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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 159 : Que cessent les crimes «sexospecifiques» et les «femicides» en RD Congo

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Courrier, 6. Forum Social Mondial 2011, 7. Femmes & genre, 8. Droits humains, 9. Réfugiés & migration forcée, 10. Veille sur Africom, 11. Elections & gouvernance, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. Environnement, 17. Média & liberté d'expression, 18. Nouvelles de la diaspora, 19. Conflits & urgences, 20. Collecte de fonds & ressources utiles




Sommaire de cette édition

CHRONIQUES : Madagascar : Ethnicité et politique – Des réalités historiques aux problèmes actuels.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Décentralisation : Quels rôles pour les «chefs et rois traditionnels» en Afrique ?
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Global : Une pétition contre la politique anti-immigration de Sarkoky.
ARTS & LIVRES : Afrique : «Black Diamond», ou quand le foot rétablit l’escalavage.
COURRIER : Le monde nous regarde : Des universitaires américains s’élèvent contre le révérend Jones.
FORUM SOCIAL MONDIAL 2011 : Des Origines à Dakar 2011.
FEMMES & GENRE : Global : Moins de 40% des pays ont atteint la parité filles-garçons.
DROITS HUMAINS : Afrique : Les capitales de la peine de mort.
REFUGIES & MIGRATIONS : Global : Paranoïa européenne contre l’immigration
VEILLE SUR AFRICOM : Afrique : Le retour de Washington sur le continent africain.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Côte d’Ivoire : Deux menaces sur les élections.
CORRUPTION : Mali : Le scandale du détournement du Fonds mondial enfle.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Des perspectives économiques optimistes.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique de l’Ouest : Les stratégies nutritionnelles en révision.
EDUCATION : Gabon : Suppression record des bourses des étudiants à l’étranger.
ENVIRONNEMENT : Tchad : Les pluies torrentielles affectent 150 000 personnes.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique du Sud : Où est passé l’esprit Mandela ?
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Le photographe de Martin Luther King travaillait pour le FBI.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Les otages français et africains dans la sale guerre du Sahel.
COLLECTE DE FONDS & RESSOURCES UTILES : Burkina Faso : Etude sur la prise en compte des personnes handicapées dans les actions de développement.




Chroniques

Madagascar : Ethnicité et politique - Des réalités historiques aux problèmes actuels

Jean-Pierre Domenichini

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/67103

Le rôle des différentes ethnies à Madagascar dans la vie politique revient de façon récurrente dans les conversations et les discussions concernant la crise actuelle. Pour y voir clair et comprendre la question, il faut remonter dans le passé, note Jean-Pierre Domenichini. Mais aussi, « prendre en compte les effets pervers des nouvelles conditions des deux derniers siècles». Notamment : la fracture religieuse dès le 19e siècle, l’urbanisation au 20e siècle récent et l’opposition Merina/Côtiers de l’époque coloniale.

« Ethnie » est un mot impropre

Quand on utilise le mot « ethnie » aujourd’hui à Madagascar, c’est une façon – que l’on voudrait scientifiquement correcte – de traduire le mot « tribu » qui fut utilisé à l’époque coloniale et que l’on utilise encore dans les formulaires de demande de carte d’identité avec le terme caste. Il n’existe pas à Madagascar dix-huit tribus, alors qu’existent bien les douze tribus d’Israël, descendant des douze fils de Jacob ou Israël d’il y a quelque 3.000 ans. A Madagascar, tous les Merina ne descendent pas d’un unique ancêtre qui aurait été Monsieur Ramerina ni tous les Sakalava d’un unique ancêtre qui aurait été Monsieur Rasakalava.

Au 19e siècle, Raombana, qui fut éduqué en Angleterre et qui écrivait en anglais, n’a jamais employé le mot « tribe »[1]. Quand les intellectuels malgaches au 20e siècle voulaient trouver un mot malgache pour « tribu » pour traduire le français administratif, il n’y en avait pas, sauf à prendre le mot « foko » qui désignait au départ un petit groupe de parenté, à le « forpayser » et à lui donner un sens français. A défaut de leur apprendre à parler français, la tentation de beaucoup de missionnaires fut d’amener les Malgaches à parler français en utilisant la langue malgache et donc à changer le sens des mots du lexique malgache. C’est le « novgache » actuel.

Pour de multiples raisons, beaucoup n’acceptent pas le mot « ethnie », notamment parce que étymologiquement demos désigne le peuple de la cité dans la Grèce antique, alors qu’ethnos désigne tout peuple extérieur à la cité et donc étranger. L’ethnie porte toujours le sens de « tribu » et comporte aussi celui de ce qui serait une communauté biologique d’origine – ce qu’était bien la tribu.

Nous le devons d’abord à ce que furent les idées du 19e siècle, à ce que fut son anthropologie physique qui mesurait les crânes à la recherche de la définition des « races humaines », au social-darwinisme qui en dériva et qui pensait que ces « races humaines » avaient des qualités différentes et que leur évolution culturelle s’était achevée, lorsqu’elles avaient épuisé toutes leurs ressources. Ces idées social-darwinistes étaient enseignées dans les institutions théologiques des Eglises et les missionnaires les ont diffusées auprès de leurs fidèles, notamment avec la malédiction des fils de Cham par Noé. Quant au mot « tribu » que l’administration coloniale utilisa, c’était pour elle un moyen de situer les sociétés malgaches dans un passé ancien et primitiviste proche de la sauvagerie – un passé que la chrétienté avait quitté depuis longtemps avec le Nouveau Testament et que la France avait quitté à l’époque de Vercingétorix pour entrer dans la modernité romaine. Si l’on veut utiliser un mot correct, il convient d’employer l’expression « population régionale » utilisée dans le Pacifique, qui n’a pas de telles connotations.


Des populations régionales

Ces populations régionales correspondent à ce que furent autrefois des formations politiques royales ou princières. Il y eut même des Républiques, comme celle de Soanavela en pays antanosy émigré près du pays mahafale, mais ces dernières n’ont pas été reconnues comme des « tribus ». Ces royaumes et ces principautés avaient des superficies variables selon les alliances et les conflits. Elles étaient le résultat de stratégies politiques et n’étaient pas intangibles. Elles pouvaient être créées et tout aussi bien disparaître. On peut illustrer ce fait par quelques exemples.

L’Imerina, dans une région autrefois appelée Ankova, est une création politique attachée à une dynastie côtière auparavant établie à Maroantsetra sur la côte est. Etant montée sur les hautes terres sur les marches de la forêt actuelle, elle s’installa peu à peu sur les hauts plateaux à partir de Fanongoavana. C’est l’une des branches de cette famille qui, à partir de la petite Imerina d’Andriamanelo à Alasora et Imerimanjaka étendit son emprise sur l’Imerina roa toko de Ralambo (Ambohidrabiby), l’Imerina efa-toko d’Andriamasinavalona (Antananarivo) et l’Imerina enin-toko d’Andrianampoinimerina (Ambohimanga et Antananarivo) qui s’était agrandie au sud jusqu’à Ambositra et Fandriana. C’est le président Tsiranana, premier président de la République, qui décida de retrancher ces deux petites régions de l’Imerina pour les intégrer au pays betsileo.

L’unité du pays sakalava repose sur une sorte de confédération familiale. C’est une famille de Maroseraña qui, partant de Benge sur le Fihereña, a créé une série de royaumes jusqu’au nord de Madagascar – les branches cadettes se constituant des territoires au dépens d’anciens royaumes ou d’anciennes principautés. Si l’on parle d’une population sakalava, il faut noter que le groupe dynastique souvent se distingue de l’ensemble de la population en se disant lui-même sakalavabe ou grand-sakalava.

Le pays betsimisaraka sur la côte orientale est la création récente, au 18e siècle, de l’habile politique de Ratsimilaho. Il rassembla de nombreuses petites communautés qui, de longtemps, avaient rejeté l’organisation royale, mais qui, sous une apparence égalitaire, avaient conservé une forme hiérarchique avec ses tompon-tany et maîtres de la terre et ses dépendants. Mais l’unité n’est pas totale. Dans la région d’Antalaha, les anciens Betsimisaraka se nomment maintenant Bisaraka, et – conséquence de la politique nationale – dans la région de Mananara-Avaratra, les élites qui étaient tsimihety à l’époque de Tsiranana, sont redevenues betsimisaraka à l’époque de Ratsiraka et de la IIe République.

Il y a trois siècles, le pays zafimaniry était inclus dans le royaume de Vohitrarivo, le royaume zafirambo le plus septentrional du pays tanala – lequel s’étendait jusqu’au sud d’Ikongo. Il y a deux siècles et demi, ce petit pays était compris dans la principauté d’Andramasina, cité qui se trouve à trente kilomètres à vol d’oiseau d’Antananarivo à la suite du mariage, avec Andriamasinavalona, de Ralaniboahangy, fille aînée d’Andrianonindanitramantany, roi de Vohitrarivo près de l’actuel Tsinjoarivo. Au 20e siècle, cette population forestière est dite tantôt tanala tantôt betsileo. Comme elle a conservé sa tradition de travail du bois qui a été reconnue comme appartenant au patrimoine mondial par l’Unesco – un art que l’on dit « ethnique » dans les pays du Nord –, la population zafimaniry s’individualise dans le monde malgache et, dans l’esprit de notre temps, tend à devenir une « ethnie » ou, disons, une population régionale.


Une unité culturelle fondamentale

S’il y a des cultures régionales, ce sont toutes des formes qui ont évolué à partir de l’ancienne culture austronésienne et qui ont pu localement subir des influences par leurs contacts avec l’extérieur, autrefois dans le contexte de l’Océan Indien, et depuis le 19e siècle, dans celui de la mondialisation.

L’unité linguistique a été préservée. Toutes parlent le malgache, une langue dont le vocabulaire et la grammaire est austronésienne – on a dit aussi malayo-polynésien et encore indonésien –, comme le montrent bien les différentes études des linguistes malgaches. L’intercompréhension demeure entre les différents dialectes. Sur de fausses bases racialistes, des missionnaires avaient envisagé l’existence d’un premier peuplement d’origine africaine et la politique coloniale, toujours défendue par des universitaires étrangers tribalistes, en avait fait la base de la « politique des races » de Gallieni. Le seul article – celui d’Otto Chr. Dahl – qui, par son argumentation linguistique, aurait pu convaincre, prouvait en fait le contraire de ce qu’il pensait avoir prouvé. Quant aux Vazimba et aux Mikea, qui font fantasmer beaucoup de gens, leurs ancêtres à eux aussi viennent de l’Asie du Sud-Est. Les Vazimba ne sont pas une population ; ce sont d’anciens rois ou prince qui, à leur décès, ont bénéficié souvent d’une sépulture aquatique dans un lac où leurs esprits sont censés demeurer. Les Mikea, eux, sont des anarchistes qui ont fui les fanjakana dont ils étaient les sujets et ont choisi de vivre librement dans un milieu forestier.

L’unité des coutumes et des conceptions les plus fondamentales de la culture étaient et restent austronésiennes. On les retrouve toutes en Asie du Sud-Est et l’idée fréquemment exprimée par les anthropologues que « malaise » serait l’Imerina et africaine la « côte », provenait d’une méconnaissance et de l’une et de l’autre, mais aussi, dans l’esprit de l’Empire Français, de l’Asie du Sud-Est. Tout Malgache devrait savoir qu’un phénotype négroïde n’est pas obligatoirement d’origine africaine. Si une minorité africaine est venue à Madagascar, souvent contre son gré, elle s’y est malgachisée, comme les Polonais immigrés en France sont devenus français, à cette différence près que les Polonais ont gardé leurs noms slaves, alors qu’à Madagascar, les descendants des Mozambiques ont pris des noms malgaches. Les rois et l’aristocratie de la thalassocratie du Champa étaient noirs, alors que, comme l’écrivaient les mandarins chinois au 2e siècle de l’ère chrétienne, le peuple čam était « blanc comme nous ». Les études d’ADN des populations noires actuelles ou Négritos d’Asie du Sud-Est ont montré qu’elles n’avaient pas d’ancêtres africains en dehors de ceux que toute l’humanité a en partage.

En matière de culture, on retrouve dans toute l’île la valorisation des orientations cardinales (nord, sud, est et ouest) qui expliquent l’univers et, pour les rapports avec le Ciel et l’au-delà, la même organisation du temps journalier selon le moment : rites de la vie et des ancêtres le matin, rites politiques à midi et rites concernant les morts l’après-midi – sachant qu’il faut bien distinguer les ancêtres et les morts, car l’état de mort n’est qu’un moment limité qui précède l’état d’ancêtre, lequel est définitif. Les différentes formes du famadihana correspondent aux secondes funérailles de l’Asie du Sud-Est. La circoncision n’a rien de sémitique et, pas plus que pour les aborigènes d’Australie, ne répond pas à l’explication de la culture judéo-chrétienne qui y voyait une origine abrahamique comme seule possible (Flacourt). Rituel politique à longue périodicité par son organisation et ses conséquences, la circoncision des garçons se faisait en même temps que le percement des oreilles des filles : les petits princes de la forêt devenaient alors les sujets de leur mpanjaka, roi ou prince.

Dans toute l’île aussi, les mêmes principes d’organisation hiérarchique de la société des royaumes et principautés – principes qui n’ont pas été introduits au 16e siècle par les arabes comme la science coloniale veut encore nous le faire accroire (Françoise Raison et ses disciples) – ont fait partie du bagage culturel des premiers Malgaches venus de l’Asie du Sud-Est. Selon les derniers acquis scientifiques en histoire maritime, palynologie et paléontologie, on peut dater sûrement le début du peuplement au 4e siècle avant l’ère chrétienne et sans doute dès le 7e siècle avant J.-C., et non pas au 10e siècle de l’ère chrétienne, comme l’affirment encore Vérin et ses disciples selon la chronologie courte enseignée à l’Ecole coloniale.

