes, face à l’esclavage, qui devait être brûlé vif, ne faut-il pas des compensations et des réparations à qui de droit ? Qui s’oppose à l’érection du monument de Kimpa Vita ? Pourquoi n’a-t-elle pas encore été consacrée Sainte ?
Il faut acquitter et réhabiliter Kimbangu Simon et les Bangunza pour faire revivre leur esprit et leur mémoire ; l’essentiel de ce qu’ils revendiquaient constitue aujourd’hui les valeurs que prétend défendre l’ONU et plus : ils avaient guéri des malades physiques et spirituels ; ils ont facilité la décolonisation et même, dit-on, Kimbangu avait libéré le roi des Belges de la prison des Nazis. Ils ont facilité l’acceptation du Christianisme dans les masses (ils ont combattu le fétichisme, l’esclavage domestique, la sorcellerie, etc.) Pour guérir tous ceux qui étaient désorientés par les accusations qui donnaient l’impression de relever d’un monde à l’envers, il faut des réparations, des compensations et des cérémonies nationales de repentance. Qui devait être puni ? Celui qui a organisé des travaux forcés qui entraînaient des épidémies et mort d’hommes, ou celui qui soignait les malades et calmait leurs esprits ? Celui qui revendiquait la liberté sur sa terre natale ou celui qui l’enchaînait sur sa terre ?
* Pr Wamba Dia Wamba est sénateur honoraire et ancien vice-président de la Commission permanente du Sénat sur les affaires administratives et juridiques, de l’administration de transition de la République démocratique du Congo.
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Guinée : Deux profils différents pour la bataille du second tour à la présidentielle
Mamadou Aliou Diallo
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/65757
Alpha Condé : la dernière carte ?
Né en 1938 à Boké (Ouest du pays), le Professeur Alpha Condé, se présente pour la troisième fois, à une élection présidentielle en Guinée. Il a été investi, au mois d’avril dernier, par les militants de son parti, candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg) dont il est le fondateur.
Ses atouts : A 73 ans, ce vieux routier de la politique guinéenne et leader charismatique du Rpg, joue sa dernière carte. Economiste de formation, Alpha Condé se présente peut-être la dernière fois à un scrutin présidentiel après ceux de 1993 et de 1998 remportés par le défunt président, le général Lansana Conté. Il dispose d’un électorat fidèle chez les Malinkés (en Haute Guinée, son fief) ainsi que dans la capitale Conakry, notamment parmi les intellectuels et commerçants malinké. Il dispose aussi d’un solide réseau des relations avec des d’Etat africains dont Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire et Blaise Compaoré du Burkina faso, qui pourraient lui être utile dans la mobilisation des fonds pour sa campagne électorale sans compter le soutien de certains de ses militants.
Opposant historique aux différents régimes qui sont succédés en Guinée depuis l’indépendance du pays en 1958, le professeur Alpha Condé se définit comme « le candidat aux mains propres », pour n’avoir jamais participé à l’exercice du pouvoir. Ce qui lui vaut une certaine considération parmi les opposants aux gouvernements précédents qui l’avaient martyrisé pour ses opinions. Bien que Malinké, ethnie à laquelle appartenait l’ancien président guinéen, Sékou Touré, Alpha Condé avait en effet été condamné à mort par contumace en 1970 par le régime du parti unique. Il passera plusieurs années à l'étranger, jusqu'au coup d'Etat militaire de 1984 qui mit fin à 26 ans de régime autoritaire dirigé par le Parti Démocratique de Guinée/ Rassemblement Démocratique Africain (PDG/RDA) après la mort, quelques jours plus tôt, de Sékou Touré.
Alpha Condé retourne en Guinée à la faveur de l'instauration du multipartisme au début des années 1990 et se présente aux élections présidentielles de 1993 et de 1998 remportées par le général Conté. Il se console alors d'un poste de député à l'Assemblée nationale où il n'a presque jamais siégé. Arêté quelques jours après le scrutin de 1998 et condamné à 5 ans d'emprisonnement pour "atteintes à l'autorité de l'Etat et à l'intégrité territoriale", il bénéficiera d'une grâce présidentielle 20 mois plus tard. Ses faiblesses : En dehors du Mandé (pays des Malinké) et de Conakry, le Rpg n’est pas encore bien implanté dans les autres régions. C’est le cas par exemple dans les régions administratives de Mamou (centre du pays), Labé (Nord), Boké (ouest) et dans une moindre mesure en Guinée forestière où existe quand même une forte communauté malinké. La présence à cette élection d’une multitude de candidats d’origine malinké, dont l’ancien Premier ministre, Lansana Kouyaté, a été un facteur d’émiettement de son électorat traditionnel pour le premier tour. Reste à savoir si les facteurs de rassemblement vont également jouer sur cette base qui reste malgré tout déterminante.
Alpha Condé est aussi le seul des 24 candidats à cette présidentielle à avoir passé la plus grande partie de sa vie à l’étranger. C’est dire que contrairement aux autres, il ignore certaines réalités du pays. Il manque aussi d’expérience en matière de gestion des affaires publiques pour n’avoir jamais géré un poste de responsabilité dans l’administration guinéenne. Son âge (73 ans) pourrait également constituer un handicap. D’aucuns le trouvent en effet trop vieux pour diriger le pays et souhaitent plutôt avoir un président plus jeune, incarnant la rupture avec une vision passéiste de la gestion du pouvoir et résolument tourné vers l’avenir, à l’image de Barack Obama. Le leader du Rpg fait aussi peur à la communauté libano-syrienne qui craint, une fois élu, qu’il les chasse du pays sous prétexte de lutter contre la corruption. A ce propos, le passé poursuit Alpha Condé, dont cet extrait du journal de son parti date de juillet 2003, avec ce titre: «Pourquoi devons- nous barrer la route aux libano- syriens et à tous leurs semblables ».
Cellou Dalein Diallo : Le credo de l’unité nationale
Né en 1952 à Dalein, dans le Fouta- Djalon, nord du pays, Cellou Dalein Diallo a été Premier ministre (2004-2006) du feu général Lansana Conté. Limogé en catimini et contraint momentanément à l’exil, il est revenu au-devant de la scène politique nationale en 2008 et rejoint l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) qui le désigne candidat à l’élection présidentielle.
Ses atouts : A 58 ans, Cellou Dalein Diallo s’est lancé à la conquête du pouvoir en dénonçant l’ethnocentrisme qui menace l’unité et la cohésion nationale. Sa popularité dérangeait jusque dans la junte militaire quand celle-ci a pris le pouvoir. Il devint alors la cible des attaques tous azimuts, les autorités brandissant même l’épouvantail des audits sur sa gestion en tant qu’ancien Premier ministre. D’autres lui collent des étiquettes ethnocentristes. Il fait partie de ceux qui ont failli perdre leur vie pendant la sanglante répression du 28 septembre 2009 et s’en sort avec plusieurs côtes brisés, devant des militaires qui avaient reçu l’ordre d’éliminer physiquement certains responsables des partis politiques regroupés au sein du Forum des Forces vives.
Cellou Dalein Diallo jouit d’une popularité en Moyenne Guinée, son fief. Il dispose d’un réservoir électoral dans les régions administratives de Labé (nord du pays), Mamou (centre), Boké (ouest) et à Conakry. Outre l’électorat traditionnel de l’Ufdg, il recrute aussi dans les rangs du Parti de l’Unité et du Progrès (Pup) de l’ancien président Lansana Conté et de l’Union pour le progrès et le renouveau (Upr) de Siradiou Diallo, ancien journaliste à l’hebdomadaire Jeune Afrique, décédé il y a trois ans. Il est aussi entrain de faire une percée remarquable dans les autres régions du pays, si l’on tient compte de la mobilisation suscitée par son parti depuis le début de la campagne électorale, le 17 mai dernier. C’est le cas notamment dans le Mandé (pays Malinké) comme Siguiri, Kankan ainsi qu’en Guinée forestière dont Kissidougou et Nzérékoré.
Il est le candidat qui connaît le mieux les différents rouages de l’administration guinéenne pour avoir travaillé pendant plus de 30 ans dans la Fonction publique. Il a occupé onze postes ministériels dont celui de l’Equipement. Ce qui lui a permis de réaliser un certain nombre d’infrastructures le pays qui ont fait partie de ses arguments de campagne. Notamment le pont de Djélibakoro et celui sur le fleuve Tinkisso, ainsi que la route qui relie Kankan à Kourémali via Siguiri, en haute Guinée.
Ses faiblesses : Ses adversaires l’attaquent sur son bilan. Sa longévité dans le gouvernement du général Lansana Conté, la versatilité de l’électorat peul et les soupçons de non neutralité de l’administration et de certains membres du gouvernement de transition qui pourraient fausser le jeu démocratique. Il pourrait aussi être victime du vote ethnique en dans ce second tour de la présidentielle.
* Mamadou Aliou Diallo est un journaliste d’origine guinéenne. Il a eu à travailler avec plusieurs agences de presse panafricaines.
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Ethiopie: dire la vérité aux dépossédés
Alemayehu G. Mariam
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/65756
Dites toujours la vérité au pouvoir. Mais parfois il est aussi nécessaire de dire la vérité à ceux sans pouvoir. La vérité doit être énoncée non seulement parce qu’elle démasque les hypocrites et les vilains, mais aussi parce qu’elle a un effet cathartique, purificateur pour ceux qui la défendent. Par-dessus tout, la vérité doit être proclamée parce qu’elle est la quintessence de la liberté : la vérité vous libérera. C’est dans un esprit libéré des erreurs politiques du passé, des mauvaises appréciations et dans la liberté d’inventer un nouvel esprit démocratique en Ethiopie que j’offre ces commentaires à l’opposition éthiopienne.
Mon propos n’est pas de faire la leçon ou d’accabler. Je laisse ce travail aux dictateurs qui sont les vrais experts. Si je m’exprime librement à propos de l’opposition éthiopienne, c’est dans le but de l’aider ‘’ à faire le ménage’’, pour ainsi dire, afin que nous puissions prendre un nouveau départ sur le long chemin vers la démocratie. Il est dit que la vérité fait mal, mais je ne suis pas d’accord. Je crois que la vérité guérit, donne du pouvoir et libère ses défenseurs.
L’opposition éthiopienne dans un miroir.
Maintenant que l’agitation autour de ‘’l’élection’’ de Meles Zenawi est retombée, l’heure est venue pour l’opposition éthiopienne de procéder à un état des lieux et de reconsidérer sa façon de mener les affaires. Nous commencerons par la question la plus évidente : qu’est-il arrivé à l’opposition dans cette élection frelatée de 2010 ? Zenawi argumentera vigoureusement qu’il a battu l’opposition par 99,6% des voix (545 des 547 sièges au Parlement). Si ceci représentait la véritable défaite de l’opposition je ne serais pas si inquiet. Perdre une élection factice, c’est comme perdre son appendice. Mais il y a un autre genre de défaite que je trouve plus inquiétante. C’est la défaite dans le regard et le cœur des gens. Je crains que collectivement l’opposition ait souffert d’une perte de crédibilité considérable aux yeux du peuple en raison du spectacle continuel des chamailleries, des mesquineries, des tergiversations, des disputes internes, de la désorganisation, de l’incapacité de s’unir, les jeux de pouvoir et l’incapacité d’articuler un ensemble de principes directeurs ou d’idées pour l’avenir du pays.
Lors des élections de 2005, il y avait un esprit unificateur au sein de l’opposition. Pour cette raison elle a réussi à battre le dictateur au pouvoir au cours d’élections libres. Ce qu’il y avait d’extraordinaire dans cette élection, ce n’est pas seulement que le parti d’opposition a battu le parti au pouvoir à plate couture, mais aussi parce que l’opposition a bénéficié d’un immense soutien du public. Le 7 mai 2005, une semaine avant les élections de cette année là, l’opposition a été capable de rassembler quelque 3 millions de personnes dans la capitale. Le 26 mai, plus de 26 millions de personnes votaient librement, donnant à l’opposition une victoire décisive au parlement, y compris les sièges de la capitale.
Bien sûr les élections ont été volées par l’actuel dictateur, après avoir massacré dans les rues des centaines de protestataires désarmés et emprisonnés et fait disparaître des milliers d’autres. En 2005, le peuple éthiopien a tout mis dans la balance : sa vie, ses moyens de subsistance et ceux qui lui sont chers. En 2010 : Où le peuple est-il passé ? C’est la question posée par « Awramba Times », le seul journal indépendant de l’Ethiopie qui lutte et qui est régulièrement la cible de la vengeance et de la fureur de la dictature.
Le peuple n’a pas disparu seulement parce que Zenawi a lâché dans les rues ses sbires à la gâchette facile. Peut-être le peuple ne s’est-il pas montré parce qu’il a perdu confiance en l’opposition. Lorsque Zenawi a enfermé les dirigeants de l’opposition dans ses donjons après l’élection de 2005, le peuple est resté fidèle. Ces dirigeants de l’opposition sont restés présents dans son esprit et son âme et dans ses prières. Les dirigeants de l’opposition sont-ils restés fidèles après avoir été ‘’pardonnés’’ et libérés ? C’est peut-être la vérité la plus difficile à accepter et à laquelle les dirigeants de l’opposition doivent faire face. J’ai entendu mille anecdotes qui disaient : les dirigeants de l’opposition ont gravement déçu le peuple. Par leurs propos, leurs actes et leur conduite, ils ont échoué à maintenir vivants les rêves du peuple, ses aspirations et sa soif de justice et de démocratie. En résumé, les gens se sentent trahis et abandonnés par de nombreux dirigeants de l’opposition en qui ils avaient placé tant de confiance.
L’opposition dans le regard de Zenawi
Zenawi connaît l’opposition mieux qu’elle ne se connaît elle-même. Il l’a étudiée et comprend comme elle (dys)fonctionne. Une analyse soigneuse de ses déclarations publiques au fil des années témoigne d’un point de vue peu flatteur. Il estime que les dirigeants de l’opposition lui sont inférieurs sur le plan intellectuel. Il peut se montrer plus malin, plus rusé, plus habile n’importe quel jour de la semaine. Il est convaincu que l’opposition dysfonctionne, est paresseuse et négligeable et ne sera jamais une menace pour son pouvoir.
Dans ses discours et commentaires publics, Zenawi ne témoignent jamais d’autre chose que de haine et de mépris à son égard. Au mieux il la considère comme un enfant égaré qui nécessite une surveillance constante, qui a besoin d’être discipliné et puni pour être maintenu sur le droit chemin. Comme à des enfants, il offre à certains d’entre eux un bonbon : un emploi, une voiture, des maisons et n’importe quoi d’autre susceptible d’acheter leur silence. Ceux qu’il ne peut acheter, il les intimide, les place sous surveillance et les persécute. Le plus souvent il s‘efforce de tromper, piéger l’opposition. Il enverra des Anciens pour leur parler et les assoupir cependant qu’il prolonge les ‘’ négociations’’ pour gagner le temps qu’il lui faut pour leur couper l’herbe sous les pieds. Il lui a jeté un sort au point qu’elle oublie qu’il est le maître illusionniste (ce qui signifie que Zenawi gagne toujours et l’opposition perd toujours)
Pour la première fois en 20 ans, Zenawi change un peu de ton parce que l’opposition semble se réveiller et les donateurs occidentaux font la grimace, un peu embarrassés de le soutenir. Le visage plus aimable, plus doux de Zenawi fait tout doucement son apparition. Après ‘’ sa victoire électorale’’, il a tendu un rameau d’olivier à l’opposition, enveloppé dans son inimitable cordialité condescendante, sa magnanimité et son paternalisme. Il a solennellement ‘’promis à tous les partis qui n’ont pas réussi à obtenir le soutien du peuple… aussi longtemps que vous respectez la volonté du peuple et la Constitution du pays et les lois qui le gouvernent, nous travaillerons en consultation avec vous sur tous les principaux sujets nationaux. Nous faisons cette promesse, non seulement parce que nous croyons que nous devrions être partenaires mais aussi parce que vous avez le droit de participer et d’être entendu’’. En d’autres termes, il veut faire sa petite cuisine de sorte que les dirigeants aimables de l’opposition puissent entrer par la porte de service et lui faire la conversation. Mais il ne leur sera jamais permis de sortir de la cuisine et de s’asseoir à la table du dîner.
L’opposition : de qui est-ce qu’on cause ?
Les politiques de l’opposition dans le contexte africain sont une tragi-comédie. A commencer par Nkrumah- le père du parti unique en Afrique- les groupes et partis d’opposition ont été mis en scène, supprimés, persécutés par les détenteurs du pouvoir. Il y a seulement quelques jours qu’il a été rapporté que 14 des partis politiques d’opposition ont déclaré vainqueur le parti de Meles Zenawi, le Ethiopian People Revolutionary Democratic Front (EPRDF), lors des élections de 2010 et lui ont adressé des messages de félicitation. Ceci revient à la poule qui félicite le renard, qui vient prélever ses petits en-cas, d’avoir bien gardé le poulailler.
C’est aussi fou que bizarrement africain. Où ailleurs au monde serait-ce possible que les laquais organisés de sorte à se présenter sous les aspects d’un parti d’opposition bénissent une élection universellement reconnue comme une mascarade et une fraude ? Qu’en est-il de ces partis politiques à qui il est permis de se présenter aux élections afin de permettre au parti au pouvoir de jouer le grand acte de la démocratie ? Les partis d’opposition sont-ils ceux-là qui sont menottés et enchaînés à la ligne de départ cependant que le parti au pouvoir court vers la ligne d’arrivée ? L’opposition est-elle cette agrégation amorphe de partis ou groupes faibles, divisés, chamailleurs, fragmentés, perpétuellement en train de se disputer ? Ou bien est-ce l’agrégation râleuse des défenseurs des Droits de l’Homme, des organisateurs de la société civile, les journalistes et autres professionnels des médias et des académiques ? A moins que ce ne soit les groupes engagés dans la lutte armée dont le but est la destitution de la dictature par la force ?
Qu’est-ce que l’opposition éthiopienne doit faire ?
Expier et se réconcilier avec le peuple : Il y a la parabole bien connue du fils qui prit des richesses de son père et les galvauda. Il est rentré à la maison en pensant que son père le rejetterait et les désavouerait. Mais le fils a demandé pardon à son père. Rempli de compassion et d’amour, le père pardonna à son fils. Il y a là une bonne leçon pour l’opposition : ils doivent aller vers le peuple et demander pardon d’avoir galvaudé leurs espoirs, leurs rêves, leurs aspirations. Ils doivent dire au peuple ’’ nous vous avons trahi. Nous le regrettons profondément. Nous promettons de faire de notre mieux pour regagner votre confiance. Nous corrigerons nos erreurs’’.
A mon avis, présenter des excuses est la première chose que les dirigeants de l’opposition doivent faire avant que de reprendre contact avec le peuple. Je sais que beaucoup d’entre nous, y compris moi-même, trouvons excessivement difficile d’admettre que nous avons commis une erreur, que nous nous sommes trompés. Nous avons le sentiment que c’est un signe de faiblesse de dire ‘’ je suis désolé, j’ai mis la pagaille’’. Mais la vraie et tragique erreur est de savoir qu’on a fait faux et d’insister de façon irrationnelle que faux c’est juste. Le peuple mérite des excuses publiques et sans réserves de la part des dirigeants de l’opposition. Ils seront pardonnés parce que les Ethiopiens sont un peuple décent, compréhensif et compatissant.
Agissez collectivement pour obtenir la libération de Birtukan Midekksa et tous les prisonniers politiques éthiopiens : Birtukan Midekksa est le symbole de l’opposition démocratique en Ethiopie. Elle paie le prix ultime. Zenawi la ridiculise. Mais elle reste la personnification de l’esprit d’opposition éthiopienne. Nous devons travailler sans relâche pour la libération de Birtukan et des milliers de prisonniers politiques d’Ethiopie.
Apprenez des erreurs passées : Il est dit que ceux qui n’apprennent pas de leurs erreurs passées sont condamnés à les répéter. De nombreuses erreurs ont été commises par le passé par les dirigeants de l’opposition. Elles doivent être identifiées et on doit en tirer les leçons.
Comprendre l’opposition à l’opposition : L’opposition à l’opposition ne doit pas être sous-estimée. Sa force réside dans le ‘’diviser pour régner’’ et en jouant la carte ethnique. Si l’opposition s’unit et agit sur la base d’un programme commun, les adversaires sont impuissants.
Développer un programme commun basé sur des causes et des thèmes : Les thèmes principaux- démocratie, liberté, Droits de l’Homme, l’autorité de la loi, l’unité du peuple et l’intégrité physique de la nation éthiopienne- sont partagés par tous les éléments de l’opposition. Pourquoi ne pas construire un programme collectif pour faire progresser et soutenir ces thèmes ?
Accepter de diverger sans être désagréable : Les dirigeants de l’opposition et leurs adhérents doivent renoncer au principe destructeur,’’ si vous n’êtes pas d’accord avec moi à 100% vous êtes mon ennemi’’. Il n’y a rien de répréhensible à voir des esprits raisonnables qui divergent. Les désaccords et les divergences sont des éléments essentiels de la démocratie. Si l’opposition ne peut tolérer les divergences dans ses propres rangs, en quoi diffère-t-elle de la dictature ?
Prévenir le culte de la personnalité : Une des plus grande faiblesse de l’opposition éthiopienne a été le culte de la personnalité. Nous créons des images héroïques d’individus en tant que dirigeant, les inondons de flatteries, les louangeons jusqu`à quasiment les vénérer. Souvenons-nous que chaque fois que nous faisons cela, nous préparons de nouveaux dictateurs pour l’avenir
Agissez toujours de bonne foi : Les dirigeants et les adhérents de l’opposition doivent toujours s’efforcer d’être de bonne foi et se montrer justes et directs dans leurs relations personnelles et organisationnelles. Nous devons dire ce que nous pensons et penser ce que nous disons. Des jeux d’influence nous laisseront tous naufragés sur une île insignifiante.
Penser en termes de générations et agissez maintenant. Le but de la lutte n’est pas de gagner les élections ou d’occuper un poste public.
La lute consiste à établir une démocratie, à protéger les Droits de l’Homme, à institutionnaliser l’autorité de la loi et l’obligation à rendre des comptes en Ethiopie. Ce ne nous concerne pas. Ceci concerne la jeune génération.
Donnez une chance aux jeunes de diriger : La vieille génération de l’opposition doit apprendre à tirer sa révérence. Donnons une chance à la jeune génération de diriger. Après tout, c’est son futur. Nous pouvons être le plus utile si nous leur enseignons à partir de nos propres erreurs et les guidons vers des sommets plus élevés. Zenawi croit qu’il peut mouler les jeunes à son image afin d’établir un Reich qui dure mille ans. Il ne réussira jamais. S’il est une vérité universelle à propos des jeunes, c’est qu’ils aiment la liberté par-dessus tout. Que la vieille génération soit les porteurs d’eau pour les jeunes qui construirons l’Ethiopie du futur, comme aurait dit Birtukan
Penser comme des gagnants et non comme des victimes : La victoire pour le vainqueur n’est pas ce que l’on croit et la défaite n’est pas ce que ressentent les vaincus. Il y a de la défaite dans la victoire et de la victoire dans la défaite. Autant la victoire que la défaite sont d’abord des états d’esprits. Ceux qui ont gagné les élections par 99,6% des voix projettent une image victorieuse. Mais nous savons qu’ils ont une victoire creuse obtenue par la force et la fraude. La vraie question est de savoir si l’opposition se voit comme gagnante ou comme perdante. Les vainqueurs pensent et agissent comme des vainqueurs et il en va de même pour les perdants.
Ne jamais renoncer. JAMAIS.
Sir Winston Churchill avait raison lorsqu’il a dit ’’ Ne renoncez jamais- jamais, jamais, jamais, jamais, ni dans le petit ni dans le grand, ni dans le mesquin ou ni dans le généreux, ne renoncez jamais, excepté dans la conviction de l’honneur et du bon sens. Ne vous soumettez jamais à la force, ne vous avouez jamais vaincu devant la force apparemment supérieure de l’ennemi’’. Ce qui ne doit pas être fait par l’opposition : ‘’Trompez-moi une fois, la honte soit sur vous ; trompez-moi deux fois et la honte soit sur moi !’’