Pour avoir une attitude juste, il faut avoir des appellations justes, comme le conseillait Confucius il y a deux millénaires et demi. C’est pourquoi préliminairement il nous fallait corriger les dénominations.


Questions actuelles

L’unité de la culture malgache a été contestée par la science coloniale française et même présentée comme un « mythe » par un universitaire américain (Raymond Kent). Or, en dehors des évolutions que les populations régionales ont normalement pu mener dans le passé – car les sociétés anciennes malgaches n’étaient pas figées et condamnées à ne répéter que leur passé et dans les mêmes formes –, il faut prendre en compte les effets pervers des nouvelles conditions des deux derniers siècles. J’en retiendrai trois : la fracture religieuse dès le 19e siècle, l’urbanisation au 20e siècle récent et l’opposition Merina/Côtiers de l’époque coloniale.

1. En matière religieuse, l’action des diverses missions, protestantes et catholique, ont fracturé le pays en voulant combattre ce qu’elles appelaient la « superstition » et en faisant interdire, en 1869, la religion traditionnelle par la reine Ranavalona II. Le combat sembla gagné quand, en 1873, dans une conférence missionnaire, un futur grand pasteur malgache fit allégeance aux missionnaires en définissant ainsi les « côtiers » : «L’homme de la côte est un fétichiste étonnant, polygame comme un animal, menteur et trompeur à un point extraordinaire; il aime les bœufs plus que sa femme et ses enfants ; s’il envie quelque chose chez un ami, il n’hésite pas à s’en prendre à la vie de celui-ci, il tuera la personne comme s’il tuait un poulet». Une telle proclamation se passe de commentaires. Le « côtier » devenait le modèle du sauvage à civiliser et à christianiser. Les missions contribuèrent à creuser en fracture sociale la fracture religieuse par leurs institutions d’enseignement et leurs actions éducatives en limitant au 19e siècle leurs actions sur les hautes terres centrales.

2. Selon la logique du totalitarisme colonial, la politique tribaliste de la colonie, qui avait au départ expulsé les Merina des provinces et avait voulu les parquer dans les limites de la seule Imerina, les désigna et surtout leurs « andriana » comme les « ennemis objectifs » de la colonisation. Elle accrut la fracture sociale créée par les missions en ne maintenant pas les écoles qu’elle avait pensé au début établir dans les provinces. Ce fut cette fracture sociale que, sur le tard dans les années 1950, elle utilisa à son profit pour donner l’Indépendance. Les conditions implicitement posées imposaient que le chef de l’Etat soit un « côtier » de religion catholique et ayant fait des études supérieures en France, les Merina étant automatiquement éliminés et plus précisément les « andriana » d’Imerina.

Bénéficiant de ce soutien et se prétendant démographiquement majoritaires, ces bénéficiaires appelèrent en vain en 2002 l’aide française dans la guerre civile qu’ils voulaient lancer. C’était l’époque où, malgré la multiplicité des PhD américains, Condoleeza Rice pensait qu’une telle guerre était inévitable. Les événements de 2002 ont prouvé que le peuple malgache n’adhérait pas aux conceptions de ceux de ses dirigeants jouant avec un tribalisme inadapté au pays.

3. L’urbanisation accélérée - Il faut aussi noter ce phénomène récent qui contribue à déstabiliser les esprits en les coupant de leur milieu familial originel. Les jeunes qui émigrent vers les villes et s’y installent, n’ont pour la plupart pas encore été formés à la plénitude de la culture traditionnelle, tant l’apprentissage de celle-ci est lente et initiatique dans le trouble que produisent les institutions « éducatives » concurrentes : les institutions scolaires et les formations religieuses. Se trouvant seuls à résoudre des problèmes de la vie quotidienne, ils recourent alors soit aux secours des « ombiasy » qui comptent un certain nombre de charlatans dans leurs rangs, soit aux promesses paradisiaques que, dans certaines grandes Eglises institutionnelles, prodigue un mouvement de Réveil adepte de l’exorcisme à répétition, soit encore aux promesses des multiples sectes para-chrétiennes qui leur font espérer la survenue de miracles. L’un des remèdes que proposent les experts serait le développement de l’éducation, confondant éducation et enseignement, et la copie conforme des programmes existant dans le Nord. En fait, pour ce qui est de la culture, les programmes malgaches officiels tendent soit à accentuer l’occidentalisation, soit, au pire, à former de parfaits petits néo-colonisés.

Pour réduire la fracture sociale, la colonie, au lendemain de la seconde guerre mondiale, avait déjà donné des bourses pour les non-Merina. La Ire République de Tsiranana en donnant des bourses et la IIe République de Ratsiraka en instituant des quotas (équipe de football, Académie Militaire, Air-Mad…) essayèrent de réduire la disparité. La boîte de Pandore était ouverte et ses résultats furent attisés du temps de l’Arema. Depuis, la revendication ethnique chez les jeunes, pour arriver vite et avec le moindre effort, comme chez certains politiciens, à des postes de pouvoir, demande que la naissance « côtière » l’emporte sur la compétence et l’égalité républicaine. Serait-ce là de la discrimination positive ou de l’ « alternative action » à la malgache ?

Pour conclure, je reprendrai un texte écrit il y a un an par un de mes amis, Ndimby, éditorialiste dans la presse malgache : « Si on pose un regard qui se voudrait constructif sur l’avenir, Madagascar devra donc se reconstruire en tenant compte du processus éducatif qui permettra aux Malgaches de mieux vivre ensemble, et dépasser les erreurs et les rancœurs du passé ».

Note :
[1] Le mot « tribe » est utilisé par les missionnaires, mais pour le Sud-Est, dans les trois tribus de Tanala, de Taimoro et de Taisaka reconnues à l’époque coloniale, James Sibree [1875, South-East Madagascar, Antananarivo, Abraham Kingdon, Mission Printer to the F.F.M.A., 81 p., une carte h.-t.] décompte, pp. 79-81, 15 tribes tanala, 11 tribes temoro et 5 tribes tesaka.


* Jean-Pierre Domenichini est Historien et anthropologue, membre titulaire de l’Académie Malgache

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



RD Congo : Que cessent les «femicides», les crimes sexospécifiques, les violences faites aux femmes

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/67102

Les conflits qui embrasent la RD Congo depuis plus de dix ans, avec plus de 5 millions de morts, constituent un des drames les plus effrayants que connaît le monde. Dans ce déchaînement de violence, les femmes subissent les pires formes de violences, crimes sexospéciques et traitements inhumains à propos desquels les faibles réponses, voire les silences de la communauté africaine et interantionales sonnent comme une complicité coupable. Dans ce mémorandum, les femmes RD Congolaises de la Diaspora en Grande-Bretagne dénoncent et interpellent.

Nous saisissons l’opportunité, en ce jour du 7 septembre 2010 marqué par la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le cas des récents viols massifs en République Démocratique du Congo, pour dénoncer cette guerre à basse intensité imposé aux populations congolaises de l’est du pays. Le « femicide », les viols, les actes atroces, dégradants et ignobles ainsi que l’insécurité humaine et la peur caractérisent aujourd’hui le climat de vie des populations de l’Ituri, du Nord et Sud Kivu ainsi que de toute l’entendue de la RD Congo ; dans une stratégie et une complicité de balkaniser le pays.

Nous témoignons et exprimons d’une part notre solidarité et, d’autre part, notre préoccupation pour les innocentes populations congolaises, particulièrement les femmes, vieilles, jeunes et petites filles, qui sont tombées et tombent encore sous les affres de ces conflits armés. Nombreuses d’entre elles vivent dans l’insécurité humaine permanente, subissant des crimes sexuels et sexospécifiques, kidnappées, torturées, violentées, affamées, meurtries et errantes dans les forêts, montagnes, les vallées, les camps de déplacés internes et au delà des frontaliers, fuyant ainsi les traitements inhumaines auxquels elles sont exposées injustement. Cette situation met en mal les principes même qui fondent les valeurs universelles des droits humains, de dignité de la personne et de la démocratie.

Nous déplorons avec amertume, les nombreux rapports sur le nombre effrayant de victimes de violences et crimes commis, véritablement sans précédent (5.4 millions de morts), et qu’aucune protection efficace des populations (particulièrement des femmes) n'ait été véritablement mise en place par les autorités congolaises et la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), mandatée par le Conseil de Sécurité de Nations Unies. Nous rappelons que, depuis plus d’une décennie, les populations congolaise l’Ituri, du Nord et Sud Kivu subissent les conséquence du conflit fratricide interethnique entre Rwandais (Hutu et Tutsi) qui a été exportée sur le sol congolais par l’Opération Turquoise mandatée par le Conseil de Sécurité de l’ONU en 1994.

Sous prétexte d’autodéfense, le Rwanda avait officiellement envahi la RD Congo et s’était livré à des tueries à caractère génocidaires des populations civiles congolaises et réfugiés rwandais ainsi qu’il en avait profité pour piller des ressources naturelles congolaises. Ceci incita la convoitise d’autres pays voisins de la RD Congo ; notamment l’Ouganda. Ceci engendra une guerre régionale sur le sol congolais ; qui inclut 7 pays étrangers, y compris les forces armées nationales Rwandaises et Ougandaises qui se livrèrent une bataille féroce en toute impunité internationale, malgré les nombreux rapports sur les victimes civiles congolaises.

Nous condamnons, à la fois, l’hégémonie de certains pays, particulièrement ceux sous la protection des membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les pratiques esclavagistes, déshumanisantes et génocidaires des multinationales capitalistes, vicieuses hors la loi au 21eme siècle, ainsi que le silence complice face à cette atteinte au corps et au mental de la femme noire congolaise qui détruit toute la société congolaise et empêche les communautés d’avoir la paix, se développer, vivre dans la dignité et l’entente.

Nous accusons le crime de non-assistance en personne en danger démontrée par le Conseil de Sécurité de Nations Unies à travers la MONUC/ MONUSCO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Pays de la CEAC, des Grands Lacs d’Afrique, et la ECA ainsi que l’actuel gouvernement congolais face à ces crimes imposés aux populations civiles congolaises.

Nous dénonçons donc l’impunité internationale, régionale, nationale et locale face aux crimes que les femmes congolaises continuent à subir, ainsi que toutes les sortes des discriminations et violences qui, depuis 1997, marquent l’invasion des forces étrangères en RD Congo.

Nous réclamons la fin de l’occupation de la RD Congo par les forces étrangères ainsi que la démilitarisation, et non-légitimation de la violence comme moyen d’accéder au pouvoir dans les instituions étatique et la gouvernance du pays.

Nous exigeons que justice soit faite, afin de rétablir la paix et la dignité des populations congolaises ainsi qu’assurer la réconciliation des peuples dans la Région des Grand Lacs.

Nous interpellons le Conseil de Sécurité des Nations Unies, particulièrement la Grande Bretagne ainsi que le gouvernement congolais face à leur engagement suivant:

- La Déclaration Universelle des Droits Humains du 10 décembre 1948.

- Les quatre Conventions de Genève de 1949 et protocoles additionnels y afférents de 1977.

- La Convention des Nations Unies de 1979 sur l'Elimination de toutes les formes de Discrimination à l'Egard des Femmes (CEDEF)

- Les articles 7 et 8 du Statut de Rome créant la Cour Pénale Internationale, sur les violences sexuelles et sexospécifiques.

- Les résolutions 1325 et 1820 du Conseil de Sécurité des Nations Unies de 2000, sur la Femmes, Paix et Sécurité.

Nous rappelons la résolution 1674 (2006) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies relative à la protection des civils dans les conflits armés, les résolutions1493 (2003), 1596 et 1616 (2005) 1698 (2006), 1768 (2007) 1771 (2007-2008) concernant les embargos des armes.

Nous invoquons la résolution 1756 (2007) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies relative à la situation RD Congo, qui établi un lien entre les conflits armées, l’exploitation des ressources naturelles, les compagnies multinationales, les viols et les violences sexuelles à l'encontre des femmes et des jeunes filles utilisés comme arme de guerre stratégique par les groupes armés.

Nous citons la résolution 1794 (2007) du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui souligne que la protection des civils doit être prioritaire lorsqu'il s'agit de décider de l'usage et des capacités de ressources disponibles et qui rappelle que la Mission du Conseil de Sécurité des Nations Unies a pour mandat d'utiliser tous les moyens nécessaires pour protéger les civils exposés à la menace imminente de violences physiques.

Nous évoquons le rapport publié en 2008 par les experts des Nations Unies, qui a mis en évidence l'implication de plusieurs ressortissants et entreprises occidentales dans le financement du conflit dans l'est de la RD Congo et en particulier des mouvements rebelles.

Nous mentionnons le nouveau rapport « projet Mapping » du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits Humains, suivant la Résolution 1794 (2007), concernant les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire Congolais.

Nous réclamons la mise en application de l’article 5 du Statut de Rome relevant la compétence de la court sur les crimes commis en République Démocratique du Congo, face à ce qui est défini dans les articles 6, 7 et 8.

1) Article 6 : Sur la définition de crimes de Génocide (notamment les points b, c,d)

2) Article 7 : Sur la définition de crimes contre l’humanité (notamment les points (g), sur les violences sexuelles, (h) sur les persécutions et (d) sur les déplacements forcés.