La rumeur veut que les Anciens (shimagles) de Zenawi fassent des allers-retours pour passer un accord avec l’opposition. Il est même dit que les dirigeants de l’opposition ont été prévenus que s’ils refusaient de négocier et d’accepter publiquement le résultat des ‘’élections’’, ils auraient tôt fait de rejoindre Birtukan La dernière fois que Zenawi a utilisé son cheval de Troie par l’intermédiaire des Anciens, à l’intention de l’opposition, il lui a passé la corde au cou. Birtukan Midekksa est aujourd’hui en prison précisément parce qu’elle a accepté le pardon des Anciens. Maintenant, elle est emprisonnée à vie parce que, selon les allégations, elle a violé les termes de l’accord. Voici ce qu’elle a dit quelques jours avant que Zenawi la rejette en prison :
‘’ Permettez-moi de commencer avec les négociations avec les Anciens : l’esprit de la négociation par les Anciens consistait à forger un accord acceptable par les deux parties et de créer un esprit de réconciliation et la poursuite du processus politique. Raison pour laquelle ce processus a nécessité plusieurs mois. Considérant le problème qui a surgi suite aux élections de 2005, au lieu de déclarer qu’un parti avait raison et l’autre tort, les Anciens ont servi de médiateurs pour obtenir que chaque parti demande pardon au peuple et se demande pardon mutuellement. Ils ont présenté au deux partis des éléments qui entraîneraient un esprit de réconciliation, ont négocié ces points avec les partis, minimisant les opinions de ceux-ci autant que possible afin qu’ils puissent progresser en démontrant leur détermination dans leur vision politique sur des questions fondamentales
La négociation par l’intermédiaire des Anciens avait pour objectif de parvenir à un accord négocié ‘’donnant-donnant’’. Elle se fondait autant sur la volonté gouvernementale que sur sa participation… Néanmoins, même à ce stade, l’esprit de réconciliation qui était le but de la négociation n’a pas évolué. Bien que d’autres objets d’accord aient été laissés de côté, les Anciens ont fait savoir que si nous signions ce document, élaboré selon l’esprit de la culture de notre pays, il signifierait à tous que l’affaire est close et se terminait à ce stade. Le dossier serait fermé et les Anciens retourneraient à leurs médiations… L’accord incluait la libération de tous les prisonniers incarcérés en relation avec la Coalition for Unity and Democracy (CUD) sans préconditions. Il était prévu que des pourparlers directs aient lieu entre le gouvernement et les anciens dirigeants du CUD et que les dirigeants du parti continuent d’assumer leurs responsabilités à l’égard du parti sans restriction…’’
Non seulement il n’y a pas eu de suites à cet accord négocié et aucun prisonnier politique n’a été relâché, mais Birtukan elle-même est devenue le prisonnier numéro un du pays. Pour Birtukan, c’était un marché faustien. En échange de sa libération, Zenawi demandait son âme. Mais jamais elle ne vendra son âme et donc elle est de retour dans l’enfer de Zenawi. Souvenez-vous de Birtukan si vous voyez venir les Anciens portant des cadeaux et parler d’une langue fourchue !
‘’ Trompez-moi une fois et la honte soit sur vous, trompez-moi deux fois et la honte soit sur moi’’
Comme je l’ai dit précédemment, il y a beaucoup à faire pour réinventer et revitaliser la politique d’opposition.
Ci-dessus j’ai soulevé certaines questions concernant l’opposition en Ethiopie. Maintenant je vais leur donner une réponse. L’opposition c’est toute personne qui croit et prend position pour une authentique démocratie, la protection des Droits de l’Homme et l’institutionnalisation de l’autorité de la loi, de l’obligation de rendre des comptes, de la transparence de la part du gouvernement. L’opposition éthiopienne, c’est toute personne qui s’élève contre la dictature, la tyrannie et le despotisme.
Faites-vous partie de l’opposition ?
* Alemayehu G. Mariam est professeur de sciences politiques à la California State University, San Bernardino et avocat basé à Los Angeles. Cet article est d’abord paru dans le Huffington Post. Il a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Commentaires & analyses
Pas de solution de rafistolage aux problèmes raciaux de l’Afrique du Sud
Gumede William
2010-07-06
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65764
Au regard de l’histoire longue et âpre de la discrimination raciale en Afrique du Sud et son héritage persistant, il est étonnant que le pays n’ait pas encore eu de débat public ouvert et transparent sur la question raciale.
En réalité, les extrémistes de chaque côté de la ligne des couleurs sont les seules personnes qui parlent publiquement de la question raciale. Ce qui, en fin de compte, ne crée pas de débat rationnel possible sans lequel nous ne pouvons concocter ensemble des solutions durables. Nous ne serons pas non plus capables de nous mettre d’accord sur les bases pour mettre en oeuvre des politiques visant à redresser la situation, que ce soit dans le domaine du sport ou sur le lieu de travail.
Bien sûr, nous ne devrions pas être prisonniers du passé, mais nous ne pouvons pas simplement l’oublier ou dire que « l’apartheid ne m’a pas touché(e) », ou que « je ne savais pas », comme si l’année 1994 marquait l’Année Zéro à partir de laquelle nous sommes tous partis du même niveau en termes d’éducation, de propriété et de capital social.
Les Sud-Africains ne parlent pas du passé, c’est pourquoi les Blancs resteront bloqués par la peur du futur et se sentiront coupables du passé et les Noirs continueront d’être pleins de ressentiments et de colère.
Les anciens leaders de l’apartheid, comme l’ex-président FW de Klerk, n’ont fourni aucune excuse sans équivoque. L’Afrique du Sud a eu une Commission Vérité et Réconciliation, en charge des abus de racisme durant les trois dernières décennies de l’apartheid, mais le processus, destiné à enrayer les atrocités de la séparation raciale, fut finalement limité. Par exemple, les violations graves des Droits de l’homme durant l’apartheid n’ont attiré l’attention de la Commission que sur une période très courte.
Le fait que la pauvreté soit toujours liée aux questions raciales - avec des Noirs, pauvres pour la plupart, et des blancs, riches pour la plupart - est un réel obstacle à la réconciliation raciale. Il est improbable que celle-ci ait lieu, à moins qu’elle ne soit accompagnée d’une justice sociale. Bien que l’ancien président Nelson Mandela ait initié une politique de réconciliation à large portée - l’ancien président Thabo Mbeki l’a aussi fait, mais à une plus petite échelle -, celle-ci n’a pas été accompagnée de mesures économiques en faveur de ceux qui souffrent toujours le plus du legs de l’apartheid : éducation limitée, reprise de possession des terres et de la propriété, familles brisées. Le parallèle permanent entre les inégalités économiques et les questions raciales contribue à perpétuer le racisme.
La récession économique de l’Afrique du Sud augmentera les tensions raciales. Naturellement, les Blancs qui connaîtront des difficultés économiques seront tentés d’accuser un gouvernement de l’ANC majoritairement noir d’être "contre" eux. Les Sud-africains noirs plus pauvres pourraient aussi être séduits par l’idée de retourner leur colère contre les Blancs en général, plutôt que voir le problème comme une combinaison de l’héritage des injustices de l’apartheid et des politiques erronées des gouvernements démocratiques majoritairement noirs. La Promotion Economique des Noirs (Black Economic Empowerment, BEE)) est susceptible, comme c’est le cas actuellement, de ne faire qu’augmenter le fossé économique entre un petit groupe de noirs aisés et la majorité, et d’augmenter le ressentiment de cette dernière.
L’impact que des siècles de racisme ont également sur les destinataires du BEE est souvent sous-estimé. Certains noirs surcompensent le préjudice blanc. Mbeki a souvent réagi de façon exagérée au racisme blanc, perçu comme tel par certains. Par exemple, en partie parce que les Sud-Africains blancs comparaient arbitrairement le règne écœurant du Zanu-PF du Zimbabwe avec ce qui pourrait leur arriver avec l’ANC, Mbeki a usé de son inefficace "diplomatie tranquille" auprès du pays voisin et s’est principalement penché sur la situation critique des Zimbabwéens blancs. Résultat, les personnes souffrant du poids de la domination autocratique de Mugabe – à savoir les Zimbabwéens noirs - ont fini par souffrir encore plus de la tyrannie continue de Mugabe, que la diplomatie tranquille de Mbeki a ironiquement aidé à prolonger.
Nous ne devrions pas nous cacher derrière la solidarité raciale pour soutenir des pratiques très anti-démocratiques. La désignation d’un juge noir doit-elle être, par exemple, applaudie simplement parce qu’il/elle est noir(e), bien qu’il n’agisse pas différemment ? Pour exemple, dans de nombreux jugements pour viol, l’appréciation des juges noirs s’est révélée aussi conservatrice que celle de leurs confrères blancs de la vieille école. Nombreux sont les juges et magistrats, noirs et blancs, qui, de façon surprenante, tiennent toujours les victimes pour responsables du viol. Dans de tels cas, un magistrat et juge noir ne peut bien sûr pas être soutenu simplement du fait de sa couleur de peau, même si ses jugements sont manifestement contraires à l’esprit de la constitution.
En outre, pour traiter la question du racisme, nous devons aussi être capables de signaler - au lieu de nous taire – les cas où une personne noire, incompétente ou inexpérimentée, est accusée de ne pas travailler parce que de toute façon « il/elle est noir(e) ». La compétence n’est bien sûr pas la chasse gardée des Blancs. L’excellence noire doit être reconnue. Les cas de compétence noire ne devraient pas être rejetés du fait de leurs affinités, politiques ou autre, et les cas d’incompétence blanche ne peuvent pas non plus être ignorés. En fin de compte, les pauvres sont ceux qui paient les conséquences de l’incompétence, qu’elle soit blanche ou noire.
Le spécialiste américain de la question raciale, Cornel West, met en garde contre les pièges de ce qu’il appelle un recours aux politiques "d’authenticité" noire, au moyen desquelles chaque question est réduite à une dialectique raciale. Il défend justement le remplacement du raisonnement racial par le le raisonnement moral, pour comprendre la lutte pour la liberté des Noirs non pas comme une affaire de pigmentation de la peau et de phénotype racial, mais plutôt comme une question de principes éthiques et de politiques sensées.
Utiliser le mot « racisme » pour écarter les opposants, dans le but d’un épanouissement personnel au détriment du bien public, ou pour détourner l’attention de nos propres erreurs, est tout simplement une mauvaise méthode et ne fera qu’accroître la tension raciale. De fait, il semble y avoir de plus en plus d’incidents de racisme à la « Crying Wolf », commis clairement pour des raisons purement opportunistes. Les Sud-Africains blancs – ceux qui appellent à la défense de l’afrikaans par exemple - vont devoir, non pas sur la base de l’exclusivité raciale mais sur celle de la globalité, inclure dans leur lutte les Noirs parlant l’afrikaans et se battre pour la défense des autres langues indigènes également, comme le Zulu, le Venda ou le Shangan.
Les Sud-africains noirs plus pauvres sont les principales victimes du racisme, mais n’ont pas le pouvoir de s’en défendre. Il est peu probable qu’une personne noire et pauvre sache accéder aux institutions qui peuvent l’aider à demander réparation pour des actes de racisme - elle n’aura même pas l’argent pour y accéder. Pourtant, une des façons de lutter contre le racisme pour les victimes est de demander réparation pour discrimination raciale auprès des tribunaux, des institutions de surveillance et autres institutions officielles. Ceci sous-entend que de telles institutions deviennent plus accessibles et soutiennent les plus pauvres - ceux qui souffrent le plus du racisme -, ce qui n’est pas le cas pour le moment.
Pour rompre les stéréotypes raciaux, il doit y avoir une meilleure intégration passant par les clubs, les événements sociaux ou les organisations communautaires. L’action commune à tous les niveaux, aussi bien au niveau du gouvernement que des comités scolaires, peut faire beaucoup pour briser les malentendus raciaux. A l’école, on doit enseigner aux enfants les effets négatifs de la discrimination raciale. Mais les adultes, spécialement sur leur lieu de travail, doivent aussi être éduqués sur le sujet. Les blancs devront montrer qu’ils comprennent mieux l’héritage toujours profond de la discrimination raciale, et les noirs devront comprendre que les blancs ont des peurs légitimes.
A long terme, élever le niveau économique et le niveau de compétences des plus pauvres sera l’un des moyens les plus sûrs pour renforcer la confiance noire et la réconciliation. A court terme, le gouvernement doit baser le critère des mesures de réduction de la pauvreté sur l’ampleur de la pauvreté des destinataires de ces mesures, plutôt que sur la race. Les noirs, qui pour la majorité vivent dans une pauvreté absolue, devraient naturellement être les principaux destinataires de ces politiques. En tant que mesure de justice sociale, nous devons introduire un revenu de base alloué à toutes les familles, blanches ou noires, qui sont extrêmement pauvres.
* William Gumede est co-editeur (aec Leslie Dikeni) de la récente publication « The Poverty of Ideas » (La pauvreté des idées), éditée par Jacana Media (ISBN 978-1-77009-775-9).
* Ce texte, publié originellement en anglais par Pambazuka (www.pambazuka.org/en/category/features/64228 - French☺, a été traduit par Virginie Fricaudet Borrero, traductrice bénévole pour rinoceros.
Justice internationale : un bilan amer
Pierre Hazan
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65760
Au temps des politiques de nettoyages ethniques, la justice pénale internationale représente un fantastique espoir de lutter contre l’impunité dans beaucoup de sociétés, mais elle est aussi accusée d’être politiquement manipulée. Ces virulentes controverses souffrent d’une lacune qui est désormais en partie comblée : il manquait en effet une analyse factuelle globale sur l’impact de la justice internationale qui démontre que seulement 1% des criminels de guerre sont inculpés par la justice internationale. Ce n’est donc pas le moindre des paradoxes que ce soit le professeur de droit américano-égyptien Cherif Bassiouni (1), qui a dédié sa vie à la lutte contre l’impunité, qui aboutit à ce résultat, après avoir mené une vaste étude rassemblant des centaines de spécialistes originaires des quatre coins du monde pendant deux ans.
Auscultant les mécanismes de lutte contre l’impunité mis en place entre 1945 et 2007, dans les 313 conflits recensés qui firent une centaine de millions de morts, l’étude souligne à quel point, durant les 60 dernières années, l’impunité est restée la règle et non l’exception: en tout et pour tout, 823 criminels de guerre ont été inculpés par des juridictions internationales ou hybrides depuis 1993, dont la majorité le furent pour des crimes commis dans l’ex-Yougoslavie (environ 320), au Timor-Oriental (environ 400) et au Rwanda (79), pour un coût moyen de 10 millions de francs par cas.
On savait que la justice internationale était chère et qu’elle n’était pas destinée à inculper en masse, mais plutôt à faire des cas d’exemples. Les faits le confirment. Ces résultats sont cependant à analyser prudemment, car ils dissimulent autant qu’ils révèlent. Si, par exemple, le conflit au Liberia a fait des dizaines de milliers de victimes et que l’impunité fut la règle, il n’en demeure pas moins que l’inculpation, puis l’arrestation et le procès du principal responsable devant le tribunal spécial pour la Sierra Leone, Charles Taylor, a permis à la société d’entamer un retour à la stabilité. On le voit, l’efficacité d’une inculpation ne peut se mesurer seulement en termes quantitatifs. De surcroît, comme le rappelle Christopher Mullins dans sa contribution, 55% des conflits ont donné lieu à diverses mesures relevant de la justice au sens large, que ce soit des procès essentiellement nationaux, des processus de mémorialisation ou des lois d’épuration.
Quant aux commissions vérité et commissions d’enquête, l’étude n’en a dénombré qu’une cinquantaine, en dépit de la très grande visibilité donnée à certaines d’entre elles, en particulier celle conduite par l’archevêque Desmond Tutu en Afrique du Sud. Les résultats de l’enquête montrent aussi que seulement dans 16 des 313 conflits, des victimes ont obtenu des réparations.
Mais le chiffre le plus choquant est l’évolution du ratio entre les victimes civiles et militaires en l’espace d’un siècle: lors de la Première Guerre mondiale, les civils «ne» représentaient «que» la moitié des victimes, alors que le pourcentage a bondi à 90% à la fin du XXe siècle. Il y a là une transformation inquiétante de la nature des conflits. Et qui donne peut-être encore plus de sens à la nécessité de poursuivre les responsables des crimes les plus importants.
Depuis 1945, sur la centaine de millions de morts, c’est l’Asie qui paya le plus lourd tribut (46 millions), suivie par l’Europe (25 millions), l’Afrique (15 millions), le monde arabe (6 millions) et les Amériques (moins de 3 millions).
Devant la réalité d’une impunité quasi généralisée des criminels de guerre, Cherif Bassiouni souligne la nécessité de mener une approche holistique dans le traitement des violations graves des Droits de l’homme. Il est intéressant de noter que le débat qui opposa, il y a une dizaine d’années, les tenants des procès aux promoteurs des commissions vérité est désormais caduc. Face à la multiplication de conflits internes et à l’affaiblissement des Etats, les deux écoles se rejoignent désormais pour recourir aussi bien à des moyens judiciaires qu’extrajudiciaires, pour mobiliser des instruments traditionnels ou novateurs dans la gestion des crimes.
C’est ce qu’avait conceptualisé Louis Joinet, rapporteur spécial de l’ONU chargé de la lutte contre l’impunité dans les années 1990, instituant les quatre piliers (droit à la vérité, droit à la justice, droit aux réparations et droit à la sécurité) destinés à renforcer les processus de réconciliation. Mais de la même manière que la politique est un art d’exécution, la justice après des conflits est un exercice périlleux, contraint de prendre en compte le juste et le possible et de combiner au mieux l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité.
NOTE
(1) Cherif Bassiouni (éd.), The Pursuit of International Criminal Justice: A World Study on Conflicts, Victimization, and Post-Conflict
Justice, 2 volumes, Intersentia.
* Pierre Hazan est un «Visiting Lecturer» à l’Institut de hautes études internationales et du développement – Cet article est paru dans le journal suisse Le Temps
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La doctrine Obama: une rupture ?
Zaki Laïdi
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65762
La doctrine Bush reposait sur «la guerre contre le terrorisme», le principe de la guerre préventive et la légitimité du recours à la force pour changer des régimes jugés non démocratiques et surtout attentatoires aux intérêts stratégiques américains. Désormais, avec la publication du National Security Strategy de 2010, qui succède au National Security Strategy de 2002, on dispose des éléments qui nous permettent de prendre la mesure de la rupture, même si, pour le moment, elle est plus sensible sur la forme que sur le fond.
La nouvelle vision du monde de l’administration Obama repose sur une idée centrale: la répudiation de l’idéologie du 11 septembre qui avait conduit l’administration Bush à transformer la lutte contre le terrorisme en croisade, à affirmer une suprématie américaine appuyée sur la force – Robert Gates, le secrétaire à la Défense américain, a même parlé de militarisation de la politique américaine – et à voir dans l’unilatéralisme un instrument privilégié d’action internationale.
Naturellement, il serait bien naïf de croire que la politique américaine changera du tout au tout. Un Etat, et notamment le plus puissant d’entre eux, a toujours des intérêts stables dans le temps. Son appareil bureaucratique a lui aussi ses intérêts, le Congrès a son mot à dire et les lobbies sont loin d’être un mythe, y compris en matière de politique étrangère. Néanmoins, la doctrine Obama présente d’incontestables inflexions.
La plus fondamentale est l’abandon du discours antiterroriste qui s’appuyait sur une vision très idéologique du problème et qui dans les faits aboutit à une représentation du monde sur le modèle du conflit des civilisations. Naturellement, l’administration Bush faisait un distinguo entre le «terrorisme islamique» et l’islam. Mais dans les faits, la politique américaine s’est construite autour d’une profonde méfiance à l’égard du monde musulman, au sein duquel l’hostilité à l’égard des Etats-Unis n’a jamais été aussi forte, y compris chez les plus modérés, adversaires tenaces du terrorisme islamiste. L’administration Bush a donc totalement échoué à gagner la sympathie des opinions musulmanes pour isoler les mouvements extrémistes.
L’illustration la plus terrible de l’échec américain dans cette région du monde se trouve dans le fantastique basculement de l’opinion turque. Fortement hostiles à l’intervention en Irak de 2003, les autorités comme l’opinion publique turques ont depuis cette date amorcé un profond mouvement d’émancipation vis-à-vis des Etats-Unis. De fait, l’opinion turque est aujourd’hui une des plus engagées aux côtés des Palestiniens, et ce n’est bien évidemment pas l’incroyable bévue de Gaza qui va arranger les choses.
Sur le terrorisme, le National Security Strategy est sans équivoque: il ne parle plus de terrorisme islamique mais d’extrémistes violents. A certains, ce changement de ton pourra apparaître purement cosmétique. Mais de Casablanca à Karachi, le changement de ton sera très certainement bien reçu, même si les extrémistes ne désarmeront pas. Il faut d’ailleurs rappeler à ce sujet que les Etats-Unis étaient les seuls à parler de «guerre contre la terreur». Les Européens ont toujours récusé cette formule alors qu’ils ont eu à combattre le terrorisme à un moment d’ailleurs où les Américains ne s’en inquiétaient pas outre mesure.
Cette volonté de rompre avec les dérives de l’idéologie du 11 septembre se prolonge assez naturellement dans la recherche d’une position beaucoup plus équilibrée vis-à-vis du conflit entre Israël et la Palestine. L’administration Bush avait prétendu que la guerre en Irak favoriserait le règlement de ce conflit, comme la première guerre du Golfe avait facilité la conférence de Madrid. A ceci près, qu’à la différence de l’administration Bush senior, qui avait exercé des pressions extrêmement fortes sur Israël pour forcer son gouvernement à participer à une conférence de paix, l’administration Bush junior n’a fait qu’alimenter l’intransigeance des autorités israéliennes.
L’administration Obama est naturellement consciente du fait que le règlement du conflit israélo-palestinien ne réglera pas tous les problèmes du Moyen-Orient. Mais elle sait que sans règlement de ce conflit, la région sera toujours en proie à l’instabilité et au chaos. Ils savent aussi que sans son règlement, les Etats-Unis risquent de se trouver en permanence dans une position intenable qui les conduirait soit à intervenir davantage au risque d’alimenter le terrorisme et l’hostilité à leur encontre, soit à se désengager et à prendre le risque de mettre en cause leurs intérêts, considérables dans cette région du monde. La seule solution consiste donc à s’engager fortement en faveur d’un règlement équilibré, dont la condition reste le retrait israélien des territoires occupés.
Pour la première fois d’ailleurs, les responsables américains commencent à parler de Jérusalem/El Qods pour parler de Jérusalem. El Qods est le nom que les Arabes donnent à Jérusalem. Cette innovation sémantique signifie que les Etats-Unis considèrent formellement les revendications des Palestiniens sur Jérusalem comme aussi légitimes que celle des Israéliens. Dans ce même ordre d’idées, les Etats-Unis ont accepté, à la conférence du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui vient de s’achever, l’idée d’une conférence sur la dénucléarisation du Moyen-Orient, qui conduira à poser la question du nucléaire israélien dans cette région. Certes, le président américain a par la suite regretté la focalisation excessive sur le nucléaire israélien. Mais en ne s’opposant pas au principe d’une conférence sur la dénucléarisation du Moyen-Orient, les Etats-Unis ont infléchi leur d’attitude. Nul ne sait sur quoi débouchera ce changement. Mais la tragédie de la flottille de Gaza va sans doute offrir à l’administration Obama l’occasion de passer de la théorie à la pratique.