3) Article 8 : Sur la définition de crimes de guerre

Il est temps que la raison, la morale et la dignité humaine l’emportent sur le profit et l’injustice dans la Région des Grands Lacs. Le sang des innocentes victime coule et ne s’arrêtera qu’avec la justice et la restauration de la paix

En tant que résidentes et actrices dans la société britannique, nous interpellons le gouvernement britannique, membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de démontrer une volonté politique pour mettre fin aux conflits armés dans la région des Grands Lacs d’Afrique, dont les causes ont pour conséquence ces violences faites aux femmes. Nous leur demandons de s’engager à faire appliquer les normes de l’O.C.D.E qui sont violées par des compagnies multinationales basées en Grande – Bretagne, cité dans le rapport des experts de L’ONU sur l’exploitations des ressources naturelles congolaises et qui sont listées à la bourse de Londres.

Nous demandons que justice et réparations soient rendues aux femmes congolaises ainsi qu’aux populations civiles de la RD Congo et de la région des Grands Lacs d’Afrique.

Nous encourageons le gouvernement britannique à doubler les efforts à travers dans l’accompagnement du renforcement des institutions qui garantissent la souveraineté d’un Etat de Droit et la transformation sociale ainsi que le développement humain en RD Congo.

Fait à Londres le 7 Septembre 2010


* Mémorandum des femmes RD Congolaises de la Diaspora en Grande-Bretagne.

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Commentaires & analyses

Décentralisation : quels rôles pour les « chefs et rois traditionnels » en Afrique ?

Tchaptchet Jean-Martin

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/comment/67100

Mohaman Gabdo Yahya et Thomas Tchatchoua ne sont pas des professionnels de l’histoire, de l’ethnologie ou des sciences politiques. C’est grâce, d’une part à leur formation universitaire, et d’autre part aux fonctions politiques qu’ils exercent ou ont exercé dans leur pays, qu’ils ont été et sont en mesure d’observer et d’étudier ce qui fait l’objet de leurs ouvrages. Leur étude porte sur le pouvoir royal traditionnel : son historicité, sa légitimité, sa survivance et la nécessité de sa prise en compte dans les politiques de décentralisation.

Le continent africain compte désormais un milliard d’habitants. Ses dirigeants et ses experts s’activent au sein de l’Union Africaine en particulier, et des Nations Unies en général, à trouver des solutions durables et équitables aux graves crises politiques, financières, économiques, environnementales et autres qui affectent l’humanité.

Sans tourner le dos à ces problèmes de gouvernance mondiale, deux auteurs africains – Camerounais, pour être précis –, soulèvent les problématiques du pouvoir d’Etat pré-colonial africain et de sa place dans le processus de décentralisation politique et administrative en cours de conception et/ou de mise en œuvre dans plus d’un pays africain.

« Le Lamidat de Banyo » et « Les Bangangté de l’Ouest Cameroun » sont les titres de leurs deux livres parus récemment (1). Leurs auteurs sont respectivement Sa Majesté Mohaman Gabdo Yahya et Thomas Tchatchoua. Ils traitent donc de ce sujet qu’est le pouvoir d’Etat africain précolonial : essentiellement sous les angles historique, ethnologique et politique pour le premier ; ethnologique et historique pour le second.

Ces deux livres bien réfléchis, bien écrits, parfois avec passion, mais toujours dans le respect et le souci de la bonne expression propres aux auteurs qui visent à l’enrichissement du savoir et à l’amélioration de la praxis, intéresseront d’une manière ou d’une autre chaque lecteur. Particulièrement sous l’angle historique. Car, pour la presque totalité des Africains, l’ignorance de leur histoire en amont de la conquête coloniale, est un drame qui fait mal, non seulement aux fondements de la personnalité individuelle, mais aussi à ceux collectifs de la nation, pour ne pas dire du continent.

Afin d’aider à une lecture sereine et intéressante de ces deux livres que je recommande fortement, je veux apporter quelques indications, aussi bien sur leurs auteurs, sur la substance traitée, sur les méthodes de collecte des données, que sur les défis qu’ils soulèvent.


Note sur les deux auteurs

Mohaman Gabdo Yahya et Thomas Tchatchoua ne sont pas des professionnels de l’histoire, de l’ethnologie ou des sciences politiques. C’est grâce, d’une part à leur formation universitaire, et d’autre part aux fonctions politiques qu’ils exercent ou ont exercé dans leur pays, qu’ils ont été et sont en mesure d’observer et d’étudier ce qui fait l’objet de leurs ouvrages.

Mohaman Gabdo Yahya est actuellement le Lamido, c’est-à-dire le roi d’un des Etats dont l’existence date d’avant la conquête coloniale allemande du Cameroun et anglaise du Nigeria, le lamidat de Banyo. Son ressort territorial recouvre aujourd’hui l’arrondissement de Banyo, chef-lieu du Département de Mayo-Banyo. Il porte le titre de Sa Majesté en tant que 16ème Lamido d’une dynastie qui remonte jusqu’à 1804. Il a fait ses études supérieures à l’Institut International d’Administration Publique, à l’Institut des Sciences Sociales de Paris, et à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature de Yaoundé.

Administrateur principal du travail, Directeur de l’administration générale de la Caisse de prévoyance sociale dans le secteur public, il était, avant son accession au trône Directeur Administratif et Financier de la Société les Minotiers du Cameroun. C’est dire que ce « Roi et Chef traditionnel » est un intellectuel averti et rompu à la compréhension des sujets qu’il traite.

Le Lamidat de Banyo avait une superficie de 35 000 km2 vers la fin du 19ème siècle. Suite au partage entre la France et la Grande Bretagne du Cameroun comme butin de la première guerre mondiale, la superficie du Lamidat, a été réduite à 8600 km2. Il est aujourd’hui peuplé de 190.000 habitants.

Thomas Tchatchoua est sorti de l’Université de Yaoundé avec les diplômes de licence ès lettre et de Diplôme d’études approfondies. Enseignant de carrière, il est entré en politique au bénéfice de l’institution du multipartisme au Cameroun au début des années 1990. La liste de son parti étant sortie victorieuse aux élections municipales de 1996, il fut élu maire de l’arrondissement de Bangangté qui se trouve être aussi son village natal.

Ce fut à partir de cette position et de ses interactions avec le Sous-préfet représentant le gouvernement central de la République, et le « Roi » de Bangangté, le Souverain traditionnel du royaume de Bangangté dont Tchatchoua est par ailleurs le sujet, qu’il a été en mesure de prendre conscience de la pérennité des institutions précoloniales qu’il traite dans son livre.

La superficie du territoire du royaume de Bangangté s’élève à 600 km2. Sa population est évaluée à 75000 habitants non compris sa très nombreuse diaspora éparpillée au Cameroun, en Afrique centrale et en plusieurs régions du monde.
Les deux auteurs écrivent donc en fortes positions de savoir, d’autorité et d’expérience.

Sources historiques

Je retiens que Mohaman Gabdo Yahya structure son livre en cinq parties : aperçu de deux siècles d’histoire, fondements et organisation du lamidat, évolution de la colonisation à nos jours, perspectives de réformes et conclusion. En dehors de quelques sources écrites en français, en anglais et en arabe, l’auteur a recouru à « la tradition orale » qu’il juge être « une mine d’or cachée ».

Thomas Tchatchoua qui développe davantage la méthodologie qu’il a utilisée, a aussi recouru à la tradition orale. « J’ai notamment écouté les personnes âgées, écrit-il, les notables, les reines et surtout les rois. Une bonne partie de l’initiation de ces derniers, on le sait, consiste à leur enseigner l’histoire et les traditions du royaume…je me réjouis d’avoir eu la possibilité d’établir que les faits historiques et événements que je rapporte dans cet ouvrage sont absolument vrais en dépit de l’oralité de la plupart des sources…C’est une méthode irrationnelle mais qui produit des résultats impressionnants. » (2)

Son livre est divisé en deux grandes parties : la première, « Le pays et les hommes », est beaucoup plus ethnologique, et la seconde « La dynastie des Mveunga » résume cinq siècles de pouvoir royal des Bangangté.

De quoi s’agit-il ?

En raison de leur position d’hommes politiques, ces deux auteurs n’ont pas manqué de griffer ici et là dans leurs livres, des adversaires politiques. Mais le plus important de leur étude porte sur le pouvoir royal traditionnel : son historicité, sa légitimité, sa survivance et la nécessité de sa prise en compte dans les politiques de décentralisation.
« Beaucoup de thèses et mémoires se sont appesantis sur le déclin de la chefferie traditionnelle considérée comme un vestige d’un passé révolu, écrit Mohaman Gabdo Yahya . (3) Je pense pour ma part que le pouvoir traditionnel a une réelle influence sur la classe socio-politique. Il ne laisse pas indifférent et nous assistons aujourd’hui à un renforcement de la chefferie traditionnelle et au retour des valeurs coutumières…
« Si l’Etat peut lui apporter une base juridique de légalité, par contre c’est la communauté socio-culturelle qui peut conférer aux autorités traditionnelles une reconnaissance identitaire et une légitimité. »

Evaluant certaines des agressions dont cette institution a été victime dans le passé, l’auteur du Lamidat de Banyo précise : « Les colonisateurs successifs, tantôt agressifs, tantôt admiratifs, mais toujours méfiants, ont cherché à instrumentaliser ces lamibé (pluriel de lamido) qui ont été, pour la plupart, déposés, exilés ou assignés à résidence par les autorités coloniales, qui n’avaient d’autres légitimité que leur seule omnipotence. Pour eux, un bon chef devait être docile, taillable et corvéable à merci. Ceux qui s’opposaient ou se montraient hostiles au système colonial étaient purement et simplement destitués sous divers prétextes…
« … En effet, sous la colonisation tout comme sous le joug du parti unique, les chefs ont été abaissés, marginalisés et n’ont pas pu réagir adéquatement pour leur émancipation. »

Associant sémantique, ethnologie et histoire, Tchatchoua, présente les choses comme suit: « Les termes «rois» et «royaumes» que j'emploie dans la présente étude qui se veut un modeste essai d'histoire et d'ethnologie du peuple Bangangté de l'Ouest du Cameroun peuvent avoir quelque chose de provocateur. Que viennent-ils chercher dans le Cameroun d'aujourd'hui ? Cette incongruence apparente appelle nécessairement une explication à laquelle, d'entrée de jeu, j'ai l'obligation de me soumettre.
« Dans le contexte d'une Afrique restructurée et arbitrairement balkanisée en 1885 à la Conférence de Berlin, ces vocables peuvent, en effet, paraître rétrogrades ou nostalgiques. Avant la colonisation dont il faut dire qu'elle a compromis de manière irréversible le processus endogène de développement du continent, privant du coup l'humanité d'autres expériences, d'autres modèles de civilisation, l'Afrique avait son propre découpage territorial et une organisation sociale qui lui appartenait en propre. C'était un ensemble de royaumes plus ou moins stables, plus ou moins étendus certes, mais qui, au fil des ans, à la faveur des guerres ou sur la base des accords pacifiquement négociés, fusionnaient pour constituer des entités de plus en plus grandes, de plus en plus viables . » (4)

Perspectives et défis

Mohaman Gabdo Yahya et Thomas Tchatchoua n’ont pas traité dans le détail certains archaïsmes propres aux valeurs éthiques et à l’organisation sociale des royaumes de Banyo et de Bangangté. Mais ils ne les ont pas occultés. Bien que ce soit en passant, ils s’expriment sur les problèmes de la démocratie, des droits de l’homme, de la condition féminine, etc. Mohaman Gabdo Yahya écrit par exemple que :

« Par le passé les chefs eux-mêmes, plus ou moins conscients, ont abusé des adolescents en incorporant plusieurs dizaines comme épouses et concubines.
« De nos jours, il convient d’expurger de nos coutumes, toutes les pesanteurs socio-culturelles qui freinent l’épanouissement de notre jeunesse, comme nous avons pu les répertorier dans nos résolutions : Appel de Douala pour le respect des droits de l’enfant et la protection des enfants. »

Dans l’ensemble, les deux auteurs ouvrent des perspectives, posent des problèmes et lancent des défis. En termes de perspectives, Mohaman Gabdo Yahya et Thomas Tchatchoua apportent de la matière première historique que les rédacteurs de manuels scolaires pourraient utiliser, soit pour enrichir les manuels existant, soit pour en rédiger de nouveaux.

Dans « Le Lamidat de Banyo », Mohaman Gabdo Yahya apporte de nombreuses propositions qui pourraient servir aux travaux de réflexion et de réformes sur ce que devrait être le rôle de la chefferie traditionnelle au sein de la République, au Cameroun et ailleurs en Afrique. Parmi les problèmes posés par les deux auteurs, j’en vois un qui ne devrait pas échapper aux concepteurs de la décentralisation administrative. Il s’agit du partage des pouvoirs entre les trois autorités chargées de l’administration des populations.

Mohaman Gabdo Yahya, en tant que prince règnant, indique les différentes activités qu’il mène actuellement aux niveaux local, régional et même transfrontalier en matières de gestions économique, de règlement de conflits, de protection de la sécurité, etc. et ce qui pourrait être dévolu à l’autorité traditionnelle dans le cadre d’une réforme générale. « Ceux qui veulent confiner les Chefs dans des rôles folkloriques, écrit Mohaman Gabdo Yahya, disent que je suis un Lamido atypique qui s’ingère dans le fonctionnement des services publics. En réalité, je ne cherche pas à jouer un rôle de censeur, de gendarme ou de justicier, mais simplement à avoir un droit de regard dans les dérives et dysfonctionnement qui affectent la vie de mes concitoyens. Abdiquer devant des préjugés et le qu’en dira-t-on pour se cantonner dans le seul rôle du chef de village (au sens restrictif et péjoratif du terme) ne correspond pas au profil que je me fais d’un Lamido digne de ce titre. »

Côté défis, nos deux auteurs ne se réfugient point dans une quête identitaire. Comme S.M. Mohaman Gabdo Yahya l’exprime dans le cadre de la nation camerounaise créée par la colonisation. « C’est par l’affirmation et le respect de chaque identité ethnoculturelle que le Cameroun se construira, en fédérant les particularités et les forces centripètes. L’intégration est la seule voie possible, l’assimilation étant utopique et dangereuse. La variété des arbres fait la beauté d’une forêt et la diversité de ses essences en fait la richesse. Notre pays reconnu comme un microcosme de l’Afrique, devrait en tirer un meilleur parti et non chercher à transformer ce potentiel en handicap ».

Dépassant les dimensions de cette nation pour se situer au niveau mondial, Tchatchoua Thomas écrit au sujet de l’identité : « Chaque peuple devrait ressentir cet ardent besoin de préserver son identité afin que le monde ne ressemble pas à de pâles clichés des mêmes civilisations.
« Ce devoir de retourner à ses propres racines s’impose au peuple noir, plus qu’aux autres civilisations du monde. Parce qu’il est malade de son identité perdue et donne justement la ridicule impression de singer le monde. C’est sur ses terres que l’on vient expérimenter toutes les théories nouvelles. C’est là aussi que tous les déchets se déversent. La poubelle universelle, n’est-ce pas ? » (5)

Par ailleurs, et s’appuyant sur la vivisection coloniale qui a séparé des communautés ethniques et culturelles par des frontières artificielles – le cas vivant et actuel du Lamidat de Banyo qui s’étendait avant la conquête allemande à l’Emirat de Yola au Nigeria – Mohaman Gabdo Yahya envisage à juste titre le problème de la nationalité en Afrique dans le cadre d’un panafricanisme basé sur l’unité politique du continent.

Il considère que dans la pratique, ce panafricanisme apporterait des soins aux blessures provoquées par la balkanisation du continent africain, et partant, apporterait un cadre pour l’élaboration de solutions durables aux problèmes de la paix, de la stabilité et du progrès en Afrique. Il écrit : « Depuis que les Etats africains ont retrouvé leur souveraineté nationale, la gestion des frontières artificielles subséquentes à leur balkanisation et la maîtrise des rivalités et conflits interethniques sont au centre de leurs préoccupations….
« …. Lorsque Kwame Nkrumah écrivit “ Africa Must Unite ”, il a été pris pour un utopiste, un illuminé ; aujourd’hui, il nous apparaît en leader panafricain éclairé qui avait perçu très tôt les dangers de la balkanisation de notre continent. Nos Chefs d’Etat, tous nos Chefs d’Etat africains, devraient transcender les égoïsmes nationaux étroits, pour privilégier l’épanouissement des peuples à la place d’une velléité illusoire d’expansion territoriale ruineuse.»

Et Tchatchoua Thomas exprime la même vision de l’Afrique quand il écrit : « Le panafricanisme qui a fait tant rêver est malade de l’égoïsme des hommes et des peuples. Pour sortir du sous-développement et s’affirmer aux yeux des autres nations du monde, l’unité du continent n’a pourtant pas encore d’alternative. Parce que nous avons été divisés au gré des intérêts de ceux qui nous ont colonisés. Parce que nos Etats sont rarement des entités viables. » (6)


Conclusion : un acteur absent

Voilà les problèmes d’une rétrospective et d’une prospective de la décentralisation soulevés sous diverses facettes − continentale, nationale et locale : socio-culturelle et politique ; traditionnelle et moderne. Parfois avec force, sans être pour autant des revendications rebelles. « L’évolution du Cameroun se fera avec les autorités traditionnelles ou ne se fera pas » affirme S.M. Mohaman Gabdo Yahya.

Et Thomas Tchatchoua d’ajouter : « A Bangangté, comme dans bien d’autres royaumes, le pouvoir traditionnel est une réalité vivante dont il est intéressant d’examiner les contours et la matérialité aux fins de voir ce que la république peut en tirer pour mieux se bâtir, ou simplement pour les conserver comme reliques d’une époque qui attesteront plus tard que nous avons vécu. On ne le dira jamais assez : point d’avenir pour des peuples sans histoire .» (7)

Tout cela étant écrit, je dois souligner que dans les deux ouvrages, il y a un acteur absent : le pouvoir municipal élu. Il a été traité ou maltraité comme s’il n’existe pas. Tchatchoua Thomas, ancien maire de Bangangté, ne nous confie pas les leçons spécifiques tirées de son expérience. Sa Majesté Mohaman Gabdo Yahya fait référence à des Gouverneurs, des Préfets et des Sous-préfets. Mais quid des maires ?

Notes

1) Sa Majesté Mohaman Gabdo Yahya, Le Lamidat de Banyo, Afrédit, Africaine d’édition, février 2009
- Thomas Tchatchoua, Les Bangangte de l’Ouest Cameroun, éd. L’Harmattan, mars 2009

2) Thomas Tchatchoua, Les Bangangte de l’Ouest Cameroun, éd. L’Harmattan, page 24

3) S. M. Mohaman Gabdo Yahya, Le Lamidat de Banyo, Afrédit, Africaine d’Edition, pp 157

4) Thomas Tchatchoua, Les Bangangte de l’Ouest Cameroun, éd. L’Harmattan, page 11

5) Thomas Tchatchoua, Les Bangangte de l’Ouest Cameroun, éd. L’Harmattan, page 401

6) Thomas Tchatchoua, Les Bangangte de l’Ouest Cameroun, éd. L’Harmattan, page 402

7) Thomas Tchatchoua, Les Bangangte de l’Ouest Cameroun, éd. L’Harmattan, page 16


* Tchaptchet Jean-Martin est écrivain

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L’égalité, le droit et le bien-être des femmes

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/comment/67098

En mai 2010, Annette Msabeni-Ngoye, gestionnaire intérimaire de la thématique « genre » de l’Association de coopération et de recherches pour le développement (ACORD) est venue du Kenya pour partager avec ses homologues canadiens les résultats d’une étude intitulée « Making the Law Count ». Cette étude porte sur l’accès des femmes et des filles au système judiciaire dans les cas de violences sexuelles et fondées sur le genre. ACORD est convaincue de la nécessité de traiter des inégalités entre hommes et femmes et de la primauté du droit pour assurer le bien-être des femmes.

Autrefois conséquences invisibles des conflits, les violences sexuelles et fondées sur le genre sont aujourd’hui internationalement reconnues comme une arme de guerre, une forme de torture et un crime contre l’humanité. C’est le sens que leur donne un grand nombre d’instruments consacrés aux droits de la personne qui confèrent aux femmes et aux filles ayant subi de telles violences les moyens de combattre l’impunité.

Malgré tout, l’examen des composantes judiciaires, policières et de santé en République démocratique du Congo, au Burundi, en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda a montré que ces instruments internationaux ne sont pas partie intégrante des législations nationales ou que les États sont dépourvus de la volonté politique ou des ressources pour les mettre en oeuvre. De plus, ces États n’ont pas consacré les ressources juridiques et budgétaires nécessaires à assurer la protection des femmes et des filles, en particulier celles qui sont le plus exposées à la violence née des conflits, des déplacements de populations et de la marginalisation. Il s’ensuit, comme l’explique Annette Msabeni-Ngoye, que les femmes et les filles qui ont vécu la violence politique durant la guerre n’ont guère accès au système judiciaire, à un soutien psychosocial pour leur processus de guérison ni à une quelconque indemnisation.

En outre, les femmes et les filles qui survivent aux violences sexuelles et fondées sur le genre tirent rarement profit des structures judiciaires traditionnelles qui ont tendance à verser une compensation à la famille pour le dommage cause ; souvent, elles n’obtiennent pas non plus l’accompagnement médical ou psychologique dont elles auraient besoin pour surmonter leur épreuve ou porter leur cas devant les tribunaux. Les postes de police sont, quant à eux, mal équipés pour recueillir et stocker les preuves nécessaires aux tribunaux ; c’est aussi sans compter l’accueil souvent discriminatoire qui y est réservé aux victimes de viol. « Il arrive même », explique Annette, « que les officiers de police interrogent la femme, lui demandant comment elle était vêtue et laissant entendre qu’elle serait peut-être responsable de ce qui lui est arrivé. Enfin, les postes de police ont peu de contact avec les hôpitaux qui seraient aussi susceptibles de recueillir les preuves et de prodiguer des soins médicaux et psychologiques ».

Il est donc essentiel de promouvoir la pleine autonomie des femmes et des filles pour mettre fin aux violences sexuelles et fondées sur le genre. Étant donné l’attitude conventionnelle à leur égard, traiter de la problématique des violences sexuelles risque de déraper vers le thème de la chasteté et de la protection de la virginité plutôt que de faciliter la promotion de l’égalité des femmes dans la société. Pour combattre la violence, il faut faire de sorte que les femmes puissent prendre en main les rênes de leur vie. Ainsi, de nombreuses survivantes sont chassées de la maison de leur mari. Lorsque les femmes peuvent posséder une terre et qu’elles ne sont pas définies comme la propriété de leur mari ou de leur père, elles ont au moins la possibilité de se refaire une vie après avoir connu violence, stigmatisation puis rejet.

En Afrique, dans la région des Grands Lacs, ACORD oeuvre à la création d’un mouvement pour mettre fin à toutes les formes de violence faites aux femmes, en dénonçant l’impunité et en faisant traduire en justice les auteurs de violences sexuelles. Par la même occasion, ACORD permet aux survivantes de retrouver leur santé ainsi qu’une source de revenus. ACORD utilise ses réseaux communautaires pour encourager des groupes de femmes, des survivantes de violences sexuelles ainsi que des organisations de la société civile à collaborer avec les responsables locaux pour non seulement punir les crimes, mais aussi combattre la stigmatisation et permettre aux survivantes d’obtenir une indemnisation appropriée. Ils éduquent les forces de police et créent des unités spécialisées pour répondre aux besoins des femmes et des filles. Ils forment aussi juges et magistrats à ne pas revictimiser les femmes et les filles lorsqu’elles témoignent et encouragent les médias à remettre en question la violence et la stigmatisation sociales, de manière générale.

La visite d’Annette au Canada a permis de renforcer les liens qu’Inter Pares avait développés avec ACORD; elle nous permettra aussi de jeter un pont vers les collègues d’Asie et d’Amérique latine qui s’intéressent à des problématiques similaires afin de tirer les leçons de l’expérience des uns et des autres, par delà les frontières, pour le plus grand bénéfice des femmes et des filles.


* Vous pouvez consulter le texte intégral du rapport « Making the Law Count » sur le site web d’ACORD : acordinternational.org

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Une lettre ouverte aux gens de partout

Jacques Depelchin

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/comment/67101

Cet appel sonne dans un monde où l’humanité s’encombre d’un passé immonde. Celui des genocides, des libertés confisquées, de la «punition sans fin des Africains». Appel de Jacques Depelchin aux dirigeants de la planète, aux dirigeants de l’Afrique.

Aux gens de partout, aux dirigeants de la planète, aux dirigeants de l’Afrique,

À celles et à ceux qui sentent qu’il y a quelque chose qui ne va pas et qu’il faut faire quelque chose

Pour que cesse la fission de l’humanité
Pour que cesse le carnage conduit de main de maître
Pour en finir, une fois pour toutes
-nous l’avons entendu—
avec Mai 1968, et, efficacité
exige, avec ce qui reste de 1789,
dans la France qui s’appelle
liberté, égalité, fraternité

Pour que cesse
La punition
Sans fin des Africains,
crève-la-faim punis
pour avoir oser mettre fin
au Code Noir à Saint Domingue

Pour que de l’Afrique générique de
Himalaya aux Andes,
s’étalent les clairières
De la conscience de l’humanité

Pour que les mots
esclavage crime contre l’humanité
Ne fanent dans l’enfer des bonnes intentions
Qu’advienne guérison
sans hésitation
sans humanitarisme
sans charité
avec solidarité

De cette humanité dont la fission
Avait encouragé la fission de l’atome
Encouragé les génocides en chapelet
D’un 20ème siècle enraciné séculairement
Dans la liquidation des Arawaks, des Geronimo
Zumbi, Arménie, Namibie, Bas-Congo, Ota Benga,
Auschwitz, Kolyma, Nankin, Hiroshima,
Nagasaki, Palestine, Cambodge, Rwanda

Que cesse la fission de l’humanité
Par guerres sournoisement silencieuses
Que cessent la fission
Par modification génétique
D’une humanité exsangue

Que cette lettre lancée
A la mer de l’internet reste un témoignage
Des voix qui se sont élevées
S’élèvent et s’élèveront contre
L’anéantissement de l’humanité

Sans cesse des voix crient
Vers les oreilles génétiquement bouchées
Par les descendants de ceux
Qui ont tout fait pour punir les Africains
Des îles, de la route triangulaire
Pour avoir libéré le siècle des Lumières
De l’obscurantisme.

Au nom des Africains de Saint Domingue
Conscience de l’humanité rejetant
La définition de biens meubles

Que cette lettre soit gardée
Par les archivistes de la conscience de l’humanité
Pour que les mots
échos tremblotant faibles
de la lueur presqu’éteinte sortie
des Cahiers d’un Retour
à l’humanité natale

Pour qu’un peu d’humanité revienne à Haïti

Pour que Jean-Bertrand Aristide revienne
A son pays natal
Pour que Haïti puisse guérir de la fission fatale
Commencée il y a des siècles

Pour que les Haïtiens les plus riches en biens meubles
Ouvrent un regard de solidarité libérateur des œillères des richesses

Pour que les descendants des inventeurs de l’esclavage atlantique
Aient l’humilité de reconnaître le crime commis durant des siècles
De reconnaître l’obligation de restitution
De l’argent arnaqué sous prétexte de compensation
De l’obligation de restituer Aristide à ses parents
De ne pas répéter le crime de Napoléon d’avoir envoyé
Toussaint mourir de froid et de faim dans le Jura

N’est-il pas temps de guérir des blessures séculaires
Dictant aujourd’hui l’esclavage nucléaire
Conduisant à la pulvérisation de l’humanité
Avec toutes les précautions humanitaires
D’usage en ces temps qui cherchent
Par tous les moyens de faire disparaître
Haiti et Fanmi Lavalass
Dans les oubliettes de l’histoire

Est-ce trop demander aux descendants
Des bénéficiaires des ravages humanitaires
de l’esclavage atlantique de demander pardon
en ramenant Aristide à sa maison natale
et que de ce pardon naisse un début de guérison
de l’humanité

Une humanité comateuse
d’un crime systématiquement
nié par les responsables pourrait renaître
et retrouver le chemin du pays natal

Un pays inventé, découvert, construit
Chantant, pleurant, criant, murmurant
Vive la raison du plus faible
Que vive la vie
Que vive la solidarité

Que cesse la collaboration criminelle
Entre les geôliers commanditaires
D’Aristide.