© Telos
* Zaki Laïdi est directeur de recherche à Sciences Po – Cet article est paru dans le journal suisse Le Temps
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Plaidoyer pour des états généraux de l’agriculture et de l’alimentation
Maurice Oudet
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/comment/65758
En novembre 2008, le Conseil économique et social (CES) a lancé un appel en faveur de l’organisation des états-généraux de l’agriculture. La Confédération Paysanne du Faso (CPF) ne cesse de réclamer une politique d’orientation agricole. Pourtant, il ne se passe rien. Bientôt, nous aurons une élection présidentielle au Burkina Faso. Pourquoi ne pas en profiter pour interpeller les candidats et leur demander de s’engager à organiser, dans l’année qui suivra ces élections, « les Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation »?
Oui, je propose « des Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation », et pas seulement de l’agriculture. Et cela pour plusieurs raisons. Principalement, parce que le lien entre l’agriculture et l’alimentation est essentiel. En ce sens, plusieurs Etats modernes ont des « ministères de l’Agriculture et de l’Alimentation » (Allemagne, Québec). Mais aussi parce qu’avec l’avènement des agro carburants, et la place envahissante du jatropha dans notre pays et dans ceux de la Communauté Economique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il est temps de lancer un débat national (voire régional) sur les objectifs prioritaires de notre agriculture.
Voulons-nous assurer notre sécurité alimentaire ou remplir le réservoir des véhicules 4x4 des plus riches de notre population, ou encore transformer les paysans burkinabè en ouvriers agricoles pour les sociétés industrialisées du Nord ?
Ce n’est pas tout. On peut comprendre la Confédération Paysanne qui réclame une loi d’orientation agricole. Mais ce faisant, les paysans du Burkina risquent de se retrouver seuls face aux politiques, qui vivent en ville, et qui ont toujours eu pour politique, un seul objectif : « nourrir la ville aux moindre coûts » (et maintenir des bas salaires pour les ouvriers et les employés) même si pour cela il faut laisser tous les déchets de la planète nous envahir. Même si en laissant le double concentré de tomate chinois (de marques italiennes) inonder les rayons de nos boutiques d’alimentation, et nous condamner à ne jamais transformer nous-mêmes nos tomates et à fermer nos usines.
Des « Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation » pourraient rapprocher les populations urbaines et rurales. Il serait possible de lancer un grand débat national sur notre alimentation. Qui n’est pas intéressé par ce qu’il mange ? Qui est sûr que les citadins préfèrent les produits importés ? Qui ne souhaite pas une véritable solidarité entre les villes et les campagnes ? Qui ne désire pas voir naître une véritable industrie de transformation alimentaire au Burkina et dans toute l’Afrique de l’Ouest ?
Cela est tout à fait possible. L’Afrique de l’Ouest a tout ce qu’il faut pour devenir une grande région agricole (des terres, du soleil et de l’eau !) et donc pour se nourrir elle-même et offrir au monde ses spécialités.
Seulement, pour que cela soit possible il faut, comme l’ont fait et le font encore les grandes puissances économiques (comme l’Union Européenne ou les Etats-Unis) se protéger par des taxes à l’importation. « L’effet spectaculaire de la protection exercée sur une production agricole ressort bien si on établit une comparaison entre le Kenya et l’UEMOA : le droit de douane sur la poudre de lait est passé dans le premier de 25 % en 1999 à 35 % en 2002 et à 60 % depuis 2004, alors qu’il est resté à 5 % dans le second. Le Kenya est un exportateur net croissant de produits laitiers, avec une consommation intérieure de 112 litres par personne ; à l’inverse, les importations en équivalent lait représentent 64 % de la production de lait de l’Afrique de l’Ouest, et la consommation par personne n’y atteint que trente-cinq litres.
Ces faits militent en faveur d’une réorganisation de toutes les politiques agricoles, au niveau national, sur le principe de la souveraineté alimentaire : il appartiendrait à chaque pays (ou groupe de pays) de définir sa politique agricole et alimentaire comme il l’entend, dès lors qu’il ne cause pas de tort au reste du monde en utilisant le dumping — et on doit englober dans cette pratique les aides internes indirectes comme les subventions attribuées pour l’alimentation du bétail. » (Jacques Berthelot, Le Monde Diplomatique, novembre 2009 )
Les Burkinabè n’ont pas oublié Thomas Sankara quand il disait : « Consommons ce que nous produisons, produisons ce que nous consommons ! » C’est bien ce que disaient déjà les anciens : « Bi-yam n daada a ma samsa » (1)
NOTES
(1) Merci aux lecteurs qui connaîtraient des proverbes similaires (notamment en jula) de nous les transmettre.
* Maurice Oudet est Président du SEDELAN (Burkina Faso)
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Plaidoyers & campagnes
50 ans de Françafrique, ça suffit !
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/65761
Le 14 juillet à Paris, des unités militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs - Elysées, au côté des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d'État, amis de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé (Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune présidentielle.
Ceux-là, ainsi que d'autres dictateurs et putschistes, responsables pour certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci dans la pauvreté, viendront s'assurer du soutien politique, économique et militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance coloniale.
La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé les peuples comme réservoir de main-d’oeuvre, poursuit depuis 50 ans sa politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays concernés, ce qui amène de nombreux Africains à migrer pour nourrir leurs familles.
Dans la plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se sont rendus complices des assassinats de leaders qui ont combattu pour l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat Hached…
Les autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent.
Aujourd’hui encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés par ceux là même qui défileront le 14 juillet, avec la complicité des autorités françaises.
A cette politique Françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélèrent le réchauffement climatique et contraignent les paysans africains à fuir les campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui fabrique des sans papiers, les exploite et les expulse sous couvert d'accords de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Contre :
• le soutien de la France aux dictateurs qui vivent impunément des rapports néocoloniaux au détriment du développement de leurs pays et du bien-être des populations ;
• La torture, les massacres, les assassinats politiques, les trafics d'armes, et l'impunité de leurs auteurs et de leurs complices ;
• La vie chère et la hausse des produits de première nécessité en Afrique ;
• Le pillage du continent par les pays riches par le biais de leurs multinationales, de la Banque Mondiale et du FMI ;
• L'impunité, la criminalité financière et les paradis fiscaux et judiciaires ;
• La politique africaine de la France menée par Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs.
Pour :
• La démocratie et des élections libres et transparentes ;
• Le respect des droits humains ;
• L'annulation de la dette illégitime payée par les peuples africains ;
• L'accès de tous à l'alimentation, à l’eau, à la santé, à l'éducation, à l'emploi, à l'habitat, et à la justice ;
• Une vraie mobilisation contre le Sida et le paludisme ;
• La régularisation de tous les « sans papiers » : grévistes en lutte depuis 8 mois et marcheurs partis de Paris le 1er Mai pour aller interpeller les dictateurs africains réunis à Nice le 31 mai, tous ensemble unis et déterminés dans un combat commun ;
• La fermeture des bases militaires françaises en Afrique et l’arrêt de l’aide militaire et policière française aux dictateurs sous couvert d’Aide Publique au développement.
Nous, organisations françaises et africaines, exigeons un partenariat entre l’Europe et l’Afrique pour le développement et l'émancipation de l'Afrique hors de la tutelle du gouvernement français.
Manifestons contre la Françafrique !
Place de la République (Angle du Bd Magenta), Paris, le 13 juillet, à 18 h.
Premiers signataires :
- Sortir du Colonialisme,
- Survie,
- Union des Populations du Cameroun,
- Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise,
- CNR-MUN (Conseil National pour la Résistance
- Mouvement Umnyobiste Cameroun/Allemagne),
- Mouvement panafricaniste de Munich (AK Panafrikanismus München),
- Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo-Brazzaville),
- ACTUS / Prpe ( Tchad),
- CAAC Comores,
- Attac Gabon,
- PCOT, FTCR (Tunisie),
- La Voie Démocratique (Maroc),
- Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO),
- Collectif Gazy Tia Tanindrazana (GTT, Madagascar),
- ARD (Alliance Républicaine pour le Développement, Djibouti),
- Uguta-Toosa (Djibouti),
- AFASPA, MRAP, Droits Devant, CEDETIM, IPAM, ACCA
- Agir aujourd'hui contre le Colonialisme,
- Afriques en lutte,
- Respaix Conscience Musulmane (RCM),
- Réveil des Consciences,
- « 93 au coeur de la République »,
- L'Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT),
FASTI, Anges
- Gardiens du Gabon, Plateforme de Veille et d’Actions pour le Gabon,
- Ministère de la Régularisation de Tous les Sans papiers,
- CNT, Union Syndicale Solidaires,
- les Alternatifs,
- NPA, Parti des Indigènes de la République (PIR),
- FASE,
- Parti de Gauche, PCF, Les Verts
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Nécrologie
Sénégal : décès du khalife des Mourides
2010-07-05
http://tinyurl.com/3473ayx
Serigne Bara Mbacké, 6e khalife général des Mourides, une puissante confrérie religieuse au Sénégal, est décédé dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, à l'âge de 85 ans. Aussitôt, un nouveau chef religieux a été nommé, lui aussi petit-fils de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme et mort en 1927. Les Mourides contrôlent des secteurs entiers de l'activité économique du pays, comme les transports en commun et ont une forte influence politique.
Droits humains
Afrique : Habré sera jugé à Dakar selon l’Etat sénégalais.
2010-07-05
http://tinyurl.com/3y2tecv
Dans un communiqué publié le 30 juin 2010, le ministre de la justice du Sénégal a réitéré l’engagement de son pays à juger Hissène Habré dans le cadre du mandat que le Sénégal a reçu de l’UA. Il a par ailleurs apporté d’autres précisions quant à l’organisation du procès, indiquant l’option retenue de tenir le procès dans la grande salle d’audience du nouveau Palais de justice de Dakar. Afin de s'assurer que ce procès ne perturbera pas le fonctionnement normal de la justice sénégalaise et le travail dans le nouveau Palais de Justice, certains travaux d'aménagement seront effectués, a-t-il ajouté.
Afrique : Quelle attitude face au trafic d’êtres humains?
2010-07-05
http://tinyurl.com/36qvq97
L'arrivée de 350.000 fans de football en Afrique du Sud pour la Coupe du monde a provoqué les craintes d’une augmentation des taux de trafic d'êtres humains. Une nouvelle étude indique que l'un des principaux obstacles pour prévenir cela est le manque d'informations précises sur l'ampleur du problème. Un des responsables de l’équipe de recherche a déclaré que leur travail avait été rendu difficile par le manque de données sur le trafic d’êtres humains aussi bien que par l’absence de coopération entre les ministères et l’équipe de recherche. Certains ministères, a-t-il dit, ont refusé à l’équipe l’accès à l’information.
Côte d’Ivoire : Ça se complique pour Guillaume Soro
2010-07-05
http://tinyurl.com/39o59j7
Le chef de l'Etat ivoirien se préparerait à se débarrasser de son chef de gouvernement, garant des accords politiques de Ouagadougou. La tenue de la conférence des présidents le 29 juin, à l’Assemblée nationale, montre que la situation se complique de plus en plus pour Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles. En s'associant à l'enquête parlementaire réclamée par la mouvance parlementaire (Pdci-Rda, Udpci, Solidarité), sur des manipulations opérées sur la liste électorale, le front populaire ivoirien (Fpi) a déposé une résolution qui vient ruiner les espoirs du chef de gouvernement.
Libéria : des stars à la barre pour le procès de Taylor
2010-07-05
http://tinyurl.com/36qfbey
Peut-être bientôt un défilé de stars au procès de Charles Taylor, l'ex-président du Libéria jugé depuis trois ans à La Haye devant la Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Les juges viennent d'autoriser l'accusation à appeler trois nouveaux témoins à la barre : le mannequin Naomi Campbell, son ex-agent et l'actrice Mia Farrow. L'ancien chef de guerre et chef d'Etat est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité parce qu'il aurait dirigé en sous-main les rebelles sierra-léonais du RUF en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants. Ces célébrités sont présumées avoir bénéficié de ses largesses.