Que cesse la prison domiciliaire
Que cesse la relégation
Que cesse les méthodes qui rappellent la colonisation
L’apartheid, l’esclavage une histoire
Moderne qui mène tout droit
A la bastille de la globalisation

Ou bien faudrait-il comprendre que le rêve éveillé
des fossoyeurs inconscients de l’humanité
serait la réalisation
d’une histoire à rebours pour
Que l’humanité noire et son histoire disparaissent à jamais
Dans un cosmique trou noir

L’humanité éveillée se demande
Si la résidence surveillée d’Aristide en Afrique du Sud
N’est qu’une modernisation du Jura de la faim, du froid
De la solitude qui mit fin aux jours de Toussaint l’Ouverture

L’humanité éveillée se demande
Pourquoi emprisonner Aristide dans le pays qui a fait
Mourir Robert Sobukwe en l’isolant
Et de son humanité natale
Et de ses compagnons de Robben Island

Dans son crépuscule
L’humanité solidaire
Rétif à l’humanitaire
Aspire expire le désir
D’une humanité une
Haïti retrouvant Aristide retrouvant
Fanmi Lavalass retrouvant
Liberté, égalité, fraternité
point final à l’impunité
Du crime contre l’humanité


* Jacques Depelchin

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Plaidoyers & campagnes

Global : Pétition contre la politique anti-immigration de Sarkozy

2010-09-19

http://www.touchepasamanation.com/

En proposant d'étendre les possibilités de déchéance de la nationalité française à de nouvelles catégories de citoyens, Nicolas Sarkozy a franchi un cap dangereux. En effet, pour la première fois au plus haut de niveau de l'Etat, il aura été publiquement affirmé qu'il existe des « Français de souche » et des « Français de papier », comme le clame le Front National depuis sa création et au risque de crédibiliser ce dernier. Ces propos constituent une atteinte intolérable aux principes constitutifs de la Nation. Une pétition qui circule pour les condamner.





Arts & livres

Afrique : “Black Diamond”, ou quand le foot rétablit l'esclavage

2010-09-19

http://tinyurl.com/3xefo9t

Les «black diamonds», ce sont ces jeunes joueurs de foot surdoués du Ghana ou de Côte d'Ivoire que s'arrachent les requins du milieu, quand ils ne les escroquent pas tout bonnement. La réalisatrice Pascale Lamche consacre au sujet un documentaire qui vient de sortir en salles. Ce pillage de la jeunesse africaine est une des conséquences les plus choquantes du football business encouragé par la Fédération internationale de football association.





Courrier

Le Monde Nous Regarde : Des universitaires américains s'élèvent contre le révérend Jones

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/letters/67097

Un groupe d’universitaires américains s’élève contre l’entreprise du reverend Terry Jones qui voulait brûler un exemplaire du Coran et dénonce la haine contre l’Islam. Avec l’espoir que «les esprits sereins et raisonnables finiront par prendre le dessus à un moment où des forces très puissantes sont à l'œuvre et attisent les brandons de la discorde, de la haine et de l'intolérance.»

Nous sommes un groupe d'universitaires en poste à l'Université de Floride - des enseignants et chercheurs spécialistes de différentes disciplines - et qui menons nos travaux de recherche principalement dans des pays musulmans à travers le monde.

Au total, nous avons passé des décennies dans ces pays où nous menons nos activités de recherche à apprécier et bénéficier de l'hospitalité de nos hôtes et collègues musulmans.

Nos différentes carrières universitaires ont été construites sur le socle de leur ouverture d'esprit et de leur volonté et disponibilité à discuter et échanger avec nous sur leur religion, leurs sociétés, leurs systèmes politiques, leur histoire et leurs langues. Nous y avons tissé des liens d'amitié indissolubles et des relations personnelles très profondes.

Nous avons été abasourdis de constater que la ville de Gainesville se retrouve maintenant au centre de l'actualité internationale comme symbole de l'hostilité et de la haine envers les musulmans par le seul fait que le Révérend Terry Jones et son groupe squelettique de disciples au Dove World Outreach Center (Centre de la Colombe pour la Communion Universelle) ont envisagé de brûler le Coran, le texte sacré de l'Islam, le 11 septembre.

(…) Nous lançons un appel à la communauté universitaire et aux citoyens de Gainesville, et en particulier aux décideurs de toutes allégeances religieuses et de toutes origines, au sein de l'Université et de la Communauté de notre ville, en leur demandant de condamner sans équivoque cette action et de manifester leur solidarité agissante à l'endroit de ceux-là qui sont présentement l'objet de cette haine.

Il est encore plus important pour nous que nos amis et collègues musulmans dans le monde entier sachent que nous n'avons pas oublié les nombreux messages d'amitié, de compassion et de solidarité qu'ils nous avaient envoyés lors des attaques terroristes qui avaient secoué les Etats Unis le 11 septembre 2001.

Nous nous joignons à eux pour condamner et rejeter la violence sous toutes ses formes et pour espérer que les esprits sereins et raisonnables finiront par prendre le dessus à un moment où des forces très puissantes sont à l'œuvre et attisent les brandons de la discorde, de la haine et de l'intolérance.


(Traduit de l'anglais par Ousmane Sene, Directeur du Centre de Recherche Ouest Africain(WARC)


* Note du traducteur : cet article a été publié dans les journaux de la ville de Gainesville le mercredi 8 septembre 2010. Il est l'œuvre collective de professeurs à l'Université de Floride, Gainesville: Fiona McLaughlin, Leonardo Villalon, Michelle Campos, Susan O'Brien, Terje Ostebo, Benjamin Smith, Victoria Rovine, Alioune Sow, Brenda Chalfin, Sean Hanretta, Brent Henderson, Renata Serra, etc.


* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Forum Social Mondial 2011

Le Forum Social Mondial : Des origines à Dakar 2011

Tidiane Kassé et Mignane Diouf

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/Dakar2011/67104

Tous les deux ans, depuis 2001, au Brésil ou dans d’autres pays, le mouvement altermondialiste rassemble en moyenne 100 000 personnes, pour réfléchir à un autre monde possible, différent de celui régulé par la mondialisation et assujetti par le néolibéralisme. La prochaine édition se tient à Dakar, du 6 au 11 février 2011. Son espace d’accueil principal sera l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. D’autres espaces d’accueil ont été aussi identifiés à Dakar et à Gorée.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la reconstruction des Etats–nations aura été un beau prétexte, pour le capitalisme, de nous mener vers une mondialisation néolibérale sans précédent. Nous sommes aujourd’hui à l’ère de la mondialisation sous le rythme de la cybernétique. Personne ne peut nier l’évidence. On vit une ère de crises cycliques et de pauvreté absolue des peuples, rendus vulnérables par un système de gouvernance mondiale fait de corruption, d’endettement chronique, etc.

C’est dans ce cadre que des mouvements sociaux du Nord et du Sud, refusant l’asservissement et la démission, ont lancé un processus de mobilisation pour promouvoir une résistance et offrir des alternatives aux idées et aux effets de la mondialisation néolibérale.

2000 : les mouvements sociaux (organisations syndicales, des ONG/ OCS, des chercheurs et leaders sociopolitiques) venus d’un peu partout dans le monde, tiennent, à Dakar, la première Conférence Panafricaine et Internationale sur l’Annulation de la Dette du Tiers–Monde.

2001 : les mêmes mouvements sociaux, avec des leaders comme l’actuel président du Brésil, Lula Ignacio Dasylva, se retrouvent à Porto Alegre, au Brésil, pour la première édition du Forum Social Mondial (FSM). Le credo est de démontrer que, oui, « un autre monde est possible » : un monde de justice, d’équité et démocratie participative. La rencontre est si féconde que l’idée est maintenue de la pérenniser.

2001 à 2009 : Le FSM se tient tous les ans, puis tous les deux ans (entrecoupé de forums régionaux en Afrique, Asie, Amérique latine, etc).

2011 : Après le FSM 2009 tenu à Bélem (Brésil), c’ est Dakar qui accueille le prochain rassemblement, en 2011.

Progressivement, le FSM s’est affirmé comme un répondant au Forum Economique Mondial de Davos qui se tient en Suisse, à la même période, regroupant un cercle fermé des dirigeants d'entreprises et des leaders politiques perçus comme étant au premier plan de la mondialisation. En face, le Forum vit comme un espace dynamique et ouvert, offrant l’opportunité aux mouvements sociaux du monde de se retrouver et d’échanger sur les possibilités et les actions pour un monde plus juste et un développement plus humain.

Il réunit, régulièrement, plus de 100 000 personnes venues de tous les continents, représentatives de différents mouvements sociaux dans le monde, dans une extraordinaire diversité.

Récapitulatif des 8 éditions du FSM qui se sont tenus depuis 2001
1 - FSM 2001 – Porto Alegre
2 - FSM 2002 – Porto Alegre
3 - FSM 2003 – Porto Alegre
4 - FSM 2004 – Mumbai
5 - FSM 2005 – Porto Alegre
6 – FSM 2006 : Forums polycentrique organisé dans 3 villes – Bamako (Mali), Caracas (Venezuela) et Karachi (Pakistan)
7 - FSM 2007 – Nairobi – Kenya
8 - FSM 2009 – Bélêm - Brésil FS Africain 2001 - Bamako

Récapitulatif des Forums Sociaux Africains qui ont souvent permis aux mouvements africains de se préparer pour le FSM
FS Africain 2003 – Addis Abeba
FS Africain 2004 – Lusaka
FS Africain 2005 – Conakry
FS Africain 2008 - Niamey
Une série de fora sociaux ouest-africains ont aussi été organisés en Guinée, au Bénin, au Togo, au Niger.

Le Forum Social Sénégalais, qui est une émanation du Forum Social Africain, a porté la campagne sur la non signature des Accords de partenariat économique (APE) sous leur forme de départ. Il a aussi soutenu et accompagné la mise en place de foras dans des pays voisins.

En 2011, avec la tenue du Forum Social mondial à Dakar, le mouvement social sénégalais va vers un rendez–vous important pour les acteurs africains et sénégalais.

• C’est la deuxième fois que le FSM se tiendra en Afrique, après l’édition de 2007 organisée au Kenya

• L’édition de Dakar marque les dix ans du FSM. Elle se tient dans un contexte d’analyse critique de l’évolution du mouvement, dans ses principes, dans son organisation, dans son impact. A la lumière de tous les questionnements qui sont soulevés, Dakar 2001 se veut un forum de rupture pour :

- insuffler une nouvelles dynamique au mouvement altermondialiste ;
- placer l’Afrique au cœur du débat sur les enjeux qui structurent les rapports de domination et d’assujettissement qui fondent la mondialisation ;
- exposer et valoriser les alternatives africaines qui participent de la construction d’un Autre monde possible. pour mettre l’accent sur les questions fondamentales liées au développement économique et social de l’Afrique


* Tidiane Kassé est rédacteur en chef de l’édition française de Pambazuka News, facilitateur de la Commission Communication du Comité de pilotage du FSM Dakar 2011

* Mignane Diouf est membre du Forum Social Sénégalais, coordonnateur du secrétariat du Comité de pilotage du FSM Dakar 2011


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Comment l’organisation du FSM a été confiée au Sénégal

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/Dakar2011/67106

Le Conseil International (CI) du Forum social mondial (FSM), lors de sa réunion tenue à Rabat (Maroc), du 6 au 9 mai 2009, a décidé par acclamations de confier l’organisation de l’édition 2011 du FSM au Sénégal. Il s’agit, là, de l’aboutissement d’un long processus.

Comment l’organisation du FSM a été confiée au Sénégal

Le Conseil International (CI) du Forum social mondial (FSM), lors de sa réunion tenue à Rabat (Maroc), du 6 au 9 mai 2009, a décidé par acclamations de confier l’organisation de l’édition 2011 du FSM au Sénégal. Il s’agit, là, de l’aboutissement d’un long processus.

Le choix de Dakar vient couronner une longue bataille menée par les mouvements sociaux africains au sein du Conseil International. En effet, la décision de faire retourner le FSM en Afrique, prise à Berlin (Allemagne) fin 2007, après celui organisé en janvier de la même année au Kenya, avait fait l’objet de plusieurs tentatives de remise en cause. Ces tentatives ont continué jusqu’à la réunion du CI qui a eu lieu à la fin du FSM de Belém (Brésil), en février 2009.

Sous des prétextes divers, certains mouvements et membres du Conseil International n’agréaient pas à l’idée de voir un pays africain organiser le FSM. Par exemple, lors de la réunion de Belém, certains membres du CI avaient avancé l’idée de tenir le FSM 2011 aux Etats-Unis… du fait de l’élection de Barack Obama à la présidence ! D’autres proposaient d’aller en Chine ou en Corée du Sud, alors que ni les mouvements sociaux chinois ou coréens n’avaient exprimé le souhait d’abriter le FSM !

La détermination et l’unité des membres africains du CI avait fini par faire tomber toutes les résistances, à la tenue du FSM 2011 en Afrique.

La décision du CI à Rabat est la confirmation d’un processus qui n’était pas facile. Elle a été facilitée par le soutien unanime donné à la candidature du Sénégal par le Conseil Africain (CA), qui s’est réuni les 3 et 4 mai, également à Rabat, en prélude au Conseil International. Ce soutien était l’aboutissement d’un processus démocratique et transparent, qui avait permis à tous les membres du Conseil de s’exprimer. Un groupe de cinq personnes a alors été mis en place pour conduire le processus et faire des recommandations au Comité International sur le choix du pays devant abriter l’édition de 2011.

Les deux candidatures retenues seront celles du Niger et du Sénégal.

Après un examen des dossiers de ces deux pays, le Groupe des 5 fit des recommandations acceptées par tous les membres du CA. Ce qui illustre la maturité de ces derniers et leur sens élevé des responsabilités face à un enjeu pour tout le continent.

Le Groupe des 5 proposa le Sénégal comme pays hôte du FSM 2011. Il suggéra de considérer le FSM 2011 comme l’aboutissement d’un processus dont une étape sera la tenue d’un Forum Thématique à l’échelle continentale, au Niger, en 2010. Ce rendez-vous servira de répétition au FSM 2011 au Sénégal.

Ces recommandations ont été unanimement acceptées par les membres du Conseil. Le représentant du Niger accepta cette décision du Conseil Africain et prit l’engagement, au nom du mouvement social nigérien, de soutenir le mouvement social sénégalais pour la réussite du FSM 2011.

Pour donner consistance à l’idée de considérer le FSM 2011 comme l’aboutissement d’un processus, le Conseil Africain émit le souhait de voir toutes les activités à organiser, en 2009 et en 2010, tant au niveau national que sous-régional africain, s’insérer dans le processus de préparation du FSM 2011.

Le sens et la portée d’un choix

La décision du Conseil International de choisir le Sénégal, donc l’Afrique, dans le contexte actuel de crise exacerbée du système capitaliste et de l’intensification des luttes populaires contre les conséquences désastreuses de ce système, est une manifestation de la solidarité nourrie à l’égard des résistances multiformes des peuples africains, qui refusent de payer le prix de la crise actuelle dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité.

En outre, cette décision du CI est un message fort aux tenants du système néolibéral, pour exprimer le refus des membres du FSM de voir les pays occidentaux imposer des solutions au détriment des peuples du Sud en général et des peuples africains en particulier.


Contribuez aux axes thématiques du Forum Social Mondial 2011

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/Dakar2011/67105

Le Conseil International du Forum Social Mondial, le Forum Social Africain et le Comité d’Organisation Sénégalais ont lancé une consultation publique, jusqu’au 10 septembre, pour finaliser les axes thématiques de l’édition centrale du FSM, qui se tiendra à Dakar, au Sénégal, du 6 au 11 février 2011.
Vous pouvez réagir sur l'adresse suivante : secretariatcomiteforumdakar@yahoo.fr

Les axes thématiques du Forum Social Mondial 2011

Le Conseil International du Forum Social Mondial, le Forum Social Africain et le Comité d’Organisation Sénégalais ont lancé une consultation publique, jusqu’au 10 septembre, pour finaliser les axes thématiques de l’édition centrale du FSM, qui se tiendra à Dakar, au Sénégal, du 6 au 11 février 2011.

Cette consultation est préparée sur la base des trois axes stratégiques de l’événement de 2011 :
1) Renforcer les capacités offensives contre le capitalisme néolibéral et ses instruments ;
2) Approfondir les luttes et les résistances contre le capitalisme, l’impérialisme et l’oppression ;
3) Proposer des alternatives démocratiques et issues des peuples.

Le Forum Social de Dakar propose 11 axes thématiques qui tiennent compte du contexte international actuel, du contexte des luttes que mènent les mouvements et des thèmes liés à l’Afrique. Les organisateurs proposent donc :

1. Pour une société humaine fondée sur des principes et des valeurs communs de dignité, de diversité, de justice, d’égalité entre tous les êtres humains, indépendamment des genres, des cultures, de l’âge, des incapacités, des croyances religieuses, et pour l’élimination de toutes les formes d’oppression et de discrimination basées sur le racisme, la xénophobie, les systèmes de castes, l’orientation sexuelle et autres.

2.Pour une justice environnementale et pour un accès universel et durable de l’humanité aux biens communs, pour la préservation de la planète comme source de vie, en particulier de la terre, de l’eau, des forêts, des sources d’énergie renouvelable et de la biodiversité, garantissant les droits des peuples indigènes, originaires, traditionnels, autochtones et natifs sur leurs territoires, les ressources, les langues, les cultures, les identités et les savoirs.

3.Pour l’applicabilité et l’effectivité des droits humains – économiques, sociaux, culturels, environnementaux, droits civils et politiques - , en particulier le droit à la terre, à la souveraineté alimentaire, à l’alimentation, à la protection sociale, à la santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi, au travail décent, à la communication, à l’expression culturelle et politique.

4.Pour la liberté de circulation et d’établissement de toutes et de tous, plus particulièrement des migrants et des chercheurs d’asile, des personnes victimes du trafic humain, des réfugiés, des peuples indigènes, originaires, autochtones, traditionnels et natifs, des minorités, des peuples sous occupation, des peuples en situation de guerre et conflits et pour le respect de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux.

5.Pour le droit inaliénable des peuples au patrimoine culturel de l’humanité, pour la démocratisation des savoirs, des cultures, de la communication et des technologies, valorisant les biens communs afin de visibiliser les savoirs subjugués, et pour la fin des savoirs hégémoniques et de la privatisation, des savoirs et des technologies, changeant fondamentalement le système des droits de la propriété intellectuelle.

6.Pour un monde débarrassé des valeurs et des structures du capitalisme, de l’oppression patriarcale, de toute forme de domination des puissances financières, des transnationales et des systèmes inégaux de commerce, de la domination coloniale et de la domination par la dette.

7.Pour la construction d’une économie sociale, solidaire, émancipatrice, avec des modèles soutenables de production et de consommation et un système de commerce équitable, qui mette au cœur de ses priorités les besoins fondamentaux des peuples et le respect de la nature, garantissant une redistribution globale avec une fiscalité internationale et sans paradis fiscaux.

8.Pour la construction et l’expansion de structures et d’institutions démocratiques politiques et économiques locales, nationales et internationales, avec la participation des peuples aux prises de décision et au contrôle des affaires publiques et des ressources, respectant la diversité et la dignité des peuples.

9.Pour la construction d’un ordre mondial basée sur la paix, la justice et la sécurité humaine, le droit, l’éthique, la souveraineté et l’auto-détermination des peuples, condamnant les sanctions économiques et pour des règles internationales sur le commerce des armes.

10.Pour la mise en valeur des histoires et des luttes de l’Afrique et de sa diaspora et de leur contribution à l’humanité, reconnaissant la violence du colonialisme.

11.Pour une réflexion collective sur nos mouvements, le processus du Forum Social Mondial et nos perspectives pour l’avenir

Vous pouvez envoyer vos réactions sur l'adresse suivante : secretariatcomiteforumdakar@yahoo.fr


Comment se prépare Dakar 2011

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/Dakar2011/67107

Au lendemain de la décision prise à Rabat, de confier au mouvement social sénégalais l’organisation du FSM 2011, des réunions de restitution ont été organisées pour informer le plus largement possible toutes les composantes de ce mouvement social. Un processus d’information et de mobilisation a été mis en branle dès juillet 2009, dans le but de sensibiliser les organisations jusque dans les coins les plus reculés du pays.

En novembre 2009, un secrétariat a été mis en place, chargé de la coordination des activités préparatoires du forum au niveau local. Il coordonne le travail mené au niveau des commissions qui ont été installées depuis lors et mènent des activités régulières. Ces commissions ont été installées en présence des représentants des composantes du mouvement social sénégalais. Leur fonctionnement se fait de manière à la fois inclusive, ouverte, démocratique et mobilisatrice.

La structure chargée de la préparation et de l’organisation du FSM 2011 se présente ainsi :

Le Comité de Pilotage : il est composé des dirigeants des principaux mouvements sociaux, des organisations de femmes, des instituts de recherche et des ONG, le Comité de Pilotage (CP) aura pour fonction principale de superviser les préparatifs du FSM. A cet égard, le CP jouera le rôle de conseiller et d’orientation et également de relais de l’information au niveau des organisations respectives de ses membres.

Le Coordonnateur Général : il aura pour responsabilité de veiller à la bonne exécution des différentes étapes du processus préparatoires du FSM et surtout au bon déroulement de celui-ci.

Les Commissions : plusieurs Commissions spécialisées ont été créées en vue de contribuer à mieux cerner les problèmes dans différents domaines liés au processus préparatoire. Les Commissions sont des instruments d’exécution et ont commencé à fonctionner depuis décembre 2009. En voici une présentation succincte.
- Commission Contenu et méthodologie : elle est de proposer et de faire le tri des thèmes qui feront l’objet de débats durant le Forum.
- Commission Logistique : l’une de ses premières tâches est l’identification des infrastructures d’hébergement dans Dakar et ses environs.
- Commission Communication : elle devra mettre en place un système efficace de communication sur le FSM pour diffuser aussi largement que possible l’information sur l’évènement en Afrique et dans le reste du monde.
- Commission Mobilisation : elle joue un rôle de premier plan dans la mobilisation des mouvements sociaux et de l’opinion publique pour assurer leur participation massive et de qualité au FSM de 2011.
- Commission Finances : elle a pour tâche, entre autres, de réfléchir à une stratégie efficace de levée de fonds, en identifiant les cibles, les objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs.
- Commission Culturelle : elle chargée de l’animation culturelle durant la phase préparatoire et surtout pendant le FSM. Pour remplir cette mission, elle doit mettre en place une stratégie pour mobiliser le maximum d’artistes, de peintres, de musiciens et d’hommes et de femmes de culture dans tous les domaines, au Sénégal, en Afrique et dans le reste du monde, y compris dans la Diaspora. Elle sera chargée de répertorier les artistes africains et internationaux susceptibles d’être mobilisés et de proposer un programme d’activités culturelles pendant le FSM.
- Commission Femmes, Genre et Equité : une de ses tâches est de contribuera à renforcer la participation des femmes dans toutes les activités préparatoires, notamment au niveau du programme scientifique et culturel.
- Commission Diaspora : elle a pour tâche principale la mobilisation de la Diaspora historique et contemporaine pour sa pleine et active participation au FSM.
- Commission Sécurité : elle se charge de veiller sur la sécurité physique des dizaines de milliers de participants et de mettre en place un dispositif capable d’intervenir en cas d’urgence, en rapport avec les services de sécurité de l’Etat.
- Commission Santé et Couverture Médicale : elle travaille avec les services du ministère de la Santé et ceux de la mairie de Dakar et les autorités médicales de la région de Dakar, ainsi qu’avec les organisations et structures du mouvement social qui interviennent dans le domaine de la santé
- Commission Jeunesse & Camp des Jeunes : elle est principalement chargée de mettre l’accent sur les préoccupations des jeunes et surtout de préparer et de gérer les activités du Camp des Jeunes.


Secrétariat national du comité d'organisation 

S/C USE / Centre Ahmadou Malick Gaye,
BP 4109, Dakar- Sénégal

Tel : +221 33 825 13 81

+221 77 436 88 01

+221 76 281 26 21

+221 77 632 67 80
Email : secretariatcomiteforumdakar@yahoo.fr

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Femmes & genre

Global : Moins de 40% des pays ont atteint la parité filles-garçons

2010-09-19

http://tinyurl.com/354o7vk

Publié à la veille du Sommet des Nations Unies sur le Millénaire, prévu à New York, du 20 au 22 septembre, quinze ans après la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, le « Recueil de données mondiales sur l'éducation » consacre son édition 2010 au genre dans l'éducation. Il présente les avancées et les obstacles à surmonter pour éliminer les disparités entre les sexes à tous les niveaux de l'éducation d'ici à 2015. Selon le Recueil, seuls 85 pays assureront aux garçons et aux filles un accès égal à l'enseignement primaire et secondaire en 2015, si les tendances se confirment. 72 pays n'ont aucune chance d'atteindre cet objectif.





Droits humains

Afrique : Les capitales de la peine de mort

2010-09-19

http://tinyurl.com/2wy2q6p

Plusieurs pays n’ont pas pratiqué d’exécutions depuis plusieurs années, mais la marche vers son abolition reste plus qu’incertaine. Dans ces Etats, plus presqu’aucune loi n’évoque le sujet, mais l’officialisation de l’abandon de cette peine n’est pas clamée. L’exemple récent de la Guinée-Equatoriale où des condamnations à mort ont été encore prononcées et des exécutions extrajudiciaires pratiquées indiquent que certains dirigeants continuent de manier la loi à leur guise. Le président Obiang Nguema ne le confirme pas encore. Mais Amnesty International annonce l'exécution de quatre personnes condamnées le 21 août 2010.