Libye : Amnesty rend son verdict sur les Droits de l’homme
2010-07-05
http://tinyurl.com/3akdkj7
Détentions arbitraires, sort des clandestins subsahariens, justice... Pour la première fois depuis cinq ans, Amnesty International a pu enquêter sur la situation des droits de l’homme en Libye. Regrettant que le retour de la Libye sur la scène internationale ne s’accompagne pas d’une nette amélioration dans ce domaine, l’ONG reconnaît cependant que « le climat de peur et de répression […] est manifestement en train de se dissiper ». Tout en précisant : « progressivement ».
Mozambique : Vingt enfants échappent au trafic
2010-07-05
http://tinyurl.com/2dwknf3
Vingt enfants, âgés de 9 à 16 ans, ont été découverts dans un camion au principal poste frontière entre le Mozambique et l'Afrique du Sud, où ils étaient destinés à alimenter un réseau de trafic d'enfants. Les enfants, dont six de nationalité mozambicaine et d'autres Thaïlandais, étaient dissimulés dans des cartons et emmitouflés dans des couvertures. La découverte a eu lieu en mi-juin.
Rwanda : la piste de la vengeance dans l’assassinat de Rugambage
2010-07-05
http://tinyurl.com/2erqp86
Deux hommes ont été arrêtés - à une date qui n’a pas été précisée - dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jean-Léonard Rugambage, tué par balles le 24 juin devant sa maison, à Kigali. Le « motif probable » de leur crime, assure le communiqué, serait un « conflit ou une vengeance familiale lié au génocide de 1994 ». L'une des deux personnes « a avoué sa culpabilité », a précisé le ministre de la Sécurité intérieure. La police souligne que Rugambage a été poursuivi par un tribunal Gacaca (tribunal populaire chargé de juger des crimes commis pendant le génocide) et détenu pendant trois ans, avant d’être relâché en 2007. Il a été acquitté des charges qui pesaient contre lui en 2006…
Soudan: des mannequins masculins risquent le fouet
2010-07-05
http://tinyurl.com/23r2jk3
Les autorités soudanaises ont accusé des mannequins masculins, arrêtés après un premier défilé mixte, d'offense à la moralité publique pour avoir porté du maquillage ou des vêtements indécents, des crimes passible de coups de fouet. La police des moeurs avait arrêté dans la nuit du 24 au 25 juin quelque 25 jeunes adultes à la sortie du premier défilé de mode mixte organisé à Khartoum, où est en vigueur la loi islamique (charia). Les personnes ont été libérées. Dans plusieurs cas, les charges initiales ont été abandonnées.
Tchad : La Cour de la CEDEAO va statuer sur le dossier Habré
2010-07-05
http://tinyurl.com/26zlhjp
La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) va statuer lr 19 octobre sur la requête introduite par le collectif des avocats de l'ancien président du Tchad. Ces derniers demandent l'annulation de la procédure en cours contre leur client au Sénégal. Pour eux, les tribunaux sénégalais s'étaient déjà déclarés incompétents pour juger Habré, en annulant l'inculpation pour crimes contre l'humanité et actes de tortures et en se déclarant incompétents sur la demande d'extradition, formulée par la justice belge.
Tchad : Des experts internationaux dans l’enquête sur la disparition d'Ibni
2010-07-05
http://tinyurl.com/2vkfhng
Alors qu'il refusait jusque-là, le Tchad a accepté que des experts internationaux participent au comité de suivi de l'enquête sur la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh en février 2008. C'est peut-être une petite avancée pour connaître la vérité dans la disparition de cet opposant tchadien. Une disparition qui, selon la commission d'enquête sur les événements de février 2008, serait imputable à l'armée gouvernementale. Pour l'heure, l'enquête des magistrats tchadiens est au point mort.
Réfugiés & migration forcée
RD Congo : Des réfugiés hutus rwandais réclament la nationalité
2010-07-05
http://tinyurl.com/3acjc4g
Plus de la moitié des 1 200 Hutus rwandais vivant dans la localité de Lusuku, en territoire de Luilu, au Kasaï Oriental, réclament la nationalité de la République démocratique du Congo (RDC). Ces réfugiés demandent que soient construits des hôpitaux et écoles pour leurs enfants afin de les rendre utiles à la société. Un autre groupe, par contre, ont émis les souhaits que des mécanismes de rapatriement soient mis sur pied pour qu'ils regagnent le Rwanda.
Somalie : de plus en plus d'obstacles pour les réfugiés
2010-07-05
http://tinyurl.com/34rsox6
Selon le porte-parole du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), la situation sécuritaire en Somalie continuait de se dégrader, empêchant désormais des milliers de réfugiés de quitter le pays « où ils sont pris au piège ». Le HCR estime ainsi que plus de 200.000 Somaliens ont été contraints de fuir leurs foyers cette année – l'écrasante majorité devenant des déplacés internes, faute de pouvoir quitter le pays.
Elections & gouvernance
Afrique : 53% des Marocains disent non à l’ouverture des frontières avec l’Algérie
2010-07-05
http://tinyurl.com/25jllcs
D’après un sondage mis en ligne par le quotidien arabophone Al Alam, organe officiel du parti l’Istiqlal, plus de la moitié des 41.000 Marocains sondées se sont prononcées contre l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc. Des chiffres qui vont à l’encontre des objectifs que s’est fixés le parti du Premier ministre marocain. Abbas El Fassi n’a pas cessé, en effet, de réclamer à cor et à cri l’ouverture des frontières terrestres, entre le Royaume alaouite et l’Algérie, fermées depuis 1994. Rabat avait accusé les services secrets algériens d’être derrière les attentats commis, cette année-là, à Marrakech.
Afrique : Khartoum ferme sa frontière avec la Libye
2010-07-05
http://tinyurl.com/2vduewz
Le Soudan a annoncé la fermeture de sa frontière terrestre avec la Grande Jamahiriya, à partir du 1er juillet, pour empêcher la circulation de rebelles. La présence en Libye du chef darfouri du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), Khalil Ibrahim, accroît ainsi la tension entre Khartoum et Tripoli. M. Ibrahim avait fait du Tchad sa base arrière, mais avait été expulsé de la capitale tchadienne au mois de mai. Il avait trouvé refuge en Libye, ce qui avait choqué les autorités de Khartoum qui demandent son extradition au Soudan et l'aide d'Interpol pour son arrestation.
Burundi : Pierre Nkurunziza réélu par un quasi référendum
2010-07-05
http://tinyurl.com/34e3e6w
Seul en lice, le président sortant burundais Pierre Nkurunziza a été réélu pour un second mandat avec 91,62 % des voix lors de la présidentielle du 28 juin au Burundi, une élection boycottée par l’opposition et qui laisse craindre de difficiles lendemains pour les Burundais. Cette présidentielle était censée constituer le moment test d'une série de scrutins prévus tout au long de l'été afin d'ancrer la paix encore très fragile dans ce pays. Malgré le taux de participation plutôt flatteur, de 77%, le retrait de tous les candidats de l’opposition après la contestation de résultats des communales a ôté tout enjeu électoral à un scrutin devenu quasiment un référendum pour ou contre le président sortant, Pierre Nkurunziza.
Burundi: réélu, le président Nkurunziza lance des mises en garde
2010-07-05
http://tinyurl.com/37ow9mr
Le retrait de l'opposition de l’élection présidentielle et une vague de violences et d'attaques à la grenade, qui ont fait 12 morts et plus de 70 blessés, ont ranimé la crainte d'une résurgence des violences dans ce pays qui vient à peine de renouer avec la paix, après une longue guerre civile (1993-2006). Le président Nkurunziza, qui a été réélu le 28 juin, a appelé les forces de sécurité à «arrêter les ennemis de l'Etat avant qu'ils n'agissent».
Côte d’Ivoire : La date pour la présidentielle toujours attendue
2010-07-05
http://tinyurl.com/35uacgx
En Côte d’Ivoire, la réunion sur les élections entre le président Gbagbo, l’ancien président Bédié et l’ancien Premier ministre Ouattara, qui avait été annoncée le 7 juin dernier, s’est enfin tenue mercerdi 30 juin 2010 sans déboucher sur une date de la présidentielle. En se séparant, les trois ténors de la vie politique ivoirienne ont fait assaut d’amabilité et de sourires devant les objectifs. « L’ambiance » était tellement bonne qu’ils ont décidé de se revoir dans quelques semaines pour, alors, fixer la date tant attendue. Les dirigeants politiques ivoiriens font ainsi durer le suspense.
Gabon : Plainte de l'opposition contre Ali Bongo auprès de l'ONU
2010-07-05
http://tinyurl.com/36bpo7g
L'opposition gabonaise a remis le 1er juillet au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en visite à Libreville, un mémorandum dans lequel elle critique la « confiscation » du pouvoir par le parti du président Ali Bongo Ondimba et met en garde contre « la colère » des Gabonais. Dans son mémorandum, l'opposition affirme que « si rien n’est fait, le pays pourrait s’enfoncer dans une crise aux conséquences incalculables (...). L’opposition gabonaise (...) ne sera pas toujours en mesure de maîtriser la colère légitime d’une grande majorité de citoyens en proie au désespoir ».
Guinée : Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé au 2e tour de la présidentielle
2010-07-05
http://www.afrik.com/article20248.html
Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et Alpha Condé du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) sont les deux candidats qui se retrouveront au deuxième tour de la première élection présidentielle libre et démocratique jamais organisée en Guinée depuis son indépendance. Le parti de Cellou Dalein Diallo a obtenu 16 2549 voix, soit 39,72 % des suffrages, contre 5 53021, soit 20, 67%, pour le parti d’Alpha Condé. L’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré vient en troisième position avec 15,6%, selon les résultats provisoires publiés le 1er juillet. Le second tour est prévu le 18 juillet, mais la date n’a pas été confirmée par la Ceni.
Guinée-Bissau : Les Etats Unis condamnent la nomination du nouveau chef d’Etat major
2010-07-05
http://tinyurl.com/2wtjj8v
La nomination du général Antonio Indjai comme chef de division des forces armées bissau guinéennes, n’est pas du goût de l’Ambassade des Etats-Unis. Celle-ci, dénonce cette promotion « indigne » tout en menaçant de s’abstenir à apporter son appui au processus de réforme du secteur de la sécurité. L’Ambassade explique sa position par le fait que cet officier soit le principal responsable des évènements du 1er avril. Le général Indjai avait donné l’ordre de kidnapper et de placer en détention le Premier ministre et le chef d’état-major général des armées.
Guinée-Bissau : Risque de sanctions de la part de la Cedeao
2010-07-05
http://tinyurl.com/34fmtxj
La Guinée-Bissau risque des sanctions de la CEDEAO suite à sa décision de confirmer le chef d'état-major par intérim, alors que l'ancien titulaire du poste est toujours en détention. Le président bissau-guinéen Bacai Sanha a, à la surprise générale, nommé le général Antonio Indjai, qui dirigeait le groupe des soldats mutins à l'origine de l'arrestation du chef d'état-major de l'armée et du Premier ministre, le 1er avril. Cette nomination a coïncidé avec une réunion des chefs d'état-major de la CEDEAO à Bissau, prévue du 28 au 29 juin, par la suite annulée en signe de protestation.
Madagascar : Le report du référendum constitutionnel perturbe la sortie de crise
2010-07-05
http://tinyurl.com/3yko7c9
La sortie de crise, sur la Grande Ile semble être, une nouvelle fois, en passe d’avorter. Le référendum constitutionnel, qui devait se tenir le 12 août prochain, a été reporté sine die, le 29 juin, selon la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). En cause, un retard pris dans la rédaction du texte de la nouvelle Constitution qui devait marquer un renouveau politique et institutionnel dans le pays. Pour reporter la consultation populaire, la Ceni s’appuie sur le code électoral, selon lequel « la campagne électorale pour un référendum constitutionnel doit durer 45 jours ». Or, pour tenir ces délais, il aurait fallu la faire débuter lundi 28 juin. Mais sans projet constitutionnel clair, point de campagne, a expliqué le président de l’institution.
Mali : Lancement d’un nouveau parti présidentiel
2010-07-05
http://tinyurl.com/2avz3gs
Le 17 juillet prochain sera officiellement lancé le nouveau parti des amis du président Amadou Toumani Touré. Une formation qui envisage d'assurer la continuité du pouvoir, après la décision du chef de l'Etat de ne pas briguer, une troisième fois, le suffrage des Maliens. Le nouveau parti présidentiel, le PDES, introduit une donne qui va bouleverser complètement l'échiquier politique national. Ceux qui prévoyaient un duel à trois entre Soumaïla Cissé de l'URD, Ibrahim Boubacar Kéita du RPM et le candidat de l'ADEMA, devront revoir leur copie car les amis d'ATT arrivent .
Niger : La Cedeao va lever les sanctions
2010-07-05
http://tinyurl.com/396k8rj
Le président en exercice de la CEDEAO, le président nigérian Goodluck Jonathan, a donné des signes de retrouvailles entre le Niger et la CEDEAO lors de la cérémonie d'ouverture du sommet, le 2 juillet, quand il a salué le leader de la junte militaire au Niger et ses membres "pour leur engagement à garantir le retour à un gouvernement démocratiquement élu au Niger". La CEDEAO avait voté, en octobre 2009 à Abuja, au Nigeria, son ultime sanction rarement invoquée, consistant à la suspension du Niger, suite au rejet par le président Mamadou Tandja de la requête de la CEDEAO de reporter les élections législatives du pays.
Corruption
Afrique du Sud: l'ancien chef de la police jugé coupable de corruption
2010-07-05
http://tinyurl.com/32y8abp
L'ancien chef de la police sud-africaine et ex-président d'Interpol, Jackie Selebi, a été jugé coupable le 2 juillet de corruption pour avoir reçu de l'argent et des cadeaux d'un trafiquant de drogue. Le juge l’a en revanche acquitté des charges d'entrave à la justice qui pesaient contre lui. Cette décision intervient après un procès-fleuve, ouvert en octobre 2009 et ralenti par plusieurs querelles de procédure. La peine sera prononcée le 14 juillet.
Niger : Le général Djibo se veut ferme contre la délinquance financière
2010-07-05
http://tinyurl.com/2vmb253
Le général Salou Djibo, président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD, junte militaire au pouvoir Niger), a préconisé la fermeté dans le traitement des affaires liées à la « délinquance financière » dans son pays. Arrivé au pouvoir le 18 février dernier, le CSRD s’est engagé à assainir les finances publiques nigériennes et à revoir la gestion des affaires publiques par le régime déchu de Mamadou Tandja. Le 28 juin 2010, il a rendu visite aux membres de la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale.
Développement
Afrique : Quête de surveillance satellitaire contre la pêche illégale
2010-07-05
http://news.abidjan.net/h/368283.html
Les représentants d`une dizaine de pays bordés par l`océan Atlantique ont estimé que plus de 50% des bateaux pêchant dans leurs eaux ne sont pas enregistrés, occasionnant chaque année la perte de plus de la moitié de leurs ressources halieutiques. Lors d’une conférence à Abidjan, le 29 juin, ils ont affirmé vouloir se doter d`un système de surveillance par satellite, y voyant "une bonne réponse pour faire face à ce fléau". Pour financer ce projet qui "se chiffre à des millions d’euros", ces pays escomptent notamment le concours de l`Union européenne…
Afrique : 11,5 milliards de Dollars injectés pour la relance économique
2010-07-05
http://tinyurl.com/2w6wxz2
Le Groupe de la Banque mondiale a engagé un montant record de 11,5 milliards de dollars américains, répartis sur 113 projets, en vue d’accélérer la relance des économies d’Afrique subsaharienne au lendemain de la crise financière mondiale. Fournis sous forme de prêts, de dons, de prises de participations et de garanties, les financements du Groupe de la Banque mondiale ont aidé les pays et les entreprises privées à faire face à la diminution sensible des flux de capitaux privés due à la récession mondiale.
Afrique : Un premier marché commun pour le continent
2010-07-05
http://tinyurl.com/35c9sqp
Le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda, le Burundi et le Rwanda instaurent, ce jeudi 1er juillet, un marché commun. Un exemple d'intégration économique sans équivalent en Afrique, dont il restera à mesurer le degré d'application réel sur le terrain. La création de ce marché commun entre membres de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) découle d'un protocole signé en novembre par les chefs d'Etat des cinq pays à Arusha. Ce texte a depuis été, comme prévu, ratifié par le Parlement de chaque Etat membre. Mais plus qu'un aboutissement, la date du 1er juillet marque un point de départ et une déclaration d'intention politique en vue de créer un réel marché unique de 126 millions d'habitants, où circuleraient librement les hommes, les services, les marchandises et les capitaux.
Gabon : la Cour des comptes rappelle à l'ordre le gouvernement
2010-07-05
http://tinyurl.com/326dk6q
La Cour des comptes du Gabon a rappelé à l'ordre le gouvernement, accusé d'"inobservation" de ses recommandations et de "non-respect des dispositions légales" dans l'exercice budgétaire 2008. Cette inobservation de ces recommandations "s'illustre également par la confusion entretenue entre les comptes budgétaires et de trésorerie, l'imputation à tort dans les charges de la dette publique des dépenses étrangères à celles-ci ainsi que par le paiement de dépenses d'investissements en un seul règlement en violation du Code des marchés publics", note la Cour.
Guinée : Une manne énergétique convoitée
2010-07-05
http://tinyurl.com/2u2w5kh
L’Union européenne et les États-Unis suivent avec une attention particulière le processus de transition politique en cours en Guinée. La première a déboursé 12 millions de dollars pour contribuer au financement de l’élection présidentielle, dont le premier tour s’est tenu le 27 juin. Les seconds ont versé 7,2 millions de dollars, faisant intervenir des organismes comme le National Democratic Institute. Cette promotion financière, politique et logistique des « principes démocratiques » n’est évidemment pas dénuée d’arrière-pensées économiques et stratégiques. La Guinée, souvent qualifiée de « scandale géologique », dispose ressources minières massives, les plus importantes d’Afrique de l’Ouest.
Rd Congo : 12 milliards de dollars de réduction de dette
2010-07-05
http://tinyurl.com/32o2ocp
Après le Congo-Brazzaville en janvier (1,9 milliard de dollars) et le Liberia, le 30 juin (4,6 milliards), c'est au tour de la République Démocratique du Congo d'atteindre le point d'achèvement de l'Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE). Le montant du désendettement annoncé le 1er juillet - 12,3 milliards de dollars - est à la hauteur des richesses du pays : faramineux. Mais les créanciers privés et bilatéraux n'ont pu faire de si importantes concessions qu'en échange de l'application, par Kinshasa, d'un ensemble de mesures pilotées par les institutions de Bretton Woods.
Sénégal : Une croissance de 4% de son PIB réel en 2010
2010-07-05
http://tinyurl.com/32nxk9j
Le mi¬nistre sé¬né¬ga¬lais de l’Eco¬no¬mie et des Fi¬nances a dé¬cla¬ré le 29 juin, au cours d’un débat d’orien¬ta¬tion bud¬gé¬taire à l’As¬sem¬blée na¬tio¬nale, que le taux de crois¬sance du Pro¬duit in¬té¬rieur brut (PIB) réel du Sé¬né¬gal est at¬ten¬du à 4% en 2010. Il a in¬di¬qué que le taux de crois¬sance du PIB réel en 2009 était de 1,5%, ex¬pli¬quant qu’une « maî¬trise des dé¬penses pu¬bliques » dans un contexte mar¬qué par le flé¬chis¬se¬ment des re¬cettes de l’ordre de 2,7% a eu pour consé¬quence « l’ag¬gra¬va¬tion du dé¬fi¬cit du solde bud¬gé¬taire de base qui passe ainsi de 0,8% du PIB à 2,9% en 2009 ».
Santé & VIH/SIDA
Afrique: Les cas de diabète pourraient doubler d'ici à 2030
2010-07-05
http://tinyurl.com/38wu5ka
Le nombre de cas de diabète devrait être multiplié par deux en Afrique subsaharienne et atteindre 24 millions d’ici 2030, si aucun progrès majeur n’est réalisé dans le domaine de la prévention et du traitement, selon la Fédération internationale du diabète (FID). Dans les 34 pays africains les plus pauvres, les dépenses, par personne, liées au diabète sont deux fois supérieures au salaire moyen. Selon des estimations, six pour cent de la mortalité totale en Afrique subsaharienne sera probablement causée par le diabète en 2010 – un pourcentage trois fois supérieur à celui de la décennie précédente, selon la FID.
Egypte : Des milliers de Gazaouis au Caire pour se faire soigner
2010-07-05
http://tinyurl.com/3y4ctpz
Des milliers de Gazaouis profitent de l'ouverture de la frontière égyptienne depuis le 1er juin pour se faire soigner pour diverses maladies dans les hôpitaux du Caire, en Egypte. À cause de la pénurie de matériel médical et de médicaments à Gaza, ces soins étaient impossibles. Au lendemain de l'opération militaire israélienne contre une flottille transportant de l’aide humanitaire, le 31 mai dernier, le président égyptien, Hosni Moubarak, a donné l'ordre d'ouvrir la frontière - le seul passage entre Gaza et le monde extérieur qui ne soit pas contrôlé par Israël (mis à part les tunnels illégaux entre Gaza et l'Égypte) - pour une durée indéterminée.
Global : Des gâteaux verts très nutritifs pourraient sauver des vies
2010-07-05
http://tinyurl.com/2u56jge
Les bailleurs de fonds espèrent que la spiruline, une algue bleu-vert, riche en protéines, qualifiée de « merveilleuse source de nourriture pour l’avenir » il y a 45 ans par l’Association internationale de microbiologie, tiendra sa promesse d’ici à ce que le projet de culture financé par l’Union européenne (UE) au Tchad, et doté d’un budget de 1,7 million de dollars, se termine, en décembre 2010. Pour les organisations humanitaires, il pourrait s’agir d’une solution peu coûteuse à la malnutrition dans le monde. La teneur de cette plante en matière protéique atteint jusque 70 pour cent de son poids sec.
Sénégal : Le trafic et l’usage de drogue en hausse
2010-07-05
http://tinyurl.com/2vpl24n
Le Sénégal est devenu un passage obligé pour les narcotrafiquants. Les saisies opérées par les forces de sécurité, la police et la gendarmerie, ont encore augmenté cette année, selon le directeur de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis). La quantité de chanvre indien incinérée en 2010 qui est de 3 tonnes 432 kilogrammes est sensiblement la même que celle de l’année dernière qui était de 3 tonnes 770 kilogrammes 658 grammes. Mais les saisies de cocaïne ont nettement augmenté en nombre et en quantité. Malgré tout, les autorités réfutent le terme de plaque tournante que certains utilisent pour qualifier Dakar.
Sénégal : Multiplication de cas de résistance aux ARV
2010-07-05
http://tinyurl.com/2cfdxs6
Au Sénégal la prévalence de la résistance aux médicaments antirétroviraux (Arv) touche près de 2 % des malades infectés par le virus du Sida. Autrement dit, 500 malades environ sont mis sous traitement de deuxième ligne à cause de l’échec du traitement de première ligne du protocole thérapeutique. Dès lors se pose la légitime question de savoir si cette résistance ne remet pas en cause l’efficacité des molécules ou si elle ne va pas avoir une incidence certaine sur le suivi de ces malades.
Zambie : La flambée de la rougeole préoccupe
2010-07-05
http://tinyurl.com/342x3xw
Plus de 2.800 cas et 66 décès consécutifs à la rougeole ont été enregistrés depuis janvier en Zambie où l'épidémie s'est généralisée dans le tout pays, a indiqué le 29 juin le ministère zambien de la Santé. Les vaccinations de routine contre la maladie avaient été intensifiées dans la capitale, Lusaka, qui avait accusé le plus grand nombre de cas, soit 2.453 personnes touchées et 66 décès. Ces cas continuaient à augmenter en dépit de la campagne de vaccination nationale récente menée dans tous les centres de santé en avril 2010, date à laquelle la flambée a été annoncée pour la première fois.