Afrique du Sud: Des médecins inculpés pour trafic d'organes

2010-09-19

http://tinyurl.com/2el39xd

Le principal groupe de santé privé en Afrique du Sud, Netcare, son PDG et cinq chirurgiens ont été inculpés le 16 septembre pour avoir transplanté sur de riches Israéliens les reins achetés à des Brésiliens et des Roumains pauvres. Les Israéliens étaient payés environ 20.000 dollars (15.000 euros) par rein, alors que ceux des Brésiliens et des Roumains ne coûtaient que 6.000 dollars (4.600 euros). La police sud-africaine avait ouvert une enquête en 2005 contre un Israélien soupçonné d'être le cerveau du trafic. Ce dernier a accepté récemment de coopérer avec la justice, ce qui a permis de procéder aux inculpations


Afrique du Sud: Le gouvernement exige plus de mixité raciale dans les mines

2010-09-16

http://tinyurl.com/3yx4o4q

Le secteur minier de l'Afrique du Sud est encore beaucoup trop pâle aux yeux du gouvernement, un héritage des années d'apartheid. Pour corriger ces inégalités, les groupes miniers avaient signé en 2004 un accord avec le pouvoir. Ils acceptaient de transférer 15% de leurs capitaux à des investisseurs noirs d'ici la fin 2009, 26% d'ici 2014. Mais aujourd'hui on en loin. Moins de 9% des mines sont aux mains des propriétaires noirs, comme l' a reconnu en début de semaine la ministre des Mines. La Cosatu la puissante centrale syndicale sud-africaine estime que le gouvernement n'en fait pas assez .


Mozambique : plus de 280 détenus jugés pour les émeutes

2010-09-19

http://tinyurl.com/3ameuvg

Le Commandement général de la police mozambicaine a annoncé le début du procès de plus de 280 présumés auteurs des émeutes à Maputo et Matola.

 Les émeutes, provoquées par la hausse des prix des aliments, ont fait au moins 14 morts et environ 500 blessés, selon les chiffres officiels. Un porte- parole de la police a indiqué que ces personnes faisaient face à la justice pour actes de vandalisme sur des infrastructures privées et publiques au cours des émeutes du début du mois qui ont duré deux jours.


Sénégal: Les forces de sécurité continuent de torturer impunément

2010-09-16

http://tinyurl.com/2uq8l9u

Les forces de sécurité sénégalaises continuent de torturer des suspects en détention, parfois jusqu'à la mort, si bien que toutes les personnes détenues sont exposées à de graves violations des droits humains, a fait savoir Amnesty International dans un rapport publié le 15 septembre. Ce document montre que le système de justice sénégalais s'est très peu amélioré au cours des 30 dernières années. Il contient des témoignages de personnes qui affirment avoir été soumises à des décharges électriques, brûlées et asphyxiées pendant leur détention par les forces de sécurité.


Zimbabwe: manifestation de fonctionnaires pour de meilleurs salaires

2010-09-19

http://tinyurl.com/3xpnw56

Environ 300 fonctionnaires ont manifesté le 17 septembre dans les rues de Harare, pour demander au gouvernement d'utiliser les profits de récentes ventes de diamants pour augmenter leurs salaires. Une première vente a eu lieu en août et a permis de générer 30 millions de dollars de revenus (23 millions d'euros). La seconde vente, en septembre, s'est déroulée dans le plus grand secret. Les fonctionnaires zimbabwéens, qui gagnent entre 150 et 250 dollars par mois, réclament des salaires allant de 500 à 600 dollars.





Réfugiés & migration forcée

Global : paranoïa européenne contre l’immigration

2010-09-19

http://tinyurl.com/34ugbcz

Une enquête d’opinion (Financial Times/Harris Poll) publiée le 7 septembre révèle que la moitié des Européens estiment que les flux migratoires affectent négativement leurs conditions de vie. En Europe occidentale, la palme de l’hostilité revient aux Britanniques : 64 % d’entre eux sont convaincus que la présence des immigrés a des conséquences fâcheuses, notamment sur l’éducation (66 %) et le système de santé (63 %). Mais les Espagnols ne sont pas en reste : 67 % d’entre eux pensent que les flux migratoires vers leur pays ont rendu plus difficile la recherche d’un emploi. Et 32 %, qu’ils ont provoqué une baisse des salaires.





Veille sur Africom

Afrique: Le retour de Washington sur le continent africain

2010-09-19

http://fr.allafrica.com/stories/201009170781.html

Tandis que les médias se focalisent sur la politique américaine menée en Irak et, d'une façon plus générale, au Moyen-Orient, très peu ont évoqué le retour des Etats-Unis sur le continent africain, de la Méditerranée à l'Afrique du Sud. Depuis de nombreuses années, la force militaire se décline déjà dans la région par la présence de la sixième flotte, le prépositionnement en mer d'une brigade de Marines, la multiplication d'exercices conjoints, l'aménagement consécutif de bases et de ports nord-africains en vue de leur éventuelle utilisation en cas de conflit, et la formation de militaires aux Etats-Unis dans le cadre du programme IMET (International Military Education and Training Program).





Elections & gouvernance

Côte d’Ivoire : Deux menaces sur les élections

2010-09-19

http://tinyurl.com/36smbae

Président de la Fondation ivoirienne pour les droits de l`homme et la vie politique (Fidhop), Dr Boga Sako Gervais attire l`attention sur des menaces potentielles ou réelles pouvant gêner ou interrompre le déroulement du scrutin présidentiel du 31 octobre prochain. A savoir l`idée de la victoire inconditionnelle que revendiquent les principaux leaders de la majorité présidentielle et du Rassemblement des houphouetistes. Selon lui, ceci peut conduire à entreprendre des manœuvres d`usage de tous les moyens tant illégaux que violents pour se proclamer vainqueur ou empêcher l`adversaire de l`emporter…


Guinée: la CEDEAO veut la présidentielle dans les trois semaines

2010-09-19

http://tinyurl.com/2u7hgf7

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a demandé le 17 septembre à la Guinée d'organiser sa présidentielle dans les trois semaines à venir, après le report du second tour qui était prévu 19 septembre. L'appel a été lancé à la fin d'un sommet d'une journée de la CEDEAO à Abuja, centré sur la crise en Guinée-Bissau, voisine de la Guinée. L’organisation régionale invite aussi les Guinéens de faire preuve de "retenue, tolérance et respect de la loi et de l'ordre".


Guinée : Le matériel électoral prend feu !

2010-09-19

http://tinyurl.com/2uk49gd

Le second tour de l’élection présidentielle en Guinée, est-il compromis ? Ce que l’on peut en tout cas dire, c’est que la matériel électoral qui devait permettre de voter, a pris feu le 16 septembre, alors qu’il était stocké dans l’une des grandes garnisons militaires de Conakry, le camp Samory Touré de Kaloum, en attendant d’être acheminé à l’intérieur du pays. La commission électorale nationale guinéenne avait cru bon de le confier aux militaires, pensant qu’il serait plus en sécurité dans un camp. La question sur toutes les lèvres, est alors de savoir si l’incendie est le fruit d’un sabotage.


Guinée : le 2e tour se tiendrait le 3 ou le 10 octobre

2010-09-19

http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article2219

Le second tour de l’élection présidentielle en Guinée prévu le 19 septembre et reporté sine die en raison de préparatifs insuffisants de la Commission électorale nationale indépendant (Ceni) pourrait se tenir le 3 ou le 10 octobre 2010, dans deux à trois semaines. A l’issue d’une importante rencontre de concertation entre les 25 commissaires électoraux de la CENI, les représentants des deux partis politiques et les cadres du ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques (Matap) ont retenu les deux dates à l’unanimité.


Guinée : décès du président de la Commission électorale

2010-09-19

http://tinyurl.com/2aaqwge

Agé de 57 ans, Ben Sékou Sylla, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), est décédé le 14 septembre à Paris. L’organisme qu’il dirigeait avait pour mission de mener à terme un processus électoral de nouveau ouvert suite au retrait du capitaine Moussa Dadis Camara. Mais sa gestion du premier tour des élections avait été controversée à tel point qu’il avait été condamné à un an de prison ferme la semaine dernière pour «fraude électorale» par un tribunal de Conakry. Il n’était pas présent lors de cette condamnation contre laquelle la Ceni a d’ailleurs fait appel.


Guinée : Sékouba Konaté, l'homme qui n'aimait pas le pouvoir

2010-09-19

http://tinyurl.com/3afvg3g

Félicité par les grands de ce monde pour son action à la tête de la Guinée, respecté par les dirigeants africains, le président de la transition, Sékouba Konaté, n'en donne pas moins l'impression de vouloir quitter au plus vite le pouvoir. Si le second tour de l'élection présidentielle se passe sans heurt, Sékouba Konaté restera celui qui a tourné la page de la dictature en Guinée. En dépit des lourdes incertitudes qui pèsent sur le scrutin, ce général de corps d’armée, président par intérim et ministre de la Défense, suscite déjà interrogations, attentions et honneurs.


Niger: Des lauriers pour la junte

2010-09-16

http://tinyurl.com/33d95tx

Le système des Nations unies vient en effet de décerner un véritable satisfecit à l'équipe du général Djibo au pouvoir depuis bientôt un an à Niamey. Pour l'aider à toujours faire mieux, une somme de 41 millions de dollars, soit un peu plus de 20 milliards de F CFA, lui a été accordée en vue de financer les élections générales. Celles-ci sont prévues en 2011 dans le cadre du retour à la démocratie. Avant les élections, il est prévu de tenir un référendum constitutionnel le 31 octobre prochain. L'élection présidentielle du 3 janvier 2011 viendra parachever la transition et rétablir en mars un régime civil.


Rwanda : L'extradition d'un génocidaire refusée en France

2010-09-19

http://tinyurl.com/34csxd2

Le médecin rwandais Eugène Rwamucyo, soupçonné d'être impliqué dans le génocide de 1994 a été libéré par la justice française. Le Rwanda, qui réclamait son extradition, s'est dit "indigné et déçu". La décision a été prononcé le 15 septembre, mettant ainsi fin à cette procédure. Kigali fustige le "risque de consacrer l'impunité", en dépit de "l'engagement des autorités de l'Etat français, de poursuivre et de punir les responsables du génocide des Tutsi réfugiés sur son sol.





Corruption

Mali : Le scandale des détournements du Fonds mondial enfle

2010-09-19

http://tinyurl.com/3y9wo5k

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme enquête au Mali sur un système de détournement de subventions. Les premières fuites mentionnent la surfacturation de moustiquaires imprégnées, des marchés fictifs, d’autres passés de gré à gré, ou encore des villages bénéficiaires de médicaments qui n’en ont jamais vu la couleur. Le montant de la supercherie n’a pas encore été rendu public. Mais, selon une source des Nations unies, « plusieurs milliards de francs CFA [plusieurs millions de dollars] n’ont pas été dépensés pour soigner les populations ». Une dizaine de personnes, dont des cadres du ministère de la Santé, ont déjà été arrêtées.


Sénégal : Procès sur les commissions dans la vente d'une licence de téléphonie

2010-09-19

http://www.sudonline.sn/spip.php?article3808

Le procès du journaliste Abdou Latif Coulibaly contre Thierno Ousmane Sy, conseiller spécial du président de la République en Tic, qui a duré, le 14 septembre, douze heures d’horloge, est mis en délibéré le 16 novembre prochain. Les avocats de Thierno Ousmane Sy ont réclamé 5 milliards de compensation au titre de dommages et intérêts. Quant au procureur, il a requis l’application de la loi , accusés d’avoir diffamé le conseiller principal en charge des TIC du chef de l’Etat, Thierno Ousmane Sy. Le nom de ce dernier a été cité dans le journal « La Gazette » dans l’affaire des 20 milliards de commission de Sudatel que des autorités au sommet de l’Etat auraient perçus, dans l'acquisition par cette compagnie d'une licence de téléphonie mobile.





Développement

Afrique : Des perspectives économique optimistes

2010-09-19

http://tinyurl.com/33lco7o

L'afro-pessimisme est en train de prendre un coup de vieux, car les cabinets de conseil et d'études, tout comme les investisseurs - et pas seulement asiatiques ou brésiliens -, découvrent, les uns après les autres, que l'Afrique est devenue un continent d'opportunités promis à un développement rapide. Les statistiques du Fonds monétaire international (FMI) disent que de 2000 à 2009 son taux de croissance annuel a atteint, en moyenne, 5,1 %, malgré une année 2009 médiocre (+2,5 %). Par exemple, "s'ils ne font pas de bêtises, écrit-il, le Nigeria et ses 180 millions d'habitants pourraient peser plus lourd que le Canada, l'Italie ou la Corée du Sud en 2050". Aujourd'hui, le continent africain tout entier est au niveau du Brésil classé neuvième économie du monde.


Côte d'Ivoire: De nouvelles plantations pour doper la production du caoutchouc

2010-09-16

http://tinyurl.com/39xhx5s

Un programme d'urgence initié il y a un an par l'Etat ivoirien vise à relancer la production de caoutchouc. Premier producteur africain avec 205.000 tonnes produites en 2009 et 218.000 tonnes attendues cette année, selon les statistiques du ministère ivoirien de l'Agriculture, la Côte d'Ivoire espère à travers ce programme tripler sa production dans les 15 années à venir pour atteindre 600.000 tonnes à l'horizon 2020-2025. D'un montant de 1,4 milliard FCFA (environ 2,8 millions de dollars), il permettra de porter les superficies d'hévéa plantées de 140.000 hectares à 440.000 hectares.


Rd Congo : inquiétudes chez les creuseurs artisanaux de mines

2010-09-19

http://tinyurl.com/3xtl5jh

Après la suspension de l’exploitation artisanale des mines en RD Congo, les jeunes qui se livraient à cette activité dans le nord-est du pays s’interrogent sur leur avenir. Selon le président Joseph Kabila, cette mesure vise à couper les groupes armés de leurs sources de financement. Mais dans le même temps, ce sont des dizaines de milliers de creuseurs artisanaux qui se retrouvent privés de leur gagne-pain quotidien. On leur conseille notamment de se tourner vers l’agriculture…





Santé & VIH/SIDA

Afrique de l'Ouest: Les stratégies nutritionnelles en révision

2010-09-16

http://tinyurl.com/39u9v66

Les stratégies humanitaires pour traiter les enfants atteints de malnutrition aiguë modérée (MAM) demeurent pratiquement inchangées depuis 30 ans. Dans le cadre d'une initiative des Nations Unies pour revoir les politiques dans ce domaine, plusieurs projets en Afrique de l'Ouest sont en train d'examiner comment mieux traiter la MAM, une cause importante de décès et de maladie dans le monde entier. Parmi celles-ci, on peut notamment citer la distribution de nouveaux aliments riches en nutriments et prêts à l'emploi, que certaines organisations non gouvernementales (ONG) conseillent vivement, mais qui doivent encore être rigoureusement testés en tant que traitement de la MAM.


Cameroun : Le choléra fait 421 morts dans trois régions

2010-09-19

http://tinyurl.com/335qac3

Le choléra a provoqué la mort de 421 personnes depuis mai au Cameroun, dont 420 dans le nord du pays et une dans la capitale économique Douala, selon un bilan officiel du ministère de la Santé camerounais présenté le 15 septembre à Yaoundé. Le précédent bilan, datant du 7 septembre, faisait état de 372 décès sur 5.460 cas, tous dans les deux provinces du nord du pays.


Malawi : La circoncision écartée comme stratégie contre le sida

2010-09-19

http://tinyurl.com/2ef5zfp

Le Malawi ne va pas faire de la promotion de la circoncision chez les jeunes garçons, une politique officielle de prévention du Vih/sida, ont annoncé le 15 septembre des responsables du gouvernement. “Nous n'avons pas de preuve scientifique qui montre que la circoncision est un moyen sûr pour ralentir la propagation du sida”, a déclaré la secrétaire principale chargée des questions du Vih/sida à la présidence de la République. Des études récemment menées en Ouganda, au Kenya et au Maroc ont démontré que le taux de prévalence a baissé jusqu'à 60 pour cent chez les hommes circoncis. Mais l'évêque anglican, Bernard Malango, a fait remarquer que d'autres études avaient montré que le taux de prévalence du sida était élevé dans certaines localités où on pratiquait la circoncision.


Mali : Un nouveau vaccin contre la méningite en expérimentation

2010-09-19

http://tinyurl.com/2uacje7

La première phase d'une nouvelle campagne de vaccination contre la méningite avec un nouveau vaccin MAV (Men Afric Vac) va concerner 360.403 sujets des districts sanitaires de Fana et de Dioïla, à environ 110 km à l'est de Bamako, au cours de ce mois de septembre. A cet égard, 282 équipes de vaccination, 564 agents vaccinateurs et 564 relais ont été déployés sur le terrain pour sillonner l'ensemble de la zone. Le nouveau vaccin a été déjà testé en Inde et en Afrique, avec la collaboration de chercheurs de la Gambie, du Sénégal, du Ghana et du Mali.


Rd Congo : Une fièvre d'origine inconnue décime les enfants

2010-09-19

http://tinyurl.com/34jal6v

Une fièvre, que l'on dit d'origine inconnue, vient de causer la mort, en quelques jours, de 33 enfants dans la localité de Bukaka, dans le secteur de Malumalu, territoire d'Ilebo, au Kasaï Oriental. Les victimes sont âgées de moins de cinq ans et présentaient, avant leur décès, des signes d'asthénie. Naturellement, l'ignorance de la nature de la fièvre meurtrière, fait converger toutes les pensées vers la sinistre fièvre hémorragique d'Ebola. Mais, on croit savoir que la mauvaise qualité de l'eau des sources du coin serait à la base de la contamination des enfants. Une étude des 221 déjà recensés a été lancée en vue d'une riposte.





Éducation

Gabon : suppression record de bourses des étudiants à l'étranger

2010-09-19

http://tinyurl.com/348mp8o

La Direction générale des bourses et stages (DGBS) a supprimé lors de sa session de renouvellement de ces allocations plus de la moitié de bourses accordées aux étudiants et stagiaires gabonais à l'étranger. La DGBS explique que les étudiants concernés n'ont pas fait parvenir leurs résultats de fin d'année à la commission ainsi que leurs nouvelles inscriptionsLes étudiants dont la bourse est supprimée ont jusqu'à la mi-octobre pour faire un recours. Dans le passé, les bourses étaient quasiment reconduites automatiquement.


Sénégal : 160 étudiants haïtiens accueillis à Dakar en octobre

2010-09-20

http://www.sudonline.sn/spip.php?article3844

Abdoulaye Wade l'avait annoncé en solidarité avec les Haïtiens, après le tremblement de terre de janvier dernier : 160 étudiants d’origine haïtienne vont être accueillis au Sénégal le 10 octobre prochain. La moyenne d’âge de ces futurs étudiants à Dakar est comprise entre 18 et 22 ans et, ils seront tous boursiers de l’Etat du Sénégal, dans les mêmes conditions que les étudiants sénégalais, selon le ministre l’enseignement supérieur. A cause de leur niveau en mathématiques un peu bas, révèle un conseiller à la primature, ils ont été orientés vers les sciences sociales, les sciences juridiques et économiques et les métiers d’infirmiers et dans l’agronomie.





Environnement

Tchad : Des pluies torrentielles affectent 150.000 personnes

2010-09-19

http://tinyurl.com/2cwnquy

Des inondations au Tchad survenues ces deux derniers mois affectent désormais près de 150.000 personnes, dont 70.000 sont désormais sans-abri car leurs maisons ont été détruites, a indiqué vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). « C'est la première fois en 40 ans que des précipitations de cette importance sont enregistrées au Tchad », a souligné un porte-parole du HCR. Des réfugiés de deux camps dans la région du sud-est - à Yarounga et Moula - font partie des toutes dernières victimes des pluies torrentielles. De larges portions de leurs plantations et de leurs terres récemment cultivées ont été anéanties, ce qui suscite des inquiétudes quant à une possible crise alimentaire.





Média & liberté d'expression

Afrique du sud : Où est passé l’esprit Mandela ?

2010-09-19

http://tinyurl.com/2v8n5xp

Il y a vingt ans Nelson Mandela est sorti de prison et a engagé son peuple sur la voie de la démocratie. Aujourd’hui, cette nouvelle Afrique du Sud est confrontée à la menace la plus grave qui ait jamais pesé sur elle : l’adoption de deux projets de loi contre la presse dont les régimes les plus autoritaires pourraient s’enorgueillir. L’un des deux, intitulé Projet de loi sur la protection de l’information, conférerait au gouvernement le pouvoir de classer certaines informations secrètes dans “l’intérêt national”. L’autre, qui créerait un tribunal des médias pour réglementer la presse écrite et électronique, est rédigé dans un style qui rappelle de manière effrayante le langage utilisé dans les années 1970 par le régime de l’apartheid pour défendre la censure.


Erythrée: La chasse aux journalistes se poursuit

2010-09-19

http://tinyurl.com/366qxba

Neuf ans après la brutale opération de nettoyage politique lancée le 18 septembre 2001 à Asmara, le pouvoir érythréen continue de museler toute forme de liberté d'expression. Le sort d'une vingtaine de journalistes emprisonnés est toujours entouré du même silence pesant des autorités. On est par exemple sans nouvelles du journaliste Said Abdulhai, arrêté au cours de la dernière semaine de mars 2010. De même l'incertitude demeure sur le lieu de détention du journaliste suédo-érythréen Dawit Isaac, arrêté le 23 septembre 2001 à Asmara.


RD Congo : Exigence d’un Conseil de l’audiovisuel

2010-09-19

http://tinyurl.com/2ue7qzt

A quelques mois des prochaines échéances électorales, trente et une organisations demandent au chef de l'Etat congolais, Laurent Kabila, la mise en place dans les meilleurs délais du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), une instance indépendante qui sera chargée de réguler le fonctionnement des médias et ainsi permettre un accès équitable de tous les candidats aux médias publics.





Nouvelles de la diaspora

Global : Le photographe de King travaillait pour le FBI

2010-09-16

http://tinyurl.com/37s6ltx

Décédé en 2007, Ernest Withers était un photographe afro-américain renommé de l'époque des droits civiques. Selon le « Commercial Appeal », un journal de Memphis, qui a mené une enquête de deux ans, il travaillait avec deux agents du FBI avec lesquels il gardait un oeil sur le mouvement des droits civiques. Si son nom n'évoque pas grand chose pour le public, il est fort probable que tout un chacun ait déjà vu une de ses photos. Il a ainsi pris bon nombre de photos célèbres de Martin Luther King, dont il était proche, ou encore la photo du cadavre d'Emmett Till, un jeune adolescent noir américain dont le lynchage en août 1955 avait été un événement marquant aux Etats-Unis et a contribueé à accélérer le mouvement des droits civiques dans le Sud.





Conflits & urgences

Afrique : Les otages français et africains dans la sale guerre du Sahel

2010-09-19

http://www.rue89.com/node/167348

Que se passe-t-il dans la zone sahélienne ? Dans cette zone vaste comme vingt fois la France, bordée par certains des Etats les plus pauvres de la planète, se joue, dans une totale opacité, une partie géopolitique complexe. C'est là qu'ont disparu les otages français et africains d'Areva enlevés le 16 septembre, et que se déroulent d'importants combats avec ou sans l'armée française... Une situation d'une totale opacité qui ne facilite assurément pas la recherche des otages français et africains, ni la définition d'une stratégie claire dans une zone victime d'une sale guerre.


Burundi: Une nouvelle rébellion refait surface

2010-09-16

http://tinyurl.com/2wfxsls

Un policier et quatre civils ont été tués dans la nuit du 10 au 11 septembre 2010 dans le nord et le centre du Burundi lors de deux incidents attribués par les autorités à « des bandits non identifiés ». Ces nouveaux actes de violence surviennent alors que des rumeurs persistantes font état de la résurgence d'une nouvelle rébellion. On parle de policiers et de soldats qui auraient déserté pour rejoindre le maquis et depuis une semaine, un des anciens chefs militaires des FNL qui avait intégré l'armée régulière burundaise manque officiellement à l'appel. Il aurait été blessé alors qu'il tentait lui aussi de rejoindre le maquis.


Mauritanie: combats entre armée et éléments d'Aqmi

2010-09-19

http://tinyurl.com/2ujonfd

Les combats meurtriers qui opposaient l'armée mauritanienne et Al-Qaïda au Maghreb islamique se sont achevés le 18 novembre dans le nord du Mali où seraient par ailleurs détenus sept otages - cinq Français et deux Africains - enlevés au Niger. Deux mois après un raid franco-mauritanien contre une base d'Aqmi dans le désert malien, la France s'est défendue d'avoir participé à ces nouvelles opérations


Niger : Areva et Vinci évacuent tous leurs expatriés du nord

2010-09-19

http://tinyurl.com/3236zjb

Six employés d'Areva ont atterri le 18 novembre matin à Paris. Areva et Vinci ont décidé d'évacuer tous leurs expatriés des sites miniers du nord du Niger : ceux d'Arlit, le site où s'est produit l'enlèvement de sept personnes le 16 septembe, cinq Français, un Togolais et un Malgache, mais aussi ceux du site de la future mine géante d'uranium d'Imouraren, à 80 km de là. D'après les résultats de l'enquête menée sur le terrain pour ne pas perdre la piste des ravisseurs, les otages ont été emmenés vendredi dans le désert malien,


Rd Congo : Minerais de sang - La nouvelle guerre de l'Est !

2010-09-16

http://tinyurl.com/35j9cdy

Joseph Kabila a lancé un message fort à partir de Goma : c'est celui portant interdiction des activités minières dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. L'opinion congolaise salue, de prime abord, la courageuse démarche du Chef de l'Etat visant à mettre un terme aux pillages de nos richesses qui sommeillent dans l'or, le diamant, le coltan, la cassitérite... enfouis dans le sous-sol de la partie Est du pays. Mais dans cette RDC où personne n'ignore les enjeux cachés de l'exploitation minière, sources de la grande insécurité qui touche les trois provinces précitées depuis 1994, traquer les groupes armés spécialisés dans le trafic illicite des ressources minières équivaut à leur déclarer la guerre.


Rwanda: un opposant condamné à la perpétuité

2010-09-19

http://tinyurl.com/38oqsx5

Un tribunal rwandais a condamné la 17 décembre l'opposant Deo Mushayidi à la prison à perpétuité après l'avoir reconnu coupable notamment de recrutement d'une rébellion contre le régime du président Paul Kagame. Sur les sept chefs d'inculpation pour lesquels il était poursuivi, la Cour en a retenu trois: "fausse déclaration pour l'obtention d'un passeport burundais, propagation de rumeurs incitant à la désobéissance civile et recrutement d'une armée pour agresser le pouvoir en place". Selon l'avocat, c’est le dernier chef qui lui a valu la perpétuité.





Collecte de fonds & ressources utiles

Burkina Faso : Etude sur la prise en compte des Personnes Handicapées dans les actions de développement

2010-09-19

http://pambazuka.org/fr/category/fundraising/67096

Action on Disability and Development - Programme de l’Afrique de l’Ouest Francophone (ADD-FWAP), un partenaire de New Field a publié un rapport intitulé « Etude sur la prise en compte des Personnes Handicapées dans les actions de développement au Burkina Faso ». L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 37 organisations de développement comprenant des organisations communautaires à la base, des projets de développements nationaux et des ONGs aussi bien locales qu’internationales. Les résultats ont révélés que les organisations analysées n’ont aucune stratégie pour accroitre la participation des femmes et des hommes handicapés dans leurs programmes alors que 92% d’entre elles ont des stratégies pour faciliter la participation des autres catégories sociales qu’ils considèrent comme marginalisées au sein des communautés où ils interviennent.

Pour accéder au plus d’information sur Action on Disability and Development - Programme de l’Afrique de l’Ouest Francophone, veuillez visiter le site web d’ADD (en anglais) à : <http://www.add.org.uk/burkina_faso.asp>





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