Éducation
Nigeria : Au moins 10 millions d'enfants ne vont pas à l'école
2010-07-05
http://tinyurl.com/2w56gye
Au moins 10 millions d'enfants nigérians à l'âge scolaire ne bénéficient pas d'une instruction. Le ministre nigérian de l'Education souligne que les gamins des rues du nord du pays constituaient la majeure partie du pourcentage d'enfants non-scolarisés. Annonçant que le président Goodluck Jonathan est intervenu pour permettre aux Etats d'avoir accès à un fonds de 32 milliards de nairas, elle assure que plus d'enfants seront scolarisés grâce au programme Education de base pour tous. Ainsi, plus de 600.000 salles de classe et d'autres infrastructures nécessaires pour accueillir les enfants déjà scolarisés et inscrire ceux qui ne le sont pas encore pourraient être construites.
Environnement
Afrique : Les premières pluies, une bénédiction à double tranchant
2010-07-05
http://tinyurl.com/39svul2
Le début de la saison des pluies dans la région aride du Sahel, en Afrique de l’Ouest, apporte l’espoir d’un renouveau des pâturages et des récoltes, mais aussi une appréhension au Niger dans la mesure où le bétail affaibli succombe aux premières pluies, selon le gouvernement, des travailleurs humanitaires et des éleveurs. Le changement soudain de températures, la pression physiologique sur le système digestif qu’implique le passage d’un régime de fourrage à de l’herbe et les maladies hydriques sont toujours éprouvantes pour le bétail.
Gabon : Le vent du biodégradable emporte les sacs en plastique
2010-07-05
http://tinyurl.com/32w5e2z
A partir du 1er juillet, les sacs en plastique seront bannis du Gabon. Seuls devront perdurer les sachets biodégradables ou recyclables. Une initiative qui n’est pas du goût de tous. Annoncée dès le mois de mars par le président gabonais Ali Bongo Ondimba (ABO), la directive environnementale qui introduit cette mesure radicale devait entrer en vigueur le 1er juillet. Selon les estimations approximatives de Marc Ona Essangui de l’ONG Brainforest, Prix Goldman de l'environnement 2009, chacun des 600 000 habitants de Libreville utilise en moyenne un sac en plastique par jour.
Ghana : 32 morts dans l’effondrement d'une mine d'or
2010-07-05
http://tinyurl.com/2w6qbxv
Trente-deux personnes étaient présumées mortes et des dizaines étaient portées disparues le 29 juin après l'effondrement, le 27 juin, d'une mine d'or illégale au Ghana, en raison d'importantes pluies. L'accident s'est produit à Dunkwa-on-Offin (200 km au nord-ouest d'Accra). Le Ghana, deuxième producteur d'or d'Afrique, compte de nombreuses mines illégales.
Mali : Les éléphants victimes de la guerre de l'eau
2010-07-05
http://tinyurl.com/2546xwr
La sécheresse a causé la mort de 22 éléphants au Mali en un mois. Les 350 pachydermes qui se déplacent par petites bandes dans la région du Gourma, entre le Mali et le Burkina Faso, sont en effet menacés par la concurrence du bétail qui leur dispute les points d’eau. La mauvaise pluviométrie de l’hivernage 2009 a, en effet, eu pour conséquence la raréfaction des pâturages et la diminution des réserves des mares permanentes. Cette situation pousse les éleveurs à guider leurs bêtes vers les installations réservées aux éléphants. Récemment, la mare permanente créée pour les pachydermes à Banzena a été ainsi investie par le bétail domestique et s’est tarie.
Ghana : Des avancées dans les lois sur l’exploitation forestière
2010-07-05
http://tinyurl.com/2u2nnok
De nouvelles lois devraient être adoptées en Europe d’ici à la fin de cette année pour obliger les importateurs de bois à s’assurer que le bois qu’ils achètent a été produit légalement ; et le Ghana sera le premier pays exportateur à pouvoir leur offrir cette garantie. Le commerce du bois est un secteur gigantesque. Au Cameroun, où les exportations de bois ne sont surpassées, en valeur, que par le pétrole, il représente plus de 700 millions de dollars par an. L’Indonésie tire quant à elle près de trois milliards de dollars par an de la vente de bois et de produits du bois, mais selon Greenpeace, jusqu’à 80 pour cent des activités d’exploitation forestière indonésiennes sont illégales.
Mali : les populations se mobilisent pour protéger les éléphants
2010-07-05
http://tinyurl.com/2fc3zj7
Pour protéger « leurs » derniers éléphants, des habitants du nord du Mali se sont organisés en « brigades de vigilance » contre le braconnage et des GPS ont même été glissés au cou de certains pachydermes. Dans le Gourma malien, qui inclut les régions de Mopti, Tombouctou et Gao, le nombre des éléphants ne cesse de décroître : ils étaient 550 entre 1972 et 1974, ils ne sont plus que 354 aujourd'hui... Courant juin, 21 pachydermes y sont morts de soif du fait de la sécheresse. Mais le danger vient aussi des braconniers, qui convoitent toujours l'ivoire de leurs défenses, mais aussi leur viande, très appréciée dans des pays voisins.
Niger : la pollution des déchets plastiques préoccupe
2010-07-05
http://tinyurl.com/34uq5zm
Le sachet plastique est désormais ancré dans les habitudes de consommation au Niger. Un simple achat de quelques dizaines de francs vous donne droit à un ou plusieurs emballages. Condiments, nourriture, boisson et articles divers, liquide comme solide, tout est emballé dans des sachets plastiques. La conséquence est que les déchets plastiques non biodégradables se répandent alors dans l’environnement. Selon une étude conduite par l’ONG Oxfam-Québec en 2008, ils constituent 5% des déchets ménagers solides produits à Niamey. Après les rues et les champs proches de la capitale, c’est maintenant au tour du fleuve d’être menacé par cette pollution plastique.
Justice Alimentaire
Guinée : RSF salue l’adoption de deux nouvelles lois sur la presse
2010-07-05
http://tinyurl.com/36mfqd7
Reporters sans frontières salue l’inscription du principe de la liberté de la presse dans la Constitution guinéenne et la promulgation par le général Sékouba Konaté, le 22 juin 2010, de deux nouvelles lois : une sur la liberté de la presse et une instaurant la création de la Haute Autorité de la Communication (HAC). Le premier texte consacre la dépénalisation des délits de presse, le second modernise l’organe de régulation des médias.
Média & liberté d'expression
Bénin : La Haac réduit le journal télévisé de l’Ortb à 10 minutes
2010-07-05
http://tinyurl.com/395bamw
A travers une audition publique Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) du Bénin a a infligé à la chaîne publique une sanction disciplinaire. L’ORTB s’est ainsi vue limitée dans ses éditions du journal télévisé à dix (10) minutes. Cette sanction qui couvrait les 1er et 2 juillet 2010 est tombée suite à la diffusion de certains éléments, comme le bilan du maire de Karimama le 25 juin dernier.
Cameroun : L’Etat prépare la répression des journaux en ligne
2010-07-05
http://tinyurl.com/3afwzeg
Dans la flopée de dispositions juridiques transmises à l’examen des députés, figure en bonne place quelques arrangements, qui mettent dos au mur les éditeurs des sites d’informations qui traitent de l’actualité du Cameroun. Certaines disposent imposent des condamnations pécuniaires voire des peines de prison sévères en matière de délit de presse.
Maroc : Prison avec sursis pour un journaliste indépendant
2010-07-05
http://tinyurl.com/2wrfsxk
Ali Amar, journaliste marocain indépendant et auteur d’un livre critique à l’égard du pouvoir, a été condamné, le 1er juillet, à trois mois de prison avec sursis et à 3 628 euros de dommages et intérêts. Il était jugé après une plainte déposée contre lui par une ancienne associée, la Française Sophie Goldring, qui l’accusait de lui avoir volé une ordinateur portable et un chèque d’un montant de 2 000 euros. Ali Amar n’a jamais reconnu les faits et dénonce un procès « inique, incohérent avec des soubassements politiques ».
Conflits & urgences
Algérie : attentat sanglant à la frontière malienne
2010-07-05
http://tinyurl.com/37woy9w
L'Algérie n'avait pas connu d'attentat aussi meurtrier depuis près d'un an. Onze gendarmes chargés de surveillés la frontière avec le Mali ont péri dans une embuscade tendue par des islamistes le 30 juin 2010, près de Tinzaoutine, dans la région de Tamanrasset, dans le sud du pays. Les assaillants auraient également kidnappé un guide touristique. On estime que cette attaque, la première du genre, est une réaction au récent démantèlement, dans les villes sahariennes de Tamanrasset et Illizi, d’un réseau de soutien logistique à ces terroristes du Sahel.
Mauritanie : Une ville nouvelle pour contrecarrer Al Qaïda
2010-07-05
http://tinyurl.com/2u9n75g
Pour combler le vide au sud mauritanien qui profite aux trafiquants et surtout aux éléments armés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Nouakchott vient de jeter les bases pour la construction d’une ville nouvelle sur ses frontières avec le Mali. Le 28 juin, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a lancé le chantier de la nouvelle ville qui sortira bientôt du désert, et qui a été baptisée N’Beïket Lahwach. L’objectif est de maîtriser la situation sécuritaire dans cette vaste zone du territoire mauritanien qui souffre encore d’un vide urbanistique. Le projet comprend le lotissement et l'équipement de 2000 parcelles résidentielles, la construction de bâtiments administratifs, centre de santé, école, etc.
Soudan : deux tribus signent un accord de réconciliation au Darfour
2010-07-05
http://tinyurl.com/357bmuu
Deux tribus du Darfour, les Misseriya et les Rezeigat Nouaiba, ont signé le 28 juin un accord de réconciliation, s'est félicité la Mission des Nations Unies et de l'Union africaine dans cette région du Soudan (MINUAD). Scellé à l'université locale de Zalingei, dans l'Etat de l'Ouest-Darfour, l'accord a réuni le gouverneur de cet Etat, des responsables du Conseil judiciaire et législatif soudanais, des militaires et des policiers ainsi que des membres de la MINUAD. Depuis plus de sept ans, les violences au Darfour ont fait plus de 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés.
Cours, séminaires, & ateliers
Global : Programme de mobilité internationale
2010-07-04
http://pambazuka.org/fr/category/courses/65730
Le programme européen de résidences de recherche EURIAS, rassemblant un consortium de 14 instituts européens d’études avancées, coordonné par le Réseau français des instituts d’études avancées (RFIEA), débute ses activités en juin 2010.
Pour l’année académique 2011-2012, le programme EURIAS offre 33 résidences de recherche pour chercheurs confirmés (18 juniors et 15 seniors) de tous horizons disciplinaires et géographiques. Ils seront accueillis pour des séjours de 10 mois dans l’un des 14 instituts participants.
Les candidatures s’effectuent en ligne sur le site www.eurias-fp.eu jusqu’au 10 septembre 2010.
Global : Stages offerts par l’Ordre national du Québec
2010-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/courses/65763
Dans le cadre de sa nouvelle mission éducative, l’Ordre National du Québec (ONQ) s’associe à l’Agence universitaire de la Francophonie pour offrir des stages de trois mois en milieu universitaire québécois à cinq étudiants de pays en développement. Les étudiants bénéficieraient de l’encadrement d’un éminent chercheur membre de l’ONQ en plus du soutien du milieu de recherche et d’enseignement de l’université concernée. Cette bourse de 7.000 $CA couvre les frais de transport, d’hébergement et de séjour.
Cinq laboratoires proposent d’accueillir les étudiants boursiers :
http://www.cri.ulaval.ca/
Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval
http://www.uqtr.ca/inrpme
Institut de recherche sur les petites et moyennes entreprises (PME) de l’Université du Québec à Trois-Rivières
http://www.cernec.umontreal.ca/Index_f.htm
Centre de recherche en neuropsychologie et cognition à l’Université de Montréal
http://www.larim.polymtl.ca/
Laboratoire de recherche en réseautique et informatique mobile (LARIM) de l’École Polytechnique de Montréal
http://www.polymtl.ca/polystim/
Laboratoire de neurotechnologies Polystim de l’École Polytechnique de Montréal
Source http://www.auf.org/
http://www.ordre-national.gouv.qc.ca/
Date limite : 15 octobre 2010
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
www.fahamu.org/
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ISSN 1753-6847

